Xavier Molénat

Journaliste, magazine Sciences Humaines

  • Passe d’armes autour de la prostitution
    #Sociologue, spécialiste de la #prostitution, Lilian Mathieu a publié il y a quelques jours une tribune dénonçant le traitement "nationaliste" de la prostitution dans le #rapport de la députée socialiste Maud Olivier

    Avec le PS, la préférence nationale commencera-t-elle par le tapin ?
    http://www.rue89.com/2013/10/08/prostitution-ps-reprend-preference-nationale-chere-fn-246404

    Si elles étaient mises en œuvre, les propositions de la mission parlementaire reviendraient donc à appliquer sur le « marché du sexe » la revendication emblématique du Front national : la préférence nationale, réservant aux seuls nationaux une activité fermée aux étrangers.

    S’ensuit une réponse de Christine Le Doaré, célèbre militante abolitionniste, ulcérée de voir ainsi légitimée l’exploitation des femmes :
    Les femmes étrangères rêvent de devenir « putes », c’est ça ?
    http://www.rue89.com/2013/10/12/les-femmes-etrangeres-revent-devenir-putes-cest-ca-246484

    Si Lilian Mathieu arpentait, comme les associations qui s’intéressent aux personnes prostituées, les lieux de prostitution ou les sites de petites annonces Internet, il aurait constaté qu’elles sont dans leur écrasante majorité, et depuis déjà longtemps, des femmes étrangères.
    Et que ces dernières sont exploitées par un proche ou un réseau, induites en erreur et conduites sur les lieux de prostitution pour exercer un moment avant d’être déplacées ailleurs. Que ce pourcentage soit de 85%, 90% ou 95 % n’y change pas grand-chose.
    Ensuite, il tente de réfuter l’évidence : l’oppression et l’exploitation des femmes ne relèveraient pas, selon lui, de la domination masculine.
    Vous l’ignoriez peut-être, mais les femmes étrangères prostituées sont venues s’échouer sur nos trottoirs de leur propre chef ! Contrairement aux hommes, qui rêvent de devenir géomètres, maçons, profs ou kinés, les femmes étrangères, elles, rêvent de devenir « putes ».
    Les macs, les réseaux, la traite... : tout ça n’existe pas, pur fantasme féministe que ce système prostitueur !

    Bien décidé à ne pas se laisser faire, L. Mathieu répond à son tour, condamnant le misérabilisme de la militante abolitionniste :

    Les prostituées, toutes des pauvres filles ? http://www.rue89.com/2013/10/14/les-prostituees-toutes-pauvres-filles-246559

    Madame Le Doaré affirme avec justesse que les femmes étrangères ne rêvent pas de devenir putes. La femme étrangère – le singulier s’impose : on n’est pas dans la réalité sociale mais dans le monde des essences –, pour madame Le Doaré et les auteurs du rapport, ne rêve pas, tout simplement.
    Elle n’a pas de projet, pas d’ambition, pas même de volonté. Rester dans son pays économiquement dévasté, sans aucun autre avenir que des emplois sous-qualifiés ou le statut de femme au foyer, lui suffit amplement.
    Totalement passive, la femme étrangère telle que la voit madame Le Doaré ne migre que si un homme l’y contraint. Remarquons la forme passive que privilégie son texte : la femme étrangère est « conduite sur les lieux de prostitution », est « déplacée », comme une chose inerte qu’elle est.

    A suivre ?

    #FrontNational #ChristineLeDoaré #LilianMathieu #Immigration #Abolitionnisme


  • La Charte de la #laïcité vue par les sciences sociales

    « La laïcité est liée à l’idée d’une #école obligatoire pour tous » - Itv P. Cabanel
    http://www.liberation.fr/societe/2013/09/06/la-laicite-est-liee-a-l-idee-d-une-ecole-obligatoire-pour-tous_930052

    La République a procédé à une substitution en remplaçant les Evangiles par Kant, mais sans pour autant créer un vide qui aurait été vécu comme une agression par les catholiques, puisque l’instruction #morale est restée. En filigrane, l’idée était bien sûr de former de futurs citoyens, et non plus des chrétiens

    "Veut-on des élèves passifs en classe ?" - Itv Eric #Fassin
    http://tempsreel.nouvelobs.com/education/20130909.OBS6138/charte-de-la-laicite-veut-on-des-eleves-passifs-en-classe.html

    L’Etat français revendique des valeurs, et c’est tant mieux. Mais les valeurs démocratiques sont faites pour être discutées. Par exemple, tout le monde se réclame de la liberté, mais tout le monde n’y met pas la même chose. Songez au voile : certains veulent l’interdire au nom de la liberté des femmes, d’autres au contraire veulent l’autoriser, également au nom de la liberté. La bataille démocratique porte sur le sens que nous donnons à ces valeurs en pratique.

