• #Climat, etc… 24 Oct 2019 - Michèle Janss - Investigaction
    https://www.investigaction.net/fr/climat-etc

    La pollution et l’exploitation abusive des matières premières sont le résultat de l’activité des grandes entreprises. Celles qui exploitent le gaz, le pétrole et le charbon, bien sûr, mais aussi celles qui mettent l’eau en bouteille, fabriquent des armes, des voitures et des avions, celles qui produisent de l’informatique, des vêtements, de la nourriture industrielle, celles qui profitent de moyens de transport extrêmement bon marché afin de délocaliser leur production…

    

 Les causes

    En gros, c’est surtout notre manière de produire des richesses qui est à l’origine de la prédation de la planète. Une production sans réflexion sur son impact, sans planification, une course en avant vers plus de profit et plus d’emplois comme seul moyen de fonctionner. Notre façon de produire a même inventé le droit de polluer ou de sur-consommer contre paiement. Si on en a les moyens, on peut détruire. Et pourvu qu’il reste suffisamment de pauvres, sinon on étoufferait.
     
    Tant que cela ne sera pas étudié et dénoncé, on restera dans les petites mesures au coup par coup qui ne mèneront pas à grand chose, du genre COP-je-ne sais-quel-numéro. Au mieux, on sauvera des miettes de nature. En espérant que le génie des scientifiques fasse le reste. Mais les scientifiques et les politiques ne pourront rien empêcher si on continue dans un système de compétition effrénée qui creuse les inégalités, qui empêche systématiquement toute redistribution des richesses et qui ne peut pas grand chose contre les activités nuisibles.
     
    Le spectacle
    Dans un tel contexte, les grandes entreprises qui voient monter le mécontentement de la rue, ces mêmes grandes fortunes qui possèdent aussi les médias, doivent certainement être en train de réfléchir. Des équipes spécialisées pour cela sont à l’oeuvre, des think tank. Ces boites à penser, adossées à la presse dominante, sont redoutables. Elles sont capables de vendre une guerre à ceux qui savent qu’ils risquent d’y laisser leur peau.
     
    Elles sont en train de réfléchir et de faire feu de tout bois. C’est ainsi qu’on débat actuellement de Greta Thunberg plutôt que de l’état de la planète. Je ne sais pas si cette jeune fille est manipulée, mal informée, intelligente, sincère, si sa jeunesse est un handicap ou au contraire un atout… peu importe. Surtout, elle tombe à pic. Aussi bien pour les spécialistes du « greenwashing » que pour les climatosceptiques d’extrême droite. Quand le sage désigne la lune, l’idiot regarde le doigt. Et les médias dominants ont trouvé Greta. De quoi organiser le spectacle à moindre frais et occuper les esprits inquiets. Greta, c’est le doigt et tout le monde regarde le doigt.
     
    Organiser la résistance
    A présent, des activistes, prônant la désobéissance civile mais garantissant zéro violence et zéro dégradation, prennent le relai. Heureusement parce que tôt ou tard, on oubliera Greta. Extinction Rébellion assurera la suite. Les activistes se contentent pour le moment de bloquer la circulation, d’occuper un centre commercial… Leur sincérité ne fait aucun doute et leurs actions ont le mérite de mobiliser les consciences. Mais Extinction-Rébellion ne prend pas de position radicale contre l’organisation de notre production. Il faut changer le système, oui, mais l’analyse est plus que confuse. Invité par Amnesty International, Roger Hallam, co-fondateur d’Extinction-Rébellion prononce un curieux discours[1] où il évoque sa mère (qui était pasteure méthodiste) et prédit la famine et la mort pour la génération prochaine [2]. Pour les formateurs du mouvement, il s’agit aussi de contourner les forces d’extrême gauche pour atteindre et mobiliser les citoyens apolitiques[3]. Si on entend bien une dénonciation du « système », tout cela reste très vague. Le catastrophisme est partout, la fin du monde est proche mais l’analyse des causes reste légère. La non-violence est mise au service du mouvement Extinction-Rébellion qui doit durer pour prodiguer la bonne parole. On se trouve face à un discours presque religieux et millénariste, accompagné d’une liste d’exemples de problèmes environnementaux. Mais sans action politique visant directement les industries à l’origine de ces dégradations. Extinction Rébellion en appelle aux gouvernements, aux scientifiques, à l’arrêt de la destruction, à la réduction immédiate de la consommation, à former des assemblées citoyennes…
     
    Les entendra-t-on appeler au boycott des 100 entreprises les plus polluantes de la planète ? A la redistribution des 100 plus grandes fortunes ? A la disparition de l’actionnariat et de la course au profit qu’il génère ? Lorsqu’on sait que les 26 plus grandes fortunes[4] possèdent autant que la moitié des plus pauvres de la planète, il pourrait être tentant de ne s’en prendre qu’à… 26 fortunés !
     
    Diabolisation
    Il est intéressant de noter que les médias s’empressent de diaboliser toutes les tentatives de boycotts. La sortie du capitalisme n’est pas encore à l’ordre du jour, même si de plus en plus d’experts[5] se prononcent pour cette solution qui semble incontournable. Le communisme est également visé par la diabolisation. On ne sait jamais, si certains proposaient aux peuples de reprendre en main les usines, de mettre fin à l’actionnariat et de nationaliser la production d’énergie…
     
    Les grandes entreprises et surtout leurs actionnaires ont tout intérêt à ce qu’on reste dans l’appel aux politiques plutôt que dans l’analyse des causes. Et surtout dans la non-violence. Les gilets jaunes ont dû réellement faire très peur aux puissants et la casse coûte cher. Y compris quand il est question de la répression et de l’image qu’elle renvoie de nos gouvernements. Alors maintenant qu’il s’agit du climat, il faudra canaliser les rebellions. Tout changer pour que rien ne change, polluer moins pour pouvoir polluer plus longtemps.
     
