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  • L’Assemblée générale de l’ONU proclame la traite des esclaves africains « plus grave crime contre l’humanité » - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260325-l-assembl%C3%A9e-g%C3%A9n%C3%A9rale-de-l-onu-proclame-la-traite-des-esc

    (...) La résolution adoptée par 123 voix pour, 3 contre (États-Unis, Israël, Argentine) et 52 abstentions (dont le Royaume-Uni et les États membres de l’Union européenne), déclare « la traite des Africains réduits en esclavage et l’esclavage racialisé des Africains » comme « les plus graves crimes contre l’humanité », condamnant cette « injustice la plus inhumaine et la plus persistante commise contre l’humanité ». C’est d’ailleurs le principal point d’achoppement : certains ont argué qu’il ne pouvait y avoir de hiérarchie entre les crimes contre l’humanité et n’ont donc pu voter pour, rapporte notre correspondante à New York, Carrie Nooten. (...)

  • L’Assemblée générale de l’ONU proclame la traite des esclaves africains « plus grave crime contre l’humanité » - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20260325-l-assembl%C3%A9e-g%C3%A9n%C3%A9rale-de-l-onu-proclame-la-traite-des-esc

    L’Assemblée générale de l’ONU a proclamé ce mercredi 25 mars la traite des esclaves africains comme le crime le plus grave contre l’humanité, un combat porté par le Ghana qui espère ouvrir la voie vers des excuses et la justice.

  • Gaza : le médecin qui avait fait face aux chars israéliens emprisonné depuis un an en Israël - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20251229-gaza-le-m%C3%A9decin-qui-avait-fait-face-aux-chars-isra%C3%A9liens-empr

    La dernière photographie du docteur Husam Abu Safiyeh en liberté a été partagée des milliers de fois. Lui, en blouse blanche, s’avançant vers deux blindés israéliens à Gaza. C’était le 27 décembre 2024. Bien plus tard, on apprendra qu’il a été incarcéré dans la prison israélienne de Sde Teiman, tristement connue par les Palestiniens pour ses méthodes de torture. Puis il a été transféré dans la prison d’Ofer en Cisjordanie occupée. Gheed Qassem est son avocate.

    « Les conditions de détention sont dépourvues de toute considération humanitaire et, malheureusement, violent toutes les règles et lois internationales, y compris toutes les conventions, le droit international des droits de l’homme et le droit international humanitaire. Nous parlons ici de famine, d’intimidation et d’abus ».

    Un an après, le docteur Hussam Abu Safiyeh ne connait toujours pas ses charges, poursuit-elle. « C’est une politique délibérée visant à l’humilier, pour faire de lui un exemple pour tous ceux qui pourraient être tentés de désobéir aux ordres de l’armée israélienne. C’est la principale raison pour laquelle ils ont été si durs avec lui pendant les interrogatoires. Il est toujours contraint, à l’heure actuelle et des tentatives sont en cours pour lui extorquer des aveux sous la contrainte. Ils insistent pour qu’il avoue des choses qu’il n’a pas faites et qu’il n’a pas commises ».

    Initialement, son nom figurait sur la liste des prisonniers palestiniens devant être libérés en vertu du dernier accord de cessez-le-feu ; Il a été arbitrairement retiré par les autorités israéliennes sans aucune explication. De nombreuses associations de défense des droits de l’homme ne cessent de demander sa libération immédiate.

  • En #Afrique, des « #petites_mains » du numérique toujours aussi précaires à l’heure du boom de l’#IA

    Il y a quelques années, les « #travailleurs_du_clic » africains sortaient de l’ombre, révélant l’envers du décor des entreprises du numérique. Depuis, l’#IA_générative a explosé, rendant ces travailleurs d’autant plus indispensables et le secteur encore plus attractif. Mais la réalité de ce travail reste marquée par la #précarité.

    Ce n’était pas la panacée, mais Joyce (les personnes désignées par un prénom ont souhaité rester anonymes) se souvient presque avec nostalgie de ses débuts sur #Remotasks, en 2018. « Il suffisait de créer un compte pour commencer à gagner de l’argent immédiatement, sans aucune restriction ni processus de vérification. » Depuis son ordinateur, elle enchaîne alors les #microtâches d’#annotation de #données : vérifier des images, organiser des informations destinées à entraîner des systèmes d’intelligence artificielle. De quoi s’assurer un #revenu d’appoint pour la jeune Kényane fraîchement diplômée.

    Mais les choses se sont compliquées. En 2024, de nombreux travailleurs kényans, comme Joyce, ont vu leur accès à Remotasks soudainement coupé, explique-t-elle. La maison mère #Scale_AI évoque, elle, des fermetures de comptes pour non-respect de ses règles internes. Surtout, selon la jeune femme, le volume de travail n’a plus rien à voir. « Avant, nous pouvions gagner un revenu décent car le boulot était continu. Aujourd’hui, les tâches sont moins nombreuses, à court terme et peu durables », constate Joyce. Faute de missions, elle se forme à la transcription pour diversifier ses sources de revenus.

    Ces deux dernières années, Oluwaseun, au Nigeria, a travaillé pour plusieurs acteurs du secteur, parmi lesquels #Appen et #Mindrift. Elle participe à l’#entraînement des modèles d’IA, du #contrôle_qualité des réponses générées par les #LLM à l’annotation de données texte, image ou audio. Si la jeune femme ne se plaint pas de sa situation, elle concède que « la #rémunération n’est jamais assez élevée pour dépendre d’une seule plateforme. En Afrique, il faut plusieurs jobs », d’autant que « la concurrence s’est clairement intensifiée sur ces plateformes ».

    Doit-on y voir le signe d’un remplacement rapide de ces petites mains du numérique par des systèmes automatisés, alors qu’elles opèrent pour le compte d’entreprises comme #Meta, #OpenAI, #Microsoft ou #Google ? Le sociologue Antonio Casilli balaie immédiatement cette idée. Depuis bientôt dix ans, il dirige le groupe de recherche DIPLab (Digital Platform Labor), qui a enquêté sur les travailleurs du clic dans une trentaine de pays. Pour lui, l’idée d’un « remplacement » du travail humain par les machines est un « mensonge idéologique », utilisé pour faire accepter une dégradation des #conditions_de_travail.

