• Rapport 2019 sur les #incidents_racistes recensés par les #centres_de_conseil

    La plupart des incidents racistes recensés par les centres de conseil en 2019 sont survenus dans l’#espace_public et sur le #lieu_de_travail, le plus souvent sous la forme d’#inégalités_de_traitement ou d’#insultes. Pour ce qui est des motifs de #discrimination, la #xénophobie vient en tête, suivie par le #racisme_anti-Noirs et l’#hostilité à l’égard des personnes musulmanes. Le rapport révèle aussi une augmentation des incidents relevant de l’#extrémisme_de_droite.

    La plupart des #discriminations signalées en 2019 se sont produites dans l’espace public (62 cas). Les incidents sur le lieu de travail arrivent en deuxième position (50 cas), en diminution par rapport à 2018. Les cas de #discrimination_raciale étaient aussi très fréquents dans le #voisinage, dans le domaine de la #formation et dans les contacts avec l’#administration et la #police.

    Pour ce qui est des motifs de discrimination, la xénophobie en général arrive en tête (145 cas), suivie par le racisme anti-Noirs (132 incidents) et l’hostilité à l’égard des personnes musulmanes (55 cas). Enfin, le rapport fait état d’une augmentation significative des cas relevant de l’extrémisme de droite (36 cas). À cet égard, il mentionne notamment l’exemple d’un centre de conseil confronté dans une commune à différents incidents extrémistes commis par des élèves : diffusion de symboles d’extrême droite, gestes comme le #salut_hitlérien et même #agressions_verbales et physiques d’un jeune Noir. Le centre de conseil est intervenu en prenant différentes mesures. Grâce à ce travail de sensibilisation, il a réussi à calmer la situation.

    En 2019, les centres de conseil ont également traité différents cas de #profilage_racial (23 cas). Ainsi, une femme a notamment dénoncé un incident survenu à l’#aéroport alors qu’elle revenait d’un voyage professionnel : à la suite d’un contrôle effectué par la #police_aéroportuaire et les #gardes-frontières, cette femme a été la seule passagère à être prise à part. Alors même que tous ses documents étaient en ordre et sans aucune explication supplémentaire, elle a été emmenée dans une pièce séparée où elle a subi un interrogatoire musclé. Sa valise a également été fouillée et elle a dû se déshabiller. Le rapport revient plus en détail sur cet exemple – parmi d’autres – en lien avec un entretien avec la coordinatrice du Centre d’écoute contre le racisme de Genève.

    Au total, le rapport 2019 dénombre 352 cas de discrimination raciale recensés dans toute la Suisse par les 22 centres de conseil membres du réseau. Cette publication n’a pas la prétention de recenser et d’analyser la totalité des cas de #discrimination_raciale. Elle vise plutôt à donner un aperçu des expériences vécues par les victimes de racisme et à mettre en lumière la qualité et la diversité du travail des centres de conseil. Ceux-ci fournissent en effet des informations générales et des conseils juridiques, offrent un soutien psychosocial aux victimes et apportent une précieuse contribution à la résolution des conflits.

    https://www.admin.ch/gov/fr/accueil/documentation/communiques.msg-id-78901.html

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    Pour télécharger le rapport :


    http://network-racism.ch/cms/upload/200421_Rassismusbericht_19_F.pdf

    #rapport #racisme #Suisse #statistiques #chiffres #2019
    #islamophobie #extrême_droite

    ping @cede

  • Le #Conseil_d’État rejette les #recours contre l’arrêté fixant les #frais_d’inscription dans l’enseignement supérieur

    Saisi pour se prononcer sur les frais d’inscription dans l’#enseignement_supérieur public, le Conseil d’État juge qu’ils ne s’opposent pas à « l’#exigence_constitutionnelle de #gratuité » qui vise à assurer l’égal accès à l’instruction. Il précise en outre que cette exigence ne s’applique que pour les formations préparant à des #diplômes_nationaux.

    Plusieurs associations, syndicats étudiants et requérants individuels ont demandé au Conseil d’État d’annuler l’arrêté interministériel du 19 avril 2019 qui fixe les droits d’inscription dans les établissements publics d’enseignement supérieur et prévoit pour les étudiants étrangers « en mobilité internationale » un montant différent de celui payé par les étudiants français, européens ou déjà résidents en France.

    Avant de se prononcer sur ce recours, le Conseil d’État a transmis une question prioritaire de constitutionnalité au #Conseil_constitutionnel.

    La Constitution exige la gratuité de l’#enseignement_supérieur_public, mais des #droits_d’inscription modiques peuvent être demandés

    Le 11 octobre 2019 , le Conseil constitutionnel a déduit une exigence constitutionnelle de gratuité de l’enseignement supérieur public du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, qui prévoit l’égal accès à l’instruction et l’organisation par l’État de l’enseignement public gratuit. Il a toutefois précisé que des droits d’inscription modiques pouvaient être perçus en tenant compte, le cas échéant, des capacités financières des étudiants. Enfin, le Conseil constitutionnel a laissé au Conseil d’État le soin de contrôler le #montant des frais d’inscription fixés par les ministres au regard de ces exigences.

    Le Conseil constitutionnel n’ayant, en revanche, pas précisé si cette exigence de gratuité pouvait bénéficier à tout étudiant étranger, y compris à ceux venus en France dans le seul but d’y faire leurs études, le Conseil d’État ne se prononce pas sur ce point dans sa décision de ce jour.

    Les frais d’inscription contestés ne font pas obstacle à l’#égal_accès_à_l’instruction, compte tenu notamment des aides et exonérations destinées aux étudiants

    Le Conseil d’État précise que l’exigence de gratuité s’applique à l’enseignement supérieur public pour les formations préparant aux diplômes nationaux (licence, master, doctorat…) mais pas aux diplômes propres délivrés par les établissements de façon autonome ni aux titres d’ingénieur diplômé délivrés par les écoles d’ingénieurs.

    Par ailleurs, il juge que le caractère #modique des droits d’inscription s’apprécie en tenant compte du coût des formations et de l’ensemble des dispositifs d’exonération et d’aides destinés aux étudiants, afin de garantir l’égal accès à l’instruction.

    S’agissant des étudiants « en mobilité internationale », le Conseil d’État estime que les droits d’inscription fixés par l’arrêté attaqué, qui peuvent représenter 30 % voire 40 % du coût de la formation, ne font pas obstacle à l’égal accès à l’instruction, compte tenu des exonérations et aides susceptibles de bénéficier à ces étudiants. Ces droits d’inscription respectent donc l’exigence rappelée par le Conseil constitutionnel, à supposer que ces étudiants puissent s’en prévaloir.

    Les #étudiants_étrangers « en #mobilité_internationale » ne sont pas dans la même situation que ceux destinés à s’établir en France

    Enfin, le Conseil d’État juge que des étudiants « en mobilité internationale », venus en France spécialement pour s’y former, ne sont pas dans la même situation que des étudiants ayant, quelle que soit leur origine géographique, vocation à être durablement établis sur le territoire national. Il valide donc la possibilité de prévoir pour ceux-ci des frais d’inscription différents.

    https://www.conseil-etat.fr/actualites/actualites/le-conseil-d-etat-rejette-les-recours-contre-l-arrete-fixant-les-frais-
    #taxes_universitaires #France #ESR #Bienvenue_en_France

    La décision :
    https://www.conseil-etat.fr/ressources/decisions-contentieuses/dernieres-decisions-importantes/conseil-d-etat-1er-juillet-2020-arrete-fixant-les-frais-d-inscription-d

    Métaliste sur la question de l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiants étrangers :
    https://seenthis.net/messages/739889

    • L’Université à bout de souffle

      Après la loi ORE en 2018, le décret « Bienvenue en France » et l’augmentation des frais d’inscription pour une partie des étudiants étrangers hors-UE en 2019, l’année universitaire qui vient de s’achever a vu une nouvelle réforme menacer les principes fondateurs de l’Université française. Le projet de loi LPPR, ou Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche, est un texte qui propose, en principe, une évolution du budget de la recherche jusqu’en 2030. Dans les faits, la LPPR s’accompagne également de plusieurs mesures vivement contestées par la communauté scientifique : des « CDI de mission » (contrats appelés à se terminer à la fin d’un projet de recherche), des tenures tracks (recrutement accru de professeurs assistants temporaires), ou encore le renforcement d’un système de financement de la recherche basé sur des appels à projets et des évaluations prospectives.

