• Lieu emblématique de #formation à l’agro-écologie dans le #finistère, le CFA de #kerliver vit une rentrée crépusculaire
    https://splann.org/cfa-kerliver-rentree-crepusculaire

    Après 142 ans d’enseignement agricole, le centre de Kerliver, à #hanvec (29), vit peut-être sa dernière rentrée. Sur fond de réduction des dépenses, le #conseil_régional_de_bretagne a décidé le transfert de ses formations à #Châteaulin et #morlaix. Un collectif de salariés dénonce la brutalité de la manœuvre et croit en l’avenir de ce site tourné vers l’agro-écologie. L’article Lieu emblématique de formation à l’agro-écologie dans le Finistère, le CFA de Kerliver vit une rentrée crépusculaire est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Démocratie_locale #Agro-écologie #agroécologie #Avenir_Kerliver #centre_de_formation_agricole #christophe_matrat #Dominique_Blivet #draaf #enseignant #enseignement #établissement #loïc_hénaff #lycée_agricole #lycée_suscinio #mélanie_thomin #professeur #risques_psycho-sociaux #service_public #Yves_Cyrille

  • Le Faiseur de nuages

    Au cœur de l’Afrique, au #Burkina_Faso, se trouve la région du #Yatenga où se croisent #Touaregs, #Mossis et #Peuls. Il y souffle des vents chauds venus du désert, qui assèchent les récoltes, tarissent les cours d’#eau et font fuir les locaux. C’est ici que Poko aime écouter les histoires de sagesse de son père #Yacouba_Sawadogo (cela veut dire « ceux qui font les nuages » en langue mossi). Aujourd’hui, il raconte sa jeunesse : à 20 ans, il décide de percer le secret du sol pour arrêter la #désertification de sa région. Yacouba demande conseils à ses aïeux et réhabilite les #techniques_ancestrales. Son travail minutieux porte ses fruits ! Après des années d’effort, quinze hectares de forêt font rempart à l’avancée du désert et Yacouba remporte en 2018 le Prix Nobel alternatif. Une poignante ode à la #biodiversité se dessine à travers les mots de Damien Deville et les couleurs chatoyantes de Magali Attiogbé.

    https://www.page-educ.fr/livre/le-faiseur-de-nuages
    #livre #BD #bande-dessinée #bande_dessinée

    • L’homme qui arrêta le désert

      Depuis le Burkina Faso, aux confins des dunes sahariennes, une voix inspirante s’élève : celle de Yacouba Sawadogo. Lauréat du Right Livelihood Award, prix Nobel alternatif, il consacre sa vie à planter des #arbres aux portes du désert.
      Alors que tout semblait perdu, qu’au début des années 1980, une grande #sécheresse décimait les troupeaux et contraignait les familles à l’exil, Yacouba a fait le choix de retourner à la terre. En réinventant la #méthode_ancestrale du #zaï, en renouant avec les héritages de sa propre lignée familiale, les « #faiseurs_de_pluie », et en défrichant les chemins d’une quête spirituelle, il a ressuscité la vie. Les familles se sont réinstallées, les champs ont retrouvé leur fertilité, et l’antilope, le hérisson et l’oiseau ont repris leurs quartiers : le village de #Yacouba est redevenu un monde de relations, une oasis verdoyante, une terre de poésie et de partage.
      Raconter l’oeuvre de Yacouba Sawadogo, c’est faire découvrir la philosophie d’un homme devenu, au fil des années, le coeur battant de tout un peuple. À l’heure où les territoires tremblent, où le changement climatique menace les écosystèmes, où l’humanité érige plus de murs qu’elle ne construit de ponts, nous avons besoin de ces voix qui font briller les lumières de notre temps.

      https://www.librairiealbinmichel.fr/livre/9791030103977-l-homme-qui-arreta-le-desert-damien-deville-yacou

  • Trita Parsi: Why the World Is Quietly Taking Iran’s Side in the War

    via https://diaspora.psyco.fr/p/12688845

    https://www.youtube.com/watch?v=sX74ItwSjew

    2026-08-29 — 40 min.

    ♲ Trita Parsi - 2026-08-29 17:16:00 GMT

    also via Twi_X - https://x.com/tparsi/status/2093749729729364221

    Talked to @glenn\_diesen both about why there is more bark than bite behind Trump’s latest Iran sanctions, and why so many foreign leaders - who are squarely in the US camp generally - secretly root for Iran and for Trump to get stuck in the Persian Gulf.

  • Fantômes des cimes : Vie, #ruines et #renaissance des villages de #montagne

    Pourquoi ces hameaux ont-ils été désertés ?

    Si certains villages offraient autrefois une autonomie agricole précieuse (avec jardins, vergers et pâturages), la rudesse de l’hiver, le risque permanent d’avalanches et les heures de marche nécessaires pour atteindre une école ou un médecin ont eu raison de nombreuses communautés. L’#exode_rural, l’attrait de l’industrialisation des vallées (comme les usines de la #Maurienne ou du #Val_d’Aoste), mais aussi des politiques autoritaires de #reboisement ou de création de #barrages_hydroélectriques ont fini de vider ces territoires.

    Quand la #nature férale reprend ses droits

    Que se passe-t-il lorsque le dernier habitant ferme sa porte ? L’épisode décrit un phénomène fascinant : l’#enfrichement et la #recolonisation_végétale. Les toits s’effondrent sous le poids de la neige, les #ronces envahissent les églises, et des arbres poussent directement à l’intérieur des anciennes habitations. Surtout, ces #ruines se transforment en refuges paisibles pour la #faune_sauvage. Chevreuils, cerfs et chamois n’hésitent plus à s’installer et même à dormir au cœur de ces anciens villages.

    Une #résurrection est-elle possible ?

    L’abandon n’est pourtant pas toujours une #fatalité. Si le #désenclavement par la création d’une piste carrossable est rendu possible, certains hameaux reprennent vie. Attirés par le #silence, la #nature et l’#isolement, de nouveaux propriétaires restaurent ces ruines pour en faire des #résidences_secondaires ou des projets écotouristiques, malgré les défis imposés par les règles d’urbanisme complexes comme la #loi_Montagne.

    https://open.spotify.com/episode/3lInEc3AW5tdoNvIj8P23w?si=ZGe3jo5IRNWe9S54IxAeKQ

    https://www.youtube.com/watch?v=8KAAaJgr3c0

    https://www.mauriennisezvous.fr/actualit%C3%A9s/podcast-hors-serie-le-destin-des-villages-de-montagne-abandonnes
    #abandon #podcast #audio #Yannis_Nacef #conférence

  • DATOS CURIOSOS DE CUBA 🇨🇺 | Alejandro Martínez. - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=nGpMLGHVlMo


    https://yt3.googleusercontent.com/xQiVrJMpMip-axGY9n6M_lsi3UEoZUFBLlEraxFl53ZZgxyj1JDtITkHBQDtT

    Hola a todos en este video verán algunos datos curiosos de cuba que algunos turistas no conocen🇨🇺.

    •Espero y les guste , déjenme saber que dato les impresiono más de cuba y no olviden darle like al video , suscribirse si aún no lo estan y activar la campanita de notificaciones 🔔 para que no se pierdan ningún video .

    #vidaencuba #datoscuriosos #cuba #videoviral
    #youtubercubano #curiosidades

  • Hola a todos en este video verán algunos datos curiosos de cuba que algunos turistas no conocen🇨🇺.

    •Espero y les guste , déjenme saber que dato les impresiono más de cuba y no olviden darle like al video , suscribirse si aún no lo estan y activar la campanita de notificaciones 🔔 para que no se pierdan ningún video .

    #vidaencuba #datoscuriosos #cuba #videoviral
    #youtubercubano #curiosidades
    https://www.youtube.com/watch?v=nGpMLGHVlMo

  • Il ricamo tradizionale palestinese preserva un’identità calpestata

    Attraverso il #tatreez #Yasmine_sit_Aboha riscopre e valorizza le proprie origini. Non è infatti “solo” una forma di decoro ma un linguaggio dove ogni ornamento racconta una storia. E il #collettivo_Carbush aiuta a diffondere queste patrimonio.

    Il collettivo Carbush nasce quando stare con le mani in mano non era più possibile. Non era più possibile per Yasmine sit Aboha, giovane italo-palestinese che vive a Milano, che le mani aveva bisogno di muoverle per scacciare un grande senso di impotenza, di farle lavorare per riscoprire le sue origini, di ricamare per cercare la complessità che si nasconde dietro anche al più semplice dei simboli: una X.

    È per questo che il 5 dicembre 2024 ha fondato Carbush, un progetto che mette al centro il ricamo tradizionale palestinese ovvero il tatreez. Questo termine letteralmente si traduce con “abbellimento” ma Yasmine ci tiene a precisare che questa parola, così come la intendiamo noi, non è abbastanza. Perché la pratica del tatreez non è nata solo per decorare gli abiti tradizionali per renderli più belli attraverso motivi ornamentali ma è un vero e proprio linguaggio dove ogni ricamo ha un suo significato e racconta una storia. E come ogni lingua ha delle origini antichissime che sono difficili da stabilire ma nel tempo si evoluta e si è arricchita, diventando anche espressione della resistenza palestinese dall’occupazione israeliana.

    Ne è un esempio “il vestito della Nakba”. Un abito che risale agli anni Trenta e dimostra come durante quella che i palestinesi hanno chiamato la “catastrofe”, ovvero l’espulsione di più di 700mila persone dalle proprie terre in seguito alla proclamazione dello Stato di Israele nel 1948, il ricamo fosse diventato un modo per tramandare l’identità di un popolo esiliato. La storia di questo vestito racconta infatti due vite: quella vissuta in Palestina e quella segnata dall’esilio forzato. Fu donato dalla donna che lo aveva ricamato a un’altra cacciata dalla propria casa e in cammino verso la Cisgiordania. Rachel Dedman, curatrice e storica lo scrive nel suo libro “Stitching the Intifada: embroidery and resistance in Palestine” e Yasmine lo spiega sempre a chi partecipa ai suoi laboratori dove lo insegna a chiunque voglia apprenderlo, per far comprendere il valore politico che nella storia ha assunto il tatreez. “Una volta che impari a fare una X impari a fare tutto perché è veramente un gesto così semplice -dice Yasmine-. Poi quello che cerco di trasmettere sempre è che non è una pratica individuale ma è un momento per stare insieme, per creare comunità”.

    Il ricavato della quota di partecipazione a questi workshop (l’ultimo si è svolto durante la festa di Altreconomia lo scorso 18 ottobre) insieme a quello raccolto dalla vendita dei ricami di Yasmine su magliette, felpe, segnalibri etc. viene poi donato a supporto delle famiglie palestinesi che sono riuscite a raggiungere l’Italia. Ad aiutarla in questa piccola ma significativa impresa c’è sua sorella gemella Michelle.

    “Yasmine ha iniziato a ricamare già molto tempo fa -racconta Michelle- e ho capito che ha creato Carbush per dare una risposta al suo senso di impotenza contribuendo a far conoscere la cultura palestinese che in questo momento è veramente importante. Poi però a livello personale è diventato qualcosa di più. Come spesso accade l’espressione artistica rappresenta un modo per scavare dentro sé stessi e per tentare di risolvere degli aspetti della propria vita. Mi riferisco al fatto che per noi è stato difficile ‘capire di essere palestinesi’ ed è qualcosa che è arrivato in età adulta. Sapevamo che c’era questo aspetto nella nostra vita ma è come se nella quotidianità non avesse alcun spazio, la nostra identità non veniva vista e non veniva capita perché la Palestina non si conosceva e nostro padre, palestinese originario della Cisgiordania, ce ne parlava poco”.