    D’après les données collectées par son équipe, le volume de microtâches ne diminue pas : au contraire, « plus le marché de l’intelligence artificielle générative grandit, plus on a besoin de réentraîner les #modèles », donc plus il faut de #travail_humain. Le boom de l’IA ne signe donc en rien la fin de ces travailleurs de l’ombre... pas plus qu’il ne signifie une amélioration de leurs conditions de travail.

    « Une forme d’#esclavage_moderne joliment emballée »

    L’histoire du « #digital_labor africain » s’inscrit dans celle, plus globale, du « digital labor », concept désignant des formes de #travail_numérique largement invisibilisées et caractérisées par une forte précarité.

    Dès les années 2000, et surtout au cours des années 2010, des pays comme l’Égypte, le Kenya, le Nigeria ou l’Afrique du Sud deviennent des hubs de #sous-traitance pour les grandes compagnies du numérique. Ce modèle repose sur des tâches fragmentées, rémunérées à la pièce et distribuées via des plateformes de microtravail comme Remotasks, #Amazon_Mechanical_Turk ou #Clickworker, ainsi que par des entreprises sous-traitantes comme #Appen ou #Samasource. Bien que précaire, cette économie facile d’accès – une connexion internet suffit – attire des milliers de jeunes hautement diplômés dans des pays du Sud où le chômage est élevé.

    Mais ce modèle, loin d’être inédit, a déjà largement montré ses limites, parfois de façon retentissante. Au Kenya, à partir de 2023, des employés de la société #Sama (anciennement Samasource), prestataire notamment de Meta et d’OpenAI, ont intenté une action collective pour dénoncer des conditions de travail indignes, des #salaires faibles et irréguliers et l’insuffisance de soutien psychologique. Chargés de « nettoyer » #Facebook, certains avaient développé des #troubles_psychologiques après avoir été exposés quotidiennement à des contenus extrêmes. « Nous traitions des vidéos de corps mutilés, de suicides en direct, d’abus sur des enfants, de discours haineux », rapporte Sonia Kgomo, ancienne modératrice chez Sama.

    Embauchée en pleine pandémie de Covid-19, la Sud-Africaine avait cru avoir décroché une opportunité en or, « un job à l’étranger pour un grand nom de la tech ». « Mais une fois sur place, j’ai compris que ce n’était pas le rêve américain : c’était une forme d’esclavage moderne joliment emballée », explique celle qui a été licenciée en 2023 comme près de 200 autres, après avoir, selon elle, tenté de s’organiser collectivement avec ses collègues. L’entreprise parle elle de restructuration.

    Aujourd’hui, Sama indique avoir mis fin à la #modération_de_contenus pour Meta et s’est recentrée sur les #annotateurs de données, chargés d’entraîner des systèmes d’IA. Edward, qui travaille toujours sur le site de Nairobi, décrit un « travail très caché ». « On étiquette des images de rues, des vidéos, mais aussi des photos médicales avec des plaies ouvertes… Certaines tâches restent éprouvantes, explique-t-il. On nous répète que nous sommes payés au-dessus du marché, mais ce n’est pas un salaire qui permet de vivre : même en travaillant huit heures par jour, il faut avoir un deuxième boulot. »

    À la précarité des salaires s’ajoute celle des contrats. « Un ami a eu un contrat de cinq jours. D’autres signent pour un mois, juste le temps d’absorber le pic d’activité du #Black_Friday ou des #fêtes de fin d’année », poursuit Edward. Il décrit aussi une pression constante avec des tâches qui arrivent « en continu », et des objectifs de performances : « Si vous n’atteignez pas les objectifs fixés, vous n’avez pas les #primes et votre salaire est raboté. Il faut travailler comme un fou pour espérer toucher le montant annoncé. » Quant au #soutien_psychologique, il confirme qu’il y a davantage de « coachs bien-être », mais la méfiance semble de mise à l’égard de ces employés, plutôt vus comme « les oreilles de l’entreprise ». Contactée, la société Sama n’a pas répondu à nos questions.

    [Actualisation du 09/12/2025 : Sama conteste ce tableau. L’entreprise, qui affirme ne plus réaliser de travail lié à des contenus violents, met en avant un dispositif de soutien aux salariés comprenant une assurance santé incluant la prise en charge de la #santé_mentale, l’accès à des séances de conseil individuel 24 h/24, ainsi que des espaces de bien-être dans ses bureaux (espaces d’allaitement, salles de méditation et de prière).

    Sama souligne également que ses annotateurs de données sont employés à temps plein, avec des « #salaires_vitaux » (#living_wages) calculés selon une méthodologie internationale « en fonction des régions ». La société assure que, contrairement à certains concurrents recourant à des travailleurs de plateforme, son modèle repose sur des contrats de travail à temps plein avec un salaire de base garanti et des avantages sociaux. Enfin, selon l’entreprise, « plus de 90% » des employés atteignent leurs objectifs de #performance dans les horaires de travail, et, quoi qu’il en soit, tous bénéficient d’un salaire de base garanti.]

    Plus de tâches, plus de #concurrence

    Et malgré les scandales, le secteur séduit toujours plus. Si les chiffres précis manquent, certaines recherches ont avancé des estimations allant jusqu’à 160 millions de microtravailleurs numériques dans le monde. Ce qui est certain, selon Antonio Casilli, c’est que les effectifs augmentent à chaque nouvelle estimation. « Il y a plus de tâches, mais pas pour tout le monde et pas tout le temps », résume le chercheur, qui décrit un mécanisme structurel : les entreprises attirent volontairement plus de travailleurs que nécessaire afin de maintenir une forte concurrence pour chaque microtâche, ce qui tire les rémunérations vers le bas. Elles entretiennent ainsi une alternance de périodes creuses et de pics d’activité.

    Une enquête d’Africa Uncensored, réalisée dans le cadre d’un projet du Pulitzer Center, évoque des campagnes massives de recrutement trompeuses, avec les mêmes offres publiées des dizaines de fois, sans réelle assurance de travail derrière. Objectif : gonfler artificiellement le vivier de travailleurs pour montrer leur potentiel d’évolution et ainsi remporter des contrats avec les grosses entreprises de la tech. Une tactique connue sous le nom de « #labour_hedging ».

