Le fond de la rupture serait plutôt à chercher du côté du changement d’ère managériale. Sous la présidence de Laurent Fabius, la vie était simple : si l’ancien premier ministre socialiste s’occupait du juridique et du rayonnement du Conseil constitutionnel, il déléguait la quasi-totalité de la gestion de l’institution à son secrétaire général, Jean Maïa, qui, par effet de ricochet, centralisait beaucoup de décisions. « Aurélie Bretonneau a, elle, eu tendance à déléguer beaucoup plus, et donc ça pouvait donner parfois un sentiment de cacophonie, dans une maison qui avait l’habitude d’être dirigée au carré », décrypte une source interne.
Autre nouveauté, Richard Ferrand s’est personnellement impliqué dans la gestion de l’institution de la rue de Montpensier. Depuis un an, deux personnes ont été licenciées et quatre ont quitté le Conseil constitutionnel à la fin de leur contrat. A chaque fois, selon les délégués du personnel, Aurélie Bretonneau a tenté de freiner les ardeurs du président.