• #Intoxication durable : comment les cultivateurs de cacao de #Lindt & #Sprüngli sont exposés à des #pesticides hautement toxiques

    Dans le cadre du programme de durabilité de Lindt & Sprüngli, des cultivatrices et cultivateurs de cacao ghanéen·ne·s utilisent des pesticides interdits dans l’UE et en Suisse, mettant ainsi leur #santé en danger. Pendant des années, l’intermédiaire suisse #Ecom a même activement distribué des pesticides dangereux lors de formations aux agricultrices et agriculteurs cultivant du cacao pour #Lindt_&_Sprüngli.

    « Cela me rend triste de voir ma ferme dans cet état », déplore Osei Kwame Williams. Nous avons rendez-vous avec le cultivateur de cacao sur sa ferme à Mfanibu. Le petit village se trouve dans la région d’Ashanti, au Ghana, connue pour son cacao. Des milliers de petit·e·s agricultrices et agriculteurs en cultivent ici sur de petites parcelles, qui ressemblent à des forêts basses avec une seule espèce d’arbre. Le cacao n’est pas une espèce indigène du Ghana et il est principalement cultivé en monocultures. Pour ce faire, la forêt tropicale est souvent déboisée. Les arbres de Williams sont grands et ramifiés ; on voit qu’ils n’ont plus été taillés depuis longtemps. L’élagage est essentiel pour la santé des cacaoyers et une bonne récolte. « Mais c’est trop tard maintenant », indique Williams. L’herbe et les mauvaises herbes sont également hautes sous les arbres. Elles puisent l’eau du sol, laquelle serait nécessaire aux arbres, étant donné qu’il n’a pas assez plu ces derniers mois. La crise climatique affecte de plus en plus les agricultrices et agriculteurs. Les périodes où les températures maximales quotidiennes dépassent les 32 °C se sont allongées de trois semaines par année lors de la dernière décennie. Il fait trop chaud pour les cacaoyers.

    Williams montre un petit insecte sur une jeune cabosse (fruit du cacaoyer) encore verte poussant sur le tronc d’un cacaoyer. C’est une espèce de #punaise, appelée « #Akate » au Ghana. « Elles détruisent tout ici », relève-t-il. Sous l’un des arbres gisent deux récipients en plastique vides d’un #insecticide nommé « #Akate_Star ». Il semble ne pas avoir fait effet. Les punaises ne sont pas le seul fléau contre lequel se bat l’agriculteur : la pourriture brune des #cabosses du #cacaoyer lui pose aussi problème. Dans l’herbe, il y a des cabosses noires, qu’on dirait brûlées. Elles sont infectées par un #champignon. De plus, des #termites se sont installées dans certains troncs d’arbres et les creusent depuis l’intérieur. Au Ghana, le secteur du cacao traverse une crise sans précédent. Les personnes qui en souffrent le plus sont les petit·e·s cultivatrices et cultivateurs, comme Osei Kwame Williams. La plupart vivent dans la #pauvreté, car ils n’arrivent pas à vendre leurs #fèves à des #prix leur permettant de couvrir leurs besoins vitaux.

    Sur le site Internet, des cultivatrices de cacao qui dansent

    Sur le papier, la ferme de Williams est une « demo plot », une ferme de démonstration de la #multinationale suisse du chocolat Lindt & Sprüngli. Aux abords de la ferme, vers la route, un panneau métallique caché dans les hautes herbes met en évidence cette collaboration. La pluie a effacé le logo du « Lindt & Sprüngli Farming Program », qu’on ne reconnaît presque plus. La multinationale suisse se procure la plupart de ses fèves de cacao au Ghana, lesquelles sont ensuite transformées à Kilchberg (ZH) et dans d’autres usines dans le monde entier en plaques de chocolat, lapins de Pâques et pralinés. Selon ses propres informations, la multinationale travaille avec 61 000 cultivatrices et cultivateurs de cacao ghanéen·ne·s. C’est plus que dans n’importe quel autre pays d’où Lindt & Sprüngli importe du cacao.

    Tous font partie du « Farming Program ». « Le Farming Program vise à créer des conditions de vie décentes et durables pour les producteurs de cacao et leurs familles, mais aussi à promouvoir des pratiques agricoles plus durables », écrit à notre demande une porte-parole de Lindt & Sprüngli. Le logo du programme, une cabosse jaune sur fond brun, figure sur la plupart des produits de Lindt & Sprüngli. Il est censé garantir aux consommatrices et consommateurs, surtout en Europe et aux États-Unis, que le cacao est issu d’une production durable et équitable. Sur le site Internet du programme, on voit des photos de cultivatrices de cacao qui sourient et dansent. Tout est très coloré et positif. Si l’on croit le fabricant de chocolat de Kilchberg, la ferme aux apparences abandonnées d’Osei Kwame Williams serait le reflet d’une collaboration fructueuse.

    « Par le passé, Lindt était le plus grand acheteur de cacao de la région », raconte Williams. En 2014, il a été contacté par des agronomes d’Ecom. Cette multinationale #suisse de matières premières est le principal partenaire de Lindt & Sprüngli au Ghana et met en œuvre son programme de durabilité . Les agronomes cherchaient une ferme de cacao facilement accessible en voiture, à proximité de la route. L’agriculteur leur a loué une partie de son terrain. En échange, il a reçu 250 cedis ghanéens par mois, soit environ 20 dollars américains. Il a aussi reçu gratuitement des engrais synthétiques et des insecticides. Lindt & Sprüngli a financé une petite école dans le village et a promis aussi, selon Williams, de construire un puits. Mais celui-ci n’existerait pas encore à ce jour. Les agronomes d’Ecom ont pris des échantillons du sol, ont taillé les arbres et ont apporté des pulvérisateurs pour traiter les arbres avec des insecticides. L’agriculteur se souvient des produits utilisés : « Confidor » et « Akate Master ». « Ils ont sprayé les arbres chaque mois, d’avril à novembre, à un rythme que je n’aurais jamais pu me permettre. » Les récoltes sur la « demo plot » étaient bonnes, bien meilleures que sur le reste du terrain. Ecom a utilisé la ferme de Williams pour donner des formations à des agricultrices et agriculteurs de la région. Ils y apprenaient non seulement la théorie d’une lutte durable contre les nuisibles, mais aussi comment utiliser des engrais synthétiques et des pesticides pour maximiser les rendements. À l’époque, il récoltait dix sacs de cacao sur un peu moins d’un demi-hectare, raconte Williams. « Aujourd’hui, j’arrive tout juste à quatre sacs. »

    Risque pour le système nerveux et la capacité de développement

    Les insecticides « #Confidor » et « #Akate_Master », que les agronomes d’Ecom ont apportés sur la ferme de Williams, contiennent des substances interdites dans l’UE et en Suisse en raison de leur dangerosité pour la santé humaine et l’environnement. Le « Pesticide Action Network » (PAN), réseau international d’action contre les pesticides, dont les recommandations sont suivies par de nombreux scientifiques et ONG, classe ces produits dans la catégorie des « #highly_hazardous_pesticides » (#HHP), soit des pesticides hautement dangereux. « Certains HHP sont connus pour provoquer des dommages à la santé sévères et chroniques », affirme Joey Salmon de la section britannique du PAN. « Ils peuvent nuire aux fonctions du système nerveux et à la capacité de reproduction et de développement. » Le recours généralisé à ces pesticides dans la production ghanéenne de cacao est alarmant, surtout en ce qui concerne la santé des communautés cultivant cette plante. « Elles doivent d’urgence passer à des méthodes moins nocives pour la santé, basées sur des principes agroécologiques. »

    À cela s’ajoute encore le fait que le produit Confidor contient de l’#imidaclopride. Ce principe actif fait partie de la catégorie des #néonicotinoïdes, connus pour tuer les abeilles. Ils attaquent le système nerveux central des insectes, ce qui a pour conséquence de les faire mourir. En 2018, l’imidaclopride a été interdit dans l’UE en raison des risques « inacceptables » pour les abeilles.

    Dans le cadre de la présente enquête, nous avons interviewé dix-sept cultivatrices et cultivateurs de cacao autour de #Tepa et de #Goaso, deux districts au nord-ouest de la capitale provinciale #Kumasi. Sept d’entre eux vendent leurs fèves à Ecom, le plus important partenaire local et acheteur de Lindt & Sprüngli au Ghana. Et quatre d’entre eux, dont Osei Kwame Williams, faisaient ou font partie du « Farming Program » de Lindt & Sprüngli. Toutes les personnes interrogées nous ont raconté avoir régulièrement utilisé des pesticides, certes autorisés au Ghana, mais classés comme hautement dangereux par le réseau PAN et interdits dans l’UE et en Suisse.

    Des substances toxiques dans la chaîne d’approvisionnement

    Sur son site Internet, Lindt & Sprüngli cite cinq principes pour un approvisionnement responsable en cacao, notamment « les partenariats sur le long terme » avec les fournisseurs, un « programme d’approvisionnement responsable » et « la traçabilité et la transparence des chaînes d’approvisionnement ». Nous avons demandé à Lindt & Sprüngli dans quelle mesure l’utilisation de pesticides hautement toxiques dans le cadre de son programme de durabilité était compatible avec le principe d’un « programme d’approvisionnement responsable ». « Un contrôle du respect de la liste des pesticides est une exigence importante qui doit être garantie par les fournisseurs (y compris Ecom) », écrit la porte-parole. Toutefois, cette « liste des pesticides » n’est ni accessible au public, ni fournie sur demande par Lindt & Sprüngli. « Ceci n’est pas possible en raison d’obligations contractuelles », précise la porte-parole. Nous aurions aussi voulu savoir où se trouvent les 1060 « demo plots » au Ghana qui, selon Lindt, accueillent des formations sur le développement durable et promeuvent « la production et l’utilisation de produits et engrais organiques ». Sur cette question aussi, la multinationale fait blocage. La liste des fermes de démonstration ne peut pas être rendue publique « pour des raisons de protection des données », affirme la porte-parole.

    Lindt & Sprüngli a entièrement externalisé la mise en œuvre de son « Farming Program ». Au Ghana, ce sont plusieurs entreprises de matières premières actives dans le pays qui s’en chargent, notamment « #Olam_International_Limited », « #Touton_SA » et « #Ecom_Agrotrade Ltd. ». D’une part, elles organisent sur place les formations avec les agricultrices et agriculteurs ; d’autre part, elles leur achètent les #fèves_de_cacao sur mandat de Lindt & Sprüngli. La multinationale du chocolat, quant à elle, emploie au Ghana un seul et unique collaborateur, qui surveille la mise en œuvre du programme. Le contact direct avec les agricultrices et agriculteurs est assuré par 360 employé·e·s des trois entreprises de négoce précitées, qui sont entièrement payé·e·s par Lindt & Sprüngli. Le partenaire le plus important au Ghana est Ecom. Multinationale de matières premières active dans le monde entier et dont le siège principal se trouve à Pully, dans le canton de Vaud, Ecom s’est spécialisée dans le négoce de cacao, de café et de coton. Sa valeur se chiffre en milliards.