    « Au Kenya, il y a des cohortes de jeunes diplômés sans emploi. Les entreprises le savent très bien, observe Edward. Si vous ne voulez pas accepter les conditions, quelqu’un d’autre le fera. »

    Avec l’essor effréné de l’IA générative, un nouveau vocabulaire s’est imposé. Les annonces pour des postes d’« #AI_trainer », « #AI_evaluator » ou d’« #AI_tutor » se multiplient. Le signe d’une montée en gamme dans un marché particulièrement dynamique ? Pas vraiment, selon Antonio Casilli : « Même si certains projets sont plus complexes, pour les harmoniser et les faire réaliser à des masses de personnes, il faut les standardiser, les fragmenter. »

    Oluwaseun, qui se présente comme « AI trainer », s’est tournée vers Mindrift, qui lui semblait plus attractive au niveau des tarifs. Après un flux de tâches relativement régulier, la manne s’est pourtant soudain tarie. « J’ai été écartée du projet pour lequel j’avais initialement postulé, alors que la qualité de mon travail était bonne, témoigne la Nigériane. J’ai abordé ce sujet lors d’un appel avec eux, mais j’ai finalement été remerciée et, depuis, je n’ai été affectée à aucun nouveau projet. »

    Certaines pratiques la heurtent particulièrement : « Parfois, une seule tâche peut prendre sept à huit heures à accomplir, et vous n’êtes rémunéré que si le travail est accepté. Si la moindre petite erreur est détectée, la tâche entière peut être rejetée, ce qui signifie que vous ne recevez aucune #rémunération pour toutes ces heures de travail. » Sollicitée, Mindrift n’a pas répondu à nos questions.

    Comme d’autres personnes interrogées, elle souligne que les travailleurs africains sont souvent moins payés que leurs homologues en Europe ou en Amérique du Nord pour des tâches comparables. Des enquêtes récentes sur des #plateformes_d’annotation mettent effectivement en évidence des écarts de rémunération liés au pays de résidence, tandis que d’autres travaux, consacrés cette fois à des « #data_workers » basés aux États-Unis, montrent que la précarité ne s’arrête pas aux frontières du Sud global : une partie des travailleurs de l’IA dans les pays du Nord cumulent eux aussi bas salaires, contrats instables et protections sociales limitées.

    Les métiers créatifs pris dans l’orbite de l’IA

    Dans des segments plus « créatifs » du numérique, comme le #graphisme ou la #rédaction_de_contenu, la concurrence dopée par l’IA se fait également sentir. Au Togo, Smiley Graphic – c’est son nom professionnel – passe quelques heures par semaine sur la plateforme de microtâches #Upwork où il propose de petits services de graphiste : logos, retouches, déclinaisons graphiques facturées 5 ou 10 euros. Il n’en tire pas plus de 50 euros par mois, mais complète ainsi ses revenus issus d’un emploi stable et de missions freelance plus exigeantes.

    Chaque jour, il constate combien l’IA bouleverse le marché : « Les prix ont baissé. Des gens qui n’y connaissent rien se forment avec des vidéos YouTube et cassent les tarifs sur les plateformes. » Des prestations autrefois facturées l’équivalent de 7 000 à 10 000 francs CFA sont désormais proposées à 2 000 ou 3 000 francs CFA, avance-t-il. Une partie des demandes qu’il reçoit consiste d’ailleurs à reprendre des logos générés par l’IA mais pas forcément à la hauteur. « Je refuse, c’est plus propre et plus simple de repartir de zéro. » Pour tenter de se démarquer, il se forme depuis six mois au motion design, qu’il juge « moins concurrencé par l’IA » pour le moment.

    Un phénomène qui n’a rien d’étonnant, pour Antonio Casilli : « Comme les grands modèles de langage génératifs se nourrissent de productions créatives, eux aussi ont été aspirés dans l’orbite de l’intelligence artificielle et désormais travaillent pour elle. » Autrement dit, les #designers, #illustrateurs ou #rédacteurs ne sont plus seulement concurrencés par l’IA : leur travail alimente directement les modèles qui, ensuite, renforcent cette concurrence.

    Des travailleurs qui commencent à faire entendre leur voix

    « Les grandes entreprises technologiques ne peuvent pas construire l’avenir sur une main-d’œuvre jetable, souligne dans un communiqué Christy Hoffman, secrétaire générale d’UNI Global Union, qui a publié fin septembre une étude sur les travailleurs de l’ombre de l’IA. Il est temps de tenir les titans de la Silicon Valley responsables des conditions dans leurs chaînes d’approvisionnement en IA. Les travailleurs de l’approvisionnement en données doivent être libres de s’organiser et de négocier pour rendre ces systèmes plus sûrs et plus équitables pour tout le monde. »

    Après son licenciement, Sonia Kgomo a choisi de se consacrer à plein temps à l’organisation des salariés de la tech, au sein d’#African_Tech_Workers_Rising, un projet soutenu par le syndicat kényan Communications Workers Union of Kenya et par la fédération internationale Uni Global Union. « En 2021, quand je suis arrivée, les travailleurs des plateformes ne parlaient pas du tout. Il y avait énormément de peur. On signait des accords de confidentialité qu’on ne comprenait pas vraiment, présentés comme des menaces. Alors on intégrait le fait que c’était normal de se taire comme on travaillait pour un service de renseignement, se souvient-elle. Aujourd’hui, on commence à avoir des travailleurs qui peuvent parler, certains rejoignent des #syndicats, et quelques sous-traitants – pas tous – acceptent la présence syndicale. Donc on est encore loin du compte, mais il y a des avancées. »

    Face au défaut d’encadrement juridique, la #Data_Labelers_Association, basée à Nairobi, doit dévoiler prochainement un #code_de_conduite à destination des plateformes d’annotation de données pour améliorer les conditions de travail.

    Pour le sociologue Antonio Casilli, le modèle des #sweatshops_numériques, ces ateliers de misère où les ordinateurs ont juste remplacé les machines à coudre, a encore de beaux jours devant lui. « Ces entreprises sont constamment en train de chercher des pays dans lesquels elles peuvent continuer à exploiter les travailleurs et à les payer très peu cher. Quand la situation s’est compliquée pour certaines d’entre elles au Kenya, elles sont parties en Ouganda ou au Ghana, ou encore au Bangladesh. » Une analyse partagée par Sonia Kgomo, qui appelle à « un mouvement de travailleurs du numérique à l’échelle du continent ».

