• « La #passion peut devenir le levier de nouvelles formes d’#exploitation »

    L’anthropologue et ethnologue #Giulia_Mensitieri a obtenu le Grand Prix du livre de mode 2019 pour son enquête sur la précarité systémique au sein de l’industrie de la mode. Elle y expose comment ce milieu a réussi ce que bien des industries créatives et culturelles tentent de faire : rendre normal de proposer des dimensions symboliques comme le prestige ou l’espoir en guise de rémunération. Son essai, Le plus beau métier du monde (La Découverte), paraît en format poche au mois de mars. Entretien.

    Pourquoi avez-vous choisi de travailler sur le milieu de la mode ?

    Giulia Mensitieri : J’avais envie d’enquêter sur les transformations du travail, de sa valeur et de sa nature dans le #capitalisme contemporain. Lorsque j’étais en doctorat à l’EHESS, j’ai pu constater que les jeunes chercheurs dont je faisais partie, tout comme les travailleurs des industries culturelles et créatives, bénéficiaient d’un statut social valorisé et valorisant, tout en étant dans une forte précarité financière. Il y avait une sorte de scission entre le statut social et le statut économique.

    En tant qu’anthropologue, je procède par enquêtes ethnographiques, en immersion. Il me fallait trouver un terrain – un milieu, une communauté – dans lequel je pourrais m’introduire et explorer les questions qui m’intéressaient. C’est à ce moment-là que j’ai rencontré Mia, styliste photo, et découvert les inégalités qui régissent le monde de la mode, l’une des industries les plus puissantes du capitalisme contemporain.

    Votre livre restitue le quotidien de travailleurs de la mode, qu’ils travaillent dans des maisons de couture, en boutique ou dans l’atelier d’une figure montante. Vous faites preuve de beaucoup d’empathie pour leurs choix et leurs situations et cela peut se lire dans l’enquête. Pourquoi était-ce important pour vous ?

    C’est une posture déontologique propre à l’anthropologie. Il faut essayer de comprendre les situations de l’intérieur et les choix des individus sans juger. J’ai pris très au sérieux les motivations, les désirs, les choix et les arguments des personnes qui m’entouraient. De surcroît, lorsque l’on est en immersion, que l’on côtoie les gens et que l’on tisse des liens avec eux, il est très difficile de se mettre à distance et d’objectiver, bien que ce soit également le travail du chercheur.

    Dans le cas particulier de ma recherche, j’ai donné une place importante aux émotions, y compris celles dont j’ai moi-même fait l’expérience, car je les considère comme des données de l’enquête. Le milieu de la mode fonctionne sur les affects et les relations interpersonnelles de manière très particulière, qui en font des leviers de l’exploitation. Je m’explique : il y a une tendance à penser les rapports inégalitaires dans le monde du travail de manière subjective, interpersonnelle, anecdotique – « Mon chef est désagréable », « j’ai de la chance » ou « je n’ai pas de chance » –, quand ces rapports sont en réalité structurels et systémiques. Dans une industrie régie par des passions, des élans de désirs, il s’agit en fait d’une autre échelle de la violence. Ces nouvelles formes d’exploitation basées sur les #affects font partie de ce que l’on appelle le #capitalisme_émotionnel.

    Les travailleurs de la #mode choisissent ce métier car ils aiment la haute couture, la beauté, vous dites qu’ils sont « saisis » par le rêve… Au point qu’une fois l’envers du rêve révélé, peu des personnes interrogées dans votre enquête, même quand elles sont déçues, décident de partir. Comment l’expliquer ?

    C’est un peu plus complexe que cela. En effet, l’amour pour la beauté, la création, l’art, les vêtements et la transformation que la mode vend est sans doute l’une des raisons les plus courantes de l’entrée dans ce monde. Le statut social importe également. La mode vend un rêve de luxe, de prestige et d’exception qui meut également les travailleurs et les aspirants travailleurs de cette industrie, bien que cela soit très lointain de la réalité professionnelle.

    Alors pourquoi restent-ils ? Pour plusieurs raisons. Souvent, très concrètement, les personnes exploitées n’ont pas de temps pour chercher un autre emploi. Elles sont tenues sous l’eau, comme dans bien de milieux professionnels. Mais au-delà de ça, la mode offre, en échange de la précarité et des inégalités, un statut social privilégié. Dire « je travaille dans la mode » place directement les individus dans une sorte d’élite symbolique. Il y a vraiment un effet magique. Pour les travailleurs, il est difficile de renoncer à ce statut, de ne plus bénéficier de ce regard-là et de quitter ce que j’appelle cette « élite du désir » pour se projeter dans d’autres milieux professionnels qui ne bénéficient pas de cette aura.