    Il tatreez è diventato quindi non solo un modo per agire e reagire ma anche per riscoprire le proprie origini e Carbush è il frutto dell’elaborazione che le due sorelle hanno fatto di quello che il padre ha tramandato loro anche involontariamente.

    “Nostro padre non ci ha mai detto ‘adesso vi racconto che cosa significa essere palestinese’, eppure ci ha trasmesso la sua identità”. Carbush in dialetto palestinese significa infatti “tendaccia”. È una parola che Yasmine e Michelle hanno sentito cantare proprio da lui.

    https://altreconomia.it/il-ricamo-tradizionale-palestinese-preserva-unidentita-calpestata
    #broderie #Palestine #résistance #tradition #Carbush #patrimoine #artisanat

  • Razza, maschilità e violenza di Stato

    Se si ripercorrono le cronache di alcuni fatti di sangue che riguardano giovani uomini migranti e cittadini neri e brown, non è difficile accorgersi della persistenza in Italia di un razzismo che non è solo di tipo sociale e culturale, ma è anche strutturale – ossia pervade lo Stato e le sue istituzioni, incluse le forze di polizia. Nei casi delle persone uccise dalle forze dell’ordine tra il 2021 e il 2026, l’atto estremo non appare giustificato da nessuna «legittima difesa», se non da una sorta di profilazione razziale che rendeva l’eliminazione di quei corpi meno scandalosa e, in fondo, accettabile.

    Il 26 gennaio del 2026 muore Abderrahim Mansouri, ventottenne marocchino, ucciso con un colpo alla testa da Carmelo Cinturrino, agente di polizia nel boschetto di Rogoredo, luogo attraversato e abitato da spacciatori, tossicodipendenti e persone senza fissa dimora. Da Cinturrino viene immediatamente addotta la legittima difesa, e altrettanto immediatamente il discorso pubblico (istituzionale e mediatico) accetta questa versione, sulla base del «legittimo sospetto» non solo legato al luogo in cui avviene l’omicidio, ma anche alle figure coinvolte, l’agente – italiano – e la persona uccisa – un ragazzo non italiano – di cui ancora oggi fatichiamo a conoscere la vicenda personale.

    Sappiamo che non è morto sul colpo e che poteva essergli risparmiata un’ora di agonia. Dalla stampa, che dà per buona la versione dell’agente Cinturrino, si evince che era un ragazzo con precedenti penali per spaccio di eroina, rapina e resistenza a pubblico ufficiale e che aveva una famiglia in Italia – il fratello che, per nulla convinto dalla ricostruzione dei fatti fornita dalla polizia, si è rivolto all’avvocata Debora Piazza.

    Le reazioni istituzionali seguono un copione già visto con l’omicidio di Moussa Diarra nel 2024 – ucciso alla stazione di Verona con un colpo al petto a notevole distanza da un agente della Polfer di pattuglia quella notte – o con quello di Ramy Elgaml a Milano, la notte del 24 novembre del 2024, sempre a Milano, quando una macchina dei carabinieri insegue per vari chilometri e sperona il motorino su cui viaggia con un amico e lo uccide per non essersi fermato a un posto di blocco: solidarietà completa e senza riserve alle forze dell’ordine.

    L’ipotesi di un uso eccessivo della forza non viene presa in considerazione (si vedano le dichiarazioni del ministro Salvini a favore di Cinturrino e la petizione «Io sto col poliziotto», lanciata immediatamente dopo dal ministro e dal suo partito), a prescindere dal profilo di Mansouri: si tratta senza dubbio di pericoloso malvivente, così pericoloso da legittimare un colpo alla testa da parte di un tutore dell’ordine.

    Che Mansouri fosse un ragazzo, un ragazzo marocchino, uno spacciatore e dunque un piccolo delinquente, non viene negato da nessuno, nemmeno dal fratello. Non lo hanno negato tantomeno tutti coloro che – inascoltati in precedenza nonostante avessero denunciato le malefatte di Cinturrino e di altri poliziotti che controllavano la zona – si sono presentati agli inquirenti, pur rischiando di essere perseguiti per irregolarità o per spaccio, raccontando dei furti di denaro e droga, delle torture, della violenza su di sé e su altri, degli arresti arbitrari e delle minacce a cui Cinturrino e altri poliziotti li avevano sottoposti.

    In Italia, «spacciatore marocchino» è un significante di grande peso simbolico tramandato dagli anni Novanta ad oggi, indipendentemente dalla reale cittadinanza dello spacciatore. «Marocchino» sta per nordafricano, per scuro (nel senso di brown), e per «panico morale contro la microcriminalità» a cui i vari provvedimenti per «città (più) sicure» hanno dato risposta da allora soprattutto nel Nord Italia.

    Qui, in quegli anni, «marocchino» era chiunque venisse da un luogo a sud del Po e questa etichetta, unita a quella di spacciatore, senza alcun discrimine sul tipo di droga, sul grado di pericolosità del soggetto o sul suo grado di coinvolgimento nella malavita organizzata, equivaleva alla figura di una persona, di genere maschile, estremamente stigmatizzata e identificata come «cancro sociale».

    Oggi, a differenza degli anni Novanta, a questo stigma si combina il panico da invasione e l’idea che a invadere la società italiana dal Sud globale siano persone «naturalmente» propense a divenire «cancro sociale» e a destrutturare i valori alla base della convivenza civile.

    Mansouri-spacciatore marocchino non è un soggetto pericoloso, almeno nel momento in cui deflagra il colpo di pistola che lo colpisce alla tempia. Uno sparo in alcun modo giustificabile. Così come quello sparato al cuore di Moussa Diarra, che brandiva un coltellino, a distanza, in evidente stato confusionale; né il colpo mortale a Younes El Boussettaoui, che dava fastidio agli avventori di un bar, sparato nel luglio del 2021 dall’ex assessore comunale della Lega Massimo Adriatici; né l’inseguimento mortale di Elgaml, che fuggiva in motorino da un posto di blocco.

    L’idea che il corpo scuro – e nero – sia «fuori luogo», avvertito come una minaccia insostenibile alle basi (valoriali) della cittadinanza, è da leggersi come elemento fondativo, oggi, di una grammatica della nazione che è sostanziata da una politica delle emozioni cesellata a partire da un razzismo estremamente radicato e al contempo negato. Diarra, ventiseienne, in Italia da 12 anni; Elgaml diciannovenne cittadino italiano di origini egiziane; El Boussetaoui, trentanovenne cittadino marocchino: si tratta di corpi che meritano una lezione perché fuori posto, indisciplinati, aggressivi, indocili, fuori dal decoro e sbruffoni.

    Non importa se El Boussetaoui fosse da tutti conosciuto, che la sua famiglia fosse ben radicata, né che Elgaml fosse solo un ragazzo, nato e cresciuto a Milano, città in cui abitava con tutta la famiglia. «Dare una lezione» a un corpo estraneo – nordafricano, musulmano, dal nome che denota non-appartenenza, un corpo che manifesta tensioni storiche tra un lato e l’altro del Mediterraneo, e che è altrettanto storicamente oggetto del razzismo italiano contro il mondo islamico al di là del Mediterraneo – non ha nulla a che vedere con la legittima difesa.

    Nerezza, brownness, maschilità e alterità migrante. Nel caso di chi, come El Boussetaoui, Diarra, Elgaml e Massouri, è stato ucciso in nome della «difesa della società» questa stessa intersezione aveva reso le vittime un pericolo da dissipare. Si tratta di persone la cui morte non è solo accettata, ma auspicabile.

    Si tratta di persone che non sono necessariamente pericolose perché minaccia fisica reale per le forze di polizia o per i cittadini apprendono dai giornali di cosa sia il boschetto di Rogoredo, ma che lo sono proprio in virtù della loro mascolinità nera e scura, dell’essere non cittadini e corpi e vite relegati ai margini (spacciatori e tossicodipendenti come nel caso di Massouri, con problemi di salute mentale o di traumi legati alla migrazione, come nel caso di El Boussetaoui e Diarra, o semplicemente italiani mai pienamente riconosciuti come tali, come nel caso di Elgaml).

    Siamo di fronte a un’ontologia del sospetto, o di sospetti «per essenza» che devono essere puniti, e talvolta pure eliminati. Sono i «maranza», una definizione colloquiale che identifica soggetti maschili, giovanissimi e giovani, scuri e neri, dediti a pratiche da gang e/o a piccoli crimini (i teppistelli di oggi).

    Per arrivare a sostenere che di Diarra – lo ha fatto il ministro Salvini – nessuno «sentirà la mancanza», è necessario non solo precostituirlo come parte di un «loro» (i maranza, appunto) contrapposto a un «noi» e negare l’esistenza di una rete di affetti attorno a lui che possa tagliare trasversalmente tale supposta dicotomia, ma anche identificarlo come cattivo e pericoloso.

    Nel caso di Elgaml, come in quello di Diarra, l’operato delle forze dell’ordine non può per definizione essere tacciato di condotta illegittima. Tale operato è in funzione della difesa di quella «comunità immaginata» che non ha bisogno di essere definita poiché la sua natura è apparentemente auto-evidente.

    Così come si può non nominare la bianchezza di tale comunità, può non essere nominata la funzione essenziale a cui le forze dell’ordine assolvono, ossia quella di preservarla. Senza nominare razza e bianchezza, nella dicotomia «noi-loro» si addensa tutta la pesantezza del razzismo sistemico (o sociale) e strutturale (o istituzionale) italiano.

    Il 22 ottobre 2024 viene pubblicato l’annuale Rapporto sull’Italia redatto dalla Commissione del Consiglio d’Europa contro il razzismo e l’intolleranza (Ecri). Esso conferma la tesi dell’esistenza in Italia di razzismo sistemico e strutturale e sottolinea come le minoranze siano esposte a discorsi d’odio, mancanza di protezione e assenza di programmi di inclusione e valorizzazione della diversità. Inoltre, accusa la polizia italiana di fare «profilazione razziale» contro persone rom e nere.

    Nonostante la complessità dei temi toccati, all’indomani della sua pubblicazione, i commenti istituzionali così come i maggiori giornali italiani si sono concentrati quasi esclusivamente sulle accuse dell’Ecri alle forze dell’ordine, rifiutando l’idea che esse siano agenti di una discriminazione e di una esposizione alla morte prematura di persone razzializzate come non bianche che pervade l’intera struttura sociale e cultura italiane (rimando al mio saggio sulla rivista «Studi sulla questione criminale» per i dettagli di questa lunga scia di morte).

    Massouri così come El Boussetaoui, Elgaml e Diarra, era profilato come «sospetto per essenza» e ontologicamente pericoloso, e dunque «uccidibile». Immediatamente liquidato come colui che tra i due doveva morire, anche quando Cinturrino si scopre essere un malvivente che usa la propria divisa per acquisire favori e denaro ed esercitare potere discrizionale contro gli ultimi degli ultimi (incluso uno spacciatore disabile «contro cui l’agente si accaniva» a martellate), alla famiglia di Massouri, e all’Italia intera non si chiede scusa, come non si chiese scusa ai famigliari e ai cari di Diarra e Elgaml: perché loro non sono noi e le loro famiglie non sono le nostre.

    Cinturrino è oggi indagato con altri sei agenti della sua squadra per estorsione e percosse, calunnia e rapina, detenzione e spaccio di sostanze stupefacenti, sequestro di persona, depistaggio, concussione, arresto illegale e omicidio volontario premeditato, una volta che le perizie e i video trovati, oltre alle testimonianze, hanno provato l’inesistenza della pistola attribuita a Massouri e che quest’ultimo è stato raggiunto da un colpo alla testa quando era al telefono e stava scappando verso il bosco.

