• Le mur de Berlin et la grande fissure
    https://www.dedefensa.org/article/le-mur-de-berlin-et-la-grande-fissure

    Le mur de Berlin et la grande fissure

    Le lugubre anniversaire de la chute du mur frappe tout le monde ; mais le mal progresse et rien ne s’oppose plus à sa marche, le Vatican ayant accepté l’édification d’un Moloch sur son territoire romain. Le satanisme devient la culture officielle de cette société et on brûle nos cathédrales dans un bâillement.

    N’en déplaise aux idiots utiles de la droite, nous pouvions descendre beaucoup plus bas que le communisme honni. Les pays de l’ex-Europe de l’Est sont par exemple infiniment moins dégénérés que les nôtres ; le communisme avait préservé dans le formol certains traits traditionnels que nous jetions aux orties du temps de Giscard, des bronzés et des bidasses – sans oublier les valseuses. De même la Chine est moins pourrie que l’affreuse Inde de Modi. (...)

  • (17) La Turquie et l’expansion des premiers Hommes - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=g3O23hg_2K0

    Conférence de la société des amis du musée de l’Homme : Amélie Vialet nous parle de la Turquie et de l’expansion des premiers Hommes depuis l’Afrique.

    Il y a quinze ans, des fragments de crâne ont été découverts par le Pr. Mehmet Cihat Alçiçek dans une carrière à Kocabas, au sud-ouest de la Turquie, région clé pour suivre l’expansion humaine depuis l’Afrique jusqu’au carrefour eurasiatique. Attribué à Homo erectus, son étude morphométrique a montré sa proximité avec les homininés africains anciens (early Homo et Homo erectus) et une distinction avec les spécimens eurasiatiques. Cela suggère une histoire évolutive différente entre le fossile turc et ceux de Dmanissi (datés à environ 1.8 Ma). Le crâne de Kocabaş pourrait alors indiquer une autre phase d’expansion humaine, plus récente.

    Amélie Vialet est paléo-anthropologue, maître de conférences au Muséum national d’Histoire naturelle. Ses travaux portent sur l’évolution morphologique du crâne des premiers hommes d’Eurasie.

  • Myanmar risks losing forests to oil palm, but there’s time to pivot
    https://news.mongabay.com/2019/11/myanmar-risks-losing-forests-to-oil-palm-but-theres-time-to-pivot/?n3wsletter

    To examine the actual extent of planted and unplanted areas accurately, the researchers used Google Earth Engine to obtain image collections over several months. They then used thousands of reference data points to calculate the oil palm area and other land cover through Sentinel-1 and Sentinel-2 satellite data for 2018 and 2019. They later refined the images for high accuracy using software and algorithms to create cloud-free image composites.

    With this data, the researchers found discrepancies between the actual oil palm plantations and what the plantation companies have reported to the government when they investigated the concessions and boundaries in the Tanintharyi region. Moreover, unplanted areas within oil palm concessions in Myanmar were not always clear.

    #Birmanie #plantations #industrie_palmiste

  • Cela va sûrement (beaucoup) t’intéresser.
    https://koudavbine.blogspot.com/2019/11/cela-va-surement-beaucoup-tinteresser.html

    Je t’avais averti que cela allait sûrement (beaucoup) t’intéresser. Oldie (&repost) but goldie:Et le premier commentaire de la vidéo, "This is why girls go to the toilet in groups. It’s where we have rap battles."Voilà salut bisous, period rage sur vous, bois mes règles.

  • La fascination rationaliste pour l’extrême centrisme
    https://medium.com/@Kum0kun/la-fascination-rationaliste-pour-lextr%C3%AAme-centrisme-a5a51f9faae

    Nous étudierons dans cet article l’hypothèse selon laquelle la pensée rationaliste, de par sa prétention à se baser sur des arguments scientifiques et rationnels, peut se penser comme apolitique et axiologiquement neutre.

