• Les derniers jours de l’humanité ?

    https://lundi.am/Les-derniers-jours-de-l-humanite

    Quelques réflexions d’Oreste #Scalzone après les propos d’Erri De #Luca sur le #génocide à #Gaza et le #sionisme

    paru dans lundimatin#525, le 23 juin 2026

    Récemment, le célèbre écrivain italien Erri De Luca a suscité la polémique en déclarant dans la presse de droite israélienne que le génocide en cours à Gaza n’en était pas un. Oreste Scalzone, figure incontournable de l’autonomie italienne qui a longtemps lutté aux côtés de M. De Luca [1] propose ici d’approfondir et de préciser le désaccord.

    • « C’est terrible, mais ce n’est pas un génocide » : les propos de l’écrivain Erri De Luca sur Gaza et Israël choquent en Italie

      https://www.lemonde.fr/livres/article/2026/06/17/en-italie-l-ecrivain-erri-de-luca-cree-la-polemique-avec-ses-propos-sur-gaza

      Le célèbre écrivain napolitain a dû renoncer à ouvrir, le 13 juin, le Festival littéraire de Salerne, après un entretien au journal israélien « Israel Hayom » traduit, le 25 mai, par le quotidien « Il Foglio ».

    • Cela a dû coûter cher à Erri d’entrer en collision avec cette réédition de David contre Goliath que constitue le « peuple des flottilles ». Et il s’y est engagé pour défendre une idée erronée. Il s’agit de l’idée selon laquelle le sionisme n’aurait été depuis toujours, que le projet d’un foyer territoriale pour les juifs. Et ce malgré l’énorme massacre en cours. C’est ainsi que l’on nie la construction d’un état colonial s’étant développé depuis 1947-1948, et la lutte de classe à l’intérieur de chaque peuple.

      [...]

      Le Bund [2], Marek Edelman -dirigeant de l’insurrection du ghetto de Varsovie-, Primo Levi, que nous portons toujours dans nos têtes et dans nos cœurs, ont été – premiers parmi des noms qu’il serait long de citer – résolument étrangers aux sionismes tels qu’ils se sont affirmés après 1947-1948. C’est le cas, en particulier, du Bund, en concurrence avec le sionisme dans ses zones d’influence. Depuis l’origine, donc en amont des différents courants qui s’y réfèrent, une ambivalence est constitutive du sionisme : celle entre la revendication sacro-sainte d’un ubi consistam pour les Juifs (« peuple sans terre ») – renforcée en réponse à l’immense tragédie d’un antijudaïsme européen parvenu à l’opprobre avec la « solution finale » –, et l’autre versant du chiasme (« une terre sans peuple »), factuellement faux, étant donné la présence sur cette terre de Palestiniens non juifs, avec leur culture et leurs institutions, différentes du modèle étatique et incluant des minorités juives, chrétiennes et autres. Or, le sionisme est une idéologie et une praxis politico-militaire moderne, qui ne découle ni de la Torah ni d’autres textes sacralisés par le temps. Il suffit de songer à la politique britannique pendant la période cruciale de l’expiration du mandat, au poids prépondérant qu’a eu le sionisme chrétien d’ascendance évangéliste, ainsi qu’à la politique de l’URSS et de ses satellites, par rapport à cet échiquier. Quoi qu’il en soit, les filiations traditionnelles, à l’exception de rares et maigres poches de résistance, ont été cooptées, hybridées, digérées ou détruites par le capitalisme, sous toutes ses formes et à toutes ses étapes, mais aussi par les États du « socialisme réel », sur la base des préceptes de la conférence de Bakou, en concurrence mimétique avec les politiques impériales de la Grande-Bretagne et de la France.

    • Pour le dire avec un exemple factuel simple : ceux qui, le 25 avril dernier, à Milan, ont utilisé la Brigade juive comme cheval de Troie pour diffuser des images de propagande de Netanyahu et de sa [géo]politique, et ceux qui se livrent à des délires complotistes voyant le Mossad derrière tout, sont la tombe de toute raison du cerveau et du cœur.

    • Quoi qu’il en soit, le paradigme victimaire est porteur du pire. Comme l’écrit Hannah Arendt, « la victime fait des victimes » , et souvent sous la forme d’une vengeance transversale.

    • Ajoutons une autre réflexion : on ne peut considérer ni le sionisme, ni le Hamas comme de simples conséquences, directes ou indirectes, d’entités étatiques supérieures. Sans certitudes et avec peu d’espoirs, mais comme un pari incontournable, il s’agirait de donner davantage la parole aux acteurs qui, aujourd’hui, agissent selon une logique différente de celle qui construit des scénarios dystopiques que l’on dirait paradigmatiques de l’effondrement de l’espèce humaine.

      La lecture de textes et de bibliographies nous informe de la présence d’une myriade d’associations qui cultivent le discours selon lequel, sur une terre à population multiethnique, multiculturelle et multiconfessionnelle, il serait possible d’organiser une fédération d’une nature différente de celle capitaliste et étatique. Pour nous, il n’existe pas d’États « amis » ; l’altérité hostile envers la forme-État est constitutive du fondement de la critique radicale.

  • Le Pakistan cherche à faciliter le contournement physique du blocus du détroit d’Ormuz par les États-Unis…
    Pakistan issues new transit of goods order to facilitate regional trade
    https://english.news.cn/20260427/120d5e2e65c14dafb51801cad07f7299/c.html

    ISLAMABAD, April 27 (Xinhua) — Pakistan has introduced a new framework allowing transit of goods to Iran through its territory, opening designated trade corridors under a newly issued transit trade order, the Ministry of Commerce said on Monday.

    The development came as the government implemented the “Transit of Goods Through Pakistan Order 2026,” aimed at facilitating smoother cargo movement and strengthening trade links with Iran.
    According to the ministry, multiple routes passing through key locations in the southwestern areas of Gwadar and Taftan, as well as the southern port city of Karachi, have been designated as transit corridors, forming an integrated network for goods destined for Iran.

    The country’s Federal Minister for Commerce Jam Kamal Khan said that the initiative is a significant step toward promoting regional trade and enhancing Pakistan’s role as a key trade corridor.
    “This move will strengthen Pakistan’s strategic importance and improve regional connectivity,” the minister said.

    Officials noted that the designated land routes are expected to streamline logistics, reduce bottlenecks, and ensure more efficient transportation in accordance with customs regulations.

  • Verrouillage des institutions : #Macron prépare-t-il un retour en 2032 ?
    https://lvsl.fr/verrouillage-des-institutions-macron-prepare-t-il-un-retour-en-2032

    Prévisible défaite pour les candidats de l’ex-majorité, les élections municipales de mars 2026 ont rappelé aux français l’approche inéluctable de la fin des « années Macron ». Si le scénario improbable d’une modification de la Constitution paraît aujourd’hui exclu, l’actuel président ne pourra candidater à sa propre succession en 2027. Le scrutin signera la fin d’une décennie de gouvernement personnel de plus en plus impopulaire. Emmanuel Macron ne fait pourtant pas mystère de ses ambitions durables. Faute de successeur évident, il emploie sa dernière année de règne à bétonner les positions de ses fidèles au sein des institutions française. Un cadeau de départ risquant de fortement limiter toute alternance #Politique réelle.

    #5eme_République #Banque_de_France #Conseil_constitutionnel #Cour_des_Comptes #nomination #présidentielle

    • Observatoire des Décisions de Justice :

      Richard Ferrand a limogé Aurélie Bretonneau, secrétaire générale du Conseil constitutionnel, moins d’un an après l’avoir elle-même nommée en mars 2025.
      ➡️La raison officielle : des « divergences de vues sur la conduite de l’institution ».
      ➡️La vérité : le point de friction majeur est apparu fin 2025, lorsque le gouvernement a envisagé de recourir massivement aux ordonnances pour faire passer son budget.

      📄Dans une note interne, Aurélie Bretonneau a défendu une position stricte : Le contrôle préalable des ordonnances relève du Conseil d’État, pas du Conseil constitutionnel.
      Les ordonnances doivent rester fidèles au texte initial présenté par le gouvernement, sans intégrer ensuite des amendements parlementaires.

      🙎🏻‍♂️Ces réserves juridiques ont visiblement déplu à Richard Ferrand, qui y a vu un obstacle à la volonté macronienne.
      Le limogeage est qualifié d’"hyper brutal" par des sources internes.

      🏛️Ce renvoi express envoie un message limpide : à l’Élysée et à la tête du Conseil, on veut une institution docile, capable de faire passer ce que l’exécutif a décidé en s’arrangeant avec le droit et les principes, plutôt que de les encadrer strictement.

      🔴Cela pose une nouvelle fois, et de façon criante, la question de l’indépendance réelle du Conseil constitutionnel et de la séparation des pouvoirs en France.
      Quand le président de l’institution peut écarter sa numéro deux pour un simple désaccord sur la légalité d’une procédure gouvernementale, on est loin de la « gardienne de la Constitution » et très proche d’une chambre d’enregistrement politique !

      A qui ira donc le poste ?
      Un juriste soucieux du droit ou un exécutant docile ?
      À suivre de très près.

      https://x.com/ODJ_France/status/2036717693408104956

  • #5 2025/26 (Nacho Vegas e il caso de “Las 6 de la Suiza”; Randa Jarrar, scrittrice palestinese queer)
    https://radioblackout.org/podcast/5-2025-26-nacho-vegas-e-il-caso-de-las-6-de-la-suiza-randa-jarrar

    In questa puntata: intervista al cantautore asturiano Nacho Vegas che ha dedicato una canzone a «Las 6 de la Suiza», lavoratrici condannate per sindacalismo; Randa Jarrar, scrittrice palestinese queer...

    #8marzo #Las6DeLaSuiza #NachoVegas #RandaJarrar

  • #Insécurité : les #caméras_de_vidéosurveillance font-elles vraiment baisser la #délinquance dans les communes ?

    Les communes s’équipent de plus en plus de vidéosurveillance. Alors que la sécurité est la priorité numéro un des Français pour les élections municipales, les élus investissent des milliers d’euros dans les caméras. Mais sont-elles vraiment efficaces ? L’enquête de « L’Œil du 20h ».

    Dans toute la France, des communes s’équipent en vidéosurveillance et ça ne fait qu’accélérer. Ce sont de gros investissements pour des petites municipalités, malgré une efficacité qui reste toujours à prouver. À L’Arbresle, dans le Rhône, il y aura bientôt 41 caméras pour 6 500 habitants.

    Les #caméras sont attendues depuis longtemps par Nathalie Serre, candidate liste DVD et élue de l’opposition."La #criminalité évolue et je pense qu’il faut que nous aussi, on travaille avec notre temps. Je pense que ça peut aussi énormément servir pour tout ce qui concerne l’#incivilité", estime celle qui a toujours été favorable à leur déploiement.

    Le maire de gauche, Pierre-Jean Zannettacci, a toujours été contre. Il a cependant organisé en février 2025 un référendum sur l’installation d’un système de vidéosurveillance dans la commune, pour un montant total de 400 000 euros. 53% des habitants ont voté pour. La ville va donc s’équiper, au grand dam d’une partie de l’ex majorité de gauche, qui juge la dépense inutile.

