• Gilets jaunes face à la #Justice : 3000 condamnations prononcées, 1000 peines de prison ferme
    https://www.bastamag.net/gilets-jaunes-champs-elysees-justice-repression-condamnations-violences-po

    Où en est le traitement judiciaire des gilets jaunes interpellés ? Début avril, Basta ! publiait un premier état des lieux donnant à voir l’ampleur de la répression judiciaire du mouvement. Depuis, si la dureté des peines paraît s’atténuer, les condamnations continuent à être prononcées. D’autant que la loi dite « anti-casseurs », considérée par les défenseurs des droits comme attentatoire aux libertés, a commencé à produire ses effets. « Macron démission ! » Les mots résonnent dans le tribunal de Bordeaux. (...) #Décrypter

    / #Luttes_sociales, #Le_mouvement_des_gilets_jaunes, #Enquêtes, #Classes_populaires, Justice, A la (...)

  • Nouveau cap répressif franchi, cette fois sur la liberté d’informer : 5 mois de prison avec sursis pour une video de manif
    Article de Dijoncter et commentaires du conseil juridique de @lundimatin

    https://dijoncter.info/5-mois-de-prison-avec-sursis-pour-une-video-de-manif-1324

    Un gilet jaune dijonnais a été condamné à 5 mois de prison avec sursis pour avoir filmé et diffusé sur le web une vidéo des affrontements qui avaient eu lieux devant la caserne Deflandre pendant l’acte 8 des gilets jaunes, le samedi 5 janvier 2019.

    Commentaires de « Juriste lundimatin » sur twitter :
    https://twitter.com/Juristematin/status/1175874777745170434

    Voici encore une nouveauté dans la répression, qu’il va falloir prendre au sérieux (signalé par @DijonDTR, merci à elle/lui).
    Voici le texte sur la base duquel la personne a été condamnée.
    https://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do?cidTexte=LEGITEXT000006070719&idArticle=LEGIART
    Est considéré comme complice de violences et encourt donc la même peine celui oo celle qui les filme.
    Encourt 5 ans celui où celle qui diffuse.
    Une immunité pénale est néanmoins prévue :
    – lorsque cela rentre dans l’exercice de la profession de journaliste
    – lorsqu’il s’agit de recueillir un élément de preuve en justice.
    Compte tenu de la difficulté pour certain.e.s journalistes de se voir reconnaître cette qualité, l’immunité journalistique ne paraît pas les mettre complètement à l’abri de poursuites.
    Quant aux simples manifestant.e.s ou passant.e.s qui filment : sur quelle base determine-t-on le motif pour lequel ça a été filmé, exactement ?
    Rappelons que cette infraction a été créée par la loi du 5 mars 2007 prévention de la délinquance (grande époque), en réaction au phénomène du « happy slapping », qui consiste dans le fait de filmer une agression ciblée par un groupe.
    Ce texte est donc évidemment dévoyé, et n’a absolument aucun sens appliqué aux cas de personnes filmant des évènements en manif’, si ce n’est vouloir dissuader les gens de filmer.
    Nous avons vu légion de scènes d’intimidation physique par des policiers pour faire cesser les actions de vidéo de manifestant.e.s. Voici désormais l’utilisation du droit pénal.

    #information #droit #image #video #justice #liberté_de_la_presse #journalisme #repression

  • Egypt detains award-winning human rights lawyer representing protestersBy MEE and agencies
    Published date: 22 September 2019 21:52 UTC | Middle East Eye
    https://www.middleeasteye.net/news/egypt-detains-award-winning-human-rights-lawyer-representing-proteste

    Egyptian authorities on Sunday detained an award-winning human rights lawyer after she attended judicial investigations into protesters arrested during recent demonstrations against President Abdel Fattah al-Sisi, her lawyer said.

    Mahienour El-Massry “was arrested as soon as she left the State Security Prosecutor’s headquarters in Cairo, where she had attended the investigations as a lawyer for several of those arrested during the demonstrations”, Tarek al-Awadi said. (...)

    Massry, a political activist and human rights defender, has been tried and jailed twice for taking part in demonstrations.

    In December 2013, after the army’s overthrow of then president Mohamed Morsi following mass protests, she was arrested and imprisoned until September 2014 on charges of participating in a demonstration without a permit.

    While in prison, Massry received the Ludovic Trarieux Award, an international prize given out annually to a lawyer for contributions to human rights.

    In 2015, Massry was given another year-long sentence for taking part in a sit-in during Morsi’s rule.

    Egypt effectively banned protests under a law passed following Morsi’s 2013 ouster.

    Sisi was elected president the following year with 96.9 percent of the vote.

    #Mahienour_El-Massry #Égypte

  • Cataract Surgery Could Confuse Biometric Identification
    https://thewire.in/the-sciences/cataract-surgery-aadhaar-iris-biometric-authentication

    Cataract surgery can sometimes alter the iris in the eye, leading to errors in biometric verification, according to the results of a new study. If a problem arises, the only way out would be re-enrol for biometric identity after surgery.