      Maître de conférence, chercheur en Études cinématographiques à l’Université Paris Sorbonne Nouvelle depuis 2006 et codirecteur du Master Cinéma et Audiovisuel depuis 2019, Antoine Gaudin est en première ligne face à cette nouvelle mesure qui menace le monde, déjà fragile, de l’enseignement supérieur et de la recherche. Nous avons voulu nous entretenir longuement avec lui pour faire le point sur les conséquences de la LPPR sur son travail, sur les dernières réformes du quinquennat Macron à l’encontre de l’Université, mais aussi sur les formes possibles de contestation.

      (...)

      À partir du moment où vous avez au pouvoir des gens qui nomment « Bienvenue en France » une mesure ouvertement xénophobe, une mesure qui multiplie par quinze (!) les frais d’inscription pour les étudiants étrangers hors Union Européenne, sans que cette hausse, délirante, ne soit assortie d’aucun avantage par rapport à leurs camarades étudiants français ou européens (ce qui constitue d’ailleurs un cas de discrimination de l’accès à un service public basée sur l’origine géographique), à partir du moment où vous avez au pouvoir des gens qui tordent le langage pour lui faire signifier tout simplement l’inverse ce qui est, vous n’êtes pas simplement face à la pratique de l’enrobage flatteur constituant le support traditionnel de la communication politique. À ce niveau-là, vous avez basculé dans un au-delà de la raison, que l’on appelle parfois post-vérité, que des responsables politiques de haut rang devraient s’interdire d’utiliser, et que des médias critiques et indépendants devraient dénoncer, étant donné le danger qu’il représente pour la démocratie.

      (...)

      Faisons ici un peu d’anticipation. La première évolution possible serait la diminution des effectifs étudiants, qui permettrait aux universités de fonctionner malgré la pénurie de personnels. On en a déjà un peu pris le chemin avec la loi ORE de 2018, aussi nommée Parcoursup, qui a instauré le principe de la sélection à l’entrée de l’Université. Avec la fin d’un accès de droit à l’Université pour tous les bacheliers, on laisse un certain nombre de jeunes gens sur le carreau, en les empêchant d’accéder à un niveau d’études dans lequel ils auraient pu éventuellement se révéler. L’autre solution, pour pouvoir continuer à accueillir l’essentiel d’une classe d’âge chaque année, ce serait l’augmentation du coût des études, c’est-à-dire des frais d’inscription, afin de permettre aux universités devenues « autonomes » d’opérer les recrutements indispensables à un fonctionnement à peu près normal. On sait d’ailleurs, grâce aux MacronLeaks, que c’est globalement cela, le projet à terme, et que la multiplication par quinze des frais d’inscription des étudiants étrangers n’est qu’une façon d’amener ce qui sera sans doute la prochaine grande réforme de l’Université, si jamais la LPPR passe, c’est-à-dire la même hausse des frais d’inscription pour l’ensemble des étudiants. La plupart devront donc souscrire des emprunts bancaires pour faire face au coût de leurs études, ce qui signifie qu’ils passeront plusieurs années, au début de leur vie professionnelle, à rembourser un crédit.

      Bref, l’enseignement supérieur va sans doute à terme se transformer complètement en marché, et les étudiants en entrepreneurs d’eux-mêmes, dans un univers concurrentiel qui les forcera à rationaliser leurs parcours (adieu l’idée de se réorienter, de chercher sa voie, de se cultiver avant tout), afin d’être immédiatement « employables » dans la grande machine économique, et donc de ne pas trop pâtir de leur dette à rembourser. L’idée de l’Université, non seulement comme espace d’apprentissage et d’insertion professionnelle, mais surtout comme espace pour former des citoyens conscients, critiques et émancipés, prendrait alors un nouveau plomb dans l’aile. Quand bien même ce très probable scénario-catastrophe serait finalement abandonné au profit d’une plus grande sélection à l’entrée des facs, ou bien au profit d’une dégradation continue des conditions d’accueil et d’accompagnement, la LPPR nous fait foncer tête baissée vers une nouvelle remise en cause de l’accès à tous à des études gratuites de qualité. Si j’étais étudiant, je m’en inquiéterais et je refuserais cette perspective qui, associée aux réformes des retraites et de l’assurance-chômage, notamment, prépare un avenir bien sombre, où l’autonomie vis-à-vis des mécanismes tout-puissants du marché sera fortement réduite. Ce monde que nos dirigeants politiques sont en train de mettre en place pour eux, il faut que les étudiants disent maintenant, nettement et massivement, s’ils l’acceptent ou le refusent. Après, ce sera trop tard, car hélas on ne revient quasiment jamais sur des réformes de régression sociale une fois qu’elles ont été adoptées.

      https://www.critikat.com/panorama/entretien/luniversite-a-bout-de-souffle

    • Le Conseil d’État permet au gouvernement de fermer l’université

      Ce mercredi 1er juillet, le Conseil d’État a rendu sa décision concernant les contestations portées contre l’arrêté du 19 avril 2019 relatif aux droits d’inscription dans les établissements publics d’enseignement supérieur relevant du ministère chargé de l’enseignement supérieur.

      Cette décision procède d’une véritable réécriture de la décision du Conseil constitutionnel du 11 octobre 2019 qui était venu consacrer, sur le fondement du treizième alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946, l’exigence constitutionnelle de gratuité de l’accès à l’enseignement supérieur public, avec la perception de droits d’inscription modiques en tenant compte, le cas échéant, des capacités financières des étudiant·es.

      S’affranchissant des garde-fous érigés par les juges constitutionnel·les, le Conseil d’État a écarté toute possibilité de prise en compte de la capacité financière des étudiant·es, en estimant que le caractère modique des frais d’inscription exigés des usagèr·es suivant des formations dans l’enseignement supérieur public en vue de l’obtention de diplômes nationaux doit être apprécié au regard du coût de ces formations.

      Constatant que le « coût annuel moyen » de la formation suivie par un·e étudiant·e en vue de l’obtention d’un diplôme de licence, de master, de doctorat ou d’un titre d’ingénieur·e diplômé·e est évalué à la somme de 10 210 euros par la Cour des comptes, dans son rapport sur les droits d’inscription dans l’enseignement supérieur public de novembre 2018, et à la somme de 9 660 euros par le rapport d’information de l’Assemblée nationale sur l’accueil des étudiant·es extra-européen·nes en France du 13 mars 2019, le Conseil d’État va ainsi s’employer à vider entièrement de sa substance le principe de gratuité dégagé par le Conseil constitutionnel.

      Or, ce montant ne reflète pas la réalité des coûts de formations des différentes filières à l’université. Puisque que la Cour des comptes retient que le coût global d’une formation en santé (médecine, pharmacie, PACES) est de 3 307 euros et représente, en science humaines et sociales, 2 736 euros en licence et 3 882 en masters, les frais appliqués par Bienvenue en France (2 770 euros en Licence, 3 770 euros en Master) conduisent de facto à faire supporter aux étudiant·es étrangèr·es l’intégralité du coût global de leurs formations.

      Eu égard à la fois à la part du coût des formations susceptible d’être mise à la charge des étudiant·es étrangèr·es et aux dispositifs d’aides et d’exonération de ces frais dont peuvent bénéficier ces étudiant·es, le Conseil d’État, sans rechercher si les exigences de gratuité peuvent être utilement invoquées par les étudiant·es étrangèr·es, considère que les montants des droits d’inscription susceptibles d’être effectivement à leur charge ne font pas, par eux-mêmes, obstacle à un égal accès à l’instruction et ne contreviennent pas aux exigences découlant du treizième alinéa du Préambule de la Constitution de 1946.

      Cette approche scandaleuse du Conseil d’État revient donc à soutenir que 2 770 en licence et que 3 770 euros de frais d’inscription est une somme « modique » dès lors que les montants des frais d’inscription à la charge des étudiant·es extra-européen·nes représenteraient près de 30% du coût de la formation dispensée en ce qui concerne le diplôme national de la licence, près de 40% s’agissant du master seraient donc modiques.

      Pour justifier sa décision, le Conseil d’État retient également des dispositifs d’aides et d’exonération des frais d’inscription qui sont accessibles aux étudiant·es étrangèr·es. Or, le mécanisme d’exonération des frais d’inscription ne concerne que 10% des étudiant·es non-boursièr·es (étrangèr·es et français·es) de chaque établissement et, en l’absence de compensation par le ministère de l’enseignement supérieur et la recherche, les établissements vont progressivement restreindre, voire supprimer, l’accès à ce dispositif.

