organization:collège de france

  • Apologie des sciences sociales - par Philippe Descola - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/Apologie-des-sciences-sociales.html

    Faut-il attendre des sciences sociales en général, de l’anthropologie en particulier, qu’elles nous éclairent sur les dysfonctionnements de nos sociétés sur les moyens d’y remédier ? Pour Philippe Descola, c’est plutôt en nous engageant à observer le pluralisme des modes d’être qu’elles peuvent contribuer à la transformation du temps présent.

    http://www.laviedesidees.fr/local/cache-vignettes/L308xH308/arton2262-0070d.jpg

    #descola



  • Geneviève #Fioraso, ministre de l’#enseignement_supérieur et de la #recherche (ESR) en bonne voie pour devenir la prochaine titulaire de la déshonorante carpette anglaise avec sa loi autorisant - systématisant- les cours en #anglais sous prétexte d’#internationalisation. On va vers une baisse des taux de réussite et une baisse encore plus importante du #français dans la recherche mais également de manière indirecte dans tous les autres secteurs (commerce par exemple). Cela montre le peu d’attachement à la #francophonie qui est pourtant dynamique démographiquement.

    Professeur au #collège_de_France, Antoine Compagnon, a aussitôt bondi : « Je l’invite à franchir les quelque deux ou trois cents mètres qui séparent son bunker ministériel des amphis du Quartier latin pour découvrir le monde réel, lui répond-il dans nos colonnes. En anglais, on parle de friendly fire pour désigner le genre d’action que vient de mener la ministre. Car Mme Fioraso nous tire dans le dos alors que nous montons au front. »

    [...]

    Les associations de défense de la langue française tempêtent avec leurs petits moyens. Régis Ravat, président de l’association Francophonie avenir, se désole de constater « l’anglicisation progressive de notre pays, encouragée par la droite comme la gauche. La ministre Fioraso dit "langue étrangère" dans sa loi mais c’est d’une totale hypocrisie. Tout le monde sait qu’elle veut dire "anglais". Maintenant, même pour un CAP de carrossier, on impose de parler anglais. Au nom, paraît-il, d’une ouverture vers le monde... Je dirais au contraire qu’on s’enferme. On se tourne vers le seul monde anglosaxon. »

    Même l’#Académie_française s’est offusquée de ce texte rédigé, dit-elle, en des termes trop vagues. « Il ne paraît ni opportun, ni même possible d’adopter pareille disposition de loi dont la valeur symbolique serait d’autant plus grande qu’elle serait plus vague et qui inaugurerait de véritables franchises linguistiques dans les universités françaises », jugent les membres de l’Académie dans une déclaration commune datée du 21 mars. L’article 2 de la loi Fioraso autorise l’enseignement en langue étrangère dans le cadre d’« un accord avec une institution étrangère » ou « d’un programme européen ». L’Académie alerte « sur les dangers d’une mesure qui se présente comme d’application technique, alors qu’en réalité elle favorise une marginalisation de notre langue ».

    Source : http://www.liberation.fr/societe/2013/04/12/l-universite-francaise-va-t-elle-parler-anglais_895729

    • Et dans le même genre avec l’absurdité du tout anglais à la #commission européenne :

      Une maîtrise imparfaite d’une langue peut donc déboucher sur une catastrophe, notamment dans le domaine financier où les marchés sont à l’affut, comme a pu le tester Dijsselbloem. Plus personne n’osant, à Bruxelles, reconnaître qu’il ne maitrise qu’imparfaitement cette langue, c’est un véritable règne de terreur linguistique qui s’est imposé. « Alors que des services entiers de la Commission ne comptent pas un seul anglophone de naissance, on parle et on écrit uniquement anglais, un anglais appauvri qui appauvrit la pensée », reconnaît un fonctionnaire européen. « Il faut voir ce qui sort de nos services », poursuit notre interlocuteur. Et ce, même si une majorité de fonctionnaires desdits services parlent mieux le français que l’anglais, par exemple : « il suffit qu’il y ait une seule personne qui ne parle pas français pour que l’on travaille tous en anglais ». Recourir à un interprète ou à un traducteur est presque devenu une marque de manque de savoir-vivre… Pourtant, les institutions communautaires devraient s’interroger : mal maitriser une langue, qui plus est comprise par une minorité de la population européenne, n’est-ce pas là un des facteurs de l’incapacité de l’Union à communiquer clairement ? N’y a-t-il pas un lien entre l’appauvrissement de la pensée européenne et la réduction à la portion congrue de son dictionnaire linguistique ?