    Reprendre le contrôle
    C’est d’une autre organisation des moyens de production dont nous avons besoin. Où, démocratiquement, nous pourrions contrôler directement ce qui se fait et comment organiser la vie sur notre planète pour le bien de tous. Il faudra arrêter la course au profit et redistribuer les richesses, mais aussi mieux partager les savoirs et les expertises, éduquer aux changements, bousculer les habitudes…
     
    Comment pourrons-nous arriver à un tel résultat ?

    C’est à cela que nous devrons travailler.
     

     
    Notes :
    [1] https://www.youtube.com/watch?v=llNFIuIMPhw


    [2] https://www.youtube.com/watch?v=BrcBYWC4B9M
     
    [3] http://www.entelekheia.fr/2019/10/11/extinction-rebellion-dispense-une-formation-concue-pour-contourner-les-o
    [4] Rapport Oxfam
    [5] Naomi Klein, Thomas Piketti (pour un socialisme participatif), Hervé Kempf, Olivier Bonfond, Géraldine Thiry…

    #extinction_rebellion #Greta_Thunberg #résistance #climat #xr #catastrophe #gilets_jaunes #changement_climatique #politique #écologie #désobéissance #COP #greenwashing #climatosceptiques #boycott
    #gaz #pétrole #charbon #eau en bouteille #armes #voitures #avions #informatique #vêtements #nourriture industrielle #transports

  • Extinction Rebellion : analyse critique Olivier Tonneau
    https://blogs.mediapart.fr/olivier-tonneau/blog/101019/extinction-rebellion-analyse-critique

    Le « capitalisme vert » n’est pas seulement le discours creux d’acteurs économiques qui ne veulent rien changer : c’est la stratégie par laquelle les capitalistes entendent s’approprier et financiariser l’inévitable transformation des sociétés humaines qui s’annonce. Dans The Right to Nature, un ouvrage remarquable paru récemment mais sans doute écrit avant l’émergence d’XR, Elia Apostolopoulou et Jose Cortes-Vazquez soulignent que l’emprise des multinationales sur la transition énergétique se légitime par des discours apocalyptiques qui suscitent une angoisse telle qu’on en viendrait à accepter d’être sauvé de la destruction par n’importe qui, à n’importe quel prix, fusse à celui de la dépossession et de l’oppression.[1] C’est peut-être à cela que pensait Jutta Ditfurth en reprochant à XR ses exhortations au sacrifice avant la fin du monde.

    S’il existe une porosité réelle entre XR et le capitalisme vert, il faut cependant souligner que la majorité de ses militants incline sans doute dans la direction inverse. Si Gail Bradbrook incarne l’aile corporate du mouvement, son autre fondateur Roger Hallam est la figure de son aile radicale. Issu d’un milieu ouvrier, il a consacré sa vie à la lutte sociale – pour les loyers, les conditions de travail… - avant de se lancer dans XR. Ses écrits contiennent de virulentes dénonciations du capitalisme, nommément désigné comme la cause première de la catastrophe climatique. Comment situer, entre ces deux pôles, les activistes qui font vivre le mouvement ? Tout indique qu’ils inclinent vers une radicalité sinon anticapitaliste, du moins décroissante. Ce n’est pas pour rien que l’initiative XR business a capoté : c’est qu’elle allait contre les convictions de la grande majorité des acteurs du mouvement.

    On reproche souvent aux militants de XR de n’avoir pas de programme politique et de se contenter de promouvoir un idéal spirituel un peu flou fait de sobriété, d’empathie et d’amour du prochain. Il est vrai que ce moralisme, loin de s’opposer au capitalisme vert, a toujours servi à en déguiser les véritables finalités. Pourtant il me semble trop simple de ridiculiser l’aspect moral de XR. D’abord, leur idéal de sobriété vise bel et bien les riches, sinon en critiquant le système qui les enrichit, du moins en condamnant leur mode de vie. XR condamne le luxe et les consommations ostentatoires, et ne mène pas des actions contre les prolos qui roulent au diesel mais contre ceux qui voyagent en avion. Ensuite, sauf à nier les effets psychiques de siècles de propagande consumériste, il faut bien admettre que la capacité à mobiliser contre le capitalisme suppose de lutter également contre les affects qu’il cultive.

          S’il est vrai que la focalisation sur le « spirituel » est une façon d’invisibiliser les rapports de pouvoir, il est tout aussi vrai que la transformation de ces rapports de pouvoir suppose également une transformation spirituelle. Toutes les révolutions politiques ont rencontré à un moment ou un autre la nécessité d’une révolution culturelle. Le schéma du vingtième siècle, qui voyait une minorité prendre le pouvoir avant de tenter de reprogrammer les masses par la force n’a pas vraiment fait preuve de son efficacité. Le travail que mène XR en amont n’est donc pas sans valeur – à la condition qu’il s’accompagne d’une désignation claire des adversaires politiques. C’est au mouvement à s’assurer qu’il ne sert pas de paravent à ceux qu’il doit combattre.

          Il existe donc, à l’origine de XR, des gens issus du capitalisme vert, d’autres issus de la lutte sociale, qui cohabitent aujourd’hui avec des militants qui, sans être rompus à la lutte de classe, sont dans une véritable rupture avec le « système ». Dans tout cela, comment le mouvement déterminera-t-il sa direction ? Une façon de répondre est de lire le recueil d’essais que vient de publier XR en guise de manifeste : This Is Not a Drill. C’est dans les cinq derniers essais que sont posés des enjeux économiques et politiques.

    #XR #capitalisme_vert

    • Dans 10 ans, une partie d’entre vous combattrons les gilets jaunes après avoir rallié le pouvoir financier, et les autres rallieront les gilets jaunes. Votre sociologie étroite vous condamne à cela.