    Selon ses propres informations, Lindt & Sprüngli travaille avec 2400 agricultrices et agriculteurs à Tepa et à Goaso, deux districts au nord-ouest de la capitale provinciale Kumasi. Toutefois, il est difficile de déceler sur place des signes de la présence de Lindt. Nous trouvons le logo du « Farming Program » de Lindt & Sprüngli seulement dans les dépôts d’Ecom à Tepa, là où les fèves sont emballées dans des sacs en vue de leur exportation. Pratiquement toutes les agricultrices et tous les agriculteurs à Tepa et à Goaso à qui nous avons montré le logo sur notre smartphone nous ont dit ne l’avoir jamais vu ni avoir entendu parler de ce programme.

    Nous ne trouvons sur place aucune trace de la collaboration étroite avec les producteurs que l’entreprise aime suggérer dans sa communication. La plupart des agricultrices et agriculteurs n’ont aucune idée de ce qu’il advient de leurs fèves. Ils les vendent à un acheteur local (local buying clerk), qui reçoit de l’argent d’une société d’achat agréée par l’État (licenced buying company), par exemple Ecom, pour se procurer des fèves de cacao auprès des agricultrices et agriculteurs. Cependant, Ecom ne peut pas exporter les fèves directement en Suisse, mais les vend tout d’abord à l’entreprise étatique « #Ghana_Cocoa_Board » (#Cocobod), qui règle l’ensemble des exportations. La plupart des cultivatrices et cultivateurs de cacao connaissent le nom de la société agréée par l’État à qui ils vendent leurs fèves. Mais seule une minorité connaît la multinationale qui produit du chocolat à partir de leur matière première. La chaîne d’approvisionnement du cacao manque notoirement de #transparence. Malgré cela, Lindt & Sprüngli vante son approche « #Bean_to_Bar » (de l’achat des fèves à la production des tablettes de chocolat). Sur le site Internet de la multinationale, on peut lire : « Ce n’est qu’en sachant où nos fèves de cacao sont cultivées que nous pouvons avoir une influence sur les conditions de vie des familles d’agriculteurs dans les pays producteurs de cacao. »

    Des #primes bienvenues, mais pas de #prix_équitable

    Joseph, dont le vrai nom nous est connu, mais que nous ne mentionnerons pas ici pour sa sécurité, fait partie de ceux qui connaissent Lindt & Sprüngli. Il vit à #Akwaiase, qui se trouve à quelques kilomètres de Tepa. Lorsque nous arrivons chez lui, il est assis sur une chaise en plastique sous un manguier. Devant lui, un grand tas de cabosses noires, pourries. Derrière lui, un puits, une moto, une remise et une maison simple faite en briques brutes avec un toit de tôle. Il y vit avec sa femme et ses huit enfants. Il porte des sandales noires, un pantalon en toile beige et un t-shirt sale. Au-dessus de sa barbe noire sourient deux yeux fatigués.

    Il a participé à plusieurs formations organisées par Ecom dans le cadre du « Farming Program » de Lindt & Sprüngli. En contrepartie, il a reçu en automne dernier une prime d’environ 150 dollars américains, versés sur son téléphone portable, pour 18 sacs de cacao livrés à Ecom. Il était très heureux de recevoir cette prime et il espère qu’elle sera encore un peu plus élevée cette année. Car il ne parvient pas encore à atteindre un prix équitable pour son cacao, raconte Joseph. Le prix par sac s’élevait en juin 2025 à 3100 cedis ghanéens (environ 250 dollars américains). Ce prix est établi par l’entreprise étatique Ghana Cocoa Board (Cocobod). Pour Joseph, un prix équitable serait d’environ 7000 cedis ghanéens (570 dollars américains). La « prime de durabilité » d’environ 8 dollars américains par sac versée par Lindt ne comble que peu cet écart.

    Outre les prix bas, ce sont surtout les nuisibles qui préoccupent Joseph. « Nous pulvérisons les arbres presque chaque mois, et si les produits n’étaient pas aussi chers, nous le ferions même deux fois par mois. » Il nous conduit dans une remise en bois devant la maison. Une femme y prépare à manger sur un foyer ouvert. Dans la remise, Joseph stocke ses produits agrochimiques et une combinaison qu’il porte lorsqu’il traite ses arbres. Il va chercher un sac en jute et nous montre son contenu : des récipients en plastique contenant les insecticides « #Acati_Power », « #Konmidor » et « #Akate_King ». Ces trois produits ont comme principes actifs de la #thiaméthoxame, de l’imidaclopride et de la #bifenthrine, trois substances qui ne sont plus autorisées dans l’UE ni en Suisse car elles sont dangereuses pour la santé et l’environnement.

    Et aussi du paraquat pour cultiver le cacao

    « Aujourd’hui, la plupart des cultivatrices et cultivateurs de cacao au Ghana ne voient plus d’alternative à l’utilisation de pesticides », affirme Issifu Issake, président de la « Ghana Cooperative Cocoa Farmers Association », une organisation faîtière représentant 75 associations et des milliers de cultivatrices et cultivateurs de cacao dans neuf régions. Parmi ces cultivateurs, certains vendent leurs fèves à Ecom et Lindt & Sprüngli. « Mais seule une minorité utilise un équipement de protection pour pulvériser les arbres, ce qui met fortement leur santé en danger », relève-t-il. Pour sortir de cette spirale négative, il a quant à lui commencé à produire de manière biologique et a renoncé aux pesticides chimiques, raconte Issake. Au début, cela demandait plus de travail et coûtait plus cher, mais sur le long terme c’est mieux pour la santé, les sols et la résilience vis-à-vis de la crise climatique. Son organisation essaie de sensibiliser les agricultrices et agriculteurs aux dangers liés à l’utilisation de pesticides sans équipement de protection. « Mais la plupart des agriculteurs sont désespérés. Ils utilisent dans leurs champs tout ce qu’ils trouvent dans les magasins agricoles. »

    Pour cette enquête, nous nous sommes rendus dans cinq magasins agricoles de la région d’#Ashanti, dont l’un collabore avec le « Ghana Cocoa Board » (Cocobod). Cette autorité publique fait des recherches et donne des recommandations sur les produits agrochimiques à utiliser pour la culture du cacao. La plupart des cultivatrices et cultivateurs de cacao s’y réfèrent. Tous les magasins visités vendent de nombreux pesticides dont les principes actifs ne sont plus autorisés dans l’UE ni en Suisse. Les produits s’appellent « Akate Star », « #Akate_Rock_Star » ou « #Aceta_Star » (contenant de la bifenthrine), « #Galil_300_SC » (contenant de l’imidaclopride) ou encore « #Actara_240_SC » et « #Acati_Power » (contenant du #thiaméthoxame). Ce qui est frappant dans les magasins et dans les champs, c’est la forte présence de pesticides de la marque « #Adama ». La multinationale israélienne de l’agrochimie appartient depuis 2017 à #Syngenta Group, dont le siège principal est à Bâle.

    Dans les magasins, on trouve aussi une série de produits à base de #paraquat avec des noms tels que « #Gramostrong », « #ParaeForce » et « #Haouquat ». Ce sont des copies du produit original de Syngenta « #Gramoxone », principalement fabriquées par des producteurs chinois ou indiens. Le Paraquat est aujourd’hui interdit dans plus de 70 pays ; en Suisse, l’interdiction date de 1989 et dans l’UE, de 2007. La raison principale de cette décision : la haute #toxicité du produit. Il suffit d’une petite gorgée de paraquat pour que les organes humains cessent de fonctionner. Le paraquat est connu pour être utilisé par des petits agriculteurs désespérés dans les pays du Sud pour se suicider. Ce produit est surtout utilisé dans la culture maraîchère, mais plusieurs cultivateurs nous ont raconté avoir utilisé le paraquat contre les mauvaises herbes poussant sous les cacaoyers.

    Irritation de la peau, yeux qui brûlent et difficultés respiratoires

    Au Ghana, le recours aux pesticides a fortement augmenté ces dernières années. Selon un rapport de la FAO datant de 2023, 9700 tonnes de pesticides sont utilisées par année au Ghana ; c’est environ sept fois plus qu’en 2010. En 2020, 246 insecticides et 272 herbicides étaient autorisés au Ghana. Parmi les pesticides, on trouve de nombreux néonicotinoïdes, tenus pour responsables de la mortalité massive des abeilles en Europe. Au Ghana, la population de moustiques qui pollinisent les fleurs du cacaoyer a été à tel point décimée par l’utilisation des néonicotinoïdes que le gouvernement a décidé en 2017 de lancer un programme national de pollinisation manuelle des cacaoyers. Environ 30 000 jeunes ont été engagé·e·s à cette fin. Des enquêtes récentes montrent qu’aujourd’hui 70 à 85% des agricultrices et agriculteurs ghanéen·e·s utilisent des produits agrochimiques. Un grand nombre de cultivatrices et cultivateurs de cacao nous ont raconté consacrer environ un tiers de leurs recettes à l’achat de produits agrochimiques. Beaucoup doivent contracter des crédits et s’endettent pour pouvoir acheter ces produits.

    Raymond Owusu-Achiaw est expert en matière de pesticides et de lutte intégrée contre les nuisibles auprès de l’ONG ghanéenne « Conservation Alliance International ». Depuis des années, son organisation essaie, en collaboration avec des partenaires internationaux, de rendre le secteur du cacao plus équitable et moins nocif pour l’environnement. Nous avons rendez-vous avec lui pour un entretien au siège principal de l’ONG à Accra, la capitale du Ghana. « Les conséquences sanitaires liées à l’utilisation de pesticides dans la culture du cacao sont visibles », affirme-t-il. « Les agriculteurs me parlent d’irritations cutanées, de sensation de brûlure aux yeux et de difficultés respiratoires après la pulvérisation. » La grande majorité sait maintenant que l’utilisation de pesticides hautement dangereux sans protection met leur santé en danger. « Mais la plupart des agriculteurs luttent pour leur survie et veulent pouvoir récolter à tout prix. C’est pourquoi les dommages causés à la santé sur le long terme passent souvent au second plan. »

    Les acheteurs internationaux de cacao, comme Lindt & Sprüngli, ont certes élaboré des politiques qui présentent bien sur le papier, relève Owusu-Achiaw, mais ils n’ont la plupart du temps aucun contrôle sur ce qui se passe vraiment sur place. « Ce qui compte, c’est ce qui se passe sur les fermes des cultivatrices et cultivateurs de cacao, et non pas de ce qui est écrit dans les rapports de durabilité des producteurs de chocolat. » Il critique le fait que la responsabilité soit reportée sur les intermédiaires, les entreprises appelées « Licensed Buying Companies », telles qu’Ecom au Ghana. « Les entreprises en Europe réalisent les plus grands bénéfices dans la chaîne d’approvisionnement du cacao ; elles ont par conséquent une responsabilité vis-à-vis des agriculteurs et des communautés qui cultivent le cacao. »

    Le recours aux pesticides dans la chaîne d’approvisionnement manque de transparence

