• En 2017, ce n’est pas la parole des femmes qui s’est libérée, c’est nous qui avons commencé à écouter

    Les victimes d’Harvey Weinstein parlaient depuis des années. Pourquoi n’ont-elles pas été prises au sérieux ?

    https://www.buzzfeed.com/fr/mariekirschen/ce-nest-pas-la-parole-des-femmes-qui-sest-liberee-cest-nous

    « 2017, l’année qui a libéré la parole des femmes », « L’année où la parole des femmes s’est libérée », « Et la parole des femmes se libéra ». L’affaire Weinstein et ses suites, selon l’expression consacrée, ont provoqué un ouragan, à l’échelle mondiale. On sait déjà qu’il y aura un avant et un après Weinstein. Mais « l’année de la libération de la parole », vraiment ? A force de voir l’expression martelée en titre de journaux — y compris sur BuzzFeed – on finirait par croire qu’avant ce fameux article du New York Times révélant les accusations contre le producteur hollywoodien, les femmes préféraient se murer dans le silence.

    Pourtant, les femmes n’ont pas attendu ce mois d’octobre 2017 pour dénoncer les viols, le harcèlement sexuel au travail, ni pour tweeter sur le sujet. En France, on se souvient, entre autres exemples, des grandes mobilisations féministes contre le viol dans les années 1970 et 1980, des mobilisations au moment de l’affaire Dominique Strauss-Kahn puis de l’affaire Denis Baupin. Aux Etats-Unis, le témoignage d’Anita Hill avait secoué la société américaine et mis sur le devant de la scène la question du harcèlement sexuel au travail en 1991… soit il y a bientôt trente ans !
    Nous n’avons pas su écouter

    Plus récemment et sur internet, les hashtags #YesAllWomen, #EverydaySexism, #rapeculture ou encore #StopHDR avaient déjà vu passer leurs lots de tweets décrivant des agressions. Il suffit de jeter un rapide coup d’œil à des Tumblr comme Paye ta shnek, Paye ton taf ou Coupable de mon viol pour voir que la parole des femmes était bien libérée. Quant au désormais célèbre #MeToo, on s’est rapidement souvenu qu’il avait été lancé, non pas par Alyssa Milano cet automne, mais onze ans auparavant, par Tarana Burke, une militante afro-américaine qui travaille sur les violences sexuelles. Alors pourquoi un tel changement de perspective médiatique ? Qu’est-ce qui a fait la différence cette fois-ci ?

    Si #MeToo et #balancetonporc ont eu un tel impact, c’est surtout parce que l’écoute a changé. À plusieurs reprises aux cours de ces derniers mois, j’ai eu l’occasion de discuter avec des militantes féministes qui, bien qu’agréablement surprises par le traitement médiatique actuel, ne pouvaient s’empêcher d’être un peu étonnées : « On nous dit que les femmes "parlent enfin". Mais les femmes ont toujours parlé ».

    C’est nous qui n’avons pas su écouter.

    Cela fait des années que les victimes de Harvey Weinstein parlent : la mannequin italienne Ambra Battilana Gutierrez s’est rendue à la police. L’actrice Rose McGowan, a expliqué qu’elle avait confié au responsable des studios Amazon que Harvey Weinstein l’avait violée. « Je l’ai dit, encore et encore », a-t-elle tweeté. Mira Sorvino en a parlé à ses proches et notamment à son compagnon de l’époque, Quentin Tarantino, qui a continué à travailler avec Harvey Weinstein, et a reconnu de lui-même : « j’en savais assez pour faire plus que ce que j’ai fait ». Dans cette affaire – comme dans de nombreuses autres – si « tout le monde savait », c’est bien que des femmes l’avaient dit.

    Dans l’affaire Charlie Rose, une de ses anciennes assistantes, qui dit avoir été victime de harcèlement sexuel de la part du célèbre journaliste américain, a spécifié qu’elle en avait parlé à la productrice executive, qui lui a répondu « c’est juste Charlie qui fait du Charlie ». Quand le duo de comédienne Min Goodman et Julia Wolov ont raconté autour d’elles que Louis C.K. s’était masturbé devant elles sans leur consentement, le manager de ce dernier leur a fait passer le message d’arrêter.

    On retrouve des situations similaires de notre côté de l’Atlantique. Libération a récemment publié une enquête sur des accusations d’agressions sexuelles à l’encontre de Thierry Marchal-Beck, un ancien président du Mouvement des jeunes socialistes (qui s’est dit « sidéré » par ces accusations et a prévenu se « réserver le droit d’engager toute procédure »). Le journal évoque des « années d’omerta et de duplicité » au MJS : « Pendant des mois, les alertes vont sonner dans le vide ».

    Une plainte pour agression sexuelle a été déposée (puis classée sans suite pour cause de prescription) contre Éric Monnier, l’ex-ponte de France 2 aujourd’hui à LCI, qui nie les faits qui lui sont reprochés. Plusieurs journalistes ont raconté à BuzzFeed News que « tout le monde était au courant » de son comportement avec les femmes. Autre exemple : Astrid de Villaines, qui a récemment porté plainte contre le journaliste de La Chaîne parlementaire (LCP), Frédéric Haziza, en avait déjà à l’époque discuté avec sa rédaction, qui n’avait pourtant adressé qu’un simple « avertissement » à l’accusé.
    « Pour avoir parlé, j’étais soudainement devenue radioactive »

    Très souvent, les femmes parlent. Elles se confient à leurs proches, à un-e ami-e, à des collègues… Mais, fréquemment, leur parole n’est pas bien accueillie. Comme quand l’actrice Mira Sorvino prévient une employée de Miramax, l’entreprise cofondée par Harvey Weinstein, du comportement de celui-ci. « Sa réaction c’était comme si j’étais soudainement devenue radioactive pour avoir osé en parler, ce qui ne m’a pas vraiment encouragée ».

    Lors du rassemblement MeToo à Paris, le 29 octobre 2017.

    C’est parce que les femmes sont reçues par de l’embarras, de la suspicion, voire une franche hostilité, qu’elles vont arrêter de parler. Les victimes intègrent très rapidement que la société n’a pas envie de les écouter et qu’il sera moins coûteux pour elles, désormais, de se taire.

    Il serait extrêmement naïf de croire que, alors que nous avons grandi dans une société imprégnée par la culture du viol, nous savons bien réagir face à une personne qui nous confie avoir été victime d’une agression sexuelle. Personne ne nous apprend à le faire. Nous avons peut-être les meilleures intentions du monde, mais cela ne suffit pas.

    Il est très fréquent que, même malgré nous, on minimise. Qu’on se dise qu’il n’y a rien à faire – « de toute façon c’est connu qu’il est comme ça ». Qu’on rejette la responsabilité sur la victime – « quelle idée, aussi, d’aller aussi tard chez cet homme vu sa réputation ». Qu’on immisce le doute dans son esprit sur sa légitimité à parler – « franchement le mieux pour toi, c’est encore de passer à autre chose ». D’où l’importance, comme Sandrine Rousseau tentait de l’expliquer sur le plateau d’« On n’est pas couché » seulement six jours avant que l’affaire Weinstein éclate, de former des gens pour savoir « accueillir la parole ».

    Les manquements de la presse

    Dans ce refus d’accorder une écoute attentive aux victimes de violences sexuelles, les journalistes ont leur part de responsabilité. Ces dernières décennies, on ne peut pas vraiment dire que la presse française a brillé par sa volonté de couvrir le sujet des agressions sexistes, hormis les habituels papiers un peu paresseux tous les 25 novembre, lors de la Journée internationale pour l’éradication des violences contre les femmes. Les médias ont longtemps fait la sourde oreille. Ils ont peu enquêté. Et quand ils se sont intéressés au sujet, le résultat a parfois été catastrophique.