  • Gidéon Levy : assassiner le leader du Jihad Islamique n’apporte rien à Israël. Alors pourquoi l’avoir fait ? | Agence Media Palestine
    https://agencemediapalestine.fr/blog/2019/11/14/gideon-levy-assassiner-le-leader-du-jihad-islamique-napporte-ri

    Gidéon Levy, Haaretz le 14 novembre 2019

    Une fois encore, la sacro-sainte unité est venue. Une fois de plus, nous formons un seul peuple, sans opposition ni débat public, une parade d’hommes et de pom-pom girls dans les médias, une effusion de sang sans regrets, comme cela se produit toujours dans ces situations nauséabondes, « calme, nous tournons ».

    Israël simule une scission parmi le peuple, qui se produit toujours comme par magie à chaque assassinat. Nous discutons de la vie mais nous sommes d’accord sur la mort, tant que les morts sont des Arabes. Si nous sommes automatiquement d’accord pour toutes les actions militaires, il n’ya pas vraiment de polarisation ni de débat, et c’est vraiment dommage.

    Une opposition juive doit encore naître qui condamnera une action violente des forces de défense israéliennes quand elle commencera. La résistance ne vient que quand elle commence à échouer. Les gens ont ensuite le courage de manifester, mais il est toujours trop tard. Au début, seule peut émerger la question marginale du timing, ce refuge de lâches. Nous aurions dû le faire avant, cela aurait dû être plus tard, mais pas maintenant ; l’opération actuelle, par exemple, est apparemment ternie par des considérations électorales, comme si cela pouvait être prouvé.

    Si le bain de sang est inévitable, le moment choisi n’est pas important. Et si c’est criminel et nuisible, aucun timing ne changera cela. Juste décider. Même la haine du Premier ministre Benjamin Netanyahu a été oubliée : Yair Lapid se félicite de l’attaque, Benny Gantz la loue comme étant « la bonne décision » et Amir Peretz déclare : « Le plus important est de fournir un soutien total à Tsahal. » Pourquoi ? Parce que. Toujours ? Oui.

    On peut accepter l’argument voulant que Baha Abu al-Ata soit responsable des tirs de roquettes incessants sur Israël, mais il faut savoir que le siège de la bande de Gaza est responsable de plus de roquettes que tous les commandants du Jihad islamique et du Hamas réunis, et Bien sûr, personne n’en parle. Abu al-Ata a grandi dans la bande de Gaza dans des conditions qu’aucun Israël ne peut imaginer, et a choisi la voie de la résistance militaire, une voie brutale. Il y a aussi des Israéliens qui ont choisi de servir leur peuple dans l’armée.

    L’assassinat d’Abou al-Ata ne sert à rien. Qu’avons-nous gagné ? Comment son assassinat et celui des autres ont-ils servi les intérêts d’Israël ? Si même cette question n’est jamais débattue, alors nous sommes victimes d’une grave paralysie cérébrale. La situation d’Israël est-elle plus sûre le lendemain de l’assassinat ? Les communautés du sud sont-elles en meilleure forme ? Le djihad islamique est-il plus faible ? L’armée israélienne est-elle devenue plus forte ? Les réponses sont non et non. Aucun des généraux ou des analystes n’a réussi à expliquer ce que Israël a tiré de tout cela.

    l méritait la peine de mort. Bien, nous vous avons entendu, mais qu’avons-nous gagné ? Voici un bilan provisoire : plus de haine à Gaza, s’il ya encore de la place pour plus de haïr envers ceux qui ont détruit la vie de cinq générations et qui n’ont pas cessé. Beaucoup de sang a été versé et continue de couler – 22 Palestiniens ont été tués dans la bande de Gaza mercredi soir, la destruction et la peur semées des deux côtés ne produisant rien. Et bien sûr, il est clair que le futur héritier d’Abou al-Ata sera de plus en plus extrême et dangereux, de même que ceux qui ont remplacé les centaines de dirigeants et de commandants qu’Israël a tués au fil des ans, le tout en vain .

    Les éliminations acclamées de Khalil al Wazir, Ahmed Yassin, Abdul Aziz Rantisi, Thabet Thabet, Ahmed Jabari ou Abbas Musawi n’ont rien donné ; les assassinats héroïques de toutes ces personnes ont été vains. Israël n’a rien gagné d’eux, si ce n’est plus de sang versé.

