• La réalité du déni et le déni de la réalité – Αντίθεση
    https://antithesi.gr/?page_id=977

    Je ne m’avouais pas encore la part des responsabilités auxquelles n’échappe pas celui qui, devant l’indicible qui s’est perpétré collectivement, ose encore parler de l’individuel.

    -- Adorno, Minima Moralia

    L’émergence du virus Sars-CoV-2 n’a pas simplement eu pour effet de suspendre l’économie mondiale pendant plusieurs mois, révélant la panique des gestionnaires de ce monde. Dont la réaction ne s’est pas non plus limitée à un ensemble de contre-mesures contradictoires, certaines ayant été mises en application et d’autres laissées de côté avec le même zèle. Comme dans toute crise majeure, la pandémie a eu entre autres effets celui de mettre l’accent, de façon visible ou à l’arrière-plan, sur les forces et les tendances déjà à l’œuvre pendant la période précédente, tant au sein même des rapports capitalistes de (re)production que dans les sphères plus étroites de la vie sociale telles que les espaces politiques radicaux. Pour prendre l’exemple de la Grèce, la crise créée par le coronavirus a non seulement révélé la décision de l’Etat d’agir comme un mécanisme de tri plutôt que d’intégration et l’état lamentable du système de santé après des années de restrictions et d’austérité ; elle a aussi mis en lumière les mutations intervenues dans les milieux de l’extrême gauche et radicaux au bout d’une décennie de défaites et de replis. Comme nous allions le découvrir, il n’y avait pas eu que les salaires, les pensions de retraite et les allocations à avoir été laminés pendant la période de l’austérité, mais également le concept même de la collectivité. Les conséquences d’un tel développement ne sont que trop visibles aujourd’hui : face à un gouvernement d’extrême droite qui renforce sa trajectoire autoritaire par une destruction irréversible de la nature[2], les mauvais traitements et l’assassinat des migrants[3] et la gestion désastreuse du coronavirus[4], certains secteurs du mouvement radical ont vu dans le déni de la pandémie un champ d’action et de résistance.

    #covid-19 #dénégation #covido-négationnistes

  • Thread by SimardDavid on Thread Reader App – Thread Reader App
    https://threadreaderapp.com/thread/1485242368110604289.html
    https://twitter.com/SimardDavid/status/1485242368110604289

    [1/18] Depuis le début de la pandémie, il y a, particulièrement en France, un problème fondamental de méthode eu égard à l’état de nos connaissances, et quant aux choix d’action qui en découlent.
    [2/18] Plus précisément, le rapport à l’état de nos connaissances est conditionné par des choix d’action qui les précèdent, au lieu que l’action soit fondée sur le niveau de connaissance.
    [3/18] Ce qui caractérise l’état de nos connaissances sur le SarsCoV2 est l’incertitude, même si nos connaissances depuis 2 ans ont considérablement progressé. L’incertitude désigne les situations où l’on connaît un certain nombre d’éléments et où on en ignore d’autres.
    [4/18] En particulier, on ignore les probabilités de survenue que l’on peut attribuer à des événements possibles caractéristiques de la situation pandémique : variant +/- contagieux, +/- virulent, +/- avec échappement immunitaire, incidence des effets cliniques de ces variations.
    [5/18] Ces éléments sont modifiés avec certains variants. Interviennent également la couverture vaccinale et les comportements, ces derniers étant en partie modifiés selon les saisons (sociabilité +/- en intérieur/extérieur en particulier),
    [6/18] mais aussi par le rapport psychologique à la situation (se sentir rassuré/inquiet selon les discours qui circulent sur la situation, avec +/- respect des gestes barrières, lassitude, frustrations...),
    [7/18] et les prismes d’appréhension (réduction de la cinétique épidémique à un mouvement strictement naturel ou aussi comme un phénomène social...).
    [8/18] Tous ces éléments rendent complexe les projections quant à la suite de l’évolution de la pandémie, qui ne peuvent que formuler des hypothèses provisoires et incertaines, qui peuvent être rapidement démenties par les faits.
    [9/18] Nous avons en revanche acquis un certain nombre de connaissances, soit sur le SarsCoV2, soit par le passé sur d’autres virus. Nous savons que la principale voie de diffusion du SarsCoV2 est aérosole, et que plus il circule, plus il mute.
    [10/18] L’erreur de méthode réside dans le fait de remplacer les éléments d’incertitude par des éléments connus, et transformer ainsi une situation incertaine en situation dont les risques seraient parfaitement évalués (calcul de la probabilité pour chaque résultat possible).
    [11/18] Cette erreur se double du choix systématique de privilégier l’hypothèse la plus optimiste à chaque tentative d’évaluation de la suite de l’évolution de l’épidémie. Cela a conduit à se tromper presque aussi systématiquement.
    [12/18] Tomber éventuellement juste 1 fois ne valide pas le procédé, car cela est dû au hasard et non au procédé lui-même.
    [13/18] Pour les situations d’incertitude, et pour ne pas justifier l’inaction, a été conçu le principe de précaution, d’abord dans le champ de la politique environnementale, puis dans celui de la santé. Il s’agit de prendre des mesures de prévention en attendant d’en savoir +.
    [14/18] Dans ce cadre, l’hypothèse retenue pour l’avenir n’est pas la + optimiste, qui justifierait au contraire l’inaction, ou la décision de lever toutes les mesures de prévention.
    [15/18] Ce choix de l’action précautionneuse n’est jamais celui qui a été fait en France. Nous n’avons cessé de le payer chèrement, en malades sévères et en vies humaines. Peut-être aussi en séquelles et maladies persistantes pour toute une partie de la population.
    [16/18] Il a au contraire été choisi de privilégier des considérations politiciennes, habillées d’éléments de langage, opposant artificiellement santé et économie, mesures sanitaires et qualité éducative, en retenant systématiquement les hypothèses les + optimistes,
    [17/18] non seulement concernant les éléments d’incertitude, mais également contre des éléments de connaissance (diffusion par aérosols, transmission par les enfants...). Le champ des connaissances a ainsi été parasité par celui de l’action aux finalités politiciennes,
    [18/18] ce qui éclate au grand jour avec l’approche de l’élection présidentielle.

  • How Bloghouse’s Sweaty, Neon Reign United the Internet | WIRED
    https://www.wired.com/story/how-bloghouse-music-united-the-internet

    The first thing to know about bloghouse is that, when it all began, nobody called it bloghouse. During its sweaty, neon-slathered 2000s reign you might’ve called it electro, or indie dance, or maybe you didn’t know what the hell to call it. The point is that bloghouse wasn’t a traditional music genre. Was it a fashion trend? The gateway drug to EDM? The mid-aughts equivalent of hair metal? Music was at the core of the thing, but more than being unified by any specific sound, bloghouse was about how you found it: on MP3 blogs, the Hype Machine aggregator, or auto-playing from Myspace pages.

    Myspace was many music fans’ introduction to the new landscape of social media. For a half-decade following its founding in 2003, the site was the most-visited social network in the world, and the first popular platform for musicians and wannabe scene celebs to build a following. On Myspace Music, artists could upload tracks, connect with fans, and control their own branding. For free.

