• EasyJet a mis plus de 2 mois à réparer la fuite de données touchant 9 millions de clients
    https://cyberguerre.numerama.com/5268-easyjet-a-mis-plus-de-2-mois-a-reparer-la-fuite-des-donne

    Un message envoyé par EasyJet à ses 9 millions de victimes de la fuite de données précise l’ampleur du problème technique. Les données ont fuité pendant près de 5 mois, et il s’est écoulé près de deux mois entre le repérage de la fuite et sa réparation. La chronologie de la gestion de la fuite d’EasyJet devient de plus en plus précise, grâce à de nouvelles informations communiquées par le groupe. Comme annoncé le 19 mai, l’entreprise aérienne low cost a prévenu progressivement les 9 millions de victimes de sa (...)

    #BigData #hacking #ICO-UK

    //c1.lestechnophiles.com/cyberguerre.numerama.com/content/uploads/sites/2/2020/05/EasyJet-Avion.jpg

  • Les modèles déboussolés pour prédire l’évolution de l’épidémie due au coronavirus, Nathaniel Herzberg, Chloé Hecketsweiler
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2020/05/26/les-modeles-deboussoles-pour-predire-l-evolution-de-l-epidemie-de-covid-19_6

    Les indicateurs ne montrent pas pour l’heure de deuxième vague épidémique, mais leur interprétation est complexe pour les spécialistes, qui doivent analyser une situation « dynamique ».
    Jour après jour, l’épidémie de Covid-19 perd du terrain mais est-elle pour autant derrière nous ? Voilà toute la question, alors que le gouvernement s’apprête à annoncer, dans les prochains jours, de nouveaux arbitrages pour le « chapitre II » du déconfinement, qui doit commencer le 2 juin. Pour y répondre, les épidémiologistes disposent de différents indicateurs mais, deux semaines seulement après la levée du confinement, leur interprétation est encore incertaine.



    INFOGRAPHIE LE MONDE

    Premier baromètre, le nombre quotidien d’admissions en réanimation. Il s’élevait à plus de 700 au pic de l’épidémie début avril ; il n’était plus que de 45 le 25 mai. Ce point bas était anticipé par les modèles, compte tenu du délai entre les nouvelles infections et l’arrivée en réanimation des cas les plus graves. « C’est le reflet des contaminations qui ont eu lieu à la toute fin du confinement ou au début du déconfinement. On ne voit pas de rebond mais cela ne signifie pas qu’il ne va rien se passer » , souligne Daniel Lévy-Bruhl, épidémiologiste à l’organisme de sécurité sanitaire Santé publique France (SPF). « Il faut faire comme si le risque était devant nous » , prévient-il.

    La moindre inflexion serait vite problématique là où l’épidémie a été la plus forte. En Ile-de-France, plus de 600 personnes sont toujours hospitalisées en réanimation, pour une capacité en routine de 1 200 lits. La marge de manœuvre est limitée alors que les hôpitaux ont commencé à réaffecter une partie des lits de réanimation aux services de chirurgie, dont l’activité avait été déprogrammée en urgence au mois de mars. « Les indicateurs sont au vert, mais les hôpitaux sont toujours sous tension , insiste Aurélien Rousseau, directeur de l’agence régionale (ARS) d’Ile-de-France. Nous sommes loin d’un retour à la normale. »

    Mise en place d’un second baromètre

    Pour être au plus près de la réalité, un second baromètre est en train d’être mis en place à partir des données de tests afin de comptabiliser tous les nouveaux cas. Depuis le 13 mai, toutes les personnes présentant des symptômes « évocateurs » de Covid-19 sont invitées à réaliser un test de dépistage RT-PCR, alors que ce test était jusque-là réservé aux patients graves. Les résultats sont enregistrés dans un fichier baptisé « SI-DEP » (système d’information de dépistage).

    L’analyse d’un second fichier, Contact Covid, doit permettre d’identifier et de suivre des chaînes de transmission jusqu’à ce qu’elles soient sous contrôle. Renseigné par les médecins et les enquêteurs de l’Assurance-maladie, il comprend l’identité des « patients zéro » − toutes les personnes dont le diagnostic a été confirmé par un test − ainsi que celle de leurs contacts familiaux, amicaux et professionnels.

    Ce traçage des contacts a pour objectif de repérer au plus vite les personnes contagieuses et de les isoler afin de ralentir la circulation du virus. « Si cette stratégie fonctionne, les nouveaux cas doivent faire parti des contacts connus » , souligne Daniel Lévy-Bruhl.

    Seule inconnue : la part des asymptomatiques, qui brouille le baromètre. « Jusqu’à ce qu’une personne dans la chaîne de transmission soit symptomatique, cette chaîne ne peut pas être identifiée, indique l’épidémiologiste. Même si seulement un cas sur trois est asymptomatique, cela complique le tracing. » Des foyers épidémiques, composés en majorité de personnes peu ou pas symptomatiques, pourraient ainsi passer sous le radar.

    Dispositif de dépistage renforcé

    Pour y remédier, dans plusieurs communes d’Ile-de-France, là où l’épidémie a frappé le plus durement − Clichy-sous-Bois, Saint-Denis, Gennevilliers, Sarcelles, Villiers-le-Bel et dans les 18e et 19e arrondissements de Paris −, un dispositif de dépistage renforcé a été mis en place.

    Toutes les personnes ayant des symptômes, même vagues, se voient proposer une consultation et un test. « Il y avait la crainte que cette approche soit stigmatisante, mais si on ne fait rien de différencié, on accepte les inégalités_ » , souligne Aurélien Rousseau, rappelant que la surmortalité liée au Covid-19 est très étroitement liée à des indicateurs socio-économiques défavorables.

    Les premiers résultats de ces campagnes ne seront publiés qu’en milieu de semaine, « mais la part des résultats positifs est au-dessus des 2 % à 3 % observés dans SI-DEP, indique Aurélien Rousseau. Même si la situation s’améliore, nous devons rester vigilants et nous assurer que nous ne ratons rien. »

    Dernier baromètre de l’épidémie, les modèles mathématiques utilisés pour évaluer la dynamique épidémique et l’efficacité des mesures de contrôle sont aussi dans un entre-deux. « Nous ne repartons pas de zéro mais les questions, comme les données dont nous disposons, changent » , estime Simon Cauchemez, modélisateur à l’Institut Pasteur et membre du conseil scientifique qui délivre ses expertises au gouvernement.

