#zambie

  • 15 000 dollars de caution pour un visa : les Etats-Unis testent leur politique antimigratoire en Afrique australe
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/08/08/15-000-dollars-de-caution-pour-un-visa-washinton-teste-sa-politique-antimigr

    15 000 dollars de caution pour un visa : les Etats-Unis testent leur politique antimigratoire en Afrique australe
    Par Mathilde Boussion
    L’Afrique australe est-elle dans le viseur de l’administration américaine ? En quarante-huit heures, le département d’Etat américain a annoncé coup sur coup des restrictions de visas concernant la Zambie, le Malawi et le Zimbabwe. But affiché : lutter contre l’immigration illégale aux Etats-Unis. Le 5 août, Washington a lancé un programme pilote consistant à exiger une caution pouvant aller jusqu’à 15 000 dollars (près de 13 000 euros) aux demandeurs de visa de tourisme ou d’affaires afin « de garantir qu’à l’expiration de la période pendant laquelle [un] étranger a été admis (…) cet étranger quittera les Etats-Unis ». Deux pays figurent pour le moment sur la liste des nations visées par cette mesure qui doit entrer en vigueur le 20 août : le Malawi et la Zambie.
    Dans un communiqué, le ministre des affaires étrangères zambien, Mulambo Haimbe, a évoqué, vendredi 8 août, de « sérieuses inquiétudes » quant aux « répercussions économiques potentielles sur le commerce, l’investissement, le tourisme et les échanges interpersonnels ». La ministre des affaires étrangères malawite, Nancy Tembo, s’est également inquiétée de conséquences de l’introduction d’une caution sur les « voyageurs malawites qui respectent la loi ». Elle assure toutefois les Etats-Unis de la volonté du Malawi de répondre à ses préoccupations en matière d’immigration.
    Pourquoi Lilongwe et Lusaka ont-ils été ciblés ? Interrogé, le département d’Etat américain précise que les autorités ciblent les pays présentant un « taux élevé de dépassement de visas [overstay] » par leurs ressortissants, des « lacunes en matière de sélection et de vérification » ou offrant la possibilité d’acquérir la citoyenneté par investissement sans condition de résidence. Des « considérations de politique étrangère » peuvent également être prises en compte, précisent les autorités américaines.
    D’après un rapport du département de la sécurité intérieure américain publié en août 2024, la Zambie affichait ainsi un taux d’overstay de 11,11 % en 2023. Au Malawi, il monte à 14,32 %. Dans les deux cas, le taux est supérieur à la limite de 10 % au-delà de laquelle le gouvernement américain considère que les pays concernés doivent agir pour freiner le phénomène. Mais sur le continent africain ou ailleurs, plusieurs Etats affichent des taux de dépassement de visas temporaires bien supérieurs. Ceux du Congo-Brazzaville et de la Guinée équatoriale atteignent respectivement 29,63 % et 21,98 %.
    Compte tenu du faible nombre de visiteurs en provenance de Zambie ou du Malawi, le nombre de ressortissants restant aux Etats-Unis au-delà de la durée autorisée de leur séjour est par ailleurs relativement faible en valeur absolue : 388 Zambiens et 237 Malawiens en 2023. Pour comparaison, plus de 40 000 Colombiens sont restés aux Etats-Unis après expiration de leur visa d’affaires ou de tourisme la même année, soit 4,33 % des visiteurs originaires du pays. Dans une moindre proportion, 1 600 Kényans en déplacement aux Etats-Unis ont également dépassé la date de limite en 2023 (7,88 % des visiteurs originaires du pays).
    Voisin du Malawi et de la Zambie, le Zimbabwe a échappé à la liste des pays concernés par la mise en œuvre d’une caution dans le cadre des demandes de visas américains, malgré un taux d’overstay de 10,57 %. Mais deux jours après l’annonce du lancement du programme pilote, le département d’Etat a annoncé une « pause temporaire » de la quasi-totalité des services de délivrance de visas de l’ambassade américaine à Harare, la capitale du Zimbabwe.
    Là encore, la mesure s’inscrit dans le cadre de la politique américaine de lutte contre l’immigration illégale. « Nous examinons et évaluons actuellement les procédures de contrôle et de vérification existantes dans le monde entier », justifie le département d’Etat. L’ambassade américaine à Harare précise également, en marge de l’annonce, que l’administration américaine travaille à « prévenir le dépassement de la durée de validité des visas et leur utilisation abusive ».
    « L’économie zimbabwéenne est à l’agonie, les gens tentent de se faire soigner à l’étranger… Beaucoup de Zimbabwéens essaient de partir aux Etats-Unis pour échapper à la situation », observe Farai Maguwu, directeur du Centre for Natural Resource Governance, très impliqué sur les questions de gouvernance. S’il reconnaît en partie la légitimité de la démarche américaine face à la pression migratoire, cette « pause », poursuit-il, risque de « désavantager les personnes qui souhaitent entrer légalement aux Etats-Unis, pour y poursuivre leurs études par exemple ».
    Interrogé par le média américain Semafor sur cette décision, un fonctionnaire du département d’Etat indique que les Etats-Unis seraient également agacés par le fait que le Zimbabwe refuse d’accepter des migrants illégaux originaires de pays tiers expulsés des Etats-Unis. Tentant de se débarrasser des sans-papiers que leurs pays d’origine refusent d’accepter, les Etats-Unis ont déjà envoyé des migrants vers le Soudan du Sud et le petit Royaume d’Eswatini, en Afrique australe. Washington a également passé un accord dans ce sens avec le Rwanda.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#zimbabwe#zambie#malawi#travelban#visas#politiquemigratoire#sante#droit

  • Chinese Company’s Acid Spill Pollutes Zambian River, Threatening Millions of Local Residents
    https://chinadigitaltimes.net/2025/03/chinese-companys-acid-spill-pollutes-zambian-river-threatening-millions-of-local-residents/?amp

    Quand les acides et métaux lourds empoisonnent la rivière principale de ton pays tu t’en fous si c’est la reponsabilité d’une entrprise occidentale ou chinoise.

    24.3.2025 by Arthur Kaufman - An acidic waste spill by a Chinese company in Zambia has created a massive environmental crisis that threatens a river on which millions of Zambians rely. The incident occurred last month at a facility owned by Sino-Metals Leach Zambia, a firm majority-owned by the Chinese state-run China Nonferrous Metals Industry Group. In addition to straining Zambia-China relations, the incident underscores Zambia’s economic vulnerability, since its copper extraction industry is dependent on Chinese and Western corporations with poor environmental track records. Richard Kille and Jacob Zimba at the Associated Press reported on the significance of the spill and related incidents involving Chinese companies:

    The spill happened on Feb. 18 when a tailings dam that holds acidic waste from a copper mine in the north of the country collapsed, according to investigators from the Engineering Institution of Zambia.

    The collapse allowed some 50 million liters of waste containing concentrated acid, dissolved solids and heavy metals to flow into a stream that links to the Kafue River, Zambia’s most important waterway, the engineering institution said.

    […] About 60% of Zambia’s 20 million people live in the Kafue River basin and depend on it in some way as a source of fishing, irrigation for agriculture and water for industry. The river supplies drinking water to about five million people, including in the capital, Lusaka.

    […] A smaller acid waste leak from another Chinese-owned mine in Zambia’s copper belt was discovered days after the Sino-Metals accident, and authorities have accused the smaller mine of attempting to hide it.

    Local police said a mine worker died at that second mine after falling into acid and alleged that the mine continued to operate after being instructed to stop its operations by authorities. Two Chinese mine managers have been arrested, police said. [Source]

    The AP reported that dead fish washed up on the banks of the Kafue River 100 kilometers downstream from the mine. Zambian environmental activist Chilekwa Mumba said, “It is an environmental disaster really of catastrophic consequences.” Zambian President Hakainde Hichilema called for help from experts and called the leak “a crisis that threatens people and wildlife along the Kafue.” Zambia’s Ministry of Water Development and Sanitation also feared its “devastating consequences,” including the contamination of groundwater that would poison crops. Zambian authorities shut down operations at the two Chinese mines where leaks had occurred. Olga Manda in Lusaka at The Continent described how this incident fits into the broader political dynamic between the Zambian and Chinese governments:

    This is an unusually strong stance from Zambia’s government, which enjoys close economic relations with China. The Asian superpower holds at least $4.1-billion of Zambia’s $13-billion external debt and reportedly funds at least 26 copper projects in the country, bringing in up to $260-million in taxes a year. This buys certain privileges – including, all too often, meekness from public officials.

    In recent years, President Hakainde Hichilema has walked a delicate path with China as he has attempted to renegotiate debts to more sustainable terms. Chinese reluctance was a major factor in why Zambia could not reach a restructuring agreement with its G20 creditors until June 2023, after defaulting in 2020. While payments to all other creditors remained frozen during the impasse, China received a $80-million payment. Zambian authorities say it was accidentally sent.

    The February disaster has put Beijing on the defensive in Lusaka. China’s deputy ambassador said independent consultants would be brought in to assess the impact of the pollution. An official Chinese delegation also flew into the capital over the weekend to manage the fallout. After travelling to the disaster site, the delegation – whose composition has not been disclosed – held a closed door meeting with Zambian officials, including Nzovu, the irate water minister, on Thursday afternoon. Details of the meeting have not been made public. [Source]

    Jevans Nyabiage from the South China Morning Post shared experts’ views on how this environmental disaster might affect the future of Zambia-China relations:

    Emmanuel Matambo, a [Zambian] research director at the University of Johannesburg’s Centre for Africa-China Studies, said the environmental catastrophe was certain to harm ties.

    “The acidic waste spill into the Kafue River will set back Zambia-China relations in a very damaging way,” Matambo said.

    […] “While [concern about environmental hazards associated with Chinese investment in African mining] had died down around the 2010s, the Kafue spillage will revive it, and will shine a very unflattering light on Chinese investment in Zambia,” he said.

    […] But [Iva Pesa, an assistant professor in contemporary history at the University of Groningen in the Netherlands,] was hopeful about future relations between Zambia and China after the recent acid spill. She said while the incident would strain ties, “I do not think it will mean a break”.

