• L’Église, les droits de propriété et l’environnement - Institut des affaires économiques - Urban Fusions
    https://www.urban-fusions.fr/2020/05/21/leglise-les-droits-de-propriete-et-lenvironnement-institut-des-affaire

    Un artcile intéressant de catholiques qui n’acceptent pas l’approche par les communs de l’encyclique Laudato Si, et défendent la propriété privée comme meilleur moyen de protéger l’environnement, en reprenant les arguments de Thomas D’Aquin. C’est beau la pensée réactionnaire quand elle est hors jeu face à la réalité, mais se plonge dans l’idéologie. Si la propriété privée pouvait défendre l’environnement, nous n’en serions pas là, et tous les beaux arguments s’écroulent devant l’analyse des faits.

    L’évêque Robert Byrne de Hexham et Newcastle a décrit Laudato Si, publié il y a cinq ans la semaine prochaine, comme « un document prophétique qui a donné un cadre théologique et spirituel à la crise environnementale à laquelle notre monde est confronté ». Un article précédent sur le blog Catholic Social Thought a développé un point similaire.

    Cependant, Laudato Si a appelé au dialogue et c’est dans cet esprit que ce billet a été écrit. Il est raisonnable de dire que les aspects économiques du document ne reflètent pas vraiment les développements modernes de la discipline, dont beaucoup sont admirés à travers le spectre politique (le travail d’Elinor Ostrom en est un excellent exemple).

    Laudato Si a une image négative de la propriété privée et de sa relation avec l’environnement. Le pape François dit que la tradition chrétienne n’a jamais reconnu les droits de propriété comme absolus ou inviolables et qu’ils doivent être subordonnés à un but social. Bien sûr, cela a toujours été l’enseignement de l’Église. Plus précisément, le pape François dit :

    « L’environnement naturel est un bien collectif, le patrimoine de toute l’humanité et la responsabilité de chacun. Si nous faisons nôtre quelque chose, ce n’est que pour l’administrer pour le bien de tous »(95).

    #Propriété_privée #Environnement #Laudato_Si #Droite_catholique

  • Utilisation d’un TPM pour l’authentification SSH
    https://linuxfr.org/news/utilisation-d-un-tpm-pour-l-authentification-ssh

    Après son Bien démarrer avec GnuPG, gouttegd nous livre un nouveau journal sur l’utilisation du Trusted Platform Module (TPM) pour s’authentifier auprès d’un serveur SSH. Ce journal a été converti en dépêche et enrichi des premiers commentaires. lien n°1 : Journal à l’origine de la dépêcheSommaire

    Support noyau

    La pile logicielle La pile de base L’interface PKCS#11 L’interface OpenSSL Configurer l’accès au TPM pour les différents composants

    Utilisation avec SSH Créer un jeton PKCS#11 Utiliser le jeton avec SSH

    Utilisation avec OpenSSL TPM et génération pseudo-aléatoire

    J’ai récemment fait l’acquisition d’un nouveau PC portable équipé entre autres choses d’un Trusted Platform Module (TPM) — comme la plupart des PC portables de nos jours, puisqu’à ce qu’il me semble la présence d’un TPM est un pré-requis pour (...)

  • Chômage partiel : l’Etat ne prendra plus en charge que 60 % du brut | Les Echos
    https://www.lesechos.fr/economie-france/social/exclusif-chomage-partiel-letat-ne-prendra-plus-en-charge-que-60-du-brut-120

    A compter du 1er juin, l’Etat et l’Unédic ne prendront plus en charge que 60 %, et non plus 70 %, de la rémunération brute des salariés au chômage partiel. L’employeur devra supporter un reste à charge d’un peu moins de 15 %.

    Le gouvernement a tranché sur l’une des mesures les plus scrutées par le monde économique en cette période de déconfinement progressif : à compter du 1er juin et sauf pour les entreprises toujours fermées par mesure sanitaire, l’Etat et l’Unédic ne prendront plus à leur charge 70 %, mais 60 %, de la rémunération brute des salariés placés en chômage partiel, a-t-on appris de sources concordantes. Pas de changement, en revanche, sur le plafond des rémunérations couvertes, qui reste à 4,5 fois le SMIC. Pas de changement non plus pour les rémunérations au SMIC ou en dessous qui restent remboursées à l’employeur à 100 %.

    #paywall #chômage #chômage_partiel

  • À San Francisco, quand mon quartier fait l’expérience de la pandémie
    Par Howard Becker (12/04/2020)
    SOCIOLOGUE
    https://aoc.media/analyse/2020/04/12/a-san-francisco-quand-mon-quartier-fait-lexperience-de-la-pandemie

    L’épidémie de Covid-19 transforme nos habitudes, nos interactions sociales : nous nous adaptons pour faire face à la crise. Résident de North Beach, à San Francisco, l’immense sociologue Howard Becker observe avec minutie et empathie comment la vie s’est ajustée dans son quartier.

    J’habite à San Francisco, dans un quartier qui s’appelle North Beach ou Russian Hill, les deux s’entremêlant sans frontière nette. Ce quartier date du séisme et de l’incendie de San Francisco de 1906, quand tout, dans ce coin, a été détruit, non pas par le tremblement de terre mais par le feu, qui n’a laissé qu’un tas de cendres.

    Reconstruite, cette petite partie de mon quartier a fourni les principaux logements des immigrants siciliens, venus avec leurs traditions et pratiques de la pêche. Quand j’ai emménagé ici il y a plus de cinquante ans, les « étrangers » comme moi et ma famille, et les autres familles similairement « américaines » de peintres et de sculpteurs qui enseignaient au San Francisco Art Institute situé non loin, n’ont pas été les bienvenus. Les pêcheurs qui apparaissaient, au printemps, assis sur les marches devant leur appartement où ils raccommodaient leurs filets et casiers à crabes, craignaient que nous ne rendions le quartier plus désirable, et – du fait de leur propre cupidité, ils étaient clairs sur ce point – qu’ils ne se retrouvent forcés de vendre leurs immeubles en échange des prix élevés que, nous, « Américains » offririons.

    Cela s’est effectivement passé ainsi, par étapes, au fil des ans. La première réelle invasion du quartier occupé par les Italiens a été celle des Chinois, qui ont traversé la frontière officieuse mais très réelle qui séparait la Little Italy du Chinatown tout proche. Ainsi, les immeubles des rues autour de chez moi ont bientôt appartenu à des Chinois et des familles sino-américaines, qui les habitaient. Les « Américains » et les « Sino-américains » ont rapidement noué des liens de voisinage, bien que rarement intimes. Nous pouvions les connaître suffisamment pour leur demander de réceptionner un colis en notre absence, mais pas au point de les inviter à dîner.

    Les établissements liés à la communauté locale italienne – les restaurants, dont les gérants faisaient encore partie de cette communauté où qu’ils résident dans la ville – ont peu à peu été remplacés. La fabrique de pâtes au coin de la rue a déménagé lorsque les hippies sont arrivés, pour être remplacée par un Co-Existence Bagel Shop. Les coffee shops tenus par des hippies, ainsi que les voyageurs hippies comme moi et ma famille, sont restés là pendant longtemps.

    Et il y avait toujours quelqu’un pour fournir les services que le citadin américain s’attend à trouver : coiffeurs, salons de beauté, supérettes de quartier, bars et cafés.

    Mon quartier a toujours connu, et continue de connaître, toute une série d’accommodements sociaux.

