<mode casuistique (contredisez-moi si je me trompe)>
En fait, stricto sensu, parler d’ émigration place du point de vue du pays de départ, or « Toute personne a le droit de quitter tout pays, y compris le sien » (art. 13 de la Déclaration Universelle des Droits de l’Homme de 1948), donc là en effet, l’émigration ne saurait jamais être illégale.
Parler d’ immigration place du point de vue du pays d’arrivée, qui codifie l’accès à son territoire, donc, quoiqu’on doive dire cela en se pinçant le nez, l’immigration peut sans doute être qualifiée d’illégale quand la personne qui entre le fait en outrepassant ces conditions d’accès. Le même article 13 dit qu’on a le droit de « circuler librement et de choisir sa résidence à l’intérieur d’un Etat », donc pas nécessairement entre deux Etats. Mais la Convention de Genève de 1951 tempère cela en instaurant la notion de « réfugié » et de droit d’asile : toute personne persécutée dans son pays a le droit de rechercher l’asile dans un autre pays. Or ce droit d’asile n’est pour ainsi dire pas respecté, ou très mal, et là ce sont les Etats qui sont très clairement dans l’illégalité (sans parler, naturellement, de l’ignominie que c’est de vouloir jouer sur les demandeurs d’asile pour contrôler « son » immigration).
Après, sur la naissance et les usages des expressions « immigration illégale », « clandestine », « irrégulière » c’est une autre affaire : elles sont employées comme des évidences alors que ce sont des constructions politiques et médiatiques...
</mode casuistique>