#whitesplanning

  • « Blanchité » et « races sociales » : un festival de contradictions et de contorsions théoriques

    http://mondialisme.org/spip.php?article2670

    Ce texte part d’une constatation simple : la race (sans guillemets) a le vent en poupe, à gauche, à l’extrême gauche et même chez certains anarchistes ou « antifascistes radicaux ». La race n’avait jamais vraiment disparu du paysage politique, puisque la droite, l’extrême droite et bien sûr la Nouvelle Droite continuaient à utiliser ce concept biologique et anthropologique en le dissimulant sous des considérations « culturelles » ou « civilisationnelles », mais désormais les forces réactionnaires peuvent compter sur la collaboration d’intellectuels et de militants de gauche et d’extrême gauche, mais aussi libertaires, pour réhabiliter une catégorie de pensée inepte et néfaste. Cela nous attriste un petit peu mais ne nous étonne absolument pas, puisque les courants dits « anticapitalistes » réhabilitent aussi des concepts comme la nation (au nom de l’anti-impérialisme) et des phénomènes obscurantistes comme les religions chrétienne et musulmane (au nom de leur prétendu potentiel libérateur ) quand ils ne glosent pas sur les aspects « progressifs » de l’antisémitisme des Afro-Américains . Dans la période historique actuelle, la régression politique n’a ni limites ni frontières,. Elle se poursuivra tant que la classe ouvrière ne tapera pas du poing sur la table pour faire taire tous ces charlatans.
    Cet article tente de démonter quelques absurdités en vogue à gauche, à l’extrême gauche et chez les libertaires... mais cet inventaire est évidemment incomplet ! Espérons que ce travail sera continué et enrichi par d’autres camarades ou compagnons...

    http://mondialisme.org/IMG/pdf/blanchiteI_et_race_sociale.pdf

    • bel exemple de #susceptibilité_blanche et #fragilité_blanche

      8. Lutter contre le racisme suppose un changement personnel (intérieur) facilité par la participation à des groupes de paroles « non mixtes », donc racialement (ou, en langage politiquement correct, ethniquement) homogènes. Cette psychologisation du racisme est étroitement liée aux « politiques identitaires » : d’un côté, quand on est « Blanc », il faut se confesser de ses travers racistes, découvrir les méfaits provoqués par son « innocence blanche39 » et admettre publiquement ses « privilèges blancs » ; de l’autre, quand on est discriminé, on est censé
      chercher prioritairement l’empathie des membres de sa communauté d’origine... ou d’adoption.

      #non_mixité #racisme #whitesplanning

    • @mad_meg Je ne comprends pas (c’est sans doute à cause de mon taux de mélanine.)
      Pourquoi partir sur le blanc sensible ?

      1) Très ambiguë cliché de banlieue du blanc fragile à dépouiller. (cf. la chanson de Vald en fait le tour : https://genius.com/Vald-blanc-lyrics )

      2) Alors que l’argument est somme toute rationnel, il n’y aurait pas de réciprocité ni de solidarité possible. La base d’une société égalitaire. Et vous, vous partez dans le pathos, socio de comptoir. Votre réflexion est du même niveau que « c’est bien une parole de nana ça ».

    • Par rapport à la fragilité blanche l’expression est expliqué ici : https://seenthis.net/messages/382852

      Je trouve que ce texte est focalisé sur l’ego blanc. La partie dont j’ai pris l’extrait me semble représentative. Les personnes qui veulent se réunir en non-mixité ne demandent pas à rester à jamais en autarcie dans des groupes non-mixtes. Dans la militance c’est un moment pour y réfléchir à certaines choses sans avoir à prendre du temps pour ne pas vexer les susceptibles blanc·hes/masculines/hétéro/cis...
      La demande de non mixité n’est pas une psycholosiation comme c’est dit dans le texte par exemple.
      Sinon le reste c’est refus de travail mémoriel et de voire le particularité des discriminations fondées sur les stéréotypes raciaux et de vouloir absorber les mouvements antiracistes, décoloniaux avec le truc de la #priorité_des_luttes habituel.

    • J’avais pas vu la chanson de Vlad posté par @aktivulo1 . C’est effectivement très représentatif de la sucéptibilité blanche. On dirait du Oï. Elle montre un refu de prendre au sérieux les problématiques des rappeureuses noir·es. Une posture qui consiste à se croire capable d’expliquer aux rappeureuses noir·es ce qu’illes doivent pensé et ressentir du racisme qu’illes vivent. La chanson conteste le racisme vécu et exprimé par les rappeureuses noir·es.

      Une rime tel que « blanc comme le Mont blanc » est ridicule. Du même niveau que les misogynes qui s’amusent à féminiser n’importe comment la langue en croyant être spirituel·les. Le final de la chanson c’est toujours ce refu de toute réflexion sur le racisme. « Tu gaspilles ta vie à vouloir réparer les erreurs de Papy » - Vlad préfère ne pas se posé de question et faire comme Papy lui à montré. Et puis cette concurence entre les luttes ; au lieu de lutter pour dénoncer le racisme, Vlad explique aux rappeureuses noir·es qu’illes feraient mieux de lutter pour le remplissage des fond blancs des poches de Vlad.

      Vlad explique même en détail ses intentions hostiles face au discours des musicien·nes noir·es :

      Vald explique la création de ce morceau par son écoute au rap français, et le sujet récurrent de la couleur noire dans l’Hexagone, mais du point de vue d’hommes blancs avec Suik’on Blaze AD.

      Il s’agit d’une longue énumération de comparaisons avec “blanc comme…”, en énonçant quelques clichés et idées préconçues, tels que les premiers mots du refrain. Il souhaite ainsi aborder le sujet du communautarisme , et parler de cette couleur de peau qui n’est au final que peu approchée.

      Vlad trouve qu’on parle trop du racisme contre les noir·es et pas assez du racisme contre les blanc·hes.
      Vlad voudrait parler de communautarisme, histoire de mélanger tout pour faire une infâme bouillasse que seul les fachos sont capable d’avaler.

      Pour Vlad et sa chanson j’ajoute #negrophobie et #paternalisme
      Enfin grâce à cette rime « Blanc comme fragile, blanc comme salope » je peu ajouter #sexisme et #masculinisme
      D’ailleur on pourrait la faire en mode masculiniste cette pauvre chanson, elle l’est deja aussi.

      Vald explique la création de ce morceau par son écoute au rap féministe français, et le sujet récurrent de la souffrance des femmes dans l’Hexagone, mais du point de vue d’hommes blancs avec Suik’on Blaze AD.

      Il s’agit d’une longue énumération de comparaisons avec “mâle comme…”, en énonçant quelques clichés et idées préconçues, tels que les premiers mots du refrain. Il souhaite ainsi aborder le sujet du sexisme, et parler de cette souffrance des hommes qui n’est au final que peu approchée.

      Mâle comme tueur en série
      Mâle comme pédophile, macho, mal
      Comme linge dans ton pif, mâle comme beigne
      Depuis tantôt mal comme ton fantôme
      Mâle comme Macho
      Mâle comme Macho
      Mâle comme Macho
      Mâle comme Macho

      [Couplet 1 : Vald]
      Mâle de soupçon comme un crime inavoué
      Je suis mâle comme celui qui tient l’fouet
      Soupçon de mâle pour ne pas qu’on s’effraie
      Mâle comme « Mal des yeux » remplis de sang
      Frère, dans l’Sopalin
      J’ai dû laisser cent litres blancs
      Tranquillement, tu brandis le Mâle drapeau
      Devant arme blanche papillonnante
      (Couic, couic) Blanc comme perte
      Mâle comme Verbe
      Mâle comme l’os qui voit l’air
      Mâle comme toutes les lumières ensembles
      Mâle comme le Mont, Mâle comme le bon
      Mâle comme le fond de tes poches
      Je suis mâle comme la blanche de Blankok, ça fait macho, macho
      Je suis mâle comme le phoque, fuck tous les mâle qui s’efforcent
      À sucer des bites devant les autres souffrances
      France de Machos, Gaulois, BravePatriotes, SOSPapa,
      Nique ta madre
      Si, ton seul combat, c’est ton sexe
      (Pute) Mâle comme para
      Mâle comme pas un mot
      Mâle comme malade, Mâle comme à la morgue
      Mâle, c’est mal, l’Histoire est accablante, Mâle (mal)
      Mâle comme le vrai méchant, Mâle comme le père du Sheitan
      Mâle, Mâle, Mâle, Mâle, Mâle, Mâle, Mâle comme Dieu

      [Refrain] (x2)
      Mâle comme tueur en série
      Mâle comme pédophile, macho, mâle
      Comme Nunge’ dans ton pif, mâle comme beigne
      Depuis tantôt mâle comme fantôme
      Mâle comme Macho
      Mâle comme Macho
      Mâle comme Macho
      Mâle comme Macho

      [Couplet 2 : Vald & Suik’On Blaze AD]
      Mâle comme gentil, Mâle comme petit
      Mâle comme garçon, Mâle comme gentil petit garçon
      Mâle comme sournois
      Mâle comme fragile, Mal comme salope
      Mâle comme animal, Mal comme Anita
      Mâle comme Hannibal, Mal comme Anne Hidalgo
      Hey, j’roule au kérosène
      Putain, quelle aubaine, j’ai l’axe à la Rivaldo
      Je suis Mâle comme un Mikado
      Côté bre-hom, touts les genres ont mis la dose
      Bordel sur la toile ; Internet, c’est Picasso
      J’me torche le cul avec Vogue et Mad’m Figaro
      Tu gaspilles ta vie à vouloir réparer les erreurs de Papy
      Et Mamy, la terreur arrive, et ta salive t’servira à crier :
      « Putain, qu’est-ce qu’on est Mâle
      Okay, okay, okay...
      Putain, qu’est-ce qu’on est Mâle
      Okay, okay, maman, maman, maman, okay...
      Putain, qu’est-ce qu’on est Mâle
      Okay, okay, maman, maman, maman, okay...
      Putain, qu’est-ce qu’on est Mâle
      Putain, qu’est-ce qu’on est Mâle
      Putain, qu’est-ce qu’on est Mâle
      Oui, putain, qu’est-ce qu’on est Mâle »

    • @mad_meg

      Faut écrire un peu moins vite.
      – On dit VaLD

      Vlad trouve qu’on parle trop du racisme contre les noir·es et pas assez du racisme contre les blanc·hes.

      – Dans un interview pour Booska-P dit que le racisme anti-blanc n’existe pas et parle de pb de classe.

      « Tu gaspilles ta vie à vouloir réparer les erreurs de Papy » - Vlad préfère ne pas se posé de question et faire comme Papy lui à montré.

      – Outre que ce n’est pas Vald qui rappe, je ne comprends pas comment de cette phrase tu peut avoir cette interprétation.
      J’interprète ça comme ça :
      – Tu te sens coupable de chose que tu n’as pas fait
      – Tu es autocentré sur ta culpabilité de blanc

    • Tu veut dire que VaLD se met dans la peau d’un raciste dans sa chanson ? Le commentaire de la chanson fournis par VaLD ne dit pas ceci.

      Par rapport aux actes de Papy, les millitant·es contre le racisme et la décolonisation demandent à ce qu’il y ai une prise en compte d’un point de vue différent sur l’histoire telle qu’elle est raconté jusqu’à aujourd’hui. Par exemple enlever les statues et rues à la mémoire de Colbert, ce n’est pas de l’autoflagellation coupable, c’est la reconnaissance du fait que la participation active à la traite négrière ne peut pas être traité comme anecdotique.
      La mémoire, la recherche de l’histoire vu par les peuples réduits à l’esclavage et la colonisation c’est pas de l’auto-centrage de culpabilité de blanc. Étudier la colonisation, son influence actuel sur les faits de société actuels c’est pas de l’auto-centrage...

    • @mad_meg

      Tu veut dire que Vald se met dans la peau d’un raciste dans sa chanson ? Le commentaire de la chanson fournis par Vald ne dit pas ceci.

      Non, mais je veux dire que son discours ne va pas dans la direction du racisme anti-blanc, Rap Puchline lui pose directement une explication sur :

      Je suis blanc comme le phoque, fuck tous les Blancs qui s’efforcent
      À sucer des bites devant les autres souffrances
      France de Blancos, Bikows, Blackos, Niakwés
      Nique ta madre
      Si, ton seul combat, c’est ta couleur de peau

      https://youtu.be/ykwWZ7AZD5s?t=1m9s

      Sont explication est + ou - :
      – Tu te sens coupable de chose que tu n’as pas fait
      – Passons à autre chose (c’est ambigüe)

    • Cet extrait ajoute surtout l’homophobe et la misogyne au racisme. Tu dit que Vlad ne se place pas dans la posture du blanc qui se victimise mais pourtant les extraits que tu fournis sont typique de cette position (cad ; se dit atteint dans sa virilité, se sent mise en cause personnellement, demande à ce qu’on parle de ce qu’il décide).


  • Sur France 2, Mélenchon fait preuve de courage politique par Pauline Graulle | Politis
    https://www.politis.fr/articles/2017/12/sur-france-2-melenchon-fait-preuve-de-courage-politique-38039

    Lors de son « Émission Politique », le leader de la France insoumise, questionné sur la « laïcité », a clairement pris position contre le discours douteux de Philippe Val, ancien patron de Charlie Hebdo.

    C’était attendu. Évidemment, Jean-Luc Mélenchon allait bien devoir en passer par là. Éclaircir ses positions sur « la laïcité » – entendez, l’islam. Après un mois de polémiques nauséabondes lancées par Charlie Hebdo suite à « l’affaire Ramadan », l’équipe de « L’Émission politique » n’avait rien trouvé de mieux que de lui opposer, hier soir, un ancien patron de… Charlie Hebdo. Histoire d’obliger le leader de la France insoumise à prendre position sur un débat potentiellement explosif pour l’unité de son mouvement et qu’il avait jusque-là pris soin de ne surtout pas ouvrir (lire ici).