    Peu à peu, tout le monde s’était habitué aux Chinois et hippies installés ici. Mais bientôt la population du quartier a commencé à refléter les nouvelles entreprises qui étaient en train de gagner la ville : les géants de l’informatique et de l’information, qui se sont tout naturellement installés dans les vastes bâtiments du Financial District_ e San Francisco. Avec ces nouvelles entreprises – Sales Force, par exemple, a acheté son propre immeuble de plusieurs étages –, sont arrivés les gens qui y travaillaient. Certains de ceux qui désiraient habiter dans la City avaient des enfants en bas âge. Tout cela a contribué à augmenter la demande pour le stock réduit et limité de logements à North Beach/Russian Hill (et dans le quartier limitrophe de Telegraph Hill), logements qui avaient l’avantage d’être relativement proches à pied des bureaux de ces nouveaux géants de l’économie.

    Ainsi, mon quartier n’est pas un coin perdu, immuablement stable de la ville. C’est une communauté composée d’une population sans cesse changeante située dans un périmètre physique réduit, un quartier doté d’institutions, d’organismes, d’entreprises et de petits commerces qui sans cesse s’efforcent de répondre à des impératifs socio-économiques en perpétuelle évolution. Mais il a toujours connu, et continue de connaître, toute une série d’accommodements sociaux qui viennent soutenir les habitudes, besoins et désirs des gens qui y habitent.

    Ces accommodements sont visibles dans les petits détails de la vie de tous les jours, dans la manière dont la vie sociale « fonctionne » ou non. Et cela relève du truisme sociologique que de dire que ce n’est que lorsque les accommodements sociaux ne fonctionnent pas comme il se doit, et que tout le monde commence à se plaindre, que l’on prend conscience de la manière dont fonctionnent effectivement les choses quand elles fonctionnent.

    San Francisco est désormais, comme le reste du monde, assiégée par le coronavirus. Les dirigeants ont demandé aux citoyens d’éviter tous les contacts que la vie quotidienne d’ordinaire exige dès lors qu’il s’agit de travailler, manger, faire ses courses, socialiser, accéder aux soins de santé et de s’adonner à tant d’autres petites routines de la vie.

    Cela ne veut pas dire que plus aucune partie de l’énorme machine qui sous-tend notre vie au quotidien ne fonctionne. Il m’est encore possible, tous les matins, de recevoir et lire mon journal, le San Francisco Chronicle, éminemment conscient que quelqu’un s’est levé, alors qu’il faisait encore nuit, pour se mettre au volant d’un camion chargé d’exemplaires du journal (au contenu écrit et imprimé par bien d’autres encore), pour venir jusque dans notre rue afin que quelqu’un, depuis l’arrière du camion, puisse en lancer un paquet dans l’entrée de notre immeuble. La vie continue. J’ai ma presse habituelle qui alimente mes analyses de la vie de tous les jours.

    Cela fonctionne, du moins jusqu’à présent, pour la livraison des journaux. Mais qu’en est-il de la nourriture ? Personne ne lance du lait, des œufs, des fruits et des légumes de l’arrière d’un camion jusqu’à l’entrée de mon immeuble. La ville s’est toujours organisée différemment pour répondre à ce besoin. Mais les nouvelles règles imposées par le virus interfèrent avec cette organisation d’une manière à laquelle nous ne sommes pas préparés.

    Nous autres sociologues, par nécessité, attendons que le changement des conditions de la vie quotidienne oblige les gens à innover.

    La plupart des choses continuent d’être comme elles ont toujours été. Nous continuons d’avoir des magasins de proximité où nous pouvons acheter tout ce dont nous avons besoin pour nous nourrir, nous et notre famille. Mais qui sait quand la pandémie interfèrera avec cette offre là ? Et les restaurants, cette lointaine invention visant à nourrir une population toujours plus nombreuse dans des villes comme Paris, où les gens ne vivent plus au sein d’une unité familiale où la confection des repas fait partie de la division coutumière du travail ! Que se passera-t-il, à présent que les citadins doivent abandonner la proximité et l’intimité qui semblaient nécessaires à notre style de vie, afin d’éviter d’être infectés par cet ennemi invisible, et afin que nous puissions obtenir ce que nous voulons, et ce dont nous avons besoin, en évitant les obstacles et dangers que l’épidémie amène ?

    Comme souvent, c’est un problème, un danger qui exige de nous que nous changions notre manière de faire, en l’occurrence la façon dont les citadins se nourrissent. Les sociologues ne peuvent pas ranger les gens dans des groupes – comme le font les psychologues expérimentaux, qui traitent les membres de ces groupes de manière différente, afin de déterminer ce que ces traitements distincts entraînent comme différences de comportement chez leurs « sujets ».

    Changer l’organisation de la vie sociale requiert des inventions sociales : des manières nouvelles de faire d’anciennes choses, ou des choses nouvelles pour remplacer les anciennes manières d’assouvir des besoins. Nous autres sociologues, par nécessité, attendons que le changement des conditions de la vie quotidienne oblige les gens à innover, à créer les nouvelles façons de faire qui s’imposent. La vie sociale fait l’expérience pour nous.

    Cela oblige ceux qui font de la sociologie à être prêts à observer la vie autour d’eux, afin de voir qui fait quoi et par quel nouveau moyen, et d’entendre non seulement les raisons qu’ils donnent aux changements qu’ils mettent en place, mais aussi les réactions de ceux qui les entourent, à ces nouvelles solutions. L’histoire nous fournit une fois de plus l’occasion de regarder comment les gens improvisent des solutions face à une énième version de ces mêmes bonnes vieilles difficultés.

    La nourriture est la réponse générale à la question de savoir comment nous nous alimentons. La plupart des habitants de San Francisco se nourrissent en préparant des repas chez eux, en utilisant des aliments achetés dans des magasins d’alimentation. Certains de ces magasins sont des avant-postes de grandes chaînes (Safeway, par exemple, à San Francisco). D’autres magasins sont spécialisés, répondant par exemple aux exigences de ceux qui auraient besoin d’ingrédients adaptés à une cuisine italienne régionale. D’autres magasins encore (essentiellement dans le quartier japonais) fournissent le meilleur et le plus frais des poissons pour la préparation des sashimi, spécialité japonaise. Quelques traiteurs juifs servent de la soupe aux boulettes de matzoh, des sandwichs au pastrami, etc. D’autres personnes encore font leurs emplettes dans les omniprésents marchés de producteurs. Beaucoup de restaurants servaient des plats raffinés préparés par de vrais chefs. La ville s’enorgueillit de plusieurs restaurants étoilés par le Michelin.

    Or, aujourd’hui, en raison des restrictions imposées pour une période indéfinie par la pandémie, aucun de ces restaurants ne peut accueillir une clientèle, qu’elle soit de passage ou qu’elle réserve une table. Ces manières habituelles d’accueillir les clients constituent aujourd’hui une violation des règles strictes en matière de réunion dans l’espace public imposées par la ville. Par conséquent, les restaurants ne peuvent plus ouvrir leurs portes, ce qui signifie plus d’entrées d’argent, et donc pas d’argent pour payer les fournisseurs de produits bruts, les employés et le propriétaire des murs.

    Ainsi, ceux d’entre nous qui habitent North Beach et trouvaient cela pratique et agréable d’aller manger régulièrement au restaurant Da Flora sur Columbus Avenue, ne peuvent plus le faire. Jen et Darren, propriétaires du restaurant, étaient, bien entendu, encore plus contrariés que nous. Ils n’avaient jamais préparé de repas à emporter ou à livrer, et ils n’étaient pas sûrs de pouvoir nourrir leurs clients de cette manière, ni que quiconque veuille que leurs repas leur parviennent ainsi.

