• Sexe et identité - Au-delà de la binarité

    https://www.youtube.com/watch?v=KzuZXYF24-0

    Que signifie être une femme, être un homme ? Est-ce une réalité chromosomique, hormonale ou une identité sociale définie par l’individu ? Les jeunes adultes sont de plus en plus nombreux à rejeter l’opposition binaire dictée par le sexe biologique pour embrasser des identités diverses, allant de la fluidité de genre à la transidentité.

    Un changement de paradigme qui peut laisser perplexes les profanes, et qui suscite la défiance de certains groupes conservateurs pour lesquels la différence des sexes doit rester au fondement de nos sociétés. Ce sujet vertigineux et politiquement sensible soulève une myriade de questions auxquelles tentent de répondre les sciences naturelles et sociales. Si certains chercheurs parlent désormais du sexe biologique comme d’un continuum, d’autres soulignent l’importance de la socialisation dans le renforcement des rôles de genre. D’autres encore s’interrogent sur la pertinence de catégories rigides : en termes de comportements ou de préférences, les variations entre individus l’emportent bien souvent sur les différences entre les sexes… Ce documentaire éclaire avec pédagogie une problématique aux ramifications complexes, notamment au travers de précieux témoignages de personnes transgenres.

    Mind Map (min. 11)

    https://www.arte.tv/fr/videos/089057-000-A/sexe-et-identite-au-dela-de-la-binarite

    #gender #transgender #sex #binary_system #wo/men #fe/male #arte #film #documentary #queer #LGBT #LGBTQIA+ #heteronormativity #cistem

  • Politikon, pas con !
    http://anarlivres.free.fr/pages/nouveau.html#politikon

    Alors que certains se vautrent dans la désinformation, les rumeurs, le harcèlement, flattant les plus bas instincts de l’humanité, à la faveur d’un prétendu anonymat d’Internet, d’autres essayent honnêtement de faire oeuvre d’éducation et de propager des idées... Karim Piriou qui a créé la chaîne YouTube Politikon est un de ceux-là ; il s’est donné pour tâche de « présenter des théories sociales et politiques en philosophie et sciences humaines ». (...)

    #Politikon #YouTube #Femmes #anarchisme #démocratie #municipalisme

  • Une intéressante étude très détaillée sur la #vulgarisation_scientifique en français #YouTube. Qui sont les vulgarisateurs, quel est leur public, combien ils gagnent, etc.

    L’étude : https://www.frontiersin.org/articles/10.3389/fcomm.2021.612667

    Un bon résumé dans LinuxFr : https://linuxfr.org/news/statistiques-sur-la-vulgarisation-scientifique-en-francais-sur-youtube

    Un fil Twitter d’un des auteurs de l’étude, pour les pressés : https://twitter.com/stdebove/status/1394322550516224003

  • je continue la reflexion de : https://seenthis.net/messages/915670#message915673

    Est-ce qu’il n’y aurait pas moyen d’automatiser/faciliter l’archivage de ses messages et/ou de son réseau sur #seenthis ?

    – De soumettre automatiquement les liens des messages et commentaire sur http://web.archive.org, et carrément pourquoi pas faire une passe régulièrement sur les anciens messages et ajouter le lien archivé à la bonne date à côté des liens morts

    – De proposer une page qui fournit tous les liens externes, idéalement classés par type (vidéos, images, pages, message de réseaux sociaux), pour pouvoir utiliser des sites/scripts pour archiver

    – De fournir une fonction d’export des messages du réseau, pour ne pas perdre tous les messages étoilés d’une personne qui ferme son compte

    Bref en gros si seenthis est utilisé comme portail de veille sur le web, de donner des outils pour archiver sa veille

    #archivage_militant

    @fil @arno @biggrizzly @rastapopoulos et autres que j’oublie

    • Chaque compte produit des flux au format Atom donc très normalisé, et il y a donc déjà moyen d’écrire des scripts pour archiver tout cela au fur et à mesure. Mais c’est pas du tout cuit oui… faut coder encore pas mal.

      Pour les comptes supprimés, une fois lancé la procédure c’est trop tard, mais en amont (mais comment le savoir à temps) tu peux déjà récupérer en Atom donc. Mais il y a plein de choses à faire mieux pour ce cas des suppressions, cf ce ticket : https://github.com/seenthis/seenthis_squelettes/issues/158#issuecomment-513448098
      Faut peut-être ne jamais pouvoir faire le 4ème choix, et que ça s’arrête au 3ème (ça me choquerait pas, vu que le compte serait bien supprimé et plus rien de personnel ne resterait).

    • Bon ça doit pouvoir se faire. J’ai cradouillé un petit script python pour télécharger les urls externes d’un compte. Le plus élégant serait de plugger ça à archivebox pour pas réinventer le roue, mais ça refuse de s’installer correctement sur mon windows.

      Sinon, à partir de la liste des urls, virer les 404, gérer les 301, les passer par https://noembed.com ou récupérer le content-type pour aiguiller sur la bonne façon de sauvegarder le contenu (#youtube-dl pour les médias de type vidéo renvoyés par noembed, wget sur la vraie image d’une ressource de type photo, une récupération particulière pour une page web histoire d’avoir le même affichage tout comme il faut + une conversion PDF, etc)

      Après comment organiser ça pour récupérer facilement les ressources sauvegardées ? (archivebox gère tout ce côté avec un serveur web des pages sauvegardées)

  • #Sheikh_Jarrah : la #censure opérée par les #réseaux_sociaux dénoncée | Middle East Eye édition française
    https://www.middleeasteye.net/fr/actu-et-enquetes/palestine-sheikh-jarrah-facebook-twitter-instagram-censure-reseaux-so

    « Nous sommes désolés pour tous ceux qui sont touchés, en particulier ceux qui sensibilisent à des causes importantes dans le monde », a posté Instagram après avoir annoncé que le problème avait été résolu.

    [...]

    Al Jazeera rappelle que « la #complicité entre Israël et les entreprises de réseaux sociaux dans la réglementation et la censure du contenu et des comptes palestiniens est bien documentée. À la suite d’une visite d’une délégation au siège de Facebook en 2016, le ministre israélien de la Justice avait déclaré à l’époque que #Facebook, #Google et #YouTube ‘’se conformaient à 95 % aux demandes israéliennes de suppression de contenu’’, presque entièrement palestinien ».

    Pire, ces entreprises, en révélant aux autorités israéliennes les données des utilisateurs ciblés, ont « permis l’arrestation de centaines de Palestiniens au cours des dernières années, principalement pour leurs publications sur Facebook. En revanche, les Israéliens ne subissent pas le même traitement », précise encore Al Jazeera.

    En 2017, 7amleh avait publié une étude selon laquelle toutes les 46 secondes, des Israéliens publient un commentaire raciste ou insultant à l’encontre des Palestiniens et des Arabes. Pourtant, peu de mesures ont été prises contre ces comptes.

    #sans_vergogne #criminels

  • Le blog associé à la chaîne #Youtube Histony

    https://venividisensivvs.wordpress.com

    #Histoire #vulgarisation #gauche

    C’est peut-être ce que vous vous serez dit en arrivant sur ces pages. Il faut dire que l’Histoire séduit et passionne. Que ce soit dans les médias de masse : à la télévision derrière les sourires figés de Stéphane Bern ou en librairie sous la plume pour le moins maladroite de Lorant Deutsch, mais aussi sur Internet avec de plus en plus de chroniques vidéo, souvent de très bonne qualité. À vrai dire, l’Histoire, c’est vaste. Que ce soit dans le temps ou dans l’espace, il y en a, des sujets à exploiter, des faits à rapporter. D’autant que deux personnes se pencheront rarement sur les mêmes faits de la même manière. À vrai dire, multiplier les sources et les points de vue est le travail de base de l’historien, un travail qui est également le fondement de la pratique citoyenne. À l’heure où les médias dominants sont regroupés aux mains de quelques groupes et tiennent des discours souvent interchangeables, quand ils ne copient pas tout simplement l’AFP, multiplier les sources est donc une nécessité.

    Ce sera un petit peu le mot d’ordre de ce blog, mais aussi de la chronique vidéo qui lui est associée. Jamais, cependant, nous ne porterons une parole d’évangile et notre devoir sera accompli si vous, spectateur ou lecteur, décidez, à la fin d’un de nos articles ou d’une de nos vidéos, d’aller vérifier et approfondir les choses par vous-mêmes.

    Notre principal objectif sera de racler la couche de vernis qui, bien souvent, recouvre le passé. Oh, n’attendez pas de complots et de mystères ici. Les « falsifications » et « détournements » de l’Histoire impliquent rarement illuminatis et gens cagoulés se concertant dans une cave sombre. Non : nous essaierons de comprendre comment les faits nous parviennent, par qui, et pourquoi. Notre but sera de voir ce qu’ils nous apprennent de nous, comment ils ont, peu à peu, forgé notre pensée et notre culture.

    Mais il nous arrivera d’évoquer bien d’autres choses : la représentation de l’Histoire dans la culture populaire, par exemple ; mais aussi, peut-être, l’étude un peu plus approfondie de certains domaines peu connus et pourtant très importants. L’Histoire est un formidable terrain de réflexion et de compréhension, et il est toujours plaisant de la partager, alors n’hésitez pas à vous exprimer à son sujet !

  • #Campagnes de #dissuasion massive

    Pour contraindre à l’#immobilité les candidats à la migration, jugés indésirables, les gouvernements occidentaux ne se contentent pas depuis les années 1990 de militariser leurs frontières et de durcir leur législation. Aux stratégies répressives s’ajoutent des méthodes d’apparence plus consensuelle : les campagnes d’information multimédias avertissant des #dangers du voyage.

    « Et au lieu d’aller de l’avant, il pensa à rentrer. Par le biais d’un serment, il dit à son cousin décédé : “Si Dieu doit m’ôter la vie, que ce soit dans mon pays bien-aimé.” » Cette #chanson en espagnol raconte le périple d’un Mexicain qui, ayant vu son cousin mourir au cours du voyage vers les États-Unis, se résout à rebrousser chemin. Enregistrée en 2008 grâce à des fonds gouvernementaux américains, elle fut envoyée aux radios de plusieurs pays d’Amérique centrale par une agence de #publicité privée, laquelle se garda bien de révéler l’identité du commanditaire (1).

    Arme de découragement typiquement américaine ? Plusieurs États européens recourent eux aussi à ces méthodes de #communication_dissuasive, en particulier depuis la « crise » des réfugiés de l’été 2015. En #Hongrie comme au #Danemark, les pouvoirs publics ont financé des publicités dans des quotidiens libanais et jordaniens. « Les Hongrois sont hospitaliers, mais les sanctions les plus sévères sont prises à l’encontre de ceux qui tentent d’entrer illégalement en Hongrie », lisait-on ici. « Le Parlement danois vient d’adopter un règlement visant à réduire de 50 % les prestations sociales pour les réfugiés nouvellement arrivés », apprenait-on là (2). En 2017, plusieurs #artistes ouest-africains dansaient et chantaient dans un #clip intitulé #Bul_Sank_sa_Bakane_bi (« Ne risque pas ta vie »). « L’immigration est bonne si elle est légale », « Reste en Afrique pour la développer, il n’y a pas mieux qu’ici », « Jeunesse, ce que tu ignores, c’est qu’à l’étranger ce n’est pas aussi facile que tu le crois », clamait cette chanson financée par le gouvernement italien dans le cadre d’une opération de l’#Organisation_internationale_pour_les_migrations (#OIM) baptisée « #Migrants_conscients » (3).