      Au moins, à l’issue de cette chronique, vous aurez tous, moi y compris, appris un nouveau mot : « template ». Thank you, Luke !

      Source : http://bruxelles.blogs.liberation.fr/coulisses/2013/04/template-jai-dit-template-comme-cest-template.html


  • Perspectives croisées entre orient et occident - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/Perspectives-croisees-entre-orient.html

    Dans Florence et Bagdad, Hans Belting propose une nouvelle histoire du regard, dont il étudie le rapport à l’image et la valeur symbolique. Prenant pour point de départ le transfert culturel entre orient et occident, qui permet l’invention de la perspective au XVIe siècle, il s’interroge sur deux formes différentes de cultures du regard, en vue d’une histoire globale de l’art.

    http://www.laviedesidees.fr/local/cache-vignettes/L308xH394/arton2255-1ca51.jpg
    #islam #occident #Renaissance #culture #histoire_globale #histoire_de_l_art


  • Apologie des sciences sociales - La Vie des idées
    http://www.laviedesidees.fr/Apologie-des-sciences-sociales.html

    Faut-il attendre des sciences sociales en général, de l’anthropologie en particulier, qu’elles nous éclairent sur les dysfonctionnements de nos sociétés sur les moyens d’y remédier ? Pour Philippe Descola, c’est plutôt en nous engageant à observer le pluralisme des modes d’être qu’elles peuvent contribuer à la transformation du temps présent.

    http://www.laviedesidees.fr/local/cache-vignettes/L308xH308/arton2262-0070d.jpg
    #anthropologie #universalisme #nature


  • La légende noire du monde électronique | Lois des réseaux
    http://reseaux.blog.lemonde.fr/2013/03/24/legende-noire-monde-electronique

    Interview de Roger Chartier

    Personne ne connaît les limites, les contenus d’une base de données pour utiliser une donnée particulière qui s’y trouverait placée. De la même manière — et c’est peut-être le défi qui est lancé par ce monde nouveau — personne, lorsqu’il extrait d’une œuvre classique, un roman de Balzac par exemple, un fragment dans la forme électronique de sa publication, ne sent la nécessité de rapporter ce fragment à la totalité du texte dans lequel il avait sens. Et pour moi c’est là une rupture fondamentale, pas du caractère de valeur ou de dépréciation. C’est le fait que pour la première fois dans l’histoire de l’humanité on a une séparation entre les deux sens du mot livre, le livre comme un objet et le livre comme une œuvre. Évidemment, l’œuvre peut exister indépendamment de sa forme matérielle, ce que suppose le copyright. Mais dans la pratique de sa lecture, elle n’existe pas indépendamment de cette forme matérielle. Elle existe toujours dans une totalité dont personne n’est obligé de lire l’intégralité. Mais sa forme matérielle impose la perception de ce qu’était l’unité, l’identité, la cohérence textuelle de laquelle un extrait est extrait, une page est lue, un fragment est consulté.


  • La légende noire du monde électronique | Lois des réseaux
    http://reseaux.blog.lemonde.fr/2013/03/24/legende-noire-monde-electronique

    Vers des Lumières numériques ?

    Entretien avec Roger Chartier, professeur au Collège de France
    Première partie : La légende noire du monde électronique

    La période contemporaine ressemble à bien des égards au 18e siècle. On peut croire ou souhaiter qu’advienne un mouvement mondial comparable à ce que furent les Lumières en Europe. Des Lumières numériques sont un axe d’inspiration que l’Europe pourrait adopter pour offrir le meilleur d’elle-même au monde en devenir. Que peut en dire un historien des Lumières ?
    Cet entretien avec Roger Chartier, historien spécialiste de l’écrit aux 16e-18e siècles, mené en compagnie du prospectiviste Thierry Gaudin, présente un caractère insolite, voire exceptionnel. La prospective utilise l’histoire comme l’un de ses matériaux d’inspiration pour élaborer des scénarios du futur. L’historien, lui, s’interdit tout raisonnement déterministe sur l’avenir. Même les « leçons de l’histoire » n’ont plus cours.
    Roger Chartier, tout en nuances, ne s’est pas dérobé à l’examen d’une hypothèse d’anticipation optimiste, mais il attire aussi notre attention sur un possible scénario noir.