    "l’institution a un côté "faites ce que je dis, mais pas ce que je fais"" - Itv Jean #Baubérot
    http://www.lepoint.fr/societe/jean-bauberot-certains-enseignants-ont-des-idees-fausses-sur-la-laicite-09-0

    On va, par exemple, répéter indéfiniment que l’école est laïque, gratuite et obligatoire... sans préciser que c’est l’instruction seule qui est obligatoire ni évoquer l’enseignement privé catholique subventionné par l’État ou les cours de religion dans les écoles d’Alsace et de Moselle.

    "Deux remarques sur la morale laïque à l’école" - F. #Dubet (avril 2013) http://www.cafepedagogique.net/lexpresso/Pages/2013/04/23042013Article635022982319318314.aspx

    Pas plus à l’église qu’à l’école l’apprentissage de la morale repose sur une soumission à l’autorité « transcendante ». Autrement dit, l’apprentissage de la morale procède moins d’une leçon que d’une expérience. Et sur ce plan, on peut avoir du mal à comprendre la vision trop traditionnelle de Vincent Peillon dont le projet repose sur des leçons de morale alors que le chapitre vie scolaire reste désespérément vide ou réduit aux initiatives volontaires.

    #Education


  • Marie Duru-Bellat » Blog Archive » 62=92 ? ou de quelques questions taboues dans le débat sur les retraites
    http://alternatives-economiques.fr/blogs/duru-bellat/2013/07/12/6292-ou-de-quelques-questions-taboues-dans-le-debat-sur-les

    est-ce si évident, ou dit plus brutalement, peut-on soutenir que 62=92, autrement dit que les années qui seraient « prises » dans la soixantaine (car, faut-il le rappeler, certains souffrent au travail) sont équivalentes à celles que les progrès de la médecine (ou du moins ce qui est défini comme tel) font gagner dans les âges très élevés ? Certes, d’un point de vue arithmétique et éthique, toutes les années d’une vie se valent, qu’elles soient ou non accompagnées d’ « incapacités » de tous ordres (il faut d’ailleurs rappeler que la durée de la vie sans incapacités stagne voire régresse dans la période récente). Pourtant, même si dans certains milieux sociaux (ceux de nos politiques sans doute), la vie peut-être aussi passionnante à 92 ans qu’à 62, quiconque visite de temps à autre une maison de retraite ou un EPAD a sans nul doute un jugement plus mitigé, tant un pourcentage non négligeable de leurs pensionnaires semble avant tout attendre la mort que vivre ; du moins ils et elles le disent et il n’y a pas de raison de ne pas les croire


  • Le déclin global du mariage
    Philip Cohen, sociologue américain, a publié hier un post sur le #mariage dans le #monde.
    http://familyinequality.wordpress.com/2013/06/12/marriage-is-declining

    Conclusion intéréssante sinon surprenante : les taux de mariage déclinent un peu partout, dans les pays riches en particulier mais aussi dans les pays pauvres ou émergents. Il n’y a que la #Chine et l’#Inde pour conserver des taux de mariage pharaoniques (plus de 98 %) - ce qui fait, il est vrai, pas mal de monde. La tendance n’est donc pas universelle, mais elle est globale, et n’a selon P. Cohen aucune raison de s’inverser prochainement.

    Le mariage n’intéressera-t-il bientôt plus que les #homosexuels ?


  • Un mythe increvable : la « révolution #numérique à l’école »

    Dans le Libé de lundi, interview croisée de Vincent Peillon et Michel Serres sur « la place de l’ordinateur à l’école ».
    http://www.liberation.fr/societe/2013/06/09/avec-le-numerique-le-prof-se-recentre-sur-le-coeur-du-metier_909521

    On ne peut constater qu’avec étonnement comment est reprise sans aucun recul la vieille idée selon laquelle #internet et le #multimédia chamboulerait nécessairement la relation pédagogique, l’élève devenant plus autonome, actif, et le prof devant se détacher du rôle de « celui qui sait » pour être davantage un « accompagnateur ».
    Ces idées étaient déjà présentes aux balbutiements d’internet, et quinze ans après on aurait pu penser qu’on aurait pris un peu de distance par rapport au mythe. Mais non. Quelques exemples.

    - 2013 :

    Cela change le rapport au savoir, le #professeur n’en étant plus le seul détenteur ?

    V.P. : Autrefois, en effet, le maître en était le dépositaire et sa mission était de transmettre des savoirs que l’élève ne pouvait acquérir autrement. Aujourd’hui, l’élève peut accéder à des #savoirs ailleurs.

    (...) Et que devient l’enseignant ?

    V.P. : Sa tâche première est d’aider à réfléchir les savoirs, à les construire. Venez voir un cours de géographie bien fait avec le numérique. Je peux superposer plusieurs cartes à différentes périodes, avec les évolutions géologiques et industrielles. Si je prends Narbonne en 1930 et en 1978, je peux voir comment la ville s’est industrialisée, où sont implantés les nouveaux bâtiments, comment les lieux ont évolué physiquement et humainement.

