Sept thèses sur les insurrections de la génération Z dans le sud global – Entre les lignes entre les mots

/sept-theses-sur-les-insurrections-de-la

  • La « génération Z » est loin d’être réactionnaire : troubles mondiaux et révolutions, 2024/2025

    Les manifestations du Maroc à l’Indonésie témoignent d’une nouvelle génération en mouvement

    Les grandes spéculations des médias libéraux au cours de l’année écoulée, à la suite de la deuxième victoire électorale de Donald Trump, semblent inévitablement reposer sur une hypothèse : la « génération Z », les jeunes, se tourne vers la droite. L’agence de presse Reuters [1] et le Guardian [2] se concentrent tous deux sur le fossé entre les jeunes hommes et les jeunes femmes en Europe, en Amérique et en Asie (les jeunes hommes étant les plus mécontents). Les chroniqueurs du capital mondial au Financial Times [3] attribuent le supposé grand succès de la droite à la mode et à son énergie intellectuelle, avec des figures comme Curtis Yarvin qui apparaissent comme les ennemis de leur seule alternative supposée dans la politique libérale habituelle. Et en effet, si l’analyse est généralement déconcertante (le Financial Times, pour sa part, recommande une « nouvelle façon de penser » tiède [4]), elle n’en est pas moins pertinente : on assiste à une ascension de la droite réactionnaire et à un déclin des institutions néolibérales qui l’ont historiquement maintenue sous contrôle. Pourtant, alors que ces mêmes journalistes institutionnel·les s’interrogent sur l’incapacité de la politique libérale modérée à convaincre la jeunesse frustrée (et blanchissent des néonazis dérangés comme Nick Fuentes avec des profils flatteurs dans GQ pour faire bonne mesure) [5], la jeunesse a pris la révolution sociale en main de manière sérieuse. Alors que les médias se réjouissent des gains et de la popularité supposée de l’aile réactionnaire de cette génération, pays après pays – principalement dans le sud de la planète – on a assisté ces deux dernières années à de profonds troubles parmi la jeunesse, dans une direction tout à fait différente.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/10/31/sept-theses-sur-les-insurrections-de-la-generation-z-dans-le-sud-global/#comment-69993

    #international

  • Sept thèses sur les insurrections de la génération Z dans le sud global

    Les murs de Santiago, au Chili – la ville où je vis – sont marqués de graffitis effacés de l’estallido social (soulèvement social) de 2019. Des années plus tard, ces slogans continuent de se répandre sur les trottoirs, de « Ils nous ont tellement pris qu’ils nous ont même enlevé la peur » à « Ce ne sont pas 30 pesos, ce sont 30 ans ». Les deux slogans font référence aux 30 années d’austérité néolibérale imposées au peuple chilien, y compris une augmentation de 30 pesos du prix des billets de métro et des coupes profondes dans le système de salaire social du pays. Le soulèvement a été mené par des lycéens nés entre 2001 (18 ans) et 2005 (14 ans), qui font partie de la génération Z ou « Gen Z ». Cependant, ce terme, imposé au monde par les médias grand public, efface souvent la complexité sociale et la spécificité nationale de telles révoltes. Néanmoins, ce terme, ainsi que le concept de « génération », méritent d’être explorés.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/10/31/sept-theses-sur-les-insurrections-de-la-genera

    #international