• Monde académique 1/5 - Le privé fait la leçon

    Les #coupes_budgétaires sont drastiques depuis des années dans les universités suisses. En 2027, 2,4 milliards de francs devront être coupés. Or qui dit moins de #soutien_public, dit augmentation des #taxes_d'études et augmentation des #financements_privés. Quels risques pour la #liberté_académique ? Alors que l’Université de Fribourg inaugure un centre financé par la Mobilière, une manifestation a lieu, à Genève, contre l’#austérité qui vise le monde académique.

    https://www.rts.ch/audio-podcast/2026/audio/monde-academique-1-5-le-prive-fait-la-lecon-29250571.html
    #ESR #université #privatisation #Suisse #facs
    #audio #podcast

  • #Palestine au #Collège_de_France : la protestation de #François_Héran

    _Titulaire de la chaire « Migrations et sociétés » au Collège de France, François Héran rend publique la lettre qu’il a adressée à son administrateur, Thomas Römer, à propos de l’#annulation du #colloque sur la Palestine de son collègue #Henry_Laurens._

    Paris, 9 novembre 2025

    Lettre à #Thomas_Römer,
    administrateur du Collège de France

    Cher Thomas,

    Malgré mon nouveau statut de retraité, tu as bien voulu m’inclure parmi les destinataires de ton message sur l’annulation du colloque de notre collègue Henry Laurens. Je t’en remercie.

    En lisant ton message envoyé à la presse, je découvre que, loin d’être l’apanage du #wokisme, la #cancel_culture peut aussi inspirer l’administration du Collège. Il fallait du courage pour donner des leçons d’#objectivité et d’#intégrité_scientifique à Henry Laurens, qui compte seulement à son actif quelques dizaines d’ouvrages sur la question d’Orient et les affaires de Palestine. Notre collègue, à l’évidence, ne maîtrise pas les enjeux du débat dans un domaine aussi brûlant.

    Il était bon de rappeler aussi qu’en la matière, les partis pris d’un hebdomadaire bien connu pour son traitement rigoureux des faits ont plus de #légitimité qu’un professeur occupant sa chaire depuis vingt-deux ans. On se demande comment ce dernier a osé inviter à son colloque un ancien chef de la diplomatie de l’UE ou un ancien premier ministre, aux côtés d’intervenants capables d’exprimer un large éventail de savoirs et d’opinions, alors qu’il était si simple d’inviter uniquement des intervenants validés par la #Licra.

    Ton message me suggère qu’une révision du règlement intérieur du Collège s’impose de toute urgence :

    Les professeurs qui souhaitent traiter de questions d’#actualité dans des colloques, des cours ou des séminaires risquant de donner lieu à #controverses, devront désormais soumettre la liste des participants à l’autorisation de l’administrateur.

    1. Ils devront également s’assurer de l’assentiment du ministre de la Recherche. Si l’on objecte que la détention d’un doctorat d’informatique ne donne aucune légitimité à intervenir dans des questions de science politique ou d’orientalisme (selon le principe de la séparation des ordres posé en d’autres temps par Pascal), on rappellera dûment aux professeur-es qu’il n’y a pas de plus haute autorité qu’un tweet ministériel.
    2. Le recrutement des professeur-es sera désormais soumis au tribunal de l’opinion publique et médiatique, selon une procédure à déterminer.
    3. Le règlement intérieur proclamera dans son préambule que la notion d’« #engagement », jadis inhérente au libre exercice de la recherche, est désormais désuète. Elle sera donc bannie du Collège. Il faudra effacer de la mémoire de notre institution toute référence aux grands intellectuels, littéraires ou scientifiques, qui se sont aventurés à sortir de la « #neutralité » telle qu’elle est strictement définie dans ton message et dans celui du ministre. On veillera aussi à tenir compte de cet impératif dans la préparation du 500e anniversaire de la fondation du Collège.

    Ces modifications du règlement contribueront, je n’en doute pas, à défendre le Collège. La fable se trompe : mieux vaut la prospérité du Chien que l’indépendance du Loup.

    En te renouvelant, cher Thomas, mes meilleures salutations,

    In dubio pro libertate
    François Héran*

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    Post Scriptum : l’argumentaire du colloque

    Ayant choisi de rendre publique ma lettre à l’administrateur du Collège de France, j’ajoute l’argumentaire du colloque, qui a été transmis à l’ensemble des professeurs. Comme à l’accoutumée chez Henry Laurens, c’est de la science historique de haut niveau, précise et rigoureuse. Pas une ligne, pas un mot, qui justifie le soupçon d’antisémitisme.

    Avec l’ouverture de la « question d’Orient » dans le dernier tiers du XVIIIe siècle, la Palestine, qui dispose du statut particulier de Terre sainte, devient le lieu névralgique des relations internationales européennes. Durant les décennies qui précèdent la Grande Guerre, les luttes d’influence entre les puissances européennes se multiplient, chacune se présentant comme la protectrice d’une communauté religieuse. Alors que la France et la Russie étendent respectivement leur influence sur les catholiques et les orthodoxes, les Anglais se présentent comme les protecteurs des juifs en Palestine. C’est dans ce cadre que s’inscrit le mouvement sioniste.

    Si la France se voit reconnaître une primauté d’influence à l’issue des guerres balkaniques, les Britanniques profiteront de l’alliance nouée avec le mouvement sioniste lors de la Première Guerre mondiale pour s’arroger un mandat sur la Palestine. La période du mandat britannique est essentielle pour la mise en place des acteurs contemporains que sont le mouvement national palestinien et le mouvement sioniste. Pris dans une double obligation entre les uns et les autres, les Britanniques sont dans l’incapacité de trouver une solution politique satisfaisante pour les deux parties, que ce soit un État palestinien unitaire, une division en cantons ou un partage territorial. Ils doivent ainsi faire face à une révolte palestinienne, puis à une révolte juive. Non sans arrière-pensées, ils délèguent le dossier à l’ONU qui, avec le vote du plan de partage de novembre 1947, provoque une guerre entre Arabes et sionistes, puis, après le 15 mai 1948, une guerre israélo-arabe.

    Dans ce conflit de longue durée, les Européens s’identifient largement à l’État d’Israël. Dans les années 1950 et 1960, la France et l’Allemagne lui fournissent les armements qu’il demande, mais la priorité pour l’État hébreu est d’obtenir l’aide militaire américaine, qui ne devient substantielle qu’après la guerre de juin 1967.Après cette guerre, les « discussions à quatre » voient un rapprochement des positions de la Grande-Bretagne et de la France sur la nécessité d’un retrait des territoires occupés contre une reconnaissance de l’État d’Israël, mais la question de la prise en compte du facteur palestinien reste ouverte.

    S’ouvre ainsi un dialogue euro-arabe. Ce dernier mènera à la résolution de Strasbourg de 1975, appelant Israël à se retirer des territoires palestiniens occupés et à reconnaître les droits nationaux du peuple palestinien, puis à une nouvelle déclaration en 1977 appelant à la création d’une patrie pour le peuple palestinien, et marquant pour la première fois l’opposition européenne à la construction de colonies israéliennes dans les territoires occupés. L’étape la plus importante demeure la déclaration de Venise du 13 juin 1980, qui parle de solution juste et préconise l’intégration de l’OLP dans les discussions de paix.

    Deux niveaux d’action sont à considérer. Le premier est celui de la politique propre à chaque État, le second est celui de l’action collective de la Communauté, devenue Union européenne, le tout étant pris dans le jeu complexe des relations transatlantiques. De fait, la présence de l’Union est forte dans le domaine économique, aussi bien par le traité d’association UE-Israël, qui fait de l’État hébreu le premier partenaire commercial de l’Union, que par le financement des institutions palestiniennes à partir du processus d’Oslo. Néanmoins, l’Europe n’est que simple observatrice des négociations du processus d’Oslo, et si le « quartet » des années 2000 lui reconnaît un rôle, c’est dans un cadre impuissant à faire accepter une solution politique satisfaisante.

    L’Europe est ainsi prise entre le poids de son héritage colonial et impérial, son identification culturelle avec Israël, la charge représentée par sa culpabilité dans la destruction des juifs d’Europe durant la Seconde Guerre mondiale, l’importance de ses relations économiques, technologiques et scientifiques avec l’État hébreu, la montée de l’indignation d’une partie de son opinion publique, marquée par l’accusation d’apartheid et aujourd’hui de génocide dans la guerre de Gaza.

    La question est de savoir si les États européens vont, dans leur grande majorité, reconnaître l’État palestinien et exercer des pressions envers l’État hébreu, en particulier dans le domaine de l’économie, ou s’il s’agit là plutôt de faux-semblants destinés à masquer une impuissance, voireune adhésion, liées à leurs héritages historiques et à leurs engagements géopolitiques. Il n’en reste pas moins que l’Europe, dans sa globalité, est un des grands théâtres d’affrontements du conflit israélo-palestinien, en particulier dans les opinions publiques. En un sens, c’est une bonne part de l’identité européenne qui est en jeu, aussi bien dans l’interprétation de son passé que dans la définition de son identité à venir.

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    Adage juridique latin : Dans le doute, pour la liberté
    *
    François Héran explique l’immigration à Bruno Retailleau

    https://blogs.mediapart.fr/francois-heran/blog/101125/palestine-au-college-de-france-la-protestation-de-francois-heran-0

    #censure #France

    • Annulation d’un colloque sur la Palestine : lettre du conseil académique de « #Jewish_Voice_for_Peace »

      Plus de 120 universitaires représentant le Conseil académique de l’organisation américaine Jewish Voice for Peace expriment leur #inquiétude et leur #indignation face à l’#annulation par le Collège de France du colloque « Palestine et Europe ». « Lorsqu’une institution aussi prestigieuse se laisse contraindre à censurer des activités universitaires, elle risque de perdre son #indépendance et son intégrité académiques, mais elle crée également un précédent inquiétant. »

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      À Thomas Römer, administrateur du Collège de France
      et Philippe Baptiste, Ministre de l’Enseignement supérieur
      Le 10 novembre 2025

      Le Conseil académique de Jewish Voice for Peace* écrit pour exprimer son inquiétude et son indignation face à l’annulation par le Collège de France du colloque « Palestine et Europe », sur la base d’#attaques_médiatiques infondées et de #pressions exercées par le ministère français de l’Éducation.

      Nous comprenons que l’annulation du symposium, prévu depuis plusieurs mois, n’est intervenue qu’après la publication d’un article dans l’hebdomadaire conservateur français #Le_Point, le 7 novembre, qualifiant à tort le symposium de promoteur de l’#antisémitisme, ce qui a incité le ministre de l’Enseignement supérieur, #Philippe_Baptiste, à l’annuler, ce qu’il a fait. De plus, la justification fournie pour cette décision recherchait le recours à l’excuse fallacieuse de « garantir la rigueur scientifique », bien qu’aucune preuve n’ait été fournie à l’appui de cette affirmation. En effet, comme cela s’est déjà produit auparavant, cette justification s’avère être un bouclier pour commettre une #injustice, en censurant de manière injuste la #recherche_scientifique légitime et les conférences consacrées à sa diffusion.

      En tant que plus de 120 universitaires issus de diverses disciplines représentant le Conseil académique de Jewish Voice for Peace*, nous représentons un large éventail de domaines académiques liés aux études juives et l’histoire de l’antisémitisme, y compris les études sur le génocide. Nous nous opposons à toute forme d’antisémitisme, comme nous nous opposons à toutes les formes de racisme. Nous rejetons également tous les efforts visant à utiliser l’ accusation d’antisémitisme à des fins de censure ou pour supprimer des points de vue sur Israël et la Palestine qui devraient être entendus et discutés. L’accusation d’antisémitisme doit être réservée à toutes les occasions où elle est véritablement méritée. Mais l’utilisation fallacieuse et spécieuse de cette accusation pour mettre fin à des travaux universitaires légitimes et à un débat ouvert non seulement sape sa force morale, mais sert les objectifs de la censure. Au contraire, nous vous exhortons à défendre les principes largement partagés de la #liberté:universitaire : la publication et la diffusion des travaux universitaires, la libre recherche dans les #universités et le #débat_public dans les sociétés démocratiques.

      Nous connaissons bien les travaux universitaires des participants cités dans le projet de symposium et attestons de la grande qualité de leurs recherches universitaires et de leurs présentations publiques : leurs publications répondent aux normes les plus élevées en matière de #rigueur_académique, d’ #impartialité et d’#érudition. Il n’y a aucune preuve d’antisémitisme dans le programme qui a été publié, et toute allégation contraire repose sur une fausse représentation de ces universitaires et de leurs travaux. Les participants sont issus de certaines des plus prestigieuses universités d’Europe, où leurs travaux universitaires ont été entièrement examinés et approuvés. Le programme du symposium reflète à juste titre l’état actuel des discussions universitaires et des débats publics sur #Gaza et #Israël/#Palestine de manière plus générale. Nous vous exhortons à ne pas supprimer les discussions universitaires sur des questions d’#intérêt_public, même lorsque les passions s’exacerbent. Seul un engagement en faveur d’une vie intellectuelle ouverte et fondée sur des preuves peut permettre de replacer ces questions dans leur juste perspective et servir à la fois les objectifs universitaires et un débat public éclairé.

      Nous attirons votre attention sur les calomnies proférées par la LICRA, la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme. Non seulement cette organisation mène une campagne diffamatoire contre le symposium , mais elle est depuis longtemps considérée comme un groupe dont la crédibilité scientifique est très limitée, concentrant ses efforts sur des campagnes visant à attiser les peurs et à enflammer la haine anti-arabe/musulmane/palestinienne. Le ministère de l’Enseignement supérieur et le Collège de France ne devraient pas se laisser influencer par un groupe dont les références scientifiques sont manifestement faibles et dont les objectifs sont polémiques, diffamatoires et incendiaires, sapant ainsi les critères mêmes des normes intellectuelles appliquées dans les universités françaises les plus prestigieuses. De plus, les établissements d’enseignement ont l’obligation, en période de tensions politiques exacerbées, d’acquérir et de diffuser des connaissances, de prendre en considération un large éventail de points de vue et de créer les conditions propices à un débat et à un jugement publics éclairés. Le #colloque que vous avez annulé proposait précisément cela.

      Lorsqu’une institution aussi prestigieuse que le Collège de France se laisse contraindre à censurer des activités universitaires, elle risque non seulement de perdre son #indépendance et son intégrité académiques, mais elle crée également un précédent inquiétant pour les universités qui luttent pour maintenir leurs normes internes et leurs procédures d’autogestion en ces temps de plus en plus autoritaires.

      Soyons clairs : la décision d’annuler cet événement important est un acte de censure, qui permet aux propos arbitraires et incendiaires circulant dans les médias de servir de base à une décision qui aurait dû être, et qui devrait être aujourd’hui, selon toute norme raisonnable, de soutenir le symposium et ses objectifs. Lorsque des sujets « sensibles » sont ouvertement abordés et débattus par le public, les points de vue scientifiques peuvent être affinés et diverses perspectives peuvent être ouvertement discutées et débattues. La communauté universitaire internationale s’est traditionnellement appuyée sur le Collège de France pour maintenir ces normes, malgré les demandes croissantes des groupes politiques et des responsables gouvernementaux. C’est ni plus ni moins que son #autonomie très admirée qui est en jeu, une autonomie qui a inspiré les collèges et les universités du monde entier. Nous appelons donc le Collège de France à maintenir ses principes les plus élevés et à revenir sur sa décision, afin de permettre au symposium de se dérouler avec son programme publié et important.

      Nous demandons également au ministère français de l’Enseignement supérieur de revoir le processus qui a conduit à une décision aussi malavisée, privilégiant une opinion publique incendiaire et mensongère au détriment de critères scientifiques. Cette décision aurait dû refléter l’autonomie de l’université. Le refus de modifier le jugement scientifique ou professionnel en réponse à une intervention extérieure aurait défendu cette autonomie et reflété à la fois les normes scientifiques du Collège et son attachement à la liberté académique et à la liberté de recherche.

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      *Le Conseil académique de Jewish Voice for Peace est un réseau de chercheurs qui se consacrent à la promotion de la vision et des valeurs de JVP https://www.jewishvoiceforpeace.org. Forts de notre engagement commun en faveur des valeurs juives progressistes et de la libération de la Palestine, nous organisons des actions de solidarité avec la lutte pour la liberté du peuple palestinien dans les milieux éducatifs et universitaires. Nous mettons à profit nos compétences en tant que chercheurs, éducateurs et écrivains pour développer une analyse critique de la censure contemporaine sur la Palestine. Nous nous opposons à l’utilisation de l’accusation d’antisémitisme pour censurer ou criminaliser les discours critiques à l’égard du traitement réservé aux Palestiniens par l’État d’Israël. Nous défendons les droits du travail, la liberté académique et les droits d’association dans l’enseignement supérieur et confirmons les valeurs fondamentales de Jewish Voice for Peace.

      https://blogs.mediapart.fr/jewish-voice-peace-conseil-academique/blog/111125/annulation-dun-colloque-sur-la-palestine-lettre-du-conseil-academiqu
      #ESR #recherche #science #enseignement_supérieur

    • Comment le Collège de France en est venu à annuler un colloque scientifique sur la Palestine

      La décision de suspendre l’événement, prise le 9 novembre par l’administrateur de l’établissement, crée un précédent. Des universitaires dénoncent le rôle joué par le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui aurait contribué à faire du colloque un « #événement_politique ».

      Pourquoi un colloque universitaire consacré à la Palestine a-t-il été annulé au Collège de France ? La question est posée après la décision prise par l’administrateur de l’établissement de déprogrammer un événement intitulé « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », qui devait se tenir les 13 et 14 novembre, coorganisé par l’historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep Paris).

      Les motivations ayant conduit à cette décision radicale – du jamais-vu depuis le Second Empire, quand le cours d’Ernest Renan fut « suspendu jusqu’à nouvel ordre » par l’empereur Napoléon III, le 26 février 1862 – interpellent dans leur enchaînement. A en croire Thomas Römer, l’administrateur du Collège de France, elle s’est imposée « en réaction à la polémique entourant la tenue » de l’événement.

      La « polémique » a démarré avec un article du Point, publié le 7 novembre. Sous le titre « Un colloque propalestinien à haut risque », le média formule l’hypothèse de « deux journées à tendance pro-Hamas ». La liste des intervenants « ne laiss[ant] aucune place au doute », « le colloque sera propalestinien, antisioniste et décolonial », décrète l’hebdomadaire. La Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra), interrogée, y voit même un cas d’« entrisme pur et simple ».

      « Foire antisioniste »

      Dès sa parution, l’article est posté sur X par la Licra, qui annonce « saisir » le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, car il s’agit d’un « colloque antisioniste » et d’un « dévoiement » du Collège de France. Le 8 novembre, sur Europe 1, la vice-présidente de la ligue, l’avocate Galina Elbaz, décrit les intervenants comme des « personnalités très sulfureuses qui ont toutes eu des prises de position qui flirtaient avec l’#apologie_du_terrorisme ». Une « #foire_antisioniste » où se seraient retrouvés « défenseurs du #Hamas, militants de #BDS [Boycott Désinvestissement Sanctions], éditorialistes d’#Al-Jazira », insiste la Licra.

      Ces accusations, qui insistent sur le financement du #Carep par des fonds qataris et l’accusent d’œuvrer en sous-main pour les #Frères_musulmans, indignent Salam Kawakibi, le directeur exécutif du centre de recherche. « Nous ne sommes ni des agents du Qatar ni des Frères musulmans, déclare-t-il. Nous sommes financés par un fonds privé, et nous dépendons de l’#Arab_Center_for_Policy_Studies, le plus prestigieux think tank arabe basé à Doha et qui compte des antennes à Washington, Beyrouth, Amman, Tunis, Madrid et Paris. » Le fondateur du centre, Azmi Bishara, vient plutôt de la gauche laïque. Le conseil d’orientation du Carep Paris est dirigé par Denis Bauchard, un diplomate respecté à la retraite, ayant été ambassadeur, notamment en Jordanie et au Canada.

      Le Carep a également été accusé par Le JDD d’avoir choisi à dessein le 13 novembre, qui coïncide avec le 10e anniversaire des attentats du Bataclan et des terrasses, à Paris, et du Stade de France, à Saint-Denis (Seine-saint-Denis). La date a en réalité été proposée par l’administration du Collège de France.

      Dans un communiqué annonçant l’annulation de l’événement, dimanche 9 novembre, Thomas Römer a tenu à rappeler la « stricte neutralité de l’établissement au regard des questions de nature politique ou idéologique ». En tant que « responsable de la sécurité des biens et des personnes, ainsi que de la sérénité des événements », il explique par ailleurs n’avoir d’autre choix que de renoncer « face à la polémique, mais aussi aux risques qui se manifestent autour de ce colloque ».

      Le Collège de France a indiqué au Monde, mardi 11 novembre, que le colloque « ne contrevenait pas aux règles générales en matière de #liberté_académique », mais a souligné que « la question de la pluralité des analyses a été publiquement mise en cause par différents acteurs », ce qui aurait suffi à compromettre la tenue de l’événement. « La violence des mises en cause sur les réseaux sociaux nous a fait craindre des risques liés à d’éventuels débordements aux abords et au sein de l’amphithéâtre », ajoute-t-on.

      Henry Laurens, coorganisateur du colloque au titre du Collège de France, est l’historien français le plus reconnu sur le Proche-Orient. Contacté par Le Monde, il a souhaité s’en tenir à son « devoir de réserve et aux strictes règles de la collégialité ». Des proches le disent très affecté par les accusations d’antisémitisme portées par plusieurs polémistes. Une source interne au Collège de France estime que « l’annulation du colloque est désastreuse : elle a causé plus de bruit et de dommages que n’en aurait causé sa tenue ».
      « Tout cela est assez emblématique de ce qui se passe dans le monde académique avec des approches très orientées, un regard très militant sur la question du Proche-Orient », juge, à l’inverse, Yonathan Arfi, le président du Conseil représentatif des juifs de France, qui se félicite que le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche se soit « largement fait écho du fait que cela dépassait le cadre usuel pour la #recherche_publique ». Dès l’annonce de l’#annulation du colloque, dans un tweet, le ministre, Philippe Baptiste, a en effet salué une « décision responsable d’une institution qui doit symboliser l’excellence du savoir (…) et, pour cela, être le lieu du débat dans toute sa #pluralité, ouvert à tous les courants de pensée ».

      « Je doute que vous soyez en mesure de garantir un débat »

      M. Baptiste n’a pas été un simple spectateur dans cette affaire. Au lendemain de la publication de l’article du Point, il a adressé une lettre à l’administrateur du Collège de France, que Le Monde s’est procurée. Dès les premières lignes, M. Baptiste considère que ce colloque fait l’objet d’une « vive #polémique ». « Sans préjuger des propos qui seront effectivement tenus, je ne peux que constater, à la lecture du programme, un parti pris sur un sujet délicat et fortement polémique », acte-t-il. Avant de mettre en garde M. Römer : « Au vu de ce programme, je doute que vous soyez en mesure de garantir un débat où le pluralisme des idées puisse pleinement s’exprimer. »
      Conscient que son statut de ministre « dans un Etat de droit » lui interdit d’empêcher la tenue d’une manifestation scientifique, Philippe Baptiste poursuit d’une phrase sibylline : « C’est mon rôle de le faire respecter [le code de l’éducation et le principe de liberté académique], et ce y compris dans le contexte de ce colloque, bien que je sois personnellement en profond désaccord avec l’angle retenu par celui-ci. »

      L’entourage du ministre assure au Monde que « c’est la décision exclusive du Collège de France que de choisir d’annuler le colloque » et qu’il n’y a eu « aucune pression » exercée par M. Baptiste. « Un événement comme celui-ci, avec la visibilité qu’il avait acquise au fil des jours, était porteur de risques de troubles à l’ordre public », justifie-t-on sans préciser sous quelle forme auraient pu avoir lieu ces troubles. C’est par « un écosystème de chercheurs, dont certains se sont émus du programme », ajoute-t-on, que le ministre a été informé, le 6 novembre, de la tenue de ce colloque.

      Selon nos informations, un groupe d’universitaires appelé « réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme », structure fédérative associant huit universités et des associations dont la Licra, a produit de nombreux échanges entre les 8 et 10 novembre. Dans cette boucle qui compte des dizaines de membres de sensibilité plutôt pro-israélienne, on affirme que « certains collègues ont lâché la rampe et ne font plus aucune distinction entre leur expertise scientifique et leur #militantisme », qu’ils ont « pris l’habitude de se servir de leurs diplômes et de l’autorité morale qui en émane pour faire passer ce qui est tout bonnement de l’ordre de la #propagande [propalestinienne] ».

      On y évoque aussi la nécessité de prendre des « mesures coercitives pour les faire rentrer dans le cadre ». Enfin, on y raille le débat de clôture du colloque du Carep, qui prévoyait des prises de parole de l’ancien chef de la diplomatie française Dominique de Villepin, de la rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, et de l’ex-haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères, Josep Borrell.

      « Accablant »

      Historienne et politiste, directrice de recherche au CNRS, Stéphanie Latte Abdallah devait intervenir au cours de l’une des tables rondes sur « Le sionisme comme projet européen d’expansion coloniale ». Elle confie être « choquée » par cette annulation et balaie tout caractère univoque dans les exposés prévus. « Il s’agit d’un colloque qui a un sujet scientifique, la Palestine et l’Europe, et des intervenants qui sont les meilleurs spécialistes de cette question, explique-t-elle. Les choix scientifiques relèvent des libertés académiques et non de la décision d’un ministre. En revanche, quand un colloque clairement politique est organisé au Sénat, le 10 novembre, par l’organisation israélienne #Elnet, financée par le gouvernement de Nétanyahou, cela ne semble poser de problème à personne. » Un autre intervenant, qui préfère garder l’anonymat, ironise : « Faudra-t-il aussi, à chaque colloque sur Israël, inviter un chercheur présentant le point de vue palestinien ? »

      Quant au panel de clôture, « il était bien séparé de la dimension purement scientifique », précise Mme Latte Abdallah. « Faire intervenir Dominique de Villepin, Josep Borrell et Francesca Albanese était un acte conclusif politico-diplomatique, centré sur des questions de #droit_international par des figures qui le portent, en plein génocide, dans un contexte où il nous oblige plus encore », décrit-elle en soulignant que « tout se passe comme si, au lieu de faire respecter le droit international, il était au contraire devenu une cible et quelque chose de dangereux ».

      Parmi les universitaires, plusieurs dénoncent une censure. D’après le politiste Fabien Jobard, directeur de recherches au CNRS et membre de l’Observatoire des atteintes à la liberté académique, « tout cela est vraiment accablant ». « Le ministre a dérogé au principe de respect de la liberté académique, et il le sait. Dans un même courrier, le ministre dit qu’il est le garant de la liberté académique, mais qu’il se garde d’agir pour la garantir. »

      Alors que le colloque était programmé depuis plusieurs mois, les organisateurs s’étonnent d’un tel revirement. « Sous couvert de garantir la #scientificité, le ministre justifie ainsi une intervention politique dans le champ de la recherche, en contradiction avec sa mission première : protéger la liberté académique », écrivent dans un communiqué, le 10 novembre, les responsables de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe du Collège de France et le Carep.

      Appel à la démission

      Cette annulation va « créer un précédent dangereux : il suffira désormais d’un article polémique ou d’un tweet ministériel pour censurer un colloque jugé “sensible”. Accuser ces chercheurs d’antisémitisme ou de militantisme revient à disqualifier sans fondement leurs travaux, pourtant validés par leurs pairs et publiés dans les revues scientifiques les plus prestigieuses, alertent-ils. La recherche n’a pas vocation à être équilibrée politiquement : elle doit reposer sur la compétence, la méthode et la probité intellectuelle. »

      « C’est le ministre qui a transformé ce colloque en événement politique, et c’est une première, observe l’une des intervenantes, qui souhaite taire son nom. Cela brouille toute possibilité d’une réflexion scientifique, équitable et compréhensive. On voit monter ce côté trumpiste, c’est comme une restriction de notre périmètre de recherche, alors même qu’il y a une énorme incompréhension du conflit et un manque de culture générale et de connaissance de l’histoire. »

      L’association France Universités, qui réunit les chefs d’établissement, indique avoir découvert « avec stupeur » cette annulation. Dans un communiqué daté du 10 novembre, elle exprime son incompréhension et une « vive inquiétude » à l’égard des libertés académiques. Près d’un millier de chercheurs, enseignants, étudiants ont signé une pétition dénonçant « la volonté délibérée d’empêcher la recherche académique sur Israël-Palestine, dès lors qu’elle contrevient aux cadres intellectuels portés par les soutiens à la politique israélienne », qu’ils jugent « extrêmement préoccupante ». Demandant une « réponse à la hauteur des enjeux », ils appellent à la démission de Philippe Baptiste.

      https://www.lemonde.fr/campus/article/2025/11/11/comment-le-college-de-france-en-est-venu-a-annuler-un-colloque-scientifique-

    • Annulation du colloque « La Palestine et l’Europe » au Collège de France : « Cette interdiction ouvre la voie à une ère de censure institutionnelle »

      Dans une tribune au « Monde », un collectif de plus de 300 universitaires, parmi lesquels Jean-François Bayart, Judith Butler et Pierre-Cyrille Hautcœur, s’élève contre l’annulation de l’événement. Ils y voient une « atteinte sans précédent à la liberté académique ».

      N ous, membres de la communauté scientifique, chercheurs, enseignants, étudiants et citoyens attachés à l’indépendance du savoir, exprimons notre profonde inquiétude face à l’annulation du colloque « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », initialement prévu au Collège de France.
      Cette décision, prise à la suite d’un article polémique et de pressions directes exercées par le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, constitue une atteinte sans précédent à la liberté académique en France. Sous prétexte de garantir l’intégrité scientifique, le ministère a légitimé une intervention politique dans le champ de la recherche, en contradiction avec sa mission première : protéger l’indépendance des universitaires et la pluralité des approches scientifiques.

      Issus d’universités prestigieuses telles que l’Ecole polytechnique fédérale de Lausanne (Suisse), la School of Oriental and African Studies de Londres, l’université d’Amsterdam, l’Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS) et le Centre national de la recherche scientifique, à Paris, ou la Queen Mary University of London, les intervenants ont été injustement discrédités, sur la base d’amalgames et d’accusations infondées. Leur compétence, leur rigueur et la reconnaissance internationale de leurs travaux ne sauraient être effacées par des campagnes de dénigrement.
      Des principes mis en péril
      La recherche n’a pas vocation à plaire ni à se conformer à un « équilibre politique » dicté par le pouvoir. Elle repose sur la méthode, la critique, le débat argumenté, des principes aujourd’hui mis en péril. En confondant évaluation scientifique et contrôle idéologique, cette interdiction ouvre la voie à une ère de censure institutionnelle, où des calomnies médiatiques suffiraient à bâillonner la réflexion universitaire.