    Sur le plateau de Léa Salamé, voilà donc Jean-Luc Mélenchon contraint et forcé de s’engager sur ce terrain glissant. La tâche n’est pas commode face à un Philippe Val venu dialoguer « en mémoire de nos amis assassinés » – une vache sacrée, donc. Il commence par un terrible lapsus sur Danièle Obono (« une militante antiraciste et antisémite – euh… »). S’excuse platement. Puis défend, clairement, et tout du long, sa camarade de l’Assemblée nationale, laquelle est accusée d’avoir jugé « islamophobes » certaines caricatures de Charlie et, plus récemment, de trouver utiles des réunions « non mixtes ». Danièle Obono, dit-il, « aborde [la question] par la solidarité des opprimés. Je ne suis pas procureur, c’est une amie, je la respecte, elle sait sur quoi nous sommes d’accord et sur quoi nous ne sommes pas d’accord ».
    « Ça va Val ! »

    Lui, « l’homme qu’on traitait de laïcard, de bouffeur de curé », n’en revient pas de cette « situation cocasse » de passer pour l’islamogauchiste de la soirée. Il faut dire que face à Philippe Val... Jean-Luc Mélenchon répète :

    La laïcité, c’est la séparation de l’Église et de l’État, c’est pas la guerre contre telle ou telle religion.

    Rien de bien nouveau en vérité. Mais, en cette période d’affrontement entre les pro-Charlie et les pro-Mediapart, la phrase résonne clairement. Et fortement.

    « Les musulmans font l’objet d’un ‘‘montré du doigt’’ permanent dont l’origine est le FN », lance ensuite l’insoumis, en référence à Manuel Valls. « Valls n’est pas d’extrême droite », rétorque, un peu gêné quand même, Philippe Val. Lequel ajoute : « Les actes terroristes ont baissé, les actes antimusulmans ont baissé, je vous l’accorde [sic]. Un Français juif a 20 fois plus de chances de se faire agresser. Pourquoi vous ne défendez jamais les juifs dans vos meetings ? » Mélenchon : « Dans tous mes meetings, je ne parle jamais des communautarismes, je défends l’universalité de la condition humaine. Je ne flatte pas de clientèle. »

    Comme à son habitude, Philippe Val manie l’amalgame sans pudeur de gazelle : « Le chanoine de Latran (lui) n’a tué personne. » « Dans votre mouvement, vous êtes l’arbre républicain qui cache la forêt communautariste. » « L’islamisme se réclame de l’islam et peut-être qu’un jour, il faudra le dire. » Visiblement, Jean-Luc Mélenchon n’en peut plus. Lance un « ça va, Val ! » salutaire.

    Quelques dizaines de minutes plus tôt, le député des Bouches-du-Rhône s’est prononcé pour la régularisation des travailleurs sans papiers, 400 000 selon un chiffre avancé par Adrien Quatennens : « Je suis pour qu’on traite humainement les gens. [D’autant plus quand ils sont] réfugiés de nos guerres, de notre économie, de notre perturbation climatique. » Contraste subtile, mais marquant, avec la campagne présidentielle, lorsqu’il s’en prenait « au travailleur détaché qui vole son pain aux travailleurs qui sont sur place ». Ce soir, sur France 2, il s’est passé quelque chose : Jean-Luc Mélenchon est redevenu banalement de gauche.

    • La France insoumise n’a pas de temps à perdre avec Valls et Bouteldja par Thomas Guénolé

      La France insoumise défend le républicanisme. Certes, les autres grandes formations politiques du pays s’en revendiquent toutes. Mais c’est sous forme de slogans publicitaires creux : ces « valeurs républicaines » sans cesse évoquées mais jamais définies. Ou pour dénaturer ces valeurs : par exemple la « laïcité » à géométrie variable du FN et d’une partie de LR, ce masque pour diaboliser les Français d’origine maghrébine. La France insoumise, elle, est la seule grande force politique à défendre le républicanisme pour ce qu’il est vraiment : un projet politique concret.

      La liberté républicaine , c’est abolir le pouvoir de la caste. C’est refuser la loi du plus fort qui usurpe le mot « liberté ». C’est refuser que quiconque soit enfermé à vie dans une identité collective qu’il le veuille ou non, au seul motif de sa religion présumée, de son orientation sexuelle, de ses origines ou de sa couleur de peau. C’est donner à chacun les moyens et les droits nécessaires pour s’épanouir, s’émanciper, s’éduquer, se cultiver. C’est garantir à tous le droit de croire ou de ne pas croire grâce à la neutralité spirituelle de l’Etat et des services publics, c’est-à-dire la laïcité.

      L’égalité républicaine , c’est abolir les privilèges. C’est refuser que le mot « égalité » soit usurpé sous la forme d’une charité publique au compte-gouttes. C’est abolir le culte des inégalités croissantes et « ruisselantes ». C’est assurer à tous des services publics de qualité. C’est ne voir dans notre population que des citoyens à égalité politique de droits et de devoirs. C’est ne connaître qu’une seule communauté : la communauté nationale, cadre d’expression et de concrétisation de la souveraineté du peuple.

      La fraternité républicaine , c’est abolir le chacun pour-soi. C’est refuser le mensonge d’un égoïsme généralisé qui conduirait miraculeusement au bien-être de tous. C’est refuser à la fois le séparatisme social des riches et le communautarisme raciste d’où qu’il provienne. C’est redistribuer les richesses, de chacun selon sa prospérité à chacun selon ses besoins, parce que « société » du latin socius signifie « l’alliance ». C’est se rappeler que l’universalisme républicain donne à la France le devoir de défendre la fraternité des peuples.

      Entre autres incompatibilités évidentes, l’antisémitisme, le communautarisme, le racisme, sont donc incompatibles avec la France insoumise, puisque rien de tout cela n’est républicain. Jean-Luc Mélenchon l’a expliqué clairement dans un récent courrier à la Licra.

      Donc lorsque Manuel Valls accuse en boucle La France insoumise de complaisance avec le communautarisme, il ment. Et lorsque dans une tribune à Libération, une poignée de partisans de Houria Bouteldja reprochent à Jean-Luc Mélenchon de ne pas la soutenir, ils devraient plutôt ne pas s’en étonner.

      Manuel Valls et les rares partisans de Houria Bouteldja doivent surtout s’attendre à se heurter au silence de La France insoumise. A cela une raison simple : le manque de temps. La victoire complète du projet de société républicain, on le voit bien, reste à atteindre. Y parvenir tout en sauvant l’écosystème indispensable à la vie humaine : telle est la mission que la France insoumise, de facto première force d’opposition du pays, s’est fixée. C’est un labeur énorme, auquel travaillent chaque jour des milliers de militants. Donc le temps manque pour réagir aux provocations de personnalités marginales, de groupuscules marginaux, qui ont en commun d’être en mal désespéré de publicité.

      Les grands médias doivent d’ailleurs s’interroger. Quand un groupuscule aux thèses racistes ne pèse rien dans la population réelle, ne sont-ils pas irresponsables de lui donner une si vaste publicité ? Quand Manuel Valls est réduit à une place objectivement marginale dans le paysage politique, n’est-il pas anormal de lui donner une exposition médiatique aussi massive ?

      source : débats libération


  • Contrairement à ses collègues Insoumis, Danièle Obono défend les stages « non-mixtes »
    http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/2017/11/24/25001-20171124ARTFIG00103-contrairement-a-ses-collegues-insoumis-daniele-ob

    La prise de position de Danièle Obono rentre en contradiction avec la ligne portée par ses collègues Insoumis. Mercredi sur LCP, le député de la France insoumise de Seine-Saint-Denis Alexis Corbière avait déjà condamné l’initiative. « Si on rentre dans un système, fût-ce au nom du fait qu’il y a des discriminations qu’il faut combattre, où des réunions sont ouvertes à certains et pas d’autres, je crois que nous avons perdu », a-t-il estimé. « Si on veut traiter la question du racisme, ce n’est pas en triant les gens à l’entrée d’une réunion syndicale », avait également tonné le député du Nord Adrien Quatennens. Loin donc du discours porté par sa collègue insoumise.

    Je ne savais pas que les insoumis avaient ce discours raciste et anti-mixité.
    Au passage je relève que Monsieur Quatennens "tonne".
    #racisme #non_mixité #fraternité #whitesplanning #mansplanning


    • Ludo, négrophophe faut pas pousser quand même !
      Alma devrait plutôt porter son regard sur les partisans de l’extrême droite ou sur Valls et ses copains « socialistes » et non sur ceux de la France Insoumise !

    • Comme si ta phrase c’est pas ce que 40000 gauchistes blanc⋅he⋅s ne lui avaient pas déjà rétorqué…

      Il s’agit bien de réfléchir et faire réfléchir et avoir une introspection sur nos propres privilèges, notre propre racisme et les mécanismes racistes à l’intérieur des gens qui se disent de gauche.

      La peste est toujours plus brune dans le pré d’à côté…

    • Personnellement cela fait longtemps que j’ai fait l’introspection de mes propres privilèges. J’ai élevé mes deux enfants dans le respect mutuel d’autrui. Et je crois pouvoir certifier qu’ils ne sont pas racistes en ayant une sensibilité plutôt d’extrême gauche.

      Certes il peut y avoir du racisme et des mécanismes racistes chez des personnes se réclamant de la « gauche » mais il ne faudrait pas en faire une généralité. D’ailleurs celles ci ne le sont peut-être pas de gauche !

    • @marielle le fait que tu prenne ton exemple personnel est un peu déplacé. Ca me fait pensé aux hommes qui disent qu’ils ne violent pas quant les féministes parlent de la culture du viol. Même si tu n’avait aucune trace de la moindre culture raciste dans tes actes ca ne change pas que le racisme existe et que Alam ne parle pas de toi @marielle mais d’un phénomène systémique, structurel, culturel : le racisme.

      Ce que dit Alma c’est que le lux de pouvoir mettre le problème du racisme du FN entre parenthèse est un privilège blanc·he·s et c’est pas aux blanc·he·s de dire aux personnes racisées quelles luttes elles doivent choisir. Aussi en tant que blanc·he·s dédiabolisé le FN en édulcorant/évacuant/évitant d’abordé le problème raciste est quant même bien le signe que le racisme c’est pas bien important à nos yeux de blanc·he·s.

      Là Alma ne parle pas dans le vague, elle prend une video et explique ce qui pose problème. Dire que Alma s’en prend a des gauchistes et pas au FN est aussi problématique car ca m’etonnerais que Alma laisse le racisme du FN sans réponse, c’est même justement ce qu’elle reproche au videaste de gauche qu’elle commente.
      Il y a des gauchistes qui disent « laissons de coté le problème du racisme du FN et de ses electeurices et dédiabolisons les electeurs du FN pour qu’illes nous écoutent ». C’est ce que dit le mec de la vidéo que tu as mis en lien. Alma lui répond : « dédiabolisé le FN c’est faire du racisme un problème secondaire, et faire comme si population racisées et les problèmes spécifiques qu’elles rencontrent étaient secondaires ».

      #whitesplanning #blancsplication #priorité_des_luttes

    • Il n’empêche que je trouve ce commentaire concernant la France Insoumise très réducteur :

      Je ne pense pas que pour tous les partisans de La France insoumise le racisme soit un problème secondaire. De fait la population racisée est profondément discriminée.

      Notre constat : les oublié·e·s de la République

      Et ce n’est qu’un extrait de la longue liste des reculs de la République, qui délaisse ainsi des pans entiers de sa population.
      De surcroît, les injustices criantes n’ont pas épargné le champ des droits civiques et politiques. Les discriminations fondées sur la couleur de peau, l’origine ethnique ou la religion touchent tout particulièrement ces quartiers de grande diversité. Les discriminations à l’embauche, en raison d’une adresse ou d’une supposée origine, sont innombrables. Les tensions que provoque une telle situation sont tout particulièrement perceptibles dans la relation des habitants avec les forces de l’ordre.
      Mais ces discriminations peuvent aussi conduire au repli sur une communauté qui inclut et respecte celles et ceux qui ne sont nulle part ailleurs protégé·e·s, communauté qui peut être celle du quartier, des amis, du pays d’origine ou de la religion partagée.
      De manière plus tranchée, elles peuvent conduire à la marginalisation ou à la frustration, voire aux différentes formes de mise à l’écart de la société. Car c’est bien en réaction à des institutions se satisfaisant d’une intervention publique de saupoudrage visant à éteindre la revendication et à acheter la paix sociale que certains habitants sont conduits à rejeter la République.

      https://avenirencommun.fr/livret-quartiers-populaires

      #mépris_de_La_France_Insoumise

    • Tout pareil que mad meg. Le texte d’Alma est franchement parfait et parfaitement courtois (quoique j’en sois sorti avec les yeux éclatés). Ludo démontre une ingénuité confondante sur ces sujets. A mettre on l’espère tous sur sa jeunesse et son manque de lectures pertinentes... On verra.

      Le fait que nous soyons totalement imprégnés de racisme depuis des années est patent, et même les gauchistes-progressistes hélas n’en ont pas été épargnés, y compris dans leur façon de faire de la politique. Il est important d’en être conscient et... de se corriger quand on nous le signale. Ces différentes luttes ne sont pas incompatibles entre elles, au contraire, il faut continuer d’écrire sur ce sujet précis de l’intersectionnalité (ce mot est repoussant).

      Entre nous, quelle idée saugrenue d’être vexés quand on s’en prend à une des « idoles » du moment... Il est jeune, il ne peut pas être au courant de tout... alors qu’il écoute, et qu’il comprenne. A priori, il en a l’intelligence... enfin... espérons-le.

      Ça me rappelle Cymes et la BD qui lui a valu bien des misères... misères qu’il a négligemment repoussées d’un revers dédaigneux... il semblait pourtant plus ouvert que ce qu’il a démontré.
      https://seenthis.net/messages/587351

    • La mécanique raciste

      J’ai longtemps cru que le Front national avait le monopole de la xénophobie, que les autres partis en étaient immunisés. J’ai longtemps réduit le racisme à ses formes les plus outrancières – l’injure, la haine, les coups. J’ignorais la violence structurelle des discriminations (tolérées, voire encouragées, par l’Etat français), la violence lancinante de la ségrégation (spatiale ainsi que temporelle, comme l’indique le changement de couleur des passagers du métro avant et après 7h du matin) et la violence infantilisante d’un « Touche pas à mon pote ». J’ignorais également la violence de la tolérance, moins vertueuse qu’il n’y paraît puisque si je tolère autrui, c’est que je juge son attitude fautive ou sa présence incongrue.