    Selon l’ONG allemande « Inkota », qui travaille depuis des années sur la question de l’utilisation des pesticides en Afrique, aucun grand fabricant de chocolat n’a jusqu’à présent publié de documentation systématique sur les pesticides présents dans sa propre chaîne d’approvisionnement. « La plupart des entreprises ne savent pas quels pesticides sont utilisés par leurs agricultrices et agriculteurs et à quelle fréquence », relève Juliane Bing, chargée jusqu’en été 2025 de la question du cacao au sein d’Inkota. « Les effets sur la santé restent méconnus, car il n’y a pas de collecte systématique de données sur les problèmes de santé chroniques dus à l’exposition aux pesticides. »

    Dans le rapport de durabilité de Lindt & Sprüngli pour l’année 2024, les pesticides ne sont pas une seule fois mentionnés. En revanche, le terme de « durabilité » apparaît sur 61 pages et jusqu’à 35 fois par page. Sur le site Internet du « Farming Program », on trouve une rubrique « Foire aux questions » (FAQ), où figure notamment la question suivante : « Des pesticides sont-ils utilisés dans la chaîne d’approvisionnement de Lindt & Sprüngli ? ». On apprend notamment que les partenaires locaux de Lindt proposent des formations promouvant des techniques agricoles plus durables afin de réduire le besoin en pesticides dans la production de cacao. Plus loin, il est écrit : « Dans le cadre de nos investissements dans l’approvisionnement responsable en cacao, les agriculteurs reçoivent exclusivement des produits biologiques (« organic inputs ») pour leurs plantations de cacao. » En creusant un peu plus, on trouve dans le « Verification Guidance Document » du « Farming Program » une série de critères relatifs à l’utilisation de pesticides. Lindt & Sprüngli exige d’Ecom et des autres fournisseurs de sa chaîne d’approvisionnement de :

    – réduire au maximum l’utilisation de substances dangereuses et veiller à ce qu’elles soient utilisées en toute sécurité ;
    - garantir que les agricultrices et agriculteurs n’utilisent des « produits phytosanitaires chimiques » qu’en dernier recours (« last resort ») et qu’ils privilégient d’autres méthodes manuelles pour lutter contre les nuisibles ;
    - réduire au maximum les effets négatifs sur les ressources naturelles via un « système d’élimination des produits chimiques et des déchets » (« chemical and waste management »), notamment en éliminant correctement les contenants des pesticides ;
    – faire en sorte que tous les produits chimiques soient stockés dans des endroits bien aérés, hors de la portée des enfants et loin de la nourriture ;
    - faire en sorte que les personnes qui pulvérisent les pesticides portent un équipement de protection en bon état.

    Comme le montre notre enquête à Tepa et à Goaso, ces lignes directrices ne sont pas suivies sur le terrain. L’utilisation de pesticides hautement dangereux n’est pas réduite, mais ne cesse au contraire d’augmenter. Les pesticides ne sont pas utilisés « en dernier recours », mais constituent souvent le premier choix dans la crise actuelle. Il n’y a aucun « système d’élimination des produits chimiques et des déchets » à proprement parler. Sur les fermes visitées, des contenants vides de pesticides gisent dans l’herbe entre les arbres. Il n’y a pas de points de collecte dans les magasins agricoles. Comme le racontent les agricultrices et agriculteurs, ils ramassent de temps à autre les contenants et les brûlent. Et aucun·e des cultivatrices et cultivateurs de cacao avec qui nous avons discuté n’utilise un équipement complet de protection « en bon état » pour sprayer les arbres.

    En pleine nébuleuse toxique

    Fin juin, au cours d’un après-midi ensoleillé, Kuma Enoch nous montre comment il traite ses champs contre les punaises. Il fait environ 30° et l’humidité est tropicale. Enoch n’est pas seulement cultivateur de cacao, mais il pulvérise aussi contre rémunération les fermes d’amis agriculteurs. Il est également acheteur au niveau local : avec l’argent qu’il reçoit de son « Do », un gestionnaire de dépôt d’Ecom, il se procure des fèves séchées auprès d’agriculteurs de la région. Il ne sait pas si Ecom revend ensuite ces fèves à Lindt & Sprüngli. Il sait seulement que plusieurs des 42 agriculteurs à qui il achète des fèves ont suivi des formations de Lindt.

    Enoch va chercher dans sa maison une bouteille de « Galil 300 SC », un insecticide d’Adama contenant de l’imidaclopride et de la bifenthrine. Selon le réseau PAN, les deux produits sont hautement dangereux. Ils sont interdits dans l’UE et en Suisse. Enoch mélange le liquide clair avec un engrais d’un vert criard puis mélange le tout à main nue. Ensuite, il verse la solution dans le réservoir de son pulvérisateur fonctionnant au diesel et pouvant contenir jusqu’à 11 litres de solution aux pesticides. Il ajoute de l’eau et soulève l’engin lourd d’environ 20 kilos pour le mettre sur son dos. Puis il allume le moteur en tirant sur le cordon prévu à cet effet. Dans un bruit assourdissant, il se rend dans le champ de cacao. Quand il appuie sur le levier du pulvérisateur, une fine pluie de gouttelettes est projetée sur la cime des arbres. Il se tient là, en plein nuage toxique, vêtu d’un short gris et d’un polo rouge, pieds nus dans des bottes en caoutchouc vertes. Chargé de son lourd sac à dos et le front perlant de sueur, il va d’un cacaoyer à l’autre et respire l’air humide, imprégné de pesticides et d’engrais. En cinq minutes, le réservoir est vide.

    Lorsque les gouttelettes de la solution pulvérisée lui arrivent parfois dans les yeux, ils brûlent ensuite toute la nuit, raconte-t-il. Surtout lorsqu’il utilise du « Ridomil », un fongicide produit par Syngenta, l’un des plus grands fabricants mondiaux de pesticides, dont le siège est à Bâle. Ce fongicide contient du mancozèbe, un perturbateur endocrinien qui peut nuire non seulement à la fertilité, mais aussi au fœtus. Cette substance est interdite dans l’UE depuis 2020 et en Suisse, depuis 2021. Enoch sait qu’il devrait porter une combinaison, des gants fabriqués à partir d’un caoutchouc spécial, des lunettes pour protéger les yeux et un masque pour que les produits chimiques n’atteignent pas ses poumons. C’est ce qu’expliquent des pictogrammes et des lettres en anglais sur les emballages de « Galil 300 SC » et de « Ridomil ». Mais porter un équipement de protection sous cette chaleur serait une torture, sans compter que ces équipements sont chers et pratiquement introuvables dans les magasins agricoles de la région.

    Des tissus en coton et du beurre de karité pour se protéger

    Dans les cinq magasins agricoles que nous avons visités à Tepa et dans les environs, nous n’avons trouvé aucun équipement de protection complet conforme aux recommandations de l’OMS. Deux magasins ne vendaient même aucun vêtement de protection, et deux autres n’avaient que des bottes en caoutchouc et des combinaisons. Seul un magasin proposait aussi des masques de protection dans son assortiment, « mais nous n’en vendons presque jamais », affirmait le vendeur. De toute façon, les équipements de protection sont rarement demandés. Les agricultrices et agriculteurs seraient plus enclins à acheter une bouteille supplémentaire de pesticide afin de garantir leur récolte plutôt qu’un masque visant à protéger leur santé. Comme nous l’avons vu à Tepa, certains cultivateurs et cultivatrices – on observe aussi des femmes qui pulvérisent les champs – se protègent la bouche et le nez avec un tissu en coton et portent une casquette en toile pour se protéger comme ils le peuvent des gouttelettes de pesticides. Certains se frottent également la peau avec du beurre de karité, graisse extraite des noyaux du fruit de karité. Selon eux, la graisse apaiserait un peu les irritations cutanées.

    Lindt connaît le problème du manque d’équipements de protection et de l’exposition aux pesticides qui en résulte. Dans un entretien, une responsable de la durabilité raconte le dernier voyage d’affaires qu’elle a effectué il y a trois ans au Ghana. Lors de son séjour, elle a vu des agriculteurs sprayer les arbres en tongs. Malgré cela, la multinationale ne met aucun équipement de protection à disposition dans le cadre du « Farming Program ». À la question de savoir pourquoi, une porte-parole écrit : « Nous avons arrêté de distribuer des équipements de protection dans le cadre du programme mis en œuvre par Ecom lorsque nous sommes passés, il y a quelques années, des primes en nature à des primes en espèces, pour que les cultivatrices et cultivateurs puissent choisir librement dans quels outils ils souhaitent investir. » Ainsi, Lindt & Sprüngli considère les équipements de protection comme faisant partie de la « prime », et non pas comme un équipement de base mis à disposition de tous les agricultrices et agriculteurs cultivant du cacao pour la multinationale. Lindt écrit ensuite : « Distribuer du matériel gratuitement peut conduire à une dépendance, à la non-utilisation ou à la revente si les bénéficiaires n’accordent pas de valeur aux articles. » Lindt & Sprüngli met l’accent sur la sensibilisation à la nécessité des équipements de protection et « informe continuellement sur les dangers de certains pesticides ». Mais pour cela, la multinationale suisse du cacao mise au Ghana sur Ecom, un partenaire discutable.

    Utiliser la proximité avec les agriculteurs

    Le groupe Ecom au Ghana compte différentes filiales. Parallèlement au secteur des services de gestion durable (« Ecom Sustainable Management Services »), qui met en œuvre le « Farming Program » pour Lindt & Sprüngli, il y a aussi la filiale « Crop Doctor », spécialisée dans la vente de produits agrochimiques et de machines agricoles. Dans son assortiment, on trouve ses propres marques telles que « Commander » (contenant de l’imidaclopride), « Rockstar » (contenant de la bifenthrine) et « Skope 370 WP » (contenant du mancozèbe). Tous ces principes actifs sont hautement dangereux.

