• En Égypte, les arrestations de réfugiés africains se multiplient dans une vaste campagne de répression - InfoMigrants
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    En Égypte, les arrestations de réfugiés africains se multiplient dans une vaste campagne de répression
    Par Julia Dumont Publié le : 25/02/2026
    Depuis plusieurs mois, l’Égypte a lancé une campagne d’arrestations et d’expulsions de réfugiés et de demandeurs d’asile africains installés dans le pays. Près de 5 000 réfugiés ont été emprisonnés en deux semaines, selon une ONG égyptienne de défense des droits humains. Cette campagne d’arrestations viserait à tarir le flux de demandeurs d’asile arrivant en Égypte.
    Depuis le mois de décembre 2025, un climat de peur s’est installé en Égypte chez les personnes réfugiées. « Dans tout le pays, des policiers en civil arrêtent arbitrairement des personnes originaires de Syrie, du Soudan, du Soudan du Sud et d’autres pays d’Afrique subsaharienne, après des contrôles d’identité dans la rue ou sur leur lieu de travail », alertait Amnesty international dans un rapport publié le 16 février dernier.
    Selon l’Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR), en deux semaines, près de 5 000 réfugiés ont été placés en détention dans des commissariats surpeuplés. Et une ONG érythréenne de défense des droits humain, HRCE, avance que plus de 3 000 réfugiés érythréens ont été arrêtés depuis début janvier, subissant parfois des mauvais traitements et des violences sexuelles. Au moins quatre témoignages recueillis par l’AFP décrivent des cellules bondées, des détenus entassés, debout pendant des heures, dormant à tour de rôle, d’autres parqués dans des cours extérieures.
    La Plateforme des réfugiés, une ONG locale, a, de son côté, fait état de deux décès : un enfant détenu malgré des douleurs thoraciques et un homme de 67 ans privé de soins. Début février, les autorités égyptiennes avaient démenti la mort d’un autre Soudanais.
    Plus d’un million de réfugiés enregistrés
    Ces dernières années, l’Égypte a vu le nombre de personnes en quête de protection internationale croître fortement sur son sol. En cause : les conflits au Soudan, au Soudan du sud, dans la bande de Gaza, mais aussi les violences et menaces qui subsistent pour de nombreuses populations en Syrie, en Érythrée et dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne. En janvier 2026, 1 099 024 personnes réfugiées et demandeuses d’asile étaient ainsi enregistrées auprès du HCR dans le pays."En nombre de demandes d’asile reçues, l’Égypte se classe deuxième derrière les États-Unis", affirmait en juillet Sebastian Herwi, à la tête des relations extérieures du Haut-commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) au Caire.
    La semaine dernière, lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la guerre au Soudan, le représentant égyptien Ihad Awad a rappelé que son pays avait « reçu des centaines de milliers de frères et de soeurs soudanais, accueillis comme des invités ».
    Le Caire juge qu’une grande partie de ces réfugiés et demandeurs d’asile sont aujourd’hui en situation irrégulière, faute de titre de séjour valide. Mais de nombreuses personnes concernées par ces expulsions et interrogées par Amnesty international étaient bien enregistrées en tant que réfugiées auprès du HCR dans le pays.
    Par ailleurs, « nombre des personnes réfugiées et demandeuses d’asile arrêtées depuis fin décembre 2025 avaient des rendez-vous programmés à la Direction générale des passeports et de la nationalité du ministère de l’Intérieur, en vue de renouveler leur permis de séjour », souligne, dans son rapport, l’ONG de défense des droits humains.
    Mais « ces rendez-vous sont souvent repoussés en raison des retards de traitement du gouvernement : des personnes réfugiées et demandeuses d’asile ont déclaré avoir attendu jusqu’à trois ans pour avoir un rendez-vous », détaille encore l’ONG.Les rendez-vous avec le HCR et les services d’immigration égyptiens s’échelonnent jusqu’en 2029, ont constaté Amnesty et l’EIPR, de quoi provoquer une « irrégularité forcée », juge Karim Ennarah, directeur des recherches à l’EIPR, interrogé par l’AFP. Plus grave encore : des réfugiés se sont vus confisquer leur carte de réfugié du HCR et leur titre de séjour par des policiers lors d’arrestations. Le rapport d’Amnesty international mentionne notamment le cas d’Eisa, un réfugié érythréen de 20 ans enregistré auprès du HCR et titulaire d’un permis de séjour égyptien en règle. « Sa mère a déclaré que des policiers avaient confisqué sa carte du HCR et son permis de séjour et lui avaient dit : ’La prochaine fois, nous t’arrêterons sans papiers et tu seras placé en détention et expulsé’ », rapporte l’ONG.Pour Karim Ennarah, la campagne en cours vise « à créer un climat anti-immigration » pour réduire les arrivées alors que l’Égypte affronte une crise économique majeure.
    Mais l’Égypte contredit ses propres engagements en pratiquant ces arrestations et expulsions. Car le pays est signataire de la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés et a également adopté en 2024 sa propre loi nationale relative à l’asile. « En expulsant de force des personnes réfugiées et demandeuses d’asile, les autorités égyptiennes bafouent non seulement le droit international relatif aux droits humains et aux personnes réfugiées, mais également les protections garanties par la loi relative à l’asile adoptée récemment par le pays lui-même et interdisant le ’refoulement’ de personnes reconnues comme réfugiées », a déclaré Mahmoud Shalaby, chercheur sur l’Égypte et la Libye à Amnesty International. Pays d’immigration, l’Égypte est aussi devenu un pays de forte émigration ces dernières années en raison du contexte économique et la répression politique qui sévit dans le pays dirigé par Abdel Fattah al-Sissi depuis 2014. « Depuis qu’il a pris le pouvoir lors d’un coup d’État en 2013 et qu’il est devenu président en 2014, Abdel Fattah al-Sissi dirige l’Égypte d’une main de fer. Son gouvernement [...] a emprisonné et torturé des milliers de détracteurs et d’opposants présumés, les maintenant souvent en détention provisoire prolongée ou les condamnant à l’issue de procès manifestement inéquitables », rappelait l’ONG Human Rights Watch dans un communiqué en mars 2024.
    Selon le HCR et l’agence des gardes-côtes européenne Frontex, les ressortissants égyptiens sont même devenus, en 2025, la première nationalité africaine à atteindre clandestinement les côtes européennes, notamment la Crète et l’Italie.

    #Covid-19#migrant#migration#egypte#subsaharien#immigration#asile#refugie#sante#droit

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    En Égypte, les arrestations de réfugiés africains se multiplient dans une vaste campagne de répression
    Par Julia Dumont Publié le : 25/02/2026
    Depuis plusieurs mois, l’Égypte a lancé une campagne d’arrestations et d’expulsions de réfugiés et de demandeurs d’asile africains installés dans le pays. Près de 5 000 réfugiés ont été emprisonnés en deux semaines, selon une ONG égyptienne de défense des droits humains. Cette campagne d’arrestations viserait à tarir le flux de demandeurs d’asile arrivant en Égypte.
    Depuis le mois de décembre 2025, un climat de peur s’est installé en Égypte chez les personnes réfugiées. « Dans tout le pays, des policiers en civil arrêtent arbitrairement des personnes originaires de Syrie, du Soudan, du Soudan du Sud et d’autres pays d’Afrique subsaharienne, après des contrôles d’identité dans la rue ou sur leur lieu de travail », alertait Amnesty international dans un rapport publié le 16 février dernier. Selon l’Initiative égyptienne pour les droits de la personne (EIPR), en deux semaines, près de 5 000 réfugiés ont été placés en détention dans des commissariats surpeuplés. Et une ONG érythréenne de défense des droits humain, HRCE, avance que plus de 3 000 réfugiés érythréens ont été arrêtés depuis début janvier, subissant parfois des mauvais traitements et des violences sexuelles.
    Au moins quatre témoignages recueillis par l’AFP décrivent des cellules bondées, des détenus entassés, debout pendant des heures, dormant à tour de rôle, d’autres parqués dans des cours extérieures.
    La Plateforme des réfugiés, une ONG locale, a, de son côté, fait état de deux décès : un enfant détenu malgré des douleurs thoraciques et un homme de 67 ans privé de soins. Début février, les autorités égyptiennes avaient démenti la mort d’un autre Soudanais.
    Ces dernières années, l’Égypte a vu le nombre de personnes en quête de protection internationale croître fortement sur son sol. En cause : les conflits au Soudan, au Soudan du sud, dans la bande de Gaza, mais aussi les violences et menaces qui subsistent pour de nombreuses populations en Syrie, en Érythrée et dans d’autres pays d’Afrique subsaharienne. En janvier 2026, 1 099 024 personnes réfugiées et demandeuses d’asile étaient ainsi enregistrées auprès du HCR dans le pays.
    « En nombre de demandes d’asile reçues, l’Égypte se classe deuxième derrière les États-Unis », affirmait en juillet Sebastian Herwi, à la tête des relations extérieures du Haut-commissariat des Nations unies pour les Réfugiés (HCR) au Caire. La semaine dernière, lors d’une session du Conseil de sécurité des Nations unies consacrée à la guerre au Soudan, le représentant égyptien Ihad Awad a rappelé que son pays avait « reçu des centaines de milliers de frères et de soeurs soudanais, accueillis comme des invités ». Le Caire juge qu’une grande partie de ces réfugiés et demandeurs d’asile sont aujourd’hui en situation irrégulière, faute de titre de séjour valide. Mais de nombreuses personnes concernées par ces expulsions et interrogées par Amnesty international étaient bien enregistrées en tant que réfugiées auprès du HCR dans le pays.
    Par ailleurs, « nombre des personnes réfugiées et demandeuses d’asile arrêtées depuis fin décembre 2025 avaient des rendez-vous programmés à la Direction générale des passeports et de la nationalité du ministère de l’Intérieur, en vue de renouveler leur permis de séjour », souligne, dans son rapport, l’ONG de défense des droits humains. Mais « ces rendez-vous sont souvent repoussés en raison des retards de traitement du gouvernement : des personnes réfugiées et demandeuses d’asile ont déclaré avoir attendu jusqu’à trois ans pour avoir un rendez-vous », détaille encore l’ONG.
    Les rendez-vous avec le HCR et les services d’immigration égyptiens s’échelonnent jusqu’en 2029, ont constaté Amnesty et l’EIPR, de quoi provoquer une « irrégularité forcée », juge Karim Ennarah, directeur des recherches à l’EIPR, interrogé par l’AFP. Plus grave encore : des réfugiés se sont vus confisquer leur carte de réfugié du HCR et leur titre de séjour par des policiers lors d’arrestations. Le rapport d’Amnesty international mentionne notamment le cas d’Eisa, un réfugié érythréen de 20 ans enregistré auprès du HCR et titulaire d’un permis de séjour égyptien en règle. « Sa mère a déclaré que des policiers avaient confisqué sa carte du HCR et son permis de séjour et lui avaient dit : ’La prochaine fois, nous t’arrêterons sans papiers et tu seras placé en détention et expulsé’ », rapporte l’ONG.
    Pour Karim Ennarah, la campagne en cours vise « à créer un climat anti-immigration » pour réduire les arrivées alors que l’Égypte affronte une crise économique majeure. Mais l’Égypte contredit ses propres engagements en pratiquant ces arrestations et expulsions. Car le pays est signataire de la Convention de Genève de 1951 sur les réfugiés et a également adopté en 2024 sa propre loi nationale relative à l’asile."En expulsant de force des personnes réfugiées et demandeuses d’asile, les autorités égyptiennes bafouent non seulement le droit international relatif aux droits humains et aux personnes réfugiées, mais également les protections garanties par la loi relative à l’asile adoptée récemment par le pays lui-même et interdisant le ’refoulement’ de personnes reconnues comme réfugiées", a déclaré Mahmoud Shalaby, chercheur sur l’Égypte et la Libye à Amnesty International. Pays d’immigration, l’Égypte est aussi devenu un pays de forte émigration ces dernières années en raison du contexte économique et la répression politique qui sévit dans le pays dirigé par Abdel Fattah al-Sissi depuis 2014. « Depuis qu’il a pris le pouvoir lors d’un coup d’État en 2013 et qu’il est devenu président en 2014, Abdel Fattah al-Sissi dirige l’Égypte d’une main de fer. Son gouvernement [...] a emprisonné et torturé des milliers de détracteurs et d’opposants présumés, les maintenant souvent en détention provisoire prolongée ou les condamnant à l’issue de procès manifestement inéquitables », rappelait l’ONG Human Rights Watch dans un communiqué en mars 2024. Selon le HCR et l’agence des gardes-côtes européenne Frontex, les ressortissants égyptiens sont même devenus, en 2025, la première nationalité africaine à atteindre clandestinement les côtes européennes, notamment la Crète et l’Italie.

    #Covid-19#migrant#migration#egypte#subsaharien#immigration#droit#sante#asile#refugie

  • Conflit au Moyen-Orient : 15 pays et organisations islamiques condamnent les propos de l’ambassadeur américain en Israël
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4816

    Conflit Israël-Palestine : 15 pays et grandes organisations islamiques condamnent des propos américains jugés favorables à un contrôle israélien en Cisjordanie. Une prise de position forte qui relance le débat sur l’annexion, le droit international et la solution à deux États. Les USA et l’ensemble des pays occidentaux participent au génocide qui extermine le peuple palestinien. Grands événements : Gigantisme de l’inattendu.

    / #Arabie_Saoudite,_Qatar,_Koweït,_EAU,_Moyen-Orient,_monarchies,_arabes,_musulmans, #Egypte,_Morsi,_Frères_musulmans,_islamistes,_Printemps_Arabe, #diplomatie,_sécurité,_commerce,_économie_mondiale, #USA,_Maison_Blanche,_CIA, #Syrie,_opposition,_Turquie,_Qatar,_armée,_Alep,_Damas,_Bashar_Al-Assad,_Liban, #Israël,_Proche-Orient,_droits_de_l’homme,_ONU, Netanyahou, Israël , (...)

