#yasmine_motarjemi

  • Ce que l’empire #Nestlé vous cache

    Yasmine Motarjemi a occupé pendant dix ans le poste éminemment stratégique de « directrice Monde de la sécurité des aliments » chez Nestlé. Très vite, elle s’aperçoit qu’il existe des #négligences, des processus de fabrication non respectés, des #dysfonctionnements graves qui finiront par provoquer des drames parmi les consommateurs.

    Au-delà des scandales des pizzas Buitoni et des suspicions de #fraudes concernant des eaux minérales, elle dévoile dans ce livre d’autres affaires méconnues du grand public : des biscuits qui bloquent la gorge des bébés, des pâtes à cookies qui mènent aux soins intensifs, des aliments pour animaux qui causent la mort de centaines de chiens et chats, du lait infantile contaminé...

    Les #errements menant à ces #incidents, Yasmine Motarjemi les a dénoncés sans relâche auprès de sa direction, jusqu’à subir un harcèlement puis un licenciement pour « divergence de vues ». Après treize ans de #procès, qu’elle a gagnés en appel en janvier 2023, elle peut, enfin, vous livrer la vérité sur cet empire. Au nom de notre santé à tous.

    ▻https://www.lisez.com/livres/ce-que-lempire-nestle-vous-cache/9782221279250
    #livre #multinationales #justice

    • Ce que l’empire de Nestlé nous cache : la parole d’une lanceuse d’alerte

      Pour ce huitième numéro de la « Boîte noire », rencontre avec une lanceuse d’alerte sur le scandale Nestlé et un journaliste qui a travaillé avec elle. L’occasion de les interroger à la fois sur le fond du dossier (#Yasmine_Motarjemi a occupé pendant dix ans le poste éminemment stratégique de « directrice Monde de la sécurité des aliments » chez le géant suisse de l’agroalimentaire), mais également sur la manière dont un #scandale_sanitaire de ce type peut être révélé au grand public, et par le journalisme.

      Ancienne responsable de la sécurité alimentaire chez Nestlé, Yasmine Motarjemi a vécu de l’intérieur ce que peu de salariés osent raconter : l’aveuglement volontaire d’un géant de l’#agroalimentaire face à ses propres dysfonctionnements. Harcelée, isolée, puis reconnue victime par la justice suisse après treize années de combat, elle a coécrit avec le journaliste Bernard Nicolas un livre-révélation. Ensemble, ils décryptent les rouages d’un système verrouillé, où l’#éthique est sacrifiée au nom du #profit, où les lanceurs d’alerte deviennent des cibles. Ce long entretien sonne comme une mise en garde : la #sécurité_alimentaire n’est pas un slogan, c’est un champ de bataille.

      « Ce que Nestlé a fait, ce n’était pas de la négligence. C’était de la #négligence_délibérée. »

      La voix est calme, mais chaque mot pèse. Yasmine Motarjemi ne s’emporte jamais. Elle expose, patiemment, méthodiquement, les étapes de sa descente aux enfers. Elle, qui pensait rejoindre une entreprise soucieuse de la #santé_publique, découvre peu à peu un système où la logique économique l’emporte systématiquement sur les impératifs sanitaires. « J’étais naïve. J’ai cru que nos objectifs étaient les mêmes. »

      L’illusion d’une convergence entre santé publique et industrie

      L’histoire commence pourtant sur une promesse. Scientifique senior à l’OMS, Motarjemi est approchée par Nestlé en 1998. En 2000, elle accepte. Le défi est immense : harmoniser la politique de sécurité alimentaire à l’échelle mondiale. « Au début, je croyais encore que mes valeurs étaient compatibles avec celles du groupe. » Une anecdote lui revient. Lors d’un entretien, un dirigeant lui demande comment elle compte concilier son idéal de santé publique avec les objectifs d’un #business. « J’ai répondu que la sécurité alimentaire servait les deux. Je me trompais. »

      « Nestlé n’a pas compris qu’elle n’est pas une entreprise comme les autres. »
      Yasmine Motarjemi

      L’entreprise qui broie ceux qui alertent

      Très vite, elle est confrontée à des cas concrets : produits pour bébés contaminés, absence de protocoles adaptés, incidents industriels minimisés. Elle rédige des alertes, des rapports, interpelle la hiérarchie. En vain. Pire : ses supérieurs l’isolent. Son poste est vidé de sa substance. Son équipe, démantelée. On ne lui confie plus rien. « Ils m’ont mise dans une pièce, sans ordinateur, sans téléphone. » Elle tient bon. Mais à quel prix ? Treize ans de harcèlement, de souffrance psychologique, de procédures. Jusqu’au jugement de 2023 : Nestlé est condamné.