      Concernant les dispositifs d’aides, l’argument est d’autant plus pernicieux que le nombre de bourses du gouvernement français attribué aux étudiant·es étrangèr·es est extrêmement faible, rapporté au nombre d’étudiant·es concerné·es. De même, les bourses nationales des pays d’origine n’existent pas toujours, et lorsqu’elles existent les montants et les critères d’attribution sont très divers à tel point qu’il est presque impossible de calculer une moyenne réaliste des revenus des bourses et aides nationales que peuvent toucher ces étudiant·es extra-européen·nes.

      Le Conseil d’État feint d’ignorer que nonobstant ces dispositifs d’aides, les étudiant·es étrangèr·es doivent également s’acquitter de frais supplémentaires en lien avec leur inscription (frais de visas, frais de transport pour venir en France) mais surtout sont tenus de justifier des ressources mensuelles d’un montant de 615€ par mois pour l’obtention et le renouvellement des visas.

      Enfin, reprenant sa jurisprudence classique, le Conseil d’État a ainsi écarté les argumentaires relatifs au principe d’égalité entre les usagèr·es du service public.

      Ainsi, le Conseil d’État a également considéré qu’il était loisible aux ministres de fixer les montants des frais d’inscription applicables aux étudiant·es inscrit·es dans les établissements publics d’enseignement supérieur en vue de la préparation d’un diplôme national ou d’un titre d’ingénieur·e diplômé·e en distinguant la situation, d’une part, des étudiant·es ayant, quelle que soit leur origine géographique, vocation à être durablement établi·es sur le territoire national, et d’autre part, des étudiant·es venu·es en France spécialement pour s’y former.

      Selon le Conseil d’État, la différence de traitement qui en résulte concernant les montants de frais d’inscription est en rapport avec cette différence de situation et n’est pas manifestement disproportionnée au regard de l’objectif poursuivi de formation de la population appelée à contribuer à la vie économique, sociale, scientifique et culturelle de la Nation et à son développement.

      La démarche du Conseil d’État permet ainsi de valider la position du gouvernement subordonnant le paiement de ces frais différenciés aux seuls étudiant·es étrangèr·es disposant d’une résidence fiscale inférieure à deux ans en France.

      Or, on peut difficilement soutenir par exemple qu’un·e étudiant·e étrangèr·e, qui après avoir obtenu son diplôme de master, entreprend sous couvert d’une autorisation provisoire de séjour d’un an de s’insérer professionnellement en France, n’a pas vocation à être durablement établi·e sur le territoire national ou soit considéré comme n’apportant aucune contribution à la vie économique, sociale, scientifique et culturelle de la Nation et à son développement.

      Le Conseil d’État laisse apparaître une pointe de nationalisme primaire dans cette décision et démontre une parfaite méconnaissance de l’apport des étudiant·es étrangèr·es pour l’économie française. Pour rappel, selon étude menée par l’institut BVA pour Campus France, publiée le mercredi 26 novembre 2014, les étudiant·es étrangèr·es coûtent 3 milliards d’euros et en rapportent 4,65 milliard d’euros à l’État français chaque année soit un bénéfice net de 1,6 milliard d’euros pour l’État français.

      Au-delà des seul·es étudiant·es extra-européen·nes, cette décision du Conseil d’État vient également s’attaquer aux principes fondateurs de l’enseignement supérieur public.

      Ainsi, il est surprenant de constater que le Conseil d’État a jugé utile d’exclure d’office les diplômes d’établissement délivrés en application de l’article L. 613-2 du code de l’éducation ou les titres d’ingénieur diplômé du bénéficie principe d’égal accès à l’instruction et l’exigence constitutionnelle de gratuité alors que le Conseil constitutionnel dans sa décision 11 octobre 2019 avait considéré l’exigence constitutionnelle de gratuité s’applique à l’enseignement supérieur public sans aucune exclusion.

      Le Conseil d’État épouse ici sans aucune justification juridique, la thèse soutenue par la Conférence des présidents d’université (CPU) qui encourage cette pratique tendant à favoriser la multiplication de ces diplômes d’établissement, dont les frais d’inscription échappent à tout contrôle législatif, réglementaire et désormais constitutionnel.

      Le point le plus contestable et dangereux de cette décision résulte de la volonté du Conseil d’État d’apprécier le caractère modique des frais d’inscription exigés des usagèr·es suivant des formations dans l’enseignement supérieur public en vue de l’obtention de diplômes nationaux au regard du coût de ces formations alors que le Conseil constitutionnel avait considéré que cette appréciation devait se faire le cas échéant sur les capacités financières des étudiant·es.

      Cette approche du Conseil d’État représente une grave entaille dans le principe de gratuité dégagé par le Conseil constitutionnel.

      Ainsi, si des frais d’inscription à la charge des étudiant·es étrangèr·es représentant près de 30% du coût de la formation dispensée en ce qui concerne le diplôme national de la licence, près de 40% s’agissant du master, alors qu’il s’agit d’un montant 2770€ et 3770€ respectivement, doivent être considéré comme modiques, les juges du Palais Royal ouvre ainsi la voie à une augmentation drastique et généralisée des frais d’inscription dans l’enseignement supérieur pour l’ensemble des étudiant·es.

      Dans la mesure où cette hausse est jugée conforme à l’exigence constitutionnelle de gratuité, rien n’empêchera les prochains gouvernements d’envisager une telle hausse sans avoir à craindre une censure des juges, visiblement enfermé·es dans leur Palais Royal.

      Alors que le mécanisme d’exonération des frais d’inscription par les établissements ne concerne 10% des étudiant·es non-boursièr·es et que les bourses sur critères sociaux ne concerne que 24 à 27% des étudiant·es, ce choix de Conseil d’État accentuera à l’avenir une polarisation du public pouvant accéder à l’enseignement supérieur, entre d’un côté les boursièr·es bénéficiant des aides de l’État et de l’autre les étudiant·es issu·es de familles aisés. Entre les deux, les étudiant·es provenant de foyer appartenant à la classe dite moyenne devront s’acquitter de ces frais, le cas échéant par l’endettement, ce qui aggravera encore la précarité étudiante.

      Cet échec juridique ne doit toutefois pas signifier la fin du combat. L’inutilité et les méfaits de cette réforme inégalitaire et xénophobe ne sont plus à démontrer. Elle n’est hélas pas isolée. Elle s’insère dans une série de politiques iniques, qui s’attaquent au service public de l’enseignement supérieur et de la recherche depuis des années, et dont le projet de LPPR est un prolongement morbide.

      Ensemble, continuons notre lutte pour une université publique, gratuite, émancipatrice et ouverte pour tou·tes !

      Illustration en une : photographie prise lors de la manifestation du 1er décembre 2018 contre « Bienvenue en France ».

      https://universiteouverte.org/2020/07/03/le-conseil-detat-permet-au-gouvernement-de-fermer-luniversite

    • Validation du plan “Bienvenue en France” : le Conseil d’Etat enterre l’#égalité entre étudiant·es

      Ce mercredi 1er juillet, le Conseil d’Etat a rendu sa décision en réécrivant totalement la décision du Conseil constitutionnel concernant le recours intenté par : UNEF, ASEPEF (Association des Étudiants Péruviens en France), FESSEF (Fédération des Étudiants Stagiaires et Sénégalais de France), AJGF (Association des Jeunes Guinéens de France), ADEEF (Association Des Etudiants Egyptiens en France), SNESUP-FSU, FERC CGT, FERC Sup, Solidaires Étudiant•e•s et FO ESR contre le plan “Bienvenue en France” et la multiplication par 15 des frais d’inscription pour les étudiant•e•s non-européen-ne-s.
      De 30% à 40% des coûts globaux de formations soit 4000 euros : une somme modique selon le Conseil d’Etat…

      Le Conseil d’Etat décide de considérer que 3 770 euros de frais d’inscription est une somme “modique” puisque cela ne concernerait qu’un tiers du coût de la formation par étudiant-e et par an. Pour estimer ce coût, il est établi un calcul généraliste visant à diviser le budget total de la formation (10 210 euros selon la cours des comptes, 9 660 euros selon un rapport de l’assemblée nationale) par le nombre d’étudiant•e•s, hors les formations ont des coûts très différents entre elles.Cette évaluation des coûts de formations n’est ni fine, ni précise puisqu’elle ne va pas dans le détail des formations et dans ce qui constitue ces coûts. De plus, par ce choix, le Conseil d’Etat réécrit le principe établit par le Conseil Constitutionnel qui préconis e de se baser sur l’étudiant•e et non pas sur le coût de la formation : le cout doit rester modique pour l’étuidant.es et non ramené au coût global de la formation.
      Des frais d’inscription qui peuvent être différenciés entre étranger•e•s et français•e•s …

      Le Conseil d’Etat entérine également dans sa décision le fait de pouvoir appliquer des frais différenciés entre étranger•e•s et français•e•s. Il met en avant que le système des bourses accordées par le pays d’origine et la possibilité d’exonération de 10% des étudiant•e•s non-boursier•ère•s par les établissements laisse la possibilité de prendre en considération la situation financière personnelle des étudiant•e•s. Cependant, cet argument est pernicieux. Les bourses nationales des pays d’origine n’existent pas toujours, et lorsqu’elles existent les montants et les critères d’attribution sont très divers à tel point qu’il est presque impossible de calculer une moyenne réaliste des revenus des bourses et aides nationales que peuvent toucher les étudiant•e•s étranger•ère•s.
      A l’absence d’aides s’ajoute aussi des frais supplémentaires, qui, s’ils ne concernent pas directement l’ESR, sont des frais connexes dont on ne peut se passer pour être étudiant•e : frais de visas, frais de transport pour venir en France, obligation de justifier de 615 euros de ressources mensuelles pour l’obtention et le renouvellement des visas ou encore restriction du travail salarié entre 50% et 60% du temps plein.
      … mais surtout une possibilité de sélection par l’argent pour tou•te•s entérinée !