    Nel caso di Diarra il giudice ha respinto la richiesta di archiviazione sulla base della contestazione all’uso eccessivo della forza da parte della Polfer. Per la morte di Ramy è stato richiesto il rinvio a giudizio dei sette carabinieri coinvolti nell’inseguimento, accusati di depistaggio e favoreggiamento: costrinsero testimoni a cancellare video e falsificarono i verbali. Nel caso di El Boussetaoui, il giudice ha condannato Adriatici a una pena superiore a quella chiesta dall’accusa.

    Sia chiaro, non c’è nulla di cui rallegrarsi. Queste persone sono state brutalmente uccise per il futile motivo di essere il «loro» in mezzo al «noi» da chi dovrebbe proteggere tutti.

    https://rivistadissonanze.it/corpi/sospettare-e-punire-profilazione-razziale
    #racisme #race #masculinité #violences_policières #Italie #violence_d'Etat #violence #Noirs #discrimination #légitime_défense #Abderrahim_Mansouri #Rogoredo #Carmelo_Cinturrino #Moussa_Diarra #Ramy_Elgaml #étrangers #criminalité #Younes_El_Boussettaoui #corps_noirs #homicide #suspect #maranza #racisme_systémique #racisme_structurel #altérité #profilage_racial

  • Dietro le mura di un manicomio: De Rosa e Sicolo esplorano le vite dentro gli archivi del #Leonardo_Bianchi
    https://informareonline.com/dietro-le-mura-di-un-manicomio-de-rosa-e-sicolo-esplorano-le-vite-d

    La storia di una donna che cambia sesso negli anni ‘40, quella di un matematico anarchico morto giovane suicida e quella di una presunta spia giapponese nascosta dalla dicitura ‘suddito cinese’. Sono solo alcune delle vicende racchiuse tra le mura dell’ex manicomio Leonardo Bianchi di Napoli. Abbiamo incontrato la direttrice del Polo Archivistico Sanitario del […] L’articolo Dietro le mura di un manicomio: De Rosa e Sicolo esplorano le vite dentro gli archivi del Leonardo Bianchi proviene da Informareonline, scritto da Redazione Informare

    #Approfondimenti #Cultura #Magazine_Agosto_2026 #anna_sicolo #Yvonne_De_Rosa

  • Appel à la reconnaissance internationale du génocide des Yézidis

    Le Congrès des communautés démocratiques du Kurdistan en Europe (en kurde : Kongreya Civakên Demokratîk â Kurdistanîyên li Ewropa, KCDK-E) a appelé à la reconnaissance internationale du génocide des Yézidis de Shengal (Sinjar), à la poursuite des responsables et à la révélation du sort des femmes et des enfants toujours disparus. L’organisation souligne que la justice et la reconnaissance des droits du peuple yézidi constituent des garanties essentielles pour empêcher la répétition de tels crimes.

    Dans une déclaration publiée à l’occasion du 12e anniversaire du génocide, l’organisation faîtière kurde, KCDK-E affirme que le 3 août 2014 restera l’un des chapitres les plus sombres de l’histoire contemporaine. Ce jour-là, les mercenaires de l’État islamique ont perpétré un génocide systématique contre le peuple yézidi à Shengal, dans une tentative délibérée d’anéantir une communauté entière. Les Yézidis désignent cette tragédie comme le « 74e Firman ».

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/08/08/yezidis-persecutes-et-oublies/#comment-75298

    #yezidi

  • Incendies, canicules, inondations : “Le plus terrifiant, c’est l’absence de colère”
    https://www.courrierinternational.com/article/opinion-incendies-canicules-inondations-le-plus-terrifiant-c-

    “Imaginez que les services de renseignement découvrent que des terroristes préparent un attentat contre votre ville, et qu’ils expliquent, en temps et en heure, aux autorités ce qu’il faut faire pour éviter qu’il y ait des morts et des blessés, mais que les autorités ne fassent rien.”

    “C’est à peu près ce qui est en train de se produire à l’échelle mondiale”, écrit le quotidien belge De Morgen dans un éditorial particulièrement incisif.
    “Il y a trente-six ans, les scientifiques alertaient déjà quant aux destructions mortelles qui nous parviennent désormais en rafales sous la forme de flashs infos : ‘des dizaines de milliers de personnes évacuées’, ‘des milliers de morts en raison de la canicule’, ‘fumée dangereuse à cause des feux de forêt’, ‘champs asséchés et récoltes détruites’.” Leurs avertissements n’auront servi à rien.

    https://justpaste.it/ajh6q

    #réchauffement_climatique #crimes_contre_l'humanité (mais pas que) #écocide #effondrement l’authentique #écoterrorisme

  • En Ethiopie, le démantèlement d’un réseau de passeurs vers l’Arabie saoudite révèle l’importance de cette route migratoire
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/07/29/en-ethiopie-le-demantelement-d-un-reseau-de-passeurs-vers-l-arabie-saoudite-

    En Ethiopie, le démantèlement d’un réseau de passeurs vers l’Arabie saoudite révèle l’importance de cette route migratoire
    Par Maëlle Duhamel
    Après des mois d’enquête, la police éthiopienne a renvoyé 17 personnes devant la justice, le 21 juillet. Elles sont accusées d’être membres d’un important réseau de passeurs qui a permis à plus de 40 000 personnes, en majorité des Ethiopiens, de franchir le détroit de Bab Al-Mandab, du continent africain vers le Yémen.
    Dirigé par Mohamed Tahir Aden dit « Wardi », dont la nationalité n’a pas été communiquée, le réseau entrait en contact avec les candidats à l’exil par des intermédiaires opérant dans plusieurs régions du pays, avec à la clé la promesse d’un emploi et d’une vie meilleure en Arabie saoudite.Accusé de trafic d’êtres humains, de transactions illégales de type hawala – un système informel de transfert d’argent basé sur un réseau d’intermédiaires de confiance qui permet de déplacer des fonds à travers les frontières – et de blanchiment d’argent, le groupe a extorqué plus de 1 milliard de birrs (quelque 5,5 millions d’euros) à ses victimes. Il est aussi soupçonné d’être lié à la mort, sur le chemin de l’exil, de 60 personnes.
    Ce coup de filet, le quatrième cette année en Ethiopie pour les mêmes motifs, met en lumière la route migratoire de l’Est qui relie la Corne de l’Afrique aux pays du Golfe. En 2025, les passages y ont explosé : 506 000 mouvements ont été détectés par l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), soit 18 % de plus que l’année précédente.
    Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), de 200 à 300 personnes en provenance d’Ethiopie arrivent chaque jour à Obock, sur les côtes djiboutiennes, pour tenter de traverser la mer Rouge et rejoindre le Yémen via le détroit de Bab Al-Mandab, à 30 kilomètres de distance. Un autre itinéraire de cette route, plus long et moins emprunté, part des environs de la ville de Bosaso, au Somaliland. Les exilés rejoignent là aussi les côtes yéménites, à 300 kilomètres.
    D’après l’étude « Migration circulaire entre l’Ethiopie et le Golfe », publiée en mars 2025, chaque passager débourse entre 7 000 et 22 000 birrs pour une place dans un bateau surchargé.Les décès comptabilisés sur cette route ont, eux aussi, atteint un niveau record. En 2025, 922 personnes sont mortes ou ont disparu en mer Rouge, contre 558 en 2024. Des chiffres qui font de 2025 l’année la plus meurtrière jamais enregistrée depuis 2014.Plusieurs facteurs expliquent l’augmentation des passages sur cette voie. D’abord, les passeurs se sont adaptés à l’intensification de la répression opérée par les autorités djiboutiennes, éthiopiennes et somaliennes sur les points de transit « traditionnels ». D’après l’OIM, « de nouvelles tactiques de contrebande », notamment « le recours croissant à des itinéraires plus isolés à travers Djibouti », ont permis aux trafiquants « de contourner les points de contrôle et donc d’accélérer les flux migratoires ».
    Mais, surtout, « les passages augmentent, à mesure que se détériorent les conditions de vie en Ethiopie », pays d’origine de 97 % des migrants qui empruntent cette route, explique Marina de Regt, anthropologue à l’Université libre d’Amsterdam et spécialiste des migrations entre la Corne de l’Afrique et le Yémen.D’après le HCR, les motivations économiques demeurent la principale cause de départ. Car, si la croissance éthiopienne, à 9,8 % en 2025 d’après la Banque mondiale, est l’une des plus élevées du continent africain, elle est loin d’être inclusive : l’inflation, à plus de 13 %, reste forte, et le taux de pauvreté, lui, a grimpé à 43 % en 2025, après des années de progrès dans la réduction de la pauvreté.
    L’insécurité dans plusieurs régions du pays pousse également de nombreux Ethiopiens sur les routes. Au Tigré, les tensions persistantes entre la région et le gouvernement fédéral « ont fait perdre espoir à la majorité de la jeunesse tigréenne », déplore Hayesh Subagdis, ancien dirigeant du Bureau des affaires de la jeunesse pour la région. « Avant la guerre [déclenchée le 3 novembre 2020], cela arrivait que des jeunes partent, pour gagner plus d’argent en Arabie saoudite. Mais, depuis 2023, ils fuient avant tout par peur d’un nouveau conflit », souligne-t-il.
    D’après les estimations de son ancienne institution, près de 100 000 Tigréens ont quitté la région entre janvier 2023 et mars 2026. Des chiffres qui sont « certainement en deçà de la réalité », le Bureau n’ayant pas de données relatives à l’ouest du Tigré, administré depuis la guerre par la région Amhara.Dans cette zone aussi, la situation sécuritaire est très dégradée. Le conflit, qui oppose depuis avril 2023 les Fano, une milice nationaliste amhara, à l’armée fédérale, incite nombre de ses habitants à fuir : d’après l’OIM, l’Amhara est la première région d’origine des migrants de la route de l’Est.A leur arrivée au Yémen pourtant, les exilés sont confrontés à une multitude de violences. Kidnappings contre rançons, vidéos de torture envoyées à la famille, viols : « Le système mis en place par les trafiquants dans le pays est comparable à celui appliqué en Libye », affirme Ayla Bonfiglio, chercheuse spécialiste de la route de l’Est pour le Migration Mixed Centre, basé à Genève.
    L’enquête de la police éthiopienne sur le réseau démantelé ce mois-ci a ainsi révélé l’existence d’entrepôts au Yémen, spécialement aménagés pour la détention de migrants. Des prisons informelles, où les migrants ont subi « de graves sévices et des traitements inhumains », y compris, pour les femmes détenues, des violences sexuelles.« Tout ça, bien sûr, les jeunes le savent. Devant les églises, toutes les semaines, on peut voir des parents réclamant de l’argent aux fidèles, photo de leur enfant à la main pour payer les rançons, explique Hayesh Subagdis. Mais cela ne les empêche pas de partir. Beaucoup me disent : “Je sais que je peux mourir en chemin mais, au moins, j’aurai tenté ma chance”. »

    #Covid-19#migration#migrant#ethiopie#arabiesaoudite#yemen#routemigratoire#migrationirreguliere#sante#OIM#HCR

  • Après la #canicule : quelle #révolution ?
    https://frustrationmagazine.fr/canicule-revolution-2

    La troisième #vague #caniculaire est en train de faire de nouvelles #victimes. On meurt chez soi, on meurt dans les transports, on meurt au travail et on meurt dans des hôpitaux en surchauffe. Dans les prisons, c’est un enfer, avec 50 degrés dans les cellules et l’indifférence complète. Du côté de la faune et de la flore, c’est l’hécatombe. Dans les élevages industriels, des millions d’animaux crèvent dans d’atroces souffrances, dans l’indifférence générale. Nous sommes en train de vivre l’une des plus grandes catastrophes naturelles de notre histoire récente mais, sur les plateaux TV et à l’Assemblée nationale, c’est business as usual : il ne faudrait pas freiner la marche du capitalisme estival. En dehors de ces cercles climatisés, on s’interroge : qui est responsable de ce qui nous arrive ? Est-ce nous-mêmes, avec notre appétit “consumériste” et technologique ? Ou bien les usagers des #yachts, des résidences secondaires, les mêmes qui influencent nos lois et notre économie ? Et que faire ? Signer une énième pétition pour espérer d’autres effets que ceux enregistrés par le mouvement climat au cours de la dernière décennie ? Ou monter en radicalité ? Mais pour aller vers quoi ? Le retour à la bougie ? Le repli local ? Et pourquoi pas le communisme, mais lequel ?