    Pour avoir une petite idée de ce que pouvait donner la couverture journalistique du harcèlement sexuel dans le milieu du cinéma il y a une quinzaine d’années, il suffit de regarder le traitement de l’affaire Brisseau. Aux débuts des années 2000, Noémie Kocher et Véronique H., qui ont fait des essais pour le film Choses secrètes, portent plainte pour harcèlement sexuel contre le réalisateur, Jean-Claude Brisseau. Elles sont rejointes dans leur plainte, dans un second temps, par deux autres comédiennes. En 2005, le réalisateur de Noce blanche est condamné pour harcèlement sexuel à l’égard de Noémie Kocher et de Véronique H., les deux autres femmes sont déboutées. L’une d’elles, qui lui reproche notamment de lui avoir mis un doigt dans le vagin, fait appel, et Jean-Claude Brisseau est condamné l’année suivante pour atteinte sexuelle.

    Lors de l’enquête, comme le rappelle L’Obs qui a eu la bonne idée de se repencher récemment sur l’affaire, plusieurs témoignages, comme ceux de Marion Cotillard ou de Hélène de Fougerolles, vont dans le sens des plaignantes. La mère de Vanessa Paradis aussi, qui mentionne « un incident » lors du tournage du film qui a fait connaître sa fille, Noce blanche.

    Pourtant, la presse se fait bien tendre avec Brisseau, et cruelle envers ses accusatrices, qui n’auraient rien compris à l’art délicat du « tournage cinématographique comme sanctuaire artistique ». Les Inrocks tacle « les différentes parties [qui] dissimulaient leur ignorance profonde de ce qu’est le cinéma ». Un journaliste de Libération, Louis Skorecki, se fend d’une tribune intitulée « Brisseau, le faux coupable », et se lamente : « On n’aurait jamais dû juger Brisseau. » À la sortie de son film suivant, le critique Antoine de Baecque s’indigne : « Je ne crois donc pas une seconde à la vérité des accusations dont il a fait l’objet quand je vois Les Anges exterminateurs [...] Il est pour moi, c’est mon intime conviction, aux antipodes d’un harceleur, d’un violeur, d’un homme agressant une femme. [...] Jean-Claude Brisseau a été sauvé et blanchi par son cinéma. »

    « A quelques rares exceptions, la presse a été terrible, commente Noémie Kocher dans "L’Obs". Je n’imaginais pas le tsunami qui en découlerait. Notre parole a été niée, décrédibilisée. C’était violent. Et ce que j’ai vécu, à ce moment-là, ça a été presque pire que le harcèlement en lui-même. Voilà pourquoi je redoute tellement de parler. »

    Un sujet imposé parole après parole, tweet après tweet

    On est très loin des reportages de 2017 sur le cinéma, désormais qualifié de « milieu très exposé au harcèlement sexuel ». Douze ans plus tard, plus de 80 femmes ont accusé le magnat hollywoodien Harvey Weinstein. Il a fallu qu’elles soient aussi nombreuses pour qu’on écoute. Le scoop venait des vénérables New York Times et New Yorker. Bien sûr, si le retentissement médiatique a été si considérable, c’est parce que d’autres affaires ont pavé la voie. DSK, Baupin en France. Le journaliste Bill O’Reilly, l’acteur Bill Cosby et le chanteur R-Kelly aux Etats-Unis.

    Désormais, les médias ont bien intégré que ces affaires font partie de la couverture qu’ils sont tenus d’avoir. Sites, télés, radios n’ont pas hésité à reprendre l’information du New York Times, puis à apporter leur propre grain de sable à la déferlante. L’affaire Weinstein montrait à tous qu’il existait des informations à sortir, des affaires à raconter. Que, pour raconter le monde dans sa globalité, les journalistes devaient se pencher sur la question des violences sexuelles, et qu’il fallait le faire avec autant de sérieux que pour une grande enquête politique ou économique.

    Devant cet intérêt soudain, des victimes qui avaient renoncé à parler ont pris de nouveau la parole. Cette fois, elles ont été entendues. Les réseaux sociaux écoutaient. Les médias écoutaient. Les lecteurs écoutaient. Les journalistes ont enquêté, vérifié, recoupé. Et les articles se sont multipliés.

    Il ne s’agit pas, ici, de nier le choc qu’ont constitué les hastags #metoo et #balancetonporc. En 2017, les femmes ont parlé avec force et chaque témoignage a permis à d’autres victimes de se sentir un peu plus légitimes pour dire « moi aussi ». Ces dernières années, grâce à leurs paroles, ce sont les femmes – et les associations féministes – qui ont imposé, petit à petit, tweet après tweet, ces sujets sur la place publique. Mais les médias ne devraient pas s’exempter d’une autocritique sur leur difficulté à s’emparer de ces questions, alors que le grand continent des violences sexuelles était juste sous leurs yeux. L’affaire Weinstein a fait bouger les lignes du traitement journalistique. Mais ce changement s’inscrira-t-il seulement dans la durée ?
    Des oreilles décidées à ne pas tout entendre

    Il ne faudrait pas idéaliser ce moment et sous-estimer les réticences. Certaines oreilles sont bien décidées à ne pas tout entendre. Comme ces commentateurs qui, plutôt que de parler des violences sexuelles, ont insisté sur la « violence » du terme « balancer ». Comme Raphaël Enthoven qui s’est permis de demander à celles qui tweetaient leurs agressions d’aller plutôt porter plainte – alors que l’on sait que les victime de viol sont souvent mal accueillies dans les commissariats. Ou encore comme ce député La République en marche qui s’est inquiété qu’on finisse par « émasculer tous les hommes ».

    Seulement quatre petits jours jours après le premier tweet sur #balancetonporc, on atteignait déjà le point Godwin en comparant ces victimes qui osaient décrire des délits et des crimes sur les réseaux sociaux aux monstres qui ont dénoncé des juifs pendant la seconde guerre mondiale.

    Jusqu’à cette séquence lunaire où, sur BFM-TV, le 26 novembre, la journaliste Anna Cabana a coupé Anne-Cécile Mailfert, la présidente de la Fondation des femmes, pour lui demander, visiblement inquiète : « Mais, aujourd’hui, vous pouvez nous dire : vous aimez les hommes ? » Quand une femme ose prendre la parole contre les violences sexistes, le soupçon de misandrie n’est jamais très loin. Curieuse inversion des rôles. A l’heure où se multiplient les révélations sur des hommes qui font acte de cruauté envers des femmes, on s’étonne pourtant de ne jamais avoir entendu la question inverse posée à ces derniers.

    L’article date de 2018 et ca n’a pas changé, c’est toujours la prétendue « libération de la parole des victimes » et cela permet de maintenir le système en place. Si c’est la première fois que vous en entendez parler alors on ne peu pas vous reprocher de n’avoir rien fait auparavant.

  • Total, le vrai du faux | #Blast, Le souffle de l’info - Site d’information français d’actualités et d’investigation indépendant
    https://www.blast-info.fr/articles/2021/total-le-vrai-du-faux-5TFjs3mcRXu5r5eHiTgwGw

    L’information avait de quoi dérouter : en début de semaine, le groupe français Total annonce le lancement de « Réhabitat », un programme destiné... à rapatrier les animaux perturbés par ses chantiers menés à l’étranger, notamment en Afrique. Derrière cette « actualité » se cache en réalité un groupe d’activistes - #The_Fixers. Car cette sidérante opération de greenwashing était un faux...

    https://thefixersfix.com/fixed/eacop
    https://www.youtube.com/watch?v=Z-Qfckfk3HI


    Total FAIL ! Oil company’s wild bird stunt catastrophe

    Des militants se faisant passer pour la grande compagnie pétrolière #TotalEnergies ont dévoilé RéHabitat, un plan visant à sauver les animaux de leur oléoduc d’Afrique de l’Est en les relocalisant dans des habitats « plus durables » en France.


