#zamiatine

  • Radio : Bertrand Louart, Racine de Moins Un, la centième, 2025

    Pour la centième émission #Racine_de_Moins_Un, son animateur et réalisateur #Bertrand_Louart, donne quelques explications sur le contenu de cette série d’émissions. D’abord, le titre de la série. Ensuite, la critique de la science et du #scientisme et son rapport avec la critique #anti-industrielle ou critique du capitalisme industriel. Enfin, à partir des conséquences de l’#automatisation, comment la critique de la technologie met en évidence les formes impersonnelles de domination, d’exploitation et d’aliénation.

    Alors bien sûr, l’utilisateur final de la technologie peut avoir l’impression de disposer d’une plus grande liberté de choix et d’usage. Mais ce n’est jamais qu’une impression : l’automobiliste doit aller travailler tous les jours en voiture pour pouvoir payer l’assurance, le carburant et les traites de son automobile ; l’utilisateur de smartphone est pris dans la toile d’Internet et des réseaux sociaux pour pouvoir continuer d’exister professionnellement et socialement, etc. La technologie – qu’on l’accepte ou la refuse – transforme en profondeur la société et la vie quotidienne de tout le monde à travers toute la planète, autant pour sa production que dans son usage. [...]
    Pour conclure provisoirement cette émission – car il y aurait bien d’autres choses à dire –, la critique anti-industrielle met en évidence les formes de domination, d’exploitation et d’aliénation qui sont impersonnelles, c’est-à-dire qui sont inscrites par le développement du capitalisme industriel dans l’aménagement du territoire, les dispositifs technologiques, la structure des machineries, etc. Ces appareillages peuvent donner au premier abord un sentiment de liberté et d’autonomie, mais le plus souvent ils viennent renforcer la dépendance à la marchandise et à l’argent ; et donc participent à détourner nos désirs et aspirations afin de continuer à faire tourner le système.
    Quoi qu’il en soit, souvenez-vous que :
    La seule chose pire que d’utiliser la technologie
    tout en la critiquant,
    c’est de l’utiliser sans jamais la critiquer
    .

    https://sniadecky.wordpress.com/2026/01/03/rmu-centieme

    Avec le PDF qui va bien :
    https://archive.org/download/rmu-100-louart-centieme/RMU_100_Louart-Centieme.pdf

    #critique-techno #Encyclopédie_des_Nuisances #Zamiatine

  • Que nous dit Nous de notre époque – sur le chef d’œuvre d’Evgueni Zamiatine - AOC media
    https://aoc.media/critique/2024/05/26/que-nous-dit-nous-de-notre-epoque-sur-le-chef-doeuvre-devgueni-zamiatine

    Longtemps réduit à un pamphlet anti soviétique Nous d’Evgueni Zamiatine, qui reparaît dans l’Imaginaire de Gallimard, a traversé le vingtième siècle comme un météore sourd aux injonctions des propagandes, et il rebondit aujourd’hui pour nous parler de notre monde transparent et synchronisé, régulé par les Gafam et les algorithmes.

    • Selon [Giuliano da Empoli], Zamiatine était un « acrobate du temps ». Il avançait sur une corde tendue entre les siècles, à cheval sur les univers parallèles dont parlent les physiciens. « En 1922, Zamiatine avait cessé d’être un simple écrivain et était devenu une machine du temps. Parce qu’il croyait être en train d’écrire une critique féroce du système soviétique en construction. Ses censeurs eux-mêmes l’avaient lu ainsi, raison pour laquelle ils en avaient interdit la publication. Mais en vérité Zamiatine ne s’adressait pas à eux. Sans s’en rendre compte, il avait enjambé un siècle pour s’adresser directement à notre ère. »
      Son #roman_d’anticipation prenait tout son sens non pas dans le monde obsolète de la guerre froide, mais dans le vertige ultra technologique et déshumanisé du XXX e siècle. Il ne s’adressait pas aux censeurs soviétiques qui l’avaient interdit, ni à ses lecteurs occidentaux qui voyaient en lui une critique de la bureaucratie soviétique. « en vérité Zamiatine ne s’adressait pas à eux. Sans s’en rendre compte, il avait enjambé un siècle pour s’adresser directement à notre ère. Nousdépeignait une société gouvernée par la logique, où toute chose était convertie en chiffres, et où la vie de chaque individu était réglée dans les moindres détails pour garantir une efficacité maximale. Une dictature implacable mais confortable qui permettait à n’importe qui de produire trois sonates musicales en une heure en poussant simplement un bouton, et où les rapports entre les sexes étaient réglés par un mécanisme automatique, déterminant les partenaires les plus compatibles et permettant de s’accoupler avec chacun d’entre eux. »
      Da Empoli renouvelle la lecture du roman de Zamiatine. Pour lui Zamiatine était un oracle, il ne s’adressait pas seulement à Staline : il épinglait tous les dictateurs à venir, « les oligarques de la Silicon Valley » « les mandarins du parti unique chinois ». Son livre était une arme contre la « ruche digitale qui commençait à recouvrir la planète. »

      « Zamiatine a traversé la catastrophe future conclut Giuliano da Empoli dans sa préface, pour nous n’ayons pas à le faire. La lecture de son livre ouvre la voie à la possibilité d’un avenir différent. »

      Car ce livre inouï et qui ne ressemble à aucun autre, n’est pas un pamphlet anti soviétique, c’est une œuvre d’art. Il a traversé le vingtième siècle comme un météore sourd aux injonctions des propagandes, et il rebondit aujourd’hui pour nous parler de notre monde, non pas le vieux monde de la guerre froide dans lequel on a voulu l’enfermer, mais notre monde transparent et synchronisé régulé par les Gafam et les algorithmes.
      « Les hommes sont comme les romans écrivait Eugène Zamiatine, avant la dernière page, on ne sait jamais comment ils finiront. Autrement cela ne vaudrait pas la peine de les lire. »

  • #Iouri_Annenkov, l’homme qui les a tous connus
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/241216/iouri-annenkov-lhomme-qui-les-tous-connus

    Gorki l’a fait jouer enfant, il faisait des parties de croquet avec Maïakovski, Lénine passait à la maison, mais dès l’adolescence, Iouri Annenkov s’est épris de l’art, de la poésie, du #théâtre. Traduit pour la première fois en français, son #Journal_de_mes_rencontres dresse un portrait unique d’une époque et de ses acteurs. © Vladimir Sokolaev

    #Culture-Idées #1917 #Age_d'argent #Blok #Gorki #littérature_russe #Mandelstam #Max_Ophuls #Meyerhold #Russie #SR #URSS #Zamiatine