    « Pourquoi risquer votre vie ? »

    Ces campagnes qui ciblent des personnes n’ayant pas encore tenté de rejoindre l’Occident, mais susceptibles de vouloir le faire, insistent sur l’inutilité de l’immigration irrégulière (ceux qui s’y essaient seront systématiquement renvoyés chez eux) et sur les rigueurs de l’« État-providence ». Elles mettent en avant les dangers du voyage, la dureté des #conditions_de_vie dans les pays de transit et de destination, les #risques de traite, de trafic, d’exploitation ou tout simplement de mort. Point commun de ces mises en scène : ne pas évoquer les politiques restrictives qui rendent l’expérience migratoire toujours plus périlleuse. Elles cherchent plutôt à agir sur les #choix_individuels.

    Déployées dans les pays de départ et de transit, elles prolongent l’#externalisation du contrôle migratoire (4) et complètent la surveillance policière des frontières par des stratégies de #persuasion. L’objectif de #contrôle_migratoire disparaît sous une terminologie doucereuse : ces campagnes sont dites d’« #information » ou de « #sensibilisation », un vocabulaire qui les associe à des actions humanitaires, destinées à protéger les aspirants au départ. Voire à protéger les populations restées au pays des mensonges de leurs proches : une vidéo financée par la #Suisse (5) à destination du Cameroun enjoint ainsi de se méfier des récits des émigrés, supposés enjoliver l’expérience migratoire (« Ne croyez pas tout ce que vous entendez »).

    Initialement appuyées sur des médias traditionnels, ces actions se développent désormais via #Facebook, #Twitter ou #YouTube. En #Australie, le gouvernement a réalisé en 2014 une série de petits films traduits dans une quinzaine de langues parlées en Asie du Sud-Est, en Afghanistan et en Indonésie : « Pas question. Vous ne ferez pas de l’Australie votre chez-vous. » Des responsables militaires en treillis exposent d’un ton martial la politique de leur pays : « Si vous voyagez par bateau sans visa, vous ne pourrez jamais faire de l’Australie votre pays. Il n’y a pas d’exception. Ne croyez pas les mensonges des passeurs » (6).

    Les concepteurs ont sollicité YouTube afin que la plate-forme diffuse les #vidéos sous la forme de publicités précédant les contenus recherchés par des internautes susceptibles d’émigrer. Le recours aux #algorithmes permet en effet de cibler les utilisateurs dont le profil indique qu’ils parlent certaines langues, comme le farsi ou le vietnamien. De même, en privilégiant des vidéos populaires chez les #jeunes, YouTube facilite le #ciblage_démographique recherché. Par la suite, ces clips ont envahi les fils d’actualités Facebook de citoyens australiens issus de l’immigration, sélectionnés par l’#algorithme car ils parlent l’une des langues visées par la campagne. En s’adressant à ces personnes nées en Australie, les autorités espéraient qu’elles inviteraient elles-mêmes les ressortissants de leur pays d’origine à rester chez eux (7).

    C’est également vers Facebook que se tourne le gouvernement de la #Norvège en 2015. Accusé de passivité face à l’arrivée de réfugiés à la frontière russe, il finance la réalisation de deux vidéos, « Pourquoi risquer votre vie ? » et « Vous risquez d’être renvoyés » (8). Les utilisateurs du réseau social avaient initialement la possibilité de réagir, par le biais des traditionnels « j’aime » ou en postant des commentaires, ce qui aurait dû permettre une circulation horizontale, voire virale, de ces vidéos. Mais l’option fut suspendue après que la page eut été inondée de commentaires haineux issus de l’extrême droite, suscitant l’embarras de l’État.

    Ici encore, Facebook offre — ou plutôt, commercialise — la possibilité de cibler des jeunes hommes originaires d’Afghanistan, d’Éthiopie et d’Érythrée, dont le gouvernement norvégien considère qu’ils ne relèvent pas du droit d’asile. L’algorithme sélectionne en particulier les personnes situées hors de leur pays d’origine qui ont fait des recherches sur Internet dénotant leur intérêt pour l’Europe et la migration. Il s’agit de toucher des migrants en transit, qui hésitent quant à leur destination, et de les dissuader de choisir la Norvège. Les Syriens ne font pas partie des nationalités visées, afin de ne pas violer le droit d’asile. De même, le message mentionne explicitement que seuls les adultes seront refoulés, afin de ne pas contester le droit des enfants à être pris en charge.

    À plusieurs reprises, depuis 2015, les autorités belges ont elles aussi utilisé Facebook pour ce type d’initiatives (9). En 2018, des photographies de centres de détention et d’un jeune migrant menotté, assorties du slogan « Non à l’immigration illégale. Ne venez pas en #Belgique » (10), furent relayées à partir d’une page Facebook créée pour l’occasion par l’Office des étrangers. Cette page n’existait toutefois qu’en anglais, ce qui a fait croire à un faux (y compris parmi les forces de l’ordre), poussant le gouvernement belge à la supprimer au profit d’un site plus classique, humblement intitulé « Faits sur la Belgique » (11).

    Si de telles initiatives prolifèrent, c’est que les États européens sont engagés dans une course à la dissuasion qui les oppose les uns aux autres. Le 30 mai 2018, en France, M. Gérard Collomb, alors ministre de l’intérieur, affirmait lors d’une audition au Sénat que les migrants faisaient du « #benchmarking » pour identifier les pays les plus accueillants. Cette opinion semble partagée par ses pairs, et les États se montrent non seulement fermes, mais soucieux de le faire savoir.

    Le recours aux plates-formes de la Silicon Valley s’impose d’autant plus aisément que les autorités connaissent l’importance de ces outils dans le parcours des migrants. Une très large majorité d’entre eux sont en effet connectés. Ils dépendent de leur #téléphone_portable pour communiquer avec leur famille, se repérer grâce au #GPS, se faire comprendre par-delà les barrières linguistiques, conserver des photographies et des témoignages des atrocités qui justifient leur demande d’asile, appeler au secours en cas de naufrage ou de danger, ou encore retrouver des connaissances et des compatriotes dispersés.

    Un doute taraudait les autorités des États occidentaux : en connectant les individus et en leur facilitant l’accès à diverses sources d’information, les #technologies_numériques ne conféraient-elles pas une plus grande #autonomie aux migrants ? Ne facilitaient-elles pas en définitive l’immigration irrégulière (12) ? Dès lors, elles s’emploieraient à faire de ces mêmes outils la solution au problème : ils renseignent sur la #localisation et les caractéristiques des migrants, fournissant un canal privilégié de communication vers des publics ciblés.

    Systématiquement financées par les États occidentaux et impliquant de plus en plus souvent les géants du numérique, ces campagnes mobilisent aussi d’autres acteurs. Adopté sous les auspices de l’Organisation des Nations unies en 2018, le pacte mondial pour des migrations sûres, ordonnées et régulières (ou pacte de Marrakech) recommande ainsi de « mener des campagnes d’information multilingues et factuelles », d’organiser des « réunions de sensibilisation dans les pays d’origine », et ce notamment pour « mettre en lumière les risques qu’il y a à entreprendre une migration irrégulière pleine de dangers ». Le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR) et l’OIM jouent donc le rôle d’intermédiaires privilégiés pour faciliter le financement de ces campagnes des États occidentaux en dehors de leur territoire.

    Efficacité douteuse

    Interviennent également des entreprises privées spécialisées dans le #marketing et la #communication. Installée à Hongkong, #Seefar développe des activités de « #communication_stratégique » à destination des migrants potentiels en Afghanistan ou en Afrique de l’Ouest. La société australienne #Put_It_Out_There_Pictures réalise pour sa part des vidéos de #propagande pour le compte de gouvernements occidentaux, comme le #téléfilm #Journey, qui met en scène des demandeurs d’asile tentant d’entrer clandestinement en Australie.

    Enfin, des associations humanitaires et d’aide au développement contribuent elles aussi à ces initiatives. Créée en 2015, d’abord pour secourir des migrants naufragés en Méditerranée, l’organisation non gouvernementale (ONG) #Proactiva_Open_Arms s’est lancée dans des projets de ce type en 2019 au Sénégal (13). Au sein des pays de départ, des pans entiers de la société se rallient à ces opérations : migrants de retour, journalistes, artistes, dirigeants associatifs et religieux… En Guinée, des artistes autrefois engagés pour l’ouverture des frontières militent à présent pour l’#immobilisation de leurs jeunes compatriotes (14).

    Le #discours_humanitaire consensuel qui argue de la nécessité de protéger les migrants en les informant facilite la coopération entre États, organisations internationales, secteurs privé et associatif. La plupart de ces acteurs sont pourtant étrangers au domaine du strict contrôle des frontières. Leur implication témoigne de l’extension du domaine de la lutte contre l’immigration irrégulière.

    Avec quelle #efficacité ? Il existe très peu d’évaluations de l’impact de ces campagnes. En 2019, une étude norvégienne (15) a analysé leurs effets sur des migrants en transit à Khartoum, avec des résultats peu concluants. Ils étaient peu nombreux à avoir eu connaissance des messages gouvernementaux et ils s’estimaient de toute manière suffisamment informés, y compris à propos des aspects les plus sombres de l’expérience migratoire. Compte tenu de la couverture médiatique des drames de l’immigration irrégulière, il paraît en effet vraisemblable que les migrants potentiels connaissent les risques… mais qu’ils migrent quand même.

    https://www.monde-diplomatique.fr/2021/03/PECOUD/62833
    #migrations #réfugiés #privatisation #Italie #humanitaire #soft_power

    –-

    Ajouté à la métaliste sur les #campagnes de #dissuasion à l’#émigration :
    https://seenthis.net/messages/763551

    ping @isskein @karine4 @_kg_ @rhoumour @etraces

  • Organizing YouTube - Rosa-Luxemburg-Stiftung
    https://www.rosalux.de/news/id/41394/organizing-youtube

    Im Sommer 2019 ging eine ungewöhnliche Meldung durch die Presse. Die Industriegewerkschaft IG Metall verkündete ihr vermutlich erstes Bündnis mit einer Facebook-Gruppe. Zusammen mit der YouTubers Union, einer 15.000-köpfigen Netzbewegung, gab die größte Gewerkschaft Europas eine Kampagne gegen die Arbeitsbedingungen auf YouTube bekannt. Unter großem Medienecho wurden Forderungen verkündet, Kampagnenvideos veröffentlicht und ein Countdown als Druckmittel geschaltet.

    Eine ungewöhnliche Kooperation

    Verwunderlich schien an der Mitteilung nicht nur, dass sich eine Gewerkschaft der Metall- und Elektroindustrie für die Belange von YouTuber*innen einsetzt. Auch die Frage der Arbeitsbedingungen schien ungewöhnlich: YouTube ist nicht als Arbeitsort, sondern als bunte Social-Media Plattform bekannt. Erstaunlich wirkte auch Jörg Sprave, 53-jährige Symbolfigur und Gründer der YouTubers Union. Spraves Kanal, der über zwei Millionen Abonnenten um sich versammelt, umweht nicht die Atmosphäre transnationaler Arbeitskonflikte. Die Videos, die Sprave vor einer Holzhütte im hessischen Odenwald aufnimmt, drehen sich um den Bau riesiger Steinschleudern und haben Comedy-Charakter.