    Pour établir leur prévision, les épidémiologistes ont d’abord travaillé sur les données du _Diamond Princess , ce navire de croisière immobilisé au large du Japon dont tous les passagers avaient été testés. Ils vont progressivement intégrer à leurs modèles d’autres jeux de données comme les résultats d’enquêtes de séroprévalence ou d’investigations épidémiologiques comme celle faite sur le Charles-de-Gaulle , où plus de 1 000 militaires sur les 1 700 que compte l’équipage ont été testés et étaient positifs. L’accès aux données de SI-DEP changera encore la donne, « en permettant d’obtenir un signal plus précoce s’il y a une reprise épidémique » , estime l’épidémiologiste, coauteur d’un article publié dans la revue Science, qui estime à 4,4 % la part de la population française déjà infectée.



    INFOGRAPHIE LE MONDE

    Changement de périmètre de la population testée

    L’une des difficultés réside dans le changement de périmètre de la population testée. « Ces données ne sont pas exhaustives car la population testée n’a cessé et ne cesse de changer à mesure que le dispositif monte en puissance. Impossible dans ces conditions de construire un modèle réactif » , souligne Samuel Alizon, modélisateur au CNRS.

    Passer d’un modèle s’appuyant sur des données « historiques » à un modèle « dynamique » est « une première » pour les épidémiologistes. « Habituellement, nos modèles servent à analyser la dynamique d’épidémies terminées. Là, c’est l’inverse, nous devons suivre une pandémie en cours. En sommes-nous capables et à quel horizon ? C’est une vraie question. Avec des enjeux sanitaires, bien sûr, mais aussi pour nous, chercheurs, des questions méthodologiques importantes » , explique l’épidémiologiste Pierre-Yves Boëlle, dont l’équipe collabore depuis le début de la pandémie avec l’Institut Pasteur pour offrir à Santé publique France un modèle optimal.

    Comment, par exemple, discerner un signal significatif d’un bruit (terme scientifique qui désigne une perturbation de l’information) ? « Il ne faut pas surréagir à un écart soudain, qui peut n’être que du bruit. Mais, à l’inverse, il faut détecter le plus vite possible un changement du signal qui marquerait l’inflexion de la courbe épidémique. »

    Avec toujours le même problème : la fiabilité des données. « En épidémiologie, les signaux ne sont pas toujours très bons. Tous les médecins ne fournissent pas les données demandées et elles ne sont pas toujours justes, mais au bout d’un certain temps, on sait les interpréter. Là, ce temps, nous ne l’avons pas, on doit construire les signaux tout en les interprétant. Et sans antériorité. »

    Autre question : saura t-on remonter les chaînes de contamination et tester les bonnes personnes ? « Nous poussions pour l’application StopCovid car elle offrait une information à la fois plus rapide et plus stable sur les contacts. Là, je ne sais pas ce que la solution retenue va donner , s’interroge Pierre-Yves Boëlle. Cela implique des moyens humains vraiment conséquents et des personnes formées. Mais on n’a pas beaucoup de temps pour tester cette organisation, voir si elle sait retrouver les cas, notamment asymptomatiques, être suffisamment réactive, et suffisamment fiable. Ce n’est plus du laboratoire, c’est de la vie réelle. »

    #épidémiologie #modèles_épidémiologiques #prévision

  • [Indiedrome] Indiedrome du 2/6/2020
    http://www.radiopanik.org/emissions/indiedrome/indiedrome-du-2-6-2020

    Rüta Vitkauskaité: Chrysalis « VA. Zoom In 13. New Art Music From Lithuania » (MIC Lithuania)

    Todd Barton: Vignette 17 « Serge Vignettes. EP2 » (Ante-Rasa)

    Dan Preece: Berlin Gig Idea « S/T » (Ante-Rasa)

    Yair Elazar Glotman & Mats Erlandsson: From Procession To Refraction « Emanate » (130701/FatCat)

    The Dorf / Phill Niblock: Baobab (extract) « Baobab / Echoes » (Umland)

    Michael Pisaro / Hakon Stene & Kristine Tjogersen: XV « Asleep, Street, Pipes, Tones » (Hubro)

    Large Unit Fendika: Gue « Ethiobraz » (PNL)

    Large Unit Fendika: Shellele « Ethiobraz » (PNL)

    http://www.radiopanik.org/media/sounds/indiedrome/indiedrome-du-2-6-2020_09115__1.mp3

  • Signalé par @mona sur FB

    Samantha Bailly :