    #Grands_événements_:Gigantisme_de_l’inattendu. #Netanyahou,_Israël #Palestine #Turquie,_journaliste,_lettre,_prison,_démocratie,_islamistes,_islamisme

  • Plus de 3 000 réfugiés érythréens détenus en Egypte, selon une ONG, qui dénonce des cas de torture et de violences sexuelles
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/02/23/plus-de-3-000-refugies-erythreens-detenus-en-egypte-selon-une-ong-qui-denonc

    Plus de 3 000 réfugiés érythréens détenus en Egypte, selon une ONG, qui dénonce des cas de torture et de violences sexuelles
    Human Rights Concern Eritrea a exhorté l’ONU à « intervenir immédiatement pour empêcher les expulsions » et l’Egypte à « respecter ses obligations en vertu du droit international des réfugiés ».
    Le Monde avec AFP
    Plus de 3 000 réfugiés érythréens ont été arrêtés depuis le 10 janvier en Egypte, a affirmé, lundi 23 février, une ONG érythréenne de défense des droits humains. Human Rights Concern Eritrea (HRCE) évoque, sur la base de témoignages et de photographies, des « coups et brûlures », des « refus de soins médicaux », ainsi que des « violences sexuelles contre des détenus ». L’Erythrée, qui compte environ 3,5 millions d’habitants, est l’un des plus fermés de la planète, dirigé depuis 1993 par Isaias Afwerki, qui n’a jamais organisé la moindre élection. Ce pays de la Corne de l’Afrique a mis en place un service militaire illimité, et de nombreux jeunes, pour tenter de s’y soustraire, prennent le chemin de l’exil.
    HRCE a également fait état d’expulsions vers l’Erythrée, alors que « certaines des personnes concernées étaient enregistrées » auprès du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), ce qui, selon l’agence onusienne, « peut, dans de nombreux contextes, protéger contre le refoulement [retour forcé], les arrestations et détentions arbitraires ».
    Interrogé par l’Agence France-Presse, le ministre de l’information érythréen, Yemane G. Meskel, n’a pour l’heure pas donné suite.
    Plus de 10 000 prisonniers d’opinion L’Egypte et l’Erythrée, qui entretiennent toutes deux des relations acrimonieuses avec l’Ethiopie, se sont rapprochées ces derniers mois. L’Egypte reproche à Addis-Abeba la construction d’un barrage sur le Nil, qu’elle voit comme une « menace existentielle », quand l’Erythrée estime que son voisin enclavé veut s’approprier son port d’Assab.
    HRCE a exhorté l’ONU à « intervenir immédiatement pour empêcher les expulsions » et l’Egypte à « respecter ses obligations en vertu du droit international des réfugiés ». L’Erythrée est régulièrement épinglée par les organisations de défense des droits humains. Ses dissidents disparaissent dans des camps de détention et les civils sont enrôlés à vie dans l’armée. Selon HRCE, plus de 10 000 prisonniers d’opinion, dont des journalistes, des dissidents politiques et des membres de minorités religieuses, sont détenus en Erythrée depuis des années, la plupart du temps sans procès.
    L’Egypte d’Abdel Fattah Al-Sissi, au pouvoir depuis 2014, est également critiquée sur son bilan en matière de droits humains. Selon plusieurs ONG, le pays compte des dizaines de milliers de prisonniers politiques, militants, journalistes et figures de l’opposition dans ses prisons, ce que le gouvernement dément.

    #Covid-19#migrant#migration#erythree#egypte#refugie#asile#sante#camp#detention#droit

  • Un nouveau #rapport #MSF revient sur les effets néfastes de dix ans d’#externalisation des #frontières européennes

    Un nouveau rapport de MSF démontre que les #accords passés par l’Union européenne avec des pays-tiers dans le but de limiter l’arrivée de personnes exilées sur son sol ont rendu les routes migratoires plus longues et dangereuses, entrainant ainsi la mort de milliers de personnes.

    En septembre 2015, la photo d’un garçon de trois ans, Alan Kurdi, mort noyé et retrouvé sur une plage de Turquie, suscitait l’émotion et soulevait la question de l’accueil des personnes fuyant la guerre civile en Syrie. Très rapidement pourtant, en mars 2016, l’Union européenne conclura un accord avec la Turquie dans le but de limiter les arrivées sur son sol, en échange de 6 milliards d’euros.

    Si cet accord « d’externalisation des frontières » n’est pas le premier de ce type (après l’accord « d’amitié » entre l’Italie et la Libye en 2008 et le processus de Khartoum pour la Corne de l’Afrique en 2014), il marque néanmoins le début d’une accélération massive des #partenariats en ce sens, qui se poursuit encore à ce jour.

    https://msf.lu/articles/rapport-msf-dix-ans-dexternalisation-des-frontieres
    #Sahara #migrations #réfugiés #Libye #Tunisie #Egypte #Soudan #route_saharienne #routes_migratoires

  • Le Parlement européen autorise le #transfert de demandeurs d’asile vers des #pays_tiers

    Une modification législative approuvée par le Parlement européen permettra aux États membres de l’UE d’envoyer des demandeurs d’asile dans des « pays tiers sûrs ».

    Le Parlement européen a approuvé mardi une modification législative qui permettra aux demandeurs d’asile arrivant dans l’Union européenne d’être transférés vers des « pays tiers sûrs », avant que leur demande ne soit traitée.

    La modification du concept de « pays tiers sûr », incluse dans le règlement relatif à la procédure d’asile, supprime l’exigence d’un lien entre un demandeur et un pays de transfert, ce qui permet aux autorités nationales de transférer des personnes vers des États où elles ne se sont jamais rendues.

    Cela ouvre la voie à un accord entre les États de l’UE et les gouvernements étrangers acceptant des migrants d’Europe en échange d’argent, similaire à un programme que le précédent gouvernement britannique avait mis en place avec le Rwanda.

    La Cour suprême du Royaume-Uni avait bloqué le projet avant que le gouvernement actuel ne l’abandonne complètement.

    Désormais, le règlement de l’UE stipule que les demandeurs d’asile peuvent être transférés vers pratiquement n’importe quel pays du monde, à condition qu’il existe un accord ou un arrangement avec un État de l’UE et que le pays soit considéré comme « sûr », ce qui signifie qu’une personne demandant une protection internationale y sera traitée conformément aux « normes internationales ».

    Les garanties comprennent la protection des demandeurs d’asile contre les persécutions et les atteintes graves, le respect du principe de non-refoulement, la possibilité de bénéficier d’une protection effective en vertu de la convention de Genève sur les réfugiés et l’accès à un système d’asile opérationnel, avec des permis d’études et de travail accordés en plus des droits de séjour.

    Cette nouvelle disposition ne s’appliquera pas aux mineurs non accompagnés, dont les demandes d’asile continueront d’être traitées par les pays européens ou par les pays avec lesquels ils ont un lien ou par lesquels ils ont transité.

    _"Ce vote permettra aux Etats membres de l’U_E d’utiliser la coopération avec les pays tiers d’une manière différente", a déclaré l’eurodéputée allemande Lena Düpont, rapporteur du dossier, affirmant que le changement est conforme au droit international et évitera que les demandes d’asile ne soient traitées par le système d’asile des pays européens pendant une longue période.
    Le Parlement divisé

    La modification a été approuvée par le Parlement européen par 396 voix pour, 226 voix contre et 30 abstentions.

    Le Parti populaire européen (PPE) s’est associé aux Conservateurs européens (ECR) de droite et aux Patriotes pour l’Europe (PfE) et à l’Europe des nations souveraines (ESN) d’extrême droite pour faire passer le projet de loi. De l’autre côté, les Socialistes et Démocrates (S&D) et Renew Europe ont voté majoritairement contre, avec plusieurs défections.

    Le vote a donc divisé l’alliance parlementaire qui soutient la Commission d’Ursula von der Leyen, un schéma qui s’est reproduit dans presque tous les dossiers liés à l’immigration au cours de cette session législative.

    Certains eurodéputés de gauche et libéraux ont même déclaré une « prise de position minoritaire » qui considère le nouveau concept de pays tiers sûr « particulièrement problématique », affirmant que l’élimination du critère de connexion créerait « un risque d’instrumentalisation par les pays tiers ».

    « Tout pays qui veut de l’argent serait prêt à accepter ce type d’accord ou d’arrangement [avec les Etats de l’UE]. Nous avons déjà vu ce qui se passe lorsque ces pays tiers veulent plus d’argent. Ils font chanter l’Europe », a déclaré l’eurodéputée S&D Cecilia Strada à Euronews.

    Elle a affirmé que ce changement législatif n’était pas une bonne idée, non seulement pour les droits fondamentaux des demandeurs d’asile, mais aussi pour nos démocraties.

    Des préoccupations similaires ont été exprimées par des organisations de la société civile. Le Conseil européen pour les réfugiés et les exilés (ECRE) estime que les possibilités pour les demandeurs d’asile d’accéder à une protection adéquate dans les pays tiers sont discutables et que la nouvelle législation accroît les risques pour les groupes vulnérables, tels que les survivants de violences et les personnes LGBTQ+.

    L’ECRE a également critiqué la suppression de l’effet suspensif automatique des recours prévue dans le nouveau règlement, estimant que cela pourrait conduire à des transferts de personnes hors de l’UE avant même qu’un tribunal ait examiné si la loi a été correctement appliquée ou non.

    Mardi, le Parlement a également approuvé la première liste européenne de « pays d’origine sûrs » aux fins de l’asile. Cette liste comprend le Bangladesh, la Colombie, l’Egypte, l’Inde, le Kosovo, le Maroc et la Tunisie, ainsi que tous les pays candidats à l’UE, à l’exception de l’Ukraine.

    Le concept de « pays d’origine sûr » est différent de celui de « pays tiers sûr », mais il vise également à accélérer la procédure d’asile en Europe.

    En vertu de la législation européenne, les demandes des migrants ressortissants de l’un des États désignés comme « pays d’origine sûrs » seront examinées dans le cadre de procédures accélérées.

    https://fr.euronews.com/my-europe/2026/02/10/lue-va-transferer-les-demandeurs-dasile-hors-de-ses-frontieres

    #pays-tiers #renvois #pays-tiers_sûrs #migrations #réfugiés #externalisation #UE #EU #union_européenne

    ping @karine4

    • Egitto, Tunisia, #Bangladesh: le contraddizioni della lista Ue dei «paesi sicuri»

      Il Parlamento europeo ha approvato la lista dei «paesi d’origine sicuri»: le richieste d’asilo di chi proviene da questi paesi verranno trattate più rapidamente, con la possibilità di detenzione e espulsione immediata. Eppure gli stessi documenti dell’Unione riconoscono rischi per la sicurezza e violazioni dei diritti umani

      Bangladesh, Colombia, Egitto, India, Kosovo, Marocco e Tunisia: sono i sette Stati che l’Unione europea ha designato come “paesi d’origine sicuri”, secondo la lista proposta dalla Commissione e approvata oggi dal Parlamento con 408 voti a favore, 184 contrari e 60 astensioni. Chi proviene da questi paesi e chiede asilo in uno Stato membro vedrà la propria domanda esaminata secondo una procedura accelerata, potrà essere detenuto in appositi centri di trattenimento e epulso con più facilità e rapidità.

      Secondo il regolamento che stabilisce le condizioni, approvato nel maggio del 2024 come parte del nuovo Patto europeo migrazione e asilo, “un paese terzo può essere designato paese di origine sicuro soltanto se, sulla base della situazione giuridica, dell’applicazione della legge all’interno di un sistema democratico e della situazione politica generale, si può dimostrare che non ci sono persecuzioni, né alcun rischio reale di danno grave”. Eppure, per alcuni dei sette Stati della lista, documenti prodotti dalla stessa Unione europea e report di organizzazioni internazionali su cui la Commissione dice di basarsi sembrano dire il contrario.
      Egitto: arresti arbitrari e torture

      Per quanto riguarda l’Egitto, è la stessa Commissione europea a dichiarare, nel memorandum che accompagna la proposta di designazione come paese sicuro, che “i problemi relativi ai diritti umani restano significativi, specialmente quelli legati alla tutela delle libertà fondamentali, il buon governo e lo Stato di diritto”. In particolare, si segnala che “i difensori dei diritti umani, gli attivisti e gli oppositori politici possono essere soggetti ad arresti arbitrari e torture” e si riscontrano discriminazioni su base religiosa. La Commissione riconosce i passi avanti compiuti dal punto di vista normativo e istituzionale, pur sottolineando che “è necessaria un’attuazione efficace”.

      Le Nazioni Unite hanno più volta denunciato violazioni dei diritti umani, soprattutto arresti e detenzioni arbitrarie, sparizioni forzate e torture, come quelle subite da Giulio Regeni. Nel dicembre 2024, il Comitato Onu per la protezione dei diritti dei lavoratori migranti ha espresso preoccupazioni per “l’aumento segnalato delle retate nelle comunità di migranti, con impennate di arresti, detenzioni arbitrarie e espulsioni collettive”.
      Tunisia: difensori dei diritti e migranti nel mirino

      La Tunisia affronta una fase di torsione autoritaria e limitazione delle libertà civili dal luglio del 2021, quando il presidente Kais Saied ha rimosso il primo ministro e sospeso il parlamento per poi riscrivere la Costituzione. È seguita un’ondata repressiva che ha colpito oppositori politici, giudici, attivisti e migranti subsahariani, questi ultimi oggetto di rastrellamenti e violenze. Lo scorso 27 novembre, il Parlamento europeo ha approvato a larghissima maggioranza una mozione che condanna la detenzione dell’avvocata Sonia Dahmani, poi liberata, come anche “il numero crescente di detenzioni arbitrarie, persecuzioni di matrice politica e limitazioni delle libertà”. Il testo chiede inoltre alle istituzioni Ue di esprimere “profonda preoccupazione per il deterioramento dei diritti umani in Tunisia”.

      A certificare le violazioni è stato anche il Comitato delle Nazioni Unite per l’eliminazione della discriminazione razziale, che in una relazione dello scorso dicembre ha deunciato “la sospensione delle organizzazioni diritti umani che difendono le minoranze, particolarmente i tunisini neri, richiedenti asilo e rifugiati” e “i crescenti casi di intimidazione, sorveglianza, vessazioni, rappresaglie e arresti arbitrari nei confronti di difensori dei diritti umani, membri della società civile, attivisti, avvocati e giornalisti”. Il Comitato cita inoltre “l’espulsione collettiva di oltre 11mila migranti e richiedenti asilo subsahariani verso l’Algeria e la Libia, che hanno causato morti e feriti”. Nel documento che giustifica la designazione della Tunisia come “paese d’origine sicuro”, la Commissione europea riconosce gli “atti di repressione”, che però, sostiene, “non raggiungono una portata tale da configurare una situazione sistematica su larga scala”.

      Bangladesh

      Il Bangladesh sta tentando faticosamente di uscire da anni di autoritarismo: giovedì 12 febbraio si terranno le prime elezioni politiche dopo le proteste dell’estate del 2024, guidate dagli studenti e represse nel sangue, che avevano portato alle dimissioni e alla fuga della prima ministra Sheikh Hasina. Se le violazioni dei diritti umani sotto il suo regime sono state ampiamente documentate, non sono cessate neanche sotto il nuovo governo ad interim guidato dal premio Nobel per la pace Muhammad Yunus.

      A dirlo è una relazione della stessa Agenzia dell’Unione europea per l’asilo (Euaa), pubblicata lo scorso agosto: “Secondo diverse fonti, le forze di sicurezza stanno replicando gli abusi perpetrati dal precedente governo, con arresti e detenzioni arbitrarie ripetute nei confronti di personalità politiche e giornalisti ritenuti affiliati alla Lega Awami (il partito di Hasina, ndr)”. Si parla anche di “segnalazioni continue di uccisioni extragiudiziali, decessi durante la detenzione e torture”. La stessa Commissione europea, nel documento che giustifica la designazione come Paese d’origine sicuro, ammette che “la transizione da un sistema repressivo caratterizzato da frequenti abusi dei diritti umani è ancora in corso”. Eppure, conclude che “in generale, la popolazione del Bangladesh non è soggetta a persecuzioni o a rischi reali di gravi danni”.

      Colombia

      “La situazione della Colombia rimane complessa, con una crisi umanitaria acuta e multidimensionale causata dall’espansione territoriale di attori armati non statali, dai crescenti effetti dei disastri climatici, dall’aggravarsi delle vulnerabilità socio-economiche e dalle esigenze di integrazione di oltre un milione di rifugiati e migranti venezuelani”. Ad affermarlo è una relazione dell’Agenzia dell’Unione europea per l’asilo dello scorso dicembre, che segnala “un forte aumento della violenza legata ai conflitti armati interni” nella prima metà del 2025, con quasi “1,45 milioni di persone colpite, oltre il quadruplo rispetto allo stesso periodo del 2024”.

