• Cent projets de start-up pour renforcer le service public
    https://www.lefigaro.fr/entrepreneur/cent-projets-de-start-up-pour-renforcer-le-service-public-20210905

    L’État est devenu incubateur de jeunes pousses. À Bercy, l’une d’elles, Signaux Faibles, est censée mieux détecter les entreprises en difficulté.

    Pour faire bouger l’État, il y a les vastes réflexions sur les nouveaux enjeux du service public et les petits pas concrets. Le programme Beta.gouv suit clairement la seconde voie. Il vise à « aider les administrations publiques à améliorer le service public de l’intérieur grâce au numérique » en s’appuyant sur des start-up d’État, c’est-à-dire des services innovants incubés au sein des ministères ou des administrations.

    Concrètement, il s’agit de donner aux fonctionnaires, à l’esprit entrepreneur et au projet solide, les moyens financiers et le temps pour développer leurs idées de nouveaux outils internet tournés vers les usagers. Ces incubateurs inspirés du privé permettent ainsi à l’État de valoriser ses agents les plus innovants, mais aussi de mobiliser l’expertise de jeunes informaticiens, codeurs, qui, sans cette promesse de souplesse et d’autonomie dans le travail, n’auraient jamais pensé rejoindre la direction d’un ministère.

    La suite payante, mais à lire : Start-up nation : quand l’État programme son obsolescence Jules Brion https://seenthis.net/messages/926470

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  • Start-up nation : quand l’État programme son obsolescence Jules Brion
    https://lvsl.fr/start-up-nation-quand-letat-programme-son-obsolescence

    Depuis de nombreuses années, les start-ups françaises peuvent se targuer d’avoir à leur disposition de nombreuses subventions publiques et un environnement médiatique favorable. Partant du postulat que la puissance privée est seule capable d’imagination et d’innovation, l’État français finance à tour de bras ces « jeunes pousses » dans l’espoir schumpéterien de révolutionner son économie. Cette stratégie économique condamne pourtant la puissance publique à l’impuissance et à l’attentisme.


    Emmanuel Macron, alors ministre de l’Economie, promouvant la “French Tech” au Consumer Electronics Show de Las Vegas en 2016. © Christophe Pelletier

    En 2017, Emmanuel Macron avait largement axé sa campagne présidentielle sur un discours général favorable à l’entreprenariat. La stratégie économique française valorise ainsi la création de nouvelles entreprises, dites jeunes pousses ou start-ups. En avril 2017, le futur président français assène qu’une « start-up nation est une Nation où chacun peut se dire qu’il pourra créer une start-up. Je veux que la France en soit une ». Ces entités ont pour vocation de proposer des technologies de ruptures disruptives, selon l’expression de l’économiste américain Clayton Christensen, c’est-à-dire une redéfinition des règles du jeu économique venant remplacer les anciens schémas de pensée.

    Cette configuration institutionnelle favorable aux start-ups n’est cependant pas apparue subitement lors de la dernière présidentielle. Le label French Tech est en effet lancé dès 2013 par Fleur Pellerin, alors Ministre déléguée chargée des Petites et moyennes entreprises, de l’Innovation et de l’Économie numérique. Ce programme a pour ambition de développer les jeunes pousses hexagonales. Les successeurs de Fleur Pellerin vous tous accompagner et poursuivre ce mouvement d’effervescence : en 2015 sont lancés le French Tech Ticket ainsi que le French Tech Visa en 2017.

    Ce discours s’accompagne d’un appel à créer le plus de licornes possibles : des start-ups valorisées sur les marchés à plus d’un milliard d’euros. Alors que la France compte 3 licornes en 2017, ce chiffre est passé à 15 en 2020. Le gouvernement espère qu’il en sera crée 10 de plus d’ici 2025. Ce constant appel à l’innovation s’inspire de l’exemple israélien, parangon de la start-up nation, qui compte une jeune pousse pour 1400 habitants. Poussé par l’afflux de liquidités fourni par son ministère de la défense, l’État hébreux s’est lancé très tôt dans cette stratégie économique. Les nombreuses start-ups qui y sont créées permettent à Israël de mieux peser sur la scène internationale : son secteur de l’innovation représente 10% de son PIB et près de la moitié de ses exportations.

    De l’État providence à l’État subventionneur
    Toutes ces entreprises ne se sont pas créées d’elles-mêmes. Pour leur écrasante majorité, elles ont largement été financées par la puissance publique. Dès 2012, tout un écosystème institutionnel favorable à l’entreprenariat individuel est mis en place. En pleine campagne présidentielle, François Hollande promet une réindustrialisation rapide et efficace de la France. Afin d’atteindre cet objectif ambitieux, ce dernier entend créer « une banque publique d’investissement qui […] accompagnera le développement des entreprises stratégiques ». Quatre mois plus tard naît la Banque Publique d’Investissement (BPI), détenue par la Caisse des Dépôts et des Consignations (CDC) ainsi que par l’État. La BPI a pour mission de « financer des projets de long terme » et d’œuvrer à la « conversion numérique » de l’Hexagone. Très vite, l’institution devient un outil permettant à l’État de financer massivement les start-ups. La BPI subventionne ainsi le label French Tech à hauteur de 200 millions d’euros et est actionnaire de nombreuses start-ups françaises.

    Comme le pointe un rapport publié par Rolland Berger, une grande majorité des entreprises du French Tech Next 40/120 — un programme regroupant les start-ups françaises les plus prometteuses — a reçu des prêts et des subventions de la puissance publique. On estime ainsi que 89% de ces entreprises ont reçu une aide indirecte de la BPI ! En pleine crise sanitaire, l’institution obtient plus de 2 milliards d’euros pour soutenir ces entreprises innovantes tandis que 3,7 milliards du plan de relance décidé en 2020 par le gouvernement a été fléché vers la création et l’aide aux start-ups. Cedric O, Secrétaire d’État chargé de la Transition numérique, confirme ainsi qu’il « va y avoir des opportunités suite à la crise [sanitaire], tout comme celle de 2008 ».