    Auf einen zweiten Blick liegt die Kampagne jedoch näher. Die Google-Tochter YouTube hat sich im letzten Jahrzehnt zu einer riesigen Arbeitsplattform entwickelt - über 100.000 Menschen verdienen heute auf der Plattform mit Content-Produktion ihren Lebensunterhalt. Die Website hat sich in einen digitalen Marktplatz verwandelt, auf dem YouTuber*innen um die Aufmerksamkeit ihres Publikums buhlen. Wer viele Aufrufe generiert, bekommt dabei Werbe-Einnahmen von YouTube ausbezahlt. Die Hobby-Ästhetik der Plattform verdeckt dabei die verschärften Arbeitsbedingungen, unter denen dieser Wettbewerb stattfindet.

    Prekäre Arbeitsbedingungen auf YouTube

    Wer auf YouTube Erfolg haben möchte, muss sich heute den kaum durchschaubaren Regeln von YouTube‘s «Recommendation Engine» anpassen – einem algorithmischen Empfehlungssystem, dessen Parameter sich täglich ändern können. Die Wahl der Titel-Stichworte, die Anzahl neuer Videos pro Woche und selbst die Verwendung von Umgangssprache kann sich dabei auf den Erfolg eines Kanals auswirken. Wer dabei als «nicht werbefreundlich» eingestuft wird, kann in wenigen Wochen sein Einkommen verlieren.

    Während die eng getakteten Regeln auf YouTube verstärkt einem Fließband für Kreativarbeit gleichen, ist das Arbeitsverhältnis der «Creators» von Regellosigkeit geprägt. Als formal Selbstständige besitzen sie weder ein Recht, falsche Sanktionen anzufechten, noch haben sie Ansprüche auf soziale Absicherung. Die Abwehr von Willkür und Prekarität erfolgt nach den Regeln eines entsicherten, digitalen Kapitalismus: Fehlentscheidungen werden erst korrigiert, wenn genügend Nutzer*innen auf Twitter Alarm schlagen, interne Abläufe laufen ins Nichts. Wer einen Krankheitsfall erlebt, kann schnell aus dem Geschäft sein, der psychische Druck ist mitunter hoch. Nur wer sich diesen Bedingungen anpasst, kann auf YouTube profitieren.
    Einkommensausfall ohne Warnung

    Jörg Sprave, Symbolfigur und Gründer der YouTubers Union, war von dieser Entwicklung selbst betroffen. Nachdem sein Kanal im Frühjahr 2017 als «Waffen-Content» eingestuft wurde, sank sein Einkommen aus Videowerbung von 6000 auf 1500 Dollar im Monat. Genauso ging es anderen YouTuber*innen: wer vom Algorithmus als problematisch eingestuft wurde, konnte sogar seinen Kanal verlieren. Grobe Fehlentscheidungen sind dabei weit verbreitet. In diesem Jahr wurde bekannt, dass Wörter wie ‚gay‘ und ‚trans‘ im Videotitel zur Einschränkung der Werbequalifizierung führen können – eine Dynamik die zeigt, wie weit entfernt von der selbsterklärten Neutralität digitale Plattformen sind.

    Spätestens mit den schärferen Content-Kontrollen, die YouTube seit 2017 durchführt, wurde die gemeinsame Organisierung für YouTuber*innen zum Thema. Im Frühjahr 2018 rief Sprave daher die YouTubers Union als Facebook-Gruppe ins Leben, mehr als 15.000 Nutzer*innen traten bei. Nicht alle davon sind selbst Creators; bewusst wurden auch die Nutzer*innen der Plattform eingeladen, von deren Traffic YouTube’s Geschäftsmodell lebt.
    Gründung 2018 mit 15.000 Mitgliedern

    Obwohl die Facebook-Gruppe als Form neu ist, ähnelt die Praxis der Gruppe auch einer klassischen Organisierung: sie stimmt über gemeinsame Forderungen ab, organisiert Mitgliederbefragungen, sogar digitale Mitgliedsausweise werden zeitweise ausgegeben. Als Sprave ein Video über YouTube’s Empfehlungsalgorithmus veröffentlicht, reagiert das Unternehmen. Auf Einladung reist er zu Treffen mit YouTube nach Zürich und ins Silicon Valley, bringt die Anliegen der Gruppe vor. Mehr als Lippenbekenntnisse erntet er aber nicht. Die Schwächen der YouTubers Union werden dabei schnell klar: sie hat kein rechtliches Mandat und ist auf informelle Gespräche angewiesen. YouTube vermeidet strategisch, mit der Gruppe kollektiv zu verhandeln.

    Informelle Gespräche mit YouTube

    Als Gesprächspartner kommt schließlich die IG Metall ins Spiel. Die Gewerkschaft hat mit «Fair Crowdwork» bereits 2016 ein Portal für Plattform-Arbeit eröffnet und ist seit einigen Jahren auch für Selbstständige offen. Ihr Standing als mitgliederstarke Gewerkschaft, mit rechtlicher Expertise und finanziellen Ressourcen sind für Sprave gute Argumente eine Kooperation einzugehen.

    Gemeinsam starten die IG Metall und die YouTubers Union schließlich FairTube, eine öffentliche Kampagne für die Belange der YouTuber*innen. In erster Linie wird Transparenz gefordert: YouTube soll die Bedingungen offenlegen, zu denen produziert werden darf. Außerdem fordert FairTube eine unabhängige Schlichtungsstelle für Streitfälle und eine Chancen auf Mitbestimmung. Gedroht wird mit Klagen auf Scheinselbstständigkeit, auf Datenrechtsverstöße nach der Datenschutzgrundverordnung (DSGVO) und mit öffentlichen Shitstorms, sollte YouTube nicht einlenken. Ein 30-tägiger Countdown stellt das Unternehmen vor die Wahl – gemeinsame Gespräche oder ein Arbeitskampf auf die Plattform.
    Kampagne «FairTube» im Sommer 2019

    Von Anfang an löst die Kampagne viel Echo aus: Von der Tagesschau bis zur Washington Post wird berichtet, und die Gruppengröße verdoppelt sich nahezu. YouTube selbst sieht schließlich sich zu Stellungnahmen gezwungen: «We’re deeply invested in creators’ success, that’s why we share the majority of revenue with them» erklärt das Unternehmen schließlich mehrmals auf Nachfrage. Am letzten Countdown-Tag reagiert das Unternehmen auch offiziell auf die Kampagne: Eine Einladung zum Gespräch von Google Deutschland geht bei der IG Metall ein. Einige Tage vor dem Treffen verkündet Google aber, dass Mitglieder der YouTubers Union nicht erwünscht sind, der Termin platzt. Seitdem herrscht Kampfbereitschaft: Die IG Metall prüft rechtliche Schritte und die YouTubers Union bereitet «Shitstorms» vor, öffentliche Aktionen, die den Ruf des Unternehmens weiter drücken sollen.
    Arbeitskonflikte auf Plattformen nehmen zu

    Auch wenn der Konflikt auf YouTube durchaus ungewöhnlich ist, sind Arbeitskonflikte auf Plattformen keine Seltenheit mehr. Der Markt für Arbeit auf digitalen Plattformen ist in den letzten Jahren enorm gewachsen: Lieferdienste, Reinigungs- und Taxi-Services werden heute vermehrt über Plattformen vermittelt. Dabei wird jedoch selten Arbeit neu erfunden oder automatisiert, wie viele Unternehmen suggerieren. Für Dienstleister ist die Plattform ein Weg, Arbeit outzusourcen und dabei algorithmisch zu kontrollieren. Mit der Vergrößerung der Märkte auf Plattformen sind dabei auch die Konflikte gestiegen. Seit 2016 haben sich Kurierdienst-Fahrer*innen in Europa erstmals organisiert, und Arbeiter*innen bei Taxi-Diensten wie Uber konnten 2019 eine Gesetzesänderung in Kalifornien mit erkämpfen. Mit der YouTubers Union zeigt sich nun die Organisierung auf einer Plattform, die nicht über einen lokalen Kundenmarkt funktioniert.

    Feststellen lässt sich an diesen Konflikten, dass auch algorithmische Kontrolle die Möglichkeit zur Organisierung nicht ausschalten kann. Zweckentfremdung von Betriebs-Chats, Sabotage der Schichtsysteme und strategische Streiks haben sich in einigen Bereichen als Mittel bewährt. Die zentralen Hebel von Arbeiter*innen sind aber oft nicht der Entzug der eigenen Arbeitskraft, sondern öffentlicher Druck und das Einklagen rechtlicher Standards. Gerade für Startups hängt der Marktwert auch am Ruf in der Öffentlichkeit, schlechte Presse über Arbeitsbedingungen können dabei ein Druckmittel sein. Viele Arbeitspraktiken sind zudem illegal nach geltendem Recht, stellen etwa eine Scheinselbstständigkeit dar oder verstoßen gegen Datenschutz-Vorgaben.
    Die Regulierung des kommerziellen Internets

    Konflikte um Regulierung und öffentlicher Druck sind besonders für YouTube keine Neuigkeit. Konnte sich der Social-Media Gigant bis vor wenigen Jahren noch als Tool zur Demokratisierung der Kulturproduktion feiern lassen, haben die Konflikte um die Plattform spätestens seit dem US-Wahlkampf 2016 zugenommen. YouTube’s Empfehlungsalgorithmus, der Zuschauer*innen auf der Plattform halten soll, wurde als «Radikalisierungs-Pipeline» bekannt: Verschwörungstheorien, Alt-Right Kanäle und Fake News breiten sich strukturell auf der Plattform aus, auch weil sie zuverlässig für Traffic auf der Plattform sorgen.