    Aujourd’hui, je rends ma carte d’adhérente de la Société des Gens de Lettres.
    J’ai longtemps réfléchi avant d’écrire ce texte. Un besoin de m’exprimer en tant qu’autrice. Car après toutes ces années, je viens de décider de rendre ma carte d’adhérente de la Société des Gens de Lettres.
    Cette adhésion, je la conservais par solidarité pour cette institution dont l’origine au XIXe siècle était la reconnaissance du travail des auteurs et la défense de leur liberté d’expression. Il me paraît donc nécessaire de parler et d’être transparente sur les constats qui me poussent à cet acte loin d’être anodin.
    Quand la Société des Gens de Lettres a participé au projet de reproduction des livres indisponibles ReLIRE, condamné par la Cour de justice Européenne, même si son positionnement m’avait beaucoup étonnée, je n’ai pas rendu ma carte d’adhérente.
    Quand en janvier 2018, la Société des Gens de Lettres a signé la tribune pour « La liberté d’importuner » dans le Monde, engageant l’association dans les convictions personnelles de sa présidente, même si cela a remué mes engagements féministes, je n’ai pas rendu ma carte d’adhérente.
    Quand fin 2019, la Société des Gens de Lettres s’est mise à publier des tribunes dans l’Obs comprenant de nombreux éléments à charge et erronés sur le rapport Racine, ou des attaques contre les auteurs bénévoles de la Ligue des auteurs professionnels, je n’ai pas rendu ma carte d’adhérente.
    Aujourd’hui, la Société des Gens de Lettres a décidé d’attaquer en justice l’auteur Joann Sfar pour diffamation, suite aux propos critiques qu’il a tenu sur France Inter au sujet de la gestion de la crise pour les artistes-auteurs.
    Qu’une société fondée pour et par des auteurs attaque aujourd’hui l’un des siens pour des propos qui lui déplaisent, propos qui sont d’ailleurs tronqués, laisse sans voix. C’est pour moi, en tant qu’autrice, la ligne rouge. Celle que l’on franchit quand on a définitivement perdu de vue sa raison d’être, son mythe fondateur. La fin de ce communiqué, indiquant que la SGDL se réserve de reproduire ce type de procédure, est aussi extrêmement inquiétante dans ce que cela peut révéler de technique d’intimidation pour des auteurs et autrices qui auraient des opinions différentes de cette institution.
    Je ne m’étendrai pas sur les éléments du communiqué qui touchent aussi la Ligue des auteurs professionnels
    . Certains brandissent l’impératif de « l’union à tout prix », un étendard à géométrie variable agité ou non selon les circonstances. Quelques auteurs et autrices voient dans les positions de plus en plus affermies de certaines organisations professionnelles une vague histoire de lutte intestine ou de griefs personnels.
    La réalité je le crains est toute autre : est en train d’émerger une conscience aiguë et puissante que pour sortir de l’impasse dans laquelle nous sommes, il nous faut changer de paradigme. Et comme dans tous les changements importants, il y a une partie de conservatisme, qui refuge de bouger, et l’autre qui est prête à embrasser un changement vu comme vital. Se pose aussi la question fondamentale de la défense réelle des intérêts de nos métiers. Et je parle bien de métiers. Je ne parle pas du « droit d’auteur » au sens large, qui juridiquement ne couvre que la protection de l’intégrité de nos œuvres. Je parle en plus du droit d’auteur, de la défense de nos corps, de notre travail et de nos droits sociaux.
    Aujourd’hui, mes pensées sont tournées vers toutes ceux et celles qui se sont battus pour nos droits à travers les siècles. Balzac, notamment. Nombreuses sont les tentatives de réformes qui, comme le rapport Racine, ont échoué pour donner une meilleure protection à notre profession. J’ai une pensée particulière pour Jean Zay, qui dans "Souvenirs et solitude", parlait de son grand projet de loi pour les auteurs en disant : « J’avais légitimement compté sur cet appui : la Société des gens de lettres n’aurait pu, sans faillir à sa mission, répudier les efforts faits dans ce sens depuis cent ans par tous ses présidents, à commencer par Balzac que le code de la profession littéraire empêchait de dormir vers 1840 et dont le projet de réforme n’échoua que devant l’essor d’un faux libéralisme. »
    Qu’en diraient aujourd’hui tous ces auteurs du passé, qui ont contribué à bâtir cette institution ?
    Les temps ont changé. Nous sommes au XXIe siècle. Depuis la création de la SGDL jusqu’à aujourd’hui, le droit du travail s’est renforcé. Nous devons être une bonne fois pour toutes au clair sur ce dont nous avons besoin pour avancer : des syndicats autonomes et puissants, élus démocratiquement par les artistes-auteurs eux-mêmes. Parce que nous sommes des travailleurs. Des travailleurs atypiques, certes, du fait de la particularité de la création, mais nous exerçons un métier et nous avons plus que jamais besoin que nos droits fondamentaux soient respectés.
    Voilà pourquoi je rends ma carte d’adhérente de la Société des Gens de lettres aujourd’hui. Cela ne retire rien au respect que j’ai pour certains salariés de cette institution, qui ont toujours fait montre de beaucoup de considération envers les auteurs. Mais il n’est pas possible de laisser l’un des nôtres être attaqué en justice pour avoir pris la parole lors d’un débat public, en marquant son soutien à la profession. J’espère que dans un avenir proche, la Société des Gens de Lettres sera capable de se réformer et de se remettre en question. Qu’elle fera la lumière sur sa véritable fonction : association ? Opérateur de l’État ? Organisme de gestion collective ? Syndicat ? Manifestement, la confusion entre les rôles l’empêche aujourd’hui de remplir sa mission.
    Je rends ma carte d’adhérente car je dois l’admettre : je ne suis pas « un gens de lettres ».
    Je vis au XXIe siècle.
    Je suis écrivaine, scénariste, vidéaste.
    Je suis une femme, qui aspire à plus d’égalité dans le monde de l’édition.
    J’appartiens à la plus grande famille des artistes-auteurs, ces créateurs et créatrices bien vivants.
    Et aujourd’hui, je ne peux me sentir représentée par une institution qui se retourne contre ceux et celles qu’elle a pour mission de protéger.

  • COVID-19 : Un virus dans les « stats » belges Claude Sémal
    https://blogs.mediapart.fr/claude-semal/blog/040520/covid-19-un-virus-dans-les-stats-belges

    Depuis le début de la pandémie du coronavirus, le nombre de morts et de malades est devenu un enjeu politique pour tous les gouvernements. En Belgique, c’est un Institut Scientifique Fédéral, Sciensano, qui collecte ces données et établit les statistiques. 3000 zombies s’y promènent, qui sortent de l’hôpital sans jamais y être entrés.

    Ce lundi 4 mai, après sept semaines d’enfermement et plus de sept mille sept cents morts, la Belgique vient d’entrouvrir la porte de son printanier confinement. Le gouvernement belge sait qu’il risque ainsi de relancer l’épidémie de coronavirus. Mais il estime qu’il n’a pas le choix. Car le patronat belge trépigne, et les commerçants s’impatientent. Le gouvernement pilotera donc le déconfinement annoncé, le regard fixé sur les courbes statistiques, un pied sur l’accélérateur, pour « relancer l’économie », un autre sur le frein, pour « maîtriser la pandémie ». Et en navigant en plein brouillard. Dans un tel contexte, un pilote d’avion a besoin d’un radar, d’un altimètre, et de données fiables pour ne pas se  crasher  au sol. Il a besoin de chiffres.

    Sciensano, « toute une vie en bonne santé »
    En Belgique, c’est l’Institut Scientifique Fédéral Sciensano qui les collecte. C’est lui qui établit les statistiques épidémiologiques. L’Institut dépend politiquement du Ministère Fédéral de la Santé (Maggy De Block) et, plus curieusement, du Ministère de l’Agriculture (car il a aussi un département vétérinaire). 700 personnes y travaillent. Sa devise, qui semble traduite par Google Translate d’un slogan soviétique des années ’50, est « Toute une vie en bonne santé ! ». Joli programme. Sauf peut-être pendant les épidémies.

    Depuis le 14 mars 2020, Sciensano publie un bulletin épidémiologique quotidien dont les chiffres ont été largement repris et commentés par tous les médias belges. Tous ces documents restent accessibles (covid-19.sciensano.be/fr).

    Le premier souci des autorités belges a d’abord été d’éviter la saturation des services hospitaliers et l’afflux de malades en insuffisance respiratoire. Souvenez-vous : à l’Hôpital Erasme, à Bruxelles, on avait même bricolé, en urgence, des respirateurs avec les masques et les tubas de Décathlon ! (RTBF, 20/3/2020) Sciensano s’est donc prioritairement concentré sur quatre données statistiques : « les admissions COVID-19 à l’hôpital », les « lits occupés », les « décès » et les « sorties d’hôpital ». Logiquement, ces « entrées » devraient toujours correspondre à la somme des trois autres catégories.