    “Chinese investments are crucial to the Zambian economy and I suspect they will continue,” Pesa said. [Source]

    Tension between Zambians and Chinese mining companies is not new. In 2010, Chinese managers of a mining company shot 11 Zambian workers who protested poor working conditions. Two years later, after alleging that their employer failed to pay them, workers at that same mine killed one Chinese manager and injured two others. At the time, Zambian politician Michael Sata ran a presidential campaign to support workers’ rights against abuses by Chinese companies, but after winning the election in 2011, he softened his tough stance. Even today, with China continuing to make significant investments in Zambia’s mining industry, Zambia has limited leverage to push back against the negative externalities of China’s engagement. James Palmer at Foreign Policy described Zambia’s dependence on China in the global copper industry:

    Copper is a global boom industry, with prices at record highs—and U.S. demand is growing. China is the world’s biggest copper importer, and Zambia is among the top 10 producers. (Copper makes up more than 70 percent of the country’s exports.) Still, Zambia sits low on the value chain, producing relatively low-grade copper and lacking advanced facilities; China plays a dominant role in mining and refinement.

    […] Zambia’s copper production has suffered from price plunges in the past—but the country is now looking to expand significantly, mostly with Chinese investment. Western firms are still competitive in Zambia, with the United States investing $4 billion in the Lobito Corridor project last year to challenge China’s influence. China responded to the project by promising $5 billion in copper investment in Zambia by 2031.

    […] What may vanish is some of the Chinese demand for copper. Amid Chinese President Xi Jinping’s manufacturing push, Chinese copper smelters are working overtime. Meanwhile, the country’s real estate industry, which drives copper demand, hasn’t bottomed out of its crisis. [Source]

    Following the pollution incident, Chinese state media published positive coverage of China’s activities in Zambia. In late February, a China Daily article touted a Zambian business and cultural exchange event in Beijing under the headline, “Zambia seeks new chapter of cooperation with China.” A Xinhua article published last week, “Chinese enterprises donate relief supplies to Zambian flood victims,” emphasized Chinese goodwill towards Zambia: the Chargé d’Affaires of the Chinese Embassy in Zambia Wang Sheng “said the donation exemplified the commitment of the Chinese community and businesses in Zambia to fulfilling their social responsibilities, which have always been among their core values,” and the president of the Zambia Chinese Association Zhang Jian said the donation “demonstrated the genuine care and compassion of the overseas Chinese community.” The donations were valued at just under $50,000. The following day, the China Civil Engineering Construction Corporation announced it would invest $1.4 billion to upgrade the Tanzania-Zambia railway, a major transportation route for copper exports from central Africa. Over the weekend, Xinhua announced that China and Zambia had signed an agreement outlining new Chinese economic and technical aid projects.

    None of those articles mentioned the acid waste spill in Zambia’s Kafue River. But as China Media Project noted this week, “Chinese media outlets have taken the unusual step of more openly covering a toxic thallium contamination in Hunan’s Leishuei River, exposing a crisis kept under wraps for a full week.” Previously, Chinese government censors have directed media outlets to avoid covering sensitive issues of water pollution.

    #Chine #Zambie #pollution #économie

  • « Nous assistons à une escalade de la #prédation_minière »

    Une nouvelle #ruée_minière a commencé et touche aussi la #France. Au nom de la lutte contre la crise climatique, il faudrait extraire de plus en plus de #métaux. Celia Izoard dénonce l’impasse de cette « #transition » extractiviste. Entretien.

    Basta/Observatoire des multinationales : Il est beaucoup question aujourd’hui de renouveau minier en raison notamment des besoins de la transition énergétique, avec la perspective d’ouvrir de nouvelles mines en Europe et même en France. Vous défendez dans votre #livre qu’il ne s’agit pas du tout d’un renouveau, mais d’une trajectoire de continuité. Pourquoi ?

    #Celia_Izoard : Les volumes de #métaux extraits dans le monde aujourd’hui augmentent massivement, et n’ont jamais cessé d’augmenter. Ce qui est parfaitement logique puisqu’on ne cesse de produire de nouveaux objets et de nouveaux équipements dans nos pays riches, notamment avec la #numérisation et aujourd’hui l’#intelligence_artificielle, et qu’en plus de cela le reste du monde s’industrialise.

    En conséquence, on consomme de plus en plus de métaux, et des métaux de plus en plus variés – aussi bien des métaux de base comme le #cuivre et l’#aluminium que des métaux de spécialité comme les #terres_rares. Ces derniers sont utilisés en très petite quantité mais dans des objets qui sont partout, comme les #smartphones, et de façon trop dispersive pour permettre le #recyclage.

    Et la production de tous ces métaux devrait continuer à augmenter ?

    Oui, car rien ne freine cette production, d’autant plus qu’on y ajoute aujourd’hui une nouvelle demande qui est un véritable gouffre : celle de métaux pour le projet très technocratique de la transition. « Transition », dans l’esprit de nos élites, cela signifie le remplacement des #énergies_fossiles par l’#énergie_électrique – donc avec des #énergies_renouvelables et des #batteries – avec un modèle de société inchangé. Mais, par exemple, la batterie d’une #voiture_électrique représente souvent à elle seule 500 kg de métaux (contre moins de 3 kg pour un #vélo_électrique).

    Simon Michaux, professeur à l’Institut géologique de Finlande, a essayé d’évaluer le volume total de métaux à extraire si on voulait vraiment électrifier ne serait-ce que la #mobilité. Pour le #lithium ou le #cobalt, cela représenterait plusieurs décennies de la production métallique actuelle. On est dans un scénario complètement absurde où même pour électrifier la flotte automobile d’un seul pays, par exemple l’Angleterre ou la France, il faut déjà plus que la totalité de la production mondiale. Ce projet n’a aucun sens, même pour lutter contre le #réchauffement_climatique.

    Vous soulignez dans votre livre que l’#industrie_minière devient de plus en plus extrême à la fois dans ses techniques de plus en plus destructrices, et dans les #nouvelles_frontières qu’elle cherche à ouvrir, jusqu’au fond des #océans et dans l’#espace

    Oui, c’est le grand paradoxe. Les élites politiques et industrielles répètent que la mine n’a jamais été aussi propre, qu’elle a surmonté les problèmes qu’elle créait auparavant. Mais si l’on regarde comment fonctionne réellement le #secteur_minier, c’est exactement l’inverse que l’on constate. La mine n’a jamais été aussi énergivore, aussi polluante et aussi radicale dans ses pratiques, qui peuvent consister à décapiter des #montagnes ou à faire disparaître des #vallées sous des #déchets_toxiques.

    C’est lié au fait que les teneurs auxquelles on va chercher les métaux sont de plus en plus basses. Si on doit exploiter du cuivre avec un #filon à 0,4%, cela signifie que 99,6% de la matière extraite est du #déchet. Qui plus est, ce sont des #déchets_dangereux, qui vont le rester pour des siècles : des déchets qui peuvent acidifier les eaux, charrier des contaminants un peu partout.

    Les #résidus_miniers vont s’entasser derrière des #barrages qui peuvent provoquer de très graves #accidents, qui sont sources de #pollution, et qui sont difficilement contrôlables sur le long terme. Nous assistons aujourd’hui à une véritable #escalade_technologique qui est aussi une escalade de la #prédation_minière. La mine est aujourd’hui une des pointes avancées de ce qu’on a pu appeler le #capitalisme_par_dépossession.

    Comment expliquer, au regard de cette puissance destructrice, que les populations occidentales aient presque totalement oublié ce qu’est la mine ?

    Il y a un #déni spectaculaire, qui repose sur deux facteurs. Le premier est la religion de la #technologie, l’une des #idéologies dominantes du monde capitaliste. Nos dirigeants et certains intellectuels ont entretenu l’idée qu’on avait, à partir des années 1970, dépassé le #capitalisme_industriel, qui avait été tellement contesté pendant la décennie précédente, et qu’on était entré dans une nouvelle ère grâce à la technologie. Le #capitalisme_post-industriel était désormais avant tout une affaire de brevets, d’idées, d’innovations et de services.

    Les mines, comme le reste de la production d’ailleurs, avaient disparu de ce paysage idéologique. Le #mythe de l’#économie_immatérielle a permis de réenchanter le #capitalisme après l’ébranlement des mouvements de 1968. Le second facteur est #géopolitique. Aux grandes heures du #néo-libéralisme, le déni de la mine était un pur produit de notre mode de vie impérial. Les puissances occidentales avaient la possibilité de s’approvisionner à bas coût, que ce soit par l’#ingérence_politique, en soutenant des dictatures, ou par le chantage à la dette et les politiques d’#ajustement_structurel. Ce sont ces politiques qui ont permis d’avoir par exemple du cuivre du #Chili, de #Zambie ou d’#Indonésie si bon marché.

    Les besoins en métaux pour la #transition_climatique, si souvent invoqués aujourd’hui, ne sont-ils donc qu’une excuse commode ?

    Invoquer la nécessité de créer des mines « pour la transition » est en effet hypocrite : c’est l’ensemble des industries européennes qui a besoin de sécuriser ses approvisionnements en métaux. La récente loi européenne sur les métaux critiques répond aux besoins des grosses entreprises européennes, que ce soit pour l’#automobile, l’#aéronautique, l’#aérospatiale, les #drones, des #data_centers.

    L’argument d’une ruée minière pour produire des énergies renouvelables permet de verdir instantanément toute mine de cuivre, de cobalt, de lithium, de #nickel ou de terres rares. Il permet de justifier les #coûts_politiques de la #diplomatie des #matières_premières : c’est-à-dire les #conflits liés aux rivalités entre grandes puissances pour accéder aux #gisements. Mais par ailleurs, cette transition fondée sur la technologie et le maintien de la #croissance est bel et bien un gouffre pour la #production_minière.

    Ce discours de réenchantement et de relégitimation de la mine auprès des populations européennes vous semble-t-il efficace ?

    On est en train de créer un #régime_d’exception minier, avec un abaissement des garde-fous réglementaires et des formes d’extractivisme de plus en plus désinhibées, et en parallèle on culpabilise les gens. La #culpabilisation est un ressort psychologique très puissant, on l’a vu durant le Covid. On dit aux gens : « Si vous n’acceptez pas des mines sur notre territoire, alors on va les faire ailleurs, aux dépens d’autres populations, dans des conditions bien pires. » Or c’est faux. D’abord, la #mine_propre n’existe pas.

    Ensuite, la #loi européenne sur les #métaux_critiques elle prévoit qu’au mieux 10% de la production minière soit relocalisée en Europe. Aujourd’hui, on en est à 3%. Ce n’est rien du tout. On va de toute façon continuer à ouvrir des mines ailleurs, dans les pays pauvres, pour répondre aux besoins des industriels européens. Si l’on voulait vraiment relocaliser la production minière en Europe, il faudrait réduire drastiquement nos besoins et prioriser les usages les plus importants des métaux.

    Peut-on imaginer qu’un jour il existe une mine propre ?