    Vers des Lumières numériques ? | Lois des réseaux
    http://reseaux.blog.lemonde.fr/2013/03/28/lumieres-numeriques

    Vers des Lumières numériques ?

    Entretien avec Roger Chartier, professeur au Collège de France
    Seconde partie : Démêler dans le présent la présence des passés

    Cet entretien avec l’historien Roger Chartier, spécialiste de l’écrit aux 16e-18e siècles, réalisé en compagnie de Thierry Gaudin, prospectiviste, alimente une réflexion sur le thème des Lumières numériques, menée par la Société européenne de l’Internet.
    L’expérience est insolite. Proche du dialogue impossible : les questionneurs sont tournés vers l’avenir, qu’ils souhaitent prévoir et même influencer. L’interviewé, par sa qualité d’historien, aborde avec grande modestie le registre du futur. Et pourtant, les réponses de Roger Chartier, sans concession mais sans dérobade non plus, livrent de précieux axes de réflexion.

    #histoire



  • Universités : faillite annoncée par les Présidents

    http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2013/03/universit%C3%A9s-faillite-annonc%C3%A9e-par-les-pr%C3%A9si

    La Conférence des Président d’Université lance un appel au secours. Avec les dernières coupes budgétaires décidées par le gouvernement, « Une part importante d’universités est inéluctablement conduite au déficit », affirme cette déclaration. Son vocabulaire un peu technique révèle que, comme souvent, le diable budgétaire se niche dans les détails. Et que derrière les discours volontaristes de la ministre de l’ESR, Geneviève Fioraso, à l’occasion de la présentation de la loi sur l’Université et la Recherche au dernier conseil des ministres, l’impasse budgétaire est bien là.

    #éducation #université #france


  • Autour de #Fritz_Mauthner « Espace contre ciment
    http://raumgegenzement.blogsport.de/2013/03/23/autour-de-fritz-mauthner
    http://www.dailymotion.com/video/xbbtop_les-religions-du-xixe-siecle-jacque_tech

    Du scepticisme linguistique à la mystique sans Dieu et à l’histoire de l’athéisme : Fritz Mauthner [1849-1923] par Jacques Le Rider au colloque Les religions du XIXe siècle (Fondation Singer-Polignac, 26 novembre 2009).
    http://etudes-romantiques.ish-lyon.cnrs.fr/wa_files/JacquesLeRider.pdf

    Qu’est-ce qu’une langue maternelle : réflexions sur Fritz Mauthner, Franz Kafka et Elias Canetti (Conférence de Jacques Le Rider au Collège de France, 10 mai 2012)
    http://www.college-de-france.fr/site/michel-zink/symposium-2012-05-10-14h00.htm#|q=../michel-zink/symposium-2011-2012.htm|p=../michel-zink/symposium-2012-05-10-14h00.htm|

    J. Le Rider : Crise du langage et position mystique : le moment 1901-1903, autour de Fritz Mauthner (Germanica 43 | 2008 : Modes intellectuelles et capitales mitteleuropéennes autour de 1900 : échanges et transferts, pp. 13-27)
    http://germanica.revues.org/545


  • Bonnes feuilles de « L’Etat, le pouvoir et le socialisme », de Nicos Poulantzas
    http://www.contretemps.eu/lectures/bonnes-feuilles-letat-pouvoir-socialisme-nicos-poulantzas

    On ne saurait imaginer condescendance de la postérité plus immense, plus injuste aussi, que dans le cas de Nicos Poulantzas. Encore faut-il s’empresser d’ajouter que cette condescendance ne concerne que la France. A l’étranger, dans le monde anglo-saxon, en Amérique latine, ou en Allemagne par exemple, Poulantzas est couramment considéré comme l’un des principaux théoriciens de l’État de la période récente1. De fait, on importe aujourd’hui en France des courants de pensée critique étrangers (...)


