Cartographier nos histoires à raconter – Entre les lignes entre les mots

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  • Cartographier nos histoires à raconter

    Chaque œuvre présentée dans ce numéro reflète des contours irréguliers et une incarnation partielle, des aperçus et des perspectives changeantes, des dépêches provenant d’un territoire où la vie est sans frontières.

    C’est à Kaboul que j’ai découvert pour la première fois la notion d’exil afghan. C’était en 2006, lors de mon premier voyage dans ce pays, où je travaillais avec des professionnel·les de la télévision et des médias afghans. Cinq ans s’étaient écoulés depuis le renversement du premier gouvernement taliban par les forces militaires dirigées par les États-Unis, et la ville bourdonnait d’activité grâce à l’aide internationale, aux consultant·es étranger·es et à l’optimisme ambiant. Ce soir-là, j’étais assise dans le jardin d’une amie avec sa tante, qui était venue lui rendre visite depuis la Californie, où elle vivait depuis des décennies. Je lui racontais à quel point Kaboul me semblait étrangement familière, moi qui suis journaliste indienne, et comment j’avais trouvé des liens entre cette ville et ma ville natale d’Aligarh, située près de Delhi. « Elle est amoureuse de Kaboul », a plaisanté mon amie. « Vraiment ? », a répondu la dame, avec une délicate incrédulité, ou peut-être une lassitude à expliquer à une nouvelle venue son sentiment d’être une étrangère dans sa ville natale. « Mais ce n’est plus Kaboul. Vous entrez dans un bureau et personne ne vous connaît. »

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2025/11/12/cartographier-nos-histoires-a-raconter

    #international #afghanistan