    Dazu kam auch Ärger von Werbekonzernen: diese wollten nicht mehr mit den kontroversen Inhalten werben, die vermehrt auf YouTube empfohlen wurden. Kürzlich wurde auch von der US-Handelskommission FTC Regulierung angekündigt, die YouTube die Datensammlung von Kindern erschwert und das Geschäftsmodell der Plattform beschneidet. Es ist also nicht die schlechteste Zeit, einen Kampf um die Struktur des Unternehmens zu führen. Anliegen wie das der YouTubers Union werden dabei verschärft durch die Proteste von Arbeiter*innen in der Google-Zentrale und bei Subkontraktoren, die bis in den US-Wahlkampf hinein eine Rolle spielen.
    Neue Formen der Organisierung

    Mit der Skandalisierung der prekären Arbeitsbedingungen konnte die YouTubers Union bis jetzt durchaus Aufsehen auf der Plattform erregen. Das zeigt auch das Vorgehen von YouTube, das sich nun strategisch um mehr Transparenz und Feedback-Kultur bemüht. Wie erfolgreich die Bemühungen mittelfristig bleiben, ist abzuwarten. Auffällig an der Organisierung ist, dass in der YouTubers Union Arbeiter*innen und Konsument*innen gemeinsam agieren. Auf YouTube stehen beide Gruppen in einer engen Symbiose, dieses Verhältnis kann in der Organisierung als Ressource eingesetzt werden. Während sich eine Klassenidentität wie in den Fabriken des industriellen Kapitalismus sicher nicht beobachten lässt, eint viele Mitglieder der Union aber die Erkenntnis, dass ihre Interessen denen von YouTube gegenüber stehen. Diese Einstellung, die sich von der harmonischen Ideologie der neutralen Plattform abgrenzt, bricht ein wirkmächtiges Paradigma des Silicon Valley auf.
    Risiken und Schwachpunkte

    Es zeigen sich aber auch Risiken und Schwachpunkte. Viele große YouTuber*innen sind der Bewegung bislang fern geblieben. Das kann auch daran liegen, dass sich eine kuriose Mischung aus Mitgliedern in der Gruppe tummelt. Neben Kanälen über Gärtnerei oder Meditation finden sich auch viele Kanal-Betreiber*innen in der Grauzone des auf YouTube Erlaubten. Auch rechte Trolls finden sich in der Gruppe, obwohl die Moderation einschreitet. Weniger sichtbar sind Kanäle aus dem LGBTQ-Spektrum, die von den Veränderungen auf YouTube stark betroffen waren. Hier könnten Bündnisse möglich sein. Mit einer Sammelklage queerer YouTuber*innen hat die FairTube-Kampagne bereits ihre Solidarität bekundet.

    Mit der basisdemokratischen Organisierung mancher Lieferdienst- oder Uber-Fahrer*innen deckt sich die Dynamik der YouTubers Union nicht. Der Gruppengründer Sprave hat nicht nur eine wichtige Symbolfunktion, sondern als Moderator auch viel Einfluss in der Facebook-Gruppe. Darin spiegeln sich jedoch auch die Machtunterschiede auf YouTube selbst: große Creators haben enormen Einfluss und Reichweite, kleine Kanäle sind kaum sichtbar.

    Offen ist auch, ob sich die YouTubers Union langfristig als kollektive Bewegung etablieren kann, oder ob sie sich zur strategischen «Single Person Organizations» (Geert Lovink) ohne bleibenden Zusammenhalt entwickelt. Die Organisierung wirft auch die Frage auf, wie progressive Kämpfe um Medien-Plattformen im Lichte von rechten Kulturkämpfen geführt werden können.

    Regulierung als Gestaltungsfeld

    Das von vielen Seiten geführte Ringen um YouTube‘s Struktur zeigt, dass das Unternehmen mehr ist als eine Social-Media-Plattform mit privatisiertem Arbeitsmarkt. Als zentrale Sphäre öffentlicher Kommunikation stellt sie zunehmend eine Infrastruktur dar, über die auch mediale und politische Hegemoniefragen ausgehandelt werden. Vor diesem Hintergrund sollten die kommenden Regulierungsbemühungen in Europa, den USA und weiteren Ländern beobachtet werden. Hier können, wie das Beispiel der kalifornischen AB5-Regulierung zeigt, in den nächsten Jahren Standards gesetzt werden. Um diese sollte mitgekämpft werden – auch zum Thema Arbeit.

    Valentin Niebler ist Soziologe und forscht zu Konflikten in der Plattformökonomie. Er ist Mitglied des Zentrums für emanzipatorische Technikforschung (ZET).

    #Allemagne #Youtube #disruption #travail #syndicalisme

  • YouTube Discloses Percentage of Views That Go to Videos That Break its Rules - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2021/04/06/technology/youtube-views.html

    It is the never-ending battle for YouTube.

    Every minute, YouTube is bombarded with videos that run afoul of its many guidelines, whether pornography or copyrighted material or violent extremism or dangerous misinformation. The company has refined its artificially intelligent computer systems in recent years to prevent most of these so-called violative videos from being uploaded to the site, but continues to come under scrutiny for its failure to curb the spread of dangerous content.

    In an effort to demonstrate its effectiveness in finding and removing rule-breaking videos, YouTube on Tuesday disclosed a new metric: the Violative View Rate. It is the percentage of total views on YouTube that come from videos that do not meet its guidelines before the videos are removed.

    In a blog post, YouTube said violative videos had accounted for 0.16 percent to 0.18 percent of all views on the platform in the fourth quarter of 2020. Or, put another way, out of every 10,000 views on YouTube, 16 to 18 were for content that broke YouTube’s rules and was eventually removed.

    While YouTube points to such reports as a form of accountability, the underlying data is based on YouTube’s own rulings for which videos violate its guidelines. If YouTube finds fewer videos to be violative — and therefore removes fewer of them — the percentage of violative video views may decrease. And none of the data is subject to an independent audit, although the company did not rule that out in the future.

    #YouTube #Culture_numérique #Auto-justification

  • Les PDG de Facebook, Google et Twitter en accusation devant le Congrès américain pour leur rôle dans la désinformation
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2021/03/26/zuckerberg-pichai-dorsey-les-pdg-des-reseaux-sociaux-en-accusation-au-congre

    Quatrième comparution en un an pour Mark Zuckerberg, troisième pour Sundar Pichai et Jack Dorsey : les PDG ont répondu, jeudi, aux questions des élus américains. Quatrième comparution en un an pour Mark Zuckerberg, troisième pour Sundar Pichai et Jack Dorsey : les PDG de Facebook, Google et Twitter ont répondu, jeudi 25 mars, aux questions des élus du Congrès des Etats-Unis – cette fois, il s’agissait de la commission de la Chambre des représentants sur l’énergie et le commerce. Un exercice convenu, (...)

    #Alphabet #Google #Facebook #Twitter #YouTube #algorithme #manipulation #censure #domination #élections #modération (...)

    ##addiction

  • Platform Capitalism, Empire and Authoritarianism : Is There a Way Out ?
    https://www.cigionline.org/articles/platform-capitalism-empire-and-authoritarianism-there-way-out

    The world will face more widespread and intensified surveillance, but this time it could be framed as something for our own good, for the good of humanity. President Trump has left the building. In his final days, in one of the most symbolic moments of his short period in the White House, after his supporters had haphazardly stormed the Capitol Building on January 6, the inveterate (ab)user of social media was banned from, first, Facebook and then his favourite platform, Twitter. For the (...)

    #ByteDance #TikTok #Facebook #Twitter #WhatsApp #YouTube #manipulation #BigData #extrême-droite #publicité #SocialNetwork #surveillance #SidewalkLabs #Google #Alphabet #COVID-19 #santé (...)

    ##publicité ##santé ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_

  • Platforms like YouTube have tried to combat harassment against women. It’s not working
    https://www.codastory.com/authoritarian-tech/misogyny-harassment-youtube-twitch

    Accusations of misogynistic comments and threats of rape are common on popular streaming and social media platforms like Youtube and Twitch where moderation policies don’t go far enough Last June the gaming industry had a moment of reckoning. Starting as a trickle, female and non-binary online gamers and streamers began posting stories of online and offline harassment by men, a problem they said was rife across the industry. Accusations of misogynistic comments, threats of rape, revenge (...)

    #Reddit #Twitter #YouTube #jeu #modération #sexisme #violence #harcèlement #surveillance #viol (...)

    ##travail

  • Google’s ‘Privacy-First Web’ Is Really a Google-First Web
    https://onezero.medium.com/googles-next-power-play-f296c2e3020e

    Why the search giant can afford to kill the cookie For two decades, the cookie has been an emblem of the online advertising model that powers much of the open web — and the privacy invasions that come with it. Now, the cookie as we know it is dying. Online advertising will live on, of course, and so will privacy invasions. But the changes taking shape today will nonetheless alter how we navigate the web in the future — and define which companies dominate it. The Pattern The internet’s (...)

    #Google #Chrome #cookies #domination #publicité #Apple #Mozilla #GoogleSearch #Gmail #YouTube #Firefox #iPhone #Safari #Android #microtargeting #Alphabet #Criteo (...)

    ##publicité ##EFF

  • Comment Google se moque de la CNIL
    https://www.pixeldetracking.com/fr/comment-google-se-moque-de-la-cnil-eprivacy

    Google viole la directive "ePrivacy" pour vous surveiller sans consentement. Sanctionné, il ne change pas Google sanctionné pour manquement à la loi Informatique et Libertés Le 7 décembre dernier, la CNIL sanctionne Google à hauteur de 100 millions d’euros pour avoir enfreint la législation française sur les cookies : cnil Sur le moteur de recherche de Google, la CNIL a relevé 3 violations à l’article 82 de la loi Informatique et Libertés (transposition de la directive « ePrivacy ») : Un dépôt (...)

    #Google #GoogleSearch #YouTube #cookies #consentement #données #bénéfices #ePrivacy #microtargeting #publicité #[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données_(RGPD)[en]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR)[nl]General_Data_Protection_Regulation_(GDPR) (...)

    ##publicité ##[fr]Règlement_Général_sur_la_Protection_des_Données__RGPD_[en]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_[nl]General_Data_Protection_Regulation__GDPR_ ##CNIL

  • APPEL AUX ÉTUDIANTS & PROFESSEURS
POUR LA CRÉATION DE COLLECTIFS AUTONOMES
UNIVERSITAIRES

    « AMIS ! Quittez au plus vite ce monde condamné à la destruction. Quittez ces universités, ces académies, ces écoles dont on vous chasse maintenant, et dans lesquelles on n’a jamais cherché qu’à vous séparer du peuple. Allez dans le peuple. Là doit être votre carrière, votre vie, votre science. […] Et rappelez-vous bien, frères, que la jeunesse lettrée ne doit être ni le maître, ni le protecteur, ni le bienfaiteur, ni le dictateur du peuple, mais seulement l’accoucheur de son émancipation spontanée, l’unisseur et l’organisateur des efforts et de toutes les forces populaires. Ne vous souciez pas en ce moment de la science au nom de laquelle on voudrait vous lier, vous châtier. Cette science officielle doit périr avec le monde qu’elle exprime et qu’elle sert ; et à sa place, une science nouvelle, rationnelle et vivante, surgira, après la victoire du peuple, des profondeurs mêmes de la vie populaire déchaînée. »
    Mikhaïl Bakounine, « Quelques paroles à mes jeunes frères en Russie », (mai 1869 – in Le socialisme libertaire, Denoël, 1972, pp. 210-211)

    « Survivre, mouvement ouvert à tous, se veut un instrument pour la lutte en commun des scientifiques avec les masses, pour notre survie […] Il semble que Survivre soit le premier effort systématique fait pour rapprocher, dans un combat commun, les scientifiques des couches les plus variées de la population »
    Marc Atteia, Alexandre Grothendieck, Daniel Lautié, Jérôme Manuceau, Michel Mendès-France et Patrick Wucher. Extrait de « Pourquoi encore un autre mouvement » in Survivre n° 2/3 septembre-octobre 1970.

    
CONSIDÉRANT l’hégémonie prise par la techno-science dans l’ensemble de la société industrielle dans les domaines du savoir/pouvoir et sa fâcheuse tendance à développer des applications technologiques mortifères (modification du vivant, nanotechnologies, ville intelligente, smart-bidule, nucléaire, etc.) et des dispositifs politiques de contrôle/contrainte (reconnaissances faciales, drones, fichage généralisé, etc.)