      Riprendendo informazioni delle Nazioni unite e di ong locali e internazionali, il documento riporta frequenti casi di “sfollamento forzato, espropriazione di terra, restrizione della libertà di movimento, omicidi, minacce, reclutamento forzato, uso di mine antiuomo, sparizioni, rapimenti ed estorsioni”. A questo si aggiunge il “problema diffuso” della tratta di esseri umani all’interno del paese o verso l’estero, “in particolare l’Europa”. Per la Commissione Von der Leyen, però, “il rischio reale di persecuzione e gravi danni appare concentrato in aree rurali e regioni circoscritte della Colombia”. Il Paese può quindi essere ritenuto “sicuro”, con la richiesta che “le autorità competenti degli Stati membri valutino attentamente se i richiedenti possono stabilirsi in quella parte del paese senza timori di essere perseguitati o abbiano accesso a una protezione efficace”.

      India

      Per l’India, l’Agenzia dell’Unione europea per l’asilo non ha pubblicato alcuna relazione. Human Rights Watch, fonte ritenuta credibile perché citata frequentemente in altri documenti, afferma però che il paese sta “scivolando verso l’autoritarismo”. L’ultimo report annuale dell’ong racconta che “le autorità hanno respinto illegalmente centinaia di musulmani e rifugiati rohingya (minoranza etnico-linguistica perseguitata, ndr) verso il Bangladesh senza regolare processo, tra cui alcuni cittadini indiani, sostenendo che fossero ‘immigrati clandestini’, e demolito oltre 10mila strutture ritenute occupate da loro”.

      Si riporta poi un episodio dello scorso maggio, quando le autorità indiane hanno costretto una quarantina di rifugiati rohingya su una nave per poi gettarli in mare al largo delle coste birmane. Il relatore speciale delle Nazioni Unite per i diritti umani in Myanmar l’ha definito un “atto inaccettabile e incosciente”, che mostra “palese disprezzo per la vita e la sicurezza di coloro che necessitano di protezione internazionale”. Si citano inoltre segnalazioni di “torture, uccisioni extragiudiziali e decessi in carcere o sotto la custodia della polizia”.

      https://lavialibera.it/it-schede-2560-egitto_tunisia_bangladesh_paesi_sicuri_ue_contraddizioni_
      #Egypte #Tunisie #Inde #Colombie #Kosovo #Maroc

  • Ce que les données de 2026 révèlent sur l’évolution des religions au XXIe Siècle
    http://www.argotheme.com/organecyberpresse/spip.php?article4809

    Les mutations religieuses mondiales à la lumière des données récentes d’Our World in Data sont montrées ainsi : La croissance des religions, comme l’Islam, est portée par des taux de fécondité élevés dans le Sud Global. Tandis que les populations « sans religion » stagnent en raison du vieillissement démographique au Nord. Une corrélation rationnelle lie l’augmentation du PIB par habitant au déclin de la religiosité. La sécurité économique réduit la dépendance aux institutions spirituelles, bien que les États-Unis restent une exception notable. Monde, actualité internationale, politique, relations, diplomatie, affaires étrangères,

    / #UE_-_Union_Européenne, Afrique, Monde Arabe, islam, Maghreb, Proche-Orient,, fait divers, société, fléau, délinquance, religion , #Data_-_Données, Sciences & Savoir, Egypte, (...)

    #Monde,actualité_internationale,_politique,_relations,_diplomatie,_affaires_étrangères, #Afrique,_Monde_Arabe,_islam,_Maghreb,_Proche-Orient, #fait_divers,_société,_fléau,_délinquance,_religion #Sciences_&_Savoir #Egypte,_Morsi,_Frères_musulmans,_islamistes,_Printemps_Arabe

  • Coincés en Egypte sans perspectives, les Palestiniens de Gaza veulent rentrer chez eux
    https://www.lemonde.fr/international/article/2026/02/02/coinces-en-egypte-sans-perspectives-les-palestiniens-de-gaza-veulent-rentrer

    Coincés en Egypte sans perspectives, les Palestiniens de Gaza veulent rentrer chez eux
    Propos recueillis par Samuel Forey (Le Caire, correspondance)
    Quelque 80 000 Palestiniens ont fui Gaza vers l’Egypte après les attaques d’Israël par le Hamas, le 7 octobre 2023, et le début de la guerre menée en représailles. Privés du statut de réfugié, ils ne peuvent s’installer de façon durable dans le pays. Avec l’annonce de l’ouverture du poste-frontière de Rafah, nombre d’entre eux veulent retourner dans l’enclave en dépit des destructions. Mona Rostam a beau habiter en Egypte, tout son être tend vers Gaza. « Je travaille sans cesse, parce que, au Caire, il y a de l’électricité et Internet. » En contact permanent avec des Gazaouis, elle a l’« impression de vivre à Gaza ». « Cela ne peut pas durer. Il faut que je retourne là-bas. »
    Dès l’annonce de la réouverture du poste-frontière de Rafah sous contrôle israélien et égyptien, amorcée dimanche 1er février, cette cadre du Centre pour la démocratie et les droits des travailleurs (DWRC), une organisation palestinienne, s’est inscrite sur une liste, mise en ligne par les autorités, pour retourner dans l’enclave. Un projet partagé par nombre de ses compatriotes en Egypte, quelque 80 000 personnes ayant trouvé refuge après les attaques d’Israël par le Hamas, le 7 octobre 2023, et le début de la guerre menée en représailles.La femme de 46 ans sait déjà qu’elle n’a plus de logement. Avant le 7 octobre 2023, Mona Rostam vivait à Al-Zahra, l’une des zones les plus calmes et les plus huppées de Gaza, l’un des rares endroits où il y avait des espaces verts. Ce quartier privilégié a cessé d’exister le 20 octobre 2023, détruit par des bombardements menés par l’aviation israélienne.
    Prévenue par l’armée, toute la population avait fui la veille. Mona, sa mère, son frère et la famille de ce dernier se sont d’abord dirigés vers Rafah, ville à la frontière avec l’Egypte, et ont passé un peu plus de deux mois sous une tente. Sa sœur les a ensuite hébergés dans sa maison, à Nousseirat, un bourg du centre de l’enclave.
    Au printemps 2024, les rumeurs d’une attaque de l’armée israélienne dans le sud de la bande de Gaza se sont précisées. La petite porte de sortie par Rafah allait peut-être se refermer. Mona Rostam préférait rester pour travailler au sein du DWRC, dans un territoire qui en avait tant besoin. Mais sa mère voulait partir et insistait pour qu’elle l’accompagne.
    La famille Rostam a quitté Gaza le 24 avril 2024 : Mona, sa mère et Mohammed, son frère, accompagné de sa femme et de ses cinq enfants. Tout le monde a dû payer le prix fort pour sortir de l’enclave : jusqu’à 5 000 dollars (4 200 euros) par personne, à la douteuse compagnie Hala d’Ibrahim Al-Argani, homme d’affaires lié au régime égyptien dans le Sinaï. Deux semaines plus tard, le 7 mai 2024, l’armée israélienne s’empare du poste-frontière de Rafah et le ferme. La famille Rostam est depuis coincée en Egypte. « Je pensais partir pour deux mois. Ça fait bientôt deux ans », dit en soupirant Mona, la tête couverte d’un léger foulard bordeaux dont elle triture les extrémités. Les Rostam vivent dans la banlieue résidentielle de Madinaty, à 40 kilomètres du centre du Caire. Les loyers y sont modérés. Ils paient 200 euros pour un appartement lumineux de trois pièces. A l’écart du tourbillon de la ville, c’est un lieu calme et arboré, telle une sorte de cité-jardin balayée par un vent frais.
    Mais ils ne peuvent y recommencer une nouvelle vie. Ils sont placés par les autorités égyptiennes, comme l’ensemble des quelque 80 000 Gazaouis ayant fui en Egypte après le début de la guerre, dans des limbes administratifs. Les Rostam n’ont reçu, à leur entrée en Egypte, qu’un simple visa de tourisme valable quarante-cinq jours. Ni statut de réfugié, ni résidence, ni visa de travail. Les Palestiniens ne peuvent pas aller dans les hôpitaux publics ; leurs enfants ne peuvent être inscrits à l’école. Ceux de Mohammed Rostam suivent des cours en ligne dispensés par des écoles palestiniennes.
    « Je suis en sécurité, ici. Mais je ne me sens pas en paix. Je n’ai pas de titre de séjour. Je ne peux pas m’installer. Je ne sais pas à quoi m’attendre. Aucune organisation ne nous vient en aide », dit Mme Rostam.
    Nombre de ses compatriotes sont aussi installés à Madinaty. Aucun signe n’en témoigne. Les autorités ne tolèrent ni drapeau palestinien ni manifestation de soutien. La question palestinienne est un vecteur de mobilisation puissant et transpartisan dans un pays soucieux d’éviter tout ce qui s’apparenterait à une forme de contestation.
    A Gaza, Mona Rostam prévoit de retourner vivre chez sa sœur. Mais son frère veut rester en Egypte. « J’ai des enfants. Et il n’y a pas d’avenir à Gaza. Il n’y a pas d’éducation, de sécurité, ni même de stabilité. Même si la guerre s’arrête vraiment, ça prendra dix ans avant que Gaza ne redevienne comme avant. Tout ce que nous avons accompli ces dernières années a été détruit en un instant », déplore-t-il. Partir plus loin, de préférence dans un pays européen, pour en finir avec l’exil une bonne fois pour toutes, c’est le rêve de cet homme de 43 ans qui a grandi au Liban, puis s’est installé, adolescent, à Gaza, avant de vivre à présent, comme en suspens, en Egypte.Hamza Harb Chalan, lui, ne tient plus. Rempli d’une colère contenue, ce journaliste de 29 ans est comme un poisson hors de son bocal. « Je sais que c’est paradoxal. Ceux qui sont à Gaza veulent partir. Ceux qui sont à l’extérieur veulent revenir. Mais, pour moi, c’est aussi une question de subsistance. Je ne peux pas travailler ici. J’arrive à court d’argent. Alors qu’à Gaza je peux bien gagner ma vie », assure-t-il. Originaire du camp de réfugiés de Jabaliya, il a lui aussi perdu sa maison… un mois avant la dernière annonce de cessez-le-feu entre Israël et le Hamas, le 10 octobre 2025.
    Un temps passionné par le parkour, ce sport consistant à franchir toutes sortes d’obstacles urbains, le jeune homme en a gardé une silhouette athlétique et une certaine philosophie de vie. Quand la guerre a commencé, Hamza Chalan a travaillé, grâce à son excellent niveau d’anglais, pour de nombreux médias étrangers, dont la radio-télévision danoise. Son travail est reconnu. Mais son père, né en 1948, l’année de la Nakba (l’exode de plus de 700 000 Palestiniens lors des guerres ayant mené à la création de l’Etat d’Israël), avait besoin de soins. Le jeune homme a quitté Gaza avec ses parents le 2 mai 2024. La famille a vécu dans cinq lieux différents, avant de poser ses valises dans un modeste appartement de Madinaty.
    Son père est mort il y a un mois. Depuis, plus rien ne le retient, d’autant plus que sa mère est prête à le suivre : « Gaza, c’est chez moi. Entre Gazouis, on souffre tous ; mais on souffre tous ensemble. » Sa seule angoisse : ne pas pouvoir rentrer. « Rien n’est clair. Israël aura le dernier mot sur ceux qui peuvent ou non franchir la frontière. C’est un cauchemar. Je ne peux pas travailler en Egypte. Je ne parviens pas à aller ailleurs. Alors, si on m’interdit de rentrer dans mon propre pays… » Il devra, de toute façon, patienter. Les Palestiniens entrés en Egypte pour recevoir des soins sont prioritaires. Ils seraient 45 000, avec leurs familles, hébergés gratuitement par les autorités égyptiennes. Mais aucune information ne circule sur les noms de ceux autorisés à rentrer. Le flou règne. Et les règles changent en permanence.
    Membre d’une petite organisation humanitaire palestinienne dont il préfère taire le nom, Yassin Abou Rawda se ronge les sangs depuis qu’il a appris, vendredi 30 janvier, qu’Israël interdirait le retour des Gazaouis partis avant le 7 octobre 2023. Ce père de famille de 38 ans avait quitté Gaza à la fin de septembre pour se rendre à un colloque en Turquie. Il a réussi à faire sortir sa famille et ses cinq enfants en janvier 2024. Un sixième est né depuis, en Egypte. Mais il n’a pas pu l’enregistrer sur la liste de retour à Gaza, car il n’a pas le numéro d’identification requis par l’Etat hébreu. Il s’alarme : « Nos droits nous sont retirés les uns après les autres. Au moins, en 1948, les Palestiniens étaient déportés en groupe. A présent, on est divisés jusqu’au cœur de nos familles… »

    #Covid-19#migration#migrant#gaza#egypte#israel#colonisation#asile#retour#droit#sante#deportation

  • Migrations : les Egyptiens, première nationalité africaine à rejoindre l’Europe
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/12/31/migrations-les-egyptiens-premiere-nationalite-africaine-a-rejoindre-l-europe

