#zuckerberk

  • Les anti-IVG ciblent les jeunes femmes grâce aux publicités sur Facebook
    https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2018/07/11/les-anti-ivg-ciblent-les-jeunes-femmes-grace-aux-publicites-sur-facebook_532

    « Je suis détruite à l’intérieur », « Je n’ai plus aucune pensée positive », « Même si les années passent (10 ans !)… je ne pense qu’à ça ! » : parmi les contenus sponsorisés par la page Facebook intitulée « IVG : vous hésitez ? Venez en parler ! », les témoignages se suivent et se ressemblent, dressant le portrait de femmes dépressives depuis leur avortement.

    Et pour cause : cette page est une extension, sur les réseaux sociaux, du site IVG. net, fondé par un couple de militants catholiques anti-avortement férus de numérique.

    En décembre 2016, Le Monde racontait déjà la manière dont Marie Philippe et René Sentis étaient parvenus à hisser IVG. net dans les premiers résultats de recherche Google pour les mots-clés « IVG » ou « avortement », devant le portail officiel IVG. gouv.fr, avec force publicités et travail sur le référencement de leur site.
    Cibler les jeunes femmes

    Depuis, Google a supprimé la possibilité de faire de la publicité sur cette thématique en France. Marie Philippe s’est donc concentrée sur un nouveau moyen de diffusion : cette page Facebook « IVG : vous hésitez ? Venez en parler ! ».

    La raison est simple : sur Facebook, il est possible de sponsoriser des contenus, de même que de les cibler en direction d’une audience bien précise, à partir de critères démographiques par exemple. En l’occurrence, ici, les jeunes femmes.

    Sur les douze témoignages sponsorisés le 4 juillet, neuf sont présentés comme provenant de femmes ayant moins de 25 ans lorsqu’elles ont appris leur grossesse. Dont une mineure.
    En réalité, ces photographies sont la plupart du temps issues de banques d’images

    Ces témoignages sont presque toujours accompagnés de photographies, qui, au premier abord, laissent croire qu’elles représentent les femmes citées. En réalité, ces photographies sont la plupart du temps issues de banques d’images. C’est ainsi qu’après une recherche dans ces banques, nous avons retrouvé les photographies en question. Elles étaient associées aux mots-clés suivants « adolescente en dépression », « adolescente en pleurs » ou encore « maux de tête ».

    #IVG #facebook #zuckerberk #catholicisme



  • J’ai le plaisir de vous annoncé la mise en ligne de deux nouvelles webapps grâce à Fil
    Merci @Fil :)
    Ce sont deux dessin de la série « Le Tartare » qui font suite à celui sur les réseaux sociaux #zuckerberk alias Satan Trismégiste ( http://www.madmeg.org/zuckerberk )


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    Le premier s’intitule « Le Sabbat des Erinyes » - inspiré de l’affaire #DSK, #Weinstein, #Metoo et #balancetonporc
    http://www.madmeg.org/weinstein

    Le second « L’Axe du Mâle » - sur l’ #armement, le #nucléaire , l’ #armée , le #mâle-alphisme, Trump, St Cyr, les viols de guerre...
    http://www.madmeg.org/axe

    #shameless_autopromo #mad_meg #tartare


  • Quand un être humain se cache derrière votre intelligence artificielle
    https://www.latribune.fr/opinions/tribunes/quand-un-etre-humain-se-cache-derriere-votre-intelligence-artificielle-768

    De nombreuses entreprises annoncent confier les données de leurs clients à une intelligence artificielle, mais les sous-traitent en réalité à des travailleurs, ce qui pose des problèmes d’éthique et de confidentialité. Par Karim Jouini, CEO et fondateur d’Expensya (*). L’Amazon Mechanical Turk est une plateforme de microtravail, lancée en 2005 par Amazon. Le principe est de faire effectuer des tâches simples et morcelées par des humains, comme de la traduction de fragments de textes, pour le compte (...)

    #Amazon #AmazonMechanicalTurk #algorithme #travail

    • Une raison, autre qu’économique, à ce traitement manuel, est que l’intelligence artificielle n’est pas encore tout à fait capable d’imiter l’esprit humain. Lorsqu’il s’agit, par exemple, de scanner des livres anciens, l’IA ne sait pas toujours reconnaître les mots. Il faut donc l’intervention d’un être humain, bien réel, pour éviter les erreurs de transcription. Ainsi, pendant que l’IA se développe, ce qui, à moyen terme, fera baisser son coût et le rendra plus compétitif, il se met en place un système hybride, où on rencontre actuellement davantage de délocalisation d’emplois et de traitement manuel que de recours à des intelligences artificielles.

      [...]

      Un problème de confidentialité des données

      Cette sous-traitance des données par des travailleurs humains pose un problème de confiance, car les entreprises clientes, faute d’en être informées, n’y ont pas donné leur consentement. Une startup pourra ainsi faire traiter les données d’une entreprise française par des travailleurs asiatiques ou africains, avec lesquels elle n’a par ailleurs aucun contact direct. Le recours à des travailleurs humains pose également un problème de confidentialité, car les données qui sont traitées par les travailleurs ne sont pas toujours anonymisées. Ceux-ci ont donc accès à des informations parfois sensibles sur l’activité des entreprises, comme des notes de frais ou des factures.

      #privacy #vie_privée
      #confidentiality #confidentialité



  • Suite de ma série de dessins « Le Tartare »- Le #bitcoin

    Je rassemble les éléments qui m’ont servi pour ce montage pour pas les perdre ou les oublier.

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    A partir du billets de 1 rouble de 1937

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    Un des dessins de la série qu’a composée Leonardo da Vinci (1452-1519) du Codex Vallardi acquis par le Louvre en 1856 auprès de l’antiquaire milanais Giuseppe Vallardi.
    https://entrelacs.blog/2015/09/10/etude-dentrelacs-en-cercles-de-leonard-de-vinci

    Cette partie représente une carte d’internet inspirée d’une des propositions de Louis Drulhe que m’a conseillé @fil
    http://internet-atlas.net
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    Le paysage est une mine de bitcoin au tibet, près d’une centrale hydroéléctrique


    https://seenthis.net/messages/686691

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    En dessous de la ferme/mine à bitcoin il y a un steve ( avatar des joueureuses dans minecraft)
    https://minecraft.novaskin.me/skin/1404133393/Steve-Miner-Test
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    Dans les angles les symboles évoquent certains aspects des bitcoin,
    Le nucléair pour signalé que le bitcoin est de l’éléctricité convertie en argent.
    Le mot en chinois c’est le province de Shenzhen (深圳市) où sont assemblés la plus part des composantes éléctroniques dans des conditions de travail indignes.
    En bas à gauche c’est l’atome du Tantale, un metal fait à partir de Coltan, pour évoqué les terres rares
    En bas à droite, un symbole des Panama paper pour évoqué la facilité que procure le bitcoin pour échappé aux impots.

    Au Verso les QRcode sont des petites phrases qui m’ont marqués par rapport aux bitcoins :
    Money is memory (rapport aux registes des bitcoin)
    Convert electricity into money
    make money with money
    Cryprological gold - celle là faut que je l’améliore. Peut être quelquechose à propos des 21 millions d’unités - peut être : 21000000 cryptological ingots

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    Le gris du verso est un texte converti en binaire :

    En aucun cas la création de ces nouveaux outils n’entend traiter des causes des problèmes politiques et sociaux. À chaque fois, il s’agit de renforcer par force protocoles un idéal de sécurité. Avec l’apparition du Bitcoin, il ne s’agit donc pas tellement de l’éclosion d’une nouvelle manière de faire du business ni d’un nouveau type de relation économique. Il s’agit bien plutôt de la diffusion généralisée d’une forme de relation sociale et politique, alimentée depuis plusieurs décennies par la jonction de l’idéologie cybernétique et du capitalisme. Aussi, si certaines applications de la Blockchain peuvent paraître constituer un progrès c’est d’abord parce que notre monde a été bureaucratisé à outrance, organisé en un vaste réseau de flux, aseptisé pour être d’autant mieux surveillé, designé pour être fonctionnaliste et individualiste. « Le désert croît », disait Nietzsche. La Blockchain sculpte et organise les dunes pour qu’il devienne davantage praticable.

    source : https://seenthis.net/messages/677623

    le texte converis donne :

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    http://www.supportduweb.com/convertisseur-textes-binaire-code-ascii-numerique-ordinateur-secret-en
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    #zuckerberk #mad_meg

    • Le coltan, métal sanglant dans nos téléphones


      https://www.consoglobe.com/coltan-metal-sanglant-dans-telephones-cg/2

      Dans la mythologie, le mortel Tantale vola les Dieux lors d’un festin pour offrir les mets aux hommes. Les divinités, furieuses d’avoir été trompées par un homme auquel elles avaient accordé leur confiance, l’enfermèrent en enfer au beau milieu d’arbres fruitiers et à côté d’un lac dont les fruits ou l’eau se rétractaient dès que Tantale voulait étancher sa faim ou sa soif. Le malheureux fut condamné à vivre dans le besoin éternel au milieu de l’opulence. Mais le tantale tient aujourd’hui sa revanche. Une triste revanche !
      Le coltan, un métal source de misère

      TantaleLe tantale, (en partie) à cause de lui, les Congolais sont aujourd’hui plongés dans la misère et la violence sans pouvoir espérer profiter prochainement des fantastiques richesses qui sommeillent sous leurs pieds. Car le tantale est aussi le nom d’un minerai obtenu en raffinant le coltan, dont la République Démocratique du Congo (RDC) dispose de 80 % des réserves connues (1). Très prisé par les industries de pointe occidentales, le tantale est principalement utilisé dans les condensateurs d’ordinateur et de téléphone portable. On le retrouve aussi dans les missiles, les fusées et les avions grâce à ses propriétés physiques remarquables (résistance à la chaleur et à la corrosion). Et oui, vous avez donc du tantale partout autour de vous, probablement même dans l’appareil que vous utilisez pour lire cet article !

      Les principaux acheteurs finaux de tantale vous sont d’ailleurs bien connus : Motorola, Nokia, Sony (pour sa PS3), Samsung, Bayer, NEC, …

      La République Démocratique du Congo vit dans un état de guerre depuis 16 ans au moins (2),
      En 1996, une rébellion contre Mobutu Sese Seko, le dictateur de l’époque, amène Laurent Kabila au pouvoir,
      Depuis, les rébellions et les instabilités se succèdent, attisées par des mouvements transnationaux (comme les milices Hutu venues du Rwanda ou les troupes du général Nkuda) et par les pays voisins qui souhaitent s’accaparer le contrôle de cette riche république meurtrie.