  • Où va le SEO en 2026 en France ? Entretien avec Aurélien Bardon, fondateur de ASEOX
    https://oliviersauvage.com/2026/05/28/ou-va-le-seo-en-2026-en-france-entretien-avec-aurelien-bardon-fondat

    Le nouveau marché du SEO : l’achat de #citations

    Olivier : Finalement, ça revient à faire du #SEO classique, en produisant du contenu ou en obtenant des citations sur d’autres sites. Ma conclusion, c’est qu’on va passer de l’achat de #backlinks à l’achat de citations sans lien.

    Aurélien Bardon : Tout à fait. C’est le nouveau marché des places de netlinking, souvent à un coût un peu moindre. Les études montrent que les contenus qui performent sont ceux qui facilitent l’extraction d’information pour l’algorithme : comparatifs, données précises, et mise en forme lisible (tableaux, phrases courtes). Encore une fois, un bon article SEO intègre déjà cette clarté, l’UX, et l’accessibilité.

    Cependant, il faut noter l’impact majeur des LLM sur le SEO. Google est agacé de se faire scraper par des concurrents (comme #ChatGPT) et a pris des mesures concrètes : il a recruté pour lutter contre le #scrapping, ce qui complique aussi la vie des SEO qui scrapent pour surveiller leurs positions. #Google a même utilisé une méthode redoutable, déjà vue chez #Amazon : renvoyer de fausses données aux scrapers pour pourrir leur base, favorisant au passage ses propres services (comme #YouTube). C’est une guerre ouverte.

    (...)

    Olivier : Pour conclure, quelle recommandation globale donnerais-tu à une PME pour sa stratégie #marketing ?

    Aurélien Bardon : Le #GEO n’est pas le sujet prioritaire en France pour l’instant, mais il faut le garder sous le coude. Pour toute entreprise ayant les moyens, la veille et l’investissement exploratoire sont obligatoires. Nous faisons face à une révolution gigantesque que nous ne pouvons ignorer.

    Si Google décidait de mettre #Gemini en avant par défaut, l’usage exploserait à des milliards de requêtes par jour. Deux facteurs freinent cela :

    – Les Coûts : Traiter une requête #LLM est beaucoup plus coûteux qu’une requête de recherche classique. Ils attendent une baisse des coûts de traitement.
    – La #Publicité : Google doit réussir à intégrer la publicité dans les réponses LLM de manière rentable, sans impacter les clics sur les publicités existantes.

    Cette révolution est sociétale et impacte tout. Nous vivons une période de destruction-création, rappelant les débuts du web, mais en plus brutal. Il y a un sentiment de paralysie face à l’incertitude sur l’avenir des compétences traditionnelles.

  • Il colonialismo del carbonio vissuto dalle comunità indigene dell’Amazzonia colombiana

    I programmi di conservazione forestale che permettono di emettere crediti di carbonio sui mercati internazionali si mostrano inefficaci ma soprattutto ingiusti. Reportage dalla fitta foresta del #Guaviare, casa dei #Nükak, stretti tra i “#carbon_cowboy” che puntano alla mercificazione del loro territorio, le disidencias delle Farc e attori esterni che ne minano la coesione sociale.

    “Dove si mette l’anidride carbonica? Porteranno delle bottiglie?”, chiede un membro dei Nükak, comunità indigena dell’Amazzonia colombiana. Si rivolge a un dipendente di #CorpoGreen, azienda che ha proposto alla comunità un progetto #REDD+ (acronimo di #Reducing_emissions_from_deforestation_and_forest_degradation), programma di conservazione forestale che permette di emettere crediti di carbonio sui mercati internazionali.

    Chi acquista questi crediti, ovunque si trovi, può così compensare le proprie emissioni di gas a effetto serra, invece di ridurle. Il giornalista britannico George Monbiot le ha definite “indulgenze climatiche”.

    La domanda che si sentono rivolgere molti sviluppatori di progetti REDD+ cela un nodo fondamentale: come funziona la compensazione del carbonio? Come si va dalla spunta alla casella “compensa le emissioni del tuo volo” all’immagazzinamento di tonnellate equivalenti di anidride carbonica?

    Provando ad aprire questa “scatola nera”, ricercatori e giornalisti d’inchiesta hanno dimostrato l’inefficacia biogeochimica di queste iniziative e ne stanno facendo venire a galla i tangibili impatti sociali, dall’accaparramento di terre alle violazioni dei diritti umani.

    Prerequisito fondamentale per la compensazione “basata sulla natura” è infatti una vasta estensione di foresta “incontaminata”, modo occidentale di definire ecosistemi che, come dimostra la ricerca in campo biologico e paleoantropologico, sono in realtà stati “coltivati” nel corso dei millenni dalle popolazioni indigene. Di terra -in teoria- i Nükak ne hanno a volontà: quasi un milione di ettari, in gran parte coperti da foresta tropicale. Modificando alcuni loro comportamenti che -sempre in teoria- causerebbero deforestazione, l’azienda sviluppatrice può sostenere di avere evitato delle emissioni future, e così giustificare l’emissione dei crediti.

    Ma chi sono i Nükak? Comunità semi-nomade di cacciatori e raccoglitori, fino al 1988 ha vissuto in isolamento volontario nella fitta foresta del Guaviare, dipartimento dell’Amazzonia colombiana noto -tra le altre cose- per la capillare presenza delle Forze armate rivoluzionarie della Colombia (Farc). Nei quasi 40 anni trascorsi dal primo contatto, l’inevitabile processo di integrazione nella comunità nazionale colombiana si è rivelato colmo di ostacoli e i problemi sociali, dalla povertà al consumo di sostanze stupefacenti fino alla prostituzione infantile, abbondano. Per i Nükak la foresta è tutto: ambiente di vita, cantiere, parco giochi, supermercato, teatro e cimitero. Non per niente, la parola che usano per foresta è la stessa che usano per indicare il mondo: #ye.

    Con una certa lungimiranza, negli anni Novanta il governo colombiano ha riconosciuto loro la proprietà collettiva di un ampio territorio al fine di garantirne la sussistenza nomadica. In tempi di crisi climatica, però, questo ha destato l’interesse degli sviluppatori REDD+, detti anche “carbon cowboy” per la spregiudicatezza nell’aprire nuove frontiere di accumulazione di capitale sull’onda della decarbonizzazione. Ci hanno provato a più riprese anche nel Guaviare, da ultimo l’enigmatica azienda di “servizi ambientali” CorpoGreen, ma sono progetti destinati a fallire. Non solo queste aziende sono “empresas de garaje” sorte dall’oggi al domani senza particolari competenze -come ci confida un leader indigeno colombiano- ma le premesse teoriche stesse dell’iniziativa di conservazione non reggono: i Nükak hanno un impatto minimo sull’ecosistema amazzonico e, in ogni caso, non hanno una presenza capillare nel proprio territorio, in buona parte controllato dalle disidencias delle Farc (i gruppi che non hanno sottoscritto l’accordo di pace del 2016 e imperversano ancora, a macchia di leopardo, in varie zone del Paese).

    Spesso, una volta bruciatisi, gli stessi carbon cowboy ricompaiono con una ragione sociale diversa o mediante prestanome. A un certo punto, CorpoGreen è stata affiancata da una sorta di agenzia di consulenza (#Mantis) rappresentata dalle stesse persone: “Mantis è apparsa dal nulla. Non hanno incarichi precedenti degni di nota né esperienza con i Nükak. È un sistema di scatole cinesi”, ci rivela un informatore locale. Un sistema oliato che poggia anche su entrature istituzionali: “La cosa viene dal profondo del ministero dell’Interno, per questo qui nessuno oserà contrastarli”.

    In Paesi come la Colombia, segnati da decenni di violenza e militarizzazione, la contiguità tra istituzioni, criminalità organizzata e gruppi guerriglieri o paramilitari comporta rischi che vanno ben oltre le vie giudiziarie: “Sono una persona coraggiosa, se vedo un serpente in mezzo alla strada non scappo. Ma questa faccenda mi spaventa”, ci confessa una cooperante locale. Un’altra rincara la dose: “Preferirei sedermi a parlare con i guerriglieri piuttosto che con questa gente (gli sviluppatori, ndr). La corruzione uccide più delle Farc”.

    Con le #Farc, però, pare essersi già seduta CorpoGreen. Anzi, fonti riferiscono che i suoi manager avrebbero legami diretti con le disidencias. Forse non è un caso che, per promuovere il progetto, si muovano con gran disinvoltura in territori che sono off-limits per molti enti pubblici e Ong. In questi territori rientra il perimetro, formalmente di proprietà dei Nükak, del progetto REDD+. Per molti le disidencias sono ormai assimilabili a un puro racket del narcotraffico, avendo abbandonato gli ideali marxisti che caratterizzavano le Farc della prima ora: “Dicono di credere in Karl Marx ma penso che credano di più in Pablo Escobar”, ha ironizzato tempo fa l’ormai ex presidente Gustavo Petro (il 21 giugno di quest’anno il suo erede designato Iván Cepeda ha perso al ballottaggio contro l’ultradestra populista di Abelardo de la Espriella). Gli alti e bassi della coca, però, uniti alla repressione governativa e alla perdita di legittimità presso la popolazione, hanno indotto le guerriglie a diversificare le fonti di introiti: l’ultima frontiera è proprio quella dei progetti REDD+.

    A lanciare l’allarme per la prima volta in forma ufficiale è stata la Defensoría del Pueblo (l’ombudsman colombiano) nel 2024, segnalando pagamenti forzati (una sorta di pizzo chiamato vacuna, “vaccinazione”) imposti dalle disidencias agli sviluppatori di iniziative ambientali. In Guaviare è il segreto di Pulcinella: “Qui pagano tutti. Pagano i negozianti, paga chiunque porti avanti un progetto”, afferma un funzionario locale. Un ex guerrigliero ne illustra le modalità: “Le Farc impongono un dazio di accesso al territorio e una sorta di tassa sul fatturato. Stando alla legge Farc 002 del 2000, si applicherebbe una percentuale del 10% sul valore presunto del progetto”. Considerando che un credito di carbonio può valere 5-10 dollari e che CorpoGreen in questo caso ne millanta una produzione potenziale nell’ordine dei quattro milioni, se ne può desumere un pizzo multimilionario.

    Al di là dei tratti locali assunti dal fenomeno, i progetti di compensazione si inseriscono in un quadro più ampio di colonialismo “verde”: come ricostruito in un recente studio scientifico (https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13563467.2025.2572047) condotto da chi scrive in collaborazione con Torsten Krause (Università di Lund, Svezia), i mercati del carbonio sono veicolo di uno scambio diseguale che sfrutta il lavoro e le risorse delle popolazioni del Sud del mondo per allargare la forbice di ricchezza tra Paesi ricchi ed ex colonie mantenendole in una condizione di dipendenza economica e tecnologica. Tra il 2020 e il 2023, i mercati del carbonio volontari avrebbero drenato oltre 200 milioni di dollari dalla sola Colombia. Quella della compensazione, dunque, sarebbe non tanto una soluzione climatica “falsa” (ossia inefficace) quanto “ingiusta” da una prospettiva socio-ambientale.