      Enfin, cette décision participe à la dislocation de nos acquis sociaux que le Conseil d’Etat acte aujourd’hui . En effet, le recours ne concerne pas seulement les étudiant•e•s étranger•ère•s, mais tous les étudiant.es en la question du conditionnantement de l’accès à l’enseignement supérieur au paiement d’une somme d’argent importante.
      Ce sont tous les frais exorbitants mis en place dans certaines écoles, qui sont ainsi considérés comme ne faisant pas obstacle à l’accès à l’enseignement supérieur : à terme, tous tout le monde les étudiant.es peut pourrait avoir à payer environ 4000 euros car c’est modique !
      Enfin, de par sa décision, le Conseil d’Etat accepte de reconnaître que le service public et l’accès àl’enseignement supérieur national n’est plus ouvert à toutes et tous peut être conditionné au paiement de frais d’inscription élevés. A travers cette décision, c’est notre modèle social qui est remis en cause puisque le Conseil d’Etat prend acte du fait que l’accès à un service public aussi indispensable à l’individu qu’à la collectivité qu’est l’enseignement supérieur peut être conditionné au paiement de sommes d’argent importante ; il entérine ainsi la possibilité de sélection par l’argent dans l’accès à l’enseignement supérieur.

      https://academia.hypotheses.org/25156

      Lien vers la motion intersyndicale :
      https://f-origin.hypotheses.org/wp-content/blogs.dir/793/files/2020/07/FI-EE-CP-D%C3%A9faite-CE-vf.pdf

    • Bienvenue en France pour qui ? Le Conseil d’État, les #droits_constitutionnels et les #droits_étudiants

      La nation garantit l’égal accès de l’enfant et de l’adulte à l’instruction, à la formation professionnelle et à la culture. L’organisation de l’enseignement public
      gratuit et laïque à tous les degrés est un devoir de l’Etat.
      Préambule de la #Constitution de 1946,
      intégré au préambule de la Constitution de 1958.

      Hier a été rendue une décision très attendue du Conseil d’État qui statuait sur les frais d’inscription dans l’enseignement supérieur public, tels que fixés par l’arrêté du 19 avril 2019 (https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000038396885&categorieLien=id). Cet arrêt suscite une immense indignation, et elle est justifiée.

      Cet arrêt est le fruit d’une multitude de recours individuels et associatifs (Ligue des droits de l’homme, Unef, CGT FERC Sup, SNESUP, FO ESR, …), rappelée par l’avocat Juan Prosper.

      https://www.youtube.com/watch?v=lsfdzYkSgkc&feature=emb_logo

      Reprenons les choses dans l’ordre : il était très tentant, le 11 octobre 2019, de se réjouir de la décision du Conseil constitutionnel qui, saisi d’une question prioritaire de constitutionnalité, rappelait que le 13e alinéa du Préambule de la Constitution du 27 octobre 1946 – selon lequel « La Nation garantit l’égal accès […] de l’adulte à l’instruction [et] L’organisation de l’enseignement public gratuit […] à tous les degrés est un devoir de l’État » — s’appliquait aussi à l’enseignement supérieur public.

      "Dans sa décision de ce vendredi 11 octobre 2019 (https://www.conseil-constitutionnel.fr/decision/2019/2019809QPC.htm), le Conseil constitutionnel confirme que la gratuité de l’enseignement supérieur est un principe constitutionnel, distinct du principe de l’égal accès, et qu’il implique que les droits d’inscription demeurent « modiques ». Dans son considérant n°6, le Conseil constitutionnel rappelle qu’« il résulte de la combinaison de ces dispositions que l’exigence constitutionnelle de gratuité s’applique à l’enseignement supérieur public. Cette exigence ne fait pas obstacle, pour ce degré d’enseignement, à ce que des droits d’inscription modiques soient perçus en tenant compte, le cas échéant, des capacités financières des étudiants. »" (Communiqué du collectif défendant la QPC, 11 octobre 2019 ((publié sur Université ouverte, 11 octobre 2019)) : https://universiteouverte.org/2019/10/11/le-conseil-constitutionnel-consacre-le-principe-de-gratuite-de-le)

      En réalité, il est vite apparu que cette décision n’est en rien une courageuse défense du principe de gratuité de l’enseignement supérieur public, mais une véritable démission (https://blogs.mediapart.fr/paul-cassia/blog/131019/frais-d-inscription-des-etudiants-une-gratuite-couteuse) : sous l’apparence du respect du préambule de 1946, le Conseil constitutionnel remet tout simplement au pouvoir réglementaire et à son juge attitré, le Conseil d’État, les clés de l’obligation constitutionnelle de gratuité de l’accès à l’enseignement supérieur public. Le Conseil constitutionnel évince, au passage, le Parlement d’un débat pourtant central, puisqu’il s’agit rien moins que du débat sur l’ouverture et la fermeture de l’accès à l’enseignement supérieur. Toute la discussion s’en trouve déplacée : on passe d’une gratuité solennellement proclamée par le Préambule constitutionnel, sans aucune ambiguïté, à un jeu ouvert d’interprétations, celui consistant à savoir ce qu’il faut entendre, exactement, par caractère « modique » des droits d’inscription.

      Dans sa décision rendue hier, le Conseil d’État a choisi de profiter pleinement de ce pouvoir d’interprétation complaisamment reconnu. Pourtant, le ministère ne lui avait pas facilité la tâche, poussant très loin le bouchon : avec l’arrêté du 19 avril 2019, Frédérique Vidal a non seulement décuplé une part des frais d’inscriptions, n’hésitant pas à les faire monter jusqu’à 2770 euros pour le diplôme national de la licence et 3770 euros pour le diplôme national de master ; mais elle a en outre choisi d’appuyer cette explosion des frais sur une discrimination, entre une catégorie d’étudiant.es désigné.es comme « en mobilité internationale », d’une part, et le reste des étudiant.es, d’autre part.

      Alors le Conseil d’Etat a fait ce qui, depuis son origine, justifie son existence : il a produit un discours juridique un tant soit peu cohérent afin de faire passer un monstre réglementaire pour une bête mesure d’application des textes auxquels le gouvernement est soumis. Cela supposait tout de même du Conseil d’État un vrai tour de force : il a d’abord fallu oser soutenir que des frais d’inscription de plusieurs milliers d’euros ne méconnaissent en rien le « devoir de l’État » de proposer un « enseignement public gratuit » ; il a ensuite fallu oser expliquer en quoi l’application de ces frais aux seul.es étudiant.es dit.es en « mobilité internationale » ne représente pas une atteinte au principe d’égalité entre les usager·es du service public.

      La magie du droit est, précisément, de rendre possible un tel tour de force, pourtant parfaitement contre-intuitif. Ce sont les deux temps de la démonstration du Conseil d’État : dans les paragraphes 13 à 19 pour ce qui concerne l’atteinte au principe de gratuité, et dans les paragraphes 20 à 25 pour ce qui concerne la méconnaissance du principe d’égalité.

      La #gratuité_payante

      C’est sur le premier de ces deux temps que le Conseil d’État était le plus attendu. Dans le monde parallèle du droit, le Conseil constitutionnel avait exécuté le premier pas : ce qui est d’un coût modique est « gratuit »1. Restait au Conseil d’État à faire le second : trois mois de SMIC pour douze mois d’étude en M1, c’est « modique » ; 16 000 euros pour cinq ans d’études, c’est « modique » . Ou, plus précisément, c’est « modique » , et donc c’est « gratuit » .