      « Riche » car si la production mondiale est aujourd’hui assurée aux trois quarts par l’Australie, la part de la production de coltan assurée par la RDC est appelée à augmenter compte tenu :

      (a) du fait que l’exploitation australienne n’est pas durable ;
      (b) qu’on ne sait actuellement pas recycler le tantale ; et
      © que le marché de l’électronique continue de croître depuis le début des années 2000.
      La malédiction des matières premières

      L’« or gris » ne profite donc guère à la RDC, déjà accablée par la malédiction des matières premières (3) en ce qui concerne l’or et le diamant comme le confirme le Groupe d’experts de l’ONU. D’ailleurs, on constate que le Rwanda voisin exporte 13 % du coltan sur le marché mondial (4) alors qu’il ne dispose pas de réserves de coltan : toutes les ventes rwandaises se font grâce à des ressources pillées en RDC. Au Congo même, l’exploitation des « diamants de sang de l’ère digitale » profite le plus souvent aux groupes armés, soit qu’ils fassent exploiter les gisements, soit qu’ils y touchent au passage une commission. Les mines sont le plus souvent organisées en concessions accordées par le propriétaire du terrain à des « prospecteurs-creuseurs », qui sont d’anciens villageois ou paysans (5).

      Ces creuseurs ont un travail à double tranchant : ils peuvent toucher jusqu’à 75 dollars par semaine (6) en revendant leur production à des grossistes, soit l’équivalent de 6 mois de travail pour un cultivateur local. Ce salaire est d’autant plus mirobolant que les agriculteurs ont depuis une vingtaine d’année la quasi-certitude que leurs récoltes seront confisquées par des milices en quête de ravitaillement (7). Mais les conditions de sécurité des mineurs sont plus qu’incertaines et les effets à long terme sur la santé des poussières de coltan, légèrement radioactif, restent inconnus. Les grossistes, de leur côté risquent d’être volés et tués par les milices auxquelles ils vendent leur minerai.

      Le développement de cette économie principalement souterraine a été rendu possible par la corruption des politiques et par l’importance opérationnelle des milices, mais aussi par la complicité d’un certain nombre d’entreprises occidentales peu scrupuleuses. Les entreprises américaines (Motorola, AVX puis Nokia) font pour une fois figure d’exemple grâce à la loi Dodd-Frank, qui les oblige à certifier l’origine du coltan qu’elles utilisent.

      Mine de coltan au Congo - image aboutenvironment.com

      Mais les compagnies qui ne sont pas soumises à cette loi font peu de cas de l’éthique et utilisent du coltan congolais par l’intermédiaire de leurs sous-traitants chinois (encore eux !). Cette situation, déjà dénoncée en 2001 par des ONG avec le slogan « pas de sang sur mon portable » n’a pas manqué d’indigner le célèbre groupe hacktivisteAnonymous en mai dernier : il s’est attaqué aux sites webs des groupes HC Stark (filiale de Bayer), Samsung, LG et Sony (8). Anonymous affirmait à cette occasion que chaque kilo de coltan extrait a coûté la vie à deux enfants – assertion peu vérifiable mais qui a le mérite de mettre en lumière les conditions de travail choquantes dans certaines mines où des enfants extraient à main nue le minerai radioactif .

      Ainsi, le coltan et un (gros) coin d’Afrique sont les otages des stratégies de puissance aux intérêt divergents de multinationales avides, de pays à la réalpolitik sans scrupule. Comme le souligne une note de l’Ecole de guerre économique (9), l’irruption brutale de la Chine auCongo menace les intérêts stratégiques européens et américains, eux mêmes divergents. La course pour les mines de l’or gris n’est sans doute pas finie ; ça va saigner !

      Luwowo Coltan mine near Rubaya, North Kivu the 18th of March 2014. © MONUSCO/Sylvain Liechti

      Luwowo is one of several validated mining site that respect CIRGL-RDC norms and guaranties conflict free minerals.
      Date 19 March 2014, 09:05


  • La Chine et ses mines de Bitcoin
    https://www.franceculture.fr/emissions/la-vie-numerique/la-chine-et-ses-mines-de-bitcoin

    Je vous vois déjà, chers auditrices et auditeurs, vous dire : “oh non, pas le bitcoin… pitié... je me remets au lit… je ne veux pas qu’on me parle de cette monnaie d’adolescents boutonneux qui veulent s’acheter du cannabis sur Internet… C’est ennuyeux, on n’y comprend rien… Passez tout de suite la parole à Zoé Sfez…” Eh ben non. Pendant que Zoé Sfez finit d’écrire sa chronique en alphabet runique (lisible que d’elle-même) je vais prendre un plaisir pervers à vous saouler avec le Bitcoin. Parce que le cours du Bitcoin est historiquement haut (il a plus que doublé depuis la fin mars, même s’il reste très volatile, la forte baisse de vendredi l’a encore prouvé), parce que c’est un marché estimé à plus de 10 milliards de dollars, et, surtout, parce que la Chine en est depuis longtemps un acteur majeur. Et ça, c’est assez contre-intuitif. Qu’est-ce qui peut donc attirer les Chinois dans cette monnaie qui a été créée en 2009 par un informaticien dont on ne connaît toujours pas l’identité, qui n’est adossée sur aucune activité économique et qui est générée par un réseau décentralisé d’ordinateurs qui certifient les échanges sans passer par aucune banque centrale ?

    Ce qui plaît aux Chinois, c’est d’abord la volatilité du Bitcoin, qui permet de gagner vite de l’argent (d’en perdre beaucoup aussi), il y a quelque chose qui relie le Bitcoin à une culture du jeu très ancrée en Chine (et paf, une peu de culturalisme). Mais il faut aller chercher les raisons de son succès dans les conditions propres à la vie économique chinoise. Comme l’expliquait La Tribune en 2013 : “les restrictions sur les achats immobiliers sont de plus en plus strictes [en Chine], les Bourses chinoises ne génèrent que de maigres profits et les banques proposent des taux d’intérêts dérisoires, tandis que les autorités contrôlent étroitement les flux de capitaux hors de Chine.” Et donc, malgré les avertissements réguliers des autorités chinoises, qui sont allées jusqu’à interdire aux plateformes de paiement les opérations en Bitcoin, la plus grande plateforme d’échange de Bitcoin est chinoise, et est apparue une population de jeunes chinois qui gagne sa vie en spéculant sur le Bitcoin derrière leurs ordinateurs. Une petite société qui accepte les risques financiers, légaux et techniques du Bitcoin et joue avec les ambiguïtés des autorités chinoises vis-à-vis de la monnaie cryptée. On estime donc que ces dernières années, 90% du trading en Bitcoin était le fait d’investisseurs chinois.

    Ainsi, en Chine, le Bitcoin n’est pas une monnaie virtuelle, comme on le dit trop vite. Il a même une existence très matérielle. En septembre dernier, le Washington Post publiait un reportage fascinant sur une mine de Bitcoin située dans les montagne du Tibet. Car oui, le Bitcoin, bien que monnaie sans métal, a besoin de mines. Une mine de Bitcoin, ce n’est pas un trou dans le sol dont on extrairait des Bitcoin. Non, une mine de Bitcoin c’est un hangar plein de microprocesseurs qui tournent et effectuent des calculs mathématiques pour le réseau Bitcoin ; sachant que la mine qui effectue le calcul plus vite que les autres reçoit en récompense des Bitcoins qui sont générés à un rythme qui a été défini dans le programme initial... C’est assez beau le Bitcoin quand on y réfléchit : à la question de l’espace dans le minage traditionnel (trouver le bon filon), a été substitué la question du temps (calculer le plus vite possible), à celle de la puissance physique et mécanique du minage traditionnel (avoir des hommes et des machines qui creusent) s’est substitué la puissance de calcul (la preuve, il faut une dizaine de personnes pour faire tourner une mine chinoise de Bitcoin). De l’or au Bitcoin, c’est une page du monde qui a été tournée. Bref. Au départ, des particuliers pouvaient participer à ce minage, mais aujourd’hui, la concurrence est telle que seulement quelques sites industriels avec une énorme puissance de calcul peuvent être des rentables. Et ces mines de Bitcoin coûtent très cher en énergie car non seulement il faut alimenter les machines en électricité, mais il faut aussi les refroidir (car des machines qui tournent, ça chauffe). Et l’histoire de cette mine tibétaine est symptomatique. Au départ, a été construite une centrale hydro-électrique. Mais face au ralentissement de l’économie chinoise, il a été décidé que la centrale servirait à l’alimentation la création d’une mine de Bitcoin (qui, en sus de l’énergie, profiterait du climat très froid de la région, ce qui réduit la nécessité de climatiser). Ainsi donc, il y a ces mines tibétaines, mais il y en d’autres en Chine, et même si c’est difficile à quantifier, on estime que la moitié au moins des capacités minières du Bitcoin sont en Chine. Pas mal pour un pays qui ne donne aucune existence légal à cette monnaie.

    Que conclure de tout ça ? Je crois que face à la difficulté, il faut en revenir aux classiques. Et donc, je dirais, l’instar du Guide du Routard “Chine, terre de contraste.”

    http://rf.proxycast.org/1304721013602263040/16371-30.05.2017-ITEMA_21341597-0.mp3


  • Antoinette Rouvroy : « À mon sens, Zuckerberg est dépassé »

    "on a l’impression de participer à une communauté alors qu’en réalité, il n’y a pas d’échange. Tout le monde est seul devant son écran. Facebook n’est pas un espace public. On assiste à une hypertrophie de la sphère privée qui se caractérise paradoxalement par une dépersonnalisation. La prise de conscience collective ne peut pas se produire."

    https://www.lecho.be/opinions/general/antoinette-rouvroy-a-mon-sens-zuckerberg-est-depasse/9995228.html

    Juriste et philosophe du droit aux Facultés de Namur et chercheuse au FNRS, Antoinette Rouvroy étudie la « gouvernementalité algorithmique ». Ses recherches se centrent sur la question de la norme et du pouvoir à l’heure de la révolution numérique.

    Elle tire la sonnette d’alarme : l’usage abusif des big data porte atteinte à notre liberté… Et commente, pour L’Echo, l’affaire Cambridge Analytica, du nom de cette société britannique qui a exploité de manière indue les données personnelles de 50 millions d’utilisateurs de Facebook lors de la campagne présidentielle de Trump, en 2016. Un scandale qui a jeté, cette semaine, une lumière crue sur les périls que l’économie prédictive des plateformes fait peser sur la démocratie.