    Migrations : les Egyptiens, première nationalité africaine à rejoindre l’Europe
    Par Mustapha Kessous
    Son choix valait tous « les sacrifices », même les plus difficiles. C’est ce que pense encore Ahmed, un Egyptien de 31 ans qui ne souhaite pas donner son nom. Il se souvient qu’à son arrivée en Libye, sa femme lui avait annoncé qu’elle était enceinte. Ahmed venait tout juste de quitter El-Mahalla El-Koubra, une cité industrielle au nord du Caire, pour un voyage sans visa vers l’Europe. « Je ne pouvais pas retourner auprès d’elle, j’avais pris ma décision, raconte cet homme rasé de près, engoncé dans sa doudoune. Aujourd’hui, ma fille a 5 ans et je ne l’ai jamais vue. Je l’ai seulement entendue à l’autre bout du téléphone. Ça m’est insupportable. »
    Ce 18 décembre au soir, Ahmed s’est assis sur un banc de la place Jean-Jaurès, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le temps d’admirer les décorations de Noël. A ses côtés, son neveu Ali, 23 ans, qui l’a accompagné dans ce long périple jusqu’en France. Ensemble, ils ont traversé pendant plusieurs jours la Méditerranée à bord d’une embarcation en direction de l’île italienne de Lampedusa pour « fuir une vie de misère », résument-ils. Depuis cinq ans, les Egyptiens fuient par milliers leur pays par la mer, figurant parmi les populations les plus importantes sur les routes migratoires. En 2022, ils étaient la première nationalité d’origine des arrivants sur le Vieux Continent, avec 22 000 personnes enregistrées.
    Cette année, Frontex, l’agence européenne des frontières, a recensé un peu plus de 16 000 passages irréguliers de ressortissants égyptiens, partant des côtes libyennes pour atteindre – en majorité – l’Italie (8 715), mais aussi la Grèce (7 371) entre le 1er janvier et le 30 novembre. Selon le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), près de 26 000 sont actuellement demandeurs d’asile en Italie, contre un peu moins de 3 000 en France.
    Les Egyptiens constituent depuis le début de l’année, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), le deuxième contingent de migrants clandestins à entrer dans l’Union européenne – derrière les Bangladais (près de 22 000) –, et le premier originaire d’Afrique. « Il y a une persistance de réseaux de passeurs bien organisés le long des routes migratoires libyennes, malgré le renforcement des contrôles égyptiens aux frontières et le démantèlement de réseaux le long de son littoral », observe Frontex.
    « L’Egypte donne l’impression d’un Etat stable mais, en réalité, la situation y est extrêmement fragile », assure Amr Magdi, chercheur auprès de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch, qui met en cause « la gestion autoritaire et corrompue » du pays dirigé par Abdel Fattah Al-Sissi, depuis 2014. Selon l’ONG mais aussi l’OIM et Frontex, les difficultés économiques sont la principale raison des départs. Les migrations s’inscrivent également dans un contexte de répression politique, où la liberté d’expression et l’opposition sont étroitement surveillées.
    Les finances du pays se sont considérablement dégradées depuis une dizaine d’années et ont fini par pousser les Egyptiens à « risquer leur vie en Méditerranée, seul espoir de mieux vivre pour beaucoup d’entre eux », regrette M. Magdi. Comme le 17 décembre où quatorze Egyptiens sont morts suite au naufrage de leur embarcation au large de la Crète. « Les gens cherchent en Europe une vie digne, un revenu, la possibilité de fonder une famille et d’aider leurs proches, ajoute le chercheur. Il y a aussi un exode massif des cerveaux. Médecins, ingénieurs, informaticiens quittent le pays, mais de façon légale. » Plus d’un tiers des Egyptiens – sur une population de plus de 100 millions d’habitants – vivent sous le seuil de pauvreté, d’après la Banque mondiale. Les prix du pain, du carburant, mais aussi des tickets de métro du Caire ont augmenté au fil des années. L’économie du pays a été durement touchée par la guerre en Ukraine et « par les répercussions régionales des conflits à Gaza et au Soudan », note Frontex.
    Après des hausses vertigineuses, frôlant certaines années les 40 %, l’inflation a ralenti pour atteindre 12,3 % en novembre, a annoncé la Banque centrale égyptienne. Le FMI prévoit toutefois un rebond de la croissance de plus de 4 % en 2026, principalement tirée par les investissements dans les grands projets publics d’infrastructure.
    Mais la monnaie locale, la livre égyptienne, dévaluée à plusieurs reprises, continue de perdre de sa valeur vis-à-vis du dollar. « Quand Al-Sissi est arrivé au pouvoir, un dollar valait environ 7 livres égyptiennes. Aujourd’hui, on est proche de 50 », pointe Amr Magdi.
    Ahmed et Ali n’ont pas besoin de statistiques pour ressentir la crise : à chaque appel avec leur famille, ils en entendent parler. Depuis qu’ils sont arrivés en France, il y a quatre ans, ils travaillent comme carreleurs et gagnent 1 800 euros par mois. Cette rémunération représente près de sept fois le salaire moyen en Egypte (270 euros).
    « Jamais nous n’aurions pu gagner une telle somme chez nous, il aurait fallu être un voleur, avance Ali. Même si notre famille nous manque et que nous vivons sans papiers, nous n’avons aucun regret d’être partis : nous vivons bien. » Il y a là un paradoxe, admet Amr Magdi. « Les dirigeants européens sont myopes : ils ont signé des accords migratoires avec l’Egypte en offrant des milliards en échange d’une plus grande surveillance des frontières, avance-t-il. Nos autorités empêchent les Soudanais et d’autres nationalités de traverser la Méditerranée mais pas ses propres ressortissants. Les pauvres prennent les bateaux, les diplômés l’avion. Mais tous fuient le même système. »

    #Covid-19#migrant#migration#egypte#UE#france#frontex#immigration#italie#asile#crise#sante

    • Faire la paix avec l’état sioniste pour une amélioration sociale était le leitmotiv de Sadate (et actuellement d’une partie des Libanais), sans voir que la #paix_des_ « élites » n’’a rien à voir.

      « L’Egypte donne l’impression d’un Etat stable mais, en réalité, la situation y est extrêmement fragile », assure Amr Magdi, chercheur auprès de la division Moyen-Orient et Afrique du Nord à Human Rights Watch, qui met en cause « la gestion autoritaire et corrompue » du pays dirigé par Abdel Fattah Al-Sissi, depuis 2014.

  • Les évacuations au compte-gouttes de Gazaouis vers l’Europe
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/07/les-evacuations-au-compte-gouttes-de-gazaouis-vers-l-europe_6656386_3210.htm

    Les évacuations au compte-gouttes de Gazaouis vers l’Europe
    Malgré la trêve signée en septembre, les évacuations de Gazaouis restent limitées par Israël, tandis que les pays européens font preuve de frilosité dans leur politique d’accueil.
    Par Claire Gatinois, Allan Kaval (Rome, correspondant), Marine Leduc
    Sa terre était en feu, sa maison, détruite, mais Anwar refusait de partir. Ce n’est qu’au printemps, quand la famine a rongé l’enclave palestinienne, que la jeune femme de 30 ans (elle n’a pas souhaité donner son nom de famille), qui a dû changer douze fois de résidence depuis le massacre du 7 octobre 2023 à l’origine de la guerre entre Israël et le Hamas, s’est décidée à faire une demande auprès du consulat français pour être évacuée afin de finir ses études. Les Gazaouis, piégés, n’ont que cette échappatoire pour quitter le territoire en attendant la réouverture du poste-frontière de Rafah, annoncée par Israël mercredi 3 décembre, sans se concrétiser.
    Webmaster, Anwar a été acceptée, en juillet 2025, en master « réalité virtuelle et augmentée » à l’université de Lille. Son professeur l’attend. Mais son dossier reste coincé. Pourquoi ? Elle l’ignore. « Les critères de sélection évoluent, rien n’est jamais clair ni signifié. La question du départ est douloureuse pour ces étudiants dont les familles restent hantées par le souvenir de la Nakba, un départ sans retour. Les autorités françaises ne se rendent pas compte de leur détresse », se désole Anne Christine Habbard, professeure de philosophie à Lille et présidente de l’association Academic Solidarity with Palestine. Les étudiants, artistes, doctorants contactés font tous le récit de cette attente sans réponse. Entre le moment où les requêtes sont faites et le départ effectif, les autorités consulaires reconnaissent que, parfois, la liste des candidats au départ évolue au gré de naissances et, surtout, de décès.
    En ce début décembre, quelque 300 personnes attendent de quitter l’enclave pour la France, mais seulement la moitié des dossiers seront acceptés. Il faut être étudiant boursier, artiste, chercheur, journaliste, avoir de la famille ou des attaches en France ou être un enfant en urgence pédiatrique. Depuis le déclenchement de la guerre, 42 000 Gazaouis ont été évacués, d’abord vers des pays de la région, selon les chiffres du Cogat, le coordinateur israélien des activités gouvernementales dans les territoires, qui ne précise pas leur destination. La France a, selon nos informations, orchestré la sortie au compte-gouttes de 654 Palestiniens.
    Si Paris fait manifestement preuve de frilosité sur le sujet, le blocage est d’abord le fait d’Israël. Le Shin Bet, le service de renseignement intérieur israélien, biffe de façon plus ou moins arbitraire les noms transmis par les ambassades évoquant un lien avec des « terroristes ». Est-ce pour cela que la France s’est vue refuser le départ d’un enfant de 4 ans ? Les ONG suspectent qu’Israël ait voulu poser un couvercle sur les massacres de civils perpétrés dans l’enclave, dont l’accès est toujours interdit aux journalistes étrangers. « Il y a une volonté de faire taire », assure Marion Slitine, chargée de recherche au CNRS et fondatrice de Ma’an for Gaza Artists, collectif organisant des résidences artistiques en France pour les artistes de Gaza.
    Une source diplomatique israélienne jure que les contraintes se sont desserrées depuis le printemps, Israël se réjouissant désormais de voir fuir les Palestiniens. Mais les dates de sortie, fixées par l’Etat hébreu, sont rares et fluctuantes. Enfin, la Jordanie, unique point de passage depuis la fermeture de Rafah, entre dans l’équation. Les autorités jordaniennes, affolées à l’idée d’être accusées de contribuer au « nettoyage ethnique » dont Israël se rendrait, à leurs yeux, coupable, réclament que les personnes qui transitent par leur territoire justifient un lien avec la France. « Tout un tas de délais et de contraintes s’imposent à nous », explique un diplomate.
    L’accueil de Gazaouis, même limité et pour des raisons humanitaires, crispe la droite et l’extrême droite en France. « La France n’est pas obligée de se sacrifier sur l’autel des droits de l’homme. Elle n’a pas envie d’être envahie, créolisée, remplacée. La France n’a pas vocation à être le Christ de l’humanité », clamait le président de Reconquête, Eric Zemmour, dans une tribune au Figaro, quelques jours après la décision du 11 juillet de la Cour nationale du droit d’asile de reconnaître le statut de réfugié aux Palestiniens de la bande de Gaza.
    Cette montée de fièvre politique a-t-elle un effet sur l’exécutif, régulièrement accusé par l’opposition d’« importer » le conflit israélo-palestinien en France ? Le scandale provoqué, début août, par les tweets antisémites d’une étudiante gazaouie qui devait étudier à Sciences po Lille a conduit le ministère des affaires étrangères à suspendre, pendant deux mois et demi, toute évacuation de Gazaouis. Une punition collective incomprise dans l’enclave. Si les opérations ont repris en octobre, c’est dans la plus grande discrétion, en appliquant des contrôles renforcés, notamment sur les réseaux sociaux des étudiants, chercheurs et artistes mais aussi des critères de sélection plus restrictifs. Au total, seuls une vingtaine de lauréats du programme Pause, créé au sein du Collège de France pour soutenir des scientifiques et artistes en exil, ont pu sortir de l’enclave depuis 2023, pointe Marion Slitine. « La France ne répond pas à son devoir, elle se déshonore », lâche-t-elle.
    Le décalage entre les discours humanistes de la France et la réalité de son action frappe quand il s’agit d’aborder les évacuations pour raisons médicales. Depuis le 7 octobre, seuls 29 enfants malades ou blessés ont quitté l’enclave avec leurs proches pour la France. Bien moins que la cinquantaine d’enfants qu’avait promis d’accueillir Emmanuel Macron le 19 novembre 2023, apparaissant bouleversé par « les événements horribles » , selon ses mots, à Gaza.
    En Espagne, dont le premier ministre, Pedro Sanchez, qualifie de « génocide » le massacre des populations civiles à Gaza, environ 240 personnes ont été évacuées, entre juillet 2024 et octobre 2025, pour raisons médicales, selon les données du ministère de l’inclusion, de la sécurité sociale et des migrations. En Italie, la présidente du conseil d’extrême droite Giorgia Meloni, dont le parti, Fratelli D’Italia, a entretenu des liens étroits avec le Likoud de Benyamin Nétanyahou, se distingue. D’après les données du ministère des affaires étrangères, 1 400 personnes ont été reçues en Italie, dont 215 enfants, soignés dans les hôpitaux italiens. Le chiffre le plus élevé en Europe.
    Certains pays, comme la Roumanie, jouent sur les deux tableaux. Bucarest renforce son partenariat économique avec Israël, notamment dans l’industrie de l’armement, tout en réalisant des évacuations médicales d’enfants. Seul pays d’Europe centrale et orientale à accueillir ces jeunes patients, la Roumanie en a évacué une cinquantaine, mobilisant ses propres avions militaires. « L’idéal, quand on veut soigner ces enfants, c’est de pouvoir le faire sur place. Donc la première des priorités, c’est de redresser les hôpitaux, qui étaient très bons, à Gaza. On n’y arrivera pas tout de suite. Le niveau de destruction est tel que cela va prendre des mois, voire des années. Mais si ces enfants peuvent être soignés dans leur environnement immédiat, c’est mieux. Voilà pourquoi on travaille avec les Egyptiens et les Jordaniens », justifie un diplomate français, qui estime que la France ne peut « malheureusement » pas évacuer tout le monde. La tiédeur de la France et des pays occidentaux révolte les ONG. Quelque 16 500 patients, dont la moitié d’enfants, attendent une évacuation d’urgence, selon les données de l’Organisation mondiale de la santé. « L’inaction tue », constate Claire San Filippo, responsable des urgences pour Gaza chez Médecins sans frontières (MSF).

    #Covid-19#migrant#migrant#gaza#UE#asile#sante#evacuationmedicale#israel#egypte#jordanie#roumanie

  • L’Égypte s’attend à un accord gazier qatari sur fond d’accord bloqué avec Israël.
    https://www.alaraby.co.uk/economy/%D8%AA%D9%88%D9%82%D8%B9%D8%A7%D8%AA-%D8%A8%D8%B5%D9%81%D9%82%D8%A9-%D8%B

    Les médias égyptiens et israéliens ont fait état d’un possible accord gazier entre le Qatar et l’Égypte, alors qu’un accord « historique » entre le Caire et Tel-Aviv est au point mort depuis près de trois mois.

    #gaz #Egypte #Israël

  • L’Italia sostiene il piano della #Libia per costruire 70 nuovi centri per i rimpatri volontari
    https://irpimedia.irpi.eu/centri-rimpatri-libia

    È quanto si legge in una mozione della maggioranza approvata il 16 ottobre. Il «coordinatore regionale» del progetto sui rimpatri volontari è un poliziotto italiano, Vincenzo Tagliaferri. La Libia, intanto, ha cominciato anche a fare rimpatri forzati L’articolo L’Italia sostiene il piano della Libia per costruire 70 nuovi centri per i rimpatri volontari proviene da IrpiMedia.

    #Diritti #Migrazioni

    • L’Italia sostiene il piano della Libia per costruire 70 nuovi centri per i rimpatri volontari

      È quanto si legge in una mozione della maggioranza approvata il 16 ottobre. Il «coordinatore regionale» del progetto sui rimpatri volontari è un poliziotto italiano, #Vincenzo_Tagliaferri. La Libia, intanto, ha cominciato anche a fare rimpatri forzati

      Esiste un progetto per la realizzazione in Libia di «70 centri di accoglienza (con la collaborazione e presenza di Oim [Organizzazione mondiale delle migrazioni, ndr] e Unhcr [Alto commissariato Onu per i rifugiati, ndr])». Hanno lo scopo di rinforzare la rete dei rimpatri volontari assistiti dalla Libia ai Paesi d’origine. Ne fanno menzione i deputati della maggioranza in una mozione approvata alla Camera il 15 ottobre sulla quale il governo ha espresso parere positivo.