  • Médias : l’expertise au féminin livrée sur un plateau | Ministère des droits des femmes
    http://femmes.gouv.fr/parite-dans-les-medias-lexpertise-au-feminin-sur-un-plateau

    Désormais, les médias et les organisateurs de débats disposent de l’outil idéal et indispensable pour promouvoir l’expertise au féminin dans leurs émissions ! En effet, ce jeudi 31 janvier 2013, paraît le Guide des expertes, qui recense 317 noms de femmes compétentes et reconnues dans la totalité des domaines.


  • Nicholas Stern : ’I got it wrong on climate change – it’s far, far worse’ http://www.guardian.co.uk/environment/2013/jan/27/nicholas-stern-climate-change-davos?CMP=twt_fd

    Lord Stern, author of the government-commissioned review on climate change that became the reference work for politicians and green campaigners, now says he underestimated the risks, and should have been more “blunt” about the threat posed to the economy by rising temperatures.

    Wikipedia sur la critique du rapport Stern de 2006 : http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicholas_Stern

    En fait la critique a été double. Le premier courant cité reprochait « à l’équipe Stern d’avoir manipulé la méthodologie économique à seule fin de parvenir à un tableau catastrophique et de justifier ainsi ses recommandations d’une action forte et immédiate »4. Au contraire, les représentants de « l’économie écologique » lui reprochaient son « orthodoxie conceptuelle »....


  • Esther Duflo : misère de l’économie du développement | RdL La Revue des Livres

    extrait de l’article de Cédric Durand et Charlotte Nordmann

    « Repenser radicalement la lutte contre la pauvreté », c’est ce que se proposent de faire Esther Duflo et Abhijit V. Banerjee dans Poor Economics. Jusqu’à récemment, nous expliquent-ils, les politiques de lutte contre la pauvreté étaient élaborées sur la base de grands principes sans ancrage probant dans la réalité. L’introduction dans le domaine de la lutte contre la pauvreté de l’expérimentation aléatoire, ou « évaluation randomisée », permettrait enfin de sortir du sommeil dogmatique – des « idéologies » – pour entrer dans l’ère du pragmatisme et de la scientificité.

    Derrière ces formules aux noms imposants se cache un principe simple : l’extension au champ de l’économie du développement de la méthode des essais cliniques, en usage en médecine, afin de tester empiriquement la validité de politiques de lutte contre la pauvreté. Tout le travail du chercheur consisterait dès lors à définir une intervention, puis à l’appliquer à une population choisie de façon aléatoire pour déterminer les effets obtenus en comparant, au terme de l’intervention, la population choisie à un groupe de contrôle n’ayant pas fait l’objet du programme évalué. C’est ce principe que les auteurs de l’ouvrage et leurs équipes rassemblés au sein du laboratoire J-PAL au MIT sont parvenus à imposer ces quinze dernières années en économie du développement.

    De même que l’on évalue l’effet de nouveaux médicaments avant de les mettre sur le marché, pour savoir si un programme de lutte contre la pauvreté est efficace ou non, il faut le tester, nous disent-ils avec bon sens. Plutôt que de trancher la question sur la base de grands principes (comme « les gens ont besoin de liberté, pas d’aides » ou « les gens ont besoin d’aide pour accéder à la liberté »), il faut pouvoir concrètement et précisément mesurer les effets du programme. Par exemple, comparer ce qui se produit quand on distribue des moustiquaires gratuitement et quand on les propose à prix réduit, plutôt que de se déterminer a priori pour l’une ou l’autre option – les uns estimant que ce bien essentiel à la santé publique doit être gratuit, les autres affirmant que donner quelque chose le dévalue et nuit à son usage. Au final, des résultats sont obtenus et certains frappent l’esprit : telle étude montre l’effet considérable d’une mesure peu coûteuse – comme l’administration de vermifuges aux enfants pauvres, qui permet d’allonger leur scolarisation et conduit à une augmentation de leurs revenus à l’âge adulte (p. 272) ; telle autre montre l’importance d’un facteur qu’on aurait sinon négligé – comme le fait que, pour maîtriser leur fécondité, les femmes doivent certes avoir accès à des moyens de contraception, mais surtout y avoir accès sans le contrôle de leur mari (p. 116-117).