      Nous refusons que la France suive cette pente. Nous refusons que le Collège de France devienne le réceptacle d’une telle dérive. Nous affirmons que la mission des universités et des institutions de recherche n’est pas de conforter le pouvoir, mais d’éclairer la société.
      Nous appelons le Collège de France à revenir sur sa décision et à garantir la tenue de ce colloque dans le respect de la liberté intellectuelle. Nous appelons le ministère à honorer son devoir de protection de la recherche, non à en devenir le censeur. Et nous appelons la communauté scientifique tout entière, en France et en Europe, à défendre fermement le principe fondateur de toute science : le droit de penser librement.
      ¶Parmi les signataires : Michel Agier, anthropologue, directeur d’études EHESS ; Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po ; Frédéric Bauden, professeur à l’université de Liège ; Jean-François Bayart, professeur à l’IHEID (Genève) ; Sophie Bessis, historienne ; Karim Emile Bitar, enseignant à Sciences Po ; Judith Butler, professeure distinguée à l’université de Californie ; Bernard Chazelle, professeur à Princeton ; Delphine Dulong, professeure à l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne ; François Héran, professeur honoraire au Collège de France ; Pierre-Cyrille Hautcœur, directeur d’études à l’EHESS ; Michel Kaplan, président honoraire de l’université Paris-I-Panthéon-Sorbonne ; Catherine Mayeur-Jaouen, professeure d’histoire contemporaine à Sorbonne Université ; Maurice Sartre, professeur honoraire à l’université de Tours. Liste complète des signataires à retrouver ici : https://docs.google.com/document/d/1p3GSo7mWGeE_0kWoqF_PcYMicwkzm9wK/edit

      https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/11/11/interdiction-du-colloque-la-palestine-et-l-europe-au-college-de-france-cette

    • Colloque annulé au Collège de France : les manœuvres d’universitaires pro-Israël

      L’interdiction du colloque « Palestine et Europe » qui devait se tenir au Collège de France les 13 et 14 novembre suscite de nombreuses réactions. Entre stupéfaction et dénégation, le temple du savoir vacille. Comment une telle décision, portant une si grave atteinte à la liberté académique et d’enseignement a-t-elle été prise ? Le Collège de France et son administrateur ont fait l’objet de pressions orchestrées notamment par un collectif d’avocats, en coordination avec un réseau de chercheurs, le #RRA (#Réseau_de_recherche_sur_le_racisme_et_l’antisémitisme), qui a largement échangé par courriels pour parvenir à ses fins. Nous avons pu consulter ces échanges, dont la lecture révèle une entreprise coordonnée de délégitimation, de délation et d’influence.

      « Nous avons adressé un courrier à l’administrateur du Collège de France, plus copie au ministre de l’Enseignement, hier par e-mail. J’imagine que notre courrier et toutes les autres initiatives ont permis cette annulation. Bravo à tous. #Déborah_Journo »

      Par ce mail triomphal, l’avocate Déborah Journo s’enorgueillit d’avoir contribué à l’annulation du colloque « La Palestine et l’Europe », coorganisé par l’historien Henry Laurens et le Centre arabe de recherches et d’études de Paris (Carep Paris), qui devait se dérouler au Collège de France les 13 et 14 novembre et qui vient d’être déprogrammé par Thomas Römer - l’administrateur de ce prestigieux établissement.

      Le message de l’avocate est adressé à une centaine d’universitaires, regroupés sous le nom de RRA, Réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme. Cette structure a été créée en 2019 et a son siège et sa direction à l’université de Picardie. Elle se présente comme un « dispositif contractuel » regroupant « des unités de recherche rattachées à différents partenaires » publics et privés. La plaquette énumère : « Universités, CNRS, associations, institutions publiques ou privées. » Ce RRA se propose de fédérer « les unités de recherche et laboratoires », de renforcer « les synergies » et d’organiser des colloques. Sa direction revendique environ 500 membres, qui communiquent beaucoup entre eux.

      Dans la boucle de mails, des membres du réseau jubilent après l’interdiction du colloque du Collège de France :

      « Je ne boude pas le plaisir de voir ce colloque annulé », lâche une chercheuse (#Danielle_Delmaire, de l’université de Lille).

      « Bravo... j’ose espérer que cela puisse nous servir au sein de nos établissements pour faire jurisprudence. Vaillamment », ajoute une autre, tout aussi satisfaite (#Véronique_Benzaken, Paris-Saclay).

      D’autres encore espèrent que la punition fera office d’avertissement : « L’idée d’inviter des politiques dans un colloque académique – fût-il orienté, malfaisant et non pluraliste – tentera moins de personnes. » (#Paul_Audi, Paris-Descartes).
      Lobby

      Pour bien comprendre ce qui se joue dans ces échanges, il faut remonter au 7 novembre dernier.

      Ce jour-là, l’hebdomadaire Le Point publie un article de son rédacteur en chef #Erwan_Seznec dénonçant la tenue, « au Collège de France », de ce que ce magazine appelle un « colloque propalestinien à haut risque », qui « réunira », selon Seznec, « des personnalités aux positions radicales ».

      L’article provoque une nouvelle panique morale dans le monde politique et médiatique, mais aussi universitaire : au sein du groupe RRA, on perçoit le colloque comme « un autre signe du basculement progressif dans la légitimation et la banalisation des actions antijuives sous couvert d’antiracisme et d’anticolonialisme » - dixit le politologue retraité Pierre-André Taguieff.

      Ce samedi 8 novembre, l’avocate Déborah Journo explique aux universitaires du RRA qu’elle écrit au ministre de l’enseignement pour « dénoncer ce colloque au sein d’un établissement public sous sa tutelle ». Le colloque est annulé et, deux jours plus tard, l’avocate se félicite de l’efficacité de son action.

      Déborah Journo est avocate, elle déclare sur LinkedIn « consacrer l’essentiel de [son] activité à des actions de lobbying auprès du gouvernement, des institutions, des ONG ». Elle est également signataire d’une tribune publiée en août dernier, et sobrement titrée : « Non, il n’y a pas de génocide à Gaza. » Après le 7-Octobre, elle a fondé l’association Actions Avocats, qui mène des actions de lobbying ou des actes juridiques notamment pour défendre « toutes les victimes du racisme, de l’antisémitisme et du terrorisme ».

      Le Collège de France, temple du savoir et de la rigueur scientifique, aurait-il été influencé par l’action de l’avocate lobbyiste ? C’est en tout cas ce dont se targue l’intéressée.

      Rappelons qu’officiellement, c’est au nom de la « sérénité des débats » et du « respect de l’intégrité scientifique » que le colloque qui devait se tenir les 13 et 14 novembre a été annulé par l’administrateur du Collège de France Thomas Römer.

      Pour le chercheur à l’origine du colloque, Henry Laurens, c’est bien « la question de la liberté académique qui est en jeu ». Il exprime des réserves quant à la possibilité de pouvoir encore l’exercer à l’avenir : « Il y a déjà un colloque qui est prévu sur Gaza avec mon collègue Didier Fassin. Au mois de décembre, on verra pour ce colloque-là. »

      #Dénigrement

      Les membres du groupe d’universitaires constitué autour de RRA tiennent des propos dénigrants et calomniateurs à l’égard de leurs collègues investis dans les études autour de la Palestine. Paul Audi écrit par exemple :

      « Personnellement je crois ces gens capables de tout. Il y a un an j’ai fait une émission de radio face à Henry Laurens, et je l’ai vu accumuler des contre-vérités et des mensonges en s’abritant derrière son “autorité”. C’était ahurissant. Ce professeur n’est pas autre chose qu’un militant. »

      Le sérieux méthodologique des enseignants et chercheurs ainsi incriminés est sans cesse remis en cause. Ils sont accusés d’être avant tout des militants, au mieux négligents sur le plan scientifique, au pire antisémites. « De Didier Fassin à Henry Laurens et quelques autres, académo-militants qui occupent le terrain, le Collège de France est en passe de devenir le Collège de la France antijuive », écrit très sérieusement #Pierre-André_Taguieff.

      « Il ne faut pas se tromper de sujet. Il faut avoir balayé le programme de ce colloque […] pour mesurer à quel point il n’a rien à voir avec le périmètre académique et pourquoi il s’agit effectivement d’un meeting », estime quant à lui l’historien Emmanuel Debono.

      Délation, fichage, calomnies : la chasse est ouverte

      Dans ce climat d’insultes et de dénigrement, certains échanges entre universitaires les mieux gradés laissent apparaître une véritable #chasse_aux_sorcières visant les chercheurs travaillant sur les questions palestiniennes, au-delà du seul cas du colloque au Collège de France.

      Le samedi 8 novembre 2025, le directeur de Sciences Po Strasbourg, Emmanuel Droit, s’inquiète de l’invitation, dans son IEP, de la chercheuse Stéphanie Latte Abdallah. Ne pouvant, dit-il, « pas faire grand-chose en interne », il écrit à son réseau afin d’obtenir des informations qui lui serviraient à prévenir la présidence de l’université de Strasbourg contre cette historienne et anthropologue : « Que savez-vous à propos de Stéphanie Latte-Abdallah ? [...] Si jamais vous avez des infos sur cette chercheuse du CNRS me permettant d’alerter la présidence de l’Unistra, je vous en serai reconnaissant. »

      Les réponses aux relents nauséabonds ne tardent pas : « Clairement militante pro-palestinienne étant elle-même d’origine palestinienne Tte sa production universitaire est là-dessus Ses interventions aussi » (#Régine_Waintrater, Paris-Cité).

      La qualité de chercheuse de Stéphanie Latte Abdallah est également attaquée dans ce climat calomniateur qui règne dans le groupe RRA : « Elle fait toutes ces déclarations douteuses dans les médias, clairement pas scientifiques, a-historiques et non vérifiées », écrit #Évelyne_Chayes (CNRS).

      Enfin l’initiateur de cette traque, #Emmanuel_Droit, répond : « Merci oui en faisant des recherches, je viens de voir qu’elle n’a que le mot génocide à la bouche.... »

      Un informateur confie à Blast que ces personnes, importantes au sein de la hiérarchie du monde universitaire, exercent une influence considérable, capable de museler les voix contestataires : « Ils ont beaucoup de pouvoir. Ils ont beaucoup de moyens d’intimider les autres. Donc, il y a beaucoup de gens qui se taisent par #peur. » De plus, « ils ne veulent pas que tout ce qui est relatif à la reconnaissance du génocide puisse être audible », analyse une autre source.

      Un autre encore nous indique que « sous une apparence et des valeurs républicaines et de laïcité, il se joue beaucoup d’ostracisme et un double discours qui s’est envenimé après le 7 octobre en soutenant Israël mais sans jamais le revendiquer vraiment ».

      Dans une autre boucle de mails, un historien propose de constituer, avec l’aide du réseau RRA, des fiches sur les intervenants du colloque annulé sur la Palestine : « Je souhaite constituer un petit groupe de volontaires pour travailler sur l’épluchage des bios de ces intervenants. Il faut du pédigrée et du verbatim, et constituer la revue de presse accablante que cet aréopage mérite. Merci de me contacter si vous souhaitez réfléchir et mettre en œuvre, rapidement, ce travail de salubrité publique. Bien à vous, Emmanuel Debono. »

      Connivences politiques

      Plusieurs membres du RRA se félicitent en outre d’avoir influencé la position de ministres dans une décision aussi sensible que celle de l’annulation du colloque prévu au Collège de France.

      L’une de ces membres, #Déborah_Levy, écrit ainsi le 9 novembre : « Les ministres Aurore Bergé et Philippe Baptiste, prévenus depuis jeudi dernier (les alertes que vous faites remonter ici sont donc précieuses), ont demandé à l’administrateur du Collège de France d’annuler ce colloque, eu égard au risque élevé de trouble à l’ordre public et afin de garantir la sécurité des personnes. »

      À plusieurs reprises, les liens de proximité et de courtoisie entre ces universitaires et l’exécutif apparaissent au fil des échanges. Le 1er novembre, #Isabelle_de_Mecquenem (université de Champagne-Ardenne) évoque ainsi « une invitation à échanger avec le ministre de l’Enseignement supérieur », avant de préciser que la rencontre n’aura finalement pas lieu en raison de « l’instabilité politique ».

      À la lecture des échanges, une inquiétude sourde de voir leur #responsabilité engagée dans la décision d’interdire le colloque apparaît chez certains membres du RRA : « Chers amis, Aucun d’entre nous n’est responsable de l’annulation du colloque. A ma connaissance, en tout cas, nous n’avons pas demandé une telle chose. Comme beaucoup d’autres, nous avons fait état de notre effarement devant la programmation d’un meeting politique au Collège de France, où il ne faisait aucun doute que les échanges “scientifiques“ annoncés étaient de la poudre aux yeux. Albanese ? Villepin ? Peut-être en invitée surprise aurions-nous vu monter à la tribune Rima Hassan… »

      On retiendra de cette histoire qu’un colloque organisé avec et par des personnalités et des scientifiques confirmés et respectés, tels que Salam Kawakibi - directeur du Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris - ou encore Henry Laurens, a pu être interdit entre autres sous la pression d’un #lobbying d’universitaires aux positions ouvertement favorables au gouvernement d’Israël.

      D’autre part, cet événement confirme la volonté d’empêcher la tenue de manifestations scientifiques consacrées à l’histoire de la Palestine, lorsqu’elles ne sont pas agréées par les milieux pro-israéliens. Plus grave encore, les participants font l’objet de manigances et malveillances susceptibles d’affecter leur carrière universitaire.

      La LDH, (Ligue des droits de l’Homme) dans un communiqué publié hier soir, résumait la situation en ces termes : « Cette décision interroge sur l’exercice de la liberté académique et la nécessaire diffusion auprès des citoyens du travail scientifique. (...) Les chercheurs doivent pouvoir librement, indépendamment de toutes pressions directes ou indirectes, organiser des événements scientifiques sur le thème, sous le format et les modalités qui leur paraissent appropriés. »

      Contactée ce mardi 11 novembre au sujet de l’implication du RRA dans l’annulation du colloque, #Céline_Masson, la directrice de la structure universitaire, n’a pas souhaité répondre à nos questions : elle a tenu à préciser que le RRA n’avait aucun lien avec l’annulation du colloque.

      https://www.blast-info.fr/articles/2025/colloque-annule-au-college-de-france-les-manoeuvres-duniversitaires-pro-i

    • Le colloque scientifique sur la Palestine connaît un succès inédit en ligne

      Annulé par le Collège de France, l’événement consacré à la relation entre la Palestine et l’Europe se tient les 13 et 14 novembre dans les locaux du Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris, devant un public très nombreux, mais à distance.

      Entrera ? N’entrera pas ? Sur un trottoir parisien, jeudi 13 novembre à 8 h 15, une cinquantaine de personnes patientent dans une file d’attente devant le Centre arabe de recherches et d’études politiques de Paris (Carep). Les locaux sont exigus, 35 places maximum, et tout le monde ne pourra pas y pénétrer, prévient un agent de sécurité. Par petits groupes, on se questionne, pour savoir qui dispose ou non d’une invitation nominative pour assister au colloque scientifique « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines ».

      Les entrées se font au compte-goutte. Arrive Henry Laurens, titulaire de la chaire d’histoire contemporaine du monde arabe au Collège de France, suivi de plusieurs intervenants. A quelques exceptions près, tous sont des chercheurs représentant des institutions universitaires prestigieuses à Londres, Madrid, Amsterdam, Montréal, Rome ou encore Bruxelles.
      L’incompréhension se lit sur les visages, l’inquiétude aussi. Comment le Collège de France a-t-il pu en venir à annuler cette rencontre académique ? Comment ce lieu du savoir ouvert à tous a-t-il pu « se refermer comme une huître sous la pression d’un article du Point puis du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche ? », interroge un couple de retraités, dans la file d’attente.
      « Conditions dégradées »
      L’administrateur de l’établissement, Thomas Römer, avait annoncé l’annulation de l’événement, le 9 novembre, « face à la polémique, mais aussi aux risques qui se manifestent autour » – tels que « d’éventuels débordements aux abords et au sein de l’amphithéâtre », avait-on précisé au Monde. Dans un courrier adressé le 8 novembre à M. Römer, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, avait confié être « personnellement en profond désaccord avec l’angle retenu » par le colloque tout en rappelant l’« entière responsabilité » de l’administrateur s’il décidait de le maintenir.
      L’événement a lieu malgré tout, ces 13 et 14 novembre, mais « dans des conditions très sensiblement dégradées, au regard, notamment, de la taille de la salle, par rapport à celles initialement prévues », a convenu le juge du tribunal administratif de Paris, saisi en référé de cette annulation par plusieurs collectifs de chercheurs et associations, le 12 novembre. Du fait de cette réorganisation dans un autre lieu et de la transmission des échanges en visioconférence, il a estimé que les libertés académique, d’expression et de réunion n’étaient pas atteintes, rejetant ainsi les pourvois formés contre le Collège de France.

      « Bienvenue dans la seule salle parisienne qui a osé accueillir ce colloque », démarre Salam Kawakibi, le directeur exécutif du Carep, co-organisateur de l’événement. Le petit auditoire, qui se tient pour partie debout, est décuplé à distance, plus de 500 personnes suivant les échanges en direct sur YouTube.
      En guise d’introduction, le chercheur en sciences politiques évoque un souvenir remontant à 2002, à Alep, en Syrie : « J’organisais à l’Institut français un colloque scientifique sur la pensée religieuse et la réforme dans le monde musulman. C’était l’époque où le pouvoir autoritaire de Bachar [Al-Assad, l’ex-président syrien] était à son apogée, voulant surveiller les respirations avant même les idées. Pourtant, le colloque a eu lieu. Les agents de sécurité sont venus, ils ont posé des questions, ont pris des notes, fait leur rapport. Mais personne n’a empêché le colloque avant qu’il ne commence. »
      « Droit de penser sans tutelle »
      En France, en 2025, « certains imaginent la recherche comme un débat télévisé », regrette le chercheur : « Ils n’ont pas compris que la science ne cherche pas l’équilibre entre les opinions mais la vérité (…). Nous revendiquons, le droit de penser sans tutelle, de discuter sans permission et de chercher sans peur. On peut interdire les colloques mais on ne peut pas interdire les questions. »
      « Malgré les pressions, les censures, le colloque se tient et nous ne pouvons que nous en féliciter », souligne l’ex-ambassadeur Denis Bauchard, président du conseil d’administration du Carep, avant de lancer les travaux, avec un exposé d’Henry Laurens. « Nous sommes en train de vivre une atteinte en règle contre les libertés académiques et l’indépendance de la recherche, renchérit auprès du Monde Bertrand Badie, professeur émérite à Sciences Po et vice-président du conseil d’administration du Carep. On est dans un moment incroyable, où l’on juge de la recherche à partir de traits qui sont prêtés à certains chercheurs de façon mensongère, au lieu de juger un travail sur la qualité et la rigueur scientifique de ce qui est produit. Aujourd’hui nous n’allons pas parler de “la Palestine”, mais de “la relation entre l’Europe et la Palestine”. Et c’est un vrai sujet de recherche qui a été très peu pratiqué. »
      Josep Borrell, ex-haut représentant de l’Union européenne pour les affaires étrangères, dont l’intervention est prévue en clôture des échanges, confie également sa « surprise » : « En Espagne, on ne peut pas imaginer qu’un ministre dise à une université ce qu’elle doit faire ou pas. »

      https://www.lemonde.fr/campus/article/2025/11/13/annule-le-colloque-scientifique-sur-la-palestine-connait-un-succes-inedit-en

    • La justice valide l’annulation du colloque du Collège de France, et c’est grave

      Le tribunal administratif de Paris a rejeté les recours contre l’annulation du colloque sur la Palestine et l’Europe qui devait se dérouler au sein du prestigieux établissement. Une décision dangereuse, fondée sur des éléments douteux, qui catalyse la mise en danger des libertés académiques.

      MercrediMercredi 12 novembre au soir, le tribunal administratif de Paris a rejeté les recours référés-liberté formés contre l’annulation du colloque intitulé « La Palestine et l’Europe : poids du passé et dynamiques contemporaines », qui devait se tenir au Collège de France jeudi 13 et vendredi 14 novembre.

      Trois jours plus tôt, dimanche 9 novembre, l’administrateur du Collège de France, Thomas Römer, a décidé d’annuler le colloque, dont le programme et les intervenants étaient connus et annoncés depuis des mois, « en réaction à la polémique » initiée par un article du Point publié le 7 novembre.

      Le 8 novembre, le ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, s’était fendu d’une lettre d’une tartufferie rare adressée à Thomas Römer, prétendant à la fois défendre les libertés académiques comme des « principes fondamentaux de notre État de droit » tout en intervenant contre ces dernières. Il faisait part de son « désaccord avec l’angle retenu » et regrettait « l’impact durable » que l’organisation de ce colloque serait « susceptible d’avoir sur l’image de l’institution ».

      De son côté, le juge des référés a estimé que dans la mesure où les organisateurs de l’événement ont réussi à le maintenir aux mêmes dates dans un nouveau lieu – en l’occurrence les locaux exigus du Centre arabe de recherches et d’études politiques (Carep), co-organisateur de l’événement, à Paris –, « il n’est pas porté une atteinte grave et manifestement illégale à la liberté d’expression, à la liberté de se réunir et à la liberté académique de nature à justifier l’intervention du juge des référés dans un délai de quarante-huit heures ».
      « Un inadmissible coup porté aux libertés académiques »

      Les dizaines d’intervenants venus des quatre coins du monde, qui avaient organisé leur emploi du temps pour être présents à Paris et dont les déplacements et frais de séjour étaient déjà payés pour une somme totale avoisinant les 50 000 euros, n’ont en effet pas été privés de parole.

      « Mais il est inexact de dire que le colloque a pu se tenir, juge l’avocat Raphaël Kempf, qui avait été saisi par des organisateurs et des participants pour déposer un recours contre cette annulation et a décidé de saisir le Conseil d’État. Un colloque comme celui-ci, ce n’est pas seulement des communications, c’est aussi des échanges, des rencontres, des discussions. Par définition, la science naît de ces moments de dialogues et de débats. Or, ceux-ci ne sont pas possibles dans une salle avec une jauge de trente-cinq personnes, réduite encore par la nécessité de mettre des caméras pour diffuser le colloque en direct. »

      Celui-ci aurait dû avoir lieu dans l’amphithéâtre Marguerite-de-Navarre du Collège de France, qui peut accueillir plus de 460 personnes et dispose de dispositifs de traduction simultanée, nécessaires pour un colloque à dimension internationale.

      Pour Raphaël Kempf, « cette décision est une prime à l’ignorance et une incitation à la censure » et « constitue un inadmissible coup porté aux libertés académiques, au débat d’idées et à la possibilité de diffuser les résultats de la recherche académique ».

      Deux éléments interrogent particulièrement la décision du tribunal administratif de valider l’annulation. Le premier est la défense produite par le Collège de France, fondée essentiellement sur des graffitis vus dans la rue quinze jours avant l’ouverture du colloque et sans lien avec ce dernier.

      L’établissement avait alors déposé une plainte, que Mediapart a pu consulter, pour « dégradation ou détérioration légère d’un bien par inscription, signe ou dessins » après avoir découvert, le 3 novembre, « des graffitis mentionnant le conflit entre Israël et la Palestine, mentionnant aussi deux noms de professeurs tel que [Henry] Laurens, titulaire de chaire d’histoire contemporaine du monde arabe, et [Patrick] Boucheron, titulaire de chaire histoire des pouvoirs en Europe occidentale XIIIe et XVIe siècle, évoquant ses thèmes durant leurs cours. On y retrouve aussi des phrases mentionnant “Hamas Tueurs Violeur” [sic] ».

      Le gardien de la paix qui enregistre la plainte précise ensuite : « aucune violence [n’]a été commise envers ces deux professeurs » ; « aucun harcèlement n’a été commis envers ces deux professeurs » ; « aucune autre dégradation n’a été commise ».

      Si l’historien Patrick Boucheron n’avait rien à voir avec le colloque sur la Palestine et l’Europe, Henry Laurens, un des meilleurs historiens du Proche-Orient en France, en était l’organisateur. On se retrouve donc dans la situation ubuesque où des tags visant un professeur au Collège de France aboutissent à l’annulation du colloque que celui-ci devait organiser…

      Rappelons pour mémoire l’indignation inverse qui avait traversé la France lorsque des tags désignant des enseignants accusés d’islamophobie étaient apparus sur les murs de l’université de Grenoble. Ici, non seulement ces attaques sur les murs d’une institution académique n’ont suscité aucune indignation, mais elles ont abouti à la silenciation de celui qui en était victime.

      Le second élément est l’implication dans l’affaire du collectif Actions Avocats, une association fondée « pour lutter contre la recrudescence des actes antisémites en France, lutter contre l’apologie du terrorisme et pour la libération des otages encore entre les mains de l’organisation terroriste Hamas ».

      Ce collectif avait écrit le 8 novembre au ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, Philippe Baptiste, pour lui faire part de « sa vive préoccupation concernant le colloque ».

      Actions Avocats rappelait dans cette lettre le fait que « la France a officiellement adopté la définition de l’antisémitisme de l’IHRA (Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste) qui précise notamment que la “négation du droit à l’autodétermination du peuple juif” ou “l’application de standards différents à Israël” peuvent constituer des formes contemporaines d’antisémitisme ».

      Rappelons que cette définition est très controversée et que le juriste états-unien Kenneth Stern, qui a pourtant contribué à la forger, juge désormais que « loin de faciliter la lutte simultanée contre l’antisémitisme et contre les préjugés dogmatiques visant Israël, la tentative de censurer toute critique d’Israël la rend plus difficile ».

      Dans une boucle d’e-mails d’un groupe d’universitaires appelé « Réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme », Déborah Journo, présidente d’Actions Avocats, écrit : « Nous avons adressé un courrier à l’administrateur du Collège de France + copie au ministre de l’enseignement hier par e-mail. J’imagine que notre courrier et toutes les autres initiatives ont permis cette annulation. Bravo à tous. »

      L’administrateur du Collège de France, Thomas Römer, n’ayant pas répondu à nos sollicitations, la chaîne qui a abouti à cette annulation demeure incertaine. Pression médiatique organisée par la Ligue internationale contre le racisme et l’antisémitisme (Licra) et Le Point ? Rôle de ce « Réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme » outillé juridiquement par l’association Actions Avocats ? Pression liberticide du ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche dans sa lettre adressée à Thomas Römer ? Ou initiative personnelle de ce dernier, ainsi qu’il l’a laissé entendre devant les professeurs du Collège de France réunis lundi 10 novembre dans l’urgence ?

      Un autre doute émerge : le Germano-Suisse Thomas Römer, bibliste et grand spécialiste de l’Ancien Testament, a-t-il pu agir par crainte que ses recherches en Israël et en Cisjordanie soient compromises s’il laissait ce colloque se tenir en l’état dans sa prestigieuse institution ?
      « Un précédent d’une extrême gravité »

      Sa décision, lourde de conséquences, a, quoi qu’il en soit, fait réagir non seulement un collectif de prestigieux universitaires, qui estime que « cette interdiction ouvre la voie à une censure institutionnelle », mais aussi une partie des professeur·es du Collège de France, qui juge que cette annulation « crée un précédent d’une extrême gravité ».

      « Bien que conscients des pressions qui pesaient sur sa tenue et des responsabilités administratives qui en découlent, nous regrettons cette décision qui fait prévaloir, de façon disproportionnée, les questions de sécurité sur le respect de la liberté académique, objet de menaces croissantes en de nombreux endroits du monde », écrivent ainsi les quatorze professeur·es.

      L’annulation de ce colloque, remplacé par des communications à huis clos au goût d’ersatz, fait aussi rejaillir d’anciennes querelles, notamment celles qui ont opposé les islamologues et « djihadologues » François Burgat et Gilles Kepel, encore vives alors que la France se souvient, ce 13 novembre, des attentats de Paris et de Saint-Denis commis il y a tout juste dix ans.

      L’article du Point a ainsi mis directement en cause François Burgat, sans lien avec le colloque, mais qui fut directeur du Carep. En avril, ce centre de recherche, indépendant mais financé par des fonds publics qataris, avait apporté son soutien à ce directeur de recherche émérite au CNRS, alors que celui-ci était jugé pour apologie du terrorisme à la suite d’un message sur X où il affirmait avoir « infiniment plus de respect et de considération pour les dirigeants du Hamas que pour ceux de l’État d’Israël ». Des faits pour lesquels le tribunal d’Aix-en-Provence l’a relaxé fin mai.

      Quant au « Réseau de recherche sur le racisme et l’antisémitisme », où l’on retrouve les noms de Pierre-André Taguieff, de l’historien Emmanuel Debono ou encore d’Emmanuel Droit, directeur de Sciences Po Strasbourg, il relaye dans ses échanges d’e-mails l’obsession ancienne de Gilles Kepel, relayée par la chercheuse aux thèses complotistes et farfelues Florence Bergeaud-Blackler sur l’entrisme des Frères musulmans en France.

      Le colloque y est présenté comme une offensive frériste destinée à faire vaciller l’université française. « Les Frères et leurs collaborateurs ont un objectif précis : ils veulent administrer le chaos ; […] donc dans l’ordre a. semer la zizanie dans les démocraties occidentales ; b. profiter du chaos pour gagner du terrain en termes de pouvoirs », assure une maître de conférences en psychologie membre de ce réseau.

      Reprenant la rhétorique également présente dans le rapport très controversé commandé par le ministère de l’intérieur sur les Frères musulmans, elle explique encore que l’université est investie « comme terrain fertile principal pour semer la zizanie par exemple entre collègues, entre étudiants, au sein des directions et décanats de facs ».

      Mais outre ces rejeux de querelles plus médiatiques qu’académiques déjà anciennes, l’annulation du colloque s’inscrit évidemment dans les effets de long terme du massacre du 7-Octobre et de l’anéantissement de Gaza.

      L’article du Point a ainsi dénoncé un colloque qui risquait de se muer en « deux journées à tendance pro-Hamas ». Il pointait notamment la présence, parmi les modérateurs, de l’anthropologue Véronique Bontemps, en précisant qu’elle avait fait l’objet d’une procédure disciplinaire pour « apologie du terrorisme ».