    On Myspace, musicians could be weirder and more personalized than in an album’s liner notes or on the websites of major labels. Creating a fun profile was a free growth hack, ensuring fans would share an artist’s music to millions of other potential fans. Does It Offend You, Yeah? drummer Rob Bloomfield says of the group, “The stupid name plus the pornographic up-skirt Lolita hentai avatar we used meant that thousands of people put Does It Offend You, Yeah? in their Top 8 friends.” Industry folks quickly came calling, looking to monetize the digital middle finger the band was giving the whole internet.

    Myspace knew that its platform was making and breaking careers. The company built out features to keep the momentum up, but it was users who were really pushing things forward. A generation of kids was customizing profile layouts in HTML, adding in a line of code to trigger songs to play automatically. The ability to directly link a song to your personality became a pissing war of coolness, resulting in incalculable free publicity for artists.

    This brief moment in music history could never be replicated today. For one thing, the crunchy, MP3-bitrate sound wouldn’t fly now, and after so many years of digital content proliferation neither would writing for free. Even more importantly, maybe, is that the life cycle of a song in the bloghouse generation would not legally be possible. “The entire reason that moment happened and dance music in general got to the level it’s at in the world is because of remix culture and reinterpretation. So much of it was mashups or unofficial remixes outside the bounds of the law,” says Clayton Blaha, a publicist who represented clients including Diplo, Justice, and Fool’s Gold Records.

    Bloghouse’s free-for-all tone shifted when MediaFire, a popular file hosting service, cracked down, ensuring that tracks could be hosted only by a song’s owner. As a result, a lot of niche, remixed tracks from the late 2000s survive only in personal Dropboxes. “At the time, you had to know where to look and what site to follow, and [a song] was usually only available by some weird direct download with a low-bitrate MP3 that would expire quickly,” says Ben Ruttner of the Knocks. If you were a dedicated fan at the right place at the right time, you might download the track and preserve it, transferring the file from hard drive to laptop to USB. Some of those don’t-listen-to-this-on-a-fancy-speaker tracks are still lurking like ghosts in the deep corners of the internet.

    Now, no one creating music, music criticism, or new communities online is doing so with a blog, let alone feeling like Does It Offend You, Yeah?’s “rockstar” while doing it. Even if the best, most dedicated bloggers came back to start new micro-sites today, the need and the space for independent blogs to push music forward just isn’t there. In fact, traditional media hardly makes a tangible dent in an artist’s career. “A magazine doesn’t fucking matter at all. You could be in 10 magazines, and no one listens to your music. The curatorial power dynamic is now with the streaming services and the algorithms that populate playlists as well as the users that populate playlists,” Blaha says.

    Steve Reidell, one half of the Chicago-based mashup duo the Hood Internet, ominously jokes, “Forget bloghouse. If genre names are based off where music was bubbling, next is ‘playlist house.’”

    #Musique #MySpace #Remix #Pop_culture

  • Omicron : les raisons du raz-de-marée français
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/01/23/omicron-les-raisons-du-raz-de-maree-francais_6110665_3244.html

    Mais derrière, le trou est creusé : le Portugal, la Belgique et la Suisse comptent entre 3 000 et 4 000 cas, le Royaume-Uni poursuit sa décrue avec 1 300 cas, l’Allemagne a tout juste dépassé les 1 000. « Quelle que soit la manière dont on prend les chiffres, ce constat reste pour nous un mystère, admet Hajo Zeeb, professeur d’épidémiologie à l’université de Brême, en Allemagne. Soit cela vient des tests, soit cela vient des chances que vous laissez au virus de circuler en France. Je crains que la deuxième hypothèse ne soit la bonne. »

    Et à nouveau, toujours ce constat : la politique imposée par le gouvernement n’est possible et « justifiable » que si nos médias font le choix de ne jamais regarder ce qui se passe et ce qui ce fait chez nos voisins immédiats.

    Parce que Omicron est si anodin, si on sait « scientifiquement » que c’est une bonne idée de laisser tout le monde se contaminer, pourquoi alors nos voisins ne font pas ce choix ? Qu’est-ce qui autorise le gouvernement français a être si confiant qu’il laisse le taux de contamination à au moins deux fois le niveau de nos voisins immédiats, sans rigoureusement rien faire ? Qu’est-ce que Véran et Attal savent que nos imbéciles de voisins ignorent ?

    • Sur le site Our world in data, le graphique stupéfie. Les auteurs de cette publication en ligne, de l’université d’Oxford, y tracent l’évolution du nombre de cas quotidiens positifs au Covid-19. A chaque pays d’Europe, sa couleur. En rouge, l’un d’eux sort du lot : la France. Avec sa pente très raide, presque constante depuis le 27 décembre 2021, elle offre un profil unique, et un nombre record de contaminations. Au 20 janvier, la moyenne hebdomadaire des nouveaux cas enregistrés chaque jour y atteint 337 446, quand le deuxième pays, l’Italie, affiche 180 373 tests positifs. Le Royaume-Uni et l’Allemagne plafonnent, quant à elles, à 92 000 et 90 000 nouvelles contaminations quotidiennes. Les autres suivent loin derrière.

      Cette représentation est quelque peu trompeuse. Pour mesurer l’impact réel de la vague Omicron qui déferle sur l’Europe, depuis la fin de l’année 2021, il faut cocher la case « par rapport à la population ». Cette fois, le Danemark accompagne la France parmi les pays comptant, chaque jour, plus de 5 000 nouveaux cas par million d’habitants. Depuis le 18 janvier, le pays scandinave nous a même dépassés.

      Mais derrière, le trou est creusé : le Portugal, la Belgique et la Suisse comptent entre 3 000 et 4 000 cas, le Royaume-Uni poursuit sa décrue avec 1 300 cas, l’Allemagne a tout juste dépassé les 1 000. « Quelle que soit la manière dont on prend les chiffres, ce constat reste pour nous un mystère, admet Hajo Zeeb, professeur d’épidémiologie à l’université de Brême, en Allemagne. Soit cela vient des tests, soit cela vient des chances que vous laissez au virus de circuler en France. Je crains que la deuxième hypothèse ne soit la bonne. »
      Plus de tests au Danemark qu’en France

      La première, très mise en avant par le gouvernement, mérite d’être examinée. Le 3 janvier, sur France Inter, le ministre de la santé Olivier Veran l’avait assuré : « Il n’y a aucun pays, quasiment, qui teste autant que nous ». Le 6 janvier, le premier ministre, Jean Castex, avait renchéri sur BFMTV : « La France est le deuxième pays au monde à tester. » Il s’agissait alors de relativiser les files d’attente observée devant les pharmacies.