    Jessica a travaillé de 2013 à 2019 pour Ecom au Ghana et a occupé différents postes dans le domaine de la durabilité. Elle ne souhaite pas dévoiler son vrai nom. Elle raconte avoir toujours été dérangée par les affaires d’Ecom dans le domaine des pesticides. « Ecom voulait profiter de sa bonne position dans la chaîne d’approvisionnement du cacao. Et grâce aux marges importantes dans le commerce des pesticides, ils faisaient de grands bénéfices. » La direction d’Ecom a donné pour instruction à ses agronomes d’utiliser consciemment leur proximité avec les cultivatrices et cultivateurs de cacao dans le cadre du programme de Lindt pour leur vendre des produits Crop Doctor. Lors des formations, Ecom a certes enseigné aux agriculteurs la lutte intégrée contre les nuisibles, qui repose principalement sur des mesures biologiques et dans laquelle les pesticides synthétiques ne sont utilisés qu’en dernier recours. « Mais en même temps, ils vendaient aux agriculteurs les pesticides Crop Doctor en tant que produits de choix », raconte l’ex-collaboratrice d’Ecom. « C’est quand même très contradictoire. » Deux autres personnes ayant travaillé pour Ecom nous ont confirmé que, pendant des années, la multinationale a vendu des pesticides dans le cadre de ses programmes de durabilité.
    Les enfants sont eux aussi exposés aux pesticides

    Sampson ne souhaite pas non plus voir figurer son vrai nom dans cette enquête, car il craint des représailles. Il est agronome de formation et a travaillé chez Ecom de 2014 à 2019 comme agent de terrain. Dans cette fonction, il était chargé de la mise en œuvre du « Farming Program » dans le Ghana occidental. « Ecom fait partie des premières entreprises au Ghana à avoir distribué des pesticides dans le cadre de ses formations », affirme-t-il. « Ce qui de l’extérieur pouvait ressembler à une aide aux agriculteurs était en réalité une manière de faire encore plus de profits à leurs frais. » Pendant les formations pour Lindt, il était censé vendre par année pour 15 000 dollars américains de pesticides et d’engrais aux agriculteurs. « Cela faisait partie des objectifs selon lesquels mes résultats étaient évalués. » Quand il a commencé à travailler pour Ecom, seule une minorité de cultivatrices et cultivateurs de cacao pulvérisaient régulièrement leurs champs avec des pesticides, raconte Sampson. « Ils avaient leurs propres méthodes traditionnelles pour lutter contre les nuisibles. » Malgré ses objectifs de vente, il leur expliquait que les pesticides chimiques ne détruisaient pas que les nuisibles, mais aussi les espèces utiles et la microbiologie des sols. Ce qui le dérangeait en particulier, c’était de tomber régulièrement sur des enfants qui étaient exposés aux pesticides sur les fermes de cacao où il organisait les formations. « Leurs yeux coulaient, et ils disaient que leur peau brûlait. »

    Selon une étude de l’Université de Chicago, le nombre d’enfants exposés à des pesticides nocifs au Ghana et en Côte d’Ivoire a fortement augmenté ces dernières années. En 2014, 10% des travailleurs mineurs y étaient exposés ; cinq ans plus tard, le pourcentage était de 27%. Il est pour le moins plausible que parmi ces fermes, il y en a aussi qui produisent pour Lindt & Sprüngli. En 2023, des journalistes de l’émission de la SRF Rundschau ont visité différentes fermes de cacao au Ghana, qui faisaient partie du « Farming Program » de Lindt & Sprüngli. Sur de nombreuses fermes, les journalistes ont constaté des cas de travail abusif des enfants.

    Confrontée aux déclarations de son ancien employé, Ecom répond par écrit que la distribution directe et la « facilitation de la vente » par les agents de terrain ont été « formellement » suspendues en 2020. Ecom confirme avoir entre autres distribué des pesticides contenant de l’imidaclopride et de la bifenthrine. En même temps, la multinationale souligne le fait que tous les pesticides commercialisés étaient parfaitement autorisés pour une utilisation dans la culture de cacao par les autorités de contrôle ghanéennes compétentes. D’ancien·ne·s employé·e·s racontent qu’Ecom n’a suspendu la distribution directe qu’en 2023. Cette décision était surtout due au fait qu’un grand nombre d’agricultrices et agriculteurs ne pouvaient plus rembourser les crédits qu’Ecom leur avait accordé pour l’achat de ses propres produits. Une situation qui n’était pas bonne pour les affaires.

    « Officiellement, Ecom et Lindt disent protéger les agricultrices et agriculteurs », relève Sampson. « Mais en visitant régulièrement les fermes, on remarque très vite que cela n’est pas le cas. » La seule chose qui comptait réellement pour Lindt & Sprüngli selon Sampson, c’était que lui et ses collègues d’Ecom s’assurent que les cultivatrices et cultivateurs fassent de grandes récoltes et qu’il y ait toujours assez de cacao à disposition. En 2022, Sampson en a eu assez des multinationales de commerce de matières premières dans son pays. Il a fondé sa propre ONG qui veut renforcer la position des femmes dans le secteur du cacao. Il leur apprend la culture biologique du cacao et comment elles peuvent tenir les nuisibles éloignés des champs grâce à des solutions faites maison à base de graines de margousier et de parties du fruit du cacaoyer. « C’est moins cher pour les agricultrices et plus sain, et les récoltes sont aussi meilleures sur le moyen terme », affirme-t-il.
    Abandonner la ferme aux nuisibles

    Osei Kwame Williams, le propriétaire de la ferme de démonstration, a depuis abandonné la culture du cacao. Il travaille maintenant cinq jours par semaine comme chauffeur de minibus. Il dit gagner ainsi plus qu’avec le cacao. Cela suffit néanmoins tout juste à nourrir sa famille de cinq enfants et à payer les frais scolaires. « Mais au moins j’ai un revenu quotidien sûr. » Maintenant, en juin, ce serait justement le moment de pulvériser les jeunes cabosses, relève-t-il, comme il l’a toujours fait par le passé. « Mais celui qui n’a pas d’argent pour s’acheter des pesticides abandonne les arbres aux nuisibles. »

    Il ne sait pas s’il fait encore partie du « Farming Program » de Lindt & Sprüngli. Mais aucune formation ne se serait tenue sur sa ferme depuis des années. Après 2017, les agronomes d’Ecom et les délégations occasionnelles de Lindt & Sprüngli venant de Suisse ne lui auraient plus rendu visite. Il ne sait pas pourquoi. « Je me sens trahi », affirme-t-il. Pour Lindt & Sprüngli, en revanche, Mfanibu fait toujours partie des « demo plots » actives. À notre demande, une porte-parole écrit qu’actuellement treize « demo plots » seraient actives à Tepa et 37 à Goaso, « dont une à Mfanibu ».

    https://responsabilite-multinationales.ch/etudes-de-cas/lindt-pesticides-culture-cacao
    #chocolat #cacao #Ghana #agriculture #travail #conditions_de_travail

  • Les #Voix_croisées - #Xaraasi_Xanne



    Using rare cinematic, photographic and sound archives, Xaraasi Xanne (Crossing Voices) recounts the exemplary adventure of #Somankidi_Coura, an agricultural #cooperative created in #Mali in 1977 by western African immigrant workers living in workers’ residences in France. The story of this improbable, utopic return to the Sahel region follows a winding path that travels through the ecological and decolonial challenges and conflicts of agriculture practices and sensing from the 1970s to the present day. One of the major actors of the movement, #Bouba_Touré, tells this story by plunging into the heart of his personal archives, which document the fights of farmers in France and in Mali, as well as those of immigrant workers, over a period of decades. The film is also a story about dialogues and transmission, friendships and cinematic geographies. Over the course of the film, different voices, enter the sound-scape to accompany Bouba Touré’s telling; they bring the tale of a forgotten memory toward a possible future sung by a polyphonic griot.

    https://www.film-documentaire.fr/4DACTION/w_fiche_film/64570
    #film #documentaire #film_documentaire #travailleurs_immigrés #coopérative_agricole #Somankidi #agriculture #retour_au_pays #fleuve_Sénégal #régularisation #sans-papiers #travailleurs_sans-papiers #travail #exploitation #logement #racisme #mal-logement #foyer #marchands_de_sommeil #conditions_de_vie #taudis #tuberculeuse #Fode_Sylla #lutte #grève_des_loyers #université_libre_de_Vincennes #L'Archer #Djiali_Ben_Ali #Association_culturelle_des_travailleurs_africains_en_France (#ACTAF) #manoeuvres #main_d'oeuvre_non_qualifiée #grève #Sahel #famine #1971 #sécheresse #Haute-Volta #aide_humanitaire #exode_rural #Larzac #récupération_des_sols #charité #luttes_de_libération #termites #Samé #aide_au_retour #luttes #arachide #travail_forcé #modernisation #mécanisation #graines #semences #endettement #Kayes #autonomie #femmes #genre #irrigation #radio #radio_rurale_Kayes #radio_rurale #permaculture #intelligence_collective

    –—

    A partir de 1h07’14, où l’on explique que les lois restrictives contre les migrations fixent les gens... alors qu’avant il y avait de la #migration_circulaire : beaucoup de personnes venaient en France 1-2 ans, repartaient au pays et ne revenaient plus jamais en France...
    #fermeture_des_frontières #sédentarisation #agroécologie

    • J’adore, Tout est dit ! @monolecte Merci pour la diffusion des billets d’#Acta.zone

      En annonçant un #CouvreFeu à 18H00 sur l’ensemble du territoire, le gouvernement #LREM démontre une nouvelle fois sa préférence pour une gestion autoritaire de la crise sanitaire en cours. Plutôt que de repenser l’organisation sociale pour la rendre plus protectrice, on nous empêche de nous voir, de sortir, de prendre l’air. Pour maintenir les taux de profit d’un capitalisme mortifère, on nous impose une discipline policière au lourd passé guerrier et colonial.

      Le fait d’interdire la circulation en dehors des horaires de travail n’a plus rien à voir avec une protection sanitaire censée. C’est une nouvelle forme d’infantilisation, qui ignore totalement nos capacités d’autodéfense et d’auto-organisation face à la contamination. Depuis des mois, chacun·e a appris à se protéger soi-même et à protéger les autres, mais c’est seulement à coups d’amendes et de répression policière que l’État entend nous rééduquer.

      Plus que le #virus lui-même, c’est la gestion étatique qui a muté pour devenir de plus en plus dangereuse. Alors que le 1er confinement avait été marqué par un ralentissement de la sphère productive (« quoi qu’il en coûte » disait #Macron), par la mise au second plan du travail ou bien la revalorisation symbolique des travailleur·euses essentiel·les, ce couvre-feu nous assigne toutes et tous à notre seule fonction productive. Il limite nos existences à des aller-retours glauques entre travail et domicile. Dans sa prise de parole, le 1er Ministre a d’ailleurs pris soin de préciser que les entreprises pourront faire varier les horaires, supprimer les pauses du midi ou élargir le travail du dimanche. L’unique fonction sociale autorisée en temps de #Covid19 étant celle d’exploité.

      Alors que nous avons besoin de solidarité, d’entraide et d’auto-organisation, le gouvernement nous impose sa logique individualiste et punitive. Avec le travail et la patrie, c’est aussi la famille que ce couvre-feu met à l’honneur, comme si cette institution était réellement protectrice. Comme si, pour beaucoup d’entre-nous, la famille n’était pas un carcan dont les sorties, provisoires ou définitives, sont parfois salvatrices. Pour celles et ceux qui vivent seuls, ou dans des logements exigus ou insalubres, le couvre-feu accroît la précarité, la solitude et les atteintes psychiques.

      Dans un réflexe pavlovien, les ministres ont également annoncé un renforcement des contrôles aux frontières, avec des tests imposés pour les entrées et sorties, de façon différenciée selon qu’on se déplace dans ou hors Union Européenne. Comme si la viralité tenait compte des critères administratifs nationaux. L’apparition du variant anglais avait déjà donné lieu à une absurdité de ce type, entrainant une fermeture de la frontière franco-anglaise, selon le fantasme ridicule d’un variant qui n’aurait pas franchi la Manche (on a constaté ensuite qu’il était présent en France depuis des semaines, mais qu’il n’avait pas été détecté jusqu’ici). Ajouté à la ridicule compétition mondiale pour la vaccination, ces mesures nourrissent le développement d’un patriotisme sanitaire, tout à fait en phase avec le durcissement des nationalismes occidentaux.