    Il s’agit là de « stats » élémentaires, celles que mon fils de 12 ans a apprises cette année à l’école. On définit une « population », à l’intérieur de laquelle on établit des « catégories », dont la somme doit toujours faire 100%. Par exemple, cinq entrées « COVID-19 » peuvent correspondre à « trois lits occupés », un décès et une guérison. Ou à « deux lits occupés », « un décès » et « deux guérisons ». Cinq égale cinq. Ni quatre, ni six. Et encore moins sept. Or dès le premier bulletin hebdomadaire, qui compile et complète les données statistiques de la semaine, les chiffres de Sciensano semblent avoir été curieusement incohérents.

    Ainsi, le 26 mars, Sciensano relève « 2844 admissions à l’hôpital », et, en regard, « 2652 lits occupés » (1), « 220 décès » (2) et « 675 sorties ». Soit 703 personnes de plus que les 2844 « entrées COVID » annoncées. De quel nuage ou de quel plafond sont-elles tombées ? Et comment pourraient-elles « sortir » d’un service où elles ne sont statistiquement jamais « entrées » ? 

    Ce n’est pas une question théorique, ni un petit jeu pour fans de Sudoku. Car si le gouvernement pilote notre déconfinement en se basant sur de faux chiffres, c’est notre santé à tous qui sera mise en danger. Une erreur à l’allumage ? On pourrait le penser. Après tout, ce protocole chiffré a été conçu dans l’urgence et la précipitation. Mais loin de se corriger, ces incohérences statistiques se sont amplifiées au fil des semaines.

    Ma première hypothèse : des « sorties d’hôpital »… les pieds devant
    Le 10 avril, Sciensano signale ainsi dans son bulletin un total de « 10356 admis à l’hôpital », pour « 5610 lits occupés », « 5568 sorties hôpital » et « 3019 décès ». A nouveau, un énorme décalage entre les « entrées COVID » et les trois autres postes mentionnés. On est pourtant « malade », « mort » ou « guéri ». On n’est pas « un peu malade », « à demi mort » ou « à moitié sorti ». Or le total entre les « lits occupés » et les « sorties d’hôpital » est déjà de 11278. Soit un chiffre supérieur aux 10356 entrées annoncées. Et il faut encore y ajouter les décès…

    Une seule explication me saute alors aux yeux : les « sorties hôpital » doivent inclure les morts. Oui, tous ceux qui « sortent de l’hôpital », à la verticale comme à l’horizontale ! Car pour un hôpital, une guérison ou un décès, c’est « un lit qui se libère ». Il y aurait là, au moins, une certaine logique comptable. En suivant cette hypothèse, les chiffres tombent (presque) « justes ». On y retrouve en outre la classification de grands sites épidémiologiques, comme Worldometers, qui distingue « active cases » (les « cas actifs ») et « closed cases » (les « cas clôturés », qui regroupent donc « guérisons » et « décès »).

    Sur les réseaux sociaux, je publie un premier « post » à ce sujet le 12 avril. Un second, plus étoffé, le 22 avril (« Statistiques de merde »). Mais je n’ai toujours pas de « preuve ». Je téléphone aux copains, je fais quelques recherches, et je finis par me procurer les formulaires électroniques « COVID-19 », que tous les hôpitaux belges doivent remplir depuis le 15 mars 2020 (voir les documents joints).

    Ils comprennent deux uniques volets, un volet « admission » et un volet « sortie », qui semblent effectivement correspondre aux « entrées » et « sorties » des statistiques officielles. A la fin du volet de « sortie », l’hôpital doit simplement cocher : « rétabli », « décédé », « inconnu » ou « transfert », pour préciser le sort du malade. Bingo ! Je crois enfin tenir la preuve qui vient confirmer mon hypothèse. Seule objection, mais elle est de taille. Sciensano nie farouchement que ce soit le cas.

    Dans son communiqué du 26 avril, par exemple, l’Institut présente encore très clairement ces 10785 « sorties d’hôpital » comme autant de « guérisons » (voir le second document joint). D’où sortent alors les 3160 fantômes du COVID-19 qui, à la date du 2 mai, errent toujours dans les couloirs des statistiques sans jamais y être officiellement entrés ? Interrogé en conférence de presse, non sur ce total, mais sur le boiteux bilan chiffré du jour, le porte-parole de Sciensano évoque des « transferts internes » entre services. Bon. Puisque ma première hypothèse semble provisoirement déboucher sur une impasse, suivons donc cette piste-là.

    Seconde hypothèse : les hôpitaux, foyers d’infection du COVID-19
    Et cette seconde hypothèse, si elle est se confirme, m’inquiète encore d’avantage que la précédente. Car si 3160 personnes ont bien pu attraper le COVID-19 à l’hôpital, c’est une catastrophe sanitaire, dont personne encore n’a vraiment parlé. Elle signalerait en outre que les précautions prises dans les hôpitaux pour protéger le personnel et les autres malades n’ont malheureusement pas suffi à contenir le virus (3).

    Depuis le début de l’épidémie, les hôpitaux belges sont en effet organisés en deux zones distinctes : le circuit « COVID-19 », destiné aux malades du coronavirus, et le circuit « normal », qui traite toutes les autres maladies. En principe, le personnel soignant ne passe pas d’une zone à l’autre. Les malades non plus… sauf évidemment s’ils développent la maladie dans la zone « normale ». Auquel cas, ils sont transférés dans la zone « COVID ».

    Un tel phénomène peut avoir deux origines. Soit, les malades étaient déjà porteurs du virus (malades asymptomatiques ou en période d’incubation) et ils ont déclaré la maladie alors qu’ils étaient hospitalisés pour un autre motif. Soit, ils ont été hospitalisés en étant « sains », et ils ont contracté le COVID-19 à l’intérieur même de l’hôpital. Dans ce second cas, c’est ce qu’on appelle une « transmission nosocomiale ».

    On en retrouve la trace dans les bulletins hebdomadaires de Sciensano. Parmi les causes possibles de la maladie, le bulletin du 9 avril signale en effet « 10% de suspicion d’infection nosocomiale », et celui du 30 avril, « 14% ». C’est beaucoup, 14%. Pour 15.000 « entrées », cela fait 2100 malades. Avec une courbe à la hausse.

    Or, si le volet « admission » de Sciensano mentionne bien, dans les causes possibles de l’hospitalisation, un « transfert d’hôpital », il n’évoque nulle part un « transfert entre services ». Si ces « transferts internes » ne sont pas repassés par le portail « admissions COVID-19 », nous tenons donc peut-être là nos fameux « fantômes » statistiques. Ce qui ressemble à un « bug » majeur dans la conception de ce programme informatique. Il est incompréhensible qu’il n’ait pas, en sept semaines, été relevé, dénoncé et corrigé, par tous ceux qui avaient l’autorité pour pouvoir le faire. Cette omission peut ainsi, à elle-seule, expliquer les bizarreries statistiques ci-dessus évoquées (4).