      Aujourd’hui, l’argument pourrait permettre d’expliquer le nombre record de contaminations, dont 96 % sont provoquées par le variant Omicron. On le comprend aisément, plus on teste, plus on trouve de cas positifs. Sauf que l’affirmation apparaît sans fondement. Les calculs du Monde, publiés le 7 janvier, l’avaient montré, les chiffres actuels le confirment : la France teste plus que l’Italie, la Belgique ou l’Allemagne. Mais moins que la Grande-Bretagne, le Portugal et surtout le Danemark qui, lui, pourrait légitimement avancer cette explication.

      « Le Danemark fait partie des pays au monde qui pratiquent le plus grand nombre de tests quotidiens, il n’est pas surprenant que l’incidence y soit très élevée », confirme Kare Molbak, professeur d’épidémiologie à l’université de Copenhague. Plutôt que les chiffres d’incidence à un instant donnée, mieux vaut scruter les tendances qui se dessinent dans chaque pays, ajoute-t-il. Là encore, la flambée du nombre de nouveaux cas en France est plus rapide que partout ailleurs.
      Baisse de l’adhésion aux gestes barrières

      Certains experts évoquent une autre hypothèse : celle des autotests. « Si le recours récent aux autotests s’est accentué, cela peut participer à augmenter les taux de positivité dans les bases de données. Mais ce n’est pas la cause principale de la hausse de l’incidence », relève Mahmoud Zureik, professeur d’épidémiologie et de santé publique à l’université de Versailles-Saint-Quentin-en-Yvelines. La France, en effet, recommande de confirmer un autotest positif par un test antigénique ou PCR (seuls ceux-ci étant enregistrés dans la base de données SI-Dep), ce qui, de facto, augmente le taux de positivité national.

      Mais la France utilise-t-elle plus d’autotests qu’ailleurs ? Une telle explication devrait s’accompagner d’un taux de positivité clairement plus important. Or, à 22,7 %, il est similaire en France et en Allemagne, supérieur aux taux britannique, portugais ou danois, mais largement inférieur à ceux enregistrés en Belgique ou en Suisse.

      Aussi, c’est bien vers le contexte sanitaire français, le profil vaccinal de la population, mais surtout la réalité des mesures barrières, que la plupart des experts invitent à se tourner. Chef du service des maladies infectieuses à l’hôpital Tenon, à Paris, le professeur Gilles Pialoux voit trois explications à cette récente explosion de cas positifs, qui conduit son service à « voir le stock de malades continuer d’augmenter, malgré toutes les paroles lénifiantes ».

      « D’abord, il y a une baisse de l’adhésion aux gestes barrières, enregistrée dans toutes les enquêtes. Le masque, le lavage de mains, la distanciation, le télétravail : dès le 3e trimestre 2021, on avait vu un relâchement des comportements, il se poursuit. » La politique du gouvernement de tout miser sur le vaccin, encore illustrée par les annonces de Jean Castex, jeudi 20 janvier, pourrait amplifier un mouvement particulièrement fort en France.

      Deux indicateurs, collectés grâce aux données de mobilité de Google, en témoignent avec force. Le premier a mesuré la fréquentation des principales stations de transports collectifs : des six pays observés (France, Espagne, Suisse, Allemagne, Royaume-Uni, Suède), la France est celui dans lequel la baisse est la plus faible. Les experts ont également suivi l’évolution du temps passé à domicile – de quoi observer les changements de pratiques vis-à-vis du travail, des loisirs et des courses. Les Espagnols, avec + 6,14 % au 17 janvier, ont moins modifié leurs comportements que nous (6,86 %). Mais tous les autres pays font mieux.
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      INFOGRAPHIE LE MONDE
      Circulation du virus chez les enfants

      Deuxième explication avancée par le professeur Pialoux : « le taux hallucinant de circulation observé chez les enfants, avec une augmentation de 56 % en semaine 2, juste après la rentrée, et des taux quotidiens de nouveaux cas de 5,5 % chez les 10-19 ans et de 4 % chez les 0-9 ans. C’est considérable. Leurs parents sont ensuite les premiers touchés, par l’intermédiaire des clusters familiaux. Puis, tous les autres. »

      Une explication privilégiée par le conseil scientifique, dans son dernier avis, daté du 19 janvier. « La cinquième vague, liée au variant Omicron, demeure à un niveau très élevé au niveau national, avec un regain épidémique possiblement lié à la reprise de la vie scolaire », écrit cette instance.

      Troisième hypothèse du professeur Pialoux, « l’incapacité à entendre autre chose que l’idée rassurante qu’Omicron n’est pas si méchant, que ce “gros rhume” va nous offrir l’immunité collective, et qu’on a évité le pire ». « Il est vrai qu’on avait envisagé, dans notre groupe hospitalier, de transformer le réfectoire en salle de soins critiques et qu’on n’aura pas à le faire, mais la tension hospitalière demeure forte, poursuit-il. La réanimation est encore essentiellement occupée par des patients [atteints du] Covid, Delta et Omicron, dont certains meurent, des opérations ont été reportées. Et ça restera comme ça, tant qu’on gardera un tel niveau de contamination. Mais c’est inaudible pour la population. Et donc je crains que l’on reste pendant quelques semaines encore sur ce haut plateau. »
      Pas de mesures fortes en France

      A ces explications, l’écologue de l’évolution Samuel Alizon en ajoute quelques autres. D’abord « la forte couverture vaccinale. Elle permet de “tolérer” un fardeau plus élevé en termes d’incidence, car le nombre d’hospitalisations associées est plus faible ».

      Ensuite, et à l’inverse, le niveau limité d’injections de rappel en France, par rapport à plusieurs autres pays européens, qui pourrait entraîner « une immunité plus ancienne en France que dans les pays voisins avec, du coup, un effet encore robuste sur les formes sévères, mais très limité sur la protection contre l’infection ». « Enfin il y a les différences de politiques sanitaires entre pays », souligne-t-il à son tour, avec, selon lui, un choix de l’exécutif français de « laisser filer l’épidémie », particulièrement chez les plus jeunes.

      Tous les épidémiologistes le soulignent : la France n’a pas pris de mesures véritablement fortes, ni pendant la vague Delta, ni même lorsque Omicron est venu s’y ajouter, sans laisser le moindre répit. Pour l’épidémiologiste Antoine Flahault, directeur de l’Institut de santé globale (université de Genève), le constat est pourtant assez simple : le virus SARS-CoV-2 –
      et le variant Omicron par-dessus tout – se transmet dans les lieux clos, fréquentés, mal aérés ou mal ventilés. « Il faudrait donc les rendre aussi sûrs que les milieux extérieurs », en les équipant de capteurs de CO2, de ventilateurs ou de purificateurs d’air.
      Menace du sous-variant BA.2

      Les écoles n’échappent pas à cette règle. C’est d’ailleurs une recommandation forte du conseil scientifique : « S’il s’avère que la reprise épidémique constatée depuis le 18 janvier 2022 est bien liée à une circulation très active du virus dans les écoles primaires, les maternelles, et les crèches, il conviendra d’y allouer au plus vite des moyens supplémentaires pour renforcer les protocoles sanitaires de prévention et dépistage des infections en milieu scolaire et dans les crèches. »

      Les couches d’immunité protectrice accumulées, grâce aux doses de vaccins et aux infections passées, finiront-elles par faire barrage au virus ? C’est ce sur quoi, à l’évidence, misent les pouvoirs publics. Tout en pariant sur la responsabilité des Français, que préconise le conseil scientifique. Un pari non dénué de risques, si l’on en croit le relâchement déjà observé.

