• « On ne peut pas monter dans un bus sans savoir où il part » : la préfecture casse la grève du #Samu_social de #Paris et laisse des familles dans l’inconnu - L’Humanité
    https://www.humanite.fr/social-et-economie/cgt/tous-les-problemes-vont-se-repeter-la-prefecture-casse-la-greve-du-samu-soc

    Plusieurs dizaines de policiers ont évacué de force, jeudi 13 août, le parvis du Samu social de Paris, où plusieurs centaines de travailleurs et famille non accompagnées ont entamé une #grève il y a plus d’un mois. « Il est hors de question d’expulser des familles et des personnes sans abri pour les remettre à la rue », dénonçait la CGT.

    [...]

    Pour rappel, les travailleurs sociaux du 115 en grève réclament des revalorisations salariales pour l’ensemble du personnel, comme des financements à la hauteur des besoins du terrain. De plus, ils exigent également l’arrêt immédiat des remises à la rue et demandent le respect strict du principe légal de continuité de l’accueil inscrit dans la loi DALO de 2007 : garantir qu’aucune personne ou enfant pris en charge ne puisse être remis à la rue sans solution adaptée.

    Et qui est aux commandes ?

    #hébergement_d'urgence #occupation #préfecture

    • Reportage « Ils envoient les forces de l’ordre face à une situation de détresse sociale » : 450 personnes évacuées du parvis du Samu social de Paris
      https://www.liberation.fr/societe/logement/ils-envoient-les-forces-de-lordre-face-a-une-situation-de-detresse-social

      Depuis un mois, rejoignant les grévistes du 115 et leurs collègues, des familles avec de nombreux enfants avaient monté un campement de fortune devant le siège du service chargé d’orienter les personnes sans abri vers l’hébergement d’urgence. Utopia 56 dénonce une dispersion sans solution de relogement.

      De l’avis général, le timing est assez particulier. Voire carrément cynique. « Invoquer la canicule pour expulser un jour où il fait 39°C… » s’étrangle Pauline Agazzi, salariée d’Utopia 56. Dans l’arrêté d’#évacuation signé par le préfet d’Ile-de-France, les fortes chaleurs et leurs impacts sur la santé étaient l’un des principaux motifs invoqués pour mettre fin au #campement de 450 personnes sans abri qui occupait depuis un mois le parvis du Samu social, dans le XIIIe arrondissement de Paris. Mais la préfecture a attendu le pic caniculaire, ce jeudi 13 août, pour envoyer les gendarmes et CRS disperser aux aurores l’occupation, sans solution de relogement. Condamnant donc les familles – dont environ 150 mineurs et énormément d’enfants de moins de 5 ans – à l’errance dans un Paris brûlant.

      La veille, entre les barnums qui servaient d’abri de fortune, et les pancartes militantes – « La rue tue, le logement protège, hébergement pour tous·tes maintenant » –, l’angoisse montait mais les petits continuaient de jouer au foot, presque comme si de rien n’était. Depuis la mi-juillet, associations de lutte contre la précarité et familles sans abri avaient rejoint ici le piquet de grève des travailleurs du Samu social, en débrayage reconductible depuis le 23 juin, après que leur direction leur a annoncé la suppression de 861 nuitées d’hébergement quotidien dans les hôtels sociaux et a missionné les écoutants du 115 pour prévenir les familles hébergées qu’après des mois à l’abri, il leur fallait retourner dans la rue. La goutte d’eau pour ces travailleurs de l’ombre de l’hébergement d’urgence, déjà engagés dans des négociations compliquées pour demander l’amélioration de leurs conditions de travail et une revalorisation de leurs salaires, et dont le métier est normalement de trouver des solutions pour les personnes à la rue, pas de les y remettre.