    Pourtant, moi, je savais que je voulais leurs plats, peu importe la manière dont ils me parvenaient ; alors je les ai appelés pour tenter de les persuader d’essayer, et de voir si d’autres personnes voudraient bénéficier de ce genre de service. À leur agréable surprise, c’est exactement ce que beaucoup voulaient. Tous ceux qui ont tenté l’expérience en ont immédiatement parlé à des amis, et la nouvelle s’est répandue. Les affaires ont repris ! C’est Christopher, le frère de Darren, serveur au restaurant en temps normal, qui livre les repas – plat principal, salade, pain et dessert –, facturés au même prix qu’autrefois dans le restaurant.

    Elias, l’autre héros de ma petite histoire, était depuis plus de vingt ans le propriétaire et l’exploitant du Café Sappore, situé sur Lombard Street, à une rue de chez nous. Sappore était soutenu, en partie, par les cars de touristes venus du monde entier pour arpenter la célèbre rue Lombard (une courte rue tout en lacets qui rejoint deux rues perpendiculaires) – touristes qui s’arrêtaient à Sappore pour prendre un café ou un thé et un sandwich. Ce café était aussi devenu, sans que personne ne l’ait voulu ou planifié et certainement pas Elias, le lieu privilégié des réunions de quartier, l’endroit où, lorsqu’il y avait un problème qui excitait les résidents permanents, l’inévitable « réunion de protestation » se déroulait. Et c’était aussi l’endroit où l’on pouvait inviter une personne à déjeuner en sachant que quels que soient ses goûts, restrictions ou excentricités alimentaires, elle trouverait au menu quelque chose que non seulement elle supporterait, mais qui en plus la régalerait. Tout cela pour dire que Sappore a prospéré.

    Cependant, un jour, de manière inattendue, Elias a perdu le bail du lieu. Il a rapidement trouvé un autre endroit, beaucoup plus petit, sur Columbus Avenue, une rue voisine bien plus large et fréquentée, et il a ouvert Le Sandwich, dont la carte se composait d’une douzaine de sandwiches : des classiques comme le Reuben, et des variétés moins connues comme le Bollywood. Le succès a été immédiat.

    Cette petite zone géographique locale, qui affiche habituellement extrêmement peu d’organisation sociale visible, possède en fait une « culture ».

    Puis le coronavirus est arrivé, et avec lui son lot de difficultés. Mais Elias n’a pas fermé. Comme il n’avait pas d’endroit où les gens pouvaient manger ce qu’il préparait, à part quelques chaises sur le trottoir, il a pu continuer à faire ses sandwiches et à les vendre sans violer les nouvelles restrictions. Et puis il a annoncé qu’il pourrait également livrer d’autres types de repas.

    Je savais vaguement qu’Elias avait aussi une activité de traiteur, des dîners destinés à un nombre important de convives lors de soirées chez des particuliers. Je découvrais à présent que c’était une partie importante de ses activités dans la restauration, et qu’il dirigeait son affaire depuis son appartement voisin. Quelques jours plus tard, il nous a dit qu’il était prêt à commencer à livrer des repas, deux soirs par semaine. Nous avons eu la primeur – de délicieuses lasagnes –, et c’est maintenant une affaire régulière. Chaque semaine, il met en ligne son nouveau menu. (Mais je dois vous rappeler qu’il ne livre pas à Paris !)

    Ces deux entreprises sont montées au créneau lorsque leurs clients – ainsi qu’elles-mêmes – ont commencé à pâtir de la situation imposée par la pandémie. Ainsi, la nourriture que les gens désiraient, la nourriture que Jen, Darren et Elias voulaient continuer de préparer pour pouvoir travailler et subvenir à leurs besoins et à ceux de leurs employés, cette nourriture, ils ont su la rendre disponible. Ils ont réagi de manière rapide et inventive, au bénéfice de tous.

    On peut faire un parallèle entre cette situation et le domaine de l’interaction interpersonnelle. Dans la vie quotidienne ordinaire, beaucoup de gens du quartier commencent à vous lancer un « Hi ! » à l’américaine après vous avoir croisé plusieurs fois. Souvent, un voisin de longue date nous présente une personne qui vient d’emménager dans un des appartements de la rue. C’est ainsi que nous avons rencontré Terry, qui venait de s’installer dans l’immeuble voisin du nôtre, qui avait été acheté par Ben et Bethany Golden pour s’assurer que tous les logements seraient occupés, à terme, par des personnes avec lesquelles il serait facile de s’entendre. Lorsqu’ils trouvaient de telles personnes, ils leur vendaient un appartement. Et présentaient les nouveaux-venus aux voisins.

    C’est ainsi qu’un jour Bethany nous a présenté notre nouvelle voisine, Terry Ewins, qui avait récemment acheté un des appartements, en précisant en passant qu’elle était capitaine au poste de police du quartier. Elle semblait tout à fait agréable et raisonnable, et nous avions l’habitude de nous saluer dans la rue, mais là s’arrêtait notre relation de « voisinage », exactement comme pour les autres personnes qui avaient progressivement emménagé dans les logements du coin.

    Et puis, un peu plus tard, après que London Breed, le maire de San Francisco, a émis la directive officielle de non-circulation dans les rues sans raison valable, Terry (qui, entre-temps, avait été promue au rang de commandant) a fait savoir (par l’intermédiaire de Bethany, qui nous avait présentés) qu’elle se rendait au travail à pied tous les jours, et que si nous avions besoin de faire une course, ou de quoi que ce soit qui nous obligerait à sortir, il suffisait de le lui faire savoir, et qu’elle serait heureuse de faire la course pour nous.

    L’idée que nous nous faisions du policier de haut rang n’incluait apparemment pas – vu notre première réaction de perplexité – le fait qu’il rende de tels services à des personnes à peine connues de lui. Non que cette femme ait fait quelque chose pour mériter qu’on la soupçonnât de quoi que ce soit – cela relevait juste d’un simple préjugé de notre part. En y réfléchissant davantage, j’ai réalisé qu’elle avait dû dire cela parce qu’elle avait vu que je suis plutôt âgé (91 ans, pour être exact, mais ça elle ne le savait pas, et a dû simplement déduire mon grand âge de mes balades assistées d’une canne) et estimé qu’une aide occasionnelle, et non contraignante pour elle, me rendrait service.

    Je me suis mis à réfléchir à la façon dont la directive du maire sur le confinement affectait les organisations et le comportement des gens. Il semble probable que les petits gestes et événements, comme ceux que je viens de décrire, se produisent plus souvent maintenant que nous sommes dans cette « situation d’urgence », bien que personne n’en ait fait le constat.

    Ceci nous laisse penser que cette petite zone géographique locale, qui affiche habituellement extrêmement peu d’organisation sociale visible, possède en fait tout un ensemble de ce que les spécialistes de sciences sociales appellent « culture » ou « compréhensions partagées » : des accords implicites pour l’adoption de certains comportements dans certaines circonstances. Ces « circonstances » sont rarement réunies comme elles le sont actuellement, de sorte que nous assistons ici à la façon dont la possibilité d’un tel comportement advient, dès lors que les circonstances commencent à convaincre les gens que ce type de situation inhabituelle exige des réactions inhabituelles.

    traduit de l’américain par Hélène Borraz

    Pour @colporteur ;)
    #Howard_Becker #San_Francisco

    Howard Becker
    SOCIOLOGUE, PROFESSOR AT THE UNIVERSITY OF WASHINGTON
    Né en 1928, Howard S. Becker fut formé dans la tradition de l’école de Chicago, notamment auprès de Everett Hughes. Il est l’auteur de très nombreux livres classiques de sociologie, à commencer par Outsiders ou Les Mondes de l’art.

    https://aoc.media/auteur/howard-becker

    • San Francisco ou la distanciation sociale avant l’heure
      Par Cécile Alduy (27/04/2020)
      CHERCHEUSE EN LITTÉRATURE
      https://aoc.media/opinion/2020/04/27/san-francisco-ou-la-distanciation-sociale-avant-lheure

      La distanciation sociale, le meilleur moyen de lutter contre l’épidémie de Covid-19 ? Dans ce cas, il n’est pas surprenant que San Francisco, ville de l’automobile individuelle, de Tinder, de UberEat… soit particulièrement épargnée. Mais cette observation est à double tranchant, révélatrice de la fracture digitale, qui est aussi fracture sociale, dans une ville déjà désertée par tous ceux pour qui le télétravail n’est pas une option.