    Pour autant, l’État français ne soutient pas ses start-ups uniquement sur le plan financier. La loi Pacte de 2019, en continuité avec la loi Allègre de 1999, facilite les passerelles public-privé et encourage les chercheurs à créer des entreprises. Ces dispositions législatives permettent à des recherches menées et financées grâce à de l’argent public d’être « valorisées », c’est-à-dire en réalité privatisées, par le secteur lucratif. Des Sociétés d’Accélération du Transfert de Technologies (SATT) ont été créées pour accélérer ce processus dans de nombreuses universités. Plus de 250 start-ups ont été développées par le prisme de ce réseau depuis 2012. L’Union européenne n’est pas en reste dans cette stratégie de soutien massif aux « jeunes pousses ». Sa stratégie Horizon 2020, un programme de 79 milliards d’euros étalé entre 2014 et 2020, dédiait 20% de son budget à la création de start-ups. Pléthore de pays européens se tournent eux aussi vers des stratégies de numérisation de l’économie, souvent via un soutien sans faille aux start-ups. En 2012, le ministre italien de l’économie, sous le gouvernement du technocrate Mario Monti, a promulgué une loi qui a permis à l’État italien de dépenser 200 millions d’euros pour aider les jeunes entreprises du pays, dans le but de « promouvoir la mobilité sociale ». Depuis 2019, le fonds national pour l’innovation italien a dépensé 245 millions d’euros pour subventionner 480 start-ups.

    Le mythe des start-ups souveraines et créatrices d’emplois
    Si les nations européennes axent autant leurs stratégies économiques sur le développement des start-ups, c’est avant tout car cette politique permet aux États de prétendre agir dans des domaines clefs où leur incurie a mainte fois été pointée du doigt : la lutte contre le chômage de masse et la mise en place d’une souveraineté technologique. 

    Nombre de médias se sont ainsi fait le relais de la start-up mania, louant la capacité de la French Tech à « créer 224.000 nouveaux emplois d’ici à 2025 » et à être le « fer de lance de l’économie ». Ces jeunes pousses permettraient de créer jusqu’à « 5,2 emplois indirects qui dépendent de [leur] activité » et d’œuvrer à la réindustrialisation de la France. Ce constat mérite pourtant d’être nuancé. Comme cela a déjà été évoqué, la start-up mania s’accompagne d’une aide inconditionnelle de l’État français par le prisme de la BPI. Pourtant, comme l’ont analysé nos confrères du Média, le bilan de l’institution est tâché de nombreux scandales. La banque, dès sa création, n’a pas été pensée comme un organisme capable de contenir et d’endiguer la désindustrialisation de l’Hexagone. M. Moscovici, alors ministre des finances, déclarait ainsi en 2012, que « la BPI n’est pas un outil défensif, c’est un outil offensif, n’en faisons pas un pompier ».

    L’institution est en effet souvent demeurée indifférente aux plans de licenciements et en a même favorisé certains comme le confirment les exemples des entreprises Veralia et Arjowiggins. Une loi du 23 mars 2020 a quant à elle permis d’ouvrir le conseil d’administration de l’institution à des acteurs privés, laissant une fois de plus planer le doute sur la capacité et la volonté de la banque publique d’agir pour le bien commun.

    Il est également permis de rester sceptique face à une stratégie de réduction de chômage structurelle se basant principalement sur le soutien à des start-ups qui participent à la « plateformisation » de notre économie. En proposant de mettre en contact clients et professionnels, des entreprises telles que Uber ou Deliveroo s’évertuent à détruire code du travail et régulations étatiques. Alors qu’elles sont vendues comme des instruments permettant de lutter contre le chômage, ces start-ups ne peuvent exister et espérer devenir rentables que par une grande flexibilité et en excluant leurs travailleurs du salariat. Le gouvernement socialiste espagnol vient ainsi récemment de légiférer afin de contrôler ces géants de l’économie de plateforme, permettant de conférer un statut de salarié aux livreurs qui étaient considérés comme des travailleurs indépendants. À peine la nouvelle annoncée, Deliveroo a annoncé qu’elle comptait mettre fin à ses activités dans le pays, tandis que ses concurrents Stuart, Glovo et UberEats critiquaient cette décision qui va mettre « en danger un secteur qui apporte 700 millions d’euros au PIB national ».

    En somme, la France semble avoir abandonné toute stratégie ambitieuse de réduction du chômage de masse. Plutôt que de défendre le droit de tout citoyen à obtenir un emploi, inscrit dans le préambule de la Constitution de 1946, l’État dépense des sommes faramineuses afin d’encourager la création d’entreprises à l’avenir très incertain. Dans cette politique qui s’apparente à un véritable choix du chômage, les citoyens sont appelés à innover alors même que les multiples causes du chômage structurelle sont éludées. Pour autant, cette incurie étatique ne date ni du quinquennat Hollande ni du mandat du président Macron : Raymond Barre déclarait en 1980 que « les chômeurs pourraient essayer de créer leur entreprise au lieu de se borner à toucher les allocations de chômage ! ».

    NDLR :  Pour en savoir plus sur les choix politiques et économiques ayant conduit à un chômage de masse persistant, lire sur LVSL l’interview de Benoît Collombat par le même auteur https://lvsl.fr/le-choix-du-chomage-est-la-consequence-de-decisions-neoliberales-entretien-avec : « Le choix du chômage est la conséquence de décisions néolibérales ».

    Outre l’argument des créations d’emplois, le soutien aux start-ups est également justifié par une nécessaire préservation de la souveraineté nationale. Dès qu’éclate en 2013 l’affaire Snowden, la préservation de la vie privée et la souveraineté technologique deviennent des préoccupations politiques majeures. Des entrepreneurs ont profité de ce phénomène pour proposer des technologies souveraines capables de réduire l’impuissance des nations européennes face à l’espionnage de masse. Les États comme la France vont alors largement baser leur politique de défense de la souveraineté nationale par un soutien massif à des start-ups.

