• Platforms like YouTube have tried to combat harassment against women. It’s not working
    https://www.codastory.com/authoritarian-tech/misogyny-harassment-youtube-twitch

    Accusations of misogynistic comments and threats of rape are common on popular streaming and social media platforms like Youtube and Twitch where moderation policies don’t go far enough Last June the gaming industry had a moment of reckoning. Starting as a trickle, female and non-binary online gamers and streamers began posting stories of online and offline harassment by men, a problem they said was rife across the industry. Accusations of misogynistic comments, threats of rape, revenge (...)

    #Reddit #Twitter #YouTube #jeu #modération #sexisme #violence #harcèlement #surveillance #viol (...)

    ##travail

  • Widerstand im Nordkiez
    https://www.jungewelt.de/artikel/397911.gentrifizierung-widerstand-im-nordkiez.html

    50 ans après sa phase initiale les forces de droite préparent l’élimination des dernières bastions du mouvement de squatteurs berlinois. Il s’agit de leur sujet de prédilection qu’ils sortent du casier pour réveiller haine et convoitise chez les petits bourgeois réactionnares. Le spectacle immonde continuera jusq’aux élections municipales et nationales en septembre.

    Cette campagne de « propagande de l’action » trouve sa raison dans le refus de la majorité des berlinoises et berlinois d’accepter les lois du marché immobilier et leur soutien pour une limitation des loyers par la loi. C’est aussi la réponse de la droite au référendum pour la socialisation des immeubles en possession des grandes entreprises qui est actuellement en cours.

    https://www.openstreetmap.org/node/1309021893

    8.3.2021 von Michael Merz -Polizeiaufmarsch in Berlin-Friedrichshain. Vorwand: »Brandschutzbegehung«

    Einen Vorgeschmack darauf, was die Menschen im »Nordkiez« des Berliner Stadtteils Friedrichshain in dieser Woche erwartet, gab es bereits am Samstag abend. Behelmte, aggressive Polizeitrupps marschierten auf dem Asphalt, ein riesiger Flutlichtscheinwerfer erhellte die Rigaer Straße, Ecke Liebigstraße. Anlass ist eine verhältnismäßig kleine Solidemo. Bereits am Freitag hatten Beamte massenweise Zettel an Hauseingänge und Wände geklebt, auf denen ihr von Mittwoch bis Sonnabend beanspruchtes Manövergelände abgesteckt wird. Innerhalb dessen darf das Grundrecht auf Versammlungsfreiheit nicht mehr ausgeübt, dürfen Autos, Fahrräder und Mülltonnen nicht abgestellt werden, nur Anwohner haben Zugang. Ob eine Grundschule und Kitas während dieser Zeit geschlossen werden, ist noch unklar. »Uns erinnert das sehr stark an die rote Zone, die als Polizeitaktik bei Hausräumungen gilt. Wozu dieser Aufriss, wenn es doch ›nur‹ um die Brandschutzprüfung geht?« fragte eine Nachbarschaftsinitiative am Freitag in einer Solidaritätserklärung.

    Die vermeintliche »Brandschutzbegehung« im teilbesetzten Haus Rigaer Straße 94 unter Einbeziehung eines großen Aufgebots der Bereitschaftspolizei ist möglich, nachdem das Verwaltungsgericht einen Anwalt und einen Hausverwalter als Eigentümervertreter anerkannt hat. Die beiden hatten über Jahre hinweg ausschließlich juristische Schlappen einstecken müssen. Der tatsächliche Besitzer des Gebäudes verbirgt sich hinter einer Briefkastenfirma in London und bleibt anonym. Das Landgericht Berlin wird am Dienstag erneut entscheiden, ob Anwalt und Hausverwalter befugt sind, das Haus zu betreten.

    Die Bewohner der »Rigaer 94« lehnen eine Brandschutzbegehung nicht ab, bestehen aber auf einem unabhängigen Prüfer. Unterstützung dafür erhalten sie von Bezirksstadtrat Florian Schmidt (Bündnis 90/Die Grünen), der angekündigt hat, am Dienstag einen eigenständigen Kontrollgang stattfinden zu lassen: »Das Rechtsamt des Bezirks geht davon aus, dass ein Betreten der Wohnungen, bei denen dies laut Mängelliste nicht notwendig ist, unzulässig ist«, heißt es in einem Schreiben des Bezirksamtes vom vergangenen Donnerstag. Innensenator Andreas Geisel (SPD) reagierte polemisch: Schmidt lasse sich »vor den Karren von gewaltbereiten Linksextremisten spannen«.

    Die neuerliche Repression gegen die »Rigaer 94« reiht sich ein in die »rot-rot-grüne« Senatpolitik, bis zur Abgeordnetenhauswahl im September so viele alternative Freiräume wie möglich zu schleifen. Geisel möchte reaktionären Hardlinern in Polizeibehörde und Parlament seine Durchsetzungsfähigkeit beweisen und macht sich zum Handlanger diverser Immobilienspekulanten. Im vorigen Sommer wurden beispielsweise die bekannte Kneipe »Syndikat« in Neukölln, im Oktober das queerfeministische Hausprojekt »Liebig 34« in Friedrichshain geräumt. Etliche weitere linke Rückzugsräume wie etwa das »Köpi« in Mitte sind bedroht, mit großem Polizeiaufgebot wurden in diesem Winter zudem Unterkunftsmöglichkeiten von Wohnungslosen zerstört. Für den Erhalt der »Rigaer 94« ist breiter Widerstand angekündigt.

    #Berlin #Friedrichshain #Liebigstraße #Rigaer_Straße #squat #politique #logement #répression

  • « Il faut donner à la psychiatrie les moyens ambulatoires et hospitaliers qui lui ont été soustraits lors de la fermeture de 70 000 lits »- Collectif inter-hôpitaux (CIH)
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2021/03/08/il-faut-donner-a-la-psychiatrie-les-moyens-ambulatoires-et-hospitaliers-qui-

    Psychiatres, infirmiers, psychologues, membres du Collectif inter-hôpitaux, nous souhaitons alerter la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, sur les atteintes réitérées portées aux droits et à la dignité des patients relevant de soins psychiatriques. Depuis quelques années, les conditions d’accueil des patients se dégradent fortement et des pratiques réputées disparues reviennent : les contentions mécaniques se banalisent dans de nombreux services d’urgence des hôpitaux français. Et ce, sans aucun contrôle d’aucune instance.

    Dans vos recommandations en urgence du 1er février 2018 sur le CHU de Saint-Etienne, la situation était parfaitement analysée : l’absence de lits d’aval constitue un « dysfonctionnement majeur [qui] conduit les soignants à accepter l’instauration de pratiques contraires au droit comme d’ailleurs à leur volonté première ». Les politiques de santé publique réduisant la place de l’hôpital public dans le dispositif de soins ont des conséquences : concentration des patients les plus sévères dans un même lieu, pression sur les durées moyennes de séjour, impossibilité d’hospitaliser dans un délai raisonnable les patients suivis.

    L’agitation et la peur

    Il règne dans les établissements une tension, une agitation que les personnels insuffisants, insuffisamment formés, peinent à contenir. La peur s’insinue : celle des patients, effrayés par leur problématique psychique, celle des soignants, qui se retrouvent trop souvent seuls.

    Dans un tel contexte de pénurie, nous voyons se développer des « pratiques contraires au droit comme d’ailleurs à notre volonté première » : unités de soins et chambres fermées à clé, recours aux contentions mécaniques faute de chambre d’isolement disponible, sédations chimiques lourdes, mais aussi matelas rajoutés à même le sol pour accueillir quelques patients supplémentaires. Comment en est-on arrivé là, dans une période où les progrès de la médecine ont été, par ailleurs, considérables ?

    Entre 2014 et 2020, la dotation annuelle de fonctionnement de la psychiatrie publique et à but non lucratif (314 établissements) a progressé de 1,2 % en moyenne par an, tandis que l’Objectif national des dépenses d’assurance-maladie hospitalier pour l’activité médecine, chirurgie et obstétrique progressait de 2,3 % et que le financement de la psychiatrie privée à but lucratif (173 établissements) progressait de 3,2 %. Le « virage ambulatoire » a été accompli par la politique de secteur : 70 000 lits fermés entre 1980 et 2020 (soit deux tiers des lits) avec redéploiement insignifiant vers des structures ambulatoires.
    Article réservé à nos abonnés Lire aussi Bruno Falissard : « Les jeunes psychiatres doivent avoir une pensée neurobiologie ET une pensée du sens et de la société »

    Aujourd’hui, il n’y a toujours pas d’outil de prise en charge à même de répondre aux 80 % à 85 % des patients requérant des soins psychiatriques en ambulatoire sur une année. Le nombre d’usagers de la psychiatrie est passé de 1 million en 1997 à 2,3 millions en 2020, sans que les équipes de soin soient renforcées à la hauteur de cette croissance.

    La tension sur les lits contraint à réserver les hospitalisations aux patients les plus graves, relevant le plus souvent de soins sous contrainte, sans pouvoir répondre aux autres indications. Le recours à l’isolement et à la contention, devenu fréquent alors qu’il était rare il y a trente ans, signe donc à la fois l’aggravation des situations cliniques d’entrée et le dénuement numérique et théorique des équipes de soin.
    Formalisme administratif

    Beaucoup de lois sont nées ces dernières années dans le but de garantir les droits fondamentaux des patients et limiter le recours aux soins sous contrainte : la loi du 5 juillet 2011 introduisant le contrôle du juge des libertés et de la détention pour toute hospitalisation sous contrainte et, très récemment, l’article 84 de la loi de financement de la Sécurité sociale, outil supplémentaire de contrôle des mesures d’isolement et de contention.