      On a ressorti les masques. Le bleu, le rose, le bariolé, taille enfant, achetés pour nous protéger des fumées toxiques du Paradise Fire en novembre 2018. L’air était âpre, piquait les yeux, la gorge. Un brouillard roux à couper au couteau masquait la ville. Déjà, on se calfeutrait et on comptait les morts. Déjà, pendant des jours, on a eu peur de suffoquer.

      À l’heure du coronavirus, on retient de nouveau son souffle à San Francisco. Mais aujourd’hui le mal est invisible, partout et nulle part, intraçable. On porte des masques en plein soleil, alors que l’air n’a jamais été aussi pur. Les abeilles sont revenues, les oiseaux s’en donnent à cœur joie. Mais les balançoires des jardins d’enfants pendent dans le vide, inutiles. Les autoroutes qui cisaillent la ville se sont tues. Devant les supermarchés s’allongent des files en pointillé – une personne tous les deux mètres, gants en latex aux mains, et masques déjà obligatoires. La ville est inchangée, la nature resplendit, mais les humains sont sur la défensive, parés pour un cataclysme.

      Pourtant, dans la Baie de San Francisco, le nombre de morts n’est pas parti en flèche, comme à New York, en France, en Espagne ou en Italie. La fameuse « courbe » des infections au Covid-19 a été tellement aplatie par des mesures précoces qu’on attend encore « la vague » et le « pic », alors que la côte Est et la Floride ont été submergées.

      Mais tout aurait pu être différent. Le 10 mars on recensait quatorze cas d’infection à San Francisco, ville de 885 000 d’habitants, contre seulement sept à New York, qui en compte 8 millions. Un mois plus tard, cette dernière ville est en urgence absolue, littéralement asphyxiée. L’autre attend, immobile. Plus de 13 000 morts à New York au 18 avril contre 20 (en tout) à San Francisco. Pourquoi un tel écart ?

      Il y a d’abord sans aucun doute la chronologie – tardive et à reculons côte Est comme en France, proactive en Californie – des politiques publiques. Début mars les rassemblements de plus de 1000, puis de 100 personnes sont interdits ; en France, on en est encore aux meetings électoraux des municipales et le Président Macron se targue d’aller au théâtre car, dit-il, « la vie continue ». Dès le 16 mars, alors qu’on compte neuf décès sur tout l’État de Californie, les écoles publiques ferment (les écoles en France n’ont été fermées que le 13 mars, alors qu’il y avait déjà 79 morts déclarés). Le 17 mars, la maire de San Francisco, London Breed, une vigoureuse noire américaine démocrate, signe un décret de « shelter in place », littéralement « restez à l’abri où vous êtes », une expression tirée des manuels de riposte aux risques de radiation nucléaire, et familière des États confrontés aux tueries au fusil d’assaut dans les écoles et aux hurricanes. Le gouverneur Gavin Newson étend bientôt cette ordonnance à toute la Californie. Au même moment, le gouverneur de l’État de New York, Cuomo, est catégorique : « Il n’est pas question d’imposer un « shelter in place » à New York » annonce-t-il le 18 au New York Times. Il devra faire marche arrière deux jours plus tard.

      Face à une épidémie qui se propage de manière exponentielle, chaque contact évité ralentit la machine infernale. Chaque jour perdu dans l’insouciance ou le déni l’accélère. CQFD par l’exemple californien.

      L’esprit d’initiative et d’innovation tant prisé repose sur une indifférence, voire un certain mépris envers un État dont on n’attend pas grand-chose.

      Mais au-delà des mesures officielles, ce sont des facteurs socio-culturels et géographiques qui ont aussi fait la différence dans le quotidien : des habitus, des croyances, des bulles cognitives, des modes d’interaction sociale et une géographie suburbaine qui forment un mode de vie – et d’agir – propre à la Californie et surtout à la Baie de San Francisco. Un écosystème où la vie digitale infusait dans la ville bien avant que tout ne bascule dans la réalité virtuelle, et où l’État n’a jamais été un sauveur. Sauf pour les laissez-pour-compte de la révolution de la tech.

      La pandémie est d’abord un révélateur du politique au sens littéral de gestion de la cité. Les lieux d’exercice du pouvoir où la riposte s’est décidée précocement ont été d’abord hors de la politique et du système représentatif. Si les maires et le gouverneur ont été rapides à réagir, ils n’ont fait que suivre d’autres acteurs souvent plus puissants : l’influence de la tech et des universités comme leaders d’opinion et de comportements dans la Silicon Valley a été précoce, et décisive.

      Ainsi, le télétravail a été organisé en amont dès fin février, puis imposé aux salariés des starts-ups et des mastodontes début mars avant même que le confinement ne soit déclaré (là aussi très tôt) par les counties. Ces multinationales ont des milliers d’employés partout dans le monde et évaluent très tôt les risques économiques et sanitaires de la déflagration qui se propage de la Chine vers l’Europe et le reste du monde. Culture du big data, de la modélisation des comportements, de l’analyse de risque, de l’agrégation et de la gestion de l’information, du leadership, et de l’ouverture commerciale et culturelle sur le Pacifique, le cœur de métier des Apple, Amazon, Facebook, Google, et autres grandes et petites tech companies les préparaient culturellement et industriellement à prendre le pouls de l’Asie et à anticiper au quart de tour.

      On aime critiquer les GAFA et la tech (et il y a plein de raisons valides pour le faire), et pointer du doigt la mondialisation comme l’une des causes ou des accélérateurs de la pandémie. La réalité est plus complexe : dans l’écosystème de la Silicon Valley, ils ont aussi eu un rôle de leaders et ont accéléré la prise de conscience, pour ensuite participer massivement à l’adaptation de la région aux conséquences du confinement. Google a ainsi déployé 100 000 hot spots WIFI gratuits dans les zones blanches de Californie et donné 4 000 ordinateurs Chrome book aux écoles publiques. Il n’en demeure pas moins troublant de constater le pouvoir décisionnaire massif de ces magmas industriels.

      C’est plus généralement que la culture de la Baie est marquée une attitude de responsabilité individuelle à double tranchant. L’esprit d’initiative et d’innovation tant prisé repose sur une indifférence, voire un certain mépris envers un État dont on n’attend pas grand-chose, si ce n’est, au minimum, de ne pas être un obstacle (ce qui, sous la présidence Trump, n’est pas gagné d’avance). L’idée d’un destin collectif existe, mais il repose sur l’appartenance à une « community » qui n’est pas, contrairement à une idée reçue française, fondée exclusivement sur l’identité ethnique ou sexuelle, mais plutôt sur des micro-lieux de vie et de partage de destins : quartier, entreprises, villes. Et donc les quartiers s’organisent pour soutenir les cafés et restos indépendants menacés de mettre la clé sous la porte, les villes décident seules quand et dans quels termes imposer le confinement, les sans-abris sont mis à l’abri massivement par les municipalités, les entreprises développent seules de véritables politiques de santé publique.

      À Stanford University (où j’enseigne), le campus a ainsi basculé en mode purement digital dès le 9 mars, pour être entièrement fermé et évacué le 25. L’activité de recherche, sans attendre d’hypothétiques fonds publics, s’est immédiatement réorientée vers la réponse à la pandémie, dans la faculté de médecine, en sciences sociales ou en design, tandis que le semestre de printemps se déroulait entièrement par Zoom avec des étudiants aux quatre coins du monde.