    « Le maire a dit devant tout le monde, que de toute façon, on ne pouvait pas être sûr que ça marcherait. On va engager tout cet #argent_public sur un truc dont on n’est pas sûr de la réussite ? », s’interroge Sheila McCarron, candidate liste DVG, qui mène une liste d’opposition aux élections municipales à venir.

    Une solution promue par les gendarmeries

    Le maire n’a pas souhaité répondre à l’Œil du 20 Heures. Il nous a renvoyés vers l’un de ses adjoints. Et selon ce dernier, la mairie n’a pas eu l’idée toute seule. « Les gendarmes sont bien venus discuter avec nous. Les #statistiques, je ne les ai pas eues, je ne peux pas vous dire », répond Gilles Peyrichou, élu en charge du déploiement de la #vidéosurveillance. C’est à la demande de la gendarmerie que L’Arbresle s’est équipé.

    La commune n’est pas la seule dans ce cas-là. Il y a cinq ans, la CNIL, l’autorité de contrôle du numérique, pointait déjà, dans une étude, une forme de pression mise sur les mairies pour s’équiper. « Les forces de l’ordre mettent également en avant auprès des maires l’aide que leur procurent des caméras (...). Les maires sont ainsi incités à agir par les forces de police ou de gendarmerie locales qui promeuvent ces solutions », soulignait l’étude.

    Une efficacité discutée

    La gendarmerie locale a refusé toutes nos demandes d’interviews et n’a pas souhaité nous donner de chiffres sur la délinquance à L’Arbresle, pas plus que sur l’efficacité de la vidéosurveillance. Peu d’éléments factuels sont disponibles.

    Il y a 6 ans, la #Cour_des_comptes pointait l’absence de lien entre vidéosurveillance et baisse de la délinquance :"Aucune corrélation globale n’a été révélée entre l’existence de dispositifs de #vidéoprotection et le niveau de la délinquance commise sur la voie publique ou encore le #taux_d'élucidation".

    En 2021, une autre enquête a été réalisée pour le compte de la gendarmerie et a passé au crible près de 2 000 affaires judiciaires. « On n’a pas identifié de différence de niveau de résolution sur les communes équipées ou sur les communes non équipées de vidéoprotection de #voie_publique », explique son auteur, Guillaume Gormand, chercheur à Sciences Po Grenoble - Université Grenoble Alpes, qui en est arrivé aux mêmes conclusions.

    Un #lobby actif

    Si l’efficacité des caméras est encore discutée, comment ceux qui les vendent répondent-ils à cette question ? La réponse est dans ce document : le lobby du secteur a publié un livre blanc juste avant les municipales. On y apprend aux élus comment parler vidéosurveillance sans être anxiogène et comment répondre aux questions sur le #coût. À la question de l’efficacité, la réponse est surprenante. « La vidéoprotection n’a jamais eu vocation à éradiquer la délinquance », est-il écrit.

    Parmi les auteurs du livre blanc, un ancien député La République en marche, désormais lobbyiste, qui a gardé ses entrées à l’Assemblée nationale. « À ma connaissance, je n’ai pas de chiffres à vous donner sur l’efficacité de la vidéoprotection », reconnaît #Jean-Michel_Mis. Le ministère de l’Intérieur, qui dispose de chiffres précis via les préfectures, a refusé de communiquer le nombre de communes s’étant récemment équipées.

    https://www.franceinfo.fr/elections/insecurite-les-cameras-de-videosurveillance-font-elles-vraiment-baisser-l

    #efficacité #inefficacité #surveillance #sécurité

    signalé ici aussi : https://seenthis.net/messages/1160755

    • Evaluation de la contribution de la vidéoprotection de voie publique à l’élucidation des enquêtes judiciaires

      En 2020, les magistrats de la Cour des comptes indiquaient qu’ils n’avaient trouvé « aucune corrélation globale [...] entre l’existence de dispositifs de vidéoprotection et le niveau de la délinquance commise sur la voie publique, ou encore les taux d’élucidation ». Ils concluaient alors leur rapport annuel avec, entre autres, la recommandation #5 invitant à « Engager une évaluation de l’efficacité de la vidéoprotection de la voie publique, notamment dans l’élucidation des crimes et délits, avec le concours de chercheurs et d’experts ». Par la présente étude, la Gendarmerie Nationale apporte une réponse à cette demande des Sages de la rue Cambon. En soutenant et accueillant sans tabou une démarche d’analyse scientifique, la Gendarmerie est à l’origine d’une démarche inédite qui constitue à ce jour l’évaluation la plus complète et détaillée de la contribution de la vidéoprotection à l’élucidation d’enquêtes judiciaire en France. La démarche engagée a cherché, comme objectif principal, la mesure de la contribution au travail d’investigation et d’incrimination des auteurs de crimes et de délits de cette technologie installée dans les espaces publics. Au-delà de cette interrogation, les données collectées ont également permis de rendre compte d’un large spectre de l’utilisation de cet outil par les enquêteurs. Elle rend notamment compte du réflexe des enquêteurs à mobiliser cette ressource, décrit pour quels types d’infractions les caméras s’avèrent le plus pertinente ou, surtout, quelles sont les configurations les plus favorables à un bénéfice élevée de la vidéoprotection.

      https://hal.univ-lorraine.fr/CREOGN/hal-04875204v1

  • Chers complices du génocide à Gaza - Boxing Day #50 - Blast le souffle de l’info
    https://www.blast-info.fr/articles/2025/chers-complices-du-genocide-a-gaza-boxing-day-50-0vUQE7yxTTejyNUBGXPg0A

    Chers complices du génocide à Gaza,

    Les semaines se succèdent, mais nous ne vous oublions pas, bien au contraire.

    Vendredi 19 septembre, une vingtaine de personnalités publiaient, sur le site du FigaroVox, une tribune adressée à Emmanuel Macron, au cœur de laquelle, après avoir expliqué qu’elles appelaient « de toutes [leurs] forces à la paix au Proche-Orient », c’est courageux, ces intraitables pacifistes affirmaient que les conditions de la reconnaissance, par la France, de l’État de Palestine, feraient de cette décision « une victoire symbolique pour le Hamas » et « une capitulation morale face au terrorisme », rien que ça. Hasard du calendrier, ladite tribune, mise en ligne trois jours avant le discours du président français devant l’assemblée générale des Nations unies, a été rendue publique trois jours après qu’une commission d’enquête de l’ONU eut confirmé, dans un rapport fort détaillé et argumenté, que l’État d’Israël commettait un génocide à Gaza, sa présidente affirmant sans ambiguïté « [qu’]il est clair qu’il existe une intention de détruire les Palestiniens de Gaza par des actes qui répondent aux critères énoncés dans la Convention sur le génocide », point.

    Parmi les signataires, outre le philosophe pour chaînes d’info Raphaël Enthoven, le vrai-faux pacifiste Joann Sfar et l’inénarrable Bernard-Henri Lévy, toujours dans les bons coups, on retrouvait, entre autres, Arthur (« Pendant que vous comptez les calories à Gaza, les bourreaux du Hamas humilient, filment, jubilent »), Alain Minc (« La honte ce n’est pas que [Netanyahou] bombarde Gaza, c’est qu’il a amené Israël dans une impasse ») ou Yvan Attal (« [Les Palestiniens] veulent absolument un génocide parce qu’ils pensent que le monde nous a donné Israël après la Shoah, donc après un vrai génocide »), un bien beau casting (1). Autre nom remarqué, celui de Charlotte Gainsbourg, ce qui a valu à l’actrice, qui va interpréter l’avocate Gisèle Halimi à l’écran, un percutant courrier du fils de cette dernière rappelant que sa mère fit preuve d’une « solidarité constante avec Gaza », effectivement. Un rôle pas vraiment taillé sur mesure donc, comme si Jordan Bardella endossait les habits de Jean Moulin ou comme si l’on embauchait, pour un biopic de Martin Luther King, le suprémaciste Charlie Kirk — hypothèse qui semble toutefois, selon de récentes informations, peu probable.

    Chers complices du génocide, soyez rassurés : nous n’entendons pas faire preuve dans cette missive d’un quelconque acharnement contre les signataires de la tribune du 19 septembre, ce qui serait, déjà, un peu facile, et, surtout, particulièrement injuste dans la mesure où ils sont loin d’être les seuls à avoir, depuis près de deux ans maintenant, pris fait et cause pour la guerre génocidaire menée par Israël à Gaza, et ce alors même que l’ampleur du massacre était, et continue d’être puisqu’il est toujours en cours, chaque jour un peu plus documentée. En relisant nos précédents textes et alors que nous nous interrogions sur la pertinence de rédiger un « numéro spécial » à l’occasion de la cinquantième livraison du Boxing Day, nous avons ainsi été rapidement convaincu qu’il serait singulièrement inconvenant à votre égard de laisser imaginer que vous ne mériteriez pas tous de compter parmi les destinataires d’un courrier à l’attention de ceux qui, en France, peuvent être qualifiés de complices directs ou indirects du génocide commis à Gaza.

  • Néonazis, pédocriminels, masculinistes et nihilistes : enquête sur ces communautés de jeunes hommes fascinés par le mal et l’ultraviolence

    [ TW masculinisme au cube : féminicides, viols, ...]
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/09/29/neonazis-pedocriminels-masculinistes-et-nihilistes-enquete-sur-ces-communaut

    Comme d’autres groupuscules similaires actifs sur les messageries Discord et Telegram, 764 est une communauté ouvertement sociopathe et nihiliste, un pot-pourri idéologique où cohabitent racisme, antisémitisme, #néonazisme, #masculinisme, #pédocriminalité et références satanistes. Ses participants sont pour l’essentiel de très jeunes hommes, parfois mineurs, souffrant d’importants problèmes psychologiques, qui, à travers une forme de sextorsion, contraignent des adolescentes fragiles à se scarifier ou à s’adonner à des actes sexuels violents et dégradants par webcams interposées.

    Durant sa garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Rouen, Théo ne s’est pourtant réclamé d’aucune idéologie : il n’est pas plus néonazi que sataniste, a-t-il assuré. Ce qui l’a conduit à rejoindre 764, c’est son attirance pour le morbide. Une fascination alimentée par le foisonnement de contenus ultraviolents disponibles sur certains sites gore, où cohabitent des vidéos de tueries de masse, d’accidents, de meurtres ou d’attentats en tout genre.

    Théo fait remonter sa dérive à deux ou trois ans quand, au fil de ses journées, absorbé par l’écran de son ordinateur, il a fait la découverte de 764. Pour intégrer ce groupe, a-t-il expliqué aux policiers, il faut remplir l’une de ces trois conditions : avoir tué quelqu’un et être en mesure de le prouver ; avoir tué des animaux et être en mesure de le prouver ; avoir contraint des jeunes filles à se mutiler et être en mesure de le prouver. C’est donc pour devenir membre de 764 qu’il reconnaît avoir tué deux lapins en les étouffant dans un sac et en filmant leur agonie. Et c’est dans le même but qu’il admet avoir contacté une cinquantaine de jeunes filles sur des forums d’adolescentes dépressives et suicidaires pour les amener à se scarifier.