    Eppure la politica sembra andare in direzione opposta: la COP30 di Belém ha infatti rilanciato i mercati del carbonio con il convinto contributo dell’Ue (che permetterà ai Paesi membri di coprire il 5% degli obiettivi di mitigazione con crediti extra-UE); in Italia, intanto, è stato lanciato il registro nazionale dei crediti di carbonio forestali per “contrastare il fenomeno del greenwashing (sic)”.

    A dispetto di quanto si potrebbe pensare, la soluzione a queste ingiustizie non passa necessariamente dall’abolizione dei mercati del carbonio. Come spesso accade quando si parla di equilibri socio-ambientali, la realtà è contraddittoria: alcune comunità indigene, intravedendo un’opportunità di emancipazione economica meno distruttiva rispetto all’estrattivismo convenzionale, intendono governare il fenomeno a proprio vantaggio. L’Organizzazione dei popoli indigeni dell’Amazzonia colombiana (Opiac), ad esempio, sta sviluppando corsi ad hoc per formare i leader indigeni sulla gestione di questi progetti. Al di là della scarsa praticabilità politica dell’abolizione di un programma attorno al quale ruotano corposi interessi economici, sussiste dunque il rischio che lo smantellamento dall’alto del carbon forestry diventi a sua volta un’imposizione coloniale.

    I Nükak, loro malgrado, si trovano tra l’incudine e il martello, costretti ad accettare la mercificazione del proprio territorio per poter intravedere vie d’uscita dall’indigenza ma al contempo esponendosi alla manipolazione di attori esterni che ne minano la coesione sociale. Sballottati a destra e a manca da chi ne vuole sfruttare la condizione di vulnerabilità (intercettando i relativi stanziamenti pubblici), faticano a vedere la luce in fondo al tunnel: “Non stiamo camminando bene insieme -dice sconfortato un esperto mediatore Nükak, sul retro di una camionetta che ci porta verso alcuni insediamenti lungo il fiume Inírida-. Non siamo ancora riusciti a capire la vostra civiltà. Voi kawene (stranieri, ndr) vi capite, ma noi non vi capiamo. I nostri anziani non hanno ancora deciso che cosa fare”.

    https://altreconomia.it/il-colonialismo-del-carbonio-vissuto-dalle-comunita-indigene-dellamazzo
    #carbone #colonialisme_du_carbone #crédit-carbone #Amazonie #forêt #peuples_autochtones #injustice #inefficacité #Colombie #marchandisation #compensation #émissions_de_CO2 #accaparemment_de_terres #colonialisme_vert #green-washing #carbon_forestry

    • The unequal exchange of carbon: calculating value appropriation and atmospheric colonisation through carbon offsetting

      Despite a flurry of critical analyses discussing its controversial track record in terms of effectiveness and social feasibility, carbon offsetting remains one of the key mechanisms within global climate governance. We address an understudied dimension of the offsetting paradigm, with a focus on the voluntary carbon market and nature-based ‘solutions’, to inquire whether carbon trading constitutes a form of unequal ecological and economic exchange. We quantify the global unequal exchange through carbon credits. To ground our hypotheses, we analyse the carbon trading landscape of Colombia and offer a country-specific quantification of value plunder through carbon commodity chains. We find that, only through voluntary carbon markets, wealthy countries appropriated 4 billion USD in 4 years from the Global South, whereas the value drain from Colombia is estimated at 200 million USD. We also highlight further value leakage through both formal and informal carbon brokers.

      https://www.tandfonline.com/doi/full/10.1080/13563467.2025.2572047

  • Pour faire face à la canicule, des ultrariches se font aménager des igloos d’intérieur
    https://immobilier.lefigaro.fr/article/pour-faire-face-a-la-canicule-des-ultrariches-se-font-amenager-d

    Qui sont les propriétaires de ces snows rooms ? Outre le prince héritier d’Arabie saoudite, Bill Gates, l’ex-patron de Microsoft, aurait déboursé jusqu’à 5 millions de dollars pour une semaine pour privatiser ce même bateau. Le #milliardaire de la pétrochimie, Mukesh Ambani, en a fait installer une dans Antilia, le gratte-ciel de Mumbai, en Inde, où sa famille réside. Katelin, copropriétaire d’un spa haut de gamme, a aussi aménagé sur mesure un igloo intérieur chez elle. Elle déclare avoir envie de profiter de cet espace et d’y passer du temps.

    Des dizaines de salles de neige ont déjà été construites ou sont en cours d’installation à travers les États-Unis, explique Tyler Slater, cofondateur de Spa Butler à Plano, au Texas. « Autrefois, la conception des #yachts était axée sur les loisirs, les fêtes et les nombreux bars. Désormais, l’accent est mis sur le bien-être et la longévité », souligne Kevin Kramer, courtier chez Burgess Yachts à Aspen, dans le Colorado. Il faut compter environ 130 000 dollars, soit 113.000 euros, pour créer une chambre à neige.

  • Autonomie de la #Corse : jusqu’où ira la rupture avec l’égalité devant la loi ?
    https://lvsl.fr/autonomie-de-la-corse-jusquou-ira-la-rupture-avec-legalite-devant-la-loi

    « Une #Constitution nationale et la liberté publique étant plus avantageuses aux provinces que les privilèges dont quelques-unes jouissaient, il est déclaré que tous les privilèges particuliers des provinces, principautés, pays, cantons, villes et communautés d’habitants sont abolis sans retour, et demeureront confondus dans le droit commun de tous les Français ». Lors de la nuit du 4 août 1789, les députés des États Généraux abolissent officiellement les privilèges et unifient les conditions juridiques du royaume. Le programme de la Révolution ne souffre alors d’aucune ambiguïté : la rupture avec la société d’ordres passe par l’égalité, non seulement des individus mais aussi des territoires devant la loi. Deux siècles plus tard, flotterait-il un parfum d’Ancien Régime au Palais Bourbon (…)

    #Politique #Autonomie_Corse #Centralisation #décentralisation #Indépendantisme #République #Simeoni #Yvan_Colonna

  • Claude : la politique de confidentialité a changé, et utiliser le chatbot “éthique” d’Anthropic n’a plus rien d’anodin
    https://www.lesnumeriques.com/intelligence-artificielle/claude-la-politique-de-confidentialite-a-change-et-utiliser-le-chatbo

    Il y a un an, s’inscrire sur #Claude tenait de la formalité. Une adresse e-mail, un mot de passe, et l’on accédait à l’un des rares #chatbots sans publicité du marché, édité par une entreprise qui revendiquait la sobriété en matière de données personnelles.

    La politique de confidentialité publiée le 8 juin 2026, quelques jours seulement après avoir été forcé de retirer Claude #Fable 5 et #Mythos 5 pour des raisons de sécurité, applicable dès le 8 juillet aux comptes Free, Pro et Max, redessine ce rapport.

    #Anthropic se réserve désormais le droit de demander aux utilisateurs une vérification d’identité : scan d’une pièce officielle, capture vidéo du #visage, extraction de modèles de géométrie faciale. Ces #données, qualifiées de #biométriques au sens du #RGPD, sont traitées par le prestataire tiers #Yoti. Les développeurs individuels sont les premiers concernés, mais le dispositif peut s’étendre à tout abonné accédant à des fonctionnalités avancées.

    #age_verification #age_checking #IA #AI

  • YggTorrent, la gendarmerie démantèle le réseau #pirate
    https://www.clubic.com/actualite-619696-yggtorrent-quatre-mois-apres-le-hack-qui-l-a-fait-tomber-la

    Douze interpellations, des crypto-actifs saisis et un préjudice estimé à plusieurs dizaines de millions d’euros pour les ayants droit : la Gendarmerie nationale a annoncé ce 2 juillet le démantèlement du réseau qui opérait #YggTorrent. Un épilogue judiciaire pour le plus grand #tracker #torrent francophone, déjà réduit en cendres en mars dernier… par l’un de ses propres utilisateurs.

  • #Errances_paramédicales. Une perspective féministe sur la #naturopathie

    Une copine consulte une naturopathe pour sa fibromyalgie, une collègue accompagne son père malade d’un cancer avec une plante recommandée par un praticien, une autre s’est formée dans une école quelque temps par curiosité, une quatrième essaie d’en vivre.

    Doctrine historiquement réactionnaire et mystique, la naturopathie s’épanouit aujourd’hui dans le marché du #bien-être et attire particulièrement les #femmes et #minorités_de_genre. Tentative pour injecter quelques enjeux du féminisme dans l’analyse de cette thérapeutique.

    Ce texte est issu du dernier numéro de la revue papier Jef Klak, intitulé « Lait de vache », qui s’intéresse au fait d’ingérer et de digérer.

    Médecines douces, naturelles, non conventionnelles, complémentaires, alternatives, bordent le système de santé publique. Femmes et minorités de genre sont particulièrement nombreuses à butiner un peu ou beaucoup parmi ces propositions thérapeutiques à portée de main, avec la conscience de chercher quelque chose dans le dos du corps médical.

    Cette #quête s’opère souvent dis­crètement. Les débriefs de couloir et d’arrière-cuisine sont des espaces de confiance féminine où ces questionnements et expériences se partagent, mais les discussions autour des #souffrances de #santé ne se jouent pas sur la place publique. Ce #silence est entretenu par le fait que les #pratiques_thérapeutiques dites naturelles se sont développées loin de la #recherche_scientifique sur la santé et font l’objet de critiques acides de la part du corps médical, qui les qualifient de charlataneries, de #fake_meds, de pratiques sectaires. Alors comment penser le recours important des femmes et des minorités de genre à ces thérapeutiques au statut incertain ?

    Revenir sur l’histoire occidentale de la naturopathie depuis une perspective féministe pourrait nous aider à mettre au jour les enjeux politiques autour de la santé des femmes et des #promesses que certaines médecines naturelles nourrissent à cet endroit.

    #Jésus-Christ et #Bouddha naturopathes

    L’histoire de la naturopathie 1 commence à la fin du XIXe siècle, alors que la #médecine_microbiologique de Pasteur, la compréhension du germe et la généralisation du principe de la #vaccination contribuent à résorber de nombreuses maladies. La prophylaxie mise en place par les États conduit à l’amélioration de l’état de santé général. Parmi les courants hygiénistes qui se développent2, certains portent une vision plus mystique. En Allemagne et en Suisse, un mouvement appelé le #Lebensreform rassemble penseurs, artistes et poètes3 autour d’un projet vitaliste de défense d’un mode de vie proche de la nature, jugé plus sain que celui de la société industrielle, et qui passe par des régimes alimentaires végétariens ou des pratiques du corps comme le #yoga. Le néologisme hellénisant naturopathie apparaît aux États-Unis dans les années 1900. Il désigne « les maux par la nature » tout en jouant avec une image : nature’s path, « le chemin de la nature ». #Benedict_Lust, chiropracteur allemand émigré aux États-Unis, le reprend pour nommer l’école qu’il fonde en 1902 à New York : l’#American_School_of_Naturopathy.

    La doctrine naturopathique essaime en Europe. Autour de praticiens réputés charismatiques, les récits de #guérisons_miraculeuses s’accumulent. En Allemagne, cette doctrine est adoptée par les instituts de #médecine_naturelle qui ouvrent depuis la fin du XIXe siècle (l’Université libre des médecines naturelles de Berlin est fondée en 1892). #Pierre-Valentin_Marchesseau l’adapte pour la France à partir des années 1940. Le « père fondateur » français affirme que « la naturopathie est l’art et la science de préserver, optimiser ou recouvrer sa santé par des moyens naturels. » Auteur prolifique (La Santé sans médicament par la naturopathie, Qu’est-ce que la naturopathie ?, Ni médecin, ni guérisseur, le naturopathe est avant tout un hygiéniste, Jésus-Christ naturopathe), il enseigne à partir des années 1960 et jusqu’aux années 1980 une discipline hygiéniste fondée sur une #mystique_du_corps, tout en commercialisant une gamme d’#aliments_biologiques avec la société #Vitagerminels.