    #Yes_Men

  • Au Texas, les « pro-life » pourront traîner ceux qui pratiquent l’IVG devant les tribunaux

    Promulguée par le gouverneur Greg Abbott le 19 mai dernier, la « Senate Bill 8 » interdira à compter du 1er septembre le recours à l’interruption volontaire de grossesse au-delà de six semaines de gestation, y compris en cas de viol ou d’inceste. Le « Texas Heartbeat Act » vient s’ajouter aux nombreuses autres lois récemment promulguées dans les États républicains pour faire obstacle au droit à l’avortement. À une particularité près : ni l’État du Texas, ni aucune de ses subdivisions ne la feront appliquer.

    Rapporteure du même texte (HB 1515) à la Chambre des représentants du Texas, la représentante Shelby Slawson, qui se définit comme une conservatrice résolue, a qualifié cette proposition de loi d’« avancée considérable pour le Texas et le mouvement pro-vie ». Cette femme de 44 ans, fervente chrétienne et mère de deux enfants, n’a nullement caché l’influence idéologique de sa foi dans l’élaboration du texte. Une grande dévotion que partage Bryan Hughes, sénateur rapporteur de la SB 8, qui avait quant à lui invité les personnes qui le suivent sur Facebook à se joindre à ses prières le jour du 43e anniversaire de la décision « Roe v. Wade » –consacrant l’avortement comme un droit protégé par le 14e amendement.

    Véritable hack juridique, la loi prévoit ainsi l’inaction des pouvoirs publics, se reposant strictement sur les initiatives judiciaires civiles : « Les obligations de ce sous-chapitre doivent être appliquées exclusivement au moyen d’actions civiles privées […]. Aucune application du présent sous-chapitre […] ne peut être mise en œuvre par cet État, une subdivision politique, un procureur de district ou de comté, ou un fonctionnaire ou employé exécutif ou administratif de cet État […]. »

    À LIRE AUSSI Aux États-Unis, les anti-avortement prennent les jeunes d’assaut sur les réseaux sociaux

    En clair : quiconque pourrait traîner une clinique ou un médecin devant les tribunaux pour avoir pratiqué une interruption volontaire de grossesse au-delà de six semaines (durée de gestation à partir de laquelle un rythme cardiaque peut être détecté). Dès lors, il devient difficile de savoir qui poursuivre (puisque les autorités étatiques ne veilleront pas à l’application de ce texte) : comme le note Sabrina Tavernise pour le New York Times, il s’agit par conséquent d’un moyen habile permettant d’éviter tout recours devant la justice pour faire invalider la loi en raison d’une violation manifeste de la jurisprudence « Roe v. Wade ».

    Le quotidien voulu par le sénateur Hughes et la représentante Slawson, dans lequel un voisin ou une voisine pro-life pourrait engager un recours en justice contre celui ou celle qui a pratiqué un avortement, ressemble à s’y méprendre à l’univers dystopique de Margaret Atwood (La Servante Écarlate) dans lequel le rôle des femmes fertiles se résume la procréation et où l’avortement est un crime.

    Néanmoins, cette disposition n’est pas sans soulever une question majeure au sujet de sa constitutionnalité : un point central qui pourrait malgré tout mener à l’invalidation de cette loi par les tribunaux.
    La question de l’intérêt à agir

    En permettant à quiconque d’engager des poursuites contre le corps médical, les deux chambres du Texas dominées par le Grand Old Party pensent avoir trouvé la parfaite parade pour éviter que leur texte ne passe sous les fourches caudines de la justice. Cependant, c’est bien cette même particularité qui pourrait mener à l’invalidation de la loi. En effet, recourir à l’action en justice demande d’avoir un intérêt à agir. En droit fédéral américain, cet intérêt à agir (standing) découle de la « Case and Controversy Clause » de l’Article III de la Constitution. L’existence d’un intérêt à agir, selon la décision de la Cour suprême « Lujan v. Defenders of Wildlife » (1992), est conditionnée par trois critères :

    1. Un préjudice (injury in fact) ;
    2. Un lien de causalité entre le préjudice et les faits reprochés (causation) ;
    3. La possibilité d’obtenir réparation (redressability).

    Bien que le standing soit abordé dans la Constitution texane (Article I, Section 13), sa définition a sensiblement évolué au fil des jurisprudences pour s’harmoniser avec la définition fédérale. Ainsi, dans « Pike v. Texas EMC Management, LLC », la Cour suprême du Texas a réaffirmé que « pour intenter une action en justice, capacité et intérêt à agir sont nécessaires. […] Un plaignant a un intérêt à agir lorsqu’il est personnellement lésé […]. »

    Un détail qui n’a bien entendu pas échappé aux professionnels du droit qui, dans une lettre ouverte publiée en avril, rappellent que « la législature du Texas ne peut pas accorder un intérêt à agir à quelqu’un qui n’a pas personnellement subi un préjudice sans violer la doctrine de la séparation des pouvoirs ».

    Anthony Castet, maître de conférences en études nord-américaines à l’Université de Tours, partage cet avis et ajoute que « le texte est défaillant puisque les requérantes seront en mesure d’invoquer une privation de liberté en relation avec la “Due Process Clause” du 14e Amendement. En revanche, depuis l’arrêt de 1992 “Casey v. Planned Parenthood”, il revient aux femmes de démontrer de manière spécifique dans quelle mesure la loi incriminée représente un fardeau substantiel caractérisé –le critère de la “charge excessive”. »
    Faire tomber « Roe »

    L’objectif avoué par le Parti républicain, où qu’il soit aux États-Unis, est de faire tomber « Roe v. Wade », la décision historique de 1973. Un objectif qui est à portée de main, à l’heure où l’on attend la décision de la Cour suprême dans l’affaire Dobbs, qui concerne une loi du Mississippi interdisant l’avortement au-delà de quinze semaines.

    En attendant ce moment, l’agenda conservateur suit son cours et cette année, ce ne sont pas moins de quatre-vingt-dix lois qui ont été promulguées à travers le pays pour restreindre le droit à l’avortement. Un activisme législatif dû à la composition actuelle de la Cour suprême, véritable aubaine pour les anti-IVG (« pro-life ») qui, en promulguant des lois volontairement contraires à la jurisprudence « Roe », se donnent une chance de voir la plus haute juridiction du pays la renverser.

    Le professeur Anthony Castet, qui nuance cet optimisme conservateur, note que les juges Kavanaugh et Barrett semblent partager la vision qui est celle du Chief Justice John Roberts, propice au respect de la jurisprudence et attaché à la crédibilité de la Cour.

    Toutefois, dans le « Lone Star State », la « House Bill 1280 » est déjà prête, dans l’éventualité où « Roe v. Wade » viendrait à être renversée totalement ou partiellement par la Cour suprême. Signée le 16 juin dernier par le gouverneur Abbott, elle est une « trigger law » : ce sobriquet, qui renvoie de manière métaphorique au domaine des armes, ne laisse aucun doute sur son rôle. À l’image d’une pression sur la queue de détente d’une arme, elle entrera en vigueur trente jours après une décision renversant « Roe » et rendra illégale toute interruption volontaire de grossesse.

    En outre, la loi criminalisera l’avortement, prévoyant pour toute personne reconnue coupable d’avoir pratiqué un avortement une peine de prison pouvant aller de cinq à quatre-vingt-dix-neuf ans et une amende pouvant excéder 100.000 dollars pour chaque violation. L’univers terrifiant de Margaret Atwood s’est frayé un chemin dans la réalité.

    Margaret Atwood dit elle même que la servante écarlate est uniquement inspiré de faits réels, la réalité est totalement terrifiante. Etre un homme hétéro au Texas en 2021 et ne pas être vasectomisé c’est être une ordure total de parasite. Les texans devraient se faire castrer en masse et ceux qui ne le font pas sont des assassins en puissance.
    #menaretrash #yesallmen #avortement #IVG #parasitisme

  • Oui, c’est bien Israël de l’apartheid. Même sans annexion
    Par Michael Sfard, le 9 juillet 2020 | Agence Media Palestine
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2020/07/13/oui-cest-bien-israel-de-lapartheid-meme-sans-annexion

    Le 1er juillet est passé sans annexion, tout comme les jours suivants. Nous assistons peut-être à l’évaporation de la politique la plus téméraire de la droite dans le conflit israélo-palestinien, une politique dont les plus grands partisans d’Israël ont averti qu’elle allait le transformer en un État d’apartheid. La suppression de l’annexion de l’ordre du jour supprime-t-elle aussi le danger de l’apartheid ?