    Si l’on considère la réalité des mines aujourd’hui, les procédés utilisés, leur gigantisme, leur pouvoir de destruction, on voit bien qu’une mine est intrinsèquement problématique, intrinsèquement prédatrice : ce n’est pas qu’une question de décisions politiques ou d’#investissements. L’idée de « #mine_responsable » n’est autre qu’une tentative de faire accepter l’industrie minière à des populations en prétendant que « tout a changé.

    Ce qui m’a frappé dans les enquêtes que j’ai menées, c’est que les industriels et parfois les dirigeants politiques ne cessent d’invoquer certains concepts, par exemple la #mine_décarbonée ou le réemploi des #déchets_miniers pour produire du #ciment, comme de choses qui existent et qui sont déjà mises en pratique. À chaque fois que j’ai regardé de plus près, le constat était le même : cela n’existe pas encore. Ce ne sont que des #promesses.

    Sur le site de la nouvelle mine d’#Atalaya à #Rio_Tinto en #Espagne, on voir des panneaux publicitaires alignant des #panneaux_photovoltaïques avec des slogans du type « Rio Tinto, la première mine d’autoconsommation solaire ». Cela donne à penser que la mine est autonome énergétiquement, mais pas du tout. Il y a seulement une centrale photovoltaïque qui alimentera une fraction de ses besoins. Tout est comme ça.

    Le constat n’est-il pas le même en ce qui concerne le recyclage des métaux ?

    Il y a un effet purement incantatoire, qui consiste à se rassurer en se disant qu’un jour tout ira bien parce que l’on pourra simplement recycler les métaux dont on aura besoin. Déjà, il n’en est rien parce que les quantités colossales de métaux dont l’utilisation est planifiée pour les années à venir, ne serait-ce que pour produire des #batteries pour #véhicules_électriques, n’ont même pas encore été extraites.

    On ne peut donc pas les recycler. Il faut d’abord les produire, avec pour conséquence la #destruction de #nouveaux_territoires un peu partout sur la planète. Ensuite, le recyclage des métaux n’est pas une opération du saint-Esprit ; il repose sur la #métallurgie, il implique des usines, des besoins en énergie, et des pollutions assez semblables à celles des mines elles-mêmes.

    L’accent mis sur le besoin de métaux pour la transition ne reflète-t-il pas le fait que les #multinationales ont réussi à s’approprier ce terme même de « transition », pour lui faire signifier en réalité la poursuite du modèle actuel ?

    Le concept de transition n’a rien de nouveau, il était déjà employé au XIXe siècle. À cette époque, la transition sert à freiner les ardeurs révolutionnaires : on accepte qu’il faut des changements, mais on ajoute qu’il ne faut pas aller trop vite. Il y a donc une dimension un peu réactionnaire dans l’idée même de transition.

    Dans son dernier livre, l’historien des sciences #Jean-Baptiste_Fressoz [Sans transition - Une nouvelle histoire de l’énergie, Seuil, 2024] montre que la #transition_énergétique tel qu’on l’entend aujourd’hui est une invention des #pro-nucléaires des États-Unis dans les années 1950 pour justifier des #investissements publics colossaux dans l’#atome. Ils ont tracé des belles courbes qui montraient qu’après l’épuisement des énergies fossiles, il y aurait besoin d’une #solution_énergétique comme le #nucléaire, et qu’il fallait donc investir maintenant pour rendre le passage des unes à l’autre moins brutal.

    La transition aujourd’hui, c’est avant tout du temps gagné pour le capital et pour les grandes entreprises. Les rendez-vous qu’ils nous promettent pour 2050 et leurs promesses de #zéro_carbone sont évidemment intenables. Les technologies et l’#approvisionnement nécessaire en métaux n’existent pas, et s’ils existaient, cela nous maintiendrait sur la même trajectoire de réchauffement climatique.

    Ces promesses ne tiennent pas debout, mais elles permettent de repousser à 2050 l’heure de rendre des comptes. Ce sont plusieurs décennies de gagnées. Par ailleurs, le terme de transition est de plus en plus utilisé comme étendard pour justifier une #croisade, une politique de plus en plus agressive pour avoir accès aux gisements. Les pays européens et nord-américains ont signé un partenariat en ce sens en 2022, en prétendant que certes ils veulent des métaux, mais pour des raisons louables. La transition sert de figure de proue à ces politiques impériales.

    Vous avez mentionné que l’une des industries les plus intéressées par la sécurisation de l’#accès aux métaux est celle de l’#armement. Vous semblez suggérer que c’est l’une des dimensions négligées de la guerre en Ukraine…

    Peu de gens savent qu’en 2021, la Commission européenne a signé avec l’#Ukraine un accord de partenariat visant à faire de ce pays une sorte de paradis minier pour l’Europe. L’Ukraine possède de fait énormément de ressources convoitées par les industriels, qu’ils soient russes, européens et américains. Cela a joué un rôle dans le déclenchement de la #guerre. On voit bien que pour, pour accéder aux gisements, on va engendrer des conflits, militariser encore plus les #relations_internationales, ce qui va nécessiter de produire des #armes de plus en plus sophistiquées, et donc d’extraire de plus en plus de métaux, et donc sécuriser l’accès aux gisements, et ainsi de suite.

    C’est un #cercle_vicieux que l’on peut résumer ainsi : la ruée sur les métaux militarise les rapports entre les nations, alimentant la ruée sur les métaux pour produire des armes afin de disposer des moyens de s’emparer des métaux. Il y a un risque d’escalade dans les années à venir. On évoque trop peu la dimension matérialiste des conflits armés souvent dissimulés derrière des enjeux « ethniques ».

    Faut-il sortir des métaux tout comme il faut sortir des énergies fossiles ?

    On a besoin de sortir de l’extractivisme au sens large. Extraire du pétrole, du charbon, du gaz ou des métaux, c’est le même modèle. D’ailleurs, d’un point de vue administratif, tout ceci correspond strictement à de l’activité minière, encadrée par des #permis_miniers. Il faut cesser de traiter le #sous-sol comme un magasin, de faire primer l’exploitation du sous-sol sur tout le reste, et en particulier sur les territoires et le vivant.

    Concrètement, qu’est ce qu’on peut faire ? Pour commencer, les deux tiers des mines sur la planète devraient fermer – les #mines_métalliques comme les #mines_de_charbon. Ça paraît utopique de dire cela, mais cela répond à un problème urgent et vital : deux tiers des mines sont situées dans des zones menacées de #sécheresse, et on n’aura pas assez d’#eau pour les faire fonctionner à moins d’assoiffer les populations. En plus de cela, elles émettent du #CO2, elles détruisent des territoires, elles déplacent des populations, elles nuisent à la #démocratie. Il faut donc faire avec une quantité de métaux restreinte, et recycler ce que l’on peut recycler.

    Vous soulignez pourtant que nous n’avons pas cessé, ces dernières années, d’ajouter de nouvelles technologies et de nouveaux objets dans notre quotidien, notamment du fait de l’envahissement du numérique. Réduire notre consommation de métaux implique-t-il de renoncer à ces équipements ?

    Oui, mais au préalable, quand on dit que « nous n’avons pas cessé d’ajouter des nouvelles technologies polluantes », il faut analyser un peu ce « nous ». « Nous » n’avons pas choisi de déployer des #caméras_de_vidéosurveillance et des #écrans_publicitaires partout. Nous n’avons pas choisi le déploiement de la #5G, qui a été au contraire contesté à cause de sa consommation d’énergie.

    La plupart d’entre nous subit plutôt qu’elle ne choisit la #numérisation des #services_publics, instrument privilégié de leur démantèlement et de leur privatisation : l’usage de #Pronote à l’école, #Doctissimo et la télémédecine dont la popularité est due à l’absence de médecins, etc. Dans le secteur automobile, la responsabilité des industriels est écrasante. Depuis des décennies, ils ne cessent de bourrer les véhicules d’électronique pour augmenter leur valeur ajoutée.

    Ces dernières années, ils ont massivement vendu d’énormes voitures électriques parce qu’ils savaient que le premier marché de la voiture électrique, c’était d’abord la bourgeoisie, et que les bourgeois achèteraient des #SUV et des grosses berlines. Donc quand je dis que nous devons réduire notre #consommation de métaux, j’entends surtout par-là dénoncer les industries qui inondent le marché de produits insoutenables sur le plan des métaux (entre autres).

    Mais il est vrai que nous – et là c’est un vrai « nous » - devons réfléchir ensemble aux moyens de sortir de l’#emprise_numérique. Du point de vue des métaux, le #smartphone n’est pas viable : sa sophistication et son caractère ultra-mondialisé en font un concentré d’#exploitation et d’#intoxication, des mines aux usines d’assemblage chinoises ou indiennes.

    Et bien sûr il a des impacts socialement désastreux, des addictions à la #surveillance, en passant par la « #surmarchandisation » du quotidien qu’il induit, à chaque instant de la vie. Là-dessus, il faut agir rapidement, collectivement, ne serait-ce que pour se protéger.

    https://basta.media/nous-assistons-a-une-escalade-de-la-predation-miniere
    #extractivisme #minières #électrification #acidification #contamination #hypocrisie #relocalisation #prédation #guerre_en_Ukraine #militarisation #déplacement_de_populations #dématérialisation #industrie_automobile

  • Swiss extractivism: Switzerland’s role in Zambia’s copper sector

    Switzerland is usually not looked upon as a substantial economic actor in Africa. Taking Zambian copper as a case study, we show how important Swiss companies have become in the global commodities trade and the services it depends on. While big Swiss trading firms such as #Glencore and Trafigura have generated increasing scholarly and public interest, a multitude of Swiss companies is involved in logistics and transport of Zambian copper. Swiss extractivism, we argue, is a model case for trends in today’s global capitalism. We highlight that servicification, a crucial element of African mining regimes today, creates new and more flexible opportunities for international companies to capture value in global production networks. These opportunities partly rely on business-friendly regulation and tax regimes in Northern countries, a fact which makes companies potentially vulnerable to reputation risks and offers opportunities to civil society actors criticising their role. New and different Swiss–Zambian connections emerge from civil society networks organising around companies’ economic activities.

    https://www.cambridge.org/core/journals/journal-of-modern-african-studies/article/swiss-extractivism-switzerlands-role-in-zambias-copper-sector/8DF2B9E7BF6B9126BEE463233894395F
    #extractivisme #Zambie #mines #Suisse #cuivre