    En attendant, ces travailleurs de l’ombre continuent de s’adapter. Malgré ses mésaventures récentes, Oluwaseun suit des cours d’annotation de données dans le but d’obtenir un emploi stable et mieux rémunéré auprès d’un grand acteur du secteur, comme « #xAI, l’entreprise d’Elon Musk », glisse-t-elle.

    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20251206-en-afrique-des-petites-mains-du-num%C3%A9rique-toujours-aussi-pr%C3%A9c
    #AI #intelligence_artificielle #travail

  • Afrique du Sud : une association controversée à l’origine de l’arrivée chaotique de réfugiés palestiniens
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20251115-afrique-du-sud-une-association-controvers%C3%A9e-%C3%A0-l-origine-de-l-

    Derrière les vols de Gazaouis vers l’Afrique du Sud, on retrouve une association du nom d’Al Madj Europe.

    Sur son site web, où elle prétend soutenir les vies palestiniennes, on ne trouve trace ni de numéro de téléphone, ni d’adresse précise.

    En Afrique du Sud, certains activistes la soupçonnent d’être liée à Israël. Na’eem Jennah, militant au sein d’ONG d’aide aux Palestiniens, en témoigne auprès de Joséphine Kloeckner pour RFI :

    « Cela fait partie d’un projet de #nettoyage_ethnique. Cette organisation, Al Majd, prétend exister depuis dix ans. Son site web n’a que trois ans. Elle prétend être enregistrée en Allemagne. Nous avons vérifié : elle n’est pas enregistrée en Allemagne. Elle prétend avoir des bureaux en Allemagne ; nous avons envoyé des personnes sur place et il n’y a aucun bureau. »

    Al Majd Europe assure disposer d’un siège à Jérusalem et prétend venir en aide aux musulmans dans les zones de crise. Elle aurait organisé le départ de 1 500 personnes depuis des zones de guerre. Une histoire difficile à croire tant les informations se contredisent. Il semble que son site web actuel a été créé seulement en 2025. De plus, les représentants de l’ONG ne sont présentés que par leurs prénoms, et leurs photos semblent générées par intelligence artificielle. Et par ailleurs, son siège à Jérusalem-Est n’existe pas selon la chaîne Al Jazeera.

    RFI a cherché à joindre Al Madj Europe, via des numéros trouvés sur internet. Au bout du film, une femme nous a promis d’appeler le manager pour que celui-ci nous réponde... avant de raccrocher. Depuis, plus aucune nouvelle, si ce n’est une réponse via WhatsApp : un message générique qui nous demande un passeport et nous promet de nous faire sortir de Gaza... moyennant 2 700 dollars. De quoi alourdir les soupçons contre l’ONG, car sortir de l’enclave nécessite une coordination poussée avec l’armée israélienne.

    Deux associations sud-africaines accusent l’organisation d’être un proxy israélien, afin d’expulser les Gazaouis de l’enclave. Sur les réseaux sociaux, de nombreux Palestiniens dénoncent Al Majd, la présentant comme arnaque pour profiter financièrement de la misère des Gazaouis. L’ambassade de Palestine somme ses ressortissants de se méfier de cette organisation « non enregistrée et trompeuse » qui « exploite la situation humanitaire à Gaza » et « a trompé les familles ».

  • Cameroun : Paul Biya réélu président, annonce le Conseil constitutionnel
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20251027-cameroun-paul-biya-r%C3%A9%C3%A9lu-pr%C3%A9sident-annonce-le-conseil-co

    Selon le Conseil constitutionnel et les chiffres officiels annoncés ce lundi 27 octobre, le chef de l’État sortant, du Rassemblement démocratique du peuple camerounais (RDPC) est réélu pour sept ans, en remportant 53,66 % des suffrages, avec plus de 2,470 millions de voix. À la tête du Cameroun depuis 43 ans, Paul Biya, 92 ans, entame donc son huitième mandat.

    Le Cameroun est devenu un « État-Ehpad »
    https://afriquexxi.info/Le-Cameroun-est-devenu-un-Etat-Ehpad

    Au cours d’un dîner informel à Genève en 2025, le politologue Jean-François Bayart, avec la lucidité ironique qui lui est coutumière, proposait une formule saisissante pour caractériser la scène politique camerounaise : un « État-Ehpad ». Par cette expression, empruntée au lexique de la gérontologie institutionnelle – les Établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad) –, il ne s’agissait nullement de pointer l’existence d’une politique sociale tournée vers les aînés, quasi inexistante au #Cameroun, mais bien de désigner une forme particulière de gouvernementalité, dans laquelle la vieillesse, loin de marquer le retrait, est le cœur même du pouvoir. Cette métaphore révèle un fait saillant : l’architecture de l’État camerounais repose sur une #gérontocratie_institutionnalisée, où les plus hauts sommets des pouvoirs civil et militaire sont occupés par des figures âgées, souvent octogénaires ou nonagénaires, et dont la longévité dans les fonctions d’autorité dépasse l’entendement.

    Le président #Paul_Biya, qui aura 93 ans en février 2026, en incarne l’illustration la plus éloquente. À la tête du pays depuis 1982, il vient d’annoncer sa candidature – pour un huitième mandat – à l’élection présidentielle du 12 octobre. Il gouverne entouré d’un cercle restreint d’hommes et de femmes dont plusieurs occupent depuis des décennies des postes stratégiques de la République. Dans la sphère civile, cette #gérontocratie se manifeste par la longévité exceptionnelle d’acteurs tels que Marcel Niat Njifendji, réélu à la présidence du Sénat à 91 ans, Cavaye Yeguie Djibril, 85 ans, président de l’Assemblée nationale depuis 1992, ou encore Adolphe Moudiki, 86 ans, directeur général de la Société nationale des hydrocarbures depuis 1992.