    #reconnaissance_faciale #biométrie

  • « Une goutte d’eau peut faire déborder un vase » !
    Les anciens Premiers ministres conserveront voiture et chauffeur à vie !
    https://www.capital.fr/economie-politique/les-anciens-premiers-ministres-conserveront-voiture-et-chauffeur-a-vie-13508

    En pleine crise des Gilets jaunes, Edouard Philippe avait promis, en février dernier, que les avantages accordés aux anciens Premiers ministres ne soient plus illimités dans le temps, mais seulement pendant dix ans."Vous allez me dire que c’est trop, moi je vous dis que c’est mieux qu’avant", avait alors justifié le chef du gouvernement sur LCI. Vendredi 20 septembre, la promesse a été maintenue et Emmanuel Macron a signé un décret qui a été publié au Journal officiel dimanche 22 septembre, comme le rapporte le Huffington Post. Seulement le résultat n’est pas à la hauteur des espérances. Le décret prévoit la mise à disposition d’un agent « pour leur secrétariat particulier » qui sera limité à « une durée maximale de dix ans à compter de la fin de leurs fonctions et au plus tard jusqu’à ce qu’ils atteignent l’âge de soixante-sept ans ». En revanche, quid de la voiture et du chauffeur ? Leur mise à disposition ne sera pas limitée dans le temps...

    Un véritable scandale ! PAS UN MOT DANS LES JT OU CHAÎNES D’INFOS ! Alors que les indemnités de chômage sont diminuées par décret, voici l’immonde décret signé en douce par Emmanuel Macron vendredi 20 septembre !

  • Geary 3.34 Debuts with Deeper GNOME Contacts Integration, Other Changes
    https://www.omgubuntu.co.uk/2019/09/geary-3-34-release-new-features

    The Geary email client has a brand new release out and in this post I tell you a bit about it. Geary 3.34.0 — you may recall that Geary switched to following GNOME numbering last […] This post, Geary 3.34 Debuts with Deeper GNOME Contacts Integration, Other Changes, was written by Joey Sneddon and first appeared on OMG! Ubuntu!.

  • #dopamine
    https://www.arte.tv/fr/videos/RC-017841/dopamine
    8 épisodes de 7 mns sur l’#internet_des_plateformes et #cerveau.

    La forme me dérange pas mal, comme la série de reportages sur la propagande (https://www.arte.tv/fr/videos/RC-017871/propagande), mais bon, les capsules sont claires et édifiantes (c’est aussi ça la propagande, mais je m’égare). #attention #cognition

    Tu es accro à tes applis ? Tous les matins après Twitter, tu checkes tes flammes sur Tinder. Pas de métro sans YouTube ou Candy Crush. Instagram est irrésistible, Facebook addictif, t’es accro à Snapchat... et tu pètes les plombs quand t’as plus de batterie pour Uber. T’inquiète pas c’est normal. Toutes ces applis sont conçues pour te rendre complètement addict en activant dans ton cerveau la molécule responsable du plaisir, de la motivation et de l’addiction... la dopamine !

  • #Football_leaks : coup de massue judiciaire contre le lanceur d’alerte Rui Pinto
    https://www.mediapart.fr/journal/international/220919/football-leaks-coup-de-massue-judiciaire-contre-le-lanceur-d-alerte-rui-pi

    Le parquet de Lisbonne a inculpé le Portugais à l’origine des "Football Leaks" de piratage informatique massif, l’accusant d’avoir commis 147 délits. Les avocats de Pinto dénoncent une tentative de « bâillonner et de détruire » mais aussi de l’empêcher de coopérer avec d’autres pays.

    #Francisco_Teixeira_da_Mota,_Justice,_Portugal,_William_Bourdon,_Rui_Pinto,_football_leaks,_parquet_national_financier

  • Jean-Michel Blanquer en président de l’Éducation nationale | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/opinion/2019/09/23/jean-michel-blanquer-en-president-de-leducation-nationale

    Depuis sa nomination, Jean-Michel Banquer a mis les neurosciences et le numérique au centre de sa politique de réforme. Mais au lieu d’y puiser des éléments de connaissances et des pratiques utiles aux enseignants, ces axes font l’objet d’une instrumentalisation technocratique visant à reformater un système jugé trop indépendant. La tradition républicaine de liberté pédagogique des enseignants, perçue comme une incitation à la désobéissance, se trouve frontalement contestée par ce processus de verticalisation au profit de celui qui se conduit de plus en plus en président de l’Éducation nationale.

    À constater l’alliance « technos + neuros » à l’œuvre sous Blanquer – aboutissement spectaculaire de tendances plus discrètes déjà anciennes –, on peut s’interroger pour savoir si l’École française a bien la République qu’elle mérite. Les hauts technocrates ont l’habitude d’aborder la question à l’envers en culpabilisant l’École qui ne serait pas conforme à leur vision de la République. Historiquement le « lire-écrire-compter », une antienne reprise par l’actuel ministre, n’est pas républicain. Il appartient à François Guizot et à la Monarchie de Juillet. Les fondateurs de la IIIe République en critiquèrent les limites en regard des besoins d’éducation des enfants et de la jeunesse. Avec notre Ve République et les derniers quinquennats qui se sont succédé, l’évolution néolibérale des hauts technocrates au sommet de l’exécutif a achevé sa mue. Ils sont désormais partout aux affaires, à l’extérieur comme à l’intérieur de l’État. Cette omnipotence explique qu’un Blanquer se conduise en président de l’Éducation nationale.

    #Education #Neurosciences #Scientisme #SHS #Numérique_éducatif

  • Tian de Caromb
    https://cuisine-libre.fr/tian-de-caromb

    Le tian de faïou (gratin de haricots blancs) est une véritable institution culinaire à Caromb. La veille, mettez les haricots secs à tremper dans de l’eau durant toute une nuit. Le lendemain, préchauffez le #Four à 210°C. Hachez les oignons et le lard. Faites-les revenir dans une poêle avec la graisse d’oie ou de canard. Arrêtez quand les oignons commencent à dorer. Ajoutez alors la viande découpée en morceaux, salez et poivrez. Mettre dans un plat à tian puis enfournez. Laissez cuire pendant trois quart… #Porc, #Haricot_blanc, #Chilis_et_cassoulets, #Tians / #Sans_œuf, #Sans_lactose, #Sans_gluten, Four

  • #Tariq_Teguia

    Après des études de philosophie et d’arts plastiques, Tariq Teguia a été photographe pigiste pour un quotidien algérien, assistant d’un photographe et enseignant à l’École des beaux-arts d’Alger.