      In breve

      – Un gruppo di deputati della maggioranza ha citato il piano per realizzare 70 centri per i rimpatri in Libia in una mozione approvata dal parlamento e dal governo. Sarebbe già stato discusso anche con il ministro Piantedosi. Il responsabile per il Viminale del piano per i rimpatri volontari dei migranti dalla Libia sarebbe Vincenzo Tagliaferri, poliziotto che da anni lavora con le guardie di frontiera del Paese
      - Nessuno degli attori internazionali, o istituzionali in Italia, ha risposto alle nostre domande su un progetto che ha delle criticità rispetto ai diritti umani. L’Onu ha sostenuto più volte che esiste il rischio che i rimpatri dalla Libia, finanziati con soldi italiani, non siano “volontari”
      – Il piano dei rimpatri volontari è una priorità per Tripoli. Il ministero dell’Interno libico sostiene che ci siano oltre tre milioni di migranti in Libia. Il progetto ha il pieno appoggio anche della missione Ue in Libia
      – I rimpatri volontari nel 2025 saranno 16mila. Da ottobre, Tripoli ha anche lanciato un programma per i rimpatri forzati. In tre mesi, sono stati rimpatriati in Nigeria, Niger, Egitto e Bangladesh in tutto oltre 2.900 persone
      – Nel 2025 si chiude anche Sibmmil, il programma cominciato nel 2017 che ha potenziato il controllo delle frontiere terrestri e marittime. Nel 2026 verrà lanciata una nuova iniziativa concentrata sui confini di terra

      Il ministro dell’Interno Matteo Piantedosi, secondo quanto ha detto in aula uno dei firmatari, il deputato leghista Igor Iezzi, «ha iniziato a ragionare con le autorità libiche sulla costituzione dei 70 centri di accoglienza dentro i quali ci saranno proprio le organizzazioni internazionali» quando è stato in visita a Tripoli a luglio 2025. In una conferenza stampa tenuta il 2 dicembre dal ministro dell’Interno libico Imad Trabelsi, un delegato delle Nazioni Unite ha parlato di un recente progetto cominciato dalla Libia per realizzare «return centers», cioè «centri per il rimpatrio».

      Chi segue il dossier in Libia per conto del Viminale è il dirigente superiore della polizia Vincenzo Tagliaferri, che sui social media del ministero dell’Interno libico è indicato come «coordinatore regionale per il progetto di rimpatrio volontario assistito». Una carica mai apparsa sui giornali italiani, così come mai prima d’ora si era parlato del progetto per i 70 nuovi centri.

      Tagliaferri è un uomo di comprovata esperienza: nel 2010 la testata Polizia moderna ne parlava come esperto di immigrazione irregolare di stanza a Tripoli. In tempi più recenti, dal 2016 al 2020, Tagliaferri è stato capo di Eubam Libya, la missione europea che aiuta le autorità libiche a sigillare le loro frontiere.

      L’Organizzazione internazionale delle migrazioni (Oim) ha spiegato a IrpiMedia di non conoscere gli sviluppi del progetto di costruzione dei 70 centri. L’Unhcr, invece, non ha risposto alle domande. La prima firmataria della mozione Sara Kelany, responsabile immigrazione di Fratelli d’Italia, non ha risposto alle richieste di intervista inviate via email, per messaggio e per telefono. Nessuna risposta nemmeno dalla delegazione europea in Libia, guidata dall’ambasciatore italiano Nicola Orlando.

      IrpiMedia avrebbe voluto chiedere chiarimenti soprattutto in merito alla gestione di questi centri, che da quello che si deduce sarebbero sotto la responsabilità delle agenzie delle Nazioni Unite. Storicamente, però, l’Onu ha difficoltà ad accedere alle strutture dove si trovano i migranti.

      L’ultimo caso è segnalato nel report 2024 del Gruppo di esperti delle Nazioni Unite sulla Libia: «A luglio 2024 – si legge – gruppi armati gestivano sei centri di detenzione non ufficiali, in cui si stima siano detenute arbitrariamente oltre tremila persone e ai quali le Nazioni Unite non hanno accesso». Secondo l’ong Refugees in Libya, l’Unhcr avrebbe ovunque un accesso limitato o nullo, soprattutto nelle strutture che si trovano nel sud-est del Paese.

      Rimpatri volontari oppure no?

      I rimpatri volontari assistiti sono viaggi operati dall’Oim e promossi dall’Unhcr che permettono a un migrante di rientrare volontariamente nel proprio Paese d’origine. Dal 2015 Oim ha fatto rientrare dalla Libia oltre 100mila persone, anche grazie al contributo del governo italiano. L’ultimo piano è stato siglato nel 2024, quando il ministero degli Affari esteri italiano ha finanziato per la Libia un programma biennale dal valore 7 milioni di euro, di cui 2,4 milioni sono dedicati al reinserimento dei «migranti bloccati e vulnerabili» nelle loro comunità di origine.

      La volontarietà di questi rimpatri è stata però messa in dubbio da diverse ong – la campagna Voluntary Humanitarian Refusal, di cui fa parte Asgi, chiede la sospensione dei finanziamenti – e dai relatori speciali delle Nazioni Unite che hanno firmato insieme al Gruppo di lavoro sulla detenzione arbitraria un richiamo indirizzato all’Italia ad aprile 2025. Lettere simili erano già state inviate al nostro governo nel 2017 e nel 2024.

      Secondo i relatori speciali i dati sui voli di rimpatrio volontario «indicano che donne, bambini, vittime di tratta e persone con vulnerabilità mediche sono stati rimpatriati direttamente dai centri di detenzione libici senza che fossero garantite loro le adeguate e dovute garanzie procedurali», trasformando potenzialmente le operazioni in espulsioni di massa.

      Aggiungono che «il 43% dei “beneficiari” del loro programma nel 2023 era in detenzione al momento della loro identificazione e quasi il 7% era vittima di tratta». In una riunione di uno dei gruppo di lavoro europei sulla gestione delle frontiere avvenuta a febbraio 2024, di cui IrpiMedia ha ottenuto una copia, la stessa Oim parla di 9.370 rimpatri volontari effettuati in Libia, di cui il 63% di migranti che si trovavano in centri di detenzione.

      A luglio 2025 la Farnesina ha risposto al richiamo dei relatori Onu specificando che i voli di rimpatrio volontario dalla Libia rientrano in una procedura umanitaria, definita in inglese Voluntary humanitarian return, Vhr.

      Hanno quindi standard diversi dei voli di rimpatrio assistito, la cui sigla inglese è Avrr. E ha scaricato la responsabilità di come si effettuano i voli finanziati dall’Italia sull’Oim: «L’Oim Libia – si legge nella risposta italiana – è responsabile dell’attuazione del programma Vhr, che offre assistenza rapida, sicura, dignitosa e salvavita per il rimpatrio ai migranti presenti in contesti operativi e di sicurezza particolarmente complessi, dove non risulta possibile implementare il programma standard Avrr». Di conseguenza, secondo l’Italia, non c’è alcun caso di costrizione dei migranti a partire.

      Cosa dice il resto della mozione

      Approvata il 15 ottobre 2025 alla Camera con 153 voti favorevoli, 112 contrari e 9 astenuti, la mozione della maggioranza che cita i «centri d’accoglienza» finalizzati al rimpatrio chiede che il governo prosegua nella «strategia nazionale di contrasto ai trafficanti di immigrati e di prevenzione delle partenze dalla Libia, fondata sul Memorandum del 2017». È all’interno di questo accordo che l’Italia, dal 2017, collabora con la Libia per la gestione delle frontiere e dei flussi migratori.

      Oim e Unhcr sono definiti «cruciali attori» che sono stati «coinvolti nella cosiddetta Cabina di regia quadrilaterale dei ministri dell’interno di Italia, Libia, Tunisia e Algeria lanciata dal Ministro Piantedosi, d’intesa con il ministro Tajani, per favorire lo sviluppo di un programma di rimpatri volontari assistiti». Il primo incontro della Cabina di regia è avvenuto nel 2024, anno in cui, annunciando i numeri sugli sbarchi, Piantedosi dichiarava: «Stiamo coordinando azioni finalizzate a presidiare più efficacemente le frontiere nell’area del Sahel e sviluppare progettualità per aumentare i rimpatri volontari assistiti grazie al lavoro di una cabina di regia e alla collaborazione con l’Oim e l’Unhcr». Una settimana prima dell’ultimo incontro tra i quattro ministri dell’interno, avvenuto ad aprile 2025 a Napoli, Viminale e Farnesina hanno stanziato per i rimpatri da Algeria, Tunisia e Libia 20 milioni di euro divisi in una prima tranche per formare funzionari capaci di gestire le pratiche nei Paesi coinvolti e una seconda per realizzare 3.300 voli.

      Oltre alla Cabina di regia, la mozione cita «un nuovo esercizio di supporto che coinvolge, oltreché le autorità libiche anche quelle di Turchia e Qatar, già riunitesi nell’ambito di uno specifico gruppo tecnico di lavoro». Non è chiaro cosa sia questo «nuovo esercizio di supporto» ma di certo Turchia e Qatar sono impegnate nel sostegno della Libia, anche sul piano dei rimpatri. Soprattutto il Qatar: sui media libici già nel 2019 si scriveva di un fondo da 20 milioni di dollari per il rimpatrio di «migranti illegali» dalla Libia realizzato dal Paese del Golfo su impulso dell’Unione africana. In quel caso non si specificava se il rimpatrio fosse volontario o no.

      Il ministro dell’Interno libico Imad Trabelsi il 2 dicembre 2025 ha convocato una conferenza stampa per illustrare gli ultimi risultati della Libia nel contrasto alla migrazione irregolare. Oltre ai rimpatri volontari – 16mila previsti entro la fine del 2025, 16.207 erano stati anche nel 2024 mentre erano stati 9.369 nel 2023 – la Libia da ottobre ha avviato il Programma nazionale per il rimpatrio forzato dei migranti irregolari. Funziona grazie a una collaborazione bilaterale tra la Libia e quattro Paesi di provenienza dei migranti: Egitto, Niger, Nigeria e Bangladesh. In tutto, riportano i dati del Programma, finora sono stati rimpatriati 2.908 migranti, 131 egiziani, 904 nigeriani, 928 bangladesi e 945 nigerini.

      Cosa sappiamo dei progetti per i rimpatri dalla Libia

      «Ho elogiato le recenti misure adottate dalla Libia per facilitare il rimpatrio volontario dei migranti nei loro paesi di origine, in coordinamento con le rispettive ambasciate, e ho ribadito la disponibilità dell’Unione Europea ad approfondire la cooperazione nella gestione delle frontiere terrestri e nella lotta alle reti di tratta di esseri umani». Parola dell’ambasciatore Nicola Orlando, via X, a seguito dell’incontro del 23 novembre 2025 con il presidente del Consiglio di Tripoli Abdul Hamid Debaiba.

      Cinque giorni dopo, sempre su X, l’ambasciatore Orlando annunciava da Roma «un nuovo programma di punta finanziato dall’Ue, a livello transnazionale, che si basa sul lavoro della Missione Tecnica sulla gestione delle migrazioni e delle frontiere basata sui diritti».

      Intervenuto alla conferenza stampa organizzata dal ministro Trabelsi di inizio dicembre, Orlando ha sottolineato l’apprezzamento per i miglioramenti nella relazione tra Unione europea e Libia, in particolare dal 2024, e ha sottolineato la disponibilità europea ad impegnarsi ancora di più per sostenere i rimpatri volontari assistiti. «Sicuramente – ha aggiunto – non intendiamo stabilire migranti in Libia. Questo va contro la volontà della Libia e dell’Unione europea».

      Il rapporto ha mostrato che circa l’84% dei migranti in Libia sono giovani di età inferiore ai trent’anni e che la maggior parte di loro sono uomini non sposati, mentre la percentuale di donne non supera l’1% e la maggior parte di loro è entrata attraverso il Sudan.

      L’altro aiuto alla Libia: il progetto Sibmmil

      L’ambasciatore Orlando ha poi parlato anche dei risultati del progetto Sibmmil (Support to integrated border management in Libya), il cui scopo è addestrare la guardia costiera libica, fornire nuove imbarcazioni, riparare le esistenti e fornire l’equipaggiamento necessario a migliorare le operazioni Sar nel Mediterraneo, inclusa la realizzazione del Centro di coordinamento marittimo per le operazioni di salvataggio (Mrcc in inglese). I fondi per il programma sono stati elargiti dal Fondo fiduciario europeo per l’Africa (Eutf), per un totale di 59 milioni di euro. Sibmmil, di cui l’Italia è stata capofila, è iniziato nel 2017 e si chiuderà con la fine del 2025. Orlando ha annunciato un nuovo progetto per gennaio 2026, che si focalizzerà sulle frontiere terrestri.

      Le ultime infrastrutture realizzate da Sibmmil sono state due centri per l’addestramento dei guardacoste libici, uno inaugurato il 13 novembre 2025 a Tripoli e un altro nel 2024 a Sabratha. Altri finanziamenti stanziati nel 2025 riguardano corsi di formazione per la polizia libica e l’incontro del comitato di indirizzo di Sibmmil.

      L’ambasciatore Ue Orlando ha ribadito più volte che la guardia costiera libica e la General administration for coastal security (Gacs), le componenti militare e civile preposte al pattugliamento delle frontiere marittime beneficiarie di Sibmmil, «contribuiscono a salvare migranti in mare». Questo punto è però molto controverso. Una delle motovedette classe Corrubia fornite da Sibmmil il 24 agosto e il 26 settembre 2025 ha aperto il fuoco ad altezza uomo contro le imbarcazioni Ocean Vikings e Sea Watch-5, rispettivamente operate dalle ong Sos Méditerranée e Sea Watch, che erano impegnate in attività di salvataggio. Questi due attacchi sono stati particolarmente violenti e rappresentano un nuovo livello di conflittualità della guardia costiera libica nei confronti delle ong internazionali.

      Di certo, con Sibmmil, è aumentato il numero di migranti intercettati in mare dalle forze libiche: oltre 25mila nel 2025 (erano stati 21.700 nel 2024 e 17mila nel 2023). Nel 2024 è morto un migrante ogni 73 tra coloro che hanno cercato di attraversare il Mediterraneo centrale. Negli anni precedenti il dato era migliore: uno ogni 90 nel 2023 e uno ogni 116 nel 2022.