    - 1997 :

    « L’enseignant n’est plus celui qui sait tout mais celui qui permet d’accéder au savoir par toutes sortes de moyens (...) » ( "Planète multimédia, le guide", Hors-Séries Challenges , novembre-décembre 1997, p.130).
    « les profs ne seront plus la référence unique des élèves : ils les aideront à trier une masse énorme de #données » (Comment Internet change la france, dossier de L’Expansion, mars 1998 p.62)
    « Les nouvelles technologies peuvent sortir les professeurs se leur fonction traditionnelle qui était de dicter et de communiquer des informations aux élèves. Les professeurs vont vraiment éduquer, c’est-à-dire structurer l’apprentissage des étudiants pour qu’ils gèrent eux-mêmes leurs nouveaux acquis ». ( Ibid )

    Les nouvelles technologies devraient également permettre de faire évoluer l’acte d’enseigner « qui n’a pas varié au cours des millénaires », l’enseignant ne donnant plus des cours magistraux mais devenant « un coordinateur, un conseiller » (Propos de Claude Allègre, rapportés par une dépêche AFP du 24 août 1998)

    - 2013 :

    (Michel Serres) Dans l’enseignement traditionnel, l’élève qui écoute le professeur est en position passager. Face à l’ordinateur, il est en position conducteur. Et le corps ne trompe pas. En position active, l’entendement est actif. En position passive, il est passif. Les sciences cognitives le confirment : la lecture et l’écriture n’excitent pas les mêmes neurones dans le cerveau quand il s’agit d’une page ou d’un écran.

    - 1997 :

    « Le multimédia brise le schéma traditionnel de l’organisation de la #classe. Il exige un travail en atelier, impliquant un rôle actif de l’élève. Au-delà de la simple utilisation de la machine, il crée une véritable révolution, qui n’est pas sans rappeler les idées hier d’avant-garde du pédagogue français Célestin Freinet : travail en groupe, autonomie des enfants et progression individualisée des cours » ( L’Express , 4-12 décembre 1997, p. 88)

    Etonnant, non ?
    #ecole

    • Et ? Internet ne chamboulerait pas la position du prof ? Simplement parce qu’on le dit depuis le début ? Avez-vous donné un cours récemment ? :)

    • Non, je ne suis pas un pédagogue ;=) Mais il ne m’a pas semblé que la mutation prophétisée il y a 15 ans ait eu lieu ; que je sache, les élèves ne se sont pas transformés en aventuriers du savoir construisant leurs savoirs en toute autonomie face à leur ordinateur, avec l’appui ponctuels de profs-conseillers les aidant à trier l’info. Ca ne veut pas dire qu’Internet n’a rien changé ou ne sert à rien, bien entendu !
      Je m’interroge simplement sur les raisons qui font qu’on annonce, contre toute évidence, qu’une technologie va forcément tout chambouler, tout remettre en question - alors que le changement, si changement il y a, ne sera forcément que progressif et circonscrit.
      Peillon et Serres ont-il rencontré des élèves récemment ;=) ?

    • Pour ma part, je pense que le changement a commencé avec la machine à calculer. :) Fin des années 80, la question était « doit-on les autoriser lors des examens ». Il s’avère que peu à peu, même si ce n’est pas une révolution brutale, les technologies influencent la pédagogie. Aujourd’hui, les examens (Bac compris) sont moins accès sur la mémoire pure et plus sur l’analyse de documents à disposition, avec accès aux outils. Internet amplifie selon moi le fait qu’il faut apprendre à trouver son chemin et que l’enseignant est là pour être un guide. La difficulté est que la temporalité entre l’évolution des usages du numériques et la capacité d’adaptation du système éducatif n’est pas la même...
      Mais il semble qu’il y ait vraiment quelque chose de positif à exploiter ~ http://etudiant.lefigaro.fr/les-news/actu/detail/article/les-etudiants-qui-twittent-ont-de-meilleures-notes-314 (par exemple). Je pense que tout le monde est d’accord là dessus.


  • Le genre et l’expérience de la boîte
    Texte enervé (et pessimiste) de Denis Colombi sur la contestation de la « théorie du #genre » (sic)
    http://uneheuredepeine.blogspot.fr/2013/06/jenseigne-le-genre-et-je-continuerais.html

    Il cite l’exemple qu’il utilise pour faire comprendre à ses élèves l’absurdité de tenter de fonder l’ensemble des différences hommes/femmes sur les données biologiques. Ca s’appelle l’expérience de la boîte, et c’est à la fois simple et très efficace, me semble-t-il