  • Sajid Javid clears England’s travel red list as Omicron takes hold | Transport policy | The Guardian
    https://www.theguardian.com/politics/2021/dec/14/englands-travel-red-list-to-be-cleared-again-as-omicron-takes-hold
    https://i.guim.co.uk/img/media/0bb5c74d6e582ccd553dae044f23b34285936e8b/0_0_6278_3767/master/6278.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    Sajid Javid clears England’s travel red list as Omicron takes hold
    All 11 countries to be removed from list as concerns about importing variant diminish
    All 11 countries on England’s travel red list are to be taken off it from 4am on Wednesday, amid diminishing concern about Omicron cases being imported into the country.Given that the variant has already taken hold in the UK – making up a third of new infections in London – the health secretary, Sajid Javid, announced that mandatory hotel quarantine for those arriving from some southern African countries was set to end.Instead, all travellers arriving in England will be able to isolate at home. If double-vaccinated, they can be released with a negative PCR test taken within two days of arrival. If not they must stay at home for 10 days and get a test before day two and another on day eight or later.The red list was cleared at the end of October, but after the discovery of the Omicron variant in South Africa, 11 countries were put back on it. They were: Angola, Botswana, Eswatini, Lesotho, Malawi, Mozambique, Namibia, Nigeria, South Africa, Zambia and Zimbabwe.Omicron’s spread through the UK has been swift. The UK Health Security Agency said on Monday that the number of confirmed cases of the variant was 4,700, but estimated daily infections were about 200,000.Javid announced in parliament on Tuesday that the red list was being emptied, saying it had become “less effective in slowing the incursion of Omicron from abroad”. He said the requirement to get tested before departure would remain in place.He had hinted at the move in a statement to the Commons last week. Under pressure from Tory MPs who raised concerns about the aviation and tourism sectors, Javid said that because Omicron cases would probably spread quickly in the UK, there would be “less need to have any kind of travel restrictions at all”.As health restrictions are devolved, it will be up to the administrations in Scotland, Wales and Northern Ireland whether to follow suit.Last week, EU leaders discussed easing similar curbs. Reuters reported a senior official as saying the travel ban was “a time-limited measure” but there were no immediate plans to lift it.The US has kept up its own travel ban, with the White House’s chief medical adviser saying action was taken when the country was “in the dark” about the variant, to give time to assess its threat.Some political leaders in southern Africa said the restrictions were unfair. Cyril Ramaphosa, the president of South Africa, said he was “deeply disappointed” by the action. According to the BBC, he said: “The only thing the prohibition on travel will do is to further damage the economies of the affected countries and undermine their ability to respond to, and recover from, the pandemic.”Akinwumi Adesina, the president of the African Development Bank Group, tweeted last week: “Now that Omicron has been found in many non-African and developed countries, why are travels from those countries not banned? Singling out African countries is very unfair, non-scientific and discriminatory.”

    #Covid-19#migrant#migration#grandebretagne#omicron#sante#angola#botswana#eswantini#lesotho#malawi#mozambique#namibie#nigeria#africadusud#zambie#zimbabwe#frontiere#circulation#santepublique#restrictionsanitaire

  • Coronavirus: UK lifts Omicron travel ban for 11 African nations | South China Morning Post
    https://www.scmp.com/news/world/europe/article/3159718/coronavirus-uk-lifts-omicron-travel-ban-11-african-nations

    Coronavirus: UK lifts Omicron travel ban for 11 African nations
    Countries on the UK’s travel red list include South Africa, Zambia and Botswana. Health Secretary Sajid Javid said the measure is less effective in slowing the incursion of Omicron from abroad as the new variant has already taken hold in Britain
    Britain will remove all 11 countries from its Covid-19 travel red list from Wednesday because there is now community transmission of Omicron, Health Secretary Sajid Javid told parliament.The British government added the southern African countries to its red list in late November, meaning that entry was only allowed to UK citizens or residents who then must quarantine in a hotel, in a bid to slow the spread of the new variant.“Now that there is community transmission of Omicron in the UK and Omicron has spread so widely across the world, the travel red list is now less effective in slowing the incursion of Omicron from abroad,” Javid said.
    UK’s PM Boris Johnson accused of ‘culture of disregard’ for Covid-19 rules
    13 Dec 2021“Whilst we will maintain our temporary testing measures for international travel we will be removing all 11 countries from the travel red list effective from 4am tomorrow morning.”Britain requires all inbound travellers to take either a PCR or a rapid lateral flow test a maximum of 48 hours before departure.Transport Secretary Grant Shapps said these testing measures would be reviewed in the first week of January.
    What do we know about the new coronavirus variant Omicron?“As always, we keep all our travel measures under review and we may impose new restrictions should there be a need to do so to protect public health,” he said on Twitter.The 11 countries which will be removed from the list are Angola, Botswana, Eswantini, Lesotho, Malawi, Mozambique, Namibia, Nigeria, South Africa, Zambia and Zimbabwe.

    #Covid-19#migrant#migration#grandebretagne#omicron#sante#angola#botswana#eswantini#lesotho#malawi#mozambique#namibie#nigeria#africadusud#zambie#zimbabwe#frontiere#circulation#santepublique#restrictionsanitaire

  • Covid-19 : la France impose un test négatif obligatoire à tous les voyageurs, vaccinés ou non, arrivant de pays situés en dehors de l’UE
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2021/12/01/covid-19-la-france-prolonge-jusqu-a-samedi-la-suspension-des-vols-depuis-l-a

    Covid-19 : la France impose un test négatif obligatoire à tous les voyageurs, vaccinés ou non, arrivant de pays situés en dehors de l’UE
    Les autorités sanitaires françaises ont recensé treize cas suspects de contamination par le variant Omicron du coronavirus SARS-CoV-2 sur l’ensemble du territoire français, a par ailleurs annoncé Gabriel Attal, mercredi, après le conseil des ministres.
    Face à la propagation du variant Omicron du nouveau coronavirus, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, a annoncé un renforcement du protocole sanitaire pour les voyageurs internationaux, mercredi 1er décembre. Paris va imposer un test de dépistage négatif au coronavirus pour tout voyageur, vacciné ou non vacciné, provenant de pays extérieurs à l’Union européenne (UE), a-t-il dit. Ce test devra être de moins de quarante-huit heures pour les personnes vaccinées et de moins de vingt-quatre heures pour celles qui ne sont pas vaccinées, a-t-il déclaré à l’issue du conseil des ministres.Les autorités sanitaires françaises ont recensé treize cas suspects de contamination par le variant Omicron du SARS-CoV-2 sur l’ensemble du territoire français, a annoncé par ailleurs Gabriel Attal, lors du compte rendu du conseil des ministres. Selon lui, il est donc fort probable que des cas d’infection par ce nouveau variant identifié en Afrique du Sud soient déjà présents en France et identifiés dans les heures ou jours à venir.
    Le porte-parole du gouvernement a également expliqué mercredi que les vols avec dix pays de l’Afrique australe reprendront à partir de samedi avec un encadrement « drastique » qui ne permettra de voyager qu’aux Français, aux ressortissants de l’UE, aux diplomates et aux navigants. Ces dix pays sont l’Afrique du Sud, le Lesotho, le Botswana, le Zimbabwe, le Mozambique, la Namibie, l’Eswatini, le Malawi, la Zambie et l’île Maurice.
    Ces voyageurs subiront en outre un test de détection du SARS-CoV-2 à leur arrivée en France, suivi d’un isolement de sept jours en cas de résultat négatif et de dix jours si le résultat est positif. Dans les deux cas, l’isolement « sera surveillé par des forces de sécurité intérieure, et, en cas de non-respect de l’isolement, une amende de 1 000 à 1 500 euros » sera infligée, a ajouté M. Attal. Plus tôt dans la matinée, le secrétaire d’Etat aux affaires européennes, Clément Beaune, avait détaillé sur RTL un protocole européen « extrêmement renforcé », faisant actuellement l’objet de discussions entre les Vingt-Sept. Il devrait comprendre des restrictions déjà prises à l’encontre des pays « en liste rouge » lors des précédentes vagues de propagation du Covid-19 (« test à l’arrivée, test au départ et isolement »). « Nous irons sans doute encore plus loin », avait alors ajouté le secrétaire d’Etat, expliquant déjà que mêmes les personnes vaccinées devraient probablement se soumettre à un test pour voyager entre la France et ces pays d’Afrique australe.

    #Covid-19#migrant#migration#afriquedusud#sante#france#lesotho#botswana#zimbabwe#mozambique#namibie#eswatini#malawi#zambie#ilemaurice#test#frontiere#circulation#vaccination

  • En Afrique, l’ampleur de l’épidémie de Covid-19 reste une grande inconnue
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/02/14/en-afrique-l-ampleur-de-l-epidemie-de-covid-19-reste-une-grande-inconnue_606

    « Les chiffres s’emballent. D’un point de vue européen, où le nombre de contaminations se compte en centaines de milliers, ils peuvent paraître encore faibles. Pourtant, ils ne reflètent la réalité que de manière très limitée. Seuls 1 000 à 2 000 tests sont réalisés chaque jour dans des pays de plusieurs millions d’habitants, soit 300 fois moins qu’en Europe. Et une partie concerne surtout les voyageurs », a alerté fin janvier l’ONG Alima, présente en Afrique de l’Ouest.En dehors des capitales, les moyens de dépistage s’avèrent le plus souvent inexistants. « Il n’existe qu’un laboratoire national à Bamako pour analyser des prélèvements transportés par vols humanitaires depuis Tombouctou, Mopti ou Gao. Seuls les malades présentant des symptômes sont testés. Il est dans ce contexte très difficile d’évaluer la circulation du virus », admet Aimé Makimere Tamberi, chef de mission d’Alima au Mali. Sur l’ensemble du continent, moins d’un million de tests ont été réalisés au cours de la semaine écoulée, soit deux fois moins qu’en France. Et pour une écrasante majorité, seule une poignée de pays (Afrique du Sud, Maroc, Egypte…) en ont bénéficié.
    Chaque jour, l’OMS et le Centre de contrôle et de prévention des maladies de l’Union africaine (CDC-Afrique) publient les chiffres des nouvelles contaminations et des décès sur la base des statistiques hospitalières fournies par les Etats.La Tanzanie, dont le président John Magufuli nie la gravité de l’épidémie, a cessé de transmettre des chiffres fin avril 2020. Le pays comptait alors 509 cas et 21 décès. La présence du variant sud-africain a pu y être repérée dans les tests positifs pratiqués cette semaine sur deux ressortissants tanzaniens en voyage au Royaume-Uni. Or ce variant, déjà identifié dans sept pays, inquiète au plus haut point les épidémiologistes. Plus contagieux, il serait également, selon une étude menée par l’Université de Witwatersrand (Johannesburg), résistant au vaccin développé par AstraZeneca. Des résultats qui ont conduit le gouvernement sud-africain à suspendre, à peine lancée, sa campagne de vaccinations.
    « Nous ne testons pas tout le monde, mais nous n’avons pas observé de mortalité massive en dehors des cas répertoriés [par les centres de santé] », répond le docteur John Nkengasong, directeur du CDC-Afrique, lorsqu’il est questionné sur la sous-évaluation de l’épidémie. Plusieurs enquêtes conduisent toutefois à s’interroger sur cette réalité.
    En Zambie, une étude menée à Lusaka a révélé que 19 % des cadavres reçus par la plus grande morgue de la capitale entre juin et septembre 2020 étaient positifs au SARS-CoV-2. « 364 personnes ont été testées et dix-neuf sont apparues positives ; 70 % étaient des hommes, avec un âge médian de 49 ans, mais il y avait aussi sept enfants. La majorité des décès étaient survenus dans les communautés. Personne n’avait été testé avant de mourir, même si des symptômes du Covid-19 étaient dans certains cas visibles », écrivent Lawrence Mwananyanda et Christopher Gill, chercheurs à l’école de santé publique de l’Université de Boston (Etats-Unis) et auteurs principaux de l’article publié fin décembre 2020 sur la plateforme en ligne MedRxiv. En Afrique du Sud, l’équipe conduite par Debbie Bradshaw, du South African Medical Research Council (SAMRC), a annoncé, le 10 février, que selon ses calculs menés en prenant pour référence des tendances de mortalité antérieures à la pandémie, les décès supplémentaires enregistrés dans le pays entre mai 2020 et février avoisinent les 137 000, soit plus de trois fois le chiffre déclaré à l’OMS.