    Malheureusement, la réponse est non. Ces derniers mois, j’ai étudié la question en profondeur et, dans un avis juridique que j’ai rédigé pour le groupe de défense des droits Yesh Din, je suis arrivé à une conclusion démoralisante sur la pertinence de ce terme pour décrire le type de contrôle exercé par Israël en Cisjordanie. Oui, même sans annexion.

    Le mot « apartheid » est utilisé de diverses manières dans différents contextes ; la signification de ce terme dans l’arène publique n’est pas identique à sa signification en science politique, en histoire et en droit. (...)

    #Apartheid
    traduction de https://seenthis.net/messages/866580

  • CES 2020 : comment une pomme de terre connectée (française) a piégé le prestigieux salon de l’électronique
    https://www.bfmtv.com/tech/ces-2020-comment-une-pomme-de-terre-connectee-francaise-a-piege-le-prestigieu

    “POTATO décode le langage de la pomme de terre et peut le traduire via une connexion Bluetooth”, avance le communiqué de presse présent sur l’unique table du stand. Autour de lui, les curieux se pressent et écoutent attentivement le pitch autour du légume connecté, sans broncher.

    En dehors de quelques regards amusés et de réactions surprises, personne ne s’étonne réellement de l’existence d’une telle création. Ni même de son prix : 34 dollars, sur une bien connue plateforme de financement participatif, avec une remise de cinq dollars pour les mille premiers acheteurs. Le texte précise que l’initiative ne fait nullement partie de la délégation French Tech, qui rassemble une sélection de start-up françaises.

    #YesMen_style

  • La société du Spectacle trente ans plus tard..., par Robert Kurz (préface à l’édition brésilienne du Guy Debord d’Anselm Jappe)
    http://www.palim-psao.fr/2019/05/la-societe-du-spectacle-trente-ans-plus-tard.par-robert-kurz-preface-a-l-

    Le mérite du livre de Jappe est de souligner l’importance décisive de la critique radicale de l’économie moderne dans la pensée de Debord. Cette critique est encore en déshérence, malgré tous les appels lancés aux situationnistes par l’esprit du temps actuel. Quel adepte des « discours » désarmés de la critique économique contemporaine voudrait rappeler que l’intervention situationniste de 1968 a abouti à la revendication de l’extinction de l’argent et de l’Etat ? C’est cette critique radicale de la valeur de l’échange, qui vient du Marx ésotérique, qui va devenir la critique de la « société du Spectacle ». La réduction de la réalité à la fin en soi de la valorisation capitaliste de la valeur - l’inversion interne entre l’abstrait et le concret, entre le moyen et la fin - transforme les potentialités sociales en une puissance étrangère et hostile qui s’oppose aux individus. Les relations entre les êtres humains semblent des relations entre des choses mortes. Debord veut ainsi montrer comment la relation fétichiste mise en place par le capital a atteint un degré d’abstraction encore plus grand dans l’après-guerre, dans la mesure où les choses produites sous forme de marchandises étaient couvertes par des images produites aussi sous forme de marchandises. Ces images médient, depuis, les relations sociales comme réalité compensatoire apparente ; elles sont devant les individus en tant que forme d’isolement des forces sociales qu’elles ont intégrées. Il ne s’agit pas d’une « théorie des médias », mais d’une critique irrécupérable par le capitalisme de l’ère des médias - le spectacle n’est autre que « l’économie folle ».

    #Debord #Guy_Debord #Anselm_Jappe #Robert_Kurz #critique #théorie_critique #Marx #situationniste #société_du_spectacle

  • Propos sur le non-discours du 15 avril 2019 attribué au président de la République | Le Club de Mediapart
    https://blogs.mediapart.fr/paul-cassia/blog/180419/propos-sur-le-non-discours-du-15-avril-2019-attribue-au-president-de

    Ce non-discours soulève beaucoup plus de questions qu’il n’apporte de réponses aux attentes d’une partie des français. Il fait songer à l’intervention du regretté Raymond Devos sur le plateau de l’émission télévisée Apostrophes en 1985, qui reprenait un passage de l’un de ses spectacles humoristiques : « je vais parler pour ne rien dire. Non mais écoutez, je sais, vous vous dites s’il n’a rien à dire il ferait mieux de se taire. Mais c’est trop facile ! C’est trop facile ! Moi quand je n’ai rien à dire, je veux qu’on le sache ! Je veux en faire profiter les autres ! ». Parler ou écrire pour ne rien dire, telle est la marque de fabrique des « rienologues »

    Pour le remplacement de l’ENA par l’ISF voir aussi : https://www.affordance.info/mon_weblog/2019/04/ena-isf-innommable.html

    Verbatim du discours sur lundi.am : https://lundi.am/Exclusif-le-discours-qu-Emmanuel-Macron-n-a-pas-prononce-le-15-avril

    Faute de temps, nous n’avons pas été en mesure de vérifier qu’il s’agisse ici d’un document parfaitement authentique, bien que confirmé par deux sources. Cependant à la lecture, le style pompeux et ennuyeux ainsi que le contenu creux nous semblent attester qu’il s’agisse bien de la plume du président.

    #non-discours #non-annonce #grand_debat #enfumage

    • J’ai entendu des voix…
      … que notre république n’entendait plus.

      Outre le côté Jeanne d’Arc évident, on retrouve, brillamment résumée en une courte phrase, la thématique du #je_nous du discours du 10 décembre.
      https://seenthis.net/messages/742902#message743533

      je veux, je décide, je fais
      /
      nous avons fait des erreurs

      je me souviens [du grand débat et je pleure…]
      (avec #anaphore !)
      /
      nous avons un devoir

      j’ai entendu / que nous perdions

      j’ai entendu la peur
      /
      parfois on se résigne [mais pas moi !]… la résignation c’est pire encore !

      j’y ai ma part à prendre …
      /
      chacun d’entre nous à sa part à y prendre
      (union nationale !!!, faut qu’on l’aide c’t’homme là_

      [je craque, je saute quelques pages en notant (fin de p. 5 et p. 6) une courte variante sur le thème je/vous]

      nous avons besoin de bons salaires…
      /
      c’est pourquoi J’ai pris des mesures importantes

      (une prime sans aucune charge -> mon programme, c’est toujours d’exploser le système de sécurité sociale…)

      Ah, sur la fin, les problématiques enchainées deviennent intéressantes :
      • travail
      • retraite
      • la famille d’abord
      • la santé [surtout !] et la solidarité
      • le pays productif et écologique

      et donc,
      nous poursuivrons les réformes commencées

      et c’est MAINTENANT

      #just_do_it #yes_we_can

  • Ku’damm: Hinter jeder Hausnummer eine Geschichte - Stadtleben - Berlin - Tagesspiegel
    https://www.tagesspiegel.de/berlin/stadtleben/kudamm-hinter-jeder-hausnummer-eine-geschichte/4509026.html


    Literaturempfehlung: „Von Haus zu Haus am Kurfürstendamm. Geschichte und Geschichten über Berlins ersten Boulevard“. Herausgeber: Museum Charlottenburg-Wilmersdorf, text.verlag edition Berlin, ISBN 978-3-938414-31-6, 29 Euro

    Beim Verlag bestellen: http://textpunktverlag.at/01-Von-Haus-zu-Haus-am-Kurfuerstendamm

    Museum Charlottenburg-Wilmersdorf: Schloßstraße 55 / Otto-Grüneberg-Weg, 14059 Berlin, +49 30 - 90 29 24 106, museum@charlottenburg-wilmersdorf.de, geöffnet Di–Fr 10–17 Uhr, Sa, So und Feiertage 11–17 Uhr

    17.08.2011 - Die Geschichte des Kurfürstendamms birgt viele Überrraschungen. So dürfte selbst Kennern der Schaubühne am Lehniner Platz unbekannt sein, dass an gleicher Stelle einst die „Deutschen Flotten-Schauspiele“ stattfanden: In einem 70 Meter langen und 65 Meter breiten Bassin kreuzten von 1904 bis 1908 hölzerne Modelle von Kriegs- und Handelsschiffen. Bei einer nachgestellten Seeschlacht flogen Explosionstrümmer bis ins Publikum, aber die Spektakel gingen weiter – auch weil sie unter der Protektion des Kaisers standen.