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  • Israël envisage des sorties sans retour pour les Gazaouis par l’Egypte
    https://www.lemonde.fr/international/article/2025/12/04/israel-envisage-la-sortie-sans-retour-pour-les-gazaouis-par-l-egypte_6655954

    Israël envisage des sorties sans retour pour les Gazaouis par l’Egypte
    Israël a annoncé, mercredi 3 décembre, que le terminal de Rafah, vital pour le ravitaillement de la bande de Gaza et la circulation des Gazaouis, allait ouvrir dans les prochains jours « exclusivement pour la sortie des habitants » vers l’Egypte. Dans le cadre de l’accord de cessez-le-feu élaboré sous l’égide du président Donald Trump le 9 octobre, l’Etat hébreu devait garantir l’ouverture de ce poste-frontière entre l’Egypte et la bande de Gaza dès la première phase du plan, dans le sillage de la remise des otages, vivants et morts, par le Hamas.
    « Cela vaudra pour tous les résidents qui soumettent une demande de sortie qui sera approuvée par Israël », affirme au Monde un responsable du Cogat, l’organisme de la défense israélien supervisant les activités civiles dans les territoires palestiniens. La question du retour des résidents n’interviendra qu’après la remise des corps d’otages encore à Gaza, indique-t-il. Mercredi, le Hamas et son allié le Jihad islamique ont remis à la Croix-Rouge la dépouille mortelle de l’un d’entre eux. Les autorités israéliennes ont confirmé, jeudi, qu’il s’agissait du citoyen thaïlandais Sudthisak Rinthalak. Il ne reste plus à Gaza que le corps du policier Ran Gvili, selon le bureau du premier ministre.
    La sortie des Gazaouis se ferait dans les mêmes conditions qu’en janvier, au moment où le Hamas et Israël avaient conclu une trêve, à savoir « en coordination avec l’Egypte, après approbation sécuritaire d’Israël et sous la supervision de la mission de l’Union européenne ».
    Côté palestinien, l’annonce de cette ouverture unilatérale de Rafah a ravivé les craintes sur les projets de déplacements forcés, évoqués par les ministres d’extrême droite Itamar Ben Gvir et Bezalel Smotrich. Une telle mesure mettrait une forte pression sur le voisin égyptien, contraint d’accueillir une population interdite de retour. L’Egypte s’est empressée de démentir toute coordination pour la sortie des Gazaouis. Le déplacement des Palestiniens de la bande de Gaza demeure une ligne rouge pour Le Caire, selon son service d’information, qui insiste sur « l’ouverture du terminal des deux côtés, conformément à l’article 12 du plan de Trump ».
    Pour les Palestiniens de Gaza, piégés depuis plus de deux ans dans l’enclave dévastée, une ouverture dans un seul sens représente un dilemme douloureux. Beaucoup craignent que l’Etat hébreu, qui continue d’entraver l’entrée de l’aide dans le territoire, profite de l’épuisement de la population pour la pousser à accepter un départ sans possibilité de retour. Près de 18 000 patients sont en outre en attente d’évacuation médicale, selon les autorités sanitaires de l’enclave.
    « Les Israéliens pourraient parquer les personnes souhaitant partir et dire à l’Egypte que c’est son problème si elle ne les accueille pas », s’inquiète Abou Mohammed, père d’une famille déplacée à Al-Mawassi, à Khan Younès, sur la côte sud de l’enclave, contacté par téléphone, l’accès de la bande de Gaza à la presse étrangère restant strictement interdit par Israël. « Il faut rester ferme et refuser toute politique de déplacement de la population, sinon ce sera la fin de la cause palestinienne. Je ne quitterai pas Gaza sans garantie de retour », affirme Mahmoud Al-Masri, conférencier originaire de Rafah.
    Père d’une fille de 4 ans atteinte d’une malformation cardiaque et en attente d’être évacuée depuis treize mois, Khalil Al-Mokh insiste : « Ce dont nous avons besoin, c’est d’un mécanisme clair pour le passage des cas critiques, et non d’une annonce unilatérale. » Mais s’il devait choisir entre son pays et la vie de sa fille, il « choisirait évidemment la vie de sa fille ».
    Alors que la première phase de l’accord impliquait la cessation de toutes opérations militaires, le cessez-le-feu a été violé à plusieurs reprises. Plus de 360 Gazaouis ont été victimes des frappes israéliennes, dont des civils, et trois soldats israéliens ont été tués, depuis le 10 octobre. Mercredi soir, l’armée israélienne a visé des tentes de déplacés dans la zone d’Al-Mawassi.
    Six personnes, dont deux enfants, ont été tuées, selon l’hôpital de campagne koweïtien. Sur sa chaîne Telegram, l’armée a indiqué viser un « terroriste du Hamas », en réponse à une attaque contre ses troupes déployées dans la zone de Rafah. Cinq soldats ont été blessés, mercredi, lors d’échanges de tirs avec des combattants qui ont émergé d’un tunnel. Ces hommes armés sont coincés dans les sous-sols de la partie est de la ville encore sous contrôle israélien. L’armée affirme en avoir tué 30 ces dernières semaines. Le sort de ces combattants fait l’objet de négociations, le Hamas insistant pour leur garantir un passage sûr.
    Les opérations militaires israéliennes, notamment le dynamitage et la destruction de blocs résidentiels, se poursuivent en outre derrière la « ligne jaune », délimitée par le plan du 9 octobre, et qui laisse 54 % de l’enclave sous contrôle de l’Etat hébreu. Toute personne s’approchant de cette ligne, matérialisée par des plots disséminés entre les ruines, est abattue. Les résidents vivant à proximité de cette délimitation sont empêchés de regagner leurs foyers. Samedi 29 novembre, Fadi et Joumaa Abou Assi, deux enfants de 8 et 10 ans, ont été tués alors qu’ils collectaient du bois pour cuisiner, à Khan Younès. L’armée israélienne a reconnu ses tirs contre « deux suspects qui ont franchi la ligne jaune et mené des activités suspectes sur le terrain ».
    « Le cessez-le-feu se passe bien », a assuré, mercredi soir, le président américain. Rejoignant les propos de Badr Abdelatt, ministre des affaires étrangères égyptien, interviewé par la radio allemande Deutsche Welle sur la première phase du plan de paix « quasiment achevée » et qu’il fallait « se concentrer sur la deuxième », Donald Trump a affirmé que la deuxième phase de l’accord, qui prévoit notamment un retrait de l’armée israélienne d’une partie plus importante de l’enclave, était sur le point d’être mise en œuvre. Selon le journal israélien Haaretz, les Etats-Unis prévoient de déterminer, mi-décembre, la composition du comité qui administrera temporairement la bande de Gaza.

    #Covid-19#migrant#migration#gaza#palestine#egypte#israel#frontiere#colonisation#deplacement#retour

  • #Frontex, agent intouchable du #renseignement_migratoire

    L’Agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes, Frontex, est devenue, en vingt ans [1], le bras armé des politiques sécuritaires de l’Union européenne (UE) et de ses États membres. Initialement créée pour coordonner le contrôle des #frontières, organiser les #expulsions et produire des « #analyses_de_risques » des mouvements de populations, Frontex a élargi son champ d’intervention bien au-delà des questions migratoires.

    Nonobstant des enquêtes institutionnelles et journalistiques ayant démontré que ses officiers s’étaient rendus coupables de graves #violations_de_droits, tout semble organisé pour que la responsabilité de l’agence Frontex ne soit ni engagée ni reconnue. En sus de ses traditionnelles activités de #surveillance et de #contrôle des frontières prévues dans le règlement (UE) 2019/1896, l’agence tentaculaire dotée de moyens exponentiels est devenue tout à la fois agent du renseignement, négociateur, influenceur et membre d’un réseau de dissuasion violente, que rien ni personne ne semble pouvoir arrêter.

    Produire de l’information, qu’importe sa véracité

    Comme pour tout bon agent du renseignement, recueillir et exploiter des informations relevant de la vie privée est un axe essentiel du travail de Frontex. Elle collecte ces #données par le biais des États membres, d’agences européennes et d’organisations partenaires, mais aussi dans le cadre de ses propres opérations (maritimes, aériennes, terrestres). Elle est présente aux #frontières_maritimes (Méditerranée centrale et Manche), ainsi qu’aux #frontières_terrestres et aériennes de plusieurs pays (#Albanie, #Géorgie, #Monténégro, #Serbie, #Macédoine_du_Nord, #Moldavie, #Ukraine). Elle a progressivement élargi ses activités vers la zone #pré-frontière de l’UE et ouvert des bureaux #satellites temporaires dans des pays tiers du voisinage méridional et en #Afrique_de_l’Ouest [2].

    Quantité d’informations sont susceptibles d’être enregistrées : certaines sont générales, telles les routes migratoires empruntées, les dates de franchissement de frontière, les listes de passagers ou le pays de provenance ; d’autres, plus spécifiques, sont relatives aux #données_biographiques, aux incidents au cours d’opérations, jusqu’au lieu où se cachent les personnes au moment du contrôle. Les données recueillies nourrissent divers fichiers, parmi lesquels celui d’#Eurosur, instrument de surveillance et d’échange d’informations entre Frontex et les États membres, ou le #Joint_Operation_Reporting_Application (#Jora). Elles donnent aussi – et surtout – lieu à la production de #rapports_analytiques, avec une photographie de la situation aux frontières, supposés permettre de déterminer le niveau de « #risques » de déplacements vers le continent européen.

    Le Contrôleur européen de la protection des données (CEPD) estime que, malgré les moyens déployés, les « analyses de risques » produites par l’agence sont fondées sur des informations peu fiables, obtenues lors d’entretiens menés sans le consentement des migrant·es ni protection de leur identité [3]. Il a également émis des réserves quant à la sécurisation des données et l’ampleur de la collecte.

    L’#opacité des activités de Frontex inquiète aussi le Médiateur européen, qui a traité plusieurs plaintes concernant l’impossibilité d’accéder à des documents et informations. Il faut préciser que l’agence est très réticente à fournir les informations demandées, y compris à ses propres contrôleurs, chargés depuis 2019 d’évaluer en permanence le respect des droits fondamentaux dans ses activités opérationnelles [4].

    Frontex reconnaît elle-même que ses chiffres comportent des #erreurs : alors qu’elle communique chaque année sur le nombre de franchissements de frontières non autorisés, elle admet qu’« il n’existe aucun dispositif permettant d’établir le nombre exact de personnes ayant franchi les frontières [5] ». Mais pour elle, il s’agit presque d’une question secondaire : selon sa directrice adjointe, Aija Kaljana, « il est essentiel de devenir une organisation axée sur le #renseignement, car les ressources humaines et techniques sont limitées [6] ». L’ambition de Frontex est donc de passer d’une agence du contrôle migratoire à un #service_de_renseignement.

    Travailler en synergie, y compris hors du champ migratoire

    L’agence, au cœur d’un vaste réseau d’échanges de données, coopère avec de nombreux services, civils ou militaires, ayant des objets aussi variés que la pêche, la lutte contre le #narcotrafic ou la #sécurité_aérienne [7]. Frontex a créé, en 2018, la #Maritime_Intelligence_Community–Risk_Analysis_Network (#MIC-RAN), soit une communauté du #renseignement_maritime et un réseau d’analyse des risques, pour collecter des données et diffuser des rapports sur les #menaces_maritimes (i.e. l’appropriation illégale des zones maritimes, les conséquences du réchauffement climatique, les « usages illégaux » de la mer). Autre illustration de la diversité de ses collaborations : l’agence négocie des accords avec des sociétés d’affrètement comme #EASP_Air, #DEA_Aviation ou #Airbus [8] qui fournissent des #aéronefs, le personnel pour les exploiter et l’infrastructure technique pour la transmission des données enregistrées, en temps réel, au siège à Varsovie [9]. Elle capte également des données depuis l’espace, car elle a conclu un contrat avec #Unseenlabs, une entreprise française spécialisée dans la surveillance maritime par radiofréquence depuis l’espace, ou se sert des satellites du programme #Copernicus d’observation de la Terre qui sont utilisés pour la sécurité, la protection civile, la gestion de l’environnement et la recherche sur le changement climatique [10].

    Engagée dans des projets de recherche et développement, l’agence finance ceux qui se focalisent sur le matériel de surveillance [11]. Elle a étroitement suivi les avancées du programme #ITFlows, un outil de prédiction des flux migratoires à partir de techniques d’analyse automatisée de données, en y contribuant activement via la fourniture d’informations récoltées dans le cadre de ses missions [12]. Dans le même registre, elle a organisé avec des garde-côtes italiens, début 2025, un atelier international intitulé Évolution des garde-côtes : l’#intelligence_artificielle et les systèmes sans pilote améliorent les opérations de recherche et de sauvetage. Vaste programme à l’heure où le recours à l’intelligence artificielle (#IA) pose de sérieuses questions éthiques [13].

    Au-delà des frontières de l’Europe, Frontex multiplie des #campagnes qui sont de véritables opérations de séduction, afin de s’assurer du concours des États tiers pour empêcher les départs depuis les pays d’origine. Ainsi est-elle à l’initiative du projet #Africa–Frontex_Intelligence_Community (#Afic) dans huit pays africains (#Côte_d’Ivoire, #Gambie, #Ghana, #Mauritanie, #Niger, #Nigeria, #Sénégal et #Togo), officiellement lancé pour « collecter et analyser des données sur la #criminalité_transfrontalière et soutenir les autorités impliquées dans la #gestion_des_frontières ». Frontex a également organisé des séances opérationnelles de #sensibilisation à la lutte contre la #fraude_documentaire et la fraude à l’identité en #Albanie, #Bosnie-Herzégovine, #Égypte, #Géorgie, #Moldavie, #Macédoine_du_Nord, #Serbie et en #Tunisie.

    Comme pour conforter sa place centrale dans le réseau d’information qui surveille tout et constamment, c’est avec les services de répression, tels l’#Office_européen_de_police (#Europol) et l’#Organisation_internationale_de_police_criminelle (#Interpol), que l’agence a intensifié ses relations. Depuis 2008, Frontex signe des accords de coopération et des plans d’action conjoints avec Europol pour partager avec cette agence les informations qu’elle recueille, singulièrement via Eurosur, à des fins de lutte contre la criminalité ou le terrorisme. Sur le terrain, cette entente s’est notamment matérialisée durant des opérations relevant de la politique de sécurité et de défense commune (opérations #Sophia et #Jot_Mare en 2015). Plus surprenant : en 2024, Frontex a codirigé une opération internationale visant à lutter contre la #contrebande_de_drogue par voie maritime en fournissant un soutien technique et opérationnel [14] ; elle est aussi intervenue pour des opérations de soutien pendant les #Jeux_olympiques en France [15], pendant la compétition de l’Euro en Allemagne, ou encore durant la guerre en Ukraine... Elle outrepasse ainsi sa mission initiale et s’érige comme un organe de « super-contrôle ».

    De son côté, Interpol travaille avec l’UE et Frontex dans le domaine de la sécurisation des frontières, sous forme de collaborations techniques, de #formations et de projets de recherche communs. Frontex a élaboré un manuel de référence contenant des alertes de falsification et des cartes de contrôle rapide servant d’aides visuelles à la décision lors de la vérification de documents. Ce dispositif est désormais au cœur du système de bibliothèque électronique de documents #Frontex-Interpol (#Fields). Les #bases_de_données d’une agence de surveillance des frontières et celles d’une organisation de lutte contre la criminalité sont dès lors interconnectées.

    Une agence opaque et délétère qui influence les législations

    Plusieurs enquêtes documentées décrivent les actes illicites commis par l’agence sur ses terrains d’intervention. Il n’est plus à démontrer qu’elle s’est rendue complice ou coupable, à de nombreuses reprises, de #refoulements (#push-backs) en Grèce, pourtant interdits par le droit international. Des refoulements qui sont recensés dans sa base de données #Jora comme de simples opérations de « #prévention_de_départs [16] ». Des pratiques similaires ont été dénoncées à la frontière bulgare, où des violences ont été commises par des garde-frontières participant aux opérations de Frontex [17]. À #Chypre, de nombreux ressortissant·es syrien·nes ont été illégalement enfermé·es et d’autres ont été expulsé·es vers la Syrie, sous les yeux d’officiers de Frontex [18]. Des pratiques épinglées par l’Office européen de lutte antifraude (Olaf), qui a émis des doutes sur « la capacité de l’agence FRONTEX à […] veiller au respect et à la protection des droits fondamentaux dans toutes ses activités aux frontières extérieures ».

    L’agence va jusqu’à fabriquer de fausses informations lorsqu’elle prétend sauver des vies en mer, alors qu’elle transmet la position des embarcations en détresse aux #garde-côtes_libyens, dont les comportements violents envers les personnes migrantes sont notoires [19]. Il lui arrive aussi d’interrompre la prise de vue aérienne au-dessus de la mer Méditerranée pour ne pas avoir à référer d’abandon de personnes en mer [20]. En 2023, un navire où s’entassaient près de 200 migrants au large des côtes italiennes (Crotone) ne présentait, selon le rapport d’incident de Frontex, « pas d’intérêt particulier ». La même année, Frontex a omis d’envoyer un signal de détresse lors du naufrage de l’Adriana (Pylos), provoqué par une manœuvre des garde-côtes grecs [21]. Faut-il le rappeler, alerter les secours relève pourtant d’une obligation internationale de droit maritime. La multiplication des cas de refoulements ou le silence gardé à la vue d’embarcations en détresse contribuent à abaisser les standards de protection. L’agence fait en outre croire qu’elle s’intéresse au sort des personnes expulsées, voire améliore leur situation, lorsqu’elle met en avant les effets bénéfiques qu’aurait eu le retour dans le pays d’origine [22]. La violation des #droits_fondamentaux se banalise et, dans un contexte d’impunité généralisée, est traitée en matière migratoire comme un dommage collatéral.