    À cette idée qu’il faut tester les politiques, les auteurs ajoutent qu’il est essentiel de comprendre la façon dont vivent et pensent les pauvres pour élaborer des politiques adéquates. Les évaluations aléatoires qui identifient les effets exacts de tel ou tel dispositif peuvent aussi permettre de saisir les « motivations » des comportements des pauvres, et à partir de là de concevoir de nouvelles mesures plus efficaces.

    L’écho rencontré par ces travaux est considérable : ils ont valu à leurs auteurs des prix prestigieux, ils ont bénéficié d’une couverture médiatique très large et ils sont devenus une référence incontournable pour les gouvernements, les ONG et des institutions économiques centrales comme la Banque mondiale. Les nombreuses études évoquées dans l’ouvrage attestent de ce succès. Poor Economics est ainsi une démonstration de force de ceux qu’on appelle les randomistas : il synthétise les résultats de leurs travaux sous une forme à la fois exhaustive et extrêmement accessible. Destiné à un lectorat bien plus large que le seul monde universitaire, cet ouvrage s’inscrit dans une stratégie de construction d’une nouvelle hégémonie dans le champ de l’économie du développement et de la lutte contre la pauvreté.

    Étant donné l’ampleur de ce phénomène, il est urgent d’adopter à son sujet un regard critique. Le point de départ est bien entendu de reconnaître qu’il y a quelque chose de précieux dans ce « retour à l’empirie », mais il faut aussitôt pointer le caractère excessif de l’engouement qu’il suscite. Il y a là quelque chose de surprenant, qui renvoie à la crise intellectuelle que subit l’économie du développement depuis le tournant des années 2000.

    Du point de vue de la démarche scientifique, la validité et la portée des résultats de l’expérimentation aléatoire posent des problèmes très largement sous-estimés. Sur le plan éthique, le rapport de pouvoir qui s’instaure entre chercheurs et sujets du test doit aussi être interrogé. Enfin, la neutralité idéologique à laquelle prétend cette démarche est largement illusoire : elle procède d’une entreprise dangereuse de dépolitisation des débats de politique économique.

    Article accessible par le lien proposé en fin d’article sur la page de RdL mentionnée ci-après :
    http://www.revuedeslivres.fr/esther-duflo-misere-de-leconomie-du-developpement


  • Esther Duflo : misère de l’économie du développement (La Revue des Livres)
    http://www.revuedeslivres.fr/esther-duflo-misere-de-leconomie-du-developpement

    La presse française lance un cocorico sonore et unanime : Esther Duflo, une économiste française, professeur d’économie du développement au MIT et titulaire d’une chaire au Collège de France, va conseiller Barack Obama sur les questions de développement. C’est le moment de relire un article remarquable, « Misère de l’économie du développement », publié par Cédric Durand et Charlotte Nordmann dans la première livraison de la RdL (septembre-octobre 2011). Alors que les médias français ont accueilli avec une complaisance étonnante Repenser la pauvreté d’Esther Duflo et Abhijit V. Banerjee (Paris, Seuil, 2012), Cédric Durand et Charlotte Nordmann dévoilent les impensés et les confusions d’une pensée indigente. A lire ou à relire donc pour se prémunir des enthousiasmes médiatiques et entreprendre de poser une peu sérieusement la question de la pauvreté et du développement dans le monde. Source : La Revue des Livres

    • La force du discours de Banerjee et Duflo tient à sa capacité à s’imposer dans l’espace public de manière consensuelle, en jouant sur plusieurs cordes à la fois : celle de la scientificité, mais aussi celle du « bon sens (...) court-circuiter toute perspective systémique et de masquer en pratique les conflits d’intérêts et la domination, sans lesquels « la #pauvreté » – une réalité qui est loin d’être donnée de toute éternité – est inexplicable.

      voir aussi http://seenthis.net/messages/59467


  • Hommage au Maître par Momo Brücke
    http://cqfd-journal.org/Hommage-au-Maitre