    Zwei Jahre Forschung in verschiedenen Archiven und Sammlungen stecken im zum 125. Ku’damm-Jubiläum erschienenen Buch „Von Haus zu Haus am Kurfürstendamm“. Erstmals beschreiben Birgit Jochens, Leiterin des Museums Charlottenburg-Wilmersdorf, und ihre Archivleiterin Sonja Miltenberger auf 256 Seiten mit 200 Abbildungen die Geschichte jedes einzelnen Gebäudes. Insbesondere stellen sie die früheren Bewohner vor, darunter viele jüdische Berliner, die während der Naziherrschaft ermordet oder vertrieben wurden. „Um der Fülle des Materials Herr zu werden, aber auch aus Datenschutzgründen“ reiche der zeitliche Rahmen größtenteils nur bis in die 60er Jahre, sagen die Autorinnen.

    #Berlin #Charlottenburg #Wilmersdorf #Kurfürstendamm #Geschichte #Architektur #Stadtentwicklung

  • * Festival d’Amougies : 49 ans après, il ne reste quasiment plus rien du « Woodstock belge » Guillaume Woelfle - 20 Aout 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_festival-d-amougies-49-ans-apres-il-ne-reste-quasiment-plus-rien-du-wood
    Voir la vidéo sur le site de la RTBF

    Ce week-end se clôturait le festival de musique d’Amougies, un festival de New Wave regroupant plusieurs artistes des années 80 et 90. Un festival à la programmation bien différente de son édition de 1969, surnommée le « Woodstock belge ». Malheureusement l’héritage et le souvenir de cette édition historique ont quasiment disparu des mémoires belges.

    En octobre 1969, pendant cinq jours, des dizaines de milliers de jeunes festivaliers s’étaient réunis dans le petit village d’Amougies, dans le Hainaut, à une dizaine de kilomètres de Renaix. Ce festival était même l’un des premiers festivals de pop et free jazz d’Europe. Sous le chapiteau prévu pour 12.000 personnes, Pink Floyd, Yes ou même Franck Zappa se sont succédé lors d’un total de 60 heures de musique.

    Pourtant, Amougies n’était pas l’endroit initial où devait se tenir ce festival. Les organisateurs français avaient pensé leur événement pour Paris, en témoigne le nom du festival : le « First Paris Music Festival ». Mais seulement un an et demi après les affrontements de Mai 68, les autorités françaises ne veulent pas prendre le moindre risque de donner de visibilité à une nouvelle mouvance contestataire. Le festival est chassé de France et les organisateurs viennent frapper à la porte de villes frontalières de Belgique. Mais à nouveau, à Courtrai puis Tournai, les hippies ne sont pas les bienvenus. Cette fois, c’est davantage les expériences de Woodstock ou du festival de l’île de Wight qui créent l’appréhension des autorités belges pour accueillir un « festival de hippies ». À quelques jours du 24 octobre, le festival n’a toujours pas de piste d’atterrissage. Et les affiches de l’événement annoncent toujours le festival… à Tournai.

    Finalement, le bourgmestre d’Amougies, André Callebaut, prend le risque d’héberger le festival. La grande transhumance de festivaliers peut commencer, pour la plupart à vélo, depuis Tournai où beaucoup s’étaient donné rendez-vous, comme l’annonçait l’affiche. Le bourgmestre engage donc sa commune, même si les réticences se font encore sentir parmi les habitants, notamment le curé du village.

    « Quand on voit des centaines de hippies comme on les appelle, peut-être que sur le plan moral, ce n’est pas un bon exemple pour les jeunes du village. C’est mon opinion… Quand on les voit se promener en débraillés, un peu oisifs même pendant la journée, je ne sais pas ce que les jeunes doivent penser de cela. »

    La vie de hippie devient effectivement le vrai sujet de discussion du village, bien plus que la musique en elle-même. Le boucher du village, à l’linverse de sa femme, ouvre les bras à ces jeunes. « C’est beau d’être groupés. Ils n’ont pas d’ennemis. Ils sont là l’un pour l’autre. Quand ils viennent acheter, ils s’aident à payer leurs marchandises. Mais ma femme a plutôt peur de ces gens », explique-t-il.

    Pour les commerçants du village, la vie a changé pendant ces cinq jours de festival. Les 80.000 bouches à nourrir ont donné du travail. Les cafés, les hôtels et les boulangeries sont pris d’assauts. « Tout le monde a fait son bénéfice, confirme le boulanger qui n’a jamais arrêté de travailler pendant ces cinq jours. Ceux qui me payaient en francs français payaient un supplément. Ceux qui payaient en francs belges réglaient le prix normal. Il ne faut pas rater l’occasion pour voler (sic) les gens. »

    Les retombées économiques du festival sont estimées à plusieurs millions de francs belges, soit quelques centaines de milliers d’euros. Mais le véritable bilan de l’événement n’est pas financier. Le pari de liberté pris par le bourgmestre est réussi. Sa confiance placée dans les jeunes lui a souri. « J’ai voulu faire confiance aux jeunes et je crois que la preuve flagrante est faite. Nous avons fait confiance aux jeunes et nous sommes récompensés. Ce festival n’est pas un succès mais un triomphe, à tous points de vue. Aucun dégât, aucune réclamation. Au départ, nous avons dû prendre quelques précautions qui étaient nécessaires, indispensables. Mais nous constatons que les jeunes se sont conduits d’une façon sensationnelle. Je crois que je peux dire à tous ceux qui m’écoutent que nous devons faire confiance à la jeunesse et en faisant confiance aux jeunes, nous arriverons à de bien meilleurs résultats dans la vie. »

    Presque 50 ans après le Woodstock belge, il n’en reste presque plus rien. Les rééditions du festival n’ont pas fonctionné. Amougies 69 n’est plus qu’un souvenir, et encore, uniquement pour ceux qui l’ont vécu. L’année prochaine, pour les 50 ans de l’édition 69, les organisations prévoient une édition vintage.

    #Woodstock #belgique #Amougies #Tournai #musique #Pink_Floyd #Yes #Franck_Zappa #Ten_Years_After #Archie_Shepp #The_Nice #Art_Ensemble_of_Chicago #Yes #Gong #Soft_Machine #Pierre_Lattès #Zoo #Indescriptible #Chaos_Rampant #Frogeaters #Freedom #Sunny_Murray #Alexis_Korner #Don_Cherry #Ed_Blackwell #Joachim_Kühn #Jean-François #Jenny-Clark #Jacques_Thollot #Blossom_Toes #Germ #Caravan #The_Nice #Archie_Shepp #Pretty_Things #John_Surman #Sonny_Sharrock #Acting_Trio #Steve_Lacy #Captain_Beefheart #Musica_Elettronica #Viva #Fat_Mattress
    #pop #free_jazz #hippies #Actuel Le magasine

  • #CÉLIA_GOUVEIAC ET #LES_LUEURS_DE_LA_BAIXADA

    http://www.gouveiac.com/engagement-humanitaire
    consulté le 07/06/2018

    « J’ai peut-être une dette avec l’#humanité »
    Célia Gouveiac suit et soutient l’#ONG #Casa_do_Menor_Brésil. Depuis 1999, Célia Gouveiac sillonne différent pays, seule ou avec des ONG et rencontre des enfants issus de la rue, elle les interviewe, les photographie et les initie au #dessin et à la #peinture.
    De ces voyages est né ce #triptyque (200×300) exposé à la #biennale_de_Florence en 2003.