    #facebook #réseaux_sociaux


  • Comment une entreprise proche de Trump a siphonné les données de millions d’utilisateurs de Facebook
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2018/03/18/comment-une-entreprise-proche-de-la-campagne-de-trump-a-siphonne-les-donnees

    Le réseau social a « suspendu » Cambridge Analytica, une entreprise d’analyse de données, accusée d’avoir recueilli sans le consentement du réseau social les informations personnelles de millions d’usagers. Les données personnelles de dizaines de millions d’électeurs américains ont été aspirées sur Facebook par une entreprise proche de Donald Trump dans le but de cibler au maximum la campagne du candidat républicain à l’élection présidentielle. Le tout, dans la majorité des cas, sans le consentement des (...)

    #CambridgeAnalytica #Facebook #algorithme #élections #électeurs #données #BigData #manipulation


  • Facebook apologises for search suggestions of child abuse videos
    https://www.theguardian.com/technology/2018/mar/16/facebook-apologises-child-sexual-abuse-offensive-autocomplete-terms

    Searches starting ‘video of’ returned autocomplete suggestions of sexual videos and child abuse content Facebook has been forced to apologise after it spent hours suggesting bizarre, vulgar and upsetting searches to users on Thursday night. The social network’s search suggestions, which are supposed to automatically offer the most popular search terms to users, apparently broke around 4am in the UK, and started to suggest unpleasant results for those who typed in “video of”. Multiple users (...)

    #Facebook #algorithme #manipulation


  • Autodafécebook. De l’#interdiction des #livres sur Facebook et de l’inquisition de certaines formes instrumentales de viralité.
    http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2018/03/de-linterdiction-des-livres-sur-facebook-et-de-linquisition-de-l
    http://www.affordance.info/.a/6a00d8341c622e53ef01bb09f9ae7d970d-600wi

    Ni les plateformes qui instrumentalisent la #viralité sur la base de nos courroux artificiels, ni nous-mêmes qui trop souvent condamnons sans voir et rejetons sans savoir, ne sommes prêts à assumer collectivement cette #responsabilité, et en un sens c’est assez heureux, car le gouvernement d’un peuple de 2,5 milliards de voisins entassés dans une promiscuité de chaque instant ne serait pas vraiment très sain.

    Puisqu’il est à peu près certain que jamais les plateformes ne renonceront à instrumentaliser cette viralité qui est le paradigme premier de leur modèle d’affaire, puisqu’il est également certain qu’il faudra encore beaucoup de temps pour que le design attentionnel en vienne à intégrer des perspectives éthiques « by default », alors il faut nous éduquer à ces grammaires du pulsionnel qui font de la viralité une forme de partage qui ne vise rien d’autre que la reproduction de sa propre et formidable inertie en se nourrissant d’une hystérisation qu’elle secrète elle-même. Nous éduquer donc à ces grammaires du pulsionnel, et s’efforcer d’y éduquer nos proches. Ou nous en éloigner avec eux par différents moyens.

    • Je comprend pas que le texte finisse par une pétition. Est-ce qu’on le trouve sur fesse-bouc ce texte qui semble très viral vu qu’il est deja 8 fois sur seenthis. L’appel a la censure je désapprouve clairement. Etrangement en france l’appelé au boycott est censuré. Dire ce qui pose problème dans le livre c’est une chose différente de le faire interdire.
      #backlash #zuckerberk

    • Sérieux, vous avez déjà vu une pétition changer quoi que ce soit ? Accuser les rézosocios est une façon commode de se défausser sur le fond.

      C’est Milan qui a décidé de retirer ce livre, pas fesse-bouc. L’autrice a aussi décidé de laisser tomber ses personnages malgré le soutien de son éditeur.

      D’accord, Milan c’est pas grand chose, par rapport à Nathan par exemple, mais on ne peut pas dire qu’ils se défendent sérieusement, même — ou surtout — « dans un contexte où il semble impossible d’avoir un débat serein ».

      Ben oui, ils auraient pu se poser la question avant.

      (Je précise quand même parce que j’ai posté un peu vite qu’évidemment il n’est pas question de cautionner a priori des méthodes d’intimidation sur des individus mais d’interroger les choix et explications toujours pas convaincants de la maison d’édition. Pour moi il s’agit moins d’une question de censure que d’un choix éditorial pas complètement assumé, en bien ou en mal, après coup.)


  • Ressentions sur Maurras, AF et le Macronisme

    Merci à ceux qui rouvrent le conflit - Libération
    http://www.liberation.fr/debats/2018/02/14/merci-a-ceux-qui-rouvrent-le-conflit_1629733?refresh=780833

    Avec Emmanuel Macron, le pays est confronté à une combinaison remarquable, l’idéologie néolibérale naturalisée et le chef qui est là pour l’appliquer. En expliquant que les Français ont envie que cette place vide soit désormais occupée, entendez par un exécutif fort et actif qui va, grâce à sa volonté réelle, transformer de fond en comble le pays, ce qu’il propose à chacun, c’est de redevenir ce petit enfant insouciant. Insouciant malgré le terrorisme, malgré la guerre, malgré l’exercice de la domination entrepreneuriale au cœur de toutes nos institutions publiques et privées, malgré l’esclavage qui redevient banalité du mal à l’ombre de l’Europe.

    J’ai pas compris grand chose à ce texte, j’ai l’impression qu’il parle de l’éducation mais j’en suis meme pas certaine. Il me fait pensé à une chose je trouve qu’il y a beaucoup de signes d’un retour du monarchisme dans les mentalités actuellement. Comme si les royalistes sentaient l’aubaine que représente Jupiter pour revenir pourrir le pays comme illes le faisaient il y a un siècle.

    Comme il y a le tag #EnMarcheVersLeFN Il faudrait peut-etre aussi #EnMarcheVersAF (pour #action_française par pour l’Académie qui partage les initiales, les valeurs et les membres de ce parti).

    Pour pas surchargé @sinehebdo je vais faire la ressentions moi même car j’ai une dent particulière contre les AFs.

    Sur la commémoration de l’anniversaire de C.Maurras
    https://seenthis.net/messages/663970
    https://seenthis.net/messages/665303
    https://seenthis.net/messages/665874
    https://seenthis.net/messages/665915
    https://seenthis.net/messages/667902
    https://seenthis.net/messages/668783
    https://seenthis.net/messages/669249

    Sur la polémique sur la tombe de Déon (académicien en cendre et ex secrétaire de Maurras)
    https://seenthis.net/messages/669249


    Discours de Macron pour la mort de D’Ormesson qui rend hommage à Déon et à l’extrème droite traditionnelle (catho, AF, anarchistes de droite).
    https://seenthis.net/messages/650995

    L’impression que j’ai, c’est que par l’intermédiaire de Jean d’Ormesson, le Président rendait hommage à cette France-là, en l’appelant « la France », et c’est à propos de cette France-là qu’il parlait de son « génie national ». Et sans jamais employer de mot de « réaction », ou le mot « droite ».

    Les Invalides, c’était pour ça. Pour dire la France dans laquelle nous vivons, maintenant que la gauche n’existe plus. Depuis qu’il n’y a plus que la droite. Dans cette légèreté des beautés esthétiques — et cela, alors même, je le dis en passant (j’en ai parlé ailleurs) que la langue française disparaît, en France même, par les faillites de l’enseignement, et, à l’étranger, par les diminutions drastiques et successives du budget alloué à l’enseignement du français. On le sait, la littérature, la beauté, c’est, je le dis en français, l’affaire des « happy few ».

    –------

    Peut etre que je délire, Macron n’a pas d’héritier mais il se réfere à Jupiter et chez les romain la filiation se fait par le choix du Paterfamilias et n’est pas construit sur la filiation du sang catholique et monarchiste française traditionnelle. Je commence à visualiser le jupiterisme macronien comme un néo-monarchisme d’inspiration romaine (on peu dire #fasciste aussi), avec la constitution d’une nouvelle caste de nobles « happy few » et le peuple inféodé par l’ #uberisation #enMarche


    Marcon est jeune il pourrait jouer à Jupiter plus longtemps que Poutine (Arrivé au pouvoir à 47 ans - Macron 39 ans) et nommer son clône héritier à la Medvedev. Je pense que les royalistes frétillent d’impatience et qu’on les entend qui s’agitent.

    #néo-féodalisme #zuckerberk #macronisme #monarchisme #dictature


    • Si on utilise le même mot pour 12000 trucs différents, on ne s’en sort pas. Le travail, dans le langage courant c’est depuis déjà fort longtemps le travail capitaliste précisément : du temps de dépense d’énergie humaine contre un salaire (Marx dit "une dépense de cervelle, de muscle, de chair").

      Dans tous les cas l’humain s’active, seul et à plusieurs, transforme son environnement, etc. Mais ne "travaille" pas obligatoirement. Le travail c’est une activité sociale propre au capitalisme, et appliquer cette vue à des sociétés du passé est un biais anthropologique. L’utilisation de ce mot avant le capitalisme n’avait aucunement le même sens et ne recouvrait pas du tout les mêmes activités sociales (et donc le fait d’utiliser le même mot ne veut pas dire qu’on parle de la même chose).

      Par ailleurs les robots ne créent pas de "richesses", mais le mot est un peu vague encore une fois. Les robots créent des marchandises (objets ou services), mais ne créent aucune valeur. Seul la dépense de travail humain génère de la valeur. D’où l’obligation de créer de l’argent totalement virtuel par le crédit, puisque normalement c’est la création de valeur qui aboutit à de l’argent.

      La fin du travail n’est pas une expression criminelle, c’est la description factuelle du capitalisme qui s’auto-dissout puisqu’il réduit chaque année un peu plus ce qui fait sa propre substance : l’automatisation réduit le travail humain, et donc réduit la création de valeur : ça va dans le mur. Il faut arrêter de défendre ça, déjà passer par une étape intellectuelle de prise de conscience de ça, et s’activer à construire des relations sociales débarrassées du travail, de la marchandise, de la valeur. Un monde libéré du travail a donc tout à fait un sens, et c’est un monde débarrassé du capitalisme.