    CONSIDÉRANT que c’est au sein de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (ESR), dans les universités, les écoles d’ingénieurs, les instituts de recherche comme le CEA et le CNRS, qu’est née et se développe actuellement cette techno-science.

    CONSIDÉRANT alors la responsabilité des chercheurs, professeurs et ingénieurs ainsi que des experts, techniciens et cadres administratifs dans cette avalanche de désastre techno-scientifique.

    CONSIDÉRANT que, depuis la fin des années 70 et la restructuration de l’économie capitaliste vers le « pouvoir dormant du savoir scientifique » (general intellect), la techno-science en tant que cadre de pensée et de production du savoir est intriquée de fait au capitalisme dans une structure triangulaire (science-industrie-armée), et qu’il convient alors de parler de « techno-capitalisme ».

    CONSIDÉRANT ce qu’il faut bien appeler à partir des années 90 une « révolution informatique » dans la production capitaliste, puis dans la production de la vie quotidienne réifiée. Et, CONSIDÉRANT que cette « révolution » est l’un des domaines-socles de la techno-science.

    CONSIDÉRANT le virage techno-totalitaire des États du capitalisme de sommet (Chine, USA, Europe) ces cinq dernières années comme matérialisation concrète et politique d’un des sous-domaines de la techno-science : la cybernétique.

    Et, CONSIDÉRANT que les « régimes d’exceptions » institutionnalisés et imposés successivement ne sont réalisables qu’à l’aide de cette science.

    CONSIDÉRANT la politique opportuniste médiatico-virale ou médiatico-terroriste de l’État pour imposer dans un laps de temps long, des privations de liberté, permettant de dissoudre les foyers de contestations des classes intermédiaires et pauvres tout en ayant le rôle du « sauveur ».

    ENFIN CONSIDÉRANT la fermeture totale des universités comme résultante de cette politique anti-subversive (les prépas, le Secondaire et les Grandes Écoles restant ouvertes).

    
Nous lançons un

    APPEL À LA FORMATION, DANS LES UNIVERSITÉS ET EN LEURS POURTOURS, DE COLLECTIFS COMBATIFS ET AUTONOMES DES INSTANCES UNIVERSITAIRES, à vocation d’émancipation, de critique sociale et d’organisation sur le long-terme.

    
PROPOSITIONS

    Croyez-vous que les nouveaux déserts silencieux et bétonnés, places fortes des « humanités numériques » et du suicide en vie digitale, nommés encore abusivement « Universités », puissent un jour redevenir des foyers de contestation, vivant et révolutionnaire ?

    Nous vivons paradoxalement une séquence historique à ne pas manquer pour qui souhaite revoir fleurir des foyers de contestations radicales et de pensées critiques chez la petite bourgeoisie universitaire. En effet, sans être nostalgiques du mai de l’année 1968 ou de la séquence de révolte étudiante entre 2006-2010, mais en envisageant froidement et structurellement ces espaces où la jeunesse-qui-a-le-temps-et-les-moyens réfléchit à sa condition et à la société qui la produit, les universités pourraient rapidement devenir des lieux remettant en cause l’ordre qu’elles génèrent.

    On pourrait penser que le gouvernement Macron a fait ce que tout bon anarchiste souhaiterait réaliser : fermer ce haut lieu de « la reproduction sociale des élites » qu’est l’Université. Cette vision, du reste assez périmée, relève d’une grande méprise : nonobstant son rôle mineur pour la formation des élites (prenez plutôt l’ENA, l’X, l’ENS, l’HEC… et Science Po Paris à la rigueur, si vous voulez voir des élites), la fermeture complète des facs en plein mouvement combo en mars 2020 (réforme des retraites & LPPR) n’est absolument pas la fin de l’Université. Cette période signe plutôt l’achèvement de sa mutation profonde. La stratégie gouvernementale française, suivant les processus néolibéraux européens amorcés en 2002 par la normalisation des diplômes (système LMD et ECTS), est la mise en place de l’Université-entreprise comme « grande marque », capable de vendre et de se faire vendre à l’export’. Une université concurrentielle pratiquant le toyotisme (pas de stockage d’étudiants), le numérique en plus.

    Le « processus de Bologne » permet à la France de finir le travail de sape de normalisation de « l’usine automatisée à cerveau » amorcé dans les années 60-70 par le pouvoir gaulliste-pompidouiste (notamment avec le principe d’autonomisation évoqué au colloque de Caen en 1966, la Loi Faure en 1968 et l’apparition du DEUG en 1973, ainsi que la création, à cette époque, des IUT, DUT, BTS). Cette refonte globale, basée sur le modèle des facs américaines, s’agrémente aujourd’hui d’un management tout bruxellois. Le modèle de l’Université Nouvelle ne doit plus s’embarrasser des étudiants « surnuméraires », de celles et ceux venus sur les vertes pelouses du Savoir pour goûter aux délices du questionnement philosophique ou pour s’initier aux rudes catégories de la sociologie politique avant de finir dans une fin de parcours de psycho (et potentiellement, le cas échéant, sur une ZAD ou dans un squat). Efficacité, sélection et transfert des cerveaux, pardon « recrutement sur le marché du travail », sont les maîtres mots, dans un flux tendu où il ne s’agit plus de passer son DEUG en 4 ans et sa thèse en 6 ! Pas besoin ici de retracer la séquence complète de la néolibéralisation de l’ESR, d’autres textes le font très bien (voir les matériaux en fin de texte).

    Ce qui est important de noter toutefois, c’est que cette dernière phase de modernisation que l’on observe depuis une décennie, est un double mouvement de digitalisation radicale (1) de l’Enseignement Supérieur (notamment avec le programme France Universités Numériques) permettant une précarisation immédiate des salariés et une future réduction drastique de la masse salariale (le confinement des universitaires est une fenêtre de tir inouïe pour parfaire cette stratégie). En même temps cette phase est la structuration finale de ce que les technocrates nomment le New Public Management (2) : un réaménagement total des instances universitaires, leurs rapprochements des marchés et des industrielles permettant de nouvelles sources de financements (fondations, partenariats-public-privé, masters privés) et une fluidité des capitaux, la fusion-concentration des directions, la formation de pôles spécifiques de recherche via les emprunts IDEX I et IDEX II, et leur mise en compétition. Cette phase de digitalisation/concentration (1) + (2), permet de diluer le nouveau « principe d’université » (si cher à Plínio Prado) fondamentalement technocratique dans sa forme et techno-scientifique dans son fond, dans tout le Réseau Technologique global (à la fois l’internet et le « market place ») : ainsi va de la « déterritorialisation » de l’enseignement via les annexes pauvres des facs, disséminées en villes moyennes mais sous tutorat des grands pôles, et du télétravail, pardon « distanciel », comme but ultime de l’apprentissage ; ainsi va de la fin annoncée des UFR ; ainsi va de la fin des livres et des BU ; ainsi va de la fin de ce service public remplacé comme tous les autres par des annexes du Grand Serveur qu’est « l’État-réseau » (Temps Critiques) avec ses terminaux de PC conviviaux… Il faut voir cette restructuration de l’ESR comme une guerre. Une guerre commerciale, rien à voir avec celle des tranchées, statique et déclarée mais plutôt comme une guerre froide où par exemple les nanotechnologies grenobloises de Minatec doivent battre les nanos de Palo Alto, avec l’aide de brevet indien ; où la robotique toulousaine du LAAS, alliée à tel géant de l’aéronautique doit surpasser la robotique de tel institut chinois, etc.

    Cette mutation des universités n’a rien d’étonnant à qui s’intéresse de près aux mutations à l’œuvre dans l’ensemble des pays du sommet capitaliste, ce que Temps Critiques nomme « société capitalisée » (État-réseaux, fluidité des infrastructures capitalistes grâce à l’outil informatique, globalisation des rapports de production…) Pour les séides de cette « révolution du capital », il était urgent de mettre les bouchées doubles sur les universités qui accusées un retard « réactionnaire » par rapport aux autres structures d’enseignement vues comme modèles de formation à la française (Grandes Écoles, Polytech, prépa). Il faut dire qu’il y reste encore des foyers de contestations en sociologie, en histoire et en philosophie, où la séparation n’est pas encore bien aboutie et où l’on a pu voir des étudiants mettre en pratique sur des barricades et dans des occup’, les leçons apprissent la veille. Gageons que le « distanciel », imposant de fait la séparation avec la vie réelle, finira le sale boulot.
    En éclaircissant ce que ce « libéralisme autoritaire » (Chamayou) produit sur les universités, il est à remarquer deux types de mutations complémentaires : une mutation économique issue des directives néolibérales européenne et un accroissement fulgurant du sécuritaire universitaire, c’est-à-dire une pensée politique de l’« anti-subversion ».
    Sans y voir un calque à une échelle plus petite, des modèles de contre-insurrection visant à imposer le « marché- libre » en Amérique latine, ce que Naomie Klein nomme « Stratégie du choc » mais que les militaires de l’époque nommaient « doctrine de la sécurité nationale », les doublets macronistes lois néolibérales/lois sécuritaires en période de guerre sanitaire en ont tout de même l’accent. L’augmentation de la puissance policière de notre « sécurité globale » et la judiciarisation à outrance des formes radicales de confrontation en plein état d’urgence, n’est pas fortuit (même si le cheval de Troie de la LPPR sur la criminalisation des perturbations de CA de fac et des occup’ n’est pas passé, l’intention est là, et ce type de mesures passera tôt ou tard si rien n’est fait). Un certain opportunisme guide nos dirigeants qui craignent de voir poindre un petit mouvement de derrière les fagots qui pourrait allier le Jaune des classes paupérisées au Noir de la petite bourgeoisie rageuse, qui sait ?

    Cette montée aiguë du sécuritaire fait suite, dans les facs, à une augmentation constante du sécuritaire universitaire depuis plus d’une dizaine d’années : annulation de la fameuse « franchise universitaire » et entrée massive des flics dans les facs, vigiles en nombre, caméra et sas de détection, biométrie, fermetures administratives préventives, judiciarisation des actions étudiantes, attaques des syndicats étudiants et des collectifs autonomes, etc.

    Ces mesures sont à mettre en parallèle de la complète ouverture des universités aux marchés : loi d’homogénéisation européenne (LMD, 2004), mise en place des appels à projets pour la recherche publique (ANR, 2005), loi de concentration et de concurrence des pôles universitaires (LRU, examinée « à la hussarde » à l’été 2008 et c’est une première à l’époque), loi de dérégulation du marché du travail (loi Travail 2016, resucée du CPE), loi de sélection, vieux rêve gaulliste (Parcours Sup, 2018) et loi managériale (LPPR, 2020). Ce double volet, maintenant assez classique en politique capitaliste, permet d’enserrer de plus en plus la jeunesse qui y étudie dans des nœuds économico-répressifs ultra tenues, sans possibilité de sortie du cadre, ni de se rebeller, la précarisation en plus.

    Se surajoute à la solution « chocale » (état d’urgence) et brutale (sécurité globale), la tactique rampante de l’école néolibérale britannique des « micropolitics ». Pas celles des intellos deuleuzien, non, l’expression est reprise aux philosophes français par l’économiste écossais Madsen Pirie et son groupe de Saint Andrews, comme une série de méthodes « douces » visant à « […] générer des circonstances dans lesquelles les individus seront motivés à préférer et à embrasser l’alternative de l’offre privée, et dans laquelle les gens prendront individuellement et volontairement des décisions dont l’effet cumulatif sera de faire advenir l’état de chose désirée. » (Dismanting the State : The Theory and Practice of Privatisation, traduit par Grégoire Chamayou dans La société ingouvernable, 2019).

