bituur esztreym

promeneur finno-magyar filolog perplex propaganda expert ποιειν ¨W ;7[) copyleft achttp: v.n.a.

  • jusqu’à filer, osé _

    « Renaît un désir léger d’extravagances »,
    qu’épanouira une période d’allers simples,
    des heures désaccagnardées, après-midis infimes,
    espaliers, thèmes suspendus, moins lourds que l’heur,
    et puis des siestes dans les profonds radassiers,
    contemplatives - une figure apparaîtra flottante,
    vue en divers lieux, proposera d’infernales
    versions douces que les thèmes dérouleront.
    la zone distante, favorisée, se chargera
    temporairement. débondant, des psychés
    s’amuiront jusqu’à filer, osé, un seul
    ténu motif, dans les tues notes duquel
    saura peut-être nicher la disséquante
    excitation réputée noeud de toutes passions.


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2013, LAL1.3.


  • heure cuivrée mort date drone Helmand _

    « c’est fini, la guerre, tu dates, » & d’ailleurs
    vous êtes tous morts : l’heure cuivrée dans le fond
    qui luit, tombera.. ni elle ni vous ne savez
    ni d’ailleurs ni point ni pas. qu’achève
    sans relève ni mulacre les palinodies,
    fini vous dis-je, partons, circulez, qu’y voir ?
    c’est fini dis-tu, ancien combattant,
    tous cadavérés · tous, en rythme, lentement,
    cadencé, échappant, - essay-échappant,
    ça date, à voir, nouveautés partout,
    revit la chose, « fini tu dates », now
    ça change, l’heure cuivrée du couchant
    sur Helmand voit filer les drones ...


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2013, LAL1.3.


  • péan axial de la véracité _

    l’anaphore de la danse te tantalize
    c’est un paon de mouvements, axial,
    des artifices délicieux, personne
    ne s’y laisse prendre, voyons. heureux.
    chacun comme méthodiquement se livre
    – jouit sous les formes la véracité -
    vorace le rythme repasse à l’attaque
    on s’y rend sans faiblesse on y prend goût
    bien vaut remuer bien joue guincher
    bien va tu vas pas&pas & pas ourlant
    délivre flamme parcourante insatiable
    et ça déroule dans une sorte de grande
    crise où chaque s’éprend à être si limpide.


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2013, LAL1.3.


  • étude du mot _

    il lui arrive de rêver : elle rêve un mot, et le mot
    venu de loin vers elle qui est venue du nord,
    mot inconnu tend sa main vers le dictionnaire
    au levant, réveillée : chamanisme, sion,
    ou le nom de ce que son corps réclame
    et celui-là son sens est en elle sans détour
    par des pages serrées. quelle l’urgence
    de ces mots délivrés du gris typographique,
    arcanes somniaques décidant plus qu’en rêve
    l’élargissement de la conscience ?
    danse en rêve la langue et s’imprime
    le sens dans les rites que célèbre,
    mais c’est de nuit, l’esprit de la lettre.


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 1998 ?-2013, LAL1.3.
    [füer teshi especial kassededi parce que na.]


  • posé bac immobile _

    perdu souffle court pourtant posé quasi gisant
    tu ne fais l’exigeant qu’à t’extraire plus que ne peux
    tu sais les conditions la nue-dépossession tu
    mires ce coin de pierres et de ciel avec du vert
    linéamenté de flux floutés de coups d’air et d’ailes
    est-il méfiable d’anguiller ainsi - les moralistes
    l’arguent, passent des coches, tu t’en délies.
    et persévère une ténue douceur de l’air, doré,
    d’un or passé, filtré dans la masse blanc-bleu voilé
    qui tout enserre, sur de mahousses taches de gris, loin.
    de drôles de petits miroirs portatifs à quatre-vingt
    centimètres du sol, devant toi, s’usent à t’offrir
    une version plus légère, des vies parallèles,
    mais c’est en vain, des coups de cloche, des cris de piafs,
    poinçons portés à coups de masse t’ancrent, ici.


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2013, LAL1.3.