    Pour faire l’expérience que je vais décrire, nous aurions besoin d’une paire de nouveau-nés, des vrais jumeaux. Nous aurions aussi besoin d’une grande boîte dans laquelle un des jumeaux pourrait vivre sans aucun contact avec un autre être humain. La boîte devrait être telle qu’elle lui fournirait à boire et à manger, et évacuerait les restes, de façon mécanique. Elle devrait aussi être opaque et isolée, de telle sorte qu’il ne puisse y avoir d’interactions au travers de ses parois.
    L’expérience est simple : un des enfants est élevé normalement et l’autre est mis dans la boîte. Au bout de dix-huit ans, on ouvre la boîte et on compare les deux enfants pour voir s’il y a quelques différences entre eux. S’il y en a, nous pourrons conclure que grandir avec d’autres personnes a son importance. Si les deux enfants sont les mêmes au bout de dix-huit ans, il nous faudra conclure que la socialisation (ce que l’on apprend en étant avec d’autres personnes) n’a que peu d’importance et que la personnalité est génétiquement programmée.
    Vous vous dites sans doute « Bien sûr que la socialisation fait une différence ! Il n’y a pas besoin d’élever un enfant dans une boîte pour prouver cela ! ». Mais il y a beaucoup de gens qui disent que ce qu’une personne devient dépend de ses gênes. Si c’est vrai, alors cela ne devrait pas avoir d’importance qu’un enfant soit élevé dans une boîte. Son patrimoine génétique devrait faire de l’enfant ce qu’il ou elle est destiné(e) à être, que ce soit à l’intérieur ou à l’extérieur de la boîte.

    #Théorie #Peillon #S.E.S.

    • Intention louable, expérience foireuse. D’abord l’enfant de la boite ne pourrais pas parler et aurait du mal a se faire comprendre. Et certainement il mourraient.
      Ensuite cela ne prouverai pas que ce qu’une personne devient ne dépend pas de ses gênes. Ce que l’on deviens dépend certainement en partie de nos gênes, car comme le dicton le dit : la nature propose, le vivant choisie. C’est parceque l’on a certains gènes qu’on peu parler etc...
      Le fait, que l’on puisse prouver que notre devenir est lié au gênes ou pas, ne change pas le problème qui est en fait avant tout « social ». C’est une question de pouvoir vivre les uns avec les autres.

    • Même avis que @bug_in : le propos est maladroit. Comme en physique, il sera peut-être temps de sortir de la démarche déterministe, pour passer à la démarche probabiliste. Quand la réalité est trop complexe pour l’esprit humain, vouloir construire un modèle qui excluent les autres approches au lieu de les inclure est un simplisme regrettable..

      Dans les commentaires, l’auteur déclare

      En un mot, je n’exclus pas a priori un facteur biologique d’un problème comme le viol, mais je refuse de l’inclure tout aussi a priori. Or, c’est cela qui est le plus souvent exigé.

      Je ne suis pas d’accord avec lui. Pourquoi ne pas l’inclure à priori ? Dans une analyse, il est plus facile de procéder par élimination, d’écarter une hypothèse que l’on a inclue à priori, que de piocher en dernier lieu dans ce qui semble être une réticence idéologique...
      Derrière je crois qu’il y a une confusion. Celle que la biologie ferait autorité, que l’on doit se plier à l’ordre naturel, que la biologie viendrait innocenter un comportement, donc excuser un comportement, bref que la biologie pourrait anéantir nos valeurs morales. Ce qui est faux. Nos valeurs morales doivent rester supérieures à nos prédispositions biologiques.
      Ce n’est pas parce qu’un mec a des pulsions de viol héritées de sa physiologie que l’on doit les tolérer, les excuser, les accepter.
      Les facteurs d’explications ne peuvent pas être considérées comme des circonstances atténuantes. Au contraire, plus on explique, plus on doit prévenir, plus on peut et on doit sanctionner la transgression..

    • Pourquoi ne pas l’inclure à priori ? Dans une analyse, il est plus facile de procéder par élimination, d’écarter une hypothèse que l’on a inclue à priori, que de piocher en dernier lieu dans ce qui semble être une réticence idéologique...

      Euh non mais c’est un peu n’importe quoi, scientifiquement, on inclut pas par défaut ! Par défaut on doute que tel truc existe, et si à un instant T on a une preuve ou un début de preuve qu’il y a un lien entre deux choses, là on approfondit, on fait des hypothèses et on vérifie. Mais tant qu’on a pas un début de preuve qu’une chose existe, on en fait pas une hypothèse en l’incluant par défaut... Sinon on peut passer sa vie à faire des hypothèses dans le vide, juste pour s’amuser à les écarter ensuite. C’est rigolo hein, mais ce n’est pas très productif. :D

      Sinon par défaut on dit que Dieu existe, et ensuite on écarte ? Non, par défaut « on n’en sait rien », et si quelqu’un apporte un soupçon qu’il existe, on vérifie ce soupçon.