    L’exemple de l’entreprise Qwant est sur ce point éloquent tant il permet de montrer les insuffisances et les impasses d’une telle approche. Fondée en 2011 par Jean-Manuel Rozan, Eric Léandri et Patrick Constant, l’entreprise se rêve en « Google français » en proposant un moteur de recherche souverain. Alors que la société n’est pas loin de la faillite, l’affaire Snowden lui permet de faire un large lobbying au sein des institutions françaises. Ces efforts seront rapidement récompensés puisque la Caisse des Dépôts et des Consignations investit en 2017 plus de 20 millions d’euros dans le projet tout en détenant 20% de son capital. En janvier 2020, l’État annonce même que Qwant est désormais installé sur les postes informatiques de l’administration publique. Pourtant, force est de constater que cette aide massive n’a pas permis de bâtir un moteur de recherche réellement souverain : en 2019, soit sept ans après sa création, Qwant utilise la technologie de Bing (Microsoft) dans 75% des recherches effectuées. Une note de la Direction interministérielle du numérique (DINUM) pointe également les nombreuses failles de l’entreprise, tels que les salaires mirobolants de ses dirigeants et les nombreux problèmes techniques du logiciel utilisé par Qwant, qui laissent perplexe quant au soutien massif que lui prodigue l’État. Plus largement, rien n’indique qu’une entreprise créée sur le sol français ne tombera pas aux mains de fonds d’investissements étrangers : parmi les licornes « françaises », la start-up Aircall (téléphonie via IP) est détenue à majorité par des acteurs non-français, tandis que Voodoo (jeux vidéo) a fait rentrer le géant chinois Tencent à son capital.

    Quand les start-ups remplacent l’État
    Le recours aux start-ups s’explique également par une prétendue incapacité de l’État à innover, à comprendre le marché et à « prendre des risques ». Ce mythe, pourtant déconstruit méthodiquement par l’économiste Mariana Mazzucato dans The Entrepreneurial State (paru en français en 2020), laisse penser que seul le secteur privé est capable de faire évoluer nos activités économiques et donc de créer des emplois. Comme l’analyse l’auteure, « le « retard » de l’Europe par rapport aux États-Unis est souvent attribué à la faiblesse de son secteur du capital-risque. Les exemples des secteurs de haute technologie aux États-Unis sont souvent utilisés pour expliquer pourquoi nous avons besoin de moins d’État et de plus de marché ». Nombre de start-ups se servent de ce mythe auto-réalisateur pour légitimer leur activité.

    Il est intéressant de noter que cette mentalité a également imprégné les dirigeants d’institutions publiques. Un rapport de la CDC ayant fuité en 2020 et prétendant redéfinir et révolutionner la politique de santé française chantait les louanges du secteur privé, des partenariats public-privé et de 700 start-ups de la healthtech. La puissance publique finance volontiers des jeunes pousses du domaine de la santé, à l’image d’Owkin, qui utilise l’intelligence artificielle pour traiter des données médicales, ou encore Lucine qui, grâce à des sons et des images, revendique la capacité de libérer des endorphines, de la morphine ou de l’adrénaline. La CDC détient également 38,8% d’Icade santé, un des acteurs majeurs du secteur privé et lucratif de la santé en France. De fait, les start-ups médicales s’immiscent de plus en plus au sein des institutions privées, à l’image d’Happytal, financé à hauteur de 3 millions d’euros par la BPI, qui propose à prix d’or aux hôpitaux des services de pré-admission en ligne ou de conciergerie de patients hospitalisés. Pour encourager les jeunes pousses à envahir les hôpitaux publics, la puissance publique va jusqu’à prodiguer, via un guide produit par BPI France https://www.lemediatv.fr/articles/2021/bpi-france-banque-publique-interets-prives-letat-livre-la-sante-aux-financ , des conseils pour entrepreneurs peu scrupuleux expliquant comment passer outre des agents publics dubitatifs et méfiants qui ont « tendance à freiner les discussions » !

    Ainsi, comme l’analyse Mariana Mazzucato, « c’est donc une prophétie auto-réalisatrice que de considérer l’État comme encombrant et uniquement capable de corriger les défaillances du marché ». Pourtant, les start-ups ne pullulent pas uniquement grâce à ce zeitgeist favorable à l’entreprenariat, mais profitent directement de l’incapacité de l’État à fournir des services à ses citoyens, renforçant d’autant plus le mythe évoqué par Mariana Mazzucato. L’exemple de l’attribution à Doctolib du vaste marché de la prise de rendez-vous en ligne des Hôpitaux de Paris (AP-HP) en 2016 est révélateur de ce phénomène : devenu incapable de fournir un service public de prise de rendez-vous, l’État a dû confier les données de santé de millions de français à cette start-up française. La même expérience s’est répétée lors de la prise des rendez-vous de la vaccination contre le COVID-19, qui ont permis à l’entreprise d’engranger des millions de nouveaux clients sans aucune dépense de publicité.

    Vers une bulle spéculative ?
    Outre les questions que soulève le soutien massif de l’État français aux jeunes pousses du numérique, il convient également de se poser la question de la crédibilité économique de ces entreprises. En effet, il apparaît que nombre de ces sociétés participent à la financiarisation de nos activités économiques et deviennent des actifs spéculatifs et instables. Plus que de « changer le monde », un créateur de start-up recherche principalement à réaliser un « exit », c’est-à-dire à réaliser une belle plus-value via le rachat ou l’entrée en bourse de son entreprise. Dans un climat hostile et instable — on estime que seulement 20 % des jeunes pousses réussissent cet « exit » — les entrepreneurs sont poussés à dilapider le plus rapidement l’argent qu’ils ont à leur disposition. Cette stratégie, dénommée burn rate, est souvent perçue comme une perspective de croissance future par les investisseurs.