      Voir : Le groupe Krisis/Exit et son fameux "Manifeste contre le travail", #Robert_Kurz, #Roswitha_Scholz, #Anselm_Jappe, Lohoff&Trenkle, André Gorz… (suivre les tags, pas mal de sources référencées ici)

      Sur le fait que le travail n’est pas transhistorique, entretien récent d’Anselm Jappe pour La société autophage
      http://www.hors-serie.net/Dans-le-Texte/2017-12-16/La-societe-autophage-id278

      Et l’entretien avec Harribey
      https://seenthis.net/messages/655411
      http://www.palim-psao.fr/2017/12/fetichisme-et-dynamique-autodestructrice-du-capitalisme-entretien-d-ansel

      Bien sûr, une précision « sémantique » s’impose : le travail dont nous mettons en doute le caractère universellement humain ne peut pas être identique à ce que Marx appelle « le métabolisme avec la nature » ou aux activités productives en général. Ici, nous ne discutons que de la forme sociale qu’ont prise historiquement ces activités. Dire que la forme sociale capitaliste du métabolisme avec la nature n’est qu’une forme spécifique de la nécessité éternelle d’assurer ce métabolisme est un truisme vide de sens : c’est comme dire que l’agriculture capitaliste est un développement de la nécessité humaine d’avoir un apport journalier en calories. C’est indubitablement vrai, mais ne signifie rien. Cette base commune à toute existence humaine n’a aucun pouvoir spécifique d’explication.

      La question n’est donc pas de savoir si, dans toute société humaine, les êtres s’affairent pour tirer de la nature ce dont ils ont besoin, mais s’ils ont toujours opéré à l’intérieur de leurs activités une coupure entre le « travail » d’un côté et le reste (jeu, aventure, reproduction domestique, rituel, guerre, etc.). Et je pense qu’on peut dire « non ».

      Extrait de l’entretien publié en guise de présentation du livre de Kurz, « Vies et mort du capitalisme. Chroniques de la crise »
      http://www.palim-psao.fr/article-theorie-de-marx-crise-et-depassement-du-capitalisme-a-propos-de-l

      Traditionnellement, la critique du capitalisme se faisait au nom du travail. Or vous, Robert Kurz, vous n’opposez pas le capital au travail. Vous considérez au contraire le capitalisme comme société de travail. Pourquoi rejetez-vous le travail ?

      R. Kurz : Le concept marxien manifestement critique et négatif de travail abstrait peut être défini comme synonyme de la catégorie moderne de « travail ». Dans des conditions prémodernes, cette abstraction universelle soit n’existait pas, soit était déterminée négativement d’une autre façon : en tant qu’activité d’individus dépendants et soumis (esclaves). Le « travail » n’est pas identique avec la production tout court ou avec « le métabolisme entre l’homme et la nature » (Marx), même si, à ce propos, la terminologie de Marx reste imprécise. Le capitalisme a généralisé pour la première fois la catégorie négative de « travail ». Il l’a idéologisée positivement, entraînant ainsi une inflation du concept de travail. Au centre de cette généralisation et de cette fausse ontologisation du travail, il y a la réduction historiquement nouvelle du processus de production à une dépense complètement indifférente par rapport à son contenu d’énergie humaine abstraite ou de « cerveau, de nerf, de muscle » (Marx). Socialement, les produits ne « valent » pas en tant que biens d’Usage, mais en ce qu’ils représentent du travail abstrait passé. Leur expression générale est l’argent. C’est en ce sens que, chez Marx, le travail abstrait (ou l’énergie humaine abstraite) est la « substance » du capital. La fin en soi fétichiste de la valorisation, qui consiste à faire d’un euro deux euros, est fondée sur cette autre fin en soi qui est d’accroître à l’infini la dépense de travail abstrait sans tenir compte des besoins. Mais cet impératif absurde est en contradiction avec l’augmentation permanente de la productivité, imposée par la concurrence. Critiquer le capitalisme du point de vue du travail est une impossibilité logique, car on ne peut critiquer le capital du point de vue de sa propre substance. Une critique du capitalisme doit remettre en cause cette substance même et donc libérer l’humanité de sa soumission à la contrainte du travail abstrait. C’est seulement alors que l’on pourra supprimer l’indifférence par rapport au contenu de la reproduction et prendre au sérieux ce contenu lui-même. Lorsqu’on comprend le capital au sens étroit comme capital-argent et capital physique (« capital constant » chez Marx), il y a certes une contradiction fonctionnelle entre le capital et le travail. Ce sont des intérêts capitalistes différents au sein d’un même système de référence. Mais lorsqu’on comprend le capital au sens plus large de Marx, alors le travail n’est que l’autre composante du capital.

      Sur la théorie de la crise, le crédit, la dévalorisation du capital qui s’auto-détruit (en détruisant le monde du coup) : La Grande Dévalorisation, de Lohoff et Trenkle
      https://www.post-editions.fr/LA-GRANDE-DEVALORISATION.html

      Qu’est-ce que la valeur ?
      http://www.palim-psao.fr/article-35929096.html

      Contrairement à un produit, la marchandise se définit par le fait qu’elle peut s’échanger contre une autre marchandise. La marchandise, un marteau par exemple, n’a donc pas seulement la qualité d’être faite de bois et d’acier et de permettre d’enfoncer des clous dans le mur. En tant que marchandise, le marteau possède la « qualité » d’être échangeable. Qu’est ce que ça signifie ?

      Pour garder cet exemple, comment échanger un marteau contre une bouteille de bière ? Bière et marteau sont deux objets totalement différents qui ne servent pas à satisfaire le même besoin. Leur différence peut être d’importance pour celui qui veut boire une bière ou celui qui veut planter un clou dans un mur. Mais pour l’échange, en tant qu’opération logique, leur utilité concrète n’est pas pertinente. Dans l’acte d’échange, il s’agit d’échanger des choses égales ou des équivalents. Si ce n’était pas le cas, on échangerait sans hésiter un morceau de beurre contre une voiture. Mais tout enfant sait qu’une voiture a plus de valeur. Manifestement ce n’est donc pas l’attribut qualitatif d’une marchandise (sa nature concrète ou sensible) qui rend l’échange possible. Bière, marteau et voiture doivent donc posséder quelque chose qui les rend semblables et ainsi comparables.

      @ktche :)

    • En effet, nous assistons à une crise du « travail capitaliste ». Le capitalisme va être remplacé par autre chose. Le mot « travail » ne va pour autant disparaître. Son sens est simplement appelé à changer. L’expression « fin du travail » est donc impropre. Il faut parler de la « fin du travail capitaliste ».

      La liste des mots que le capitalisme s’est approprié est infinie. Par exemple le mot « élite » (voir l’article de wikipédia qui retrace bien son histoire). De même, ce n’est pas parce que la capitalisme s’effondre que ce mot va disparaître.

      Un objet n’a en effet aucune valeur intrinsèque. Il n’a qu’une valeur relative négociée au cours des échanges. Cependant, les catégories habituelles de « valeur d’usage » et « valeur d’échange » devraient être complétées de la notion de « valeur d’otage » qui traduit mieux à mon avis le rapport dominant à l’économie. Par exemple, Facebook a de la valeur parce qu’il a pris 2 milliards d’individus en otages, l’énergie nucléaire nous a pris en otages, etc. Le sens du mot « otage » qui est rejeté par la société capitaliste sur les vilains terroristes est donc amené à changer. Il va s’appliquer à ses propres pratiques !


    • j’aime bien le fait de comparer les salarié.es à des otages. Je dois développer une sorte de #syndrome_de_Stockholm car immanquablement va falloir que je retourne au #charbon. #Otage au chômage c’est pas terrible non plus mais je n’ai pas encore embrasser mon conseiller pôle-emploi.
      #Terrorisme_patronal
      http://www.cnt-f.org/subrp
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Syndrome_de_Stockholm

    • Et si le nouveau fil d’actualité de #Facebook marquait le début d’une nouvelle période de choix mûris pour l’entreprise de Mark Zuckerberg ?

      https://www.numerama.com/business/321313-le-jour-ou-facebook-a-enfin-choisi-ses-utilisateurs-face-a-la-bours

      Pour le dire brièvement, Facebook va préférer notre famille, nos proches, et leurs émotions, à l’information, la pub, et bien sûr, la désinformation. Bien que cela puisse apparaître comme une évidence pour ce type de réseau social, l’entreprise prend là probablement plus de risques qu’elle n’en a jamais pris avec ses changements passés. Au fil des versions, et surtout des enjeux économiques, Facebook avait fini par mélanger la chèvre et le chou, quitte à devenir le fourre-tout qu’est aujourd’hui le réseau, de moins en moins, social.

    • c’est peut-être le moment de lui faire connaître le prix de nos « strong ties » dont il admet qu’ils ont beaucoup de « value » ?
      Pour ma part, disons que je passais environ une heure par jour sur Facebook à développer ces liens et ma propre documentation professionnelle (En dehors de cela, j’y passais aussi du temps à titre « récréatif ». Ce point est évoqué plus bas*). Comme mes liens et ma documentation sont irrécupérables par la système backup de Facebook, je suis obligé de constater que Facebook se les est appropriés contre mon gré. Voyons combien cela coûte...

      365 heures par an. Arrondissons à 50 jours par an.
      Si je compte mon prix de journée à 1 K$/jour (c’est très raisonnable, les avocats de FB sont payé 1 K$ de l’heure), ça fait 50 K$ par an. Comme j’ai été sur Facebook pendant 7 ans, ça fait une facture de 350 K$.

      Imaginons que je suis dans la moyenne des utilisateurs de Facebook en terme de durée d’utilisation et d’ancienneté. On pourrait donc multiplier ce coût par le nombre d’utilisateurs (non pas les 2 milliards actuels mais disons 1 milliard pour faire bonne mesure). On obtient donc le chiffre de 350 000 000 000 000 $ (Trois cent cinquante mille milliards de Dollar).

      Mark, tu fournis une véritable interopérabilité des données personnelles, ou bien tu rembourses. Salut !

      (*) Le temps récréatif n’est pas décompté. En effet, le divertissement fourni par Facebook est financé par la publicité. Chacun paie pour ce divertissement à travers sa consommation quotidienne de produits surfacturés à cause de la pub.

    • @olivier8 je n’ai jamais eu de compte facebook et vu tes avertissements, c’est pas demain la veille que je vais m’inscrire.
      Déjà link-guedin (linkedin) ça m’a bien gonflé et je suis smicard, les sommes que tu annonces disent bien ce qu’il y a de pourri dans ce bizzness.

    • Avant de quitter Facebook, voici la facture.
      USD 350.000.000.000.000
      Trois Cent Cinquante Mille Milliards de Dollar

      Lettre ouverte à Mark Zuckerberg, fondateur de Facebook.

      Objet : Quitter Facebook

      Salut Mark !

      meilleurs voeux et toutes mes félicitations pour tes bonnes résolutions 2018 !

      1) tu nous dis que tu as pris conscience « qu’avec l’émergence d’un petit nombre de grandes entreprises technologiques - et les gouvernements utilisant la technologie pour surveiller leurs citoyens - beaucoup de gens croient maintenant que la technologie centralise le pouvoir plutôt qu’elle ne le décentralise. »

      Ce n’est pas qu’une croyance, c’est un peu vrai non ? Et tu y es un peu pour quelque chose n’est-ce pas ?