      D’autant qu’une nouvelle menace plane, incertaine : l’arrivée d’un nouvel intrus, le sous-variant d’Omicron BA.2, au visage encore flou. En France, le séquençage n’a permis de détecter, au total, que 17 cas de BA.2 sur l’ensemble du territoire. Un nombre sous-estimé : le criblage ne permet pas distinguer les différents sous-variants d’Omicron, et les remontées du séquençage sont lentes.

      Une fois encore, le virus déjoue les certitudes. « Va-t-on vivre le scénario favorable espéré par tous : une décrue des nouvelles contaminations, s’accompagnant d’une décrue des hospitalisations à partir de février-mars ?, s’interroge Antoine Flahault. Ou bien allons-nous revivre une dynamique analogue à celle de la mi-décembre, avec une nouvelle flambée liée à l’arrivée d’un nouveau variant, qui échappe en partie à l’immunité laissée par le précédent ? » Vertigineuses questions.

    • Qu’est-ce que Véran et Attal savent que nos imbéciles de voisins ignorent ?

      ils savent ce que Manu compte faire pour gagner l’élection en avril :-)

  • Euro de handball : fortement perturbé par le #Covid-19, « le tournoi est en train de tourner à la #farce »
    https://www.lemonde.fr/sport/article/2022/01/23/euro-de-handball-fortement-perturbe-par-le-covid-19-le-tournoi-est-en-train-

    Le média néerlandais Handball-World News a recensé près de 110 joueurs infectés depuis le 1er janvier.

    #vivre_avec_le_virus

  • Mathew Ingram talking with Cory Doctorow about surveillance capitalism and what to do about it
    https://galley.cjr.org/public/conversations/-MHCD0YXMr_WSeZJQpPo

    Cory Doctorow : I think that in any election that was as close as 2016 - an election that was carried on a technicality! - then ANY factor that nudges the vote, even by a tiny amount, can be called dispositive.

    But it’s important to make a distinction between “dispositive” and “UNIQUELY dispositive.” Any tiny difference in the 2016 could have change the outcome (electoral college, Comey statements, Les Moonves’s willingness to offer unlimited free airtime, etc).

    Which is to say, it is not necessary for Russian to be very good at disinformation, nor for Facebook/social media to be very good at changing opinion, for a targeted intervention to have made such a difference. What’s more, a myriad of other featherweights upon the electoral scales could have tipped it in the other direction.

    What’s more important is to ask, “How is it that a manifestly unqualified bigot could get within 1000 miles of winning the election, let alone be so close that the kack-handed trolling of a failing state like Russia could push him over the edge?”

    I think the answer is in the heart of right-wing politics, which is a long exercise in getting turkey to vote for Christmas. Rich people have proven, repeatedly, that they would vote for a smear of roadkill with a Hitler mustache if it promised to cut their taxes by a couple points. The problem is, the vast majority of us don’t see improvements to our lives from those policies, which inevitably include tightening the money supply (so that liquidity comes from interest-generating credit money from banks, which produces reliable income for investors) and gutting social services, making education, health-care, housing, transportation, retirement and other necessities far more expensive for the rest of us.

    So rich people vote for Trump because he’ll make them richer. Poor people vote for Trump because they are no longer convinced by neoliberal platitudes and have had whatever latent bigotry that lurks in their subconscious minds (just as it does for all of us) vindicated and upregulated by racist rhetoric (as well as misogyny, homophobia, xenophobia, etc) so that they no longer believe the system itself will EVER work for them, so they want to burn it down.

    Trump was the only politician in the 2016 race willing to say that the system is rigged. Nevermind that he helped rig it, and would rig it worse. He didn’t ask people to express their belief in the fairness of the system by voting for him ("America was always great") - rather, he made the election a plebiscite on mistrust of the fairness of American institutions.

    Trump won by being a racist, sexist, xenophobic pig. Rich people voted for him because they knew he’d make them richer and didn’t care about the rest. Other voters voted for him because they agreed with him when he said everything was corrupt, untrustworthy and irredeemable (and maybe liked the rest).

    That belief in irredeemable broken institutions isn’t entirely wrong, and Trump didn’t create it. He merely capitalized on it. The corruption of our institutions by monopolies - which are, literally, conspiracies - paved the way for Trump, and all the Trumpalikes around the world (Hungary, Poland, India, UK, Ontario, etc).

    So yes, Big Tech delivered the 2016 elections in two ways:

    1. By being a key part of the corruption bred by monopolization, which helped weaken the public’s loyalty to institutions so that a grifter could get within spitting distance of the presidency; and

    2. By providing a platform whereby a small but important difference could be made, which tipped him over the edge.

  • #conjoncture_covid, dimanche 23 janvier 2022 :

    • observé vs extrapolé : comme hier, entrées en hospitalisations un peu en avance sur l’extrapolation, admissions en réanimation et décès nettement au-dessus

    • cvh
    et donc, petite hausse de la cvh pour les hospitalisations
    bien marquée pour les réanimations, avec un peu moins pour les décès, la forte hausse de samedi étant suivie d’un petit recul


    (on notera que le profil hebdomadaire de la semaine écoulée pour les réas semble assez différent de ceux des semaines précédentes)

  • Santé Pudique France - 23-01-22

    – réa : ça repart à la hausse
    – dc : pareil

    moyenne hebdo dc en hausse vs semaine dernière.

    et toujours grosse disparité selon les départements ; dc repart en 06 et 38, baisse toujours en 13, 31 et 33, mais réa remonte en 33 ; et poursuite de la hausse dc en 76, 59 et idf ; détails sur http://coviiid.free.fr

  • Covid-19 : avec Omicron, une fin de la pandémie en Europe « plausible », selon l’OMS
    https://www.sudouest.fr/international/europe/covid-19-avec-omicron-une-fin-de-la-pandemie-en-europe-plausible-selon-l-om

    « Il est plausible que la région se rapproche d’une fin de la pandémie », a déclaré le directeur de l’OMS Europe ce dimanche

    Le variant Omicron, qui pourrait contaminer 60 % des Européens d’ici mars, a amorcé une nouvelle phase de la pandémie de Covid-19 dans la région et pourrait la rapprocher de son dénouement, a estimé dimanche le directeur de l’OMS Europe

    « Il est plausible que la région se rapproche d’une fin de la pandémie », a indiqué Hans Kluge, appelant toutefois à la prudence du fait de la versatilité du virus.

    Puisqu’on vous dit que c’est terminé.

