J’enseigne le genre. Et je continuerai à le faire. (Une heure de peine...)
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De quelque façon qu’on le prenne, « la construction sociale des rôles associés au sexe », c’est le genre. Toute l’idée est là, même si la notion n’est pas mobilisée, sans doute pour éviter aux imbéciles de venir s’exciter à nouveau sur l’enseignement de SES. […]
J’enseigne le genre parce que c’est un fait. Pas une théorie. Pas une position philosophique. Pas un choix politique. Le genre existe, que cela vous plaise ou non. Si vous pensez qu’il n’existe pas, c’est que vous êtes un crétin. […]
Enfin, et peut-être surtout, j’enseigne le genre parce que mes élèves en ont besoin. Ils ont un droit à connaître les avancées de la recherche sociologique et plus généralement scientifique. Ils ont un droit à se confronter aux problèmes qu’elle pose. Ils ont besoin de s’interroger sur les modèles qu’on leur propose.
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Ici, on attaque évidemment la science. Mais attention, on n’attaque pas la science parce que celle-ci serait porteuse de certitudes trop ancrées, on n’attaque pas la dimension prométhéenne de la science. Non : on attaque précisément la science pour ce qu’elle est porteuse de doute. La notion de genre, l’identification d’une dimension relationnelle distincte de l’ordre biologique, impose en effet à chacun de réfléchir : elle ne nous apporte pas de solution, mais elle nous fait problème. Car oui, parler de genre pose problème : cela remet en cause notre allant-de-soi, cela nous oblige à réinterroger notre rapport au monde et aux autres, cela nous oblige à nous poser de nouvelles questions.
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Comment le ministre peut-il se laisser aller à cette crétinerie de confondre travaux sur le genre et négation des différences biologiques ? Tout le monde s’accorde à dire que certains individus ont un utérus et d’autres des testicules et un pénis. La notion de genre n’a jamais remis cela en question. Elle vient simplement rappeler qu’il n’a jamais été possible d’établir un lien biologique entre cette donnée physique et le reste des différences entre les hommes et les femmes.