      Je croyais que le racisme se limitait à des préjugés, que le temps parviendrait à dissiper. J’ignorais que sa mécanique repose, au fond, sur des privilèges, dont chaque Blanc jouit, même lorsqu’il s’est affranchi des poncifs racistes. En tant que Blanc, je peux traîner avec mes semblables sans être traité de communautariste, je peux sortir d’une grande surface avec du foie gras plein les poches sans être suspecté de voler, je n’ai jamais à indiquer mon origine, je peux payer par chèque sans qu’on vérifie ma carte d’identité, je peux évoquer un problème de racisme sans qu’on me reproche mon manque de neutralité, je peux brailler dans le bus sans qu’on attribue cette incivilité à ma culture, et ainsi de suite.

      A ces privilèges du quotidien, parfois minimes (les pansements sont beiges pour s’accorder à la peau des Blancs), s’ajoutent ceux de salaire, de statut, d’accès au logement, aux études, à l’emploi et aux promotions. Les discriminations jalonnent chaque étape de nos vies. Comment y mettre un terme ? Se morfondre ne fait pas avancer les choses. Lorsqu’on est Blanc et que l’on souhaite lutter contre le racisme, la seule attitude moralement valable consiste à trahir les siens, c’est-à-dire à se mettre au service des victimes du racisme, non pour agir à leur place, mais pour leur prêter main forte si et quand elles en expriment le désir. Les accompagner sans s’imposer, savoir se retirer lorsqu’elles l’exigent. C’est la voie qu’emprunte le philosophe Pierre Tevanian, depuis de nombreuses années, à travers différentes voies : son militantisme quotidien, le site internet Les mots sont importants (lmsi.net) qu’il co-anime et les ouvrages qu’il consacre à la question du racisme. Son dernier opus, paru à la Découverte en avril 2017, est une synthèse magistrale de ses analyses. La mécanique raciste est disséquée dans toutes ses dimensions : philosophique (une manière de raisonner), esthétique (une manière de percevoir autrui) et éthique (une manière de se concevoir soi-même). « Connaître pour mieux combattre » est la devise de cet ouvrage, qui condense les principaux enseignements de Sartre, Césaire, Fanon, Guillaumin, Memmi et Martin Luther King.

      Manuel Cervera-Marzal dans Aux Sources sur Hors-Série

    • Tiens changement de titre ! Du coup moins clivant !
      « Osons Causer de la négrophobie/négrophilie ordinaire de gauche »

      Le titre du billet était « Osons Causer de la négrophobie ordinaire de gauche » mais il semble que le lien entre négrophilie et négrophobie dans le contexte de la domination blanche n’est pas clair pour celles et ceux qui me lisent, donc j’ai corrigé le titre et je vous invite à faire plus de recherches sur le sujet avant de laisser des commentaires. Merci ? Alma

      Commentaire de Job, universaliste blanc :

      Bonjour, ta publication est très instructive et bien écrite, merci ! Je suis ce que tu appellerais peut-être un universaliste blanc, et j’avoue avoir du mal à comprendre ce que tu nous proposes (mais c’est fait exprès et tu nous en préviens) : « Voilà ce que je propose. Je préviens tout de suite, ça ne va pas plaire aux universalistes blanc.he.s, mais ça s’adresse à eux. Vous vous occupez des vôtres, on s’occupe des nôtres. Mais tardez pas, parce que vous avez peut-être quelques siècles d’histoire à rattraper. La conscientisation de la population racisée grandit, et la complicité (mieux que la convergence) ne saurait s’installer sans un respect mutuel. »

      Qu’est-ce que ça veut dire ? Qu’on doit s’occuper des nôtres et vous des vôtres ? En fait mon esprit étriqué n’arrive même pas à comprendre (admettre ?) qui sont les miens et qui sont les vôtres. Plus qu’un respect mutuel (ce qui devrait aller sans le dire), ce qu’il nous manque souvent c’est du mutuel, je veux dire par là une connaissance mutuelle, et dans la lutte politique (attention c’est là que je ressors certainement mon universalisme blanc) l’enjeu c’est de « faire comprendre », tout du moins de diriger dans ce sens notre travail, que le problème du chômeur (blanc) du Nord qui a subit le désindustrialisation, de l’agriculteur qui n’arrive plus à vivre, c’est un problème économique de répartition des richesses et pas la faute de l’immigré qui subit au même titre et même davantage la violence capitaliste ? Est-ce que le combat ne consiste pas à défaire l’hégémonie du discours d’extrême droite qui nourrit notamment les divisions à l’intérieur même de la classe ouvrière ? Sortons notre Marx, si pour lui la victoire doit venir du prolétariat comme « classe universelle », il ne s’agit pas pour lui d’une universalité abstraite, mais par ce qu’elle est déterminée matériellement, d’une universalité concrète. L’ouvrier prend conscience que ce qu’il partage le plus fondamentalement avec l’autre ouvrier, ce n’est pas sa couleur ou sa religion mais ses conditions matérielles d’existence. Je présente d’avance mes excuses pour la pédanterie, mais n’y a-t-il pas là un enjeu ? Est-ce que pour vous on ne peut pas concrètement dépasser des clivages « raciaux » et il s’agit donc seulement de réussir à devenir « complice », puisque nous ne pouvons pas converger ?
      Même si comme je l’ai dit je suis « blanc » et « universaliste », les questions que je pose sont sincères, je connais très mal le discours que vous tenez, et il est très certainement mal représenté en France parce que je suppose que son expression ne se limite pas à celle qu’en donne le PIR, bref, je suis curieux d’apprendre de ça et de lire ce que vous écrivez, je reviendrais !
      Merci

      @sinehebdo

    • Un autre commentaire intéressant :

      Après lecture de tout le post, j’ai le sentiment d’enfin arriver au cœur du sujet dans la conclusion :

      « En 2017, entendre un supposé camarade de lutte se marrer en parlant de « jouer au négro », ça ne m’inspire pas le respect. Try again. Comme une impression de déjà-vu. En 2017, « négro » et « bamboula » ça reste convenable à droite et à gauche. »

      Et c’est vraiment n’importe quoi. Comme si les deux mots se valaient, comme si Ludo avait jamais, une seule fois, employé le mot « bamboula » dans ses vidéos ou ailleurs. Vous arrivez à transformer sa fierté enfantine d’avoir sympathisé avec ses voisins noirs en "négrophobie", vous êtes forte. Les gosses de riches blancs rêvent d’êtres des rappeurs noirs, et les gosses de noirs pauvres essaient de se saper avec des marques qui font toutes leurs pubs sur une imagerie WASP. C’est marrant, vous accusez de racisme justement ceux qui pratiquent l’appropriation culturelle. Mais c’est vrai, l’appropriation culturelle c’est mal. Les tentatives de jeunes de se bricoler une identité qui ne serait pas celle de leurs ancêtres avec ce qu’ils ont sous la main, vu que leur culture d’origine est morte, détruite par le capitalisme ou à des milliers de kilomètres, c’est mal. Finalement c’est vrai : les expatriés sont toujours beaucoup plus conservateurs que leur culture d’origine. Ils sont coincés dans leurs souvenirs. C’était mieux avant…

      Votre division entre les « vôtres » et les « nôtres »… Mais non, le retournement de stigmate des victimes du racisme ne saurait dégénérer en racisme pour de basses raisons politiques. Les nobles discours des intellectuelles racisées parlant au nom d’un « nous » racisé ne sauraient receler d’appétits de pouvoir personnel.

      Cela marche super bien d’ailleurs, votre « conscientisation de la population racisée », ça en rajoute à la concurrence des victimes et ça a le don de mettre en rage les petits blancs pendant que, tiens, de son côté le FN parie sur la guerre civile entre blancs et racisés. Quelle brillante stratégie. Quel bel élan d’amour et de solidarité.

      #wesh_wesh_les_amis


  • Le piège de la « lutte contre l’#islamophobie » | Le mensuel
    http://mensuel.lutte-ouvriere.org/2017/01/22/le-piege-de-la-lutte-contre-lislamophobie_75202.html


    #débat

    Depuis les attentats de 2015 et 2016, cette question a pris de l’ampleur. Par exemple, le lamentable épisode de l’affaire du burkini a remis en lumière, l’été dernier, la façon dont les politiciens de droite comme de gauche sont prêts à faire feu de tout bois pour détourner l’attention de l’opinion des problèmes essentiels du moment, par #démagogie électorale.

    Cette #récupération de la question du voile, de la burqa ou du burkini par des politiciens qui se moquent de l’#oppression des femmes et ne sont laïcs que lorsqu’ils parlent de l’islam, est choquante. C’est une campagne raciste.

    Pour autant, en tant que militants communistes, nous sommes aussi des adversaires résolus de toutes les religions et de toute oppression, et l’actuelle campagne ne doit pas faire perdre aux révolutionnaires toute boussole.

    #racisme


  • Réponse à une paire de sottises

    Les textes d’@Anarchosyndicalisme ! soulèvent l’ire des post-modernes sur divers sites internet, et on les comprend : nous battons en brèche leurs âneries. En ce moment, deux « arguments » principaux nous sont opposés. Voici les réponses qu’ils appellent.

    Le premier est nouveau. Donnons-lui la préséance, d’autant qu’il « tourne » sur les réseaux sociaux, comme si c’était une grande découverte. Le voici :

    « … lorsqu’on refuse à l’islamophobie le qualificatif de racisme, parce que, je cite, « les musulmans ne sont pas une race », c’est a priori admettre qu’on pense tout au fond, même inconsciemment, malgré l’universalisme proclamé, que d’autres groupes sont des races pour de vrai. »

    Le petit exemple suivant va suffire à dévoiler l’inanité de ce propos. En cette période d’avant Noël, ma petite fille de 4 ans et demi est revenue hier de la maternelle toute chamboulée car une « grande » venait de lui révéler que « Ce sont les papas qui font les pères Noëls » . Sa maman l’a rassurée : « Mais non, ton papa n’est pas le père Noël » .

    Si notre interlocuteur avait assisté à la scène, j’imagine qu’il aurait appliqué immédiatement ce qui lui tient lieu de raisonnement à cette maman et qu’il aurait conclu qu’indubitablement ma belle-fille, tout au fond d’elle-même, pense que le père Noël existe. Je suis en mesure de lui apporter un démenti cinglant : depuis l’âge de 5 ou 6 ans, ma belle-fille sait que, pour de vrai, le père Noël n’existe absolument pas.

    De même, quand nous opposons au discours « J’ai été enlevé par des extra-terrestres » du gourou Raël (secte des raëliens) un démenti formel « Non, Raël, tu n’as pas été enlevé par des extra-terrestre » , cela n’indique ni de près ni de loin que nous croyons aux soucoupes volantes, aux visites et aux enlèvements d’humains par des petits hommes verts munis de leurs sympathiques petites antennes.

    Le raisonnement de notre interlocuteur rappelle celui d’un Grec inepte qui affirmait :

    « S’il y a des temples, il y a des dieux. Or il y a des temples, donc il y a des dieux » ,

    ce qui fit se rouler de rire tous les philosophes de l’époque, Lucien en tête si mes souvenirs sont bons. Je dois dire que la phrase de notre interlocuteur m’a fait le même effet.

    Pour finir, il est clair que, quand on écrit « les musulmans ne sont pas une race » , on s’oppose tout simplement aux individus (manifestement nombreux, du Ku-Klux Klan à l’extrême gauche) qui sont persuadés, eux, qu’il existe des races. On combat leur sinistre illusion sans en partager une once. Point barre.

    L’autre type « d’argument », plus classique, est le suivant : « N’y a-t-il pas d’arabes parmi vous ? » , ce à quoi un ou une autre internaute ajoute

    « Non il n’y a pas d’arabes, c’est 3 ou 4 vieux blancs racistes qui voudraient revenir au militantisme des années 60… » .

    Dans son texte, la première personne avait écrit également

    « C’est une violence que ne pas vouloir écouter les gens » .

    Ce type de violence, les post-modernes ne se gênent pas pour nous la faire. Très probablement, ces deux personnes que je cite ici n’ont jamais mis les pieds dans notre local, ce qui n’empêche pas l’une d’elles de nous « décrire ». Si par le plus grand des hasards elles l’ont fait, elles mentent. Cela dit, revenons aux « arguments ».

    Nous ne demandons jamais aux personnes qui prennent contact avec nous de quelle supposée origine raciale elles sont. Pour une raison bien simple : on s’en fout. Par contre, nous échangeons sur leurs conditions de vie, de travail, sur l’exploitation qu’elles subissent… et justement, de ces échanges, il ressort que beaucoup d’entre-nous avons subi directement de fortes discriminations parce que nous étions sans papiers, souvent sans revenu stable ou que la langue française nous était parfaitement étrangère (sans compter, pour les très âgés, le passage par quelques camps de concentration. Il en reste parmi nous, les anarchos ont la peau dure…) bref, autant d’oppression sinon plus, que des personnes nées en France et qui revendiquent maintenant leur « racialisme ». Ça devrait donner à réfléchir, non ?