      Là dessus, tu nous dis être « intéressé à approfondir et étudier les aspects positifs et négatifs des technologies de décentralisation. »

      C’est cool ! Tu dois savoir que d’autres travaillent depuis longtemps ces questions - déjà bien avant la création de Facebook - en vue de créer les conditions d’une société plus équitable. Si ta prise de conscience est réelle, tu pourras sans doute nous aider. On manque de développeurs !

      2) tu sembles aussi avoir compris que tes algorithmes rendaient les gens fous en les inondant de posts sponsorisés et de fake news. Tu dis : « le renforcement de nos relations améliore notre bien-être et notre bonheur ». Tu vas donc modifier quelques lignes de code pour renforcer ce que tu appelles nos « liens forts » (strong ties) qui selon toi ont beaucoup de « valeur » (high value). Au final tu veux que le temps que les gens « dépensent » sur Facebook soit « plus précieux ».

      C’est cool ! Cependant, mon cher Mark, il faut que tu comprennes que ce temps est bien plus précieux encore que ce que tu imagines.

      Pour ma part, disons que je passe(ais) environ une heure par jour sur Facebook à développer ces liens et ma propre documentation professionnelle. En dehors de cela, j’y passe(ais) aussi du temps à titre « récréatif ». Ce point est évoqué plus bas*.

      Or comme mes liens et ma documentation sont irrécupérables par le système backup de Facebook comme je l’ai expliqué à ton collège Yann LeCun ? , je suis obligé de constater que Facebook me les a volés.

      Voyons combien cela coûte...

      365 heures par an. Arrondissons à 50 jours par an. Si je compte mon prix de journée à USD 1.000 /jour (c’est très raisonnable, les avocats de FB sont payés USD 1.000 de l’heure), ça fait USD 50.000 par an. Comme je suis sur Facebook depuis 7 ans, je t’adresserai une facture de USD 350.000.

      Les statistiques montrent que je suis dans la moyenne des utilisateurs de Facebook en terme de durée d’utilisation et d’ancienneté. On peut donc multiplier ce coût par le nombre d’utilisateurs (non pas les 2 milliards actuels mais disons 1 milliard pour faire bonne mesure sur les 7 dernières années). On obtient donc une facture globale de :

      USD 350.000.000.000.000
      (Trois Cent Cinquante Mille Milliards de Dollar).

      En conclusion, mon cher Mark, tu fournis une véritable interopérabilité des données personnelles qui permettrait aux gens de ne pas être otages de Facebook et de sa centrallisation, ou bien tu rembourses !

      Bien à toi

      Olivier Auber

      () Le temps récréatif n’est pas décompté. En effet, le divertissement fourni par Facebook est financé par la publicité. C’est-à-dire que chacun paie pour ce divertissement à travers sa consommation quotidienne de produits surfacturés à cause des budgets publicitaires des marques captés pour une bonne part par Facebook..

      ( *) Lettre ouverte à YannLeCun, ancien Professeur au Collège de France, responsable de la recherche en Intelligence Artificielle de Facebook.
      http://perspective-numerique.net/wakka.php?wiki=YannLeCun

      1) Résolution 1 : https://www.facebook.com/zuck/posts/10104380170714571
      2) Résolution 2 : https://www.facebook.com/zuck/posts/10104413015393571


  • « Pourquoi les individus innovants sont-ils aussi détestables ? Elon Musk, Mark Zuckerberg, Steve Jobs… Tous ces grands innovateurs sont aussi réputés pour leur génie que pour leur (mauvais) caractère. Et cela n’a rien d’un hasard. »

    https://www.hbrfrance.fr/chroniques-experts/2017/09/16887-individus-innovants-detestables

    Résumé : je vais arrêter d’essayer d’être gentil.

    #individualisme #entreprise #collectivisme #équipe #innovation



  • Censure dans les règles de l’art – Les Ourses à plumes
    https://lesoursesaplumes.info/2016/10/17/censure-dans-les-regles-de-l-art

    Un projet d’art populaire désintégré par Facebook

    La Galerie Intersectionnelle, un espace virtuel d’exposition d’œuvres peu accessibles dans le marché de l’art du fait des discriminations rencontrées par les artistes ou les œuvres elles-mêmes est animé par la GI, un collectif de curateurs et curatrices qui entretiennent cette communauté depuis dix-huit mois.

    Régulièrement, la galerie s’est vu censurée et suspendue pour avoir publié des images non « conformes aux standards de la communauté Facebook ». Car en effet, la direction artistique prise par le collectif était claire : montrer des œuvres et des artistes qui mettent en scène des corps non dominants, c’est-à-dire des corps de personnes grosses, racisées, handicapées, vieilles, et d’autres encore.

    Dans un an ou deux, parfois même déjà, ces artistes, femmes, racisé.e.s, trans, queers, neuro-atypiques, non valides, ou même parfois se reconnaissant dans plusieurs de ces identités seront exposé.e.s dans des galeries réputées, dans des musées, lors d’expositions d’avant-garde. Car leur vision du monde, lorsqu’elle trouve un lieu pour être vue et entendue, est en train de défaire et déconstruire le langage de l’art. De grands musées étasuniens l’ont bien compris qui exposent désormais des femmes, des femmes noires, des femmes latinas, latinx, arabes, au Sackler Center for Feminist Art par exemple.

    Virginia Woolf Place Setting, Judy Chicago, 1974-1979 © Sackler Center for Feminist Art
    Rendre visibles les artistes minorisés

    Découvrant il y a deux ans au Rijksmuseum d’Amsterdam, l’un des plus grand musée d’Europe, que pas une seule femme peintre n’était exposée dans toute la collection de l’école Hollandaise et que personne ne s’en indignait, nous avions fondé la Galerie Intersectionnelle : un espace pour montrer l’art que nous ne voyions nulle part ailleurs. De fait, les jeunes artistes que nous exposions n’étaient souvent visibles que sur des plateformes en ligne (deviant art, tumblr, instagram, etc.), viviers d’illustrateurs et d’illustratrices.

    Ainsi, la jeune photographe brésilienne Romisseca, visible uniquement sur Instagram et Facebook expose son corps nu. Elle est grosse, sensuelle et gracieuse, à vous mettre les larmes aux yeux d’émotion. La photographe palestinienne Nida Badwaan s’est enfermée cent jours dans sa chambre de 9m² pour protester contre la guerre à Gaza et y conçu sa série « Cent jours de solitude », pour y créer un monde dans lequel la couleur existe à nouveau et ce faisant, elle met un coup de pied dans l’orientalisme en une image. Arvida Bystrom avec sa série « There will be blood » photographie elle, des personnes menstruées.

    Ces artistes-là brouillent les langages et les codes qui n’avaient servi jusque là qu’à les soumettre à des stéréotypes ou les assigner au silence. Leur travail, parfois dans des contextes dangereux, mérite d’être montré, admiré, diffusé. Il s’agit ici d’un projet féministe, décolonial et anticapitaliste : réutiliser les mots et les outils des dominants ou du capital, et les transformer, les détourner et réinventer une nouvelle histoire. Voire s’en servir pour détruire un ordre ancien.
    La censure c’est la voix du plus fort

    Audre Lorde l’a dit : « Les outils du maître ne détruiront pas la maison du maître ». C’est ce qui a perdu la Galerie, un projet qui a eu la faiblesse de se déployer avant tout sur Facebook.

    Quand Facebook arrive à la conclusion qu’une œuvre doit être censurée, chacun.e des membres du collectif doit se reconnecter à son propre compte, et doit pour cela approuver la suspension de l’une des oeuvres d’art que Facebook veut censurer, au risque de voir la page disparaître définitivement. Ainsi, Facebook permet paradoxalement d’atteindre un public très vaste, tout en contrôlant d’une main de fer l’adéquation idéologique conservatrice des contenus.

    Ces décisions sont d’ailleurs essentiellement automatisées et utilisent diverses sources : des algorithmes d’analyse d’image additionnent des paramètres comme « nudité », « tétons », « pilosité », et les dénonciations d’utilisateurs/trices, bien souvent plutôt de bots néoconservateurs programmés pour cibler essentiellement les pages progressistes. Mais les œuvres visées (et celles qui provoquent les messages de haine envoyés vers les administrateurs de la page) sont celles qui représentent des corps de femmes noires, parfois grosses, parfois âgées. Ce sont ces corps-là, ces voix-là qui ne sont ni visibles, ni audibles, dans le monde façonné par Facebook et qui représente la voix du plus fort.

    On pourrait décider de simplement fermer les yeux sur cette invisibilisation si elle ne conduisait pas à établir des normes. À la disparition des femmes grosses, racisées, vieilles, dans l’art correspond la surreprésentation de la classe dominante et de son point de vue sur « les autres » et les mécanismes discriminatoires qui maintiennent ces privilèges et ces oppressions, verbales, économiques, ou physiques.

    #sexisme #racisme #facebook #censure #zuckerberk


  • Déchets. Des jouets dont on ne se débarrasse pas | L’Humanité
    https://www.humanite.fr/dechets-des-jouets-dont-ne-se-debarrasse-pas-647882

    La plupart cassés ou simplement démodés finissent à la poubelle, direction… les décharges. Cette industrie n’est quasiment pas recyclable.

    Si, à Noël, les consoles de jeux vidéo, poupées Barbie, Playmobil et autres Lego se vendent par milliers, les jouets écoresponsables ne sont pas légion. Et pour cause  : tout comme un grand nombre d’articles de sport ou de matériel de bricolage, 99 % des jouets n’ont aucune solution de recyclage. Certes, une étude récente a montré que le tonnage des biens de consommation réemployés ou réutilisés a crû de 30 % depuis 2014. Et les jouets y participent. Mais cela ne représente qu’une infime partie…

    Pourtant, la France est championne du recyclage sur un certain nombre de segments. Pourquoi les jouets y échappent-ils  ? «  Hormis quelques produits qui fonctionnent à piles ou à rallonges et qui doivent être pris en charge par la filière électrique, tout le reste finit dans un centre d’enfouissement ou dans un incinérateur. Le recyclage a un coût. Et globalement, les jouets ne représentent pas une valeur suffisante pour permettre de financer une filière  », analyse Nicolas Garnier, directeur général d’Amorce, l’association nationale des collectivités, des associations et des entreprises pour la gestion des déchets.
    «  Il manque une information essentielle  : le produit est-il recyclable ou pas ?  »

    «  Rien n’est fait pour que ceux qui mettent ces produits sur le marché mènent une réflexion sur le sujet. Mattel, qui vend 2 millions de poupées Barbie par an, ne s’est jamais posé la question de la fin de vie de ses poupées en PVC. Il n’a jamais envisagé d’utiliser un plastique qui se recycle  », dénonce ainsi ce spécialiste des déchets. Et pour l’heure, il n’existe aucune obligation ni sanction pour celui qui met sur le marché un produit ou un matériau qui ne se recycle pas.