  • faim des marches vers _

    faim des marches vers les fins qu’y a-t-il qui ne remplit
    quel est ce récit qui ne satisfait pas et quelle
    l’insatisfaction affamante de tous récits..
    leste tenaillante faim finale à chaque pas
    le problème ensuite du récit est que l’efflanque
    cette peu rassasiante manière de s’espacer.
    la vulnérante faim de marche vers la fin
    ne fait accroire qu’il y a des fins que pour
    sans fin insatisfaire le goût des récitants,
    ce qui n’est audible qu’à la fin dépose ses traces
    tout du long, de pas en fins tous points de faim,
    l’itinéraire effarant des affamés est bien ce point
    trouant la carte, le territoire de cette faim
    couvre de ses fins cet espace si peu tien
    jusqu’à la fin. coup d’épaule, réordonner,
    ainsi lesté, inassouvi, remettre pas sur vers la fin.


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2013, LAL1.3.


  • sonnet villonien ou münzerien venu tout nu
    inspiré peut-être par @cgarca_c aka Carlos Garcia Calderón
    enfin bref vous le livre tel car ainsi est-ce :


    Voyons que feras-tu
    Simple parmi fétus,
    Viendu sera ton tour,
    En si grande pahour

    Aura marqué son tour
    Sera alors le jour
    AH ! bien tu sauras-tu
    Échapper quand tout nu ?

    Va ! Personne n’en sait
    Rin, le doute est forfait
    Tu seul moins que quiconque

    Peux n’y faire que pouic
    Il ne s’agit d’un hic
    Quand mort est si quelconque.


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2013, LAL1.3.


  • la barrière des prêles _

    un lâche fouillis d’herbes voisine les rallyes subtils
    des araignées d’eau sur le bord sans écho du canal.
    on attend la pluie, elle s’annonce dans ce recreux de l’air
    et des choses transformées en lente capacité de fraîcheur.
    conclusion de juin sous les arbres, lumière qui filtre
    de plus en plus distante, feutre les masses et les découpes
    des rives, des frondaisons, de l’eau presque opaque.
    tout s’ensommeille dans l’attente, l’après-midi passe ainsi,
    même les écorces à terre ne sont plus craquantes, s’estompent
    sous des tonalités de cannelle onctueuse.
    il faudra s’attarder à respirer l’humeur tranquille des choses,
    dans la barrière des prêles, plus bas, sous ses tonnelles de gouttes.


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 1996-7-2013, LAL1.3.


  • sauTWant de nuit de branche en branche  ̲ 
    ce sphinx a cette tête, ô sphynge immense et branque
    pero zyva, tendre inflexible espèce de branche
    mais s’en vou/faudra de bieaucoup que canardâtes
    les allées venues grenues de si sots goujats

    or doncques, devant l’agitant énergumène
    immobile dont nonobstant nous fûmes mème
    voulez-vous, tenons-nous, ce n’est pas à la banque
    où flancher, où flancherions, que pourrions de même

    ébaucher, tâcher moyen .. lâchons tout ça. haine !
    tu n’est qu’irrémédiable, d’autant nulle peine
    il s’en faudrait que nous te cédassions, gros fat !

    nous enquillerons, si dieu veut, selon notre axe
    ce rogue rêche alleu ne nous rendra pas branque
    nous déjouerons le sphinx sautant de branche en branche ! 


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2013, LAL1.3.
    [oubliai préciser ce fut jeu de rafale de distiques,
    à partir un vers balancé bot-iquement par E lles, Otto @vnatrc von Strassenbach, le premier ; tout dégringoulina en 27 minutes. toussa sur le TW, d’où le TW dans le titre, bien sûr, bien sûr]


  • petit traité  ̲ 
    “posséder une langue n’offre qu’un avantage assez limité”,
    peu importe l’arpent indéfini de quelle saison ou de quelle autre ;
    la tristesse d’un soir n’est pas vaine, l’effort un temps plus tard
    n’est pas vain, joue à tout moment la nue vanité de l’avantage.
    ou quoi que l’on crût tel. passer d’âge en âge par des pays
    où diffèrent plus que le reste les sons, et le colorent,
    n’avoue rien de plus que le déplacement. on dépense ainsi
    ce qu’on croit ses atouts, la lente procession du monde
    s’évanouit sans cesse des filets articulés qu’on peut lui tendre,
    l’aguet de la langue à la fin doit obliger au détachement. 


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 1999 - 2013, LAL1.3.