      « Ce n’est pas un accident, c’est une #culture_d’entreprise qui neutralise toute forme de contradiction. »
      Bernard Nicolas

      L’enquête comme acte de justice

      Bernard Nicolas, journaliste d’investigation, découvre le dossier en 2018. Loin des discours convenus sur la responsabilité sociétale des entreprises, il rencontre une femme debout, mais meurtrie. « Ce qui m’a frappé, c’est la rigueur de son raisonnement. Elle ne parle jamais pour elle seule. Elle parle pour tous. » Ensemble, ils décident de tout documenter. Le livre sera une somme, fondée sur les faits, les dates, les preuves pas un brûlot, une #contre-enquête.

      #Double_langage et #culture_du_silence

      À l’intérieur de Nestlé, la communication officielle évoque transparence, éthique, protection des #lanceurs_d’alerte. Mais dans les faits ? « Quand j’ai alerté, on m’a traitée comme une ennemie de l’intérieur. » Yasmine détaille les contradictions : campagnes internes de sensibilisation, chartes de bonne conduite et en parallèle, un #management vertical, autoritaire, étouffant toute critique. « La vérité, c’est que personne ne voulait regarder les problèmes. »

      Une solitude insoutenable, une parole essentielle

      Ce qui traverse l’entretien, c’est la #solitude. « À certains moments, je me suis demandée si je devenais folle », confie-t-elle. Sans appui médiatique, sans relais institutionnel, elle s’accroche. « Ce qui m’a sauvée, c’est ma conscience professionnelle. Et ma foi dans la vérité. » Le livre devient alors un espace de réhabilitation. Pas seulement d’un parcours individuel, mais d’une fonction essentielle dans l’entreprise : celle de protéger les consommateurs.

      « Si une responsable sécurité ne peut plus alerter, alors à quoi bon ce poste ? »
      Yasmine Motarjemi

      Un tchat révolté, admiratif et solidaire

      Les réactions du tchat trahissent l’émotion. @JulienDubois s’indigne : « Ce n’est plus une entreprise, c’est une machine à broyer. » @Claire.S évoque sa propre expérience : « Moi aussi j’ai été poussée dehors pour avoir parlé. Merci Yasmine. » Ce soir-là, le tchat devient lui aussi un espace de réparation. Un endroit où d’autres langues se délient. Et où la parole de Yasmine agit comme un catalyseur.

      Une affaire plus large que Nestlé

      L’enjeu dépasse l’entreprise. Ce que Motarjemi et Nicolas révèlent, c’est une culture généralisée de l’#impunité dans certaines grandes #multinationales. « On préfère maquiller un problème que le résoudre. » Leur livre est un appel à l’action. À la vigilance, à une réforme de fond sur la place des lanceurs d’alerte. « Si j’ai parlé, conclut-elle, c’est pour que plus personne n’ait à vivre ce que j’ai vécu. »

      Pourquoi Yasmine Motarjemi a-t-elle été harcelée par Nestlé ?

      Parce qu’elle a dénoncé des pratiques contraires à la sécurité alimentaire. Son rôle de lanceuse d’alerte a été perçu comme une menace pour l’image et les intérêts du groupe.

      Que dit la justice suisse sur le dossier Nestlé ?

      En 2023, elle reconnaît Nestlé coupable de harcèlement moral. Cette décision valide les alertes de Motarjemi et met fin à une longue bataille judiciaire.

      Quel rôle joue Bernard Nicolas dans le récit Nestlé ?

      Journaliste et coauteur du livre, il apporte un regard d’enquêteur indépendant. Il relie les éléments, donne un cadre aux accusations, et crédibilise un témoignage souvent ignoré.
      Que révèle l’affaire Nestlé sur le monde de l’agroalimentaire ?

      Qu’il existe une dissonance majeure entre les discours de responsabilité et la réalité interne des grandes firmes. Et que sans vigilance, les consommateurs en paient le prix.

      ▻https://www.auposte.fr/une-lanceuse-dalerte-contre-nestle
      #industrie_agro-alimentaire

  • Procès Nestlé : plongée dans les pratiques du géant de l’alimentation
    ►https://www.mediapart.fr/journal/international/181215/proces-nestle-plongee-dans-les-pratiques-du-geant-de-lalimentation

    Le siège de Nestlé à Vevey en Suisse. © Reuters Le procès qui se tient à Lausanne jusqu’en juin prochain permet d’effectuer une plongée inédite dans les coulisses de Nestlé. Le géant de l’alimentation est traîné en justice pour harcèlement moral par #Yasmine_Motarjemi, ancienne haut-responsable de la #sécurité_alimentaire de 2000 à 2010. Elle avait été entendue le 1er décembre. Mercredi 17 décembre, quatre hauts dirigeants de Nestlé dont le PDG Paul Bulcke ont témoigné. Retour sur cette histoire hors norme.