      En dehors des mesures répressives, aucune alternative viable n’est proposée. S’adressant aux étudiant·es, la Ministre de l’Enseignement Supérieur s’est contentée de rappeler les dispositifs gadgets et les numéros verts, en faisant semblant d’annoncer un retour possible à l’université pour les licences 1, ce qui était déjà prévu. Alors que des blocages de partiel, un incendie d’une salle d’examen à Nantes et une multiplication des alertes sur la détresse étudiante ont rythmé l’actualité ces derniers jours, le gouvernement continue d’ignorer les appels à un plan d’aide et de soutien à la jeunesse (notamment via l’ouverture du RSA aux 18-25 ans). Le Ministre de l’Économie a lui aussi clairement affiché ses priorités en annonçant une prise en charge des coûts fixes des entreprises fermées…mais seulement pour celles dont le chiffre d’affaires dépasse le million d’euros mensuel.

      Le prétexte de la validation scientifique de ces mesures ne trompera personne. Le Conseil Scientifique censé livrer des recommandations n’est qu’un outil de légitimation au service de la #Macronie. Les véritables arbitrages sont réalisés par une poignée de personnes et validés par un Conseil de Défense, en dehors de tout principe démocratique, ou pseudo-démocratique. L’orientation stratégique de leurs décisions est claire : il s’agit pour l’État de s’arroger le monopole de la protection sanitaire, de réduire nos existences au travail et à la consommation, en annihilant toutes possibilités d’auto-organisation et d’auto-défense. À nous d’y répondre…

  • #Rassemblement pour la levée du contrôle judiciaire d’#Antonin_Bernanos#ACTA
    https://acta.zone/rassemblement-pour-la-levee-du-controle-judiciaire-dantonin-bernanos

    Nous appelons donc à un rassemblement le 26 novembre à 13h, devant la cour d’appel de Paris (métro Cité) où aura lieu la prochaine audience statuant du contrôle judiciaire d’Antonin.

    Liberté pour Antonin ! Liberté pour touTEs !

    Pour le soutenir financièrement en attendant l’audience : cotizup.com/liberons-les

  • Alibaba en terrain minier : résistance liégeoise contre l’autre géant du e-commerce
    https://www.cetri.be/Alibaba-en-terrain-minier

    Si Amazon fait désormais office de symbole du capitalisme ravageur, son homologue Chinois, Alibaba, demeure assez méconnu dans les pays occidentaux. Cette multinationale du #Commerce en ligne atteint pourtant une taille colossale et ambitionne désormais d’investir les marchés européens. Pour ce faire, l’entreprise a besoin d’une première méga-plateforme logistique sur le continent et c’est la ville wallonne de Liège qui a été désignée pour l’accueillir. Dans ce territoire industriel en déclin, la (...) #Le_regard_du_CETRI

    / #Acta, #Enjeux_numériques, Commerce, #Chine, #Le_Sud_en_mouvement, #Le_regard_du_CETRI

  • Communiqué d’ACTA – ACTA [un communiqué.... sans titre, à propos d’une agression sexuelle finalement suivie d’exclusion.]
    https://acta.zone/communique-dacta

    Au mois d’avril, nous avons été alerté.e.s d’une agression sexuelle commise par l’un de nos membres il y a plusieurs années. Il nous était demandé de procéder à son exclusion. Cette personne a donc été exclue de nos rangs, et ne participe plus à aucun de nos espaces d’organisation, réels ou virtuels.

    Bien que les faits aient eu lieu avant la création de notre collectif, certains membres avaient eu vent de rumeurs les concernant. Nous aurions dû, a minima, contacter la victime et ne pas s’en tenir, pour ceux qui en avaient écho, aux informations contradictoires ou à la disqualification des faits qui circulaient alors. Nous lui présentons donc nos excuses pour l’avoir contrainte à prendre l’initiative de la démarche.

    Un travail de fond sur les dynamiques sexistes et patriarcales qui créent les conditions de ces agressions et du silence qui les entourent est également en cours au sein de notre collectif, et nous espérons pouvoir collectivement avancer vers la construction d’espaces où ces agressions ne sont pas seulement dénoncées mais rendues impossibles. 

    Nous affirmons notre solidarité avec toutes les victimes d’agressions sexuelles, et remercions la victime pour la démarche qu’elle a entreprise, qui nous a rappelé combien il nous reste à faire et à apprendre pour que cessent ce type d’agressions dans nos milieux.

    "remercions la victime". Une formulation dénuée de tout scrupule qui renvoie à la position de « victime » une camarade qui a fait ce qu’il fallait pour s’y soustraire. Une formulation... agressive.

    Ce qui n’est pas dit c’est que cette décision d’Acta est le fruit d’un rapport de force exercé sur ce groupe. Il aura fallu plus de deux mois de pression de divers collectifs, groupes militants et lieux collectifs pour que Acta finisse par faire ce qui était exigé par la personne agressée et les groupes qui se sont solidarisé avec elle : nommer les faits sans circonvolutions (agression sexuelle) et exclusion publique.
    Une exception à la règle puisque comme l’on sait de tels actes restent bien souvent sans conséquences (dénégations, usage d’une « présomption d’innocence » étendue à loisir, injonction à utiliser une procédure pénale dont on connaît le peu d’efficacité en la matière).

    #ACTA #femmes #agression_sexuelle #militantisme #machisme #exclusion

  • Faire de l’enquête militante aujourd’hui
    Publié le 16 avril 2019 | @paris
    https://paris-luttes.info/faire-de-l-enquete-militante-11967

    #ACTA, média autonome et partisan, a réalisé cet entretien avec deux camarades de la Plateforme d’Enquêtes Militantes afin d’approfondir ensemble les enjeux d’une conception de l’enquête comme style et méthode d’organisation, leur permettre de formuler un premier bilan d’expérience, tout en évoquant les possibilités politiques nouvelles ouvertes par la situation en cours.

    Pour résumer, l’enquête militante vise à la consolidation réciproque entre théorie et pratique, entre production de connaissance et production de conflit. Par conséquent, quand elle est menée à bien, l’enquête militante doit déboucher avant tout sur un renforcement de la praxis.

    Quant à la posture propre à l’enquête militante, elle implique :

    1. De prêter une attention particulière aux comportements subjectifs de résistance et d’insubordination, de coopération et d’entraide – qu’ils soient ouverts ou latents – tout en saisissant le cadre objectif à l’intérieur duquel ils se déploient.

    2. De toujours chercher à construire de l’internalité aux luttes, c’est-à-dire à s’ancrer dans les espaces (lieux de travail, quartiers, universités, assemblées populaires, etc.) et à y garantir une présence militante dans une temporalité de moyenne-longue durée, en établissant ainsi un rapport de confiance et d’interconnaissance solide avec les sujets qui se battent pour transformer leur cadre de vie.

    3. De viser à saisir des tendances – à la fois dans les transformations objectives de la société et dans les comportements subjectifs de la classe – afin d’anticiper les terrains sur lesquels il est possible de faire travailler politiquement les contradictions à l’oeuvre.

    On peut donc parler – à propos de l’enquête militante – de style, pour rendre compte de l’attitude constitutive de la praxis qui l’imprègne d’un bout à l’autre. Mais aussi de méthode, quand à travers l’enquête on poursuit de façon explicite et systématique un objectif politique déterminé collectivement, dans une dynamique de dépassement tendanciel de la frontière entre « enquêteur·euse·s » et « enquêté·e·s ».

    #enquete #militantisme #medias_libres #en_quete_plutôt_qu'en_marche !

  • But it is worse than that, par Marc Doll
    https://www.facebook.com/SoilLifeQuadra/posts/10156656875720199

    I realize there is something I have known for some time but have never said, and, since I have just spent another 4 hours of my life in climate change academia I have to get this out of my system.

    Please understand that many you reading this won’t live to an old age... and likely will start scrolling after one or 2 more paragraphs... (edit...Ok I was wrong on this point. This is now my 2nd most shared post of all time..(edit)...make that my most shared)

    The IPCC report and Paris accord are incredibly overly optimistic and that commits the world to a target that means the death of hundreds of millions if not more.

    But it is worse than that.

    Even the commitments made by countries in the Paris accord don’t get us to a 2 degree world.

    But it is worse than that.

    The 2 degree target is now unattainable (unless of course the entirety of civilization does a 180 today...) and is based on geo-engineering the climate of the earth as well as the sequestering of every molecule of carbon we have produced since 1987, as well as every molecule we are producing today,as well as every molecule we produce tomorrow.... with magical technologies that don’t exist, wont exist and, even if they did would likely cause as many if not more problems than they fix.

    But it is worse than that.

    The 2 degree target of the IPCC does not factor in the feedback loops such as the increase absorption of heat due to a drastic reduction in the albedo (reflectivity) effect caused by the 70% loss of arctic ice,..- the release of methane from a thawing arctic. (there is more energy stored in the arctic methane than there is in coal in the world). This is called the methane dragon. If the process of the release of the methane, currently frozen in the soil and ocean beds of the arctic, which may have already begun, but if it spins out of control we are looking a an 8 degree rise in temperature.

    But it is worse than that.

    The report which gives us 12 years to get our head’s out of our arses underestimated the amount of heat stored in the world’s oceans, as we descovered in mid-January by 40%... so no , we don’t have 12 more years.

    But it is worse than that.

    The IPCC report ignores the effects of humans messing up the Nitrogen cycle through agricultural fertilizers and more... Don’t go down this rabbit hole if you want to sleep at night.

    But it is worse than that.

    Sea level rise will not be gradual. Even assuming that the billions of tons of water that is currently being dumped down to the ground level of Greenland isn’t creating a lubricant which eventually will allow the ice to free-flow into the northern oceans; it is only the friction to the islands surface that is currently holding the ice back. Then consider the same process is happening in Antarctica but is also coupled with the disappearance of the ice shelves which act as buttresses holding the glaciers from free flowing into the southern ocean. then factor in thermal expansions; the simple fact that warmer water takes up more space and It becomes clear that we are not looking at maintaining the current 3.4mm/yr increase in sea level rise (which incidentally is terrifying when you multiply it out over decades and centuries.) We will be looking at major calving events that will result in much bigger yearly increases coupled with an exponential increase in glacial melting. We know that every increase of 100ppm of C02 increases sea level by about 100 feet. We have already baked in 130 feet of sea level rise. It is just a question of how long it is going to take to get there... and then keep on rising..

    But it is worse than that.

    Insects are disappearing at 6 times the speed of larger animals and at a rate of about 2.5% of their biomass every year. These are our pollinators. These are links in our food chain. These represent the basic functioning of every terrestrial ecosystem.

    But it is worse than that.

    58% of the biomass of vertebrae life on earth has been lost since 1970. That is basically in my lifetime!

    But it is worse than that.