    En réalité, ils sont pourtant nombreux à partir parce qu’ils ne peuvent plus tenir. La durée de carrière dans cette industrie est très courte, à moins d’avoir la possibilité de travailler gratuitement à long terme, ce qui pose un enjeu de classe très important, relatif à de nombreuses industries culturelles et créatives. Qui peut se permettre de travailler gratuitement pour construire son CV ? D’investir dans cette économie de la promesse et de l’espoir ? Ceux qui sortent de ce monde sont ceux qui n’ont pas cette possibilité-là, économique, voire psychique.

    Au lieu de partir, pourquoi n’essaient-ils pas de changer les choses ?

    L’une des règles qui structurent de façon implicite le monde de la mode est que l’on accepte d’emblée les inégalités. Dans le livre, je cite cette phrase de Lagerfeld : « La mode c’est l’injustice totale, c’est comme ça, c’est tout ». Cela fait partie des dimensions qui rendent en apparence ce monde exceptionnel, comme s’il était régi par d’autres règles que celles qui structurent le monde du travail en général. Je dis bien « en apparence exceptionnel » parce que je ne pense pas que l’on puisse considérer la deuxième industrie la plus puissante en France du point de vue économique, une industrie qui représente 6 % de la consommation mondiale et qui mobilise plusieurs milliards de travailleurs, comme une exception dans le capitalisme. Elle en est davantage un emblème.

    Pour préserver sa carrière dans la haute couture, la styliste photo que vous suivez, Mia, doit cacher ses missions rémunératrices pour des catalogues grand public et mettre en avant des prestations gratuites ou payées en bons d’achats par des marques de luxe. Quelle est la logique derrière cela ?

    C’est ce que j’appelle dans le livre « la règle du jeu » : plus une prestation professionnelle est valorisante pour le CV et la carrière, moins elle sera payée en argent. La mode a réussi – et encore une fois je vous invite à faire le lien avec de nombreuses autres industries – ce que le sociologue Pierre Bourdieu appelait la « démonétisation du travail ». C’est-à-dire que le travail n’est plus payé en argent mais dans des dimensions symboliques et immatérielles. Des prestations professionnelles vont être payées en prestige, en visibilité, ou en espoir… C’est également une manière d’affirmer des hiérarchies. Quand une marque de luxe ou une marque qui se porte très bien financièrement peut se permettre de ne pas payer les gens qui travaillent pour elle, elle établit un lien hiérarchique très fort. Le propos est essentiellement : « Tu as la chance de travailler pour moi, je n’ai pas besoin de te payer, je te rends un service en te permettant de travailler pour moi et c’est toi qui devrais être reconnaissant. »

    Certaines marques vont payer leurs travailleurs avec des biens de luxes, des sacs à main, des vêtements ou autres… Elles sont alors gagnantes sur tous les plans. Non seulement elles n’ont pas besoin de payer leurs travailleurs, mais ces derniers vont en outre mettre en scène les objets que l’industrie produit dans l’espace public, sur Instagram, et devenir ce que les marques appellent des « ambassadeurs ». Cet aspect-là pose d’ailleurs la question de la frontière extrêmement floue entre consommateur et travailleur. Dans la mode, la désirabilité que les travailleurs créatifs produisent – et qui sert d’incitation auprès des consommateurs – est un désir qui les anime aussi. Ils ont eux-mêmes cette forme de désir pour les produits de l’industrie, dont ils sont, selon les échelons, des « consommateurs manqués » ou des consommateurs accédant à ces objets grâce à leur travail. Mia par exemple, alors complètement précaire et sans salaire, a reçu un bon de 5000 € d’une marque de luxe et a pu s’acheter un sac à main à 3000 €. Elle n’aurait jamais pu se le permettre autrement.

    Si le travail assumé n’est pas ce qui permet de gagner sa vie, il semble qu’il y ait une confusion entre le travail et la passion…

    Je vous retourne la question : n’est-ce pas également le cas des journalistes, des chercheurs dont je fais partie et de nombreux autres métiers dans lesquels les conditions financières sont très instables ? La passion fait partie de ces affects qui peuvent devenir les leviers de nouvelles formes d’exploitation. Si l’on remonte aux critiques relatives à l’aliénation durant Mai 68, le travailleur y est considéré comme une machine, aliéné de ses affects et de ses sentiments, répétant continuellement les mêmes tâches. Aujourd’hui, nous sommes quelque part dans une situation complétement inverse. Les exploitations découlent du manque total de frontières entre le sujet hors travail, hors production, et le sujet au travail. Je ne sais pas s’il y a une confusion mais il y a un manque de barrières.