    Ce dossier n’est pas le premier du genre à intéresser la justice française. Il existe au moins un précédent, plus dérangeant encore et d’une tout autre ampleur : celui de Rohan R. Ce jeune Indien de 22 ans, issu de la classe moyenne supérieure de Bombay, vivait depuis près de quatre ans à Antibes (Alpes-Maritimes) pour y suivre ses études dans une école de commerce internationale quand il a été interpellé, en avril 2021.
    Depuis la Côte d’Azur, le jeune homme administrait un autre groupe sur Discord, baptisé « CVLT » (prononcer « cult », « secte » en anglais). Il devrait être jugé en 2026 devant la cour d’assises de Paris, où il encourt la réclusion criminelle à perpétuité pour pas moins de 20 crimes et délits, parmi lesquels « torture ou acte de barbarie sur un mineur de 15 ans », « détention d’images pédopornographiques », « provocation au suicide suivie d’effet » ou encore « complicité de viol d’un mineur de 15 ans ».

    https://justpaste.it/bjzmy

    • « Beaucoup de personnes ont peur de moi. La peur est le seul moyen d’avoir le contrôle sur les autres. »

      (Parole prononcées par Rohan R., jeune Indien de 22 ans, issu de la classe moyenne supérieure de Bombay et administrateur du groupe Discord baptisé « CVLT » lors de son audition par le juge d’instruction).

      En voilà un qui a bien "retiendu" les leçons de nos bons maîtres à penser, ceux que l’on voit quotidiennement dégoiser sur les plateaux des chaînes d’infos en continu.
      Allons, un peu de "pragmatisme" : tous ces jeunes gens, ils pourront bientôt prouver leur "valeur" sur le "front russe" ...

    • Je crois pas qu’ils finiront, sauf rares exceptions, dans des groupes à la Roussitch. Ils se voient avant tout comme aptes à prouver leur domination aux yeux de quelques semblables avec lesquels ils sont en compétition, collectionnent des « victoires » sans risque (surtout pas de combat), si ce n’est légaux. Ils se font valoir dans un monde sans enjeu territorial aucun, celui de dividus de l’internet. Peu de chances que cela donne des vrais grands chefs, ou même de la chair à canon. En revanche, cela peut conduire à des assauts féminicides inédits.

    • Ah mais, ce n’est pas mon propos. Je pensais plutôt : on ne leur demandera pas s’ils sont d’accord. On les sortira de leurs geôles et ils devront acheter leur impunité au prix du sang. Pourquoi l’Occident se priverait-il de son Prigojine et de la milice qui va bien pour des opérations « spéciales » ? On pourrait même les employer pour des missions intérieures contre des « séparatistes » un peu trop attachés aux valeurs démocratiques.

    • Éléments d’analyses et quelques entretiens vidéo en illustration du propos. Chaque vidéo fait l’objet d’un découpage en chapitres pour mieux se repérer dans l’exposé (ou pour aller au plus pressé, c’est vous qui voyez) :
      https://www.diagrammes.fr/fr/program/variete-des-extremes-droites

      L’essor global des extrêmes droites s’accompagne de la structuration d’une véritable internationale brune, avec ses lieux de rencontre réguliers et ses intellectuels organiques. Il convient toutefois de ne pas négliger les différences entre plusieurs grandes familles : car ils ont beau croiser leurs expériences, s’emprunter des morceaux de programmes ou parfois se ranger derrière un même candidat, les promoteurs d’un état social financé par des tarifs douaniers et purgé de ses bénéficiaires allogènes ne se confondent pas avec les « tronçonneurs » libertariens des administrations publiques. Pareillement, les nostalgiques des hiérarchies traditionnelles ne partagent pas forcément les priorités des défenseurs d’un peuple supposément méprisé par des élites arrogantes.

    • Loïk Le Priol s’engage à l’École des mousses dès 16 ans, en 2010. Après avoir été utile à l’armée comme commando de marine, il en fait trop en permission dès 2015. L’armée raque pour ses frasques et le démobilise pour raisons médicales. Puis son contrat militaire est rompu par l’employeur en octobre 2017, suite à une condamnation pénale, « au motif de son implication dans des actes de violence graves, incompatibles avec l’état de militaire ».
      Mais à part une figu sur un clip de rap, c’était pas le genre à se faire mousser sur le net.
      https://fr.wikipedia.org/wiki/Loïk_Le_Priol

  • The practitioner as catalyst: How a global learning community is turning frontline experience into action on health inequity
    https://redasadki.me/2025/09/10/the-practitioner-as-catalyst-how-a-global-learning-community-is-turning-fr

    “In this phase of my life, I want to work directly with the communities to see what I can do,” said Dr. Sambo Godwin Ishaku, a public health leader from Nigeria with over two decades of experience. His words opened the second day of The Geneva Learning Foundation’s first-ever peer learning exercise on health equity. They also spoke to the very origin of the event itself. The Geneva Learning Foundation’s Certificate peer learning programme for equity in research and practice was created because thousands of health workers like Dr. Ishaku joined a global dialogue about equity and demanded a new kind of learning—one that moved beyond theory to provide practical tools for action. This inaugural session on 9 September 2025, called “Discovery Day,” was a direct answer to that call. It was not a (...)

    ##1 ##2 ##3 ##4 ##5

  • From diagnosis to duty: health workers confront their own role in #inequity
    https://redasadki.me/2025/09/11/from-diagnosis-to-duty-health-workers-confront-their-own-role-in-inequity

    A thirteen-year-old girl in Nigeria, bitten by a snake, arrived at a hospital with her frantic family. The hospital demanded payment before administering the antivenom. The family could not afford it. The girl died. This was one of the stark stories shared by health professionals on September 10, 2025, during “Exploration Day,” the third day of #The_Geneva_Learning_Foundation’s inaugural #peer_learning exercise on #health_equity. The previous day had been about diagnosing the external systems that create such tragedies. But today, the focus shifted. “Yesterday, we looked at the problem,” said TGLF facilitator Dr María Fernanda Monzón. “Today, we look in the mirror. We move from analyzing the situation to analyzing ourselves, our own role, our own power, and our own assumptions”. The (...)

    #Global_health #1 #2 #3 #4 #5 #Certificate_peer_learning_programme_for_equity_in_research_and_practice #experiential_learning #HEART

  • #AMIS

    Vous avez aussi probablement vers chez vous une antenne ligue des droits de l’Homme / association anti répression qui ont des numéros d’avocat : il est recommandé de s’écrire le-dit numéro quelque part (sur le bras par exemple) pour pouvoir l’appeler en cas de garde à vue.

    https://pipou.academy/@darckcrystale/115176601595782106

    #conseils #garde_à_vue #arrestation #avocat #médecin #silence #informer
    #droits #guide #manuel #manifestation #police #défense #résistance #quoi_faire #je_n'ai_rien_à_déclarer #quoi_faire

    • #Conseils_pratiques pour manifester

      Ce document est une compilation d’infos collectées un peu partout sur le Net, suite notamment aux mobilisations de Seattle, Washington, Prague, Nice, Davos, Gènes ...
      Ces infos sont là pour vous aider à vous préparer pour les prochaines mobilisations ...
      L’une des caractéristiques des dernières grosses mobilisations anti-capitalistes a été l’existence de nombreux petits groupes affinitaires, très mobiles. Un certain nombre des conseils ci-dessous concernent ces groupes affinitaires.
      Même si vous décidez de bouger au sein de gros cortèges, il peut être utile de vous coordonner au sein de ces cortèges en petits groupes.
      La plupart de ces conseils paraîtront sans doute évidents, ou paranos, mais bon, mieux vaut essayer de prévoir avant.

      Trousses de secours

      Il est important d’avoir toujours sur soi de quoi soigner de petites blessures, qu’elles soient le fait de la répression policière ou de simples accidents.

      Pensez par exemple à du sérum ou un produit pour les yeux, de quoi faire un pansement d’urgence si vous êtes séparéE de votre secouriste ; une bande, quelques compresses...

      Asthmatiques, pensez à la ventoline,

      Privilégiez les lunettes aux lentilles, ayez si possible 2 paires dont une qui ne craint rien,

      Pour les filles, si vous avez vos règles, privilégiez les serviettes aux tampons, en cas d’arrestation vous risquez de ne pas pouvoir en changer.

      Essayer d’avoir dans chaque groupe quelqu’un ayant des notions de secourisme, et une trousse de secours complète, avec :

      – Des gants stériles,
      – des pansements,
      – des compresses,
      – des bandes stériles,
      – du coton (nez qui saigne...),
      – des antiseptiques,
      – les médicaments classiques contre les maux de tête, les problèmes digestifs...

      Quelques objets à avoir sur vous :
      Prenez autant d’eau que vous pouvez sans vous surcharger. Pour boire bien sûr, mais aussi pour se rincer les yeux en cas d’attaque aux gaz, ou pour nettoyer une plaie. Evitez évidemment les bouteilles en verre.
      De l’argent liquide, ça peut toujours servir. Si vous vous faites arrêter, les flics peuvent vous apporter des sandwichs en vous les faisant payer. Pensez à avoir de la monnaie si vous devez utiliser des toilettes publiques, un distributeur de café ...
      Une carte téléphonique, même si vous avez un portable.
      De quoi écrire : feuilles et stylos peu fragiles, mais aussi marqueurs si vous devez laisser des messages
      Une lampe de poche,
      *des allumettes,
      Pensez a prendre de la nourriture.
      Si les actions durent des heures, il ne faut pas oublier de faire régulièrement des pauses pour grignoter. Ca permet de se calmer et de reprendre des forces. Prenez des choses énergétiques et peu fragiles (chocolat, pâtes de fruit, barres de céréales...) Evitez les fruits qui s’écrasent au fond du sac

      Comment s’habiller ?
      Essayez de vous habiller de la façon la moins voyante possible,
      Pensez à avoir des vêtements chauds,
      Des chaussures confortables pour marcher longtemps, courir... et qui ne prennent pas l’eau,
      Une cape de pluie (ou un sac poubelle) peut être utile,
      Emportez de quoi vous changer, pour plusieurs raisons :
      – si vous avez été repéréE en train de faire des choses que la loi réprouve,
      – ça peut vous éviter de vous faire interpeller,
      – des vêtements empestant les lacrymos ou pleins de boue peuvent vous dénoncer aux flics ?
      – si les flics utilisent des canons à eau, prévoir des vêtements imperméables, ou de quoi se changer.
      Les affaires de rechange seront utilement emballées dans des sacs plastiques pour les protéger des intempéries...
      des sacs plastiques (ça peut toujours servir).

      Concernant les informations juridiques, avoir un nom d’avocat suffit en théorie. Pas besoin d’avoir son numéro. Pas besoin non plus d’avoir sur soi son guide du manifestant interpellé :
      Il est préférable de l’avoir lu et de le connaître avant, même si les commissariats sont généralement des zones où le droit des manuels ne s’applique pas.

      Comment se protéger ?
      A chacunE de déterminer s’il/elle se donne les moyens de se protéger, au risque de passer pour unE affreux/euse casseur/euse, ou s’il/elle préfère se faire passer pour unE innocentE passantE embarquéE bien malgré lui/elle dans cette histoire. Ceux qui décident de se protéger pourront recourir aux méthodes classiques :
      Lunettes de plongée pour les yeux,
      Prévoir plusieurs foulards, keffieh...
      Les garçons pourront avoir intérêt à avoir une coquille,
      Pour les bras et les jambes, des protèges-tibias classiques, ou la méthode italienne, à base de blocs de mousse renforces de bouts de bois.
      N’oubliez pas les gants
      Pensez aussi à quelque chose pour vous couvrir la tête, toujours utile contre les retombées de grenades lacrymos
      Il ne s’agit pas de se transformer en guerrier urbain, mais l’expérience prouve que quelque soit le type d’action menée, qu’elle soit violente ou non, la riposte policière est toujours brutale.