      Pour en arriver à ce qui n’est rien d’autre qu’un retournement des mots, le Conseil d’État n’a pas exactement fait dans la subtilité : la modicité, explique-t-il, doit s’apprécier de manière relative, à la fois au regard du « coût des formations » et « compte tenu de l’ensemble des dispositions en vertus desquelles les usagers peuvent être exonérés du paiement de ces droits et percevoir des aides ». Reste alors simplement à tricher sur cette double mise en relation, et le tour est joué :

      – s’agissant du coût des formations, le Conseil d’État fait une moyenne générale du coût des formations dans toutes les disciplines, ce qui lui permet de soutenir que les nouveaux frais d’inscription ne correspondent qu’à 30 % du « coût annuel moyen » d’une formation de Licence et à 40 % du « coût annuel moyen » d’une formation de Master. Évidemment, cela n’a aucun sens si l’on veut bien se souvenir des fortes disparités de coût entre les disciplines : un étudiant extra-européen s’inscrivant en licence en SHS s’acquitte désormais de droits d’inscription qui sont supérieurs au coût moyen de sa formation.
      – s’agissant des aides et exonérations, le Conseil d’État fait plus simple encore : il rappelle que ces aides et exonérations sont possibles. Qu’elles soient distribuées ou non, qu’importe : dans les nuages de l’argumentation juridique, le réel n’a aucun intérêt.

      Il est un point, cependant, qui a moins été remarqué, et qui nous semble très important. Au détour d’une phrase de l’arrêt (§19) ainsi que dans le communiqué de presse, le Conseil d’État fait quelque chose de tout à fait inhabituel : un appel du pied au ministère, pour l’avenir. Pour le Conseil d’État, en effet, rien ne permet de dire que l’exigence constitutionnelle de « gratuité » doive bénéficier aux étudiant.es « mobilité internationale » : il n’est pas sûr, explique-t-il, que

      « les exigences découlant du treizième alinéa du Préambule de la Constitution de 1946 [puissent] être utilement invoquées au bénéfice de ces étudiants ».

      Ou comment dire au ministère qu’augmenter encore bien davantage les frais d’inscriptions de ces étudiant·es, ça se tente.

      L’#égalité_discriminatoire

      S’agissant de la seconde question juridique à trancher – l’atteinte au prinicpe d’égalité du fait de la discrimination entre une catégorie d’étudiant·es désigné.es comme « en mobilité internationale », d’une part, et le reste des étudiant·es, d’autre part –, le Conseil d’État ne s’embarrasse pas de nuances : seuls les seconds ont « vocation à être durablement établis sur le territoire national », car les premiers sont seulement « venus en France pour s’y former », sans être « appelés à contribuer à la vie économique, sociale, scientifique et culturelle de la Nation et à son développement ». Voici donc que chaque individu se voit attribuer par l’État une « vocation », à laquelle il se trouve « appelé » : ce déterminisme d’État, fondé sur l’incorporation d’individus dans telle ou telle catégorie juridique, est proprement effrayant. N’y a-t-il donc plus personne au Conseil d’État pour sonner l’alerte quant à la charge de certains mots et de certaines argumentations ? Ironie de l’histoire, la Constitution de 1946 visait justement à combattre un certain régime honni : elle semble définitivement enterrée sous les immondices qu’elle visait à déjouer.

      *

      Une chose est sûre, pour finir : avec cette décision, la boîte de Pandore est désormais ouverte, et presque tous les garde-fous sont tombés. Demain, il suffira donc d’un simple arrêté pour que les frais que l’on impose aujourd’hui aux étudiants « en mobilité internationale » soient étendus à tou.tes. Et il suffira d’une simple loi – une loi modifiant les articles L. 132-1 et L. 132-2 du code de l’éducation – pour que l’on institue des frais du même ordre aux élèves de l’enseignement primaire et de l’enseignement secondaire.

      Bref, le Conseil constitutionnel et le Conseil d’État, dans un impressionnant pas de deux, ont tué l’alinéa 13 du préambule de 1946. Et ils l’ont tué par un simple jeu d’interprétations.

      https://academia.hypotheses.org/25122

  • INFO PARK 17 – 23 June 2020

    Serbia
    ➢ Anti-migrant rhetoric reached its peak on 20 June, World Refugee Day, when an antimigrant protest was organized in Belgrade downtown, as well as in Banja Koviljaca,in western Serbia. Despite repeated calls for action on social media in the days before the event, only around one hundred people gathered in Belgrade and 400 in Banja
    Koviljaca, where an asylum center is located. They shouted anti-migrant and far right paroles and called for closure of refugee camps in Serbia, but no incidents were reported. Despite clear need for restriction of hate speech and drawing a clear line between hate speech and freedom of expression, which is the role of the state, such
    rhetoric is allowed and unpunished, as is proven with this protest.

    #covid-19 #migration #migrant #serbie #manifestation #xenophobie #belgrade #banjakoviljaca

  • Coronavirus flare-ups raise task force questions about immigration
    #Covid-19#migrant#migration#US#diffusion#xenophobie

    https://www.usatoday.com/story/news/investigations/2020/06/18/coronavirus-flare-ups-raise-task-force-questions-immigration/3210219001

    Top federal officials are privately exploring whether Latinos are to blame for regional spikes in new coronavirus cases, asking in internal communications if Mexicans could be carrying the disease across the border, fueling domestic outbreaks.

  • Warnings Australia’s first recession in 29 years could stoke anti-immigration attitudes
    #Covid-19#migrant#migration#Australie#xenophobie

    https://www.sbs.com.au/news/warnings-australia-s-first-recession-in-29-years-could-stoke-anti-immigratio
    https://sl.sbs.com.au/public/image/file/06251be2-bef5-4c9d-a5e7-e47f24ae6d3f/crop/16x9

    Migration analysts have warned anti-immigration attitudes could intensify as Australia enters its first recession in nearly three decades and job opportunities are reduced.

  • Mesurer les discriminations par origine en France grâce aux noms de famille
    https://medium.com/@mazieres/mesurer-les-discriminations-par-origine-en-france-gr%C3%A2ce-aux-noms-de-fam


    Plus une origine a un ratio supérieur à 1 (la référence), plus elle est “sur-représentée”, c’est à dire qu’elle est plus présente dans le groupe que dans la population globale. Et inversement, plus il est inférieur à 1, plus elle est “sous-représentée”.

    Origines et noms de famille
    Imaginez vous un instant dans un petit village français, en plein moyen-âge. Il y a 5 personnes qui s’appelle Antoine dans le coin et, pour une raison quelconque, vous devez les distinguer les uns des autres, par exemple :
    - « Salut ! Je crois que j’ai vu Antoine voler ton scooter hier ? »
    – « Quoi !? Quel Antoine ? »
    – « Celui avec la maison toute pourrie. »

    Voilà ! C’est une origine possible — quoique apocryphe — de mon nom de famille : Mazières. Une des nombreuses versions, en latin vulgaire, du mot Masure, qui signifie vaguement maison toute pourrie. Il en va de même pour de nombreux noms de famille, qui font référence à des lieux (Dupont, celui près du pont), des traits physiques (Petit, le petit, Morel, celui à la peau mat), des occupations (Fournier, le boulanger, Ferrand, le maréchal-ferrant), des surnoms (Martin, le guerrier fertile, Bernard, l’ours fort), etc.

    tout le billet est passionnant…

  • ‘You Chinese virus spreader’: after coronavirus, Australia has an anti-Asian racism outbreak to deal with | South China Morning Post
    #Covid-19#migrant#migration#Australie#xenophobie

    https://www.scmp.com/week-asia/people/article/3086768/you-chinese-virus-spreader-after-coronavirus-australia-has-anti

    A rise in racial abuse linked to Covid-19 highlights a gap in human rights legislation: there is no federal law punishing racist acts as a crime
    With pressure growing for a national campaign, there are hopes that a growing diaspora and new generation will have the confidence to speak out

  • Alien Nation: Why public support for migrants in the UK is about to disappear
    #Covid-19#migrant#migration#RoyaumeUni#xenophobie

    https://www.independent.co.uk/voices/coronavirus-immigration-hostile-environment-windrush-mujinga-alien-na

    Tens of millions of Britons on their doorsteps applauding an organisation propped up by foreign workers each week. A prime minister thanking two immigrants whose work as nurses saved his life. It would perhaps have seemed unthinkable from a Conservative government less than 10 years on from vans with “go home” emblazoned on the side, and indeed from the man who led a Brexit campaign warning of mass immigration from Turkey.