    Les métiers des industries culturelles et créatives sont de surcroît des métiers où il est très difficile de comptabiliser le temps de travail. Est-ce que si l’on est au bar en train de faire du réseau à l’heure de l’apéro, on travaille ? Quand on fait des posts sur Instagram, quand on est dans son lit en train de penser à sa collection ou à son article, est-ce qu’on travaille ? Ce sont des questions que ce type de métiers pose. En tant qu’industrie extrêmement lucrative se permettant néanmoins de ne pas payer tous ses travailleurs en vertu d’un statut social, de désirs et de passions, la mode les pose de manière très particulière, mais ces dynamiques régissent également d’autres mondes professionnels.

    https://www.nouveau-magazine-litteraire.com/entretien/la-passion-peut-devenir-le-levier-de-nouvelles-formes-d
    #émotions

  • La France se remet à perdre des #usines, même si l’#emploi_industriel progresse
    https://www.banquedesterritoires.fr/la-france-se-remet-perdre-des-usines-meme-si-lemploi-industriel

    L’#industrie continue de créer des emplois en 2019, même si le rythme est un peu moins élevé qu’en 2017 et 2018. C’est ce qu’indique l’étude de Trendeo publié ce 27 février 2020. Le solde net des créations et suppressions d’emplois pour l’année 2019 est ainsi positif et s’établit à 51.644, tous secteurs confondus. 2019 reste l’une des trois meilleures années en termes de créations d’emplois nettes depuis 2009.
    Si l’emploi industriel reste positif, en revanche, les usines repassent en négatif en 2019, selon Trendeo, qui confirme ses récentes mises en garde. La France a ainsi perdu 12 usines l’an dernier. Le solde des ouvertures et fermetures d’usines était pourtant redevenu positif depuis 2016, après une décennie dans le rouge faisant suite à la crise de 2008. « Il y a de plus en plus d’emplois industriels mais ils sont le fait d’extensions d’usines », explique à Localtis David Cousquer, créateur et gérant de Trendeo. Une tendance qui semble s’installer dans la durée. Entre 2009 (date à laquelle Trendeo a commencé son décompte) et 2019, le solde d’ouvertures et de fermetures est positif en Provence-Alpes-Côte d’Azur (10), Occitanie (9), Guadeloupe et Guyane (1). Mais le Grand Est, les Hauts-de-France et le Centre-Val de Loire sont marqués par une forte désindustrialisation, avec respectivement 121, 110 et 87 usines en moins en dix ans.

  • Likud election app is like coronavirus for Israel’s security, ex-Mossad chief says - Israel Election 2020 - Haaretz.com
    https://www.haaretz.com/israel-news/elections/.premium-ex-mossad-chief-election-app-used-by-likud-is-like-coronavirus-for

    Former Mossad head Tamir Pardo warned on Wednesday that the Elector app, which was used by the Likud party and exposed personal details of millions of Israelis, is like a “security coronavirus,” endangering Israel and that use of the application must stop immediately.

    “This application endangers Israel’s security, it endangers the safety of IDF soldiers and commanders, Shin Bet security service operatives and Mossad operatives,” Pardo said. “It’s spreading like a plague – and like a disease, we need to stop it and isolate it before we lose control.” Pardo beseeched Israelis not to use the app and to refrain from voluntarily adding information to it: “I implore you, please, remove it, erase it, and do not share information on it.”

    (...) Pardo said these groups can obtain important information on any person in the voter registry through free access to the app, as well as information on their family members and their addresses. If they have the name of the commander of a specific brigade in the Israeli army, a Shin Bet or Mossad officer – they can enter it into Elector and receive his address and information on his family, said Pardo. “Anyone who uses the application today endangers the lives of the security forces of Israel.”

    The High Court justices said that if the voter information had leaked out from the Likud database onto the internet, this was a very serious matter – but the way to handle such a leak would be by filing a civil suit. This is a very serious violation of privacy, and if it has occurred it is a civil injustice, said Justice Alex Stein. Those harmed have the right to a “host of legal remedies, including compensation, restraining orders and injunctions. Such remedies are granted in the regular courts, and not in this court in its role as the High Court of Justice,” wrote Stein.

    All the major parties running in the March 2 Knesset election are using applications to manage their campaigns – but Likud is the only one who opened their app for mass use and allows access to the information in the voter registry. Likud asked Israelis to install the Elector app and enter information on their families and friends who were potential Likud voters.