    De plus, les entrepreneurs sont souvent poussés à embellir leurs entreprises en exagérant le potentiel des services qu’elles proposent, voire en mentant sur leurs résultats, comme le montrent les exemples de Theranos (tests sanguins soi-disant révolutionnaires), Rifft (objets connectés) ou The Camp (technopôle provençal en perdition adoubé par M. Macron). Cela conduit les start-ups technologiques à avoir un ratio de valorisation sur chiffre d’affaires très élevé. Alors qu’il n’est que de 2,6 fois pour Amazon, c’est-à-dire que la valorisation boursière de l’entreprise n’excède « que » de 2,6 fois son chiffre d’affaires, ce nombre atteint plus de 50 pour certaines licornes. Pour AirBnb, la troisième licorne mondiale valorisée à 25,5 milliards de dollars, le chiffre est par exemple de 28,6. Alors que dans une entreprise traditionnelle la valeur des actions est estimée par les investisseurs en fonction de l’estimation des bénéfices futurs d’une entreprise, ce chiffre est très largement secondaire dans les levées de fonds de start-ups. Ainsi, de nombreuses licornes ne prévoient pas à court ou moyen terme de réaliser des bénéfices. L’entreprise Lyft a par exemple enregistré l’an dernier une perte de 911 millions de dollar, tandis qu’Uber a perdu 800 millions de dollars en un trimestre. On estime que sur les 147 licornes qui existent autour du globe, seulement 33 sont rentables. En somme, les investisseurs s’intéressent principalement à la capacité d’une start-up à produire une masse d’utilisateurs la plus large possible. Ce phénomène justifie des dépenses gargantuesques par ces mastodontes de l’économie de plateforme : Lyft a dépensé 1,3 milliard de dollars en marketing et en incitations pour les chauffeurs et les coursiers en 2018. Cet écosystème très instable a toutes les chances de participer à la création d’une bulle spéculative sous la forme d’une pyramide de Ponzi. En effet, si nombre de ces entreprises sont incapables à moyen terme de produire un quelconque bénéfice, que leurs actifs sont surévalués et que les règles du jeu économique poussent les entrepreneurs à dépenser sans compter tout en accentuant excessivement les mérites de leurs produits, les marchés financiers risquent de connaître une nouvelle crise technologique comparable à celle de 2001.

    La stratégie économique de soutien massif aux start-ups adoptée par l’État français s’apparente ainsi fortement à une politique néolibérale. En effet, comme ont pu l’analyser Michel Foucault et Barbara Stiegler, le néolibéralisme, loin d’être favorable à un État minimal, comme le libéralisme classique, prône l’émergence d’un État fort capable de réguler l’économie et d’adapter les masses au sens de l’évolution capitaliste ; c’est-à-dire aux besoins du marché. Ce constat conduit l’auteure d’Il faut s’adapter (Gallimard, 2019) à affirmer que « la plupart du temps les responsables de gauche caricaturent ainsi le néolibéralisme en le prenant pour un ultralibéralisme lointain […] si bien que dès qu’un gouvernement fait appel à plus l’État, ces responsables croient que ça signifie que la menace ultralibérale a été repoussée ». De fait, plutôt que de considérer de facto une politique de soutien aux start-ups comme souhaitable et efficace, il conviendrait de rester prudent vis-à-vis de ce genre d’initiative. Une telle attitude serait d’autant plus vertueuse qu’elle permettrait de comprendre que « l’économie disruptive », loin de dynamiter les codes du secteur économique, imite sans scrupule les recettes du « monde d’avant ». Les concepts flous de « start-up » ou de « technologies de ruptures » y sont les nouveaux arguments d’autorité justifiant la destruction de nos écosystèmes, la disparition des petites entreprises et des services publics et la précarisation de pans entiers de la populations.

    NDLR :  Pour en savoir plus sur la différence entre libéralisme et néolibéralisme, lire sur LVSL https://lvsl.fr/limperatif-neoliberal-de-ladaptation-par-barbara-stiegler l’article réalisé par Vincent Ortiz et Pablo Patarin : L’impératif néolibéral de « l’adaptation » : retour sur l’ouvrage de Barbara Stiegler.

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    • Paris - 29 Mars 2021 : Think Tec Summit, 10 000 start_ups pour changer le monde ! (Cérémonie).
      https://10kstartups-pour-changer-le-monde.fr

      La Tech au coeur de la relance économique ? 
Financement, impact, hypercroissance, Covid-19, jeunesse et relance, mixité, relocalisations dans les territoires d’industrie, biotech, souveraineté…
      Le 29 mars, La Tribune réunit l’ensemble de l’écosystème tech au Grand Rex de Paris pour le Think Tech Summit, l’événement de référence qui pense le futur de la French Tech, comme moteur de la relance, comme tremplin d’emplois, comme modèle d’insertion.
      https://www.youtube.com/watch?v=Xl3G02GYyY8

      15h00 - Keynote : Où va la French Tech ?
      15h20 - 11 licornes, et après ? Les défis de l’hypercroissance
      15h50 - Vaccins, médicaments : comment faire grandir les biotech ?
      16h20 - KEYNOTE : L’international avec Business France
      16h30 - La startup nation, moteur de la Relance ?
      17h00 - La tech peut-elle relancer les territoires d’industrie ?
      17h30 - KEYNOTE : Les startups contre Apple, un enjeu de concurrence
      17h45 - Cleantech, Enertech : quelles innovations de rupture ?
      18h15 - La souveraineté peut-elle se gagner par la technologie ?
      18h45 - KEYNOTE : Les années 20 seront exubérantes !
      19h00 - Cérémonie 10K
      20h00 - After Work « Think Tech Summit »

      L’apothéose d’une tournée dans toute la France et en Outre-Mer, pendant laquelle La Tribune et son jury d’experts ont entendu 180 pitchs et primé 48 lauréats dans six catégories.

  • Nach Kriegsende lebte der jüdische Rotarmist Wladimir Gelfand einei...
    https://diasp.eu/p/11350669

    Nach Kriegsende lebte der jüdische Rotarmist Wladimir Gelfand eineinhalb Jahre lang in Ostdeutschland. Er unternahm Radtouren durch Brandenburg, fotografierte das zerstörte Berlin - und bekam Liebesbriefe von deutschen Frauen. So schwierig waren Liebesbeziehungen zwischen Russen und Deutschen im Nachkriegsdeutschland - DER SPIEGEL - Geschichte #Geschichte #Kriegsende #ZeitzeugenderNachkriegszeit #Nachkriegszeit #Sowjetunion #Berlin #ZweiterWeltkrieg #Weltkriege

  • Heimische Firmen greifen noch kaum auf Gig-Worker zurück
    https://www.derstandard.at/story/2000107800271/heimische-firmen-greifen-noch-kaum-auf-gig-worker-zurueck

    In Österreich ist man zum Glück noch nicht so weit wie in Deutschland. Arbeitsrecht und „Unternehmenskultur“ verhindern die radikals Ausbeutung der Gig-Worker.