  • olhos de fora  ̲ 
    je sais que ce soir un grand nuage-peigne recoiffera le ciel
    doucement ; je ne le vois pas encore, à peine incurvé,
    sans grand vent. les “yeux du dehors” nous regardent, à même hauteur,
    j’ai mon pied au-delà du sien, juste au contact, la base de mon nez
    au chaud sous son coude. des cheveux noirs ébouriffent un horizon.
    nous ne coïncidons que par ces quelques points l’un contre l’autre,
    plus tard une hanche et une autre, avant le réveil.
    déjà plusieurs heures, je crois, son chat préféré, celui qui a
    le prénom, chez lui entre mon tibia et mon mollet ;
    entre, comme entre les hanches dans un moment, la couette.
    un verre d’eau sera le seul mot échangé, presque,
    et puis descendre, sur le seuil... - il y aura aussi
    une escadrille de petits nuages effilés,
    cap au nord-ouest, en formation impeccable... - 


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 1999 - 2013, LAL1.3.


  • &nd pour cela  ̲ 
     [sonnet pour François Bon &nd tant d’autres]  ̲ 

    et pour cela « préfère mon vieil Espèce d’espaces
    aux pages qui tombent, parce que », et pour cela
    m’entête, et pour cela furète, de là m’agrège,
    osmose relapse continuelle, textes et lignes,

    feuilles — s’entr’intercalent cliquetis, bris,
    craquètements, plus fins sur sons mahousses..
    entrouvrons le long miroir au tain tombant,
    que file un jus noirâtre, dégorgent les pleins,

    on n’en sera que plus à l’aise que parce que
    Délie dans son coin remâche son cher refrain,
    mieux qu’ça : voilou qu’au rythme tombant

    accompagnant la chute des lettres, elle s’épate,
    de tout un atour changé s’armant pour vaincre,
    nous emmène sans autre dans son parce que. 


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2013, LAL1.3.


  • traduction du billet « Una petición a todas mis amigas y todos mis amigos », publié par Luis Sepúlveda sur sa page facebook https://m.facebook.com/note.php?note_id=10151309374017105&_rdr à propos de la destruction par le journal Le Monde de 27 ans d’archives photographiques de Daniel Mordzinski.

    Mes amis, mes amies : Ceci est une demande que je vous adresse à bout de colère, de rage et de douleur, à cause de ce qui arrive à l’un de mes plus chers amis, mon frère d’âme Daniel Mordzinski, le grand photographe de la littérature : ils lui ont détruit, fait disparaître vingt-sept ans de travail, 27 ans ! le travail de toute une vie balancé à la poubelle, et ça n’est pas une métaphore, non : les gestes d’un crétin qui suivait les ordres d’autres crétins, voilà qui a décidé que le travail de Daniel Mordzinski ne méritait d’autre destin que le mépris et la poubelle.

    Depuis plus de dix ans et en vertu d’un accord entre le quotidien espagnol El País et le quotidien français Le Monde, Daniel Mordzinski utilisait un bureau au septième étage des locaux parisiens de la rédaction du Monde pour stocker et conserver ses archives de négatifs et diapositives. C’étaient des milliers de négatifs, de diapositives, d’originaux classés avec la rigueur qui caractérise Daniel, et qui, sans plus, sans un instant de réflexion ont été flanqués à la poubelle.

    Le 7 mars dernier, Miguel Mora, correspondant d’El País à Paris, se rendit au bureau du septième étage et découvrit qu’on l’avait vidé totalement, sans même en avoir avisé ni lui ni Daniel. On avait tout simplement foutu dehors tout ce qu’il y avait dans le bureau et on s’en était débarrassé.

    Après des heures de recherche affolée, de questions sans autre réponse qu’un lâche « je suis désolé » murmuré en baissant la tête, ils trouvèrent à la cave le grand meuble classeur que Daniel lui même avait peint en noir il y a dix ans, totalement vide.

    En une illustration de la couardise et de la bassesse morale qui envoie aux enfers toute la tradition de défense de la liberté d’expression qui caractérisa Le Monde, personne n’a voulu répondre de par qui et pourquoi la décision a été prise de mettre à la poubelle 27 ans de travail d’un des plus grands photographes du monde.