      « Nous appelons tout le monde à converger avec nous. On appelle tous les #Giletsjaunes à venir nous rejoindre, en revanche il y a beaucoup de Gilets jaunes qui ont du mal avec notre stratégie de non-violence. »
      Léa, activiste d’ #ExtinctionRebellion dans CPolitique
      https://twitter.com/MFrippon/status/1183453499503337474

    • XR France a donc peut-être enfin réussi à faire ce que médias et politiques échouent à faire depuis un an : tuer les Gilets Jaunes. La tactique n’est pas nouvelle non plus, les marches pour le climat étant systématiquement organisées en concurrence avec les manifestations des Gilets Jaunes. Voilà l’action positive d’XR France, du point de vue de nos gouvernants. « Quoi de mieux pour ringardiser et décrédibiliser ces sales Gilets Jaunes antisémites et pollueurs que le spectacle de cette belle jeunesse non-violente qui danse pour nous faire mettre en œuvre les politiques que nous avons déjà décidées ? ».

      Cela n’empêche pas, bien sûr, les membres d’XR de répéter le mantra de « convergence des luttes » de manière totalement incantatoire.

      Conseils aux « rebelles »

      Chers membres d’XR , prenez le temps de faire un pas de côté. Êtes-vous vraiment des « rebelles » ? Devient-on rebelle en adhérant à une organisation mondiale, en donnant son nom, son adresse mail et son numéro de téléphone pour participer à des « actions » ? En apprenant des méthodes et des procédures toutes faites, à appliquer sans se poser de questions ?

      Chers membre d’XR , vos revendications sont déjà mises en œuvre. Le Royaume-Uni a déjà déclaré l’ « état d’urgence climatique » , une assemblée de citoyens a déjà été tirée au sort pour « accélérer la transition écologique » .

      Chers membres d’XR , vous rendez-vous compte que les médias ont préparé vos émotions, votre peur de fin du monde, et qu’XR ne fait que moissonner cette angoisse ? Que vous êtes pour nombre d’entre vous dans un état d’extrême fragilité psychologique ?

      Chers membres d’XR , prenez le temps de vous regarder en face. Vous êtes majoritairement issus de la classe moyenne, vous êtes souvent des petit-bourgeois, croyez-vous que votre classe peut être révolutionnaire ?

      Chers membres d’XR , prenez le temps d’un regard vers le mouvement des Gilets Jaunes. Vous venez d’assister, depuis un an, au plus grand mouvement populaire que la France ait connu depuis bien longtemps, et vous avez vu comment le pouvoir a tout fait pour l’étouffer. Avez-vous senti l’intensité de la répression, le vrai visage fasciste du pouvoir dévoilé, la servilité des médias, leurs mensonges ? Vous rendez-vous compte de la différence de traitement que vous recevez ?

      Chers membres d’XR , être rebelle, c’est soutenir cette lutte, se solidariser avec le prolétariat contre le pouvoir. Lutter contre le capitalisme, c’est lutter contre le pouvoir. Et c’est beaucoup plus dangereux, effectivement, que de danser sur un pont habillé en clown, applaudi par les médias bourgeois et protégé par la police.

      Il est plus que probable que votre organisation ne serve qu’à légitimer des politiques déjà décidées au niveau mondial, et ces politiques ne feront que renforcer le capitalisme. C’est nous, le peuple, qui allons payer la facture du climat. Le pouvoir n’a qu’un objectif : le contrôle. Le pouvoir mondialisé cherche à rationaliser tous les échanges, faire l’inventaire de toutes les ressources pour les marchandiser, et contrôler les populations.

      Si on compare le phénomène XR aux précédentes œuvres de l’Open Society dans le monde, il y a de quoi craindre que derrière les clowns, d’autres forces se tiennent prêtes.

      Chers rebelles, soyez attentifs .

      https://www.legrandsoir.info/extinction-rebellion-nouvelle-manipulation-de-masse-dans-quel-but.html

  • La princesse Esmeralda arrêtée lors d’une action d’Extinction Rebellion : « Il faut changer le système » - Le Soir
    https://www.lesoir.be/253065/article/2019-10-11/la-princesse-esmeralda-arretee-lors-dune-action-dextinction-rebellion-il-faut

    La princesse Esmeralda de Belgique a fait un bref passage par un commissariat londonien, ce jeudi. En cause : sa participation à une action de blocage menée par le mouvement de désobéissance civile non-violent Extinction Rebellion. Elle a été rapidement libérée mais reste « under investigation ». Depuis le début de la semaine un millier de personnes ont connu le même sort au Royaume-Uni.

    #XR

  • Extinct Rebels : Dernière occupation avant la fin du Monde ... vraiment ?
    Critiques et questionnements.

    Contexte : Appel début septembre du mouvement #Extinction_Rebellion : « Le 5 octobre, nous entrons en résistance contre un système sexiste, raciste, autoritaire, qui organise la destruction systématique du monde vivant. »
    Texte complet : https://extinctionrebellion.fr/evenements/2019/09/07/derniere-occupation-avant-la-fin-du-monde.html
    Pendant un mois, succession de relais via médias libres (Paris-luttes, Lundi matin, Acta...), réseaux sociaux et déclarations d’alliés déclarés : des Gilets Jaunes et du Comité Adama

    Article très complet sur le déroulé de la journée, live, avec appel initial et critiques / limites pressenties sur @paris / Paris-Luttes : https://paris-luttes.info/maison-du-peuple-derniere-12667