    Alexandre Grothendieck est un des plus grands mathématiciens du XXe siècle, dit-on. Moissonneur de nombreux prix académiques – il revendra aux enchères sa médaille Fields (1966) pour soutenir le Vietnam dans sa lutte contre l’impérialisme. Ou encore il refusera le prix Crafoord en 1988 : il soutient qu’accepter ce jeu des prix et des récompenses serait cautionner « un esprit et une évolution, du milieu scientifique, qu’[il] reconnaît comme profondément malsains. » Quand il est invité au Collège de France, Grothendieck y propose un cours intitulé : « Allons-nous continuer la recherche scientifique ? » De 1973 à sa retraite en 1988, il enseigne à l’université de Montpellier, avant de se replier dans les Pyrénées. À Montpellier, il a laissé des cartons de notes, écrites ces vingt dernières années. Vingt mille pages, qui en font saliver plus d’un. Car il y aurait des trésors à déchiffrer dans ces pattes de mouche. Mais Grothendieck, que son exil montagnard n’a pas réconcilié avec le monde de la recherche, ne lâche pas le morceau : il fait paraître en 2010 « une déclaration de non-publication ». Il y interdit tout usage de ses textes sous quelque forme que ce soit. Le responsable du patrimoine de l’université de Montpellier cherche à passer outre. Il veut prouver la valeur scientifique de ces écrits, afin de les classer comme « trésor national », et ainsi s’asseoir sur les intentions de l’auteur. Si aujourd’hui, remettre en cause la recherche scientifique est un blasphème, la critique, lorsqu’elle est émise par un éminent chercheur, ne peut que relever de la folie. Pour bon nombre de scientistes, Grothendieck est atteint d’une « paranoïa autodestructrice ». Faut-il vraiment être parano, aujourd’hui, pour vouloir foutre le feu à un tas de vieux papiers, qui pourraient conduire à de funestes applications scientifiques ? Tant pis pour les puristes, Grothendieck ne vendra pas son âme au diable.


  • Accueil | Archives Getaway
    http://getaway.eu.org/accueil

    Nous collectons des tracts, brochures, affiches, livres, objets, sons, images, films liés aux luttes sociales et groupes révolutionnaires. Notre intérêt se porte sur la période allant des années 60 à aujourd’hui, sur ce qui s’est produit au plus près des luttes, qui émane principalement de collectifs éphémères et de mouvements tendant à dépasser le cadre des partis et syndicats, et qui donc, bien plus que les livres édités, est amené à disparaître si on n’en organise pas la conservation.

    Ce pourrait être : le plan de tournage d’un ciné tract, un tract d’un collectif de mal logés de votre quartier, un carton de brochures de votre oncle qui a été maoïste dans les années 70, le compte rendu de réunion d’un comité de quartier post 68, un album photo d’un squat des années 80, la bibliothèque d’un syndicaliste révolutionnaire, l’ordinateur d’un anti-technologie en lutte, si vous en trouvez un, la banderole d’une occupation d’Anpe dans les années 90 par des jeunes précaires, le film super 8 d’une manifestation quelconque, un des djembés du collectif de sans papiers de la Maison des Ensembles, l’affiche d’appel à mobilisation pour Klaus Croissant, un enregistrement sur bande magnétique d’une assemblée générale d’occupation à Billancourt, la transcription d’une discussion entre Guattari, Foucault, Fritz Lang, Tronti, Walter Benjamin et la femme de ménage en lutte du collège de France, un exemplaire du guide juridique « s’évader sans peine », la maquette d’un cortège de l’autonomie organisée, le 33 tours d’un chant de lutte en français pas trop insupportable à écouter, des croquis d’un foyer Sonacotra en grève, la vraie recette de la composition de classe, le plan de tissage de votre grand-mère bigouden traditionnellement en lutte contre le folklore, le plateau repas d’un gréviste de la faim des QHS, un des chapeaux des bombeuses à chapeau, le cahier de slogans d’un comité de lycéens, le clic-clac d’un psychiatre de l’anti-psychiatrie, la mob d’un jeune prolétaire rebelle métropolitain, la gamelle d’un sidérurgiste en grève, un slogan intéressant avec son fragment de mur ou à défaut une photo, une carte postale opéraïste... On irait jusqu’à prendre une tasse dessinée par Rodchenko. Par contre nous ne prendrons ni le bol à cheveux de Bernard Thibault, ni la cravate de Georges Marchais, ni l’exemplaire rare du discours dactylographié d’André Malraux accueillant les cendres de Jean Moulin au Panthéon – sauf pour financer les archives.