  • Analysis: Will COVID-19 usher in a new wave of populism in Europe? | Euronews
    #Covid-19#migrant#migration#Europe#populisme#xenophobie

    https://www.euronews.com/2020/06/05/analysis-will-covid-19-usher-in-a-new-wave-of-populism-in-europe

    In the decade that followed the global financial crash of 2008, a wave of protest and populism battered and challenged many of the perceived norms of Europe’s political discourse.

    Coupled with the subsequent Eurozone and migrations crises, politicians were branded as an elite, out of touch with mass public opinion. The fire took hold. From anti-austerity measures in Greece, to the rise of the far-right in Germany, to increasing authoritarianism in Central Europe. Nationalism in Spain, populism in Italy, the Yellow Vest protesters in France and, of course, Brexit in Britain. European politics was upended.

    But Europe in many ways now faces a much bigger crisis. The economic shock from the lockdown of almost the entire continent will lead to a recession far deeper than the one we saw 10 years ago. Millions more could lose their jobs, more businesses could go bust. Could we also see more political turmoil?

  • enfant du placard
    Les enfants de saisonniers cachés en Suisse après l’initiative Schwarzenbach
    https://www.rts.ch/info/suisse/11381497-les-enfants-de-saisonniers-caches-en-suisse-apres-l-initiative-schwarze

    Il y a 50 ans, la Suisse votait sur l’initiative Schwarzenbach. Le texte « contre l’emprise étrangère » fut refusé de justesse, mais il a durablement marqué notre politique migratoire. Depuis les années 1960, des milliers d’enfants d’immigrés vécurent cachés, le regroupement familial étant interdit.

    Un regard lourd de souvenirs... C’est derrière la fenêtre d’une chambre en mansarde, à Zurich, que Catia Porri est restée cachée six mois par an, trois années de suite : « Je n’avais pas le droit de bouger, parce que le sol était en bois. Chaque fois qu’on faisait un pas, ça grinçait. Donc je marchais le moins possible, je passais mon temps à dessiner et à lire ».


    La jeune Catia a douze ans en 1962 lorsque ses parents – tous deux saisonniers italiens – la font entrer pour la première fois illégalement en Suisse. La fillette passe la frontière cachée dans le coffre de la voiture. Elle est ce qu’on appellera plus tard une « enfant du placard » : « Mes parents avaient tellement peur, que cette peur a fini par me contaminer. Pour moi, le message était clair : tu n’existes pas. Point ».

    La xénophobie atteint un paroxysme
    Face à l’arrivée massive de travailleurs étrangers au cours des années 1960, la xénophobie atteint un paroxysme. C’est l’époque de l’initiative Schwarzenbach https://www.rts.ch/archives/tv/information/politique/10953941-initiative-schwarzenbach.html . La Suisse est confrontée pour la première fois à la question du regroupement familial.

    Le Conseil fédéral y réagit de façon stricte, constate cette historienne qui a lancé un premier projet de recherche sur les enfants cachés : « C’est au moment où on veut réduire à tout prix la présence des étrangers », explique Kristina Schulz, professeure d’Histoire à l’Université de Neuchâtel : « Et la manière de le faire, c’est de réfléchir sur le regroupement familial et d’éviter que ces étrangers viennent avec toute leur famille »

    La psychologue bernoise Marina Frigerio a longtemps suivi des familles de saisonniers.

    Elle a raconté leurs parcours de vie dans plusieurs livres : « Dans les années 1980, beaucoup d’enfants de migrants italiens sont tombés dans la drogue. Je sais qu’un grand nombre d’entre eux étaient des enfants de saisonniers qui avaient rejoint tardivement leurs parents ou qui avaient été cachés ».

    Catia Porri a fini par réussir à s’intégrer en Suisse même si, une fois à l’école, elle a continué à subir des discriminations : « Un jour, après une dictée, le professeur a pris ma copie – comme ça – pour montrer aux autres élèves que je ne savais même pas écrire ».

    Comme la dizaine de milliers d’enfants de saisonniers cachés en Suisse, Catia Porri est longtemps restée seule avec ses blessures. Elle attend toujours que la Suisse fasse la lumière sur cette page de son Histoire.

    Les intiatives Schwarzenbach : https://www.rts.ch/archives/7445297-la-marque-schwarzenbach.html

    #enfants #regroupement_familial #Suisse #Conseil_fédéral #xénophobie #étrangers #saisonniers #Intégration #frontières country:suisse #discrimination #racisme

  • IOM: Migrants in Yemen abused as ‘transmitters of disease’ – Middle East Monitor
    #Covid-19#migrant#migration#Yemen#xenophobie

    https://www.middleeastmonitor.com/20200603-iom-migrants-in-yemen-abused-as-transmitters-of-disease

    The COVID-19 pandemic has worsened the already dire situation in Yemen for vulnerable communities like internally displaced people and migrants, the International Organisation for Migration (IOM) has warned.

  • Sweeping attacks on migrant workers in Russia amid COVID-19 pandemic - World Socialist Web Site
    #Covid-19#migrant#migration#Russie#xenophobie

    https://www.wsws.org/en/articles/2020/06/03/rumi-j03.html

    A tidal wave of anti-immigrant measures is under preparation in Russia, as the Kremlin and its nominal political opponents in other parties attempt to divert mass discontent over the government’s handling of the coronavirus pandemic and skyrocketing poverty by promoting xenophobia and Russian chauvinism.

  • Cartographie de l’extrême-droite : fachos, ni à la fac ni ailleurs !

    Depuis environ deux ans, les syndicats membres de notre fédération ont pu attester de la #résurgence de groupuscules d’extrême-droite au sein de nos universités.

    En effet, depuis la mobilisation nationale contre le plan étudiant en 2018, et avec l’essor de nouvelles formes de mobilisations sociales notamment par le mouvement contestataire des Gilets Jaunes, ce qu’on appelle la “#droite_dure” a commencé à s’organiser et à devenir de plus en plus active sur nos campus.

    Au niveau étudiant, cette résurgence s’est traduite à la fois par la formation ou reformation de la #Cocarde_étudiante, par l’implantation de nombreuses sections de l’#Action_Française mais aussi par la montée des « #identitaires ».

    L’idéologie d’extrême droite, qu’elle soit royaliste, identitaire ou racialiste rentre de fait en contradiction avec la vision de l’université et plus largement de la société, que nous défendons. Nous luttons fermement chaque jour contre tout ce qui crée le terreau favorable au fascisme : aliénation au travail, oppression raciste, sexiste, xénophobe, homophobe, transphobe … Ces groupes fascistes s’appuient sur une vision réactionnaire et conservatrice de la société pour donner du sens à leurs actions, et entrent ainsi en totale opposition avec ce que nous défendons et construisons chaque jour.

    Ces idéologies sont en corrélation directe et constante avec la bourgeoisie, et sont ainsi l’ennemi des travailleur-euses ! Elles sont par ailleurs intrinsèquement liées aux modes d’action violents. Ces groupes emploient le #harcèlement_moral comme à Lyon ou Montpellier pour tenter de casser les luttes sociales et sont responsables d’#agressions_racistes, comme à Lille par exemple.

    Face à cela, nous avons décidé de dresser un #état_des_lieux de l’extrême droite dans nos universités, qui se matérialise par une cartographie.

    Sur celle-ci, que vous pourrez consulter bientôt sur notre site, vous trouverez les groupes actifs sur les campus, leurs modes d’action et degrés de #violence. Nous pensons qu’il est nécessaire que les étudiant-e-s défendant l’idée d’une université libre et ouverte à tou-te-s aient accès à ces informations et puissent s’en saisir pour lutter contre la montée de l’extrême-droite sur nos campus. C’est pourquoi sur la carte vous trouverez également la liste des collectifs antifascistes présents au niveau local et national, des liens vers les médias locaux indépendants et antifascistes, mais aussi des lieux où vous pourrez pratiquer de l’autodéfense, en mixité ou en non-mixité.

    Quel bilan faisons-nous de cet état des lieux ?

    Les groupes les plus actifs sont l’#UNI, la Cocarde Étudiante ainsi que l’Action Française. On retrouve également dans une moindre mesure la présence de #Génération_Identitaire de certains groupes locaux identitaires et régionalistes.