      Signalée par des collègues sur la plateforme Pharos pour avoir relayé sur une liste interne un tract de Solidaires étudiant-e-s appelant, le 8 octobre 2023, au « soutien indéfectible à la lutte du peuple palestinien dans toutes ses modalités et formes de lutte », cette chercheuse avait dû effectivement s’en expliquer devant sa hiérarchie.

      Le fait qu’elle ait condamné les massacres de civils dans deux messages suivants et pris ses distances avec le communiqué du syndicat n’avait pas empêché une convocation dénoncée par nombre de chercheurs.

      « Après deux ans de génocide, on a l’impression d’être revenus au point de départ : c’est-à-dire que le simple fait de parler de la Palestine peut vous valoir des accusations d’apologie du terrorisme. À ce sujet, Le Point a écrit que j’avais fait l’objet d’une procédure disciplinaire du CNRS pour “apologie du terrorisme”, sans préciser que j’avais été blanchie de cette accusation », explique-t-elle aujourd’hui à Mediapart.

      L’état des libertés académiques, notamment quand il est question de la Palestine, sera tout bientôt de nouveau à l’ordre du jour puisque, le 16 décembre, doit se tenir, toujours au Collège de France, une journée d’études intitulée « Politics and Poetics on the Ruins of Gaza » (« Politique et poésie sur les ruines de Gaza »), organisée par le professeur Didier Fassin.

      Le titulaire de la chaire « Questions morales et enjeux politiques dans les sociétés contemporaines » assure à Mediapart qu’il a reçu « l’assurance de l’administrateur du Collège de France qu’il ne sera[it] pas annulé » même s’il ne doute pas que son colloque fera « l’objet d’attaques et de pressions ».

      https://www.mediapart.fr/journal/culture-et-idees/131125/la-justice-valide-l-annulation-du-colloque-du-college-de-france-et-c-est-g

  • Party in der taz : Die Druckerschwärze runter schwitzen
    https://taz.de/Party-in-der-taz/!6119192

    Rien ne rappelle l’ambiance d’usine abandonnée des premiers locaux du TAZ à Wattstraße / Wedding où une équipe de militants à publié les premiers exemplaires sur du papier. L’abandon de l’édition imprimée constitue la somme des étapes de la transformation du journal de la gauche libertaire anti-dogmatique, parfois pacifiste, parfois révolutionnaire en organe du trans-atlantisme belliqueux parfaitement bourgeois.

    On croit au succès de l’actuelle ligne opportuniste du canard au point d’autoriser le prolétariat du journalisme sous-SMIC à écrire le compte-rendu de la cérémonie d’adieu à l’édition quotidienne. C’est un geste de patriarche « woke » hypocrite digne d’un Puntila énivré.

    L’article est remaquable pour son auto-censure explicite.

    24.10.2025 - Amira Klute - Exzesse, Tränen und digitale Anwandlungen: Wie es auf der großen taz party zur „Seitenwende“ wirklich war, lesen Sie hier.

    Menschen feiern ein Fest
    Prost: die Feier der Seitenwende in den Redaktionraeumen der taz   Foto: Jens Gyarmaty

    Berlin-Kreuzberg, taz-Haus, Donnerstagabend: „Seitenwende“-Party, laute Musik, schummriges Licht. Unter der Diskokugel reden zwei angeschwipste, seit dreiundfünfzig Jahren befreundete Redakteure begeistert auf die Volontärin ein. „Hast du das gesehen? Schreib das auf!“

    Man soll die Hand nicht beißen, die einen füttert. Und so schreibt die Volontärin jetzt halt über diese Party, mit der die taz einen historischen Moment ihrer Geschichte feierte: die allerletzte auf Papier gedruckte Ausgabe unter der Woche.

    Here we go: Am Abend des 16. Oktober schieben sich mehr Menschen durch die taz-Kantine als reinpassen. Aufgedrehte taz­le­r*in­nen neben interessierter Öffentlichkeit. Irgendjemand will gehört haben, dass Robert Habeck kommt. Oder Olaf Scholz. Oder Angela Merkel. Jedenfalls ein Star. Weil den Gästen außerdem Essen versprochen wurde, hatte kei­ne*r ein richtiges Abendbrot (das wird später noch wichtig).

    Die Volontärin nimmt sich vor, durch den Abend zu kommen, ohne versehentlich bei den Grünen einzutreten. Erstmal einen Sekt vom Tablett oder eins von diesen Häppchen, die sehr lecker aussehen, aber über Köpfe hinweg durch die Menge weggetragen werden. Hinterher! Nach dem siebten Glas hätte sie fast den ersten Haps ergattert (wenn nicht wieder wer wen angetippt und den Weg versperrt hätte: „Kennt ihr euch eigentlich?“) und das offizielle Programm geht los. Auf einer Bühne reden die Chefredakteurinnen. Leider versteht man sie nicht, weil das Publikum zu laut mit seinen Gläsern klappert. „Wirtschaftlich geht es uns gut wie nie!“, lässt sich von Barbara Junges Lippen ablesen. Ulrike Winkelmann strahlt.

    Foto
    Die Chefredakteurinnen Ulrike Winkelmann und Barbara Junge   Foto: Jens Gyarmaty

    Ein Redakteur zeichnet die Szene auf der Bühne in sein Tagebuch. Er malt jeden Tag den Moment des Tages. Er muss also wissen, dass gerade ein Highlight passiert. Dabei ist Robert doch noch gar nicht da … Oder ist er das da, hinter ihm? Er dreht sich um und malt versehentlich einen Strich übers Blatt.

    Der neunte Sekt schmeckt besonders gut. Auf die Bühne tritt die Geschäftsführung. Sie habe viele gleiche Gefühle wie die Chefredaktion: erleichtert, erschöpft, stolz, durch den Wind und „Sterne in den Augen“. „Lauter!“, lallt jemand.

    Foto
    Omid Nouripour (Buendnis 90 Die Gruenen), Bundestagsvizepräsident spricht zu den Gästen der taz-Party   Foto: Jens Gyarmaty

    Einige Vo­lon­tä­r*in­nen spielen Bingo. Andere versuchen, sich auf Mindestlohn zu saufen. Um für ein Jahr ihr Gehalt auszugleichen, müssen sie Sekt im Wert von 4.080 Euro trinken. Das sind 1.166 Gläser à 0,1, also 116,6 Liter. Leider geht die Party nur bis Mitternacht. Aber wer ist schon wegen des Geldes hier?

    „Die taz ist kein Luxus, sondern Menschenrecht“, liest wer auf der Bühne aus einem Le­se­r*in­nen­brief vor. Die Le­se­r*in­nen kennen ihre taz am besten. ████ ██ █████ ██ ██ ███████ █! Der kleine Teil des Publikums, der das offizielle Programm noch verfolgt, droht abzuschweifen. Wo bleibt der Stargast?
    Zeitungsstapel auf einem Bollerwagen
    Die letzte gedruckte Ausgabe der wochentäglichen taz erreicht die Redaktion   Foto: Jens Gyarmaty

    Dann betritt ein mittelalter Mann in verdächtig gut sitzendem Anzug („Daran erkennt man sie“, flüstert eine Redakteurin) die Bühne. Es ist immerhin Bundestagsvizepräsident Omid Nouripour (Bündnis 90/Die Grünen), er kommt quasi direkt ausm Bundestag! Applaus!

    Ihm sei gesagt worden, er halte ’ne Rede, sagt er. Also liest er was vor. „Mikro näher ran!“, schreit eine Redakteurin. „Die taz wurde im Bundestag mindestens 476 Mal erwähnt“, sagt Nouripour, „erstmals 1982 zur Kampagne ‚Waffen für El Salvador.‘“ Ein Redakteur bricht in Tränen aus. Vielleicht, weil ██████ ██ ███ oder ███████ ██ ██ █████ ███ █████ ██.
    Viele Personen mit Zeitungen
    Ab jetzt ließt der Nachwuchs mit   Foto: Jens Gyarmaty

    Die Diskokugel dreht sich immer schneller. Da! Wieder ein gut sitzender Anzug. Ist das? Robert? Olaf? Angela?!? Ach nee, es ist Wolfgang Schmidt, Ex-Chef des Bundeskanzleramtes im Kabinett Scholz. Na toll, „ein Grüßaugust“. ██ ████████ ███████████ macht sich ein Bier auf.

    Plötzlich Aufruhr in der Menge. Die Popcornmaschine im Innenhof ist explodiert und hört nicht auf, Mais zu poppen. Gäste flüchten in die Kantine und werfen sich gegen die Tür. Leider haben es drei Prak­ti­kan­t*in­nen nicht geschafft. Zum Glück waren die nicht so teuer.

    Passiert hier noch was? Endlich fährt ein Vertriebler die frischen Freitagsausgaben aus der Druckerei vor. Blitzlichtgewitter geht los, die DJs spielen Ton Steine Scherben. Der Star ist doch noch gekommen.

    Amira Klute

    Jahrgang 1997, hat Soziologie und Anthropologie in Halle (Saale) studiert, kommt vom Freien Radio. Seit November 2024 Volontärin der taz nord in Hamburg.

    #Allemagne #presse #wokisme

  • Chasse aux « #wokes » : comment les polémiques de ces dernières années ont épuisé les universitaires

    Coupes de subventions, cabales médiatiques… En France aussi, les universitaires sont attaqués par des forces conservatrices. Au point de créer un climat d’usure et d’autocensure dans les campus et les laboratoires.

    « Un moment de folie. » C’est ainsi que Gilles Bastin, directeur adjoint de l’Institut d’études politiques (IEP) de Grenoble, qualifie l’affaire qui a secoué l’école il y a quatre ans. Nous sommes alors le 4 mars 2021 : à l’IEP, des affiches accusent deux enseignants d’être islamophobes. L’action est aussitôt condamnée par l’établissement. Mais l’un des professeurs, Klaus Kinzler, se rend dans plusieurs médias, dont CNews. Il critique l’IEP, un « institut de rééducation politique » où des enseignants « endoctrineraient » les étudiants avec des théories « woke ». L’événement, qui aurait dû relever d’une enquête voire de sanctions gérées par l’école et la justice, prend alors des proportions inédites.
    La fachosphère s’en empare. Sur les réseaux sociaux, la situation devient hors de contrôle. « A l’université, on a l’habitude des débats contradictoires, mais là, c’était très différent. On s’est retrouvés au centre d’une arène, visés par des centaines de messages menaçants », témoigne M. Bastin. En décembre 2021, le pouvoir politique embraye : fustigeant ce qu’il présente comme une « longue dérive idéologique et communautariste » de l’établissement, Laurent Wauquiez, alors président Les Républicains (LR) de la région Auvergne-Rhône-Alpes, annonce couper tous les financements à l’IEP – 400 000 euros, destinés à la mobilité internationale des étudiants.
    Si, du côté de la justice, la polémique désenfle – les étudiants mis en cause seront relaxés –, l’IEP doit consentir à signer en 2023 un « contrat d’engagement républicain » pour recouvrer sa dotation régionale. « Comme si nous n’étions pas, nous aussi, la République ! », commente M. Bastin, amer. En interne, la fatigue engendrée par cet emballement a laissé des traces. « Nous nous efforçons aujourd’hui de rétablir un climat de confiance. »
    Depuis, plusieurs établissements du supérieur et enseignants-chercheurs se sont retrouvés embarqués dans une lessiveuse médiatique, marquée par des vagues de harcèlement, de menaces et de pressions politiques. En toile de fond, cet épouvantail agité par une galaxie de forces conservatrices : les universités françaises seraient gangrenées par une pensée « wokiste » et « islamo-gauchiste » – termes suffisamment flous pour jeter l’opprobre sur ces institutions sans avoir à étayer précisément le stigmate.

    Ces attaques, fondées sur des caricatures, sont de plus en plus fréquentes. Elles ont pour objectif de fragiliser l’institution universitaire », s’inquiète Lamri Adoui, à la tête de l’association qui regroupe les présidents d’université, France Universités. Depuis le printemps, le contexte international accroît la vigilance du monde académique, tout en galvanisant ses détracteurs : Donald Trump a donné le « la » en s’en prenant frontalement aux grandes universités des Etats-Unis et au savoir scientifique.
    « Reconnaissance médiatique »
    L’Hexagone est loin de connaître des assauts d’une même ampleur. « Toutefois, si, en quelques semaines, Trump a pu s’attaquer à des décennies d’une culture américaine très empreinte de liberté académique, c’est parce que le terrain était préparé, alerte M. Adoui. Quand vous déniez le rôle de la science, que vous propagez de la désinformation à l’encontre des universités, vous en minez la légitimité. Et au moindre basculement politique, le champ est libre pour décréter de mettre au pas la communauté scientifique. »
    En France, la charge est alimentée par un nouveau marché de l’édition. Dernier éclat en date : la publication par les Presses universitaires de France (PUF), en avril, de Face à l’obscurantisme woke, dirigé par les universitaires Emmanuelle Hénin, Xavier-Laurent Salvador et Pierre Vermeren. Ses auteurs y critiquent une « pseudo-science militante » qui, « née dans les départements de sciences humaines », ferait régner une « terreur idéologique ». En ligne de mire, ce qu’ils décrivent comme une submersion des études liées au genre ou aux questions raciales, et de la « censure » qui en découlerait.
    « On voit bien dans nos mails la multiplication des sujets de thèse et des annonces de colloques consacrés à ces sujets », déclare au Monde Pierre Vermeren, qui évalue leur nombre à « des centaines et des centaines » : « Que de nouveaux sujets émergent, c’est normal. Mais leur nature pose problème. Les biais d’analyse ne sont pas sérieux, voire fantasmagoriques. »
    Dans le cadre d’une étude qu’il conduit sur les attaques aux libertés académiques, Pierre-Nicolas Baudot, maître de conférences en science politique à Rouen, a dénombré plus de 70 livres consacrés à la « menace wokiste », publiés entre 2020 et 2023. « Si tous ne se vendent pas très bien, ils disposent d’une couverture médiatique très importante », soulève-t-il. Et c’est ce que recherchent leurs auteurs, conclut M. Baudot, après avoir analysé leurs profils : « Il s’agit souvent d’universitaires en perte de vitesse, en quête d’une reconnaissance médiatique qu’ils n’ont pas dans le champ académique. » Ce que M. Vermeren balaie d’un revers de main : « Chaque jour, je refuse des propositions pour écrire des livres, participer à des émissions. »
    « Ces ouvrages se réfèrent tous aux mêmes anecdotes, rementionnées à l’envi pour donner l’impression d’un phénomène de masse », observe Thibaud Boncourt, professeur de science politique à Lyon-III, responsable d’un groupe de recherche sur la liberté académique. Ces anecdotes, poursuit-il, sont aussi « ressassées » sur le site de l’Observatoire d’éthique universitaire, dont sont membres les directeurs de l’ouvrage des PUF. Cet observatoire a été soutenu par l’entrepreneur Pierre-Edouard Stérin, qui œuvre à travers son projet Périclès à la victoire électorale de l’extrême droite. « Nous avons bénéficié d’un financement du Fonds du bien commun [créé par M. Stérin en 2021] pendant trois ans, mais les donateurs n’ont eu aucune influence sur notre projet », se défend M. Vermeren, qui affirme aujourd’hui fonctionner sans ces fonds.

    Si la dénonciation d’une supposée « submersion woke » a pris de l’ampleur, c’est aussi parce qu’elle a été confortée par des déclarations politiques au plus haut niveau de l’Etat. En octobre 2020, Jean-Michel Blanquer, alors ministre de l’éducation nationale, accusait « l’islamo-gauchisme » de faire « des ravages » à l’université. M. Vermeren rappelle d’ailleurs le soutien de la première heure du ministre : « Pour notre premier colloque à la Sorbonne, il nous a ouvert les portes de l’université. »
    En février 2021, Frédérique Vidal, alors ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, avait annoncé diligenter une enquête sur « l’ensemble des courants de recherche » en lien avec « l’islamo-gauchisme ». Deux ans plus tard, le ministère révélait qu’aucune demande en ce sens n’avait, en réalité, été formulée.
    Et pour cause : il n’existe pas d’obsession « wokiste » dans les sciences sociales en France. C’est ce que démontre, en 2025, une équipe dirigée par le sociologue Etienne Ollion, professeur à Polytechnique. D’après son enquête, la place tenue par la question du genre dans les publications scientifiques est passée de 9 %, en 2001, à 11,4 % du total en 2022. Quant au chiffre avancé par l’Observatoire d’éthique universitaire dans son rapport 2023 – 234 colloques, articles ou thèses pouvant être rangés, selon ses auteurs, dans le camp des sujets « woke » –, il est dérisoire quand on sait que l’université compte chaque année, en sciences humaines et sociales, plus de 30 000 doctorants.
    Instrumentalisation
    Mais peu importe les faits : montrer du doigt les universitaires a, historiquement, toujours constitué une tactique politique efficace, rappelle le chercheur franco-canadien Francis Dupuis-Déri, auteur de Panique à l’université (Lux, 2022). « Depuis des siècles, les campus sont accusés d’être des repaires d’insurgés. S’en prendre à ces espaces d’élite est un moyen facile de gagner des points auprès des opinions publiques, pointe-t-il. Les effets recherchés sont plutôt situés à l’extérieur des universités : c’est de l’agitation politique, adressée à un électorat. »
    Plus seulement de la part de l’extrême droite, « mais aussi désormais de la droite voire du centre », dont l’instrumentalisation des subventions est « devenue une pratique normalisée », observe Alex Mahoudeau, autrice de La Panique woke (Textuel, 2022). L’exemple de l’Ecole Kourtrajmé, à Marseille, qui forme des jeunes défavorisés aux métiers du cinéma, a marqué les esprits : en avril, la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, présidée par Renaud Muselier (Renaissance), annonçait lui retirer une subvention de 75 000 euros pour usage de l’écriture inclusive, reprenant une revendication récurrente des élus Rassemblement national de cette région.
    Aujourd’hui, c’est l’université Lyon-II qui fait sa rentrée avec une épée de Damoclès au-dessus de la tête. Au printemps, un groupe d’individus perturbe le cours de Fabrice Balanche, l’accusant de racisme et de sionisme. L’enseignant entame une tournée médiatique où il dépeint une université gangrenée par « l’entrisme islamiste ». La présidente de l’établissement, Isabelle von Bueltzingsloewen, qui avait saisi le parquet après l’interruption « intolérable » de ce cours, fustige les « paroles complotistes » de l’enseignant. Elle est alors l’objet de menaces de mort, qui poussent le parquet à ouvrir une deuxième enquête, et à la placer sous protection. Protection renforcée quand la machine s’emballe à nouveau, après qu’a été déterré un post Facebook d’un des vice-présidents de l’université, Willy Beauvallet-Haddad, accusé d’y rendre hommage à l’ex-chef du Hezbollah Hassan Nasrallah – il présente sa démission en mai.
    Au même moment, Laurent Wauquiez, alors candidat à la présidence des Républicains, déclare suspendre les subventions régionales à l’établissement – près de 19 millions d’euros –, pour cause de « dérive islamo-gauchiste ». Coup d’éclat dans une campagne où il dispute à Bruno Retailleau le terrain conservateur, la menace n’a pas encore été appliquée, mais elle renforce le sentiment d’usure qui touche la communauté académique.
    « On part d’un exemple et on le monte en épingle pour dire que l’islam radical imprègne toute l’université. Les enseignants se retrouvent alors à devoir s’en défendre constamment : même au Canada, en colloque, on m’a interrogé sur cela », se désespère M. Baudot, qui donnait des cours à Lyon-II en 2024. « On ne parle plus de Lyon-II que par le prisme de ces micro-aspects qui ne correspondent en rien au travail effectué par l’ensemble des collègues au quotidien », abonde Hervé Goldfarb, chef du département de science des données et membre du syndicat Snesup-FSU. La présidente de l’université a décliné nos demandes d’entretien, par « prudence », en attente des réponses de financement.
    Comme d’autres de ses collègues, Françoise Orazi, professeure de civilisation britannique, doyenne de la faculté des langues, est « démoralisée ». « On est attaqués de l’intérieur, on subit les pénuries de financement, et, en plus de ça, on vient nous dire qu’on est islamo-wokistes !, s’exclame-t-elle. La nuit, je repense à ce que je croyais être mon métier et ce qu’il est devenu. A refaire, je choisirais une autre profession. » Pour Thibaud Boncourt, l’objectif de ces « cabales » est de « dilapider les énergies » : « C’est un travail de sape. »
    S’exiler pour mener ses recherches
    Des noms d’universitaires dits « woke » sont régulièrement jetés en pâture dans les médias, parfois épinglés avec leur photographie. « Créer des listes et mettre des cibles dans le dos, ce sont initialement des méthodes de l’ultradroite », s’alarme la professeure Vanessa Codaccioni, coprésidente de l’Observatoire des atteintes à la liberté académique. Entre 2023 et 2024, les demandes de protection fonctionnelle ont d’ailleurs bondi de 52 % chez les enseignants, chercheurs et agents non titulaires, selon le ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche.
    « Dans nos laboratoires, on nous propose des formations de défense au niveau juridique, ou pour éviter de se retrouver exposés sur les réseaux sociaux », raconte Françoise Orazi. Elle regrette de devoir parfois verser dans une forme d’autocensure : « Je n’ai pas envie de me retrouver à la place de ma présidente et de recevoir des menaces de mort. S’il ne faut plus parler de certains sujets, liés au genre par exemple, je le fais. »
    Le chercheur Mehdi Derfoufi, un des responsables pédagogiques du master d’études de genre de Paris-VIII, remarque que les revues de recherche se montrent plus frileuses à monter des dossiers autour des questions raciales ou de genre. « Plus encore quand ces travaux proviennent de chercheurs et chercheuses minorisés », dénonce-t-il. Des colloques sont parfois aussi annulés au dernier moment, ajoute-t-il, « en raison de menaces directes de groupuscules d’extrême droite ».
    Face à ce climat, certains décident de s’exiler pour mener leurs recherches. « On voit arriver des doctorants et doctorantes français au Québec, ou encore en Belgique ou en Suisse, parce que l’ambiance ne leur semblait pas propice », observe Francis Dupuis-Déri. Mais c’est aussi le cas d’enseignants-chercheurs installés, qui avaient accédé au « graal » du poste fixe, soulève M. Baudot. Une fuite des cerveaux qui entraîne, déplore-t-il, « un gâchis de talents irréparable ».

    https://www.lemonde.fr/campus/article/2025/09/16/chasse-aux-wokes-comment-les-polemiques-de-ces-dernieres-annees-ont-epuise-l
    #ESR #université #wokisme #chasse_aux_sorcières #France #attaques #autocensure #censure #fachosphère #recherche #ensignement_supérieur #Laurent_Wauquiez #harcèlement #menaces #pression #islamo-gauchisme

  • Inside a Campus Crackdown Over Wokeism in France

    At a small university in the city of Grenoble, an accusation of Islamophobia set off a wild kerfuffle and a media frenzy. Sound familiar?

    On the morning of March 4, 2021, at the Institut d’Études Politiques in Grenoble, France—colloquially known as Sciences Po Grenoble—a group, probably of students, put up a poster on the side of the main building, a bright, modern structure with a view of the French Alps. The poster called for two professors, Vincent T. and Klaus Kinzler, to step down: “Fascists in Our Lecture Halls [T.] and Kinzler Resign. Islamophobia Kills.”

    The poster was up for only a short while. But before it was removed, a student group took a picture of it and posted the photo online. Almost immediately, the media took note. The administration tried to keep a lid on things, but by March 5, the right-wing magazine Marianne had the story. The next day, the TV channel BFMTV ran an item about “two profs targeted” in Grenoble, an item that was in turn amplified by Caroline Fourest, a combative opinion journalist who made her name as a scourge of Islamism in the wake of the Charlie Hebdo killings and had more recently devoted her books and copious TV appearances to excoriating “wokeness.” Within days, the story had gone international. It was a time when accounts of campus wokeness, of out-of-control students and totalitarian social justice warriors, were at a premium, and the events in Grenoble seemed to fit the bill perfectly.

    On March 8, the minister of the interior announced that the two professors singled out on the poster were under police protection. By March 9, Germany’s conservative daily Die Welt had published a lengthy interview with Kinzler, quickly supplying an English translation as well. By March 10, he was in Le Point. By March 12, he was speaking to Die Presse in Vienna. By March 13, an English version of Kinzler’s early TV appearance had been posted on the far-right “counter-jihad” blog Gates of Vienna. By March 23, the German public broadcaster Deutsche Welle summed up the state of play as follows: “A German professor at a university in Grenoble, France, has become the target of a hate campaign for not wanting to compare antisemitism with Islamophobia.”

    For this story, I spoke with several of the people involved in the affair. The fallout from the events of March 2021 clearly still cast its shadow over their lives. Some of those I reached out to didn’t respond, and among those who did, some didn’t want to be quoted. Everyone I spoke to reflected on events with evident exhaustion. For Sciences Po, which housed around 2,000 students and 150 staff, the row had created only bad outcomes: Almost immediately, the ministry commissioned two inspectors to write a report on what had happened. The report, released in April of the same year, recommended disciplining 17 students. Only one was suspended, according to The Times of London. François Jolivet, a member of President Emmanuel Macron’s party, demanded theatrically that the institution be placed under receivership. The conservative president of Auvergne-Rhône-Alpes, the region where Grenoble is located, cut back public subsidies for the university.

    For one of the two professors mentioned in the poster, Klaus Kinzler, a German instructor who did not respond to an interview request for this story, the March events became the starting point for a campaign against his own university. In December 2021, Kinzler, a voluble and young-looking sixtysomething, told an interviewer that Sciences Po had become “a political reeducation camp” marred by “wokeism.” The BBC and The Times reported on the renewed controversy. Kinzler charged that the university explicitly encouraged students to “insult, abuse, and defame teachers who have the audacity not to share their extremist opinions.” In response, the university suspended him. A few months later, Kinzler published a book about the ordeal. Its title: L’Islamogauchisme ne m’a pas tué. Islamoleftism failed to kill me.



    This article is about that term, “islamogauchisme.” It is about the incident at Sciences Po Grenoble. “Islamogauchisme,” as a term, has a curious fate and a more curious function. And it depends on a very specific information environment in order to seem at all plausible. That information environment, and the values and hierarchies it seems to operate with, tell us everything about our age of anti-wokeness—an age in which public discourse has allowed personal smallness and pique to be recast as big principles, encouraging a kind of opportunism that goes on and on about “values,” but that in truth knows only one currency: attention.

    But the Grenoble story, the story of “islamogauchisme,” is not, or is not just, about media. It is about government. “Our society has been far too permeable to currents of thought,” declared Jean-Michel Blanquer, then minister of national education, in an interview about the supposed scourge of Islamoleftism. From the beginning, the media hubbub in Grenoble met a government all too willing to exploit it—in ways that make you wonder what type of university (or society) France’s nominally centrist, even liberal, government envisions. It doesn’t seem to be a particularly liberal one.

    The reason a reader in the United States should care about what really happened on and leading up to that March day in Grenoble is that the same media dynamics exist in the United States. And because the federal and state governments have been getting involved in much the same way. Over just the first few months of the second Trump administration, there have been extraordinary attacks on Columbia University, Harvard, and other institutions. Signs point plainly to the onslaught continuing.

    Our age has become once again obsessed with campus stories, stories that are supposed to vouch for far more and far more impactful trends than they’d seem able to sustain at first glance. Those stories are about the campus, but are incapable of paying attention to it. They race at breakneck speed away from what it’s actually like at a university, where professionals sometimes behave professionally and sometimes don’t. They dive headfirst into relentlessly abstract generality. And they appear actively impatient with the day-to-day grind that is instruction and research.

    The sociologist Éric Fassin describes this crackdown as “illiberal anti-intellectualism.” Under the guise of safeguarding the liberal university against tribalism, politicians from the political center and right are in truth trying to integrate the university into a new tribalism. Our institutions of higher education have been captured by the other tribe, they tell themselves, and thus it’s only fair for our tribe to take it back.

    You can’t understand what happened in Grenoble in March 2021 without knowing what happened in Conflans-Sainte-Honorine, a modest, pretty outer suburb of Paris, in October 2020, even though the two events were largely unrelated on their face. When the story from Grenoble became public, the name Samuel Paty, a secondary school teacher who was murdered there, was never far.

    In the fall of 2020, Paty had decided to teach a unit on free speech that included cartoons involving the prophet Muhammad. Parents and local leaders protested vociferously. On October 16, a Chechen Muslim refugee named Abdoullakh Anzorov followed Paty from school, then stabbed and beheaded the teacher. Minutes after the attack, he posted an image of Paty’s severed head to Twitter. A few moments later he was dead, shot by police. At the time of his murder, Paty was 47 years old.

    What made the homicide such a crucible was that, while Anzorov may have committed the act alone, it did not come out of nowhere. There had been a social media campaign against the teacher; various groups had amplified the case. Someone had driven Anzorov to the school, where students pointed out Paty to his killer. The prosecutor of the case, Jean-François Ricard, saw a “direct causal link” between the online campaign and Anzorov’s brutal attack.

    One of the accusations leveled against Paty was “Islamophobia”—the exact word used on the poster at Sciences Po. That’s the connection between the two events, the full extent of it, if we’re honest. The university, the anti-woke journalist Fourest wrote on Twitter shortly after the poster went up, had not just put a target on Kinzler’s back, it had “unleashed a mob against the right to question a word that has killed.”

    In the newspapers’ telling as well, the events that led up to the poster calling for Kinzler’s resignation can be traced to fall 2020. At Sciences Po, Covid had moved almost all campus activity online, and everyone was cooped up at home. Which is when the announcement email arrived that, according to Klaus Kinzler’s book, started it all. As part of the university’s “Equality Week,” there would be an event on “Racism, Islamophobia, and Antisemitism.”

    Kinzler decided to sign up for the group planning the event. Not because he believed in its mission, however. He felt that the title equated antisemitism and Islamophobia, though his real objection, it quickly emerged, was with the notion of Islamophobia in general. He didn’t think it existed. He thought the very word was dangerous.

    Kinzler’s disagreement with the other organizers led to an increasingly heated exchange via email. There were several students on the thread. The only other faculty member initially on the email chain was Claire M., who studies Jews in the Muslim world. M. wrote to Kinzler that “the notion of Islamophobia is indeed contested in the field of partisan politics,” but pointed out that “this is not the case in scholarship.” It is, she added, “a heuristic concept, used in the social sciences, and as we are at a university it seems to me quite legitimate to use it.”