    Il débute dans la réalisation avec quatre courts métrages : #Kech'mouvement (1996), #Le_Chien (1996), #Ferrailles_d'attente (1998) et #La_Clôture (2002).

    #Rome_plutôt_que_vous est son premier long métrage. Rome plutôt que vous est un long métrage distribué en France en 2008. Le film raconte quelques heures de Zina (Samira Kaddour) et Kamel (Rachid Amrani) partis dans une banlieue d’#Alger, #La_Madrague, à la recherche d’un improbable moyen de quitter l’#Algérie.

    Le film a été présenté au Festival de Venise en 2007, au festival de Belfort 2007 (Grand Prix du jury et prix d’interprétation pour Samira Kaddour) et au festival de Fribourg 2007 (Prix spécial du jury).

    Son film #Inland (Gabbla) (2008) a été présenté en compétition au Festival de Venise 2008.

    En 2007 puis en 2013, le Festival International du film Entrevues à Belfort lui décerne deux grands prix pour, respectivement, son long-métrage Rome plutôt que vous, et son long-métrage Révolution Zendj.


    https://fr.wikipedia.org/wiki/Tariq_Teguia
    #cinéma #film #films
    ping @albertocampiphoto

    • On m’a parlé notamment de ce film :
      #Inland

      Alors qu’il vit en quasi reclus, Malek, un topographe d’une quarantaine d’années, accepte, sur l’insistance de son ami Lakhdar, une mission dans une région de l’Ouest algérien. Le bureau d’études oranais, pour lequel il travaillait il y a encore peu, le charge des tracés d’une nouvelle ligne électrique devant alimenter des hameaux enclavés des #monts_Daïa, une zone terrorisée il y a à peine une décennie par l’#islamisme.
      Arrivé sur le site après plusieurs heures de route, Malek commence par remettre en état le camp de base - une cabine saharienne délabrée ayant déjà abrité une précédente équipe, venue à la fin des années 90, mais décimée lors d’une attaque des intégristes.
      Dès les premières lueurs du jour, Malek se met au travail. Il procède aux premiers relevés topographiques, arpente les étendues autour du camp de base. Dans la nuit, son sommeil est perturbé par de puissantes déflagrations...


      http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=52045.html

  • C’est le plus-vite corrompu qui s’y met !
    https://www.dedefensa.org/article/cest-le-plus-vite-corrompu-qui-sy-met

    C’est le plus-vite corrompu qui s’y met !

    22 septembre 2019 – Alors que le président met toute son énergie dans sa folie narcissique qui lui fait interroger constamment son miroir (“Suis-je sûrement The Art of the Deal, oui sûrement hein ?”) après avoir liquidé sn nième conseiller à la sécurité nationale, les démocrates qui l’affrontent y mettent toute la leur (d’énergie) dans une haine extraordinaire, sans précédent ni bornes, à l’encontre de ce président-là. Ce cocktail qu’on qualifierait de “nucléaire” constitue le formidable carburant de ce désordreégalement “sans précédent ni bornes” et d’une intensité proche de la “folie narcissique”, qui caractérise la capitale de la postmodernité et qui fait de “Washington D.C.”, – “D.C.-la-folle”.

    Mais le dernier épisode de cette étrange saga qui nous vaut d’assister au (...)

  • Bestiaire inespéré
    https://infokiosques.net/spip.php?article1682

    Cette brochure rassemble ici une quarantaine de courtes histoires d’ingéniosité, de particularisme, de savoirs, de maltraitances humaines mais aussi de résistances qu’ont pu et que peuvent porter un certain nombre d’animaux (non humains). De la centaine de millions de requins tués chaque année par les humain.es, à ces pieuvres qui ont réussi à s’échapper de leur zoo, d’une espèce de fourmis rongeuses des cables électriques aux rats kangourous pouvant survivre dans le désert sans boire d’eau, ce bestiaire est un hommage contre le spécisme, cette discrimination légitimant la destruction que peut se permettre l’être humain envers tout autre être vivant. #B

    / #Antispécisme,_végétarisme, Infokiosque fantôme (partout), (...)

    #Infokiosque_fantôme_partout_ #Antinaturalisme
    https://millefolium.noblogs.org
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/Bestiaire_inespere-version_millefolium-A4-cahier.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/bestiaire_inespere-24p-A5-cahier.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/bestiaire_inespere-24p-A5-fil.pdf

  • Mouvement à Hongkong
    Une discussion avec le Workers Group

    Bad Kids of the World, Workers Group

    https://lavoiedujaguar.net/Mouvement-a-Hongkong-Une-discussion-avec-le-Workers-Group

    L’interview suivante a été réalisée sur Internet au cours du mois d’août. Des camarades de différents pays — quelques « Bad Kids of the World » — ont posé des questions sur le mouvement anti-extradition à un camarade du Workers Group, un collectif prolétarien de Hongkong.