    On se doute bien qu’ici, le but recherché, n’est pas la Commune Libre, mais plutôt une sorte de dystopie orwellienne libérale où dans celle-ci, a contrario des dictatures classiques, ce n’est pas la liberté et l’autonomie politique en tant que telles qui sont attaquées et dissoutes, mais les cadres de légitimité et de mise en place où celles-ci s’exercent. Par un jeu de grignotage de certains verrous législatifs, coutumiers, et moraux, grignotages vus comme « bataille-cliquet » (école autrichienne ultra-libérale Hayek, Higgs) subrepticement gagnés et propres à chaque « secteur » de l’activité humaine, se réalise le remplissage des énergies dissolvantes du capital dans toutes les stances de la vie quotidienne. Toute remise en question a posteriori est jugée vaine puisque « irréaliste » et « plus d’actualité ». De plus en plus de nouveaux choix, dans le monde de l’entreprise ou de la vie quotidienne sont plébiscités comme « nouvelles libertés » alors qu’ils sont la dissolution parfaite du choix politique dans le régime de la consommation-citoyenneté. Pour exemple de cette « technologie politique », on peut citer les nouveaux régimes de retraites où le choix est laissé individuellement au travailleur de partir avant le nouvel âge légal et de cotiser dans des fonds de pension s’il souhaite toucher plus d’argent. À l’université, les micropolitics se traduisent par exemple dans le faux choix entre « des formations d’excellences favorisant l’interdisciplinarité et les pédagogies innovantes » (Pub de l’UGA) et les filières massacrées des anciennes humanités non récupérables pour le capital (Latin, Grecs…). Où bien encore on peut citer la promotion de « l’autonomie » des facultés (LRU) alors que, depuis 20 ans, le processus de Bologne pousse à l’inverse.

    Cet achèvement époquale est aussi, comme toute mutation structurelle, un moment de fragilité du statu quo démocratique et donc, un moment délicat pour les structures politico-économiques. En reprenant la métaphore de l’insecte chère à l’économiste libéral Walter Rostow évoquant les mutations économico-politiques d’ampleur des sociétés capitalisées, c’est au moment des « mues », quand toute l’énergie est dirigée vers le changement de forme, que l’organisme est le plus vulnérable.

    En ce qui concerne le monde universitaire, la jeunesse-qui-s’oublie dans ces clapiers de 9m2 ou rentrée chez papa-maman pour télétravailler, en tout cas seule devant un écran, peut maintenant prendre le temps de se poser les questions métaphysiques du sens de la vie et des études. Elle bouillonne ! Elle fulmine ! Cette jeunesse, à tourner en rond dans sa cage écranique en attendant que ses lieux d’étude – nonobstant qu’ils sont aussi ses lieux de socialisation – ne réouvrent. Et si ça tarde trop le gouvernement sera content de leur trouver d’autres occupations forcément « éthiques » et « solidaires » en « servant la France » par exemple dans des travaux forcés dit « d’intérêt général » (aller nettoyer notre merde sur les plages ou ailleurs, ça vous passera l’envie de vous rebeller !) Ou alors le gouvernement tente le coup en traître de l’endormissement à peu de frais. Le genre de promesses mesquines des quelques miettes pécuniaires de la « revalorisation du pouvoir d’achat » des bourses etc., et dont cette saloperie condescendante du 1 € la soupe au RU en est le summum… espérons juste, qu’après tout cela, la petite pilule bleu (#Youtube,#Netflix) n’achève pas l’élan vital.

    « Lasciate ogni autonomia voi che entrate ! »

    Mais la Puissance, prise de cours et mettant toute l’énergie dans sa « mue » (les câbles et les antennes à relier, les programmes à formater, les failles du consensus à reboucher, etc.), la jeunesse dispose encore de quelques marges de manœuvre avant que son énergie soit pokeballisée de nouveau : voyez, les manifs qui reprennent de plus belle, avec les soirées interlopes et les free party, ces mouvements se mélangeant allègrement dans des lieux impromptus − parcs, hangars, terrains vagues −, sortes de « trous positifs » (Bureau d’urbanisme unitaire) où la négativité d’un rejet total de la société (se terminant souvent par de la confrontation avec les forces de l’ordre) voisine avec des pratiques créatrices : cantines populaires et vins chauds, spectacles de feu, pantomimes & clowneries, tracts, affiches, banderoles. Et là aussi les questionnements et les débats vont bon train concernant le sens à donner à cette vie qui reste confinée aux exigences économiques. La vitalité ensauvagée de la jeunesse ne peut se laisser cloisonner, et les failles sont encore nombreuses où, face à ce mur sanitaire, les élans des lycéens, étudiants et précaires débordent les assommantes punitions de papa-État.

    Les technocrates n’ont bien sûr pas que ça a faire ! Rivés devant les courbes et les paroles d’experts (le pouvoir décomposé qui se fige dans ses propres prérogatives économiques et électoralistes), ils mènent le combat historique face aux virus et surtout face à l’opinion publique. Et pendant que les flics désespèrent dans leur rôle de pervenches sanitaires (en attendant la création de « brigade sanitaires citoyenne » sur le modèle des voisins vigilants), il y a tout un monde en ébullition qui trépigne sous le masque civique du « sanitairement correct ». La société virale a beau être devant nous, les convulsions historiques ne sont pas prêtes (encore) de s’arrêter.

    Et c’est là que la question de la reprise en main des vies cloisonnées croise la critique acerbe de notre monde hautement technifié. Cela fait des années que certains collectifs crient au loup à tout-va à chaque saut technologique et sécuritaire. Sur ce, la mise en branle de collectifs et associations comme la Quadrature du Net ou Écran Total et la mise en mouvement d’idées technocritiques dans des manifs et des actions aussi diverses que contre les compteurs communicants ou le puçage des animaux, l’informatisation des bibliothèques et des CAF, permet un changement de paradigme dans la contestation vieillie portant sur « les moyens de production ».
    L’art de la critique reprend de la vigueur dans de nombreux collectifs se permettant au passage d’éditer textes, brochures, tribunes et livres. Sans compter la critique en acte, sabotages populaires de symboles de la technocratie (antennes, transformateurs, véhicules…) qui ponctue, çà et là, le quotidien morose du citoyen propre & connectée, de quelques « coupures » salutaires lui rappelant ainsi la fragilité du Progrès dignement acquit.

    C’est au croisement de toutes ces énergies aux potentialités révolutionnaires nouvelles, dans un vide tellurique, qu’il est opportun de créer des contre-lieux à l’université et ailleurs, où puissent s’y retrouver (et s’y perdre) cette vitalité.
    Dans cette période bascule, qui projette l’entièreté des relations humaines vers les fils canoniques du réseau technologique, l’ouverture de lieux pirates, où le lien réel peut se faire librement, devient la plus haute des subversions.

    Qu’ils restent cachés à l’abri des regards ou magistralement exposés comme acte d’autonomie politique (voyez cette prof de philo à Rennes qui donne des cours magistraux « interdits »), ces espaces-temps hors des temporalités virales du negotium contemporain (confinement/couvre- feux/état d’urgence/boulot/métro/chimio) sont des bases où les énergies subversives peuvent se rallier et se choyer. C’est avant tout ce genre d’initiative qu’il s’agit maintenant de renforcer ou de recréer de toute pièce, à l’intérieur des facs et sur leurs pourtours. Maintenant qu’il n’y a plus rien, c’est le moment opportun de tout faire !

    Un local associatif moribond ?, un amphi sinistre ?, une salle de TD dont on détient la clé ? un hangar désaffecté ? Même un banc abrité… De la plus petite faille dans les murs du consensus, où l’on puisse se nicher à plusieurs, quelque chose de neuf, quelque chose de l’ordre de la décence humaine, peut reprendre vie et s’expandre. Sans mensonge ni tactique partisane, il y sera salutaire d’y faire naître quelques idées nobles, ici exposées sous forme de mots-clés, aux champs interprétatifs ouverts, afin que ni les puissants, ni la propagande, ni la scélératesse vision-du-monde-actuelle (Weltanschauung), n’y puissent dominer et ceci faisant, à l’occasion de rencontre, y faire mûrir des luttes, dans de multiples, divers et non-linéaire direction. Et sache, fantôme étudiant, qu’il existe tout un Inter-monde, entre la froidure de tes amphis serviles et la chaleur bientôt suffocante des data centers qui remplissent en ce moment les écrans de ta vie, maintenant si souvent connectée.

    CRITIQUE RADICALE : La pensée critique n’est pas une sorte de posture de l’esprit, de méfiance et d’arrogance qu’il s’agirait de faire advenir dans la tête de l’étudiant et celles de ses cotumes. C’est avant tout des méthodes et techniques théoriques et pratiques qu’il faut transmettre et (ré)apprendre à se servir (enquêtes critiques, dialectique, historicisation, curiosité & précisions dans la théorie, matérialisme radical, démystification, irrévérence envers les lieux communs, les doxas et le politiquement correct, retour incessant entre la théorie et la pratique, critique en acte, confrontation, dialogue véritable et langage nouveau) « Et critiquer (avant de connoter quelque chose de négatif, le reproche ou le blâme), c’est d’abord cela : examiner, trier, nuancer (gr. tekhnè diakritikè : l’art de distinguer), passer au crible fin, en toute indépendance, telle ou telle opinion ou proposition ; rechercher les présuppositions qui s’y trouvent impliquées, y discerner ce qu’elle a de nécessaire ou légitime et ce qu’elle a d’arbitraire ». (Plínio Prado, Le principe d’université, pp. 14-15)

    OUVERTURE : Ce genre de lieu, pour ne pas péricliter, doit faire preuve de la plus grande ouverture possible. Dans un double mouvement d’enrichissement d’énergies les plus diverses possibles et de reflux vers d’autres sphères non-universitaires, cette respiration est un gage que la critique se surpasse en permanence. Cependant que l’ouverture ne signifie pas naïveté politique, à bon entendeur…

    COMMUNICATION : « La question de la communication d’une théorie en formation aux courants radicaux eux-mêmes en formation (communication qui ne saurait être unilatérale) tient à la fois de “l’expérience politique” (l’organisation, la répression) et de l’expression formelle du langage (de la critique du dictionnaire à l’emploi du livre, du tract, d’une revue, du cinéma, et de la parole dans la vie quotidienne) » (extrait du « Rapport de Guy Debord à la VIIe Conférence de l’I.S. à Paris », juillet 1966.)

    ACTION : Il est peut-être d’une évidence toute folle aujourd’hui, dans cette ère de la passivité généralisée et de la mise en avant du « symbolique », de souligner que la critique n’est pas seulement la distinction des choses et le dévoilement de leur inter-relation, mais bien plus leur combat dans ce qui paraît être la mise en acte d’une théorie, sa concrétion. Ainsi toute critique véritable contient en elle le sens de la négation.