    Autre suivi très très complet de Alexandre-Reza Kokabi et NnoMan pour Reporterre : L’action d’Extinction Rebellion a eu lieu à Paris, au centre commercial Italie 2 : https://reporterre.net/L-action-d-Extinction-Rebellion-a-eu-lieu-a-Paris-au-centre-commercial-I
    D’autres, très rares, journalistes professionnels comme Taha Bouhafs pour Là-bas si j’y suis étaient présent-e-s, ainsi que le crew désormais habituel de « journalistes indépendants mais qui assument leur subjectivité » engagée et, bien sûr, des médias libres, des auto-médias, etc. Tout ce petit monde est à retrouver sur la liste de suivi twitter que j’avais mise en place :

    « Dernière occupation avant la fin du monde » :
    Appel d’@XtinctionRebel &+ à occuper une #MaisonDuPeuple : #Italie2 #Paris

    Suivi hors réseaux marchands par @Paris_luttes : https://paris-luttes.info/maison-du-peuple-derniere-12667

    Liste Tw de suivi automedias, medias libres & journalistes indés https://twitter.com/search?q=list%3A%40valkphotos%2Fxtinction-italie2%20since%3A2019-10-04%20un (ce lien est paramétré sur le temps de l’occupation et un peu plus)

    https://twitter.com/ValKphotos/status/1180410998504742912

    L’occupation, qui a commencé dans la liesse d’une possible convergence, a assez rapidement été « gérée » par la norme de celleux qui se réclament de la non-violence, faisant sans doute disparaître au fur et a mesure la pluralité nécessaire pour tenir un tel espace. Pour autant elle ne s’est pas déroulée uniquement dans la non-violence puisque, après les JT, alors qu’allaient commencer les soirées, un assaut a été lancé par la Brigade d’Interventions, avec utilisation de gaz lacrymo en milieu clos, ce qui est formellement interdit, ainsi que deux tentatives d’ouverture de grilles à d’autres endroits (dont l’un où des « pacifistes » faisaient face en mode « cœurs avec les doigts »...)
    Étrangement, alors qu’ils avaient tout le matériel nécessaire, les gendarmes puis la BAC se sont repliés et sont partis.
    La communication continuait à évoquer les AG de la nuit, le besoin de monde pour tenir et faire le relai dimanche... mais tout aussi étrangement tout le monde est parti à 4h30 après une dernière AG où il aurait été constaté le manque de monde et voté le choix de quitter les lieux et les vigiles ont pu tout fermer derrière eux.
    Point.

    La manière dont s’est terminée l’occupation a questionné beaucoup de monde. Pour ma part, m’étant mise en mode « alerte », quand je me suis auto-réveillée de ma deuxième phase de 2h de sommeil à 6h du mat’ et que j’ai découvert la fin de l’occupation, j’avoue m’être sentie flouée. J’ai fais un fil de tweets un peu vénères dans la foulée, que je recopie ici aussi pour les libérer du support marchand :

    Occupation de #Italie2 terminée. Apparemment la dernière AG aurait constaté qu’il n’y avait pas assez de monde pour tenir un siège... Hum. Ça ressemble bcp à une décision prise bien avant par l’orga #ExtinctionRebellion et qui aurait servi de négociation

    https://twitter.com/ValKphotos/status/1180696909910032384

    Pour expliquer vite fait ce qui me pose problème : ce n’est pas qu’une occupation s’arrête à 4h30, c’est la sensation, qui sera difficilement dissipable, qu’il y a eut des négociations pour que celle-ci ait lieu avec comme deal de partir sans trop dégâts d’un côté ou de l’autre

    Ça peut paraître idéal et ça semble l’être pour certain-e-s qui viennent m’insulter (paye ta non-violence !) mais le hic c’est que toutes les personnes qui ont participé ont désormais une épée de Damoclès au dessus de la tête et comme je le demandais hier, quelle sera la suite ?

    Le centre commercial portera forcément plainte et chaque magasin qui a été « abîmé » pourra en faire autant et de toute façon il y a déjà enquête, recoupement de toutes les images (pas merci celleux qui font pas gaffe) qui servira à faire tomber du monde ou dealer des infos...

    Évidemment s’il y a eut négociation, il y a des personnes/groupes qui risquent moins que d’autres, ce qui biaise immédiatement le rapport d’équité souhaitable dès la base. Et le mépris affiché par certain-e-s pour un pseudo prétexte de « non-violence » ne laisse rien augurer de bon

    J’veux dire :

    - quid de la rébellion si la fin est déjà négociée ?

    - quid de la non-violence si on t’impose de venir à visage découvert pour ensuite te laisser te démerder dans les #violencesjudiciaires vu que tu as osé, OMG, taguer un mur ou défendre une entrée menacée de céder ?

    Autre aspect : en faisant « convergence » avec des #GiletsJaunes ou des victimes / groupes en lutte contre les #ViolencesPolicieres (càd la violence étatique autorisée) c’est aussi toute une Histoire qui est convoquée et à laquelle #ExtinctionRebellion & cie doivent RESPECT.

    La moindre des choses serait donc de faire cesser le confusionnisme qui règne sur les notions de violence / non-violence et du pacifisme plutôt que de s’en réclamer en surfant dessus juste pour de la #ComPom. Une fois encore je renvoie au texte de Juliette : https://archive.org/details/20170419_La_Non-Violence

    Vu que les mainstream vont communiquer sur un #Italie2 « dévasté » (forcément, on connait la chanson à #Nantes) je pense vraiment pas que l’opération de #ComPol soit une réussite et, malgré ses efforts, #ExtinctionRebellion ne répond pas à @wretchedotearth : https://archive.org/details/LettreExtinctionRebellion

    (Je précise que tout ça est une série de questionnements auxquels il me semble important de réfléchir individuellement pour continuer à agir et lutter en les posant au préalable, je n’affirme pas que c’est ce qui s’est passé, même si le dernier G7 a fini de me désillusionner)