    Pourquoi Israël continue-t-il ses assassinats ciblés ? Parce que ça peut. Parce que ce sont des histoires héroïques. Parce qu’il aime les combattants palestiniens morts. Parce que le désir de vengeance et de punition le rend fou. C’est ainsi que vous montrez aux gens que vous faites quelque chose sans vous retenir. C’est ainsi que vous pourrez exécuter des gens tout en affirmant qu’Israël n’a pas la peine de mort. Parce que c’est le moyen d’éviter la vraie solution. Parce que personne n’a le courage de parler de la vraie solution : lever le blocus et parler directement au Hamas. Parce que tout le monde ici applaudit aux assassinats et n’ose jamais les interroger. Demandez-leur à Kahol Lavan et au Parti travailliste, demandez à presque tous les Israéliens s’ils sont opposés. Nous sommes tous en faveur.

    Traduction : Agence Média Palestine

    Source : Haaretz

    #Israël #Palestine #Gaza #Gideon_Levy

  • Sendagi

    Sendagi est un squelette sous Bootstrap4.

    – La page d’accueil est hautement modulable et permet une présentation sophistiqué façon « one page »
    – Les pages articles et rubriques permettent de gérer un site éditorial classique avec beaucoup de contenus

    Ce squelette est idéal pour des sites de documentation, de rapports d’études, ....

    https://contrib.spip.net/Sendagi

    #spip_blog encore bravo @erational il est bien choubidou ce squelette :)

  • Winter is Coming: Castle Black, the Syrian Withdrawal, and the Battle of the Bases | Warscapes
    http://www.warscapes.com/blog/winter-coming-castle-black-syrian-withdrawal-and-battle-bases

    They called it Castle Black, an obvious homage to the famed frozen citadel from the HBO series Game of Thrones. In the fantasy world of GoT, it’s the stronghold of the Night’s Watch, the French Foreign Legion-esque guardians of the northern border of the Seven Kingdoms.

    This Castle Black, however, was all too real and occupied by U.S. Special Operations forces, America’s most elite troops. In its location, at least, it was nearly as remote as its namesake, even if in far warmer climes — not on the northern fringe of Westeros but at the far edge of eastern Syria.

    Today, the real Castle Black and most of the archipelago of U.S. outposts only recently arrayed across the Syrian frontier are emptying out, sit abandoned, or are occupied by Russian and Syrian troops. At least one — located at the Lafarge Cement Factory — lies in partial ruins after two U.S. Air Force F-15 jets conducted an airstrike on it. The purpose, according to Colonel Myles Caggins, a spokesman for Combined Joint Task Force-Operation Inherent Resolve (CJTF-OIR), the U.S.-led military coalition fighting ISIS, was to “destroy an ammunition cache, and reduce the facility’s military usefulness."

    “Only yesterday they were here and now we are here,” a Russian journalist announced after taking selfies at the abandoned base at Manbij where U.S. forces had served since 2015 alongside allied Syrian Democratic Forces (SDF), a coalition of mainly Kurdish and Arab fighters. “It appears as though the U.S. servicemen fled in their armored vehicles,” said another reporter with RT’s Arabic service, as she walked in front of American tents and equipment at the hastily abandoned outpost. Photographs show that when U.S. troops bugged out, they also left behind other standard stuff from American bases abroad: “crude dick drawings,” a football, fridges stocked with Coca-Cola, an open package of animal crackers, a can of Pringles, and a paperback copy of The Girl With The Dragon Tattoo.