      Le discours du leadership n’a d’ailleurs pas été celui d’une « guerre » à mener ou gagner, mais un engagement de responsabilité civique fondé sur l’analyse des données scientifiques et la prise en charge des besoins de la « communauté ». D’immenses efforts ont été déployés pour subvenir aux besoins de (presque) tous, des étudiants boursiers aux post-docs, aux jeunes professeurs non titularisés, aux restaurateurs, agents d’entretien, contractuels, le staff, financièrement, psychologiquement, technologiquement et intellectuellement. Et face au désastre économique qui se précise, le président de Stanford et la vice-présidente vont amputer leurs salaires de 20%.

      D’autres facteurs socio-culturels et géographiques ont aidé à contenir, jusqu’ici, la propagation exponentielle du virus. Il y a d’abord la proximité avec l’Asie, qui est bien plus qu’une donnée géographique ou économique. Au dernier recensement (2010), plus de 33% des San Franciscains se déclaraient « Asian-American », un chiffre qui bondit à 58% de la population à Daly City, banlieue industrielle et résidentielle au sud de la ville. L’Asie n’est pas un horizon lointain sur cette frontière pacifique : elle est au cœur du tissu culturel, ethnique et intellectuel de la région. Elle façonne les manières de socialiser, de se saluer, d’interagir, de se protéger, et de penser le monde. Bien avant l’épidémie il n’était pas rare de voir des jeunes et moins jeunes Chinois ou Asian-American parcourir la ville portant un masque chirurgical, pour se protéger ou protéger les autres.

      Autre micro-différence culturelle, qui en période de coronavirus a pu avoir une influence : les gens se touchent moins à San Francisco qu’en France, en Italie, en Espagne ou à New York. Entre la culture hygiéniste, qui fait que les solutions hydro-alcooliques étaient déjà dans les sacs à mains et les officines de dentistes, et le « cool » un peu distant des échanges quotidiens, on se sourit de loin. La socialisation à San Francisco est chaleureuse dans les mots et les visages, mais plus distante physiquement, moins « au contact » (pas de bises à la française, on ne se serre même pas toujours la main pour se présenter, encore moins pour se dire bonjour — un salut de la tête, de loin, suffit ; les « hugs » sont réservés aux retrouvailles).

      Cette « distanciation sociale » avant l’heure n’est que le masque affable d’une fracture sociale et raciale vertigineuse.

      Cette distance sociale physique dans les interactions du quotidien est mise en abyme par la géographie urbaine, ou plutôt suburbaine de San Francisco et des alentours. Excepté un centre-ville touristique et des affaires assez dense et quelques îlots de tours, la ville s’étale sur sept collines principalement résidentielles, séparées par d’immenses parcs de plusieurs centaines voire milliers d’hectares, comme le Presidio. Les immeubles sont plutôt rares et limités par décret à quatre ou six étages. Le rêve californien est la maison victorienne individuelle (comme la fameuse « maison bleue » de Maxime Le Forestier, récemment mise sur le marché pour la modique somme de 3,5 millions de dollars).

      Pour un Parisien ou un New Yorkais, certains quartiers sont en temps normal d’un calme au choix flippant ou apaisant. Dans mon quartier de Potrero Hill, colline coincée entre deux autoroutes où sont perchées des maisons à deux étages, on vit ce paradoxe qu’il y a aujourd’hui, en plein « confinement » : plus de gens dans les rues (car ils ne sont plus ni dans leur voiture ni au bureau) que d’habitude, où l’on peut marcher cinq pâtés de maisons sans rencontrer âme qui vive. D’ailleurs les « clusters » de contagion sont presque exclusivement dans des centres pour sans-abris ou des maisons de retraite, ou dans le quartier de Mission où l’habitat collectif est plus dense.

      Chacun dans sa maison individuelle, et surtout dans sa voiture. Avec 1,7 voiture par famille, les San Franciscains font presque tout en automobile (malgré l’émergence du vélo électrique pour vaincre lesdites collines, pentues) : les courses, toutes les courses de la baguette à la pharmacie, la dépose-rapide des enfants devant l’école, les sortes de « drive-in » pour les chercher à 16h00 où l’on embarque non un plat mais un môme (le nôtre généralement, c’est bien organisé), le dentiste, le coiffeur, la balade du week-end à la plage, et surtout, le travail. Entre toutes ces activités, il peut arriver de passer quatre bonnes heures par jour en voiture, juste pour accomplir le minimum vital professionnel et familial. Les 160 000 passagers qui prennent quotidiennement le métro de San Francisco (400 000 sur toute la Baie) font pâle figure en comparaison des 4,3 millions qui s’agglutinent dans le métro new yorkais.

      Et ce qu’on ne fait pas en voiture, on le fait en ligne : acheter des habits, commander des repas (UberEat), faire faire ses courses par quelqu’un d’autre (Instacart, DoorDash), et même rencontrer l’âme sœur ou sa « date » (Tinder) — une App née à San Francisco vous évite de sortir de chez vous. Ce faible taux de promiscuité au quotidien aura-t-il freiné lui aussi la propagation du virus ? Là encore, les « leçons » de la crise ne vont pas forcément dans le sens qu’on aimerait : le tout voiture et l’uberisation ont peut-être été des facteurs protecteurs – du moins pour ceux qui peuvent en profiter.

      Avec le « shelter in place », les rues ne sont donc pas soudain vides – elles l’étaient déjà dans de nombreux quartiers la plupart du temps. Les interactions sociales se sont raréfiées, notamment dans ces rues qui offraient sur deux pâtés de maison une soudaine concentration d’échoppes, mais on télé-commutait déjà de manière régulière dans les entreprises de l’économie de l’information, de l’éducation, de la tech, ou de la finance. Et avec le tout voiture, combien de gens se croisaient vraiment dans la rue chaque jour, hors quartiers touristiques et d’affaires ? À visualiser New York ou Paris, puis le San Francisco d’avant, on imagine volontiers (même s’il faudrait des études précises) que nombre de San Franciscains faisaient déjà de la « distanciation sociale » sans le savoir.

      Et c’est d’ailleurs bien là que le bât blesse. Cette cartographie des interactions humaines esquissée ici à grand traits sans doute grossiers, révèle des failles sociologiques immenses qui se lisent déjà dans la géographie du Covid-19. Cette « distanciation sociale » avant l’heure que permettait la digitalisation des modes de vie et une urbanisation construite autour de la maison individuelle et de l’auto n’est que le masque affable d’une fracture sociale et raciale vertigineuse.

      Et si San Francisco échappait donc à la pandémie en partie parce qu’elle a exclu de ses limites, bien avant la crise, ceux qui la font vivre et ne peuvent plus y vivre, ceux qui vivent en habitat collectif, sont locataires, prennent les transports publics, n’ont pas deux tablettes, un ordinateur et 3 Iphones par foyer ? Car qui peut encore habiter dans une ville dont le revenu médian est de $112,000 par an, et où le loyer d’un « one bedroom » est autour de $3500 par mois ?

      Passer au tout digital était « seconde nature » pour la couche aisée de la population – celle qui se confine aujourd’hui tandis que les travailleurs qui ne peuvent se payer un loyer à San Francisco continuent de l’alimenter, de la soigner ou de lui livrer ses colis Amazon. Il existe bien encore quelques quartiers qui fourmillent, qui braillent, qui grouillent, qui arpentent, qui se serrent, qui vaquent, comme Mission, le Tenderloin, et ces non-lieux que sont les enclaves grappillées sous les ponts et les autoroutes, les terrains vagues le long des entrepôts, où des tentes éparpillée formant une ville fantôme. Ces quartiers sont eux frappés de plein fouet, par la maladie [1], par la fracture numérique qui laissent des enfants sans apprentissage et sans repas car sans école, par les licenciements secs, du jour au lendemain.