    Lire aussi, absolument, le récit de deux personnes présentes, sur Paris-Luttes : Quelques questions avant la fin du monde qui pointe de nombreux dys-fonctionnements et explique comment s’est décidé la fin de l’occupation :

    « Lors de l’AG de 2h30, qui dure jusqu’à 3h40, la discussion ne tourne plus qu’autour de la question des flics qui seraient dans les sous-sols et du départ le plus vite possible. Cela aboutit à la sortie de tous les occupants en abandonnant beaucoup de matos derrière… »

    https://paris-luttes.info/quelques-questions-avant-la-fin-du-12692

    Depuis, en plus des critiques sur la façon dont s’est déroulée l’occupation, d’autres pointent l’absence quasi absolue de relai dans les médias mainstream. Je reviendrai sur ce point soit plus tard dans la soirée/nuit, soit demain en faisant un autre topo à part, car vraiment, ça mérite d’être développé. Pour l’heure, tandis qu’Extinction Rebellion lance une nouvelle occupation avec des gilets bien oranges hein pour qu’il n’y ait pas confusion ou amalgame : eux c’est des gentils privilég... heu : pacifistes, faut pas les frapper mais les médiatiser pour que le Patron... heu : Macron puisse accéder à leur demande de greenwasher le capitalisme... heu : si si, c’est bien ça...
    – Je vais rejoindre un hommage à un jeune migrant, Oumar, décédé jeudi dans un gymnase saturé de détresses. Son frère, ses proches, ne peuvent le laisser partir sans un dernier hommage. C’est aujourd’hui à #Nantes : 18h au Gymnase et/ou 19h à la Préfecture : https://44.demosphere.net/rv/4121 Cagnotte de soutien : https://www.leetchi.com/c/soutien-a-la-famille-de-o
    – A Villiers-le-Bel une marche a lieu pour exiger, encore une fois, JUSTICE ET VERITE, pour le jeune Ibrahima décédé hier soir et immédiatement au cœur d’une bataille de 2 récits contradictoires, Prefecture & Police vs témoins et habitant-e-s et, heureusement désormais, mouvements autonomes de défense des familles et proches de victimes de la « violence légale »

  • A lire absolument : Que reste-t-il du champ des possibles ouvert par la zad ?
    https://iaata.info/Que-reste-t-il-du-champ-des-possibles-ouvert-par-la-zad-3477.html

    Une critique de la normalisation des activités à la zad, et du déploiement du fonds de dotation visant à acheter terres et bâtis.

    Particulièrement pour celleux qui pensaient trouver une auto-analyse critique dans la traduction de Pour l’amour de la victoire : lettre ouverte à Extinction Rebellion de ZADIBAO, presenté comme une mise en garde autour de la victoire

    Mais je sais aussi ce que l’on ressent quand le système, réalisant que nos victoires sont une menace pour sa survie, se retourne contre nous. Je sais que l’on n’est jamais prêt-e à faire face à la véritable répression quand elle s’abat sur nous. Elle prend parfois la forme de la criminalisation médiatique ou celle du bruit des matraques s’abattant sur nos crânes. Mais souvent elle se faufile par-derrière, dans une stratégie d’assimilation et d’incorporation qui transforme nos actions en leurs mots, mots qui deviennent alors des outils pour se donner des airs écologiques ou construire leurs slogans électoraux. Ceci est donc autant une lettre de mise en garde qu’une lettre d’amour, ou plutôt une lettre qui parle d’amour et du fait que peut être l’une des meilleures manières d’être rebelle aujourd’hui implique de tomber amoureux-se de quelque part, de s’y attacher si profondément que l’on est prêt-e à tout pour défendre la vie qui s’y trouve. Ceci est un appel à habiter pleinement, passionnément.

    ... et alléché comme moi à cause de la photo « TELL THE TRUTH » qui l’illustre ! https://zadibao.net/2019/06/21/pour-lamour-de-la-victoire-lettre-ouverte-a-extinction-rebellion

    #ZaD #NDdL #XR #Extinction_Rebellion #victoire #compromis #légende #histoire

    • L’excellente analyse parue sur Iaata, sans haine et avec une sérieuse projection politique, a été publiée de manière résumée (et donc moins précise) sur Reporterre :
      L’achat des terres à l’État signe la « mort politique » de la Zad de Notre-Dame-des-Landes : https://reporterre.net/L-achat-des-terres-a-l-Etat-signe-la-mort-politique-de-la-Zad-de-Notre-D

      De manière assez surprenante, Reporterre ne donne pas de lien vers la source du texte complet mais a, par contre, ajouté un lien vers la réponse qui lui a été faite, à cette tribune donc, par le groupe "légaliste" de la zad. Ça donne un texte assez bizarre, très "comptable", sur la défensive et peu axé sur le sensible où, encore une fois, ne sont exprimés ni doutes, ni regrets, et encore moins la rage de s’être fait berner... chose logique pour un groupe qui doit absolument "vendre" la levée de fonds pour sauver des terres...
      Voici donc la réponse : Notre-Dame-des-Landes : La Zad est bien vivante et fait vivre l’alternative
      https://reporterre.net/Notre-Dame-des-Landes-La-Zad-est-bien-vivante-et-fait-vivre-l-alternativ

      Le site zad.nadir a décidé de consacrer une page à ce débat. On retrouve donc les deux textes :
      Que reste-t-il du champ des possibles ouvert... , pour lequel le site fait une note préliminaire où, par un habile retournement, il fait passer l’action de boycott du site comme cause du manque d’information (alors que le boycott en était la résultante !) ce qui, pour le coup, situe la suite de la réponse préliminaire : https://zad.nadir.org/spip.php?article6583
      – le texte de réponse à la tribune de Reporterre ne présente, quand à lui, aucune note préliminaire du site : Réponse à ceux qui voudraient fermer le champ des possibles sur la zad de NDDL  : https://zad.nadir.org/spip.php?article6584