    The amount of Carbon we add to the atmosphere is equal to a yearly a human caused forest fire 20% bigger than the continent of Africa. Yes, that is every single year!

    But it is worse than that.

    Drought in nearly every food producing place in the world is expected to intensify by mid-century and make them basically unusable by the end of the century... Then factor in the end of Phosphorus (China and Russia have already stopped exporting it knowing this) and the depletion of aquifers and you come to the conclusion that feeding the planet becomes impossible.

    But it is worse than that.

    We can no longer save the society that we live in and many of us are going to be dead long before our life expectancy would suggest.

    If your idea of hope is having some slightly modified Standard of living going forward and live to ripe old age... there is no hope. This civilization is over...

    ..but there is hope..

    There is a way for some to come through this and have an enjoyable life on the other side. Every day we delay can be measured in human lives. There will come a day of inaction when that number includes someone you love, yourself or myself.

    So we have 2 options.

    Wake the fuck up. If we do we will only have to experience the end of our society as we know it aka...the inevitable economic collapse which is now unavoidable, but be able to save and rebuild something new on the other side. This would require a deep adaptation. Words like sustainability would need to be seen as toxic and our focus needs be on regeneration. Regeneration of soil, forests, grasslands, oceans etc.... This is all possible.

    Option 2 is the path we are on thinking that we can slowly adapt to change. This not only ensures we experience collapse but also condemns humanity to not just economic and social collapse but in a 4-6 or even an 8 degree world... extinction.

    I am sick of pipeline discussions. I am sick of any argument that is predicated on the defeatist assumption that we will continue to burn oil at an ever increasing rate simply because it is what we have always done. Fact is if we do we are not just fucked, we are dead. I am sick of people who don’t understand how their food is produced, and its effect on the climate.(both carnivores who eat feed-lot meat and vegans who eat industrially-produced-mono-cropped-veggies as they are equally guilty here. The consumption of either is devastating). I am sick of the tons of shiny new clothes people are wearing without realizing 1 Kg of cotton takes over 10 thousand Liters of water and incredible amounts of energy to produce. I am sickened by the amount of that same clothing hits the landfill in near new condition. I am sick of the argument that our oil is less poisonous than someone else’s. Firstly, no it isn’t and secondly, It doesn’t fucking matter. I am sick of people that can’t even handle the ridiculously-small, only-the-tip-of- the-iceberg-of-changes we need to accept; a carbon tax. I am sick of the fact that the political will seems only capable of focusing on the individual consumer through small measures like a carbon tax but no elected Party seems to have the fortitude to enact policies that take it to the small handful of companies that are responsible for 70% of our current C02 production. I am sick of my own hypocrisy that allows me to still use fossil fuels for transportation. I am sick of those who use hypocrisy as an argument against action. I am sick of the Leadership of my country that argues we can have economic growth and survivable environment... we can’t. I am sickened by the normalizing of the leadership of our Southern neighbour who as the most polluting nation in the world officially ignores even the tragedy that is the Paris accord. I am sick of the politicians I worked to get elected being impotent on this subject. Naheed and Greg I’m looking at you. (BTW...Druh, you are an exception) I am sick that the next image I put up of my kids, cheese, pets or bread is going to gain immeasurably more attention than a post such as this which actually has meaning... I am sick about the fact that all the information I referenced here is easily discoverable in scientific journals through a simple google search but will be characterized by many as hyperbolic.

    I am confused as to who I am more upset with. Those who have fallen for the denier propaganda, those who choose to be willfully ignorant, those who understand this issue and throw their hands up in a fit of lazy despair or those who are as cognitive as I am to the urgency of this issue yet continue living day-to-day feeling self-satisfied with their recycling, electric car, voting record or some other equally inane lifestyle modification while waiting for society to hit the tipping point so they don’t have to actually put their values into practice (which despite my recent life changes still more or less includes me). All that said...

    There is a path forward.

    But every day we delay the path forward includes fewer of us. Build community, build resilience, work for food security, think regeneration, plant food producing trees, think perennial food production, turn your waste products into resources, eat food that does not mine the soil and is locally produced, eat meat that is grass fed in a holistic or intensively rotated (ideally holistically grazed in a silvopasture ) that is used to provide nutrients to vegetation, get to know a farmer or become one yourself, park your car, do not vote for anyone who either ignores climate change or says we can have our cake and eat it too, quit your job if it is fossil fuel related (it is better than losing it... which you will), stop buying shit, stop buying expensive cars and overly large houses and then complain that local planet saving food costs more than Costco. Stop buying things that are designed to break and be disposed-of, let go of this society slowly and by your own volition (its better than being forced to do it quickly), Rip up your lawn and plant a garden with perennial veggies, fruit bushes, fruit trees and nut trees. Learn to compost your own poop (it is easy and doesn’t stink). Buy an apple with a blemish, Get a smaller house on a bigger lot and regenerate that land, Plant a guerrilla garden on a city road allowance. Return to the multi-generational house, Realize that growth has only been a thing in human civilization for 250 years and it is about to end and make preparations for this change. Teach this to your children. Buy only the necessities, don’t buy new clothes-go to the thrift store. Don’t use single use plastic or if you do re-purpose it, Unplug your garberator and compost everything, Relearn old forgotten skills. Don’t let yourself get away with the argument that the plane is going there anyway when you book a holiday. Understand that there is no such thing as the new normal because next year will be worse, Understand before you make the argument that we need to reduce human population ... meaning the population elsewhere... that it is not overpopulation in China or India that is causing the current problem... It is us and our “western” lifestyle, Understand that those that are currently arguing against refugees and climate change are both increasing the effects of climate change and causing millions of climate refugees... which will be arriving on Canada’s doorstep because Canada, due to our size and Northern Latitude, will on the whole have some of the best climate refuges. Understand that the densification of cities is condemning those in that density to a food-less future. Stop tolerating the middle ground on climate change. there is no middle ground on gravity, the earth is round, and we are on the verge of collapse.

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    At last check over 25000 shares. Thank you for reading.

    Thanks to Dr. Eric Rignot, Rupert Read , Dr. Jim Anderson, everyone at Berkely Earth those that put keep C02.earth and Environmental Advanced Sciences on FB upto date and so many other climate scientists who’s work have inspired this piece. Thanks as well to the 16 yr old Gretta Thunburg who gave me the courage to take what was in my head and put it to paper,. I encourage you to dig deep. Listen to talks where scientist are talking to scientists. They are less likely then to use the conservative filters they impose on themselves and you will get to the cutting edge.

    *on a personal note, since I post about my children, I don’t accept friend requests from people I haven’t met. That said as of today, I have figured out how to enable the “follow” button on my account. I have been blown away by all the fantastic and heartfelt messages and commitments to change I have received due to this post and look forward to reading them.

  • Appel à une grève internationale des femmes le 8 mars :
    "Grève du et des genres, grève du travail productif et reproductif, grève de la consommation : le mouvement féministe global a réussi à donner « un nouveau sens et une nouvelle force au mot grève », à une époque où – face à la précarisation et à la diffusion des formes de travail gratuit et informel – faire grève semble être devenu le privilège d’une minorité de travailleur-se-s."
    #NonUnaDiMeno #PasUneDeMoins
    #Acta ! https://acta.zone/pas-une-de-moins-le-8-mars-nous-faisons-greve

    • En vue de la grève féministe globale du 8 mars, nous avons traduit en français l’appel de l’assemblée italienne Non Una Di Meno, mouvement né pour combattre la violence faite aux femmes et la violence de genre. Cette dernière étant comprise comme structurelle et conséquence d’un système patriarcal, hétéro-normé et raciste. Non Una Di Meno appelle à interrompre le 8 mars toute activité de travail, formelle ou informelle, gratuite ou rétribuée. À interrompre en somme la reproduction d’une société fondée sur la domination et sur « le pacte patriarcal et raciste avec le néo-libéralisme ».

      Le 8 mars, sur chaque continent, au cri de « pas une de moins ! », sera jour de grève féministe. Nous interrompons toute activité de travail et de soin, formelle ou informelle, gratuite ou rétribuée. Nous portons la grève sur les lieux de travail et dans les maisons, dans les écoles et les universités, dans les hôpitaux et sur les places. Nous croisons les bras et refusons les rôles et les hiérarchies de genre. Nous stoppons la production et la reproduction de la société. Le 8 mars, nous faisons grève !

      En Italie une femme sur trois entre 16 et 70 ans a été victime de la violence d’un homme, presque 7 millions de femmes ont subi des violences physiques et sexuelles, chaque année environ 200 femmes sont tuées par leur mari, leur fiancé ou leur ex. 1 400 000 femmes ont subi des violences sexuelles avant 16 ans. Un million de femmes ont été victimes de viol ou de tentatives de viol. 420 000 femmes ont été victimes d’harcèlement sexuel et de chantage sur leur lieu de travail. Moins de la moitié des femmes adultes est employée sur le marché du travail officiel, la discrimination salariale va de 20% à 40% selon les professions, un tiers des travailleuses doit abandonner son travail à cause de la maternité.

      La grève est la réponse à toutes les formes de violence qui touchent systématiquement nos vies, en famille, sur les lieux de travail, dans la rue, dans les hôpitaux, dans les écoles, à l’intérieur et à l’extérieur des frontières.

      Féminicides. Viols. Insultes et harcèlements dans la rue et sur les lieux de travail. Violence domestique. Discrimination et violence sur les femmes handicapées. Le permis de séjour subordonné au mariage. Obstacles infinis pour accéder à l’avortement. Pratiques médicales et psychiatriques violentes sur nos corps et sur nos vies. Précarité qui devient double charge de travail et salaires diminués. Un welfare désormais inexistant qui se décharge sur le travail de soin gratuit et surexploité dans un contexte d’appauvrissement général. Contre cette violence structurelle, qui nie notre liberté, nous faisons grève !

      Nous faisons grève dans le monde entier contre l’essor des droites réactionnaires qui nouent un pacte patriarcal et raciste avec le néo-libéralisme. Nous appelons quiconque refuse cette alliance à faire grève avec nous le 8 mars. Du Brésil à la Hongrie, de l’Italie à la Pologne, les politiques contre les femmes, les lesbiennes, les trans, la défense de la famille et de l’ordre patriarcal, les attaques contre la liberté d’avorter vont de pair avec la guerre ouverte contre les personnes migrantes et les roms. Patriarcat et racisme sont les armes d’une exploitation sans précédent. Pères et patrons, gouvernements et églises veulent tous nous « remettre à notre place ». Mais nous, à « notre » place, nous ne voulons pas y rester et pour cela nous faisons grève le 8 mars !

      Nous faisons grève parce que nous refusons le projet de loi Pillon sur la garde et le divorce, qui attaque les femmes en instrumentalisant les enfants. Nous combattons la loi Salvini, qui empêche la liberté et l’autodétermination des migrant-e-s, alors qu’elle légitime la violence raciste. Nous ne supportons pas les attaques contre « l’idéologie du genre », qui dans les écoles et les universités veulent imposer l’idéologie patriarcale. Nous dénonçons le prétendu « revenu de citoyenneté » sur base familiale, qui nous contraindra à rester pauvres et à travailler à n’importe quelles conditions, sous le contrôle oppressif de l’État. Nous refusons la prétendue flexibilité du congé maternité qui continue à reporter le soin des enfants uniquement sur les mères. Nous avons envahi les places de chaque continent pour réclamer la liberté de décider de nos vies et de nos corps, la liberté de se déplacer, d’autogérer nos rapports en dehors de la famille traditionnelle, pour nous libérer du chantage à la précarité.