      Pour éviter les ennuis :
      N’oubliez pas vos papiers d’identité
      Du papier toilette, ça peut toujours servir
      Si vous avez un portable, pensez a le recharger avant de partir et emportez si possible une batterie de rechange ou des piles.
      Si vous n’avez aucun endroit sûr où laisser vos affaires (si vous êtes hébergés dans un squat que les flics risquent d’évacuer par exemple. A Prague, les flics ont confisqué des sacs au camping pendant que les propriétaire n’étaient pas là), il peut être utile de n’emporter que le minimum d’affaire et d’avoir toujours son sac avec soi.

      Communiquer ?
      Pour pouvoir bouger efficacement, il est essentiel d’avoir de bonnes infos, et pour cela nous ne pouvons compter que sur nous. L’exemple de Prague où d’innombrables fausses informations (intentionnelles ou non ont circulées nous le prouve. Il faut donc avoir des moyens de communication et des contacts fiables. Le moyen de communication de base est bien évidemment le portable. Mais il ne faut pas oublier le rôle des messagers. Si ceux-ci peuvent disposer de moyens de déplacement rapides (rollers, trottinette, vélo...), c’est encore mieux. Il faut avoir des contacts fiables dans les groupes d’activistes, mais aussi dans les endroits « stratégiques » (centres de convergence, points infos...) et quelques personnes « à l’arrière » chargées de collecter et de retransmettre les infos. Même s’il ne se passe rien, que chaque groupe informe régulièrement les collecteurs, afin que chacunE puisse avoir en permanence une vision claire de la situation, et se déterminer en fonction.
      N’oubliez pas que toute communication est interceptable.
      Il peut être utile de prévoir un code.

      http://1libertaire.free.fr/manif1.html

    • Pratique sur l’équipement du bon petit manifestant

      Considérant l’engouement pour les manifestations qui se profilent dans les jours / semaines à venir, je me permets aujourd’hui de partager quelques conseils pratiques pour celles et ceux qui seraient amenés à prendre place dans un cortège pour la première fois. C’est une expérience très enrichissante, mais comme tout, ne doit pas forcément se prendre à la légère.

      Ces conseils sont tirés à la fois de mon expérience acquise suite aux manifestations auxquelles j’ai pris part (les premières remontant à l’époque du lycée vers 2010, les dernières étant les grosses manifs gilets jaunes au début du mouvement), mais aussi de bon sens basique.

      La tenue :

      Prévoyez un tenue adaptée à la météo du jour, avec de bonnes chaussures. Une manifestation, par définition, consiste à marcher dehors. Vous n’irez pas faire un trek l’été en tong avec une doudoune, adaptez donc votre tenue aux conditions météo locales. Ne vous couvrez pas trop cependant, marcher entretient la chaleur du corps, il faut trouver votre équilibre. Preférez des chaussures imperméables.

      Prenez des vêtements auxquels vous ne tenez pas. Il se peut que vous vous retrouviez avec des vêtements abimés, ce qui serait dommage s’il s’agit de vêtements chers, mais aussi l’odeur de la lacrymo est très persistante et fort désagréable.

      S’il y a un risque de pluie, prenez un K-Way ou tout autre sur-vêtement imperméabilisé. Être trempé jusqu’aux os dehors en plein hiver vous coupe l’envie de revendiquer quoique ce soit. Si vous n’en avez pas, un sac poubelle fera l’affaire. C’est l’accessoire du pauvre, mais je préfère ça qu’être trempé jusqu’au slip.

      Un vêtement capable de couvrir les voies respiratoires est un plus. Si jamais ça devient trop chaud, les forces de l’ordre ne tarderont pas à employer le gaz lacrymo. Ce truc est un enfer, autant pour les yeux que pour les poumons et la gorge. On y reviendra plus loin, mais si vous devez passer par une zone même faiblement gazée, vous devrez pouvoir vous couvrir les voies respiratoires.

      Ne vous vêtissez pas d’une tenue trop voyante. En cas d’altercations, vous serez bien plus facilement identifiable. Bien que vous n’ayez rien fait, vous serez une cible « de choix » pour les forces de l’ordre, qui auront moins de mal à désigner « le gars avec une perruque vert fluo » que « le type avec son jean bleu ». Passer une nuit au poste, voire même seulement quelques heures, ne m’attire pas du tout.

      Le sac à dos :

      Accessoire indispensable, vous devez y mettre :

      – de l’eau - c’est l’élément vital. Si vous vous trouvez loin de chez vous, sans réel point d’eau, ça va être compliqué de tenir dans la durée. Eventuellement demandez à des voisins de cortège, voire des bars ouverts sur le chemin planifié, mais par confort emportez votre eau. Je suggère 1,5L d’eau par demi-journée, pour une journée complète de marche et de chant ça fait 3L, ça reste peu mais ça limite le poids dans le sac.

      – de la nourriture - même principe que pour l’eau, même si l’eau reste prioritaire. Tenir toute une journée avec le ventre vide est une mauvaise idée, vous devez vous ressourcer. Si votre cortège organise les fameux « barbec CGT » pas de soucis, dans le cas contraire soyez autonomes. Une barre de céréales, un truc chocolaté ou sucré, un double-sandwich pour le midi suffisent, pas besoin d’emporter sur le dos un service raclette pour 10 personnes

      – vos papiers / de l’argent - en cas de contrôle, vous devez justifier de votre identité. Mais en cas de chahut, ça peut vite partir en vrille. Ce que je suggère, c’est de laisser votre porte-feuille / sac à main à la maison, et de prendre dans une petite poche plastique hermétique votre carte d’identité ou votre permis de conduire, votre carte vitale et de 20 à 30€ en espèces. Ainsi, aucun risque de perdre la totalité de votre portefeuille et de se retrouver avec les emmerdes qui vont avec. L’argent en espèces ça permet d’acheter n’importe quoi en cas de besoin, on sait jamais. Et la CI et la carte vitale, c’est en cas de contrôle ou en cas de pépin physique qui nécessiterait qu’on vous emmène aux urgences (on ne m’a jamais confirmé la carte vitale mais par prudence j’ai toujours préféré la prendre). Et le tout dans un sac hermétique, ainsi ça évite que la pluie ou l’eau des canons à eau ne vienne imbiber le tout.

      – (dans les grands cortèges) de quoi prodiguer les premiers soins à l’arrache - pansements, collyres majoritairement. En cas de petite blessure non grave ou de contact des yeux avec du gaz lacrymo, ces deux petits machins valent très cher dans un cortège. Le gaz lacrymo est persistant sur vos yeux, et les frotter n’est absolument pas efficace pour s’en débarrasser : seules des larmes artificielles pourront vous nettoyer les yeux.

      – s’il vous reste de la place, un tee-shirt et un pull de rechange (dans un sac hermétique). Si l’eau s’est infiltrée sous vos vêtements, ce sera une bénédiction de pouvoir se changer mi-parcours. Sinon plus de nourriture et d’eau. Rappelez-vous cependant que le sac doit pouvoir être assez léger pour le supporter toute la journée, et si besoin, ne doit pas diminuer votre capacité à courir.

      Le comportement :

      Suivez le mouvement, suivez le mouvement, suivez le mouvement. Les organisateurs de la grève ont prédéfini un parcours, les forces de l’ordre quadrillent le parcours, et si tout le monde joue le jeu tout ira pour le mieux. Globalement en tête de cortège se trouveront les organisations syndicales, ils ont des membres qui connaissent la route. En cas d’hésitation, suivez-les. Même si pour une raison inconnue le cortège se coupe en deux, suivez les syndicats. Et si la foule est trop nombreuse, et que vous n’avez pas en vue les organisateurs, demandez aux forces de l’ordre quelle est la voie à suivre.

      Il se peut que des brigades de FDO pratiquent des contrôles à l’entrée. Dans ce cas, vous ne pourrez rejoindre le cortège que par des points précis, et vous serez alors soumis à un contrôle. Le moindre objet sur vous qui peut générer de la casse sera interdit et vous n’aurez alors pas l’accès au cortège. Ils interdissent toutes les armes évidemment, mais également des casques de scooter. Tout objet « exotique » pourra être considéré comme suspect, par exemple un gars en possession de lunettes de plongée devant moi s’est vu interdire l’accès (ce sont les meilleures protections oculaires contre le gaz lacrymo, d’où l’interdiction).

      En cas de mouvement de foule, ne paniquez pas. Si ça court, il y a peut-être une raison, mais il n’y en pas très certainement pas. Les FDO, quoiqu’on en dise, protègent le cortège de tout incident (terrorisme, dégénéré en voiture, etc). Je ne les porte pas du tout dans mon cœur, mais n’ai jamais eu à déplorer d’incident de ce type lors de mes manifs, donc logiquement tout se passera bien de ce côté-là.

      En cas de contact avec du gaz lacrymo, couvrez-vous les voies respiratoires et essayez de fermer au maximum les yeux. Ne les fermez pas complètement, vous pourriez dans votre fuite percuter un élément présent sur le trottoir et tomber inconscient, avec tous les risques que ça entraîne derrière. Rappelez-vous, le gaz est très opaque, et pris dans un gros nuage il est difficile de voir à travers. De manière générale, tomber au sol dans un cortège est une très mauvaise situation, d’autant plus si ça court autour de vous. Aussi douloureux que soit le contact avec le gaz lacrymo, vous devez vous en sortir au plus vite.

      Rien n’annonce l’arrivée du gaz lacrymo à part le bruit spécifique que font les projectiles lorsqu’ils se dispersent de leur support. C’est un « Poc » très caractéristique. Sitôt que vous l’entendez, vous avez environ 5s pour trouver où ça va se déclencher et en partir au plus vite. Repérer le sens du vent est un très bon atout pour se prémunir des fumées.

      Quoiqu’il se passe, ne vous approchez pas des projectiles tombés au sol. Dans la panique vous ne saurez identifier s’il s’agit d’une grenade explosive ou d’un palet lacrymo. Ne perdez une main inutilement, éloignez-vous.

      Il se peut qu’il y ait des « médecins » dans le cortège. Chaque fois que j’en ai vu, c’était lors de manifs dans de grandes villes. Il s’agissait d’étudiants et internes dans un domaine médical, portaient des blouses blanches avec des + rouges coloriés dessus, et distribuaient des pansements, larmes, de l’eau, tout pour vous permettre de ne plus souffrir du gaz lacrymo. Si vous êtes confrontés à du gaz lacrymo mais n’avez rien pour en débarrasser, allez voir ces personnes.

      Ne cassez rien, ne dégradez rien, n’attaquez personne. Aussi chauds que peuvent être certains cortèges, aussi remontés suite à des provocations ou des actes illégaux de certains FDO, ne réagissez pas à chaud. Si ça arrive autour de vous, allez-vous en vite (sans courir), ou si c’est impossible, trouvez un abri. Vous ne voulez pas être celui qui prend le LBD dans la tronche ? Ne soyez pas là où les troubles se produisent.