      Or plus précisément pour la culture du viol, ou tous les trucs de genre entre « nature/culture » on a aucune preuve que la biologie implique des comportements particuliers. Les biais de raisonnement sont tellement énormes qu’on peut rarement partir dans ces directions : on ne peut pas tester ces hypothèses sur un humain adulte ou ado déjà développé, déjà éduqué, puisque du coup on ne peut pas savoir si c’est en fait sa culture qui le pousse déjà dans telle ou telle direction plutôt que telle production hormonale.

      Sinon @bug_in, peut-être que je me trompe, mais je crois que l’expérience de la boite telle qu’expliquée ci-dessus était un raisonnement par l’absurde : la personne ne pense a aucun moment que ce test pourrait être fait et pourrait prouver quelque chose. C’est juste qu’en disant ça, la plupart des gens finissent par dire « mais non, on va pas faire ça car évidemment que la socialisation joue un rôle » (ce que tu dis toi-même pour le langage).

      En fait en proposant ce truc horrible (car cette expérience serait horrible), les gens repensent leur « bon sens » à l’envers : avant ils disaient « mais on sait bien que les hommes sont plutôt comme ceci, les femmes comme cela », et finalement là ils se disent « mais on sait bien que l’éducation, la socialisation, va faire des personnes différentes », ce qui est totalement l’inverse. C’est pour faire penser les élèves autrement quoi.

    • @Rastapopoulos :

      on a aucune preuve que la biologie implique des comportements particuliers.

      Bien entendu. Mais on a des présomptions, des statistiques, qui montrent qu’il « peut » y a avoir une corrélation entre le sexe biologique et un comportement. Accepter à priori cette potentialité ne signifie pas que mon approche est biaisée par mon idéologie. La rejeter en revanche me semble plus problématique.

      L’observation, l’intuition, la statistique sont la matière première du chercheur. S’il n’est pas trop débile, il va déjà trier. Il ne s’agit pas pour moi d’inclure à priori n’importe quelle hypothèse farfelue. Je parle d’hypothèse, donc par définition, cela signifie qu’on cherche des preuves, qu’on n’en dispose pas encore à ce stade de l’enquête.
      Quand tu écris cela, je ne peux pas être d’accord :

      Mais tant qu’on a pas un début de preuve qu’une chose existe, on en fait pas une hypothèse en l’incluant par défaut...

      Les preuves n’existent jamais « à priori », il faut aller les chercher justement, en se basant sur l’observation, l’intuition, la modélisation et enfin la vérification de la validité de l’hypothèse.

      Comme je disais, je crois à l’existence du genre, je crois qu’il faut enseigner ce qui correspond pour moi à une réalité, et combattre ceux qui veulent la nier.
      Simplement dans cette façon de combattre, on n’a pas besoin d’opposer systématiquement nature et culture comme nos adversaires nous y invitent sans cesse.

    • Même s’il est vrai que les gênes ont une influence sur nos comportements, les gènes en ont aussi une :)
      Plus sérieusement, l’idée de la boîte est pas mal bien qu’elle amène inévitablement le débat sur des pentes un peu glissantes comme on le constate ici, mais au moins on est sûr que ça provoque la réflexion, donc j’approuve !

    • On peut ajouter que l’enfant dans la boîte opaque ne pourrait pas développer sa vue et serait donc aveugle (si j’en crois les recherches scientifiques sur la question), ce qui prouve encore une fois que nos fonctions même « primitives » (génétiques donc) dépendent de notre environnement.


  • Sociologie : les femmes co-auteures sont-elles condamnées à l’oubli ?
    « Si les hommes définissent des situations comme réelles, alors elles sont réelles dans leurs conséquences ». Les sociologues connaissent bien ce qui est passé à la postérité sous le nom de théorème de Thomas, en référence à William Isaac Thomas, son auteur.
    Oui mais voilà, il y avait une co-auteure : Dorothy Swaine Thomas, sa future épouse... et future sociologue (et démographe) émérite. Mais l’histoire n’a pas retenu son nom... Sexisme ?

    http://egrollman.com/2013/06/03/dorothy-swaine-thomas

    Le cas est un peu litigieux car D. Thomas aurait elle-même minoré son rôle dans l’ouvrage, ne prenant en charge que des « aspects techniques » (recueil et analyse des données). Ce ne sont cependant pas des tâches mineures !

    Je ne sais pas si les choses ont changé. Si vous dites « le nouvel esprit du capitalisme » combien citeront comme auteurs Boltanski ET Chiapello ?
    IL y a sans doute d’autres exemples, qui me sont sortis de la tête... Des idées ?


  • Questions nouvelles en science politique
    Et Hollande fit du Sarkozy sur l’Europe… | Bouillaud’s Weblog - bloc-notes d’un politiste
    http://bouillaud.wordpress.com/2013/05/30/et-hollande-fit-du-sarkozy-sur-leurope

    On peut se demander pourquoi le Président Hollande, donnant par ailleurs des gages de fidélité à la ligne européenne « néo-libérale » de sortie de crise (comme avec son discours de Leipzig pour le centenaire du SPD), refuse d’informer les Français de la situation réelle du pays en la matière. Qui croit-il donc tromper ? C’est à dire vrai une question montante en science politique : avec l’élévation générale du niveau d’éducation de la population, avec la transmission d’informations entre les différentes arènes dans lesquelles un politicien s’exprime, y compris entre pays différents, pourquoi s’entêter à nier l’évidence ?