      Comme le zad.nadir cite / critique indymedia, je mets aussi le lien vers l’analyse "enrichie" de multiples commentaires sur indymedia nantes : Que reste-t-il du champ des possibles ouvert par la zad ?  : https://nantes.indymedia.org/articles/45879

    • Voici une troisième vision sur le thème. Cette fois-ci c’est un autre groupe qui répond, et qui me semble, pour le coup, bien plus en phase avec la réalité de la zad que la première réponse. En tout cas elle est beaucoup plus humble, bien plus hésitante, ne nie pas les problèmes et constate même certains échecs dont une désertion de soutiens précieux à cause de la légalisation :
      Un an après les expulsions, qu’est-ce qu’on fait encore sur la ZAD ? : https://zad.nadir.org/spip.php?article6586

      Il y a plus d’un an que les expulsions et l’abandon de l’aéroport on transformé ce qui se vivait sur la ZAD. Tout a été bousculé et depuis ces évènements on entend souvent qu’il est difficile de savoir ce qu’il se passe sur la ZAD. Il y a peu de récits qui sortent, et ce qui sort représente souvent une vision très manichéenne : soit on lit que tout est merveilleux et qu’on a tout gagné, soit on lit que toutes les personnes qui y restent encore sont des traîtres. Ce qu’on y vit est bien plus complexe. On est un petit groupe de gens d’affinités semblables. Quelques personnes parmi nous sont impliquées dans des structures collectives depuis longtemps, et d’ autres sont arrivées plus récemment. Notre position est plutôt celle de personnes qui habitent là et qui y suivent encore des activités. Avec ce texte on essaie donc de raconter un peu où ça en est pour nous.

    • Merci pour le lien vers ce chouette texte ! Comme ça ne se présente pas en « réponse à », je comptais en faire une publication à part entière dans la soirée mais y’a tant et tant d’infos importantes que j’aurai pu oublier de le faire comme hier soir déjà (mais c’était sur facebeurk donc ça compte pas !)
      J’ajoute un lien vers https://web.archive.org/web/20190710113158/https://nantes.indymedia.org/articles/45989 parce que je sais pas pour les autres mais chez moi c’est une galère sans nom d’aller sur indymedia depuis quelques semaines... Et puis, comme je l’ai dit ailleurs, au moins comme ça l’article est précieusement conservé quoi qu’il arrive.
      Quand à la « réalité de la zad » elle ne peut évidemment être, comme toute réalité, que multiple, ça va sans dire, et c’est précisément ce possible des multiples qui m’a fait la défendre, et lorsque j’utilise cette expression ça ne parle que de la zad que je ... connaissais, puisque je n’y vais plus.

  • Why #coinbase listing didn’t boost #xrp price
    https://hackernoon.com/why-coinbase-listing-didnt-boost-xrp-price-cc11569ebece?source=rss----3a

    There was a general feeling that when Coinbase announced it was listing XRP on its Coinbase Pro platform there would be a corresponding leap in the value of Ripple’s native token. There was some movement on the day of the announcement (25th February) with XRP shooting up by 10% in value, but that is about as exciting as it got.Furthermore, when Coinbase then announced on 28th February that it was adding XRP to Coinbase.com, as well as the exchanges’s Android and iOS apps, the response was flat.The analysts’ analysisWhile #crypto consumers might be somewhat surprised by this lack of activity, analysts were less so. According to crypto expert Charles Bovaird, writing at Forbes, several analysts were of the opinion that they had never expected anything else. Jeff Dorman, cofounder and head (...)

    #bitcoin

  • Is #xrp still a good investment? Here’s why I believe XRP is still a great choice
    https://hackernoon.com/is-xrp-still-a-good-investment-heres-why-i-believe-xrp-is-still-a-great-

    Ripple over-performed during 2017 and 2018, can the trend continue into 2019?First of all before you decide to invest in XRP (Ripple) or any other #cryptocurrency for that matter make sure you do your own research and only invest what you can afford to lose.I have done my personal research on #ripple/XRP and here is what I have managed to gather about this cryptocurrency.Ripple enables almost instant cross-border, international money transfers. Ripple’s main target market are banks which will hold large amounts of XRP to transact almost instantly with each other.Even though Banks are the main target for Ripple, everyday people like you and I can use Ripple for money remittance purposes.For example I can send $2,000 to someone on the other side of the world and it would reach them in less (...)

    #crypto #cryptocurrency-investment

  • 200+ Banks & Financial Organizations will use #ripplenet in 2019
    https://hackernoon.com/200-banks-financial-organizations-will-use-ripplenet-in-2019-95d20cc6bb9

    Including the use #ripple Software and #xrp #cryptocurrency at a Regulated UK BankEuro Exim Bank is a registered and regulated UK-based bank that has announced it will use Ripple’s xRapid software and the cryptocurrency XRP for cross-border payments. This is one of several new banking partnerships that Ripple revealed in 2019. At this point, it is working with over 200 banks and financial organizations.xRapid #blockchain Offers Fast and Transparent TransactionsRipple’s blockchain software is like other blockchain platforms in that it can provide transparent and real-time visibility of transactions to all stakeholders. For those with access to the blockchain ledger, there is no need to email queries or check confirmations. Stakeholders can simply check a link to the transaction which is (...)