  • Attentats du 13 novembre : un chirurgien de l’AP-HP met en vente la radiographie d’une rescapée du Bataclan
    https://www.lefigaro.fr/actualite-france/attentats-du-13-novembre-un-chirurgien-de-l-ap-hp-met-en-vente-la-radiograp

    « Bataclan terrorist attack – November 13, 2015 – Paris, France ». Sur le site de vente d’art en ligne OpenSea, la légende est aussi claire que la photo est nette. Un chirurgien de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP) a mis aux enchères la radiographie d’une victime du Bataclan, blessée d’une balle sur l’avant-bras. Le prix de départ, de 2777 dollars, a été retiré après l’article de Médiapart publié samedi soir. L’annonce, elle, est toujours en ligne.

    https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/un-chirurgien-de-l-hopital-pompidou-met-en-vente-une-radio-d-une-victim

    « Cet acte est contraire à la déontologie » et « met en cause le secret médical », déplore Martin Hirsch, le directeur général des hôpitaux de Paris (AP-HP). Il annonce ce samedi 22 janvier, sur Twitter, qu’il va saisir le Conseil de l’ordre et faire un signalement à la justice, après les révélations de Médiapart. Il compte également « saisir les ministres qui disposent du pouvoir disciplinaire ».

    #vautour

  • Hervérifie : « On ne peut pas se fier aux études après le Lancegate »

    TLDR comparaison : l’article dans le Lancet a été rétracté par les auteurs eux-mêmes 14 jours après avec des excuses, tandis que les deux études de Raoult sont toujours publiées et citées DEUX ANS plus tard, alors que tout le monde est maintenant d’accord que tout est faux voire falsifié.

    Conclusion : si on peut se fier aux études, il peut y avoir des erreurs chez n’importe qui, ce qui compte c’est que ce soit rétracté sincèrement après signalement (ce qui est le cas souvent).

    🧠 Repost (malheureusement je pense pertinent) d’un classique.

    🩺 J’ai publié ceci pour la première fois en juin 2020, choqué que Mr Raoult n’ait pas rétracté ses études après 3 mois.

    🩺 Depuis il a admis que les conclusions étaient fausses, et je l’ai mise à jour en août 2021… Près d’un an et demi après la publication. Et depuis, des membres de l’IHU affirment que les résultats ont été falsifiés. Ses études n’ont toujours pas été rétractées. Nous approchons de leur deuxième anniversaire.

    🩺 Après la publication, la semaine dernière, de la tragique disparition d’un médecin qui avait eu le malheur d’accorder sa confiance à Mr Raoult au sujet des « traitements précoces », je pense qu’il est bon de rappeler que Mr Raoult, jusqu’à preuve du contraire, est a minima un menteur (il a menti sur les résultats) et un charlatan (il a prescrit un traitement qui n’avait pas fait la preuve de son efficacité).

    🩺 Puisqu’environ 15 000 personnes se sont abonnées depuis le repost d’août 2021, que Mr Raoult continue de mentir sur sa chaîne YouTube et y fait des millions de vues, et que je suis super occupé cette semaine, je mets a jour 🤗
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    🧠 L’étude publiée le 22 mai 2020 dans le Lancet [1] a été rétractée [2] par les auteurs et par le journal ensuite, du fait de graves problèmes.
    ❶ Que peut-on en conclure ?
    ❷ Comment ce désastre - c’en est un - largement dénoncé par Mr Raoult à l’époque - qui s’exprime toujours autant sur sa chaîne YouTube et empile des millions de vues - se compare-t-il aux publications de ce dernier ?
    ❸ Les publications scientifiques en général, et du Lancet ou de Mr Raoult en particulier, sont-elles fiables ?
    ⚠️ Il s’agit d’une publication clivante (j’en suis conscient mais il faut bien s’y attaquer puisque près de deux ans plus tard on me parle encore du Lancet…) et dense, le texte est long (mais résumé au début pas de panique).
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    🧠 Version courte :
    1️⃣ M. Mehra concluait de façon prudente à l’inefficacité de l’Hydroxychloroquine +/- HCQ et à une augmentation de la mortalité, dans un contexte hospitalier uniquement, il n’affirmait pas de lien de causalité, et n’excluait pas les facteurs confondants. Il concluait au final que l’utilisation devait pour le moment être limitée aux essais cliniques.
    ✔︎ Ces conclusions prudentes étaient peut-être valides, ou peut-être fausses, voire mensongères : on ne le saura sans doute jamais puisque les données brutes ne sont pas accessibles (mon avis : le passif de Surgisphère me laisse penser que la 3e option est la plus probable).
    ✔︎ L’étude a été rétractée en 2 semaines, d’un point de vue scientifique elle n’existe littéralement plus depuis plus d’un an et demi, et n’aura existé que 14 jours.
    ✔︎ Le Lancet a modifié son système de revue par les pairs, clairement défaillant pour le coup.
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    2️⃣ M. Raoult concluait de façon extrêmement confiante à des résultats « tellement significatifs et évidents » démontrant l’efficacité indubitable de l’hydroxychloroquine, et n’hésitait pas à recommander son utilisation chez tous les patients COVID-19. Il allait jusqu’à recommander des études pour discuter l’utilisation en préventif chez des patients sains.
    ✖︎ Malgré ces conclusions très affirmatives, les deux études de M. Raoult [3,4] sont au mieux ininterprétables [5], au pire mensongères [6], voire illégales [7,8]. C’est un fait consensuel dans le milieu médical et de la recherche.
    ✖︎ Il a admis après 10 mois et 3500 citations que la première ne montrait pas d’efficacité clinique (au contraire).
    ✖︎ Mais il ne l’a pas rétractée.
    ✖︎ Et il continue d’affirmer que l’hydroxychloroquine est efficace contre la COVID-19 (ce qui est faux).
    ✖︎ En novembre dernier, Mediapart révélait que plusieurs membres de l’IHU accusaient Mr Raoult d’avoir délibérément falsifié les résultats afin de faire croire à une efficacité de l’hydroxychloroquine (en modifiant le seuil de positivité des PCR). Ces accusations graves semblent suffisamment sérieuses pour avoir motivé une enquête de l’Assistance Publique des Hôpitaux de Marseille (toujours en cours à ma connaissance).
    ✖︎ La seconde étude n’a pas été rétractée.
    ✖︎ Nous en sommes à bientôt 2 ans depuis la publication.
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    🧠 Conclusion : dans le domaine de la recherche scientifique, il y aura des gens qui se trompent ou se font avoir, et il y aura des menteurs, c’est attendu (il s’agit d’êtres humains).
    ✔︎ Les premiers reconnaîtront leurs erreurs, et en tiendront compte.
    