    Sa soif de connaissance et le sens inextinguible la pousse à aller au-delà du jeu des apparences, au-delà des limites de notre humanité et d’elle-même. L’artiste se retrouve sans doute quelque part dans le regard poignant des enfants de la rue qu’elle photographie et peint, puis initie à la peinture, à l’art comme une tentative de sauvetage de ces détresses multiples. « Yes to Life ! est née pour me permettre de donner suite à cette belle aventure artistique et humaine commencée en 1999 », déclare l’artiste.

    Dans certains de ses voyages, l’artiste brésilienne est accompagnée du prêtre italien Renato Chiera, théologue et professeur de philosophie, fondateur de l’ONG Casa do Menor à Rio, qui s’est donné pour mission de porter assistance à des enfants en leur apportant, entre-autres, un accès à l’éducation. De ce voyage est né un documentaire, les lueurs de la Baixada sur le travail du père Chiera, diffusé sur la chaîne KTO en 2010.

    http://www.gouveiac.com/yes-to-life
    consulté le 07/06/2018

    #YES_TO_LIFE ! UNE #MAIN_OUVERTE POUR LA PLANÈTE.
    […]
    Brésilienne et avant tout citoyenne du monde, le travail de cette talentueuse artiste tend aujourd’hui vers une œuvre conceptuelle, humaniste, #universelle et fédératrice de nouvelles synergies. Le projet Yes to Life ! Art concept, est une allégorie et résume la quintessence de sa #philosophie. Yes to Life ! est une sculpture d’une main droite semi ouverte signant un « OK », nous rappelant en cela la position de la main du Bouddha. Cette main, volontairement créée asexuée et vierge de lignes de vie, se veut éveilleuse de conscience. « Je l’ai voulu puissante, dotée d’une éthique fondamentalement positive et fédératrice, elle ne représente aucun courant religieux, dogmatique ou politique et n’adhère à aucun dictat » précise l’artiste.

    À travers cette œuvre, Célia Gouveiac cherche à transmettre un message positif, en opposition avec la « tourmente mondiale » actuelle : elle cherche à mettre l’accent sur la capacité de l’homme à décider du sens qu’il veut donner à sa propre existence, ce qui influera bien évidemment sur l’existence collective. Ce « #oui_à_la_vie ! » voyage avec l’artiste autour du monde afin de délivrer ce message de #fraternité_universelle.

    Mon commentaire sur ces articles :
    Si, à travers son œuvre « Yes to life », Célia Gouveiac exprime ses idées de manière théorique, elle concrétise également cet idéal de fraternité en voyageant à travers le monde, non seulement pour transmettre le message de son œuvre, mais aussi pour agir concrètement auprès d’enfants. Une aide humanitaire qui ne consiste pas en une aide financière, mais à apporter à des enfants, de manière gratuite, une distraction qu’autrement, ils ne pourraient probablement pas se permettre. Ici, l’art n’apporte peut être pas une aide concrète, mais il est vecteur d’idée positive et, surtout, d’espoir.
    Je trouve cependant dommage que le documentaire insiste si peu sur la dimension artistique du travail de Gouveiac, se concentrant exclusivement sur l’aide, non moins importante, apportée par Renato Chiera.

  • Lafarge en Syrie : le Quai d’Orsay retrouve doucement la mémoire
    http://www.liberation.fr/france/2018/02/28/lafarge-en-syrie-le-quai-d-orsay-retrouve-doucement-la-memoire_1632856

    Après cette confrontation, Eric Chevallier explique finalement dans sa lettre, qu’il a fait des recherches complémentaires et a contacté la « jeune femme du bureau du Moyen-Orient ». Désormais en poste à l’ambassade de France en Egypte, elle se souvient bien de cet entretien, selon la lettre adressée aux juges d’instruction. « Elle m’a indiqué que personne au ministère ne lui avait jusqu’à ce jour posé la question, mais qu’effectivement elle avait le souvenir de cette réunion », écrit Eric Chevallier. Et précise qu’il « confirme ne pas avoir conseillé́ le maintien de l’usine Lafarge en Syrie ». Contactée par Libération, la diplomate indique simplement qu’elle ne souhaite « pas commenter ».

  • affordance.info : Libérée, délivrée, harcelée : de la sagesse à la folie des foules.
    http://affordance.typepad.com//mon_weblog/2017/11/sagesse-ou-folie-des-foules.html
    http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef01bb09d5cb54970d-600wi

    Pour le dire rapidement, dans les récentes affaires de harcèlement qui touchent des personnalités publiques ou des journalistes, la responsabilité, la seule, incombe entièrement aux plateformes. Toutes, je dis bien toutes, de Twitter à Facebook, sont parfaitement capables, quasiment en temps-réel, et sans n’utiliser rien d’autre que leurs algorithmes déjà disponibles, toutes sont parfaitement capables de repérer et de qualifier ces actions de harcèlement à grande échelle adressés à une personnalité publique. Et toutes ces plateformes sont de la même manière parfaitement capables de suspendre immédiatement les comptes harceleurs. Toutes sont par ailleurs libres de continuer d’externaliser leurs politiques de modération à des ouvriers et ouvrières sous-payées aux Phillippines parce que ce travail est trop « sale » ou trop mal payé ou trop violent psychologiquement pour l’installer aux Etats-Unis (siège social) ou en Irlande (siège fiscal), mais c’est (presque) un autre sujet.

    Mais oui, Twitter et Facebook sont capables de faire immédiatement cesser ces campagnes de harcèlement. Ils en sont « capables » au sens premier c’est à dire qu’ils en ont et la capacité et la compétence et le pouvoir. Et cela tout le monde le sait. Ceux qui feignent de l’ignorer, de le dissimuler ou d’affirmer l’inverse sont soit des incompétents soit des menteurs.

    Le harcèlement est d’abord une question de contexte. Et de loi. Mais la loi, elle, ne varie pas. Le harcèlement dans un contexte scolaire doit être traité par les acteurs du système scolaire. En faisant appliquer la loi. Le harcèlement dans un contexte professionnel doit être traité devant les instances représentatives concernées. En faisant appliquer la loi. Et ainsi de suite. Le harcèlement dans l’espace public, dès lors qu’il prend la forme d’une manifestation publique, doit être traité par la puissance publique. En faisant appliquer la loi. Et le harcèlement dans le cadre de ces plateformes privées qui jouent et instrumentalisent en permanence des énoncés semi-publics (parce que plein de monde les voient) et semi-privés (parce que l’on n’est pas pour autant dans un espace public), le harcèlement dans le cadre de ces plateformes doit être, en priorité, traité par ces plateformes privées. En faisant appliquer la loi.

    Et l’autre argument qui consiste à indiquer qu’il est difficile de savoir où commence la qualification juridique du harcèlement est aussi inepte en droit qu’il est humiliant pour les victimes.

    Car enfin, pour mettre de l’intelligence artificielle dans des putains de frigos qui parlent alors là on a des algorithmes et des process hyper-méga compétitifs et des bataillons de start-ups en mode lean-management de mes burnes. Mais quand il s’agit de repérer et de bloquer des comptes appelant « à violer ou sodomiser cette nana » ou « à aller buter les enfants de ce fils de pute à la sortie de l’école », quand une personnalité publique est la cible d’insultes et de menaces répétées, quand il s’agit de repérer et de bloquer des comptes relayant ce genre de messages et s’en rendant donc complices, alors là ben l’algorithmie redevient compliquée et l’analyse du langage naturel n’a visiblement pas fait le moindre progrès depuis les années 20.

    Comment sommes-nous passés de la « sagesse des foules » à la « folie des foules » ?