    The Elector app is easily downloaded from both the Apple App Store and Google Play. The app contains information on all registered voters, nearly 6.5 million Israelis, and allows Elector users to freely add additional information, such as phone numbers, relatives, political preferences and other comments about other voters.

    This month, information security researchers and experts discovered a number of occasions in which the app and the voter registry were open to attack, and that it was very likely the information had leaked out numerous times to unknown groups.

    #israël #élections #piratage_informatique

  • Le réchauffement, ce sont les #banques qui en parlent le mieux - Journal de l’environnement
    http://www.journaldelenvironnement.net/article/le-rechauffement-ce-sont-les-banques-qui-en-parlent-le-mieu

    Une menace pour la #survie de l’espèce humaine. C’est l’une des conclusions d’une étude confidentielle sur les effets du réchauffement. Le propos pourra ne pas surprendre les lecteurs du JDLE. La nouveauté est l’institution pour laquelle la note de 22 pages a été rédigée : JP Morgan, l’une des plus puissantes banques d’investissements de la planète.

    Ses auteurs, David Mackie et Jessica Murray, ne sont pas des inconnus. [...]

    S’abreuvant aux meilleures sources scientifiques, les deux chercheurs londoniens expliquent, mieux que ne sauraient le faire les rédacteurs d’un rapport du #Giec, la mécanique du réchauffement. Plus important, pour leurs lecteurs : une bonne partie de la note est consacrée aux impacts du phénomène. Avec une certitude : « une approche tendancielle de l’atténuation climatique mènera à un accroissement significatif de la température et à une dégradation significative du climat. »

    [...]

    Les effets d’un tel coup de chaud sur l’économie et la société sont difficiles à calculer. Mais ils seront très supérieurs à ce qu’annoncent les études économétriques classiques, indiquent-ils . [...]

    [...]

    Au chapitre consacrée aux solutions possibles : point de miracle. L’unanimité va à la tarification des émissions de dioxyde de carbone. A quel niveau ? L’étude reprend à son compte une estimation récemment publiée par le Fonds monétaire international. Pour réduire les émissions suffisamment vite, l’émission d’une tonne de #CO2 devra coûter 75 dollars (69 €) d’ici à 2030. Soit 37 fois plus qu’aujourd’hui.

    Bien sûr, il faudra aussi décarboner l’industrie, les transports, la production d’#énergie. Ce dernier point intéressera d’ailleurs les investisseurs de JP Morgan . Selon un recensement publié en octobre dernier par Rainforest Action Network, la sixième banque du monde (en actifs) est celle qui consacre le plus d’argent aux énergies fossiles. Entre 2016 et 2018, l’établissement new-yorkais a investi près de 196 milliards de dollars (180 Md€) dans le pétrole, le gaz et le charbon. Les investissements cumulés dans ces domaines de BNP Paribas, du Crédit agricole et de la Société générale n’atteignent même pas 120 milliards de dollars (110 Md€).

    The Planet Is Screwed, Says Bank That Screwed the Planet | The New Republic
    https://newrepublic.com/article/156657/planet-screwed-says-bank-screwed-planet

    #dissonance_cognitive #climat

  • Ubuntu 20.04 Makes Picking a Graphics Driver Easier
    https://www.omgubuntu.co.uk/2020/02/ubuntu-software-updates-additional-drivers-change

    A small batch of end-user improvements to the “Additional Drivers” screen are being prepped ahead of Ubuntu 20.04 LTS. Now that the latest NVIDIA graphics are available in Ubuntu LTS releases directly (without the need […] This post, Ubuntu 20.04 Makes Picking a Graphics Driver Easier, was written by Joey Sneddon and first appeared on OMG! Ubuntu!.

  • Captain Murdered on Oil Tanker Off Venezuela: Port Authority - The New York Times
    https://www.nytimes.com/reuters/2020/02/25/world/americas/25reuters-venezuela-crime.html

    Armed assailants murdered the captain of an oil tanker after boarding his ship while it was anchored off the coast of eastern Venezuela, according to a local union leader and a report from a Venezuelan port authority.

    Six armed individuals boarded the San Ramon tanker early Monday morning in Pozuelos Bay and shot the captain, Colombian national Jaime Herrera Orozco, a report from the Puerto La Cruz port authority seen by Reuters said.
    […]
    “This is a demonstration of the insecurity we face, which is also present in the oil fields and undoubtedly impacted production,” Bodas said in a telephone interview, adding that other members of the San Ramon’s crew were missing.