    Dans sa thèse, la sociologue Anahita Grisoni relate qu’au cours du XXe siècle, la naturopathie se développe en plusieurs courants. Plus institutionnalisée en Allemagne, elle se maintient en France comme une pratique marginale surtout présente dans les milieux ruraux. Acclimatée à la pensée New Age4 qui se développe, ses repères idéologiques et ses postures thérapeutiques montrent un goût pour l’orientalisme. Les acteur·ices de ces courants invitent un renouvellement du rapport au corps et à la santé. Récemment, iels se sont structuré·es autour d’écoles agréées, d’associations et de syndicats, et la décrivent désormais comme une médecine manuelle et prescriptive, qui fait la synthèse entre les méthodes naturelles de santé. Au sein du réseau de la naturopathie, certain·es défendent son caractère alternatif et contre-culturel, d’autres l’envi­sagent comme étant complémentaire à la médecine publique et ont obtenu qu’elle soit reconnue par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) comme une « médecine non conventionnelle », aux côtés des médecines chinoise et ayurvédique.

    L’expression fait côtoyer toutes sortes de médecines, populaires, savantes ou autochtones, mais la naturopathie a une histoire propre, bien distincte de celle des savoirs empiriques et situés des pharmacopées traditionnelles.

    Un socle idéologique persistant

    Nombre de praticien·nes ne se réfèrent pas aux préceptes posés par les fondateurs. Iels bricolent entre plusieurs manières d’envisager le corps et la santé et entre des pratiques hétérogènes : phytothérapie 5, prescriptions alimentaires, massages, réflexologie, iridologie6.

    Que dire alors d’une thérapeutique aussi plastique dont les pratiques comprennent des références scientifiques à l’anatomie et à la nutrition, mais aussi des notions ésotériques ?

    La thérapeutique est pourtant difficile à saisir sans la situer dans l’histoire doctrinaire qui la balise et lui donne sens. Les programmes des écoles de naturopathie, labellisées par la Féna (Fédération des écoles de naturopathie), comme les présentations des praticien·nes, mentionnent systématiquement un socle idéologique : causalisme, vitalisme, humorisme, hygiénisme, holisme7. Derrière ces mots obscurs et pour certains surannés se dresse une conception du corps héritée des hygiénismes du XIXe siècle. Le corps est mu par une force vitale, principe spirituel et métabolique, qui se réalise dans un équilibre sans cesse menacé par la surcharge et l’accumulation de toxines.

    Les courants hygiénistes vitalistes du XIXe siècle sont animés par un dégoût esthétique des grandes villes, dans lesquelles arrive une population rurale appelée à travailler dans les industries périurbaines. Ces travailleur·ses mal logé·es, paupérisé·es, vulnérables aux épidémies et aux maladies professionnelles, inspirent chez les tenant·es de l’hygiénisme un sentiment de dégénérescence liée à l’urbanité. Iels en conçoivent une vision inquiète du corps, souillé au niveau intestinal comme moral par un environnement et une alimentation produites par la modernité industrielle. Il faut chercher à éviter les poisons, sinon les expurger. La Nature y est une idée forte : elle devient une source de valeurs qui stimule et oriente des programmes thérapeutiques. Maintenir son corps sain, c’est le discipliner par des moyens naturels, comme l’héliothérapie ou l’hydrothérapie8.

    Les courants hygiénistes, creusets des médecines dites naturelles, établissent un lien entre le corps et l’état de l’environnement. La façon dont ils problématisent la santé pose les bases d’une écologie corporelle qui résonne avec les menaces écologiques contemporaines de pollutions du sol et de l’air. Ces médecines s’insèrent aisément dans le très contemporain thème du retour à la terre9.

    Une capture des vulnérabilités

    L’autorité que cette doctrine donne historiquement à la nature devrait activer une alarme féministe. Selon la sociologue Colette Guillaumin, la référence à cette « grande organisatrice et régulatrice des rapports humains10 » est un vieux levier réactionnaire pour légitimer l’ordre social et sexuel. Et à raison : plusieurs des représentant·es les plus visibles et médiatisé·es de la naturopathie associent leur discipline de santé par les moyens « naturels » à un discours nettement traditionaliste, insistant sur la différence sexuelle, assignant les personnes qui y ont recours à leur rôle de genre, diffusant plus ou moins explicitement un rejet de l’homosexualité11. Relire l’émergence de cette thérapeutique à partir de ses principes mystiques et conservateurs donne des sueurs froides.

    Le recours banalisé à la nature ne vaut pas pour autant adhésion à l’idéologie réactionnaire ; il est souvent sélectif et critique. Mais un autre malaise fait son chemin. Dans le monde de la naturopathie, des parcours de reconversion et de formation jusqu’aux usager·es, les femmes sont surreprésentées. Endométriose, fibromyalgie, Covid long, dépression : les souffrances corporelles et psychiques que proposent d’adresser celleux qui exercent ont en commun de faire l’objet d’une mauvaise prise en charge médicale. Les maladies chroniques ou les problèmes gynécologiques, ces souffrances marquées des femmes et minorités de genre, sont mal diagnostiquées et soignées. Ces dysfonctionnements ne révèlent pas une négligence marginale, mais un sexisme structurel qui agit depuis les angles morts de la recherche scientifique jusqu’à la position autoritaire et infantilisante des médecins « sachants », en passant par l’organisation gestionnaire du système médical public.

    Les brochures des naturopathes et praticien·nes des médecines non conventionnelles racontent en creux la solitude, les symptômes mal identifiés ou psychologisés, l’errance médicale. Elles racontent les stress particuliers qui touchent au médicament : les trai­tements aux résultats décevants, la crainte des effets secondaires, le manque de transparence, d’information, de reconnaissance des affects et des compétences des personnes soignées. La confiance a aussi été entamée par les scandales sanitaires comme celui du Médiator12, l’escroquerie du Spasfon13, où les industries pharmaceutiques et les pouvoirs publics ont sciemment mis en danger des gens pour engranger des bénéfices à court terme. Ces brochures disent enfin les vulnérabilités historiquement produites par le milieu médical, autant de « zones d’expérience dévastées », pour reprendre l’expression utilisée par Isabelle Stengers dans son Sorcellerie capitaliste14.

    Au regard du coût des formations (12 995 euros pour la formation de quinze mois à l’Institut supérieur de naturopathie), des consultations (entre 60 et 110 euros), des probiotiques et des compléments alimentaires, de l’acquisition ou de la location de machines (osmoseur, physioscan), la surreprésentation des femmes et minorités de genre parmi les usager·es de ces médecines se traduit par une saisie directe de leurs ressources. L’enjeu est économique, mais aussi clinique. Selon la morale vitaliste dix-neuviémiste que diffusent les médecines naturelles, il ne s’agit pas exactement de prévenir ou de guérir la maladie mais de produire plus de vie. Le programme thérapeutique associé à cette idée est assez opaque : évacuer des toxines (mais que sont-elles exactement ?), dynamiser l’organisme, régénérer les cellules (qu’est-ce que cela peut bien vouloir dire ?). Dans ce rapport métaphorisé au corps, la matérialité des maladies s’estompe15. Connaître précisément leur fonctionnement biologique perd de l’intérêt ; la guérissabilité n’est pas nécessairement à l’agenda. Femmes et minorités de genre font ainsi l’expérience d’une autre errance médicale, tout aussi fragilisante, prenant les chemins de traverse enherbés des médecines douces et naturelles, ce qui retarde souvent leur prise en charge médicale.

    L’enjeu de genre autour de l’alimentation est par ailleurs exacerbé. Les médecines naturelles diffusent implicitement ou explicitement une critique de la modernité alimentaire, et avec elle, l’idée selon laquelle on s’intoxiquerait en mangeant mal, que des aliments comme le sucre seraient « meurtriers » quand d’autres prolongeraient la vie16. Le rapport à soi encouragé par ce programme thérapeutique pousse à une amélioration constante de son alimentation et de son hygiène, gage d’une aptitude à la santé et à la vitalité. Chez une population féminine historiquement sujette aux privations et à un contrôle social permanent exercé sur ce qu’elle mange, la discipline de la bonne alimentation est un pipeline menant droit à des conduites à risque, comme l’orthorexie17. C’est également majoritairement aux femmes qu’incombe la responsabilité de l’alimentation des enfants, et pour elles les injonctions sophistiquées à parfaire son alimentation peuvent déboucher sur des préoccupations sans fin. L’essor de thérapeutiques onéreuses et incertaines dans leurs effets cliniques capture ainsi les multiples vulnérabilités féminines.

    Réappropriations féministes de la santé

    Le sexisme structurel du milieu médical a fait ­l’objet d’une longue et intense lutte féministe. Celle-ci a montré comment la professionnalisation et la masculinisation de la médecine en Europe avait dépossédé les femmes de leurs savoirs et du contrôle de leur corps18.].

    Elle a pris pour objet le rapport de pouvoir, paroxystique à ­l’endroit de la gynécologie, haut lieu des violences sexistes et sexuelles et du bafouement du consentement. Pour échapper à la soumission à l’autorité du médecin sachant, des groupes sont nés aux États-Unis et en France dans les années 1970 et ont expérimenté l’autogynécologie19. L’incroyable Our Bodies, Ourselves est publié en anglais en 1971, puis traduit et adapté en France sous le titre Notre corps, nous-mêmes en 197720. Ce manuel a aidé à poser les bases d’une réappropriation féministe des questions de santé, aussi appelée self-help : connaître son corps, s’auto-examiner, se débarrasser de la honte, faire circuler la parole, comprendre et pouvoir reproduire un acte médical, avoir son mot à dire sur les procédures, etc. Des groupes locaux du Mouvement pour la liberté de l’avortement et de la contraception (MLAC) au Planning familial, ces expérimentations nées dans les années 1970 ont propulsé un grand mouvement féministe d’éducation populaire en matière de santé sexuelle et de sexualité, dont les actions récentes contre les violences gynécologiques et obstétricales renouvellent la nécessité21.

    Les luttes écoféministes, en prenant pour thème l’alimentation, la santé, l’environnement ou l’industrie nucléaire, ont aussi largement mis en cause l’association néfaste entre les femmes et la nature. Elles ont retourné cette dévalorisation conjointe pour en faire un élément critique de compréhension de nos expériences individuelles et collectives. Pour les militant·es écoféministes, le fait de « se réapproprier ce qui a été distribué du côté de la féminité22 » relève d’un essentialisme stratégique. Aucune vision idéalisée et harmonieuse des femmes dans la nature ici : les pratiques, les luttes et les écrits écoféministes montrent une mobilisation conflictuelle, instable et renégociable, critique sur les ambiguïtés qu’elle peut recouvrir.