      Nous revendiquons un revenu d’autodétermination, un salaire minimum européen et un welfare universel. Nous voulons un avortement libre, assuré et gratuit. Nous voulons autonomie et liberté de choix sur nos vies, nous voulons redistribuer la charge du travail de soin. Nous voulons être libres d’aller où nous voulons sans avoir peur, de nous soulever contre la violence raciste et institutionnelle. Nous voulons un permis de séjour européen sans conditions. Ces mots d’ordre rassemblent la force d’un moment global. Le 8 mars nous faisons grève !

      Le mouvement féministe global a donné un nouveau sens et une nouvelle force au mot grève, vidé par des années de politiques syndicales co-gestionnaires. Nous devons lutter car n’importe qui peut faire grève indépendamment du type de contrat, malgré le chantage des infinis renouvellements et l’invisibilité du travail au noir. Nous devons nous soutenir mutuellement et nouer des relations de solidarité pour réaliser la grève du travail de soin, qui est encore si difficile à faire reconnaître en tant que travail. Nous invitons donc tous les syndicats à proclamer la grève générale pour le 8 mars prochain et à soutenir concrètement les déléguées et les travailleuses qui veulent la pratiquer, en convoquant des assemblées syndicales pour l’organiser et en favorisant les rencontres entre travailleuses et noyaux territoriaux de Non Una Di Meno, dans le respect de l’autonomie du mouvement féministe. La grève est une occasion unique pour affirmer notre force et faire entendre notre voix.

      Avec la grève du et des genres nous pratiquons la libération de toutes les subjectivités et nous affirmons le droit à l’autodétermination sur nos propres corps contre les violences, les pathologisations et les psychiatrisations imposées aux personnes trans et intersex. Contre le validisme qui discrimine les personnes handicapées nous revendiquons l’autodétermination et les désirs de tous les sujets.

      Avec la grève de la consommation nous réaffirmons notre volonté d’imposer un changement de système qui dessine une autre manière de vivre sur la terre alternative à la guerre, aux colonisations, à l’exploitation de la terre, des territoires, des corps humains et animaux.

      Avec la grève du travail productif et reproductif nous bloquerons chaque secteur dans lequel se reproduit la violence économique, psychologique et physique sur les femmes.

      « Pas une de moins » est le cri qui exprime cette force et cette voix. Contre la violence patriarcale et raciste de la société néolibérale, la grève féministe est la réponse. Nous faisons grève pour inventer un temps nouveau.

      Si nos vies ne valent pas, nous faisons grève !

      #femmes #grève_féministe #8mars

  • Hey ! Un nouveau média s’est allumé ! Issu de "Partisan-e-s dans la métropole", ACTA.ZONE est un média autonome et partisan qui produit vidéos, entretiens et articles d’intervention - de l’intérieur des luttes.

    La première édition donne le ton : combatif.
    Une présentation aux petits oignons
    https://acta.zone/qui-sommes-nous
    Un décorticage salutaire du mot "Populaire"
    https://acta.zone/vous-avez-dit-populaire
    La première partie d’un long entretien avec J.M. Rouillan
    https://acta.zone/rencontre-avec-jean-marc-rouillan-partie-1
    La retranscription de l’intervention orale sur l’état des lieux du fascisme de Mathieu Rigouste lors du « meeting pour Clément » en septembre 2018
    https://acta.zone/lactualite-du-fascisme-rigouste
    Et un bon décryptage pour "Casser la loi anticasseurs"
    https://acta.zone/lactualite-du-fascisme-rigouste

    Côté images, la première vidéo est pour la récente Soirée Libérons-les ! - Actualité de la répression à La Parole Errante
    https://youtu.be/5OExoz_KBAI


    Les photos sont percutantes, mais je suis un peu triste de voir l’absence de crédits photos à part pour une de l’excellent Nnoman

    Bref globalement ça fait grave plaisir de voir un nouveau support comme ça, et qui ne se base pas sur facebook pour exister ! Ça me fait un peu la même joie que lorsque j’avais découvert lundi.am mais peut être avec une tonalité moins... "blanche", et, perso, ça me fait du bien de sortir d’un entre-soi. J’ai la sensation sur cette première mouture que ça manque pas mal de meufs par contre. Mais quelque chose me dit que ça va pas durer et qu’elles vont très vite apparaître !

    #media #medias_libres #automedia

  • Directive sur le droit d’auteur : l’affrontement factice des deux têtes du capitalisme informationnel
    https://www.laquadrature.net/fr/capitalisme_informationnel

    Un quart de siècle qu’on se repasse ce même mauvais film, celui où les industries culturelles instrumentalisent la loi pour faire la guerre à leur public. En cause cette fois-ci, l’article 13 de la directive sur le droit d’auteur en cours d’examen à Bruxelles, et sur lequel le Parlement européen se prononcera le 12 septembre. Dans sa rédaction actuelle, cette disposition impose que, dans le cadre d’accords avec les sociétés d’ayants droit (telle la Sacem), les ­plates-formes numériques (YouTube, (...)

    #Apple #Google #Microsoft #SACEM #Amazon #Facebook #YouTube #algorithme #ContentID #Robocopyright #censure #filtrage #web #surveillance #ACTA #GAFAM #CJUE (...)

    ##LaQuadratureduNet

  • #film
    Le documentaire antifa « #Acta_non_Verba » est en ligne

    Nous avions déjà évoqué ici le documentaire inédit « Acta non verba », réalisé par un camarade antifasciste marseillais, qui différentes initiatives antifascistes en France et à l’étranger. La Horde avait organisé une projection publique le 31 janvier dernier, et on avait dû refuser du monde… Le documentaire est maintenant en ligne, et chacunE peut maintenant le voir et s’en faire une idée. Nous invitons toujours les collectifs antifascistes à organiser des projections publiques du film : c’est dans cette perspective, prolonger le visionnage par une discussion sur l’#antifascisme aujourd’hui, que le #documentaire a été pensé.


    http://lahorde.samizdat.net/2015/03/29/le-documentaire-antifa-acta-non-verba-est-en-ligne
    #antifa
    https://www.youtube.com/watch?v=NnaL0W1fkww

  • #acta_non_verba : #débat du 31/01/15 en streaming
    http://lahorde.samizdat.net/2015/02/10/acta-non-verba-debat-du-310115-en-streaming

    Suite à la projection d’Acta non verba, documentaire antifasciste réalisé par Hazem, nous vous proposons d’écouter ou de réécouter le débat qui a suivi. Hazem et 3 participants au documentaire ont répondu au questions du public présent, et ont pu renforcé certains des points principaux du documentaire, notamment le besoin d’une ouverture sur l’internationale et l’importance des actes face aux paroles. Bonne écoute. http://youtu.be/l9XtQm7SUcA

    [&hellip

    #Initiatives_antifas #Non_classé

  • Sans titre
    http://coutoentrelesdents.noblogs.org/post/2015/01/02/1775

    La Horde vous invite à assister samedi 31 janvier 2015 à 14h, au cinéma #la_clef (Paris), à lapremière projection publique du documentaire antifasciste #acta_non_verba, un documentaire réalisé par un militant antifasciste marseillais, dans lequel sont présentés différentes … Continue reading →

    #ANTIFASCISME #EVENEMENT #FAF #FILMS #antifa #Clément_Meric #culture #facho #faf #france #hazem #la_horde #paris #pensé_critique #rassemblement

  • « Le #TAFTA veut placer les profits avant l’intérêt des peuples » - Reporterre
    http://www.reporterre.net/spip.php?article6349

    Le #CETA contient des clauses qui étaient déjà dans #ACTA et avaient été refusées par les citoyens. Quelle est la stratégie de la Commission européenne pour tenter de faire avaler aux gens le TAFTA ?

    Initialement, le plan était de précipiter la signature du TAFTA / #TTIP, de faire les choses aussi rapidement que possible, de sorte que l’opposition n’aurait pas le temps de se construire. Le secret était de la plus haute importance : si les gens ne savent pas ce qui est en cours de négociation, ils ne peuvent pas critiquer ou faire des commentaires constructifs. Cela permettait d’arriver aux accords sans pressions extérieures pour influer sur la rédaction du texte.

    Si cela avait réussi, l’objectif était de le présenter comme un fait accompli au public, qui serait autorisé à lire le texte, mais pas à le modifier. À ce stade, le Parlement européen aurait eu le choix de dire oui ou non. Oui, en acceptant tous les éléments négatifs pour permettre à la population de l’UE de bénéficier des gains qu’on lui fait miroiter, ou Non en le rejetant complètement, risquant ainsi d’apparaître comme anti-commerce et ennemi du peuple

    Nous pouvons être sûrs que c’était le plan, car c’est précisément ce qui s’est passé avec l’accord commercial entre l’UE et le Canada (CETA) : il a été négocié en secret, sans publication officielle du texte. L’objectif est de le signer en grande pompe le 26 septembre, et de faire chanter le Parlement européen pour qu’il le ratifie sous prétexte que l’Europe a « besoin » de la relance économique que ce traité est censé apporter.

    Heureusement, le CETA et le TAFTA / TTIP se sont tous deux heurtés à d’énormes problèmes. Non seulement le texte complet du CETA été divulgué, mais les gens et les politiciens se sont rendus compte que la ratification du CETA consacrerait l’une des pires idées de TAFTA / TTIP, le « règlement des différends investisseur-État » ([SDS : système qui permet aux entreprises de contester les politiques démocratiquement décidées parce qu’elles réduisent potentiellement les bénéfices futurs], chapitre qui permet aux entreprises de se placer au-dessus du droit communautaire et de poursuivre les citoyens européens pour prétendue « expropriation indirecte de bénéfices futurs. »

    #prédateurs

    • Nous ne le savons pas, puisque tout est enveloppé dans un très grand secret ! Nous ne pouvons que tenter de deviner sur la base de ce qui se passe. Je pense que l’enthousiasme aveugle de la Commission européenne pour le TAFTA / TTIP en dépit de ses problèmes et des dangers manifestes est en grande partie un produit de son histoire.

      Il y a vingt ans, la Commission ne fonctionnait qu’en liaison avec l’industrie et ses lobbyistes, le public n’avait aucune voix dans les affaires - il ne votait pas pour la Commission, et n’avait aucun moyen de communiquer avec ses membres.

      Cela a conduit à une relation dangereusement confortable entre la Commission et l’industrie, exacerbée par la fameuse « porte tournante » qui voit souvent les commissaires occuper des emplois très bien payés dans l’industrie une fois qu’ils quittent la politique européenne.