    Authorities have not provided official information about the incident.

  • La fièvre de la sécession
    https://www.dedefensa.org/article/la-fievre-de-la-secession

    La fièvre de la sécession

    Nous empruntons son titre (« Secession Fever ! ») à un article de synthèse de Thomas DiLorenzo, un excellent historien, spécialiste dissident de la narrative officielle sur Lincoln. DiLorenzo est bien entendu un libertarien enragé, ennemi du “centre”, ennemi du fédéralisme et même de n’importe quelle union, fut-elle confédérale. DiLorenzo est totalement un auteur révisionniste sur le rôle et l’action de Lincoln, et par conséquent sue Guerre de Sécession. (Il doit publier le 7 juillet un nouveau livre chez Regnery Publishing, The Problem With Lincoln, qui peut d’ores et déjà faire l’objet d’une pré-commande sur Amazon.)

    Di Lorenzo publie cette synthèse le 22 février 2020sur son blog, sur le site LewRockwell.com. Il fait état d’une série d’initiatives pour la sécession d’un certain (...)

  • Le numérique carbure au charbon, par Sébastien Broca (Le Monde diplomatique, mars 2020)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2020/03/BROCA/61553

    Partenariats des géants de la Silicon Valley avec l’industrie pétrolière, consommation massive d’énergie et de ressources : contrairement à ce qu’on a longtemps affirmé, l’économie numérique n’est ni « immatérielle » ni « verte ». Elle produit des dommages écologiques importants, dont les conséquences sont très inégalement réparties à la surface du globe. C’est l’histoire d’un ingénieur de Microsoft que son employeur envoie à Atyraou, sur le plus grand site pétrolier du Kazakhstan, exploité par Chevron en (...)

    #Apple #Chevron #Exxon_Mobil #Google #Microsoft #Total #British_Petroleum_(BP) #Amazon #GoogleCloud #AWS #algorithme #domotique #écologie #minerais #BigData #CloudComputing #comportement #InternetOfThings #surveillance #travail (...)

    ##British_Petroleum__BP_ ##Greenpeace

  • Heat waves may drive bees to extinction
    https://massivesci.com/notes/bees-climate-change-heat-extinction-conservation-pollination

    A swath of recent research has shown that as climate is changing, some species and ecosystems are struggling to adapt. It’s why some have said that we’re in the midst of the ’sixth mass extinction.’ Although they’re small, bees have an outsize impact...

  • How did the pro-paedophile group PIE exist openly for 10 years? - BBC News
    https://www.bbc.com/news/magazine-26352378

    The Paedophile Information Exchange was affiliated to the National Council for Civil Liberties - now Liberty - in the late 1970s and early 1980s. But how did pro-paedophile campaigners operate so openly?

    A gay rights conference backs a motion in favour of paedophilia. The story is written up by a national newspaper as “Child-lovers win fight for role in Gay Lib”.

    It sounds like a nightmarish plotline from dystopian fiction. But this happened in the UK. The conference took place in Sheffield and the newspaper was the Guardian. The year was 1975.

    It’s part of the story of how paedophiles tried to go mainstream in the 1970s. The group behind the attempt - the Paedophile Information Exchange - is back in the news because of a series of stories run by the Daily Mail about Labour deputy leader #Harriet_Harman.

    #parallèle_international #consentement #décriminalisation

    https://www.youtube.com/watch?v=9wuYXx3i9JU

  • La loi audiovisuelle pourrait limiter le droit de grève à Radio France | Le Figaro, Enguérand Renault (18/02/2020)
    https://www.lefigaro.fr/medias/la-loi-audiovisuelle-pourrait-limiter-le-droit-de-greve-a-radio-france-2020

    La scène se passe le vendredi 31 janvier 2020 dans les locaux du ministère de la Culture. Au 60e jour de grève à #Radio_France, Franck Riester a reçu l’ensemble des représentants syndicaux ainsi que la direction du groupe audiovisuel public. Très ferme, il a rappelé que les économies demandées à Radio France seraient maintenues, qu’il soutenait la direction et qu’il ne se mêlerait pas des négociations à venir. Ce discours a porté ses fruits puisque trois jours plus tard, la CGT, dernier syndicat à maintenir son préavis de grève, suspendait le mouvement pendant les négociations sur la rupture conventionnelle collective.

    Mais au cours de la conversation, le ministre a glissé une petite bombe. Il a clairement prévenu les syndicats du risque que certains parlementaires, excédés par la durée de la grève, déposent des amendements visant à assurer la continuité du service public. Comme pour le dispositif qui existe à la SNCF, il pourrait être demandé aux salariés grévistes de se déclarer à l’avance. Ce qui n’est aujourd’hui, pas le cas à Radio France. Ce ou ces amendements pourraient être examinés dans le cadre de la loi audiovisuelle.