  • #Madrid : l’Ingobernable expulsée, mais un Madrid non gouvernable n’est pas expulsable
    https://fr.squat.net/2019/11/13/madrid-lingobernable-expulsee-mais-un-madrid-non-gouvernable-nest-pas-expu

    Du cœur de Madrid, 13 novembre 2019 Aujourd’hui, la droite a procédé à l’expulsion de l’Ingobernable, faisant de la seule politique qu’elle sait faire : celle de la force. Elle s’est refermée sur elle-même pour s’attaquer à un conflit social avec des arguments et, sans même donner de préavis, elle a résolu avec la police […]

    #Espagne #expulsion #l'Ingobernable #Prado_30

  • Eliane Viennot : « La langue d’autrefois est bien moins sexiste qu’aujourd’hui » 1/2 | Entre les lignes entre les mots
    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2019/11/14/eliane-viennot-la-langue-dautrefois-est-bien-moins-sexi
    https://secure.gravatar.com/blavatar/a3b1cc5dc5733d7f4309d47eda4caf8d?s=200&ts=1573753012

    Récemment, j’ai vu que Montesquieu avait écrit dans les Lettres Persanes : « les femmes ont été motrices de cette lutte ». Alors, pourquoi dit-on que « la France est moteur de ceci ou cela » ? Non, « la France est motrice ». Si Montesquieu utilise ce mot, pourquoi ne l’utiliserions-nous pas ?

    Par ailleurs, je travaille depuis 20 ans sur l’Histoire des relations de pouvoir entre les sexes, et je me suis rendue compte que l’Europe a connu une véritable guerre intellectuelle sur la place des femmes dans notre société… guerre dont la France a été l’initiatrice. Cette « querelle des femmes » a commencé à monter vers les XIII-XIVème siècles, après la création des universités (strictement masculines). Cela a engendré des débats sur la place des femmes dans l’éducation, la famille, la politique etc. Mais on ne se dispute pas sur la langue avant le début du XVIIème siècle. Et ensuite cette querelle s’envenime, parce que la masculinisation de la langue s’accentue. Je traite de cette question dans mes livres d’histoire, mais je n’avais pas du tout prévu d’écrire un ouvrage sur ce sujet, c’est une éditrice me l’a proposé. Comme le sujet a rencontré un fort écho parmi les féministes, j’ai approfondi le sujet et deux autres livres ont vu le jour. C’est un domaine sur lequel je travaille énormément aujourd’hui.

  • How to Hide Mounted Drives in Ubuntu 19.10 (Quick Guide)
    https://www.omgubuntu.co.uk/2019/11/hide-mounted-drives-ubuntu-dock

    Learn how to hide mounted drives on the Ubuntu Dock in Ubuntu 19.10. The feature automatically adds dock icons for USB drives, SD cards and remote mounts. This post, How to Hide Mounted Drives in Ubuntu 19.10 (Quick Guide), was written by Joey Sneddon and first appeared on OMG! Ubuntu!.

  • Gustav Landauer, Appel au socialisme , 1911

    Au sein de la tradition libertaire, #Gustav_Landauer (1870-1919), qui se décrivait lui-même comme « anarchiste-socialiste » est peut-être l’auteur dont la pensée se prête le plus à des tentatives d’actualisation, et cela en raison de quelques caractéristiques de son idéal social, exposé dans son Appel au socialisme (1911).
    Il s’agit d’abord d’un socialisme culturel, associé à une critique de la modernité capitaliste qui dénonce non seulement l’État et l’exploitation du travail, mais aussi la foi en le Progrès et la technique, ainsi que la disparition des formes de vie partagée. Il s’agit ensuite d’un socialisme critique à l’égard du marxisme, qui récuse sa croyance en un déterminisme historique implacable et son matérialisme étroit, qui refuse d’accorder au prolétariat en tant que tel le rôle de sujet révolutionnaire et qui réhabilite les activités de subsistance pour penser la transformation sociale. Il s’agit enfin d’un socialisme communautaire, qui revalorise les formes héritées du passé tout en prônant la constitution de nouvelles communautés, considérées comme des commencements, ici et maintenant, de la future société socialiste.
    Associée à la dénonciation des faux besoins et du déclin du monde engendré par le développement capitaliste, cette insistance sur l’expérimentation sociale, qui ne renonce pas pour autant à la révolution, est sans doute ce qui peut continuer à faire de l’ Appel au socialisme une source d’inspiration pour le présent.

    https://sniadecki.wordpress.com/2019/11/14/landauer-socialisme

    #socialisme, #anarchisme, #révolution, #critique_sociale, #marxisme, #réaproppriation, #subsistance et #communauté.