    S’adressant à un ensemble de problématiques de santé des femmes, les médecines naturelles convoquent elles aussi l’association entre femme et nature, mais elles la font basculer sur un versant essentialiste, et non critique. Très empreintes d’une pensée de la différence sexuelle, mettant l’utérus au centre de la vie psychique et subjective des femmes, elles ravivent l’idée tenace que les femmes sont plus « naturelles » que les hommes, qu’elles sont « naturellement spécifiques » pour le dire avec les mots de la sociologue Colette Guillaumin23.
    Sorcières naturopathes et autonomie féministe

    L’antagonisme est fort entre l’histoire des luttes féministes autour de la santé et le développement historique des médecines naturelles. Pourtant en Allemagne, des femmes ont créé un regroupement de naturopathes féministes, le réseau des Frauenweise, les « femmes sages24 ». En Suisse, le Dispensaire des femmes, un centre de santé autogestionnaire autour de la santé sexuelle et reproductive ouvert entre 1978 et 1987, a très tôt mis la naturopathie en pratique. Rina Nissim, membre du Dispensaire et militante du Mouvement de libération des femmes genevois, publie en 1994 Le Manuel de gynécologie naturopathique à l’usage des femmes chez la maison d’édition féministe Mamamélis. Ce manuel est une référence dans les groupes Santé-femmes25 et au-delà. Comment la naturopathie, doctrine et mystique de santé historiquement réactionnaire, aujourd’hui bien plus intégrée au marché du bien-être qu’au militantisme de la santé, a-t-elle pu croiser l’histoire du féminisme ?

    Figure centrale de cette jonction, Rina Nissim raconte cette réappropriation féministe de la naturopathie comme une façon hétérodoxe de pratiquer la doctrine sans hériter de ses aspects réactionnaires. Elle propose de redéfinir la santé des femmes en valorisant leur autonomie ; la promesse est séduisante.

    « Pour moi, ce qui est central c’est qu’on se réapproprie sa santé, qu’on ait envie de reprendre un petit peu les choses en main. Or, je prétends que la médecine par les plantes, la phytothérapie, c’est une chose que chacune peut se réapproprier, c’est du niveau de la cuisine. Si une femme ose mettre du romarin sur son plat pour le rendre plus digeste, si elle prend du bicarbonate de soude qu’elle met dans la fondue pour diminuer l’acidité de ce plat, je prétends qu’elle est à deux doigts de faire une recette populaire pour la toux de son fils et qu’il suffit de peu pour qu’elle fasse aussi une petite préparation pour elle-même. Alors, si on peut lui rendre accessible cette possibilité et en même temps l’aider à se rendre compte qu’un certain nombre de ses maladies sont liées à sa position sociale, à savoir à son oppression en tant que femme, si on arrive à lui faire prendre conscience de cela et qu’à la fois on lui donne un ou deux outils simples et efficaces, il peut se passer quelque chose de sensationnel. Et cela, c’est féministe. C’est le but de mon travail26. »

    Les luttes féministes sur la santé fabriquent des dispositions collectives : être indocile par rapport au contrôle autoritaire exercé par l’institution médicale, sentir le besoin de se réapproprier son corps, savoir qu’une connaissance empirique de soi est possible et peut aiguiller les choix de santé, avoir du goût pour l’expérimentation à plusieurs.

    La naturopathie réinventée de cette façon depuis le féminisme voudrait la placer comme un cadre qui favorise ces dispositions. Elle se définit comme une pratique empirique de soi : observer ce que ça fait de manger ceci, d’arrêter de manger cela, ce qui marche par rapport à un état, une souffrance physique ou psychique. La façon dont cette naturopathie féministe cherche à hacker sa propre doctrine réactionnaire peut être un malentendu fécond, une façon de la voler à sa propre histoire. Mais il faut mesurer le risque pris, et s’interroger honnêtement sur les bénéfices de cette confusion.

    Les positions de Rina Nissim résonnent avec ce qu’Ivan Illich appelle l’autonomie-santé, qui renvoie au fait de trouver les conditions d’une indépendance vis-à-vis du système médical et pharmaceutique industriel. Elle défend le projet d’une médecine populaire qui s’appuie sur les savoirs locaux et les relais féminins de transmission, pour bâtir une alternative à une médecine patriarcale. Savoirs et pratiques locales sont valorisées comme des viviers de pratiques alternatives supposées échapper « aux impasses et nuisances perçues dans la médecine officielle27 ».

    Ce féminisme de la santé met fondamentalement au centre la posture de santé et la responsabilité de l’usager·e. Et dans l’idée attrayante d’une santé qui passe par des comestibles et des gestes accessibles et quotidiens, la valeur que prend la nature tient à une promesse de simplicité. Or les pratiques thérapeutiques liées aux plantes et à l’alimentation sont extrêmement complexes à mettre en œuvre et à maîtriser. Plus critiquement encore, la plupart des gros enjeux de santé qui touchent les femmes et les minorités de genre, handicapées, malades chroniques, etc., ne peuvent pas être résolus par des moyens à portée de main. Tandis que la pandémie de Covid-19 a vu les femmes surexposées au risque de Covid long, les représentant·es des médecines naturelles valorisaient des solutions qui masquaient les enjeux vitaux et diffusaient des conceptions validistes et individualistes de la santé. L’éloge de l’autonomie par l’alternative peut s’articuler insidieusement à la destruction néolibérale du système de santé publique et au définancement d’associations de santé comme le Planning familial. Il fonctionne à merveille avec le marché du bien-être et la capture mercantile des vulnérabilités28.

    Une question forte demeure : quelle autonomie voulons-nous porter ? La valorisation du self-help, liant autonomie et pouvoir autour de sa propre santé, prend un sens particulier au sein des groupes Santé-femmes, qui portent une pratique féministe communautaire pensant ensemble santé individuelle et environnement sociopolitique. Le self-help réduit l’impuissance que charrient les problèmes de santé. Pour autant, il ne peut pas défaire seul l’association entre savoir et pouvoir que le corps médical monopolise et qui cimente son fonctionnement sexiste et patriarcal.

    Si les compositions politiques expérimentées dans l’autogynécologie et les groupes Santé-femmes sont un modèle d’autonomie, d’autres interprétations féministes et d’autres compositions politiques sont possibles et semblent même nécessaires. L’anthropologue mexicaine Denisse Guerrero Márquez, activiste au sein du collectif Nuestra Salud Feminista, propose de bâtir une épidémiologie féministe29 qui nous permettrait de penser les processus santé-maladie30 dans un cadre stratégique qui ne soit pas celui de l’alternative, mais celui d’une réappropriation féministe d’une science médicale pluralisée et conflictualisée. Un tel projet mettrait au centre d’autres questions : comment accéder à la littérature médicale et aux données scientifiques, nous former tout en travaillant à les mettre en perspective collectivement31 ?

    –-

    Quelques ressources :

    « Ne plus subir le médical. Discussion avec des membres d’un groupe “Santé-femmes”, propos recueillis par Naïké Desquesnes, Z : Revue itinérante d’enquête et de critique sociale 2016 (n° 10), Éditions de la dernière lettre, p. 180-185 ; le documentaire Regarde, elle a les yeux grand ouverts de Yann Le Masson (1980). L’Auto-examen, un geste de santé, édité par le Centre de santé des femmes de Montréal (Éditions du remue-ménage),
    la brochure S’armer jusqu’aux lèvres à lire ici, et enfin l’ouvrage de Lucile Queré, Un corps à nous. Luttes féministes pour la réappropriation du corps, Presses de Sciences Po, 2023.

    –-

    Notes :
    Cette histoire s’appuie sur la thèse de sociologie rédigée par Anahita Grisoni, « Sous les pavés, la terre : culte du bien-être et nouveaux métiers. La naturopathie en transformation à la conquête du marché », éditions EHESS, 2011. ↩
    Voir dans ce numéro l’entretien avec Hourya Bentouhami, « La nation est obsédée par la manière dont les gens mangent », p. 26, ainsi que Ni Dieu ni maître, ni viande ni alcool, p. 52. ↩
    Parmi eux, on peut citer Adolf Just, Louis Kuhne, Karl Wilhelm Diefenbach, Hugo Höppener ou encore Gustav Gräser, mais aussi Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie. ↩
    Courant spirituel occidental apparu dans les années 1960, le New Age est un syncrétisme entre les spiritualités et médecines orientales, intégrant des éléments du bouddhisme et des médecines savantes, essentiellement chinoises et ayurvédiques reprenant les notions de réincarnation, de karma, de chakras et d’énergie. La médecine ayurvédique, originaire d’Inde, est fondée sur la théorie selon laquelle les maladies résultent d’un déséquilibre des forces vitales (prana), et vise à rétablir l’équilibre de l’organisme. ↩
    Nom donné aux diverses pratiques de santé qui impliquent l’usage de plantes. ↩
    La réflexologie est une pratique de santé utilisant le massage de zones censées correspondre à des organes ou fonctions physiologiques. L’iridologie est le nom d’une pratique fondée sur l’observation de l’iris. ↩
    Le causalisme suppose que nos symptômes résultent d’une cause qu’il faut considérer en priorité. Le vitalisme envisage la vie comme de la matière animée d’une force vitale. L’humorisme vient de la médecine d’Hippocrate qui envisage la santé comme variant selon l’équilibre des humeurs (le sang, la bile, l’atrabile, la lymphe). Les thérapies holistiques prétendent soigner en tenant compte de la « globalité de l’être humain ». ↩
    L’hydrothérapie désigne un ensemble de pratiques qui mobilisent l’eau, le bain dérivatif ou le bain de siège. L’héliothérapie prône l’exposition corporelle totale à la lumière du soleil pour guérir les maladies. ↩
    « Naturopathie et écofascisme. Quand l’extrême-droite se mêle de santé et d’environnement », Ruptures, printemps 2007. ↩
    Colette Guillaumin, Sexe, race et pratique du pouvoir. L’idée de nature, côté-femmes éditions, 1992, p.61. ↩
    On peut citer plusieurs de ces figures charismatiques à la tête de modèles économiques juteux. Irène Grosjean prône le bain de siège, l’alimentation crue, les purges, le jeûne en même temps que les thérapies de conversion, et responsabilise les femmes des violences sexistes et sexuelles qu’elles subissent. Thierry Casasnovas tient des positions masculinistes hostiles aux droits reproductifs, et désinforme au sujet de la contraception et de l’avortement. Le collectif l’Extracteur mène une veille sur ces réseaux traditionalistes, voir le site du collectif . ↩
    Voir la BD Mediator – Un crime chimiquement pur d’Irène Frachon, Éric Giacometti et François Duprat. Delcourt, 2023. ↩
    Voir le livre Pilules roses de Juliette Ferry-Danini sur le Spasfon, majoritairement prescrit aux femmes sans qu’aucun résultat clinique n’ait été prouvé. ↩
    Isabelle Stengers et Philippe Pignard, La Sorcellerie capitaliste. Pratiques de désenvoûtement, La Découverte, 2005. ↩
    Susan Sontag, La Maladie comme métaphore, Christian Bourgois, 2009. ↩
    Le sociologue Gilles Tétart décrit la valeur de certains aliments, comme le miel ou la gelée royale, perçus comme pouvant rendre le corps plus vivant. Voir « Consommer la nature et parfaire son corps. Les produits apicoles », Études rurales, 165-166, 2003, p. 9-31. ↩
    Trouble alimentaire caractérisé par une volonté obsessionnelle d’ingérer une nourriture saine et le rejet systématique des aliments perçus comme malsains. ↩
    Silvia Federici, Caliban et la sorcière. Femmes, corps et accumulation primitive, Entremonde, 2014 ; Barbara Ehrenreich et Deirdre English, Sorcières, sages-femmes et infirmières. Une histoire des femmes et de la médecine, éd. Cambourakis, 2015 [1976 ↩
    L’autogynécologie recouvre un spectre de pratiques qui va de la gynécologie médicale – contraception, traitement de pathologies gynécologiques, dépistage du cancer du sein par l’autopalpation, avortement, traitement de la ménopause, sexualité – à la réappropriation du corps et des représentations qui y sont liées. ↩
    Un groupe féministe l’a tout récemment repris et réécrit. Notre corps, nous-mêmes, Hors d’atteinte, 2020. ↩
    Le collectif Stop-VOG anime aujourd’hui cette lutte en levant le silence autour des violences commises par le médecin Émile Daraï, officiant à l’hôpital Tenon. Leur site. ↩
    Expression utilisée par Émilie Hache, dans Reclaim, Anthologie de textes écoféministes, Cambourakis, 2016, p. 25. ↩
    « Du fait que les femmes sont une propriété matérielle concrète, se développe sur elles (et contre elles) un discours de la Nature. On les crédite (comme le croient certaines optimistes), on les accuse (en fait) d’être des êtres naturels, immergés dans la Nature et d’être mues par elle. Des choses vivantes, en quelque sorte. », ibid., p. 80. ↩
    À retrouver ici. ↩
    Groupe de femmes se réunissant afin de mieux connaître leur corps, prendre soin de leur santé et trouver plus d’autonomie, fabriquant ce faisant une auto-expertise collective. ↩
    Catherine Fussinger, Séverine Rey et Marilène Vuille, « S’approprier son corps et sa santé. Entretien avec Rina Nissim », Nouvelles Questions féministes, no 25, Éditions Antipodes, 2006, p. 98-116. ↩
    C’est une expression du collectif Cabrioles. Voir « L’autodéfense sanitaire. Entretien avec le collectif Cabrioles », propos recueillis par Aliènor Bertrand, Patrick Giraudoux et Arnaud Macé dans Les Temps des pandémies, Belin, 2023. ↩
    Nicolas Marquis, Du bien-être au marché du malaise, Presses universitaires de France, 2014, et Katie Thornton, « L’industrie des médecines alternatives voit dans le Covid long une opportunité commerciale », disponible ici. ↩
    Denisse Guerrero Márquez, « Approches théoriques et conceptuelles pour une épidémiologie féministe », traduction effectuée par le collectif Cabrioles, à lire ici ↩
    Expression utilisée par Denisse Guerrero Márquez. ↩
    Un grand merci au collectif Cabrioles dont je reprends ici les pistes et questions posées.