    Pourtant, de 2010 à 2015, les hospitalisations sous contrainte sont passées de 72 000 à 92 000, soit une progression de 15 %, quand l’augmentation du nombre des citoyens ayant recours à des soins psychiatriques progressait de 4,7 %. La mise en œuvre de l’article 84 est complexe, coûteuse en temps, elle impose de consacrer du temps soignant à un formalisme administratif que le législateur imagine garant des droits du patient.

    Rendre malaisée la mise en œuvre des mesures de restriction des libertés des patients et en contrôler a posteriori la légalité ne suffit pas à garantir la dignité et les droits du patient. La seule vraie alternative aux mesures de contention et d’isolement est la présence apaisante et bienveillante de soignants expérimentés, confortés par la solidité de l’institution et exerçant dans une équipe suffisamment nombreuse et structurée.

    Cette modalité de soins, pourtant la plus respectueuse des droits et de la dignité des patients, n’a plus cours faute de moyens, car, malheureusement pour notre discipline, le « plateau technique » de la psychiatrie est fait pour l’essentiel de moyens humains.

    Les seules dispositions susceptibles aujourd’hui de préserver l’éthique du soin en psychiatrie, le respect de la dignité et des droits des patients sont des mesures volontaristes de prévention du recours à l’hospitalisation sous contrainte et aux mesures d’isolement et de contention : donner à la psychiatrie les moyens ambulatoires et hospitaliers qui lui ont été soustraits lors de la fermeture de 70 000 lits, et ainsi permettre aux patients atteints de maladies mentales chroniques d’avoir accès aux soins avant que la rechute ne soit complète et conduise fatalement au recours à la contrainte.
    Lire aussi : Le désarroi des hôpitaux psychiatriques face au coronavirus

    Aussi, nous prions Mme la contrôleuse générale des lieux de privation de liberté de bien vouloir soutenir notre parole auprès de M. le président de la République et M. le ministre de la santé, afin d’obtenir les moyens humains et matériels nécessaires à une prise en charge digne des patients, respectueuse de leurs droits.

    Aude Daniel, psychiatre, centre hospitalier (CH) Edouard-Toulouse, Marseille ; Karine Dantzer, infirmière, CH Montfavet, Avignon ; Noélie Falguière, psychiatre, EPS Ville-Evrard (Seine-Saint-Denis) ; Laurence Gembara, psychiatre, CHU de Clermont-Ferrand ; Morgane Girard, psychologue, CH Edouard-Toulouse, Marseille ; Dominique Laurent-Crippa, infirmière, AP-HM, Marseille ; Baptiste Libault, infirmier, CH Montfavet, Avignon ; Maud Pontis, psychologue, CHU de Rennes ; Magali Trouvé, psychiatre, CH Montfavet, Avignon ; Etienne Vacher, psychiatre, CH Alpes-Isère, Sainte-Egrève ; Laurent Vassal, psychiatre, EPS Ville-Evrard.

    #psychiatrie

  • M ystère du col Dyatlov : la piste de l’avalanche – Libération
    https://www.liberation.fr/lifestyle/voyages/mystere-du-col-dyatlov-la-piste-de-lavalanche-20210303_5IOPQTIBUFFIBL6BM5

    Deux chercheurs avancent l’hypothèse d’une avalanche pour expliquer la mort de neuf alpinistes russes, en 1959. Ils avaient été retrouvés mutilés et à moitié nus dans les montagnes de l’Oural.

    Du nouveau dans la résolution du mystère du col Dyatlov… Deux chercheurs travaillant en Suisse, Johan Gaume et le Russe Alexander Puzrin (1), viennent de publier une étude qui avance une explication plausible à la mort mystérieuse de neuf randonneurs dans les montagnes de l’Oural, en ex-Union soviétique, durant l’hiver 1959. La « tragédie du col Dyatlov » avait été à l’époque à l’origine d’un nombre étonnant de théories, depuis la vengeance d’un yéti meurtrier jusqu’à de secrètes expérimentations militaires.

    Rappel des faits. Le 27 janvier 1959, un groupe de neuf étudiants de l’institut polytechnique de l’#Oural partent pour deux semaines d’expédition dans les montagnes de Gora Ortoren, dans la partie nord de l’oblast, sur un tracé difficile, avec des températures de moins trente degrés. La date du retour dépassée, une équipe de secours se met en route. Le 26 février, ils finissent par trouver une tente déchiquetée sur les pentes du #KholatSyakhi (la « montagne morte » en finno-ougrien). Les effets du groupe sont restés à l’intérieur. Un peu plus loin, on découvre deux corps en sous-vêtements et chaussettes. Trois autres cadavres seront également trouvés en contrebas du site. Quatre mois plus tard, les quatre corps manquants sont identifiés dans un ravin recouvert de neige. Certains avec de terribles blessures : côtes cassées, fêlure du crâne, yeux et langues arrachés… Des sévices causés par une « force naturelle irrésistible », avancent les autorités soviétiques, qui évoquent une attaque de #Mansis (peuple autochtone pourtant pacifique) tandis que sont relevés des niveaux élevés de radiation sur les vêtements des alpinistes et que les familles s’interrogent sur l’étrange couleur des cadavres… Mais faute de réponses, l’affaire est classée et les théories les plus folles commencent à circuler.....
    #colDyatlov #alpinisme #russie

  • #Intersectionnalité : une #introduction (par #Eric_Fassin)

    Aujourd’hui, dans l’espace médiatico-politique, on attaque beaucoup l’intersectionnalité. Une fiche de poste a même été dépubliée sur le site du Ministère pour purger toute référence intersectionnelle. Dans le Manuel Indocile de Sciences Sociales (Copernic / La Découverte, 2019), avec Mara Viveros, nous avons publié une introduction à ce champ d’études. Pour ne pas laisser raconter n’importe quoi.

    « Les féministes intersectionnelles, en rupture avec l’universalisme, revendiquent de ne pas se limiter à la lutte contre le sexisme. »

    Marianne, « L’offensive des obsédés de la race, du sexe, du genre, de l’identité », 12 au 18 avril 2019

    Une médiatisation ambiguë

    En France, l’intersectionnalité vient d’entrer dans les magazines. Dans Le Point, L’Obs ou Marianne, on rencontre non seulement l’idée, mais aussi le mot, et même des références savantes. Les lesbiennes noires auraient-elles pris le pouvoir, jusque dans les rédactions ? En réalité si les médias en parlent, c’est surtout pour dénoncer la montée en puissance, dans l’université et plus largement dans la société, d’un féminisme dit « intersectionnel », accusé d’importer le « communautarisme à l’américaine ». On assiste en effet au recyclage des articles du début des années 1990 contre le « politiquement correct » : « On ne peut plus rien dire ! » C’est le monde à l’envers, paraît-il : l’homme blanc hétérosexuel subirait désormais la « tyrannie des minorités ».

    Faut-il le préciser ? Ce fantasme victimaire est démenti par l’expérience quotidienne. Pour se « rassurer », il n’y a qu’à regarder qui détient le pouvoir dans les médias et l’université, mais aussi dans l’économie ou la politique : les dominants d’hier ne sont pas les dominés d’aujourd’hui, et l’ordre ancien a encore de beaux jours devant lui. On fera plutôt l’hypothèse que cette réaction parfois virulente est le symptôme d’une inquiétude après la prise de conscience féministe de #MeToo, et les révélations sur le harcèlement sexiste, homophobe et raciste de la « Ligue du Lol » dans le petit monde des médias, et alors que les minorités raciales commencent (enfin) à se faire entendre dans l’espace public.

    Il en va des attaques actuelles contre l’intersectionnalité comme des campagnes contre la (supposée) « théorie du genre » au début des années 2010. La médiatisation assure une forme de publicité à un lexique qui, dès lors, n’est plus confiné à l’univers de la recherche. La polémique a ainsi fait entrevoir les analyses intersectionnelles à un public plus large, qu’articles et émissions se bousculent désormais pour informer… ou le plus souvent mettre en garde. Il n’empêche : même les tribunes indignées qui livrent des noms ou les dossiers scandalisés qui dressent des listes contribuent, à rebours de leurs intentions, à établir des bibliographies et à populariser des programmes universitaires. En retour, le milieu des sciences sociales lui-même, en France après beaucoup d’autres pays, a fini par s’intéresser à l’intersectionnalité – et pas seulement pour s’en inquiéter : ce concept voyageur est une invitation à reconnaître, avec la pluralité des logiques de domination, la complexité du monde social.

    Circulations internationales

    On parle d’intersectionnalité un peu partout dans le monde – non seulement en Amérique du Nord et en Europe, mais aussi en Amérique latine, en Afrique du Sud ou en Inde. Il est vrai que le mot vient des États-Unis : c’est #Kimberlé_Crenshaw qui l’utilise d’abord dans deux articles publiés dans des revues de droit au tournant des années 1990. Toutefois, la chose, c’est-à-dire la prise en compte des dominations multiples, n’a pas attendu le mot. Et il est vrai aussi que cette juriste afro-américaine s’inscrit dans la lignée d’un « #féminisme_noir » états-unien, qui dans les années 1980 met l’accent sur les aveuglements croisés du mouvement des droits civiques (au #genre) et du mouvement des femmes (à la #race).