    Bonne lecture !

  • #LaPrécaritéTue / #Nantes : rappel utile sur les murs de la FAC : vous pourrez toujours tenter de nous effacer, "il y a les êtres humains" ...
    https://www.flickr.com/photos/valkphotos/49065157347

    Flickr

    ValK. a posté une photo :

    #LaPrécaritéTue ! #Nantes : rassemblement en solidarité avec le jeune lyonnais qui s’est immolé vendredi 8 novembre devant le CROUS de Lyon pour dénoncer la précarité. Retrouver sa lettre de revendication : rebellyon.info/Un-etudiant-s-immole-devant-le-CROUS-21331 . Plus d’infos sur l’appel aux rassemblements : 44.demosphere.net/rv/4163 . Université de Nantes, Campus du Tertre, mardi 12 novembre 2019. . :camera : : (cc-by-nc-sa) ValK. :eyes : : frama.link/valk :purse : : liberapay.com/ValK

  • Autre mot pour désigner toute personnes en mobilité...
    #chercheur_de_refuge / #chercheurs_de_refuge... mot prononcé ici par #Damien_Carême, maire de Grande-Synthe :

    J’ai adressé au Premier Ministre, il y a quelques semaines, une lettre explicite évoquant très précisément la question des chercheurs de refuge présents sur la ville de Grande-Synthe, et plus largement, le Dunkerquois.

    https://www.damiencareme.fr/archives/4116

    Un terme qui avait aussi été utilisé par Edwy Plenel, me semblait-il, mais je ne trouve aucune référence...

    #réfugiés #migrations #mots #terminologie #vocabulaire
    ping @sinehebdo @karine4

    • Une place de stationnement coûte entre 600 et 1200 $ à entretenir par année, selon une étude du Victoria Transport Policy Institute. Il faut l’asphalter, la nettoyer, la déneiger…

      « Même à 140 $, on s’entend qu’on n’est très loin du vrai coût de l’usage d’un espace public à des fins privées »

  • Quantum Stealth “invisibility cloak” can conceal people and buildings
    https://www.dezeen.com/2019/11/07/hyperstealth-biotechnology-quantum-stealth-invisibility-cloak

    Canadian camouflage company Hyperstealth Biotechnology has patented the technology behind a material that bends light to make people and objects near invisible to the naked eye.


    This is made possible through something called a lenticular lens – a corrugated sheet in which each ridge is made up of a convex – or outward-curving – lens.

    https://youtu.be/VvX84o_e7vs?t=17

    #cape-d'invisibilité

  • « Les banques face au tsunami des GAFA »
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/11/14/les-banques-face-au-tsunami-des-gafa_6019129_3234.html

    Après Apple et Facebook, Google souhaite se lancer dans les services bancaires. Le numérique est en train de déshabiller les banques de leurs métiers les plus essentiels, estime Philippe Escande, éditorialiste économique « au Monde ». Les banques peuvent-elles disparaître ? Elles semblent encore loin de ce scénario apocalyptique, mais elles sentent désormais dans leur cou le souffle des géants du numérique. Mercredi 13 novembre, le Wall Street Journal révélait que Google allait se lancer dans les (...)

    #Apple #Citigroup #GoldmanSachs #Google #Amazon #Facebook #cryptomonnaie #carte #Libra #domination #fiscalité #bénéfices #BigData #data #banque (...)

    ##fiscalité ##GAFAM

  • La France des ronds-points avant les « gilets jaunes », Joseph Confavreux
    https://www.mediapart.fr/journal/culture-idees/131119/la-france-des-ronds-points-avant-les-gilets-jaunes

    Le sociologue Benoît Coquard, qui travaille sur les milieux ruraux et les classes populaires, publie un livre faisant voler en éclats les idées reçues sur les campagnes en déclin et le prétendu repli de ladite « France périphérique ». Un livre qui éclaire aussi le soulèvement des « gilets jaunes », un an après son déclenchement.