  • Biometric data in large EU IT systems in the areas of borders, visa and asylum – fundamental rights implications

    The EU has developed common rules for managing external borders, for issuing visas and for dealing with asylum requests. These rules require cooperation between EU Member States, including the exchange of personal data concerning third-country nationals. The EU has developed three large scale IT systems to exchange personal data in the areas of asylum, borders and visa: #Eurodac, #SIS II (#Schengen_Information_System) and #VIS (#Visa_Information_System). This project will analyse the fundamental rights implications of inserting, storing and using biometric data – such as fingerprints – in these IT systems. Both the negative as well as the positive fundamental rights implications will be studied.

    http://fra.europa.eu/en/project/2014/biometric-data-large-eu-it-systems-areas-borders-visa-and-asylum-fundamen
    #biométrie #surveillance #frontières #surveillance_frontalière #contrôles_frontaliers #visa #asile #migrations #réfugiés #Schengen #données_biométriques #empreintes_digitales #droits_humains #droits_fondamentaux #rapport

    Mais je ne trouve pas le rapport à télécharger...

    Sous “publications”, par contre, d’autres documents intéressants:
    Fundamental rights implications of the obligation to provide fingerprints for Eurodac

    Processing biometric data for immigration, asylum and border management purposes has become common. This focus paper looks at measures authorities can take to enforce the obligation of newly arrived asylum seekers and migrants in an irregular situation to provide fingerprints for inclusion in Eurodac.

    http://fra.europa.eu/en/publication/2015/fundamental-rights-implications-obligation-provide-fingerprints-eurodac

    #Smart_Borders Pilot Project Technical Report Annexes
    https://www.eulisa.europa.eu/Publications/Reports/Smart%20Borders%20-%20Technical%20Annexes.pdf
    #frontières_intelligentes

    • Europe: l’enjeu des #données_mobiles des migrants

      Les téléphones portables sont de véritables lignes de vie pour les migrants. Outils de documentation, systèmes de navigation, mais aussi et surtout moyens de communication, ils leur permettent d’établir un contact régulier avec leurs proches, les passeurs, et toute autre personne susceptible de les aider dans leur périple. Mais justement parce qu’ils leur permettent de rester connectés, les téléphones portables exposent aussi les migrants à de véritables risques. Parmi eux, l’exploitation de leurs données mobiles par les autorités de certains pays européens, qui peut permettre de retracer leur parcours ou vérifier leur identité.

      Lorsqu’ils sont contraints de quitter leur pays d’origine, des milliers de migrants laissent derrière eux leurs foyers avec pour seuls bagages quelques billets, et un téléphone portable. Juste de quoi leur permettre d’atteindre l’Europe. Être connecté est un point essentiel dans une situation de migration forcée, pour rester en contact avec ses proches, mais aussi pour pouvoir joindre les secours.

      Pour des questions de mobilité, de localisation et de sécurité, les téléphones sont donc des outils indispensables aux migrants, mais pas seulement. Selon Wired UK, la déclinaison britannique du mensuel américain Wired, certains gouvernements européens utilisent les téléphones portables des migrants et en extraient les données mobiles de #géolocalisation et de #messagerie.

      Des entreprises spécialisées dans l’extraction de données

      « Ça ne me surprendrait pas, affirme Carleen Maitland, professeur associée à l’université des sciences de l’information et technologie de Pennstate. Il y a 20 ans déjà, si quelqu’un faisait une demande d’asile, les agents de l’immigration demandaient des preuves pour vérifier les propos des demandeurs. C’est extrêmement inquiétant, et décevant pour des gens qui ont déjà tout perdu de devoir perdre, en plus, leurs #souvenirs_numériques ».
      –-> #audition, donc. Et #vraisemblance

      Un acte rendu possible par la recrudescence d’entreprises spécialisées dans ce domaine, comme par exemple au Royaume-Uni. Là-bas, plusieurs entreprises possèdent même des contrats avec les forces de police britanniques, comme le révèle un rapport de Privacy International, une organisation non gouvernementale basée à Londres, militant pour le droit à la vie privée.

      Selon l’une de ces sociétés, MSAB, 97% des forces de police britanniques utiliseraient le logiciel #XRY, donnant même un accès aux données supprimées des appareils mobiles, qu’il s’agisse de smartphones, de #modem_3G, de #GPS ou encore de #tablettes.

      Manque de transparence

      Aujourd’hui, Privacy International n’a pas la preuve que les forces de police ont recours à ce type de pratique envers les migrants, et ce malgré les révélations du journal The Guardian en 2016, statuant que le Home office, le ministère de l’Intérieur britannique, pouvait bel et bien avoir accès aux données mobiles des téléphones des migrants soupçonnés d’avoir commis un crime. Mais sur quels critères ? Le problème pour Privacy International : un manque de transparence sur cette question, régulée par une loi, selon eux, obsolète - la loi sur la police et les preuves pénales, datant de 1984. Elle accorde à la police le pouvoir d’exiger « n’importe quelle information stockée sous toute forme électronique ».

      « Nous craignons que les données mobiles des migrants soient extraites de leurs téléphones portables quand ils sont détenus dans des centres de rétention, ou lorsqu’ils passent d’un centre à un autre (au Royaume-Uni), sans que personne ne le sache vraiment », s’inquiète Millie Graham Wood, avocate au sein de Privacy International. « La loi sur laquelle ils disent s’appuyer est inadéquate et inapplicable aux nouvelles technologies », ajoute-t-elle.

      Un volume d’informations important

      Une inquiétude d’autant plus légitime lorsque l’on sait à quelles informations peuvent accéder les services de police britanniques quand ils ont recours à la technologie de #Cellebrite : les numéros de chacun des contacts enregistrés dans le téléphone, le journal d’appel, les messages textes et images envoyés, toutes les vidéos et images ainsi que leur date et heure de création (parfois même accompagnées de leur géolocalisation), les fichiers audio, les e-mails, les informations de navigation, les données GPS, les messages et contacts des applications de réseaux sociaux, tous les réseaux bluetooth auxquels a été connecté le téléphone, les codes de déverrouillages (qu’il s’agisse de chiffres ou de schémas), et même les données supprimées.