    Comment ... et pourquoi ? Mon hypothèse est la suivante : les effort conjugués et systémiques d’un capitalisme de la surveillance et l’émergence là encore systémique de formes toujours plus aliénantes de Digital Labor ont facilité et peuvent permettre d’expliquer en partie cette bascule dans les représentations que nous avons de la « foule ». L’alliance du Digital Labor et du capitalisme de la surveillance ont en partie fabriqué ces foules haineuses, qui peuvent être perçues comme les stigmates inquiétants d’un totalitarisme annoncé.

    #Plateformes #Algorithmes #Olivier_Ertzscheid #Cyberharcèlement

  • Faire pédaler les migrants pour 1,60€/jour : un coup préparé avec les Yes Men RTBF avec Belga - 4 Octobre 2017
    https://www.rtbf.be/info/medias/detail_faire-pedaler-les-migrants-pour-1-60-jour-un-coup-prepare-avec-les-yes-m

    « Valoriser l’énergie de centaines de milliers de réfugiés et utiliser cette énergie à son plein potentiel » : c’était le but déclaré de « Refugreenenergy », une startup qui proposait de faire pédaler les illégaux afin qu’ils produisent de l’électricité verte.

    Your futur is in their legs  : https://www.refugreenergy.org

    Le tout en échange de 24 heures ("renouvelables") de légalité via un permis de séjour provisoire et d’1,60€/jour....

    Cette idée, ils la présentaient samedi à la Bourse, en présence de réfugiés sur leur vélo, et la vidéo accompagnait leur campagne de presse de lancement en ce début de semaine. Leur initiative a même été présentée sur le site du Vif.

    Tout est bidon !
    Sauf que... tout est bidon ! Le site internet, très bien fait, les profils Facebook, les noms, les citations : tout a été inventé de A à Z, mais suffisamment bien présenté pour avoir l’air crédible.

    Cette campagne est en fait le résultat du collectif artistique "We Are All Refugees (WAAR) en collaboration avec les « Yes Men ».

    « On a été très étonnés par certaines réactions : en fait beaucoup de gens ont trouvé que l’idée n’était pas mauvaise, a expliqué à la RTBF un des acteurs. Il fallait vraiment qu’on pousse le concept loin, en parlant de camps de concentration de production électrique pour qu’ils commencent à émettre certaines réserves. A ce moment-là, on a eu une maman qui a bouché les oreilles de ses enfants »

    La rédaction du Vif a accepté de jouer le jeu : « Je me suis concerté avec le rédacteur en chef pour savoir ce qu’on publierait et quand, nous a confié Baudouin Van Humbeeck, le rédacteur de l’article. Dans un monde de fake news qui vont de ’pas forcément drôle’ à ’nocive’, autant donner au public qui n’est pas journaliste l’occasion d’exercer son esprit critique » avons-nous convenu.

    #Réfugiés #Energie #Yes-Men #Startup #Canular

    • Migrants : produire de l’électricité verte pour gagner 24 heures de légalité
      http://www.levif.be/actualite/belgique/migrants-produire-de-l-electricite-verte-pour-gagner-24-heures-de-legalite/article-normal-732157.html

      Une start-up belge se propose de lutter contre le réchauffement climatique et d’apporter une solution au problème des réfugiés sans-papiers.

      La startup Refugreenenergy veut lancer un nouveau concept : garantir des heures de légalité à des migrants en échange de production d’électricité verte. Concrètement, les réfugiés signent un pico-contrat qui leur donne droit à

      1) 24 heures de légalité

      2) un salaire de 1,60 euro (calculé en fonction du prix du kilowatt).

      Le Vif/L’Express a rencontré ce week-end, à Bruxelles, Thibault Leroy, à la base de l’idée de ces picocontrats. Il affirme que cette idée remonte à deux ans : il passait par hasard au parc Maximilien un jour de 2015, et il y a fait la connaissance de Kamal, découvre que celui-ci, avant de fuir le Soudan, était champion cycliste dans sa région. « Cette rencontre a été le point de départ du projet. Si le réchauffement climatique exacerbe la crise des réfugiés, utilisons les réfugiés pour lutter contre le réchauffement climatique. »

      Refugreenenergy envisage de mettre des vélos à disposition des réfugiés. Ces vélos servent à charger des batteries détachables. L’électricité 100 % sans carbone, stockée dans ces batteries est livrée à domicile, au bureau, dans un café qui offre le WiFi... Partout où surgit un besoin urgent d’électricité. Une batterie permet de recharger huit fois un smartphone ou cinq fois un ordinateur portable.

      Le concept emprunte aux livraisons de repas en vélo qui se sont multipliées dans les rues des principales villes de Belgique. A partir de janvier 2018, via une application pour téléphones intelligents, on devrait pouvoir commander une batterie. L’électricité de cette batterie serait vendue 5 % au-dessus du prix du marché.

      Nicolas Sudden, concepteur du projet, souligne sa simplicité : « C’est le principe de la dynamo. Au lieu d’alimenter l’éclairage du vélo, cette électricité va à la batterie. Nous prévoyons des tandems, ou même des vélos à trois voire quatre places pour plus d’efficacité. Grâce à Refugreenenergy, une batterie de téléphone intelligent ou d’ordinateur portable qui se vide plus vite que prévu ne sera plus un problème : on pourra se faire livrer n’importe où dans la Région de Bruxelles-Capitale une batterie de secours. »

      Refugreenenergy projette de livrer ses premiers watts début 2018. Après Bruxelles, la prochaine ville desservie devrait être Anvers. L’application sera disponible à partir du 1er janvier prochain.

      #réchauffement climatique

  • Le documentaire Des Clics de Conscience réalisé par Jonathan Attias et Alexandre Lumbroso est soutenu au niveau national par les Amis du Monde Diplomatique.
     
    Une avant-première aura lieu demain, mercredi 20 septembre à 20h, au Comoedia de Lyon, en présence de Jonathan Attias, co-réalisateur et protagoniste du film

    Des pétitions, nous en signons de plus en plus sur internet. Mais que deviennent réellement ces clics une fois nos signatures récoltées ? En lançant #YesWeGraine, pétition destinée à préserver les semences traditionnelles, Alexandre et Jonathan ont mis en lumière la puissance du pouvoir citoyen.
    D’espoirs en désillusions, des potagers à la COP21, du Mexique au Sénat, Des Clics de Conscience fait germer le désir d’une reconquête démocratique

    .

    Bande annonce : https://www.youtube.com/watch?v=Rp44nMlVYcQ

  • Poland : Asylum Seekers Blocked at Border

    (Budapest) – Polish authorities routinely deny asylum seekers at the Belarus-Poland border the right to apply for asylum and instead summarily return them to Belarus, Human Rights Watch said today. Since 2016, large numbers of asylum seekers, mostly from the Russian Republic of Chechnya, but also from Tajikistan and Georgia, have tried to apply for asylum in Poland at the border with Belarus.


    https://www.hrw.org/news/2017/03/01/poland-asylum-seekers-blocked-border
    #Pologne #asile #migrations #réfugiés #fermeture_des_frontières #Biélorussie #frontières #push-back #refoulement

    –-> @reka : une autre frontière à épaissir sur les cartes...

  • Trump makes Israël great again !

    How Trump Could Make Netanyahu’s Job Harder | Foreign Affairs

    https://www.foreignaffairs.com/articles/israel/2017-01-26/how-trump-could-make-netanyahus-job-harder
    https://files.foreignaffairs.com/styles/large-crop-landscape/s3/images/articles/2017/01/26/hochberg_trump_israel.jpg?itok=iUH4A3V9

    How Trump Could Make Netanyahu’s Job Harder
    Potential Pitfalls for Israel
    By Mitchel Hochberg

    #yes !!