  • La guerre des #brevets | ARTE mardi 01 juillet (81 min)

    Rediffusion lundi 07.07 à 3h10
    Arte+7 : 01.07-08.07.2014

    http://www.arte.tv/guide/fr/046926-000/la-guerre-des-brevets

    Comment le système des brevets, censé protéger les #inventions techniques, a-t-il été dévoyé au point d’étouffer l’innovation et l’intérêt général ? Une enquête instructive.

    Aux États-Unis, des femmes atteintes d’un cancer du sein ont mené une croisade juridique victorieuse contre Myriad Genetics. En brevetant deux gènes dont la mutation révèle une prédisposition au développement conjoint d’un cancer des ovaires, le laboratoire s’était assuré un monopole sur les tests de dépistage, mettant potentiellement en danger la vie de patientes, dans l’incapacité d’assumer le coût de l’examen. Alors que les lois sur les brevets ont été imaginées pour protéger les appareils et procédés techniques, comment expliquer que 20 % des gènes humains tombent aujourd’hui sous le coup de droits d’exclusivité d’#exploitation en Amérique ? Pour David Martin, spécialiste de la #propriété_intellectuelle, le tournant a eu lieu dans les années 1980 quand, dépassés par le Japon en nombre de brevets déposés, les États-Unis ont révisé leur législation. En supprimant l’obligation de prouver la mise en application d’une invention et en autorisant la brevetabilité de la recherche universitaire, ils ont ouvert la voie à une confiscation (provisoire) du savoir : une situation à l’origine d’un différend entre pays riches et pays en développement. Ces derniers militent, entre autres, pour un accès aux médicaments à des prix abordables. C’est le cas notamment de l’Inde qui, en plus de payer des licences, se voit contrainte de protéger ses #ressources_traditionnelles – du riz basmati aux postures de yoga –, pour éviter que d’autres ne les brevètent…

    [80 minutes étouffantes - surtout pas gaspillées]

    #reportage #documentaire
    #Patentrecht #patent_license
    #innovation #Erfindung #Entwicklung

    #Ausbeutung
    #intellectual_property #Geistiges_Eigentum

    #Handelsabkommen #trade_agreement #accord_commercial

    #Indes #India #Indien

    [ #ACTA ]

  • Plainte en diffamation sur fond d’ACTA : Bercy 0, Ligue Odebi 1 - Next INpact
    http://www.nextinpact.com/news/87400-plainte-en-diffamation-sur-fond-dacta-bercy-0-ligue-odebi-1.htm

    Vendredi dernier, la 17e chambre du tribunal de grande instance de Paris a finalement relaxé Émilie Collin pour son texte posté sur le blog du site de la Ligue Odébi. En plein débat sur le traité anti-contrefaçon, celle-ci citait les noms de deux conseillers techniques de Bercy, Patrice Guyot et Jean-Philippe Muller, sous un article intitulé « #ACTA : mais où est caché Charly ? »

    Bercy 0 mais quand même : le #SLAPP a bien fait flipper Emilie (et d’autres) et conduit à la (plus ou moins auto-)#censure, ce qui était bien son but.

  • ACTA : deux hauts fonctionnaires de Bercy attaquent une internaute - PC INpact
    http://www.pcinpact.com/news/86523-acta-deux-hauts-fonctionnaires-bercy-attaquent-internaute.htm

    Vendredi dernier, un procès s’est tenu à Paris opposant une internaute, Émilie Colin, à MM. Patrice Guyot et Jean-Philippe Muller, deux hauts fonctionnaires qu’elle avait présentés sous des termes acidulés comme négociateurs français du projet de l’accord anticontrefaçon, #ACTA, désormais rejeté par le Parlement européen.

    #censure #SLAPP #internet

  • Pour en finir avec les mythes de transparence autour des négociations commerciales UE-US - Attac France
    http://france.attac.org/se-mobiliser/le-grand-marche-transatlantique/article/pour-en-finir-avec-les-mythes-de

    Le 7 octobre, la deuxième étape des négociations pour un accord commercial transatlantique s’est tenue à Bruxelles. Interpellée sur la question de l’absence d’ouverture et de participation du public, la Commission européenne a initié une offensive de propagande qui vante la transparence et le comportement responsable des négociateurs européens dans le cadre des discussions en cours.

    Ce guide publié par Corporate Europe Observatory vous permettra de dissiper cette rhétorique rassurante mais trompeuse, pour mieux comprendre les enjeux du secret des négociations et de l’influence des grandes entreprises sur leur déroulement, ainsi que les problèmes que posent l’absence de contrôle démocratique et de débat public sur les négociations en cours.

    Depuis de nombreuses années, des ONG et organisations citoyennes critiquent les politiques commerciales de l’Union européenne pour leur manque de transparence, le déficit démocratique qui les caractérise et leur parti pris pro-multinationales (Voir par exemple ici, ici et ici). Le Parlement européen a quant à lui rejeté l’ACTA (Anti-Counterfeiting Trade Agreement - accord commercial anti-contrefaçon), les membres du Parlement européen faisant valoir, pour de bonnes raisons, qu’une loi négociée en secret est généralement une mauvaise loi. Ces mêmes parlementaires appellent aujourd’hui à plus d’ouverture dans les négociations du projet de Partenariat transatlantique pour le commerce et l’investissement (PTCI ou TTIP en anglais). Et les militants des libertés numériques ont averti la Commission européenne que le secret « pourrait tuer le TTIP aussi sûrement qu’il a tué l’ACTA ».

    En réponse, la Commission a lancé une vaste offensive de relations publiques. Dans une série de questions/réponses, de documents préparatoires, portant sur la transparence dans les négociations commerciales dans l’UE, et de notes expliquant pourquoi le TTIP n’est pas l’ACTA, la Direction du commerce de la Commission (DG Commerce) se dépeint comme un modèle de transparence. « Il y a plus d’intérêt pour cet accord potentiel que pour aucun autre auparavant » disent-ils, « nous réalisons que ceci nécessite de nouvelles initiatives pour éclairer davantage ce qui se déroule pendant les négociations. »

    Cependant, ces « nouvelles initiatives » opacifient davantage qu’elles n’éclairent les évènements. Voici, un mythe après l’autre, quelques précisions sur ce que signifient réellement ces discours d’ouverture et de responsabilité à la DG Commerce....

    #Attac
    #Europe
    #US
    #Le-Grand-Marché-transatlantique
    #TTIP
    #ACTA

  • Plus de soixante organisations lancent aujourd’hui la campagne « Non au Grand Marché Transatlantique » (#StopTAFTA) afin de rendre public le contenu des négociations commerciales en cours entre l’Union européenne et les Etats-Unis. Le traité, élaboré dans l’opacité comme déjà l’#AMI et l’#ACTA, vise à constituer d’ici 2015 un grand espace de libre-échange, où le droit des investisseurs prendrait le pas sur celui des gouvernements élus. L’article de Lori M. Wallach, paru en novembre, en détaillait plusieurs aspects.

    http://www.monde-diplomatique.fr/2013/11/WALLACH/49803 (en accès libre) #TAFTA

    En anglais : http://mondediplo.com/2013/12/02tafta
    En portugais : http://www.diplomatique.org.br/artigo.php?id=1522
    En grec : http://www.monde-diplomatique.gr/spip.php?article489
    En allemand : http://www.monde-diplomatique.de/pm/2013/11/08/a0003.text

  • Fire in the Blood - Dylan Mohan Gray (2013)

    #film #documentaire sur les #brevets, la #santé, l’accès aux traitements… (vu sur NRK2 « piratée » grâce à l’extension firefox #ipfuck)

    j’ai livetwitté en regardant :

    @jamie_love @ZackieAchmat starring in #FireInTheBlood on NRK2 now

    FireInTheBlood is a story about statistics — millions of people died

    In 1996 Edwin Cameron was saved by ARVs “most astonishing experience of my life”

    price of ARVs were set by US markets — unreachably high

    @ZackieAchmat and others founded the #TAC to fight pharma apartheid - and illegally imported generic drugs to save lives

    “no difference in quality” between expensive patented drugs and generics

    @jamie_love in Washington says no one seemed to see the problem… USAID Natsios’ racist comment about Africans and watches

    “Where are the drugs? The drugs are where the disease is not. Where is the disease? The disease is where the drugs are not”

    “[Big Pharma] would still make a profit at 5c” — even Bill Clinton agrees (now)

    @ZackieAchmat announced that he would boycott ARVs until the SA govt would make them available for everyone

    “If a few million white people would not have access to treatment, someone would have asked the question” — says @jamie_love

    CIPLA was founded because India should be “self-reliant” for medicine - and Indira Gandhi rejected patents at the time

    “NO #PATENTS ON LIFESAVING MEDECINES” (poster)

    Yusuf Hamied’s extraordinary offer to the UN: drop patents on ARVs and save lives!— hyperprofitable pharma refused

    Big Pharma lying on research, costs and just about everything

    “those drugs from India”… in fact the US industry was already outsourcing to India

    The “counterfeit drugs” argument in pharma is also a way to create FUD

    “A dollar a day” — the @jamie_love / CIPLA deal got “clearly the magic number”

    With generics finally in, governance became the main issue

    “As a doctor it was my job to try and save my patients’ life” — Peter Mugyenyi, Kampala

    Ah, the CIPRO story! Double standards to the max!

    The Global Fund “was working with drug companies to limit access to drugs", then GW Bush went to invade Iraq & created PEPFAR

    “Uncharacteristically the White House had not consulted with Big Pharma” :) didn’t last long!

    “Higher price: fewer lives saved.” Generics made the prices plummet. The number of ppl on treatment exploded

    #TRIPS, #TPP, #ACTA, #TAFTA and all this shit are made to reinforce the reign of #patents and “sign death warrants”

    What happens “for the next generation of drugs”? … future “genocide” in the making - “We need to do something!”

    @jamie_love: “we don’t have to accept this future” “we can act”

    “Help prevent a sequel!” — fight TRIPS+ and all the IP shit

    http://fireintheblood.com devrait être projeté partout

    @Paul_da_Silva merci pour #IPFuck

    #sida #afrique_du_sud #ouganda #militer #brevets #propriété_intellectuelle

  • Huysmans entre Zola Satan et Cathédrales
    http://www.larevuedesressources.org/huysmans-entre-zola-satan-et-cathedrales,2647.html

    Dans le fil de la publication du premier chapitre du roman de #Joris-Karl_Huysmans, Là-bas, où nous évoquions en note Les soirées de Médan, voici une recension critique de l’ouvrage de #Jérôme_Solal, Huysmans avant Dieu. Tableaux de l’exposition, morale de l’élimination (2010), par Carine Roucan, en 2011. Sa déconstruction minutieuse de l’étude de Jérôme Solal montre que la pertinence de l’investigation de l’exégète installe pourtant des lacunes. Peut-être l’effet d’une conception actuelle plus (...)

    #Etudes #Littérature #XXe_siècle #XXIe_siècle #XIXe_siècle #Satanisme #Catherine_Roucan #Conversion #Catholicisme #Huysmans_avant_Dieu._Tableaux_de_l'exposition,morale_de_l’élimination #Acta_fabula