    Malgré ces multiples mises en cause, Frontex exerce une influence croissante sur les instances politiques et les législations européennes. Ses « analyses de risques » sont l’unique source d’information de la Commission européenne, et l’image construite d’une perpétuelle « #crise aux frontières » qu’elles donnent à voir sert à justifier l’augmentation des contrôles et des mesures sécuritaires. Depuis des années, l’agence véhicule une image négative de la migration en la présentant comme une menace dont il faudrait se protéger.

    Cette image trouve sa traduction dans les réformes législatives. L’insistance de Frontex à alerter, dans ses rapports d’activité, sur « les #mouvements_secondaires […] à grande échelle » ou sur la persistance de la #pression_migratoire a sans nul doute contribué à l’adoption, en 2024, du #pacte_européen_sur_la_migration_et_l’asile. Un pacte dans la mise en œuvre duquel Frontex détient un rôle clé, avec, notamment, les nouvelles attributions qui lui sont confiées aussi bien lors des procédures frontalières (« #filtrage ») que dans l’organisation des #expulsions. Onze États sont en train de s’équiper d’un système informatique numérisé de gestion des retours sur le modèle du #Return_Case_Management_System (#Recamas) mis au point par Frontex.

    La réforme du règlement #Eurodac ouvre une nouvelle brèche en permettant à l’agence de consulter le #répertoire_central_des_rapports_et_statistiques (#CRRS) et d’avoir accès aux #statistiques de l’agence de l’Union européenne pour la gestion opérationnelle des systèmes d’information à grande échelle au sein de l’espace de liberté, de sécurité et de justice (#EU-Lisa).

    Enfin, la #réforme en cours des directives « Facilitation » et « Retour » risque de renforcer les pouvoirs de l’agence, en augmentant – encore – son #budget et en l’autorisant à transférer à des pays tiers des données relatives à des ressortissants aux fins de #réadmission.

    Une agence peu fiable, mais intouchable

    Selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), plus de 74 352 personnes ont trouvé la mort depuis 2014 en tentant de franchir les frontières [23]. En dehors du champ de la migration, l’acteur, personne physique ou morale, qui serait impliqué dans une telle hécatombe serait poursuivi et jugé, voire condamné. Malgré les preuves tangibles de la #responsabilité de Frontex, comme de l’UE et de ses États membres, dans ces drames, aucun d’entre eux n’a jamais été inquiété. Bien au contraire, la Commission européenne confirme son agenda politique basé sur la mise à l’écart des personnes exilées en donnant à l’agence un rôle de premier plan dans les politiques migratoires européennes et en proposant de tripler ses effectifs. Les États s’appuient toujours plus sur Frontex : en 2024, la #Belgique a adopté une loi pour permettre le déploiement d’officiers de l’agence sur son territoire afin de soutenir la police fédérale dans l’exécution des expulsions. Le #Royaume-Uni a signé un accord de coopération avec Frontex sur divers aspects de la gestion des frontières, comme la surveillance et l’évaluation des risques, l’échange d’informations, le renforcement des capacités et le partage d’expertise. Dans ces conditions, pourquoi l’agence intouchable s’arrêterait-elle là, même coupable du pire ? La meilleure défense étant l’attaque, la criminalisation des solidarités et la décrédibilisation de celles et ceux qui dénoncent ses actions – à l’image de la campagne Abolish Frontex accusée de « discours haineux » – sont érigées en stratégie de dissuasion. De même, celles et ceux qui pallient l’action défaillante des États, comme les ONG de sauvetage en mer, sont assimilées à des réseaux de passeurs. Une #rhétorique qui ressemble à s’y méprendre à celle des partis populistes.

    https://migreurop.org/article3472.html
    #migrations #réfugiés #directive_retour #directive_facilitation

    ping @karine4 @reka

  • Le divorce par contumace en Égypte : une autre facette de la violence faite aux femmes

    Chaque année, l’Égypte enregistre plus de 200 000 cas de divorce, dont environ 51 % sont prononcés en l’absence de l’épouse, c’est-à-dire sans sa présence ni même sa connaissance préalable. En moyenne, dix femmes par jour découvrent qu’elles ont été répudiées du jour au lendemain sans avoir eu voix au chapitre.

    https://medfeminiswiya.net/2025/10/13/le-divorce-par-contumace-en-egypte-une-autre-facette-de-la-violence-

    #international #egypte

  • Egypt Pardons Alaa Abd El Fattah, Its Most Prominent Political Prisoner - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2025/09/22/world/middleeast/egypt-pardon-alaa-abd-el-fattah-political-prisoner.html?smid=nytcore-ios-sh

    Vivian Yee

    By Vivian Yee

    Vivian Yee has reported on Egypt’s human rights crackdown and Alaa Abd El Fattah’s case since 2019.
    Sept. 22, 2025Updated 10:07 a.m. ET

    After years of struggle, waiting, dashed hopes, diplomatic pressure and repeated hunger strikes, Egypt’s president pardoned the country’s best-known political prisoner, Alaa Abd El Fattah, on Monday, according to a presidential statement.

    Imprisoned for most of the last 12 years for his dissident activities, Mr. Abd El Fattah, 43, had expected to be released last September, at the completion of the five-year sentence he received in 2019. But the Egyptian authorities kept him locked up, saying his two years of pretrial detention did not count toward his sentence.

    It was not immediately clear whether he had been released from prison yet.

    “President Abdel Fattah el-Sisi has pardoned the remaining sentences of several prisoners,” the presidential statement said, listing the names of six detainees, among them Mr. Abd El Fattah.

    “This decision reflects the state’s commitment to strengthening human rights initiatives, promoting tolerance, and offering those pardoned the opportunity to begin a new life.”

    The fear that Mr. Abd El Fattah would be held indefinitely led him and his mother, Laila Soueif, to go on hunger strike, landing her in the hospital repeatedly.
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    Their wasting bodies piled pressure on Britain, where mother and son hold dual citizenship, to push Egypt for his freedom. British officials in Cairo and London had lobbied for his release for years, and Prime Minister Keir Starmer called President Abdel Fattah el-Sisi of Egypt about the case earlier this year.
    Image
    A woman with white hair and a walking stick, standing in front of a gate and holding a large photograph of herself with her son.
    Laila Soueif, Mr. Abd El Fattah’s mother, protested outside Downing Street in London in May, holding a picture of herself and her son.Credit...Dan Kitwood/Getty Images

    Yet Mr. el-Sisi had long ignored calls by world leaders, Nobel laureates, celebrities and activists to release Mr. Abd El Fattah, leading many supporters to despair that he ever would.

    “President Sisi has pardoned my brother!” his sister, Sanaa Seif, said in a social media post. “Omg I can’t believe we get our lives back!”

    Ms. Seif said the pardon had come as a surprise to her family.

    “We learned about this just like everyone else, from the news,” she said. “We have no idea where he is going to be released from, and are going to the prison to ask.”

    Mr. Abd El Fattah is the most famous activist of his generation.

    A software developer and intellectual whose biting, visionary commentary on his country’s 2011 Arab Spring revolution made him the foremost chronicler of its hopes and failures, he and his family threw themselves into building a democratic Egypt only to see their aspirations crushed two years later in a military takeover led by Mr. el-Sisi.

    “Which is easier,” he asked in a March 2014 essay. “To avoid challenging authority and to assume its good intention? Or to persuade society that it’s absurd to try to live with an authority that allows itself murder and torture and detentions?”

    Since Mr. el-Sisi took power in 2013, Egyptian authorities have imprisoned tens of thousands of perceived political opponents. Most languish in jail for months or years on end without trial or formal sentences. Rather than release them after they spend the maximum time in pretrial detention allowed by law, prosecutors often charge them with new crimes and extend their detention.
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    Egyptian officials have alternately denied that the authorities hold any political prisoners or defended the mass arrests as necessary to preserve security after the turbulence of the Arab Spring. They have branded many of the detainees as terrorists, or argued that they violated laws banning the spread of false news.
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    Abdel Fattah el-Sisi speaking at a transparent lectern.
    President Abdel Fattah el-Sisi of Egypt in Athens in May. This summer, Mr. el-Sisi ordered the authorities to consider a petition in Mr. Abd El Fattah’s case.Credit...Aris Messinis/Agence France-Presse — Getty Images

    Whether because of global pressure or other factors, Mr. Abd El Fattah’s case has run a different course.

    He was removed from Egypt’s terrorist list over the summer. Earlier this month, Mr. el-Sisi formally ordered the authorities to consider a petition for his release.

    There is no guarantee that Mr. Abd El Fattah will remain free. He was previously released after a five-year prison term in 2019, only to be arrested again six months later.

    And several other prominent dissidents whom the authorities have allowed out of detention in recent years later faced new charges.

    Vivian Yee is a Times reporter covering North Africa and the broader Middle East. She is based in Cairo.

    #Egypte #Alaa_abd_el_fattah #Lueur_espoir

  • En Egypte, les armes et le silence de la France

    Leslie Piquemal, chargée du plaidoyer du Cairo Institute for Human Rights Studies auprès de l’Union européenne, revient pour Billets d’Afrique sur les atteintes aux droits humains en Égypte et les liens que la France entretient avec le régime autoritaire du maréchal Sissi.

    Titulaire d’un doctorat sur la politique au Moyen-Orient de l’Institut d’études politiques de Paris, ayant vécu dix ans au Caire, Leslie Piquemal est aujourd’hui responsable du plaidoyer auprès de l’Union européenne (UE) pour le Cairo Institute for Human Rights Studies (CIHRS), ONG indépendante fondée en 1993 au Caire qui travaille sur le monde arabe. Le CIHRS a ses bureaux à Marseille, Bruxelles, Genève, Tunis et du personnel en Égypte, où il n’a toutefois plus la possibilité d’avoir des locaux pour des raisons politiques et sécuritaires.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2019/01/31/egypte-la-france-a-du-sang-sur-les-mains/#comment-69059

    #international #egypte #france

  • Méditerranée : plus d’une centaine de migrants morts ou disparus en mer dans deux naufrages au large de la Libye - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/67020/mediterranee--plus-dune-centaine-de-migrants-morts-ou-disparus-en-mer-

    Méditerranée : plus d’une centaine de migrants morts ou disparus en mer dans deux naufrages au large de la Libye
    Par La rédaction Publié le : 18/09/2025
    Plus d’une centaine de migrants soudanais ont péri ou sont portés disparus après deux naufrages ce week-end au large de Tobrouk, dans l’est de la Libye, a indiqué l’ONU. La route qui relie Tobrouk aux îles grecques s’est développée ces derniers mois à mesure que les contrôles à l’ouest de la Libye se sont accentués. Les naufrages se succèdent au large de la Libye. Selon l’ONU, une centaine de migrants sont morts ou ont disparu en Méditerranée ces derniers jours lors de deux accidents.
    Le premier a eu lieu samedi 13 septembre lorsqu’un « navire transportant 74 personnes, principalement des Soudanais, a chaviré » au large de Tobrouk, dans l’est de la Libye, a indiqué mercredi sur X le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). « Seules 13 personnes ont survécu et des dizaines d’autres sont toujours portées disparues », a ajouté l’organisation onusienne, qui n’a pas donné d’autres précisions.
    D’après l’association libyenne, basée à Tobrouk, « Abiroune pour l’aide aux migrants et les services humanitaires » contactée par InfoMigrants, « un corps a été récupéré par les gardes-côtes et un migrant secouru est décédé peu de temps après son arrivée à l’hôpital ». Depuis lundi, 18 cadavres ont été retrouvés sur les côtes de l’est libyen. « Les vagues continuent de charrier leurs corps, et ils sont tous soudanais », rapporte l’association.
    La veille, l’Organisation internationale des migrations (OIM) avait annoncé un autre « tragique accident » survenu dimanche « quand un incendie s’est déclaré sur un canot pneumatique transportant 75 Soudanais ». « Au moins 50 vies ont été perdues », avait affirmé l’agence sur X, sans préciser si des femmes et enfants figuraient parmi les victimes. « L’OIM a prodigué des soins médicaux vitaux aux 24 survivants », avait ajouté l’organisation en précisant que « ceux qui en avaient besoin ont été transférés vers des structures spécialisées ».
    Ces deux embarcations avaient pris la mer depuis la ville de Tobrouk et espéraient rejoindre les îles grecques de Gavdos ou de la Crète, situées à plus de 300 km. Face au renforcement des frontières au large des côtes libyennes sur le trajet de l’Italie, la route de Tobrouk s’est développée dernièrement. Dans son dernier communiqué de juillet, Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières, évoque ce « nouveau corridor migratoire » entre l’est de la Libye et la Crète « qui a émergé ces derniers mois ». « Le nombre d’arrivées irrégulières en Crète depuis la Libye a dépassé les 10 000 depuis le début de l’année, soit plus de quatre fois le total de l’année précédente », alerte l’agence européenne.
    La majorité des migrants qui empruntent cet itinéraire sont originaires du Soudan ou de l’Égypte. La Libye compte des centaines de milliers de migrants soudanais qui entrent pour l’essentiel par la frontière terrestre dans la zone de Koufra, dans le sud-est du pays contrôlé par le clan Haftar. « Étant donné que les voies sûres et légales ne sont accessibles qu’à un très petit nombre de personnes, la véritable solution est de mettre fin à la guerre au Soudan afin que les familles puissent rentrer chez elles en toute sécurité et ne pas entreprendre ces voyages dangereux », a exhorté mercredi le HCR.
    En attendant, la Grèce espère endiguer ces arrivées et a décidé de déployer trois navires de guerre au large des eaux libyennes. Le gouvernement grec a aussi annoncé vouloir signer un accord avec Tripoli, sur le même modèle que celui conclu en 2017 avec l’Italie, confiant aux autorités libyennes la charge d’intercepter les exilés en mer. Ce partenariat a commencé à se mettre en place cet été avec les premières formations délivrées à des gardes-côtes libyens par la Grèce sur l’île de Crète.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#libye#crete#koufra#soudan#egypte#routemigratoire#mortalite#sante#migrationirreguliere#italie

  • Méditerranée : plus d’une centaine de migrants morts ou disparus en mer dans deux naufrages au large de la Libye - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/67020/mediterranee--plus-dune-centaine-de-migrants-morts-ou-disparus-en-mer-