    Cependant, ces questions sont parallèlement soulevées, à la frontière entre l’anglais et l’espagnol, par des féministes « #chicanas » (comme #Cherríe_Moraga et #Gloria_Anzaldúa), dans une subculture que nourrit l’immigration mexicaine aux États-Unis ou même, dès les années 1960, au Brésil, au sein du Parti communiste ; des féministes brésiliennes (telles #Thereza_Santos, #Lélia_Gonzalez et #Sueli_Carneiro) développent aussi leurs analyses sur la triade « race-classe-genre ». Bref, la démarche intersectionnelle n’a pas attendu le mot intersectionnalité ; elle n’a pas une origine exclusivement états-unienne ; et nulle n’en a le monopole : ce n’est pas une « marque déposée ». Il faut donc toujours comprendre l’intersectionnalité en fonction des lieux et des moments où elle résonne.

    En #France, c’est au milieu des années 2000 qu’on commence à parler d’intersectionnalité ; et c’est d’abord au sein des #études_de_genre. Pourquoi ? Un premier contexte, c’est la visibilité nouvelle de la « #question_raciale » au sein même de la « #question_sociale », avec les émeutes ou révoltes urbaines de 2005 : l’analyse en termes de classe n’était manifestement plus suffisante ; on commence alors à le comprendre, pour les sciences sociales, se vouloir aveugle à la couleur dans une société qu’elle obsède revient à s’aveugler au #racisme. Un second contexte a joué un rôle plus immédiat encore : 2004, c’est la loi sur les signes religieux à l’école. La question du « #voile_islamique » divise les féministes : la frontière entre « eux » et « nous » passe désormais, en priorité, par « elles ». Autrement dit, la différence de culture (en l’occurrence religieuse) devient une question de genre. L’intersectionnalité permet de parler de ces logiques multiples. Importer le concept revient à le traduire dans un contexte différent : en France, ce n’est plus, comme aux États-Unis, l’invisibilité des #femmes_noires à l’intersection entre féminisme et droits civiques ; c’est plutôt l’hypervisibilité des #femmes_voilées, au croisement entre #antisexisme et #antiracisme.

    Circulations interdisciplinaires

    La traduction d’une langue à une autre, et d’un contexte états-unien au français, fait apparaître une deuxième différence. Kimberlé Crenshaw est juriste ; sa réflexion porte sur les outils du #droit qu’elle utilise pour lutter contre la #discrimination. Or aux États-Unis, le droit identifie des catégories « suspectes » : le sexe et la race. Dans les pratiques sociales, leur utilisation, implicite ou explicite, est soumise à un examen « strict » pour lutter contre la discrimination. Cependant, on passe inévitablement de la catégorie conceptuelle au groupe social. En effet, l’intersectionnalité s’emploie à montrer que, non seulement une femme peut être discriminée en tant que femme, et un Noir en tant que Noir, mais aussi une femme noire en tant que telle. C’est donc seulement pour autant qu’elle est supposée relever d’un groupe sexuel ou racial que le droit peut reconnaître une personne victime d’un traitement discriminatoire en raison de son sexe ou de sa race. Toutefois, dans son principe, cette démarche juridique n’a rien d’identitaire : comme toujours pour les discriminations, le point de départ, c’est le traitement subi. Il serait donc absurde de reprendre ici les clichés français sur le « communautarisme américain » : l’intersectionnalité vise au contraire à lutter contre l’#assignation discriminatoire à un groupe (femmes, Noirs, ou autre).

    En France, la logique est toute différente, dès lors que l’intersectionnalité est d’abord arrivée, via les études de genre, dans le champ des sciences sociales. La conséquence de cette translation disciplinaire, c’est qu’on n’a généralement pas affaire à des groupes. La sociologie s’intéresse davantage à des propriétés, qui peuvent fonctionner comme des variables. Bien sûr, on n’oublie pas la logique antidiscriminatoire pour autant : toutes choses égales par ailleurs (en l’occurrence dans une même classe sociale), on n’a pas le même salaire selon qu’on est blanc ou pas, ou la même retraite si l’on est homme ou femme. Il n’est donc pas ou plus possible de renvoyer toutes les explications à une détermination en dernière instance : toutes les #inégalités ne sont pas solubles dans la classe. C’est évident pour les femmes, qui appartiennent à toutes les classes ; mais on l’oublie parfois pour les personnes dites « non blanches », tant elles sont surreprésentées dans les classes populaires – mais n’est-ce pas justement, pour une part, l’effet de leur origine supposée ? Bien entendu, cela ne veut pas dire, à l’inverse, que la classe serait soluble dans une autre forme de #domination. En réalité, cela signifie simplement que les logiques peuvent se combiner.

    L’intérêt scientifique (et politique) pour l’intersectionnalité est donc le signe d’une exigence de #complexité : il ne suffit pas d’analyser la classe pour en avoir fini avec les logiques de domination. C’est bien pourquoi les féministes n’ont pas attendu le concept d’intersectionnalité, ni sa traduction française, pour critiquer les explications monocausales. En France, par exemple, face au #marxisme, le #féminisme_matérialiste rejette de longue date cette logique, plus politique que scientifique, de l’« ennemi principal » (de classe), qui amène à occulter les autres formes de domination. En 1978, #Danièle_Kergoat interrogeait ainsi la neutralisation qui, effaçant l’inégalité entre les sexes, pose implicitement un signe d’égalité entre « ouvrières » et « ouvriers » : « La #sociologie_du_travail parle toujours des “#ouvriers” ou de la “#classe_ouvrière” sans faire aucune référence au #sexe des acteurs sociaux. Tout se passe comme si la place dans la production était un élément unificateur tel que faire partie de la classe ouvrière renvoyait à une série de comportements et d’attitudes relativement univoques (et cela, il faut le noter, est tout aussi vrai pour les sociologues se réclamant du #marxisme que pour les autres. »

    Or, ce n’est évidemment pas le cas. Contre cette simplification, qui a pour effet d’invisibiliser les ouvrières, la sociologue féministe ne se contente pas d’ajouter une propriété sociale, le sexe, à la classe ; elle montre plus profondément ce qu’elle appelle leur #consubstantialité. On n’est pas d’un côté « ouvrier » et de l’autre « femme » ; être une #ouvrière, ce n’est pas la même chose qu’ouvrier – et c’est aussi différent d’être une bourgeoise. On pourrait dire de même : être une femme blanche ou noire, un garçon arabe ou pas, mais encore un gay de banlieue ou de centre-ville, ce n’est vraiment pas pareil !

    Classe et race

    Dans un essai sur le poids de l’#assignation_raciale dans l’expérience sociale, le philosophe #Cornel_West a raconté combien les taxis à New York refusaient de s’arrêter pour lui : il est noir. Son costume trois-pièces n’y fait rien (ni la couleur du chauffeur, d’ailleurs) : la classe n’efface pas la race – ou pour le dire plus précisément, le #privilège_de_classe ne suffit pas à abolir le stigmate de race. Au Brésil, comme l’a montré #Lélia_Gonzalez, pour une femme noire de classe moyenne, il ne suffit pas d’être « bien habillée » et « bien élevée » : les concierges continuent de leur imposer l’entrée de service, conformément aux consignes de patrons blancs, qui n’ont d’yeux que pour elles lors du carnaval… En France, un documentaire intitulé #Trop_noire_pour_être_française part d’une même prise de conscience : la réalisatrice #Isabelle_Boni-Claverie appartient à la grande bourgeoisie ; pourtant, exposée aux discriminations, elle aussi a fini par être rattrapée par sa couleur.

    C’est tout l’intérêt d’étudier les classes moyennes (ou supérieures) de couleur. Premièrement, on voit mieux la logique propre de #racialisation, sans la rabattre aussitôt sur la classe. C’est justement parce que l’expérience de la bourgeoisie ne renvoie pas aux clichés habituels qui dissolvent les minorités dans les classes populaires. Deuxièmement, on est ainsi amené à repenser la classe : trop souvent, on réduit en effet ce concept à la réalité empirique des classes populaires – alors qu’il s’agit d’une logique théorique de #classement qui opère à tous les niveaux de la société. Troisièmement, ce sont souvent ces couches éduquées qui jouent un rôle important dans la constitution d’identités politiques minoritaires : les porte-parole ne proviennent que rarement des classes populaires, ou du moins sont plus favorisés culturellement.

    L’articulation entre classe et race se joue par exemple autour du concept de #blanchité. Le terme est récent en français : c’est la traduction de l’anglais #whiteness, soit un champ d’études constitué non pas tant autour d’un groupe social empirique (les Blancs) que d’un questionnement théorique sur une #identification (la blanchité). Il ne s’agit donc pas de réifier les catégories majoritaires (non plus, évidemment, que minoritaires) ; au contraire, les études sur la blanchité montrent bien, pour reprendre un titre célèbre, « comment les Irlandais sont devenus blancs » : c’est le rappel que la « race » ne doit rien à la #biologie, mais tout aux #rapports_de_pouvoir qu’elle cristallise dans des contextes historiques. À nouveau se pose toutefois la question : la blanchité est-elle réservée aux Blancs pauvres, condamnés à s’identifier en tant que tels faute d’autres ressources ? On parle ainsi de « #salaire_de_la_blanchité » : le #privilège de ceux qui n’en ont pas… Ou bien ne convient-il pas de l’appréhender, non seulement comme une compensation, mais aussi et surtout comme un langage de pouvoir – y compris, bien sûr, chez les dominants ?