      La Silicon Valley et San Francisco ont été partiellement épargnées par la pandémie. C’est une bonne nouvelle. Sauf si elles l’ont été parce qu’elles s’étaient déjà confinées dans un monde d’après, où la distanciation sociale est d’abord la mise à distance des moins bien lotis.

      Cécile Alduy
      CHERCHEUSE EN LITTÉRATURE, PROFESSEURE À STANDFORD, CHERCHEUSE ASSOCIÉE À SCIENCES PO

      [1 ] lien vers :
      Coronavirus hits San Francisco’s Mission District hardest of all city neighborhoods (20/04/2020)
      https://www.sfchronicle.com/bayarea/article/City-data-show-SF-s-Mission-District-is-area-of-15213922.php

      Cécile Alduy
      CHERCHEUSE EN LITTÉRATURE, PROFESSEURE À STANDFORD, CHERCHEUSE ASSOCIÉE À SCIENCES PO
      Cécile Alduy est professeure de littérature et de civilisation françaises à l’université Stanford (États-Unis), et chercheuse associée au CEVIPOF à l’Institut d’études politiques de Paris. Elle est l’auteur de Marine Le Pen prise aux mots. Décryptage du nouveau discours frontiste (Seuil, 2015), lauréat du prix « Penser la société » 2015 du Panorama des Idées. Journaliste politique, elle écrit régulièrement pour Le Monde, Le Nouvel Obs, The Atlantic, The Nation, The Boston Review, Politico, CNN et a publié de nombreux articles universitaires sur le Front national.

      https://aoc.media/auteur/cecile-alduyaoc-media

      (article en contrepoint, pas édité, beaucoup trop d’italiques...)
      #Cécile_Alduy

  • Ayant perdu l’espoir d’un changement, des militants et des universitaires de gauche de premier plan laissent Israël derrière eux
    24 mai | Shany Littman pour Haaretz |Traduction CG pour l’AURDIP
    https://www.aurdip.org/ayant-perdu-l-espoir-d-un.html

    Ils ont fondé des mouvements anti-occupation et ont combattu pour l’âme de la société israélienne, mais finalement, ils ont décidé d’émigrer. Les nouveaux exilés racontent à Haaretz comment ils ont été harcelés et réduits au silence, jusqu’à ce qu’ils n’aient presque plus d’autre choix que de partir. (...)

    #exil

  • « Sauver l’art ». Les rhétoriques de l’art contemporain au service de l’accélération conservatrice – CONTRETEMPS
    https://www.contretemps.eu/rhetorique-art-contemporain-acceleration-conservatrice

    Derrière l’art se cachent toujours des systèmes d’oppression. Depuis l’antiquité, la culture occidentale vit sous l’empire de l’art – un paradigme culturel totalisant qui n’admet les écarts que pour autant qu’ils ramènent les dissident·e·s à reconnaître, par ce moyen, son incontestable hégémonie et ses règles. Aujourd’hui, les institutions d’art contemporain, prisonnières d’un univers de pensée valorisant l’ordre, l’essentialisme et l’universalisme, et malgré leurs discours progressistes, amplifient encore des phénomènes inégalitaires et d’élimination des corps politiques dominés.

    Ce que l’on nomme art a su au cours de son histoire s’imposer dans le discours dominant à travers différents récits en tant que pratique source de progrès social, de libération et créatrice de lien social. Science du beau, outil d’émancipation ou encore plus récemment art engagé, l’ensemble de ces récits ont au fil du temps permis d’instituer l’art comme un bien commun. En droit français l’art est reconnu d’intérêt général légitimant l’attribution de fonds issus de l’impôt au même titre que l’éducation ou encore la santé. Plus récemment cette notion juridique soumise à de très larges interprétations a notamment été utilisée pour légaliser des dispositifs de défiscalisation au profit de mécènes privés disposé·e·s à investir dans le champ artistique, un investissement reconnu d’utilité publique.

    Or les idées selon laquelle l’art existerait comme contre-espace à la violence, au conformisme du monde et pour le bien de tou·te·s m’apparaissent non seulement fausses et dangereuses, mais, par ailleurs, comme des réponses à une logique de dissimulation de la violence produite par les institutions culturelles.

    En 1966, dans un ouvrage intitulé L’amour de l’art, les musées d’art européens et leurs publics, Pierre Bourdieu et Alain Darbel avançaient des données sociologiques pour mettre en évidence l’inadéquation entre le discours institutionnel inscrivant l’art comme bien commun et les conditions sociales nécessaires de l’accession aux pratiques artistiques. Toutefois cette sociologie de l’art qui théorise la domination sans forcément penser l’émancipation apparaît insuffisante au regard de l’étendue des liens qui existent entre art et oppression et s’agissant des possibilités de les déconstruire.

  • First Ubuntu 20.04 Point Release Arrives July 23
    https://www.omgubuntu.co.uk/2020/05/ubuntu-20-04-1-coming-july

    The Ubuntu 20.04.1 point release is due for release on July 23, 2020. The update doesn’t have a new hardware enablement stack but is notable for LTS users. This post, First Ubuntu 20.04 Point Release Arrives July 23 is from OMG! Ubuntu!. Do not reproduce elsewhere without permission.

  • How coronavirus lockdowns stopped flu in its tracks
    https://www.nature.com/articles/d41586-020-01538-8

    Lockdowns and social-distancing measures aimed at slowing the spread of coronavirus seem to have shortened the influenza season in the northern hemisphere by about six weeks.

    Globally, an estimated 290,000–650,000 people typically die from seasonal flu, so a shorter flu season could mean tens of thousands of lives are spared. But the net impacts on global health will be hard to unpick against the large number of deaths from COVID-19 as well as other causes in 2020 and beyond. Tracking influenza and other infectious diseases can help to reveal the effectiveness of public-health policies aimed at stopping the coronavirus pandemic.

    Seasonal flu cases in the northern hemisphere usually peak in February and tail off by the end of May. This year, unusually, lab-confirmed cases of influenza dropped precipitously in early April, a few weeks after the coronavirus pandemic was declared on 11 March (see ‘Flu season cut short by COVID-19 measures’). The data comes from tests of more than 150,000 samples from national influenza laboratories in 71 countries that report data to FluNet, a global surveillance system.
    The early end to the flu season comes despite the fact that it started with a bang; in January, before the coronavirus pandemic, the influenza season was on track to be the most severe in decades.

    There are other possible contributors to the decline: people with flu symptoms might have avoided clinics altogether, for example, isolating at home and so not showing up in the statistics. But the response to the pandemic is likely to be an important factor: “Public-health measures such as movement restrictions, social distancing and increased personal hygiene likely had an effect on decreasing influenza and other respiratory virus transmission,” said the World Health Organization in a statement to Nature.

  • 100 000 morts...
    https://www.dedefensa.org/article/100000-morts

    100 000 morts...

    Quel symbole peu ordinaire ! Le décompte officiel des morts du Covid19 aux USA a atteint et dépassé les 100 000 le “Jour de la Mémoire” (Memorial Day), qui est la célébration annuelle de tous les soldats US morts au combat en terre étrangère. Quoi qu’on pense de la réalité de Covid19, de la réalité des décomptes, de la validité des décomptes, quoiqu’on échafaude comme complot dans un sens ou l’autre, la vérité-de-situation est le résultat d’un travail passant par la communication officielle lorsque tout le monde, pour pouvoir continuer à communiquer, choisit de s’y référer, – quoi qu’elle vaille et qu’on en pense, et disant ce qu’on en pense ; et cette “communication officielle” décompte 100 000 mort qui est un chiffre symbolique lui-même, en ce Memorial Day si complètement chargé du symbolisme (...)