    On a du mal à croire que dans un journal comme Le Monde, travaillent des gens à qui les mots « Cortázar », « Israel », « Écrivains latinoamericains », « Écrivains français », « Écrivains espagnols », « Écrivains portugais », « Semana Negra », « Festival de Saint Malo », « Carrefour des Littératures », « Mercedes Sosa », « Borges », « Astor Piazzola » et un grand nombre d’autres noms ne disent absolument rien, et qui puissent tout simplement jeter à la poubelle ce trésor photographique sans consulter personne.

    Ces archives de Daniel Mordzinski, ces 27 ans de travail misérablement perdus faisaient partie de la mémoire sociale, culturelle et littéraire du XXe siècle, faisaient partie de la culture universelle, représentaient le legs d’un artiste, d’un photographe dont l’oeuvre est reconnue comme un apport fondamental au registre de la culture contemporaine.

    De l’oeuvre photographique de Daniel Mordzinski, mon ami, mon frère et compagnon d’aventures en tant d’endroits du monde, à peine quelques centaines de photos numérisées sont sauves, celles publiées dans ses derniers livres, dont « Últimas Noticias del Sur » que nous avons cosigné, et celles qui ont été vues dans les nombreuses expositions qu’il a réalisées ces dernières années. Le reste a disparu, dévoré par l’ignorance, le laisser-aller, et, ce qui est plus grave, par une démonstration de plus du manque de rigueur et d’éthique qui fait du journalisme un cloaque.

    J’écris ceci plein de douleur, de colère et de rage, parce que Daniel Mordzinski est mon collègue, mon ami, mon compagnon, mon frère de fières aventures dans le champ du journalisme et de la littérature.

    À vous tous, mes amis et amies, je vous demande instamment de copier et reproduire ceci en tous les lieux possibles, et aussi sur la page Facebook du Monde, dans les journaux et revues auxquels vous avez accès, et d’adresser vos signatures de soutien à dmordzinski@free.fr

    J’ai une image gravée dans ma mémoire, de l’année 1996, où en plein vent éternel de la Patagonie, je voyais mon collègue, mon ami, mon compagnon, mon frère d’âme, charger ses appareils en plongeant les mains dans un sac noir pour y saisir les rouleaux de pellicule au moyen desquels il laisserait un témoignage de la dure vie des gens du Sud du monde. Et cette image me dit que cela ne va pas en rester là, que Le Monde va devoir fournir une réponse et des excuses convaincantes, parce qu’il n’est pas possible que 27 ans de travail, que les archives d’unt part importante de l’histoire contemporaine puissent être ainsi jetés, sans autre, à la poubelle.

    liens vers d’autres articles sur cette absurdité :

    http://www.danielmordzinski.com

    http://www.lemondediplomatique.cl/La-estupidez-de-LE-MONDE-destruye.html

    http://ivanthays.com.pe/post/45701723726

    http://www.revistaarcadia.com/agenda/articulo/calamidad-destruyen-27-anos-fotos-daniel-mordzinski/31408

    http://www.fueradeljuego.josemanuelfajardo.com/index.php?option=com_k2&view=item&id=544:le-monde-d

    http://www.clasesdeperiodismo.com/2013/03/18/le-monde-destruye-27-anos-de-fotografias-del-periodista-daniel-m

    http://www.clarin.com/sociedad/Destruyen-error-fotos-Daniel-Mordzinski_0_885511529.html

    http://www.xatakafoto.com/actualidad/el-diario-le-monde-tira-a-la-basura-el-archivo-fotografico-de-daniel-mor

    http://www.eltiempo.com/gente/le-monde-boto-fotografias-de-daniel-mordzinski_12701097-4

    http://www.elperiodico.com/es/noticias/ocio-y-cultura/escandalo-twitter-por-perdida-las-fotografias-daniel-mordzinski-2344212

    http://www.pagina12.com.ar/diario/suplementos/espectaculos/21-28099-2013-03-19.html

    http://losconvidados.com/para-daniel-mordzinski-con-solidaridad-fraterna

    http://www.elperiodicodearagon.com/noticias/sociedad/escandalo-en-twitter-por-perdida-de-las-fotografias-de-daniel-m

    http://www.corrierenazionale.it/component/content/article/32-home/esteri/92042-Le-Monde-manda-al-rogo-50mila-foto-di-Daniel-Mordzinski

    http://www.elcultural.es/noticias/LETRAS/4547/Donde_esta_el_archivo_de_Daniel_Mordzinski