    Ma troisième hypothèse : un « bug » du système « à la belge »
    Certains diront peut-être, avec fatalisme, « c’est la Belgique »… Et certes, dans un pays où la gestion des « masques sanitaires » a pu être confiées en six semaines à trois ministres différents, avant d’être finalement administrée par l’armée, tout est toujours possible. Surtout le pire.

    Ma troisième hypothèse n’en est donc pas vraiment une. C’est la molle synthèse entre les deux précédentes. Plus un soupçon de connerie bureaucratique. Plus un doigt d’aveuglement politique. Plus une larme de fatigue quotidienne.

    C’est ce système absurde qui additionne les pires tares du libéralisme aux pires tares de la bureaucratie étatique. Ce sont ces entreprises belges qui vendent des millions de masques à l’étranger, quand des travailleuses pauvres ont été travailler ce lundi matin sans protection. Ce sont 172 milliards d’euros envolés de la Belgique vers les paradis fiscaux, quand on fait appel à  Viva For Life  et à la charité publique pour financer les hôpitaux. C’est  Publifin  à tous les étages, avec ceux qui s’empiffrent et ceux qui souffrent.

    Mais ce sont aussi des solidarités magnifiques, des héroïsmes quotidiens, des professions entières sur le pont. Des associations qui se décarcassent, des citoyens qui s’organisent, des consciences qui s’ouvrent. Il n’est jamais trop tard pour réagir. Mais il est temps. Il est grand temps. Prenez soin de vous (5).

    Claude Semal / le 5 mai 2020 (Bruxelles)

    (1) On pourrait en soustraire les 252 lits occupés par des malades COVID avant le 15/3 (début de l’étude statistique). Mais cela ne fait pas encore le compte.
    (2) A cette date, ce chiffre inclut aussi les décès en Maisons de Repos (70 ?). Même remarque qu’au point précédent. Depuis le 15/4, Sciensano distingue les décès « hôpital » et les décès « maisons de repos ».
    (3) Selon le Dr Marc Moens (« Le Spécialiste.be », 25 mars 2020), 12% du personnel serait infecté en France et 14% en Italie (avec une pointe de 20% en Lombardie).
    (4) Cette morbide comptabilité journalière et ces batailles de chiffres indisposent certain.e.s de mes ami.e.s. Je souffre parfois autant qu’eux de ce sinistre boulier compteur. Mais je constate aussi que le gouvernement et les experts nous balancent ces chiffres à la figure comme autant d’arguments d’autorité, pour nous imposer des mesures qui pèsent et pèseront lourdement sur nos vies et nos métiers. Derrière les chiffres et les discours, il y a toujours une politique (comme les fameux masques, qui étaient inutiles lorsqu’ils étaient manquants, et qui deviendront obligatoires quand ils pourront nous les vendre). Il importe donc d’apprendre à comprendre et maîtriser ces données, parce que ce sera pour nous le seul moyen de garder un peu de contrôle sur nos conditions d’existence.
    (5) Merci à David, Patrick, Jean-Claude, Luke, Pierre, Nicolas et Laurence, pour leurs contributions directes ou indirectes à cette enquête. Ils se reconnaitront. Les éventuelles imprécisions et emphases de ce texte ne sont toutefois imputables qu’à moi-même ;-). 
    (6) Lire aussi, tous les jours sur Facebook, les analyses des statistiques belges du COVID par Jean-Claude Englebert-Cahen.

    #Belgique #Sciensano #Statistiques #comptabilité #Hôpitaux #bureaucratie #libéralisme #pandémie #covid #coronavirus #COVID-19

  • Thierry Robert : « Nous arrivons à la fin des stocks alimentaires en Seine-Saint-Denis » - regards.fr
    http://www.regards.fr/la-midinale/article/thierry-robert-nous-arrivons-a-la-fin-des-stocks-alimentaires-en-seine-saint

    Pendant la période du confinement, on a accueilli des gens qui n’étaient jamais venus frapper aux portes d’associations, comme le Secours populaire français. Sur les 1.270.000 personnes qui sont venus nous voir pendant ces deux mois, 45% sont des personnes que nous ne connaissions pas auparavant – qui n’avaient jamais sollicité aucune aide – et qui n’avaient jamais été identifiées comme des personnes vivant dans la pauvreté ou la précarité. Une partie de ces personnes ont basculé dans la pauvreté pendant le confinement et nous craignons que ça soit encore le cas aujourd’hui et dans les mois qui viennent. Avec les licenciements prévisibles des semaines à venir, on craint qu’une grande vague supplémentaire s’ajoute à celle déjà enregistrée avec des situations dramatiques pour de nombreuses familles en France et en Europe.

  • Quelle #résilience pour quels modèles de société ?

    Après l’épreuve du #confinement vient celle de l’incertitude de l’avenir. Le terme « résilience », cette capacité d’un individu, d’un groupe ou d’une communauté à rebondir après un traumatisme, apparaît alors dans les discours politiques en France et ailleurs. L’opinion découvre une réalité qui a été perçue pendant longtemps comme l’apanage des « autres » : les pauvres, les marginaux, les mal-lotis des sociétés occidentales et non occidentales.

    La résilience serait-elle davantage liée aux #classes_sociales ou à l’existence de moyens humains et matériels ? Dépendrait-elle des #modèles_de_société, selon qu’ils privilégient le culte de l’individu ou la culture groupale, communautaire face aux tragédies qui les frappent ?

    Cette épreuve inédite nous incite à trouver des #stratégies non seulement pour maintenir nos équilibres internes mais aussi pour garantir des relations internationales sereines dans la durée. Cet exercice est d’autant plus crucial que les différences de stratégies utilisées par des populations à travers le monde continuent d’alimenter la littérature scientifique sur la résilience.

    Si, en tant que concept, la résilience doit s’appuyer sur des critères scientifiques objectifs pour être mise en évidence, en tant que phénomène socioculturel, elle peut être l’objet d’idéologies ou de fantasmes, voire de politiques qui tentent de réguler ou de contrôler la perception des uns et des autres face à l’adversité.
    Le rôle du lien social et des ressources culturelles

    L’intérêt pour la résilience varie selon les contextes sociopolitiques et culturels. Elle est davantage évoquée et étudiée dans les sociétés où les conditions sanitaires et sociales sont difficiles, notamment pour les populations vivant dans des contextes de guerre, de crise politique, de catastrophes naturelles, de précarité économique, que dans celles habituées à un contexte sociopolitique et économique plutôt stable. Ainsi, plus les populations vivent dans des environnements sécurisés, moins la résilience est mise en avant pour penser leurs stratégies mobilisées en cas de grandes difficultés. Plus le contexte est précaire, plus la résilience est mise en relief.