    Ensuite, ça c’est exact, il y a des « vieux » à la CNT. Deux petites remarques en passant : 1/ pas que des vieux 2/ les dénoncer comme de « vieux blancs » est typiquement une formulation raciste. L’avantage que nous avons, nous les vieux (1), est que nous avons un passé qui parle pour nous (au moins pour ceux qui continuons à être ce que nous avons été). Dans les années 60, qui semblent si éloignées à l’internaute qui nous critique, beaucoup d’entre nous étaient engagés aux côtés de la résistance libertaire espagnole. Un certain nombre de copains y ont laissé la peau. Ainsi, le militant anarchiste Salvador Puig Antich, à 26 ans fut assassiné par l’Etat espagnol au « garrotte vil » (2). D’autres militants ont été torturés, lourdement condamnés… Dans ces mêmes années 60-70, pour ne donner qu’un autre exemple, l’avortement était considéré comme un crime, passible de la réclusion à perpétuité. Et bien, il y a eu des gens, maintenant vieux, pour organiser des avortements clandestins, dans l’appartement de tel ou tel militant. Le risque était grand, il fut pris. Ici aussi il y eut des morts, au moins indirectement : la dernière personne incarcérée en France pour crime d’avortement fut un militant anarchiste, un très bon copain : Aristide Lapeyre (1899-1974). Il était, lui aussi vraiment très vieux. Ça n’empêcha pas l’Etat de l’expédier en prison. Il y fit un accident vasculaire cérébral et en succomba.

    Avec l’arrivée de Fillon au pouvoir, voire de Marine, il est fort possible que l’avortement ait à revenir clandestin, entre autres joyeusetés. Nous gardons précieusement les adresses internet de nos deux internautes, sûrs que nous sommes qu’elles offriront leurs domiciles pour les faire dans la clandestinité, comme ce fut le cas dans ces fameuses années 60-70. Ce que les vieux ont eu le courage de faire quand ils étaient jeunes dans un contexte ultra-répressif, des jeunes internautes d’aujourd’hui, qui ont le verbe si haut, ne manqueront pas de le faire avant de devenir vieux (ou vieilles), n’est-ce pas ?

    Et si ce n’est pas l’avortement qui devient illégal, il y a déjà beaucoup de choses à faire en ce moment : cacher des sans-papiers, aider des « arabes » : mais oui, il y a des dizaines de milliers de Syriens (par exemple) réfugiés en France, dans des conditions parfois sordides. Ils ont besoin d’aide concrète et de solidarité (pas que verbale). La CNT-AIT après avoir lancé l’initiative « Du lait pour les enfants réfugiés syriens », transformée ensuite en « Initiative laïque de soutien et d’aide aux réfugiés syriens » leur apporte une aide, au quotidien (3). Qu’attendez-vous, chèr(e)s internautes pour vous joindre à nous ou pour faire de même ? Pour aider les « arabes » (et les autres) qui sont dans d’inextricables difficultés ? Mais peut-être êtes vous tellement centré(e)s sur votre petit nombril que rien d’autre ne vous importe.

    (1) Vu ce type d’attaque jeuniste, la rédaction a demandé à un vieux de répondre.

    (2) Le garrotte, c’est un collier de fer qu’on passe autour du cou du supplicié. Le bourreau le serre ensuite progressivement, lentement, jusqu’à ce que mort s’en suive.

    (3) Nous réfléchissons actuellement à étendre et développer cette initiative.

    Article d’@Anarchosyndicalisme ! n°152 déc 2016 - Janv 2017
    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article844

    • Je rajoute, j’avais déjà commenter le texte dans les commentaire d’un article précédent :

      https://joaogabriell.com/2016/07/14/ce-que-releve-lune-des-phrases-preferees-des-islamophobes-lislamophobi

      Déjà c’est un jargon difficile à lire. Car en substance on dit "ils sont de mauvaise fois ces raciste", "antiracisme politique = nous, "eux = naïfs dans le système du racisme d’État".. mais bon.

      Premièrement le texte vise habilement à ne pas distinguer "Musulman" et "Islam", soit "Musulmans" des personnes et "Islam" un dogme, une idéologie.

      « les musulmans ne sont pas une race », c’est a priori admettre qu’on pense tout au fond, même inconsciemment, malgré l’universalisme proclamé, que d’autres groupes sont des races pour de vrai.

      Effectivement faire on fait la différence entre religion/idéologie une distinction sur le caractère physique. Il y a une net différence entre un Juif et un pratiquant du Judaïsme. Comme entre venant des pays à confession musulmane et pratiquant musulman ce que ne semble ignorer l’auteur.

      Si tu es pour affirmation "les musulmans ne sont pas une race" donc "d’autres groupes sont des races pour de vrai". On est là dans l’argumentation typique du faux dilemme, en générale les argument des racialiste ne vont pas plus loin.

      Mais là.

      Deuxième cas :

      Soit ils pensent que « noir » « arabe » sont bien des catégories construites et non pas des races, mais que le mot « musulman » tout en renvoyant lui aussi à une construction historique relèverait d’une réalité trop différente pour que le traitement discriminant des populations auquel il renvoie puisse être qualifié de « racisme ».

      Notons le cotée amphigourique et tordu à la phase, j’ai mis du temps à comprendre mais je suis peut-être un pu lent.

      Ceux qui pense que le mot « musulman » :
      – Une construction historique
      – Mais la réalité trop différente (..) pour être qualifié de « racisme ».

      (..) pour ceux qui adhèrent à cette lecture, tout en invectivant constamment les militants de l’antiracisme politique, cela montre qu’ils sont particulièrement hypocrites

      Car :

      la mobilisation politique de catégories produites par l’histoire ne signifie pas nécessairement qu’on les légitime, mais peut aussi servir à contester l’ordre social qu’elles ont produit.

      En :

      en acceptant de mobiliser l’idée de racisme contre les « noirs » ou contre les « arabes » (...) les antiracistes universalistes auto-proclamés reconnaissent eux-mêmes que nommer les catégories visées le racisme, n’est pas ce qui constitue le racisme, et peut être aussi une manière d’y répondre.

      Prenons un autre exemple pour voir le soucis argumentatif :
      "anti-communiste" c’est du raciste anti-russe. Donc tous ceux qui s’attaque au communiste sont des racistes.
      Si tu dis que "communiste" c’est pas pareil tu est pas cohérents parce que tu pense aussi que "slave" n’est pas une catégorie pertinente. Même si je pense que les slaves ne sont pas en soit une catégorie cohérente.

      Oui, mais si je dit que "anti-communisme" c’est raciste cela nous empêche de détacher l’idéologie / de la ’race’.
      1) Ça rajoute une couche à l’essentialisation en validant l’idée que les slaves sont tous communiste
      2) Ça voudrait dire que critiquer l’idéologie communiste est impossible ce n’est pas sain.

      Quoi me répondrai l’auteur du texte (qui ignore qu’une religion n’est pas en dehors du monde des idées) :

      " à l’origine « musulman », cela désigne le fidèle d’une religion. "

      " Seuls des hypocrites peuvent prétendre que lorsqu’on dit « musulman », on pense à une catégorie purement religieuse, absolument neutre et aucunement liée à une quelconque "origine" "

      "Arrêtons de nous mentir : quand on dit musulman, on pense à arabes"

      "On" ? Le raciste, le blanc progressiste, l’universaliste, le musulman, qui ? Je réponds à ce que je crois : le raciste (’hypocrite’ ou pas).

      le contexte produit le « musulman » comme une « race » c’est à dire une catégorie qui d’un point de vue raciale n’existe pas en dehors du contexte de stigmatisation qui la produit

      Comme le raciste pense "musulman = arabe" il faut défendre les musulmans et l’islam et après on verra.

      J’ajoute la citation cette phrase en milieu de texte :

      Savoir si oui ou non cette stratégie est efficace, dans quelle mesure, et en s’y prenant de quelle façon est une autre discussion.

      J’en suis pas si sûr.

    • Il me semble des plus opportun de reprendre ici une expression, forgée il y a quelques temps déjà par #Nicole-Claude_Mathieu à propos de la Domination masculine de Bourdieu : et, au sujet de cet antiracisme blanc qui, face aux paroles autonomes de racisés, s’empresse à chaque fois de donner bruyemment à voir et à entendre à quel point il n’y entrave que couic, d’envisager que, sous l’affichage de cette incapacité réitérée à prendre en compte un point de vue de dominé- incapacité toujours suspicieuse a minima, quand elle n’est pas résolument hostile et agressive - , c’est le
      #pouvoir_auto-hypnotique_de_la_domination_de_race
      qui s’exprime.

    • @martin5 ton argumentaire est incompréhensible. Son seul apport est de valider les thèses racistes en vogue dans les milieux gauchistes actuellement. Catégoriser sur des bases raciales en traitant son contradicteur de raciste parce qu’il réfute cette catégorisation est en soit un sophisme. Les copiés collés de théories postmodernes d’universitaires américains ne font pas de toi un intellectuel...

    • @mad_meg ton acharnement à attaquer la CNT-AIT Toulouse est louable, l’argumentaire hashtag est le degré zéro de l’argumentation, il semble que la lutte concrète contre l’oppression ne soit pas ta priorité vu le temps que tu passe à calomnier et diffuser des thèses fausses et mensongères.

    • @critical_Hi-Fi

      Je l’avoue, « n’y entraver que couic » est une expression post-moderne bien connue, dont il se trouve que j’ai eu connaissance par les oeuvres d’un de ces probables universitaires d’outre-atlantique auxquels vous faites allusion - ah oui, ça me revient : il s’appelait Léo Ferré.

      Au vu de votre réaction à mon bref commentaire - dont, après l’avoir péremptoirement jugé « incompréhensible », vous prétendez faire néanmoins l’autopsie, en y fourrant vous-même pèle-mèle ce qu’il vous conviendrait d’y trouver ... il semble en effet que le français, pour vous, ce soit de l’américain . Vous m’en voyez navré !

      Je ne serai donc pas votre homme de paille. Répondez tant qu’il vous plaira et ce qu’il vous plaira à tous les américains post-modernes que vous vous imaginez lire ou entendre ici ou ailleurs : cela vous regarde.
      Il n’empêche qu’il s’y dit et s’y écrit, sans vous attendre ni devoir vous rendre des comptes, tout autre chose.
      L’histoire des luttes contre le racisme est déjà longue, mais elle semble encore loin d’être terminée.
      Il se trouve que ce sont d’abord celleux qui le subissent qui la font et la feront. En France, comme en Amérique, comme partout.
      Et l’#hypnose ne dure qu’un temps.

      Par ailleurs, le grossier mépris avec lequel vous vous permettez de traiter Mad Meg est des plus malvenus.

      #non-comprenants

    • @martin5 Combattre le racisme en le validant par une catégorisation systématique selon des critère ethniques est très contre productif. Et l’assignation systématique est un moyen de maintenir les gens dans la domination en essayant de faire croire qu’on les défend et, surtout, en se donnant bonne conscience. Traiter systématiquement de raciste tous ses contradicteurs à pour seul effet celui du « crier au loup » de l’histoire : face à un racisme effectif il n’y a plus de mots et il n’y a plus d’actions non plus. Vous êtes un postmoderne avéré, héritier des pomos américains, ne vous en déplaise. Quand à Mad Meg, qui est le mépris caractérisé, je n’ai rien à rajouter.

    • Que tu assume un manque de compréhension et une vision volontairement simplifié et binaire c’est dommage. L’absence de nuance et de modération c’est aveuglant. Mais passons.

      Sur ce seul mot dont tu donnes un autre définition qui t’arrange tu juge un article.
      Tu présuppose que Kamel Dahoud est dans le camps des violeurs ?
      Est-il possible d’avoir un peu de nuance et sortir d’une pensée hashtag ?

      C. Delphy parle d’avantage d’une récupération de la "revolution sexuelle" post-68 par les matchistes : "tu es libéré, alors couche avec moi".
      Contexte différents par rapport à un avant les années 60 ou la répression sexuelle (pouvoir de la censure religieuse et de l’ordre moral était plus fort).
      Daoud parle d’une autre situation ou la répression sexuelle plus forte.

      " Qu’est ce que la répression sexuelle ?

      Ce terme recouvre toute forme de dévalorisation de la sexualité, qu’elle soit brutale (par exemple la menace adressée au petit enfant surpris en train de se masturber : « si tu recommence je vais te la couper ! », ou l’injonction adressée à la petite fille : « fermes tes jambes ! ») ou plus subtile, se voilant derrière les termes de "modestie" ou de "pudeur".
      Il en est de même pour toute valorisation de l’abstinence sexuelle ou de la virginité. Elle s’exerce entre autres par la pression mise à l’encontre des jeunes filles et femmes qui souhaite avoir une sexualité libre (ou même simplement porter une jupe) : elles se font traiter de "fille facile", "salope" ou "pute".

      Elle peut s’exercer par le simple fait d’entretenir le mystère autour de l’activité sexuelle (sujet tabou ou réservé aux adultes, histoires d’enfant naissant dans des choux ou apporté par des cigognes, langage allusif...) ainsi que par la négation de la sexualité infantile.

      Cette répression peut aussi prendre la forme d’une dévalorisation plus générale du corps, considéré comme "sale", "impur", "grossier", "honteux", par opposition avec un esprit, une "âme" jugés plus élevés. La sexualité se voit alors rabaissée à "la satisfaction d’instincts ou de besoins matériels grossiers".

      "

      http://www.ecologielibidinale.org/fr/miel-faq-fr.htm#faq-repressionsexuelle

      Vu aussi :
      L’Europe face à une “Colognisation" ? : pourquoi la misère sexuelle ne suffit pas à expliquer la montée de l’extrémisme
      http://www.atlantico.fr/decryptage/colognisation-pourquoi-misere-sexuelle-ne-suffit-pas-expliquer-montee-radi

    • C’est pas honnête de modifié posterieurement vos messages comme vous le faites @critical_hi
      Je copie cette perlouse avant que vous l’effaciez aussi.

      j’ai aussi constaté que vous partagiez du Vacarme et du Ballast, preuve que vous êtes bien un postmoderne idiot utile du PIR et de son idéologie raciste et essentialiste.

      #révisionnisme #hypocrisie #faux-culisme

      Le plus drôle c’est que la seule et unique source que @critical_hi a échangé sur seenthis est un article de Liberation...