✖︎ Les seconds continueront de mentir, et sortiront peut-être même trois livres vendus en supermarché entre temps, qui sait. Notons que M. Raoult n’en est pas à son premier rodéo pour ce qui est de la fraude scientifique [9,10] (si vous le pensiez intègre et « réputé mondialement », accrochez-vous à votre chaise).
    ⛔️ Au demeurant, force est de constater que :
    ⚠️ Le problème de l’étude de M. Mehra a été certes lamentablement loupé par le Lancet, mais il a été repéré en quelques jours par la communauté scientifique, les auteurs et le journal en ont immédiatement tenu compte, et l’étude a été rétractée dans le doute en 2 semaines.
    ➜ Imperfect but good science.
    ⚠️ Les MULTIPLES problèmes autrement plus graves des deux études de M. Raoult ont été lamentablement « loupés » par ses confrères ses amis ses employés ses lieutenants les relecteurs des journaux qui les ont publiées, ils ont été là encore pointés par la communauté en quelques jours, mais M. Raoult a balayé les critiques d’un revers de main en traitant les contradicteurs, globalement, de crétins ignares et corrompus, et il n’a jamais rétracté ses études.
    ➜ Dishonest, bad bad BAD science.
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    🧠 Rappel des faits concernant le Lancet :
    🩺 Cette étude observationnelle massive ne confirmait pas de bénéfice sur l’évolution et/ou la mortalité dans le traitement hospitalier précoce de la CoVid-19 avec des protocoles associant chloroquine ou hydroxychloroquine, seules ou associées à l’azithromycine (principalement).
    🩺 Elle trouvait par ailleurs une association entre ces traitements et une surmortalité d’une part, et des complications cardiaques graves d’autre part, sans inférer de lien de causalité du fait de sa nature observationnelle (possibilité d’un facteur confondant caché non exclue, bien que présenté comme statistiquement peu probable).
    🩺 Elle précisait ne pas démontrer l’inefficacité ou la dangerosité de ces traitements, du fait de sa nature observationnelle, mais appelait à vérifier ces résultats par des études randomisées en double aveugle, avant de prétendre prescrire ces traitements à des patients en dehors d’essais cliniques.
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    1️⃣ Il n’aura fallu que quelques jours pour que la communauté scientifique mondiale s’étonne principalement :
    ● De plusieurs erreurs d’attribution de données, sans conséquences sur les résultats mais très intrigantes.
    ● Du fait que certains hôpitaux cités déclaraient ne pas avoir fourni de données, ce qui était très suspect.
    ● Devant ces anomalies, de l’absence de données brutes (ce qui n’est pas souhaitable, bien que courant) dans la publication, et de l’étonnante rapidité de traitement de ces données massives par le fournisseur des données, une entreprise privée nommée Surgisphère, jeune, petite et passablement inexpérimentée, appartenant à l’un des 4 auteurs.
    ● Ce qui a amené le Lancet a émettre une alerte sur cette étude (ce qui est normal).
    ⚠️ Les remarques sont extrêmement courantes dans le milieu de la publication scientifique, c’est le principe du système :
    ● Le journal publie généralement les questions les plus pertinentes qui lui sont directement adressées.
    ● Il offre ensuite un droit de réponse aux auteurs, souvent accompagné, si besoin, de modifications à l’article original.
    ● L’égo du chercheur peut-être un peu (beaucoup) malmené, mais la science et la connaissance en sortent gagnantes, et... “C’est l’jeu ma pauv’ Lucette” 👍
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    2️⃣ Face ces remarques justifiées, 3 des 4 auteurs ont réagi rapidement et de façon semble-t-il adaptée :
    ● En corrigeant les erreurs pointées dans un premier temps.
    ● En organisant ensuite un audit indépendant de leur fournisseur de données (le 4e auteur...).
    ● L’auditeur a donc contacté Surgisphère pour obtenir le détail des données brutes, données que... Surgisphère lui aurait formellement refusées, pour d’obscurs motifs de confidentialité.
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    3️⃣ Devant l’impossibilité de fournir ces données brutes, et surtout d’en assurer l’authenticité et l’exactitude, les auteurs ont pris la seule décision rationnelle et intellectuellement honnête :
    ● Ils ont présenté leurs excuses pour l’insuffisance de leurs vérifications avant la publication : ils sont en faute, c’est en effet lamentable.
    ● Ils ont demandé la rétractation de leur article (nul doute que le Lancet aurait pris cette décision, si ils ne l’avaient pas fait d’eux-mêmes).
    ● L’ensemble de ce processus aura pris en tout et pour tout moins de deux semaines, entre la publication et le retrait.
    ● L’avenir nous dira que Surgisphère (qui a disparu depuis) était une société hautement suspecte…
    ● Le Lancet, coupable de ne pas avoir vu ce que la communauté scientifique a vu en quelques jours, a depuis annoncé avoir modifié son process de revue par les pairs…
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    🧠 Questions :
    1️⃣ Qu’est-ce que cette rétractation nous apprend au sujet de la chloroquine, de l’hydroxychloroquine, et de leur association avec l’azithromycine ?
    🩺 Absolument rien.
    ● C’est le principe d’une rétractation : peu importe la raison (fraude, erreur, ou comme ici pour le moment impossibilité de vérifier de façon certaine la source des données brutes), les données et/ou conclusions rétractées ne doivent pas être prises en compte, c’est tout.
    ● A moins que les données brutes ne soient un jour fournies, et qu’elles ne s’avèrent exactes (ce qui est tout à fait possible), ”tout se passe comme si” cette étude n’avait jamais existé (et ce, même si elles s’avèrent un jour fausses, voire frauduleuses).
    ● De fait, plus personne dans le monde de la recherche ou de la médecine ne cite cette étude depuis qu’elle a été rétractée, ses résultats et conclusions ont tout simplement cessé d’exister.
    ● Les seules personnes qui en parlent encore sont celles qui ignorent comment la recherche scientifique fonctionne, ou qui trouvent un intérêt à prétendre qu’ils l’ignorent.
    2️⃣ Qu’est-ce que cette rétractation nous apprend au sujet des études scientifiques ?
    🩺 Beaucoup de choses, entre autres :
    ❶ Que les erreurs sont courantes, attendues, et normales dans le monde de la recherche scientifique et médicale. Imaginer que tous les chercheurs “trouvent” du premier coup est absurde. Tous les plus grands scientifiques de l’histoire se sont lamentablement “vautrés”, à un stade ou à un autre de leur carrière, et les 3 co-auteurs de cette étude se sont “vautrés” dans les grandes largeurs en analysant des données dont ils n’avaient pas vérifié la provenance...
    ❷ Que les fraudes sont également possibles, et qu’ici, cette hypothèse n’est pas exclue (le 4e auteur notamment, fournisseur des données, semble suspect…)
    ❸ Que quand un scientifique ne peut pas démontrer son propos avec des données factuelles, vérifiables et reproductibles, aussi réputé soit-il, peu importe le prestige du journal qui le publie, il DOIT se rétracter, et son propos n’existe plus et n’est plus pris en compte (et surtout n’est plus cité par d’autres études… Suivez mon regard), quel qu’il soit.
    ❹ Que quand un scientifique se trompe, et qu’on le lui démontre, il DOIT accepter son erreur, et changer de discours, afin que ce discours soit en accord avec la réalité des faits objectivables.