    En particulier, si le regard « orientaliste » exotise l’autre et l’érotise en même temps, la #sexualisation n’est pas réservée aux populations noires ou arabes (en France), ou afro-américaines et hispaniques (comme aux États-Unis), bref racisées. En miroir, la #blanchité_sexuelle est une manière, pour les classes moyennes ou supérieures blanches, de s’affirmer « normales », donc de fixer la #norme, en particulier dans les projets d’#identité_nationale. Certes, depuis le monde colonial au moins, les minorités raciales sont toujours (indifféremment ou alternativement) hypo- – ou hyper- –sexualisées : pas assez ou bien trop, mais jamais comme il faut. Mais qu’en est-il des majoritaires ? Ils se contentent d’incarner la norme – soit d’ériger leurs pratiques et leurs représentations en normes ou pratiques légitimes. C’est bien pourquoi la blanchité peut être mobilisée dans des discours politiques, par exemple des chefs d’État (de la Colombie d’Álvaro Uribe aux États-Unis de Donald Trump), le plus souvent pour rappeler à l’ordre les minorités indociles. La « question sociale » n’a donc pas cédé la place à la « question raciale » ; mais la première ne peut plus servir à masquer la seconde. Au contraire, une « question » aide à repenser l’autre.

    Les #contrôles_au_faciès

    Regardons maintenant les contrôles policiers « au faciès », c’est-à-dire fondés sur l’#apparence. Une enquête quantitative du défenseur des droits, institution républicaine qui est chargée de défendre les citoyens face aux abus de l’État, a récemment démontré qu’il touche inégalement, non seulement selon les quartiers (les classes populaires), mais aussi en fonction de l’âge (les jeunes) et de l’apparence (les Arabes et les Noirs), et enfin du sexe (les garçons plus que les filles). Le résultat, c’est bien ce qu’on peut appeler « intersectionnalité ». Cependant, on voit ici que le croisement des logiques discriminatoires ne se résume pas à un cumul des handicaps : le sexe masculin fonctionne ici comme un #stigmate plutôt qu’un privilège. L’intersectionnalité est bien synonyme de complexité.

    « Les jeunes de dix-huit-vingt-cinq ans déclarent ainsi sept fois plus de contrôles que l’ensemble de la population, et les hommes perçus comme noirs ou arabes apparaissent cinq fois plus concernés par des contrôles fréquents (c’est-à-dire plus de cinq fois dans les cinq dernières années). Si l’on combine ces deux critères, 80 % des personnes correspondant au profil de “jeune homme perçu comme noir ou arabe” déclarent avoir été contrôlées dans les cinq dernières années (contre 16 % pour le reste des enquêté.e.s). Par rapport à l’ensemble de la population, et toutes choses égales par ailleurs, ces profils ont ainsi une probabilité vingt fois plus élevée que les autres d’être contrôlés. »

    Répétons-le : il n’y a rien d’identitaire dans cette démarche. D’ailleurs, la formulation du défenseur des droits dissipe toute ambiguïté : « perçus comme noirs ou arabes ». Autrement dit, c’est l’origine réelle ou supposée qui est en jeu. On peut être victime d’antisémitisme sans être juif – en raison d’un trait physique, d’un patronyme, ou même d’opinions politiques. Pour peu qu’on porte un prénom lié à l’islam, ou même qu’on ait l’air « d’origine maghrébine », musulman ou pas, on risque de subir l’#islamophobie. L’#homophobie frappe surtout les homosexuels, et plus largement les minorités sexuelles ; toutefois, un garçon réputé efféminé pourra y être confronté, quelle que soit sa sexualité.

    Et c’est d’ailleurs selon la même logique qu’en France l’État a pu justifier les contrôles au faciès. Condamné en 2015 pour « faute lourde », il a fait appel ; sans remettre en cause les faits établis, l’État explique que la législation sur les étrangers suppose de contrôler « les personnes d’#apparence_étrangère », voire « la seule population dont il apparaît qu’elle peut être étrangère ». Traiter des individus en raison de leur apparence, supposée renvoyer à une origine, à une nationalité, voire à l’irrégularité du séjour, c’est alimenter la confusion en racialisant la nationalité. On le comprend ainsi : être, c’est être perçu ; l’#identité n’existe pas indépendamment du regard des autres.

    L’exemple des contrôles au faciès est important, non seulement pour celles et ceux qui les subissent, bien sûr, mais aussi pour la société tout entière : ils contribuent à la constitution d’identités fondées sur l’expérience commune de la discrimination. Les personnes racisées sont celles dont la #subjectivité se constitue dans ces incidents à répétition, qui finissent par tracer des frontières entre les #expériences minoritaires et majoritaires. Mais l’enjeu est aussi théorique : on voit ici que l’identité n’est pas première ; elle est la conséquence de #pratiques_sociales de #racialisation – y compris de pratiques d’État. Le racisme ne se réduit pas à l’#intention : le racisme en effet est défini par ses résultats – et d’abord sur les personnes concernées, assignées à la différence par la discrimination.

    Le mot race

    Les logiques de domination sont plurielles : il y a non seulement la classe, mais aussi le sexe et la race, ainsi que l’#âge ou le #handicap. Dans leur enchevêtrement, il est à chaque fois question, non pas seulement d’#inégalités, mais aussi de la #naturalisation de ces hiérarchies marquées dans les corps. Reste que c’est surtout l’articulation du sexe ou de la classe avec la race qui est au cœur des débats actuels sur l’intersectionnalité. Et l’on retrouve ici une singularité nationale : d’après l’ONU, les deux tiers des pays incluent dans leur recensement des questions sur la race, l’#ethnicité ou l’#origine_nationale. En France, il n’en est pas question – ce qui complique l’établissement de #statistiques « ethno-raciales » utilisées dans d’autre pays pour analyser les discriminations.

    Mais il y a plus : c’est seulement en France que, pour lutter contre le racisme, on se mobilise régulièrement en vue de supprimer le mot race de la Constitution ; il n’y apparaît pourtant, depuis son préambule de 1946 rédigé en réaction au nazisme, que pour énoncer un principe antiraciste : « sans distinction de race ». C’est aujourd’hui une bataille qui divise selon qu’on se réclame d’un antiracisme dit « universaliste » ou « politique » : alors que le premier rejette le mot race, jugé indissociable du racisme, le second s’en empare comme d’une arme contre la #racialisation de la société. Ce qui se joue là, c’est la définition du racisme, selon qu’on met l’accent sur sa version idéologique (qui suppose l’intention, et passe par le mot), ou au contraire structurelle (que l’on mesure à ses effets, et qui impose de nommer la chose).

    La bataille n’est pas cantonnée au champ politique ; elle s’étend au champ scientifique. Le racisme savant parlait naguère des races (au pluriel), soit une manière de mettre la science au service d’un #ordre_racial, comme dans le monde colonial. Dans la recherche antiraciste, il est aujourd’hui question de la race (au singulier) : non pas l’inventaire des populations, sur un critère biologique ou même culturel, mais l’analyse critique d’un mécanisme social qui assigne des individus à des groupes, et ces groupes à des positions hiérarchisées en raison de leur origine, de leur apparence, de leur religion, etc. Il n’est donc pas question de revenir aux élucubrations racistes sur les Aryens ou les Sémites ; en revanche, parler de la race, c’est se donner un vocabulaire pour voir ce qu’on ne veut pas voir : la #discrimination_raciste est aussi une #assignation_raciale. S’aveugler à la race ne revient-il pas à s’aveugler au racisme ?

    Il ne faut donc pas s’y tromper : pour les sciences sociales actuelles, la race n’est pas un fait empirique ; c’est un concept qui permet de nommer le traitement inégal réservé à des individus et des groupes ainsi constitués comme différents. La réalité de la race n’est donc ni biologique ni culturelle ; elle est sociale, en ce qu’elle est définie par les effets de ces traitements, soit la racialisation de la société tout entière traversée par la logique raciale. On revient ici aux analyses classiques d’une féministe matérialiste, #Colette_Guillaumin : « C’est très exactement la réalité de la “race”. Cela n’existe pas. Cela pourtant produit des morts. [...] Non, la race n’existe pas. Si, la race existe. Non, certes, elle n’est pas ce qu’on dit qu’elle est, mais elle est néanmoins la plus tangible, réelle, brutale, des réalités. »

    Morale de l’histoire

    A-t-on raison de s’inquiéter d’un recul de l’#universalisme en France ? Les logiques identitaires sont-elles en train de gagner du terrain ? Sans nul doute : c’est bien ce qu’entraîne la racialisation de notre société. Encore ne faut-il pas confondre les causes et les effets, ni d’ailleurs le poison et l’antidote. En premier lieu, c’est l’#extrême_droite qui revendique explicitement le label identitaire : des États-Unis de Donald Trump au Brésil de Jair Bolsonaro, on assiste à la revanche de la #masculinité_blanche contre les #minorités_raciales et sexuelles. Ne nous y trompons pas : celles-ci sont donc les victimes, et non pas les coupables, de ce retour de bâton (ou backlash) qui vise à les remettre à leur place (dominée).