    Dans la lignée du chercheur Nicolas Renahy qui avait consacré une enquête importante à la jeunesse rurale dont il était lui-même issu, avec son ouvrage Les Gars du coin, Benoît Coquard, sociologue à l’Inra (Institut national de la recherche agronomique) s’intéresse à un territoire qui l’a vu naître et qu’il a continué de parcourir après être devenu chercheur, en publiant Ceux qui restent. Faire sa vie dans les campagnes en déclin (La Découverte).

    Cette position singulière explique la précision de son regard sur des espaces au mieux ignorés, au pire méprisés comme « reculés et hors du temps », alors que s’y jouent pourtant certains des « grands bouleversements économiques et sociaux de notre époque ».
    Cela lui permet de s’émanciper des deux représentations dominantes des habitants de ces espaces ruraux en déclin : « Soit un récit misérabiliste du style de vie des prétendus “beaufs racistes” qu’on retrouve plutôt à gauche, soit une ode à ladite “France oubliée”, “périphérique”, qui incarnerait d’une certaine manière le “vrai peuple” à défendre, qu’on retrouve plutôt à droite. » Deux raisons principales à ces stéréotypes pour le chercheur : « Ces classes populaires sont particulièrement dominées (au sens sociologique) » et « elles sont dans tous les sens du terme, très éloignés de ceux qui parlent d’elles ».

    Faisant feu sur les amalgames dont atteste la notion de « France périphérique », mise en avant en particulier par l’essayiste Christophe Guilluy, mais sans pour autant se contenter de documenter les spécificités locales, Benoît Coquard ne cesse de s’étonner du mélange de dédain et d’ignorance qui pèse sur le monde rural. Ainsi, même la divergence croissante entre des milieux ruraux attractifs qui se repeuplent tandis que d’autres se dépeuplent et s’appauvrissent n’est que rarement prise en compte. Pourtant, juge le chercheur, « ne pas admettre cette division minimale, ce serait un peu comme réunir en une même catégorie Neuilly-sur-Seine et Aubervilliers au motif que ce sont deux villes de banlieue parisienne. Un tel amalgame n’aurait aucune chance de convaincre un auditoire et pourtant, lorsqu’il s’agit des villages et de bourgs méconnus, on peut se permettre de loger tout le monde à la même enseigne ».

    Quand le chercheur a commencé ses enquêtes en 2010 dans le Grand Est, on parlait peu de ces régions, que ce soit dans les médias ou dans la recherche. « Depuis, note-t-il, à cause des scores très importants de l’extrême droite et plus récemment du mouvement des gilets jaunes », cela a commencé à changer. Mais l’histoire des espaces ruraux en déclin reste fort peu écrite et les réalités locales sont longtemps restées dans l’ombre, même quand elles sont tragiques : délabrement des centres-bourgs, consommation d’héroïne chez les jeunes, démantèlement du service de santé…

    Benoît Coquard insiste en particulier sur une situation vertigineuse, à savoir un nouvel exode rural d’une ampleur proportionnellement comparable à celui qu’a connu la France après la Seconde Guerre mondiale. Ce mouvement de population est « aussi vaste qu’il est ignoré des débats publics ». Dans les zones du Grand Est, au cœur des enquêtes du chercheur depuis la fin des années 1990, environ un tiers des 18-25 ans partent ainsi « sans jamais revenir par la suite ». Cela entraîne un vaste déclin démographique correspondant au départ des jeunes, proportionnellement « comparable (voire supérieur dans certains cantons) à ce que l’on avait mesuré dans les décennies 1950-1960 dites de l’exode rural ». 

    Cette situation renforce aussi l’homogénéité sociale de « ceux qui restent », puisque le facteur majeur poussant à partir est l’obtention du bac, mais cela creuse aussi les écarts entre les sexes, puisque ce sont d’abord les jeunes femmes, jouant davantage le « jeu scolaire » qui quittent les « coins paumés ».