    Les institutions judiciaire, diplomatique, et d’autres postes parlementaires et ministériels ne sont pas en reste, avec Laurent Esso (82 ans), Clément Atangana (84 ans), Laurentine Koa Mfegue (88 ans), ou encore Madeleine Tchuente (76 ans), tous encore en fonction malgré le poids de l’âge. Nombre de leurs homologues aujourd’hui décédés ont, jusqu’à leur dernier souffle, continué à siéger, comme Delphine Zanga Tsogo ou Delphine Medjo. Dans les rangs de l’armée, le tableau est tout aussi évocateur. Les nominations militaires de juillet ont conforté cette logique de la reconduction d’un personnel militaire sénescent : Martin Mbarga Nguelé, 93 ans ; René Claude Méka, 89 ans ; Emmanuel Amougou, 73 ans…

    Ces papis qui gouvernent le Cameroun
    https://www.youtube.com/watch?v=-44CZCQIgJM

    Ils ont pour certains 56 ans de fonction, mais dirigent un pays où 65 % de la population a moins de 35 ans. Voici pour vous, le top 10 des papis qui gouvernent le Cameroun, depuis bientôt une soixantaine d’années...

    On ne fait que concentrer le pouvoir au Palais [présidentiel] entre les mains de quelqu’un qui est de plus en plus vieux et de plus en plus incapable, du point de vue physiologique. Regardez dans nos campagnes : quand on dit déjà que quelqu’un a 80 ans, la majorité traîne avec 90 ans ! Même en URSS, qui était un gouvernement de vieillards, on n’a pas connu ça. À 89 ans, quelle que soit la santé, quelle que soit la force, vous n’êtes plus à l’optimum, vous n’êtes même plus à 25 % de vos capacités. C’est physiologique.

    #ploutocratie

  • Maintenant BNP a compris, il ne faut financer que les criminels protégés par le régime étasunien.

    BNP Paribas reconnue complice d’exactions au Soudan sous Omar el-Béchir
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20251018-bnp-paribas-reconnue-complice-d-exactions-au-soudan-sous-omar-el-b%C3%A

    Le procès s’est tenu à New York, où trois plaignants soudanais naturalisés américains ont obtenu près de 21 millions de dollars de compensation.

    • Pas certain qu’ils comprennent, en 2014 déjà...

      https://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2014/05/30/bnp-pour-tout-comprendre-a-l-amende-record-brandie-par-les-etats-unis_442920

      Pour avoir utilisé le dollar dans ses transactions avec des « ennemis des Etats-Unis » sous embargo, comme l’Iran ou Cuba, la banque française a accepté le 30 juin dernier de payer une amende de près de 6,5 milliards d’euros.

      Dans le cadre de l’accord avec la justice américaine, BNP Paribas se voit aussi interdire, pendant un an, d’effectuer des paiements en dollars pour le compte de négociants en pétrole et en gaz.

      Cette interdiction hautement symbolique du point de vue des Etats-Unis prendra effet début 2015. Sont concernées des bureaux de BNP Paribas à Genève, Milan, Paris, Rome et Singapour.

      Face à la pression des autorités américaines, la banque a fait des concessions : l’un de ses directeurs, Georges Chodron de Courcel, a quitté son poste lundi. Au total, BNP Paribas s’est séparée de treize employés pour apaiser les autorités américaines.

  • Madagascar : le président Andry Rajoelina a quitté le pays (RFI)
    https://www.france24.com/fr/afrique/20251013-madagascar-le-pr%C3%A9sident-andry-rajoelina-a-quitt%C3%A9-le-pay

    Englué dans la crise politique qui secoue Madagascar, le président Andry Rajoelina a quitté le pays dans la soirée de dimanche, après le ralliement d’une partie de l’armée aux manifestants de la Gen Z.

    Cette information a pu être confirmée par nos confrères de RFI, plus tôt dans la journée. Notre correspondante à Madagascar, Gaëlle Borgia, donne quelques détails de cette fuite.
    « Via une page Facebook de passionnés d’aviation qui s’appelle ’Madagascar aviation’, on en sait un peu plus sur les déplacements du président Rajoelina. Il est parti à bord de son hélicoptère, depuis le palais présidentiel, vers l’île de Sainte-Marie, à l’est du pays, où l’attendait un avion militaire français », rapporte notre correspondante."Le transbordement a duré quelques minutes tout au bout de la piste d’atterrissage. Personne n’a vu le président monter dans l’avion militaire et il a pu, grâce à l’armée française, rejoindre l’île de La Réunion. Là, un autre avion l’attendait. C’est un jet privé de la compagnie allemande Vistajet qui a conduit le président à Dubaï, où il est arrivé ce lundi matin", ajoute-t-elle.

    Voir aussi :

    https://seenthis.net/messages/1139627

    https://seenthis.net/messages/1138860

  • En Afrique de l’Ouest, le trafic de drogues s’accompagne désormais d’une consommation hors de contrôle
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250915-afrique-ouest-trafic-drogues-consommation-hors-de-contr%C3%B4le

    L’Afrique de l’Ouest, plaque tournante de nombreux trafics

    Le Sénégal est en effet une porte idéale pour accéder à de nombreux pays sans ouverture sur la mer comme le Mali, le Burkina Faso ou le Niger. Dakar, pointe la plus à l’ouest du continent, se trouve aussi à la croisée des routes maritimes, ce qui en fait un point d’entrée stratégique pour les trafiquants de drogue, notamment en ce qui concerne la cocaïne.

    Les saisies ont connu ainsi une forte augmentation ces dernières années. Une prise record a même eu lieu en novembre 2023 : trois tonnes de poudre blanche saisie en pleine mer par la marine sénégalaise. Ces derniers mois, les saisies sur l’axe routier entre Dakar et Kidira, au Mali, mais aussi à Dakar même, se sont aussi multipliées.

    Plus au sud, les ports de golfe de Guinée sont, eux aussi, sous étroite surveillance. En mars 2024, la marine française a ainsi réalisé une saisie record de 10 tonnes de cocaïne dans ces eaux. De manière générale, l’Afrique de l’Ouest est « très vulnérable à l’infiltration de réseaux criminels », poursuit Lucia Bird, du fait de sa position géographique à mi-chemin entre les zones de production et de consommation.
    Le PCC brésilien et les mafias européennes

    À la manœuvre dans ce trafic régional, on trouve une myriade d’acteurs, mais deux ont pris une place considérable ces dernières années, selon le dernier rapport du GI-TOC, consacré aux « filières atlantiques ».