      « Ils n’ont aucune idée du volume d’informations qui peut leur être pris, et comment cela pourrait être utilisé contre eux dans le futur », explique Millie Graham Wood. D’autant que les informations trouvées dans le téléphone ne sont pas forcément précises et fiables à 100%. « Avec ce manque de transparence autour de la question de la provenance des données des migrants et de leur utilisation, il y a un risque d’erreur judiciaire, qui pourrait conduire à des expulsions à cause de ce qu’on a trouvé sur les téléphones et qui pourrait s’avérer incorrect. »

      Mais le #Royaume-Uni n’est pas le seul pays d’Europe où les données mobiles peuvent se retourner contre les migrants. En #Allemagne, la loi est plus claire : depuis le 18 mai 2017, les autorités peuvent examiner les #métadonnées des migrants potentiels et déterminer dans quels pays ils ont été, et à quel moment - vérifier, donc, leurs #témoignages lors de leur demande d’asile en cas de doute.

      Selon Wired, les autorités allemandes ont recours à un logiciel informatique appelé #Atos, qui utilise les technologies de deux entreprises spécialisées dans l’analyse forensique des téléphones, #T3K... et MSAB. Une combinaison d’outils qui permet d’accéder aux métadonnées contenues dans les téléphones portables.

      Des politiques différentes en Europe

      En Allemagne, la loi sur la surveillance des téléphones ne peut s’appliquer que dans le cas où l’identité ou la nationalité d’un demandeur d’asile ne peut pas être prouvée, et s’appuie sur la section 15a de l’Asylum Act, selon Annegret Korff, porte-parole de l’Office allemand des migrations (BAMF), interrogée par confrères du site Infomigrants. Seul le BAMF peut ensuite traiter ces données.

      En 2017, la #Belgique s’est aussi inspirée de son voisin allemand ; au mois de novembre, la Chambre a adopté la réforme du droit d’asile du secrétaire d’Etat Theo Francken. Un texte qui donne aux autorités la possibilité d’inspecter les téléphones portables des demandeurs d’asile, mais aussi d’éplucher leurs profils sur les réseaux sociaux afin de vérifier le récit du candidat quant à son parcours. L’objectif est aussi de contrôler leur #identité s’ils ne possèdent pas de documents pouvant la prouver. En cas de refus de rendre accessible son téléphone portable et ses réseaux sociaux, le demandeur d’asile peut être enfermé.

      Même chose en #Turquie. Là-bas aussi, les autorités se penchent sur les profils des migrants, dès leur passage à la frontière avec la Syrie. C’est ce que l’on peut lire dans un article de Marie Gillespie, professeur de sociologie à l’Open University du Royaume-Uni, et Souad Osseiran, anthropologiste spécialisée sur les questions de migrations et réfugiés en Turquie, ainsi que Margie Cheesman, de l’université d’Oxford au Royaume-Uni. Ils ont interrogé Saleem, qui témoigne : « quand je suis arrivé à la frontière en Turquie, le garde a pris mon téléphone et m’a demandé mon mot de passe Facebook. Au début, je ne voulais pas lui donner parce que j’avais peur, mais ils m’ont mis en prison pendant 15 jours, et m’ont frappé. Ils avaient pris mon téléphone, et j’étais coincé. »

      Dans l’article, on apprend aussi que la #surveillance en ligne peut continuer une fois les frontières européennes passées, puisque les autorités demandent aux demandeurs d’asile des informations à propos de leur compte #Facebook, les incitant à « nettoyer » leurs profils.

      La #France adopte, elle, une position différente de ses voisins : les autorités ne peuvent surveiller les données mobiles des migrants pour des procédures administratives telles que des demandes d’asile, sauf dans le cadre de la lutte contre le #terrorisme - où n’importe quelle personne suspectée peut être mise sur écoute.

      Mais alors pourquoi de telles différences de pratiques entre les pays européens ? Interrogé par Infomigrants en mars 2018, le Bureau des migrations et des affaires intérieures de la Commission européenne a répondu que le droit européen ne réglementait pas cette question. Chaque Etat-membre est donc en mesure de décider si oui ou non les demandeurs d’asile doivent remettre leur téléphone portable aux autorités, et s’ils font appel à des entreprises comme #MSAB. La firme résume d’ailleurs bien quelles sont ses possibilités en matière d’exploitation des données : « si vous avez accès à une #carte_SIM, vous avez accès à la vie entière d’une personne ».

      http://www.rfi.fr/europe/20180730-europe-donnees-mobiles-migrants-immigration-portables
      #smartphones #téléphones_portables #SIM

  • 5 singles (Poly Styrene)
    http://www.radiopanik.org/emissions/la-5e-semaine/5-singles-poly-styrene-

    5 singles (et 1 album). Voici le résumé de la fulgurante carrière de X-Ray Spex. La cinquième semaine trouve un cinquième prétexte pour vous faire passer une heure avec X-Ray Spex et sa chanteuse Poly Styrene. Influence majeure, Poly Styrene a crée un style de chant et s’est imposée comme la référence de la génération Riot Grrlls. Mais elle fut aussi une des premières figures de l’angleterre noire, qui commençait, dans les arts, la littérature et la musique à émerger publiquement.

    Dans la série 5 femmes puissantes.

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/la-5e-semaine/5-singles-poly-styrene-_03102__1.mp3


    #musique #femmes #uk #xrayspex

  • RFC 6415 : Web Host Metadata

    Ce court RFC spécifie une convention qui permet à un client Web de récupérer sur un serveur une description formelle de méta-données sur le site servi (par exemple l’auteur du site Web, ou bien la licence du contenu servi). Cela se fait en mettant ces méta-données au format #XRD dans une ressource nommée /.well-known/host-meta.

    http://www.bortzmeyer.org/6415.html

    #SeenThis_TODO