    L’UNI se revendique comme étant un “syndicat étudiant”, qui existe depuis 1969, se revendiquant gaulliste et pour l’”union de la Droite”. La particularité de cette organisation est de présenter régulièrement des listes aux élections des conseils au niveau local (CROUS, conseils centraux) mais aussi au niveau national (CNOUS, CNESER). Si l’UNI joue sur une vitrine légale relativement présentable, nombreux de ses membres sont souvent en réalité affilié-es à des groupes violents, comme la Cocarde ou l’ancien Bastion Social. Elle s’oppose régulièrement à toute forme de mobilisation sociale.

    La Cocarde Étudiante, créée en 2015, est une organisation étudiante se revendiquant comme indépendante de tout parti politique, de droite conservatrice, gaulliste et souverainiste. Elle rassemble dans 22 universités de France toutes les tendances de droite, allant du Front National à Génération identitaire ou encore Debout la France. Cette organisation s’oppose elle aussi à toute forme de mobilisation étudiante à l’Université, présente sur les blocages et en Assemblées Générales, elle n’hésite pas à user de méthodes particulièrement violentes.

    L’Action Française, pour sa part créée en 1899, est l’une des organisations les plus anciennes encore active de nos jours. Construite à l’époque de l’Affaire Dreyfus sur des bases antisémites (nourrie par la pensée de Charles Maurras), elle est royaliste et nationaliste. De nos jours, elle organise régulièrement des conférences trempées de xénophobie, et ses membres sont auteurs de nombreuses agressions.

    Face à la montée de l’extrême droite dans les universités, nous appelons les étudiant-e-s à s’organiser collectivement dans les syndicats et les collectifs antifascistes pour constituer un front unitaire de lutte !

    https://solidaires-etudiant-e-s.org/blog/2020/05/27/cartographie-de-lextreme-droite-fachos-ni-a-la-fac-ni-aille

    #cartographie #extrême_droite #université #facs #France #visualisation
    #racisme #xénophobie

  • A Conversation With U.N. Special Rapporteur E. Tendayi Achiume: COVID-19, Racism, and Xenophobia
    #Covid-19#migrant#migration#Monde#xenophobie

    https://www.justsecurity.org/70410/a-conversation-with-u-n-special-rapporteur-e-tendayi-achiume-covid-19-

    Ryan Goodman, Just Security‘s co-editor-in-chief, recently posed a series of questions to E. Tendayi Achiume, U.N. Special Rapporteur on Contemporary Forms of Racism, Racial Discrimination, Xenophobia, and Related Intolerance.

  • Abuse of migrants, refugees counterproductive
    #Covid-19#migrant#migration#Thailande#xenophobie#refugie

    https://www.bangkokpost.com/opinion/opinion/1925572/abuse-of-migrants-refugees-counterproductive

    In April, a survey by the International Organisation for Migration (IOM) found refugees, migrants and stateless persons in Thailand face insufficient income and lack access to proper hygiene, sanitation facilities and information to prevent the spread of Covid-19 within their communities. But arbitrary arrest and the potential of indefinite detention during a time of pandemic poses an even bigger threat to these communities in Thailand, and to Thailand itself.

  • Au Koweït, les travailleurs étrangers sont accusés de propager le nouveau coronavirus
    #Covid-19#migrant#migration#Koweit#xenophobie

    https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/26/covid-19-au-koweit-le-virus-du-racisme-antimigrants_6040766_3210.html

    Dans un pays où une partie de la population vit mal leur omniprésence dans le secteur public, les travailleurs étrangers, égyptiens notamment, sont pris pour cible.

  • [Google Translate]

    The Ministry of Defense of Serbia is buying razor wire for fencing the centers for migrants

    The Ministry of Defense of Serbia is buying almost 2.5 tons of razor wire for fencing the reception centers for the accommodation of migrants and the centers for the accommodation of asylum seekers, it is stated in the public procurement invitation published on the website of that institution.

    According to the documentation published by the Ministry of Defense on May 15, in addition to the 700-millimeter-thick razor wire, 1,521 meters of ribbed iron in 20-millimeter-thick bars and 50 kilograms of galvanized binding wire are also subject to public procurement.

    The military post office in Kraljevo is listed as the ordering party, and the procurement is being conducted as a negotiated procedure.

    Until the conclusion of the text, we did not receive an answer from the Ministry of Defense to the question why the razor wire is placed around the centers and exactly which centers will be fenced.

    As it is stated, due to “extraordinary urgency caused by extraordinary circumstances or unforeseen events, the occurrence of which in no case depends on the will of the ordering party, the ordering party could not act within the deadlines set for open or restrictive procedure”.

    It is also added that the Army received a task that it does not normally perform in peace, and refers to the provision of Reception Centers and Centers for Asylum of Migrants on the territory of Serbia “and according to the above fact, the possible procurement of goods could not be foreseen and planned 2020.”

    The deadline for submitting the bid is, as it is pointed out, May 21.

    The documentation also states that the bidder is obliged to offer a warranty period of at least 12 months.

    The lowest offered price was stated as a criterion for evaluation and award of the contract, and the Ministry sent an invitation to submit bids to the addresses of four companies: “Žica best” from Smederevo, “In-Sy Group” from Belgrade, “Legi sistem” from Belgrade and " Magnum Novi Sad Vebecom ”from Sremska Kamenica.

    Some of these companies, as explained on their website, already have experience in installing fencing systems on facilities of strategic importance such as border crossings and airports.

    Securing migrant centers is not the responsibility of the Army

    It is unclear why the Serbian Army is providing asylum centers and reception centers for migrants, because it does not have the authority to do so, Rados Djurovic, director of the Center for Protection and Assistance to Asylum Seekers, told Radio Free Europe (RFE). He adds that a distinction should be made between asylum centers and reception centers for migrants.

    "Asylum centers are places where people who want to seek asylum in the Republic of Serbia are accommodated. These are persons who have not violated our law in any way, nor is there any basis to restrict their movement. These are people who want the protection of the Republic of Serbia, and then there is no need to fence such camps with razor wire, "says Djurovic, adding:

    “On the other hand, if we are talking about reception centers for migrants, ie for people who do not want to seek asylum here and who would have to be in a legal procedure, then everything depends on the character of such a camp, ie the specific case of people who accommodated whether their movement should be restricted or not. That is not within the competence of the Army. Then such centers, which might serve for deportation, should be run by the Border Police together with the Commissariat for Refugees and Migration. The army has no place here according to the existing legislation.”

    There are currently five asylum centers and 14 reception centers in Serbia. The problem, according to Radoš Đurović, is that the competent institutions place people in those centers at random, and those who do not want to seek asylum remain in an unregulated legal status.

    “When people do not exist for the eyes of the system, and are placed in state institutions, then there is a doubt as to how to treat them and what are the rights and obligations that the state has,” says Djurovic.

    Raising the razor wire suggests that Serbia has taken the path of restrictions in the political sense, which Hungary has already started, where there is a similar practice of fencing camps, Rados Djurovic believes.

    "In many other countries in Europe, fencing camps in this way is a rarity, of course, depending on the character of the camp. Some deportation camps are fenced. On the other hand, asylum centers are only fenced with a simple fence. “But for the Army to provide asylum centers, that does not exist as an established practice in the developed countries of Western Europe,” Djurovic concludes.

    Use of the army during a state of emergency
    During the state of emergency in Serbia due to the corona virus, from March 15 to May 6, 2020, migrants were in 24-hour isolation for 53 days, and the facilities in which they are kept were guarded by the Serbian Army.

    According to the statement of the Commissariat for Refugees of Serbia from April 4, the measures were introduced “in order to prevent the spread of the corona virus among the migrant population”.

    After the lifting of the state of emergency, the security was taken over by the police, while the migrants were allowed to leave with the permission of the management of the centers where they are staying.

    In mid-May, the President of Serbia, Aleksandar Vučić, ordered the use of a part of the forces of the Serbian Army on the territory of the municipality of Sid in order to provide assistance to the Ministry of Internal Affairs in securing asylum centers and reception centers, the Ministry of Defense announced.

    Explaining the decision on the deployment of the army, the President of Serbia, Aleksandar Vučić, said that it was done “in accordance with the assessments of the security bodies and the requests of the citizens from the territory of the municipality of Sid.”

    Answering the question why it was necessary to send units to Sid, Vučić, as a guest on Prva TV, said that the citizens of Šid “feel unsafe”.

    The Commissariat for Refugees stated in a statement on May 16 that the army is being deployed in Sid as a precaution, and that there have been no major incidents there so far.

    Serbian Commissioner for Refugees and Migrants Vladimir Cucic said that during the state of emergency and closed borders due to the coronavirus virus epidemic, about 9,100 migrants stayed in Serbia, but that more than 1,000 of them left the country after the state of emergency was lifted.

