pression militaire et succès diplomatique pour les rebelles

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  • En à peine quelques heures, les éléments de langage et le cadre de réflexion se mettent déjà en place. Ainsi l’AFP est-elle en train d’expliquer :
    http://www.liberation.fr/france/2015/11/14/attentats-de-paris-une-centaine-de-morts-au-bataclan-assaut-termine_14133

    La France participe depuis plus de deux ans à la coalition anti-Etat islamique en Irak et a commencé à mener des frappes sur la Syrie en octobre.

    1. Je ne vois pas comment on peut écrire « deux ans » alors que l’intervention française en Irak a commencé en septembre 2014. Ça fait un an à tout casser. Le lecteur rapide se voit donc proposer comme cadre explicatif le fait que « la France » combattrait le « jihadisme » en Irak et en Syrie « depuis plus de deux ans »…

    2. En revanche, pourquoi écarter du cadre le fait qu’il y a « plus de deux ans », la France soutenait ouvertement les « terroristes-entre-guillemets » en Syrie ? Pourquoi ne pas plutôt rappeler qu’en décembre 2012, la position officielle énoncée par Laurent Fabius était :
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/12/13/syrie-pression-militaire-et-succes-diplomatique-pour-les-rebelles_1805889_32

    En revanche, la décision des Etats-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition. M. Fabius a ainsi estimé, mercredi, que « tous les Arabes étaient vent debout » contre la position américaine, « parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot ». « C’était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne », a ajouté le ministre.

    3. Il y a « plus de deux ans », en mai 2013 par exemple, nos alliés de l’Armée syrienne libre menacent le Liban, tirent des roquettes sur Beyrouth (déjà un « Hezbollah stronghold »), un responsable de l’ASL revendique l’attaque puis l’ASL « officiellement » nie être l’auteur. À l’époque, une belle théorie de nos amis de l’ASL consiste à prétendre que le Hezbollah commet des attentats false flag contre la population chiite du Liban.
    http://orientxxi.info/lu-vu-entendu/chiyah-menaces-revendications-puis,0278
    En juillet 2013, des dizaines de blessées dans un attentat à Beyrouth revendiqué par un « groupuscule se réclamant des rebelles syriens » :
    http://www.lefigaro.fr/international/2013/08/15/01003-20130815ARTFIG00150-forte-explosion-dans-la-banlieue-sud-de-beyrouth.
    Un mois plus tard, plusieurs dizaines de morts dans « l’attentat contre le fief du Hezbollah » :
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2013/08/15/liban-attentat-dans-le-quartier-du-hezbollah-a-beyrouth_3462176_3218.html

    Voilà, si on veut remonter à ce que fait la France « depuis plus de deux ans » en Syrie et qui sont ses alliés, ça risque de ne pas plaire.

    • Utile rappel de la france violant les décisions de l’UE, pour armer des rebelles dont certains sont peut-être passés à l’action à Paris hier (sorry, pas la source en français) :

      Según los datos revelados por el periodista, París entregó a los rebeldes sirios en 2012 de sistemas de artillería, ametralladoras, lanzacohetes y misiles antitanques. Durante este tiempo había en vigor una prohibición de la UE a la entrega de las armas a Siria que fue levantada en mayo de 2013. Hasta entonces, Francia había reconocido únicamente la entrega de armas no letales, entre ellas salvavidas y dispositivos de visión nocturna.
      Asimismo, el libro de Panon revela los planes conjuntos de París junto a la Fuerza Aérea de EE.UU. de realizar ataques aéreos sobre instalaciones del Gobierno sirio en agosto de 2013. A juicio del periodista, uno de los objetivos de estas operaciones era la sede de la inteligencia militar siria.

      http://www.almanar.com.lb/spanish/adetails.php?eid=112066&cid=49&fromval=1&frid=49&seccatid=62&s1=0

    • En français ici :
      "La France a fourni des armes à la révolution syrienne dès 2012, explique François Hollande dans un livre" Slate.fr
      http://www.slate.fr/story/101291/France-armes-Syrie

      La France a fourni des armes à des groupes rebelles syriens dès 2012 alors que l’Union européenne avait imposé un embargo sur de telles livraisons. Et c’est le président Hollande qui le dit lui-même dans un livre à paraître le 13 mai aux Editions de l’Archipel, intitulé Dans les coulisses de la diplomatie française, de Sarkozy à Hollande, écrit par le journaliste Xavier Panon.