    Beaucoup de gens à Hongkong ne comprennent pas pourquoi le gouvernement chinois a choisi d’adopter ce projet de loi sur l’extradition à cette date précise. Je crois qu’ils ont un calendrier pour cela. Ce que je veux dire, c’est que depuis 2012, lorsque Xi Jinping est devenu président de la Chine, il a décidé de renforcer son contrôle sur le pays. Il a pris beaucoup de mesures. Premièrement, il a réformé la structure du gouvernement pour que le pouvoir soit concentré entre ses seules mains. Deuxièmement, il y a eu beaucoup de répression à l’encontre de la société civile en Chine. Les mouvements — y compris les familles, et les avocats, les militants syndicaux — ont tous été réprimés. Et le gouvernement exerce un contrôle encore plus strict sur les médias qu’auparavant. D’autre part, le Parti communiste exige également que toutes les entreprises, même les entreprises privées, créent une branche du Parti communiste. Ce qui veut dire que le PC se développe et essaie d’être le leader de chaque institution sociale. Voilà ce qui se passe en Chine. (...)

    #Chine #Hongkong #mouvement_anti-extradition #Xi_Jinping #répression #organisation

  • RSA, APL, AAH : le compte bancaire des allocataires peut être consulté par un contrôleur CAF lors d’un contrôle à domicile [titre revu pour ce rappel]
    https://www.20minutes.fr/societe/2609227-20190921-rsa-compte-bancaire-beneficiaire-peut-etre-consulte-cadre

    FAKE OFF L’affirmation a été avancée ce week-end. Des contrôles sont bien effectués, « seulement en cas de doute sur le niveau des ressources », précise la Caisse nationale des allocations familiales

    Les #contrôleurs des #CAF peuvent-ils examiner les relevés bancaires des bénéficiaires du #RSA ? L’affirmation a été avancée ce week-end.
    En 2018, le ministère des Solidarités et de la Santé avait confirmé cette pratique.

    Celle-ci est encadrée.
    Le #compte_bancaire d’un bénéficiaire du RSA peut-il être examiné en cas de contrôle ? L’affirmation a été avancée samedi par Marie Wilhelm, une auteure de polars, dans un tweet largement repris. « J’apprends qu’un décret est passé cet été permettant de fouiller les comptes bancaires des gens au RSA afin de le leur retirer s’ils ont touché autre chose, y compris les étrennes envoyées par mamie, écrit cet internaute. Pour la fraude fiscale, les moyens dévolus au fisc ont encore été restreints. »

    L’internaute a ensuite précisé que cela fait déjà « beau temps qu’on dénie toute dignité et vie privée aux gens au RSA ».

    Les CAF et la #MSA, qui versent le RSA pour le compte des départements, « sont en droit de demander aux bénéficiaires de leur communiquer la copie de leurs relevés de compte bancaire afin de contrôler l’exactitude des déclarations concernant les ressources », expliquait en 2018 le ministère de Solidarités et de la Santé, en réponse à une question d’un député.

    Ces deux organismes « sont habilités par la loi à vérifier les déclarations des bénéficiaires du RSA », ajoutait le ministère.

    Un contrôle « seulement en cas de doute sur le niveau des ressources »
    Pourquoi une telle demande ? « Le droit au RSA est calculé pour chaque foyer en prenant en compte toutes les ressources, de quelque nature qu’elles soient, de tous les membres du foyer », répondait le ministère.
    Ces contrôles sont encadrés et ne peuvent pas être effectués par tous les agents des CAF, rappelle la Caisse nationale des allocations familiales (Cnaf) auprès de 20 Minutes : « Seuls les contrôleurs des CAF sur place, dans le cadre d’un contrôle au domicile des allocataires, peuvent demander aux banques (…) des relevés du compte. » Cette demande intervient « seulement en cas de doute sur le niveau des ressources suite aux premières investigations réalisées ».

    Une « quinzaine de cas » en Alsace
    La pratique est bien établie : en avril, les délégués du défenseur des droits en Alsace alertaient sur une « quinzaine de cas », où des parents ont versé des « petites sommes régulières à leurs enfants ». Ces sommes « apparaissent sur les relevés bancaires (des enfants) et la CAF les compte comme un #revenu supplémentaire. Cela peut avoir des conséquences assez redoutables comme la suppression du RSA. » Le département du Haut-Rhin avait tempéré auprès de 20 Minutes : « Si les sommes sont modiques, elles ne seront pas prises en compte. »
    En 2016, la Cnil précisait à 20 Minutes que le bénéficiaire, pour des raisons de confidentialité, « pourra occulter toutes les autres informations qui ne sont pas nécessaires à l’appréciation du bénéfice du droit en question – en l’occurrence les dépenses figurant sur les relevés » .

    Des informations croisées avec d’autres organismes
    Les agents des CAF peuvent également accéder au #Ficoba, le fichier national des comptes bancaires et assimilés, qui contient les coordonnées de la personne ayant ouvert le compte (son nom, son prénom, son adresse ainsi que sa date et son lieu de naissance). Il ne donne pas d’informations « sur les opérations effectuées ou sur son solde », précise la Cnil sur son site.
    Le but ? Croiser les informations déclarées par les allocataires avec celles d’autres organismes pour détecter soit les sommes d’argent dues par la CAF aux allocataires, soit les sommes trop perçues par les bénéficiaires.

    Si l’allocataire refuse un contrôle ou refuse de fournir les pièces justificatives qui lui sont demandées, « le paiement de ses prestations pourra être interrompu », explique la Cnaf.
    En 2017, les CAF ont effectué 35,4 millions de contrôles (toutes prestations sociales confondues) dont près de 172.000 à domicile, rappelle la CNAF. Ces contrôles ont permis de régulariser 1,12 milliard d’euros. Sur ce montant, 316 millions ont été versés à des allocataires qui ne percevaient pas assez et 802 millions ont été réclamés aux allocataires qui avaient trop perçu. Les CAF ont détecté la même année pour 291 millions d’euros de fraude : le montant moyen d’une fraude était de 6.455 euros. Ces fraudes représentent 0,36 % des allocataires.