    • Je l’avoue, j’ai lu et partagé au moins un, et probablement plusieurs articles de Vacarme et de Ballast, et parfois ce n’était pas pour les éreinter. Mais il m’aura fallu une confrontation avec un expert en idiotie pour que j’apprenne que cela

      prouve

      que je suis

      « un postmoderne idiot utile du PIR et de son idéologie raciste et essentialiste. »

      A son intention, qu’il cherche bien : n’étant pas affligé par cette tare très en vogue, qui pousse tant d’antiracistes à exhiber sans honte leur incapacité à rendre compte d’un texte simple, lorsqu’il est signé du PIR, sans le rendre méconnaissable et prétendre lui faire dire les énormités les plus ineptes qu’ils parviennent à concevoir, j’ai dû citer aussi sur seenthis d’autres ami-e-s du PIR, en effet, (et certaines musulmanes ou portant des noms arabes), voir le PIR lui-même. Ce qui pourrait peut-être bien repousser les limites du postmodernisme, du racisme promu par les racisés et de l’affreux essentialisme qui pousse à analyser des constructions sociales - bref, de l’idiotie utile, ou de l’utilité idiote.
      En effet, si avoir lu des gens qui prennent le temps de parler du PIR et interviewent parfois sa porte-parole (ce qui fait d’eux leurs « amis ») suffit à faire de vous un idiot utile pour lui, que fait donc de vous de le lire directement dans le texte ?
      Je sollicite donc ici l’expertise généreuse dont j’ai déjà bénéficié plus haut pour en apprendre plus à ce sujet.



  • Les Lumières et l’esclavage
    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article836

    L’article « Sapere aude ! » http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article823 publié dans votre précédent numéro aborde rapidement, vers la fin, un point essentiel de la doxa anti-Lumières : leur rapport à l’esclavage. Face à l’avalanche d’âneries que l’on peut lire ou entendre sur ce sujet, je vous propose de faire un point.

    L’AIR DE LA CALOMNIE

    Si l’on tape sur « Google » les termes « histoire de l’esclavage » , on tombe très facilement – ce n’est qu’un exemple – sur la revue Hérodote qui affirme, péremptoirement,

    « L’esclavage, pudiquement qualifié d’institution particulière par les élites des Lumières, a été progressivement aboli à la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle dans les États américains et les colonies européennes grâce à l’action des sociétés philanthropiques d’inspiration chrétienne. » [1]

    Deux remarques s’imposent : peut-être quelque auteur français des Lumières a-t-il employé cette expression, mais malgré une lecture assidue, je ne l’ai encore jamais rencontrée. En fait, l’expression est de Thomas Jefferson, le 3e président des USA, qui possédait lui-même des esclaves. Attribuer son expression « pudique » à l’ensemble des Lumières constitue une généralisation totalement abusive. Et ajouter que la lutte contre l’esclavage fut « d’inspiration chrétienne » [2], un parfait contre-sens au moins en ce qui concerne la France, comme nous l’allons voir. Mais on peut lire encore pire : de la calomnie pure et dure. Ainsi le Guide vert de Bretagne a osé imprimer que Voltaire aurait eu « une part de 5000 livres dans un négrier nantais » sans apporter, bien sûr, le moindre début de preuve ; affirmation reprise, quoique sous une forme non chiffrée, mais toujours sans l’ombre d’une preuve par des politiciens comme… Christiane Taubira, mais que l’on retrouve aussi – c’est un comble – dans une brochure du mouvement pédagogique Freinet et, bien entendu, distillée par des journaleux en mal de « révélations » [3].

    C’est la fameuse technique de la calomnie, décrite par Beaumarchais, un des esprits les plus pétillants des Lumières :

    « … il n’y a pas, écrivait-il, de plate méchanceté, pas d’horreurs, pas de conte absurde qu’on ne fasse adopter aux oisifs d’une grande ville, en s’y prenant bien.... D’abord un bruit léger, rasant le sol [...] telle bouche le recueille, et, piano, piano, vous le glisse en l’oreille adroitement ; le mal est fait : il germe, il rampe, il chemine, […] éclate et tonne, et devient un cri général […] » [4]

    Et nous en sommes là : d’insinuations fielleuses en affirmations parfaitement fausses, la campagne réactionnaire contre les Lumières bat son plein depuis plusieurs années, tant et si bien que beaucoup de lycéens, qui en ont lu au maximum une demi-page, sont persuadés que Montesquieu (quand ils le connaissent) est un esclavagiste et que les autres Lumières ne valaient pas mieux.
    Voyons donc ce qu’il en est en réalité.

    DE LA PRÉHISTOIRE AU XVIIIe SIÈCLE : DES SIÈCLES D’ESCLAVAGE

    Pour comprendre des textes anciens, il est nécessaire de les resituer dans leur contexte et donc de rappeler, au moins à grands traits, ce qu’était l’époque à laquelle ils ont été rédigés. Cette époque, ce XVIIIe siècle dans lequel apparaissent les Lumières est, comme toute la période qui la précède, un siècle esclavagiste, en France et dans le monde.

    Sur le plan mondial, personne ne s’insurge alors (ni même longtemps après) contre la « traite orientale » des esclaves, pourtant

    « la plus longue en durée et la plus importante en nombre d’esclaves puisqu’on estime que 17 millions de noirs seront mis en esclavage »

    et cela pour alimenter

    « le monde musulman en esclaves noirs, d’abord dans l’empire arabe puis dans l’empire Ottoman. » [5]

    pas plus d’ailleurs que contre la « traite intra-africaine » qui, d’une part a fourni les esclaves de la « traite atlantique » mais aussi alimenté la « clientèle » africaine ( « 14 millions de noirs furent ainsi réduit en esclavage sur place » [6].).

    La Grèce, Rome ont pratiqué l’esclavage. La France l’a aussi connu. Même en plein XVIIIe siècle, le servage (une forme locale d’esclavage) y persiste encore. L’esclavage est considéré comme tellement normal qu’à la fin du XVIIe il est réglementé par un texte juridique, le Code noir (1685) [7]. Les dispositions de ce code seront progressivement aggravées par Louis XV. A cette époque, La France est un pays dominé, écrasé même par l’église catholique. Et celle-ci, qui n’a jamais hésité à avoir des esclaves [8], justifiait sa position par le droit canonique, l’Ancien et le Nouveau Testament ainsi que par les Pères de l’Église. Si bien que les grands savants théologiens catholiques de l’époque, à commencer par Bossuet et en suivant par Jean Pontas, Germain Fromageau, Bellon de Saint-Quentin

    « n’ont jamais mis en discussion la légitimité de l’esclavage, notamment de l’esclavage des noirs » [9]

    Pire, pour le célèbre Bossuet ; condamner l’esclavage ce serait

    « condamner le St Esprit qui ordonne aux esclaves, par la bouche de St Paul, de demeurer dans leur état et n’oblige point les maîtres à les affranchir’’ » [10].

    D’ailleurs, et c’est une donnée essentielle pour comprendre l’acceptation de ce crime par une société pétrie de christianisme,

    « La justification officielle de la traite est l’évangélisation des Noirs » [11].

    Comme les choses, surtout sur une période de plusieurs siècles, sont rarement d’un bloc uniforme, il faut dire également qu’avant le mouvement des Lumières il y eut, ça et là, quelques tentatives courageuses d’interdire ou d’abolir l’esclavage mais sans effet pratique sur l’esclavage dans les colonies.

    En résumé, quand le mouvement des Lumières apparaît, il baigne, comme toute la société, dans cet esclavagisme. Et c’est par un effort soutenu de réflexion et de critique qu’il va réussir à s’en dégager.

    « QUE LES COLONIES EUROPÉENNES SOIENT DONC PLUTÔT DÉTRUITES, QUE DE FAIRE TANT DE MALHEUREUX ! »

    Les Lumières, il faut le rappeler, ne constituent ni une « école » ni un courant homogène. Ces auteurs (dont un petit nombre viendra du clergé) polémiquent souvent entre eux avec la plus grande virulence. Leur point commun est de vouloir penser par eux-mêmes, d’accepter la discussion, d’évaluer les raisonnements des uns et des autres et… d’évoluer en fonction de la pertinence des arguments.

    Partant d’une société dans laquelle l’esclavage est une sorte « d’évidence » générale, que personne ou presque ne questionne, il n’est pas étonnant que

    « L’élaboration de la culture critique anti-esclavagiste au XVIIIe siècle [… n’ait pas été] sans hésitations puisque cette critique devait briser une longue tradition de légitimation théorique de l’esclavage qui, auparavant, n’avait jamais été mise en question en ces termes. » [12] .

    C’est par une sorte de tâtonnement que cette critique s’élabore. Pour schématiser, on peut observer trois phases : celle où l’esclavage n’est pas reconnu comme un problème ou même est admis (quelques rares auteurs en resteront à ce stade), celle du début de la réflexion éthique avec des contradictions et des ambiguïtés, et enfin celle de la révolte et de l’affirmation de l’anti-esclavagisme (à partir des années 1770). Les textes des principaux auteurs vont nous montrer les conclusions auxquelles ils parviennent.

    VOLTAIRE

    C’est sous forme d’un conte, un genre qu’il affectionnait pour faire passer ses idées chez le plus grand nombre possible, que Voltaire s’attaque à l’esclavage :

    « En approchant de la ville, ils rencontrèrent un nègre étendu par terre, n’ayant plus que la moitié de son habit, c’est-à-dire d’un caleçon de toile bleue ; il manquait à ce pauvre homme la jambe gauche et la main droite.

    – Eh, mon Dieu ! lui dit Candide en hollandais, que fais-tu là, mon ami, dans l’état horrible où je te vois ?
    – J’attends mon maître, monsieur Vanderdendur, le fameux négociant, répondit le nègre.
    – Est-ce M. Vanderdendur, dit Candide, qui t’a traité ainsi  ?
    – Oui, monsieur, dit le nègre, c’est l’usage. […]
    – Ô Pangloss ! s’écria Candide, tu n’avais pas deviné cette abomination ; c’en est fait, il faudra qu’à la fin je renonce à ton optimisme. […] Et il versait des larmes en regardant son nègre, et, en pleurant, il entra dans le Surinam. »
    [13].

    Et Candide, qui n’avait pas perdu son optimisme devant les plus grands désastres (tel le tremblement de terre de Lisbonne) le perd irrémédiablement quand il est confronté à cette abomination qu’est l’esclavage.

    ROUSSEAU

    Dans ce qui est son ouvrage fondamental de philosophie politique, « Du contrat social » , Jean-Jacques Rousseau consacre un chapitre, « De l’esclavage » , à cette question. Il débute par ces mots :

    « Puisque aucun homme n’a une autorité naturelle sur son semblable, […]. »

    et se conclut, à la suite de tout un raisonnement par :

    « Ainsi, de quelque sens qu’on envisage les choses, le droit d’esclave est nul, non seulement parce qu’il est illégitime, mais parce qu’il est absurde et ne signifie rien. Ces mots, esclavage et droit, sont contradictoires ; ils s’excluent mutuellement. Soit d’un homme à un homme, soit d’un homme à un peuple, ce discours sera toujours également insensé : je fais avec toi une convention toute à ta charge et toute à mon profit, que j’observerai tant qu’il me plaira, et que tu observeras tant qu’il me plaira. » [14]

    Par « le droit d’esclave » il faut bien entendu entendre « le droit d’avoir des esclaves ». Ce droit est nul, nous dit Rousseau, qui illustre son propos en soulignant le caractère tout à fait léonin de toute « convention » qui régirait l’esclavage.

    DIDEROT

    Denis Diderot est encore plus clair quand il écrit :

    « À qui, barbares, ferez-vous croire qu’un homme peut être la propriété d’un souverain ; un fils, la propriété d’un père ; une femme, la propriété d’un mari ; un domestique, la propriété d’un maître ; un esclave, la propriété d’un colon ? » [15].

    En quelques lignes, Diderot s’attaque non seulement à l’esclavage mais aussi au servage, au patriarcat et au machisme ! Et c’était il y a plus de 200 ans ! C’est peu de dire que l’ouvrage dont sont extraites ses lignes ne plut pas aux autorités. Le Parlement et l’Église le censurèrent et Louis XVI le fit brûler publiquement. Le directeur de publication partit prudemment en exil…

    CONDORCET

    Condorcet de son côté dénonce vigoureusement une époque

    « … souillée par de grandes atrocités. Elle fut celle des massacres religieux, des guerres sacrées, de la dépopulation du nouveau monde. Elle y vit rétablir l’ancien esclavage, mais plus barbare, plus fécond en crimes contre la nature ; elle vit l’avidité mercantile commercer du sang des hommes, les vendre comme des marchandises […] et les enlever à un hémisphère pour les dévouer dans un autre, au milieu de l’humiliation et des outrages, au supplice prolongé d’une lente et cruelle destruction » [16].

    Il s’adresse directement aux esclaves :

    « Quoique je ne sois pas de la même couleur que vous, je vous ai toujours regardé comme mes frères. La nature vous a formés pour avoir le même esprit, la même raison, les mêmes vertus que les Blancs. Je ne parle ici que de ceux d’Europe, car pour les Blancs des Colonies, je ne vous fais pas l’injure de les comparer avec vous (…). Si on allait chercher un homme dans les Isles de l’Amérique, ce ne serait point parmi les gens de chair blanche qu’on le trouverait. » [17].

    La condamnation de l’esclavage et de ceux qui la pratiquent est claire.

    DE JAUCOURT

    Louis de Jaucourt est moins connu du grand public. C’est pourtant, peut-être, un des auteurs qui illustre le mieux l’universalisme des Lumières. Après des études de théologie (protestante) à Genève, il se rend à Cambridge pour étudier mathématiques et physique, puis il poursuit sa peregrinatio academica à Leyde où il devient docteur en médecine. Louis de Jeaucourt parlait cinq langues vivantes (français, allemand, anglais, italien, espagnol) et maîtrisait deux langues mortes (grec et latin). Fin connaisseur des littératures anciennes et modernes et bien instruit en histoire et politique, philosophie et théologie, physique et mathématiques, chimie et botanique, belles-lettres et beaux-arts, Louis de Jaucourt est le principal contributeur à ce qui fut l’œuvre majeure des Lumières, l’ Encyclopédie [18], puisqu’il en rédige à lui seul un bon quart (soit quelques 18 000 articles sur les 72 000 qu’elle comprend, cela sans compter les articles qu’il cosigne). Fuyant les mondanités, travaillant sans relâche à ses articles, de Jaucourt avait fait don de ses biens aux pauvres qu’il soignait, en tant que praticien, à titre gratuit [19].