  • Quelle justice pour l’accès à l’enseignement supérieur ?

    Les députés ont voté hier des mesures censés favoriser une plus grande justice dans l’accès aux filières sélectives de l’#enseignement supérieur que sont les classes #prépas et les #IUT
    http://www.lemonde.fr/enseignement-superieur/article/2013/05/24/classes-prepas-des-droits-d-inscription-et-un-droit-d-acces-pour-les-meilleu

    http://www.lemonde.fr/enseignement-superieur/article/2013/05/24/les-deputes-imposent-aux-iut-des-quotas-de-bacheliers-techno_3416678_1473692

    Ca semble a priori aller dans le bon sens (même si on peut craindre l’usine à gaz). Sur les IUT, on peut rappeler ce qu’avait mis en évidence l’économiste Olivier Bouba-Olga
    http://blogs.univ-poitiers.fr/o-bouba-olga/2013/03/09/au-fait-combien-de-lyceens-allons-nous-sacrifier-cette-annee

    Dans l’ensemble de leurs effectifs, les IUT ont accueillis 69% de bacs généraux, 28% de bacs technologiques et 3% de bacs professionnels. Tout va bien… Côté STS, les chiffres sont de 21%, 52% et 27%. C’est mieux quand même, mais bon…
    Le point essentiel de mon billet n’est cependant pas là : il est plutôt du côté des bacs technologiques et des bacs professionnels qui, encore une fois, ne sont pas retenus dans ces filières courtes qui leur sont destinées, qui vont se retrouver sur les bancs de la fac et vont échouer, avec une probabilité de 1, au mieux de 0,99. Autant de lycéens sacrifiés, donc.

    http://blogs.univ-poitiers.fr/o-bouba-olga/2013/03/10/la-reussite-des-bacs-professionnels-et-des-bacs-technologiques-a

    On y apprend également que dans l’ensemble des bacs professionnels ayant demandé d’entrer en STS en 1er voeu, seuls 43,3% ont été retenu. Soit près de 45000 bacs professionnels qui n’y accèdent pas. Pour les bacs technologiques souhaitant aller en IUT, les ratios sont un peu meilleurs : 61% de ceux ayant émis comme 1er voeu d’aller en IUT y accèdent. Cela fait cependant 7505 lycéens souhaitant y accéder mais n’y accédant pas. C’est pour une bonne part ces bacheliers que l’on retrouve à l’Université hors IUT.
    Dans son intervention, Geneviève Fioraso insiste sur la nécessité de donner la priorité aux bacs technologiques en IUT et aux bacs professionnels en STS. Je souhaite vivement qu’elle y parvienne. Très rapidement. Ce serait bien pour les dizaines de milliers de lycéens qui, sinon, vont échouer sur les bancs de la fac.

    J’ai malgré tout noté des réactions navrées sur Twitter
    https://twitter.com/adelaigue/status/337855861533863936
    https://twitter.com/adelaigue/status/337855989703405568
    https://twitter.com/RemiMathis/status/337862182345768960

    A suivre...

    #universités #égalité




  • Anglais à l’Université : les pour, les contre, les faits
    Sylvestre Huet rend compte sur son blog de l’étude que l’Ined vient de pré-publier (en raison du contexte !) sur les #langues de #recherche et d’#enseignement en France. Pas vraiment de surprises.
    http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2013/05/loi-fioraso-les-vrai-chiffres-de-langlais-à-luniversité.ht

    Le principal résultat est que le français est totalement marginalisé dans les pratiques de recherche des #sciences de matière, de la nature et en mathématiques. Il atteint au mieux 5% comme langue dominante. L’anglais est exclusif dans des proportions allant de 50 à 69% et dominant de 85 à 98%. Le français ne surnage qu’en sciences humaines et sociales, avec une position dominante à 27% en sciences humaines et 15% en sciences sociales...

    9% des universitaires et chercheurs disent avoir donné des cours en anglais en 2007-2008 de manière régulière et 17% « à l’occasion », au total le quart des sondés

    S. Huet prend résolument le « parti de l’anglais », rejoignant globalement les arguments avancés par David Monniaux dans une tribune parue dans Libé et reprise sur son blog.
    http://david.monniaux.free.fr/dotclear/index.php/post/2013/05/22/Tribune-dans-Libération-sur-l-usage-des-langues-dans-la-recherch

    Personne ne propose d’enseigner en anglais dans toutes les #formations universitaires et à tous les niveaux — ce qui serait de toute façon impossible étant donné les capacités linguistiques des bacheliers. En revanche, ce dont nous avons besoin, c’est d’autoriser des formations spécialisées, de haut niveau, notamment les masters de recherche, les doctorats, à s’adapter aux langues effectivement pratiquées par nos partenaires étrangers, et ce officiellement et non par des tolérances honteuses.