    ❺ Que si il ne le fait pas, non seulement son propos n’existe pas, mais son honnêteté peut légitimement être mise en doute (l’erreur potentielle devient mensonge factuel).
    ❻ Que quand une faille méthodologique majeure existe dans une étude, peu importe la réputation ou la popularité de l’auteur (ou du journal), la conclusion n’a que peu, ou plus du tout de valeur : elle n’existe pas, pas plus que les données sur lesquelles elle prétendait ou pensait se baser.
    ➐ Que la méthode scientifique est auto-correctrice, et que si l’on respecte cette méthode (lecture par les pairs, prise en compte des critiques, méthodologie solide, publication de la méthodologie et des données brutes, tentative de reproduction des résultats, remise en question, auto-critique, retrait éventuel), les erreurs sont généralement rapidement corrigées.
    ➑ Que le propos de ceux qui se prétendent scientifiques, mais s’asseoient avec panache sur la méthode scientifique, n’a pas plus de valeur qu’un horoscope 🤗
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    🧠 A la lumière de ces enseignements, je vous soumets les critiques les plus courantes concernant les deux premières « études » publiées par M. Raoult en 2020 :
    🩺 Etudes qui selon lui démontraient sans aucune ambiguité l’efficacité de l’Hydroxychloroquine (et de l’Azithromycine) contre la COVID 19.
    🩺 Etudes qui justifiaient selon lui la prescription à tous les cas positifs (!)
    🩺 Ainsi que des études pour discuter d’une prescription préventive (!)
    ⚠️ Après environ 500 jours, soit près de 2 ans, aucune de ces études n’a été rétractée, et la première a été citée plusieurs milliers de fois par d’autres auteurs, en plus d’avoir directement influé sur la politique sanitaire désastreuse du Brésil, de l’Inde, de plusieurs états américains, etc. (Avec le succès retentissant que l’on sait).
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    1️⃣ Etude 1 :
    ⚠️ Des conflits d’intérêts grossiers
    ○ L’un des auteurs est rédacteur en chef de la revue
    ○ C’est aussi un employé de l’IHU
    ➜ Qui travaille donc pour M. Raoult
    ⚠️ Ce qui explique la rapidité de la publication
    ○ Article soumis à publication 4 jours après la fin de l’étude
    ○ Et accepté en 24h (!!!) après « revue par les pairs »
    ➜ Il n’y a pas eu de revue par les pairs
    ⚠️ Effectif (beaucoup) trop faible
    ○ 20 patients traités…
    ○ 16 patients non traités…
    ⚠️ Violations du protocole multiples
    ○ 2 enfants inclus (ni prévu, ni autorisé)
    ○ Ajout azithromycine (ni prévu, ni autorisé)
    ⚠️ Des patients qui apparaissent
    ○ L’HCQ n’était autorisée que chez les patients graves hospitalisés
    ➜ Hospitalisation de patients asymptomatiques
    ➜ Hospitalisation de patients sans test PCR
    ⚠️ Des patients qui disparaissent
    ○ 26 patients traités, 20 comptés
    ○ 6 auraient été « perdus »
    ○ 1 s’est retiré sans raisons données
    ○ 1 n’a pas toléré les effets secondaires
    ○ 4 ont vu leur état s’aggraver
    ➜ Dont 3 ont fini en réanimation
    ➜ Et 1 est décédé
    ⚠️ Pas de groupe témoin valide
    ○ Groupe traité : 51.2 ans
    ○ Groupe « témoin » : 37.3 ans
    ○ Patients non appariés (logique…)
    ➜ Il se s’agit donc pas d’un témoin
    ⚠️ Variable mesurée : ADN via RT-PCR
    ○ Avec deux méthodes différentes
    ○ Qui ne sont pas détaillées
    ⚠️ Des données ininterprétables
    ○ Beaucoup de faux positifs
    ○ Certains négatifs redeviennent positifs
    ➜ Pas de conclusion possible
    ⚠️ Des données manquantes
    ○ Les auteurs ont extrapolé les données
    ○ A partir de données déjà non fiables (cf supra)
    ⚠️ Des données falsifiées ?
    ○ Selon plusieurs membres de l’IHU
    ➜ Enquête de l’APHM en cours
    ⚠️ En incluant tous les patients
    ○ Aucun effet visible
    ○ Sur TOUS les critères (cliniques ou biologiques)
    ⚠️ Taux de mortalité très faible
    ○ 99% des gens guériront sans traitement
    ○ Il faut ÉNORMÉMENT de patients pour voir un effet
    ➜ Impossible de conclure sur aussi peu de patients
    ⛔️ Revue par les pairs indépendantes plusieurs moins plus tard
    💬 « Cette étude souffre de lacunes méthodologiques majeures qui la rendent presque sinon complètement non informative (…) Le ton du rapport, présenté comme une preuve d’un effet de l’hydroxychloroquine et même en recommandant son utilisation, est non seulement non fondé, mais, étant donné la demande désespérée d’un traitement pour Covid-19, couplée avec le côté potentiellement de graves effets de l’hydroxychloroquine, totalement irresponsable »
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    2️⃣ Etude 2 :
    ⚠️ Des conflits d’intérêts grossiers
    ○ L’auteur est rédacteur en chef adjoint de la revue
    ○ C’est aussi un employé de l’IHU
    ➜ Qui travaille donc pour M. Raoult
    ⚠️ Pas de groupe contrôle
    ○ Pas d’évaluation des facteurs confondants (!)
    ○ Notamment le tableau initial (gravité)
    ○ Les comorbidités
    ○ Ou même l’âge
    ➜ Cf infra
    ⚠️ Effectif bien trop faible pour voir un effet sur
    ○ Une maladie qui guérit seule dans 85% des cas
    ○ Une maladie qui guérit dans 99.5% des cas
    ➜ Cf étude 1, il faut BEAUCOUP de monde
    ⚠️ Mensonge sur la nature observationnelle
    ○ Il s’agit d’une étude interventionelle
    ○ Puisque la prescription est hors AMM…
    ○ Chez des patients non graves…
    ➜ Esquivant ainsi l’agrément de l’Agence du Médicament
    ➜ Et l’agrément du Comité de Protection des Personnes
    ➜ Qui n’ont pas été demandés, ou obtenus
    ⚠️ Des malades pas bien malades…
    ○ Âge médian : 52 ans
    ➜ Contre 72 ans pour les patients hospitalisés
    ➜ Sachant que 71% des décès ont plus de 75 ans
    ○ 92% avaient un score de gravité faible
    ○ 85% n’avaient pas de fièvre
    ○ 43% n’avaient pas de comorbidités
    ➜ Contre 22% pour les cas graves
    ○ La moitié n’avait pas d’atteinte pulmonaire
    ○ 85% n’ont pas eu besoin d’oxygène
    ○ 5% étaient carrément asymptomatiques
    ⚠️ Un protocole violé, comme pour la 1e étude
    ○ Les cas graves ont eu de la CEFTRIAXONE
    ○ Les critères de sortie ont changé en cours d’étude
    ⚠️ Malgré tout ceci
    ○ Aucun effet démontré sur la mortalité
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    📚 Sources :
    ▪️Les études dont nous parlons ici, et la rétractation
    [1] https://www.thelancet.com/.../PIIS0140-6736(20.../fulltext
    [2] https://www.thelancet.com/.../PIIS0140-6736(20.../fulltext
    [3] https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC7102549
    [4] https://www.mediterranee-infection.com/.../COVID-IHU-2-1.pdf
    ▪️La revue par les pairs de la première étude de M. Raoult
    [5] https://www.sciencedirect.com/.../pii/S0924857920302338...# !
    ▪️ Les accusations de fraude
    [6] https://www.lepoint.fr/.../hydroxychloroquine-didier...
    ▪️ L’investigation (encore) de l’ANSM sur la légalité des études de l’IHU
    [7] https://www.egora.fr/.../67530-essais-cliniques-du-pr...
    ▪️L’avis des Comités de Protection de la Personne à l’INSERM
    [8] https://cerpop.inserm.fr/.../couderc-bettina-19-novembre... (Page 36)
    ▪️Plus de lecture sur la « science » selon M. Raoult
    [9] https://www.les-crises.fr/didier-raoult.../comment-page-3 (soft)
    [10] https://rechercheindependante.blogspot.com/.../la-fraude... (à charge, mais accrochez vous à votre chaise)