    À titre d’exemples, suite au tremblement de terre du 12 janvier 2010 en Haïti, des études ont montré un fort taux de résilience – nettement supérieur comparativement à d’autres pays comme le Japon, la Chine.

    Au sein même de la société haïtienne, les populations les plus fragilisées comme les enfants des rues et les jeunes déscolarisés présentent une résilience plus importante que les autres selon de nombreuses recherches. Avec leur sens du collectif, ils ont été au secours de la population qui s’est retrouvée à la rue, les aidant par exemple à retrouver des survivants sous les décombres.

    Ce même constat est fait dans des contextes de guerre ou de crise politique comme au Liban, en Palestine, en Syrie, ou au Rwanda où la résilience se construit sur des systèmes spontanés de solidarité et d’identité collective.

    En France, dans un contexte marqué ces dernières années par les attentats et le malaise social (notamment avec les « gilets jaunes »), l’isolement, le manque de soutien familial et social renforcent les effets traumatiques et affectent les capacités de résilience bien qu’il s’agisse d’un environnement politique et social structuré et en mesure d’organiser des réponses politiques et sanitaires face à de tels évènements.
    Un besoin de réponse des États

    La crise sanitaire actuelle témoigne d’ailleurs de l’importance de la réponse des États, si attendue dans certaines sociétés occidentales comme la France, pour répondre à la panique générale et structurer un processus de résilience collective.

    Dans d’autres pays, la vie communautaire prend souvent le relais face à la faiblesse des structures de l’État. Nous assistons à des organisations spontanées, mobilisant, parfois paradoxalement, symboles et ressources culturels, religieux ou spirituels pour faire face à la pandémie.

    En Égypte, une chroniqueuse relate les regroupements au Caire, autour du Mausolée de Sayda Zainab, la petite fille du Prophète, par crainte du virus et pour chercher la bénédiction et la protection. En Tunisie, la presse montre des tenues de prières collectives dans certaines régions du pays, en face de mosquées qui ont pourtant fermé leurs portes suite aux mesures prises par l’État.

    En Haïti, la population, habituée aux catastrophes, s’en remet notamment à Dieu, et l’Église se prépare à affronter le Covid-19. En Inde, des enfants des rues sont persuadés que le coronavirus ne pourra même pas arriver jusqu’à eux.

    https://www.youtube.com/watch?v=0h79fVMrL1w&feature=emb_logo

    La force des rituels collectifs

    Ici et là les rituels collectifs, qui habituellement permettent de tenir ensemble, sont considérés comme protecteurs et sécurisants. Et dans les pays les plus précaires, où la crise sanitaire risque d’avoir les conséquences les plus graves, ce type d’organisation presse le pas et s’érige comme principal organisateur de la résilience collective là où la réponse de l’État tarde à venir, ou que celui-ci n’est pas perçu par les citoyens comme suffisamment crédible.

    Malgré ce qu’elles présentent comme stabilité des droits et des conditions de vie et de la démocratie, les sociétés « occidentales » sont particulièrement déstabilisées par des événements traumatiques de grande ampleur. Les effets de ces évènements sont souvent rapidement pris en charge, ou au moins pris en compte par le système politique, judiciaire, sanitaire, médiatique. Mais l’individu doté de droits, et de reconnaissance, est aussi livré à lui-même et à ses propres ressources pour s’en sortir.
    Interroger la nature de la résilience

    La résilience peut-elle alors être un signe de ce qui reste dans une société fondée sur le lien social ? Cette idée est confortée par les études qui montrent le lien étroit entre le soutien social, la cohésion sociale et la résilience notamment dans les sociétés où la culture du groupe est extrêmement forte.

    Dans un modèle écosystémique basé sur la communauté, la résilience est :

    « la capacité des individus à naviguer à travers leur trajectoire vers des ressources qui soutiennent leur bien-être ; la capacité des systèmes physiques et sociaux, et des individus à fournir des ressources, et la capacité des individus, de leurs familles et de leurs communautés à négocier des façons culturellement significatives de partager les ressources ».

    Cela pourrait-il expliquer pourquoi, dans les sociétés occidentales, l’on peine parfois à faire émerger les mécanismes de résilience « spontanée » ou « naturelle » ?
    La résilience à trouver dans d’autres espaces

    Cependant le risque est grand, dans cette réflexion, de considérer la résilience comme un phénomène exotique pour les autres, ou, dans les sociétés occidentales, uniquement comme un résultat à atteindre, une performance de plus.

    Or la résilience est peut-être ailleurs, dans d’autres espaces que ceux des résultats à atteindre. Elle peut être dans l’acceptation du #changement, la libération de la #créativité ou la #réinvention du #lien_social.

    À observer des élans de #solidarité et d’#entraide spontanées depuis les fenêtres, nous sommes tentés de penser que quelque chose dans le modèle de la société est en train de s’effondrer pour laisser émerger de nouvelles modalités, au plus près des fragilités et des ressources actuelles.

    « On se découvre soudain semblables, solidaires, tous dans le même bateau pour affronter le virus. C’était un peu moins le cas pour combattre la misère, on était moins unis pour accueillir l’Aquarius. »

    Le slam de Grand Corps Malade le 13 avril 2020 pointait aussi les frontières de ces nouvelles ressources solidaires.
    S’inspirer des uns et des autres

    La résilience est plus que jamais à considérer comme un processus complexe, long, discret et dynamique qui lie le sujet à son environnement.

    Elle ne peut se programmer de façon standardisée, mais s’appuie d’abord sur le lien humain et social, réel et symbolique, sur le sentiment intime d’appartenir à une même communauté humaine et de compter comme personne, et non uniquement comme un nom sur un fichier.

    Le défi de la résilience dans les sociétés contemporaines repose sur la réinvention du lien social. Il nécessite d’articuler « résilience naturelle », spontanée et « résilience assistée » (thérapeutique) ainsi que les ressources disponibles dans toutes nos sociétés mondialisées, étant donné que nous sommes tous, à des degrés divers et certainement de manière inégale, traversés par les conflits, tragédies et catastrophes de ce monde.

    La crise sanitaire que nous vivons actuellement réinterroge les figures du lien social et celles des structures de l’État, particulièrement au vu du paradoxe inédit que cette crise impose, soit de s’isoler (ou se confiner) solidairement.