    #Covid-19#migrant#migration#afrique#afriquedusud#mali#zambie#circulation#variant#depistage#morbidite#mortalite#sante

  • Covid-19 : des milliers de Zimbabwéens affluent en Afrique du Sud pour fuir le confinement
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2021/01/11/covid-19-des-milliers-de-zimbabweens-affluent-en-afrique-du-sud-pour-fuir-le

    Venu du Zimbabwe, le chauffeur de poids lourds Wallace Muzondiwa attend depuis quatre jours dans son camion pour entrer en Afrique du Sud, où des milliers de personnes ont afflué à la frontière pour fuir les nouvelles restrictions liées au Covid-19 dans son pays. L’afflux de personnes voulant quitter le Zimbabwe a pris de court les responsables de l’immigration au poste-frontière de Beitbridge, le deuxième plus important d’Afrique du Sud, où des foules en colère sont bloquées dans des embouteillages.« La situation est très très très chaotique », résume Wallace Muzondiwa, qui s’apprête à reprendre la route après que les autorités ont finalement accepté son test négatif au coronavirus et des papiers supplémentaires requis en rapport avec la pandémie. « La queue avance très lentement et le soleil tape très fort », se plaint-il.
    Harare a ordonné, samedi 2 janvier, un nouveau confinement sur l’ensemble du territoire en raison d’une recrudescence des cas de contamination au Covid-19. Au Zimbabwe, le nombre de cas a plus que doublé depuis novembre, atteignant 18 000. Le pays, en proie depuis le début des années 2000 à une très grave crise économique qui a provoqué l’effondrement de son système de santé, avait déjà décrété un premier confinement en mars 2020, mais ces mesures avaient été progressivement assouplies à partir de mai.
    Au poste-frontière, des voyageurs à l’air perdu se pressent avec leurs bagages, s’engouffrent dans des taxis garés le long de stands vendant des ailes de poulet grillé à emporter. Le coronavirus a compliqué le passage, déjà laborieux, de la frontière, où des poids lourds peuvent parfois attendre des jours pour régler les formalités douanières. « Ce sont les papiers qui provoquent des retards aux frontières », juge Sinki Tshangise, un chauffeur sud-africain de 44 ans qui franchit les frontières du Botswana, du Malawi, de la Zambie et du Zimbabwe depuis presque dix ans.
    Les certificats de test négatif au coronavirus ont souvent expiré avant l’arrivée au poste-frontière, contraignant les chauffeurs à se faire de nouveau tester sur la route, ajoute M. Tshangise : « Je ne pense pas pouvoir me permettre de payer de nouveaux tests à chaque fois que je dois passer une frontière. » Au poste-frontière de Beitbridge, les chauffeurs de poids lourds ont été rejoints par des foules de voyageurs faisant la queue pour des tests PCR fournis par le gouvernement sud-africain. Selon les membres du personnel soignant, qui pratiquent les tests sous une tente, l’afflux de personnes provenant du Zimbabwe depuis le début du deuxième confinement est difficile à gérer.Certains Zimbabwéens ont en outre attrapé le virus en prenant la route pour l’Afrique du Sud, selon l’infirmier Country Musekwa. De longues files d’attente se sont formées sur le seul pont qui surplombe le fleuve Limpopo, frontière naturelle entre les deux pays. « Des gens qui disent qu’ils ont été testés négatifs au Zimbabwe sont testés positifs ici parce qu’ils ont été sur le pont pendant plus de quatre jours », dit-il.

    #Covid-19#migrant#migration#afriquedusud#zimbabwe#zambie#botswana#frontiere#sante#test#circulation

  • En #Zambie, les meurtres d’entrepreneurs chinois ravivent les tensions avec Pékin
    https://www.francetvinfo.fr/monde/afrique/societe-africaine/en-zambie-les-meurtres-d-entrepreneurs-chinois-ravivent-les-tensions-av

    Les corps des trois Chinois assassinés en banlieue de Lusaka, dont une femme, auraient été traînés dans une usine textile qui a ensuite été incendiée, rapporte la BBC. La police a procédé à l’arrestation de trois personnes. Selon la presse locale, les trois entrepreneurs ont été tués par leurs employés, excédés par leurs conditions de #travail très dures.

    #esclavage #colonisation

  • Un article et un film sur le Zamrock, le courant musical de la Zambie des années 1970 très inspiré du rock occidental :

    Letter from Africa : In search of Zambia’s glam rockers
    Ismail Einashe, BBC, le 23 décembre 2019
    https://www.bbc.com/news/world-africa-50835549

    Rikki & Jagari : The Zamrock Survivors
    Faces of Africa, Youtube, 2015
    https://www.youtube.com/watch?v=_qFO1yVUj_o

    #Musique #Zambie #Zamrock #documentaire

    (j’ai l’impression d’avoir vu un film très similaire d’un autre pays d’Afrique où l’on suivait via des images d’archives un groupe des années 1970 et deux des survivants aujourd’hui qui se retrouvent à la fin du film... ça vous dit quelque chose ?)

    • Behind the #Johannesburg riots: How did they happen?

      The latest outbreak of mob violence and xenophobia was allegedly orchestrated by members of the All Truck Drivers Forum (ATDF), which held mass meetings that went into last weekend in different parts of Gauteng.

      The Mail & Guardian has reliably learned that intelligence agencies — which sent a briefing note last week Friday to the Justice, Crime Prevention and Security cluster (JCPS), chaired by Defence Minister Nosiviwe Mapisa-Nqakula — have been investigating the forum’s involvement.

      The cluster consists of the ministries of police, home affairs, state security, justice and constitutional development, as well as the National Prosecuting Authority.

      High-ranking security officials have also discussed the political motivations behind the flare-up in violence, with theories that the violence was part of a campaign to embarrass and ultimately destabilise the presidency of Cyril Ramaphosa.

      Despite the intelligence and warnings, these parts of the cluster failed to prevent the violent attacks and the burning and looting of shops in Jeppestown on Sunday night and into Monday morning.

      On Monday, the violence spread to parts of central Johannesburg and Alexandra, as well as Boksburg and Thokoza on the East Rand. Shops, cars and other buildings were set on fire. More than 400 arrests have been made since.

      In parts of KwaZulu-Natal, freight trucks were attacked and set alight.
      Drivers found to be foreign nationals were also assaulted.

      ATDF, which purports to represent only South African truck drivers, has dismissed the intelligence, saying that its organisation is anti-violence. Its spokesperson, Sipho Zungu, said on Thursday: “When this latest violence started on Monday we were in court, so there is no way this was us. ATDF has never even had a strike, let alone [engaged in] violence [and] looting. The nation is being misled here.

      “What needs to be clarified is that ATDF is fighting for all truck drivers in the country, no matter if they work or not.” He went on to add: “The reality is that South African truck drivers no longer have jobs, and we have been engaging truck owners and government that they must get rid of foreign truck drivers.”

      This kind of sentiment, and existing tensions, were worsened by political rhetoric around access to healthcare and unemployment before the elections. It reached boiling point last month, when police operations in Johannesburg to find fake goods were thwarted by shopkeepers, who pelted law-enforcement authorities with rocks, forcing a retreat.

      Public reaction to this took on a xenophobic tinge, with some South Africans blaming foreign nationals for a host of problems — from the proliferation of drugs and fake goods, to crime and filth in inner-city Johannesburg.

      Information shared with the JCPS cluster last Friday indicated that meetings to discuss strategy and co-ordinate attacks on foreign nationals were to scheduled to take place this past weekend. The meetings were to be held at venues in different parts of Gauteng, including the Mzimhlophe grounds in Soweto, Alexandra at Pan taxi rank, Randburg taxi rank, Ezibayeni in Hillbrow and Part Two, Diepsloot.

      Foreign nationals also held their own meetings over the weekend, and discussed how to protect themselves against potential attacks.

      The M&G understands that the government was concerned that foreign nationals could retaliate violently, which might escalate matters. A source in the JCPS cluster said: “If action was taken and those meetings disrupted, what happened on Sunday evening would not have happened.”

      Now, Police Minister Bheki Cele has been forced to react after the fact. He has focused on the hostels this week and has had several meetings with iinduna to try to quell the unrest.

      Cele’s office announced he would also be hosting imbizo, to be attended by residents, as well as local, provincial and national politicians, at the Jeppe hostel on Sunday.

      Cele’s spokesperson, Lirandzu Themba, said: “Izinduna who met with Minister Cele have assured the Gauteng Saps [South African Police Service] management that hostel dwellers have been urged to refrain from acts of violence leading up to the imbizo, planned for Sunday.”

      Themba also said Cele had briefed Ramaphosa on the latest situation in Johannesburg on Monday, after a visit to Jeppe hostel. “There was a Cabinet meeting where this issue was discussed and brought to the attention of all ministers, including those in the JCPS cluster.”

      “The JCPS cluster and various operational structures have been meeting and engaging continuously during the past weeks — and in some instances on a daily basis,” she said.

      News of the imbizo has not been well received by all in the hostel. Nduna Manyathela Mvelase, who met with Cele during his visit, said: “It’s almost as if they are saying ‘It’s the hostels and the Zulu people that are responsible for this.’”