      Vous vous trouverez dans un cortège dans lequel se trouveront de nombreuses autres personnes. L’effet de groupe est incroyable, et peut vous transcender dans votre lutte, mais gardez toujours un œil extérieur sur d’une ce qu’il se passe, et deux, ce que VOUS faites. Ce n’est pas parce que votre camarade de cortège, avec qui vous chantez et insultez Elisabeth Borne depuis 8h ce matin veut soudainement mettre le feu à un buisson que vous devez lui dire oui ou même ne rien dire. Limitez vos comportements néfastes, mais essayez dans la mesure du possible de restreindre ceux des autres. Vous n’aurez hélas que très peu d’emprise sur simplement 2 gars un peu trop chauds, alors jaugez pour EN PRIORITE ne pas mettre votre vie ou votre santé en danger.

      Si vous venez avec des amis ou votre conjoint, il est de bon ton de rester proches les uns des autres. Cependant, en cas de débordements, acceptez le fait d’être séparés d’eux. Vous les retrouverez quoiqu’il arrive le soir, alors il est déconseillé de se mettre en danger juste pour le principe d’être avec eux. Tout le monde a son portable sur soi, vous allez bien vous retrouver à l’appart autour d’un petit apéro après la bonne douche.

      Concernant le portable d’ailleurs, je vous suggère d’avoir rechargé votre batterie à 100% avant de démarrer la journée.

      Voilà c’est à peu près tout ce que j’avais à dire pour des manifestants débutants et pacifistes. J’ai volontairement omis les « techniques de combat » face aux FDO et autres moyens de tricher avec les règles mises en place.

      A ceux que j’aurais pu effrayer, dites-vous que les 3/4 des conseils ne sont pas applicables aux petites manifestations. Cependant par soucis de faire bien, j’ai listé tout ce que j’avais en tête.

      Aussi, je ne suis pas un « manifestant pro échelon 4 », d’autres conseils pourraient être bien meilleurs que les miens. Alors camarades de précédents cortèges, corrigez ou complétez moi. Ce qui importe le plus, c’est votre sécurité (et que la réforme ne passe pas).

      https://www.reddit.com/r/france/comments/10e9rfr/pratique_sur_l%C3%A9quipement_du_bon_petit_manifestant

    • Pour partir en manifestation sereinement, quelques bons conseils à réfléchir en amont

      AVANT LA MANIF’

      – Organise-toi avec d’autres personnes pour ne pas aller seul·e à la manifestation. Le mieux est de se regrouper suivant les envies, les peurs, les risques que l’on accepte de prendre. C’est bien d’aborder concrètement ses points avec les personnes qui vont t’accompagner pour éviter les malaises et les situations inconfortables.
      - Tchecke ton téléphone : c’est une bonne source d’information pour la police si tu te fais arrêté·e. Assure-toi que tu as un bon code pin (évite 1234 et 1312, régulièrement essayés par les flics), efface tes messages et tes conversations [1]. Demande-toi si tu en as besoin, ou si c’est plus simple de le laisser chez toi [2].
      - Prépare de quoi te protéger des armes de la police : Masque ou lunette de ski contre les Balles de Défense, masque à gaz contre les lacrymos, protections de toutes sortes (protèges-tibia, casque,…).
      - Habille-toi de façon adaptée : mets de bonnes chaussures et des vêtements pas trop amples. Un foulard peut aussi être utile. C’est mieux de s’attacher les cheveux, et de laisser les boucles d’oreilles et les piercings à la maison.
      – Prépare de quoi te soigner ou soigner d’autres personnes. Contre les gaz : sérum physiologique, bouteille de maalox ou de xolaam (un médicament pour le ventre que tu trouves en pharmacie, et qu’il faut dilluer dans l’eau). C’est bien d’avoir quelques matériels de premiers soins pour les autres types de blessures : bandages, compresses,… et pourquoi pas une trousse de secours plus complète, avec des gants stériles, des pansements, des compresses, des bandes stériles, du coton, des antiseptiques et les médicaments classiques contre les maux de tête, les problèmes digestifs…
      - Vérifie tes poches et ton sac à dos : n’emmène rien qui soit inutile (que tu pourrais perdre, ou que les flics pourraient te prendre). Vérifie que tu n’as pas de couteaux ou de drogues (qui sont des bons prétextes d’arrestation pour les flics. À l’inverse, il est toujours bien d’avoir une ou deux bouteilles d’eau, de quoi grignoter, et un peu d’argent liquide.
      - Renseigne-toi sur les contrôles et les fouilles. Les sites d’information alternative donnent parfois ce genre d’information. Demande-toi si tu prends tes papiers d’identité.
      - Apprend ou note le numéro du collectif anti-rep local [3].
      - Cherche le nom d’un·e avocat·e qui te convienne. Dans de nombreuses villes, les collectifs anti-rep conseillent des avocat·es disponibles les jours de manifestation.
      - Prépare tes garanties de représentation. Même si le risque de se faire arrêter reste faible, quelques bons réflexes peuvent changer la donne en cas d’arrestation et de poursuites. Les « garanties de représentation » sont des papiers que ta ou ton avocat·e présentera au juge dans le cas où le procureur a demandé que tu passes en procès immédiatement à la sortie d’une garde-à-vue et que tu demandes un délai pour te préparer [4]. Il s’agit de documents administratifs de base, qui atteste de ta situation, et qui pourront convaincre le juge que tu ne vas pas t’enfuir avant ton procès. Tu peux produire les pièces que tu veux, dont les principales sont : carte d’identité, attestation de logement (bail, quittance de loyer, facture), situation professionnelle (contrat, dernière feuille de paie, promesse d’embauche rapide, certificat de scolarité), situation familliale (livret de famille, certificat de naissance).
      - Parle avec tes proches de ce qu’ils ou elles doivent faire si tu te faisais arrêter : qui doivent-ils prévenir, où peuvent-ils trouver tes garanties de représentation, quel·le avocat·e est-ce que tu vas demander, est-ce que tu souhaiterais une forme de soutien extérieure,…
      – Tu peux imprimer les tracts des collectifs anti-rep locaux [5] et les distribuer autour de toi.

      EN MANIF

      - Ne reste jamais seul·e, n’hésite pas à proposer clairement à une ou plusieurs personnes de rester avec toi.
      - Pense aux yeux qui te regardent : très souvent en manifestation, on est regardé soit par des policiers soit par des caméras. Parmi les flics qui encadrent les manifestations, certains sont en civil, infiltrés dans le cortège. On peut les identifier facilement quand on observe attentivement. Il y a aussi toute une panoplie de caméras dans les centre-ville (dont tu peux trouver des cartographies participatives en ligne). Pense aussi aux caméras privées, aux téléphones, aux go-pro… Tu peux te masquer ou te déguiser si tu ne veux pas êtres sur ces images.
      – Reste en cortège dense. Les flics ont beaucoup plus de difficultés à arrêter des personnes quand elles se trouvent au sein d’un cortège dense, au milieu de manifestant·es qui font attention les un·es aux autres. L’attention et la solidarité au sein d’une manifestation sont primordiales. N’hésite pas à alarmer les autres ou à intervenir quand tu es témoin d’une arrestation.
      - Ne bois pas (ou pas trop…) : l’alcool nous rend souvent moins doué·es en élaboration collective et en évaluation des risques ! Il donne un bon prétexte aux flics pour t’arrêter, et il favorise la déshydratation et le risque d’hémorragie en cas de blessure.
      – Fais attention aux armes de la police :
      > Les lacrymogènes sont envoyées généralement en cloche. On les voit arriver si on est attenti·ve, on peut les éviter facilement en se déplaçant et en observant le sens du vent. Les effets peuvent être assez violents (difficulté à respirer et à ouvrir les yeux), il faut rester calme, respirer doucement, s’éloigner et se soigner. Les effets ne durent pas très longtemps.
      > Les gazeuses à main sont utilisées dans les contacts rapprochés. À bout portant, les effets dans les yeux peuvent être très handicapant pendant quelques heures.
      > Les Lanceurs de Balle de Défense – qu’on continue souvent à appeler « flashball » – envoie des balles en caoutchouc. Suivant la distance à laquelle on se trouve, et la partie du corps atteinte, les balles peuvent faire de graves blessures. Vous pouvez essayer de repérer parmi les flics où est le lanceur, pour anticiper les tirs.
      > Les grenades : il y en a de différentes sortes, dans tous les cas il ne faut absolument jamais essayer de les ramasser ou de les renvoyer. Éloigne-toi si tu les vois arriver.
      - Soigne-toi et soigne les autres.
      > Les effets des gaz lacrymogènes se soignent avec du sérum physiologique et du maalox (voir plus haut). Tu peux aussi imbiber à l’avance une écharpe de jus de citron.
      > Les effets des gazeuses à main se soignent avec des lingettes. Il faut s’essuyer plutôt que de mettre de l’eau.
      > Pour les blessures plus grave, n’hésite pas à te tourner vers les street medic (des personnes qui proposent de soigner les blessé·es, elles ont souvent des signes distinctifs, et du matériel de soin approprié).
      – Fais attention en quittant la manif’ : le mieux est de partir par deux ou trois. Il faut éviter d’être seul·e, mais ce n’est pas très malin non plus de partir à trop nombreu·ses, pour ne pas attirer l’attention des flics. Lorsque tu portes des vêtements qui t’identifient facilement, change-toi ou jette tes vêtements si tu penses que les flics te cherchent.

      EN CAS D’ARRESTATION

      Voici quelques bases, mais le mieux est de lire les conseils pratiques « Vous risquez d’aller en gav« .

      – NE DÉCLARE RIEN : avouer ne pourra jamais t’aider, même si les flics te disent le contraire (ils ont absolument besoin de tes aveux pour pouvoir te poursuivre, sans eux ton dossier a de grandes chances d’être vide !).
      – Demande TOUJOURS un·e avocat·e, même quand tu penses que ce qui t’est reproché n’est pas grave. C’est vraiment important pour la suite de ton aventure.
      - Refuse la comparution immédiate (c’est un procès qu’on te propose à la sortie de ta garde-à-vue) : demande un délai pour préparer correctement ton procès. C’est très important. Les procès immédiats sont bien plus sévères.
      - Tu peux choisir de refuser de donner tes empreintes et ton ADN. Et oui, la signalétique, c’est pas automatique ! Tu auras sûrement des poursuites, mais le jeu en vaut parfois la chandelle.
      - Exerce ton droit au silence si on te demande ton code pin. Les flics veulent lire ton téléphone pour t’incriminer ou incriminer d’autres personnes. Ne les aide pas !

      N’hésite pas à poser des questions au collectif anti-rep de ta ville.

      –—

      [1] Tu peux aussi utiliser des messageries qui cryptent les échanges et qui peuvent effacer automatiquement les messages, comme Signal.

      [2] À ce propos, tu peux lire l’article « Ne jamais éteindre son téléphone : une nouvelle approche à la culture de la sécurité«  : https://iaata.info/Ne-jamais-eteindre-son-telephone-une-nouvelle-approche-a-la-culture-de-la-29

      [3] Tu peux trouver certains de leur contact sur la page d’accueil du site.

      [4] Ce procès s’appelle une comparution immédiate.