    L’un est en charge de la « logistique » : il s’agit du Primeiro Comando da Capital, ou PCC, un groupe de prisonniers brésiliens qui s’est mué en une puissante organisation mettant en relation, à l’échelle mondiale, producteurs et « détaillants ». L’autre acteur, justement, sont ces mafias européennes chargées d’inonder le Vieux Continent, et qui ont un pied en Afrique. C’est le cas de la ’Ndrangheta calabraise, qui a scellé un accord avec le PCC à fin des années 2010.

    « La ’Ndrangheta opère en Afrique de l’Ouest par le biais de deux mécanismes principaux : la présence continue de ses éléments dans certains pays et des intermédiaires de confiance établis grâce aux visites de membres des clans qui lui sont rattachés », peut-on lire dans le rapport. Le Sénégal, mais aussi le Niger, le Ghana ou encore la Côte d’Ivoire sont concernés au premier plan, le territoire ivoirien étant même « un bastion de la ’Ndrangheta en Afrique de l’Ouest », notent les auteurs du document.

    Mais ce trafic a aussi aiguisé les appétits des mafias balkaniques, qui ont accru leur présence dans la région, parfois au détriment de la ’Ndrangheta, parfois en « complément », souligne un autre rapport du GI-TOC. Clans monténégrins, serbes et autres groupes albanais « ont contribué à faire de l’Afrique de l’Ouest un pivot central de transbordement de cocaïne à destination de l’UE et la région ne cesse de gagner en importance dans le commerce mondial de la cocaïne », souligne ainsi Lucia Bird, directrice de l’Observatoire.

    #drogues #narcotrafic #Afrique

  • « Scandale Divine Kumasamba » : la mort qui illustre la dérive des hôpitaux à Kinshasa
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250912-rdc-%C3%A0-kinshasa-la-mort-de-divine-kumasamba-r%C3%A9v%C3%A8le-la-d%C

    Dans la nuit du 7 au 8 septembre, Divine Kumasamba, une trentenaire récemment diplômée d’une université, est conduite en urgence par sa mère et sa sœur à HJ hospital, du nom de son propriétaire Harish Jagtani, un indien magnat d’affaires à Kinshasa.

    La jeune souffre de violentes douleurs abdominales. Selon le récit de sa famille, les médecins refusent de la prendre en charge sans le versement préalable de 5 000 dollars américains. Les proches proposent une avance de 500 dollars et s’engagent à compléter le reste dans la journée. Mais le personnel médical reste inflexible. Aucun soin d’urgence, même de stabilisation, ne sera prodigué.

    La famille, désemparée, transporte alors Divine au centre médical Diamant, propriété d’une firme canadienne. Là encore, les portes se ferment. L’administration exige cette fois 2 000 dollars avant d’approcher la patiente. En quelques heures, les deux hôpitaux privés tournent le dos à une femme en détresse. Divine décédera peu après son transfert à l’hôpital catholique Saint-Joseph, de l’archidiocèse de Kinshasa. Les sources du premier hôpital contestent ce narratif en dénonçant un récit tronqué « alors que la patiente a été stabilisée et c’est contre notre propre gré que la famille l’a transférée ailleurs ». HJ Hospital a introduit un recours gracieux auprès des autorités.
    Un véritable séisme

    L’affaire a provoqué un véritable séisme. Le ministère de la Santé a ordonné la fermeture des services d’urgence des deux établissements incriminés « jusqu’à nouvel ordre ». Dans son courrier aux deux hôpitaux, Yuma Ramazani, secrétaire général du ministère de la Santé est catégorique : c’est cette privation des soins qui a occasionné le décès.

    Au micro de RFI, il est révolté. « Mais on est où, là ? Ce n’est pas possible, ça. Quand quelqu’un arrive en urgence, cela veut dire qu’il a besoin des premiers soins pour être stabilisé. On ne peut pas comprendre que, quand quelqu’un arrive et avant de l’examiner, on exige une caution et pas n’importe laquelle. Ça, c’est inacceptable. On ne dit pas qu’il faut soigner le malade gratuitement. Le malade se présente dans une situation d’urgence. Il faut lui administrer les premiers soins pour l’aider à le stabiliser. Et puis après, vous pouvez sortir la facture. Le malade pourra se débrouiller pour voir dans quelle mesure il peut payer », s’indigne le plus haut fonctionnaire des médecins congolais.

    Selon le même courrier signé par le secrétaire général, une enquête a été ouverte par l’Inspection générale de la santé pour déterminer les responsabilités. Le gouvernement affirme que cette mesure s’inscrit dans sa volonté de mettre fin aux « pratiques abusives » dans les établissements de santé et de garantir l’accès équitable aux soins pour l’ensemble des citoyens.
    Un système où la santé est devenue un luxe

    Pour de nombreux Congolais, ce drame n’est que la partie visible d’un mal beaucoup plus profond. Le Mouvement national des consommateurs lésés parle d’un système où la santé est devenue un luxe. « La consultation médicale aujourd’hui dans un hôpital privé peut être à 50 dollars, voire même jusqu’à 200 dollars. Dans le cas de Divine, la famille est partie dans un hôpital. Le premier demande 5 000 dollars, le deuxième 2 000. Cela est un indicateur d’une absence totale de l’État. On ne peut plus continuer à jouer avec la vie et la santé des Congolais. Nous avons interpellé le gouvernement depuis bien longtemps, mais rien n’a changé », dénonce son coordonnateur, Joël Lamika.

    Le collectif prévoit une manifestation devant le siège du gouvernement pour réclamer justice et des mesures contre les abus dans les hôpitaux. La tragédie réveille aussi de vieilles blessures. L’opposant et ancien député Ados Ndombasi affirme en avoir été lui-même victime. « En 2018, mon père est décédé parce qu’une clinique exigeait une caution de 3 000 dollars avant toute prise en charge », confie-t-il. « Conscient de cette réalité, j’ai déposé en 2022 une proposition de loi sur l’organisation des soins d’urgence. Mais elle a été ignorée par l’Assemblée nationale à cause de mon appartenance politique », continue-t-il. Il dit avoir transmis le texte directement au ministre de la Santé. « Rien n’a suivi. Chaque année, des milliers de Congolais meurent dans des services d’urgence dépourvus d’humanité. Ne nous contentons pas de mesures trompe-l’œil. Il est temps d’agir en profondeur et d’agir en urgence », clame-t-il.