      “It was unfortunate that a fire started not too far from here on Sunday and people died. At the same time, some criminals took advantage of that fire, and now it looks as if this started here,” he said. “This started in Pretoria and there are no hostels there … All our children are unemployed and on drugs.”

      The government and the presidency’s slowness to get a handle on the situation has prompted severe criticism from observers, as well as heads of state across the continent.

      Two former government officials expressed surprise that the JCPS had not met by Wednesday or made any public statements.

      One said: “By now you should have been seeing all the different ministers visible on the ground … The fact that Nigeria’s president [Muhammadu Buhari] was even tweeting disinformation [that Nigerians were killed in the violence] means there could have been no information from our government to affected embassies.

      “When government is this silent it becomes easy for the situation to escalate,” he added.

      Department of international relations and co-operation (Dirco) spokesperson Clayson Monyela said on Wednesday that the department would try and secure meetings with consulates and high commissions of affected nationalities by today.

      “Dirco has not received any official complaint or inquiry from an embassy. However, we are maintaining regular contact with the diplomatic corps to update them on government’s measures and interventions to deal with the spate of violence,” he said.

      Johan Burger, a senior research er at the Institute for Security Studies, said he was extremely disappointed that Ramaphosa had remained silent about the attacks until Wednesday.

      “I say, very reluctantly, that South Africa is at fault in terms of how it handled this issue from the top. I’m extremely disappointed that it took so long to say something,” Burger said. “He should have spoken to his security cluster ministers and asked what was happening and given instruction and direction.”

      A senior government official suggested Ramaphosa was being let down by his Cabinet, particularly in the JCPS cluster, which met for the first time on Wednesday. “Not once in the former president’s tenure would so much time pass before security cluster ministers meet and strategise. Not once.”

      The Nigerian government took a harsh tone this week, saying it would not tolerate any more attacks on its citizens, and deployed envoys to meet Ramaphosa, whose public statement condemning the attacks was issued only on Tuesday, to discuss the situation.

      On Wednesday the Nigerian presidency announced that Nigerian airline Air Peace airlines would send an aircraft today to evacuate any of its citizens who wished to leave South Africa. Yesterday, South Africa shut down its embassy in Lagos and several South African businesses in that country were attacked and looted.

      https://mg.co.za/article/2019-09-06-00-behind-the-johannesburg-riots-how-did-they-happen

    • South African Riots Over ‘Xenophobia’ Prompt Backlash Across Africa

      Pop stars have announced a #boycott. Air Tanzania has suspended flights to Johannesburg. #Madagascar and Zambia are refusing to send their soccer teams. Nigeria has recalled its ambassador and pulled out of a major economic forum.

      South Africa is facing a backlash after rioters in and around Johannesburg targeted immigrants from other African countries this week, torching their shops and leading to at least 10 deaths. Now, angry citizens and governments across the continent are lashing out at South Africa and its businesses, denouncing what they call “xenophobia.”

      Africans across the continent once rallied behind South Africans in their struggle to defeat the apartheid government, which was finally replaced in elections held 25 years ago. Now, some Africans find themselves in the unfamiliar position of protesting the actions of the same communities in South Africa that they once stood with in solidarity.

      “The only time we’ve seen this type of cooperation of African countries in terms of backlash,” said Tunde Leye, a partner at the Nigerian political research firm SBM Intelligence, “was in terms of support of the anti-apartheid movement.”
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      The current level of political solidarity on the continent, he said, was “almost unprecedented.”

      The riots, and the retaliatory measures, could not come at a more inopportune time for regional cooperation. This week, African leaders are meeting in Cape Town, South Africa, to discuss the African Continental Free Trade Area, an agreement made this year that sets the stage for the creation of the largest free-trade area in the world. It would join Africa’s more than one billion consumers into a single market.

      The conflict, while not likely to imperil the free trade agreement, could at least slow its implementation, which is expected to take years, African analysts said.

      Nigeria’s government, angry that its citizens have been victimized in the South African riots, has pulled out of the Cape Town meeting.

      Nigeria is the continent’s largest economy, and South Africa is the second-largest. Both countries were already reluctant participants in the accord, which is supposed to help knock down the many barriers to trade among African countries.

      Anti-immigrant sentiment is a longstanding issue in South Africa, where the legacies of colonialism and apartheid run deep, and a political shift has not delivered meaningful change to many poor South Africans. Immigrants from countries like Nigeria, Mozambique, Somalia and Zimbabwe are often regarded by South Africans as competitors for jobs and social services.

      In South Africa, attacks on foreigners have become common, and they surged beginning Sunday when rioters stormed neighborhoods in and around Johannesburg, lighting fires and breaking into shops.

      At least 10 people have died in the riots, President Cyril Ramaphosa said in a video address on Thursday, in which he also condemned the violence.

      “There can be no excuse for the attacks on the homes and businesses of foreign nationals,” he said. “Equally, there is no justification for the looting and destruction of businesses owned by South Africans.”

      In Gauteng, the province that includes Johannesburg, authorities have arrested at least 423 people, said Colonel Lungelo Dlamini, a police spokesman. On Thursday, he said that many shops owned by foreigners remained closed and that more shopping centers in the eastern part of the province “are being targeted.”

      Police seized guns, he said, not just from South Africans, but also from at least two foreign nationals.
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      The rolling backlash has united broad swaths of the continent. Two popular Nigerian musicians, Burna Boy and Tiwa Savage, said they were boycotting South Africa. Burna Boy was set to headline the Afropunk festival in Johannesburg in December, alongside artists like Solange Knowles. Tiwa Savage had an appearance in South Africa scheduled for mid-September.

      On Tuesday and Wednesday, protesters rushed and sometimes looted South African-owned businesses in Nigeria and Zambia, including Shoprite supermarkets. The company closed stores. The South African telecommunications giant MTN did the same.

      On Thursday, the protests spread to the Democratic Republic of Congo, where demonstrators outside of the South African Embassy in Kinshasa held signs that read “Don’t kill our brothers” and “No xenophobia.” In Lubumbashi, they broke windows at the South African Consulate.

      Nigeria recalled its ambassador to South Africa. South Africa has shuttered its diplomatic missions in Nigeria, citing threats.

      The clashes cast a cloud over the World Economic Forum in Africa, which began in Cape Town on Wednesday. Leaders were set to discuss the free trade pact, an agreement signed by 54 countries that supporters have said could reshape economic relationships on the continent.

      The accord has the potential to bolster intra-African trade by 52 percent by 2022, according to the United Nations. Right now, intra-African trade accounts for just 16 percent of the continent’s trade volume. It can be cheaper to ship something from Nigeria to Europe, and then to Senegal, rather than directly from Nigeria to Senegal. This is a major barrier to regional development, economists say.

      Still, a host of challenges await before the pact is put in place.

      African analysts differed on whether Nigeria’s decision to skip the Cape Town meeting would have any effect in the long term.

      Gilbert Khadiagala, a Kenyan professor of international relations at the University of Witwatersrand in Johannesburg, said Nigeria’s move was little more than “grandstanding,” and that would not impede the trade agreement.

      But Mr. Leye, of SBM Intelligence in Nigeria, said that in his view, Nigeria’s boycott of the Forum “will have an impact in terms of the pace of implementation.”

      https://www.nytimes.com/2019/09/05/world/africa/south-africa-xenophobia-riots.html
      #Zambie

    • Refugees and police clash at Cape Town protest against xenophobia

      Around 100 people were arrested on October 30 as part of an operation to disperse a group of refugees and asylum seekers who had staged a prolonged sit-in near the United Nations refugee agency in Cape Town, South African police said.

      Local media showed footage of police firing water cannon into the crowd of protesters and arresting some of them. The South African Police Service (SAPS) said in a statement that they evicted around 300 people from the area in accordance with a court order.

      The refugees and asylum seekers have been camping outside the offices of the UN High Commissioner for Refugees for weeks, asking to be moved out of South Africa, where they say they do not feel safe after a wave of xenophobic violence.

      The refugees want to be repatriated to their home countries or moved elsewhere after a spate of deadly riots and attacks in September, which killed at least 10 people and left many foreigners afraid to live in the country.

      https://www.euronews.com/2019/10/30/refugees-and-police-clash-at-cape-town-protest-against-xenophobia

  • The United Nations backs seed sovereignty in landmark small-scale farmers’ rights declaration
    https://www.greenbiz.com/sites/default/files/styles/gbz_article_primary_breakpoints_kalapicture_screen-lg_2x/public/images/articles/featured/seedsmamitasstock.png?itok=OSXuHg-t&timestamp=1547760055

    On Dec. 17, the United Nations General Assembly took a quiet but historic vote, approving the Declaration on the Rights of Peasants and other People Working in Rural Areas by a vote of 121-8 with 52 abstentions. The declaration, the product of some 17 years of diplomatic work led by the international peasant alliance La Via Campesina, formally extends human rights protections to farmers whose “seed sovereignty” is threatened by government and corporate practices.

    “As peasants we need the protection and respect for our values and for our role in society in achieving food sovereignty,” said #Via_Campesina coordinator Elizabeth Mpofu after the vote. Most developing countries voted in favor of the resolution, while many developed country representatives abstained. The only “no” votes came from the United States, United Kingdom, Australia, New Zealand, Hungary, Israel and Sweden.

    “To have an internationally recognized instrument at the highest level of governance that was written by and for peasants from every continent is a tremendous achievement,” said Jessie MacInnis of Canada’s National Farmers Union. The challenge, of course, is to mobilize small-scale farmers to claim those rights, which are threatened by efforts to impose rich-country crop breeding regulations onto less developed countries, where the vast majority of food is grown by peasant farmers using seeds they save and exchange.
    Seed sovereignty in Zambia

    The loss of seed diversity is a national problem in Zambia. “We found a lot of erosion of local seed varieties,” Juliet Nangamba, program director for the Community Technology Development Trust, told me in her Lusaka office. She is working with the regional Seed Knowledge Initiative (SKI) to identify farmer seed systems and prevent the disappearance of local varieties. “Even crops that were common just 10 years ago are gone.” Most have been displaced by maize, which is heavily subsidized by the government. She’s from Southern Province, and she said their survey found very little presence of finger millet, a nutritious, drought-tolerant grain far better adapted to the region’s growing conditions.

    Farmers are taking action. Mary Tembo welcomed us to her farm near Chongwe in rural Zambia. Trained several years ago by Kasisi Agricultural Training Center in organic agriculture, Tembo is part of the SKI network, which is growing out native crops so seed is available to local farmers. Tembo pulled some chairs into the shade of a mango tree to escape the near-100-degree Fahrenheit heat, an unseasonable reminder of Southern Africa’s changing climate. Rains were late, as they had been several of the last few years. Farmers had prepared their land for planting but were waiting for a rainy season they could believe in.