    S’il existe depuis 2015 une signalétique officielle, le logo Triman, qui permet aux consommateurs de voir si le produit peut être recyclé ou pas, il reste méconnu. Qui plus est, il est noyé dans une multitude de logos, ce qui créé la confusion au moment de l’achat et du geste de tri. Et les entreprises du jouet, comme bien d’autres, en jouent  : chaque année, avant Noël, celles-ci communiquent pour inciter les enfants et leurs parents «  au geste de tri  ». Or, il ne s’agit ici que de l’emballage et non pas du contenu… «  Au final, il manque une information essentielle  : le produit est-il recyclable ou pas  ?  » insiste Nicolas Garnier.
    Augmenter la taxe sur les décharges ne rendra pas les déchets recyclables

    À l’heure où le gouvernement planche sur une feuille de route sur l’économie circulaire qui doit être dévoilée début mars, les associations œuvrant dans le domaine environnemental espèrent une évolution de la réglementation. De fait, si on veut vraiment réduire le stockage, il faut prendre le problème à la source, au moment de la conception et de la mise sur le marché. «  L’acte I de l’économie circulaire, ce serait de poser la question à celui qui met un produit sur le marché  : qu’est-ce que vous avez prévu pour sa fin de vie  », propose le directeur général d’Amorce.

    En clair, agir sur l’écoconception  : c’est-à-dire réfléchir aux matières premières et à leur innocuité, à un mode de fabrication qui réduit le nombre de polluants et l’empreinte écologique, ainsi qu’au cycle de vie complet des jouets. Le gouvernement ne s’en cache pas, l’un des grands leviers sur lesquels il travaille, c’est celui de la fiscalité. Il envisagerait de taxer les produits non recyclés ou encore les décharges. «  Les collectivités locales gèrent les déchets ménagers et assument à elles seules le coût de l’élimination des déchets non recyclables. Et elles seraient taxées sur ces mêmes déchets non recyclables… C’est totalement injuste, assène Nicolas Garnier. Augmenter la taxe sur les décharges ne rendra pas les déchets recyclables. Or aujourd’hui, la moitié des produits qui finissent en décharge ne le sont pas  : c’est en amont qu’il faut agir, sur l’écoconception, surtout si l’on veut arriver à 100 % de plastiques recyclables dans sept ans… Et mettre en œuvre une fiscalité en amont sur les fabricants des produits non recyclables. Ceux qui n’ont jamais rien fait en matière de recyclage doivent maintenant être rattrapés  !  »
    Alexandra Chaignon
    Rubrique Une planète et des hommes

    #production_industrielle #recyclage #déchets #immondices

    • Les collectivités locales gèrent les déchets ménagers et assument à elles seules le coût de l’élimination des déchets non recyclables. Et elles seraient taxées sur ces mêmes déchets non recyclables… C’est totalement injuste, assène Nicolas Garnier. Augmenter la taxe sur les décharges ne rendra pas les déchets recyclables. Or aujourd’hui, la moitié des produits qui finissent en décharge ne le sont pas  : c’est en amont qu’il faut agir, sur l’écoconception, surtout si l’on veut arriver à 100 % de plastiques recyclables dans sept ans… Et mettre en œuvre une fiscalité en amont sur les fabricants des produits non recyclables. Ceux qui n’ont jamais rien fait en matière de recyclage doivent maintenant être rattrapés  !  »

      On peut aussi infléchir l’inconséquence des industriels en n’achetant plus leurs #saloperies de Noël en plastique. Mais éviter d’acheter le #packaging, difficilement recyclable lui aussi, de tous les produits du quotidien, c’est déjà plus difficile. Les #taxes d’enlèvement des #ordures_ménagères ont encore de beaux jours devant elles.


  • A San Francisco, des robots empêchent les sans-abri d’installer leurs campements
    http://www.businessinsider.fr/robots-utilises-pour-empecher-sans-abris-dinstaller-leurs-campements

    À San Francisco, des robots autonomes qui luttent contre la criminalité sont utilisés pour patrouiller les parkings, les stades et les campus d’entreprises tech pour tenir à distance les sans-abris. Le San Francisco Business Times a rapporté la semaine dernière que le SPCA de San Francisco, un groupe de protection des animaux et pour l’adoption d’animaux domestiques, a placé un robot de sécurité devant de ses locaux dans le quartier en cours de gentrification de Mission. La présence du robot devrait (...)

    #Knightscope #robotique #pauvreté #surveillance

    ##pauvreté

    • Le San Francisco Business Times a rapporté la semaine dernière que le SPCA de San Francisco, un groupe de protection des animaux et pour l’adoption d’animaux domestiques, a placé un robot de sécurité devant de ses locaux dans le quartier en cours de gentrification de Mission. La présence du robot devrait dissuader les sans-abris d’installer leurs campements le long des trottoirs.

      La semaine dernière, la ville de San Francisco avait ordonné au SF SPCA de ne pas opérer son robot dans les rues sous peine de recevoir une amende de 1000 dollars par jour pour une utilisation dans les rues sans permis, d’après le Business Times.

      C’est quoi ce groupe de protection des animaux horrible ? Les humains sont des animaux il faudrait leur dire. En plus de s’installer dans un coin gentrifié, au lieu d’embaucher un·e humain·e illes font travailler un robot au risque de payé 1000$ par jour d’amande juste pour protéger leurs voitures !!!
      #zuckerberk #robot #déshumanisation #hommerie

    • C’est l’escalade logique de la déshumanisation entamée avec la vidéosurveillance, technologie de surveillance et politique sécuritaire martelées jusqu’à leur soumission.

      K9 fait partie d’une série de robots qui luttent contre la criminalité, fabriqué et piloté par la startup Knightscope à Mountain View, en Californie. Les robots de l’entreprise ne se battent pas avec des humains ; ils utilisent des équipements comme des lasers, des caméras, un capteur thermique et un GPS pour détecter les activités criminelles et alerter les autorités.

      Leur intention est de fournir aux agents de sécurité humains des yeux et des oreilles « surhumains, » selon Bill Santana Li, CEO de Knightscope, qui a parlé avec Business Insider plus tôt cette année.


  • Blâmer les victimes
    https://blog.monolecte.fr/2017/12/14/blamer-les-victimes

    L’un des mécanismes les plus efficaces et les plus pernicieux du système capitaliste, c’est avec quelles facilités et décontraction, il nous amène tou⋅te⋅s à blâmer ses victimes. Et tombent les anges en feu… Donc, l’autre jour, je tombe sur cette petite nouvelle insignifiante au détour d’un célèbre réseau social que l’on aime détester et je […] L’article Blâmer les victimes est apparu en premier sur Le Monolecte.

    • C’est un peu le même mécanisme qui prévaut lorsqu’une femme s’habille de manière séduisante pour se rendre à un entretien d’embauche pour une place de secrétaire rémunérée à peine 1 500 € mensuel (dans le meilleur des cas). Si il lui arrive « quelque chose », elle sera blâmée pour s’être ainsi « exposée inutilement » à la convoitise du mâle. Enfin, je généralise peut-être, quoique ...

      Dans le cas du jeune homme en Chine, c’est la première chose que je me suis dit : pourquoi faire ça ? Juste pour le fameux et warholien « quart d’heure de célébrité » sur la Toile ? Pour prouver sa « valeur » auprès de sa petite amie ? Ben non, aussi (et surtout) parce qu’il y avait de la #thune en jeu.

    • C’est un des piliers du patriarcat @sombre et c’est une technique de domination de base pour toutes les dominations (adulte, raciste, homophobe...). Par exemple quant tu te rend compte que « pute » et « ta mère la pute » sont des insultes alors que « putier » et « ton père le proxo » n’en sont pas, c’est le même mécanisme à l’œuvre. J’en ai archivé pas mal pour l’aspect féministe sous les tag #inversion_patriarcale et #renversionnite

    • Les Darwin Awards sont des récompenses humoristiques décernées aux personnes mortes ou ont été stérilisées à la suite d’un comportement particulièrement stupide de leur part, et sont ainsi remerciées (le plus souvent à titre posthume) pour avoir, de cette façon, contribué à l’amélioration globale du patrimoine génétique humain.

      Introduction particulièrement cynique (et bourrée de fautes de français) sur la page d’accueil de cette « franche » #saloperie qu’est le site « darwinawards.fr »

      Remarquez bien que leur propos a une certaine pertinence car lorsque tou·tes les jeunes (et moins jeunes) con·nes se seront auto-détruit·es, lorsque toutes les personnes « qui ne sont rien » auront mis leur vie en danger (et l’auront perdue) dans la course à la reconnaissance, à la survie, à l’estime de soi (ça aussi, en passant, une belle cochonnerie), et bien ne resteront que les vieux briscards du capitalisme et de la finance débridées en mode « no limit », la crème de l’humanité, quoi.
      Une chose me rassure, c’est que ceux-là seront condamnés à s’entretuer parce que fatalement, il y en aura toujours qui en mettront d’autres au défit pour jouer à celui qui pisse le plus loin.


  • "Very dysfunctional"

    Un ancien cadre de Facebook défend à ses enfants de toucher à « cette merde »
    https://www.francetvinfo.fr/internet/reseaux-sociaux/facebook/un-ancien-cadre-de-facebook-defend-a-ses-enfants-de-toucher-a-cette-mer

    « Vous ne le réalisez peut-être pas, mais vous êtes programmés. » Longtemps, Chamath Palihapitiya a travaillé comme vice-président en charge de la croissance de l’audience de Facebook. Aujourd’hui, il a tiré un trait sur le réseau social, au point d’interdire à ses enfants de l’utiliser. Il utilise au minimum « cette merde », a-t-il expliqué lors d’un débat organisé en novembre à la Stanford Graduate School of Business, signale The Verge (en anglais).

    #Facebook #zuckerberk #réseaux_sociaux



  • Facebook lance une messagerie pour les enfants
    http://www.lemonde.fr/pixels/article/2017/12/05/facebook-lance-une-messagerie-pour-les-enfants_5224803_4408996.html

    Messenger Kids permet aux enfants de discuter avec leur famille et leurs amis, à condition que ces contacts aient été approuvés par leurs parents. S’il faut avoir 13 ans pour obtenir le droit de s’inscrire sur Facebook, le premier réseau social au monde vient de lancer, lundi 4 décembre, une application destinée aux plus jeunes. Messenger Kids est une version pour enfants de Messenger, l’application de messagerie instantanée des utilisateurs de Facebook. Une manière de conquérir, très jeunes, de (...)