  • Nextdoor’s Delicate Partnership With Local Police
    https://www.citylab.com/equity/2020/05/nextdoor-local-partnerships-police-government-privacy-app/611827

    The hyper-local social media platform Nextdoor is winning over local law enforcement and other government officials in the U.S., alarming civil rights advocates. Charles Husted, the chief of police in Sedona, Arizona, couldn’t contain his excitement. He had just been accepted into the Public Agencies Advisory Council for Nextdoor, the neighborhood social networking app. “You’re the best !!! A great Christmas present,” he wrote in a December email to Parisa Safarzadeh, Government Relations (...)

    #Clearview #Google #Ring #Amazon #Facebook #Nextdoor #Twitter #CCTV #sonnette #police #racisme #vidéo-surveillance #délation #discrimination #lobbying #microtargeting #SocialNetwork #surveillance #voisinage #ACLU (...)

    ##EFF

  • Quiz asile 2020 | Les gagnant-e-s, et les enseignements…
    https://asile.ch/2020/05/25/kahoot

    Vous avez été plus de 220 à participer à notre Quiz sur l’asile 2020. Nous dévoilons les noms -ou plutôt les pseudos- des 20 gagnantes et gagnants. Ce quiz contenait des questions-piège. Il nous apporte des indications intéressantes quant aux thématiques où certaines idées reçues prédominent.

  • Les obtentions végétales et animales "essentiellement par des moyens biologiques" ne sont pas brevetables selon une décision de la chambre de recours de l’office européens des brevets en date du 14 mai 2020.

    EPO - G 0003/19 (Pepper (follow-up to “Tomatoes II” and “Broccoli II”)) of 14.5.2020
    https://www.epo.org/law-practice/case-law-appeals/recent/g190003ex1.html

    Taking into account developments after decisions G 2/12 and G 2/13 of the Enlarged Board of Appeal, the exception to patentability of essentially biological processes for the production of plants or animals in Article 53(b) EPC has a negative effect on the allowability of product claims and product-by-process claims directed to plants, plant material or animals, if the claimed product is exclusively obtained by means of an essentially biological process or if the claimed process features define an essentially biological process.
    This negative effect does not apply to European patents granted before 1 July 2017 and European patent applications which were filed before that date and are still pending.

    #brevets

  • Covid-19 : pensée positive, complot, versus collectif
    https://joellepalmieri.org/2020/05/25/covid-19-pensee-positive-complot-versus-collectif

    « Mieux vaut être mâle riche blanc occidental et bien portant que femme pauvre battue racisée/subalterne et malade ». Cette formule librement inspirée de Francis Blanche, pourrait résumer l’ambiance « post-Covid ». En France, parce que la période est difficile, beaucoup essaie de « positiver » leur expérience de confinement et de déconfinement. Même si « on » considère qu’« on a de la … Lire la suite →


    https://0.gravatar.com/avatar/9756ba41fe8333157071419a20733f4a?s=96&d=https%3A%2F%2F0.gravatar.com%2Fa

  • Recruitment to the RECOVERY trial (including the Hydroxychloroquine arm) REMAINS OPEN
    https://www.recoverytrial.net/files/professional-downloads/recovery_noticetoinvestigators_2020-05-24_1422.pdf

    Après évaluation de résultats préliminaires (motivée par les mauvais résultats de l’étude Mehra et al), l’étude prospective randomisée britannique #RECOVERY est autorisée à se poursuivre en maintenant l’#HCQ dans son protocole.

    On Friday 22nd May we received a letter from the MHRA in which they notified us of their concerns relating to the use of #hydroxychloroquine as a treatment for patients with #COVID-19 in the light of the recent publication by Mehra et al in The Lancet on 22 May 2020.

    We have held two videoconferences with the MHRA and provided a detailed response [...].

    This morning we have received written confirmation from the MHRA that, “it is acceptable to allow continued randomisation into the hydroxychloroquine arm of the trial.”

    [..,]

    • The RECOVERY trial is currently the largest randomised controlled trial of HCQ for COVID-19 but is not yet sufficiently large to detect (or rule out) moderate yet important treatment effects.

    [...]

    In response to the letter provided by MHRA, the Chair of the independent DMC conducted an urgent review of unblinded data for the HCQ vs. Standard of Care comparison within RECOVERY. Following an initial review by the DMC Chair and further discussions between the RECOVERY Chief Investigators and the MHRA, the independent Data Monitoring Committee then held a full meeting by videoconference and issued a letter indicating that, “the Data Monitoring Committee saw no cogent reason to suspend recruitment for safety reasons and recommended the trial continue recruitment without interruption.”

    •Given the additional review of unblinded data conducted by the full independent Data Monitoring Committee yesterday and their recommendation to continue without interruption, it is the view of the Chief Investigators that any pause in recruitment would be unjustified and would not be in the interests of trial participants or public health.

    •The RECOVERY trial provides the best and most rapid opportunity to produce robust information on the overall effects of HCQ on the risk of death from COVID-19. These results will be of huge importance to the millions of patients who are (or will be) treated with HCQ and could have a major impact on a disease that has already caused hundreds of thousands of deaths.

    • Alors qu’on nous présente souvent les lois comme des rochers qu’on ne pourrait pas déplacer d’un millimètre, que dans les cas de viols on nous répond « parole contre parole » et « présomption d’innocence » donc « affaire classée », j’ai découvert que l’Australie envisageait les choses de manière radicalement différente. Par exemple, pendant le procès, on ne parle pas du passé de la victime, on n’évoque pas sa vie sexuelle, elle n’a même pas d’avocat, son avocat c’est l’avocat général. Elle témoigne du crime, c’est tout. Il existe donc d’autres manières de juger les violences sexuelles, et certaines ont l’air nettement plus efficaces que les nôtres.

      #viol #justice

  • Uber lays off 6,700 white-collar workers as it continues restructuring - World Socialist Web Site
    https://www.wsws.org/en/articles/2020/05/23/uber-m23.html

    Arbeitsplatzsicherheit bei Uber? Kann man einfach vergessen. Nur wer die Entwicklung hin zur Dikatatur privater Megakonzerne unterstützt, weil er daran vierdient, darf deren „Mobilitätsangebote“ nutzen. Alle anderen sollten verstehen, dass auch sie den Preis für den brutalen Abbau sozialer Errungeschaften durch Uber & Co. bezahlen werden, sollte der Kampf gegen diese neue Form des Imperialismus scheitern.

    Jeder Bürgermeiter, jeder Stadtverordnete und jeder Gemeindevertreter sollte sich überlegen, was er dem Begehren der Gesellschaftszerstörer entgegensetzen kann. Da geht noch was.

    Das gilt für auch potentielle Kunden der „neuen Mobilitätsangebote“. Es geht nicht nur um Uber. Sixt, FreeNow, Daimler und VW sind auch nicht viel besser. Nur staatliche und kommunale Angebote unter demokratischer Kontrolle taugen für den lokalen und Regionalverkehr.

    23 May 2020 - Uber has carried out the layoff of 6,700 full time employees; 3,000 on May 18 and another 3,700 on May 6, and the shutdown of 45 offices. This action comes in response to an 80 percent drop in rides due to the outbreak of COVID-19, leading to a drastic drop in the company’s share values. Since it announced the layoffs, Uber’s stock has sharply risen. On the May 18 announcement shares rose 3.8 percent.