    Tembo didn’t seem worried. She still had some of her land in government-sponsored hybrid maize and chemical fertilizer, especially when she was lucky enough to get a government subsidy. But most of her land was in diverse native crops, chemical free for 10 years.

    “I see improvements from organic,” she explained, as Kasisi’s Austin Chalala translated for me from the local Nyanja language. “It takes more work, but we are now used to it.” The work involves more careful management of a diverse range of crops planted in ways that conserve and rebuild the soil: crop rotations; intercropping; conservation farming with minimal plowing; and the regular incorporation of crop residues and composted manure to build soil fertility. She has six pigs, seven goats, and 25 chickens, which she says gives her enough manure for the farm.

    She was most proud of her seeds. She disappeared into the darkness of her small home. I was surprised when she emerged with a large fertilizer bag. She untied the top of the bag and began to pull out her stores of homegrown organic seeds. She laughed when I explained my surprise. She laid them out before us, a dazzling array: finger millet; orange maize; Bambara nuts; cowpea; sorghum; soybeans; mung beans; three kinds of groundnuts; popcorn; common beans. All had been saved from her previous harvest. The contribution of chemical fertilizer to these crops was, clearly, just the bag.

    She explained that some would be sold for seed. There is a growing market for these common crops that have all but disappeared with the government’s obsessive promotion of maize. Some she would share with the 50 other farmer members of the local SKI network. And some she and her family happily would consume. Crop diversity is certainly good for the soil, she said, but it’s even better for the body.
    Peasant rights crucial to climate adaptation

    We visited three other Kasisi-trained farmers. All sang the praises of organic production and its diversity of native crops. All said their diets had improved dramatically, and they are much more food-secure than when they planted only maize. Diverse crops are the perfect hedge against a fickle climate. If the maize fails, as it has in recent years, other crops survive to feed farmers’ families, providing a broader range of nutrients. Many traditional crops are more drought-tolerant than maize.

    Another farmer we visited already had planted, optimistically, before the rains arrived. She showed us her fields, dry and with few shoots emerging. With her toe, she cleared some dirt from one furrow to reveal small green leaves, alive in the dry heat. “Millet,” she said proudly. With a range of crops, she said, “the farmer can never go wrong.”

    I found the same determination in Malawi, where the new Farm-Saved Seed Network (FASSNet) is building awareness and working with government on a “Farmers’ Rights” bill to complement a controversial Seed Bill, which deals only with commercial seeds. A parallel process is advancing legislation on the right to food and nutrition. Both efforts should get a shot in the arm with the U.N.’s Peasants’ Rights declaration.

    The declaration gives such farmers a potentially powerful international tool to defend themselves from the onslaught of policies and initiatives, led by multinational seed companies, to replace native seeds with commercial varieties, the kind farmers have to buy every year.

    Kasisi’s Chalala told me that narrative is fierce in Zambia, with government representatives telling farmers such as Tembo that because her seeds are not certified by the government, they should be referred to only as “grain.”

    Eroding protection from GMOs

    As if to illustrate the ongoing threats to farm-saved seed, that same week in Zambia controversy erupted over two actions by the government’s National Biosafety Board to weaken the country’s proud and clear stance against the use of genetically modified crops. The board quietly had granted approval for a supermarket chain to import and sell three products with GMOs, a move promptly criticized by the Zambian National Farmers Union.

    Then it was revealed that the board secretly was drawing up regulations for the future planting of GM crops in the country, again in defiance of the government’s approved policies. The Zambian Alliance for Agroecology and Biodiversity quickly denounced the initiative.

    The U.N. declaration makes such actions a violation of peasants’ rights. Now the task is to put that new tool in farmers’ hands. “As with other rights, the vision and potential of the Peasant Rights Declaration will only be realized if people organize to claim these rights and to implement them in national and local institutions,” argued University of Pittsburgh sociologists Jackie Smith and Caitlin Schroering in Common Dreams. “Human rights don’t ‘trickle down’ — they rise up!”

    https://www.greenbiz.com/article/united-nations-backs-seed-sovereignty-landmark-small-scale-farmers-rights-
    #ONU #semences #déclaration #souveraineté #souveraineté_semencière (?) #agriculture #paysannerie #Zambie #OGM #climat #changement_climatique
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  • Concerning Violence | bpb
    http://www.bpb.de/mediathek/248942/concerning-violence
    http://www.bpb.de/cache/images/2/248942-mt-facebook.jpg?35A54

    Neun Szenen der anti-imperialistischen Selbstverteidigung (OmdtU)
    von: Göran Hugo Olsson

    Ein Rückblick auf die afrikanischen Befreiungsbewegungen und deren gewaltvoller Konfrontation mit den Kolonialmächten. Dabei konzentriert sich der Filmemacher auf Archivmaterial, das schwedische Dokumentarfilmer und Fernsehjournalisten zwischen 1966 und 1984 in Afrika aufgenommen haben. Diese Bilder kombiniert er mit Texten vom Dekolonialismus-Vordenker Frantz Fanon aus dessen Buch „Die Verdammten dieser Erde“.

    #colonialisme #Portugal #Zambie #Mosambique #Guinée_Bissao #Angola #film_documentaire

  • Le #cuivre de #Zambie au gré des négociants suisses

    La Suisse est la plaque tournante mondiale du négoce des matières premières. Pourtant, elle refuse d’imposer plus de transparence au secteur. Un projet de recherche financé par SNIS (Swiss Network for International Studies) s’est penché sur la chaîne de valeur du cuivre zambien et le rôle de la Suisse. Débat le 10 décembre au Graduate Institute de Genève.

    A Lusaka, le 10 novembre, le ministre des Mines de Zambie révélait que #Konkola_Copper_Mines (#KCM), une filiale de #Vedanta_Resources, devait 80 millions USD à 400 fournisseurs, dont 7 millions USD à 91 fournisseurs locaux. En relayant l’information, le Zambia Business Times soulignait que seuls 12,5% des travaux de la compagnie minière étaient confiés à des sous-traitants locaux. « Une situation qui doit être améliorée urgemment », continuait le magazine économique, regrettant que le pays « ait été incapable de réguler l’industrie d’extraction du cuivre, alors même qu’elle représente 70% des recettes d’exportation. » Une mauvaise passe de plus, pourrait-on ajouter, pour la multinationale indienne, qui doit faire face à une plainte collective devant les tribunaux britanniques, où 1’826 habitants de Zambie l’accusent d’avoir pollué les eaux et les sols.

    A Berne, le 7 novembre, une commission parlementaire n’a pas délibéré dans un sens favorable au peuple zambien. Elle a certes préconisé d’intégrer dans le droit suisse une disposition obligeant les sociétés qui extraient les matières premières à publier les paiements effectués aux Etats producteurs, pour améliorer la transparence et lutter contre la corruption. Mais cette disposition ne s’adresse qu’aux sociétés extractives et non aux sociétés de négoce (traders), si bien qu’elle ne touche de fait que… 4 des 544 multinationales présentes en Suisse ! Bien qu’elle soit la principale plaque tournante du négoce (trading) de matières premières, la Suisse n’est prête à imposer plus de transparence aux négociants qu’après qu’un autre pays l’ait fait avant elle – et encore, cela reste à voir. Or, comme le montre le cas zambien, les pays producteurs n’ont ni les moyens, ni la capacité de réguler le secteur.

    Les mines de cuivre de Zambie entre les mains de 4 multinationales

    Pourtant, selon une étude du McKinsey Global Institute, si les populations des pays producteurs de ressources naturelles bénéficiaient davantage de la rente des matières premières, plus de 540 millions de personnes pourraient sortir de la pauvreté. Mais quoi faire ? Comment réguler ? Quel rôle peut jouer la Suisse, à l’exemple de la chaîne de valeur du cuivre de Zambie ? C’est le sujet d’un débat sur Life Along the Copper Value Chain : The Swiss Commodity Trading Hub and its Impact on the Global South, organisé le 10 décembre, au Graduate Institute de Genève parl’UNRISD et le projet de recherche Valueworks : Effects of Financialisation along the Copper Value Chain.

    Ladite recherche arrive à des conclusions édifiantes : les mines de cuivre de Zambie sont entre les mains de quatre multinationales, dont #Glencore – la plus importante entreprise de matières premières au monde (et la première société suisse du point de vue du chiffre d’affaires). L’un des problèmes majeurs posés par Glencore, comme par toutes les entreprises minières, est la pollution. L’autre est qu’elles paient très peu d’impôts sur place. Dans le budget 2019, le gouvernement zambien prévoit d’augmenter les taxes minières et les royalties, afin de réduire son déficit colossal. Sans surprise, les entreprises minières refusent.

    Le transport du cuivre entre les mains des entreprises suisses

    Les multinationales helvétiques pratiquent l’optimisation fiscale vers la Suisse, où la pression fiscale est notoirement très basse, en s’adonnant notamment au transfer pricing, un mécanisme par lequel, par exemple, la division mines de Glencore vend le cuivre à la division négoce de Glencore. Est-ce illégal ? Cela dépend, cela peut l’être, ou pas, mais il n’a jamais été prouvé que Glencore employait des moyens illégaux en Zambie. Cependant, la perte de revenus pour les pays producteurs est très importante.

    Les matières premières sont achetées et revendues depuis la Suisse, sans jamais y transiter (à l’exception de l’or). Les entreprises suisses sont parmi les acteurs qui déterminent le transport du cuivre en Afrique sub-saharienne. A côté de Glencore, la genevoise Trafigura joue un rôle de premier plan dans le transport et la logistique du cuivre de Zambie, tout comme la société navale MSC et, pour la surveillance, la SGS. Ces trois sociétés sont basées à Genève, un canton dont 20% du PIB provient du négoce des matières premières. Il y a aussi beaucoup d’autres négociants, comme les branches de négoce des banques, des assurances et des fonds d’investissement.

    Si Trafigura est, depuis 2014, l’une des deux ou trois sociétés qui publient les paiements effectués aux Etats, le secteur manque cruellement de transparence. « Il est impossible de suivre l’entièreté de la route du cuivre. Les contrats ne sont pas transparents, on ne sait pas à quelles conditions les négociants achètent et vendent le minerai », dénoncent les chercheurs. Une seule chose est sûre : la population ne profite pas assez de la manne des matières premières. Par contre, elle paie de ses impôts les infrastructures nécessaires à la réalisation de ces affaires.