    • préférer des versements en liquide et bien choisir les dates de déclaration des autres versements, lorsque c’est possible...

    #contrôle_au_domicile #relevés_bancaire #suspicion_de fraude #suppression_d'_allocation

  • Vor Gericht und auf hoher See | Telepolis
    https://www.heise.de/tp/features/Vor-Gericht-und-auf-hoher-See-4511897.html

    Streit und Dissens, genauer: Mord und Totschlag ist in vielen Mythologien das vorgängige Weltverhältnis. Und die rechtlichen Konsequenzen folgen unmittelbar: Eva steht im Paradies unter Rechtfertigungszwang wegen der Verletzung eines göttlichen Verbots, das in der „Parallelwertung des Laien“ schwer nachvollziehbar ist. Die Schlange ist als Anstifterin eine juridische Figur so wie Gott von der Rolle des Schöpfers schnell zu der des Richters wechselt. Die göttliche Entscheidung gegen Gottes Urgeschöpfe ist ein juristisches Drama, die Urgestalt des Prozesses schlechthin, der mit einem folgenreichen, bis heute und darüber hinaus reichenden Bannfluch beendet wird. Genau genommen ist es eine lebenslängliche Strafe mit dem paradoxen Effekt, dass der Mensch in diesem Gefängnis einer widerständigen Welt zur Freiheit und Selbstreflektion verurteilt wird.

    Ist das beschwerdefähig? Der US-Senator Ernie Chambers leitete im Jahr 2007 ein Verfahren gegen Gott ein, um in einem Aufwasch die Theodizee, aber auch die grotesken Seiten der amerikanischen Justiz zu erledigen. Chambers behauptete, um seinen Antrag auf eine einstweilige Verfügung zu substantiieren, Gott sei für zahlreiche Katastrophen verantwortlich, angefangen von göttlichen Terror-Drohungen bis hin zu Naturkatastrophen ("Acts of God"). Gott habe ihn und Abermillionen von Erdbewohnern bedroht. Chambers berief sich auf Hiob und dessen Kinder. Die für Gott kritisch verlaufende Theodizee ist ein altes Motiv, das Voltaire in „Candide“ gegen Leibniz’ Wort der beste aller möglichen Welten wirkungsmächtig pointierte. Prozessual definiert gilt: "Die Auferstandenen klagen plötzlich in allen Sprachen Gott an: Das wahre jüngste Gericht."4 Dieser Prozess wäre die Antwort auf den vorhergehenden Paradiesprozess, der unter rechtsstaatlichen Kriterien revisionsbedürftig ist. Der Senator rechtfertigte sein Rechtsschutzbedürfnis im Übrigen mit dem justizkritischen und säkularen Hinweis auf zahlreiche „sinnlose“ Verfahren. Chambers ist bisher nicht erfolgreich gewesen. Insbesondere lehnte im Oktober 2008 das Gericht den Antrag ab, weil eine Zustellung der Anklage an den Beschuldigten nicht möglich sei. Chambers akzeptierte das nicht. Denn wenn Gott doch alles wisse, kenne er ohnehin die Klageschrift.

    https://www.wired.com/images_blogs/threatlevel/files/chambersversusgod.pdf

    Lawsuits against God - Wikipedia
    https://en.wikipedia.org/wiki/Lawsuits_against_God

    Actual suits

    1.1 Betty Penrose

    In 1970, Arizonan lawyer Russel T. Tansie filed a suit against God on behalf of his secretary, Betty Penrose, seeking $100,000 in damages. Penrose blamed God for his “negligence”, allowing a lightning bolt to strike her house. When God “failed to turn up in court”, Penrose won the case by default.

    1.2 Ernie Chambers
    1.3 Pavel M
    1.4 Chandan Kumar Singh

    #droit #religion

  • Revue de presse du 15.09 au 21.09.19
    https://collectiflieuxcommuns.fr/?672-revue-de-presse-semaine-du

    La France a des comptes à régler avec la Ligue islamique mondiale

    La production américaine de pétrole a cessé de croître

    Pays-Bas : meurtre d’un avocat, certains s’alarment d’un « narco-Etat »

    En Afrique, les communautés résistent à l’accaparement des terres destinées à la production d’huile de palme

    La France en tête des pays en attente d’un leader « fort » pour « casser les règles »

    Un jour ou l’autre, le monde manquera de sable

    L’explosion du proxénétisme de cité

    Qatar, guerre d’influence sur l’Islam d’Europe

    Rayonnements ionisants : forte hausse de l’exposition des travailleurs du nucléaire

    Des combattants étrangers, terroristes présumés, ont traversé la Méditerranée cet été

    Le pari de Poutine sur les généraux algériens

    « Je ne pense pas qu’on puisse parler librement sur Internet »

    Bonus

    *

    Présentation/Archives/Abonnement

  • Bill Gates : L’incroyable arnaque derrière sa fondation - Le Média –YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=Dqzt6yAmdDE

    Le journaliste Lionel Astruc a enquêté sur la fondation de l’ex-patron de Microsoft, Bill Gates, l’un des hommes les plus riches de la planète. Avec un budget annuel de près de 5 milliards de dollars, et sous prétexte de lutter contre les inégalités, la fondation Gates nourrirait un système destructeur. Entretien.

  • TEXTE INTEGRAL DE L’INTERVIEW KAIS SAIED AVEC L’OBS

    Peine de mort, homosexualité, justice sociale, relations avec Paris, liens avec les islamistes… le favori de la présidentielle tunisienne Kais Saied nous accorde son premier long entretien avec la presse française depuis qu’il est arrivé en tête au premier tour de l’élection face à Nabil Karoui, candidat incarcéré en attente de jugement.