    Elle incite chacun à redéfinir en son intimité le rapport à l’identité collective, à la citoyenneté et à l’altérité. À un moment où nous sommes encore confinés dans nos domiciles respectifs et où le lien social est mis à rude épreuve, le Covid-19 ouvre un nouveau chantier pour l’Humanité avec ce « petit » virus invisible et silencieux, qui nous met face à notre fragilité humaine fondamentale et à nos ressources communes. Il nous invite à l’introspection en vue de notre résilience collective.

    https://theconversation-com.cdn.ampproject.org/c/s/theconversation.com/amp/quelle-resilience-pour-quels-modeles-de-societe-

  • Trop Top !
    La République Téléphonique
    https://shows.acast.com/archives-time-to-blast/episodes/la-republique-telephonique
    https://dts.podtrac.com/redirect.mp3/feeds.acast.com/public/streams/5abdfaacdd30d7a452caa948/episodes/5ecd370e74017b0c8fd5dd6a.mp3

    Podcast : croyances en tout genre, religions, startupisme et église du très saint capitalisme. On parle du fascisme en marche, de #stopcovid de #brunodemande et de révolution prolétarienne.

    C’est la République Inaltérable !

  • Bâillonner les quartiers. Comment le pouvoir réprime les mobilisations populaires, par Mickaël Correia (Le Monde diplomatique, juin 2020)
    https://www.monde-diplomatique.fr/2020/06/CORREIA/61901

    À partir d’enquêtes de terrain et d’entretiens, le sociologue Julien Talpin dévoile comment « une répression à bas bruit » s’abat sur les militants des quartiers populaires. Car si les violences policières ont acquis plus de visibilité médiatique, tout un registre de pratiques institutionnelles y « rend plus difficile et coûteux l’engagement ». Cette « infra-politique des dominants » se traduit tout d’abord par un harcèlement judiciaire via des arrestations pour outrage et rébellion, ainsi que des plaintes pour diffamation, qui visent à museler les collectifs locaux. L’ouvrage se penche ensuite sur la disqualification « de type islamophobe », selon l’auteur, de militants accusés de communautarisme, ou sur les dispositifs de démocratie participative qui neutraliseraient toute dynamique protestataire. Enfin, le chantage aux subventions ou la fermeture de locaux conduisent à ce que « se réunir devien[ne] un combat ». Le chercheur souligne que, entre recours au droit et stratégies d’autofinancement, « des ripostes s’organisent pour continuer à lutter malgré tout ». Les quartiers ne sont pas des déserts politiques.

    Mickaël Correia

  • Notes sur la déconstruction stratégique
    https://www.dedefensa.org/article/notes-sur-la-deconstruction-strategique

    Notes sur la déconstruction stratégique

    26 mai 2020 – L’atmosphère (allemande) entourant le départ prochainde l’ambassadeur US en Allemagne, Richard Grenell, peut parfaitement être résumé par ce tweet d’un important et influent parlementaire allemand, le Dr. Andreas Nick, figure incontournable du Système et atlantiste pur-sucre de la CDU avec sa fonction de chef de la délégation allemande à l’Assemblée parlementaire du Conseil de l’Europe de Strasbourg :

    « Pendant une génération, chaque ambassadeur américain que j’ai connu personnellement, – qu’il soit diplomate de carrière ou bénéficiaire des nomination politique, – quittait son poste en tant que personnalité très respectée et ami de confiance de l’Allemagne. Aujourd’hui, [l’ambassadeur actuel] quitte son poste en proférant des menaces comme s’il (...)

  • Les huit minutes de l’agonie de George Floyd
    https://www.arretsurimages.net/chroniques/le-matinaute/les-huit-minutes-de-lagonie-de-george-floyd

    Je n’ai pas rendu la vie, ce matin, à George Floyd, en regardant ces huit minutes. Ces huit minutes ne m’ont rien" appris". D’une certaine manière, c’est toujours la même histoire. La même histoire que la mort d’Eric Garner, en 2014, à New York. La tête d’un Noir plaqué au sol, le corps du policier maintenant son cou, un autre policier impassible empêchant d’approcher les passants qui filment l’homme qui répète ""I can’t breathe""

    Cette nuit j’ai très mal dormi. Je n’en ai pourtant vu que deux minutes. Je n’ai pourtant rien appris mois non plus... Mais je venais de passer deux jours à ressurgir et rassembler des témoignages de violences policieres.
    Alors ce matin, une musique, UNE, litanique, obsédante, hommage qui ne ravive que la sourde sensation, trompeuse, que rien ne change.
    I can’t breathe... I CAN’T BREATHE !
    https://www.invidio.us/watch?v=PsIiwHHiT3o
    https://www.youtube.com/watch?v=PsIiwHHiT3o

  • Tu l’as vue, ma grosse bagnole ?
    http://carfree.fr/index.php/2020/05/27/tu-las-vue-ma-grosse-bagnole

    Emmanuel Macron présentait ce mardi un plan de relance pour la filière automobile. Les véhicules électriques devraient bénéficier de mesures incitatives supplémentaires. Mais quid de la taille des voitures ? Entre Lire la suite...

    #Fin_de_l'automobile #constructeurs #covid-19 #crise #industrie #prime_à_la_casse #voiture_électrique

  • À quelle sauce le Covid-capitalisme va-t-il nous bouffer ? | Mathieu Léonard
    http://cqfd-journal.org/A-quelle-sauce-le-Covid

    En dépit des déclarations socialisantes d’un Macron plus hypocrite que jamais, le néolibéralisme, touché mais pas coulé, est déjà repassé à l’offensive. Quelles nouvelles formes prendra-t-il ? Peut-on espérer infléchir l’histoire ? Trois chercheurs critiques font leur pronostic : Cédric Durand, membre du collectif des Économistes atterrés ; Francine Mestrum, chercheuse en sciences sociales belge et membre du Conseil international du Forum social mondial ; Christian Laval, sociologue et spécialiste du libéralisme. Source : CQFD

  • Des journalistes et médias s’organisent pour défendre la liberté d’informer sur l’agroalimentaire
    https://www.bastamag.net/defendre-liberte-presse-informer-agroalimentaire-bretagne-Ines-Leraud-algu

    En Bretagne, des journalistes qui enquêtent sur l’agro-alimentaire sont poursuivis ou subissent des pressions. C’est le cas de Basta ! et d’Inès Léraud poursuivis par le groupe Cheritel. Dans cette lettre ouverte à la région, plus de 250 journalistes, médias et collectifs de professionnels de la presse appellent à mettre fin à cette loi du silence. Basta ! s’associe à cet appel demandant des garanties en matière de liberté de la presse. À Loïg Chesnais-Girard, président Jean-Michel Le Boulanger, (...) ça bouge !