    Voici ce qu’il écrit dans deux articles de l’Encyclopédie « Esclavage » et « Traite des Nègres » :

    « Après avoir parcouru l’histoire de l’esclavage, nous allons prouver qu’il blesse la liberté de l’homme, qu’il est contraire au droit naturel et civil, qu’il choque les formes des meilleurs gouvernements, et qu’enfin il est inutile par lui-même. […] rien au monde ne peut rendre l’esclavage légitime. »

    Dans le second article, de Jaucourt n’hésite pas à aborder les aspects économiques (qui constituent, in fine, un des arguments majeurs des esclavagistes) :

    « On dira peut-être qu’elles seraient bientôt ruinées, ces colonies, si l’on y abolissait l’esclavage des nègres. Mais quand cela serait, faut-il conclure de là que le genre humain doit être horriblement lésé, pour nous enrichir ou fournir à notre luxe ? Il est vrai que les bourses des voleurs des grands chemins seraient vides, si le vol était absolument supprimé : mais les hommes ont-ils le droit de s’enrichir par des voies cruelles et criminelles ? Quel droit a un brigand de dévaliser les passants ? »

    Et de conclure, conclusion que nous faisons nôtre :

    « Que les colonies européennes soient donc plutôt détruites, que de faire tant de malheureux ! »

    C’est de ce mouvement des Lumières que naîtra la première organisation abolitionniste de France, la « Société des amis des noirs » (1788) qui ouvre la voie à l’abolition officielle de l’esclavage par la Révolution française, le 16 pluviôse de l’an II. Napoléon Ier, qui n’avait rien d’une Lumière, rétablit l’esclavage par la loi du 20 mai 1802, et c’est un décret du 27 avril 1848, porté par Victor Schœlcher qui abolira définitivement l’esclavage en France.

    RETOUR SUR L’AIR DE LA CALOMNIE

    Comme les textes apportent, pour peu qu’on prenne la peine de les lire, un démenti cinglant à ceux qui veulent assimiler esclavage et Lumières, une deuxième ligne d’attaque – nous en avons dit un mot en introduction – s’est insidieusement développée ; celle qui prétend que les philosophes des Lumières auraient eu un double langage et qu’ils auraient tiré des bénéfices direct de l’esclavage.

    De Jaucourt (qui donne tous ses biens), Rousseau (qui vit dans la misère) et bien d’autres étant totalement inattaquables, la calomnie se concentre sur un des auteurs les plus connus Voltaire, et vient accessoirement tenter de salir Diderot.

    Dès son époque, Voltaire était surveillé, scruté par ses nombreux ennemis, en particulier les Jésuites qui lui vouaient une haine farouche. S’il y avait eu la moindre contradiction entre ses écrits et sa vie, ils se seraient fait un plaisir de le publier. Or, il n’en est rien. 238 ans après sa mort, alors que des travaux sans nombre lui ont été consacrés dans le monde entier ses ennemis, toujours aussi nombreux, n’ont pas trouvé le moindre début de preuve de ce qu’ils avancent. Il semble que l’origine de cette rumeur nauséabonde se trouverait dans l’article d’une historienne, Nelly Schmidt. Mais elle n’en publie aucune preuve et ne répond pas quand on l’interroge :

    « Sollicitée à plusieurs reprises d’indiquer sa source, Mme Schmidt ne m’a pas répondu »

    note Jean Ehrard [20].

    Ceci dit, si je me permets un commentaire personnel, je m’étonne que les quelques universitaires et autres individus qui attaquent les Lumières pour de prétendues complicités avec l’esclavage au XVIIIe siècle ne se fassent pas connaître dans la lutte contre l’esclavage aujourd’hui ni en France [21], ni dans le monde. Pourtant, au bas mot, il y a actuellement, au moins 45,8 millions de personnes réduites en esclavage, un tiers d’entre elles étant des enfants [22]. Mais, probablement, travailler à tirer de l’esclavage quelques millions d’enfants et d’adultes est moins « vendeur » (ou moins subventionné) que de cracher sur ceux qui, les premiers, ont lutté pour cette libération. De même, je ne me souviens pas d’avoir vu les détracteurs des Lumières s’élever conte le génocide rwandais, le génocide cambodgien et tant d’autres horreurs. Sans doute étaient-ils trop occupés à leurs misérables recherches pour protester contre les abominations de notre temps.

    Parvenu à ce stade, je me permettrai une dernière remarque. Quand on veut « peser » le « pour » et le « contre » il faut aussi « peser » le rapport de forces. Les auteurs qu’on appelle les Lumières n’étaient qu’une poignée, quelques dizaines. Les opposants aux Lumières, au moins ceux qui étaient organisés, formaient de véritables armées (à la veille de la Révolution, le clergé compte 120 000 hommes, essentiellement hostiles aux Lumières) et ils avaient le pouvoir. Critiquer l’organisation sociale exposait à des interdictions (l’Encyclopédie fut interdite), à des bannissements, des exils, à de la prison et même à la mort [23]. Dans ce contexte, avoir dénoncé l’esclavage, un des piliers du système, c’était faire preuve d’un grand courage. Un courage qui manque tant de nos jours aux « élites » intellectuelles pour dénoncer les abominations du monde actuel.

    [1] cf : https://www.herodote.net/De_l_Antiquite_a_nos_jours-synthese-16.php .

    [2] Aux USA, les Quakers ont effectivement joué ce rôle.

    [3] Jean Ehrard, Lumières et esclavage. L’esclavage colonial et l’opinion publique en France au XVIIIe siècle , André Versaille éditeur, 2008, 239 pages. C’est l’ouvrage de référence dans ce domaine.

    [4] Beaumarchais, Barbier de Séville, 1775.

    [5] http://dp.mariottini.free.fr/esclavage/histoire-chronologie/les-3-traites.htm

    [6] http://dp.mariottini.free.fr/esclavage/histoire-chronologie/les-3-traites.htm

    [7] On oublie souvent de le préciser : cette ignominie qu’est le « Code Noir » est également antisémite : il s’attaque, dès son premier article, aux juifs.

    [8] Les fils naturels de prêtre étaient systématiquement esclaves de l’église catholique.

    [9] Alessandro Tuccillo, « Jean Ehrard, Lumières et esclavage. L’esclavage et l’opinion publique en France au XVIIIe siècle » http://montesquieu.ens-lyon.fr/spip.php?article943 .

    [10] Citation de Bossuet, Dictionnaire rationaliste, article esclavage.

    [11] Jean Ehrard, Lumières et esclavage. L’esclavage colonial et l’opinion publique en France au XVIIIe siècle , André Versaille éditeur, 2008, 239 pages.

    [12] Alessandro Tuccillo, « Jean Ehrard, Lumières et esclavage. L’esclavage et l’opinion publique en France au XVIIIe siècle » http://montesquieu.ens-lyon.fr/spip.php?article943 .

    [13] Voltaire, Candide ou l’optimiste , 1759.

    [14] Rousseau, Du contrat social , 1750.

    [15] « Histoire philosophique et politique des établissements et du commerce des Européens dans les deux Indes » . Cet ouvrage collectif, considéré comme la « bible » de l’anticolonialisme, a été, dirait-on aujourd’hui, publié sous la direction de l’abbé Raynal. Le passage cité ici est de Diderot. 1780. On peut consulter à ce sujet la notice BnF no FRBNF31182796.

    [16] Condorcet, Esquisse d’un tableau historique des progrès de l’esprit humain , 1793/1794

    [17] Condorcet, Réflexions sur l’esclavage des Nègres , 1781.

    [18] Encyclopédie ou Dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers , sous la direction de Diderot et D’Alembert. Il faudra plus de vingt ans (1751-1772) pour que la publication soit complète et parvienne à surmonter les immenses difficultés qu’on lui opposa.

    [19] Musée virtuel du protestantisme, article de Jaucourt, http://www.museeprotestant.org/notice/louis-de-jaucourt-1704-1779

    [20] Jean Ehrard, Lumières et esclavage. L’esclavage colonial et l’opinion publique en France au XVIIIe siècle , André Versaille éditeur, 2008, 239 pages.

    [21] Vous aviez publié il y a quelques années le cas d’un « esclave moderne » que vous aviez tiré de cette situation, à Lauzerte (82) je crois. Autant qu’il me souvienne, et bien que l’affaire ait fait du bruit, aucun des universitaires anti-Lumières n’a apporté la moindre aide ni n’a manifesté de soutien.

    [22] https://www.walkfree.org d’après, en particulier, des chiffres de l’UNICEF.

    [23] En 1766, après avoir subi la torture, le chevalier de la Barre, à peine âgé de 21 ans, est condamné pour « impiété ». Il est décapité et son corps jeté aux flammes avec l’exemplaire saisi chez lui du « Dictionnaire Philosophique » de Voltaire.

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    Outre les références citées en notes, on lira avec grand intérêt !

    Christian Albertan, « Jean Ehrard, Lumières et esclavage. L’Esclavage colonial et l’opinion publique en France au XVIIIe siècle » , Annales historiques de la Révolution française.
    http://ahrf.revues.org/11508

    Marie Leca-Tsiomis, « Jean ERHARD, Lumières et esclavage. L’esclavage colonial et l’opinion publique en France au XVIIIe siècle » , Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie, numéro 43 Varia, [En ligne], mis en ligne le 26 novembre 2008. . Consulté le 19 septembre 2016.
    http://rde.revues.org/3812

    Ann Thomson, « Diderot, Roubaud et l’esclavage » , Recherches sur Diderot et sur l’Encyclopédie, numéro 35 Varia.
    http://rde.revues.org/179

    Article d’@Anarchosyndicalisme ! n°151 Oct-Nov 2016
    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article834

    • Qu’apporte cette précision de la « traite intra-africaine » pour une "« clientèle » africaine" dans ce texte ? à part un dédouanement de l’occident et un détournement du sujet, je ne voie pas trop. Et au passage cette précision prend vraiment lea lecteurice pour une buse, comme si tout le monde n’étais pas au courant que l’esclavage existait hors du contexte de l’histoire moderne... et comme si cette précision n’étais pas le plus gros poncif qu’on puisse sortir sur le sujet. Ca me semble être du pure #whitesplanning

      Il me semble évident que les militant·e·s afro-descendant·e·s actuels auquel se texte semble vouloir répondre parlent et veulent parler de l’esclavage par les pays occidentaux pendant la période classique et moderne, et n’ont pas d’intérêt pour la grèce antique ou l’empire ottoman dont ils sont de toute façon déjà largement informé·e·s par tous les fafs, FNoïdes et bravepatriotes depuis belles lurettes.

      Par rapport à Voltaire, c’est bien de sortir Candide mais c’est aussi une réponse qui tombe à coté, il semble que le texte qui pose problème soit l’"Essai sur les Mœurs et l’esprit des Nations"(1756)
      voici un extrait explicitement raciste :

      Leurs yeux ronds, leur nez épaté, leurs lèvres toujours grosses, leurs oreilles différemment figurées, la laine de leur tête, la mesure même de leur intelligence, mettent entre eux et les autres espèces d’hommes des différences prodigieuses. Et ce qui démontre qu’ils ne doivent point cette différence à leur climat, c’est que des nègres et des négresses transportés dans les pays les plus froids y produisent toujours des animaux de leur espèce, et que les mulâtres ne sont qu’une race bâtarde d’un noir et d’une blanche, ou d’un blanc et d’une noire.

      source ; http://www.contreculture.org/AG%20Voltaire.html

    • « Nous n’achetons des esclaves domestiques que chez les Nègres ; on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l’acheteur.
      Ce négoce démontre notre supériorité ; celui qui se donne un maître était né pour en avoir. »
      (tome 8, page 187)

      Lettre à Michaud de Nantes, son associé dans l’armement du Congo (Cité par César Cantu, Histoire universelle, 3ème édition, Tome XIII, p 148. Accessible sur Google books)
      « Je me félicite avec vous de l’heureux succès du navire le Congo, arrivé si à propos sur la côte d’Afrique pour soustraire à la mort tant de malheureux nègres... Je me réjouis d’avoir fait une bonne affaire en même temps qu’une bonne action. »

      l’Essai sur les moeurs, Voltaire publie le Traité de Métaphysique. La thèse de l’origine différente et de l’inégalité des races humaines est déjà présente, dans toute sa nudité et toute sa violence.

      Descendu sur ce petit amas de boue, et n’ayant pas plus de notion de l’homme que l’homme n’en a des habitants de Mars ou de Jupiter, je débarque vers les côtes de l’Océan, dans le pays de la Cafrerie, et d’abord je me mets à chercher un homme. Je vois des singes, des éléphants, des nègres, qui semblent tous avoir quelque lueur d’une raison imparfaite. Les uns et les autres ont un langage que je n’entends point, et toutes leurs actions paraissent se rapporter également à une certaine fin. Si je jugeais des choses par le premier effet qu’elles font sur moi, j’aurais du penchant à croire d’abord que de tous ces êtres c’est l’éléphant qui est l’animal raisonnable. Mais, pour ne rien décider trop légèrement, je prends des petits de ces différentes bêtes ; j’examine un enfant nègre de six mois, un petit éléphant, un petit singe, un petit lion, un petit chien : je vois, à n’en pouvoir douter, que ces jeunes animaux ont incomparablement plus de force et d’adresse ; qu’ils ont plus d’idées, plus de passions, plus de mémoire, que le petit nègre ; qu’ils expriment bien plus sensiblement tous leurs désirs ; mais, au bout de quelque temps, le petit nègre a tout autant d’idées qu’eux tous. Je m’aperçois même que ces animaux nègres ont entre eux un langage bien mieux articulé encore, et bien plus variable que celui des autres bêtes. J’ai eu le temps d’apprendre ce langage, et enfin, à force de considérer le petit degré de supériorité qu’ils ont à la longue sur les singes et sur les éléphants, j’ai hasardé de juger qu’en effet c’est là l’homme ; et je me suis fait à moi-même cette définition :

      L’homme est un animal noir qui a de la laine sur la tête, marchant sur deux pattes, presque aussi adroit qu’un singe, moins fort que les autres animaux de sa taille, ayant un peu plus d’idées qu’eux, et plus de facilité pour les exprimer ; sujet d’ailleurs à toutes les mêmes nécessités ; naissant, vivant, et mourant tout comme eux.