    Dans un communiqué, le centre médical Diamant a tenu à souligner qu’« aucun refus de soins ni de non-assistance à personne en danger n’a été constaté ». Il affirme rester disponible « pour accompagner les autorités dans toute démarche visant à faire la lumière sur les faits, dans un esprit de transparence et de respect des règles ».

    • Lancé en 2012 au Burkina Faso, le projet Target Malaria axait ses travaux sur une modification génétique des moustiques mâles pour les rendre stériles et tenter ainsi de réduire la population de moustiques en Afrique subsaharienne. Une expérimentation qui suscitait de profondes divisions dans le pays.

  • L’Union africaine souhaite une carte du monde corrigée pour redonner sa juste proportion à l’Afrique
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250817-l-union-africaine-souhaite-une-carte-du-monde-corrig%C3%A9e-pour-redonn

    Cette semaine, l’Union africaine a apporté son soutien officiel à la campagne « Correct the Map » : corriger la carte. Cette campagne portée par deux organisations africaines de plaidoyer a pour but de remplacer le modèle de la carte mondiale actuelle par une projection plus respectueuse des proportions des continents. Afin de sortir d’une perception biaisée, héritée de l’époque coloniale.

    La projection Mercator est utilisée sur tous les planisphères du monde. Créée au XVIᵉ siècle pour la navigation maritime, elle grossit l’Europe et l’Amérique du Nord tout en réduisant l’Afrique de moitié. Une représentation biaisée pour Fara Ndiaye, directrice adjointe de l’organisation Speak Up Africa, à l’origine de la campagne Correct the Map.

    « Elle grossit artificiellement l’Europe et l’Amérique du Nord, tout en réduisant la taille de l’Afrique d’environ la moitié. Et cette distorsion-là, elle n’est pas neutre, elle façonne notre imaginaire collectif, influence les programmes scolaires et aussi les représentations médiatiques, lorsqu’un enfant africain, notamment nos enfants africains, voient leur continent rapetissé, cela diminue aussi un certain sentiment de fierté et l’importance que cet enfant accorde à son identité. Donc finalement, pour nous, corriger la carte, c’est donc bien plus qu’une question technique, c’est un acte symbolique fort qui touche à la dignité, à la justice et au récit que nous voulons construire autour du continent africain ».

    Pour la remplacer, la projection Equal Earth, plus fidèle aux tailles réelles des continents, explique Fara Ndiaye. « Pour nous, la projection Equal Earth est un outil pédagogique qui pourrait tout à fait être utilisé dans les écoles, à travers les médias, les différentes institutions, car il permet réellement de montrer un monde équilibré où chaque continent retrouve son véritable poids, ce qui n’est pas du tout le cas de la projection Mercator ».

    La reconnaissance de ce combat par l’Union africaine est une étape majeure pour cette Campagne lancée il y a un an, avec pour objectif final de changer la représentation cartographique du continent d’abord en Afrique puis dans le monde entier.

  • Soudan : l’armée détruit un avion-cargo émirien transportant des mercenaires colombiens
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250807-soudan-l-arm%C3%A9e-d%C3%A9truit-un-avion-cargo-%C3%A9mirien-transporta

    Jusqu’à présent, Abu Dhabi continue de nier toute implication dans le conflit soudanais. Ce jeudi 7 août encore, un responsable émirati a démenti les accusations de Khartoum, qui affirme avoir abattu un avion transportant 40 mercenaires colombiens dans l’ouest du Darfour. « Ces allégations infondées sont entièrement fausses, ne reposent sur aucune preuve et relèvent d’une campagne de désinformation », a-t-il déclaré à l’AFP.

    Pourtant, depuis des mois, rapports d’ONG, enquêtes d’experts de l’ONU, centres de recherche et déclarations de l’armée soudanaise pointent vers une implication directe des Émirats arabes unis aux côtés des FSR.

    Pour faire parvenir armes et hommes sur le terrain, les Émirats affrètent de vieux avions via des sociétés privées africaines, et engagent des pilotes de différentes nationalités. Deux d’entre eux, un Sud-Soudanais et un Centrafricain, ont déjà été tués lors d’attaques antérieures à Nyala.

    Deuxième fois qu’un appareil émirien est touché

    C’est la deuxième fois en trois mois qu’un appareil émirien est visé au sol à l’aéroport de #Nyala, qui a rouvert en septembre 2024. La première frappe remonte au 3 mai. Ces attaques ont précédé les frappes de drones contre Port-Soudan, jusque-là épargnée par les combats.

    Selon des sources proches de l’armée, cette nouvelle frappe est intervenue suite à des renseignements très précis. L’avion a été suivi depuis son départ de l’aéroport de Bosaso, au Puntland (région de Somalie), un site investi par Abu Dhabi. Des mercenaires colombiens, de retour au pays, ont confirmé auprès des médias nationaux avoir été priés de ne pas filmer ni prendre de photos à Bosaso.

    […]

    Dans la foulée de cette attaque, Abu Dhabi a annoncé, sans explication, la suspension de tous les vols aériens vers le Soudan. Une décision inattendue qui a perturbé la circulation aérienne et les voyageurs.

    #e.a.u

  • En Cisjordanie occupée, les Palestiniens sceptiques de la reconnaissance de l’État de Palestine par la France
    Publié le : 25/07/2025 - 09:57Modifié le : 25/07/2025 - 10:07
    Par RFI avec notre correspondante à Ramallah, Alice Moreno
    https://www.rfi.fr/fr/moyen-orient/20250725-en-cisjordanie-occup%C3%A9e-les-palestiniens-sceptiques-de-la-reconnais

    Alors que le président français Emmanuel Macron a annoncé jeudi 24 juillet son intention de reconnaître un État de Palestine lors de l’Assemblée générale des Nations unies en septembre, les Palestiniens sont loin d’être convaincus. Les Palestiniens espéraient plutôt des sanctions internationales concrètes à l’égard d’Israël et de ses opérations à Gaza.
    (...)
    Pour d’autres, comme Rami, cette annonce n’est qu’une stratégie politique supplémentaire : « La reconnaissance par la France ou par tout pays européen de l’État de Palestine est en réalité une manière de laver la culpabilité française et européenne du génocide en cours, l’aide qu’ils apportent à Israël pour le mettre en œuvre. Je ne crois pas que Macron ait arrêté Benyamin Netanyahu lorsqu’il survolait le territoire français. » (...)