    Vielen Unternehmen ist das Konzept, Aufgaben an digitale Freiberufler zu vergeben noch unbekannt. Das könnte sich laut einer aktuellen Deloitte-Studie aber ändern

    27. August 2019 - Den Begriff „Gig-Work“ ist aus der Musikbranche entlehnt, wo man von einem Gig spricht, wenn ein Künstler einen Auftritt hat. Analog werden Gig-Worker von Firmen nur für kurzfristige Arbeitsaufträge angeheuert, meist über das Internet.

    Einzelne Aufgaben im Internet an Freiberufler zu vergeben – sogenanntes Crowdsourcing – wird in Österreich noch selten angewandt. Das zeigt zumindest eine aktuelle Deloitte-Studie, für die rund 200 Unternehmensvertreter befragt wurden. Dass dieses Modell, Arbeit zu verteilen, bisher noch nicht sehr verbreitet ist, führt Deloitte auf dessen mangelnde Bekanntheit zurück. So können 35 Prozent der Befragten mit Crowdsourcing nichts anfangen. Der Begriff „Gig-Work“, quasi ein Synonym, ist mehr als der Hälfte unbekannt. Auch halten viele Befragte den Einsatz alternativer Arbeitsmodelle für nicht branchenüblich.

    83 Prozent der Umfrageteilnehmer rechnen jedoch damit, dass alternative Arbeitsmodelle in Zukunft zunehmen werden. „Wir erleben derzeit einen grundlegenden Wandel. Arbeit wird immer flexibler und Beschäftigungsformen verändern sich“, sagt Elisa Aichinger von Deloitte Österreich. Der Großteil setze bisher aber eher auf klassische Alternativen wie die Kooperation mit anderen Organisationen, Leiharbeitskräfte oder Werkvertragsnehmer.

    Arbeitsrecht als Hürde

    Ein Hindernis für die Verbreitung alternativer Arbeitsmodelle seien die Zweifel der Betriebe, ob diese auch mit der Unternehmenskultur kompatibel sind. Laut Eichinger eine unbegründete Sorge: „Im Alltag sind alternative Arbeitsformen oft besser mit der Unternehmenskultur vereinbar als gedacht.“ Die Umfrage zeigt, dass nach der Einführung nur noch 21 Prozent diesbezüglich Hürden sehen.

    Auch das Arbeitsrecht hindert Unternehmen offenbar daran, auf Freelancer aus dem Internet zurückzugreifen. 56 Prozent der Unternehmen nennen rechtliche Stolpersteine als Grund, warum man dies bisher noch nicht getan hat. Die Gesetze werde den Ansprüchen der neuen Arbeitswelt nicht mehr gerecht, findet Aichinger. Sie müssten angepasst werden, „sowohl im Sinne der Arbeitnehmer als auch der Arbeitgeber, um einerseits Freiheit und Flexibilität sowie andererseits Stabilität und Sicherheit für beide Seiten zu ermöglichen“.

    Kritik an Gig-Work & Co

    Als Risiken alternativer ArbeitsVielen Unternehmen ist das Konzept, Aufgaben an digitale Freiberufler zu vergeben noch unbekannt. Das könnte sich laut einer aktuellen Deloitte-Studie aber ändern

    Den Begriff „Gig-Work“ ist aus der Musikbranche entlehnt, wo man von einem Gig spricht, wenn ein Künstler einen Auftritt hat. Analog werden Gig-Worker von Firmen nur für kurzfristige Arbeitsaufträge angeheuert, meist über das Internet.

    Einzelne Aufgaben im Internet an Freiberufler zu vergeben – sogenanntes Crowdsourcing – wird in Österreich noch selten angewandt. Das zeigt zumindest eine aktuelle Deloitte-Studie, für die rund 200 Unternehmensvertreter befragt wurden. Dass dieses Modell, Arbeit zu verteilen, bisher noch nicht sehr verbreitet ist, führt Deloitte auf dessen mangelnde Bekanntheit zurück. So können 35 Prozent der Befragten mit Crowdsourcing nichts anfangen. Der Begriff „Gig-Work“, quasi ein Synonym, ist mehr als der Hälfte unbekannt. Auch halten viele Befragte den Einsatz alternativer Arbeitsmodelle für nicht branchenüblich.

    83 Prozent der Umfrageteilnehmer rechnen jedoch damit, dass alternative Arbeitsmodelle in Zukunft zunehmen werden. „Wir erleben derzeit einen grundlegenden Wandel. Arbeit wird immer flexibler und Beschäftigungsformen verändern sich“, sagt Elisa Aichinger von Deloitte Österreich. Der Großteil setze bisher aber eher auf klassische Alternativen wie die Kooperation mit anderen Organisationen, Leiharbeitskräfte oder Werkvertragsnehmer.

    Arbeitsrecht als Hürde
    Ein Hindernis für die Verbreitung alternativer Arbeitsmodelle seien die Zweifel der Betriebe, ob diese auch mit der Unternehmenskultur kompatibel sind. Laut Eichinger eine unbegründete Sorge: „Im Alltag sind alternative Arbeitsformen oft besser mit der Unternehmenskultur vereinbar als gedacht.“ Die Umfrage zeigt, dass nach der Einführung nur noch 21 Prozent diesbezüglich Hürden sehen.

    Auch das Arbeitsrecht hindert Unternehmen offenbar daran, auf Freelancer aus dem Internet zurückzugreifen. 56 Prozent der Unternehmen nennen rechtliche Stolpersteine als Grund, warum man dies bisher noch nicht getan hat. Die Gesetze werde den Ansprüchen der neuen Arbeitswelt nicht mehr gerecht, findet Aichinger. Sie müssten angepasst werden, „sowohl im Sinne der Arbeitnehmer als auch der Arbeitgeber, um einerseits Freiheit und Flexibilität sowie andererseits Stabilität und Sicherheit für beide Seiten zu ermöglichen“.

    Kritik an Gig-Work & Co
    Als Risiken alternativer Arbeitsformen nennen die bereits damit vertrauten Unternehmen am häufigsten den möglichen Wissens- und Kompetenzverlust (53 Prozent), aber auch eine erschwerte Zusammenarbeit im Team (51 Prozent). Qualitätseinbußen stellen laut Studie das geringste Problem dar. Haben sie die Modelle erst einmal umgesetzt, relativieren sich demnach diese befürchteten Risiken aber.