      « Mais qu’est-ce donc que Voltaire ? Voltaire, disons-le avec joie et tristesse, c’est l’esprit français ».
      (Victor Hugo. « Shakespeare »)

      #anarcho_bourgeois

    • Bonjour @mad_meg ,

      Des amis m’ont transmis la réponse que vous avez bien voulu me faire sur Seenthis. J’ai pris assez de temps pour vous répondre car, comme indiqué plus bas, j’ai cherché, sans les trouver, quelques références.

      Votre première remarque est la suivante :

      Qu’apporte cette précision de la « traite intra-africaine » pour une "« clientèle » africaine" dans ce texte ? à part un dédouanement de l’occident et un détournement du sujet, je ne voie pas trop. Et au passage cette précision prend vraiment lea lecteurice pour une buse, comme si tout le monde n’étais pas au courant que l’esclavage existait hors du contexte de l’histoire moderne... et comme si cette précision n’étais pas le plus gros poncif qu’on puisse sortir sur le sujet. Ca me semble être du pure #whitesplanning

      Je vous rappelle que le titre de mon article était « Les Lumières et l’esclavage ». La question de l’esclavage « pèse » donc la moitié du titre. Il était légitime qu’elle soit au moins succinctement abordée. Vous écrivez « comme si tout le monde ne savait pas que l’esclavage existait hors du contexte de l’histoire moderne » . Votre assertion est erronée ou du moins imprécise car l’esclavage ne concerne pas que le passé, il continue à sévir dans l’histoire moderne. Au jour d’aujourd’hui, il y a quelques 36 millions d’esclaves dans le monde (1), ce qui est à peu près l’équivalent de la population du Canada. Ce n’est donc pas « rien ». Or l’esclavage actuel se maintient dans l’indifférence quasi-générale : où sont les écrivains, les intellectuels, les militants de gauche et d’extrême gauche qui osent dénoncer publiquement le problème et militer pour qu’il cesse ? J’en voie fort peu. Et permettez-moi de m’étonner que l’on critique les Lumières pour ne pas avoir été assez radicales contre l’esclavage il y a 200 ans tout en se moquant bien du sort des 36 millions d’enfants, de femmes et d’hommes qui sont réduits aujourd’hui à ce triste sort. C’est une énorme contradiction. Si j’étais chrétien, cela me rappellerait la parabole selon laquelle on voit plus facilement la paille dans l’œil de son voisin que la poutre de son propre œil.

      Vous écrivez ensuite :

      Il me semble évident que les militant·e·s afro-descendant·e·s actuels auquel se texte semble vouloir répondre parlent et veulent parler de l’esclavage par les pays occidentaux pendant la période classique et moderne, et n’ont pas d’intérêt pour la grèce antique ou l’empire ottoman dont ils sont de toute façon déjà largement informé·e·s par tous les fafs, FNoïdes et bravepatriotes depuis belles lurettes.

      Vous affirmez que les « afro-descendants » sont largement informés sur la traite par « l’empire ottoman ». Je ne sais pas ce qui vous autorise à proférer une telle affirmation. Malgré d’assez longues recherches, je n’ai trouvé strictement aucune étude pouvant servir d’assise à votre affirmation. Tout au contraire, en interrogeant autour de moi des amis « noirs de peau » (pour reprendre une terminologie exécrable) et des amis de ces amis il m’est apparu que si quelques-uns avaient vaguement entendu parler de la traite intra-africaine, la plupart « tombaient de cul » en la découvrant. La traite intra-africaine est une réalité qui émerge à peine depuis quelques années dans les consciences. Et cette réalité, plus on la creuse, plus elle apparait comme effrayante, tant et si bien que les auteurs « noirs » qui travaillent la question finissent par dire que si la traite atlantique est constitutive d’un crime contre l’humanité, la traite africaine constitue un véritable génocide : non seulement par la mortalité lors de la traversée des déserts dans des conditions épouvantables mais surtout par le passage systématique garçons dans des « ateliers de castration », avec une mortalité de l’ordre de 70 à 80 % et une infécondité pour les survivants. Comme l’esclavage intra-africain s’est poursuivi au XIXème siècle et même aujourd’hui, il y a des traces iconographiques qui font froid dans le dos. Une présentation édulcorée de la question, mais intéressante, a été faite sur Arte (2).

      Au total, je vous retourne votre question : pourquoi donc ne faudrait-il pas aborder dans un article sur l’esclavage la forme d’esclavage la plus massive, c’est-à dire l’esclavage intra-africain ? Voyons vos arguments :

      – ce serait pour dédouaner l’Occident de ses propres crimes. Remarquons que, même si cela a pris trop de temps, l’Occident, ou du moins la France puisque c’est ici qu’on vit (et où ont vécu les Lumières dont il est question dans mon article) a déclaré officiellement par la loi n°2001-434 du 21 mai 2001 « la reconnaissance de la traite et de l’esclavage en tant que crime contre l’humanité » (https://www.herodote.net/La_traite_un_crime_contre_l_humanite_-article-17.php), à l’égal de la Shoah et des autres génocides du XXe siècle et a proclamé le 10 mai journée des « Mémoires de la traite négrière, de l’esclavage et de leurs abolitions » . Je ne crois pas beaucoup aux lois, mais j’aimerais tellement que le Qatar (premier pays esclavagiste) ou le Maroc par exemple (150 000 esclaves) abolissent dans les fait l’esclavage et reconnaissent que c’est un crime !

      – ce serait inutile en général car « tout le monde serait au courant » . Affirmation totalement gratuite qu’aucune étude ne vient étayer en ce qui concerne la traite intra africaine.

      – ce serait inutile en particulier pour les « afro-descendants » qui n’y porteraient aucun intérêt (on se demande bien pourquoi) et surtout qui seraient « largement informés par par tous les fafs, FNoides et bravepatriotes depuis belle lurette » . Assertion fausse à au moins deux niveaux :
      1/ Il y a maintenant des afro-descendants qui découvrent la traite intra-africaine, qui s’y intéressent, et de plus en plus, un petit tour sur « youtube » vous en donnera d’assez nombreux exemples.
      2/ comme indiqué plus haut, il n’existe pas d’étude prouvant que les « afro-descendants » soient largement informés », le constat que j’ai pu faire montre même l’inverse.

      – Finalement, c’est dans la dernière ligne du paragraphe cité qu’on comprend votre motivation : les fafs, FNoïdes et bravepatriotes parlent de l’esclavage intra-africain, donc les autres doivent s’interdire d’en parler. Votre logique est une logique que l’on connait bien en politique : taire la vérité car elle pourrait mettre en contradiction telle ou telle théorie. Ce fut la logique du Parti Communiste qui étouffait tous les méfaits du stalinisme sous prétexte de « ne pas désespérer Billancourt ». On connait le résultat de cette politique de l’autruche : ça marche un certain temps, puis ça s’effondre, parfois violemment. A l’inverse des taiseux de la vérité, je pense que toute vérité doit être dite. C’est la condition même du débat démocratique. Et si nos adversaires disent une vérité, rien ne doit nous interdire de dire la même. Sauf à se mettre dans des situations éthiquement inadmissibles et qui pourraient friser le ridicule : si MadameLe Pen, à l’encontre de certains fondamentaliste de son parti, affirmait que « Oui, la terre est ronde », serions-nous pour cela dans l’obligation de proclamer qu’elle est plate ? Assez de calculs politiciens minables !

      Votre deuxième grand point concerne Voltaire. Vous écrivez

      Par rapport à Voltaire, c’est bien de sortir Candide mais c’est aussi une réponse qui tombe à coté, il semble que le texte qui pose problème soit l’"Essai sur les Mœurs et l’esprit des Nations"(1756)
      voici un extrait explicitement raciste :

      Je dois dire que, malgré mes recherches, je n’ai pas trouvé un exemplaire de l’Essai sur les mœurs et l’esprit des Nations comportant cet extrait. La référence que vous citez (http://www.contreculture.org/AG%20Voltaire.html.) donne un passage très court, et j’aurais bien aimé lire ce qu’il y avait avant et après. J’observe que la citation est tirée d’une édition de 1805, soit bien après la mort de Voltaire. Si quelqu’un parmi les lecteurs dispose d’un accès à l’édition originale, je serais preneur des deux ou trois pages qui précèdent et suivent cette citation. Dans l’attente, et s’il ne s’agit pas d’une interpolation, ce que le texte permet de conclure c’est qu’il s’agit d’une description raciste, mais racisme et esclavage ne sont pas synonymes. Ma deuxième observation sur ce point, c’est que, comme indiqué dans mon article, la pensée des Lumières évoluent au fil du temps. Je me permets de me citer

      « Pour schématiser, on peut observer trois phases : celle où l’esclavage est ou admis (quelques rares auteurs en resteront à ce stade) ou du moins n’est pas identifié en tant que question (première moitié du siècle), celle de la mise à jour de cette problématique et donc du début de la réflexion éthique avec des contradictions et des ambigüités, et enfin celle de la révolte et de l’affirmation de l’anti-esclavagisme ».

      Voltaire lui aussi évolue : l’Essai est de 1756, le Candide de 1759. Sans d’ailleurs passer sous silence qu’elles ont été précédées d’exécrables vaticinations, quand une pensée évolue, ce sont me semble-t-il, les dernières positions dont il faut tenir compte pour « juger » un auteur.

      En vous remerciant encore de la peine que vous avez prise pour me répondre.

      (1) - (http://www.liberation.fr/planete/2014/11/17/pres-de-36-millions-d-esclaves-dans-le-monde_1144709 – Estimation de l’ONG Walk Free)

      (2) - Emission Arte Thema https://www.youtube.com/watch?v=a-Xa4nR3EWM

      Vous pouvez lire aussi Le génocide voilé de Tidiane N’Diaye, Gallimard, Continents noirs, 2008 et les travaux de Salah Trabelsi

    • Merci pour ta réponse @anarchosyndicalisme
      Et Non je n’ai pas les textes de voltaire en édition originales sous la main pour te prouver mon copié collé ! Tu affirme qu’il n’a jamais dit de choses racistes ni esclavagiste et maintenant tu dit « Voltaire lui aussi évolue : l’Essai est de 1756, le Candide de 1759. »
      C’est très interessant merci pour toute cette volonté de dialogue.

      Ciao et bonne journée en 1756.

    • @mad_meg Tu sors des passages de leur contexte en niant les évolutions de la langue et autres nuances... Tu fais aussi références à des lettres qui sont connues pour être apocryphes... Ces sources sont utilisées par des suprémacistes noirs afin de calomnier les Lumières. Tu ne répond que à ce qui t’arrange. En accusant la CNT-AIT de racisme en donnant des sources aussi litigieuses tu calomnie. Tout comme tu calomnie dans d’autres posts en utilisant toi-même les catégorisations raciales chères au PIR et à ses avatars associatifs.

    • Le coup du complot suprématisme noir qui en voudrait aux lumières et auraient hacker Google book pour y insérer des textes apocryphes c’est super drôle. Je te demande pas de sources j’ai ma dose de rigolade pour un moment.
      Bonne soirée et merci

    • Parler avec les deux me fait le même effet que de discuter avec des membres des jeunesses identitaires. J’ai lu que Céline, Drumont et Rebatet sont considérés comme anarchistes de droite. Nous avons là une longue lignée littéraire et cultivée.

      WP : Polysémique, le terme anarchie s’entend sous des acceptions, non seulement différentes, mais absolument contradictoires. Employé péjorativement, comme synonyme de désordre social dans le sens commun ou courant et qui se rapproche de l’anomie,
      L’anarchisme de droite est une sensibilité philosophique et politique caractérisée par un refus d’adhérer à une société ou un système s’appuyant sur la démocratie parlementaire, le pouvoir de l’argent, les idées reçues en matière d’ordre social, et plus généralement toute forme d’autorité se réclamant d’eux.

      Un test :
      " Nous n’achetons des esclaves domestiques que chez les Nègres ; on nous reproche ce commerce. Un peuple qui trafique de ses enfants est encore plus condamnable que l’acheteur.
      Ce négoce démontre notre supériorité ; celui qui se donne un maître était né pour en avoir. »"
      Comment traduire ce passage dans une langue qui a évolué ? Comment vont jouer les nuances ?

    • @unagi @mad_meg insinuer que la CT-AIT cautionne l’esclavage en les comparant aux fachos c’est de la calomnie lénifiante.
      Pour Voltaire il vous a déja été répondu qu’il avait évolué. Et comme pour tout le monde la position qui compte c’est la dernière. De Mussolini qui a commençé comme socialiste mais je penses que ce qu’on retiens c’est plutôt son activité fasciste...
      Toujours est-il que vous semblez refuser le fait qu’on questionne la pèriode des Lumières. Réflexe autoritaire propre aux postmodernes anti-Lumières. Si Voltaire est criticable, la pèriode en soit à permi la liberation de l’esclavage, du servage, à permis plus tard la libération féministe etc.
      Ce qui est rassurant c’est que de fait vous validez le reste de l’article et l’analyse des autres auteurs de la pèriode. Tout n’est peut-être pas perdu ...

    • Non non, aucune calomnie lénifiante, à moins que tu ne t’exprimes en vieux français et dans des contextes lointains.
      Effectivement il nous a été répondu, mais par qui ?
      On voit ou te porte ton esprit confus en parlent de libération de l’esclavage et non pas de libération des esclaves. Comme celle des cerfs, etc, etc...