    CEO Dara Khosrowshahi (net worth of at least $200 million) took the cynical step of renouncing his salary for 2020 in supposed solidarity with the workers he fired. Khosrowshahi was previously the CEO of Expedia Group, a member of the board of directors of BET.com, Hotels.com, and served on the board of the New York Times. He was tasked with the job of “cleaning up” Uber’s public image after co-founder and former CEO Travis Kalanick stepped down after being caught on video insulting an Uber driver. Kalanick, seated as a passenger with two young women, responded to the driver’s concerns on fare cuts by responding “Some people don’t like to take responsibility for their own actions.”

    The firings account for a 25 percent reduction of full-time employees for Uber and the company says more firings will follow. The cuts in jobs and closure of offices is a result of the company’s decision to shut down its program Incubator, envisioned as a means to utilize the mental labor of employees and independent startups to develop products and services on top of Uber’s platform. Uber has also discontinued and is looking for alternatives for its program Uber Works, which sought to pair gig workers with small businesses in need of temporary labor.

    The layoffs are expected to save the company over $1 billion per year. Uber is seeking to utilize these savings to expand its food delivery business; the company is currently in talks to buy its rival Grubhub.

    Alongside Uber, the rideshare company Lyft announced layoffs of over 1,000 employees, and Uber’s Middle Eastern subsidiary Careem has slashed headcount by over 30 percent and suspended its bus transport app.

    The job cuts are among Uber’s white-collar labor force such as customer service representatives and recruitment agents, to whom the company will be providing severance pay. The layoffs mark a continuation of Uber’s attacks on its entire workforce. The brunt of this attack has been shouldered by Uber drivers, a 3 million-strong force globally at the beginning of 2020, who are not classified as employees but as “independent contractors.” This designation allows the multi-billion dollar company to evade providing the bulk of its workforce with benefits and securities such as health insurance. These workers collectively made 6.9 billion trips for Uber in 2019, creating over $14 billion in revenue for the company.

    With the drastic decrease in rides and the high risk of COVID-19 infection, working for Uber is no longer a sustainable venture for the majority of drivers. Drivers are increasingly reliant on unemployment benefits, although many have been unable to collect jobless pay due to being classified as self employed.

    Michael O’Dell, a driver in Columbus Ohio told National Public Radio, “I have really cut my driving down, probably like 90 percent. If I do need available cash to pay a bill or two or even buy food, I’ll go out and drive for a little bit. But I definitely don’t put the time into it like I normally did, because I’m not going to get good rides." As for unemployment, “I’ve been applying every week, every single week I get denied regular unemployment."

    According to a 1,000 person survey of California Uber and Lyft drivers commissioned by the Service Employees International Union (SEIU), two-thirds of respondents said they may not be able to pay their May rent or mortgage and nearly half will need food assistance this month.

    Under these conditions, 100 workers staged a caravan protest outside Uber’s headquarters in San Francisco on May 11. The protest was organized by We Drive Progress, a group under the arm of the SEIU. On the part of the union, which is notorious for maintaining substandard pay for service workers while pocketing their dues payments, the action amounted to merely a token protest designed to release workers’ anger. The SEIU action was directed toward appealing to the conscience of Uber executives. It asked the company to comply with gig worker protections law AB 5, pay into the California unemployment insurance fund and drop the ballot initiative that Uber along with Lyft and DoorDash aims to use to keep gig workers classified as independent contractors. Meanwhile, Uber has indicated that it will further escalate layoffs and restructuring.

    The SEIU, in spite of having 1.9 million members, primarily in healthcare, has not organized a single mass strike despite the fact the hundreds of thousands of nurses and other essential workers are being exposed to COVID-19 due to a lack of adequate personal protective equipment. Recently in Illinois, the union forced 10,000 nursing home workers to remain on the job with poverty wages and no serious protections against COVID-19. On top of this, millions of dollars of dues collected by the union goes towards funding Democratic Party politicians. In 2016, it gave over $17 million worth of workers’ dues to the Super PAC United We Can, which then spent over a million dollars to support the election of war hawk and corporate stooge Hillary Clinton.

    Uber workers are determined to resist the ongoing decimation of their jobs and income. They will not find leadership in the pro corporate unions. The Socialist Equality Party and the World Socialist Web Site call for the building of factory and workplace committees to mobilize the independent strength of workers in a fight to defend jobs and basic workplace protections.

    #Uber #Entlassungen #Krise #Gewerkschaft #Arbeit

  • JÉRÔME SCHMIDT « LA THÉORIE DES JEUX »
    https://laspirale.org/texte-654-jerome-schmidt-la-theorie-des-jeux.html

    JÉRÔME SCHMIDT « LA THÉORIE DES JEUX »Depuis la préhistoire de l’Internet français jusqu’aux rivages les plus ésotériques de l’archipel nippon, sans oublier les bureaux des éditeurs parisiens ou les tables de poker de plusieurs continents, retour sur le parcours d’un véritable « original », à la fois aventurier culturel, joueur et mélomane, amateur de musiques obscures et de personnages improbables.

    Coincé à Paris par l’épidémie de coronavirus, Jérôme Schmidt a eu le temps de répondre aux questions de La Spirale en attendant un prochain vol à destination de l’Extrême-Orient. L’occasion d’évoquer quelques vieilles connaissances communes, à l’instar de Norman Spinrad et du regretté Maurice G. Dantec, mais aussi de revenir sur ses nombreux faits d’armes.

    Ou comment un enfant de la bonne société nancéienne se trouve à (...)

  • Coronavirus en Afrique du Sud : le Covid-19 « ferme » Mponeng, la plus profonde mine d’or du monde - BBC News Afrique
    https://www.bbc.com/afrique/region-52790421

    En Afrique du Sud, les opérations dans la mine d’or la plus profonde du monde ont été interrompues après que 164 cas de coronavirus y ont été détectés.

    La mine de Mponeng, comme toutes les autres du pays, a repris ses activités le mois dernier après avoir été fermée en mars dans le cadre d’un verrouillage national.

    Elle fonctionnait à 50 % de sa capacité, mais certains travailleurs auraient fait part de leurs inquiétudes quant à leur sécurité.

    La plupart de ceux qui ont été testés positifs ne présentaient aucun symptôme.

    Ils ont tous été mis en isolement, selon les propriétaires de la mine, AngloGold Ashanti.

  • Quel·les formidables journalistes nous avons en France.

    C’était donc le 10 mai dernier, Christophe Castaner, grand éborgneur et arracheur de mains de la république, violenteur de citoyen·nes, celui aussi qui noie les gens dans la Loire ou qui allume les vielles dames à leur fenêtre et qui s’en contrefout, était interrogé sur France Inter au cour de l’émission "Questions politiques". C’est passé complètement inaperçu, personne n’en a parlé, mais tout à la fin l’extraordinaire journaliste Nathalie Saint-Cricq se risque à poser "la" question super irrévérencieuse, vraiment la question qui tue, modèle d’indépendance de la presse :

    Nathalie Saint-Cricq : « ...Monsieur Castaner, Est-ce que vous avez des informations précises sur des groupuscules, soit d’extrême-gauche, soit de gilets jaunes reconverti·es, qui seraient prêts à embrayer pour semer la zizanie en France à l’occasion du déconfinement ? Est-ce que vous le redoutez ? ... »

    Christophe Castaner (buvant du petit lait, qui finit de répondre à la question à laquelle la journaliste a elle même répondu) : « Nous voyons bien que certains voudraient, sur les tensions sociales qui paraissent aujourd’hui et peuvent s’accroître demain, surfer pour semer des troubles à l’ordre public. Certains ne rêvent que de cela... »

    En fait les Macronistes distribuent aussi aux journalistes les petits papiers d’injonctions qu’ils reçoivent de leurs coachs (je veux leurs adresses, ils sont bons !) qui "préconisent" les "éléments de langages" et donc pas seulement à leurs propres pantins.

    On peut être super fièr·es de notre presse en France.