    http://www.infolibre.es/noticias/medios/2013/03/19/monde_extravia_archivo_fotografico_daniel_mordzinski_1314_1027.html

    http://blogs.milenio.com/node/4652

    http://www.rafaelroa.net/blog/2013/03/la-destruccion-de-la-memoria-de-daniel-mordzinski.html

    http://espanol.josesaramago.org/184222.html

    http://www.324.cat/noticia/2083077/ociicultura/Le-Monde-llenca-a-les-escombraries-27-anys-dimatges-de-Daniel-Mordzinski-el-fot

    presse latino-américaine, presse espagnole,

    et, 20 mars 00h00, v’là presse/web anglo-saxon :

    http://www.petapixel.com/2013/03/19/photog-accuses-le-monde-of-trashing-27-years-of-work-without-notice (avec lien reddit )

    el 20 por la mañana Iván Thays publica ese post de blog en elpaís :
    http://blogs.elpais.com/vano-oficio/2013/03/elogio-a-daniel-mordzinski.html

    mais lemonde.fr se tait,

    elpais.com aussi [edit] elpais le 19 soir à 22h44, [avec du très beau PR bullshit produit apparemment par les services généraux et juridiques du Monde : « besoin urgent du bureau, on avait pas son adresse, snif.. » ] : http://cultura.elpais.com/cultura/2013/03/19/actualidad/1363727950_173796.html

    la presse française s’écrasa avec un bel ensemble
    jusqu’au 19 mars 15h22, puis :

    http://www.rue89.com/rue89-culture/2013/03/19/disparition-au-monde-le-mystere-des-50-000-photos-de-mordzinski-240671

    http://www.arretsurimages.net/vite.php?id=15313

    http://www.bfmtv.com/divertissement/monde-detruit-erreur-50-000-cliches-darchive-uniques-473858.html

    à 21h36 http://www.liberation.fr/medias/2013/03/19/le-monde-jette-le-travail-de-daniel-mordzinski_889782

    le 20 au matin, Le Monde fait un très bel exercice de Spanou®
    (rejetant quasiment toute la responsabilité sur « ce photographe »,
    qui squattait un bureau, en fait, faut-il comprendre..)
    http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2013/03/20/le-monde-et-el-pais-repondent-a-daniel-mordzinski_1850801_3208.html


  • Mali sadio  ̲ 

    hippopotamme tranquille occupe
    le fleuve, d’une rive à l’autre
    et d’un monde à l’autre ; le chant
    occupe des continents entiers,
    descend remonte en notes rondes,
    lumineuses, gerbes de gouttes
    éclatantes au soleil quand il plonge
    et ressort, et joue avec les petits
    d’homme. son grand corps blanc
    s’arque d’allégresse, la musique
    de l’être se donne à voir. 


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 1999 - 2013, LAL1.3.


  • impromptu à un an d’écart, au Son  ̲ 

    léger oiseau de brins verts tressé, plume
    pour graver dans l’air la joie du geste,
    file, oiseau, par-dessus le terrain ceint
    de pans de bois, tout voisin de la terrasse,
    fol oiseau frêle sorti de mains joueuses,
    trace, petit, dans l’espace qui dessine
    le lieu de nos échanges, trace donc
    un jeu de rencontres, de trouvailles,
    comme la boule lisse file et trace
    sa ligne droite jusqu’au petit. 


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2013, LAL1.3.


  • les stations du filleul girardin
    [ quatreuhOnzains ]




    papier cranté des leñateros forteresse
    de l’esprit juxtaposés nous en sommes
    aux stations ils vont se taper mais cela
    ne fera pas plus mal que pendant les combats
    attends même tout ce qui ne les regarde
    pas l’anamorphose biseautée imposante
    qui se profile en face hésite entre
    boucher l’horizon le sommer et rouvrir
    de possibles occasions sous le zef piquant
    une troisième débaroulera bientôt
    on sera bien pas si seul

      
      
      
    cardage du béton massif
    fricassées de visions flux feu roulant
    tombeau ouvert écho de berlinois
    malin l’inscription et le parfum
    reliquat de véronique mais belle des prés
    éphémère on actera les ovations
    troublées troublant conflit roulements
    puis quelques brins cadre de briques
    l’avenir néo-brutaliste des impasses
    le froid tu marches quelques pentes
    résolvent le portrait de la voie d’avant