    Par Céline Lussato (A Tunis)
    Publié le 20 septembre 2019 à 17h02

    Candidat surprise au second tour de la présidentielle tunisienne, Kais Saied, 61 ans, a accordé à « l’Obs » un long entretien pour revenir sur sa campagne et sur ses positions : grand défenseur des services publics, conservateur sur les sujets de société tels que la peine de mort ou la pénalisation de l’homosexualité, ce spécialiste de droit constitutionnel revient également sur les rapports qu’il souhaiterait nouer avec la France, s’il devient président.

    Votre arrivée au second tour a beaucoup surpris. Comment expliquez-vous ce succès ?

    La campagne que je mène n’est pas une campagne électorale. Elle est atypique à tous les niveaux. C’est plutôt une campagne explicative, une campagne pour expliquer, surtout aux jeunes, mais pas seulement, comment le peuple souverain peut avec d’autres instruments juridiques, être le principal acteur en Tunisie. Pas seulement en Tunisie d’ailleurs. Nous sommes entrés, je crois, dans une nouvelle phase de l’histoire et les concepts classiques tels que la société civile, les partis politiques, la démocratie elle-même sont dépassés par les idées nouvelles.

    La Tunisie a connu en décembre 2010 une révolution tout à fait particulière qui n’est toujours pas clairement analysée. Aujourd’hui ce qui se passe est la suite logique de ce qui s’est passé en 2010-2011 : une révolution nouvelle mais dans le cadre de la légalité constitutionnelle. En principe, une révolution se dresse contre la légalité existante. Elle est légitime parce qu’elle incarne la volonté du peuple ; mais légalité et légitimité sont deux concepts tout à fait différents. Aujourd’hui nous vivons la continuité de la révolution dans le cadre constitutionnel. Et c’est tout à fait inédit : « On accepte vos règles, mais avec elles on invente un autre système ».

    En portant un indépendant vers la présidence, ce scrutin signifie-il une révolution contre les partis politiques ?

    Contre tout le système. C’est une période exceptionnelle dans l’histoire de l’humanité, pas seulement en Tunisie. D’ailleurs en 2011, le slogan « le peuple veut » « al chaab yourid » a été scandé dans le monde entier, y compris devant Wall Street, en arabe ! Le monde est entré dans une nouvelle ère mais malheureusement les concepts sont restés intacts devant l’évolution des idées politiques. Le peuple a une autre vision des choses et les professionnels de la politique sont restés sur les mêmes programmes. Ce qui se passe aujourd’hui en Tunisie exprime un vaste rejet.

    Votre arrivée en tête a surpris et éveillé des inquiétudes. Pourquoi ?

    Je ne vois pas pourquoi les gens seraient inquiets. Tout d’abord mon accession au second tour se fait dans le cadre de la légalité constitutionnelle. « Il y a la constitution, toute la constitution, rien que la constitution », si je peux employer les mots de François Mitterrand lors de la première cohabitation avec Jacques Chirac. Pourquoi les gens seraient-ils inquiets ? Le chef de l’Etat est le garant de la suprématie de la Constitution. Il y a la continuité de l’Etat tunisien, quel que soit le chef de l’Etat, continuité de l’Etat de droit. Les engagements internationaux doivent être respectés, les lois aussi. D’où viendrait cette inquiétude ?

    On ne vous connaît pas. Robocop, Robespierre, ovni… voilà quelques qualificatifs qui vous décrivent. Qui êtes-vous ?

    Je ne suis ni Robocop, ni Robespierre. J’essaye simplement de discuter, d’appréhender les choses d’une autre manière. Je ne comprends pas pourquoi on me qualifie d’énigmatique. Je suis clair dans mes propos, dans les solutions que je propose, dans mes discours.

    On s’inquiète surtout de votre conservatisme…

    Conservatisme et modernisme sont là encore, me semble-t-il, des concepts qui appellent à être révisés. Je crois que ce qui doit primer est la compréhension des peuples et des nations entre eux. Il faut dépasser cette dichotomie.

    Nous pouvons nous attacher à quelques exemples si vous préférez. Vous vous êtes prononcé pour la peine de mort. Dans quelles circonstances ?

    Pour les terroristes. Tout d’abord il faut un procès équitable. J’ai assisté dans les années 1990 à l’occasion de l’ouverture des sessions de l’Académie internationale de Droit constitutionnel au discours de Robert Badinter, porteur du projet d’abolition de la peine de mort en 1981 en France. Mais chacun a son point de vue. J’ai lu et relu le général de Gaulle. Il raconte, après la Libération de la France, qu’il a passé une nuit blanche avant de signer l’acte d’exécution d’un homme. Mais il écrit : « il a joué, il a perdu, il doit payer le prix ». Cette question est toujours l’objet de discussions et toute réponse est discutable. Chacun a ses adhérents, sa manière de voir les choses. Les Américains sont-ils conservateurs parce que la peine de mort perdure ? C’est le choix d’une nation. Ce n’est pas du conservatisme. Je crois qu’il faut dépasser ces appellations. Un homme d’Etat doit chercher à préserver la société. On ne défend pas la peine de mort parce qu’on souhaite la pendaison ou la guillotine pour quelqu’un mais parce qu’il y a eu crime et qu’il faut la paix sociale dans la société.

    Ce n’est pas la seule position qui vous inscrit dans le camp conservateur. Vous n’êtes pas favorable non plus à l’égalité successorale. Pourquoi les femmes devraient-elles continuer d’hériter de la moitié de la part de leurs frères ?

