François Isabel

Ni dieu, ni maître, nirvana

  • Un A400M Atlas français fait plus fort que les LC-130 Skibird américains ! — avionslegendaires.net
    https://www.avionslegendaires.net/2026/03/actu/un-a400m-atlas-francais-fait-plus-fort-que-les-lc-130-skibird-ame

    Poser et faire redécoller depuis la banquise un avion de transport tactique est la spécialité de l’aviation américaine depuis des décennies. Les Lockheed LC-130H Skibird de l’US Air Force ont été spécialement pensés pour cela et s’en acquittent fort bien. Alors quand un simple Airbus Military A400M Atlas de l’Armée de l’Air et de l’Espace réalise plusieurs fois la même prouesse on peut aisément penser qu’il fait jeu égal. En réalité il fait mieux puisque lui n’a pas été pensé pour cela et n’a pas été modifié en ce sens.

    Un Lockheed LC-130H Skibird c’est un C-130H Hercules spécialement pensé et équipé pour opérer en zones polaires, que ce soit en Arctique autant qu’en Antarctique. Ça peut aussi ponctuellement voler depuis et vers des terrains d’aviation bien au sec et en secteur tempéré, mais ce n’est vraiment pas sa spécialité.
    Un Airbus Military A400M Atlas c’est un avion de transport tactique lourd. Par définition il doit pouvoir se poser partout. Des sables du Sahara et du Sahel aux jungles luxuriantes d’Asie du Sud-Est en passant par les bases aériennes d’Europe occidentale ou d’ailleurs. Pour autant s’il existe deux régions du monde où l’avion européen n’a pas été pensé pour coller ses trains d’atterrissage c’est bien là où il règne un froid de gueux, celui à pierre fendre : l’Arctique et l’Antarctique. Concernant le second à priori c’est toujours le cas il ne s’y est pas (encore) posé. Pour l’Arctique c’est désormais une autre histoire.

    Depuis le début du mois de mars 2026 l’EMATT, l’Équipe de Marque Avion de Transport Tactique du Centre d’Expertise Aérienne Militaire, mène des missions de transport lointaine en zone Arctique. Assisté de nos alliés danois les aviateurs français opèrent au Groënland avec un A400M Atlas strictement identique aux autres. L’avion n’a pas été repensé, il ne dispose pas de skis sur son train d’atterrissage, et n’a pas recours à des fusées JATO pour décoller depuis la banquise. Il est équipé de la même manière que s’il devait décoller d’une piste en herbe au beau milieu de la campagne normande ou du tarmac d’une base aérienne de l’Armée de l’Air et de l’Espace. Sauf que voilà quand il décolle il soulève des centaines de kilos de poudreuse à vous gâcher le champ de vision.

    Porteur du numéro de série 073 l’A400M Atlas immatriculé F-RBAN sert dans l’Armée de l’Air et de l’Espace depuis huit ans maintenant. Autant dire qu’entre 2018 et aujourd’hui il a eu le temps de bourlinguer, allant même jusqu’en Corée du Sud à l’été 2023. S’il avait été construit pour opérer en zone polaire on le saurait depuis le temps.
    Alors quand la semaine dernière il s’est posé et a redécollé d’une piste glacée de 1400 mètres de long seulement par -25°C à 82° de latitude nord on peut dire qu’il a réussi son pari. Prochaine étape ? Je ne sais pas moi, l’usine de jouets du Père Noël…

    Plus sérieusement cette série d’expérimentations, à vide et à charge, permet de démontrer que suffisamment bien pensé un avion de transport tactique peut parfaitement opérer partout. Sachant que l’US Air Force cherche un successeur à ses actuels LC-130H Skibird on pourrait peut-être lui proposer l’avion européen. Il serait disponible sans modification particulière. Sait-on jamais. Et en plus il est garanti pour l’emploi au Groënland, ce qui peut servir les intérêts expansionnistes trumpiens.
    Par contre il est clair qu’un A400M Atlas capable de se poser et de redécoller d’une zone polaire Arctique c’est un chouette argument commercial pour le constructeur. Reste plus qu’à faire la même chose en Antarctique !