    La #culture et la langue françaises sont des richesses dont le monde doit profiter. Leur rayonnement ne se fera pas par les tracasseries légales, mais par l’attrait de nos #universités et de notre pays.

    A l’opposé, le Parti de Gauche dit « Non à l’atlantisme linguistique de Geneviève Fioraso » (sic)
    http://www.lepartidegauche.fr/actualites/communique/non-l-atlantisme-linguistique-genevieve-fioraso-23267

    Pour le PG, cette disposition

    est révélatrice de la vision purement – et faussement - utilitariste qu’a le gouvernement de l’Université et du travail scientifique.

    On ne peut expliquer un tel reniement que par des raisons idéologiques, par un atlantisme linguistique qui accompagne une aspiration à la servitude volontaire vis-à-vis du monde anglo-saxon, caractéristique notoire des « élites » françaises

    On se désole quand même d’un tel chauvinisme...

    L’étude de l’Ined (réalisée par François Héran) est consultable ici http://www.ined.fr/fr/ressources_documentation/publications/pop_soc/bdd/publication/1645

    • Aucune objection à ce que cela se fasse dans les universités privées, non-financées par l’impôt.

      S’il s’agit de fournir à la machine capitaliste mondialisée une main d’oeuvre délocalisable, le minimum serait que les capitalistes en financent l’élevage et la formation.


  • Les drones et la philosophie de la guerre
    Dans un entretien à Libération, le philosophe Grégoire Chamayou développe une critique des #drones, ces nouvelles armes de destruction à distance furieusement tendance, qui remettent en cause les fondements normatifs habituels des #conflits armés, ce qui pourrait avoir des conséquences potentiellement fâcheuses - notamment, et paradoxalement, la radicalisation de la #violence.
    http://www.liberation.fr/monde/2013/05/19/la-guerre-devient-un-teletravail-pour-employes-de-bureau_904153

    Le drone apparaît comme l’arme du lâche, celui qui refuse de s’exposer. Il ne requiert aucun courage, il désactive le #combat. Cela provoque des crises profondes dans les valeurs guerrières.

    La #guerre se définit comme un moment durant lequel, sous certaines conditions, l’homicide est décriminalisé. Si l’on concède à l’ennemi le droit de nous tuer impunément, c’est parce que l’on entend avoir le même droit à son égard. Cela se fonde sur un rapport de réciprocité. Mais que se passe-t-il lorsque cette réciprocité est annulée a priori, dans sa possibilité même ? La guerre dégénère en abattage, en exécution.

    on est en train de remplacer une #stratégie par un gadget, en sous-estimant les effets contre-productifs sur les populations. En imposant une terreur indiscriminée, les drones, inaptes à « gagner les cœurs et les esprits », alimentent paradoxalement la menace que l’on prétend éradiquer

    Une réflexion étonnament proche de celle de Caroline Galactéros, politiste-consultante-colonel réserviste (!) qui dans le dernier numéro de la revue Médium (article payant), met en garde contre les fantasmes militaro-technologiques du "soldat augmenté" et de la "révolution des #NBRIC" (nano et bio-technologies, robotique, sciences de l’information et de la communication) - dont les drones, en particulier, sont issus. (petit compte-rendu à paraître dans le prochain numéro de Sciences Humaines).
    http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=MEDIU_035_0006

    Ceux-ci ( i.e. les drones ) sont « opérés » à des milliers de kilomètres par des soldats mués en techniciens de la destruction qui n’ont qu’une perception lointaine – et de ce fait purement idéologique – de l’ennemi. Le combat s’en trouve d’autant plus idéalisé qu’il est inoffensif. (...) Cette distanciation radicale a donc un intérêt évident en termes de létalité réduite, au moins « d’un côté du fusil ». Mais précisément, il y a de moins en moins de « fusils » et de face-à-face, et il se produit une rupture dommageable dans la matérialité de la relation ami-ennemi, du fait même de l’asymétrie abyssale des modes d’action, qui mine la légitimité de l’affrontement.

    il faut bien admette que, en face, l’asymétrie violente (qui va dans les deux sens) porte une charge spectaculaire et tragique. Les acteurs locaux modérés s’en trouvent marginalisés. Surtout, la haine du déclassé technologique et politique se renforce, qui n’a d’autre issue que la terreur aveugle, « locale » contre les populations civiles, nos intérêts ou nos ressortissants, ou « déterritorialisée » (terrorisme sur le sol national). Ainsi, paradoxalement, notre puissance n’aboutit pas à faire taire l’hostilité. Elle « sidère » l’adversaire (effet shock and hawe) mais ne lui laisse d’autre issue que la fuite en avant vers l’ultraviolence « gore », basique, sanglante, très visible, aussi moyenâgeuse que la nôtre est postmoderne (égorgements ou décapitations filmés, massacres ethniques à la machette, lapidations publiques, etc.). La dématérialisation progressive du champ de bataille aboutit finalement à un blanc-seing donné, de chaque côté, à l’exercice d’une sauvagerie perçue comme cathartique

    Bref, rappelle-t-elle, "« La guerre propre » n’existe pas". Et c’est une militaire qui vous le dit.