      Montesquieu, Voltaire, Diderot, Beaumarchais,
      Bernoulli, Euler, Laplace, Lagrange, Monge, Condorcet, D’Alembert en mathématiques, en physique générale et en astronomie. Cavendish, Coulomb et Volta. Lavoisier, Linné, Réaumur, Buffon, Jussieu, Lamarck.
      C’est plus un siècle féministe qu’un siècle de présence féminine.

    • Autant pour moi, ta liste commençant par une marquise et une baronne, en dit long sur le féminisme de cette époque.

      Rousseau fut de suite fasciné par l’esprit de Louise Marie Madeleine Guillaume de Fontaine :
      « Madame Dupin était encore, quand je la vis pour la première fois, une des plus belles femmes de Paris. Elle me reçut à sa toilette. Elle avait les bras nus, les cheveux épars, son peignoir mal arrangé. Cet abord m’était très nouveau. Ma pauvre tête n’y tint pas. Je me trouble. Je m’égare. Et bref, me voilà épris de Madame Dupin. Mon trouble ne parut pas me nuire auprès d’elle, elle ne s’en aperçut point. Elle accueillit le livre et l’auteur, me parla de mon projet en personne instruite, chanta, s’accompagna au clavecin, me retint à dîner, me fit mettre à table à côté d’elle. Il n’en fallait pas tant pour me rendre fou. Je le devins. »
      Mais je m’égare.

    • Beaumarchais, un des esprits les plus pétillants des Lumières

      J’ai bien ri quand j’ai lu cet éloge de Beaumarchais, barbouze et vendeur d’armes au service du roi, anobli puis républicain, censeur, veuf noir, boursicoteur et capitaliste à l’origine de la propriété intellectuelle blanchie sous le terme « droits d’auteur ».

      Encore un coup des suprémacistes noirs.

      Vous avez aussi des posters de Steve Jobs dans les locaux de la CNT-AIT Toulouse ?

    • C’est une féministe Rousseau maintenant ? Il a été secrétaire... et alors je voie pas le rapport. Ces femmes n’ont pas été invités à écrit l’encyclopédie, ni cités comme Lumières par les anarchosyndicalistes. C’est pas des mecs du XVIIIeme qui vont m’aider à m’en sortir en 2016 et même chose je pense pour les personnes racisées qui n’en ont rien à faire de l’abstraction humaniste des bourgeois blancs du temps de l’apogée de l’esclavage moderne.

      Prétendre comme le fait @critical_hi que les lumières sont a l’origine de l’abolition de l’esclavage et de la servitude des femmes c’est encore une belle confiscation des luttes par des hommes blancs. Si l’esclavage des noirs à été aboli c’est parce qu’illes se sont révolté·e·s et que ca devenais trop cher de poursuivre cette industrie devenu moins rentable d’avoir des ouvrier·e·s endettés. Pour les femmes je vais pas entré dans le détail non plus mais c’est la lutte des femmes et le pleine emploi qui les a émancipées pas les lumières.

      Pour le PIR c’est des suprématistes noirs alors ? C’est quoi ce délire à la Finkielkraut ! Pas de sources bien sur pour lancé cette anathème. Comme @unagi j’ai pensé à des anarchistes de droite, en fait c’est juste des mecs blancs qui veulent garder le monopole de la langue comme l’avaient leur ancêtres « les lumières », exactement pareil que Finki, Zemour, Soral... ils disent comme vous sur Voltaire et n’oublient jamais de rappeler que les noirs aussi ont pratiqué l’esclavage.

      Sinon je suis aussi étonné d’un tel acharnement des anarchosyndicalistes toulousains à défendre la pensée des lumières comme une totalité parfaite et immuable. Je savait pas que les lumières étaient anarchistes, ni même syndicalistes. Il y aurais pas des penseurs anarchistes qui ont parlé des noirs depuis les lumières ? Parce que se servir de texte qui utilisent le mot « nègre » pour parler du racisme en 2016 ca me laisse songeuse. Genre vous auriez pas plutot envie de discuter sur la pensée des anarchistes noir·e·s qui se sont penché sur le sujet ? Est-ce que vous en connaissez plus proches de nous (et moins blancs) que Voltaire &co ? Voltaire et les lumières ca fait deux siècles que des hommes blancs se sont penché sur ces textes, on connais deja en long et en large, il manque pas de visibilité et n’en a jamais manqué. Il est plus que temps de s’occuper de laisser la place et la parole et le choix des mots, aux personnes racisées qui sont toujours silenciées, y compris dans cette discussion.

    • Non @unagi je constate seulement que depuis l’époque des Lumières des femmes ont participé à la vie des idées par des correspondances, des écrits ou des traductions. Elles ont pu jouer un rôle dans les transferts culturels, elle ont pu se frayer une place dans des domaines réputés masculins, et participer aux débats publics de leur temps. Les Lumières ce ne sont pas seulement des essais et des corps de doctrine mais aussi et surtout le partage des idées et la participation active à des échanges intellectuels. Ces participations féminines sont longtemps restées invisibles et vous venez d’en remettre une couche.

    • Dur, pour un mouvement historiquement blanc et masculin, de devoir faire le deuil de celui de ses privilèges qui lui est le plus cher (j’en suis passé par là moi aussi) : celui de prétendre détenir déjà le nec plus ultra du discours révolté et du projet politique émancipateur. Difficile pour celui-ci d’entendre qu’un discours élaboré sans les femmes, les racisés et tant d’autres minorisé-e-s l’est toujours de fait contre elleux - et que, lorsque celleux-ci prennent leur émancipation en main, ellils ne viennent pas le rejoindre et faire chorus en le remerciant d’avoir déjà forgé tous les outils nécessaires.
      Pourtant un des fondateurs de l’Internationale - la première, celle de 1864 - avait dit un truc fondamental sur « l’émancipation des opprimés ». Il n’était certainement pas le premier : mais c’est de lui, un homme blanc hétéro et un peu bourgeois, qu’on se souvient.
      Vraisemblablement, ni lui ni l’essentiel du mouvement ouvrier depuis, y compris dans ses composantes libertaires n’imaginaient avec conséquence qu’ils pouvaient, en dépit de leur position et de leur combat de classe, compter aussi au rang des oppresseurs.
      Tous les vestiges actuels de cette histoire ne s’accrochent pas nécessairement mordicus à leurs chères œillères.
      Mais au vu ne serait ce que du succès chez les libertaires d’auteurs récents comme Escudero ou Garcia, de la place éminente que tient dans leur propos la construction d’ennemis de l’émancipation en grande partie fantasmés, comme « les post-modernes » ou « les déconstructeurs », accusés par eux de venir de leurs universités plus ou moins américaines pour dévoyer les saines luttes révolutionnaires populaires, et utilisés comme autant d’anathèmes ; comme au vu des accusations de « scission » que provoquent a répétition, depuis des années, voire des décennies, l’irruption sur la scène politique des combats féministes, LGBTQI, des luttes des racisés, des remises en question antispécistes, toutes et tous rendus systématiquement responsables par nos émancipateurs de l’affaiblissement de la critique sociale traditionnelle (la leur, la seule qui vaille, LA critique générique, universelle, exempte de particularisme : celle la même qui, sous la plume de Garcia, serait aujourd’hui désertée, puisque selon une telle perspective, ne pas rejoindre les anarchistes, c’est nécessairement déserter la critique : a fortiori, venir leur porter la contradiction sur ce point.), tous ou presque sont tentés de le faire.

    • Pour revenir au sujet initial du post, il ne serait peut-être pas inutile de s’intéresser aux travaux de quelqu’un d’a priori aussi peu suspect de sympathie pour l’obscurantisme que l’est #Louis_Sala_Molins.

      En particulier, « #Esclavage_Réparation : les lumières des capucins et les lueurs des pharisiens. », où il expose dans le détail deux exemples de condamnation et de combat mené contre l’esclavage en occident au XVIIè siècle - et l’éclairage violent que ces luttes là projettent sur les prétentions anti-esclavagistes des Lumières qui ont suivi.

      Faits historiques qui affaiblissent singulièrement « l’argument » maintes fois ressassé auquel l’auteur du post initial a recours

      Partant d’une société dans laquelle l’esclavage est une sorte « d’évidence » générale, que personne ou presque ne questionne

      de fait, les ressources intellectuelles, culturelles, requises pour penser contre cette institution étaient déjà là, et les philosophes cités n’en étaient pas dépourvus.

      Et c’est vraisemblablement l’inverse qui devrait nous intéresser et troubler notre confort : le fait de la construction de l’acceptabilité de l’esclavage dans l’Europe des XVIIe et XVIIIe siecles, et la part qu’y ont pris les "lumières", plutôt que de céder à la facilité de forger a posteriori de toutes pièces une histoire de « tatonnements » et de questionnements prudents mais rigoureux et de lent progrès dans les ténèbres, tellement plus valorisante !

      Il faut seulement avoir le mince courage intellectuel que requiert de remettre la question sur ses pieds : pourquoi, alors que tout était là, les philosophes dits « des lumières » n’en ont ils fait usage que si peu et si tardivement ?

    • Les travaux de Louis Sala-Molins présentent beaucoup d’intérêts et méritent discussion. Mais une chose est sûre, vous ne l’embaucherez pas à son corps défendant dans votre petite initiative raciste :

      "Ceci dit, comme beaucoup, je suis troublé par les dérives racialisantes ou carrément racistes des comportements et des choix idéologiques de certains. Dont je ne suis pas. Dont je n’ai jamais été. Dont je ne serai jamais, sauf naufrage dans la folie..."
      Louis Sala-Molins met les points sur les i http://1libertaire.free.fr/LSalaMolins04.html

    • @Rubber

      Je ne vois pas comment je pourrais m’imaginer « embaucher » quelqu’un comme Louis Sala Molins, ni dans quel but je pourrais vouloir le faire. Je ne vous connais pas, mais vous avez l’air de savoir cela bien mieux que moi.

      De même, je suis des plus curieux de vous lire plus longuement sur la « petite initiative raciste » que vous vous permettez de me prêter ici. Il est vrai que, quoi que je puisse en penser, je n’ai pas l’extravagance de m’imaginer indemne du racisme qui structure la société capitaliste, des rapports sociaux qu’il institue, et que je ne doute pas qu’il me soit arrivé et qu’il m’arrivera comme à tout un chacun ou presque de m’en faire l’agent à mon corps défendant. Serait-ce donc ce que vous entendez par là ? Auquel cas il serait bienvenu que vous précisiez votre propos.

      Pour la discussion, je suis ouvert, pour peu qu’on ait la décence ne pas se permettre d’ôter les mots de la bouche d’autrui, ou de falsifier son propos.

      Mais de curieux interlocuteurs, qui pullulent ces temps-ci chez les libertaires, semblent redouter plus que tout la confrontation à une discussion. En lieu et place, sitôt que confrontés à une révolte, une lutte, une critique contre le racisme, le colonialisme, le patriarcat, l’hétérosexisme formulée depuis un point de vue autre que le leur, et tout particulièrement depuis le point de vue de celleux qui les subissent, on les voit aussitôt, sûrs de leur fait, prétendre décider unilatéralement des seules discussions possibles et jeter l’anathème sur les fâcheux. On l’a vu lors d’un salon du livre anarchiste, et lors de la sortie de quelques uns. Hélas, en s’empressant trop grossièrement de venir mettre n’importe quoi dans la bouche de celleux qui formulent de telles critiques et mènent ces luttes (ou qui, comme je l’ai fait ici, s’en font seulement l’écho) - n’importe quoi, pourvu que cela vienne conforter l’idée flatteuse qu’ils se font du monde et d’eux mêmes, ces étonnants « libertaires » courent surtout le risque de passer pour des analphabètes, des imbéciles ou des falsificateurs, sinon une combinaison plus ou moins heureuse des trois : ce qui, j’en conviens volontiers, n’est guère enviable.

    • @martin5

      « Mais de curieux interlocuteurs, qui pullulent ces temps-ci chez les libertaires, semblent redouter plus que tout la confrontation à une discussion. En lieu et place, sitôt que confrontés à une révolte, une lutte, une critique contre le racisme, le colonialisme, le patriarcat, l’hétérosexisme formulée depuis un point de vue autre que le leur, et tout particulièrement depuis le point de vue de celleux qui les subissent, on les voit aussitôt, sûrs de leur fait, prétendre décider unilatéralement des seules discussions possibles et jeter l’anathème sur les fâcheux. »

      Si je résume, les interventions contre cette ’révolte’ ferait donc partie d’un simple ’backlash’ de vieux blancs tenant à leurs privilège ?

      La culpabilité devrai m’envahir, mais mon identité banlieusarde fait que je ne suis jamais rentrer dans genre de culpabilité judéo-chrétienne.

      Je n’ai pas l’impression d’être confronté à une « une révolte, une lutte, une critique contre le racisme, le colonialisme », mais plutôt une acceptation relativisme culturel au nom d’un antiracisme.

      Je me bat pour émancipation des individus et une société égalitaire en essayant de le faire avec bienveillance (conscient que la fin ne justifie pas les moyens).
      Vos ’arguments’ et vos procès d’intention n’y changerons rien.

      La rhétorique ne suffit pas toujours à se défausser d’engagements politiques.
      Défendre des gens (fussent-ils ’racisé-e-s’) avec des positions ouvertement racistes ou pour reprendre vos mots : relayer leurs « luttes* » de ceux-ci est une position politique.
      Certains ’racisé-e-s’ sont mis en avant et d’autres serons toujours taxés d’être ’noirs ou arabes de service’.

      Enfin feindre d’un manque de volonté de débat est pour le moins étonnant.
      Comme les coups ne sont pas des arguments recevables, à moins d’être un curé de gauche, qui tend l’autre joue.
      Je considère qu’il n’y pas volonté de débattre dans ce milieux aujourd’hui. Il n’y jamais eu autant d’attaques physiques autour de ces débats :
      – Plusieurs attaques de la librairie « La Discordia »
      – 1 attaque à « Milles Babords »

      (*) En dehors des séminaires universitaires et des récupérations éhontés quelles sont les luttes du PIR