    At some point, someone—probably Kinzler—looped in the political scientist Vincent T., who, like Kinzler himself, seemed to be less a specialist in any of the subjects at hand than a person with a strong opinion on Islamophobia. “I fully subscribe to Klaus’s salutary reflection,” T. wrote, “and I am dismayed to discover to what extent academics are immersed in militancy and ideology.” To speak of “Islamophobia” at this point would be to involve the Institut d’Études Politiques de Grenoble “in the fight led by Islamists.” Claire M. responded with a patient email listing scholarly articles and reputable journals to show that the notion of Islamophobia has a basis in scholarship. When Vincent T. replied, he looped in the director of the institute, political scientist Sabine Saurugger. This email was less an argument than a litany: “Charlie Hebdo was accused of Islamophobia. Samuel Paty was accused of being Islamophobic.”

    Given how the story evolved later, it is important to emphasize that the disagreement was never about whether Kinzler did or did not believe that Islamophobia was real. Claire M. simply asked him to accept that many scholars studying the issue had come to the conclusion that Islamophobia was real, and that meant it could be used as the basis for an academic panel. Kinzler’s (and Vincent T.’s) position seemed to be that the word itself was violence, was subversion, was a win for the Islamists. Claire M., for her part, seemed mostly taken aback by the lack of collegiality and respect.

    But behind it—at least in Kinzler’s and T.’s interjections—lay the charge that would define the affair, a charge that had gained currency in the wake of the Paty murder: that having a conversation about Islamophobia at Sciences Po was a sign that woke “militancy and ideology” were becoming dominant at the university, that, as T. wrote, the Sciences Po “would find itself in their”—meaning the Islamists’—“camp.” The charge was, in other words, “islamogauchisme.”

    The fight in Grenoble was ostensibly all about academic freedom. But academic expertise didn’t seem to matter. Those who wanted to analyze were told they were being hysterical, while hysteria was lauded as analysis, so long as it was the right kind of hysteria.

    “Islamogauchisme” entered the French vocabulary in 2002, with a book by Pierre-André Taguieff. Other early users of the term were the philosopher Pascal Bruckner and the journalist Caroline Fourest, whom we’ve already met, in her eager early dissemination of the Grenoble story. While there have been a few attempts to bring the term “Islamoleftism” into anglophone publications, it’s usually on blogs sporting eye-searingly garish fonts. The terms that frequently surround it when it does appear—“identity politics,” “wokeism,” “cancel culture”—have had a far more global career and impact.

    Authentically French as the expression may be, Americans of a certain age may be able to detect the traces of a U.S. vintage. After all, we remember the way early war on terrorism-rhetoric positioned leftists—particularly academic leftists—as unwitting allies of jihadists. But “islamogauchisme” and similar constructions go further. They position leftism and Islamism as essentially linked projects.

    Books and articles about “islamogauchisme” (fewer in number than books and articles about “wokisme,” but increasing in number) have a way of constructing deeply weird genealogies. Bruckner traces the genesis of this supposed alliance through British anti-colonial activists and neo-Trotskyist splinter groups in a way that feels learned, but esoteric. He even starts his historical rundown with a long quote from international assassin Carlos “The Jackal” Ramirez, whose writings are, admittedly, still huge in the undergraduate curriculum. Like the stateside work of “critical race theory”–hunter Christopher Rufo, who seems convinced that entire academic disciplines can be traced back to the influence of the Marxist feminist activist Angela Davis, these accounts shade into the conspiratorial without ever coming out and alleging a conspiracy.

    The most important thing about this discourse may be what it does, not what it represents. It never has to say outright whether it thinks academics, lefty organizers, or, in this case, a student union are useful idiots, secret fifth columnists, or actively subverting “the West.” (Many still do, of course.) It turns all analysis into apologia, it renders careful study suspect rather than necessary. And, for all its loud caterwauling about free speech, it aims to chill speech by associating critical analysis of Western societies with the “radical evil” of “Islamism.”

    One of the most interesting and troubling developments of the last 10 years—a phenomenon that started in Europe, but has now firmly established itself in the United States—is the attack on liberal democracy that presents itself as its defense. Conservatives in the United States long drew the distinction between a Christian moral order and the secular world. Europeans tended to draw on a different distinction: that between Christianity and Islam. When Europeans attacked the institutions of liberal democracy, they did so not by attacking their secularism, but by claiming to defend the institutions from capture by the Other. Whether it’s a bunch of kids camping on your university’s South Lawn to protest the war in Gaza, or the idea that wokeness has captured the faculty lounge, the message is the same: Our intellectuals, our young, our institutions are in more or less witting alliance with the Islamists. The only recourse is to attack those institutions.


    By January 2021—two months before the poster went up, in other words—the dispute between the professors appeared to have died down. Through an ombudsperson, Claire M. had written to the university director. Both M. and the director agreed that Kinzler had a right to his opinions, but that he had violated his professional ethics in how he expressed them. Professor Anne-Laure Amilhat Szary, director of the social science research center for which Claire M. worked, had written a letter affirming that there indeed was a scholarly consensus that Islamophobia was real, and that it was legitimate to organize events about it. The director of Sciences Po had demanded that Kinzler apologize for his unprofessional behavior in the email, and Kinzler had obliged—twice. That, in another world, might have been that.

    However, the students were not part of this attempt at calming the waves, even though they’d been copied on the email thread, and had in fact made up a majority of its recipients at any given moment. Over the holidays, it seems, the students reached out to their own groups, above all the “Union Syndicale.”

    French student unions are different from what North Americans would mean by that term. Unlike American graduate unions, they do not bargain collectively, but like them, they represent and advocate for the interests of their members. The Union Syndicale, one member told me slightly ironically, is not a real union, but it tries to do for students what the real unions do for workers.

    On January 7, 2021, a long note about the email kerfuffle appeared on the Facebook page of a student group called “Sciences Po Grenoble en lutte.” It detailed statements made by Kinzler in the emails—statements denying Islamophobia existed and generally parroting far-right talking points—without identifying the instructor by name.

    In February, members of the Union Syndicale reached out to other students to describe their classroom interactions with Klaus Kinzler and, above all, Vincent T. While not naming either instructor, the student union did name one of Vincent T.’s courses. Students accused the university’s administration of turning a blind eye to “Islamophobic” and “far-right” instructors and failing to protect students from them.

    That, at least, is the timeline outlined in the inspector general’s report, which laid much of the blame for the escalation at the students’ doorstep. According to those I spoke with, what the timeline doesn’t make clear is that at some point either before or during the email quarrel, Klaus Kinzler had decided to teach a class unit on the topic of “cancel culture” for his third-year German students, and had chosen to include among the course’s texts, which he was in the custom of posting on his IEP website, a PDF of his email exchange with Claire M. and the students. Based on screenshots of the syllabus, which is no longer online, it appears he also added, as a reading, a “defense of the accused” (i.e., himself), even though in the emails he had done most of the accusing.

    Whatever the case, over the course of January and February, interactions between the professor and the students escalated. Before long, he addressed his emails to “the little budding ayatollahs” and signed as “a genetic Nazi.” The report doesn’t make clear that most of the union’s communications were intended to be internal. The January 7 Facebook post that collected some of the more incendiary statements in the original exchange of emails was addressed to “the Sciences Po Grenoble Community” and meant to put pressure on the administration. And on February 22, the union posted on its Facebook page a request for “witnesses” to Islamophobic in-class behavior by T.

    These details may seem like nitpicking, but against the backdrop of the Paty murder, the difference between a public and an internal social media post is significant. Paty’s killer was from a small city in Normandy, about 60 miles from the scene of the crime. He knew about Paty from the internet. Angry parents at the secondary school had spread the news, and incendiary claims had been posted on social media and circulated by the Facebook page of a mosque. To be clear: The internet and social media are not dangerous in and of themselves. They are dangerous insofar as they might connect a disturbed or radicalized individual like Abdoullakh Anzorov with a victim like Paty.

    Throughout the inspector general’s report, however, the authors treat the digital nature of the student union’s efforts as problematic in itself. The fact that the emails Kinzler had put online were far more universally accessible than a Facebook post seemed to occasion no comparable worry on their part. It was the combination of youth and internet that worried them. Although Paty’s awful fate hung over everything that was to transpire in Grenoble, it’s worth noting that no one at Grenoble seemed to want to make the hubbub public. Until, that is, Kinzler started appearing in every medium that would have him.

    Shortly after March 4, when the poster went up at Sciences Po, the instructor went on a massive media tour. LexisNexis lists more than 50 articles featuring his name for that month. By March 12, three former students of his took to the pages of Le Figaro in order to defend Kinzler’s academic freedom. The whole thing very quickly internationalized. In fact, only through this internationalization did the vocabulary around the entire affair solidify. Brits, Germans, and French people all had begun to worry about “wokeness,” and here was a perfect story to illustrate its supposed evils.
    One year after the death of the secondary school teacher Samuel Paty, who was murdered in October 2020 for having shown cartoons involving the prophet Muhammad, mourners left flowers at a ceremony honoring him.

    Some of the immediate responses to the poster of March 4 came from the usual suspects: far-right blogs and politicos. But it didn’t stay there. Within days, the French government was interested. Emmanuel Macron had swept into office in 2017 on a broadly centrist and liberal platform. As Macron’s fortunes, and those of his party, turned, observers began to notice a shift in the rhetorical winds. In 2020, in the midst of the global protests following the death of George Floyd, Macron complained about woke “social science theories” that were brought to France by ideological super-spreaders from the United States. Macron, who had long positioned himself as a bulwark against the far-right Rassemblement National party, started borrowing its buzzwords. With that came renewed scrutiny vis-à-vis the country’s universities—and a focus on “islamogauchisme.”

    France has two ministries of education. There’s the Ministry of National Education and Youth, which in the relevant period was headed by Jean-Michel Blanquer, and the Ministry of Higher Education, Research, and Innovation, responsible for universities and research institutions, and headed then by Frédérique Vidal.

    After the Paty murder, Blanquer had enthusiastically pushed the rhetoric of “islamogauchisme.” Soon he went on the hunt among the nation’s university professors for “the intellectual accomplices of the crime.” “The fish rots from the head,” he told one interviewer, adding that islamogauchisme “was causing havoc in our universities.” Were there tons of secret terrorists hiding in French faculty lounges? Not really. But the universities were encouraging “intellectual radicalism,” which “leads to the worst”—presumably crimes like the murder of Samuel Paty.

    You’ll be forgiven if you find this account confusing. With Blanquer, things always lead to other things, resemble other things, things he then won’t fully spell out. As best I can discern, the suggestion was that French universities pave the way for Islamism by practicing identity politics. The French Republic is founded on universalism and laicism, the exclusion of religion from politics, and a rejection of a focus on particular identities or communities (the French term for identity politics is “communautarisme”). People studying ethnicity or researching racism, in other words, or affinity groups of students that are open only to women or trans people, are seen as promoting the fracture of society, and thus directly preparing the ground for Islamist terror.

    But there is a strange contradiction in the way politicians like Blanquer wield universalism. For in defending universalism and laïcité as French values and achievements (and implicitly casting others as congenitally incapable of them), their opposition to identity politics can sound an awful lot like … French identity politics. “These are ideas that often come from elsewhere,” Blanquer said about communitarianism, “from a model of society that is not ours.” Something similar was in fact true of Klaus Kinzler: He had written in the email exchange that started it all that he “personally [had] no sympathy for Islam as a religion” and that he “much prefer[red] Christ.” It was left to the others on the email chain—the people who’d soon be tarred as cancel culture–crazed wokeists—to point out that this admission in fact violated the principle of laïcité.

    It was a discourse riven with internal contradictions. Whenever you heard Blanquer talking in those days, you could sense that he sensed it, too. His statements had an improvisational quality, like a three-card monte player desperately shuffling his cards around. Still, the assertions got him on TV, more often and more extensively than the other French education minister, Frédérique Vidal, who appeared desperate to get a word in “islamogauchisme”-wise. On February 16, 2021, she announced “a review of all the research” to root out “islamogauchisme” and postcolonialism—to distinguish “that which is part of academic research and what is a matter of activism and opinion.” (In March 2023, Le Monde reported that no such survey ever took place.)

    The government was, in other words, operating with an excellent theory in need of an actual event that it might explain. And Sciences Po Grenoble had the bad fortune of obliging. The government sprang into action with immense speed.

    The resulting report, which came out just a month later, in April 2021, spread the blame around: oversensitive colleagues, lack of professionalism, an administration in over its head. But it saved most of its rhetorical powder for the student union. “The gravest fault in the chain of events which led to the events of March 4, are the accusations of Islamophobia and fascism” on social media. Again and again, faculty conduct is deemed “unprofessional”; but the student speech is deemed “violent.” You read that right: Addressing students as “little budding ayatollahs” is not violent, but calling someone a fascist is.

    If this is so, someone forgot to tell Blanquer, minister of education (though, remember, not the one who called for the investigation). Blanquer had taken to a TV show to excoriate “things that resemble fascism.” His target had been a different student union, the Union Nationale des Étudiants de France. The reason was even more negligible than the contretemps at Sciences Po: Apparently the union had held affinity group meetings that were open only to certain identities. The date was March 19, 2021.

    It’s hard not to come away from the report with a sense that it holds the various protagonists of l’affaire Grenoble to vastly different standards. And it’s hard not to come away with a sense that that’s exactly the document’s point. There’s no question that everyone at Sciences Po could have benefited from dialing down the temperature on their rhetoric. But only certain forms of overheating were “violent”; others were covered by academic freedom. After all, the report seems certain, any overheated rhetoric on Kinzler’s part was merely in reaction to the rhetoric of Claire M. and the students.

    People who present themselves as victims of cancel culture, political correctness, or here “Islamoleftism” often assume a pose of a babe in the woods. They step into controversy, they tell us, without meaning anything by it, and they are shocked by the outrage their innocent interjections elicit. Kinzler asks his readers to swallow more than the usual amount of this. The authors of the report fully obliged.

    Reading through the email exchange that started it all, you do not get a sense of a well-meaning colleague guilelessly raising a point and being shouted down by fascist students. You get a distinct whiff of trolling. Kinzler had joined the email group because he didn’t believe Islamophobia was real; his arguments spoke to a steady diet of right-wing culture wars, mostly French and German varietals. And even in writing about the decision in his book, he can’t resist a weird joke about trans people that goes on for a page. Even by the standard of anti-P.C. outrage bait, Kinzler served up deeply hacky stuff.

    Kinzler’s framing of the affair reveals a man fully immersed in the information environment that would later (briefly) make him a star. As he told Germany’s Die Welt shortly after the whole episode blew up, what happened to him was connected to a whole raft of other problems at French universities: “That science is confused with political activism,” for one. That “there’s no more debating or arguing because people might feel hurt.” You may agree or disagree with him on these points. But it’s fairly clear that this was a man primed, perhaps eager, for the kind of victimization narrative he now starred in.



    But in some way, the Inspector General’s report leaves out an entire set of actors, for the simple reason that they commissioned the report. Several people who spoke with the commission told me they realized early on that the two bureaucrats had been sent to Grenoble to find what the minister wanted found, or to find what was least embarrassing to her. And they dutifully found fault among the one group their boss seemed most hostile to.

    Between the lines, the report reveals that the ministry appeared to be actively distorting the case to its own ends. For instance, France’s interior minister announced on March 8 that he had contacted the two teachers. “Protective measures are being taken, work is being done with the prefect, with the police.” This early announcement became a big part of the story. The involvement of the police practically forced the comparison to the Paty case, and it escalated what was, at first blush, a bit of a trivial dustup into a crisis.

    Something both the media stories and the ministry failed to mention: As early as March 8, the prefecture in Grenoble had offered police protection to several of the people at Sciences Po whose names had become public in connection with the poster—not just T. and Kinzler. Kinzler may have enthusiastically accepted the offer, writing in his book about getting whisked out of the Grenoble train station by police officers and being told to find a secret “safe space.” But professor Amilhat Szary, too, agreed to protection, even if she didn’t end up going on hikes with any police officers. A student I spoke to received an offer of protection (which I reviewed); he didn’t assent, he said, because he didn’t like the idea of having a cop follow him around.

    And yet the minister seems to have deliberately created the impression that there were actual threats of violence that had exclusively or mostly been directed at Kinzler and T.

    About those threats: They, too, were a big part of the ministry’s media campaign against Sciences Po. But here, too, the suggestion—both from media and from politicians—that Kinzler and T. were the main recipients of those threats turns out to be a distortion.

    The first true targets were, in fact, the students. On March 7, the student union’s email account received a short email from an anonymous account. It concluded: “Beware, soon it will be your turn to be afraid.” Another, sent March 18, named two student representatives, calling him a “bastard” and her a “verminous bitch,” and suggested they “better start training for running by 2022. They’ll need it to make good time”—presumably referring to when far-right politicians Marine Le Pen or Éric Zemmour might become president of France. “We would need courts of the type Volksgerichtshof of the little mustachioed man,” meaning Hitler, “or military courts which existed under De Gaulle to judge the vermin leading these student mafia groups, with the guillotine in their sights.”

    At some point, since journalists on the “islamogauchisme” beat seemed deeply interested in the story but equally allergic to actually talking to anyone at the university, the question turned to who had “given” the names of Kinzler and T. to the student union. They might have been able to learn that there was a PDF of the professors’ emails, put online by one of the men now claiming persecution. They did not. Instead, they decided that it was Amilhat Szary who had “leaked” the identities, never mind that her letters hadn’t mentioned anyone by name.

    Fourest got the ball rolling on this line of accusation: “According to this,” she commented on an early news report on Twitter, “it was a teacher and the research laboratory ... who inveigled the students against these two professors.” On March 9, the CNews host Pascal Praud named the director of the laboratory on his show L’Heure des Pros. “This lady is an activist,” he explained, “who advances with the feeling of impunity,” accusing Amilhat Szary of “intellectual terrorism.”

    For a group supposedly so concerned with the consequences that words can have, these journalists were shockingly uninterested in the obvious downstream effects of their own statements. On March 12, a post appeared on Facebook, where it seems to have attracted a fair bit of attention: “The Islamo-leftist Anne Laure Amilhat Szary is an instigator of the ‘fatwa’ launched against two professors at Sciences Po Grenoble! As she found it normal to distribute the professors’ photos, nothing will bother us if we distribute hers.” Again, she had not distributed them.

    We know that there were threats against Amilhat Szary because in December 2022 10 individuals were charged with “harassment by means of a communication service” and “death threats.” A month later, they were convicted of the less dramatic charge of “cyber-harassment.” According to reporting from the trial, Amilhat Szary received “hundreds” of messages, including death threats, in the days after her name was made public. The French magazine Mediapart reproduced a few of the Facebook comments below her picture: “We are going to kill you!” “To the gallows!” “We must slit her throat!” are among the few printable ones. Again, remember that these torrents of abuse were raining down on Amilhat Szary while the inspector general was already composing a report accusing the student union of “violent rhetoric.” Somehow the threats of rape and guillotine didn’t make the cut.

    So far, the only court-documented threats of violence in the entire Grenoble affair concern threats made not by “islamogauchistes” but by people claiming to oppose “islamogauchisme.” By contrast, just how many threats Kinzler and Vincent T. received is a bit of a mystery. If Kinzler received many such threats, they didn’t leave much of a trace in his book. Vincent T. filed a suit for defamation, but that suggests a different kind of message.

    Still, it’s noticeable that media reports about threats were everywhere, while Kinzler describes his situation as follows: “1500 unread messages since the day before! Skimming through a few dozen, I see that they all express support for me.” The threats the media were referring to were most likely those on the original poster. The threat they were interested in was the one contained in the charge of fascism and “Islamophobia”; they seemed entirely uninterested in the torrent of threats precipitated by yelling about “islamogauchisme” in every newspaper and talk show.

    The threat, by this line of reasoning, was saying that “Islamophobia kills,” as the students had done on their poster, a poster initially seen by a handful of people on an Alpine campus and among the social media followers of a student union. The idea that blasting an academic as an “islamogauchiste” on TV, radio, and newspapers might lead to messages like “Let her die with her ass stuffed with red rags and her mouth open,” as 73-year-old Alain B. said on Facebook about Amilhat Szary, did not seem to enter the equation.



    This is where the story of Grenoble becomes the story of the university in the present age. The present age, meaning, in this case: a resurgent far right and a liberal, centrist establishment that seems increasingly ready to share the far right’s vocabulary and preoccupations. By December 2021, when the second round of stories about Sciences Po began to hit the international papers, the institute director told a French broadcaster that she was “stunned to discover the image of the IEP in the media.”

    Grenoble was finding itself at the center of one of those campus stories that are effective, or maybe even meaningful, only when seen from the maximum possible distance. Within France, barely anyone seemed to bother to try to understand what had actually happened; and in the story’s international reception, that tendency was, if anything, heightened. Swiss newspapers could use the account to scare their readers about what might soon make its way to their own institutions of higher learning. German newspapers could combine it with a few American campus anecdotes to tell the tale of a woke virus that was threatening to spread to the Fatherland. It was that kind of international mythmaking that had led the Macron government to fixate on “islamogauchisme” in the first place. Now it was used to metabolize the events in Grenoble.

    What Sciences Po experienced is something that has begun to characterize campus life in many Western countries. The strange magic by which a demand suddenly becomes a threat, while very real, very material threats somehow fail to register. The campus where an ineffectual administration barely contains the threat from within is apparently embodied by a group of undergraduates who have gotten hold of some paper and a canister of paint.

    In the United States in 2023, seven university presidents were hauled before Congress to be yelled at by representatives of both parties for failing to discipline their students. Media and commentators seemed to desire nothing more than combat boots and truncheons raining down on blue-haired undergraduates (and in many places got exactly what they desired). The dynamics that enveloped the pretty campus in the Alps in 2021 have become an export item.

    When U.S. Representative Elise Stefanik of New York started her crusade against elite colleges, she mostly avoided talking about Islam. She instead described a university that, as she wrote in the New York Post, had been weakened by “decades of moral decay, intellectual laziness and dangerous far-left radical groupthink.” The notion that the West has weakened its institutions through relativism and thus primed them for takeover is widespread in conservative circles, but it is worth saying: Stefanik’s reasoning is “great replacement” logic applied to the university quad. During congressional hearings, Representative Kevin Kiley went further, and suggested, for instance, that Harvard’s Claudine Gay regarded “antisemites” as her “constituency.”

    The idea that woke multiculturalists were in secret and intentional alliance with Muslim terrorism has become a favorite go-to of the second Trump administration. So has the idea that this supposed alliance never had to be substantiated by more than vibes. Each letter that goes out from the interagency Task Force to Combat Antisemitism draws on a mishmash of actual complaints about antisemitism; conservative grievances over free speech, woke­ness, and “diversity, equity, and inclusion”; and accusations of terrorism. In using Title VI claims and the International Holocaust Remembrance Alliance’s definition of antisemitism, and by linking these to “woke” or “postcolonial” theories, the administration has created the perfect cudgel to attack campus life. Its aim appears to be, in each instance, state control. In April, the Trump administration sent a letter to Harvard University. The top-line items—mandated appointment of conservative scholars, curtailing of faculty governance—got most of the attention. But in between all the other demands, the federal government expressed the opinion that the venerable university literally shields students “supportive of terrorism.”

    Again and again, leaders were not responding to what was actually happening on local campuses—they were reacting to what they had been told had happened at faraway campuses. “Islamogauchisme” wasn’t explicitly invoked, but the idea that when students object to war crimes, “Hamas” is “taking over” the campus draws on the same connection. The charge of “­islamogauchisme” is a rumor about the university, insubstantial, changeable, impossible to disprove. And it is destructive of the very institution it pretends to be so concerned about.

    https://newrepublic.com/article/194678/grenoble-france-university-islamophobia-controversy-wokeism

    #affaire_de_Grenoble #université #ESR #université_grenoble_Alpes #Sciences_Po_Grenoble #islamogauchisme #woke #wokisme #Klaus_Kinzler

    Sur l’"affaire de Grenoble" :
    https://seenthis.net/messages/943294

  • « #Wokisme » : pourquoi ce mot est piégé

    Le « wokisme », idéologie incertaine, enkystée dans la gauche des mouvements sociaux, menacerait la société, la famille, le progrès et les Lumières.

    Voilà le refrain seriné à longueur de journée par Donald Trump, par le Rassemblement national et des médias d’extrême droite, par des politiques conservateurs. Mais aussi par des essayistes qui se réclament de la gauche, et également, peut-être, par des membres de votre famille ou vos amis.

    Que signifie ce terme ? Pourquoi est-il devenu si présent ? Que veut dire cette présence dans le contexte politique actuel ?

    Si le « wokisme » n’existe pas, est-ce qu’il ne faudrait pas l’inventer ?

    Nos invité·es :

    - #Laure_Bereni, sociologue, directrice de recherche au CNRS, autrice de Management de la vertu. La diversité en entreprise à New York et à Paris (éd. Presses de Sciences Po, 2023) ;
    - #Solène_Brun, sociologue, chargée de recherche au CNRS, coautrice avec - - - Claire Cosquer de La Domination blanche (éd. Textuel, 2024). Elle a aussi publié Derrière le mythe métis. Enquête sur les couples mixtes et leurs descendants en France (éd. La Découverte, 2024) ;
    - #Pierre_Tevanian, philosophe et enseignant, auteur de Soyons woke. Plaidoyer pour les bons sentiments (éd. Divergences, 2025). Il coanime le site collectif Les mots sont importants (lmsi.net) et a publié plusieurs ouvrages, comme On ne peut pas accueillir toute la misère du monde. En finir avec une sentence de mort (éd. Anamosa, 2022).

    https://www.youtube.com/watch?v=9NE9Jj0Ud5c


    #woke #piège #vidéo #ressources_pédagogiques #définition #liberté_d'expression #menace #terminologie #mots #panique_morale #genre #race #racisme #panique #violences_sexuelles #racialisme #décolonial

  • Thread de #Julien_Gossa sur Mastodon :
    Les scientifiques américains sont réellement en danger. Jouer avec ce type de situation seulement pour gagner un peu de crédit politique est très dangereux.
    https://social.sciences.re/@juliengossa/114375605162671356

    « On n’a déjà pas assez d’argent pour fonctionner normalement » : la France peut-elle accueillir des scientifiques étrangers ?
    https://www.leparisien.fr/futurs/on-na-deja-pas-assez-dargent-pour-fonctionner-normalement-la-france-peut-

    D’abord, il faut bien le dire : ce n’est pas une petite embrouille qui permet pépouze de tirer quelques marrons du feu.

    Les scientifiques américains sont réellement en danger, pour de bon. Pour l’instant, ça coupe surtout dans les #budgets. Mais les #arrestations_arbitraires ont déjà commencé.

    Donc on n’est plus dans le contexte #MakeOurPlanetGreatAgain ou #AIforHumanity, où on pouvait se permettre de raconter n’importe quoi, de claquer quelques millions puis d’oublier le bouzin après s’être auto-congratulé.

    Là, il va y avoir des conséquences concrètes, plus que juste gâcher du fric.
    https://www.huffingtonpost.fr/international/article/macron-a-t-il-vraiment-made-our-planet-great-again-un-an-apres-sa-phr

    Or, tout pousse à croire qu’il ne s’agit qu’un d’un coup de com’ à l’usage exclusif de l’image de M. Macron.

    « Un conseiller a lâché dans les grilles de l’Elysée : "Incroyable, Trump l’a sauvé" ».

    « sauver » M. Macron coute beaucoup moins cher que sauver des scientifiques. Mais à quel prix ?

    https://www.liberation.fr/politique/a-lelysee-le-dernier-carre-des-fideles-demmanuel-macron-20250418_VHMP3NU645AZ5DFC6DNZIHGCIA/?redirected=1

    Dans ce fil, je donnais trois conditions pour que cette démarche se passe bien.

    Aucune n’est remplie, et ça va même à l’exact inverse. On a pratiquement la garantie que ça se passe mal.

    1. Bien accueillir des #scientifiques_étrangers sans mieux traiter en même temps les #scientifiques_français va générer mécaniquement du #mécontentement et du #quiet-quitting.

    Globalement, on ne sauve rien, on ne fait que dégrader la science (qui ne va déjà pas bien du tout).

    Mais en plus le #dispositif est parti pour être famélique, donc pour décevoir les espoirs des scientifiques américains.

    C’est en fait un simple « outil », et l’État financera au maximum la moitié du coût de l’opération.

    https://www.enseignementsup-recherche.gouv.fr/fr/lancement-de-la-plateforme-choose-france-science-une-

    Donc plus de la moitié du coût va reposer sur les université d’accueil, qui ne peuvent déjà pas boucler leur budget.

    On imagine le CA :
    – Point 1 : 15 M€ pour accueillir des ricains 💪
    – Point 2 : -20% de postes, -30% de budget des composantes, suppression du chauffage au bâtiment B
    https://www.francetvinfo.fr/sciences/ils-sont-motives-par-la-liberte-academique-le-president-d-aix-marseille

    Le Ministre le sait bien, et ouvre déjà son parapluie : L’effort d’accueil des chercheurs américains « doit se faire au niveau européen ».

    Donc c’est soit les universités, soit l’Europe qui doit payer. En somme, tout le monde, sauf l’État français qui en pourtant commanditaire.
    https://www.nouvelobs.com/sciences/20250419.OBS102961/l-effort-d-accueil-des-chercheurs-americains-doit-se-faire-au-niveau-euro

    Le chiffrage me parait totalement délirant : 330 k€/an pour une équipe, c’est une toute petite équipe, déjà installée en France, et avec un environnement papier/crayon/laptop.

    Et on ne prévoit rien pour accueillir les familles de ces scientifiques, les loger, l’école des mioches, etc.

    Ça mène au point 2, la #politique_scientifique.

    Elle se voit sur la #liste fermée des #thématiques concernées par le dispositif.

    D’abord, cette liste montre qu’on n’est pas du tout sur du papier/crayon/laptop. 330k€ pour une équipe dans ces domaines, c’est juste une blague.

    Surtout, on constate que cette liste exclut les #SHS - c’est-à-dire la discipline la plus en risque aux USA. Et pas seulement en risque de définancement. Ça pue la prison à plein nez.

    Le Ministre répond en substance "oui c’est vrai, mais il y a écologie qui est aussi menacée". L’aveu est terrible.

    L’aveu est terrible car il montre bien que l’intention n’est pas d’accueillir des scientifiques empêchés et persécutés, mais de profiter de la situation pour voler une paire de cerveaux considérés comme rentables par notre gouvernement.

    Tout ça en parlant de refuge pour les #libertés_académiques.

    Se prévaloir des libertés académiques tout en restreignant politiquement les #domaines_de_recherche. Formidable !👏

    Et il y a #écologie et écologie : l’écologie Total (pétrole à tous les étages, mais "vert") et l’écologie "arrêtez vos conneries on va tous crever".

    Laquelle vise le gouvernement ?

    Et là on arrive au point 3. la politique démocratique.