    Israeli Prime Minister Benjamin Netanyahu likely has high hopes for U.S. President Donald Trump. Trump has gone to great lengths to differentiate himself from his predecessor, President Barack Obama, who had a tense relationship with Israel on account of his anti-settlement stance and his support for nuclear diplomacy with Iran. Netanyahu—who has long-standing relationships in Republican circles—may be looking forward to finally having a GOP counterpart in the White House. That said, despite greater superficial compatibility on policy and politics, Trump may create as many problems for Netanyahu and Israel as he solves.

  • #YesAllWomen - Response to #BengaluruMolestation and #NotAllMen (avec images, tweets) · FeminismInIndia · Storify
    https://storify.com/FeminismInIndia/yesallwomen

    We @FeminismInIndia were angry about the first response to the mass molestation in Bengaluru being #NotAllMen. So we set out to collect and share women’s many instances of sexual violence using #YesAllWomen. Within a few hours, it began to trend as women shared their traumatic stories of abuse.

    #Inde #féminisme #viols #violences_sexuelles

  • Iceland now has fourth most female parliament in the world

    Saturday’s elections in Iceland saw a total of thirty women MPs returned to the Iceland parliament (‘Alþingi’) – the highest proportion in the history of the institution.

    http://icelandmonitor.mbl.is/news/politics_and_society/2016/11/01/iceland_now_has_fourth_most_female_parliament_in_th

    #femmes #parlement #Islande

    @reka —> il faudra mettre à jour cette carte :
    http://visionscarto.net/les-femmes-dans-les-parlements-2015

  • Chester Himes
    Plan B

    "On réclama immédiatement l’accroissement des effectifs de police et la mise à disposition de la communauté blanche d’armes plus sophistiquées, qui l’empêcheraient de courir un danger inutile. On donna à la sécurité intérieure une importance accrue par rapport à la sécurité internationale. La communauté blanche signa des pétitions demandant au Congrès de suspendre la fabrication et le stockage des armes nucléaires, des missiles intercontinentaux et des sous-marins Polaris, afin de se concentrer sur l’élaboration d’une bombe atomique susceptible d’anéantir les salauds noirs à fusils automatiques sans mettre pour cela en danger une trop grande partie de la communauté blanche. Ce serait
    une minibombe atomique qui tiendrait dans la poche d’un policier, avec sa matraque et son plan de la ville, et dont l’explosion ne libérerait pas de radioactivité. Il fallait inventer des projectiles dotés d’un oeil électronique qui seraient repoussés par la peau blanche et attirés par la peau noire…

    Entre-temps, les moyens militaires conventionnels suffiraient pour passer les ghettos noirs au peigne fin, afin d’y trouver les armes dangereuses, et pour détecter, chez les Noirs eux-mêmes, des attitudes suspectes. On utiliserait, pour patrouiller dans les rues, des tanks équipés des dernières trouvailles de la lutte antiémeute, telles que : la colle antiémeute, qui immobilise et
    agglutine les manifestants par groupes de dix ou douze ; les gaz paralysants ; la poudre à éternuer ultraforte, qui donne aux manifestants des crises d’éternuements, les privant ainsi de tous leurs moyens ; les vaporisations, qui aveuglent temporairement toute personne refusant d’obéir à un ordre ; les champs électriques artificiels, qui donnent à la foule la danse de Saint-Guy ; les systèmes électroniques, semblables aux compteurs Geiger, qui ne réagissent qu’aux vibrations combinant peau noire et acier bleu, pour localiser un tueur noir et son fusil. On fouilla l’une après l’autre toutes les habitations des Noirs, sans exception, et on n’épargna la vie d’aucun Noir ne possédant ne fût-ce qu’un morceau de ferraille de la taille d’une lime à ongles, à moins qu’il n’eût été assez malin pour réussir à s’expliquer avant de devenir cadavre. La communauté blanche demanda que les forces armées de la nation viennent renforcer les polices locales. Et pourtant, la presse, dans son ensemble, déplorait les excès privant les Noirs de leurs droits civiques.
    Tous les Noirs durent se faire enregistrer à la police ; on les interrogea méticuleusement pour détecter toute attitude anti-Blancs.
    Malheur au Noir qui ne voulait pas manger de riz parce que c’était trop blanc, boire du lait parce que c’était blanc, ou se brosser les dents parce que ça les rendait blanches !
    Sans tambour ni trompette, on enferma tous les récalcitrants dans des enclos spécialement construits pour les Noirs déclarés coupables d’attitudes anti-Blancs. Ceux que l’on qualifiait de douteux eurent droit à une carte jaune leur permettant de circuler librement dans les rues à certaines heures de la journée, mais, la nuit, ils ne devaient sous aucun prétexte mettre le nez hors
    de chez eux.
    Seuls ceux des Noirs qui étaient traités d’« Oncle Tom » par leurs congénères reçurent l’étiquette de « loyal », et la police leur donna une carte verte, qui leur permettait d’être aussi libres qu’auparavant. Mais, en contrepartie, on leur demanda dejouer les espions, non seulement à l’égard des Noirs douteux, mais aussi les uns par rapport aux autres.

    Cela créa un tel climat de suspicion qu’un observateur non prévenu aurait cru d’emblée que la race noire était devenue sourde et muette.
    Pourtant, la communauté blanche continuait de son côté à souffrir de peur et de culpabilité, à un tel point que l’équilibre et la stabilité mêmes de la société des Blancs en furent menacés.
    L’insécurité émotionnelle rendit de nombreux Blancs malades. D’autres eurent recours à la vertu thérapeutique des cauchemars pour conserver leur forme. Ainsi, pendant toute cette période de
    dégradation des relations interraciales, la communauté blanche fut-elle en proie à un vaste éventail de cauchemars, dans lesquels figurait toujours la représentation du sexe du mâle
    noir, démesurément grossi.
    Une femme blanche rêva qu’un Noir lui arrachait un sein et que, armé de son énorme pénis noir doté de deux épaisses cornes, il lui labourait sauvagement ce trou béant.
    Un publiciste blanc d’âge moyen rêva qu’un géant noir, entièrement nu, dont les testicules pendaient comme deux énormes bombes noires, s’avançait vers lui en le canardant de son énorme verge grosse comme un canon ; il sentait chacune des grosses balles dures lui pénétrer dans le corps.
    Une autre Blanche, une jeune infirmière mère de deux beaux enfants, rêva qu’elle sortait pour aller au marché et que, dans la rue, elle était happée par une masse grouillante de pythons noirs. Elle hurlait pour appeler son mari au secours ; lorsque celui-ci apparaissait, il explosait au-dessus de sa tête comme un bouquet de feu d’artifice. Désespérée, elle cessait de se battre contre les pythons et se résignait à son sort ; elle s’apercevait alors qu’il s’agissait d’une foule de sexes noirs s’agitant, menaçants, autour d’elle.
    Dans cette atmosphère d’angoisse intense et d’effroi de la communauté blanche, les Noirs conçurent à leur tour une peurmortelle de la terreur des Blancs. Le Noir avait toujours appris à craindre la peur du Blanc. Maintenant, à cette peur s’ajoutaient des sentiments de culpabilité et d’insécurité, ce qui la rendait
    incalculablement plus dangereuse et imprévisible."

  • NRA : Share the Safety
    https://sharethesafety.org/#signup

    These days, the most endangered species is the law-abiding American citizen—especially the one who lives in a poor urban center. As profiling and institutional prejudice endanger the urban poor, politicians work to restrain their ability to protect themselves. It’s more important than ever to defend our rights and stand our ground. Won’t you help those who can’t afford to?

    The National Rifle Association is proud to partner with Smith & Wesson to Share the Safety, a revolutionary “buy one, give one” program that serves to protect your loved ones plus an at-risk family in one of our country’s most vulnerable neighborhoods. Sign up now to be notified when the program launches this Fourth of July. For each stylish gun purchased, an appropriate gun will be donated to an at-risk, low-income, documented citizen in the urban center of your choice. Your purchase will not only reinforce your own security, but it will forever transform the lives of the law-abiding urbanites who will for the first time be able to defend themselves against those who prey on the urban poor.