      
      
      
    c’est quotidien c’est tous les jours sibérie
    ce monologue qui porte loin ses oreilles
    paysan tu fourgues la liste du pire
    des crimes et c’est la fête ébarbée
    comme un bourbouillis de craquètements
    vaya perplexité il t’ignore le petit
    remous sonore s’érigeant pour que reste
    noir gloire aux enfants leur coeur cogné
    plus de cent mille qui couraient dans les rues
    la barre de laiton s’applique à suivre
    les carreaux depuis ici jusqu’à l’est

      
      
      
    un quatrième se présente de retour hurlant
    comme saraguate mais le rideau
    et puis la mousse la commissure c’était le seul
    abri compain de dos dans le dos à l’image
    de ces niches ces pans de mur la vieille
    ville s’arroge une paix il y a aussi
    vers le coin pas si là-bas-loin
    des rougeurs des pieds des envies au coin
    des ongles jubilant dans les giboulées
    c’est rigolo soudain en choeur choyant
    et la palette qui réjouit le coeur de l’homme

      
      
      

    _____________________________________________
     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 1781-2013, LAL1.3.
    tombés ainsi par journée ainsacouci,. vlanpaf dont acte
    dédié : animofosco, la choze, vulcain, jeremN y tantos..
    bon, oué.. : avé arcane(s) rouennais inside tm mais c] ..


  • pénultième (à Vladimir Holan)  ̲ 
    douleur très grande, afflux, et quel excès !
    cétaitunedouleur dont l’excès démolissait l’issue.
    on se tient, là, sans bouger, plus rien
    à dire, on n’en peut plus.
    seule compte la poignée de terre grasse sauvée.


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 1999-2013, LAL1.3.


  • à la Sainte-Baume, de nuit  ̲ 
    baume sans voiles attaquée,
    du même acte oscille, mais plonge
    profond dans le poids de sa quille :
    les aguets du rocher adoptent
    sous ce grand vent que rien n’essouffle
    le profil matois d’un qui se rive à sa terre.
    il connaît ça, son cuir exercé sait
    dérober son secret à l’élément qui l’assiège.
    d’aussi loin qu’on se prépare,
    toutes effrénées, nulle rafale pourtant
    n’appuiera plus qu’une autre.
    elles passent, les tempêtes, elles passent,
    les nuits. il n’y a plus de vanité,
    il y a ces grandes choses qui maintiennent le monde.


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, ¿1995-20123 ? ¿este ?, LAL1.3.

    in mémoriam Sr Margot a.k.a. soeur Marguerite-Marie, o.p., Anne Landru, 26.7.25 - 17.1.13. _ « Il essuiera toute larme de leurs yeux,et la mort n’existera plus ; » Ap. 21,4


  • “rien ne se perd dans l’unité”  ̲ 
    rien ne se perd dans l’unité, savourait-elle en regardant. regardant...
    des siècles passaient en troupe sage, assagie. voici qu’au-delà d’époques troubles
    et dans la hâte d’un monde docile un homme promène dans les rues de sa ville,
    il croyait maîtriser lui aussi certaines données de base. il avoue ses années récentes
    à chercher autour de lui, son esprit devenu infiniment rétractile dans le buisson
    des sciences robustes, rien ne lui est épargné. toutes ses lettres se perdent.
    ombres, en nombre, passent maintenant devant lui, les rues deviennent lumineuses,
    des véhicules se créent sans cesse, on fera bientôt taire les mangeurs de gadgets,
    lui ne sait plus ce qu’il faut faire, on remarque son rythme. partout et toujours il s’agit
    d’autre chose : la science inconnue réalise les voies du cœur.


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, ¿1995-20123 ? ¿este ?, LAL1.3.

    in mémoriam Sr Margot a.k.a. soeur Marguerite-Marie, o.p., Anne Landru, 26.7.25 - 17.1.13. _ « Il essuiera toute larme de leurs yeux,et la mort n’existera plus ; » Ap. 21,4


  • présence  ̲ 
    hors comédie humaine, le nom du soir
    se laisse toucher, presque, comme
    la rue sombre qui ronronne,
    après la terrasse. vain vestige,
    la trouée où s’agitent dix crânes.
    qui parle en vérité connaît autre chose
    et le temps, retourné, se révèle
    pour ce qu’il est, à chaque moment
    désiré par son poids propre, que recueillir.
    l’éclat pourtant n’est pas mesurable,
    et ne s’entend que dans un calme mué.