    Au ministère, on confirme cette hypothèse même si on ajoute que le gouvernement ne sera pas à l’initiative de ces amendements. Toutefois, il pourrait ne pas s’y opposer. Du côté du Parlement, certains proches de la majorité évoquent également cette possibilité.

    L’enjeu est simple. Au moment où la redevance est remise en question en Grande-Bretagne et où, en France, le ministre des Comptes publics Gérald Darmanin ne cache pas son envie de la supprimer, la question de l’acceptabilité par les Français de cet impôt impopulaire est un sujet. Comment accepter encore de payer 138 euros de redevance lorsque le service public ainsi financé peut priver les contribuables de leurs programmes radiophoniques favoris pendant 63 jours ?

    En réalité entre le 25 novembre 2019, début de la #grève, et le 3 février, date de sa suspension, le nombre de grévistes était très faible, à l’exception des huit journées organisées par l’intersyndicale (CGT, SUD, SNJ, CFDT, Unsa et FO), notamment le 25 novembre, les 4, 5 et 19 décembre ou encore le 8 janvier qui ont vu une mobilisation importante. En dehors de ces dates, seule la CGT avait déposé un préavis reconductible Et durant plus d’une cinquantaine de jours il a suffi de 1 % à 3 % de grévistes pour quasiment paralyser les antennes de France Inter, Franceinfo, France Culture ou FIP.

    Du coup, tout le monde va scruter les débats sur le projet de loi. La commission des affaires culturelles se réunira du 2 au 6 mars pour examiner le texte de loi ainsi que les amendements qui seront déposés. C’est à ce moment-là que l’on verra s’il y a un bien un débat sur la continuité du service public. À moins qu’un amendement soit glissé au cours du débat dans l’hémicycle qui doit débuter théoriquement le 31 mars.

    Cette question des modalités du droit de grève pourrait tendre encore un peu plus le climat social au sein de Radio France. « Je ne vois pas comment ils pourraient encadrer davantage la grève. Les syndicats doivent déposer un préavis cinq jours francs avant la grève. Une période pendant laquelle la direction peut négocier. Mais, elle ne peut pas changer les tableaux de service des équipes pour remplacer un gréviste par un non-gréviste », explique Philippe Ballet, délégué Unsa Radio France. Et ce n’est pas avec les rediffusions d’émissions pendant les grèves que l’on assure la continuité d’une matinale sur France Inter ou d’un fil rouge sur Franceinfo. De son côté, Lionel Thomson, secrétaire du SNJ-CGT de Radio France, « trouve terrible cet empressement à toucher aux modalités de la grève. Il faudrait plutôt régler les problèmes de fond, liés au financement du service public ».

    #audiovisuel_public

  • Netflix développe une nouvelle mini-série sur la drogue avec le showrunner de « Narcos : Mexico » - ladepeche.fr
    https://www.ladepeche.fr/2020/02/19/netflix-developpe-une-nouvelle-mini-serie-sur-la-drogue-avec-le-showrunner

    La version française de l’article de Patrick Radden Keefe a été publiée par C&F éditions sous le titre : « Addiction sur ordonnance : la crise des antidouleurs ». https://cfeditions.com/addiction

    Relaxnews) - La guerre contre la drogue continue sur Netflix. Le géant américain s’est une nouvelle fois entouré d’Eric Newman, le showrunner de « Narcos : Mexico », pour développer une mini-série sur le trafic de drogue. « Painkiller » s’intéressera aux origines de la crise des opioïdes qui a secoué toute l’Amérique, entraînant une vague de décès et d’addictions due à la consommation excessive de médicaments tels que le fentanyl, l’oxycodone et la Vicodine.

    Huit épisodes ont d’ores et déjà été commandés par Netflix qui a choisi Peter Berg ("The Leftovers") pour réaliser cette mini-série. Eric Newman, le showrunner de la série originale Netflix « Narcos : Mexico », fait partie des producteurs exécutifs aux côtés de Micah Fitzerman-Blue et Noah Harpster, qui prendront la place de co-showrunners.