    • L’Afrique en pointe sur la reconnaissance d’un État de la Palestine
      RFI — Publié le : 25/07/2025 - 11:50
      https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250725-l-afrique-en-pointe-sur-la-reconnaissance-d-un-%C3%A9tat-de-la-palestin

      (...) C’est en Algérie qu’a été posée la base fondatrice d’un État palestinien. C’était le 15 novembre 1988. Alors en exil à Alger, Yasser Arafat, le chef historique de la lutte palestinienne, proclamait l’indépendance de la Palestine, entraînant une première vague de reconnaissance. Le jour même, l’Algérie, le Maroc, la Tunisie ainsi que le Sahara Occidental, la République arabe sahraouie - elle-même engagée dans un processus de reconnaissance de son indépendance vis-à-vis du Maroc -, reconnaissaient un État palestinien. Madagascar ou la Zambie ont suivi, le lendemain.

      En un moins d’un an, la Palestine a été reconnue par la grande majorité des pays du continent.

      L’Afrique du Sud, elle, a rejoint le train en 1995, après l’élection de Nelson Mandela. Le premier président noir du pays a été un grand soutien de la cause palestinienne : Il s’était rendu en visite à Gaza en 1999. Aujourd’hui, sur le continent, seuls le Cameroun et l’Érythrée n’ont pas reconnu la Palestine.(...)

  • Manifestations réprimées au Togo : « La population est en danger »
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250628-manifestations-r%C3%A9prim%C3%A9es-au-togo-la-population-est-en-danger


    Au Togo, ce samedi 28 juin marque le troisième et dernier jour de manifestations, à l’appel des influenceurs et artistes de la diaspora. Lomé, la capitale, s’est réveillée triste après la répression des forces de sécurité et les brimades des miliciens. La veille, dans la soirée, deux corps de jeunes garçons ont été découverts dans la lagune. Le gouvernement a qualifié ces manifestations d’illégales.
    #Togo

  • Libye : « L’ensemble de l’appareil sécuritaire a compris que l’immigration rapporte beaucoup d’argent », rappelle un chercheur libyen - InfoMigrants
    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250604-migrants-en-libye-exactions-et-vols-deviennent-la-norme-accusent-des-mi

    Les ONG estiment que 20 000 migrants sont aujourd’hui détenus dans des prisons en Libye. Ces exilés y subissent toutes sortes d’abus : traite, torture, travail forcé, extorsion et conditions de détention intolérables. Malgré ces faits, le gouvernement libyen reçoit toujours l’aide de l’Union européenne pour retenir les migrants et les empêcher de rallier l’Europe. Après avoir accumulés les preuves depuis des années, un militant et chercheur libyen brise le silence.

  • « Sur la Palestine, la France Insoumise a fait le taf mais… » (Edwy Plenel)
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2025/sur-la-palestine-la-france-insoumise-a-fait-le-taf-mais-edwy-plenel-k67h2r

    Nous recevons l’une des figures marquantes du journalisme français, ancien directeur de la rédaction du Journal Le Monde, et cofondateur de Mediapart, Edwy Plenel.

  • Le #rapport sur la #colonisation française au #Cameroun remis au président Paul Biya

    La commission sur le rôle de la France dans la répression des mouvements indépendantistes au Cameroun a remis son rapport ce mardi 28 janvier au président Paul Biya, une semaine après avoir été remis au président Emmanuel Macron. Le groupe, composé de quatorze experts, a travaillé pendant deux ans, et espère que ses travaux seront intégrés dans des programmes scolaires.

    Cette commission, née de la volonté des deux présidents, avait été annoncée lors de la visite d’Emmanuel Macron il y a deux ans au Cameroun. Elle devait dépoussiérer des archives jusqu’ici gardées secrètes sur la période allant de 1945 à 1971, pendant laquelle la France a mené une #guerre sanglante contre des nationalistes opposés à la présence de cette ancienne puissance colonisatrice au Cameroun.

    En deux ans de travaux, la commission dit avoir dépouillé 1 100 cartons d’#archives, avoir eu accès à 2 300 documents déclassifiés et réalisé une centaine d’entretiens, entre autres. Un travail que les membres qualifient de « titanesque » et qui n’a pas été sans défis, l’équipe étant pluridisciplinaire, constituée de quatorze experts équitablement répartis entre français et camerounais.

    Alvine Ndi Assembe, historienne camerounaise, est une membre de la commission : « En tant qu’individus ayant des trajectoires différentes, nous avions chacun ses sensibilités. J’en veux pour exemple mes divergences avec le professeur Koufan sur le rôle du président Ahmadou Ahidjo, ça a été très tendu. Et Dieu seul sait combien de fois nous avons dû écrire des parties du rapport ensemble ».

    Répandre les nouvelles connaissances

    Si les présidents Emmanuel Macron et Paul Biya ont eu la primeur de ce volumineux travail consigné dans un rapport de mille pages, l’historienne française Karine Ramondy, qui co-présidait avec le chanteur camerounais Blick Bassy cette commission, a assuré que le rapport serait disponible en libre accès sur Internet.

    Cette volonté de partage ne s’arrête pas là : des recommandations ont ainsi été faites pour que cette période trouble et méconnue de l’histoire du Cameroun soit enseignée. « L’une des demandes qui a été faite aux deux présidents de la République, c’est de faire entrer cette guerre du Cameroun comme une autre guerre de décolonisation dans les programmes scolaires. Nous avons fait des recommandations, et nous les avons faites tout notre sérieux, notre objectivité, mais là suite politique ne nous appartient pas », rappelle Alvine Ndi Assembe.

    Une préoccupation à laquelle le président Paul Biya a fait lui aussi mention au palais de l’unité lors de la réception du rapport. Il a évoqué la construction de lieux de mémoire à travers le pays et l’adoption de nouveaux programmes d’enseignement.

    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20250128-le-rapport-sur-la-colonisation-fran%C3%A7aise-au-cameroun-remis-au-pr%C

    #France #histoire_coloniale

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