    https://www.jefklak.org/errances-paramedicales

    #santé #féminisme #médecine_non_conventionnelle #phytothérapie#massages #réflexologie #iridologie #nutrition #ésotérisme #anatomie #Fédération_des_écoles_de_naturopathie (#Féna) #causalisme #vitalisme #humorisme #hygiénisme #holisme #corps #toxines #dégénérescence #villes #urbanité #modernité #industrialisation #corps #héliothérapie #hydrothérapie #écologie_corporelle #retour_à_la_terre #vulnérabilités #nature #homophobie #sexisme #solitude #Médiator #Spasfon #industrie_pharmaceutique #probiotiques #compléments_alimentaires #sucre #hygiène #orthorexie #gynécologie #autogynécologie #self-help #Mouvement_pour_la_liberté_de_l’avortement_et_de_la_contraception (#MLAC) #planning_familial #éducation_populaire #santé_sexuelle #écoféminisme #essentialisme #Frauenweise #Dispensaire_des_femmes #Rina_Nissim #luttes_féministes #naturopathie_féministe #autonomie-santé #médecine_populaire #alternative #médecine_patriarcale #patriarcat #validisme #individualisme #autonomie #santé_publique #Denisse_Guerrero_Márquez #Nuestra_Salud_Feminista #épidémiologie_féministe

    déjà signalé ici par @lyco :
    https://seenthis.net/messages/1103951

    • #Anthroposophie et #écofascisme, par #Peter_Staudenmaier

      L’anthroposophie est la religion ésotérique fondée par #Rudolph_Steiner dont les avatars tentaculaires et pseudo-scientifiques infiltrent aussi bien le tissu institutionnel et politique de l’écologie que les milieux de l’agriculture, éducation et médecine alternatives. Son histoire est indissociable du #totalitarisme_raciste.

      Historien et écologiste social, engagé dans le mouvement anarchiste, le mouvement vert, et le mouvement coopératif aux États-Unis et en Allemagne, Peter Staudenmaier est professeur à l’université de Marquette (Wisconsin).

       » En juin 1910, Rudolf Steiner, le fondateur de l’anthroposophie, commença une tournée d’exposés en Norvège par une conférence devant un public nombreux et attentif. Le cycle de conférences était intitulé « La mission des âmes nationales en relation à la mythologie germano-nordique ». Dans les conférences d’Oslo, il présenta sa théorie des « âmes de peuple » ou « nationales » (#Volksseelen en allemand, la langue natale de Steiner) et accorda une attention particulière aux questions mystérieuses de « l’#esprit_nordique ». Les « #âmes_nationales » de l’Europe du Nord et Centrale appartiennent, expliqua Steiner, aux peuples « germano-nordiques », le groupe ethnique le plus spirituellement avancé du monde, qui avait été à l’avant-garde de la plus élevée des cinq « races- racines » historiques. Cette cinquième race-racine supérieure, raconta Steiner à ses auditeurs d’Oslo, était bien sûr la race « #race_aryenne ».

      Si cette cosmologie particulière semble étrangement similaire aux mythes teutons de Himmler et Hitler, la ressemblance n’est pas fortuite. L’anthroposophie et le national socialisme ont tous deux des racines profondes dans la confluence des nationalismes, populismes de droite, romantismes proto-environnementalistes, et #spiritualismes_ésotériques qui caractérisaient une grande partie de la culture allemande et autrichienne à la fin du dix-neuvième siècle. Mais le lien entre la pseudo-religion stratifiée racialement et la montée des nazis va bien au-delà de simples parallèles philosophiques. L’anthroposophie a eu une influence concrète sur l’« aile verte » du #fascisme allemand. En outre, la politique réelle de Steiner et de ses disciples a toujours montré une ligne profondément réactionnaire.

      Pourquoi l’anthroposophie, en dépit de ses éléments racistes évidents et son passé de compromission, continue-t-elle à jouir d’une réputation progressiste, tolérante, éclairée et écologique ? Les détails des enseignements de Steiner ne sont pas bien connus en dehors du mouvement anthroposophique, et dans ce mouvement la longue histoire de l’implication idéologique dans le fascisme est en général refoulée ou carrément niée. De plus, de nombreux anthroposophes ont individuellement gagné du respect pour leur travail dans l’éducation alternative, dans l’agriculture biologique, et dans le mouvement écologiste. Néanmoins, il est regrettable que la collaboration anthroposophique avec une racine spécifiquement “écologiste” du fascisme persiste au XXIe siècle.

      Les groupes anthroposophiques organisés sont souvent mieux connus à travers leur vaste réseau d’institutions publiques. Les plus populaires d’entre elles sont probablement le mouvement des #écoles_Waldorf, avec des centaines d’écoles dans le monde, suivi par le mouvement d’#agriculture_biodynamique, qui est particulièrement actif en Allemagne et aux États-Unis. D’autres entreprises anthroposophiques bien connues comprennent les produits cosmétiques et pharmaceutiques #Weleda et le label #Demeter pour les produits alimentaires sains. La communauté nouvel-âge de #Findhorn en Écosse possède aussi une forte composante anthroposophique. Les anthroposophes ont joué un rôle important dans le développement des #Verts allemands et l’ancien ministre de l’intérieur allemand, #Otto_Schilly, un des plus importants fondateurs des Verts, est un anthroposophe.

      Compte tenu de cette vaste visibilité publique, il est peut-être surprenant que les fondements idéologiques de l’anthroposophie ne soient pas mieux connus. Les anthroposophes eux-mêmes, cependant, considèrent leur doctrine hautement ésotérique comme une « #science_occulte » propre à une élite éclairée spirituellement. Le nom même d’anthroposophie suggère à beaucoup d’étrangers une orientation humaniste. Mais l’anthroposophie est à bien des égards une vision du monde anti-humaniste, et des humanistes comme Theodor Adorno et Ernst Bloch s’y sont opposés dès le début. Son rejet de la raison au profit de l’expérience mystique, sa subordination des actions humaines à des forces surnaturelles, et son modèle complètement hiérarchisé du développement spirituel, tout cela montre que l’anthroposophie est contraire aux valeurs humanistes. »

      https://www.ccmm.asso.fr/anthroposophie-et-ecofascisme-par-peter-staudenmaier
      #ésotérisme #racisme #humanisme

      Le texte téléchargeable en pdf :
      https://jf.bizzart.biz/ArticlesPDF/PS_EcofascismeV2.pdf

  • #Microsoft Wants to ’Make People Addicted’ to its New #AI Assistant, Internal Documents Reveal
    https://www.404media.co/microsoft-wants-to-make-people-addicted-to-scout-its-new-ai-assistant-inter

    An internal Microsoft #strategy document says that the plan for its just-announced #Scout” personal #assistant AI is to “make people #addicted” to the tool before rolling out additional functionality, 404 Media has learned. “Three phases from #addictive app to #agentic platform,” the documentation.

    Microsoft has been piloting Scout as an internal tool for employees it was calling “#ClawPilot,” since March. ClawPilot—and now Scout—are part of “Project Lobster,” which is a Microsoft plan to bring the popular #OpenClaw AI tool to its #Microsoft_365 suite of products in a way that nontechnical people can use. It is not particularly notable that Microsoft is developing new AI tools—the company has reoriented almost everything it does to focus on AI, and every major AI company has tried to figure out how to bring AI agents into their products after OpenClaw went viral earlier this year. OpenClaw allows users to create AI agents that can act on behalf of the person using it; it can send emails, edit calendars, publish blog posts, and more. What is notable is that the explicit goal of the people developing the product is to addict its users. Microsoft officially announced Scout Tuesday as an “always-on personal agent” that runs on OpenClaw and is integrated into Microsoft #365.

  • Les Etats-Unis rétablissent les sanctions contre Francesca Albanese, la rapporteuse spéciale de l’ONU pour les territoires palestiniens
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/05/28/les-etats-unis-retablissent-les-sanctions-contre-francesca-albanese-la-rappo


    La rapporteuse spéciale des Nations unies sur les territoires palestiniens occupés, Francesca Albanese, à Belgrade, le 17 mars 2026.
    ANDREJ ISAKOVIC/AFP

    Le retour des mesures coercitives américaines contre l’experte des Nations unies survient quelques jours après leur levée. Son inscription sur une liste noire internationale l’empêche d’effectuer de nombreuses opérations bancaires.

    Les Etats-Unis ont réinstauré les sanctions prises à l’encontre de Francesca Albanese, une experte de l’ONU spécialiste des territoires palestiniens ayant vivement critiqué Israël, seulement quelques jours après leur levée.

    Une note publiée mercredi 27 mai sur le site du ministère des finances américain précise que Francesca Albanese est de nouveau inscrite sur une liste noire internationale, l’empêchant d’utiliser des cartes de crédit ou d’effectuer de nombreuses opérations bancaires. Elle en avait été retirée le 20 mai.

    Ce revirement fait suite à une ordonnance rendue vendredi par une cour d’appel américaine, assurant que ces sanctions pouvaient continuer à être appliquées tant que la justice n’avait pas tranché sur leur légalité.

    Critique d’Israël
    Le mari de Francesca Albanese, Massimiliano Cali, a dénoncé devant les tribunaux – au nom de leur enfant, un citoyen américain – ces mesures coercitives imposées à l’été 2025 par Washington.
    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La France exige la démission de Francesca Albanese, rapporteuse de l’ONU pour les territoires palestiniens, dénonçant ses « propos outranciers »

    Francesca Albanese, citoyenne italienne, n’a cessé de critiquer le traitement réservé aux Palestiniens par Israël en tant que rapporteuse spéciale du Conseil des droits de l’homme des Nations unies pour les territoires palestiniens occupés.

    Le secrétaire d’Etat américain, Marco Rubio, lui avait, en outre, reproché d’avoir recommandé à la Cour pénale internationale (CPI) de délivrer des mandats d’arrêt contre le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou.

    La rapporteuse conteste les accusations d’antisémitisme, qui ont également été formulées par Israël.