    Les travailleurs ont payé le prix des privatisations

    En 2000, la Zambie a privatisé la société nationale des mines de cuivre. Depuis, 13 milliards USD ont été investis dans le secteur, permettant d’ouvrir de nouvelles mines, de transférer la technologie et d’acheter des machines. La production de cuivre et cobalt a augmenté exponentiellement, faisant de la Zambie le 2ème producteur de cuivre d’Afrique, après la République démocratique du Congo (RDC).

    Les exportations de minerais ont explosé, passant de 670 millions USD en 2002 à 4 milliards en 2008, ce qui équivaut à une augmentation de 500%. Les revenus du cuivre par rapport à l’aide internationale sont passés à 7 :1. Depuis 2004, le PIB a crû de 5% – 7% par an. Malgré cela, l’optimisation fiscale des multinationales a fait perdre au pays 3 milliards USD de recettes.

    Qui a payé le prix de ce boom économique et des dividendes exorbitants versés aux actionnaires des multinationales ? Les travailleurs des mines. Avec la privatisation, leur nombre a chuté de 60% entre 1991 et 2015. Les emplois précaires ont augmenté : à court terme, mal payés, sans assurances sociales et peu syndiqués. Aujourd’hui plus de 75% des travailleurs du secteur minier ont des dettes bancaires, avec des taux d’intérêt exorbitants à 40%. Le pays est étranglé par la corruption, la mauvaise gouvernance et la restriction de l’espace démocratique.

    Plus du tiers des matières premières dans le monde sont vendues, acheminées et achetées en Suisse. Les chercheurs pensent qu’elle a un rôle à jouer pour améliorer la transparence et la redevabilité du secteur.

    https://blogs.letemps.ch/isolda-agazzi/2018/11/26/le-cuivre-de-zambie-au-gre-des-negociants-suisses
    #extractivisme #Suisse #matières_premières #mines
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    • #Ignazio_Cassis et Glencore : le ministre, la mine de cuivre et le tweet

      En allant visiter une exploitation appartenant à Glencore, Ignazio Cassis a déchaîné la fureur des ONG suisses. Le comité d’initiative sur les multinationales responsables se frotte les mains.

      Ignazio Cassis suscite à nouveau la polémique. En déplacement en Afrique australe, plus précisément en #Zambie, il tweetait ce lundi : « Visite des installations de #Mopani_Copper_Mines. Impressionné par les efforts en faveur de la #modernisation des installations et de la formation des jeunes. » Son partage donne immédiatement lieu à une levée de boucliers.

      La raison : le filon de #cuivre est exploité par le géant anglo-suisse Glencore, dont les activités sont fortement critiquées par les défenseurs des droits de l’homme et de l’environnement. L’entreprise partage également en ligne sa joie de recevoir le conseiller fédéral, ce qui ne fait qu’enfler la controverse. Mais cette visite à une firme helvétique est-elle vraiment surprenante de la part du chef du Département fédéral des affaires étrangères (DFAE) ?

      Une des mines les plus décriées du monde

      « Non, c’est parfaitement normal », répond Jean-Marc Crevoisier, porte-parole du département. « Ignazio Cassis a pris la décision d’aller en Zambie. Une fois là-bas, il paraît logique de se rendre sur le site de Glencore, qui emploie 16 000 personnes sur place et dont le siège est en Suisse. » Il cite en outre les 4,4 milliards d’investissements de l’entreprise dans cette mine depuis l’an 2000 et souligne que les émissions nocives de l’exploitation sont aux limites imposées par l’Organisation mondiale de la santé (OMC).

      « Je ne remets pas en question le fait qu’un ministre voyage et qu’il rende visite à des firmes helvétiques lors de ses déplacements », rétorque Manon Schick, directrice d’Amnesty International Suisse. « Mais la mine de Mopani est l’une des plus décriées du monde, tout comme l’est son exploitant. Comme toute première visite sur le continent, la symbolique me reste en travers de la gorge. » Régulièrement accusé d’atteinte à l’environnement, d’#évasion_fiscale ou encore de #corruption, le groupe basé à Zoug a remporté un #Public_Eye_Award de l’entreprise « la plus irresponsable » en 2008.

      La communication d’Ignazio Cassis en question

      « Se rendre en Afrique, visiter cette mine et ramener des informations sur le sujet est une bonne chose, cela montre que c’est à l’agenda », tempère un politicien de gauche proche du sujet. Le problème avec Ignazio Cassis réside plutôt dans le manque de distance de sa communication. » Le premier tweet du ministre, lors de son premier voyage en Afrique, aurait pu s’orienter davantage vers la coopération internationale, résume-t-il.

      Cette polémique montre une chose, se réjouit le comité d’initiative pour des multinationales responsables, « la sensibilité sur le sujet va crescendo ». Déposée en 2016, l’initiative qui exige que les entreprises domiciliées en suisses respectent également les droits de l’homme à l’étranger a été catégoriquement refusée par le Conseil fédéral. Le Conseil national a toutefois accepté un contre-projet en juin. « La pression augmente et les soutiens aussi », commente le comité. Les chiffres parlent pour lui : 14 000 drapeaux aux couleurs de l’initiative ont été vendus en Suisse au cours de ces six derniers mois.

      https://www.letemps.ch/suisse/ignazio-cassis-glencore-ministre-cuivre-tweet

  • I grew up in one of the world’s most toxic towns

    I grew up in #Kabwe, a beautiful place in central Zambia that was once one of the world’s leading mining towns. Now it is better known as one of the most polluted places on Earth because of lead poisoning.

    Before I was born, my father and mother moved from a village in the central part of Northern Rhodesia, as Zambia was called back then, to a town called Broken Hill, which became known as Kabwe after independence. Kabwe is right in the middle of Zambia’s Central Province, about 100 miles from the capital Lusaka.


    https://medium.com/world-of-opportunity/i-grew-up-in-one-of-the-worlds-most-toxic-towns-6c2e8b43dd83
    #pollution #zambie #mines #santé
    cc @albertocampiphoto @daphne @marty

  • Zambia drought could slash 2018 maize output by around 50 percent
    https://af.reuters.com/article/investingNews/idAFKBN1FB15M-OZABS?feedType=RSS&feedName=investingNews

    Quand le sorgho est une céréale résistante à la sécheresse...

    Zambia’s maize production may drop around 50 percent in the current 2017/2018 crop season if a dry spell which the nation is experiencing continues into next month, an industry body said on Monday.

    #Zambie #sécheresse #maïs

  • La mise en politique des circulations commerciales transfrontalières en #Zambie : infrastructures et moment néolibéral

    Le présent article étudie la mise en politique des flux et des circulations, dans la période récente marquée par la néolibéralisation de la vie économique et politique. Grâce à une étude de cas sur l’Afrique Australe et un travail ethnographique de terrain en Zambie, l’article met en évidence les changements que les programmes néolibéraux ont entraînés pour la gestion des flux et des infrastructures : l’introduction de nouveaux acteurs issus des sphères privée et internationale (grandes entreprises, institutions financières internationales, marchés communs) a contribué à transformer les rationalités qui légitiment la gestion des infrastructures et des flux. Ces dernières, qui font part belle aux logiques de #profit, se traduisent par un classement des flux suivant le critère de leur #rentabilité et de leur insertion dans l’#économie globalisée, et s’hybrident de façon originale avec les anciens schémas infrastructurels datant de la #colonisation.


    http://journals.openedition.org/geocarrefour/10342
    #frontières #commerce_transfrontalier #néolibéralisme

  • Un premier atlas sur les migrations rurales en Afrique subsaharienne - CIRAD
    http://www.cirad.fr/actualites/toutes-les-actualites/communiques-de-presse/2017/un-premier-atlas-sur-les-migrations-rurales-en-afrique-subsaharienne

    Un premier #atlas visant à mieux comprendre la complexité des modèles de #migration rurale en #Afrique subsaharienne a été publié le 2 novembre 2017. Intitulé « L’Afrique rurale en mouvement. Dynamiques et facteurs de migrations dans le sud du Sahara », il souligne le rôle important que les zones rurales continueront de jouer dans les futurs phénomènes migratoires du continent.

    #ruralité #agriculture #développement

  • Commercial Farming and Displacement in Zambia | HRW
    https://www.hrw.org/report/2017/10/25/forced-leave/commercial-farming-and-displacement-zambia

    The Zambian government regards agriculture as a “panacea” for rural poverty, and the country’s leaders have been promoting agribusiness investments on huge swaths of land. However, flaws in the government’s regulation of commercial agriculture, and its poor efforts at protecting the rights of vulnerable people, instead of helping people climb out of the poverty mire, are actually hurting them. Families that have lived and farmed for generations on land now allocated to commercial farms are being displaced without due process or compensation. Some have been left hungry and homeless.

    Any one commercial agriculture project, whether a massive investment by foreign investors on tens of thousands of hectares of agricultural land, or smaller land deals on a few hundred to a few thousand hectares, may impact individuals and households. Without proper safeguards, they may have a tremendously negative cumulative impact on local communities. Rural people suffer when governments fail to properly regulate land deals, large or small, and the operation of commercial farms. That is precisely what is happening in some rural communities in Zambia.

    #Zambie #déplacements_forcés #terres #agro-industrie

  • Le courage des militants qui s’attaquent aux #matières_premières

    A Livingstone dans le sud de la Zambie, chaque nuit, j’ai été réveillée par le passage de trains qui passaient non loin de l’hôtel où j’ai séjourné durant quelques jours. Les gens de la région le surnomment le « train du #cuivre », puisqu’il transporte le précieux métal depuis les mines de la « #Copperbelt », la ceinture de cuivre, au centre de la #Zambie, et celles du #Katanga voisin, en République démocratique du Congo. Les convois traversent ensuite le Zimbabwe, jusqu’aux ports d’Afrique du Sud, direction : la Chine. Aujourd’hui comme hier, les #trains construits à la période coloniale servent avant tout à exfiltrer les matières premières, des #mines jusqu’aux métropoles, hier la Grande-Bretagne, la France, le Portugal ; aujourd’hui, la Chine.


    https://www.lecourrier.ch/151473/le_courage_des_militants_qui_s_attaquent_aux_matieres_premieres
    #résistance #militants #métaux

  • Zambia’s peasants at risk of becoming squatters on their own land – UN expert warns

    The expert drew special attention to the fact that in the Zambian dual-model of land tenure tenants on state land enjoy the full protection of their property rights. “However,” she noted, “landholders under customary tenure, affecting around 85% of the land, mostly in hands of peasants, are essentially occupants or users of land and their property and land rights remain unprotected.”

    http://www.ohchr.org/EN/NewsEvents/Pages/DisplayNews.aspx?NewsID=21612&LangID=E
    #Zambie #agriculture #paysannerie #terres #propriété
    cc @odilon