    Die Nutzung neuer Arbeitsformen könne sich für heimische Unternehmen lohnen, betont Aichinger. „Die Vorteile liegen auf der Hand: Zugang zu neuen Kompetenzen, mehr Flexibilität und Agilität sowie eine höhere Innovationskraft.“

    Nicht alle sehen Crowdsourcing oder Gig-Work so positiv. Die britische Soziologin Ursula Huws, die zum Thema forscht, spricht etwa von einem „Cybertariat“, einem digitalen Prekariat. Auch Veronika Bohrn Mena, österreichische Gewerkschafterin und Buchautorin, kritisiert, dass Gig-Worker oft nur einen Hungerlohn bekommen. Sie seien im Krankheitsfall schlecht abgesichert, und ihre Arbeit werde auch noch „erbarmungslos“ öffentlich bewertet. (lib, 28.8.2019)

    formen nennen die bereits damit vertrauten Unternehmen am häufigsten den möglichen Wissens- und Kompetenzverlust (53 Prozent), aber auch eine erschwerte Zusammenarbeit im Team (51 Prozent). Qualitätseinbußen stellen laut Studie das geringste Problem dar. Haben sie die Modelle erst einmal umgesetzt, relativieren sich demnach diese befürchteten Risiken aber.

    Die Nutzung neuer Arbeitsformen könne sich für heimische Unternehmen lohnen, betont Aichinger. „Die Vorteile liegen auf der Hand: Zugang zu neuen Kompetenzen, mehr Flexibilität und Agilität sowie eine höhere Innovationskraft.“

    Nicht alle sehen Crowdsourcing oder Gig-Work so positiv. Die britische Soziologin Ursula Huws, die zum Thema forscht, spricht etwa von einem „Cybertariat“, einem digitalen Prekariat. Auch Veronika Bohrn Mena, österreichische Gewerkschafterin und Buchautorin, kritisiert, dass Gig-Worker oft nur einen Hungerlohn bekommen. Sie seien im Krankheitsfall schlecht abgesichert, und ihre Arbeit werde auch noch „erbarmungslos“ öffentlich bewertet.

    #Österreich #Arbeit #Internet #gig-working #Zeitarbeit #Ausbeutung

  • „Yeni Safak“ schoss mit ihrer Schlagzeile nicht bloß auf ausländisc...
    https://diasp.eu/p/9134139

    „Yeni Safak“ schoss mit ihrer Schlagzeile nicht bloß auf ausländische Medienhäuser. Die Zeitung nannte namentlich eine Reihe von Journalisten, die für ausländische Presse tätig sind, darunter auch mich, und machte sie zur Zielscheibe." …

    https://edition.faz.net/faz-edition/medien/2019-05-31/8f35314e49516f51f94a182bb8cbe837/?GEPC=s9

    #auf #ausländische #bloß #darunter #eine #ihrer #journalisten #machte #medienhäuser #mich #namentlich #nannte #nicht #presse #reihe #safak #schlagzeile #schoss #sie #sind #tätig #yeni #zeitung #zielscheibe #zur

  • SPANDAUER VOLKSBLATT : Was ganz Neues - DER SPIEGEL 17/1964
    https://www.spiegel.de/spiegel/print/d-46174512.html

    22.04.1964

    In den Redaktionsräumen der Vorortgazette „Spandauer Volksblatt“ an der Neuendorfer Straße 101 im Westberliner Verwaltungsbezirk Spandau planen sechs Männer im Alter von 32 bis 40 Jahren die Sonntagsausgabe vom 26. April. Mit ihr wollen sie zum erstenmal seit Bestehen des Blattes in das 13 Kilometer entfernte Berliner Zentrum um Zoo und Gedächtniskirche vorstoßen.

    Den attraktivsten Beitrag steuert Bestseller-Autor Günter Graß ("Hundejahre") bei: 27 Schreibmaschinenseiten über „Vor- und Nachgeschichte der Tragödie des Coriolanus von Livius und Plutarch über Shakespeare bis zu Brecht und mir“. Der Schriftsteller hat dieses Manuskript für eine Shakespeare-Gedächtnisrede am Mittwochabend dieser Woche in der Westberliner Akademie der Künste ausgearbeitet; der Exklusiv-Abdruck erscheint im „Spandauer Volksblatt“ (Auflage rund 27 000).
    Schriftsteller Günter Graß, 36, ist einer der sechs Männer, die mit dem „Spandauer Volksblatt“ den Kurfürstendamm erobern wollen. Die anderen fünf:

    – Otto Peter Schasiepen, 34, Diplom -Volkswirt und Verlagsleiter des „Spandauer Volksblattes“, früher Mitarbeiter der Unternehmensberatung George S. May;
    – Hans Höppner, 34, Chefredakteur des „Spandauer Volksblattes“, früher im selben Verlag erst Lokalredakteur, später Leiter des politischen Ressorts;
    – Dr. Volker Klotz, 33, Germanist, Assistent des Literatur-Professors Walter Höllerer und Verfasser theaterwissenschaftlicher Abhandlungen;
    – Gerhard Schoenberner, 32, Herausgeber des Bildbandes „Der gelbe Stern“ und des Augenzeugenberichtes über die Judenverfolgung „Wir haben es gesehen“;
    – Wolfgang Neuss, 40, Kabarettist ("Der Mann mit der Pauke").

    Außerdem heuerten die sechs eine Reihe von Mitarbeitern an (Graß: „Keine Berufsjournalisten, aber Leute, die schreiben können“), die ebenso wie Graß und Neuss gegen normales Zeilen-Honorar (30 Pfennig) Berlins Ehre als Zeitungsstadt retten sollen.

    Denn die Spandauer teilen nicht die Ansicht des Westberliner „Abend“, der noch zu Beginn dieses Monats meinte. „Berlin gilt noch immer als bedeutendste Zeitungsstadt“. Höppner und Schasiepen, deren „Volksblatt“ bislang außerhalb Spandaus nicht zu kaufen war. sind „schon seit Jahren unzufrieden mit dem Berliner Zeitungsmarkt“.