    Increased anti-immigrant rhetoric
    On May 13, several extreme right-wing groups organized a protest in front of the Reception Center for Migrants in Obrenovac.

    According to their representatives, they gathered to support Filip Radovanović, who was remanded in custody by the Basic Court in Obrenovac for up to 30 days after he broke into the Reception Center on May 6. Radovanovic is a member of the right-wing organization Leviathan, which advocates anti-immigrant views.

    Serbian Commissioner for Refugees and Migration Vladimir Cucic told RFE / RL after the incident that he must stop sowing hatred towards migrants.

    Right-wing extremists organized protests against migrants ahead of the health crisis in several Serbian cities.

    https://www.slobodnaevropa.org/a/ministarstvo-odbrane-srbije-zica-ogradjivanje-centara-za-migrante/30623767.html

    #Covid-19 #Migration #Migrant #Balkans #Serbie #Camp #Mur #Armée #Xenophobie

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    The NGO is looking for a sharp reaction from the authorities to the violent intrusion into the migrant center in Obrenovac

    The Initiative for Economic and Social Rights A 11 condemned the violent intrusion into the car of citizen F.R. to the Reception Center for Migrants in Obrenovac, as well as “the propaganda way in which he decided to share his unconstitutional and illegal acts with the general public.”

    The initiative called on the authorities to respond to the event, but also to react to “other individuals and groups that publicly incite and spread national and religious hatred and intolerance.”

    “The response of the competent judicial authorities to this incident must be the sharpest possible, considering that the legal features of several criminal acts have been realized here, and above all the criminal act of inciting national, racial and religious hatred and intolerance,” the initiative said.

    They stated that in addition to inciting national, racial and religious hatred and intolerance, for which a prison sentence of up to eight years was threatened, the young man also committed the crime of causing general danger because he committed the crime in the presence of a large number of people.

    “Since the employees of the Commissariat for Refugees have the status of an official, while the employees of the Ministry of Defense have the status of a military person, in the behavior of F.R. the legal features of an attack on an official and an attack on a military person have also been acquired”, they stated in the initiative A 11.

    They also assessed that the incident was “just one in a series that took place in the past few months, and which occurred as a consequence of the increasingly prevalent anti-refugee discourse advocated not only by various formal and informal associations but also by individual parliamentary parties.”

    A video appeared on social networks in which a young man from Obrenovac, in a car, breaks in and drives through the Reception Center for Migrants, which is provided by the Serbian Army in that city.

    H1 television reported that it was about F.R. (20), who first broke through the wire fence of the Reception Center for Migrants by car at around 7 pm on May 6, and then flew through the main entrance next to a group of people, who got out of the way at the last moment.

    The young man stopped the car only at the military security, which called the police, who arrested him.

    F.R. broadcast the event live on his Facebook profile, all the while delivering racist messages about migrants. No one was injured in the incident, and according to H1, it is expected that the Higher Prosecutor’s Office will characterize the case and what punishment it will request for the arrested person.

    The Commissariat for Refugees and Migration of Serbia today condemned the intrusion into the Reception Center in Obrenovac and stated in a statement that “fortunately no one was killed.”

    https://www.danas.rs/drustvo/nvo-trazi-ostru-reakciju-nadleznih-na-nasilni-upad-u-migrantski-centar-u-obren

    #Covid-19 #Migration #Migrant #Balkans #Bosnie-Herzégovine #Camp #Obrenovac #Violence #Xénophobie

  • Info Park
    Weekly 6 – 12 May 2020

    Serbia
    ➢ Following the global trend of relaxing COVID-19 prevention measures, Serbian Parliament annulled the 53-days long state of emergency on May 6. The “New normal” came into force for citizens on May 7 following the publishing in the Official Gazette, however it does not applied for the refugee and migrant population in Serbia. They remained locked in 20 camps as, on the same day, Minister of Health Zlatibor Lončar passed the “Order on restriction of movement at access to open spaces, reception centers for migrants and asylum centers”. The order states that “the beneficiaries of reception and asylum centers for migrants shall be prohibited to leave
    the centers. Exceptionally and in justified cases (visit to doctor, etc.), the migrants shall be allowed to leave the ACs and RCs with special and time-limited approval of the Commissariat for Refugees and Migration”. Because of the measures, Serbian army corps (that kept the camps sealed during the state of emergency) withdrew, but
    the police forces including gendarmerie came in instead, keeping the centers locked.
    ➢ The above decision was universally and widely criticized by numerous NGOs & INGOs, both publicly and unofficially, accusing Serbian authorities of expanding the scope of migrants’ discrimination already severely present during the emergency
    state. Initiative A11 and Belgrade Center for Human Rights both submitted appeals to the Constitutional Court calling for the annulation of the decree and momentary unlock of the refugee and migrant population.
    ➢ For many observers, the extension of migrants’ centers lockdown came as the State’s attempt to prevent thousands who are expected to leave the centers in a bid to reach Belgrade or North-West borders as soon as possible, but also to prevent incidents with radicalized anti-migrant groups now openly and freely calling for violence.
    However, the situation in many camps was described as “peaceful but tense”. As of May 9, SCRM staff in some of the government-run shelters started letting those accommodated in them leave the premises with a special permission, however some first runaways are also noted, both individual and in smaller groups. Apart from
    that, Serbia’s RCs and ACs did not see much change following the relaxation of measures. Most of them remain overcrowded accommodating around 9,000 asylum seekers and other migrants, including 1,179 children (617 unaccompanied boys)
    under inadequate guardianship. During last week, Subotica RC was restored under the SCRM management and currently serves 209 single men, including those who are pushed back from the borders. The number of pushbacks from Hungary jumped to 48 for one-week time, ranging from 3 to 12 per day compared to previous weeks
    when there were no recorded attempts to cross the Hungarian border
    ➢ The culmination of migrant-scapegoating in Serbia occurred last week with an incident in Obrenovac RC when a local man broke into the camp with his car. During the outburst of ethnic hate and islamophobia, the perpetrator filmed himself live on You Tube in a manner of New Zealand mosque mass killer Brenton Tarrant. He was
    detained for 48 hours and released with a mild charge. An employee of the city Info Park Weekly 06-12 May 2020 3
    council, he is close to the ruling party, currently a member of an extremist movement “Levijatan”. He stated he was inspired by fake news coming from Facebook group called “Stop the settling of migrants” mostly posting fake or outdated news.
    Moreover, over the weekend, another extremist groups lead by “People’s patrols”
    protested in Belgrade downtown against migrant “invasion”, vaccination, and 5G
    network under the slogan “We won’t give away Serbia” (Ne damo Srbiju). Last but not least, other right wing groups lead by “Levijatan” are scheduled to hold an antimigrant rally at the gates of Obrenovac RC on Wednesday May 13. Numerous, nonrestricted extremists’ events in Serbia can only be understood as an acceleration of
    right-wing campaign for general elections set for June 21

    Croatia
    ➢ Despite the coronavirus pandemic, Croatian border police continued with illegal expulsion of asylum seekers from the Croatian territory. This well-coordinated practice reached new, unprecedented proportions last week. Namely, according to the latest testimonies and photos, the police have been humiliating people by physically marking them with an orange cross sprayed all over their heads.

    Greece
    ➢ Border Violence Monitoring Network, BVMN, has released firsthand testimony and photographic evidence indicating the existence of violent collective expulsions of migrants including robbery, beatings with the use of batons and tasers, and stripping of clothes. Within six weeks the network has collected reports of 194 people removed
    and pushed back into Turkey from the camp in Diavata and the Drama Paranesti preremoval detention center.
    ➢ The Greek government continued denying the claims coming from the German paper Der Spiegel according to which a Pakistani national had been shot dead, possibly by Greek soldiers, while attempting to cross from Turkey into Greece two months ago.

    #Covid-19 #Migration #Migrant #Balkans #Serbie #Croatie #Grèce #Déconfinement #Xénophobie #Refoulement #Violence #Expulsions

  • Ivanka Trump se moque de l’Inde pour avoir salué le dur voyage de retour des migrants - News 24
    #Covid19#US#Inde#migrant#migrationinterne#xenophobie#retour
    https://news-24.fr/ivanka-trump-se-moque-de-linde-pour-avoir-salue-le-dur-voyage-de-retour-des-

    NEW DELHI (Reuters) – Les louanges de la conseillère présidentielle américaine Ivanka Trump à propos du retour à vélo d’un adolescent indien à des centaines de kilomètres de chez lui attirent les critiques en Inde pour leur insensibilité au sort des travailleurs migrants appauvris qui se débattent.