    Deuxièmement, la #ségrégation_raciale que l’on peut aisément constater dans l’espace en prenant les transports en commun entre Paris et ses banlieues n’est pas le résultat d’un #communautarisme minoritaire. Pour le comprendre, il convient au contraire de prendre en compte un double phénomène : d’une part, la logique sociale que décrit l’expression #White_flight (les Blancs qui désertent les quartiers où sont reléguées les minorités raciales, anticipant sur la ségrégation que leurs choix individuels accélèrent…) ; d’autre part, les #politiques_publiques de la ville dont le terme #apartheid résume le résultat. Le #multiculturalisme_d’Etat, en Colombie, dessinerait une tout autre logique : les politiques publiques visent explicitement des identités culturelles au nom de la « #diversité », dont les mouvements sociaux peuvent s’emparer.

    Troisièmement, se battre pour l’#égalité, et donc contre les discriminations, ce n’est pas renoncer à l’universalisme ; bien au contraire, c’est rejeter le #communautarisme_majoritaire. L’intersectionnalité n’est donc pas responsable au premier chef d’une #fragmentation_identitaire – pas davantage qu’une sociologie qui analyse les inégalités socio-économiques n’est la cause première de la lutte des classes. Pour les #sciences_sociales, c’est simplement se donner les outils nécessaires pour comprendre un monde traversé d’#inégalités multiples.

    Quatrièmement, ce sont les #discours_publics qui opposent d’ordinaire la classe à la race (ou les ouvriers, présumés blancs, aux minorités raciales, comme si celles-ci n’appartenaient pas le plus souvent aux classes populaires), ou encore, comme l’avait bien montré #Christine_Delphy, l’#antisexisme à l’antiracisme (comme si les femmes de couleur n’étaient pas concernées par les deux). L’expérience de l’intersectionnalité, c’est au contraire, pour chaque personne, quels que soient son sexe, sa classe et sa couleur de peau, l’imbrication de propriétés qui finissent par définir, en effet, des #identités_complexes (plutôt que fragmentées) ; et c’est cela que les sciences sociales s’emploient aujourd’hui à appréhender.

    _____________

    Ce texte écrit avec #Mara_Viveros_Vigoya, et publié en 2019 dans le Manuel indocile de sciences sociales (Fondation Copernic / La Découverte), peut être téléchargé ici : https://static.mediapart.fr/files/2021/03/07/manuel-indocile-intersectionnalite.pdf

    À lire :

    Kimberlé Crenshaw, « Cartographies des marges : intersectionnalité, politique de l’identité et violences contre les femmes de couleur » Cahiers du Genre, n° 39, février 2005, p. 51-82

    Défenseur des droits, Enquête sur l’accès aux droits, Relations police – population : le cas des contrôles d’identité, vol. 1, janvier 2017

    Christine Delphy, « Antisexisme ou antiracisme ? Un faux dilemme », Nouvelles Questions Féministes, vol. 25, janvier 2006, p. 59-83

    Elsa Dorlin, La Matrice de la race. Généalogie sexuelle et coloniale de la nation française, La Découverte, Paris, 2006

    Elsa Dorlin, Sexe, race, classe. Pour une épistémologie de la domination, Presses universitaires de France, Paris, 2009

    Didier Fassin et Éric Fassin (dir.), De la question sociale à la question raciale ? Représenter la société française, La Découverte, Paris, 2009 [première édition : 2006]

    Éric Fassin (dir.), « Les langages de l’intersectionnalité », Raisons politiques, n° 58, mai 2015

    Éric Fassin, « Le mot race – 1. Cela existe. 2. Le mot et la chose », AOC, 10 au 11 avril 2019

    Nacira Guénif-Souilamas et Éric Macé, Les féministes et le garçon arabe, L’Aube, Paris, 2004

    Colette Guillaumin, « “Je sais bien mais quand même” ou les avatars de la notion de race », Le Genre humain, 1981, n° 1, p. 55-64

    Danièle Kergoat, « Ouvriers = ouvrières ? », Se battre, disent-elles…, La Dispute, Paris, 2012, p. 9-62

    Abdellali Hajjat et Silyane Larcher (dir.), « Intersectionnalité », Mouvements, 12 février 2019

    Mara Viveros Vigoya, Les Couleurs de la masculinité. Expériences intersectionnelles et pratiques de pouvoir en Amérique latine, La Découverte, Paris, 2018

    https://blogs.mediapart.fr/eric-fassin/blog/050321/intersectionnalite-une-introduction#at_medium=custom7&at_campaign=10

    #définition #invisibilisation #antiracisme_universaliste #antiracisme_politique #racisme_structurel

    voir aussi ce fil de discussion sur l’intersectionnalité, avec pas mal de #ressources_pédagogiques :
    https://seenthis.net/messages/796554

  • Une « grand-mère » à la tête de l’OMC : la polémique qui embarrasse la Suisse
    https://www.les-crises.fr/une-grand-mere-a-la-tete-de-lomc-la-polemique-qui-embarrasse-la-suisse

    Source : letemps.ch – Simon Petite En ce 8 mars 2021, Journée internationale des femmes dont la thématique onusienne est cette année : « Leadership féminin : Pour un futur égalitaire dans le monde de la Covid-19 », nous relayons cet article que vous pouvez lire en intégralité sur le site letemps.ch La colère contre […]

  • #fake_news relayé par France2

    Tom Becques sur Twitter : « #Sénégal Plusieurs témoins affirment que des convois militaires se dirigent vers Dakar, la capitale du pays. Pour rappel, des partis politiques de l’opposition et des mouvements de la société civile appellent à trois jours de manifestations massives dans le pays, dès demain. https://t.co/Y7htqtHOPm » / Twitter
    https://twitter.com/TDelcan/status/1368661035092238338

  • La diplomatie chinoise n’entend faire aucune concession
    https://www.lemonde.fr/international/article/2021/03/07/la-diplomatie-chinoise-n-entend-faire-aucune-concession_6072271_3210.html


    Pendant la conférence de presse de Wang Yi, ministre chinois des affaires étrangères, le 7 mars à Pékin.
    THOMAS PETER / REUTERS

    Le ministre des affaires étrangères, Wang Yi, a prononcé dimanche 7 mars en marge de l’Assemblée populaire, un discours très agressif à l’égard de ses voisins asiatiques et, surtout, des pays occidentaux.

    Mince, élégant, les traits fins… le ministre des affaires étrangères chinois, Wang Yi passe, auprès de ses compatriotes, pour l’un des hommes politiques les plus séduisants du pays. Un détail sans importance ? Pas forcément. Nombre de Chinois sont convaincus que ce gentleman communiste incarne une diplomatie qui parvient à charmer le reste du monde et que, notamment grâce à lui, l’image de la Chine s’améliore.

    Pourtant, dimanche 7 mars, sa conférence de presse annuelle, tant sur la forme que sur le fond, a été, au contraire, révélatrice du fossé, voire du gouffre qui sépare la Chine des pays occidentaux. Durant une heure et quarante minutes, le message de Wang Yi a été on ne peut plus clair : sur aucun sujet, Pékin n’est prêt à faire la moindre concession. Cela vaut pour le Xinjiang, Hongkong et Taïwan, mais aussi la liberté de circulation en mer de Chine du Sud, les tensions territoriales avec le Japon, voire le conflit frontalier avec l’Inde. Pourquoi en ferait-elle ? Répondant à une question opportunément posée par le China Daily, publication du Parti communiste (PCC), sur le rôle de celui-ci dans la politique étrangère du pays, le ministre, après avoir rappelé que ce rôle était évidemment fondamental, a eu cette formule : « Les 100 ans du Parti communiste [commémorés en 2021] ne sont que le préambule d’une grande œuvre millénaire ».

    Jusqu’à ces derniers temps, on pensait les dirigeants chinois inquiets. Même en Union soviétique, le Parti communiste s’est effondré au bout de soixante-quatorze ans. Le Parti communiste chinois, au pouvoir depuis soixante et onze ans, n’est-il pas menacé du même syndrome ? Wang Yi, au détour d’une phrase, a résumé l’état d’esprit de Xi Jinping, ou en tout cas le sentiment que le président chinois veut donner : le PCC est là pour mille ans.

    Les « mensonges » sur le génocide au Xinjiang
    L’heure est d’autant moins aux concessions qu’aux yeux de la diplomatie chinoise, les pays qui critiquent Pékin sont de mauvaise foi. Par exemple, l’Inde dont les « provocations unilatérales » ne sauraient servir à résoudre un différend territorial. Ou le Japon qui, bien sûr, a tort de s’alarmer de la possibilité offerte depuis un mois aux garde-côtes chinois de recourir à la force armée. « Nous souhaitons que le Japon ait une perception objective et raisonnable de la Chine ». Mais que Tokyo se méfie : on n’est jamais à l’abri d’ « incidents de parcours ».

  • Ask Ethan: Why Is The Universe Flat?
    https://www.forbes.com/sites/startswithabang/2021/03/05/ask-ethan-why-is-the-universe-flat

    The fact that our Universe exists with the properties we observe tells us that, very early on, the Universe had to be at least very close to flat. A Universe with too much matter-and-energy for its expansion rate will have positive curvature, while one with too little will have negative curvature. Only the perfectly balanced case will be flat.