    Zwar ist Westberlin noch immer die an Zeitungen reichste Großstadt Deutschlands. Allein die Springer -Gruppe bringt in Berlin vier Blätter heraus: Die Berliner Ausgaben der „Welt“ und der „Bild“-Zeitung, ferner „Morgenpost“ und „BZ“ mit einer täglichen Gesamtauflage von 703 962 Exemplaren. Hinzu kommen - neben dem „Spandauer Volksblatt“ - „Tagesspiegel“, „Der Abend“, „Der Kurier“, „Telegraf“ und „nacht-depesche“ (Gesamtauflage 348 154).

    Gleichwohl glauben die Spandauer, daß „etwas fehlt“. Neuss: „Die Berliner Presse-Tragödie besteht aus Absprachen“, Geschäftsgrundlage sei allein der Antikommunismus.

    Der gemeinsame Ärger über die Westberliner Tagespresse inspirierte die sechs Neuerer schließlich zu ihrem Plan. Graß: „Eines Tages sagt man eben: Nicht mehr quatschen - machen.“

    Weshalb die Zeitungsamateure ausgerechnet auf das Vorort-Journal verfielen, erläuterte Gerhard Schoenberner so:
    „In kritischen Situationen informieren mich nur drei Zeitungen objektiv: die ’Frankfurter Rundschau’, die ’Süddeutsche Zeitung’ und das ’Spandauer Volksblatt’.“ Auf der Suche nach einer Tageszeitung, „die mich informiert und nicht immer nur meine Meinung bilden will“, geriet auch Graß an das „Spandauer Volksblatt“.

    Nach dem Krieg hatte die Lokalzeitung, die heute, mit Anzeigen wohlversorgt, auf gesunder wirtschaftlicher Basis ruht, das Erbe der von den Nationalsozialisten verbotenen Spandauer SPD-Zeitung „Volksblatt“ angetreten. Alt-Sozialdemokrat und Volksblatt-Redakteur Erich Lezinsky, während der Nazi-Zeit mit Berufsverbot bedacht, gab das „Spandauer Volksblatt“ mit der Lizenznummer 1 der britischen Militärregierung zum erstenmal am 5. März 1946 heraus.

    Nach seinem Tode im Jahre 1952 bemühte sich die Berliner SPD um die Lizenz. Die Briten beließen sie jedoch der Familie Lezinsky, und der Lizenz-Neid der Sozialdemokraten führte dazu, daß sich die Lezinskys mit der SPD überwarfen und aus der Partei austraten. Das „Spandauer Volksblatt“ nahm künftig jede Gelegenheit wahr, die Berliner SPD zu attackieren.
    Das änderte sich wieder 1962, als Höppner zum Chefredakteur aufstieg und Schasiepen die Verlagsleitung übernahm. Schasiepen: „Zunächst wurde das Verhältnis zur SPD bereinigt. Dann wurden junge Leute eingestellt und der Spandauer Zopf abgeschnitten.“

    Höppner: „Wir fragten uns: Wie kommen wir über unsere Spandauer Festung hinaus?“

    Im Herbst vergangenen Jahres kamen Höppner und Graß, die sich bis dahin nicht gekannt hatten, bei der Eröffnung des neuen Hauses der Philharmonie miteinander ins Gespräch. Graß zu Höppner: „Setzen wir uns doch mal zusammen.“

    Der ersten Zusammenkunft folgten Gespräche mit anderen jungen Autoren, bis die sechs ("Komitee des 26. März") Ende März ihre publizistische Berlin-Hilfe fest beschlossen.

    Für die Zukunft wollen die Spandauer ihren Vormarsch auf den Kudamm jedoch nicht nur im Windschatten prominenter Autoren bewältigen. Schasiepen möchte dem Zeitungsmarkt „was ganz Neues“ bescheren. Und Klotz erläutert: „Wir möchten die traditionellen Sparten der Zeitung sprengen.“

    #Berlin #Spandau #Neuendorfer_Straße #Zeitung #Medien #Geschichte #Westberlin #SPD

  • Óscar Romero: Papst spricht ermordeten Erzbischof heilig (https://w...
    https://diasp.eu/p/7854635

    Óscar Romero: Papst spricht ermordeten Erzbischof heilig

    Vor mehr als 60.000 Gläubigen hat Papst Franziskus sieben Katholiken in den Stand der Heiligen erhoben. Neben Óscar Romero ist auch der frühere Papst Paul VI. dabei.

    #papst #romero #zeitgeschehen #erzbischof #vor #gläubigen #franziskus #katholiken #stand #heiligen #neben #paul #news #bot #rss

  • Türkei: Der Stachel, den Erdoğan entfernen musste (https://www.zei...
    https://diasp.eu/p/7720199

    Türkei: Der Stachel, den Erdoğan entfernen musste

    Die „Cumhuriyet“ war die kritischste Stimme gegen das Regime von Recep Tayyip Erdoğan. Nun bringt er die Zeitung auf AKP-Linie. Die Demokratie ist endgültig tot.

    #ausland #türkei #stachel #cumhuriyet #stimme #regime #recep #zeitung #akp-linie #akp #linie #akplinie #demokratie #news #bot #rss

  • Brasilien: Großbrand zerstört Nationalmuseum in Rio de Janeiro (htt...
    https://diasp.eu/p/7664863

    Brasilien: Großbrand zerstört Nationalmuseum in Rio de Janeiro

    Millionen Artefakte aus der Geschichte Brasiliens sind verloren: Das Nationalmuseum des Landes ist durch Flammen verwüstet. Pannen erschwerten die Arbeit der Feuerwehr.

    #nationalmuseum #zeitgeschehen #brasilien #großbrand #rio #janeiro #millionen #artefakte #geschichte #landes #flammen #pannen #arbeit #news #bot #rss

  • False narratives
    https://hackernoon.com/false-narratives-a435756ed854?source=rss----3a8144eabfe3---4

    Arguably, the scariest thing about us humans is how little we seem to question the narrative we happen to be born into. In hindsight we’re always baffled by our ancestors willingness to commit hideous crimes by following orders yet very few of us think about what moral implications the way we live our lives today will have on future generations. We suppose that since we live in relative peaceful times, all’s well and we’re making progress, it just takes time. In many ways, we are making progress as thinkers such as Steven Pinker and Hans Rosling has pointed out multiple times. But we might be missing something. A vicious force, hidden in plain sight, poised to drive us into desperation and despair in the long run, no matter how democratic, liberal or socially aware our societies claim to (...)