      [5] Tu peux en trouver certains sur les pages du site de chaque collectif.

      https://rajcollective.noblogs.org/conseils-pratiques/vous-allez-manifester

  • In no part of Europe are the mass of the people, and especially of the middle-classes, more utterly ignorant of the foreign policy of their own country than in England ...

    via https://diasp.eu/p/17846187

    ... an ignorance springing from two great sources. On the one hand, since the glorious Revolution of 1688, the aristocracy has always monopolized the direction of foreign affairs in England. Karl Marx in the New-York Tribune 1861
    https://www.marxists.org/archive/marx/works/1861/10/21.htm

    #kc3 #windsor #gb #canada #australia #5eyes #marx

  • Auto-défense contre l’#IA_générative

    #1 : C’est juste un outil

    #2 : Avant, les gens avaient aussi peur de la photographie

    #3 : Les gens s’adapteront

    #4 : De toute façon c’est déjà là, on peu rien y faire

    #5 : Ça n’a pas vocation à prendre le métier des gens

    #6 : Moi je n’ai pas de don alors j’ai le droit d’utiliser l’IA générative

    #7 : Ça créé à partir de rien

    #8 : Tu pollue autant en étant sur les réseaux sociaux

    #9 : C’est juste une innovation

    #10 : Critiquer les utilisateur d’IA générative ça reviens à les empêcher d’être artistes

    #11 : Ce qui te fait peur, c’est juste de la S.F.

    #12 : Ça me permet de travailler plus vite !

    #13 : Tu es alarmiste, on en est pas encore là

    #14 : C’est possible de faire de l’IA éthique

    #15 : Les artistes aussi se copient déjà entre eux, ça change rien

    #16 : L’IA ça sert à sauver des vies

    #17 : Les artistes font du Gate-keeping

    #18 : Le matériel artistique est trop onéreux

    #19 : L’ia n’apporte que des bienfaits

    #20 : Tu utilise un outils pour travailler, c’est pareil

    #21 : Il faut accepter des usages anecdotiques de l’IA générative

    #22 : Je ne peux pas faire autrement pour illustrer mon travail

    #23 : Tu dramatises

    #24 : Il y a des gens pour, il y a des gens contre, donc ça se compense

    #25 : Si tu as peur c’est que tu n’es pas un artiste assez talentueux·se

    #26 : Ça n’a aucune gravité car les gens savent faire la différence

    #27 : Qu’est ce que tu veux qu’on fasse individuellement ?

    #28 : L’IA sert aux personnes handicapées

    #29 : J’ai pas beaucoup de sous, donc j’ai le droit d ‘utiliser l’IA

    #30 : Je parle à l’IA comme à mon ami, c’est mon psy et mon confident.

    #31 : Les artistes sont des bourgeois

    #32 : Il faut vivre avec son temps

    #33 : Tu utilises de l’IA tous les jours sans même t’en rendre compte

    #34 : De toute façon je n’aurais jamais voulu de cette image si j’avais du la payer, donc l’IA ne prend le travail de personne

    #35 : L’IA générative va remplacer les métiers pénibles dans 5 ans

    #36 : Les œuvres vont prendre de la valeur car elle seront plus rares

    #37 : Écrire un prompt est aussi difficile que de dessiner

    #38 : L’IA est déjà là depuis longtemps

    #39 : L’IA ça permet de gagner du temps en Programmation

    #40 : Quand les voitures sont apparues, les maréchaux-ferrants sont devenus garagistes

    #41 : Le boycott ça sert à rien

    #42 : Grâce aux IA, on n’aura plus besoin de travailler, ça laissera plus de temps pour profiter de la vie.

    #43 : Mon patron m’oblige à utiliser l’IA

    #44 : L’Art est réservé au riche dont l’I.A. démocratise l’Art

    https://pigeongratuit.wordpress.com/auto-defense-contre-lia-generative
    #AI #intelligence_artificielle #IA #arguments #argumentaire #auto-défense

  • Schmierereien auf dem Zentralfriedhof Friedrichsfelde: Darum werden die Grabsteine nicht gereinigt
    https://www.berliner-zeitung.de/mensch-metropole/warum-das-z-kein-z-ist-schmierereien-auf-den-zentralfriedhof-friedr

    Narrenhände ?

    14.8.20#5 von Andreas Kopietz - Vor einem Monat wurden über hundert Grabsteine besprüht. Das Bezirksamt erklärt, warum die Schmierereien nicht entfernt werden. Eine Betrachtung über ein merkwürdiges Vorkommnis.

    Der Zentralfriedhof Friedrichsfelde ist bekannt für seine Gedenkstätte der Sozialisten. Dort sind führende Vertreter der Arbeiterbewegung, unter anderem Karl Liebknecht und Rosa Luxemburg und viele alte Kommunisten, beigesetzt. Hinter der Gedenkstätte liegen die „normalen“ Gräber. Auf dem weitläufigen Areal geht es mitunter recht lebhaft zu – besonders nachts.

    Am Morgen des 15. Juli entdeckte ein Friedhofsmitarbeiter Schmierereien auf mehr als einhundert Grabsteinen. Mal mit schwarzer Farbe, mal in Pink hatten Unbekannte auf die Steine ein Z gesprüht. Auch nach einem Monat sind die Schmierereien nicht entfernt. Das wird auch noch eine Weile so bleiben. Denn mit Bürste und Lösungsmittel allein ist es nicht getan. Die Sache scheint kompliziert zu sein.

    Seit dem russischen Überfall auf die Ukraine ist das Z nicht mehr nur der letzte Buchstabe im deutschen Alphabet, sondern kann unter Umständen auch als Symbol für die Unterstützung des Angriffskrieges gelesen werden. Bei Putins Invasion prangte es auf russischen Militärfahrzeugen. In Deutschland steht die Verwendung des Zeichens als „Billigung von Straftaten“ unter Strafe, wenn damit eine positive Bewertung der Invasion der Ukraine zum Ausdruck gebracht wird.
    Beim Hakenkreuz übernimmt der Staatsschutz

    Bei politisch motivierten Straftaten ermittelt üblicherweise die Abteilung Staatsschutz im Landeskriminalamt. Wenn zum Beispiel jemand ein Hakenkreuz an eine Wand gemalt hat. Oder andere Symbole, die als verfassungswidrig gelten – und sei es nur aus einer Bierlaune heraus oder als Dumme-Jungen-Streich. Bei diesem Fall ist es anders. Die Ermittlungen wegen Sachbeschädigung und Störung der Totenruhe blieben bei der örtlichen Kripo. Bei den Schmierereien handele es sich um „Z-ähnliche Schlenker“, lautete die Begründung der Polizei. Es werde kein politischer Hintergrund vermutet, und es sei kein Fall für den Staatsschutz.

    Woher nimmt die Polizei diese Gewissheit? Dem unvoreingenommenen Betrachter muten die Schmierereien ganz und gar nicht wie Z-ähnliche Schlenker an, denn sie wirken ziemlich zackig – eben wie ein Z. Der Polizei lässt sich das Geheimnis ihrer Denkweise auf Nachfrage nicht entlocken.

    Vielleicht zieht die Polizei ihre Gewissheit aus den pubertären Filzstift-Kritzeleien in kyrillischer Schrift auf der nahe gelegenen Parkbank? Auf die hölzerne Bank hat jemand einen Penis gemalt. Und auf Russisch: „17.5. wir waren hier.“ Auf Russisch auch: „Nastja du Schlampe“. Aber auch „1945“. Und es findet sich das Wort „Chochly“, ein abwertender Ausdruck für Ukrainer.

    Foto
    Das Bezirksamt fragt erst die Eigentümer, ob sie einverstanden sind mit der Reinigung der Grabsteine. Es könnte ja sein, dass sie selbst putzen wollen .Andreas Kopietz/Berliner Zeitung

    In der Umgebung des Friedhofs wohnen viele Russen und russische Spätaussiedler. Und immer wieder treffen sich auch nachts Jugendliche auf dem Friedhof, berichtet eine Frau, die gerade das Grab ihres Mannes gegossen hat. Die Eingänge zu dem Friedhof werden nachts nicht abgeschlossen, das ist auf Berliner Friedhöfen so üblich.

    „Es ist unfassbar, was hier in letzter Zeit passiert“, sagt ein Friedhofsmitarbeiter, der gerade den Rasen harkt. Im Juni seien an der Gedenkstätte der Sozialisten 70 Grabsteine mit Kot beschmiert worden. „Da muss jemand wirklich gesammelt haben“, sagt der Mitarbeiter. Auch Taschen- und Fahrraddiebstähle gebe es hier immer öfter.
    Vielleicht wollen die Eigentümer ja selbst putzen

    Zuständig für den Zustand des Friedhofs ist das Bezirksamt Lichtenberg. Wegen der Z-Schmierereien hat das Amt die Eigentümer der Steine angeschrieben. Denn es könnte ja sein, dass die Leute selbst putzen möchten. „Die Reinigungsarbeiten an den betroffenen Gräbern können erst beginnen, wenn die Antwortfrist für die Grabeigentümer abgelaufen ist“, teilt Filiz Keküllüoğlu schriftlich mit. Sie ist für die Grünen in Lichtenberg Bezirksstadträtin für Verkehr, Grünflächen, Ordnung, Umwelt und Naturschutz. „Da es sich um Privateigentum handelt und einige Eigentümer:innen die Reinigung möglicherweise selbst vornehmen möchten, muss diese Frist eingehalten werden.“

    Erst nach ihrem Ablauf am Dienstag könne man verlässlich sagen, wie viele Gräber tatsächlich durch das Straßen- und Grünflächenamt gereinigt werden müssen. „Auf dieser Grundlage kann dann eine Fachfirma beauftragt und die Höhe der entstehenden Kosten benannt werden.“

    In anderen Fällen sind die Berliner Friedhofsverwaltungen nicht so pietätvoll gegenüber den Grabsteineigentümern. So werden regelmäßig große Aufkleber mitten auf die Vorderseiten der Steine geklebt, wenn die Standfestigkeit angeblich nicht mehr gewährleistet ist.

    Zu all diesen Merkwürdigkeiten passend erscheint da der Beitrag auf der Website des Förderkreises des Friedhofs: „Als letzte Ruhestätte bedeutender Persönlichkeiten und Repräsentanten der Zeitgeschichte ist der Zentralfriedhof Friedrichsfelde ein Spiegel politischer Ereignisse und geistig-kultureller Strömungen des 20. Jahrhunderts.“

  • L’Espagne sauvera-t-elle l’UE d’une fuite en avant militariste ?
    https://lvsl.fr/lespagne-sauvera-t-elle-lue-dune-fuite-en-avant-militariste

    Alors que les dirigeants européens serrent les rangs derrière l’objectif des 5 % du PIB consacré à la défense, le chef du gouvernement espagnol rompt le rang. Tandis qu’à La Haye il dénonce un « keynésianisme militaire » aux effets délétères pour les investissements sociaux, à Madrid ses partenaires de gauche menacent de quitter le gouvernement. À l’horizon, […]

    #International #5% #austérité #Espagne #Keynésianisme_militaire #Militarisme #OTAN #Prédation #PSOE #Sanchez #Trump

  • Stéphane Foucart : « Nous sommes dans une forme d’ignorance volontaire vis-à-vis de la dangerosité des polluants et de la chimie » [2 January 2024, écrivent-ils]
    https://www.socialter.fr/article/stephane-foucart-pesticides-polluants-chimie-lobbies

    Il faut toujours un peu d’ironie pour survivre à tout cela. J’essaie de trouver des motifs de ne pas être furieux en permanence et c’est compliqué. Donc il reste l’ironie. L’autre sorte de réconfort que je trouve, c’est de me dire « finalement, les gens votent pour ce qui est en train de leur arriver ». J’essaie de participer au débat démocratique en mettant des informations sur la place publique, et les gens votent ensuite en conscience. Bien sûr, l’information n’est pas parfaite pour employer une litote ; il y a toute une diversité de mécanismes par lesquels les pouvoirs économiques pèsent sur l’accès et la hiérarchie de l’information, mais je me raccroche à cette idée que nous avons ce que nous méritons, en quelque sorte. C’est un raisonnement cynique et politiquement très faible mais, par moments, j’ai besoin de me raccrocher à ça.