    Il y a une différence fondamentale entre égalité et justice. La devise de la France « Liberté, égalité, fraternité » a prêté en 1789-1791 à des discussions. Egalité ou justice ? L’égalité peut être formelle et un certain nombre d’auteurs français comme Georges Vedel, « le phénomène Vedel », parle de l’égalité comme d’un concept énigmatique. Sommes-nous tous égaux ? Il y a tout un système dans le régime juridique de l’héritage en Tunisie fondé sur la justice et non pas sur l’égalité formelle. Ce n’est pas un problème d’égalité. Le problème fondamental, réel, c’est la justice. Prendre du puzzle un seul élément, l’héritage, revient tout simplement à faire tomber tout un système.

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    Mais la société a déjà commencé à évoluer. Le puzzle tunisien n’est plus le même qu’il y a trente ou quarante ans. C’est pour cela que des Tunisiens appellent à une réforme de cette pièce du puzzle qui, selon eux, est justement à l’origine d’injustices.

    D’injustices non. La loi doit être respectée. Les maris sont juridiquement responsables. Ils peuvent être emprisonnés pour cela. Les petits-fils sont responsables pécuniairement de leurs grands-pères, pas les petites-filles… C’est tout un système fondé sur une répartition équitable. L’équité comme le dit Victor Hugo, est l’essence même de l’égalité : « la première égalité, c’est l’équité ». L’équité est l’objectif et non l’égalité formelle.

    Autre sujet témoin de votre conservatisme : la pénalisation de l’homosexualité qui persiste dans le droit tunisien. Vous ne souhaitez pas revenir sur l’article 230 du code pénal ?

    Chacun est libre dans son intimité. Ce n’est pas à l’Etat ou aux pouvoirs publics d’intervenir dans le cercle privé. Dans la société, en revanche, il y a des valeurs intériorisées par tout le monde. La liberté individuelle dans la sphère privée est une chose, dans la sphère publique c’est autre chose. En France, les choses sont appréhendées d’une autre manière en raison de son histoire, des Lumières qui ont apporté à l’humanité beaucoup de nouvelles idées. Mais le post-modernisme devrait être la synthèse de toutes les civilisations. Il faut prendre en compte aussi les valeurs intériorisées par la majorité.

    Mais aujourd’hui de jeunes hommes soupçonnés de rapports homosexuels croupissent en prison après avoir subi un « test anal » dont les experts s’accordent à dénoncer l’ineptie. Il s’agissait pourtant de leur vie privée…

    La sphère privée c’est la sphère privée.

    Donc, on pourrait faire évoluer les choses pour respecter la vie privée ?

    Oui, je crois que cela peut évoluer pour la sphère privée. L’espace public c’est autre chose car les valeurs de la société doivent être prises en compte. Les choses évolueront peut-être mais aujourd’hui il faut comprendre les valeurs intériorisées par la société tunisienne.

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    Au lendemain des résultats, on vous a qualifié de « salafiste », on vous a montré dans un café avec un leader du parti islamiste Hizb ut-Tahrir… Etes-vous salafiste ?

    Non. Ai-je l’air d’un salafiste ? Si je cite Voltaire et Victor Hugo, puis-je être salafiste ? Discuter avec quelqu’un vous fait-il appartenir à son mouvement politique ? Je n’appartiens à aucun parti. Je suis indépendant et je le resterai.

    Les prérogatives du président tunisien concernent en particulier la politique étrangère. Pourquoi avoir évoqué un premier voyage à Alger ?

    On a parlé longtemps d’une union des pays du Maghreb. Il faut inventer d’autres manières, dépasser ce concept de fédération. Les Algériens sont nos voisins, nos frères, nous avons une histoire commune et un avenir commun. La géographie et l’histoire nous unissent et cela me paraît normal de consacrer mon premier voyage à l’Algérie.

    Quelle que soit la situation sur place ? Les manifestations se poursuivent depuis le mois de février…

    On parle de liens entre Etats. Il y a un Etat algérien. Et puis il y a le régime algérien qui doit être choisi librement et souverainement par les Algériens.

    On vous dit peu francophile, peu francophone – cet entretien se déroule cependant parfaitement en français. Comment voyez-vous les liens de la Tunisie avec la France et l’Europe ?

    J’apprécie la littérature française. Je lis et relis la doctrine française, surtout en droit. Je n’ai pas de complexe particulier, loin de là. Nos rapports avec la France, avec l’Europe d’une manière générale, sont dictés par la géographie et on ne changera pas la géographie. Bien avant le Protectorat, nous avons eu des relations, des « moments tumultueux » comme dit le président Macron. Mais nous sommes des partenaires traditionnels. L’essentiel, c’est la compréhension entre les peuples. La dimension humaine doit être placée au centre. Chaque Etat a ses intérêts mais la compréhension humaine doit primer. Nous avons un destin commun en tant que voisins. Dépassons les moments tumultueux pour écrire une nouvelle histoire ensemble, en collaboration.

    La Tunisie doit-elle s’ouvrir à d’autres Etats ? On pense à la Chine qui multiple les investissements sur le continent ou les Etats du Golfe ?

    Les intérêts du peuple tunisien priment, comme dans n’importe quelle politique étrangère. S’ouvrir sur son environnement proche d’abord. Sur d’autres Etats certainement. Mais nous avons des relations particulières avec nos partenaires traditionnels dans le monde arabe, en Afrique et au nord de la Méditerranée. Cherchons ensemble des solutions.

    La principale revendication des Tunisiens est la justice sociale. Depuis la révolution l’économie du pays ne s’est pas améliorée. Comment remettre la Tunisie sur de bons rails ?