    #zeitgeist #inflation #christopher-hitchens #bitcoin #false-narrative

  • Polizeiliche Kriminalstatistik : Zahl der Straftaten um fast zehn P...
    https://diasp.eu/p/7053143

    Polizeiliche Kriminalstatistik : Zahl der Straftaten um fast zehn Prozent gesunken

    Es ist der stärkste Rückgang seit mehr als 20 Jahren: Nach einem Medienbericht erfasste die Polizei vergangenes Jahr 9,6 Prozent weniger Straftaten in Deutschland.

    #straftaten #prozent #zeitgeschehen #polizeiliche #kriminalstatistik #zahl #rückgang #medienbericht #polizei #jahr #deutschland #news #bot #rss

  • Nachkriegszeit in Ostdeutschland: „Sie waren voll Hass“ (http://www...
    https://diasp.eu/p/6986088

    Nachkriegszeit in Ostdeutschland: „Sie waren voll Hass“

    Morde und Vergewaltigungen: Grausiges spielte sich in der Zeit nach 1945 im Osten ab. Die Historikerin Silke Satjukow hat die Besatzungszeit der Russen erforscht.

    #zeitgeschehen #nachkriegszeit #ostdeutschland #hass #morde #vergewaltigungen #grausiges #zeit #osten #historikerin #silke #satjukow #besatzungszeit #news #bot #rss

  • Schwere Jungs und leichte Mädchen, bissige Texte und eingängige Mel...
    https://diasp.eu/p/6666622

    Schwere Jungs und leichte Mädchen, bissige Texte und eingängige Melodien. Die in London uraufgeführte „A beggar’s opera“ war ein Kassenschlager. Mit ihrer Gaunerkomödie über die Korruption in der Politik und den aufgeblasenen Opernbetrieb trafen Gay und Pepusch den Nerv der Zeit. 29.01.1728 - Uraufführung der Bettleroper #WDR5 #29 #01 #2018 #zeitzeichen #Zeitgeschehen #NRW

  • BMAS - BMAS-App „einfach erfasst“
    http://www.bmas.de/DE/Themen/Arbeitsrecht/Mindestlohn/mindestlohn-app-einfach-erfasst.html
    http://www.bmas.de/SharedDocs/Bilder/DE/Themen/Arbeitsrecht/Mindestlohn/ml-app-artikelbild.jpg?__blob=normal&v=2
    Gut gemeint ist nicht gut gemacht. Fürs Taxi taugt diese Anwendung jedenfalls nicht wirklich.

    Zur Erfassung und Übermittlung von Arbeitszeiten können Sie die kostenlose BMAS-App „einfach erfasst“ im Google Play-Store, Apple App Store und Windows App Store herunterladen und auf Ihrem Android-, iOS- oder Windows-Gerät verwenden.

    Mobile Zeiterfassung und Dokumentation für Mindestlohngesetz
    https://www.yellowfox.de/news/22-01-2015/mindesltohn2015-neuregelung-arbeitszeiterfassung.html
    Zu dieser Software könnte man sagen „alles schön und gut, passt aber nicht zur Arbeit des Taxifahrers.“

    Das händische Erfassen von Arbeitszeiten auf Papier oder in einer Tabellenkalkulation wird schnell zu Belastung. Fehler und Lücken werden erst bei einer Betriebsprüfung sichtbar und können Bußgelder verursachen. Auch herkömmliche stationäre Zeiterfassungslösungen (Terminal im Firmengebäude) erweisen sich besonders bei mobilen Mitarbeitern als problematisch, da Arbeitszeiten von „unterwegs” nicht ohne weiteres gebucht werden können.

    Daher empfehlen wir die mobile Arbeitszeiterfassung mit dem YellowTimeManager. Profitieren Sie von der Vernetzung stationärer, mobiler und app-gebundener Zeiterfassung. Mit dieser Lösung lassen sich Arbeitszeiten überall, schnell und einfach aufzeichnen und dokumentieren.

    Aufzeichnungspflichten | taxi heute - das bundesweite Taxi-Magazin | taxi heute.de
    https://www.taxi-heute.de/Taxi-Thema/verschlagwortung-taxi-heuteallgemeine-stichworte/Aufzeichnungspflichten
    Was wirklich rein muss in eine Taxi-Arbeitszeiterfassung steht hier - aus Unternehmersicht.

    #Zeiterfassung #Arbeitszeit

  • Indien: Einflussreicher Guru muss für zehn Jahre in Haft (http://ww...
    https://diasp.eu/p/5966298

    Indien: Einflussreicher Guru muss für zehn Jahre in Haft

    Gurmeet Ram Rahim Singh wurde schuldig gesprochen, zwei Anhängerinnen vergewaltigt zu haben. Die Polizei versuchte mit großen Aufwand, neue Ausschreitungen zu verhindern.

    #zeitgeschehen #indien #einflussreicher #guru #haft #gurmeet #ram #rahim #singh #anhängerinnen #polizei #aufwand #ausschreitungen #news #bot #rss

  • Flüchtlinge : Nur wenige Schleuser werden verurteilt (http://www.zei...
    https://diasp.eu/p/5934109

    Flüchtlinge: Nur wenige Schleuser werden verurteilt

    Seit 2015 steigt in Deutschland die Zahl der Verfahren gegen Schleuser. Mit einer Verurteilung enden aber nur wenige Prozesse. Eine Ausnahme ist Bayern.

    #schleuser #zeitgeschehen #flüchtlinge #deutschland #zahl #verfahren #verurteilung #prozesse #ausnahme #bayer #news #bot #rss

  • Zweiter Weltkrieg: Polnische Regierung prüft Reparationsforderungen...
    https://diasp.eu/p/5846427

    Zweiter Weltkrieg: Polnische Regierung prüft Reparationsforderungen an Deutschland

    Im polnischen Parlament werden rechtlichen Möglichkeiten ausgelotet, um Reparationszahlungen von Deutschland zu bekommen. Das Ergebnis soll kommende Wochen vorliegen.

    #zeitgeschehen #deutschland #zweiter #weltkrieg #polnisch #regierung #reparationsforderungen #parlament #möglichkeiten #reparationszahlungen #ergebnis #wochen #news #bot #rss