    Remuer le passé, lui demander des réponses et des explications n’est pas une opération anodine, recueillir des documents, s’en faire les dépositaires c’est aussi contracter une dette, c’est s’engager à essayer d’être à la hauteur des événements, victoires et défaites, joies, espoirs et désillusions qu’ils peuvent contenir. Ce n’est pas une responsabilité que l’on peut endosser seul. C’est aussi pour éviter les écueils d’un regard inapproprié sur cette histoire que la forme collective nous semble le mieux répondre à ce rôle, c’est comme une sorte de garantie contre les analyses vaines, pour trouver de la bienveillance, de l’intelligence et de la perspicacité.
    Mais le passé est muet. Face à lui, pour éviter le soliloque, nouer le dialogue au présent, dégeler ces paroles qui nous parviennent comme prises dans la glace, il faut être plusieurs. D’autres part, pour lui redonner vie, nous avons besoin de formes collectives capables de recevoir ses traces, aussi parce que pour la plupart elles sont le reste d’une élaboration collective. En somme nous souhaitons inventer des formes de travail. Ça pourrait être : appeler largement à venir lire et réfléchir ensemble sur une partie des archives qui serait à cette occasion déplacée dans un lieu public, élaborer une réédition avec des vrais morceaux de présent dedans, à partir de matériaux issus du fond préparer une discussion, la transcrire puis la diffuser, enquêter en partant de documents pour mieux comprendre une situation de lutte, bref, créer l’occasion d’articuler du travail collectif et du travail public, à ciel ouvert.


  • La modestie de l’historien - Sur le dernier livre d’Ahmad Beydoun par Samir Frangié
    http://www.lorientlejour.com/category/%C3%80+La+Une/article/774876/La_modestie_de_l%27historien_.html

    La perspective que Beydoun développe dans cette première partie est une perspective historique, qui oppose l’historicité du système libanais et de ses différentes composantes à leurs immobilismes et essentialismes apparents. C’est un parti pris pour l’histoire, le temps et le changement, que Beydoun développe depuis son étude magistrale de l’historiographie libanaise, publiée en 1984. Et ce parti pris repose sur l’hypothèse que «  le système libanais et ses crises ont une “histoire”  », ce qui impliquerait qu’elles ne sont pas une répétition à l’infini d’une même crise, mais représentent une transformation dans le système qui requiert une analyse historique et la recherche de solutions adaptées.

    #Ahmad Beydoun


  • Les diseurs de vérité 2. Le parrèsiaste ou le courage de la vérité | La pensée du discours
    http://penseedudiscours.hypotheses.org/1557

    Dans son dernier cours au Collège de France, édité sous le titre Le courage de la vérité ([1]), M. Foucault développe longuement une figure antique du diseur de vérité, le parrèsiaste, celui qui pratique la parrêsia. Elle « consiste à dire, sans dissimulation ni réserve ni clause de style ni ornement rhétorique qui pourrait la chiffrer et la masquer, la vérité. Le “tout-dire” est à ce moment-là : dire la vérité sans rien en cacher, sans la cacher par quoi que ce soit » (p. 11). Traductible selon lui par “franc-parler”, la parrêsia est un dire-vrai qui constitue une vertu essentiellement politique. Il existe également un sens apostolique et spirituel de la parrêsia, trait fondamental de la parole du prophète. La notion apparaît assez souvent dans le Nouveau testament où elle est plutôt traduite dans le vocabulaire de la confiance, de l’assurance et de la parole ouverte. Cette manière de “tout dire” (mais pas n’importe quoi), recèle cependant l’ambiguïté fondamentale attachée à la notion même de vérité, déjà rencontrée la semaine dernière dans la figure du messager : la parrêsia peut devenir une menace pour la démocratie en y introduisant des différences de légitimité, et elle peut aussi franchir les limites psychiques de l’acceptable en se muant en franchise perverse.



  • La Bande Passante
    http://www.labandepassante.org/ulysse-clandestin.php?alert_msg=Y

    http://www.labandepassante.org/data/lbp_u1bN2Gwa_909.jpg

    ULYSSE CLANDESTIN
    Et les films-entretiens du coffret Frontières

    La création d’un ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale était en soi un acte d’une violence inouïe. Le débat sur l’identité nationale, et toutes les dérives verbales qui l’ont accompagné, ont confirmé les plus sombres prophéties. [...] Il est primordial de réagir, sans attendre. [...]