    L’administration Trump attaque très exactement les mêmes scientifiques que Macron attaquait dès 2020 en les considérant « coupable » de « casser la République en deux ».

    Les mêmes qu’on exclu du dispositif de « refuge ».

    https://www.lesinrocks.com/actu/macron-juge-le-monde-universitaire-coupable-davoir-casse-la-republique-e

    M. Macron aurait pu - même sans le reconnaitre publiquement - réaliser que l’offensive obscurantiste à laquelle il a lui-même participé pouvait conduire à des choses très graves, comme ce qui se passe notamment aux USA.

    Mais il a préféré s’entêter, et rester une politique de #vol_des_cerveaux.

    Tout cela est très dangereux, parce que ça va casser le moral des scientifiques français, mais qu’en plus ça va générer beaucoup de #frustration et de #déception auprès des scientifiques américains, dont beaucoup ont réellement besoin d’un #refuge.

    C’est le contraire de l’#humanisme.

    Pour les petits besoins de sa com’ personnelle, M. Macron est en train d’engager la responsabilité et la réputation de la France, mais sans mettre les moyens, et en ciblant l’inutile.

    En vouloir à la France va être tout à fait légitime. Et c’est très grave.

    Le gouvernement : "Tout sauf ces sales wokes. On ne veut que du top star grobraino en énergies fossiles ou en IA."
    L’ED : "Le gouvernement ouvre les frontières aux sales wokes"

    C’était couru, mais la stratégie du gouvernement est vraiment perdante-perdantes.
    ¯\(ツ)

    #France #recherche #accueil #chercheurs_en_danger #scholars_at_risk #ESR #USA #Etats-Unis #disciplines

    • Donc mon université a fait l’ouverture du journal de 8h de France culture avec son programme d’accueil des collègues états uniens dont les recherches sont en danger. 15 millions d’euros pour 10 à 20 collègues, sur le modèle #CPJ. Pour comparaison, j’ai appris que l’accueil de 3 collègues Palestiniens dans le cadre de Pause coûte à la même université... 75 000 euros

      Pour qu’on prenne bien la mesure de la #différence_de_traitement, alors que la présidence de l’université annonce qu’elle mobilise ses équipes pour trouver un logement et des places en école pour les familles des collègues états-uniens, voilà le message que les collègues nous envoient pour pouvoir assurer le minimum décent pour les collègues Palestiniens :

      Et voici le message d’appel à #solidarité concernant le troisième collègue palestinien, qui a le mérite de rappeler les conséquences matérielles de la guerre à Gaza et leur impact scientifique :

      #Palestine #deux_poids_deux_mesures

    • Accueil des chercheur∙ses internationaux en France : de qui se moque-t-on ? Communiqué intersyndical CGT-FO-FSE-FSU-Unef-Sud, 2 mai 2025

      Le 5 mai Emmanuel Macron organise un ersatz de cérémonie d’accueil pour « les chercheurs du monde entier » qu’il appelle à rejoindre la France. Ce soudain intérêt du président pour la recherche, nationale ou internationale, questionne alors que l’enseignement supérieur et la recherche sont très brutalement attaqués aux Etats-Unis, avec une remise en cause tout à la fois des libertés qui président partout à la vie universitaire, de la libre détermination des sujets d’enseignement ou de recherche par les enseignants et les chercheurs, ou des financements permettant le plein fonctionnement des institutions d’enseignement et de recherche.

      Des chercheur·ses sont brutalement licenciés, les budgets d’agences de recherche sur le climat comme la NOAA (National Oceanic and Atmospheric Administration), sur la santé comme la NIH (National Institutes of Health) ou sur l’espace comme la NASA (National Aeronautics and Space Administration) sont largement amputés, des bases de données sont brutalement fermées, les financements fédéraux de plusieurs universités sont gelés, des étudiant·es sont poursuivis par la justice. De nombreux projets de recherche internationaux sont à l’arrêt, les déplacements de chercheur·ses états-uniens sont entravés, leur participation à des groupes internationaux comme le GIEC remis en question.

      Face à cette lame de fond à laquelle sont confrontées l’université et la recherche publiques, l’intersyndicale de l’ESR rappelle que pour lutter contre l’obscurantisme, il est urgent de défendre la liberté de production et de diffusion des savoirs, comme bien commun et facteur de progrès social. La solidarité envers la communauté de recherche mondiale s’impose et il est indispensable de pouvoir accueillir ces collègues tout comme celles et ceux empêché·es de travailler ou persécuté·es dans leur pays, quel qu’il soit.

      Dans ce contexte, la mise en place d’une plateforme “Choose France for Science”, annoncée par le Président de la République française, en réponse à la situation des chercheur·es aux Etats-Unis est choquante, voire indécente.

      Indécente, car la politique du Président Macron depuis 2017 a considérablement affaible l’Enseignement supérieur et la Recherche (ESR) en France non seulement par un sous-financement chronique, des regroupements forcés et un pilotage accru, mais aussi par des atteintes quasi incessantes à la liberté académique : attaques sans fondement de la Ministre Frédérique Vidal contre les sciences humaines et sociales, supposées gangrénées par de supposés chercheur·ses « wokistes » ou « islamo-gauchiste », sanctions disciplinaires contre des chercheur·ses qui ont exprimés leur solidarité au peuple palestinien, interdiction de conférences et de séminaires sur la situation à Gaza dans les Universités de Lille, Lyon, Bordeaux, etc. S’y ajoutent les dispositions des Zones à Régime Restrictif (ZRR), qui conduisent à des dérives inquiétantes sur les libertés (dont celle de publication) et les recrutements sous couvert de sécurité nationale.

      Et bien sûr le meilleur moyen d’affaiblir la recherche et la diffusion des connaissance est tout simplement d’assécher les finances publiques des établissements concernés. Sous la présidence Macron (2017 – 2022), le nombre de personnels enseignants titulaires a continué de baisser (-3,1% depuis 2015) tandis que celui des personnels enseignants contractuels explosait dans des proportions inquiétantes (+18,5%) et que le nombre d’étudiant·es augmentait (+325 000 / + 12,5%), la part de la richesse nationale consacrée à la recherche est passée de 2,25 % à 2,22 % (quand les États-Unis y consacrent 3,47 %), le bâti universitaire est en phase de délabrement accéléré (57 % de passoires énergétiques, 1/3 de bâtiments « vétustes »). Après les coupes brutales dans les budgets de l’ESR en février 2024 (-600M€), le gouvernement Macron a encore taillé 950 M€ en 2025 (dont -493 M€ sur la mission enseignement supérieur et recherche)…

      Dans ce contexte, les annonces du gouvernement Macron-Baptiste (ministre de l’ESR) ainsi que certains président·es d’université ne visent qu’à redorer leur image à peu de frais.

      Loin de répondre aux besoins criants des travailleur·ses et des étudiant·es de l’ESR public, ces annonces sont choquantes : évoquer une enveloppe de plus de 300 000 € par an par chercheur·se états-unien accueilli quand le salaire moyen d’un·e enseignant·e–chercheur·ses en France s’élève à 63 000 € brut / an (rapport social unique 2022), quand des milliers d’ATER (attaché·es temporaires d’enseignement et de recherche) payés 22 % au-dessus du SMIC (ou 13 % en-dessous pour les 1/2 ATER), quand 170 000 vacataires sont payés sous le SMIC avec plusieurs mois de retard, quand 35 % des agent·es du secteur ont un statut précaire de contractuel. Et que dire de l’effondrement (-27 % depuis 2000 selon l’INSEE) du pouvoir d’achat des agent·es du secteur public, qui conduit à la paupérisation de toutes et tous, et en particulier des plus modestes (collègues de catégorie B et C notamment), qui assurent l’entretien et l’administration indispensables au fonctionnement de nos universités et organismes de recherche.

      La recherche est œuvre collective, et la concentration des moyens sur quelques individus ou sur quelques laboratoires (comme le prévoyait le projet des Key Labs), dont la contrepartie est leur raréfaction pour la masse des autres, est en réalité un frein aux progrès indispensables.

      Les organisations signataires, outre l’accueil décent de collègues empêchés ou persécutés dans leur pays, continuent de demander un budget ambitieux, à la hauteur des enjeux, pour le service public de l’ESR.

      https://academia.hypotheses.org/62050

    • « #Choose_Europe_for_Science » : l’#opération_Potemkine de Macron sur la recherche française

      Le président de la République veut accueillir les cerveaux américains, martyrisés par l’administration Trump. Mais sa peinture de la France en paradis de la recherche et des libertés académiques ne passe pas.

      « Nous« Nous sommes à un moment de rupture où l’impensable est devenu notre réalité. » Les mots d’Emmanuel Macron lundi 5 mai, en clôture de l’événement franco-européen « Choose Europe for Science », ont dû résonner étrangement aux oreilles de la communauté scientifique publique hexagonale : le président de la République parlait-il des États-Unis ou de la France ?

      Notre pays est bien sûr loin de vivre la guerre impitoyable contre la recherche menée par Donald Trump depuis son arrivée au pouvoir, sœur de celles lancées par Javier Milei en Argentine ou encore par Narendra Modi en Inde. Mais, comme le rappelle avec force le professeur de physique Bruno Andreotti, du collectif Stand Up for Science, des « formes de continuité » existent.

      Elles se nichent dans une série de mesures réactionnaires et austéritaires qui nuisent à la qualité de la production scientifique française et qui contribuent à installer, y compris sous la présidence d’un Emmanuel Macron, un « imaginaire fasciste » hostile aux libertés académiques.

      Parlons gros sous, d’abord : ce n’est pas aux États-Unis mais en France que, de crédits rabotés en argent non versé, le budget de l’enseignement supérieur et de la recherche a fondu de près 10 % ces quatre derniers mois (environ 2,5 milliards d’euros en moins sur les 25 milliards d’enveloppes prévues).

      Structurellement, la recherche publique a vu son financement chuter de 2 % depuis 2019 et le temps nécessaire pour accéder à un emploi stable n’a jamais été aussi long : les contrats courts et précaires y explosent. Plusieurs universités françaises sont même au bord de la faillite, peinant à trouver l’argent pour simplement payer les salaires et les fluides.
      Pour les chercheurs, l’ironie du désespoir

      Les mots, dans ce cadre, ont un sens : interrogée en décembre sur le sort budgétaire réservé à l’enseignement supérieur et à la recherche française, Hélène Boulanger, présidente de l’université de Lorraine, évoquait auprès de Mediapart une véritable « saignée », qui en médecine évoque un traitement de choc pour éviter la mort.

      Le président de la République peut donc bien lancer son « appel de la Sorbonne », mettre 100 millions d’euros sur la table afin d’accueillir les chercheur·es martyrisé·es par l’administration Trump, chérir « la science libre et ouverte », « trésor » du continent européen.

      « Aux États-Unis, [les universités] furent riches, cannibales, miraculeuses, écrit la philosophe Nadia Yala Kisukidi, dans le magazine Politis. En France, elles rament et on les enfonce depuis plus d’une décennie. »

      Les chercheur·es français·es, sur les réseaux sociaux et dans les boucles de messageries professionnelles, ne sont pas dupes : ils et elles rappellent avec l’ironie du désespoir leurs bricolages de bouts de ficelle, les bureaux délabrés, les amphis bondés, les étudiant·es refusé·es en licence, en master, en thèse, ainsi que les efforts déployés chaque jour dans les laboratoires de recherche pour payer un billet de train, financer les contrats postdoctoraux décents, assumer les frais d’un colloque, répondre à une invitation à l’étranger, y compris dans les domaines les plus prestigieux.

      « Dans mon université, à Rennes 2, je ne vais jamais voir la couleur de ces millions, et on se bat quotidiennement pour sauver des postes, s’est ainsi indignée Anaïs Lefevre-Berthelot, maîtresse de conférences spécialiste du genre et des médias aux États-Unis, à l’occasion de la conférence de presse du collectif Stand Up for Science ayant suivi les annonces présidentielles. On va offrir quoi à nos collègues américains, un contrat court de trois ans et un retour au pays ? C’est une opération de communication. »

      Pour la CGT du supérieur, ces annonces en grande pompe sont même « choquantes », surtout quand il s’agit de dédier, comme l’a fait récemment le président de l’université d’Aix-Marseille Éric Berton, entre 600 000 et 800 000 euros par chercheur·e accueilli·e sur trois ans. Le salaire moyen d’un·e enseignant·e-chercheur·e en France s’élève à 63 000 euros brut par année (selon le rapport social unique de 2022 cité par le syndicat) et des milliers de vacataires, parfois payé·es moins que le Smic, attendent des mois avant de recevoir leur dû.

      Personne ne se risque cependant à minimiser les enjeux du séisme scientifique, mais aussi sanitaire et démocratique, engendré par la chasse aux sorcières que vivent actuellement les États-Unis. « Des gens vont mourir » en raison des décisions de l’administration Trump d’arrêter les recherches sur le VIH, sur les vaccins, sur le climat, insiste encore Anaïs Lefevre-Berthelot.

      Le professeur Alain Fischer, spécialiste des déficits immunitaires génétiques, a lui souhaité souligner la nécessaire, bien que minimale, prise de position européenne du jour : « Ursula Van der Leyen et Emmanuel Macron ont rappelé que les valeurs académiques sont indispensables, c’est bien et important qu’ils le fassent. »

      D’autres, et Emmanuel Macron le premier, ont pris garde aussi à ne pas réactiver une forme de concurrence mortifère, se faisant les promoteurs de la solidarité vitale entre communautés académiques. « Il n’y aura pas d’effet d’éviction, n’en déplaise aux malthusiens. La science se nourrit de cette émulation, de cette capacité à recruter et à attirer les meilleurs talents », a ainsi martelé le président à la Sorbonne.

      Mais qui notre pays souhaite-t-il réellement accueillir, et dans quel but ? « Attention de ne pas penser qu’aux stars de la recherche, quand on devrait accueillir en priorité les jeunes, les post-doctorants vulnérables, ceux qui ont sans doute le plus à perdre », a noté Alain Fisher.

      S’agissant des profils, Libération a révélé que les chercheur·es en étude de genre ou travaillant sur les minorités, thèmes honnis par l’équipage trumpiste, seraient exclu·es de la politique d’accueil « à la française ». « On peut défendre nos intérêts stratégiques et en même temps porter une vision universaliste », a assumé l’Élysée auprès de nos confrères. Que les « Marie Curie de demain » (pour citer encore le président) qui souhaitent traverser l’océan afin de rejoindre « l’Europe du savoir » se le disent…
      La France n’a rien d’un paradis académique

      Ce n’est pas non plus la première fois que la diplomatie scientifique fonctionne à géométrie variable : un peu plus de 5 000 visas « recherche » ont été délivrés entre 2023 et 2024, selon les statistiques du ministère de l’intérieur, soit une hausse de 12,5 % en un an, mais la grande majorité des chercheurs et chercheuses accueilli·es dans les laboratoires français sont d’abord… européen·nes.

      La réforme des frais d’inscription pour les étudiantes et étudiants étrangers, mise en œuvre à l’occasion du premier mandat d’Emmanuel Macron, s’applique, elle, chaque année plus durement, pénalisant notamment les étudiant·es venu·es du continent africain, souvent moins doté·es financièrement.

      Enfin, le programme Pause, qui finance depuis 2021 des scientifiques en exil (afghans, syriens, turcs, ukrainiens, russes, et récemment palestiniens, dont la sortie est le plus souvent bloquée par Israël…), a vu son budget passer de 7 millions d’euros en 2023 à 3 millions l’an passé, s’inquiète un membre du conseil d’administration.

      Le décalage entre les discours et la réalité semble tout aussi patent sur la défense des libertés académiques. C’est le même Emmanuel Macron qui, en plein délire sur « l’islamogauchisme », accusait en 2020 les universitaires de « casser la République en deux » et de favoriser « l’ethnicisation de la question sociale », son ministre de l’éducation Jean-Michel Blanquer organisant deux ans plus tard à la Sorbonne un colloque indigent en forme du procès du « wokisme ».

      Après le 7 octobre 2023, plusieurs universitaires ont également dénoncé une forme de traque de toute parole jugée propalestinienne, tandis que Gabriel Attal, alors premier ministre, attaquait directement Sciences Po, dont il disait ceci, dans une sorte d’anti-intellectualisme primaire : « Le poisson pourrit toujours par la tête. »

      Qu’à cela ne tienne : « Le racisme systémique, le nationalisme chrétien, la suprématie blanche, la haine de la culture, le capitalisme hardcore et le vin qui arrache, c’est là-bas. Pas chez nous, écrit d’une plume teintée d’ironie et d’amertume la philosophe Nadia Yala Kisukidi. En France, l’État de droit est en grande forme. Les espaces critiques, qui renforcent la bonne santé des démocraties libérales (médias, justice, université, multipartisme), ne flanchent pas. »

      Depuis la tribune de Choose Europe for Science, on entend enfin, dans la bouche du président de la République, un opportunisme politique à la limite du cynisme. Il s’agit d’attirer et d’accueillir les chercheuses et chercheurs étrangers soucieux d’une « science libre », mais aussi d’en profiter pour réformer « en profondeur » le système français.

      C’est-à-dire « simplifier », « alléger » les processus dans « la transmission entre recherche fondamentale et appliquée », favoriser encore davantage les « financements publics-privés », « aller plus loin dans les contrats d’objectifs, de moyens et de performance » qui s’imposent désormais aux universités françaises, favoriser les grosses unités comme Paris-Saclay, pourtant contestées.

      En bref, copier le « modèle américain », plus efficace que le modèle européen « ces trois dernières décennies », selon Emmanuel Macron. Sans tirer aucune leçon de la rapidité avec laquelle ce même système, brillant et envié partout dans le monde occidental, a été brisé, en à peine quelques mois, par la force d’un seul homme.

      https://www.mediapart.fr/journal/france/050525/choose-europe-science-l-operation-potemkine-de-macron-sur-la-recherche-fra

    • Etudes sur le #genre ou les #minorités : les scientifiques que la France ne veut pas sauver du trumpisme

      L’Etat veut bien accueillir les chercheuses et chercheurs empêchés de travailler aux Etats-Unis, mais pas tous. Les thématiques considérées comme « wokes » ne font pas partie des cibles du gouvernement.

      C’est l’éléphant qui manque dans la pièce. La France déploie ce lundi 5 mai un grand #plan pour accueillir les scientifiques empêchés de travailler aux Etats-Unis. Dévoilée le 18 avril, la plateforme #Choose_France_for_Science « recensera les projets de recherche » autour d’une liste de #thématiques parmi lesquelles on trouve la santé, le climat, l’intelligence artificielle, le spatial, l’agriculture, les énergies ou encore le numérique. Les études de genre, ou décoloniales, n’y figurent pas. Elles font pourtant partie des thématiques frontalement attaquées par l’administration Trump.

      « Cela n’est pas étonnant. Les attaques contre les recherches médicales ou sur le climat indignent beaucoup plus, en France comme ailleurs, que les attaques ciblant les #sciences_sociales, de la sociologie à l’histoire », se désole la sociologue du CNRS Laure Bereni. Anne Fraïsse, latiniste et présidente de l’université de Montpellier Paul-Valéry, voit là « une forme d’#opportunisme pour attirer des chercheurs étrangers mais pas pour répondre à une forme d’exclusion ».

      Equilibres politiques nationaux

      A l’Elysée, on assume. « On peut défendre nos #intérêts_stratégiques et en même temps porter une #vision_universaliste. Pour le coup, cette initiative est à la croisée de ces deux ambitions-là », assure un conseiller. Les domaines privilégiés sont en lien avec la stratégie, assumée, de « réaffirmer la recherche comme étant un enjeu fort pour le #développement_économique et notre #souveraineté_industrielle ».

      Mathias Bernard, président de l’université Clermont Auvergne, « regrette » lui aussi cette orientation. « Il y a, y compris en France, tout un discours contre les universités qui repose sur la montée en épingle de ce que l’on appelait hier l’#islamogauchisme et aujourd’hui le #wokisme », constate celui qui dirigeait déjà son établissement en 2021, quand sa ministre de tutelle, Frédérique Vidal , dénonçait l’ « islamo-gauchisme »qui, selon elle, « gangrenait » les universités .

      Laure Bereni voit aussi dans ce choix le poids des équilibres politiques nationaux. « Il paraît sans doute plus prudent pour un gouvernement de centre droit dont la légitimité repose sur le soutien tacite du RN, de ne pas défendre des recherches scientifiques sur le genre, la question raciale ou les minorités, qui sont actuellement sous le feu des attaques de droite et d’extrême droite », avance-t-elle. Choisissez la France pour les sciences, donc, mais pas pour toutes les sciences.

      https://www.liberation.fr/sciences/etudes-sur-le-genre-ou-les-minorites-ces-scientifiques-que-la-france-ne-v

      #universalisme

  • Les PUF vont bien publier le 30 avril leur ouvrage collectif titré « Face à l’obscurantisme woke » – Libération
    https://www.liberation.fr/idees-et-debats/les-puf-vont-bien-publier-le-30-avril-leur-ouvrage-collectif-titre-face-a
    https://www.liberation.fr/resizer/4-kOO9rgCtPc-HlSlJfEV9DVHpI=/1200x630/filters:format(jpg):quality(70):focal(1380x1237:1390x1247)/cloudfront-eu-central-1.images.arcpublishing.com/liberation/4SNNRVYQDFDALM4ZN26LOIOSVU.jpg

    Finalement, c’est oui. Dans une lettre aux contributeurs, que Libération a pu consulter, Paul Garapon, directeur éditorial des Presses universitaires de France (PUF), affirme que l’ouvrage collectif titré Face à l’obscurantisme woke, et dirigé par les universitaires Emmanuelle Hénin, Xavier-Laurent Salvador et Pierre Vermeren, sera bien publié le 30 avril prochain. Il affirme même aux auteurs que « la volonté de publier (leur) ouvrage ne (l’)a jamais quitté ».

    Pourtant, la parution de l’ouvrage, initialement prévue pour le 9 avril, avait été suspendue, comme Libération le révélait le 10 mars. Et pour cause, publier un livre dénonçant l’« assaut inédit » du « mouvement woke » sur la science en Amérique du Nord et en Europe peut sembler contestable à l’heure où le président Trump s’attaque aux champs universitaires touchant aux inégalités sociales, aux discriminations raciales, au climat ou encore à la santé. A coup de licenciements, coupes budgétaires drastiques ou censure de mots comme « changement climatique », « genre » et « diversité ». Les PUF estimaient d’ailleurs, dans un communiqué, « que les conditions nécessaires à un accueil serein de ce livre collectif ne sont plus réunies aujourd’hui

    #PUF #recherche #woke #panique_morale ?

    • On se moque parfois du zèle, or il peut être d’avant-garde.

      Les Etats-Unis réclament à des entreprises françaises de se conformer aux lois fédérales anti-discrimination
      https://www.lemonde.fr/international/article/2025/03/28/les-etats-unis-reclament-a-des-entreprises-francaises-de-se-conformer-aux-lo

      « Le contractant ou l’offrant potentiel certifie qu’il (…) ne met pas en œuvre de programmes de promotion de la diversité, de l’équité, et de l’inclusion qui enfreignent les lois fédérales anti-discrimination applicables » aux Etats-Unis, demande un questionnaire attaché au courrier adressé à plusieurs entreprises, que l’Agence France-Presse (AFP) a pu consulter.

      ... « Nous vous informons que le décret 14 173, concernant la fin de la discrimination illégale et rétablissant les opportunités professionnelles basées sur le mérite, signé par le président Trump, s’applique également obligatoirement à tous les fournisseurs et prestataires du gouvernement américain, quels que soient leur nationalité et le pays dans lequel ils opèrent », peut-on lire dans le courrier publié par Le Figaro.

      "Qu’on leur coupe la langue !" L’émancipation c’était Macron, le refus de la discrimination c’est Trump, la lutte contre le racisme anti-blancs, c’est la gauche.

      Ad libitum.

    • « Le wokisme est l’épouvantail par lequel on cherche à empêcher le débat rationnel sur les discriminations », Isabelle Kersimon, Autrice, Alain Policar, Politiste, Jean-Yves Pranchère Philosophe
      https://archive.ph/oSg2R

      L’antiwokisme procède en vérité d’un désir de simplification, mais aussi de refoulement. Refoulement d’un passé dont on veut minimiser les crimes, de façon qu’il apparaisse comme une sorte d’accident ou d’anomalie au regard de l’universalité de nos principes. A défaut d’être un phénomène identifiable, le wokisme est l’épouvantail par lequel on cherche à empêcher le débat rationnel sur les questions liées aux discriminations et à leur généalogie.

  • Ce que cache #Périclès, le projet politique réactionnaire du milliardaire #Pierre-Edouard_Stérin

    Après avoir fait fortune dans les affaires, le milliardaire Pierre-Edouard Stérin assume désormais vouloir financer les projets « #métapolitiques » susceptibles de faire gagner la droite et l’extrême droite. Une première liste de ces initiatives vient d’être mise en ligne. Selon nos informations, elle pourrait ne constituer que la partie émergée de l’iceberg.

    Un média, une chaîne Youtube, des associations catholiques ou libérales, des think tanks destinés au lobbying politique... La première liste des projets soutenus par « Périclès » - mise en ligne il y a quelques jours sur son site internet - n’est pas bien longue mais permet déjà de lever toute équivoque sur les intentions de l’homme à l’origine du projet, le milliardaire Pierre-Edouard Stérin. Après avoir fait fortune dans les affaires, cet exilé fiscal de 51 ans - il a fui en Belgique après l’élection de François Hollande en 2012 - ambitionne de faire gagner la droite et l’extrême droite en mettant à contribution son compte en banque. Soit un investissement de 250 millions d’euros annoncé en dix ans. Du jamais vu.

    Cette initiative, baptisée donc « Périclès » (pour « Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes »), devait, à l’origine, rester discrète mais elle avait été dévoilée en juillet dernier par nos confrères de « l’Humanité ». Lesquels, documents confidentiels à l’appui, ont détaillé le plan de « #bataille_culturelle » imaginé par Stérin et ses équipes pour « permettre la victoire idéologique, électorale et politique » de ses idées et de ses valeurs. Parmi elles, « la #famille, base de la société », la « #préférence_nationale », le « #christianisme ». Au programme également : la promesse de mener une « #guerilla_juridique » et « médiatique » face au « #socialisme », au « #wokisme » ou à « l’#islamisme ». Surtout, ces documents énuméraient des objectifs politiques précis, dont une aide concrète à apporter au #Rassemblement_national de Marine Le Pen pour remporter le plus grand nombre de victoires lors des prochaines #élections municipales en 2026.

    Offensive sur tous les fronts

    En l’état, au moins 24 projets auraient déjà bénéficié de la générosité de l’homme d’affaires l’année dernière, selon le site flambant neuf de Périclès. L’ensemble confirme sa volonté de mener son #offensive par petites touches et sur tous les fronts. On y retrouve sans surprise ses obsessions libérales avec la promotion des idées antiétatistes et anti-taxes, incarné par son soutien à des think tanks comme le #Cercle_Entreprises et #Libertés, de l’ex-patron d’#Elf_Loïk_Le_Floch-Prigent ; ou encore #Ethic, le syndicat patronal de #Sophie_de_Menthon (une des rares à assumer dialoguer avec Marine Le Pen), qui a reçu, selon nos informations, 3 000 euros pour l’organisation d’une conférence. Des cercles de juristes, comme #Justitia, le collectif d’avocats de l’#Institut_Thomas_More, qui propose d’offrir « une réponse juridique aux nouvelles intolérances » ou le #Cercle_Droit_et_Liberté, qui prétend lutter contre le « #politiquement_correct » de l’Université et du monde juridique, sont également cités. Sans oublier, les enjeux migratoires et sécuritaires, via le #Centre_de_Réflexion_sur_la_Sécurité_intérieure (#CRSI), présidé par l’avocat connu des réseaux de droite dure #Thibault_de_Montbrial. Présents également, la marque #Terre_de_France, chouchou des influenceurs #identitaires ; #Eclats_de_femme, l’association fondée par #Claire_Geronimi, victime de viol par un homme visé par une OQTF en 2023, depuis proche du collectif identitaire #Némésis (elle vient d’être nommée vice-présidente de l’UDR, le parti d’Eric Ciotti, ce dimanche 9 février), ou encore l’association #Léa, en croisade contre le « #racisme_anti-Blanc ». Idem pour le mensuel « #l'Incorrect » - lancé en 2017 par des proches de #Marion_Maréchal - ou #Les_Films_à_l'arrache, une chaîne Youtube humoristique moquant - entre autres - l’antiracisme et le féminisme...

    Objectifs politiques

    Au-delà de ces combats marqués à l’extrême droite, Périclès a également investi dans le combat contre le « #wokisme_à_la_fac », via l’#Observatoire_du_décolonialisme, ainsi que le champ de la #laïcité au travers de #Défense_des_serviteurs_de_la_République, dont le comité d’honneur compte #David_Lisnard, le maire Les Républicains de Cannes et #Astrid_Panosyan-Bouvet, l’actuelle ministre du Travail et de l’Emploi - laquelle ignorait le lien avec Stérin, nous assure son cabinet. D’autres structures présentées par le site de Périclès font plus directement référence à l’objectif politique du projet. C’est le cas de #Data_Realis_Conseil, une société spécialisée dans la #cartographie_électorale rappelle la « #Lettre », ou de l’#Institut_de_Formation_Politique (#IFP), qui ambitionne de doter les militants de toutes les droites du bagage nécessaire pour garnir les rangs des formations politiques, des Républicains aux RN. En bonne place, enfin, #Politicae, l’école de formation au mandat de maire, destinée à faire élire « le maximum de candidats pour les prochaines élections municipales », que Stérin a confié à #Antoine_Valentin, édile LR de Haute-Savoie et candidat d’#Eric_Ciotti lors des dernières législatives. Auprès du « Nouvel Obs », ce dernier ne souhaite pas communiquer le montant du financement consenti par son mécène mais indique que l’effort financier pourrait atteindre « plusieurs centaines de milliers d’euros », d’ici au scrutin de 2026.

    Des projets plus discrets

    Cette liste pourrait, selon nos informations, ne constituer que la partie émergée de l’iceberg Stérin. Les sites internets de plusieurs structures citées plus haut semblent avoir été montés de toutes pièces et sur le même modèle... Surtout, la plupart de ces initiatives n’auraient en réalité reçu que de maigres sommes. Moins de 5 000 euros par exemple pour l’association #Les_Eveilleurs, proche de #La_Manif_pour_Tous, à l’occasion d’un peu rentable concert de #Jean-Pax_Méfret, chanteur des nostalgiques de l’Algérie française. Idem au #Cérif (#Centre_européen_de_Recherche_et_d'Information_sur_le_Frérisme), où la chercheuse au CNRS #Florence_Bergeaud-Blackler jure ne pas avoir touché plus de 10 000 euros. Très loin des 10 millions d’euros que Périclès claironne avoir investi au total en 2024. De quoi nourrir les soupçons sur la réalité de ce montant : est-elle artificiellement gonflée ? Ou, plus probable, l’essentiel de cet argent passe-t-il dans des projets tenus secrets ?

