« Je suis mort à Versailles »
En 1919, les vainqueurs de la Grande guerre décident la tenue à Paris d’une Conférence internationale chargée d’établir « une paix juste et durable » destinée à régler les conflits ayant entrainé les hostilités.
Cette conférence s’ouvre à Paris le 18 janvier 1919, précédée par le travail d’une myriade d’experts – géographes, militaires, économistes, historiens, ethnologues – qui à grands coups de ciseaux et de colle, ont établie de nouvelles frontières et créé de nouveaux pays selon les intérêts des vainqueurs. En Allemagne, dans l’attente d’être convoquée pour participer aux travaux préparatoire à la Conférence, les services du gouvernement de la République de Weimar rédigent des rapports destinés à régler de futures controverses.
C’est alors que leur parvient une nouvelle incroyable : contrairement à tous les usages diplomatiques, leur pays ne participera pas aux travaux préparatoires de la Conférence. Plus précisément, une délégation y sera conviée, mais avec pour seule fonction de recevoir un texte déjà élaboré par les vainqueurs. Seules seront tolérées quelques remarques secondaires. Le ministère des affaires étrangère (Auswärtiges Amt) en demeure abasourdi : cette décision va à l’encontre de l’engagement des Etats-Unis du 5 novembre 1918 établissant que l’Allemagne devra participer de plein droit aux négociations.
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