    Le film choral Ulysse Clandestin (93’), et les autres films qui lui sont associés, s’y emploient. Le court métrage introductif de Thomas Lacoste Il fut des peuples libres qui tombèrent de plus haut (17’) revient sur la constance de l’exclusion des étrangers de la cité, à partir d’un texte du sociologue Abdelmalek Sayad (extrait de L’immigration ou les paradoxes de l’altérité , Ed. Raisons d’agir, 2006) et d’une adaptation de la pièce chorégraphique Self portrait camouflage (52’) de la danseuse et chorégraphe Latifa Laâbissi. Les dix entretiens longs, avec les intervenants du film choral qui reviennent sur leurs recherches, constituent une mise en perspective et un approfondissement essentiels.

    [...] Ces films interrogent aussi la récurrence et les usages des thématiques racistes, notamment dans les périodes où le capitalisme entre en crise. Ils reviennent sur cette hydre, l’association de l’immigration et de l’insécurité, sans cesse renaissante.

    Avec la participation des historiens Pap Ndiaye, Gérard Noiriel, Tzvetan Todorov et Sophie Wahnich, des anthropologues Michel Agier, Marcel Detienne, Françoise Héritier et Emmanuel Terray, des sociologues Luc Boltanski et Eric Fassin, tous membres du Collectif pour la suppression du ministère de l’Immigration et de l’Identité nationale , de la danseuse et chorégraphe Latifa Laâbissi et de la comédienne et metteur en scène Anaïs de Courson.

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    Une nouvelle fournée en cours de fabrication :
    http://www.lemonde.fr/cinema/article/2012/02/29/le-kit-de-survie-de-thomas-lacoste-cineaste-tres-politique_1649789_3476.html


  • Le numérique au Salon du Livre de Paris…
    http://numeriterature.com/2012/03/15/le-numerique-au-salon-du-livre-de-paris
    #Demain :

    Sur la Scène numérique (D8) :

    De 10H30 à 18H00 : « Les Assises du livre numérique »

    Cette manifestation propose un tour d’horizon des opportunités, innovations et perspectives du numérique pour le secteur de l’édition, en présence d’intervenants experts dans leur domaine.

    (Dont voici un programme plus précis : Matinée – Après-midi)

    À noter qu’entre 10H30 et 11H30 sera présenté le « baromètre SOFIA–SNE–SGDL sur les usages numériques », à propos duquel vous aurez plus de précisions ici.

    De 18h00 à 19h30 : « Révolution numérique et diffusion des savoirs »

    L’institut français, en partenariat avec l’INA, le Collège de France, la BnF et la Société Européenne des Auteurs, présente ses nouveaux outils numériques à l’attention des professionnels du livre français et étrangers et du grand public.

    De 19h30 à 20h30 : « Présentation de BD numériques »

    BD sur tablettes et mobiles : portrait d’un acteur totalement numérique, AveComics plateforme de lecture et de vente.

    Au stand du syndicat national de l’édition (H11) :

    De 11H30 à 12H30 : « Littérature jeunesse et nouveaux supports de lecture »

    Tablettes numériques, ebooks, téléphones, ordinateurs, comment évolue la littérature de jeunesse avec la multiplication des supports de lecture ? Des albums aux documentaires, des livres pour tout-petits aux romans, qu’apporte à chacun le développement du numérique ?



  • La nef des fous - Metaxu – Le blog de Philippe Quéau
    http://queau.eu/?p=2048

    « Le gaspillage est immense, l’illogisme à son comble, l’absurdité patente, la faiblesse du politique incommensurable.

    Pour alimenter une ampoule électrique consommant 2 joules (=2 watt/seconde), il faut consommer 50 fois plus d’énergie primaire (en gaz, pétrole ou charbon), soit l’équivalent de 100 joules (=100 watt/seconde). Cette énergie est perdue lors de la conversion thermique-électrique et lors de la distribution.

    Autre exemple : aux États-Unis, on dépense chaque jour plus d’argent en essence prise à la pompe, que l’on n’investit en un an dans la recherche solaire.
    Or, en une seule heure, le soleil prodigue toute l’énergie nécessaire à la planète pour une année. »