    Méditerranée : plus d’une centaine de migrants morts ou disparus en mer dans deux naufrages au large de la Libye
    Par La rédaction Publié le : 18/09/2025
    Plus d’une centaine de migrants soudanais ont péri ou sont portés disparus après deux naufrages ce week-end au large de Tobrouk, dans l’est de la Libye, a indiqué l’ONU. La route qui relie Tobrouk aux îles grecques s’est développée ces derniers mois à mesure que les contrôles à l’ouest de la Libye se sont accentués. Les naufrages se succèdent au large de la Libye. Selon l’ONU, une centaine de migrants sont morts ou ont disparu en Méditerranée ces derniers jours lors de deux accidents.
    Le premier a eu lieu samedi 13 septembre lorsqu’un « navire transportant 74 personnes, principalement des Soudanais, a chaviré » au large de Tobrouk, dans l’est de la Libye, a indiqué mercredi sur X le Haut-commissariat des Nations unies aux réfugiés (HCR). « Seules 13 personnes ont survécu et des dizaines d’autres sont toujours portées disparues », a ajouté l’organisation onusienne, qui n’a pas donné d’autres précisions.
    D’après l’association libyenne, basée à Tobrouk, « Abiroune pour l’aide aux migrants et les services humanitaires » contactée par InfoMigrants, « un corps a été récupéré par les gardes-côtes et un migrant secouru est décédé peu de temps après son arrivée à l’hôpital ». Depuis lundi, 18 cadavres ont été retrouvés sur les côtes de l’est libyen. « Les vagues continuent de charrier leurs corps, et ils sont tous soudanais », rapporte l’association.
    La veille, l’Organisation internationale des migrations (OIM) avait annoncé un autre « tragique accident » survenu dimanche « quand un incendie s’est déclaré sur un canot pneumatique transportant 75 Soudanais ». « Au moins 50 vies ont été perdues », avait affirmé l’agence sur X, sans préciser si des femmes et enfants figuraient parmi les victimes. « L’OIM a prodigué des soins médicaux vitaux aux 24 survivants », avait ajouté l’organisation en précisant que « ceux qui en avaient besoin ont été transférés vers des structures spécialisées ».
    Ces deux embarcations avaient pris la mer depuis la ville de Tobrouk et espéraient rejoindre les îles grecques de Gavdos ou de la Crète, situées à plus de 300 km. Face au renforcement des frontières au large des côtes libyennes sur le trajet de l’Italie, la route de Tobrouk s’est développée dernièrement. Dans son dernier communiqué de juillet, Frontex, l’agence européenne de surveillance des frontières, évoque ce « nouveau corridor migratoire » entre l’est de la Libye et la Crète « qui a émergé ces derniers mois ». « Le nombre d’arrivées irrégulières en Crète depuis la Libye a dépassé les 10 000 depuis le début de l’année, soit plus de quatre fois le total de l’année précédente », alerte l’agence européenne.
    La majorité des migrants qui empruntent cet itinéraire sont originaires du Soudan ou de l’Égypte. La Libye compte des centaines de milliers de migrants soudanais qui entrent pour l’essentiel par la frontière terrestre dans la zone de Koufra, dans le sud-est du pays contrôlé par le clan Haftar. « Étant donné que les voies sûres et légales ne sont accessibles qu’à un très petit nombre de personnes, la véritable solution est de mettre fin à la guerre au Soudan afin que les familles puissent rentrer chez elles en toute sécurité et ne pas entreprendre ces voyages dangereux », a exhorté mercredi le HCR.
    En attendant, la Grèce espère endiguer ces arrivées et a décidé de déployer trois navires de guerre au large des eaux libyennes. Le gouvernement grec a aussi annoncé vouloir signer un accord avec Tripoli, sur le même modèle que celui conclu en 2017 avec l’Italie, confiant aux autorités libyennes la charge d’intercepter les exilés en mer. Ce partenariat a commencé à se mettre en place cet été avec les premières formations délivrées à des gardes-côtes libyens par la Grèce sur l’île de Crète.

    #Covid-19#migrant#migration#grece#libye#crete#koufra#soudan#egypte#routemigratoire#mortalite#sante#migrationirreguliere#italie

  • Égypte – Israël. Répression des voix contre la normalisation

    La poursuite de l’offensive menée par Israël à Gaza et l’intensification de la famine organisée ont provoqué davantage de contestations du rôle joué par l’Égypte, accusée de complicité. Même si elles restent réduites et à la portée limitée, les actions se sont multipliées. Ce qui n’entrave pas pour autant la relation entre Le Caire et Tel-Aviv.

    https://orientxxi.info/magazine/egypte-israel-repression-des-voix-contre-la-normalisation,8455

    #international #palestine #egypte #israel

  • Expulsions vers l’Afghanistan, #centres_de_retour pour migrants... comment l’Union européenne veut durcir sa politique migratoire

    Sous l’impulsion de la nouvelle présidence danoise, l’Union européenne veut muscler sa politique migratoire en ouvrant un cadre légal aux « #hubs_de_retour » dans des pays tiers, et en facilitant les #expulsions de #déboutés du droit d’asile, y compris en Afghanistan et en #Syrie. Une politique qui s’inscrit dans la lignée du nouveau pacte asile et immigration.

    « Le système d’asile européen doit être réformé », a déclaré le commissaire européen aux Affaires intérieures et aux migrations, #Magnus_Brunner, le 22 juillet dernier, lors conseil informel de l’UE dédié aux affaires intérieures, à Copenhague.

    Lors de ce sommet, qui réunissait les ministres de l’Intérieur européens, la présidence danoise du Conseil a mis l’accent sur la volonté de durcir la politique migratoire européenne, notamment en améliorant la directive « retour » de 2008, puisque seuls 20 % des étrangers sommés de quitter le territoire quittent effectivement l’Union européenne (UE). L’UE veut aussi réviser « le concept de pays tiers sûr et la liste des pays d’origine sûrs », a résumé Magnus Brunner sur X.

    En avril, la commission européenne a notamment proposé de classer sept pays - le Bangladesh, la Colombie, l’Égypte, l’Inde, le Kosovo, le Maroc et la Tunisie - comme « pays d’origine sûrs », facilitant le rejet accéléré des demandes d’asile jugées infondées.
    Vers des centres de retours sur le modèle italien ?

    De son côté, le ministre de l’Intérieur italien Matteo Piantedosi fait la promotion des centres de retours pour migrants en Albanie. Ces derniers « sont un modèle pour l’UE, nous sommes convaincus que nous allons dans la bonne direction ».

    Sous la pression de plusieurs pays membres, la Commission européenne avait annoncé en mars qu’elle était favorable à la création d’un cadre légal pour les « hubs de retour » en dehors de ses frontières.

    « Nous voulons créer la possibilité de renvoyer les migrants dans des pays voisins proches de leur pays d’origine » lorsque ce dernier refuse de reprendre ses ressortissants, a appuyé le chancelier allemand Friedrich Merz, lors d’une conférence de presse le 18 juillet.

    Seul le ministre espagnol de l’Intérieur, Fernando Grande-Marlaska, a exprimé « de sérieuses réserves politiques, juridiques et économiques » sur ce projet.

    Dans un rapport publié la semaine dernière, l’ONG Action Aid et l’Université de Bari ont calculé que le centre de retour italien à Gädjer, en Albanie, a déjà coûté 114 000 € par jour pour la détention de 20 personnes entre mi-octobre et fin décembre 2024. C’est « l’instrument le plus coûteux, le plus inhumain et le plus inefficace de l’histoire des politiques migratoires italiennes », estiment les deux organisations, ajoutant que les centres de rétention pour demandeurs d’asile sur le territoire italien sont loin d’être remplis.
    Faciliter les retours vers l’Afghanistan et la Syrie

    Début juillet, la Première ministre danoise et issue de la gauche, Mette Frederiksen, avait donné le ton en plaidant pour le renforcement des frontières extérieures de l’Europe et pour l’externalisation des demandes d’asile.

    Sous l’impulsion de l’Italie, de l’Allemagne ou encore de l’Autriche, plusieurs États européens veulent aussi permettre le renvoi de déboutés du droit d’asile afghans et syriens dans leur pays d’origine, malgré le retour des talibans dans le premier et la fragilité de la situation politique dans le second.

    Début juillet, l’Autriche a ainsi expulsé un condamné vers la Syrie, une première dans l’UE après la chute du régime d’Assad. Quelques semaines plus tard, c’est l’Allemagne qui a expulsé un groupe de criminels condamnés vers l’Afghanistan. Il s’agit de la première expulsion de ce type depuis 2024 et de la première sous le gouvernement du chancelier Friedrich Merz. L’initiative a aussitôt été dénoncée par l’ONU, qui a demandé « l’arrêt immédiat du renvoi forcé de tous les réfugiés et demandeurs d’asile afghans ».

    Réunis le 18 juillet à Zugspitze, dans les Alpes bavaroises, plusieurs ministres de l’Intérieur européens conservateurs, dont Bruno Retailleau, ont signé une déclaration appelant à généraliser ces expulsions : « Il s’agit là d’étapes extrêmement importantes vers une politique d’asile crédible en Europe, si nous pouvons également renvoyer les criminels dans leur pays d’origine », a notamment déclaré le ministre autrichien de l’Intérieur Gerhard Karner.

    Une position qui va pourtant à l’encontre de la politique de la Commission européenne qui considérait encore cet hiver, au même titre que l’ONU, que les conditions nécessaires à des retours sûrs en Syrie n’étaient pas réunies.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/66054/expulsions-vers-lafghanistan-centres-de-retour-pour-migrants-comment-l
    #UE #EU #Union_européenne #Afghanistan #expulsions #durcissement #politique_migratoire #directive_retour #pays-tiers_sûrs #pays_d'origine_sûrs #Bangladesh #Colombie #Egypte #Inde #Kosovo #Maroc #Tunisie #réfugiés_afghans #réfugiés_syriens

    ping @reka @karine4

  • L’Egypte affrète des trains gratuits pour le retour des réfugiés au Soudan
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2025/07/29/l-egypte-affrete-des-trains-gratuits-pour-le-retour-des-refugies-au-soudan_6

    L’Egypte affrète des trains gratuits pour le retour des réfugiés au Soudan
    Le Monde avec AFP
    En ce lundi matin caniculaire, des centaines de familles soudanaises affluent à la gare centrale du Caire avec des piles de bagages pour embarquer dans un train gratuit et retourner dans leur pays ravagé par deux ans de guerre meurtrière. « C’est un sentiment indescriptible », confie Khadija Mohamed Ali, assise dans l’un des vieux wagons du train, ses cinq filles à ses côtés. « Je suis heureuse de retrouver mes voisins, ma famille, ma rue » dans le quartier d’East Nile, à Khartoum, dit à l’Agence France-Presse (AFP) cette femme au foyer de 45 ans. A 11 h 30 précises, un sifflement sourd perce le vacarme. Une locomotive usée entre en gare. Des acclamations éclatent, des femmes lancent des youyous.
    Lundi 21 juillet, déjà, quelque 850 passagers ont embarqué en « troisième classe climatisée » pour douze heures de voyage vers Assouan, dans le sud de l’Egypte, avant de passer la frontière en bus. Ce programme de retour volontaire est conjointement organisé par les Chemins de fer nationaux égyptiens et les Industries de défense soudanaises.
    Au même moment, d’autres continuent de fuir : plus de 65 000 Soudanais ont franchi la frontière du Tchad en un peu plus d’un mois (environ 1 400 personnes par jour), selon un rapport publié en juin par le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR). Les passages par la Libye, réputée comme une des routes les plus dangereuses vers l’Europe, augmentent depuis le début de l’année, selon le Mixed Migration Center.
    Depuis avril 2023, la guerre entre le chef de l’armée, Abdel Fattah Al-Bourhane, et son ancien allié Mohammed Hamdan Daglo, chef des Forces de soutien rapide (FSR), a fait des dizaines de milliers de morts et plus de 14 millions de déplacés, entraînant la « pire crise humanitaire au monde », selon les Nations unies. La capitale a été reprise en mai par l’armée soudanaise et le nouveau premier ministre, Kamil Idris, s’y est rendu la semaine dernière pour présenter d’ambitieux projets de réhabilitation en vue du « retour des citoyens ». Les Nations unies prévoient plus de 2 millions de retours dans le Grand Khartoum d’ici à la fin de l’année.
    Mais, selon les correspondants de l’AFP sur place, la sécurité reste précaire, les infrastructures publiques sont en ruine, les services de santé rares, le réseau d’eau très endommagé, plusieurs quartiers toujours privés d’électricité. « Les choses s’amélioreront lentement », assure Maryam Ahmed Mohamed, 52 ans, qui veut rentrer avec ses deux filles à Omdourman, la ville jumelle de Khartoum. « Au moins, nous serons à la maison avec notre famille et nos amis », dit-elle.
    Pour la plupart, le retour au pays semble moins motivé par la confiance en l’avenir que par le présent difficile en Egypte. Les quelque 1,5 million de Soudanais qui, selon les Nations unies, se sont réfugiés en Egypte, ont un droit restreint de travail et d’accès aux services publics. Beaucoup disent souffrir de l’augmentation des loyers, de l’accès limité aux écoles et de la crise économique.
    Hayam Mohamed, 34 ans, a fui Khartoum avec sa famille il y a dix mois et veut rentrer, même si les services sont quasi inexistants dans son quartier. « La vie est trop chère ici. Mes enfants retourneront à l’école et je vivrai avec ma famille », dit-elle à l’AFP. Ilham Khalafallah, une mère de trois enfants qui a passé sept mois en Egypte, a eu, elle aussi, du mal à s’en sortir. Elle retourne dans l’Etat de Gezira, repris par l’armée en fin d’année dernière. « Gezira est beaucoup plus sûr et possède de meilleurs services que Khartoum », dit-elle à l’AFP. Environ 71 % des rapatriés se dirigent vers cette région, au sud-est de la capitale, et moins de 10 % reviennent à Khartoum, selon l’Organisation internationale pour les migrations (OIM). Devant la gare du Caire, des dizaines de personnes, assises sur des bancs, espèrent des billets de dernière minute. « Ils m’ont dit que le train était complet mais j’attendrai », explique Maryam Abdullah, 32 ans, qui a quitté le Soudan il y a deux ans avec ses six enfants : « Je veux juste rentrer, reconstruire ma maison et renvoyer mes enfants à l’école. »

    #Covid-19#migrant#migration#egypte#soudan#darfour#refugie#retour#sante#OIM

  • Defense Minister Says Israel Plans to Concentrate All Gaza’s Population in ’Humanitarian’ Zone Built on Rafah’s Ruins - Israel News - Haaretz.com
    https://www.haaretz.com/israel-news/2025-07-07/ty-article/.premium/defense-minister-israel-to-concentrate-all-gaza-population-in-rafah-humanitarian-zone/00000197-e56a-d1ad-ab97-e5ef764e0000

    Defense Minister Israel Katz said today (Monday) in a conversation with reporters that he has ordered the IDF to prepare a plan to establish a “humanitarian city” on the ruins of Rafah, where the entire population of the Gaza Strip will later be concentrated. According to Katz, the plan is to initially bring 600,000 Palestinians, mainly from the Mawasi area, into the “humanitarian city” that will be established. He said that the Palestinians will be admitted there after being inspected, and they will not be allowed to leave

    Le ministre de la Défense, Israël Katz, a déclaré aujourd’hui lors d’une conversation avec des journalistes qu’il avait ordonné à l’armée israélienne d’élaborer un plan pour établir une « cité humanitaire » sur les ruines de Rafah, où toute la population de la bande de Gaza sera ensuite concentrée. Selon Katz, le plan prévoit d’accueillir initialement 600 000 Palestiniens, principalement originaires de la région de Mawasi, dans la « cité humanitaire » qui sera créée. Il a précisé que les Palestiniens y seront admis après avoir été inspectés et qu’ils ne seront pas autorisés à en sortir.