    But it is possible that the Universe could be curved on extremely large scales: perhaps even larger than the part of the Universe we can observe. You might think about drawing a triangle between our own location and two distant galaxies, adding up the interior angles, but the only way we could do that would involve traveling to those distant galaxies, which we cannot yet do. We’re presently limited, technologically, to our own tiny corner of the Universe. Just like you can’t really get a good measurement of the curvature of the Earth by confining yourself to your own backyard, we can’t make a big enough triangle when we’re restricted to our own Solar System.

    Thankfully, there are two major observational tests we can perform that do reveal the curvature of the Universe, and both of them point to the same conclusion.

  • A Cléon, un enfant exclu de son collège pour avoir dénoncé son professeur de sport
    7 mars 2021 Par Rémi Yang
    https://www.mediapart.fr/journal/france/070321/cleon-un-enfant-exclu-de-son-college-pour-avoir-denonce-son-professeur-de-

    Dans la périphérie de Rouen, un élève de sixième a dû changer d’établissement après avoir relayé une accusation d’agression sexuelle de la part d’un prof de sport. Plusieurs enfants avaient pourtant témoigné. L’enseignant nie en bloc.

    Cléon (Seine-Maritime).– La famille Jaafar n’arrive toujours pas à digérer la situation. Dans le salon de leur maison à Cléon, en Normandie, Karim et Chérifa tournent l’affaire en boucle. À la colère s’ajoutent le dégoût, la tristesse, l’incompréhension et un profond sentiment d’injustice, alors que leur fils rentre tout juste de l’école. L’année dernière, après le déconfinement et la rentrée de mai, Ibrahim*, 12 ans, a dû prendre ses marques dans un nouvel établissement après avoir été définitivement exclu du collège Jacques-Brel de Cléon (Seine-Maritime).

    Cet élève aujourd’hui en cinquième, dynamique en classe, « intelligent et mature », comme l’a décrit sa professeure de français lors du conseil de discipline, est accusé par le proviseur d’avoir porté « atteinte à l’intégrité morale » de son professeur de sport, Monsieur L.

    Le 16 janvier 2020, lors d’une séance de gymnastique, Ibrahim raconte avoir vu l’enseignant tenir une élève par l’entrejambe lors d’une démonstration de parade. Après en avoir discuté avec d’autres camarades qui ont vu la même chose, il décide d’en parler à d’autres professeurs. Madame R., sa professeure de français, fait remonter l’information au principal, Monsieur C., qui déclenche une enquête interne.

    Le lendemain, l’infirmière scolaire convoque quatre élèves, dont la fille qui aurait été victime des attouchements. Dans son témoignage, que Mediapart a pu consulter, l’infirmière écrit que cette dernière nie avoir été touchée. Cependant, l’infirmière confie qu’un « autre élève [lui] a aussi dit que Monsieur L. l’avait touché au niveau des fesses pendant qu’il était sur un gros ballon de gym ».

    Pendant les jours qui suivent, le chef d’établissement recueille les témoignages d’Ibrahim et de ses amis, de la victime supposée et du professeur de sport. Il fait signer aux élèves des rapports d’incident que nous avons pu consulter. Dans cinq d’entre eux, certains collégiens affirment avoir été victimes d’attouchements ou vu le professeur « toucher les fesses » d’autres élèves.

    « Je fais ce rapport, car j’entends que Monsieur L. a fait des attouchements aux parties intimes pendant le cours de sport. Peut-être que pour les autres il n’a pas fait exprès, mais moi il me l’a fait une fois l’année dernière en cours d’UNSS [l’Union nationale du sport scolaire regroupe les associations sportives des collèges et lycées et prône une éducation sportive, humaniste et citoyenne. Les profs d’EPS doivent assurer trois heures de cours hebdomadaires – ndlr] », écrit un élève.

    Certains élèves de sixième prennent la défense de Monsieur L. et dénoncent des « rumeurs » en évoquant des « gestes mal interprétés ».

    Dans la foulée, Ibrahim, alors délégué suppléant, rédige une pétition affirmant que « Monsieur L. est un pervers », qu’il fait signer aux élèves qui le veulent. « Le proviseur nous avait dit que les accusations étaient graves et qu’on ne pouvait pas les proférer sans preuve », se souvient Ibrahim. « Pour mon fils, la pétition était une preuve qu’il allait fournir. Du côté de la direction, ça a été interprété comme une cabale contre le professeur », complète sa mère.

    Le collège Jacques-Brel à Cléon (Seine-Maritime). © RY Le collège Jacques-Brel à Cléon (Seine-Maritime). © RY

    Un petit mois plus tard, Monsieur C. convoque un conseil de discipline pour statuer sur le cas d’Ibrahim, à l’issue duquel l’élève est renvoyé définitivement. Peu de temps après, Monsieur L. dépose une plainte contre Ibrahim pour « dénonciation calomnieuse », dans laquelle il estime que les accusations d’Ibrahim lui portent préjudice « à double titre », étant donné qu’il dirige la filière gym du collège en plus d’y être professeur. « J’ai cru comprendre que le problème venait du fait que je leur demandais de se toucher », explique alors le prof, qui affirme, dans sa plainte consultée par Mediapart, avoir rappelé à ses élèves « l’intérêt des parades pour des raisons de sécurité » et que « cela faisait partie du programme des compétences travaillées ».

    Contacté par Mediapart, le prof de sport a indiqué que le rectorat ne l’autorisait pas à répondre à nos questions.

    La famille Jaafar, elle, souligne la sévérité de la sanction prononcée contre leur fils.

    « C’est un enfant ! Il peut très bien avoir mal interprété un geste, mais il aurait fallu en parler avec nous, lui expliquer avec pédagogie que c’était une démonstration pour une parade », soulève sa mère, Chérifa.

    « Renvoyer un élève de sixième, c’est extrêmement rare, commente Lydia Advenier, membre de l’exécutif du Syndicat national des professionnels de la direction de l’éducation nationale (SNPDEN). C’est d’une violence, par rapport à ce qui lui est reproché… » La syndicaliste s’étonne de la gestion interne et du « traitement disproportionné » de ce dossier.

    Dans ce genre de situation, elle juge nécessaire de recourir au proviseur de vie scolaire, un intermédiaire entre le rectorat et l’établissement dont l’un des rôles est d’apporter un point de vue extérieur. Elle estime néanmoins que le proviseur aurait agi selon son bon droit. « La manière dont on exerce ce métier dépend vraiment de notre personnalité. Chaque chef d’établissement ne va pas traduire un élève en conseil de discipline pour la même raison. »

    Des signalements antérieurs évoqués

    Le traitement du cas d’Ibrahim soulève également un débat sur les signalements des violences sexuelles. Le chef d’établissement aurait-il dû faire remonter le signalement d’Ibrahim au procureur de la République plutôt que d’enquêter en interne ?

    Dans une circulaire éditée en 2006 concernant les conduites à tenir en cas de « révélation d’un élève à un adulte de l’EPLE (établissement public local d’enseignement) concernant une agression sexuelle par une personne qui abuse de l’autorité que lui confèrent ses fonctions », le ministère précise : « Il n’est jamais procédé à des interrogatoires ni à des investigations. »

    Contacté, le ministère de l’éducation nationale rappelle que « si, en qualité de fonctionnaire, dans l’exercice de ses fonctions, [tout personnel de l’éducation nationale] acquiert la connaissance d’un crime ou de délit, il est tenu d’en aviser sans délai le procureur de la République (article 40 du code de procédure pénale) ».

    Pourtant, le rectorat de Rouen estime que la procédure a bien été respectée. « En l’espèce, au vu des différents témoignages recueillis, les accusations portées par certains élèves ne sont pas fondées. Il n’y avait pas lieu, dans cette situation, d’appliquer l’article 40 », explique l’académie de Normandie.

    Une lecture des événements que Me Zadourian, l’avocate de la famille Jaafar, ne partage pas. « Ce n’est ni aux professeurs, ni aux chefs d’établissement, ni au rectorat de définir si ce que l’enfant a vu est bien constitutif d’un crime ou d’un délit. Ils ne peuvent pas se substituer au procureur de la République, fait-elle valoir. Ici, la professeure de français aurait dû signaler les faits au procureur dès que les enfants lui en ont parlé, avant même de faire remonter au chef d’établissement. »

    Surtout, les signalements émis par Ibrahim et ses camarades de classe ne seraient pas les premiers concernant Monsieur L. Pendant le conseil de discipline, Fatoumata*, déléguée des élèves, a affirmé qu’en 2018, alors qu’elle était en sixième et que Monsieur C. n’était pas encore à la tête de l’établissement, seize fiches de signalement provenant de différentes classes auraient été remises au conseiller principal d’éducation (CPE). Mais le témoignage de Fatoumata n’a pas été retenu, car elle était membre du conseil de discipline. « Lorsque j’en ai parlé, je me souviens que tous les professeurs étaient surpris, rembobine-t-elle. Le CPE [lui aussi présent au conseil de discipline – ndlr] a juste dit qu’il ne s’en rappelait pas. »

    Lorsque Ibrahim, son père et Me Zadourian sont sortis de la salle le temps de la délibération du conseil de discipline, Fatoumata raconte avoir subi des pressions. « Les autres professeurs m’ont dit de me taire, sans m’expliquer. »

    « Notre société est en pleine révolution, avec #MeToo et ce qu’il se passe avec les enfants en ce moment… Et là où l’école est censée être leur temple, la parole de l’enfant passe derrière tout. Même pire, elle est sanctionnée », déplore Lynda Advenier.