    / #Médias_libres, #Agriculture, #Multinationales

    #ça_bouge_ !

  • #Actu_Coronavirus – 26 mai
    https://www.les-crises.fr/actu-coronavirus-26-mai

    Ce fil d’actualités comprend des informations provenant de trois sources : Les Lives #Covid-19 du Figaro, de 20 minutes et le compte Twitter @Conflits_FR. 26 mai 17h30 Nous allons inciter les groupes automobiles à relocaliser en #France, a affirmé Emmanuel #Macron. (Prise de parole à #Étaples) #Voiture Le gouvernement va consacrer près de 8 millards d’euros pour le plan de soutien à l’industrie l’automobile, a annoncé le Président de la République Emmanuel #Macron. (Prise de parole à #Étaples) #VoitureLire la suite

    #Revue_de_Presse #SRAS-2 #Revue_de_Presse,_Actu_Coronavirus,_Covid-19,_SRAS-2

  • Violences dénoncées au Centre fédéral de Bâle. Un système incriminé
    https://asile.ch/2020/05/27/violences-denoncees-au-centre-federal-de-bale-un-systeme-incrimine

    Des violences physiques et psychologiques graves seraient commises de manière régulière par des employés de Securitas dans le Centre fédéral d’asile (CFA) de Bâle. Un travail d’enquête important réalisé à la mi-mai par des journalistes de la WOZ et de la SRF documente ces faits à partir de témoignages des personnes requérantes d’asile victimes de […]

  • Laurent Lafforgue - « De l’utilité des mathématiques pour comprendre la dynamique des épidémies »
    https://www.nouvelobs.com/coronavirus-de-wuhan/20200525.OBS29292/tribune-de-l-utilite-des-mathematiques-pour-comprendre-la-dynamique-des-e

    professeur à l’Institut des hautes études scientifiques, médaille Fields de mathématiques

    On constate que le temps de multiplication par 10, propre à l’épidémie de Covid avant que ne soient prises des mesures de lutte contre la contagion, est d’à peine 10 jours. Ce fait apparaissait déjà dans les statistiques publiques chinoises de la fin janvier : 25 morts au 23 janvier et 259 morts au 31 janvier, soit une multiplication par 10 en 8 jours.

    Il faut maintenant rappeler les nombres de morts du Covid comptabilisés dans les différents pays aux dates de début des confinements pour mieux comprendre dans quelle mesure chaque pays a été plus ou moins rapide à réagir

    (...) si l’Italie, l’Espagne, la France, le Royaume-Uni ou l’Etat de New York avaient pris 10 jours plus tard les mesures qu’ils ont prises pour casser la progression exponentielle de l’épidémie, ils auraient déjà chacun plusieurs centaines de milliers de morts.

    Pour la même raison, si le confinement avait été décidé 10 jours plus tôt, c’est-à-dire en France le 6 mars, nous aurions aujourd’hui seulement quelques milliers de morts au lieu de dizaines de milliers.

    Quant au niveau restant de contamination, il serait au moins dix fois inférieur et bien moins d’efforts seraient encore requis pour éradiquer le Covid.

    Malheureusement, le Covid est toujours présent et nous devons tous continuer à faire barrage à sa circulation. Il suffirait que les contacts rapprochés dans la population retrouvent un niveau élevé pendant quelques semaines pour que, un mois ou deux plus tard, nos pays se retrouvent avec des centaines de milliers de morts.

    #in_retrospect #démonstration_implacable

    (texte complet trouvé sur https://justpaste.it/4yshz )

  • Vaccins Covid-19, rêve ou réalité ?
    http://www.laviedesidees.fr/Vaccins-Covid-19-reve-ou-realite.html

    La vaccinologie a considérablement progressé dans les vingt dernières années. Concernant Covid-19, quelles sont les perspectives ? Plus de cent projets sont en cours. Pour le dernier épisode de sa chronique, Ph. Sansonetti en dégage quatre catégories principales.

    #médecine #vaccin #Sciences
    https://laviedesidees.fr/IMG/docx/20200527_sansonetti5.docx
    https://laviedesidees.fr/IMG/pdf/20200527_sansonetti5.pdf

    • #Sansonetti

      Une remarque finale néanmoins, nous vivons la troisième zoonose à Beta-Coronavirus marquée par une pneumonie dramatique en moins de vingt ans. Cette répétition macabre illustre la facilité avec laquelle ces virus circulent d’espèce à espèce chez les mammifères depuis la chauve-souris jusqu’à l’homme. La vraie prévention serait d’assurer le contrôle des causes écologiques, zoologiques, anthropologiques et commerciales suscitant ces événements et de renforcer dans les pays à risque la culture d’une alerte immédiate et les moyens d’une réponse rapide et adaptée. On ne peut pas tout demander à la science...

  • Bruno Latour, le virus et la vérité

    (…)

    « Ce qu’un bon philosophe des sciences doit donc prioritairement expliquer, c’est la prépondérance des convergences scientifiques. La question fondamentale est bien, comme l’écrit Pierre Jacob, « de comprendre comment les scientifiques finissent par s’accorder pour décider quelles observations sont susceptibles de départager des théories scientifiques rivales et pour déterminer quelles théories doivent être éliminées »[5]. La sociologie empirique des sciences, à l’opposé, soutient que nos raisons d’adopter une théorie scientifique ne sont pas ipso facto des raisons de la croire ou de la tenir pour vraie. Il est, au contraire, nécessaire de défendre l’idée que la vérité est une norme. Ainsi que l’affirme Pascal Engel, il est impossible de fournir une théorie de la justification de nos croyances sans faire appel au concept de vérité.

    « Une telle position a des conséquences politiques fort dommageables : « Si les puissants ne peuvent plus critiquer les opprimés parce que les catégories épistémiques fondamentales sont inévitablement liées à des perspectives particulières, il s’ensuit également que les opprimés ne peuvent plus critiquer les puissants.

    Voilà qui menace d’avoir des conséquences profondément conservatrices »[6]. Il est certainement plus aisé de défendre les valeurs de solidarité, de tolérance ou de liberté si l’on attribue à la vérité, plutôt qu’une valeur instrumentale, une valeur substantielle. On pourrait même craindre que l’abandon de la distinction entre justification et vérité conduise inéluctablement à la disparition de cette dernière. On voit mal ce que la démocratie aurait à y gagner. La vérité est bien l’ultime protection dont disposent les plus faibles contre l’arbitraire des plus forts. »

    https://www.telos-eu.com/fr/bruno-latour-le-virus-et-la-verite.html