    #Facebook #Messenger #enfants


  • Comment Facebook achète la presse française | Mediapart

    https://www.mediapart.fr/journal/france/011217/comment-facebook-achete-la-presse-francaise

    Comment Facebook achète la presse française
    1 décembre 2017 Par Nicolas Becquet (Observatoire européen du journalisme)

    TF1, Le Figaro, Le Parisien, Le Monde... Depuis 2016, Facebook verse des millions d’euros à plusieurs grands médias français pour produire des contenus vidéo sur son réseau social. Une pratique qui pose la question de la dépendance des rédactions et ouvre la voie à un système à deux vitesses pénalisant les « petits médias ».

    Facebook a gagné. Les médias français sont bel et bien devenus dépendants. Triplement dépendants, en fait : élargissement gratuit de l’audience, utilisation des outils de production et de diffusion et acquisition de revenus complémentaires. L’écosystème de publication du réseau social est devenu un outil vital pour le secteur médiatique.

    De l’innocente et ludique chasse aux « likes » des débuts, à la production sur-mesure et rémunérée de formats vidéo aujourd’hui, le dealer d’audience a bien fait son travail. Dose après dose, les éditeurs ont scellé un pacte tacite avec la plateforme, un pacte aux allures de mariage de raison. Il faut dire que le trousseau de la mariée est bien garni avec ses deux milliards d’utilisateurs. Le marié désœuvré ne pouvait espérer mieux.

    Asphyxiés financièrement et désertés par leur lectorat historique, les médias traditionnels ont en effet trouvé dans l’audience apportée par Facebook un ballon d’oxygène inespéré. À force de shoots aux statistiques flatteuses, les éditeurs se sont convaincus de leur succès naturel auprès d’une audience manifestement ultra réceptive à leurs contenus : l’eldorado providentiel des internautes.

    Mais la descente est déjà en vue. Facebook a visiblement l’intention de faire éclater cette bulle enchantée en faisant passer à la caisse ses consommateurs les plus accros aux « likes » et au trafic généré sur leur site via le réseau social. Dans les rédactions, on travaille quotidiennement à la production de contenus conçus pour la plateforme de Mark Zuckerberg.

    Quelles sont les implications d’une telle servitude volontaire pour le fonctionnement quotidien des rédactions, grandes ou petites ? Quelles sont les conséquences sur le travail des équipes chargées « d’alimenter » Facebook, notamment en vidéos et en « lives » ? Et surtout, comment le réseau social est-il parvenu à convaincre autant de médias économiquement à bout de souffle de travailler pour sa plateforme ? Zoom sur une redoutable stratégie qui met à l’épreuve l’agilité des rédactions.

    La stratégie des VIP–VRP

    Fin octobre, Facebook a donné un coup de semonce à ceux qui pensaient avoir trouvé une voie directe et gratuite vers une audience captive de masse. En testant la possibilité de créer un fil d’actualité séparé pour les publications non sponsorisées des pages professionnelles (en marge du fil d’actualité classique dédié aux posts des proches, aux contenus sponsorisés et aux publicités), Facebook a clairement lancé un avertissement aux marques, entreprises, institutions, ONG et médias en quête de visibilité : rien n’est gratuit. Cette stratégie intervient alors que les éditeurs n’ont jamais autant travaillé pour le réseau social et jamais autant créé de contenus sur mesure venant alimenter les « timelines » des utilisateurs.

    Les volumes d’audience en jeu n’expliquent pas à eux seuls cette productivité spontanée et inégalée. À partir de juin 2016, plusieurs grands médias américains ont été rémunérés pour inonder les fils d’actualité de contenus originaux et servir de laboratoire technique et publicitaire à Facebook. En effet, pour donner envie aux médias, Mark Zuckerberg a mis en place un véritable réseau de représentants VRP capables de faire la démonstration de l’incroyable efficacité des nouveaux formats mis sur le marché.

    Le New York Times, CNN, le Huffington Post, Buzzfeed, Vox, Mashable ou encore Condé Nast… le fondateur de Facebook a rassemblé des représentants VIP dans sa « dream team ». Modèles de réussite sur le marché digital, ces médias portent une solide réputation. Ils sont capables de produire à grande échelle et leurs contenus sont lus dans le monde entier.

    Pour les convaincre, Facebook a dû se montrer très persuasif. Selon un document révélé par le Wall Street Journal en juin 2016, Mark Zuckerberg a ainsi fait un chèque de 50 millions de dollars répartis en 140 contrats de partenariats avec des médias et des célébrités, dont 17 de plus d’un million de dollars (près de 3 millions pour le New York Times et Buzzfeed, 2,5 millions pour CNN). Une goutte d’eau comparée aux 10 milliards de dollars de recettes trimestrielles de Facebook, soit 47 % de plus qu’au même trimestre de l’année précédente.

    Le deal est simple : en échange d’une certaine somme, le partenaire doit produire massivement des contenus à haute valeur ajoutée sur la plateforme : vidéos, « Facebook Live », reportages à 360°, « Instant Articles »… Les grands médias américains ont donc été rémunérés pour inonder les fils d’actualité de contenus originaux et ainsi convaincre l’ensemble des éditeurs d’en faire autant.

    Des millions d’euros versés aux principaux médias français

    Cette stratégie s’est avérée très efficace puisque la renommée des médias enrôlés, combinée à un puissant soutien des algorithmes, a contribué à imposer de nouveaux formats en moins d’un an et à l’échelle mondiale. Alléchés par la masse de clics, les éditeurs du monde entier se sont lancés dans l’aventure… couronnant de ce fait la stratégie de Facebook.

    Un système spécifique aux États-Unis ? Pas du tout. En Europe, les grands médias français participent par exemple à cette manœuvre de séduction à grande échelle. TF1, Le Figaro, Le Parisien ou les titres du groupe Le Monde font également partie des éditeurs qui touchent de l’argent pour produire des contenus vidéo pour Facebook. Et les sommes donnent le tournis, entre 100 000 et 200 000 euros par mois sur des périodes renouvelables de six mois, d’après les diverses sources interrogées. Sachant que la plupart des médias cités (liste non exhaustive) ont déjà reconduit une fois leur partenariat, on parle ici de millions d’euros distribués aux médias hexagonaux par Facebook.

    Il va sans dire que dans les rédactions contactées, on est peu disert sur les détails de ces accords confidentiels. Mais si les conditions varient d’un média à l’autre, le principe reste le même : en échange de l’argent versé, chaque média s’engage à produire un volume précis de vidéos et/ou de « lives » sur une période donnée, d’après les informations que nous avons pu récolter.

    À LCI par exemple, la rédaction doit produire 14 heures de direct par mois et chaque « live » doit durer entre 6 et 20 minutes. Un timing précis qu’il vaut mieux respecter car les contrôles sont stricts, explique-t-on en interne. Il faut dire que la chaîne a tout intérêt à garder de bonnes relations avec son mécène. Selon un salarié, l’argent de Facebook versé sur la période aurait financé les deux tiers de la rédaction web. Mais les contributions financières de Facebook ne s’arrêtent pas là. Il a participé au financement d’un studio flambant neuf pour que la chaîne puisse réaliser des « Facebook Live » lors de la campagne présidentielle. Une dépendance financière qui s’ajoute à celle du trafic généré sur le site, via le réseau social, qui représente entre 30 et 40 % des visites.

    RTL a également bénéficié des euros de Facebook pour son studio dédié aux lives, au même titre qu’Europe 1 pour installer une « Facebook Room » et un « Story Studio Instagram » dans le bus qui a sillonné la France pendant la campagne électorale.

    Enfin, la firme de Menlo Park apporte un soutien aux médias sous la forme de conseils techniques pour exploiter au mieux l’algorithme chargé de hiérarchiser les publications et comprendre les subtilités des statistiques d’audience, notamment avec la mise à disposition de CrowdTangle, une solution propriétaire d’analyse du trafic.

    Du côté de Facebook, on assume ces contributions financières, mais on en minimise l’importance : « Voir les collaborations de Facebook uniquement à travers des partenariats rémunérés est réducteur. Notre rôle au quotidien est de travailler conjointement avec les médias au développement d’outils destinés à enrichir leur expérience sur Facebook. Cela passe par beaucoup d’échanges et des phases de tests durant lesquels il a pu nous arriver d’indemniser nos partenaires. Les médias prennent du temps pour utiliser nos nouveaux produits et partager leurs retours avec nous et il nous semble donc normal qu’ils obtiennent une compensation pour cela. Cela s’inscrit toujours dans un cadre temporaire le temps de l’expérimentation », explique Edouard Braud, le directeur des partenariats médias pour l’Europe du sud.
    Un système gagnant-gagnant ?

    Après des débuts laborieux, une communication maladroite et des cahiers des charges trop contraignants, Facebook a massivement investi dans ses relations avec les médias à partir de 2010. Désormais, la « Media Partnership Team » multiplie les initiatives comme le « Facebook Journalism Project » ou le « Listening Tour », débuté en juin 2017, dans les rédactions.

    Alors que la sphère médiatique s’alarme régulièrement de la dépendance aux « actionnaires milliardaires » ou de la proximité avec le pouvoir politique, la dépendance à Facebook ne semble pas émouvoir outre mesure. Au contraire, les partenariats sont vécus comme de belles opportunités pour expérimenter et se rapprocher de l’audience.