    « Nous nous gardons le droit d’être discrets sur nos investissements », élude #Arnaud_Rérolle, président de Périclès et ancien du #Fonds_du_Bien_Commun, la branche philanthropique des activités de Pierre-Edouard Stérin. Un paravent caritatif - Stérin y finançait aussi des associations au diapason de ses idées réactionnaires - dont est également issu #Thibault_Cambournac, le nouveau « responsable stratégie » de Périclès. L’équipe compte aussi dans ses rangs #Marguerite_Frison-Roche, ancienne petite main de la campagne présidentielle d’Eric Zemmour. Quant au « senior advisor » de Périclès, #Philippe_de_Gestas, c’est l’ancien secrétaire général du #Mouvement_Conservateur, allié à #Reconquête. Pour 2025, le #budget de Périclès est annoncé autour des 20 millions d’euros. L’achat ou la création d’un institut de sondage fait déjà figure d’objectif prioritaire.

    https://www.nouvelobs.com/politique/20250209.OBS100069/ce-que-cache-pericles-le-projet-politique-reactionnaire-du-milliardaire-p
    #Stérin #extrême_droite #réseau

    ping @karine4 @reka @fil @isskein

  • Le film français féministe « toutes pour une », à 10 millions d’euros, connait un début catastrophique . . . Charles Van Dievort - La libre

    C’est l’histoire d’un naufrage total, en plein hiver, par un temps glacial et un brouillard qui ne permet pas de voir à plus de quelques centimètres. Et encore. Ce n’est plus un flop mais un accident industriel comme le cinéma français n’en a plus connu ces dernières années. De quoi s’agit-il ? Du film Toutes pour une , parodie féministe – woke, diront les détracteurs – des Trois Mousquetaires d’Alexandre Dumas déjà maintes fois portés à l’écran.

    Les premiers chiffres de fréquentations en France sont catastrophiques. Le jour de sa sortie, le film, qui a coûté 10 millions d’euros, était proposé lors de 564 séances. Seuls 1271 spectateurs ont fait le déplacement. Soit une moyenne de deux personnes par projection, indique Le Figaro. De quoi se sentir seul, très seul…


    #idéologie #bêtise #féminisme #wokisme #woke #gaspillage #cinéma #Alexandre_Dumas #France
    Source : https://www.lalibre.be/culture/cinema/2025/01/30/le-film-francais-feministe-toutes-pour-une-a-10-millions-deuros-connait-un-d

    • Personne n’a été intéressé par une débilité pareille.
      Comment 10 millions d’euros ont pu être trouvé pour le financement d’un truc pareil ?

      La bêtise de la haute bourgeoisie française, et sa méconnaissance totale des autres classes sociales est flagrante.

  • Chaos bei Berlins Grünen : Welche Rolle spielt im Fall Stefan Gelbhaar das Team Habeck ?
    https://www.berliner-zeitung.de/politik-gesellschaft/chaos-berlin-gruene-welche-rolle-spielt-im-fall-stefan-gelbhaar-das

    D’après ce reportage la bande à Habeck aurait fait éliminer de la liste électorale verte un politicien populaire en fabriquant des accusations infondées d’agression sexuelle. L’engagement dans les partis politiques est un pur plaisir pour ceux qui aiment lutter le couteau entre les dents.

    11.1.2024 von Niklas Liebetrau - Dem Bundestagsabgeordneten aus Pankow wird Belästigung vorgeworfen, seine Karriere liegt in Trümmern. Der Zeitpunkt, zu dem die Vorwürfe laut werden, wirft Fragen auf.

    Am Ende eines langen Abends steht der Besiegte mit einer Flasche Bier am Rand. Stefan Gelbhaar wirkt in sich gekehrt. Verloren in der großen Kulturmarkthalle in Prenzlauer Berg, in der sich die Menschen an ihm vorbeidrängen, um der neuen Siegerin zu gratulieren. Nur ein paar Schritte entfernt nimmt Julia Schneider die Glückwünsche entgegen, mit einem Blumenstrauß in der Hand und einem breiten Lächeln im Gesicht: die neue Direktkandidatin der Grünen für Pankow. Gelbhaar presst die Lippen aufeinander. Manch einer klopft ihm im Vorbeigehen auf die Schulter.

    Noch vor wenigen Wochen, am 12. November, war er der Sieger, hatte der Pankower Kreisverband ihn zum Direktkandidaten für die Bundestagswahl nominiert. Fast einstimmig, mit mehr als 98 Prozent der Stimmen. Er hatte gute Chancen, für den größten Berliner Bezirk erneut in den Bundestag einzuziehen, wie schon 2017, 2021 und auch 2024 bei der Wiederholungswahl. Bis heute ist er der einzige Grüne, der je einen ostdeutschen Wahlkreis gewonnen hat. Ein Ost-Berliner, ein Pankower.

    Seit Dezember aber stehen Belästigungsvorwürfe gegen ihn im Raum. Mehrere Frauen sollen sich an die Ombudsstelle der Grünen gewandt haben und auch an den rbb, der mehrere von den Frauen in einem Bericht anonym zitiert. Sie werfen Gelbhaar vor, sie gegen ihren Willen berührt, geküsst oder anzügliche Bemerkungen gemacht zu haben. Ihre Schilderungen hat sich der Sender an Eidesstatt versichern lassen. Gelbhaar bestreitet die Vorwürfe gegen ihn, beteuert bis heute seine Unschuld. Gegen die Berichterstattung setzt er sich juristisch zur Wehr. Bei der Polizei hat er Anzeige gegen Unbekannt gestellt, wegen Verleumdung.

    Grüne in Berlin-Pankow: Julia Schneider neue Direktkandidatin, Gelbhaar verliert

    Ungeachtet dessen hat der Kreisverband Pankow die Wahl vom 12. November, bei der Gelbhaar zum Direktkandidaten gewählt wurde, in dieser Woche wiederholen lassen. Sowohl der Kreis-, der Landes- als auch der Bundesvorstand legten Gelbhaar nahe, auf eine erneute Kandidatur zu verzichten. Gelbhaar trat trotzdem nochmal an, kämpfte. Und verlor am Mittwochabend mit 126 zu 269 Stimmen gegen Julia Schneider, ebenfalls eine Ost-Berlinerin. Sie sitzt momentan für die Grünen im Abgeordnetenhaus.

    In Parteikreisen kursiert ein Begriff: Intrige

    Bis zu diesem Zeitpunkt galt Stefan Gelbhaar, 48 Jahre alt, Vater von zwei Kindern, in Friedrichshain geboren und in Pankow aufgewachsen, als versierter Fachpolitiker. Er ist Sprecher für Verkehrspolitik seiner Bundestagsfraktion, behandelt damit ein für seine Partei hochrelevantes Themenfeld. Im persönlichen Gespräch wirkt er nahbar, kumpelhaft, erinnert mit seinen verwuschelten Haaren und dem verträumten Blick mitunter an den großen Mann seiner Partei. Ein ostdeutscher Robert Habeck. Als politisches Vorbild nennt er die SPD-Politikerin Regine Hildebrandt, die beliebteste Ost-Politikerin der Nachwendezeit. Binnen weniger Wochen liegt seine politische Karriere nun in Trümmern.

    Sein Fall ist damit aber längst nicht abgeschlossen. Im Gegenteil, er wirft Fragen auf. Fragen, die über die nach der Belastbarkeit der Vorwürfe hinausgehen. In Parteikreisen kursiert schon seit Wochen immer wieder ein Begriff: Intrige. Gelbhaar selbst spricht von einer Kampagne, die „ersichtlich“ das Ziel verfolge, ihn „politisch und parteiintern im laufenden Wahlkampf auszuschalten“. Kann das stimmen?

    Da ist zunächst der Zeitpunkt, zu dem die Vorwürfe bekannt geworden sind, der stutzig macht. Nämlich unmittelbar vor der Landesdelegiertenkonferenz am 14. Dezember, bei der Gelbhaar um Platz zwei der Landesliste kandidieren wollte. Eine Kampfkandidatur. Sein Gegner: Andreas Audretsch, Direktkandidat der Grünen in Neukölln, Fraktionsvize im Bundestag, ein aufstrebender Parteilinker. Und Wahlkampfmanager von Robert Habeck.

    Wenige Tage vor dem Duell mit Audretsch sollen am Montag, den 9. Dezember, bei einer Veranstaltung des linken Parteiflügels erstmals Belästigungsvorwürfe gegen Gelbhaar laut geworden sein. Aus Parteikreisen heißt es, ein Mitglied der ebenfalls linken Grünen Jugend aus dem Kreisverband Mitte habe sie vorgebracht.

    Kurz vor der Wahl zur Landesliste: 18 Meldungen in drei Tagen

    Kurz darauf, am Freitag, den 13. Dezember, so schreibt Gelbhaar es selbst auf seiner Website, habe sich die Ombudsstelle der Grünen Bundespartei bei ihm gemeldet und ihn zum Gespräch geladen. Innerhalb von drei Tagen, zwischen Mittwoch und Freitag, seien dort zwölf Meldungen von Betroffenen und sechs von Nichtbetroffenen gegen ihn eingegangen.

    Was genau beim Treffen zwischen Gelbhaar und den Ombudsleuten besprochen wurde, ist bis heute nicht bekannt. Sowohl die Partei als auch Gelbhaar betonen die Vertraulichkeit der Anlaufstelle. Gleichzeitig erklärt Gelbhaar auch, dass ihm bis heute keine genauen Vorwürfe mitgeteilt worden seien – wohl, um die Anonymität derjenigen, die sich beschwert haben, zu schützen. Auf der Website der Ombudsstelle heißt es unter anderem: „Wir stellen die Betroffenengerechtigkeit in den Vordergrund. Die Perspektive der Betroffenen ist für uns handlungsleitend.“

    Nach Informationen dieser Zeitung nahmen neben Gelbhaar an dem Treffen zwei Personen teil. Eine Mitarbeiterin der Bundesgeschäftsstelle und auch ein Mitglied des Bundesvorstandes, mit anderen Worten: ein Mitglied aus dem Team Habeck. Aus dem Umfeld Gelbhaars heißt es außerdem, ihm sei in dem Gespräch nahegelegt worden, seine Kandidatur um Listenplatz zwei am nächsten Tag aufgrund der Vorwürfe zurückzuziehen.

    Warum sich eine Ombudsstelle, die eigentlich Betroffene beraten und schützen will, auch in demokratische Entscheidungsfindungsprozesse einmischt? Unklar. Zumal die Vorwürfe bis heute nicht aufgeklärt sind.

    Gelbhaar zieht zurück, Audretsch gewinnt

    Am nächsten Tag zog Gelbhaar dennoch seine Kandidatur zurück. Andreas Audretsch, Habecks Wahlkampforganisator, dessen Direktkandidatur in Neukölln gegen starke Konkurrenten von der SPD, der CDU und den Linken alles andere als sicher gilt, wurde ohne Gegenkandidaten auf Platz zwei gewählt. Sein Wiedereinzug in den Bundestag ist damit so gut wie sicher.

    Am selben Tag trat Leonie Wingerath, die Sprecherin der Grünen Jugend Berlin, vor die Kameras des rbb. Sie wisse, „dass es mehrere schwere Vorwürfe im Bereich sexualisierter Gewalt gegen Stefan Gelbhaar“ gebe, sagte sie. Woher sie das wusste, wo doch die Ombudsstelle vertraulich arbeitet? Ebenfalls unklar. Kurz darauf zog sie ihre Aussage zurück. Sie findet sich heute nur noch im Internetarchiv.

    Zwei Tage vor Weihnachten wandte sich Gelbhaar in einer Rundmail an die Pankower Grünen-Mitglieder. Es tue ihm leid, dass Menschen sich bei ihm unwohl gefühlt hätten, schrieb er da. „Sollte ich Grenzen verletzt haben, werde ich hoffentlich die Gelegenheit erhalten, mich dafür zu entschuldigen. Ich werde mich aktiv damit auseinandersetzen und sicherstellen, künftig achtsamer mit den Gefühlen anderer umzugehen.“ Gegen „absurde Falschbehauptungen“ werde er juristisch vorgehen.

    Rbb veröffentlicht „konkrete Belästigungsvorwürfe“ gegen Gelbhaar

    Am 27. Dezember, also zwei Wochen nach der Landesdelegiertenkonferenz und den Meldungen bei der Ombudsstelle, veröffentlichte der rbb seinen Bericht. Von „schweren Vorwürfen sexualisierter Gewalt“, wie die Grüne Jugend Sprecherin sie genannt hatte, ist dort eher nicht zu lesen. Wohl aber in einer Anfrage des rbb an Gelbhaar, die dieser wenig später selbst auf seiner Website veröffentlichte. In der Anfrage wird der Verdacht erweckt, Gelbhaar habe eine Frau mit K.O.-Tropfen gefügig gemacht, sie möglicherweise gar vergewaltigt. Im Bericht des rbb taucht dieser Verdacht nicht mehr auf.

    Stattdessen wird eine Frau anonym zitiert, die davon erzählt, wie Gelbhaar einmal ihren Kopf gegen ihren Willen festgehalten und sie geküsst habe. Zudem wird die Mail einer Frau an die Ombudsstelle der Grünen genannt, in der von Berührungen auf dem Nachhauseweg von einer Parteiveranstaltung gesprochen wird. Eine andere Frau berichtet davon, Gelbhaar habe sie am Arm gestreichelt und bei anderer Gelegenheit am unteren Rücken angefasst. Zudem hab er ihr Komplimente auf Social Media gemacht und sie einmal eingeladen, mit ihm in eine Wohnung zu gehen. Auch sie habe diesen Fall im Jahr 2023 der Ombudsstelle gemeldet. Das Verfahren sei inzwischen abgeschlossen.

    Stefan Gelbhaar hat am Mittwoch, wenige Stunden vor der erneuten Wahl im Pankower Kreisverband, dem Magazin Businessinsider ein Interview gegeben. Darin legt er mehrere eidesstattliche Versicherungen vor, darunter auch von seiner Lebensgefährtin, die seine Aussage stützen, dass der Vorwurf mit den K.O.-Tropfen „frei erfunden“ sei. Zudem bestreitet er, Frauen je belästigt zu haben und bezeichnet die im rbb genannten Vorwürfe als „Lügen“.

    Lange habe er sich in der „kafkaesken“ Situation befunden, sich gegen Vorwürfe wehren zu müssen, deren Inhalt ihm nicht näher benannt wurden. Ein Angeklagter ohne Kenntnis seiner Anklage. Erst durch den rbb sei das Bild klarer geworden. Von der Ombudsstelle gebe es weiterhin keine näheren Informationen, gegen die er sich wehren könne.

    Der Fall Gelbhaar wirft ein Schlaglicht auf die Grünen

    Der Fall Gelbhaar wirft ein Schlaglicht auf eine Partei, die sich nach außen stets als Verfechterin von Empathie und demokratischen, rechtsstaatlichen Prozessen versteht – und die MeToo-Vorwürfe mit besonderer Ernsthaftigkeit behandeln will. Robert Habeck stellt das Menschsein in den Vordergrund seines Wahlkampfs.

    Gerade deshalb überrascht der Umgang mit den Anschuldigungen: Warum gingen innerhalb von drei Tagen 18 Meldungen gegen Gelbhaar bei der Ombudsstelle ein – und warum unmittelbar vor der Wahl zur Landesliste und nicht früher? Warum bewerteten die Ombudsleute diesen Aspekt nicht als eine mögliche Intrige, als sie Gelbhaar zwar konkrete Details zu den Vorwürfen vorenthielten, ihm aber zur Rücknahme seiner Kandidatur rieten? Wie gelangten die vertraulichen Vorwürfe in die Öffentlichkeit, und warum waren mehrere Mitglieder der Grüne Jugend darüber informiert? Wie überprüfte der rbb die Aussagen der Frauen? Und schließlich: Wem könnte Gelbhaars politischer Sturz am ehesten nutzen?

    Natürlich stellt sich außerdem die Frage, welches Verhalten sich Gelbhaar zuschreiben muss. Sollte er Frauen belästigt haben, muss er sich dafür verantworten. Allein: Bis heute ist bei der Polizei keine Strafanzeige gegen ihn eingegangen.

    Was gilt die rechtsstaatliche Unschuldsvermutung in der Politik?

    Am Mittwochabend, auf der Wahlversammlung in der rappelvollen Kulturmarkthalle von Prenzlauer Berg, war sein Auftritt mit Spannung erwartet worden. Nicht wenige der vielen hundert Teilnehmer zollten ihm Respekt dafür, trotz allem noch einmal vor die Menge zu treten. Manche Frau äußerte gar die Sorge, dass künftig Männer mit Belästigungsvorwürfen politisch ausgeschaltet werden könnten.

    Vorne am Pult wehrte Gelbhaar sich erneut gegen die Vorwürfe. Es bewege ihn, dass die Unschuldsvermutung im politischen Raum nicht zu existieren scheine, sagte er. Doch als Abgeordneter bewege er sich auch in hierarchischen Verhältnissen, das habe er sich nicht immer bewusst gemacht. Während er sprach, war es in der Halle mucksmäuschenstill. Der Mann, der bis vor kurzem noch als unanfechtbar galt, hatte noch einmal die ganze Aufmerksamkeit. An einer Stelle sagte er: „Über dem ehemaligen Palast der Republik stand mal in großen Lettern Zweifel. Ich finde Zweifeln ist eins der wichtigsten politischen Momente, die es gibt. Ihr kennt mich, als jemanden, der zweifelt, in Frage stellt. Auch sich selbst.“

    Für die Pankower Grünen überwog am Ende der Zweifel an Stefan Gelbhaar. Er will nun die Vorwürfe gegen sich aufklären. Wie es danach für ihn weitergeht? Auch das ist unklar.

    #Allemagne #Berlin #Panoiw #politique #verts #wokisme #hypocrisie #intrigues

  • Accusée d’ « #islamo-gauchisme », une chercheuse en #procès contre le vice-président de LR

    Ce mercredi a eu lieu l’audience d’appel pour #injure_publique après la #plainte de #Christelle_Rabier, enseignante-chercheuse, ciblée dans un tweet de l’actuel vice-président LR #Julien_Aubert l’accusant d’ « islamo-gauchisme ». Le délibéré sera rendu le 8 janvier prochain.

    C’est dans un contexte d’institutionnalisation et d’intensification de la #traque à l’ « islamo-gauchisme » que s’inscrit ce procès opposant Christelle Rabier, maîtresse de conférences à l’École des Hautes Études en Sciences Sociales (EHESS), à l’ex-député LR (et actuel vice-président du parti) Julien Aubert. Quelques jours après l’assassinat de Samuel Paty du 16 octobre 2021, Jean-Michel Blanquer, alors ministre de l’éducation, dénonce le 22 octobre au micro d’Europe 1 une « #complicité_intellectuelle du #terrorisme » derrière laquelle est désigné « l’islamo-gauchisme » qui « fait des #ravages à l’université » et favorise « une #idéologie qui, de près ou de loin, mène évidemment au pire ». Revenant sur l’assassinat de #Samuel_Paty, il soutient que « ce n’est pas un assassin seul, c’est un assassin qui est conditionné par d’autres gens, en quelque sorte les auteurs intellectuels de cet assassinat ». Des accusations qu’il réitérera le même jour devant le Sénat.

    Dans la foulée de ces déclarations, les députés Les Républicains Julien Aubert et #Damien_Abad réclament l’ouverture d’une #mission_d’information_parlementaire sur « les #dérives_idéologiques dans les milieux universitaires », dénonçant l’emprise « des courants islamo-gauchistes puissants dans l’enseignement supérieur » et la « #cancel_culture ». Une offensive réactionnaire annoncée dans un communiqué de presse le 25 novembre, et de nouveau par Julien Aubert sur le plateau de Cnews le lendemain, avant de publier deux tweets qui feront l’objet du procès face à Christelle Rabier. Après avoir déclaré dans un premier tweet titré « #Dérives_idéologiques dans les universités » qu’ « il y a deux mouvements, la #CancelCulture et l’#Islamogauchisme, qui nient le débat contradictoire et plaident pour une ostracisation de ceux qui ne pensent pas comme eux », le député en publie un second quelques heures plus tard ciblant explicitement dans un photomontage sept enseignants-chercheurs, dont l’enseignante de l’#EHESS :

    C’est à la suite de ces accusations que Christelle Rabier et son avocat décident, le 13 février 2021, de porter plainte contre Julien Aubert pour injure publique. L’ancien président de l’EHESS, #Christophe_Prochasson, avait alors refusé de lui accorder la #protection_fonctionnelle, refusant de fait de soutenir la chercheuse attaquée dans le cadre de ses recherches universitaires par un député réactionnaire. Après avoir déposé un recours en annulation contre cette décision auprès du #tribunal_administratif, l’enseignante finit par obtenir une prise en charge des frais d’avocat par son administration le 9 décembre 2022. Le rôle de la présidence de l’EHESS dans la traque à l’ « islamo-gauchisme » et à la répression des voix dissidentes s’est depuis affermie avec le successeur de Prochasson, #Romain_Huret, qui a sévèrement réprimé la mobilisation étudiante en soutien à la Palestine. Le 15 novembre 2023, le #tribunal_correctionnel rejette l’accusation de Christelle Rabier et innocente le député LR. L’audience d’appel avait lieu aujourd’hui, à la #Cour_d’appel de Paris. Le délibéré sera rendu le 8 janvier prochain.

    Ce procès pour « injure publique » reflète plus largement l’intensification sur les trois dernières années de la #chasse_aux_sorcières orchestrée par les gouvernements successifs. Après la demande d’une #mission_parlementaire par les deux députés LR, #Frédérique:Vidal mandatait en février 2021 le CNRS pour mener une « étude » sur l’ « islamo-gauchisme » dans les universités. En janvier 2022 se tenait à la Sorbonne le colloque « « Après la déconstruction : reconstruire les sciences et la culture » salué par des figures telles que Blanquer, Zemmour ou Ciotti, qui visait à faire un état des lieux de la pensée « #woke » et « décoloniale » dans les universités et à y restaurer un #ordre_moral_réactionnaire. La liste de ces initiatives est longue. La récente nomination par le nouveau gouvernement de #Patrick_Hetzel à la tête du ministère de l’ESR vient couronner cette #traque aux opposants politiques en promettant de renforcer la #répression et la #criminalisation de toute contestation de l’État radicalisé. La récente tribune de Hetzel laisse présager que les procès pour « islamo-gauchisme » fleuriront dans les prochains mois.

    Face à ces #intimidations et aux tentatives de #musèlement des #voix_dissidentes qui se multiplient, dans un contexte où le gouvernement prépare des offensives austéritaires d’ampleur, nous avons besoin de construire une riposte des organisations étudiantes, syndicales et politiques. Contre la criminalisation et la répression de l’État, de sa police et de sa justice, nous affirmons notre solidarité à Christelle Rabier et réitérons notre soutien inconditionnel à toutes celles et ceux qui se mobilisent contre l’ensemble des politiques réactionnaires et austéritaires du gouvernement, pour une société libérée des oppressions et de l’exploitation.

    https://www.revolutionpermanente.fr/Accusee-d-islamo-gauchisme-une-chercheuse-en-proces-contre-le-v
    #justice #France #ESR #enseignement_supérieur #université

    –-

    ajouté à la #métaliste de la saga autour du terme l’#islamo-gauchisme... mais aussi du #woke et du #wokisme, #cancel_culture, etc.
    https://seenthis.net/messages/943271

  • Proposition de résolution, n° 2528 - 16e législature - Assemblée nationale
    https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/16/textes/l16b2528_proposition-resolution
    Enregistré à la Présidence de l’Assemblée nationale le 24 avril 2024.

    PROPOSITION DE RÉSOLUTION

    tendant à la création d’une commission d’enquête relative à l’entrisme idéologique et aux dérives islamo-gauchistes dans l’enseignement supérieur,

    (Renvoyée à la commission des affaires culturelles et de l’éducation, à défaut de constitution d’une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)

    présentée par

    Mme Michèle #TABAROT, M. Patrick #HETZEL,

    députés.

    – 1 –

    EXPOSÉ DES MOTIFS

    Mesdames, Messieurs,

    Le 12 mars 2024, une étudiante membre de l’Union des étudiants juifs de France a été bloquée, en raison de ses convictions, à l’entrée d’un amphithéâtre occupé par près de 300 militants à l’appel du Comité Palestine de Sciences Po Paris.

    À Sciences Po Menton, où l’association « Sciences Palestine » a salué les « résistants palestiniens » après les attaques du 7 octobre, les étudiants de confession juive décrivent un climat « hostile » et sont « ostracisés ».

    Ces faits graves, qui s’inscrivent dans un contexte d’actes antisémites d’une ampleur inédite pour notre époque, sont de nouveaux signaux d’alarmes inquiétants sur l’entrisme idéologique à l’œuvre dans cette grande institution qui est pourtant décrite comme la fabrique des futures élites intellectuelles et dont les dérives récentes sont inquiétantes.

    Elles sont en effet l’expression visible d’une évolution particulièrement préoccupante en cours dans un certain nombre d’établissements d’enseignement supérieur du fait d’une minorité agissante islamo-gauchiste qui se situe à la convergence entre le militantisme révolutionnaire d’extrême-gauche et l’islamisme.

    Dictature idéologique qui masque ses visées politiques et ses assignations sociales derrière le décolonialisme, l’indigénisme et la culture importée du wokisme, elle se traduit par le déni de la liberté d’expression des opinions contraires, un repli identitaire ou communautaire accru, une violence envers ceux qui pensent différemment, un rejet des lois de la République, un antisionisme assumé et un climat d’antisémitisme.

    Pourtant, « Le service public de l’enseignement supérieur est laïque et indépendant de toute emprise politique, économique, religieuse ou idéologique ; il tend à l’objectivité du savoir ; il respecte la diversité des opinions. Il doit garantir à l’enseignement et à la recherche leurs possibilités de libre développement scientifique, créateur et critique. »

    C’est en ces termes que l’article L.141-6 du code de l’éducation expose les règles qui s’imposent à l’enseignement supérieur.

    Mais depuis de nombreuses années, universités et grandes écoles sont la cible de tentatives régulières de prises en mains et de remises en cause des valeurs de notre République.

    L’idéologie islamo-gauchiste est de plus en plus décomplexée. Elle est désormais clairement observable et nous mesurons chaque jour un peu plus son emprise dans les milieux universitaires mais aussi les associations et la vie étudiantes.

    Nombreuses sont les œuvres censurées, les conférences empêchées, les étudiants agressés pour leurs convictions religieuses ou politiques, les enseignants mis en cause parce qu’ils refusent de se plier aux oukases de ces censeurs d’un genre nouveau qui, en permettant l’alliance du politique et de la religion, se font les serviteurs d’organisations qui sont mues par une volonté de domination culturelle, idéologique et religieuse.

    Les attaques terroristes barbares du 7 octobre 2023 et la guerre d’Israël contre le Hamas en sont de puissants révélateurs.

    Quelques jours auparavant, le 5 octobre, une conférence à l’université de Lyon 2 accueillait une représentante du Front populaire de libération de la Palestine, organisation marxiste, classée terroriste.

    Après les attaques, la secrétaire générale de la Fédération syndicale étudiante a appelé sur les réseaux sociaux à « être solidaire de la lutte armée du peuple palestinien ».

    Le collectif « Le Poing Levé » rattaché à l’organisation trotskiste « Révolution permanente », majoritaire à l’université Paris 8, fait cause commune avec le Hamas critiquant l’impérialisme français « fidèle alliée d’Israël » et soutenant la révolution palestinienne.

    À l’école des hautes études en sciences sociales, la section « Solidaires » a apporté un « soutien indéfectible à la lutte du peuple palestinien dans toutes ses modalités et formes de lutte, y compris la lutte armée ».

    Loin d’être exhaustive, cette énumération confirme la réalité d’un phénomène qui s’aggrave dans l’enseignement supérieur avec un islamo-gauchisme colporté par des associations bénéficiant pour certaines de subventions publiques et de facilités pour se réunir ou pour organiser des conférences au sein des universités.

    Trop longtemps volontairement ignorée, ou minorée sous couvert de la liberté académique ou de la liberté d’opinion, cette dérive a été régulièrement dénoncée ces dernières années mais pour autant rien n’a été fait pour y mettre un terme.

    Pourtant, en février 2021, la ministre en charge de l’enseignement supérieur dénonçant un phénomène qui « gangrène la société dans son ensemble » auquel « l’Université n’est pas imperméable » avait annoncé une enquête du CNRS pour « distinguer ce qui relève de la recherche académique et ce qui relève du militantisme et de l’opinion ». Cette enquête n’aurait finalement jamais été commandée.

    Confrontés à ce risque majeur pour la formation intellectuelle de notre jeunesse et sa diffusion dans notre société toute entière, l’impuissance politique n’est pas acceptable et le renoncement n’est pas une option.

    Aussi, la présente proposition de résolution vise à la création d’une commission d’enquête sur l’entrisme idéologique et les dérives islamo-gauchistes dans l’enseignement supérieur qui, dans une approche globale et dans le strict respect de la séparation des pouvoirs, aura notamment pour mission de dresser un état des lieux précis de ce phénomène à l’université et dans les grandes écoles, de mieux en comprendre les mécanismes et les finalités mais aussi de formuler des propositions pour garantir la primauté de nos grands principes et des lois de la République dans l’enseignement supérieur français.