  • 13è « Que sais-je » pour Alain Bauer
    A paraître : Un "que sais-je sur la franc-maçonnerie, rédigé par... Alain Bauer, promoteur contesté (doux euphémisme) de la criminologie en France et ci-devant ancien maître du Grand-Orient de France.
    http://www.puf.com/Que_sais-je:La_franc-maconnerie

    Ce ne sera que le 13è titre de la collection qu’il publie, après des chef-d’œuvres comme « Le Grand-Orient de France » ou « les 100 mots du terrorisme »
    http://www.puf.com/Liste/Les_%22Que_sais-je%3F%22_par_auteurs

    On est un peu triste de voir ainsi s’égarer ce qui fut une belle collection mais dont l’identité est désormais brouillée par une politique de recrutement d’auteurs-praticiens qui n’est pas du meilleur effet - surtout quand ils sont aussi contestés qu’Alain Bauer. Je n’ai pas vraiment envie, en achetant un livre aux Presses Universitaires de France, de me voir expliquer « les 100 mots de l’internet » par Xavier Niel.
    http://www.puf.com/Que_sais-je:Les_100_mots_de_l'internet

    Dommage.
    (Via Baptiste Coulmont sur Twitter https://twitter.com/coulmont/status/336794160688398337)


  • Les papas en colère n’aiment pas la sociologie
    Il est rare que les articles de Sciences Humaines fassent des vagues. Mais étonnament, dès qu’on parle des #pères, ça s’anime. Les « #masculinistes » sont des lecteurs vigilants, semble-t-il !
    Les commentaires d’un article qui vient de paraître sur les « pères en colère » (sos-papa, grutiers en tous genre etc.) n’y vont pas par quatre chemins :
    http://www.scienceshumaines.com/des-papas-leses_fr_30644.html

    Aller donc sur le terrain bande de journaleux et vous vomirez avant d’écrire un « VRAI ARTICLE » sur un Vrai sujet : si des gens risquent leur peau en haut de poteaux c’est peut-être pas pour rien ....... Non ?

    vous affirmez que le sexe des juges ne changent rien aux décisions - ce qui est très possible - mais vous le faites sur la base de statistiques dont vous ne transmettez aucun chiffre, et en citant une source qui n’est pas encore publiée. Pas vraiment un bon exemple de sérieux journalistique.

    arrêtez avec ce discours récurant (sic) qui disqualifie nos expériences de pères niés (par l’accusation d’inceste)

    Ce papier, tel que traité et avec cet angle rédactionnel en total déséquilibre avec le titre annoncé, n’a rien à faire dans une revue de science humaine. Tout juste bon pour « voici » ou « gala ».

    L’association (?) « La cause des hommes » n’a pas aimé non plus
    http://la-cause-des-hommes.com/spip.php?rubrique76
    Le constat est simple :

    cette revue d’apparence sérieuse est toujours aussi décevante. Et cela durera tant que les #hoministes ne seront pas invités à y contribuer

    Déjà, pour un précédent article sur les (soi-disant) « nouveaux pères », on avait eu droit à l’accusation de « paterphobie »
    http://www.la-cause-des-hommes.com/spip.php?article332

    dans le contexte idéologique que nous connaissons, il fallait bien sûr un article pour cracher sur les pères. C’est le même Molénat qui se charge du sale boulot

    J’ai répondu dans les commentaires de l’article sur les pères en colère, mais je ne suis pas sur que cela serve à grand-chose....


  • L’économie est-elle macho ?
    C’est l’hypothèse que fait Paul Krugman himself
    Macroeconomic Machismo - NYTimes.com
    http://krugman.blogs.nytimes.com/2013/05/20/macroeconomic-machismo/?smid=tw-share

    Selon lui, l’austérité comme la guerre en Irak relève avant tout d’un

    deep desire to be seen as people who were willing to Do What Has to be Done

    Autrement dit d’être des tough guys, quoi.

    Ca rappelle inévitablement ce qu’Alexandre Delaigue disait du « fétichisme industriel » au moment de Florange
    http://blog.francetvinfo.fr/classe-eco/2012/11/29/de-quoi-avons-nous-besoin.html

    La nostalgie industrielle est largement celle de la société patriarcale, dans laquelle l’homme ramène la pitance à la maison, et la femme est cantonnée à des activités subalternes.