    ACRATIE : Critiquer le pouvoir comme sujet abstrait ne suffit pas. Il est nécessaire pour que ces lieux ne dépérissent pas en groupuscules ultra-gauchistes ou en vitrine subversive de l’institution (cf. Vincennes), qu’ils s’inscrivent dans le dénuement de puissance. En se mettant dans une optique de ne pas chercher les rapports de pouvoir (pas de hiérarchie, pas d’individualisation des tâches, pas de grosses structures et de financements conséquents), une attention particulière de tous les instants sera portée sur les savoirs/pouvoirs, concentrés et diffus, présents en ces lieux. Sur cette base, tout ce qui s’organise doit le plus possible négliger les fonctions et le fonctionnalisme, les spécialités, les rôles d’experts et dynamiser les formes tournantes de pratiques organisationnelles et politiques en intégrant de manière simple (cf. OUVERTURE) les personnes qui ne sont pas du milieu universitaire.

    AUTONOMIE : Il peut être important de souligner que c’est dans ce haut lieu aliénant, tant pour ses travailleurs que pour ces clients-usagers, qu’est l’Université moderne (et nonobstant sa production des moyens de l’aliénation), qu’il est primordial de développer l’autonomie comme le sens aigu d’auto-formation de ses propres bases politiques et matérielles. Là est le socle de ce qui peut renverser radicalement, le rapport d’exploitation et de domination. Et cela ne peut advenir que par des mouvements réels et combatifs de personnes se sentant en lien et formant des fronts de lutte ouverts. Ceci rejoint les points sus-cités.
    AMITIÉ : Si les sociologues ont inventé le « lien social » afin de l’étudier, il convient de ne rien inventer du tout et d’imaginer nos rencontres futures comme de potentielles amitiés fécondes.

    Au point où nous en sommes, il convient de ne pas oublier une chose importante : si la techno-science et ses thuriféraires sont nos ennemis déclarés, le but final de ces énergies que nous appelons à voir revenir dans les universités, ne peut être voué à retomber dans les mêmes travers d’efficacité et de réification de l’homme que la techno-science propose. Bien au contraire, l’absence de visée, c’est-à-dire l’absence d’efficacité gestionnaire et technique pour une supposée délirante « augmentation de la puissance » (qui signifierait un surcroît dans la gouvernance autoritaire) ou encore pire d’ « empouvoirement » (qui signifierait au final, qu’on le veuille ou non, un surcroît de pouvoir, c’est-à-dire dans le monde technifié, une amplification de la domination par des machines et des « technologies politiques »), doivent être au centre des attentions. Sans parler de récupération (aborder dans la proposition suivante), il faut se méfier des opportunistes et de la pensée mesquine entrepreneuriale, pressante aux encolures dans le milieu universitaire : aérosol macroniste imbibant l’air de notre temps, d’acquisition de « compétences », de « skills », et de « plan de carrière ».

    Cette pensée ne date pas de Jupiter et est l’une des marques de fabrique de la petite-bourgeoisie intellectuelle, cette couche sociale des petits agents spécialisés dans les divers emplois de ces « services » dont le système productif actuel a si impérieusement besoin : gestion, contrôle, entretien, recherche, enseignement, propagande, amusement et pseudo-critique. Au sein de la machine, cette classe a pour fonction la « reproduction » du capital via la maintenance et l’amélioration de la technostructure. Et ce sont pendant les moments de « flottements » de la machine, quand le programme central reboot et où les élans de jeunes étudiantes et étudiants encore non totalement encadrées, encastrées dans cette couche, parviennent à s’unir collectivement, qu’il peut se passer des choses intéressantes.

    Et en même temps, il faudra en permanence se méfier de nous-même (autocritique) dans la tendance à l’utilisation du savoir dans la société technique et gestionnaire qu’est la nôtre, c’est-à-dire sa transformation consubstantielle en pouvoir. L’hubris nous mène par le bout du nez et, il serait alors facile, pour une institution universitaire, de nous tendre la perche au moment opportun, nous proposant une petite place dans l’ascenseur social universitaire (start-up, place administrative, business plan, subvention, salaires, BDE, CA, CVU, etc.)

    Car la récupération est une pratique vivace à l’université, en recherche constante d’innovation et de trouvaille humaine. C’est sa fonction principale d’ailleurs, elle qui doit alimenter en chair humaine, brevets, et savoirs frais le ventre jamais repu du Moloch, il ne faudrait pas l’oublier. Tout le monde « récupère » à la fac : d’un chercheur récupérant les travaux d’un collègue sans citer sa source, d’un startuppers piquant une découverte non-breveté, d’un techno essayant de faire fortune en fouillant dans les arrières-cours des découvertes passées, d’une administration pompant librement l’énergie de ses jeunes vacataires, tout ça est le commerce normal d’une « communauté du crime » qui ne dit mot.

    Les syndicats et partis politiques eux aussi en sont de la partie ! toujours aux aguets pour renflouer les caisses et enrégimenter – en jouant sur la corde sensible de la « solidarité » et en agrémentant leur tract de terme à la mode apprit hier de leurs aïeux sociologues pompeux et bien en chaire – quelques étudiants de bonne volonté voulant mettre leur rage, leur énergie et leur dégoût de la société dans une organisation qu’il juge libératrice. Et puis c’est comme chez papa-maman, on nous apprend des choses, on nous donne des ordres, il y a un cadre, des règles, des punitions et des récompenses, on nous donne un nouveau corpus de légitimité et en avant la troupe, drapeau et pancarte au vent !

    Et force est de constater que, depuis 2016, le désert politique croît sur les campus, malgré quelques actes téméraires relevant de la bravoure, la pensée de l’autonomie politique a pratiquement disparue des débats en AG. Ce désert est tout encadré et propagé d’un côté par la gauche réformiste issue en grande part des syndicats d’enseignants, aux méthodes corpo et paternalistes, qui ne se bougent les fesses qu’une fois l’an, quand une loi vient chatouiller d’un peu de trop près leur bagne climatisé pour en modifier la température de quelques degrés Celsius ; et de l’autre par ce communisme de caserne, à l’autoritarisme à peine caché, qui prend vraiment les étudiants pour de la piétaille, qu’il faudrait abêtir par des slogans simples et redondants afin de provoquer mécaniquement ce qui s’appelle dans le jargon de l’« agitation » (mais pourquoi au fait ?) Bien entendu, les deux tendances faisant semblant de se haïr, tout en chérissant de tout leur effort et par pur intérêt ce consensus démocratique, qui permet un recrutement constant d’adhérents, des postes dans les conseils, un droit de parole illimité dans les AG et une mainmise en général sur les affaires universitaires. Les stratèges sont là, en position sur les parvis des BU, distribuant leur tract saupoudré d’un verbiage adaptable aux clients potentiels. Il est dur dans ces conditions, même pour un esprit sain, d’y voir clair dans leur jeu de dupe. Au moins, à l’époque du GUD, il était plus facile de passer de la critique des mots à la barre de fer, maintenant cela passerait pour de « l’anti-démocratisme ».

    Au principe d’amélioration des conditions présentes dont la communauté universitaire se targue de porter comme une de ces valeurs première, il convient donc de substituer celui de négation et ses variantes sur la base du NON : non-compromission, non-construction, non-amélioration, non-légifération, non-travail. Dans les conditions présentes, la loi de Gabor jusque-là jamais démentie, il n’est en aucun cas possible de croire que la posture aristo du « savoir pour le savoir » peut viser à un quelconque débordement des institutions universitaires.

    Dans le techno-capitalisme tout part du pouvoir et tout lui revient (en droit). La prétention à l’élévation humaniste et encyclopédiste a doublement failli tout simplement parce que ses bases sont fausses : en séparant le savoir (gr. épistémê) vu comme universel, de la société particulière qui le produit, le chercheur à l’ère industrielle (gr. technê mekhanê) a toujours substitué la question du « Pourquoi » philosophique à celle du « Comment » ingénieuriale, poussé de toute part pour trouver « les moyens de… ». L’ « intellect général » est un des maillons essentiels au développement acharné des forces techno-capitalistes, et le « savoir » jamais neutre, se fructifiera tôt ou tard en pouvoir et puissance. La société qui produit en même temps les conditions d’un savoir hautement aboutit techniquement et complexe, est aussi celle qui permettra son utilisation de manière mortifère. Ou dit autrement, le savoir produit dans le cadre scientifique moderne, contient déjà en lui la propension à son utilisation, capitaliste et technologique. La recherche scientifique est un Janus mortifère qu’il faut maintenant regarder en face !

    Et donc, il ne s’agira pas ici, d’inculquer du savoir mais seulement de retrouver le goût de vivre librement et de pratiquer la vie, la critique en acte, c’est-à-dire de trouver et retrouver ce qui actuellement et par le passé, permet et a permis a tant de gens de sortir de l’ornière et de comment ils se sont organisés (ou pas) pour le faire.
La mise en pratique effective de ces « universités autonomes » est la vie collective qui se développe dans ce genre de lieu, ce que l’on a envie de voir pousser et effectivement, ça pousse de toutes parts ! Il est à parier que si ce genre de lieu arrive à vivre, les âmes re-ennoblies par les nouveaux liens amicaux et la poussée collective, se sentent vite à l’étroit dans les murs qui les enserres et que se propagent – au moment où les regards se tournent ailleurs – des négativités fécondes sur les bancs (démontés) des amphis et les bureaux bordélisés des chercheurs.

    Que cela soit clair, il n’est pas question de recréer ici des « techniques politiques » de management, de formation ou de direction de « lutte émancipatrice », ou bien encore de viser à un quelconque résultat en termes de « gain de puissance » ou de « bataille à gagner ». Le but de cet appel est de faire sortir de
ses gonds la sinistrose universitaire sans en passer par le pouvoir ; d’arriver à proposer des pistes hors normes permettant des dépassements internes. Parce qu’on ne peut rester sur les acquis d’une supposée force motrice universitaire issue des mouvements passés, qu’elle s’appelle « université alternative », « fac autonome », « cours alternatifs », « espace autogérée » ou tout autres vocables de l’altérité.
    Culturellement, cela passe par la démolition, une bonne fois pour toutes, de la culture élitiste, fille du mythe des « humanités libératrices » et de cet intellectualisme, un brin pédant, un Foucault dans une main et un iPod X dans l’autre, érigeant leur misère comme « style de vie ».

    Et structurellement, contrairement à la ghettoïsation maintes fois opérées par les technocrates (c.f. « le ghetto expérimental » de la fac de Vincennes), il est impérieux de ne jamais se faire déborder par la gauche par les institutions de la marchandise intellectuelle. Si « ça marche », si l’appétit de l’alternative botte les colporteurs de l’Université moderne, c’est que la critique s’est essoufflée et ne produit plus que le reflet d’elle-même, sa représentation comme traduction du vivant en « concept » alors maintenant « mastrerisable » et pouvant se vendre comme bonne came dans des séminaires de sociologie ou de linguistique créative. « On reconnaît la théorie critique exacte en ce qu’elle fait apparaître ridicule toutes les autres » disait un jour un alcoolique notoire.

    Au plus proche des réalités merdiques du monde, l’acte de la critique pour être vivant, doit faire coïncider dans un même mouvement, l’observation précise et sans compromission des mécanismes de la société, à la critique en acte, réelle et communicative, de ces mêmes mécanismes. Tâchons de ridiculiser ces universitaires ès luttes sociales en luttant dans leur cours, à la place de leur cours. Et s’ils ne font plus que du distanciel ? no matter, la lutte est de toute façon dans la vie réelle.