    Depuis l’exclusion du petit Ibrahim, la famille Jafaar se bat pour que la sanction soit effacée du dossier scolaire de leur fils. « On ne veut pas qu’il retourne dans ce collège, mais une exclusion définitive peut s’avérer très handicapante au moment du choix de son lycée ou sur Parcoursup, relève Chérifa. Et puis, il s’agit aussi d’obtenir justice pour Ibrahim, qu’il comprenne qu’il n’a rien fait de mal. »

    Après être passée devant le rectorat de Rouen, qui a confirmé la décision du conseil de discipline, la famille Jaafar a déposé un recours pour excès de pouvoir au tribunal administratif. En parallèle, ajoute leur avocate, Chérifa et Karim prévoient de porter plainte contre l’établissement pour harcèlement et subornation de témoin.

  • Vincent Peirani - Le nouveau souffle du jazz - Regarder le documentaire complet | ARTE
    https://www.arte.tv/fr/videos/076632-000-A/vincent-peirani-le-nouveau-souffle-du-jazz

    Retour en images et en musique sur le brillant parcours de l’accordéoniste de jazz Vincent Peirani, l’un des grands noms du jazz français contemporain. Maîtrisant à merveille les nuances de son instrument, celui-ci peut tour à tour imiter l’orgue, le piano ou la voix humaine.

    #musique #accordéon #jazz

  • Raviver les braises du vivant
    de Baptiste MORIZOT
    https://www.actes-sud.fr/catalogue/sciences-humaines-et-sociales-sciences/raviver-les-braises-du-vivant


    Chouette lecture où l’on traverse une #forêt en #libre_évolution vue comme une continuité de l’#agroécologie ou sa forme extrême, où l’on remet en cause le terme de « producteur » (agricole ou forestier), où les humains sont des êtres vivants parmi d’autres vivants, où l’importance de ces humains quant à leur rôle dans l’#habitabilité de notre planète est nul. C’est aussi une leçon d’#humilité (qu’on connait bien quand on jardine avec les #dynamiques_du_vivant et non pas contre). Et puis on y reprécise la notion de « nature ».

  • #Covid-19 : pourquoi le nombre de jeunes en réanimation continue d’augmenter ? | LCI
    https://www.lci.fr/sante/covid-19-coronavirus-pandemie-epidemie-pourquoi-le-nombre-de-jeunes-en-reanimati

    Ils pensaient être épargnés. Pourtant, de plus en plus de jeunes sont admis en réanimation ces dernières semaines. « Les médecins ont annoncé à ma famille à plusieurs reprises que mon pronostic vital était engagé », témoigne Christophe Varin, 34 ans, au micro de TF1.

    Le jeune maire de Varangéville (Meurthe-et-Moselle), a priori en bonne santé, a été hospitalisé pendant de deux mois. « Je me disais qu’au bout de sept jours, je reprendrais mon travail, confie-t-il. Étant donné que je suis jeune, je pensais que j’aurais des symptômes légers. Mais ça s’est très vite dégradé. Au bout de deux-trois jours d’isolement, j’ai été hospitalisé. »

    • Le nombre de jeunes a doublé depuis début janvier (comme l’indique notre infographie ci-dessous). Une majorité de ces jeunes présentaient des comorbidités, mais les autres se portaient bien avant d’être touchés par le virus ou l’un de ses variants.


      Nombre de jeunes en réanimation en France depuis début janvier 2021. − TF1

      Comment expliquer cette augmentation ?

      « Il y a un relâchement chez les jeunes chez qui le virus peut circuler plus largement », décrypte Martin Blachier, épidémiologiste et médecin en Santé Publique. Il y a des personnes qui émettent également l’hypothèse que les variants feraient des formes plus sévères chez les patients que le virus classique."

      Pour l’un de ses confrères, on peut aussi voir dans cette augmentation les premiers effets de la vaccination chez les seniors. « Les variants n’expliquent pas tout, loin de là », précise Bruno Megarbane, chef de service de réanimation de l’hôpital Lariboisière. « Il se peut qu’il ait un glissement de la catégorie d’âge en raison de la vaccination qui a progressé auprès des personnes plus âgées. »

  • Klasse Gegen Klasse - Geschasste Samariter – „Gemeinnützige“ Goldnetz GmbH betreibt Union Busting
    https://www.klassegegenklasse.org/geschasste-samariter-gemeinnuetzige-goldnetz-gmbh-betreibt-union-

    Die Berliner Goldnetz gGmbH lebt von ihrem sozialen Image und öffentlichen Geldern. Drei Beschäftigte verloren dort nun ihren Job, nachdem sie versucht hatten, einen Betriebsrat zu gründen und einen Tarifvertrag zu erstreiten.

    Auf seiner Webseite präsentiert sich Goldnetz als ein Unternehmen, dass sich „an den Werten einer offenen, pluralistischen und demokratischen Gesellschaft“ orientiert. Die mit der Berliner Tafel und etlichen anderen Organisatoren vernetzte, längst wirtschaftsstarke gGmbH, startete vor 30 Jahren als frauenpolitischer sozialer Träger. Ein Image, das drei ehemalige Beschäftigte heute nicht mehr bestätigen können. Für sie endete jüngst der Versuch, gewerkschaftliche Strukturen im Betrieb aufzubauen, in der Arbeitslosigkeit. Sie setzten sich in ihrem Beruf für soziale Belange ein, organisierten für Goldnetz senatsgeförderte Projekte für Geflüchtete. Die Aufträge erhält das Unternehmen unter anderem vom Senat für Integration, Arbeit und Soziales.

    Zunächst waren sie nur einer Einladung zu einer Kampagne mit dem Namen „Für die gute Sache, aber zu welchem Preis“ gefolgt, mit der ver.di bei bildungsberatenden Trägern Tariflosigkeit und Befristungen bekämpfen will. Nach monatelangen Treffen war der Zeitpunkt gekommen im Betrieb auf die tariflose Situation aufmerksam zu machen. Die circa 110 Beschäftigten werden zwar angelehnt an den Tarifvertrag der Länder (TV-L) bezahlt. Das Unternehmen spart sich aber sämtliche Lohnsteigerungen durch Erfahrungsstufen. Auch die Jahressonderzahlung zahlt das Unternehmen nicht.

    Das umtriebige gewerkschaftliche Handeln der drei Verdianer:innen wurde mit Repressalien beantwortet. Sollten sie sich weiter gewerkschaftlich engagieren, würden ihre befristeten Verträge nicht verlängert, soll die Leitung offen angekündigt haben. Und genau so kam es dann auch. Bei allen drei Beschäftigen, die an der ver.di Kampagne teilnahmen, ließ Goldnetz die Verträge auslaufen. Für das anstehende Projekt seien sie laut Geschäftsführung nicht mehr geeignet, weil ihnen angeblich Qualifikationen fehlten, so eine Betroffene gegenüber der Tageszeitung Junge Welt. Bei einer Kollegin aus Syrien soll das Auslaufen des Vertrages damit begründet worden sein, dass sie sich nur in der arabischen Welt auskenne. Somit könne sie polnische Zugewanderte nicht gut beraten. Bei einer weiteren Beschäftigten, die am 27. Januar vor dem Berliner Arbeitsgericht gegen den Verlust ihres Arbeitsplatzes vorgeht, wurde mit strafrechtlichen Konsequenzen gedroht. Sie hätte Unterlagen, die sie für ihre Verteidigung vor Gericht benötigt, auf ihren privaten Emailaccount weitergeleitet.

    An einen Betriebsrat konnten sich die nun arbeitssuchenden Beschäftigten nicht wenden. Bereits vor Jahren wurde ein Versuch, einen Betriebsrat zu gründen, in einer Stimmung der Angst erstickt, berichten Kolleg:innen, die ihren Namen nicht in der Zeitung lesen möchten. Entsprechend undurchsichtig bleiben so die Geschäftsgebaren der Goldnetz gGmbH, da die Beschäftigten ohne Betriebsrat keinen Wirtschaftsausschuss bilden können und Zahlen nicht offen gelegt werden müssen.

    Auf Anfrage der Jungen Welt, wie der Senat zu den Vorgängen stünde, ließ die Senatorin für Integration, Arbeit und Soziales über die Pressestelle mitteilen, dass den Vorwürfen nachgegangen wurde. Das Projekt, mit dem die ver.di-Mitglieder betraut waren, sei mit seinem Schwerpunkt der Bildungsberatung für Geflüchtete regulär zu Ende gegangen. Bei zeitlich befristeten Projekten gäbe es eben nur zeitlich befristete Verträge. Für den Senat bestünde bei personellen Angelegenheiten keine rechtliche Grundlage für eine Einflussnahme.

    Sylvia Bayram von der Berliner Aktion gegen Arbeitgeberunrecht (BAGA) erklärt gegenüber der JW, es sei inakzeptabel, dass der Senat hier Personalverantwortung von sich weise. „Durch ihre Fremdvergaben haben sie schließlich die Voraussetzungen für prekäre Jobs geschaffen“, betonte Bayram.

    Die Beschäftigten selbst hätten keine Antwort von der Senatorin erhalten. Es dränge sich der Eindruck auf, die Ausführungen der Goldnetz-Leitung seien kritiklos übernommen worden. Dass der Vorgang überprüfenswert sei, zeige eine aktuelle Stellenausschreibung mit den gleichen Tätigkeiten, die die jetzt arbeitslosen Beschäftigten vorher noch ausübten.