    Cette homogénéité n’est toutefois pas synonyme de repli sur soi des habitants de cet espace. Tout d’abord, « l’attitude craintive qu’on leur présuppose ne les caractérise pas du tout ». Ensuite, les habitants de ces régions passent énormément de temps ensemble, même si la sociabilité a migré du café vers le foyer et d’une sociabilité professionnelle ou géographique vers la constitution de groupes d’amis. Enfin, ces zones rurales et industrielles ont toujours fait appel aux travailleurs étrangers (italiens, portugais, maghrébins, turcs…) et n’abritent donc pas que des « petits Blancs ». Dans la réalité des campagnes postindustrielles, note ainsi Coquard, « les descendants d’immigrés maghrébins font partie de “ceux qui restent”. En tant qu’enfants d’ouvriers, ils partagent les mêmes préoccupations et conditions d’existence que ceux de leur génération, issus ou non de l’immigration ».
    Il existe certes des conflits exprimés sur un mode ethnique, mais il est important de les resituer dans « le cadre d’un effritement de la solidarité locale » lié à la disparition des emplois et des services publics et de ne pas oublier que « de tels conflits sont aussi monnaie courante entre lesdits petits Blancs », car la « rareté des ressources attise les rivalités concrètes et les jalousies latentes ».

    Une analyse dont le chercheur relève qu’elle est sans doute « moins accrocheuse ou racoleuse que celle du “choc des civilisations” ou du “grand remplacement” ». Mais c’est en étudiant les conflits interindividuels les plus communs, qu’on « mesure que c’est bien pour des raisons économiques vitales, plutôt que pour des différences culturelles, qu’on lutte et se divise aujourd’hui dans les classes populaires rurales. Ce qui a changé, c’est que l’on ne se fréquente plus au hasard des gens du coin. En raison des concurrences exacerbées, les amis sont triés sur le volet ».

    La thèse centrale de Coquard réside dans ce fait qu’en raison des démantèlements successifs des cadres collectifs, « les individus en viennent à recréer des appartenances solidaires » différentes de ce qui existait auparavant, à la fois dans la manière dont elles se forment et dont elles se vivent. « C’est justement parce que l’emploi se raréfie qu’il faut en faire plus dans l’investissement collectif afin d’être recommandé pour un travail, écrit le chercheur. C’est aussi parce que les services publics et différentes commodités disparaissent de ces régions qu’il faut savoir s’entourer et s’entraider au quotidien. »

    « Affinités transclasses »

    Paradoxalement, explique le chercheur, alors que les habitants des campagnes en déclin sont souvent dépeints en termes de repli sur soi et de fermeture au monde, le fait de vivre dans ces espaces implique, au contraire, « de s’engager pleinement dans une quête de reconnaissance ». Le chercheur met ainsi l’accent sur « ces petits collectifs amicaux » qui occupent un rôle central dans l’économie générale de ces zones rurales, en particulier parce que c’est par ce biais que se construisent nombre de trajectoires matrimoniales et professionnelles, dans un contexte où la bonne ou mauvaise réputation est essentielle pour accéder à des ressources devenues rares.

    Benoît Coquard © Carole Lozano
    D’une vie sociale rattachée à une localité, on passe ainsi à un rapport beaucoup plus large à l’espace environnant, où le « ici » en vient à désigner davantage des « cercles d’interconnaissance qu’un lieu précis ». Ce n’est plus la localité qui fait l’appartenance, « mais les cercles d’amis qui regroupent les sociabilités autour d’un lieu comme le club de football ».
    Cette transformation, en profondeur, des logiques d’appartenance devenues plus amicales que territoriales, dans une situation ou « clans et bandes de potes » viennent « pallier l’obsolescence des anciennes structures » n’empêche pas que la « sociabilité de ces campagnes en déclin continue d’être intense et vitale ».

    Le sentiment de ne pouvoir être solidaire que d’un nombre limité de personnes produit toutefois un entre-soi particulier qui reflète l’état fortement concurrentiel du marché du travail dans ces territoires. « C’est dans l’entre soi protecteur et gratifiant du “clan” que peut être ainsi valorisée une conscience collective qui n’est plus assise sur l’appartenance à un “nous” large et fédérateur, mais sur un “déjà, nous”, plus restreint et sélectif qu’auparavant », écrit le chercheur.

