La « génération Z » est loin d’être réactionnaire : troubles mondiaux et révolutions, 2024/2025
Les manifestations du Maroc à l’Indonésie témoignent d’une nouvelle génération en mouvement
Les grandes spéculations des médias libéraux au cours de l’année écoulée, à la suite de la deuxième victoire électorale de Donald Trump, semblent inévitablement reposer sur une hypothèse : la « génération Z », les jeunes, se tourne vers la droite. L’agence de presse Reuters [1] et le Guardian [2] se concentrent tous deux sur le fossé entre les jeunes hommes et les jeunes femmes en Europe, en Amérique et en Asie (les jeunes hommes étant les plus mécontents). Les chroniqueurs du capital mondial au Financial Times [3] attribuent le supposé grand succès de la droite à la mode et à son énergie intellectuelle, avec des figures comme Curtis Yarvin qui apparaissent comme les ennemis de leur seule alternative supposée dans la politique libérale habituelle. Et en effet, si l’analyse est généralement déconcertante (le Financial Times, pour sa part, recommande une « nouvelle façon de penser » tiède [4]), elle n’en est pas moins pertinente : on assiste à une ascension de la droite réactionnaire et à un déclin des institutions néolibérales qui l’ont historiquement maintenue sous contrôle. Pourtant, alors que ces mêmes journalistes institutionnel·les s’interrogent sur l’incapacité de la politique libérale modérée à convaincre la jeunesse frustrée (et blanchissent des néonazis dérangés comme Nick Fuentes avec des profils flatteurs dans GQ pour faire bonne mesure) [5], la jeunesse a pris la révolution sociale en main de manière sérieuse. Alors que les médias se réjouissent des gains et de la popularité supposée de l’aile réactionnaire de cette génération, pays après pays – principalement dans le sud de la planète – on a assisté ces deux dernières années à de profonds troubles parmi la jeunesse, dans une direction tout à fait différente.
▻https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/10/31/sept-theses-sur-les-insurrections-de-la-generation-z-dans-le-sud-global/#comment-69993