      « Nous avons commencé quand nous avons eu la certitude qu’elles iraient dans des mains sûres », explique le chef de l’Etat à l’auteur du livre, en mai 2014. Les livraisons ont débuté dès la fin de l’année 2012, alors que l’embargo européen, établi à l’été 2011, est toujours en vigueur. Il ne sera levé qu’à la fin du mois de mai 2013.

  • Décembre 2012, Fabius défend al-Qaeda/al-Nosra parce que, « sur le terrain, ils font du bon boulot » :
    http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/12/13/syrie-pression-militaire-et-succes-diplomatique-pour-les-rebelles_1805889_32

    En revanche, la décision des Etats-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition. M. Fabius a ainsi estimé, mercredi, que « tous les Arabes étaient vent debout » contre la position américaine, « parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot ». « C’était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne », a ajouté le ministre.

    Évidemment, après cela, il est de bon ton de se moquer du petit peuple (notamment arabe) qui croit aux théories du complot.

  • Essaie de suivre : c’est la deuxième fois que Fabius se fait doucher, exactement sur le même sujet. Livraison d’armes en Syrie : la France seule au monde
    http://www.lepoint.fr/monde/livraison-d-armes-a-la-syrie-la-france-seule-au-monde-19-07-2013-1706501_24.

    C’est une sévère déconvenue pour la France. Londres, qui avait été avec Paris le principal avocat de l’armement des rebelles syriens, aurait décidé de faire marche arrière. Six semaines après avoir obtenu des Européens la levée de l’embargo, la Grande-Bretagne aurait renoncé à livrer des armes à l’opposition syrienne, quitte à isoler la France sur cette question. « Il est clair que la Grande-Bretagne ne va pas armer les rebelles, de quelque manière que ce soit », a déclaré à Reuters une source bien au fait du dossier à Londres.

    « La façon de voir des Occidentaux a changé », précise une source proche du gouvernement britannique. « Nous croyions auparavant qu’Assad ne pourrait tenir que quelques mois. Nous pensons maintenant qu’il peut rester en place pendant encore quelques années. » D’après Reuters, la volte-face s’expliquerait par l’hostilité croissante de l’opinion publique britannique à un engagement en faveur des rebelles, mais surtout par la crainte de voir les armes tomber entre les mains de djihadistes.

    • "la crainte de voir les armes tomber aux mains de djihadistes" fait plutôt rire- et honte à la fois- outre que cela ne les a jamais gêné de les soutenir quand cela pouvait être utile - par ailleurs, tout récemment Fabius n’a-t-il pas déclaré qu’ "Al Quaïda a fait du bon boulot" Mais, il semble qu’il ne veulent pas reconnaître une chose essentielle, à savoir que cette ingérence est devenue d’une impopularité quasi-totale au sein de la population syrienne..

    • OK, sur la citation de Fabius, j’ai eu un peu de mal à trouver une source en dehors de Voltaire, mais voilà, en décembre 2012 : Syrie : pression militaire et succès diplomatique pour les rebelles
      http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2012/12/13/syrie-pression-militaire-et-succes-diplomatique-pour-les-rebelles_1805889_32

      En revanche, la décision des Etats-Unis de placer Jabhat Al-Nosra, un groupe djihadiste combattant aux côtés des rebelles, sur leur liste des organisations terroristes, a été vivement critiquée par des soutiens de l’opposition. M. Fabius a ainsi estimé, mercredi, que « tous les Arabes étaient vent debout » contre la position américaine, « parce que, sur le terrain, ils font un bon boulot ». « C’était très net, et le président de la Coalition était aussi sur cette ligne », a ajouté le ministre.