    Ces derniers signeront également le scénario de « Painkiller » en s’inspirant du travail de l’ancien journaliste du New York Time, Barry Meier, avec son livre « Pain Killer : An Empire of Deceit and the Origin of America’s Opioid Epidemic » paru en 2018 et du papier du journaliste Patrick Radden Keefe, « The Family That Built an Empire of Pain », publié le 23 octobre 2017 dans le New Yorker. Les journalistes Barry Meier et Patrick Radden Keefe interviendront comme consultants sur le projet. Pour le moment, le casting n’a pas été dévoilé et aucune date de diffusion n’a été évoquée.

    « Eric Newman a raconté de façon magistrale le trafic de drogue pendant des années, et maintenant je suis ravi de le voir unir ses forces avec l’incroyable Alex Gibney, Micah Fitzerman-Blue et Noah Harpster pour porter une vision plus large sur l’épidémie d’opioïdes », a déclaré Cindy Holland, vice-présidente des contenus chez Netflix. « Associée à la réalisation de Peter Berg, +Painkiller+ promet d’être un point de vue puissant derrière les gros titres d’une tragédie qui se déroule en temps réel », a-t-elle rajouté.

    Eric Newman a travaillé avec Netflix pour la série « Hemlock Grove » entre 2013 et 2015, signant le début de sa collaboration avec le géant du streaming en tant que producteur exécutif. Il a par la suite été producteur de la première saison et showrunner sur la deuxième saison de « Narcos ». Un rôle qu’il a repris pour « Narcos : Mexico », dont la deuxième saison est sortie récemment sur la plateforme.

    Micah Fitzerman-Blue et Noah Harpster ont signé le scénario de « Un ami extraordinaire » avec Tom Hanks, récemment nommé aux Oscars.

    #Addiction_ordonnance #Patrick_Radden_Keefe #Netflix #C&F_éditions

  • Hanau, le terrorisme d’extrême droite et l’imprégnation fasciste
    https://blogs.mediapart.fr/ugo-palheta/blog/250220/hanau-le-terrorisme-dextreme-droite-et-l-impregnation-fasciste

    La tuerie raciste de Hanau n’est pas un coup de tonnerre dans un ciel serein. Elle s’inscrit dans un processus d’imprégnation fasciste, dont l’islamophobie est une composante centrale, diffusant et légitimant l’imaginaire d’une nation assiégée par un ennemi aussi omniprésent que conquérant. Source : Le blog d’Ugo Palheta

  • Quand les grandes #villes font sécession, par Benoît Bréville (Le Monde diplomatique, mars 2020)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2020/03/BREVILLE/61548

    Il se forme alors un cercle vicieux. En concentrant les richesses et les activités à forte valeur ajoutée dans les #métropoles, la mondialisation a accru leur poids économique, politique et culturel. Confrontées aux mêmes problèmes, abritant la même population aisée et diplômée, elles ont commencé à se ressembler — on trouve à New York ou à Pékin les mêmes gratte-ciel, les mêmes centres commerciaux aseptisés, les mêmes « clusters créatifs » —, puis à se rassembler. Unies pour défendre leurs intérêts communs, elles influent désormais sur les centres de décision, de la Banque mondiale à la Commission européenne, et orientent ainsi les politiques publiques à leur avantage, accentuant un modèle de développement spatialement inégalitaire, qui délaisse les campagnes et les petites communes.

    #territoire #inégalités

  • [Les Promesses de l’Aube] Faire #genres !
    http://www.radiopanik.org/emissions/les-promesses-de-l-aube/faire-genres--21

    Faire Genres ! glisse ses pieds dans les pantoufles des Promesses de l’Aube et vous propose une matinale antipatriarcale, queer et féministe.

    Ce matin, deux playlists de l’angoisses très angoissantes, un point sur les TERFS, un petit jeu du « tu préfères... », une chronique de mise au point sur les féministes de droite et misogynes de gauche pour qu’il n’y ai plus jamais confusion de classification !

    Bonne écoute !

    Retrouvez FAIRE GENRES aussi ICI !

    #feministe #genres,feministe
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  • Linux : Full Disk Encryption - fit-PC wiki
    https://www.fit-pc.com/wiki/index.php?title=Linux:_Full_Disk_Encryption

    The idea is to encrypt a partition with root filesystem using LUKS and store the keys in the TPM.
    During boot user does not have to enter a decryption password, partition will be automatically decrypted using the keys from TPM.
    It’s a open-source alternative to Windows BitLocker.

    LUKS (Linux Unified Key Setup) - is a full volume encryption feature, the standard for Linux hard disk encryption
    TPM (Trusted Platform Module) - is dedicated micro-controller designed to secure hardware through integrated cryptographic keys

    Dans le cadre d’une recherche pour parvenir à automatiser le chiffrage d’un système Linux pour un serveur, c’est le seul site qui m’a permis d’aboutir. Je suis surpris que ça ne soit pas plus recherché/publié, comme solution. Sans doute parce qu’en définitive, c’est trivial. Quoique.