    À L’Obs, Aurélien Viers, responsable du pôle visuel est très enthousiaste : « Ce partenariat nous permet d’aller plus loin dans nos expérimentations sans bouleverser notre organisation. Grâce aux outils fournis, nous avons pu créer des formats vidéo originaux qui connaissent de beaux succès en ligne. La pratique régulière du "Live social", depuis le terrain, a instauré une nouvelle relation avec l’audience, plus spontanée et plus dynamique. On peut dire que Facebook condense tous les nouveaux défis liés à la vidéo, en termes de storytelling, de créativité et de capacité à se démarquer dans un environnement très concurrentiel. »

    Mais en coulisses, dans les médias partenaires, les dents grincent, notamment du côté des régies publicitaires et des services commerciaux impliqués dans une lutte acharnée et vaine contre leur principal concurrent, l’ogre Facebook. « Devant les "valises de billets" apportées par Facebook, les régies n’ont pas leur mot à dire, explique un journaliste en off. Et lorsque Facebook teste ses nouveaux formats publicitaires mid-roll sur nos propres productions, l’exaspération est à son comble. »

    L’efficacité de la plateforme désespère les éditeurs englués dans des stratégies (trop) complexes de rétention de l’audience, comme l’explique ce cadre en charge du numérique : « Quand un internaute, avant de pouvoir finalement regarder une vidéo sur un site, doit cliquer sur un lien, attendre de longues secondes le chargement de la page puis fermer une ou deux fenêtres de pub pour finalement devoir patienter devant une publicité de trente secondes, le constat est sans appel, on ne peut pas rivaliser. On ne joue pas dans la même division que Facebook et son autoplay instantanée. »

    Michaël Szadkowski, rédacteur en chef du site et des réseaux sociaux du Monde, explique n’avoir fait aucune concession éditoriale et garder un contrôle total sur le contenu, une condition sine qua non du partenariat. « L’argent versé n’a pas fondamentalement changé notre façon de travailler. La production de vidéos était déjà une priorité pour nous, avec une équipe de quinze personnes dédiées. On poste plus de contenus qu’avant sur la plateforme, c’est sûr, mais je préfère que Facebook fasse vivre les médias plutôt qu’il se mette à créer et à imposer ses propres contenus. Facebook a changé de dimension, ses dirigeants ont compris qu’on ne pouvait plus demander aux médias de produire gratuitement des contenus et de la valeur, pour ensuite les monétiser auprès des annonceurs. » Un constat valable pour les seuls partenaires et pour une durée limitée.

    Guillaume Lacroix, cofondateur de Brut, un média vidéo présent uniquement sur les réseaux sociaux, ne tarit pas d’éloges sur sa collaboration avec Facebook. Il s’agit d’un « partenariat de travail » qui ne comporte aucun volet financier. « Facebook nous donne beaucoup de conseils utiles pour faire décoller l’engagement sur nos vidéos. Il nous informe également sur les formats en vogue dans le monde entier. En septembre, nous avons par exemple été invités à Dublin pour participer à une conférence où étaient réunis 35 médias nés en ligne. Les échanges ont été très enrichissants. Enfin, Facebook met à notre disposition CrowdTangle, un outil très performant qui permet d’analyser l’engagement de l’audience sur les réseaux sociaux. Si on devait payer pour l’utiliser, pas sûr qu’on pourrait se le permettre. »

    Comme pour Le Monde et L’Obs, Brut perçoit la collaboration avec Facebook comme un véritable avantage concurrentiel et croit à la pérennité de son modèle : « Cela ne nous fait pas peur d’être Facebook dépendant, pas plus qu’un producteur qui travaille avec une chaîne de télévision. Par ailleurs, il ne nous donne pas d’argent et pourtant Brut sera rentable en 2018, c’est qu’il existe bien un business model sur les réseaux sociaux. »

    Edouard Braud l’affirme, Facebook fait tout pour donner le maximum d’autonomie aux médias : « Tous nos produits sont faits de telle sorte qu’ils ne créent pas de dépendance. Nous les concevons pour qu’ils enrichissent l’expérience des médias et les aident à créer de la valeur grâce à Facebook. Cela peut se faire à la fois au sein de notre environnement mais également en dehors. C’est pourquoi nous développons notamment des outils qui permettent de générer de la valeur dans les environnements propriétaires des médias comme sur "Instant Articles" avec les modules d’abonnement aux newsletters, de téléchargement d’applications… »

    Un miroir aux alouettes et un danger pour les « petits médias »

    En dehors des médias partenaires, rares sont les rédactions disposant des ressources et de la flexibilité nécessaires pour faire face aux exigences de Facebook. En l’absence d’incitation financière ou de revenus récompensant les contenus produits pour le réseau social, les petits médias s’essoufflent à force de vouloir tirer profit de l’audience et des redoutables outils mis à disposition. Résultat, un écosystème à deux vitesses s’est progressivement mis en place, doublé d’une stratégie kamikaze des médias, dont la production vidéo est un exemple éclairant.

    Passage en revue des raisons pour lesquelles la plupart des médias n’ont que peu d’intérêts à se lancer dans la production de vidéos sociales :

    La production de vidéos est complexe, chronophage et coûteuse, surtout pour les titres de presse écrite dont ce n’est pas le métier. Mettre en place un workflow spécifique et former ou embaucher des journalistes capables de tourner et de monter des vidéos sociales représentent un coût considérable. Dans le domaine, la rentabilité reste souvent un concept.
    La professionnalisation fulgurante des contenus. Les vidéos postées sur le réseau social ressemblent de plus en plus à des productions télévisuelles, ce qui tend à disqualifier les médias incapables de suivre les standards de qualité en vigueur. Aujourd’hui, la majorité des « lives » Facebook est réalisée avec plusieurs caméras, à l’aide d’une régie.
    La versatilité des formats recommandés. Pendant six mois, Facebook nous incite à produire des vidéos de moins d’une minute consultable sans le son. Le mois suivant, il faut produire des séquences d’une minute trente minimum, sans quoi l’algorithme pourrait bouder nos contenus. Trente petites secondes de plus qui imposent de repenser les formats et réorganiser sa chaîne de production.
    Le paradoxe de l’engagement. Par expérience, les contenus vidéos postés sur Facebook sont ceux qui apportent le moins de trafic sur les sites. Ils suscitent un fort engagement, mais sont consultés exclusivement dans le fil d’actualité, et peu sur les sites. Pourtant, les médias redoublent d’efforts pour produire des vidéos natives et non rentables. Enfin, comme sur YouTube, l’actualité est loin de faire partie des contenus les plus consultés sur Facebook.
    La supercherie des données d’audience. Comprendre et analyser les chiffres d’engagement fournis par le réseau social demande de la patience et des compétences solides. Des chiffres dont la fiabilité est sujette à caution. En 2016, Facebook a admis avoir surévalué les statistiques de consultation des vidéos de 60 à 80 %, et ce, pendant deux ans ! Une « erreur technique » a été invoquée. Une excuse grossière qui pourrait faire sourire si elle n’avait pas un impact énorme sur les investissements publicitaires et sur les moyens mis à disposition par les médias pour produire des vidéos. Quand on culmine à plusieurs centaines de milliers voire des millions de vues par vidéo, les marges d’erreur n’ont pas de grandes conséquences, mais lorsqu’une stratégie vidéo est évaluée sur la base de quelques milliers de clics, alors dans ce cas, les implications peuvent être sérieuses.
    Le chantage au « reach » et la tentation du « boost ». La présence de tous les acteurs sur la plateforme engendre une course à l’attention inédite qui aboutit à une saturation des « timelines » et à une baisse de la visibilité des contenus, intelligemment orchestrée par Facebook. Une chute importante de la portée des publications peut contribuer à déstabiliser les fragiles « business model » des médias. Et la tentation de payer pour maintenir sa popularité, généreusement offerte par la plateforme, n’est plus une exception dans les rédactions. Les contenus sponsorisés se multiplient et les médias se transforment en client de la régie publicitaire de Facebook.

    Facebook a gagné. Les nombreux paradoxes évoqués ci-dessus en sont les meilleures preuves. La servitude volontaire dont font preuve les médias peut être analysée au prisme de leur situation financière, mais difficile de dire quelles en seront les conséquences à long terme. Des sacrifices nécessaires sur l’autel de la transition numérique ? Peut-être, mais attention, la dépendance n’est pas seulement financière, elle est également technique pour l’accès aux outils de production et de diffusion de l’information, elle pèse aussi sur les contenus et contribue à l’uniformisation des formats à l’échelle mondiale et surtout, elle influence et rythme le quotidien et l’organisation des rédactions.

    Le paysage médiatique français s’alarme régulièrement du manque d’indépendance des médias face aux actionnaires-industriels-milliardaires. Pourtant, ces mêmes médias permettent l’instauration progressive d’une menace tout aussi toxique pour l’avenir des médias et de la démocratie, celle du soft power, de l’argent et de l’écosystème des GAFA (Google, Amazon, Facebook et Apple).

    #réseaux_sociaux #facebook #presse #médias #naufrage

    • Mediapart, tant que tu ponderas des phrases de ce type je te dis merde et je stoppe ma lecture.

      Il faut dire que le trousseau de la mariée est bien garni avec ses deux milliards d’utilisateurs. Le marié désœuvré ne pouvait espérer mieux.

      #sexisme
      #boycott_facebook

      Je ne vois pas ce qu’il y a d’intéressant à comparer le contrat de dupe que les médias ont fait avec facebook à la dot d’une mariée. A part à préserver ces pauvres hommes journalistes de leur responsabilité, disqualifier les femmes, et s’asseoir confortablement sur sa paresse intellectuelle à trouver un qualificatif plus adéquat.

      Cette tradition de la dot lors du mariage visait à compenser les frais de la femme, considérant celle-ci comme une charge.
      #journalisme_coucouilles

      On rappelle juste à ceux qui s’étonnent que la France est 39em sur 180 pays au classement mondial 2017 de RSF https://rsf.org/fr/classement
      du fait de ces accointances avec la finance.
      #indépendance_de_la_presse

    • À mettre en lien avec les accusations d’ingérence via Facebook de la Russie dans l’élection étasunienne. J’ai du mal à croire que Facebook se soit laissé berné, j’ai du mal à croire que Facebook ne soit pas au service de l’oligarchie étasunienne. Là on voit que Facebook dépense au contraire beaucoup d’énergie pour contrôler qui a une audience privilégiée etc.



  • En Chine, des étudiants forcés de fabriquer l’iPhone X
    http://www.lemonde.fr/economie/article/2017/11/24/a-zhengzhou-rencontre-avec-les-etudiants-forces-de-fabriquer-les-iphone-x_52

    Cet automne, les usines de Zhengzhou tournent à plein pour fournir des exemplaires de l’#iPhone X au monde entier. Foxconn, le principal sous-traitant d’Apple en Chine, s’est installé dans la capitale du Henan en 2012 pour bénéficier de la main-d’œuvre abondante et bon marché de cette province du centre de la Chine, la plus peuplée du pays.

    Mais en plus des ouvriers, les stagiaires, qui restent quelques mois et coûtent moins cher en charges sociales, sont jugés parfaits pour répondre aux besoins saisonniers. Plus de 3 000 étudiants travaillent actuellement sur les lignes d’assemblage de #Foxconn, dans les mêmes conditions que des ouvriers. Les tâches répétitives qu’ils accomplissent n’ont aucun lien avec leurs études. Ils effectuent des heures supplémentaires, en violation de la loi.
    « Si on ne le fait pas, l’école ne nous donnera pas notre diplôme »

    #Apple #SoCool #GAFA