    Cela fait soixante ans que l’on cherche les bons rails et on ne trouve ni les wagons ni la locomotive… l’Etat a réussi après l’indépendance parce qu’il a joué son rôle social : l’éducation, la santé, la sécurité sociale, le logement… Il faut que l’Etat cherche d’autres techniques pour intervenir sur le plan social. Ce ne sont pas les droits des citoyens mais les droits de l’homme fondamentaux : droit à la santé, à l’enseignement, à la dignité. Les services publics doivent être assumés par l’Etat.

    Avec quel argent ? L’Etat des hôpitaux, en particulier dans le centre du pays est catastrophique… on part de loin.

    On est face à l’implosion des services publics. C’est une situation préméditée. Je ne suis pas contre le privé mais le minimum doit être assuré par l’Etat. On doit assurer la santé, comme on assure la sécurité et la Défense. Pourquoi diminue-t-on le nombre de fonctionnaires dans le secteur de la santé ou de l’éducation mais pas dans les forces de l’ordre ? On a le droit à la sécurité mais on a aussi droit à la santé à l’éducation et à un logement. Avec quel argent ? Il faut répartir équitablement les richesses. Il faut que les impôts soient payés. Pourquoi l’Etat tunisien a réussi après l’indépendance alors que les moyens étaient bien plus faibles ? Parce que l’Etat lui-même a investi. L’enseignement a alors métamorphosé la société tunisienne.

    L’Etat a des missions fondamentales. La couverture sociale et l’enseignement ne sont pas des produits commerciaux.

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    On a entendu, en particulier, que vous souhaitiez faire passer le pays d’un Etat de droit à une société de droit. Qu’est-ce que cela signifie concrètement ?

    La loi selon Rousseau est l’expression de la volonté générale. Les valeurs des lois sont intériorisées par tout le monde. J’étais en 2014 à Paris à la terrasse d’un café et le serveur me demande de ne pas jeter mon mégot de cigarette dans l’espace public mais de l’écraser dans le cendrier, donc l’espace privé. Pourquoi défend-il l’espace public ? Parce qu’il intériorise la loi. Parce qu’il sent qu’il a une partie indivise de l’espace public. Dans les pays développés, en général, on a dépassé le stade de l’Etat de droit vers la société de droit parce que tout membre de la société intériorise des valeurs, intériorise des règles parce qu’elles expriment sa volonté. C’est une évolution normale de l’Etat de droit vers la société de droit.

    Comment passe-t-on de l’une à l’autre ?

    Par l’éducation mais par les moyens juridiques aussi. C’est pour cela que je souhaite une nouvelle organisation politico-administrative qui parte du bas vers le haut. Donnons les moyens juridiques aux citoyens d’être des acteurs réels afin que la loi soit réellement l’expression de la volonté générale. Le citoyen défendra ce qui sera ses choix. On passera alors de l’Etat de droit nécessaire à un autre palier qui est la société de droit.

    La souveraineté appartient au peuple, tout doit partir de lui. C’est pourquoi je souhaite aussi que les mandats des élus soient révocables. Les élus doivent être responsables devant leurs électeurs.

    Ces réformes devront passer par une réforme constitutionnelle ce qui suppose de réunir les votes des 2/3 de l’Assemblée. Sans parti, dans un paysage politique très fragmenté, cela paraît vain d’espérer… comment comptez-vous faire ?

    La constitution elle-même prévoit ses modalités de révision. Bien sûr il faut la majorité des 2/3 ce qui n’est pas facile, surtout avec l’éparpillement des voix. Malheureusement nous avons choisi un scrutin de liste avec une représentation proportionnelle au plus fort reste, le scrutin que Lamartine a qualifié « de la honte ». C’était en 1848. Les élus ne sont pas élus parce que le peuple les a choisis mais parce que les partis politiques les ont placés en tête de liste.

    Ce sera à la chambre des députés de prendre ses responsabilités devant le peuple.

    Votre concurrent au second tour de la présidentielle, Nabil Karoui, est en prison dans l’attente de son jugement. Pensez-vous que pour une campagne électorale juste, il devrait être libéré ?

    Je ne suis en concurrence avec personne. Je n’ai pas fait une campagne électorale, j’ai fait une campagne explicative. Je ne cherche pas le podium, je cherche autre chose pour le peuple tunisien.

    Cet emprisonnement d’un candidat, qui plus est un candidat porté au second tour de la présidentielle est une situation inédite. Du jamais-vu. C’est à la justice et à elle seule de mettre fin à cette histoire. Une justice réellement indépendante. Car lorsque les hommes politiques s’assoient dans le fauteuil des juges, la justice sort du prétoire.

    Céline Lussato (A Tunis)
    https://m.facebook.com/story.php?story_fbid=10214288884407176&id=1568122014

  • Blocus maritime au Yemen : les preuves de la complicité de la France. Par Disclose
    https://www.les-crises.fr/blocus-maritime-au-yemen-les-preuves-de-la-complicite-de-la-france-par-di

    Source :Disclose, Youtube, 16-09-2019  Des millions de civiles sont frappés par la famine au Yémen. L’une des causes de cette catastrophe humanitaire sans précédent : le blocus maritime mise en place par l’Arabie saoudite et ses alliés, en 2015. Sur la base d’une investigation en “source ouverte”, les journalistes du projet French arms* apportent la preuve que des navires de guerre d’origine française participent à ce blocus meurtrier. *French arms est une enquête collaborative initiée par Lighthouse reports, en coopération avec Disclose et avec le soutien d’Arte, Mediapart, Radio France et Bellingcat. Source :Disclose, Youtube, 16-09-2019Lire la (...)