    #International #lanceur_d'alerte #Nestlé #Transparence

  • Nestlé : Une ex-cadre attaque la multinationale

    _ Plusieurs dirigeants de Nestlé, dont le patron Paul Bulcke, sont appelés mercredi à défiler devant un tribunal lausannois. -

    Une ex-responsable de la sécurité alimentaire de la #multinationale a porté plainte contre son ancien employeur pour harcèlement moral. #Yasmine_Motarjemi a longuement témoigné le 1er décembre devant la Chambre patrimoniale cantonale. « J’ai pu dire une grande partie de ce que j’avais sur le cœur concernant le #harcèlement mais aussi sur la #sécurité_alimentaire. C’était une délivrance », a déclaré à l’ats l’ex-cadre, qui a perdu son travail et sa santé dans ce conflit.

    #Nestlé avait engagé en juillet 2000 cette spécialiste de la sécurité alimentaire que le groupe #veveysan est allé débaucher à l’#OMS. Tout se passe plutôt bien jusqu’en 2006, et l’arrivée de son nouveau supérieur hiérarchique qui n’a de cesse, dit-elle, de la discréditer.

    Mise à l’écart

    Elle se fait peu à peu marginaliser sur son lieu de travail. Nestlé lui retire des membres de son équipe et lui donne de moins en moins de responsabilités. Plus grave, ses #alertes_sanitaires restent lettre morte, accuse-t-elle.

    Licenciée en 2010, « détruite mentalement et moralement », elle n’a pas retrouvé d’emploi. Elle réclame un franc symbolique, plus le paiement de 2,1 millions de francs pour ses frais et perte de gain.

    Sécurité alimentaire

    Au-delà du harcèlement, Yasmine Motarjemi, 60 ans, reproche à Nestlé son « laxisme » et son « double langage » en matière de sécurité alimentaire. Elle pointe du doigt un cas de biscuits avec lesquels de jeunes enfants risquaient de s’étouffer. « Il ne fallait pas attendre qu’un bébé meure pour réagir », estime-t-elle.

    Le procès porte sur le harcèlement, pas sur la sécurité alimentaire : « il s’agit d’un procès d’un employé contre son ancien employeur relevant du droit du travail », a recadré le service de presse de la multinationale.

    Nestlé rejette les accusations

    Sur le fond, Nestlé rejette fermement les accusations de #harcèlement_moral et psychologique formulées par la plaignante. Le groupe veveysan n’est « pas en mesure de faire des commentaires sur les détails de l’affaire », car la procédure judiciaire est en cours et l’entreprise entend faire valoir ses arguments devant le tribunal.

    « Les accusations concernant la qualité de nos produits sont totalement infondées », avertit la multinationale. « La sécurité et la qualité sont nos priorités absolues » ajoute l’entreprise qui précise que plus de 5000 professionnels y veillent dans le monde entier.

    Audience de mercredi

    L’audience de mercredi devrait voir défiler plusieurs dirigeants ou ex-dirigeants de Nestlé devant le #Tribunal d’arrondissement : #Paul_Bulcke, le patron, #José_Lopez, ancien directeur opérationnel, #Jean_Marc_Duvoisin, l’ex-chef du personnel et actuel patron de #Nespresso, et #Francisco_Castañer, qui occupait jusqu’en 2010 des responsabilités administratives au sein de la multinationale, selon une information confirmée en juillet par l’entreprise.

    Yasmine Motarjemi s’attend à une audience rude : « ils vont venir me critiquer », dit-elle. Le tribunal ne donne pas d’information sur le contenu du dossier, mais précise qu’il s’agit d’une séance en « administration de preuves, qui vise à recueillir les déclarations de parties ou de témoins. Comme telle, ce n’est pas un débat ».

    Autres audiences prévues

    La Chambre patrimoniale cantonale, autorité de première instance, traite des affaires dans lesquelles l’intérêt en jeu est supérieur à 100’000 francs. Plusieurs autres audiences en administration de preuves sont prévues, la prochaine en principe le 2 février. Puis se tiendront les plaidoiries finales, en audience ou par écrit, à moins que les parties n’aient transigé dans l’intervalle.

    L’article : ▻http://www.tdg.ch/economie/excadre-attaque-multinationale/story/11402167

    #Justice #Suisse #La_tribune_de_Genéve