    « Les résidus de la vieille idéologie de l’Université libérale bourgeoise se banalisent au moment où sa base sociale disparaît. L’Université a pu se prendre pour une puissance autonome à l’époque du capitalisme de libre-échange et de son État libéral qui lui laissait une certaine liberté marginale. Elle dépendait en fait étroitement des besoins de ce type de société : donner à la minorité privilégiée, qui faisait des études, la culture générale adéquate avant qu’elle ne rejoigne les rangs de la classe dirigeante dont elle était à peine sortie. D’où le ridicule de ces professeurs nostalgiques, aigris d’avoir perdu leur ancienne fonction de chiens de garde des futurs maîtres pour celle, beaucoup moins noble, de chien de berger conduisant, suivant les besoins planifiés du système économique, les fournées de “cols blancs” vers leurs usines et bureaux respectifs. Ce sont eux qui opposent leurs archaïsmes à la technocratisation de l’Université, et continuent imperturbablement à débiter les bribes d’une culture dite générale à de futurs spécialistes que ne sauront qu’en faire. » (De la Misère en milieu étudiant…)

    QUELQUES MATÉRIAUX POUR UNE SUBVERSION DE L’UNIVERSITÉ

    – L’Université désintégrée, la recherche grenobloise au service du complexe militaro-industriel, groupe Grothendieck, Le Monde à l’envers, 2021.

    – « Allons-nous continuer la recherche scientifique ? » Alexandre Grothendieck, 1972. Disponible sur https://sniadecki.wordpress.com (Retranscription de la conférence-débat donnée à l’amphithéâtre du CERN, le 27 janvier 1972.)

    – Survivre et Vivre, Critique de la science, naissance de l’écologie, coordonnée par Céline Pessis, l’Échappée, 2014. Compilation de texte de la revue subversive d’écologie radicale dont Alexandre Grothendieck fut un membre très actif. L’introduction de Céline Pessis (qui reprend le texte de son mémoire : Les années 1968 et la science, Survivre… et Vivre, des mathématiciens critiques à l’origine de l’écologisme) est très bien documenté sur le contexte historique et politique du milieu scientifique des années 70.

    – Toulouse nécropole, spécialités locales pour un désastre global, La commune des mortel-le-s, 2014, disponible sur www.IATAA.info/toulouse-necropole et toulouse.necropole@riseup.net.

    – « La politique universitaire depuis 1968 », Patrick Fridenson, 2010, https://www.cairn.info/revue-le- mouvement-social-2010-4-page-47.htm Article universitaire très détaillé sur les différentes réformes des universités. Tableau clinique rigoureux et politique des gouvernements avec l’ESR.

    – « A quoi bon l’université », Antonia Birnbaum, Lundi matin n° 57. Un témoignage sincère et brut de décoffrage sur une prof de philo à la fac et sur la question de la persistance de l’Université.

    – « Université : la changer ou l’achever ? », Anne Steiner, 2014 sur https://sniadecki.wordpress.com (très bon concernant les rapports de classe et lien entre l’université et l’économie capitaliste).

    – « Étudiez, y’a rien à voir ! » brochure, Éditions Autonomes de Nanterre, 2010.

    – Traité de savoir-vivre à l’usage des jeunes générations, Raoul Vanegeim, 1967. Pour sentir toute la fraîcheur de la révolte de Mai 68 et en même temps pour mieux comprendre la société du spectacle.

    http://inventin.lautre.net/livres/Vaneigem-Traite-de-savoir-vivre.pdf
    http://inventin.lautre.net/livres/Vaneigem-Traite-de-savoir-vivre.epub

    – De la Misère en milieu étudiant considérée sous ses aspects économique, politique, psychologique, sexuel et notamment intellectuel et de quelques moyens pour y remédier, Association Fédérative Générale des Étudiants de Strasbourg, 1966.

    https://infokiosques.net/spip.php?article14
    http://inventin.lautre.net/livres/De-la-misere-en-milieu-etudiant.pdf
    http://inventin.lautre.net/livres/De-la-misere-en-milieu-etudiant.epub

    – Révolution dans l’université, quelques leçons théoriques et lignes tactiques tirées de l’échec du printemps 2009, éditions La ville brûle, 2010.

    – Le principe d’université, comme droit inconditionnel à la critique ; Plínio Prado, Éditions lignes, 2009. Disponible gratuitement en ligne. Quelques passages intéressants même si c’est à chaque fois pareil avec les faqueux, dès qu’ils veulent contester l’université, ils retombent dans cette espèce d’archaïsme bourgeois et ne voient pas que leur « principe d’université » émancipateur et libéral (Humbolt et tutti quanti) est le paravent qui cache le principe d’université moderne à savoir : la technoscience.

    GROUPE GROTHENDIECK, HIVER 2020-2021.

    Vous pouvez nous contacter et nous demander la version brochure sur :

    groupe-grothendieck@riseup.net


    https://lundi.am/Appels-aux-etudiants-et-professeurs

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  • Facebook ‘still making money from anti-vax sites’
    https://www.theguardian.com/technology/2021/jan/30/facebook-letting-fake-news-spreaders-profit-investigators-claim

    Social network allowing dangerous Covid theories to be shared, says Bureau of Investigative Journalism Facebook is allowing users to profit from the spread of potentially dangerous false theories and misinformation about the pandemic and vaccines, including deploying money-raising tools on pages with content flagged up by the social media giant’s own factcheckers. An investigation has found 430 pages – followed by 45 million people – using Facebook’s tools, including virtual “shops” and fan (...)

    #Facebook #YouTube #manipulation #modération #bénéfices #COVID-19 #extrême-droite #santé

    ##santé
    https://i.guim.co.uk/img/media/4beb1f16abf99e29377b80e30271e7362418c068/0_408_4973_2985/master/4973.jpg

  • Turquie, Facebook « risque de devenir un instrument de la censure de l’État »
    https://www.amnesty.be/infos/actualites/article/turquie-facebook-risque-devenir-instrument-censure-etat

    Le réseau social, Facebook, a annoncé la désignation d’une personne pour la représenter en Turquie conformément aux dispositions d’une nouvelle loi draconienne relative aux réseaux sociaux. « Au cours des dernières semaines, nous avons vu les entreprises, l’une après l’autre, appliquer une nouvelle loi draconienne qui étouffera la contestation. » a déclaré Milena Buyum, chargée de campagne sur la Turquie à Amnesty International. « À la suite de cette décision, Facebook, Google, Youtube et d’autres (...)

    #Google #Facebook #YouTube #censure #publicité #surveillance #AmnestyInternational

    ##publicité

  • Réseaux sociaux, nouveaux censeurs du web - Ép. 4/4 - Pirates 2.0
    https://www.franceculture.fr/emissions/cultures-monde/pirates-20-44-reseaux-sociaux-nouveaux-censeurs-du-web?actId=ebwp0YMB8

    Suite à l’affaire de la suspension des comptes de Donald Trump, des voix s’élèvent, appelant le pouvoir politique à réguler les réseaux sociaux, sous peine de voir Internet imposer des règles au pouvoir politique. Que révèle cette polémique du rôle des réseaux sociaux dans le débat démocratique ? La suspension des comptes de l’ancien président américain Donald Trump par toutes les grandes plateformes à la suite de l’attaque du Congrès par une partie de ses partisans a créé un précédent inédit, mais a (...)

    #Google #Facebook #YouTube #Twitter #censure #domination #SocialNetwork

  • The Instagram Insurrection
    https://gizmodo.com/the-instagram-insurrection-1846022868

    The first inkling I had that something was very wrong on Wednesday was when my wife said, “Oh shit, is this real ?” as we were en route to Trader Joe’s after spending a few hours on the cold, sun-drenched beaches of Long Island for a winter walk on our last day of a vacation. A friend had texted about the Capitol. We shopped because a family’s gotta eat, all the while pulling down to refresh the infinite scroll of Twitter. I showed her a man sitting in the Senate president’s chair. She showed (...)

    #Fox #Facebook #Instagram #Twitter #YouTube #manipulation #élections #violence #extrême-droite (...)

    ##QAnon

  • We’re Google Workers. And We’re Forming a Union
    https://www.nytimes.com/2021/01/04/opinion/google-union.html

    Our company’s motto used to be “Don’t be evil.” An organized work force will help us live up to it. On Nov. 1, 2018, at 11:10 a.m., some 20,000 Google employees, along with employees of Waymo, Verily and other Alphabet companies, stopped working and walked off the job in cities around the world. A week earlier, The New York Times reported that the company had paid tens of millions of dollars to two executives who had been accused of sexual misconduct toward our co-workers, staying silent about (...)

    #YouTube #Google #Alphabet #Verily #Waymo #racisme #police #sexisme #discrimination #GigEconomy #harcèlement #licenciement #Maven (...)

    ##travail

  • Hundreds of Google Employees Unionize, Culminating Years of Activism
    https://www.nytimes.com/2021/01/04/technology/google-employees-union.html

    The creation of the union, a rarity in Silicon Valley, follows years of increasing outspokenness by Google workers. Executives have struggled to handle the change. OAKLAND, Calif. — More than 225 Google engineers and other workers have formed a union, the group revealed on Monday, capping years of growing activism at one of the world’s largest companies and presenting a rare beachhead for labor organizers in staunchly anti-union Silicon Valley. The union’s creation is highly unusual for the (...)

    #Alphabet #Google #Salesforce #Verily #Waymo #Amazon #Pinterest #YouTube #racisme #sexisme #discrimination #GigEconomy #syndicat (...)

    ##travail

  • Des salariés de Google créent un syndicat après des mois de tensions internes
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2021/01/04/google-des-salaries-creent-un-syndicat-apres-des-mois-de-tensions-internes_6

    Ce syndicat, un des tout premiers au sein d’un fleuron de la Silicon Valley, ne s’occupera pas que des questions liées aux salaires et conditions de travail mais aussi des problématiques éthiques. En raison de divergences avec leur direction qui se multiplient, des salariés de Google ont annoncé, lundi 4 janvier, créer un syndicat, une décision qui coïncide avec une période de mécontentement grandissant envers les géants de la Silicon Valley. La Silicon Valley était parvenue jusqu’à présent à éviter (...)

    #Fitbit #Google #Verily #Waymo #YouTube #éthique #GigEconomy #syndicat #travail (...)

    ##Maven

  • Google told its scientists to ’strike a positive tone’ in AI research - documents
    https://www.reuters.com/article/us-alphabet-google-research-focus-idUSKBN28X1CB

    OAKLAND, Calif. (Reuters) - Alphabet Inc’s Google this year moved to tighten control over its scientists’ papers by launching a “sensitive topics” review, and in at least three cases requested authors refrain from casting its technology in a negative light, according to internal communications and interviews with researchers involved in the work. Google’s new review procedure asks that researchers consult with legal, policy and public relations teams before pursuing topics such as face and (...)

    #Google #Gmail #YouTube #algorithme #biométrie #géolocalisation #manipulation #religion #COVID-19 #discrimination (...)

    ##santé
    https://static.reuters.com/resources/r