A l’encontre » Palestine. Les écoles : une cible privilégiée de l’armée en Cisjordanie, afin de contraindre à un « départ silencieux »
Par Orly Noy | 24 janvier 2018 | +972 | Traduction de l’anglais par A l’Encontre
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Lorsque les enfants de Beit Ta’mar, un village situé au sud-est de Bethléem, ont quitté leur école improvisée pour des vacances d’hiver il y a environ deux semaines, ils ne savaient pas si le bâtiment serait encore debout à leur retour.
Appeler le bâtiment une école, c’est une exagération. Il est composé de cinq salles en béton au sommet d’une colline, construites par les habitants du village, qui ont également construit la route de l’école.
« En août dernier, nous avons demandé à l’armée la permission de construire une école pour les enfants du village », explique Hassan Brigiah en route pour le site. Nous n’avons pas reçu de réponse, et après avoir parlé à un avocat, nous avons décidé d’installer six caravanes pour servir de classes d’école. L’armée est venue et a démonté les caravanes. Pendant qu’ils faisaient ça, je leur ai dit : “Mais vous ne nous avez donné aucune réponse.” Ce qui ne nous a pas aidés. Nous avons alors décidé de construire quelques salles de classe en béton, et pendant ce temps, un avocat a réussi à obtenir une décision juridique pour empêcher leur démolition jusqu’à ce que le gouvernement nous donne une réponse. »
L’armée a depuis fourni une réponse négative, comme prévu. Comme toujours, les raisons sont techniques et bureaucratiques. Depuis lors, la menace de démolition pèse sur les premières classes de troisième année du primaire. L’Autorité palestinienne a fourni des tables et des chaises, ce qui est indiqué sur une plaque. « Nous construirons la patrie avec le pouvoir de la connaissance » est peint sur l’un des murs.
L’école est située dans la zone C [zone sous contrôle total d’Israël pour la sécurité et l’administration, elle représente 62% du territoire de Cisjordanie], mais à proximité de la zone B sous contrôle civil palestinien et dont les terres sont des propriétés privées. Birgiah ajoute que la construction de l’école a été financée par les villageois eux-mêmes.
« Nous sommes très proches de Tekoa et Noqdim, où vit Avigdor Liberman [ministre de la Défense] », ajoute Birgiah. « Les colons ont beaucoup d’influence sur le gouvernement. Presque tous les jours, ils se tiennent sur la colline surplombant l’école et surveillent nos enfants avec des jumelles. L’armée est aussi là tout le temps, se promenant, prenant des photos et s’en allant. Ils veulent nous montrer qu’ils sont là, pour que nous continuions à vivre dans la peur. » (...)