    Mon besoin précis est de permettre que le système démarre sans nécessité de taper une passphrase sur la console, tout en s’assurant néanmoins que les données sont toutes bien chiffrées.

    Là, nous travaillons sur une Debian Buster, la version stable. Et l’article cité travaille avec Buster, quand celle-ci était encore en testing. Il y a donc au moins un an. Depuis, la nécessité de patcher un fichier de clevis reste impérative.

    De plus, la nécessité de disposer d’un système installé en anglais reste impérative, ça n’est pas indiqué dans cet article, mais c’est le fait que j’ai commencé à tenter d’utiliser tpm sur un système en français, et que la commande « clevis luks bind » me renvoyait systématiquement une erreur qui fait que je le sais et que donc, je vous le dis... à priori c’est corrigé dans les dernières versions de clevis... mais... pas sur Debian stable.

    En résumé, si vous avez exécuté l’installation de votre Debian en demandant à ce que la partition racine / soit chiffrée, vous n’avez alors plus qu’à exécuter ces lignes de commande :

    apt-get install -y tpm2-tools clevis-tpm2 clevis-luks clevis-dracut
    wget https://fit-iot.com/files/download/fitlet2/sw/tools/Linux-ftpm2.0/module-setup.sh.diff
    patch -p1 /usr/lib/dracut/modules.d/60clevis/module-setup.sh module-setup.sh.diff
    clevis luks bind -d /dev/md1 tpm2 '{"pcr_ids":"7"}'
    dracut -f /boot/initrd.img-$(uname -r)

    Sur mon système, la partition / est bien sur /dev/md1.

  • #Sarah_Ditum : Pourquoi autant d’hypocrisie à gauche en matière de sexe ?
    https://tradfem.wordpress.com/2020/02/26/pourquoi-autant-dhypocrisie-a-gauche-en-matiere-de-sexe

    Il existe une théorie favorite des #progressistes, selon laquelle le conservatisme est une sorte de pathologie, nourrie par un surcroît de susceptibilité au dégoût. Plus une personne s’inquiète d’une contamination au sens propre par une cuvette souillée ou un visage couvert de plaies, plus elle risque de se sentir anxieuse face à des contaminants métaphoriques comme l’immigration ou les relations homosexuelles.

    Ce qui est intéressant dans cette théorie, c’est moins son degré de véracité (elle l’est un peu, peut-être), que l’énergie mise par les progressistes à tenter de la vérifier : elles et ils se font un point d’honneur de rester imperméables à toute répulsion, de se refuser à porter le moindre jugement.

    En ce qui concerne le sexe, le langage moral de la gauche définit toute critique comme une sorte de pathologie individuelle, d’où la dérive des mots en « -isme » vers ceux en « -phobie ». Et si le concept d’homophobie comprend l’importante vérité selon laquelle l’opposition aux rapports homosexuels est mêlée à une aversion irrationnelle pour les liaisons « contre nature », l’extension du suffixe « phobie » à d’autres contextes est incroyablement trompeuse.

    Par exemple, le mot « #putophobie » implique que la critique de la prostitution en tant qu’industrie et la violence faite aux femmes en prostitution proviennent toutes deux de la même racine mentalement malsaine ; comme si les féministes qui soulignent que le sexe tarifé est une violation misogyne travaillaient de concert avec les hommes qui commettent cette violation.

    C’est une insinuation qui est évidemment absurde, dès lors qu’elle peut être dissociée de la présomption selon laquelle les réactions négatives à tout ce qui concerne le sexe doivent inévitablement découler d’un malaise au sujet de la saleté morale. Mais la peur du malaise est notre point de départ, et cette peur du malaise est le seul point qu’on nous autorise à atteindre. Être progressiste, comme le dit le slogan, c’est tolérer tout sauf l’intolérance. Il en est ainsi de la notion de « kinkphobie » : qu’est-ce qui, à part la répulsion, pourrait inciter quiconque d’entre nous à critiquer ce que quiconque tient à faire au lit ? Rien du tout, tant que nous refusons d’accepter qu’un comportement personnel puisse avoir des conséquences sociales.

    Traduction : #Tradfem
    Version originale : https://unherd.com/2020/02/why-are-liberals-so-hypocritical-about-sex/?tl_inbound=1&tl_groups%5b0%5d=18743&tl_period_type=3
    #système_prostitutionnel #féminisme #sexe