  • Épidémie de #surveillance.
    https://archive.org/details/epidemie_de_surveillance

    Entretien avec Olivier Tesquet : « Dans la rue comme sur Facebook, notre visage ne nous appartient plus » État d’urgence technologique . Voilà le titre aussi parlant qu’alarmant du dernier ouvrage du journaliste Olivier Tesquet....This item has files of the following types : Archive BitTorrent, Item Tile, JPEG Thumb, MPEG-4 Audio, Metadata, PNG

    #audio/opensource_audio

  • ❝Au Sénégal, une révolte populaire s’ébranle contre la « recolonisation économique »
    7 mars 2021 Par Fanny Pigeaud - Mediapart.fr"
    https://www.mediapart.fr/tools/print/945517


    Manifestations tournant à l’émeute, dans la quartier de Colobane, le 5 mars 2021, à Dakar, après l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko. © Seyllou / AFP
    L’arrestation du principal opposant Ousmane Sonko a déclenché une vague de colère inédite, avec en toile de fond une remise en cause d’un système de gouvernance favorisant les intérêts étrangers. De nombreux magasins Auchan et des stations Total ont été pillés ou saccagés. Au moins quatre personnes ont été tuées.
    Depuis plusieurs mois la tension montait. Et ce mercredi 3 mars au Sénégal, l’arrestation du député Ousmane Sonko, opposant au président Macky Sall, a eu le même effet qu’une étincelle près d’un baril de poudre : une explosion qui part dans tous les sens.

    À Dakar et dans plusieurs autres villes, des milliers de jeunes ont dit leur colère, scandant « Libérez Sonko ! », « Dëkk bi Sonko ko moom ! » (« Ce pays appartient à Sonko », en wolof) et réclamant plus de démocratie, de justice et de considération. Ces manifestations spontanées se sont rapidement transformées en émeutes. Des biens privés, dont des magasins Auchan et des stations Total, des bâtiments abritant des médias, le domicile de membres ou de proches du pouvoir, ainsi que des bâtiments publics ont été pillés ou brûlés entre mercredi et vendredi.

    Selon un bilan officiel vendredi soir, quatre personnes ont été tuées dans des affrontements avec les forces de sécurité. Amnesty International a dénoncé des arrestations arbitraires, plusieurs activistes connus font partie des personnes interpelées, et la présence d’hommes « en tenue civile, armés de gourdins » aperçus « aux côtés des forces de sécurité » qui ont « pourchassé des manifestants », ainsi que la coupure du signal de chaînes de télévision.

    Cette situation insurrectionnelle n’a pas de précédent dans l’histoire récente du Sénégal. Les derniers épisodes de violences, à la fin des présidences d’Abdou Diouf (1981-2000) et d’Abdoulaye Wade (2000-2012), n’avaient pas atteint une telle ampleur.

    Lorsqu’il a été arrêté, Ousmane Sonko, 46 ans, classé troisième à l’élection présidentielle de 2019, se rendait au palais de justice de Dakar, où il était convoqué dans le cadre d’une plainte pour « viols et menaces de mort », déposée début février par l’employée d’un salon de massage. Ses avocats et partisans considèrent cette procédure comme le résultat d’un « complot mal ficelé » visant à l’éliminer de la course pour la présidentielle de 2024.

    Dès le dépôt de cette plainte, les autorités ont fait installer un barrage filtrant autour du domicile du leader du parti Pastef (Patriotes du Sénégal pour le travail, l’éthique et la fraternité) et obtenu de manière accélérée la levée de son immunité parlementaire, confortant les soupçons d’une machination politique. De fait, Ousmane Sonko dérange Macky Sall, à qui la rumeur prête l’intention de se représenter pour un troisième mandat (non prévu par la Constitution). Il est devenu son principal opposant depuis la nomination, fin 2020, de l’ex-premier ministre Idrissa Seck au Conseil économique, social et environnemental.

    Cet ancien inspecteur des impôts, radié de la fonction publique pour avoir accusé publiquement des personnalités d’avoir bénéficié d’avantages fiscaux illégaux, dont le frère de Macky Sall, tient un langage nouveau dans le champ politique sénégalais.

    Manifestations tournant à l’émeute, dans la quartier de Colobane, le 5 mars 2021, à Dakar, après l’arrestation de l’opposant Ousmane Sonko. © Seyllou / AFP
    Plaidant pour une meilleure gouvernance, dénonçant la gestion du pétrole et du gaz par les autorités, il milite aussi pour plus de souveraineté économique et monétaire – le Sénégal est membre de la zone franc, contrôlée par l’État français. Il est devenu l’un des rares hommes politiques d’Afrique francophone à demander une refonte des relations avec la France, fustigeant aussi une « bourgeoisie compradore » qui profite d’un système construit pour satisfaire l’étranger et une minorité de Sénégalais. « Il n’y a pas de sentiment antifrançais. Il y a un sentiment pro-africain, expliquait-il en 2019 à ses collègues députés. Nous n’avons rien contre la France ou les États-Unis, mais nous avons des intérêts à gérer. »

    C’est ce discours qui l’a rendu populaire auprès d’une partie de la jeunesse (les moins de 20 ans représentent plus de la moitié des 16 millions d’habitants), de plus en plus sensible à l’idée de mettre fin à un « système néocolonial », à « la domination étrangère, surtout française », comme l’a récemment redit un membre du collectif Frapp (Front pour une révolution anti-impérialiste populaire et panafricaine). Car depuis que Macky Sall est au pouvoir (élu en 2012, puis réélu en 2019 à l’issue d’un scrutin controversé), il entretient des liens étroits avec Paris et de nombreuses entreprises françaises se sont installées dans le pays, donnant l’impression d’une « recolonisation économique » de la France, certaines bénéficiant de gros contrats aux retombées faibles pour la population.

    Le projet d’un train express régional (TER) devant relier Dakar à l’aéroport international Blaise-Diagne illustre bien ce à quoi assistent les Sénégalais. Conçu pour un prix exorbitant (1,3 milliard d’euros pour 55 kilomètres), il a été construit et doit être exploité par des entreprises essentiellement françaises, dont Engie, Thales, Eiffage, la SNCF, la RATP, Alstom, etc.

    Le Sénégal s’est, de surcroît, endetté auprès de la France pour 230 millions d’euros afin de financer cet ouvrage, dont la construction a bouleversé le quotidien de milliers de personnes. Prévu pour rouler à partir de 2019, ce train, qui ne sera vraisemblablement accessible financièrement qu’à une infime partie des citoyens, n’est toujours pas en service. Pendant ce temps, la pauvreté touche près de 40 % de la population.

    Sans perspectives, des milliers de jeunes tentent d’émigrer : les départs par l’océan vers les îles Canaries ont beaucoup augmenté ces derniers mois. Le nombre de morts aussi : plus de 500 personnes se sont noyées dans des naufrages entre octobre et novembre 2020. Un chiffre record, probablement en deçà de la réalité. Les populations ne font qu’emprunter « le même chemin que suivent leurs ressources », soulignait Ousmane Sonko en 2019 dans un discours à l’Assemblée nationale. Tant que des intérêts étrangers viendront « piller nos ressources avec la complicité de nos élites complexées, de nos leaders, on ne pourra jamais régler cette question » de l’émigration clandestine, avait-il ajouté.

    Ce n’est donc pas un hasard si des magasins Auchan, des boutiques Orange et des stations Total ont été prioritairement visés par les émeutiers. Déjà, en décembre 2020, des centaines de pêcheurs manifestaient leur détresse après le renouvellement des accords de pêche avec l’Union européenne, estimant qu’ils leur étaient défavorables.

    En 2018, l’économiste Ndongo Samba Sylla avait prévenu dans une interview à la radio privée Sud FM : « Les contradictions s’accumulent. On a une jeunesse qui est là, de plus en plus nombreuse, et on a un système politique qui dit à ces jeunes : “Vous n’avez pas d’avenir.” Cette jeunesse ne va pas pouvoir rester là, à ne rien faire. Tôt ou tard, si on ne va pas vers des réformes audacieuses pour plus de démocratie, plus de souveraineté, plus de libertés, le système va imploser. » Ainsi, le « modèle démocratique sénégalais », tant vanté, révèle aujourd’hui ses nombreuses failles. Les mesures répressives prises dans le cadre de la lutte contre la pandémie de Covid-19, avec l’instauration d’un couvre-feu, ont fissuré un peu plus l’édifice : pénalisant les nombreux travailleurs du secteur informel, elles ont renforcé les frustrations.

    Pour l’instant, le pouvoir maintient sa ligne. Le ministre de l’intérieur, Antoine Félix Abdoulaye Diome, a blâmé, vendredi soir, les manifestants, évoquant des « actes de nature terroriste » et accusant Ousmane Sonko d’être responsable des violences. Ce dernier était toujours en garde à vue dimanche matin, après avoir été inculpé vendredi pour « participation à une manifestation non autorisée » et « troubles à l’ordre public », en lien avec les échauffourées qui ont eu lieu avant son arrestation entre ses partisans et les forces de l’ordre.

    Les partis d’opposition et mouvements de la société civile ont prévu de nouvelles manifestations lundi.
    #Sénégal #Néocolonial #freesenegal