    [...]

    Je n’aime pas jouer les futurologues, mais je ne pense pas qu’il y aura un retournement de la majorité de l’opinion. Il me semble que cette dernière est très légitimiste, avec un attachement à ce que les gens perçoivent comme le fonctionnement de la démocratie locale : une autoroute ou un aéroport sont voulus par les élus et doivent pouvoir être menés à bien. En revanche, je crois que de plus en plus de nos concitoyens prennent conscience du fait que notre débat public ne fonctionne pas correctement. On ne peut pas continuer à mettre en chantier ces grands projets sans être dans une forme de déni sur ce qui se passe. Le hiatus entre les bénéfices et les inconvénients de projets comme l’A69 se niche dans une forme de déni de la réalité et de la gravité des dommages environnementaux que nous produisons, et de l’effet boomerang que cela aura sur la génération de nos enfants.

    Idem sur la criminalisation des militants écologistes, c’est une pente très inquiétante. L’Adversaire avec une majuscule, c’est le mouvement écologiste. L’exemple de la cellule Déméter5 est lourd de sens : on voit le ministère de l’Intérieur signer des conventions avec des syndicats agricoles. C’est une forme de privatisation des forces de l’ordre très inquiétante pour l’avenir car il y a un un poid, deux mesures dans ce que l’État accepte d’un côté et refuse de l’autre.

    #écologie #sciences #climat #déni #démocratie #Demeter #media

  • Huit mythes de l’intelligence artificielle pour déconstruire la « hype »
    https://maisouvaleweb.fr/huit-mythes-de-lintelligence-artificielle-pour-deconstruire-la-hype

    Dans leur article intitulé « Ne croyez pas à l’hype. Les mythes de l’IA et la nécessité d’une approche critique dans l’enseignement supérieur », publié dans le Journal of Applied Learning & Teaching, les chercheurs Jürgen Rudolph, Fadhil Ismail, Shannon Tan et Pauline Seah déconstruisent pas à pas quelques grands mythes de l’intelligence artificielle (IA) : « Nous démontrons que l’IA n’est pas une entité intrinsèquement autonome, intelligente ou objective, mais plutôt un produit de l’ingéniosité humaine, dépendant d’un travail considérable, souvent sous forme d’exploitation, et de pratiques d’extraction de données. »

    Table des matières
    1 Mythe #1 : « L’IA est artificielle »
    2 Mythe #2 : « L’IA est intelligente »
    3 Mythe #3 : « l’IA rendra le monde meilleur – plus démocratique, plus égalitaire, plus écologique, plus progressiste, plus “ce-que-vous-voulez” »
    4 Mythe #4 : « L’IA est objective et impartiale »
    5 Mythe #5 : « Les États-Unis sont la seule superpuissance en matière d’IA »
    6 Mythe #6 : « L’IA n’affectera pas significativement le marché du travail »
    7 Mythe #7 : « L’IA révolutionne l’enseignement supérieur »
    8 Mythe #8 : « Les enseignants du supérieur peuvent détecter l’IA avec ou sans IA »
    9 Conclusion

  • Recherche, art et participation #5 : À l’écoute des signaux faibles, changer de perspective
    https://www.antiatlas.net/recherche-art-et-participation-5-a-lecoute-des-signaux-faibles-changer-de

    mardi 04 février 2025 14h – 17h Rue Emile Tavan Ecole supérieure d’art d’Aix-en-Provence Amphithéâtre ESAAIX Cette cinquièmeséance du séminaire … Continuer la lecture de « Recherche, art et participation #5 : À l’écoute des signaux faibles, changer de perspective » L’article Recherche, art et participation #5 : À l’écoute des signaux faibles, changer de perspective est apparu en premier sur antiAtlas des frontières.

  • « On est face à des charniers » : la députée de Mayotte Estelle Youssouffa interpelle Emmanuel Macron - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=PDZ1CsRNkMU

    5 jours après :

    Emmanuel Macron : Personne n’est passé ?
    Le préfet : Dans tous les quartiers informels, personne n’est passé.
    Pour l’instant, on n’y est pas encore monté pour des raisons de, d’euh, …, d’urgence sur les… les choses vitales.

  • Sans titre
    https://anarchism.space/@gorekhaa/113637194581840359

    Anarchists in the Labor Movement #5 – Public Schoolshttps://anarchistnews.org/content/anarchists-labor-movement-5-%E2%80%93-public-schools"From Black Rose Anarchist FederationThis is the fifth installment in our Anarchists in the Labor Movement series. Click through the links to read installment #1 with an education worker, #2 with healthcare workers, #3 with a metal worker, and #4 with a public librarian.In this interview we speak with Shan, a public school teacher in North Carolina.As

  • « Nous assistons à une escalade de la #prédation_minière »

    Une nouvelle #ruée_minière a commencé et touche aussi la #France. Au nom de la lutte contre la crise climatique, il faudrait extraire de plus en plus de #métaux. Celia Izoard dénonce l’impasse de cette « #transition » extractiviste. Entretien.

    Basta/Observatoire des multinationales : Il est beaucoup question aujourd’hui de renouveau minier en raison notamment des besoins de la transition énergétique, avec la perspective d’ouvrir de nouvelles mines en Europe et même en France. Vous défendez dans votre #livre qu’il ne s’agit pas du tout d’un renouveau, mais d’une trajectoire de continuité. Pourquoi ?

    #Celia_Izoard : Les volumes de #métaux extraits dans le monde aujourd’hui augmentent massivement, et n’ont jamais cessé d’augmenter. Ce qui est parfaitement logique puisqu’on ne cesse de produire de nouveaux objets et de nouveaux équipements dans nos pays riches, notamment avec la #numérisation et aujourd’hui l’#intelligence_artificielle, et qu’en plus de cela le reste du monde s’industrialise.

    En conséquence, on consomme de plus en plus de métaux, et des métaux de plus en plus variés – aussi bien des métaux de base comme le #cuivre et l’#aluminium que des métaux de spécialité comme les #terres_rares. Ces derniers sont utilisés en très petite quantité mais dans des objets qui sont partout, comme les #smartphones, et de façon trop dispersive pour permettre le #recyclage.

    Et la production de tous ces métaux devrait continuer à augmenter ?

    Oui, car rien ne freine cette production, d’autant plus qu’on y ajoute aujourd’hui une nouvelle demande qui est un véritable gouffre : celle de métaux pour le projet très technocratique de la transition. « Transition », dans l’esprit de nos élites, cela signifie le remplacement des #énergies_fossiles par l’#énergie_électrique – donc avec des #énergies_renouvelables et des #batteries – avec un modèle de société inchangé. Mais, par exemple, la batterie d’une #voiture_électrique représente souvent à elle seule 500 kg de métaux (contre moins de 3 kg pour un #vélo_électrique).

    Simon Michaux, professeur à l’Institut géologique de Finlande, a essayé d’évaluer le volume total de métaux à extraire si on voulait vraiment électrifier ne serait-ce que la #mobilité. Pour le #lithium ou le #cobalt, cela représenterait plusieurs décennies de la production métallique actuelle. On est dans un scénario complètement absurde où même pour électrifier la flotte automobile d’un seul pays, par exemple l’Angleterre ou la France, il faut déjà plus que la totalité de la production mondiale. Ce projet n’a aucun sens, même pour lutter contre le #réchauffement_climatique.

    Vous soulignez dans votre livre que l’#industrie_minière devient de plus en plus extrême à la fois dans ses techniques de plus en plus destructrices, et dans les #nouvelles_frontières qu’elle cherche à ouvrir, jusqu’au fond des #océans et dans l’#espace

    Oui, c’est le grand paradoxe. Les élites politiques et industrielles répètent que la mine n’a jamais été aussi propre, qu’elle a surmonté les problèmes qu’elle créait auparavant. Mais si l’on regarde comment fonctionne réellement le #secteur_minier, c’est exactement l’inverse que l’on constate. La mine n’a jamais été aussi énergivore, aussi polluante et aussi radicale dans ses pratiques, qui peuvent consister à décapiter des #montagnes ou à faire disparaître des #vallées sous des #déchets_toxiques.

    C’est lié au fait que les teneurs auxquelles on va chercher les métaux sont de plus en plus basses. Si on doit exploiter du cuivre avec un #filon à 0,4%, cela signifie que 99,6% de la matière extraite est du #déchet. Qui plus est, ce sont des #déchets_dangereux, qui vont le rester pour des siècles : des déchets qui peuvent acidifier les eaux, charrier des contaminants un peu partout.

    Les #résidus_miniers vont s’entasser derrière des #barrages qui peuvent provoquer de très graves #accidents, qui sont sources de #pollution, et qui sont difficilement contrôlables sur le long terme. Nous assistons aujourd’hui à une véritable #escalade_technologique qui est aussi une escalade de la #prédation_minière. La mine est aujourd’hui une des pointes avancées de ce qu’on a pu appeler le #capitalisme_par_dépossession.

    Comment expliquer, au regard de cette puissance destructrice, que les populations occidentales aient presque totalement oublié ce qu’est la mine ?

    Il y a un #déni spectaculaire, qui repose sur deux facteurs. Le premier est la religion de la #technologie, l’une des #idéologies dominantes du monde capitaliste. Nos dirigeants et certains intellectuels ont entretenu l’idée qu’on avait, à partir des années 1970, dépassé le #capitalisme_industriel, qui avait été tellement contesté pendant la décennie précédente, et qu’on était entré dans une nouvelle ère grâce à la technologie. Le #capitalisme_post-industriel était désormais avant tout une affaire de brevets, d’idées, d’innovations et de services.

    Les mines, comme le reste de la production d’ailleurs, avaient disparu de ce paysage idéologique. Le #mythe de l’#économie_immatérielle a permis de réenchanter le #capitalisme après l’ébranlement des mouvements de 1968. Le second facteur est #géopolitique. Aux grandes heures du #néo-libéralisme, le déni de la mine était un pur produit de notre mode de vie impérial. Les puissances occidentales avaient la possibilité de s’approvisionner à bas coût, que ce soit par l’#ingérence_politique, en soutenant des dictatures, ou par le chantage à la dette et les politiques d’#ajustement_structurel. Ce sont ces politiques qui ont permis d’avoir par exemple du cuivre du #Chili, de #Zambie ou d’#Indonésie si bon marché.

    Les besoins en métaux pour la #transition_climatique, si souvent invoqués aujourd’hui, ne sont-ils donc qu’une excuse commode ?