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 200 ?-2012, LAL1.3.


  • rien ne s’est passé  ̲ 
    savourer des instants de peu est un art méconnu.
    rien ne peut venir ni ne viendra troubler l’éclat mat de l’air en ces instants.
    toujours l’un d’eux survient, et des choses suspendues depuis longtemps
    peuvent en profiter parfois, mais rien ne semble bouger,
    c’est comme un craquement silencieux dans l’âtre, accompagné
    de son bref jet de lumières fondantes, et sauf son écho dans le cœur
    qui pour un coup bat autrement, rien ne s’est passé, rien...
    la musique peut se taire, la pluie va cesser aussi,
    des voix prendront la place, passant dans la rue pour décroître :
    l’espace et le temps sont un attelage docile,
    leste dans la main de son maître.


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2012, LAL1.3.
    en dédicace à @indigocat a.k.a. Sayed Mennir


  • les impatiences  ̲ 
    les petites heures de la pluie orchestrent les passages du jour.
    par périodes les murs se teintent, s’imprègnent. sage
    indécision des éléments mêlés, leur art du vivant sans faille.
    toute maîtrise s’affirme un jour. comme savoir
    accorder les tissus, s’effacer tout entier dans un jeu de tons
    et métiers divers, comme connaître le geste imprévu pour ramasser
    un pain rond qui roulait sans fin dans la rue principale d’une vieille ville,
    comme enseigner la saveur, l’odeur des fruits mous sous la paume,
    rutilant dans les bassines de cuivre ; s’avouer vaincu et recommencer,
    délivrer chaque fois une alliée pour le soir ; cueillir sous la vigne vierge
    les fleurs d’un lis, des lavatères, et quand l’après-midi fraîchit,
    à la presque fin de l’été, faire claquer les gaines gonflées des impatiences.



     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2012, LAL1.3.
    pour répondre à Antoine Moreau sur une occurrence furtive d’imprévu.
    Bruno Schulz in da place, & tant d’autres.
    <3_#bisatouss


  • certificat de paix  ̲ 
    tout ce qui flotte dans l’air éberlué,
    qui tente ce mystère de décourager le néant,
    petites surprises poussant parmi des couches de bogues revêches,
    jusqu’à tenir des pentes un certificat de paix dans les sous-bois.
    voilà ce qui compte, quand tant pèsent sous les brumes,
    ploient sans nécessité. on ne peut se résigner à l’abandon
    de ce qui est, qui court si vite et ne quitte sa voie :
    rien de ce qui passe n’est perdu, être est pour chaque élément du monde
    l’assurance illimitée de l’instant. tout ce qui est mobile dans l’air
    comme tout ce que se réserve l’érosion connaît la gravité,
    et se sauve plus sûrement que par la mémoire chacun
    dans l’instant rigoureusement unique de sa connaissance.



     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2012, LAL1.3.
     (in nos visages sont nécessaires)
    dédié diversement et conjointement
    à Carlos García Calderón
    à Philippe de Jonckheere


  • para @cgarca_c


    ‘saudade’ est un terme intraduisible _
    je suis tranquille, je joue, j’écoute la nuit, les jeux
    du silence de l’eau contre les colonnes. l’impression
    de paix peine à se répandre, les bruits sont prégnants
    même si je m’en fais comme un cocon, un boa.
    plumes, brumes, tendance non maîtrisée presque
    à la perdition, à l’oubli tout au moins. que sert-il
    de venir ici, quelle joie ou quelle extase peut-elle
    m’y attendre ? la vie me réserve-t-elle autre chose ? 

      
     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2012, LAL1.3.


  • para @cgarca_c


    vers la fin _
    un coup de vent gris dans les fanes
    frise la terre givrée avant le jour,
    sur des longueurs de nuit tranquille
    s’épuise le chant de bêtes dissimulées dans l’air ;
    les ondes venues des villes passent en silence
    par des maisons imperturbables, le bosquet au fond
    ne tremble pas, ne le cède qu’à celui qui s’approcherait ;
    reste en deçà toujours un coin plus noir, près duquel
    on trouvera sans décorum vers la fin
    la mort étendue dans le jardin.


     c] bituur esztreym aka e-m gabalda, 2012, LAL1.3.