    #wokisme #islamo-gauchisme

    • bis répétita, cette fois par une pléthore de députés RN
      https://www.assemblee-nationale.fr/dyn/17/textes/l17b0315_proposition-resolution#

      PROPOSITION DE RÉSOLUTION

      tendant à la création d’une commission d’enquête relative à l’infiltration des idéologies contraires aux valeurs de la République dans l’enseignement supérieur,

      (Renvoyée à la commission des affaires culturelles et de l’éducation, à défaut de constitution d’une commission spéciale dans les délais prévus par les articles 30 et 31 du Règlement.)

      présentée par

      M. Lionel TIVOLI, Mme Bénédicte AUZANOT, M. Romain BAUBRY, M. Théo BERNHARDT, M. Anthony BOULOGNE, Mme Manon BOUQUIN, Mme Christelle D’INTORNI, Mme Sandra DELANNOY, M. Auguste EVRARD, Mme Alexandra MASSON, M. Bryan MASSON, M. Joseph RIVIÈRE, M. Thierry TESSON, M. Romain TONUSSI, M. Frédéric-Pierre VOS, M. Bruno BILDE, M. Gaëtan DUSSAUSAYE, M. Frédéric FALCON, M. Emmanuel FOUQUART, Mme Stéphanie GALZY, M. José GONZALEZ, M. Julien GUIBERT, M. Stéphane RAMBAUD, Mme Angélique RANC, M. Matthias RENAULT, Mme Sophie-Laurence ROY, M. Emmanuel TACHÉ DE LA PAGERIE, M. Alexandre ALLEGRET-PILOT, M. José BEAURAIN, M. Alexandre DUFOSSET, M. Emmanuel BLAIRY, M. Frédéric BOCCALETTI, M. Marc CHAVENT, Mme Nathalie DA CONCEICAO CARVALHO, M. Frank GILETTI, Mme Marine HAMELET, M. Pascal JENFT, Mme Laure LAVALETTE, M. Pierre MEURIN, M. Kévin PFEFFER, M. Julien RANCOULE, M. Franck ALLISIO, M. Philippe BALLARD, M. Guillaume BIGOT, Mme Sophie BLANC, M. Roger CHUDEAU, M. Bruno CLAVET, Mme Sandrine DOGOR-SUCH, M. Jordan GUITTON, M. Sébastien HUMBERT, M. Robert LE BOURGEOIS, Mme Gisèle LELOUIS, Mme Katiana LEVAVASSEUR, M. Julien LIMONGI, M. René LIORET, Mme Marie-France LORHO, M. Philippe LOTTIAUX, Mme Claire MARAIS-BEUIL, Mme Yaël MÉNACHÉ, M. Serge MULLER, Mme Lisette POLLET, Mme Laurence ROBERT-DEHAULT, M. Michaël TAVERNE, M. Antoine VILLEDIEU, M. Frédéric WEBER, M. Jorys BOVET, M. Jérôme BUISSON, M. Sébastien CHENU, Mme Géraldine GRANGIER, Mme Tiffany JONCOUR, M. Kévin MAUVIEUX, M. Nicolas MEIZONNET, M. Julien ODOUL, Mme Catherine RIMBERT, M. Emeric SALMON, M. Aurélien DUTREMBLE, M. Jonathan GERY, Mme Hanane MANSOURI, M. Arnaud SANVERT,

      députés.

      – 1 –

      EXPOSÉ DES MOTIFS

      Mesdames, Messieurs,

      L’enseignement supérieur français est aujourd’hui confronté à un mal croissant, résultant de la prolifération de plusieurs idéologies dites « intersectionnelles » dans les établissements d’enseignement.

      Les campus universitaires, participant autrefois au rayonnement de la France, sont depuis plusieurs années gangrénés par des courants de pensée, parfois violents, censurant quiconque ne partagerait pas leurs opinions. Ils développent également une haine, parfois absolue, de notre pays et de ses institutions.

      Ces idéologies, venues des États‑Unis, qualifiées de « wokistes », se veulent prétendument « éveillées », « déconstruites », « antiracistes » et « anti‑discriminations ». Pourtant, ces idées issues de la « French Theory » – dénommée ainsi car développée sur les campus américains à partir d’idées souvent issues d’intellectuels français – ne sont que le boomerang de la déconnexion, de l’inaction ou même de la complaisance de certains dirigeants universitaires face aux actions menées par ces courants de pensées.

      La violence est de retour sur les campus universitaires après plusieurs années de disparition. Les prétendues associations antiracistes n’hésitent en aucun cas à utiliser ce champ d’action pour imposer leurs opinions et nuire à la majorité silencieuse. Les violences sur les campus touchent aussi bien les professeurs que le personnel administratif et les étudiants. Elles peuvent être physiques, morales ou psychologiques. En mai 2023, une inscription sur les murs de l’Université de Grenoble « mort à Yvenn, mort à Samuel » deux étudiants de l’association de droite UNI, faisait polémique. Dans cette même ville, quelques mois seulement après l’assassinat de Samuel Paty, les noms de deux professeurs étaient placardés à l’entrée de leur établissement. La raison, avoir réfuté le terme d’ « islamophobie ». L’un des professeurs menacés de mort a été sanctionné par la direction de l’établissement et n’y a plus enseigné. Les auteurs des faits, se revendiquant du syndicat Union nationale des étudiants de France (UNEF), ont quant à eux été acquittés et ont pu poursuivre leurs études.

      Les complaisances et l’inaction des directions d’établissements ou des présidences d’universités à l’égard des groupuscules d’extrême gauche sont légion. Dans plusieurs établissements d’enseignement supérieur, les présidents d’université et les directeurs d’établissement se couchent face à des minorités d’individus, qui bloquent, censurent et agressent. À Science Po Paris, la direction de l’établissement a cédé au blocage du campus en annonçant la fin des procédures disciplinaires à l’encontre de certains étudiants. Durant les blocages survenus à l’occasion de la réforme des retraites, plusieurs campus ont été dégradés. En tout, ce sont près de 6 millions d’euros de dégâts enregistrés, sans que cette facture ne soit répercutée par les universités sur les responsables des dégradations, pourtant facilement identifiables.

      Certains campus universitaires sont devenus des lieux pré‑insurrectionnels, souvent bloqués, occupés pendant des jours, des semaines voire plus. À l’Université Bordeaux Montaigne, le co‑fondateur du groupe terroriste Action Directe, condamné à la perpétuité pour tentative d’assassinat et apologie du terrorisme fut accueilli en grande pompe dans les amphithéâtres de l’Université par le syndicat étudiant Le Poing Levé, sans aucune réaction de la Présidence.

      En parallèle d’une minorité qui impose ses discours, la censure s’installe. De nombreuses conférences d’universitaires, journalistes ou politiques sont annulées sous pressions des groupes d’extrême gauche.

      Annulation d’une conférence de M. François Hollande à l’Université de Lille ;

      Annulation de la pièce de théâtre Les Suppliantes d’Eschyle à Sorbonne Université, où les comédiens ont été empêchés de rentrer dans l’amphithéâtre par des activistes et des étudiants, à l’initiative du Conseil représentatif des associations noires de France (Cran) ;

      Annulation de l’intervention d’une philosophe opposée à la Gestation Pour Autrui à l’Université Bordeaux Montaigne ;

      Annulation de la conférence du président de Génération Z à l’Université Côte d’Azur ;

      Annulation d’une conférence en présence d’un essayiste à l’Université de Nantes ;

      Pourtant, violence et censure ne sont, hélas, pas les seuls maux. Depuis plusieurs années, les universités sont des lieux de compromission où la laïcité est menacée. À l’Université Côte d’Azur, en 2021, un examen était décalé par un professeur pour « s’accommoder de la rupture du jeûne du ramadan ». Cette même institution récidive en 2024, avec l’annulation d’un examen, par un professeur, la veille de sa date uniquement pour les élèves musulmans afin de « célébrer l’aïd à la maison ».

      Dans plusieurs universités, les salles de classe sont parfois transformées en des lieux de prière. Les accointances entre milieux d’extrême gauche et revendications prosélytes sont à leur paroxysme depuis les récents évènements de Science Po Paris, où des actions et slogans à caractère antisémite ont été scandés : « from the river to the sea », « résistance palestienne » pour qualifier le Hamas ou encore l’utilisation du symbole « mains rouges ».

      En 2021, la ministre de l’Enseignement supérieur demandait au centre national de la recherche scientifique (CNRS) d’enquêter sur islamo-gauchisme à l’Université. Le CNRS réfutant le terme, ce coup de communication ne donna rien et l’accointance des établissements supérieurs avec l’islamisme s’est accrue. En parallèle, une anthropologue, chercheuse au CNRS, révéla dans une étude sur l’entrisme islamiste dans nos institutions et a mis en garde contre « la volonté des fréristes d’islamiser l’Occident ».

      Pour avoir osé s’en prendre à l’islam politique, cette dernière, en plus d’être attaquée par les réseaux intégristes islamistes, fut largement critiquée par son directeur de recherche de l’époque, ainsi que par une partie du milieu universitaire français.

      Cet islamo‑gauchisme que certains ne veulent pas voir ou ne veulent pas nommer est pourtant l’élément fondamental du développement de l’antisémitisme dans les campus universitaires.

      Une étudiante sortie d’amphithéâtre car juive, des fichages organisés par certaines associations à l’encontre d’étudiants et de professeurs sur la base de leur supposée appartenance politique. Des manifestations sauvages organisées en brandissant des drapeaux de la Palestine, des slogans de soutien au groupe terroriste Hamas et hostiles à l’État hébreu. Tout soutien à l’État d’Israël est aujourd’hui proscrit pour la sécurité des étudiants dans certains campus. Ces exemples, survenus à Science Po et ailleurs, traduisent la poussée des actes antisémites depuis le 7 octobre. Ils sont les conséquences de la passivité et de la lâcheté d’une classe dirigeante à l’égard de l’entrisme islamiste soutenu par les associations « wokes » et d’extrême gauche.

      Par la création d’un discours victimaire, censé défendre les opprimés, les mouvements wokes et islamo‑gauchistes, aux relents antisémites, se veulent aujourd’hui intouchables dans nos établissements d’enseignement supérieur. Les gouvernements et les directeurs d’établissements, parfois complices, sont aux abonnés absents et la récupération politique du conflit international dans la bande de Gaza fait ressurgir aux yeux du monde entier le mal qui ronge nos campus.

      Une commission d’enquête parlementaire menée par le parti républicain aux États‑Unis a mis en lumière la complaisance et l’inaction des élites universitaires. Elle a également contribué à la démission de plusieurs présidents d’universités prestigieuses, dont la présidente de l’Université de Harvard. Lors de la précédente législature, une proposition de résolution tendant à la création d’une commission d’enquête relative au respect des valeurs de la République et du pluralisme dans l’enseignement supérieur devant être débattue à l’Assemblée nationale n’a jamais pu voir le jour en raison de la précoce dissolution.

      Sur ce même modèle, cette proposition de résolution prévoit donc de demander la création d’une commission d’enquête parlementaire.

      Tel est l’objet de cette proposition de résolution.

      #RN #Barnier #Hetzel même combat

    • Cosa si intende per “woke”

      La parola finita in prima pagina su Repubblica indicava un atteggiamento consapevole delle ingiustizie sociali, ma oggi ha una connotazione spesso dispregiativa e sarcastica.

      Nell’ampio dibattito che ha interessato i paesi anglosassoni negli ultimi anni sulle rivendicazioni delle cosiddette minoranze, che si parli di orientamento sessuale o identità di genere, di origini etniche o di disabilità, sono emerse diverse nuove parole che hanno poi cominciato ad affiorare nelle discussioni anche in Italia, prima nelle nicchie e poi in modo sempre più trasversale. Giovedì per esempio Repubblica ha pubblicato in prima pagina un editoriale del giornalista statunitense Bret Stephens, che era uscito pochi giorni prima sul New York Times, dal titolo “Perché l’ideologia woke fallirà”.

      L’articolo dà per inteso il significato di woke, una parola che in realtà non si è mai davvero affermata nel dibattito italiano, nel quale solitamente si fa ricorso ad altre espressioni che rientrano più meno nello stesso campo semantico, come “politicamente corretto” oppure “cancel culture”. Peraltro, negli stessi Stati Uniti l’aggettivo woke e il sostantivo wokeness sono parole sempre meno usate, se non con una chiara connotazione dispregiativa: a complicare ulteriormente la spiegazione non solo del suo significato, ma anche degli sviluppi nelle sue accezioni e usi.

      “Woke” non è davvero traducibile in italiano – vuol dire qualcosa come “consapevole” – ma indica, o almeno indicava originariamente, l’atteggiamento di chi presta attenzione alle ingiustizie sociali, legate principalmente a questioni di genere e di etnia, e non ne rimane indifferente, solidarizzando ed eventualmente impegnandosi per aiutare chi le subisce.

      Nel Novecento l’espressione “woke” esisteva già ed era usata soprattutto tra gli afroamericani, sia con l’accezione di “stare all’erta” rispetto a un pericolo, sia con quella più generica di essere a conoscenza di qualcosa.

      La sua diffusione col significato attuale però risale allo scorso decennio, quando fu usata nell’ambito delle proteste di Black Lives Matter per esprimere il concetto a cui è stata poi associata negli ultimi anni: cioè la consapevolezza su una serie di questioni e problemi legati al razzismo e al sessismo sistemico – nel senso di radicati nelle istituzioni e nelle dinamiche sociali – della società americana (e per estensione di quelle occidentali).

      Un termine quindi con un’accezione positiva, per chi lo usava riferendosi a un obiettivo e un’ambizione: si definivano woke per esempio le persone – perlopiù della cosiddetta generazione dei “millennial”, cioè i nati tra gli anni Ottanta e l’inizio dei Novanta – che facevano attivismo in piazza e sui social network, che partecipavano alle proteste antirazziste o alle marce per i diritti delle donne, che sensibilizzavano sull’importanza di utilizzare un linguaggio rispettoso e inclusivo per riferirsi alle minoranze.

      Man mano che la diffusione della parola è uscita dalle proteste di Black Lives Matter, ha iniziato a essere usata in altri modi.

      Con l’aumentare del coinvolgimento dei giovani americani nelle battaglie per i diritti, woke è diventata un’espressione riferita spesso a persone che sono considerate “alleate” delle minoranze ma che appartengono a categorie identitarie ritenute in una posizione di maggiore potere. Per esempio perché bianche, di sesso maschile, eterosessuali, cisgender (cioè che si riconoscono nel genere associato al sesso di nascita) o ricche, tutte caratteristiche che nell’ambito dei discorsi su questi temi vengono associate spesso al concetto di “privilegio”, inteso come vantaggio nella società contemporanea occidentale.

      Più recentemente, però, woke è diventata sempre meno una parola rivendicata dalle persone che teoricamente dovrebbe descrivere, e sempre più usata invece dai loro critici e dai conservatori americani per indicare quella che considerano una pericolosa tendenza della sinistra, dei progressisti e più in generale dei Democratici. Con woke, cioè, la destra americana intende solitamente quello che identifica come un atteggiamento di dogmatismo intollerante e censorio, applicato nei confronti delle parole e delle idee che vanno contro le più moderne sensibilità sulle questioni delle minoranze e dei diritti civili.

      Woke quindi è diventato un termine perlopiù negativo, usato con l’intento di ridicolizzare e attaccare i movimenti giovanili progressisti, associandoli alle loro espressioni più intransigenti e aggressive, presenti principalmente sui social network.

      Per esempio le campagne portate avanti in diversi campus universitari americani per allontanare professori accusati – spesso pretestuosamente o ingiustamente – di aver usato parole offensive, oppure quelle che chiedono il licenziamento di personaggi pubblici di vario tipo per via di dichiarazioni considerate controverse, o che mobilitano grandi e bellicose masse di account contro qualcuno che abbia detto una cosa considerata disdicevole rispetto alle suddette sensibilità.

      Queste dinamiche, che sono oggetto di riflessioni e studi anche preoccupati, soprattutto in ambito accademico, fanno più precisamente riferimento al fenomeno della “cancel culture”, e sono legate secondo molti non tanto all’impostazione ideologica woke quanto alle modalità con cui le piattaforme dei social network hanno reso il confronto tra idee diverse spesso violento, intollerante e polarizzato.

      Questi aspetti non sono soltanto discussi e criticati dai conservatori, tutt’altro: è in corso un vivace dibattito anche tra progressisti e persone di sinistra sui problemi che derivano da questo tipo di approccio al confronto politico e alla ricerca accademica. Anche tra opinionisti liberal, la parola woke viene talvolta usata per riferirsi genericamente a questo atteggiamento ritenuto in contrasto con i valori di tolleranza e dialogo a cui si ispira storicamente la sinistra.

      Ma insieme all’intenzione offensiva, negli Stati Uniti i principali utilizzatori del termine woke oggi se ne servono anche spesso come strumento di propaganda e polemica, evocando con un termine efficace un pericolo disegnato come universale e prevalente, “un’ideologia” estremista che governerebbe il pensiero progressista. È una minaccia che sfrutta la particolare e minacciosa visibilità degli atteggiamenti e dei toni aggressivi e perentori usati nelle polemiche virali sui social network, e ha permesso in più occasioni di mobilitare il complesso di persecuzione e la reazione di parte dell’elettorato conservatore (una pratica di comunicazione simile è quella, familiare anche in Italia, attivata dai predicatori contro “la teoria gender”).

      Nel suo editoriale tradotto da Repubblica, Stephens usa la parola woke in senso evidentemente dispregiativo. È un autore conservatore, i cui interventi sul New York Times sono stati spesso contestati, e tra le altre cose è noto per le sue posizioni scettiche riguardo alle responsabilità dell’uomo nella crisi climatica. Nel suo editoriale, dice in sostanza che quella che chiama “ideologia woke” non avrà successo in quanto movimento che «distrugge, divide gli americani, rifiuta e sostituisce i valori fondanti della nostra nazione», e che agisce «in modo prescrittivo, non per un vero dibattito o una vera riforma ma per indottrinamento e sradicamento».

      Stephens se la prende in particolare con la “critical race theory”, una teoria accademica che interpreta la storia, la cultura e le strutture politiche statunitense indagandone il ruolo nel razzismo sistemico della società. Da tema di nicchia, recentemente la “critical race theory” è diventata effettivamente un punto importante della campagna elettorale per il governatore dello stato della Virginia. I Repubblicani l’hanno usata come spauracchio, distorcendola e ingigantendola e insistendo sulle intenzioni dei Democratici di introdurla nelle scuole. Secondo alcuni analisti, questo aspetto della campagna elettorale ha effettivamente avuto un ruolo nell’esito delle elezioni, vinte dai Repubblicani, per quanto ci siano opinioni discordanti su quanto sia stato effettivamente determinante.

      All’editoriale di Stephens ha risposto il giorno dopo Charles Blow, editorialista del New York Times di orientamento liberal, che ha scritto che «la wokeness è stata descritta nei modi più iperbolici immaginabili, da ideologia a religione a culto» e per questo è stata abbandonata dai giovani che la usavano, ed è oggi prerogativa principalmente di chi vuole ridicolizzarla sottolineandone certi aspetti contraddittori, difficilmente comprensibili, elitari.

      In ogni caso, perlomeno quando non aveva ancora una connotazione così politicizzata, anche l’ex presidente degli Stati Uniti Barack Obama aveva criticato alcuni aspetti dell’atteggiamento di chi «si sente sempre politicamente woke», e ha «quest’idea di purezza, che non si debba mai scendere a compromessi». Aveva invitato i giovani a superare questo approccio:

      «Il mondo è incasinato, ci sono ambiguità, le persone che fanno cose molto buone hanno dei difetti, le persone contro cui combattete possono amare i loro figli e avere cose in comune con voi. Penso che un pericolo che vedo nei giovani e in particolare nei campus, accelerato dai social media, è l’idea che il cambiamento passi attraverso l’essere il più giudicante possibile verso le altre persone, e che questo basti.

      Se twitto o uso un hashtag su come hai fatto qualcosa di sbagliato, o hai usato la parola sbagliata, allora posso sedermi e sentirmi molto bene con me stesso perché avete visto quanto sono woke? Ti ho sgridato. Non è attivismo. (…) Se tutto quello che fai è lanciare pietre, probabilmente non vai molto lontano. È facile fare così.

      https://www.ilpost.it/2021/11/12/woke-significato

  • L’inquiétant projet du Musée des Beaux-Arts de Valenciennes Didier Rykner - La tribune de l’art

    Le bâtiment (ill. 1), en effet, est en travaux pour rénovation. Que celui-ci soit en mauvais état et ait besoin d’une restauration, notamment les verrières (ill. 2), ne nous semble ni discutable, ni critiquable.

    Pour cette raison, nous ne nous étions pas inquiété davantage de ce chantier. Mais manifestement, à en croire le projet, celui-ci va bien au-delà d’une réfection du bâtiment : il consiste à changer radicalement le musée pour le transformer en autre chose, dont l’objectif n’est plus de présenter au mieux ses collections, mais de créer un « musée carrefour », « un musée vivant » « qui se (re)tourne vers la vivacité de l’art en train de se faire » (sic), un « musée pluriel » , et enfin un « musée ouvert » (car chacun sait qu’avant sa fermeture, le musée de Valenciennes était déjà un musée fermé…).

    Bref : toute la vacuité du discours contemporain autour des musées promet d’entrer à Valenciennes par la grande porte (ou plutôt par la porte arrière, puisque l’entrée se fera désormais par l’autre côté de l’édifice) comme un examen plus attentif de ce projet « scientifique et culturel » , qui n’a pas grand chose de scientifique ni de culturel, peut le démontrer.

    Tout d’abord, le « Musée des Beaux-Arts » ne s’appellera plus ainsi. « Quand les hommes ne peuvent changer les choses, ils changent les mots » disait Jaurès. Désormais, on change les mots, mais c’est pour mieux ensuite changer les choses. Quel gros mot en effet que « beaux-arts », n’est-ce pas, pour un musée ! On comprend peut-être mieux pourquoi l’entrée sera à l’arrière : car si à l’avant (ill. 1) est écrit sur le fronton « Musée des Beaux-Arts » (quelle horreur !), cette précision est absente de l’autre côté (ill. 3) !


    Le « Salon Carpeaux » en 2011 Photo : Didier Rykner

    Ce musée, qui ne sera plus désormais « des Beaux-Arts » ne pourra pas non plus être résumé à un « lieu de conservation » . Car c’est aussi un « lieu de vie » (c’était déjà un musée vivant, mais il n’y a jamais assez de vie dans un musée), un « lieu de rencontres », un « lieu d’échanges et de loisirs » . Le musée devra donc être rebaptisé d’un nouveau nom « qui portera ces idées de musée-lieu de vie, musée engagé, ouvert à tous et au monde, aux collections plurielles et vivantes » . Nous risquons d’être rapidement à court de « sic » .

    Ensuite, pour parler au grand public, pas question de vouloir l’instruire pour qu’il trouve plaisir à venir au musée. Certainement pas. Ce qu’il faut, c’est « répondre à des attentes, des envies, des besoins » . Et ces « attentes » , ces « envies » , ces « besoins » , ce n’est manifestement pas de voir des œuvres dans les meilleures conditions possibles ! Au diable le musée, il va falloir s’adapter et devenir un « endroit sonore et festif plutôt que silencieux et solennel » . Il faut que « le désir de repos, de confort [soit] considéré comme aussi essentiel et légitime que la soif d’apprendre et le plaisir de contemplation ».
    . . . . .
    La suite : https://www.latribunedelart.com/l-inquietant-projet-du-musee-des-beaux-arts-de-valenciennes

    #valenciennes #Musée #beaux-Arts #écriture_inclusive de l’#Art #culture #peinture #wokisme #woke #Carpeaux

  • Qu’est-ce que la « wokeness » ?
    https://lundi.am/Qu-est-ce-que-la-wokeness
    https://lundi.am/local/cache-gd2/38/facbce2b097f3275639506d0b1ed51.png?1707150565

    Les Lumières, on le suppose souvent, sont le mouvement de la critique, et plus précisément, non pas comme une critique particulière mais plutôt comme une critique universelle ; de sorte qu’il y aurait une première distinction à faire ici, une distinction entre la critique comme universelle ou particulière. Cette distinction est celle du Qu’est-ce que les Lumières de Kant, où la critique particulière (la désobéissance à l’autorité) est rejetée au profit de la critique universelle ou publique, qui est discursive et académique. Mais si la wokeness est un champ éthique partagé, cela implique que cette critique est à la fois universelle et particulière. En tant que telle, cette première distinction entre critique universelle et particulière ne conduit, en fait, qu’à une aporie.

    Si cette distinction entre particularisme et universalisme ne permet pas de penser la wokeness, alors une autre distinction doit prévaloir ici, car la distinction même entre particulier et universel s’avère non-woke. Le cœur du problème ne peut pas résider dans l’opposition entre le particularisme et l’universalisme. La distinction, au contraire, pourrait bien être celle entre universalisme et universalité.

    Par universalisme, il faut entendre l’installation du conditionné dans une position inconditionnée. C’était de l’universalisme quand Thalès brandissait une coupe d’eau, c’est-à- dire une chose conditionnée, appartenant à la série des conditions, et s’écriait tout est eau ; c’était, dans ce cas, l’universalisme de l’eau. C’est cela l’universalisme : il prend une chose et l’installe dans une position inconditionnelle, la position de ce qui n’est pas une chose. Les identités de l’humanisme, du racisme ou du nationalisme appartiennent toutes à l’opération de l’universalisme. Si je prends une identité particulière et que je l’installe dans une position inconditionnée, j’obtiens l’universalisme.

    Mais qu’en est-il de l’universalité ? Et si, au lieu d’installer une identité particulière dans une position inconditionnée, je n’installais rien ? Au lieu d’installer une nouvelle identité en tant qu’universalisme supplémentaire, je n’installerais rien du tout. La différence, alors, non pas comme telle ou telle différence, ni comme la différence entre deux choses, ni comme le pas- dans ’A et pas-A’, mais plutôt la différence comme antérieure à l’identité et à la multiplicité (Parménide 139d-e), la différence au-delà de l’Être, serait l’universalité. La différence n’est pas installée comme universelle ; au contraire, lorsque rien n’est installé, c’est la différence, la différence en tant que telle, la différence inconditionnée, qui est l’universalité.

    #wokisme (comme on dit par chez nous) #Wokeness #Lumières

  • http://anarlivres.free.fr/pages/nouveau.html#envrac
    En vrac sur le Web
    Du neuf aux Archives autonomies ; Ciao, Ciao, Ciao… les voleurs ; les libertaires contre le pouvoir psychiatrique ; l’entrisme sémantique du wokisme ; qui a peur de la critique anti-industrielle ? ; une condamnation du viol à géométrie variable… voilà les sujets abordé en février sur Anarlivres.

    #anarchisme #libertaire #anarlivres #wokisme #archives

  • Caricatural, ultra-politisé : le grand n’importe quoi du nouveau #musée_d'Histoire de #Lyon

    Nous avons visité la nouvelle #exposition_permanente du #musée niché dans le vieux Lyon : un parcours déroutant, regorgeant de lacunes, défendant une vision de l’#histoire_engagée et surtout trompeuse.

    Le jour de notre visite, un dossier de presse le martèle, en #écriture_inclusive : le nouveau parcours du musée d’Histoire de Lyon, qui achevait samedi 2 décembre une réorganisation commencée en 2019, a été « co-construit », aussi bien avec des « expert.es » que des témoins et… « témouines », citoyens anonymes de Lyon. Une des conceptrices du musée le détaille : « On est allé en ville, on a posé des questions aux passants, à des jeunes qui faisaient du skate pour leur demander leur récit de la ville ». Un postulat de départ qui fait sourire autant qu’il inquiète et augure du sentiment qu’on éprouvera pendant toute la visite.

    Celle-ci tient par-dessus tout à s’éloigner de la si décriée approche chronologique. Une première salle « questionne » donc la ville, exposant pêle-mêle des objets touristiques ou sportifs récents (maillot de foot), sans enseignement apparent. Il faudra s’y faire : l’histoire n’est pas vraiment au centre du musée d’histoire. La fondation de la ville est évoquée au détour d’un panneau sur lequel un Lyonnais de l’Antiquité exhibe sa… Rolex. Une farce assumée par le musée, dont les guides nous préviennent que les anachronismes fleuriront tout au long des salles. On se mettrait à rire si le musée n’était pas destiné aux enfants aussi bien qu’aux adultes, avec la confusion que ces erreurs assumées entraîneront chez les premiers.
    L’homme blanc quasi absent de... l’industrie lyonnaise

    Les salles, justement, sont magnifiques dans cet hôtel de Gadagne, bâti au XVIe siècle. Mais l’architecture des lieux ne semble pas devoir nous intéresser : un tout petit cartel pour présenter une cheminée monumentale, puis plus rien. Les objets historiques sont rares et s’effacent au profit de montages photographiques et de récits (tous en écriture inclusive bien sûr) de quatre personnages fictifs censés raconter la ville : trois femmes nées à différents siècles, et Saïd, ouvrier devenu bénévole associatif. À l’étage suivant, une pirogue-vivier datée de 1540 trône quand même, dans une ambiance bleutée : c’est la partie consacrée au Rhône et à la Saône. Quelques (beaux) tableaux figurant des scènes de vie des deux fleuves sont exposés... à quelques centimètres du sol : cette seconde partie est dédiée aux enfants de cinq ans et l’on apprend que deux groupes de maternelle ont été consultés pour la concevoir. Des jeux ont été élaborés avec eux, « sans mauvaise réponse pour ne pas être moralisateurs » et parce que le musée est un avant tout un lieu d’amusement. Nous commençons à le croire.

    La suite de l’exposition permanente, qui aborde le sujet de l’industrie lyonnaise, prend toutefois un tour nettement plus désagréable, voire odieux. Voyons bien ce que nous voyons : une absence quasi totale de référence aux ouvriers masculins et blancs. Un métier à tisser inanimé constitue la seule preuve tangible de l’existence des canuts et une salopette vide accrochée au mur figure le prolétariat du XXe siècle. Une véritable provocation car les ouvrières sont elles bien mises en avant, et surtout les travailleurs immigrés. Le directeur, Xavier de La Selle, avait prévenu : « Le concept de Lyonnais de souche n’a aucun sens. » Un visiteur manquant de recul sortira de cette pièce convaincu que la ville n’a été construite que par le travail de femmes et de maghrébins. Le prisme social de l’histoire aurait pu présenter ici un réel intérêt : il est manipulé pour servir une vision politique qu’on ne peut qualifier autrement que de délirante.

    Et nous ne sommes pas au bout de ce délire : la dernière partie, celle qui vient d’être révélée au public, porte sur les « engagements » des Lyonnais. On entre ici dans un bric-à-brac stupéfiant, synthèse gauchiste assumée faisant de l’histoire politique de Lyon une sorte de grande convergence des luttes. Sur les murs et dans les vitrines, des nuages de mots à peu près tous synonymes de rébellion, des pancartes féministes, un haut-parleur, et même un objet sordide : un fait-tout utilisé par une avorteuse locale, célèbre semble-t-il, qui y stérilisait ses ustensiles médicaux mais y cuisait aussi ses pâtes. Le père Delorme, prêtre connu pour avoir organisé en 1983 une grande marche contre le racisme, est abondamment glorifié. Rappelons qu’en matière de religion, le musée ne nous a toujours pas expliqué pourquoi et quand fut construite la basilique de Fourvière ! L’autre référence au catholicisme dans la ville est celle du Sac de Lyon par les calvinistes, une œuvre de bois peint de 1565 décrivant des scènes de pillage, un bûcher d’objets liturgiques, des moines chassés. Son intérêt historique est toutefois anéanti par le commentaire de notre guide, qui n’y voit « pas du tout une scène violente ».