    Coquard n’ignore pas « le potentiel de captage » de cette solidarité réelle mais restreinte par « une pensée politique d’extrême droite, au son de “les Français d’abord” », d’autant qu’il enquête dans des zones électorales parmi les plus portées vers l’extrême droite et dans des lieux et milieux où il est plus facile de se déclarer en faveur de Le Pen que de la gauche, associée à l’assistanat et à la fainéantise.

    Mais le choix d’une ethnographie, qui se mêle aux petits groupes structurant les campagnes délaissées d’aujourd’hui plutôt que de tendre périodiquement un micro à des populations ignorées hors des échéances électorales, permet au chercheur de repérer, derrière des discours politiques très marqués par les cadres de l’extrême droite, des « solidarités entre amis d’origine ethnique différente ».

    En outre, Benoît Coquard relève la façon dont des personnes qui pouvaient se dire « 100 % Le Pen » peuvent, pour beaucoup d’entre elles, évoluer vers d’autres propos, en particulier durant la mobilisation des gilets jaunes. Bien qu’une partie importante des populations sur lesquelles il enquête ont été, de longue date, « séduites par l’extrême droite, ce ne sont pas les questions identitaires ou migratoires qui les ont mobilisées et leur ont permis de rester soudés dans le froid de l’hiver », observe ainsi le sociologue qui paraît avoir écrit un livre sur les gilets jaunes avant qu’ils apparaissent comme tels. Son étude éclaire en effet rétrospectivement cette mobilisation si singulière.

    Ces moments d’effervescence collective ont en effet permis de « révéler une histoire et des rapports sociaux banalisés et donc invisibilisés au quotidien ». Pour l’auteur, les gilets jaunes sont « bien “ceux qui restent” ou plus exactement ceux qui veulent rester faire leur vie dans les campagnes en déclin, contre le cours des choses et souvent dans une nostalgie d’une époque moins morose ».

    Les occupants des ronds-points sont ainsi ravis de « (re)faire groupe dans un contexte où, beaucoup le concèdent, “on ne voit plus personne” depuis que la vie quotidienne s’est dispersée sur un large périmètre » dans un contexte où l’augmentation tendancielle des déplacements en voiture correspond à la délocalisation et à l’éclatement des entreprises, des services publics et des lieux de vie en commun.

    Sur les ronds-points, comme dans ces campagnes en déclin, se sont aussi tissé ce qu’il nomme des « affinités transclasses », avec la présence, aux côtés des retraités, des femmes, des précaires et des chômeurs qui fournissent le gros des troupes, de quelques artisans et petits patrons locaux. Ces derniers possèdent en effet « un style de vie et des visions du monde proches de celles de personnes, certes moins dotées en capital économique, mais qui travaillent dans les mêmes secteurs, mettent en avant les habiletés manuelles, partagent les mêmes loisirs », notamment la chasse, le football ou le motocross. Même si, poursuit le chercheur, « sur le papier, ils n’appartiennent pas à la même classe sociale, dans ce mouvement comme dans la vie de tous les jours, ceux qui sont proches dans l’espace social se ressemblent, qu’ils soient salariés ou non ».

    Dans ces espaces qui ne sont vides politiquement et socialement qu’aux yeux de celles et ceux qui ne savent pas les regarder, les gilets jaunes « en partant de la question des taxes et de la critique du jeu politique, sans attaquer le patronat, ont pu séduire une base bien plus large que celle des salariés politisés autour d’une vision conflictuelle des rapports d’exploitation ».

    D’autant que certains habitants de ces territoires ont aussi pu trouver, avec cette mobilisation, l’appartenance à un collectif déterminant pour encaisser les difficultés quotidiennes. « Pour les gilets jaunes comme pour une grande partie des jeunes ruraux rencontrés, c’est par cet investissement dans le collectif que l’on en vient à être connu et reconnu, alors même que l’on appartient à des classes sociales objectivement dominées », écrit Benoît Coquard, au terme de cette étude rigoureuse, qui ne lui permettra cependant pas de prendre la place de Christophe Guilluy dans des médias mainstream considérant toujours la « France périphérique » depuis des studios où celle-ci doit demeurer lointaine pour illustrer des analyses simplistes…

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