    Invoquer la nécessité de créer des mines « pour la transition » est en effet hypocrite : c’est l’ensemble des industries européennes qui a besoin de sécuriser ses approvisionnements en métaux. La récente loi européenne sur les métaux critiques répond aux besoins des grosses entreprises européennes, que ce soit pour l’#automobile, l’#aéronautique, l’#aérospatiale, les #drones, des #data_centers.

    L’argument d’une ruée minière pour produire des énergies renouvelables permet de verdir instantanément toute mine de cuivre, de cobalt, de lithium, de #nickel ou de terres rares. Il permet de justifier les #coûts_politiques de la #diplomatie des #matières_premières : c’est-à-dire les #conflits liés aux rivalités entre grandes puissances pour accéder aux #gisements. Mais par ailleurs, cette transition fondée sur la technologie et le maintien de la #croissance est bel et bien un gouffre pour la #production_minière.

    Ce discours de réenchantement et de relégitimation de la mine auprès des populations européennes vous semble-t-il efficace ?

    On est en train de créer un #régime_d’exception minier, avec un abaissement des garde-fous réglementaires et des formes d’extractivisme de plus en plus désinhibées, et en parallèle on culpabilise les gens. La #culpabilisation est un ressort psychologique très puissant, on l’a vu durant le Covid. On dit aux gens : « Si vous n’acceptez pas des mines sur notre territoire, alors on va les faire ailleurs, aux dépens d’autres populations, dans des conditions bien pires. » Or c’est faux. D’abord, la #mine_propre n’existe pas.

    Ensuite, la #loi européenne sur les #métaux_critiques elle prévoit qu’au mieux 10% de la production minière soit relocalisée en Europe. Aujourd’hui, on en est à 3%. Ce n’est rien du tout. On va de toute façon continuer à ouvrir des mines ailleurs, dans les pays pauvres, pour répondre aux besoins des industriels européens. Si l’on voulait vraiment relocaliser la production minière en Europe, il faudrait réduire drastiquement nos besoins et prioriser les usages les plus importants des métaux.

    Peut-on imaginer qu’un jour il existe une mine propre ?

    Si l’on considère la réalité des mines aujourd’hui, les procédés utilisés, leur gigantisme, leur pouvoir de destruction, on voit bien qu’une mine est intrinsèquement problématique, intrinsèquement prédatrice : ce n’est pas qu’une question de décisions politiques ou d’#investissements. L’idée de « #mine_responsable » n’est autre qu’une tentative de faire accepter l’industrie minière à des populations en prétendant que « tout a changé.

    Ce qui m’a frappé dans les enquêtes que j’ai menées, c’est que les industriels et parfois les dirigeants politiques ne cessent d’invoquer certains concepts, par exemple la #mine_décarbonée ou le réemploi des #déchets_miniers pour produire du #ciment, comme de choses qui existent et qui sont déjà mises en pratique. À chaque fois que j’ai regardé de plus près, le constat était le même : cela n’existe pas encore. Ce ne sont que des #promesses.

    Sur le site de la nouvelle mine d’#Atalaya à #Rio_Tinto en #Espagne, on voir des panneaux publicitaires alignant des #panneaux_photovoltaïques avec des slogans du type « Rio Tinto, la première mine d’autoconsommation solaire ». Cela donne à penser que la mine est autonome énergétiquement, mais pas du tout. Il y a seulement une centrale photovoltaïque qui alimentera une fraction de ses besoins. Tout est comme ça.

    Le constat n’est-il pas le même en ce qui concerne le recyclage des métaux ?

    Il y a un effet purement incantatoire, qui consiste à se rassurer en se disant qu’un jour tout ira bien parce que l’on pourra simplement recycler les métaux dont on aura besoin. Déjà, il n’en est rien parce que les quantités colossales de métaux dont l’utilisation est planifiée pour les années à venir, ne serait-ce que pour produire des #batteries pour #véhicules_électriques, n’ont même pas encore été extraites.

    On ne peut donc pas les recycler. Il faut d’abord les produire, avec pour conséquence la #destruction de #nouveaux_territoires un peu partout sur la planète. Ensuite, le recyclage des métaux n’est pas une opération du saint-Esprit ; il repose sur la #métallurgie, il implique des usines, des besoins en énergie, et des pollutions assez semblables à celles des mines elles-mêmes.

    L’accent mis sur le besoin de métaux pour la transition ne reflète-t-il pas le fait que les #multinationales ont réussi à s’approprier ce terme même de « transition », pour lui faire signifier en réalité la poursuite du modèle actuel ?

    Le concept de transition n’a rien de nouveau, il était déjà employé au XIXe siècle. À cette époque, la transition sert à freiner les ardeurs révolutionnaires : on accepte qu’il faut des changements, mais on ajoute qu’il ne faut pas aller trop vite. Il y a donc une dimension un peu réactionnaire dans l’idée même de transition.

    Dans son dernier livre, l’historien des sciences #Jean-Baptiste_Fressoz [Sans transition - Une nouvelle histoire de l’énergie, Seuil, 2024] montre que la #transition_énergétique tel qu’on l’entend aujourd’hui est une invention des #pro-nucléaires des États-Unis dans les années 1950 pour justifier des #investissements publics colossaux dans l’#atome. Ils ont tracé des belles courbes qui montraient qu’après l’épuisement des énergies fossiles, il y aurait besoin d’une #solution_énergétique comme le #nucléaire, et qu’il fallait donc investir maintenant pour rendre le passage des unes à l’autre moins brutal.

    La transition aujourd’hui, c’est avant tout du temps gagné pour le capital et pour les grandes entreprises. Les rendez-vous qu’ils nous promettent pour 2050 et leurs promesses de #zéro_carbone sont évidemment intenables. Les technologies et l’#approvisionnement nécessaire en métaux n’existent pas, et s’ils existaient, cela nous maintiendrait sur la même trajectoire de réchauffement climatique.

    Ces promesses ne tiennent pas debout, mais elles permettent de repousser à 2050 l’heure de rendre des comptes. Ce sont plusieurs décennies de gagnées. Par ailleurs, le terme de transition est de plus en plus utilisé comme étendard pour justifier une #croisade, une politique de plus en plus agressive pour avoir accès aux gisements. Les pays européens et nord-américains ont signé un partenariat en ce sens en 2022, en prétendant que certes ils veulent des métaux, mais pour des raisons louables. La transition sert de figure de proue à ces politiques impériales.

    Vous avez mentionné que l’une des industries les plus intéressées par la sécurisation de l’#accès aux métaux est celle de l’#armement. Vous semblez suggérer que c’est l’une des dimensions négligées de la guerre en Ukraine…

    Peu de gens savent qu’en 2021, la Commission européenne a signé avec l’#Ukraine un accord de partenariat visant à faire de ce pays une sorte de paradis minier pour l’Europe. L’Ukraine possède de fait énormément de ressources convoitées par les industriels, qu’ils soient russes, européens et américains. Cela a joué un rôle dans le déclenchement de la #guerre. On voit bien que pour, pour accéder aux gisements, on va engendrer des conflits, militariser encore plus les #relations_internationales, ce qui va nécessiter de produire des #armes de plus en plus sophistiquées, et donc d’extraire de plus en plus de métaux, et donc sécuriser l’accès aux gisements, et ainsi de suite.

    C’est un #cercle_vicieux que l’on peut résumer ainsi : la ruée sur les métaux militarise les rapports entre les nations, alimentant la ruée sur les métaux pour produire des armes afin de disposer des moyens de s’emparer des métaux. Il y a un risque d’escalade dans les années à venir. On évoque trop peu la dimension matérialiste des conflits armés souvent dissimulés derrière des enjeux « ethniques ».

    Faut-il sortir des métaux tout comme il faut sortir des énergies fossiles ?

    On a besoin de sortir de l’extractivisme au sens large. Extraire du pétrole, du charbon, du gaz ou des métaux, c’est le même modèle. D’ailleurs, d’un point de vue administratif, tout ceci correspond strictement à de l’activité minière, encadrée par des #permis_miniers. Il faut cesser de traiter le #sous-sol comme un magasin, de faire primer l’exploitation du sous-sol sur tout le reste, et en particulier sur les territoires et le vivant.

    Concrètement, qu’est ce qu’on peut faire ? Pour commencer, les deux tiers des mines sur la planète devraient fermer – les #mines_métalliques comme les #mines_de_charbon. Ça paraît utopique de dire cela, mais cela répond à un problème urgent et vital : deux tiers des mines sont situées dans des zones menacées de #sécheresse, et on n’aura pas assez d’#eau pour les faire fonctionner à moins d’assoiffer les populations. En plus de cela, elles émettent du #CO2, elles détruisent des territoires, elles déplacent des populations, elles nuisent à la #démocratie. Il faut donc faire avec une quantité de métaux restreinte, et recycler ce que l’on peut recycler.

    Vous soulignez pourtant que nous n’avons pas cessé, ces dernières années, d’ajouter de nouvelles technologies et de nouveaux objets dans notre quotidien, notamment du fait de l’envahissement du numérique. Réduire notre consommation de métaux implique-t-il de renoncer à ces équipements ?

    Oui, mais au préalable, quand on dit que « nous n’avons pas cessé d’ajouter des nouvelles technologies polluantes », il faut analyser un peu ce « nous ». « Nous » n’avons pas choisi de déployer des #caméras_de_vidéosurveillance et des #écrans_publicitaires partout. Nous n’avons pas choisi le déploiement de la #5G, qui a été au contraire contesté à cause de sa consommation d’énergie.

    La plupart d’entre nous subit plutôt qu’elle ne choisit la #numérisation des #services_publics, instrument privilégié de leur démantèlement et de leur privatisation : l’usage de #Pronote à l’école, #Doctissimo et la télémédecine dont la popularité est due à l’absence de médecins, etc. Dans le secteur automobile, la responsabilité des industriels est écrasante. Depuis des décennies, ils ne cessent de bourrer les véhicules d’électronique pour augmenter leur valeur ajoutée.

    Ces dernières années, ils ont massivement vendu d’énormes voitures électriques parce qu’ils savaient que le premier marché de la voiture électrique, c’était d’abord la bourgeoisie, et que les bourgeois achèteraient des #SUV et des grosses berlines. Donc quand je dis que nous devons réduire notre #consommation de métaux, j’entends surtout par-là dénoncer les industries qui inondent le marché de produits insoutenables sur le plan des métaux (entre autres).

    Mais il est vrai que nous – et là c’est un vrai « nous » - devons réfléchir ensemble aux moyens de sortir de l’#emprise_numérique. Du point de vue des métaux, le #smartphone n’est pas viable : sa sophistication et son caractère ultra-mondialisé en font un concentré d’#exploitation et d’#intoxication, des mines aux usines d’assemblage chinoises ou indiennes.

    Et bien sûr il a des impacts socialement désastreux, des addictions à la #surveillance, en passant par la « #surmarchandisation » du quotidien qu’il induit, à chaque instant de la vie. Là-dessus, il faut agir rapidement, collectivement, ne serait-ce que pour se protéger.

    https://basta.media/nous-assistons-a-une-escalade-de-la-predation-miniere
    #extractivisme #minières #électrification #acidification #contamination #hypocrisie #relocalisation #prédation #guerre_en_Ukraine #militarisation #déplacement_de_populations #dématérialisation #industrie_automobile