    Désacralisation du savoir

    À ce stade, le musée d’Histoire de Lyon réussit son pari : il n’est plus qu’un divertissement. On aborde une salle qui couvre à rebours la crise algérienne, la Seconde Guerre mondiale et enfin la Révolution. Cette dernière ne fait l’objet que d’un panneau succinct. Le musée est-il ennuyé de devoir évoquer plus en détail les tendances contre-révolutionnaires de Lyon ? À propos de Joseph Chalier, qui avait mis en place une dictature sanguinaire dans la ville avant d’être renversé par le peuple en 1793, un commentaire : « Certains l’ont considéré comme un martyr de la liberté. » L’homme avait commandé la première guillotine à Lyon et préconisait de l’installer sur le pont Morand afin que « les têtes tombent directement dans le Rhône »... Le principal historien consulté sur cette époque, Paul Chopelin, est entre autres fonctions président de la Société des études robespierristes. Enfin, une galerie des grandes figures de l’histoire lyonnaise conclut ce drôle de parcours. Miracle : il s’y trouve presque autant de femmes que d’hommes. Quitte à ce que la première conseillère municipale féminine y tienne la même place qu’Édouard Herriot, maire pendant près d’un demi-siècle. Pas de portrait de Raymond Barre en revanche, mais une lettre anonyme fièrement disposée, le qualifiant de « peu regretté [maire], qui de toute sa carrière s’est bien peu occupé du sort de ceux que son système économique met de côté ».

    Tirons un bilan positif : il n’est pas donné à tout amateur d’histoire d’expérimenter une telle distorsion, une telle désacralisation du savoir. Aux inventions « pédagogiques » en vogue, pour certaines réussies mais souvent inutiles, le musée d’histoire de Lyon ajoute un militantisme qui laisse pantois, et ignore des pans entiers de l’histoire lyonnaise, ne faisant qu’effleurer le reste. L’équipe du musée est certes enthousiaste, convaincue de bien faire, mais s’est méprise sur la notion d’engagement. Plus qu’une déception, pour une structure qui emploie 50 personnes (et exploite aussi un musée de la marionnette et de guignol, peut-être moins amusant) avec un budget annuel d’environ 3 millions d’euros. Son projet scientifique et culturel, validé par l’État, bénéficie du plein soutien de l’actuelle mairie : le maire Grégory Doucet (EELV) se dit ainsi « admiratif du travail colossal » des équipes du musée d’une ville « profondément humaine, tissée par les lumières du monde ». Un tissu, oui, mais pas vraiment de lumière.

    https://www.lefigaro.fr/histoire/mensonger-ultra-politise-le-grand-n-importe-quoi-du-nouveau-musee-d-histoir

    Mots-clé tirés de l’article et de la vidéo :
    #wokisme #woke #révolution_culturelle_woke #intersectionnalité #affaire_de_Grenoble #militantisme #militants_extrémistes #ségrégationnisme #séparatisme #pride_radicale #non-mixité #genre #panique_morale #anti-wokisme #universalisme #universités #culture #films #imaginaire #civilisation_occidentale #industrie_lyonnaise #woke-washing #engagement #père_Delorme #1983 #Marche_pour_l'égalité_et_contre_le_racisme #planning_familial #catholicisme #racisme_systémique #Sac_de_Lyon #divertissement #Joseph_Chalier #histoire #Paul_Chopelin #militantisme

    Les invité·es :

    1. #Nora_Bussigny, autrice de ce #livre :
    Les Nouveaux Inquisiteurs


    https://www.albin-michel.fr/les-nouveaux-inquisiteurs-9782226476951

    2. #Pierre_Valentin, auteur de ce livre :
    L’#idéologie_woke. Anatomie du wokisme


    https://www.fondapol.org/etude/lideologie-woke-1-anatomie-du-wokisme

    3. #Samuel_Fitoussi :
    https://www.wikiberal.org/wiki/Samuel_Fitoussi
    (et je découvre au même temps « wikilibéral »)
    –-> qui parle notamment du film #Barbie (min 18’30)

    https://www.fondapol.org/etude/lideologie-woke-1-anatomie-du-wokisme

  • Pour CNews et BFMTV, les “woke” et l’extrême gauche soutiennent le Hamas
    https://www.telerama.fr/television/pour-cnews-et-bfmtv-les-woke-et-l-extreme-gauche-soutiennent-le-hamas-70179

    Le journaliste cite un expert incontesté : « Alain Finkielkraut fait ce lien en disant que l’antisémitisme serait presque comme le stade suprême du wokisme. » Le nazisme est l’horizon indépassable du #wokisme. Pour mémoire, je rappelle que Hitler a exterminé les juifs afin de lutter contre les discriminations de classe, de genre, de race.

    […]

    Pour préserver ma #santé_mentale (1), je me réfugie sur BFMTV. « Bonsoir, vous regardez C’est pas tous les jours dimanche, votre grand rendez-vous d’actualité et de débat, salue Benjamin Duhamel. L’invité de la semaine, c’est le président du RN, Jordan Bardella. » Ouf, ça va changer des zemmouriens de Bolloré TV. « Nous lui demanderons si la France est à la hauteur face à la recrudescence des actes antisémites. » Logique, le RN possède une légitimité historique pour parler de l’#antisémitisme. « Nous l’interrogerons également sur la loi immigration. » Logique, le RN est pionnier en matière de politique d’accueil des immigrés. « Et puis, à 19 heures, vous retrouverez “Le duel du dimanche”, l’ancien ministre LR Jean-François Copé sera face au maire de Béziers Robert Ménard. » Qui, lui, n’a pas d’étiquette. Son temps de parole n’est donc pas décompté de celui de l’#extrême_droite, c’est très pratique. D’ailleurs, Robert Ménard est pour la deuxième fois d’affilée invité du « Duel du dimanche ». BFMTV a-t-elle l’intention de lui offrir ce créneau ? Je vous rassure : ça n’empêche pas LCI de conserver au maire « divers droite » sa carte blanche tous les mercredis chez Pujadas.

  • ★ Les libertaires ont-ils perdu la bataille des idées ? - GLJD Le Libertaire

    (...) Si l’on prend le terme anglo-américain woke (« éveillé ») et qui désigne le fait d’être conscient des problèmes liés à la justice sociale et à l’égalité raciale, les anarchistes peuvent être considérés comme partisans du wokisme.
    Cela fait longtemps que les libertaires sont conscients des injustices subies par les minorités ethniques, sexuelles, religieuses, ou de toutes formes de discrimination. Cela recoupe souvent l’exploitation capitaliste. Prenons l’exemple des catholiques irlandais en Ulster, ces derniers ne trouvaient du travail qu’après les protestants dans les années 1970. Dire aujourd’hui que les musulmans sont discriminés, ce n’est un scoop pour personne. Lucy Parson connaissait parfaitement les discriminations raciales. Emma Goldman parla dans ses meetings de l’homosexualité…
    (...) Dire que l’on ne peut pas écrire sur l’Islam car c’est la religion des opprimés, c’est un non-sens pour un anarchiste car toute religion opprime. La religion est liberticide ; elle opprime les hommes, les femmes, les enfants, les animaux. Elle opprime souvent bien plus les femmes ; c’est un constat intemporel. Et les islamistes ainsi que leurs séides, idiots utiles ou pas, peuvent toujours nous traiter d’islamophobes, cela ne changera pas notre conception de la liberté. Et Dieu et l’Etat de Bakounine est un ouvrage qui restera d’actualité tant que les Etats et les religions existeront. Et nous souhaitons à l’Islam et aux autres religions, le sort de l’église catholique qui périclite d’année en année (...)
    Grâce au wokisme, il existe maintenant un véritable clivage dans le féminisme. S’il y a toujours consensus contre le patriarcat, les viols, les féminicides, le harcèlement… ça se déchire sur le port du voile par exemple, les Trans…. Parallèlement à aucun moment le wokisme analyse la domination des femmes aux postes de pouvoir. Elles y exercent aussi tyranniquement que les hommes. De mémoire, Margaret Thatcher en Grande-Bretagne. Aujourd’hui, c’est la Méloni en Italie et peut-être demain Marine Le Pen en France. Elles font aussi bien le travail que les hommes pour ce que le capital exige (...)

    #Anarchisme #émancipation...
    🛑 #wokisme #discrimination #oppression #injustice #capitalisme #extrêmedroite #étatisme #pouvoir #luttedesclasses #féminisme #patriarcat #femmes #marchandisation #profits #GPA #homophobie #validisme... ...

    ⏩ Lire l’article complet...
    ▶️ https://le-libertaire.net/7807-2
    368633824_711184131048304_2884932473196600320_n.jpg (512×871)

  • On sait mieux où va la France - Jean-François Bayart, Le Temps
    https://www.letemps.ch/opinions/on-sait-mieux-ou-va-la-france

    Reprenons les faits. La France brûle. Pour un homme qui se faisait fort de l’apaiser et clignait de l’œil à la #banlieue lors de sa première campagne électorale, le constat est amer. Il vient après le mouvement des Gilets jaunes et une succession de mouvements sociaux de grande intensité. Tout cela était prévisible et fut prévu, comme était attendu l’embrasement des #quartiers_populaires, tant était connue la colère sociale qui y couvait. Tellement redouté, même, qu’Emmanuel Macron, Elisabeth Borne et Gérald Darmanin ont immédiatement compris la gravité et le caractère inacceptable de l’#exécution_extra-judiciaire de Nahel – le mot est fort, j’en conviens, mais de quoi s’agit-il d’autre au vu de la vidéo ?
    Les paroles d’apaisement furent vaines. Car la mort de Nahel, loin d’être une simple bavure, était programmée. Elle est la conséquence mécanique de la démission du pouvoir politique, depuis trente ans, sous la pression corporatiste de la #police qui n’a cessé de s’affranchir des règles de l’Etat de droit bien que lui ait été concédée, de gouvernement en gouvernement, une kyrielle de lois liberticides, jamais suffisantes, sous couvert de lutte contre le terrorisme, l’immigration et la délinquance. Jusqu’à la réécriture de l’article 435-1 du Code de la sécurité intérieure, en 2017, qui assouplit les conditions d’emploi des armes à feu par les forces de l’ordre. Annoncé, le résultat ne se fit pas attendre. Le nombre des tués par la police a doublé depuis 2020 par rapport aux années 2010. Le plus souvent pour « refus d’obtempérer à un ordre d’arrêt » :5 fois plus de tirs mortels dans ces circonstances. Nahel est mort de cette modification du Code de la sécurité intérieure.
    Et l’avocat du policier meurtrier de justifier son client : Nahel n’obtempérait pas et il n’y avait pas d’autre moyen de l’arrêter que de tirer. A-t-on besoin d’un avocat pour entendre une insanité pareille alors qu’il suffit de tirer dans les roues ? On se croirait à Moscou ou Minsk, où des hommes politiques promettent à Prigojine une « balle dans la tête ». Aux yeux de certains, le refus d’obtempérer semble désormais passible de la peine de mort. Une grammaire s’installe, qui brutalise les rapports sociaux, et dont on voudrait faire porter la responsabilité à l’« ultragauche », aux « éco-terroristes », à La France insoumise, alors qu’elle émane d’abord de certains médias et des pouvoirs publics, sous influence de l’extrême droite.

    Nils Wilcke @paul_denton
    https://twitter.com/paul_denton/status/1675117088661286915

    Macron n’a pas activé l’état d’urgence suite aux violences après la mort de Nahel : « En réalité, l’exécutif a à sa disposition un tel arsenal de lois répressif depuis 2015 qu’il n’est presque plus nécessaire d’y avoir recours », observe un conseiller. Vu comme ça... #Off

    #Nahel #racisme #révolte #émeutes #média #extrême_droite

    • Le texte complet:

      Où va la France ? demandai-je le 8 mai, dans Le Temps. Aujourd’hui, on le sait mieux. Vers l’#explosion_sociale, vers son inévitable #répression_policière puisque la fermeture des canaux démocratiques contraint la #protestation à la #violence_émeutière, et vers l’instauration d’un régime paresseusement qualifié d’« illibéral » (c’est le sociologue du politique qui écrit, peu convaincu par cette notion valise qui pourtant fait florès).

      Reprenons les faits. La France brûle. Pour un homme qui se faisait fort de l’apaiser et clignait de l’œil à la #banlieue lors de sa première campagne électorale, le constat est amer. Il vient après le mouvement des Gilets jaunes et une succession de mouvements sociaux de grande intensité. Tout cela était prévisible et fut prévu, comme était attendu l’#embrasement des #quartiers_populaires, tant était connue la #colère_sociale qui y couvait. Tellement redouté, même, qu’Emmanuel Macron, Elisabeth Borne et Gérald Darmanin ont immédiatement compris la gravité et le caractère inacceptable de l’#exécution_extra-judiciaire de #Nahel – le mot est fort, j’en conviens, mais de quoi s’agit-il d’autre au vu de la vidéo ?

      Les paroles d’#apaisement furent vaines. Car la mort de Nahel, loin d’être une simple #bavure, était programmée. Elle est la conséquence mécanique de la #démission du #pouvoir_politique, depuis trente ans, sous la pression corporatiste de la #police qui n’a cessé de s’affranchir des règles de l’#Etat_de_droit bien que lui ait été concédée, de gouvernement en gouvernement, une kyrielle de lois liberticides, jamais suffisantes, sous couvert de lutte contre le #terrorisme, l’#immigration et la #délinquance. Jusqu’à la réécriture de l’article #435-1 du #Code_de_la_sécurité_intérieure, en 2017, qui assouplit les conditions d’emploi des #armes_à_feu par les #forces_de_l’ordre. Annoncé, le résultat ne se fit pas attendre. Le nombre des tués par la police a doublé depuis 2020 par rapport aux années 2010. Le plus souvent pour « refus d’obtempérer à un ordre d’arrêt » :5 fois plus de tirs mortels dans ces circonstances. Nahel est mort de cette modification du Code de la sécurité intérieure.

      Et l’avocat du policier meurtrier de justifier son client : Nahel n’obtempérait pas et il n’y avait pas d’autre moyen de l’arrêter que de tirer. A-t-on besoin d’un avocat pour entendre une insanité pareille alors qu’il suffit de tirer dans les roues ? On se croirait à Moscou ou Minsk, où des hommes politiques promettent à Prigojine une « balle dans la tête ». Aux yeux de certains, le #refus_d’obtempérer semble désormais passible de la #peine_de_mort. Une grammaire s’installe, qui brutalise les #rapports_sociaux, et dont on voudrait faire porter la #responsabilité à l’« #ultragauche », aux « #éco-terroristes », à La France insoumise, alors qu’elle émane d’abord de certains médias et des pouvoirs publics, sous influence de l’extrême droite.

      Une #violence_policière qui est aussi le prix du retrait de l’Etat

      Comme l’ont démontré depuis des années nombre de chercheurs,la violence policière est devenue la règle dans les « quartiers », et le refus des autorités politiques de prononcer ce vilain mot aggrave le #sentiment_d’injustice. Mais la vérité oblige à dire que ladite violence policière est aussi le prix du retrait de l’Etat qui a asphyxié financièrement le tissu associatif de proximité et démantelé les #services_publics en confiant à ses flics une mission impossible : celle de maintenir la #paix_sociale dans un Etat d’#injustice_sociale, prompt à l’#injure_publique à l’encontre de la « #racaille ». Tout cela sur fond de dénonciation hystérique du « #wokisme » et de vociférations sur les chaînes d’information continue des syndicats de police, dont les membres sont de plus en plus nombreux à porter sur leur uniforme la #Thin_Blue_Line prisée de l’extrême droite suprémaciste américaine.

      Bien sûr, l’Etat ne peut laisser sans réagir la banlieue s’embraser. L’ « #ordre_républicain » est en marche, avec son lot d’#arrestations, de #blessés, peut-être au prix de l’#état_d’urgence ou d’un #couvre-feu national, « quoi qu’il en coûte », à un an des #Jeux_Olympiques. Le #piège s’est refermé. Quel « #Grand_débat_national » (ou banlieusard) le magicien Macron va-t-il sortir de son chapeau pendant que les chats de Marine Le Pen se pourlèchent les babines ?

      Certains lecteurs de ma tribune « Où va la France ? » se sont offusqués de la comparaison que j’établissais entre Macron et Orban, voire Poutine ou Erdogan. C’était mal me comprendre. Il ne s’agissait pas d’une question de personnes, bien que les qualités ou les faiblesses d’un homme puissent avoir leur importance. Il s’agit d’une logique de situation, qui me faisait écrire que la France « bascule ». Or, depuis la parution de cette tribune, les signes d’un tel basculement se sont accumulés. Que l’on en juge, en vrac.

      Pour reconquérir l’opinion le président de la République, fébrile, sans jamais se départir de sa condescendance à l’égard de « Jojo » – c’est ainsi qu’il nomme dans l’intimité le Français moyen – ce « Gaulois réfractaire » : « Mon peuple », disait-il en 2017, en monarque frustré – sillonne le pays, court-circuite le gouvernement et multiplie les effets d’annonce, au point que Le Monde titre : « Emmanuel Macron, ministre de tout ». On pourrait ajouter : « et maire de Marseille ».

      #Anticor mis à l’index, dissolution des #Soulèvements_de_la_Terre

      La justice refuse à l’association Anticor (lire « anticorruption »), à l’origine de la plainte qui a conduit à la mise en examen du secrétaire général de l’Elysée, le renouvellement de son « agrément », lequel lui permet de se porter partie civile devant les tribunaux. Cela sent un peu les eaux troubles du Danube, non ?

      Le mouvement des Soulèvements de la Terre a été dissous sous la pression de la #FNSEA, le grand syndicat de l’agro-industrie dont les militants ou les responsables multiplient les menaces et les violences contre les écologistes, en toute impunité, quitte à faire oublier que dans l’histoire il a à son actif nombre d’assauts contre des préfectures. Le décret de dissolution justifie notamment la mesure par le fait que les militants des Soulèvements de la Terre lisent l’essai d’Andreas Malm Comment saboter un pipeline et mettent en mode avion leur téléphone portable quand ils vont manifester. Olivier Véran, le porte-parole du gouvernement, va jusqu’à les accuser d’intentions homicides à l’encontre des forces de l’ordre, contre toute évidence. Orwell n’est pas loin.

      #Vincent_Bolloré, le grand argentier de la révolution conservatrice en France, fait nommer un journaliste d’extrême droite, un ami d’#Eric_Zemmour, comme rédacteur en chef du Journal du Dimanche,l’un des principaux hebdomadaires du pays. Le piquant de la chose est que ledit journaliste s’était fait congédier par un autre hebdomadaire, d’extrême droite celui-ci, Valeurs actuelles, qui lui reprochait sa radicalité.

      #Laurent_Wauquiez, président de la méga région Auvergne-Rhône-Alpes, prive de subvention un théâtre dont le directeur avait osé critiquer sa politique.

      La Commission nationale de contrôle des techniques de renseignement s’alarme de la hausse des requêtes des services secrets en matière de surveillance du militantisme politique et social.

      #Richard_Ferrand, ancien président de l’Assemblée nationale, l’un des plus proches conseillers d’Emmanuel Macron, lâche un ballon d’essai sur la possibilité d’une révision constitutionnelle qui autoriserait à celui-ci un troisième mandat, pendant que d’autres préparent une candidature de Jean Castex-Medvedev. Sommes-nous à Dakar ou à Moscou ?

      Tout cela en deux petits mois. Oui, la France bascule. Nul doute que l’explosion sociale dans les banlieues accélérera le mouvement. Mais peut-être faut-il rappeler la définition du « #point_de_bascule » que donnent les experts du GIEC : le « degré de changement des propriétés d’un système au-delà duquel le système en question se réorganise, souvent de façon abrupte, et ne retrouve pas son état initial même si les facteurs du changement sont éliminés ».

      Le #climat_politique en France en est bien là, et Macron, qui dans son #immaturité se voulait « maître des horloges » et se piquait de séduire la banlieue par diaspora africaine interposée, n’est que le fondé de pouvoir d’une situation qui échappe à son entendement, mais qu’il a contribué à créer. Comme, par ailleurs, les droites de gouvernement, à l’échelle européenne, de l’Italie à la Suède et à la Finlande, se compromettent de plus en plus avec l’extrême droite, la comparaison que certains m’ont reprochée est hélas politiquement pertinente, et même nécessaire.

      #basculement

    • même à BFM, on s’interroge sur les racines du problème

      mais soyons en certains, "Il n’y a pas de racisme dans la police", Nunez, préfet de Paris.

      l’avocat du flic assassin de Nahel, n’est pas sur la même longues d’onde :_"J’ai un client qui a eu des idées suicidaires parce qu’on parle de son métier. Il est triste parce qu’on parle en mal de son métier. lui il est persuadé de faire le bien. Et son ministre lui a enfoncé la tête Je lui dis ’Changez-de travail’. Il me dit ’Mais je veux être policier ! Je veux interpeller des gens ! Je veux pouvoir les étrangler quand ils luttent !’. Évidemment qu’il y a du racisme dans la police. Et d’ailleurs être raciste c’est autorisé par la loi, ce qui est interdit c’est les manifestations d’opinions racistes", Laurent-Franck Lienard

  • Une loi pour s’opposer à la réécriture des oeuvres littéraires
    https://actualitte.com/article/111655/droit-justice/une-loi-pour-s-opposer-a-la-reecriture-des-oeuvres-litteraires

    Député français de la 3e circonscription de Seine-et-Marne, Jean-Louis Thiériot souhaite « protéger l’intégrité des œuvres [littéraires] des réécritures idéologiques », en rendant le droit de repentir et le droit de retrait intransmissibles aux ayants droit de son auteur ou de son autrice.

    Sa proposition de loi, enregistrée ce 10 mai à l’Assemblée nationale, amenderait ainsi le Code de la propriété intellectuelle et modifierait les prérogatives liées au droit moral.
    Modifier et corriger

    La proposition de loi du député s’inscrit dans une actualité brûlante, celle de la réécriture des œuvres, observée à plusieurs reprises outre-Manche ces derniers mois.

    Le premier corpus corrigé fut celui de Roald Dahl, à l’occasion de rééditions de plusieurs ouvrages parues en 2022 chez l’éditeur historique britannique, Puffin. Des termes « liés au poids, à la santé mentale, à la violence, au genre et à l’ethnie ont été supprimés et reformulés » dans les textes des nouvelles éditions.

    En quelques semaines, les cas se sont multipliés : les livres de Ian Fleming mettant en scène James Bond, puis des enquêtes rédigées par Agatha Christie ont été débarrassées de références à l’ethnie ou d’insultes, ou encore de commentaires racistes et sexistes. Dans le cas des livres de Christie, la réécriture remonte à 2020, tout de même.

    Citant ces cas, le député Les Républicains en attribue la cause à « la pression du mouvement “wokiste” et de la “cancel culture” », une interprétation assez hâtive et conforme à la dernière panique morale en vogue. En effet, pour Dahl, mais aussi Fleming ou Christie, les modifications ont été décidées par les ayants droit de ces auteurs, à des fins commerciales. L’objectif étant de garantir un succès durable pour ces publications jusqu’à leur entrée dans le domaine public.

    Plutôt que la manifestation d’un mouvement « wokiste », il s’agit bien d’une manœuvre financière, peut-être même quasi publicitaire, au vu des multiples retombées médiatiques qui accompagnent ces réécritures.

    #Droit_auteur #Wokisme #Edition

  • Le brasseur Anheuser-Busch perd 5 milliards en bourse après un partenariat avec une femme trans Raphaël Dubois - RTS

    Aux Etats-Unis, la bière Bud Light du brasseur américain Anheuser-Busch s’est associée à l’influenceuse transgenre Dylan Mulvaney. Mais son pari de miser sur l’inclusivité a raté : la marque a perdu 5 milliards de dollars en bourse suite à un boycott massif.

    “La violence de sa chute en bourse est effarante, c’est du jamais vu", s’est étonnée l’historienne et chercheuse à l’Université d’Oslo Audrey Millet, qui a décrypté cet échec marketing sur Forum.

    La marque avait conclut un partenariat avec Dylan Mulvaney, une femme transgenre qui documente sa transition de genre sur les réseaux sociaux auprès de millions d’abonnés. L’objectif des publicitaires était de revigorer la marque en se montrant plus inclusive.

    Résultat : sa maison mère, Anheuser-Busch, qui commercialise aussi la célèbre Budweiser aux Etats-Unis, a perdu 5 milliards de dollars en bourse, car la marque a subit un boycott massif par une partie des consommateurs.

    Pas le bon public-cible
    "Cette bière a déjà une histoire. Elle est peu chère, consommée par beaucoup de conservateurs, et elle est notamment la bière qui a été copiée dans l’émission des Simpson”, rappelle l’historienne. Selon elle, la marque a mal estimé qui est le public-cible auquel elle s’adresse.

    "D’autres marques ont subi de lourdes critiques, mais pas à ce point", ajoute Audrey Millet. Après un "bad buzz" comme celui-là, elle estime que "Bud Light risque simplement de changer de publicité, sans personne transgenre, car elle a compris qui est son public."

    Pour l’historienne, la marque aurait franchit une ligne rouge. Même si l’on observe une évolution des moeurs au sujet des revendications sociales, et que l’on voit de plus en plus de femmes trans dans la publicité, par exemple, la visibilisation des personnes transgenres reste très difficile, explique-t-elle.

    La masculinité toxique selon Gillette
    Ce n’est pas la première fois qu’une marque subit d’importants revers en tentant une telle stratégie. "Il y a déjà eu Gillette, la marque de rasoir, fondée en 1901 avec son slogan ’le meilleur qu’un homme puisse obtenir’ [dans le monde anglophone, ndlr] . En 2019, le marketing de Gillette change sa stratégie, après MeToo, et le slogan devient ’le meilleur qu’un homme puisse être’" rappelle Audrey Millet

    A cette occasion, la marque avait alors diffusé un clip dans lequel on voyait principalement des hommes en train de tenir des discours genrés et faire des activité caricaturalement masculines, comme s’occuper d’un barbecue, puis le clip posait la question : "Est-ce vraiment le meilleur qu’un homme puisse être ?"

    "La pub insistait sur la problème de la masculinité toxique", précise l’historienne. "Ce fut un tollé et la marque a essuyé beaucoup plus de ’dislike’ que l’inverse. Tout comme Bud Light, Gillette n’a pas choisi le bon public auquel s’adresser."

    * Polarisation autour du "wokisme"
    "Il y a une tendance aux Etats-Unis qui consiste en une véritable confrontation entre "woke" et "anti-woke". Des marques refusent ouvertement d’être woke, d’inclure plus de personnes noires, plus de femmes" rapporte Audrey Millet. Pour elle, ces marques s’adressent à un public plutôt conservateur.

    "Le combat sur le wokisme est dévoyé depuis plusieurs années. Il y une lutte entre woke et anti-woke, entre conservateurs et progressistes". Elle rappelle que "woke" veut dire "être éveillé", à savoir reconnaître les inégalités sociales et les atteintes à la démocratie, ce qui lui semble être "assez positif".

    Source : https://www.rts.ch/info/monde/13944244-le-brasseur-anheuserbusch-perd-5-milliards-en-bourse-apres-un-partenari

    #marketing à la con #bière #influenceuses #bêtise #boycott #usa #transgenrisme #transgenres #queer #woke #wokisme #bad_buzz #transgenre

  • Le lissage des rééditions de l’auteur pour enfants Roald Dahl crée l’indignation

    Les nouvelles éditions des livres de l’auteur britannique pour enfants Roald Dahl vont être modifiées pour supprimer le vocabulaire risquant d’être considéré comme offensant, un lissage de l’oeuvre originale qui suscite indignation et consternation.

    Les références au poids, à la santé mentale, à la violence, ou aux questions raciales ou de genre ont été expurgées et réécrites, selon le quotidien conservateur Daily Telegraph.
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    Ainsi, le terme « gros » n’est plus employé pour décrire Augustis Gloop de Charlie et la Chocolaterie. Les « hommes-nuages » de James et la Pêche géante deviennent le « peuple nuage ».

    Tous les changements sont « réduits et soigneusement réfléchis », a assuré un porte-parole de la Roald Dahl Story company.

    « Roald Dahl n’était pas un ange », a réagi sur Twitter l’écrivain britannique Salman Rushdie, icône de la liberté d’expression victime d’une violente agression il y a six mois, « mais c’est de la censure absurde ».

    La patronne de PEN America Suzanne Nossel, organisation rassemblant 7000 écrivains pour la liberté d’expression, a jugé que « l’édition sélective pour faire que les mots de la littérature se conforment à des sensibilités particulières pourrait représenter une arme nouvelle dangereuse ».

    Le passage en revue a été lancé en 2020 avant le rachat en 2021 par Netflix du catalogue de l’auteur pour enfants.

    La rédactrice en chef adjointe du journal conservateur Sunday Times , Laura Hackett, a déclaré qu’elle garderait ses éditions originales de Roald Dahl, afin que ses enfants puissent « les apprécier dans toute leur gloire méchante et colorée ».

    Le premier ministre britannique, Rishi Sunak, estime que les mots doivent être « préservés » plutôt que « retouchés », a indiqué son porte-parole lundi lors d’un point de presse régulier.

    « Si Dahl nous offense, ne le réimprimons pas », a quant à lui estimé l’écrivain Philip Pullman lundi sur la BBC, soulignant que des millions de ses livres orignaux resteraient en circulation pendant de nombreuses années quels que soient les changements effectués dans de nouvelles éditions.

    « Lors de nouveaux tirages de livres écrits il y a des années, il n’est pas inhabituel de passer en revue le langage utilisé et de mettre à jour d’autres éléments comme la couverture et la mise en page », a affirmé le porte-parole de la Roald Dahl Company, soulignant la volonté de conserver histoire, personnages, et « l’irrévérence et l’esprit affûté du texte original ».

    La Roald Dahl company a par ailleurs indiqué avoir travaillé avec Inclusive Minds, un collectif pour l’inclusion et l’accessibilité de la littérature pour enfants.

    L’auteur, incontournable dans les bibliothèques de nombreux enfants, est décédé en 1990 à l’âge de 74 ans.
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    Source & suite : https://www.ledevoir.com/culture/782421/le-lissage-des-reeditions-de-l-auteur-pour-enfants-roald-dahl-cree-l-indig

    #Roald_Dahl #cancel_culture #enfants #censure #woke #wokisme #livres #vocabulaire #Salman_Rushdie