    #Hervérifie #science #relecture #méthode_scientifique #rétractation #erreur #Didier_Raoult #Lancet

  • Quand Blanquer reçoit les félicitations présidentielles !
    https://www.challenges.fr/politique/blanquer-recoit-les-felicitations-presidentielles_797649

    Le ministre de l’Education a reçu des félicitations du président pour son intervention de sortie de crise qui « a apaisé la situation ». Dans les indiscrétions politiques de la semaine, retrouvez aussi le Parti animaliste, Stéphane Travert, Valérie Pécresse...

    Face à la #grève des enseignants et à l’affaire d’Ibiza, l’Elysée sort l’artillerie. « Jean-Michel Blanquer, le ministre de l’école ouverte, est en proie à une offensive de déstabilisation insupportable », selon un proche du président de la République. Ledit ministre a même reçu les félicitations présidentielles pour son intervention de sortie de crise qui « a apaisé la situation ». Olivier Véran, le ministre de la Santé a, lui, été prié de se montrer « plus coopératif pour l’organisation des tests dans les établissements scolaires qui relèvent de sa responsabilité ».

    « On peut tout se permettre quand on est intouchable parce qu’on a les faveurs du monarque ! »

    • « Sans les preneurs d’otages du passé, nos gosses iraient à l’usine au lieu d’aller à l’école.
      C’est utile, la grève.
      La République, elle est sociale, on s’est battu pour qu’elle le soit on se battra pour qu’elle le reste ✊
      #TousEnGrèveLe27 #Greve27janvier »
      https://www.youtube.com/watch?v=shG4E3NX9ng

      "Éloge de la grève" un texte magnifique de Léonard Vincent interprété par Jean-Pierre Darroussin
      https://twitter.com/realmarcel1/status/1485301775469092865?cxt=HHwWgoC98YyG7ZwpAAAA

      Ils ont de la chance, les managers de la République. Les gens ordinaires n’ont pas encore ressenti l’intérêt de faire la grève et d’en savourer les fruits. Pourtant, il y aurait de quoi s’offrir de belles journées. Il y aurait de quoi s’offrir à soi-même une belle émotion, libératrice, gentiment subversive, brève et forte. Faire la grève, ce serait, disons-le comme ça, une grande, une belle petite joie, j’en suis sûr. Ne serait-ce que d’un petit point de vue personnel, au ras du quotidien.

      Pensons aux matins d’hiver, dans les grandes villes. Au métro bondé, aux odeurs de cheveux, de déodorant, à l’étouffoir des petites angoisses, de la lassitude résignée des salariés « qui ne sont rien », d’après ce qu’en dit le grand manager des Français. Coincé entre les épaules et les soupirs des inconnus, on se prend à rêver. Et si aujourd’hui, on ne se laissait pas faire ? Et si on n’avait pas à subir les mille servitudes du travail aujourd’hui ? Oui, on se prend à rêver. Et on repense, avec un peu d’anxiété peut-être, mais aussi une jubilation secrète, à nos journées d’école buissonnière.

      Il y a des jours comme ça. Des jours où la farandole des imposteurs, à la télévision, à la radio, au bureau, sur le chantier, exaspère plus que de raison. Des jours où on nous en demande trop, en tout cas plus que ce qu’on est en mesure de donner. Et d’un seul coup, c’est étrange n’est-ce pas ?, le refus, la ruse, le demi-tour nous appellent. Et nous disent : là, vraiment, non. Hier d’accord, demain je ne dis pas. Mais aujourd’hui : non.

      Parfois, ce n’est pas notre faute. Un enfant est malade, la salle de bain du voisin fuit à travers le plafond, la neige encombre les routes, la grippe nous saute à la gorge. Alors on reste à la maison, secrètement libéré, secrètement rebellé contre les agendas partagés, les réunions hebdomadaires, les problèmes en suspens, les directions des ressources humaines, les premiers de cordée.

      La grève au fond, il faudrait l’essayer, pour voir. Allez savoir si perdre un jour de salaire, peut-être même plusieurs, n’en vaudrait pas la peine. Ne serait-ce que pour voir la tête de ceux qui trouvent ça fou, ou qui trouvent ça irresponsable. Payer pour voir, comme un coup de poker dérisoire et drôle.

      Je me prends à songer à la puissance qu’aurait, dans mon beau pays malade, une grève générale faisant s’affaler en une journée tout l’ordre dominant, le gelant soudain, le faisant baisser d’un ton, le contraignant à l’immobilisme absolu, silencieux, fulminant, dans l’incompréhension générale, la stupéfaction et l’anxiété. Quelle panache ! « Mais que veulent-ils ? » se répéterait-on alors partout, sur les plateaux de télévision, dans les cabinets, dans les salles de réunion du Président. Enfin la question serait posée. Et une réponse serait attendue.

      Quelle belle fiction ce serait, quel beau roman d’un jour ! Le lendemain, j’en suis sûr, quelle que soit la réaction du patron, des collègues, des confrères, au moins, avouons-le, on sourirait. Notre journée, notre semaine peut-être, et pourquoi pas notre mois d’école buissonnière, aurait eu le mérite de tout chambouler en silence. De faire peur, sans un geste violent. Et imaginons alors que nous ne soyons pas seul à nous lever le matin, à nous rendre au travail et, plutôt que de mentir pour nous tirer d’affaire, à clamer haut et fort qu’aujourd’hui, on répondra « non » à tous les ordres. Et que la loi nous protège.

      Oui, vraiment, ils ont de la chance, les managers de la République.

      https://seenthis.net/messages/672655

  • Le Papillon Noir #3- CNT 43
    http://www.cnt-f.org/le-papillon-noir-3.html

    Le Papillon Noir est un journal écrit par les militant·es de la CNT interpro-Brest et par les ami·es de notre syndicat. Il traite aussi bien de sujets locaux comme de sujets plus généraux. Ce troisième numéro est sorti en mai 2021, à la date anniversaire de la fin de la commune de Paris, sujet (...) @Mediarezo Actualité / #Mediarezo