      « Convergence des batailles »

      Avec la saturation de l’hébergement d’urgence en Ile-de-France, le #115 est de toute façon un « pansement sur une jambe de bois », selon Elena Sauterey, éducatrice en centre qui est en grève depuis juin. Parmi les familles, les historiques d’appels sont tous remplis de sollicitations du 115, et les mémoires de ces coups de fil incessants et infructueux, qui se coupent automatiquement au bout d’une heure d’attente et puis rebelote. « Depuis un mois, ça a décroché seulement deux fois, dit Rokia, son bébé dans les bras. Les deux fois ils m’ont dit : “Il n’y a plus de place, rappelez demain.” » Cette mère de trois petits enfants de 6, 3 ans et 8 mois, malienne d’origine en situation régulière, n’est pas considérée comme prioritaire vis-à-vis des critères de plus en plus restreints du Samu social. Pour être considéré comme « P1 » – l’indice maximum de priorité, « les seuls qui ont une chance d’obtenir une place », selon Pierre Kreins, juriste au sein de la structure et gréviste lui aussi –, il faut désormais être enceinte de plus de sept mois ou avoir un bébé de moins de 3 mois, ce qui veut dire que « les bébés de 3 mois et 2 jours ne sont plus considérés comme prioritaires », s’insurge Pauline Agazzi. Au début de l’occupation, une mère et son nourrisson de 3 semaines vivaient sur le campement.

      De l’aveu de Pauline Agazzi, la réunion des salariés du Samu social et des « usagers » du 115, soit « les écoutants qui doivent passer leur temps à dire non aux familles, et les familles, qui se réunissent », ça n’allait pas de soi. Mais cette inédite « convergence des deux batailles » était une manière de dire « même politique publique, même combat », selon les mots de Jordan Bernard, secrétaire général de la CGT au Samu social de Paris. Une manière aussi de se comprendre les uns les autres, de montrer que « ce numéro ne dysfonctionne pas à cause des collègues mais parce qu’il est pensé comme tel » ajoute Elena Sauterey.

      « Ils vont juste délocaliser tout le monde »

      « Ils envoient les forces de l’ordre face à une situation de détresse sociale, se désole Charlotte Kwantes, d’Utopia 56, qui se souvient de précédentes évacuations « très traumatisantes pour tout le monde », notamment en mars dernier à la Gaîté lyrique. Là, il va juste y avoir plus de 400 personnes sur le carreau. » Les termes de l’arrêté préfectoral – qui cite une « situation sanitaire particulièrement préoccupante », la présence sur le campement de maladies aggravées par « la promiscuité, l’absence de conditions de repos adaptées et des difficultés d’accès à une alimentation et une hydratation appropriées » et la canicule qui s’intensifie – ont aussi choqué. Pour Charlotte Kwantes, « c’est hallucinant de lire un tel niveau de mensonges et de mauvaise foi » : « La chaleur, les pathologies qui sont liées à la vie à la rue… Ce sont les choses sur lesquelles toutes les associations interpellent la préfecture, qui est en même temps en train de supprimer les places d’hébergement. »

      Comme le dénonçaient Utopia 56 et la CGT, les seules solutions proposées aux familles étaient des déplacements vers des #sas_régionaux d’accueil temporaire, loin de l’Ile-de-France. Loin aussi des emplois, des écoles où les enfants sont inscrits pour la rentrée, des rendez-vous médicaux ou des démarches administratives. « On méprise tellement les personnes sans abri qu’on considère qu’une solution de trois semaines loin des attaches scolaires, médicales et professionnelles, c’est acceptable », dit le cofondateur d’Utopia 56, Yann Manzi. « Toutes les personnes refusent parce que ça ne répond pas à leurs besoins. Ils vont juste délocaliser tout le monde, ajoute Charlotte Kwantes, qui redoute le retour de multiples campements dans Paris. On va avoir 20 mineurs non accompagnés qui vont retourner sous les ponts. Ce dont ils parlent dans l’arrêté, ça va juste continuer à exister ailleurs. »

      « Ces gens vont être dans la rue encore ce soir. Ils ne vont pas disparaître comme par magie », renchérit Yann Manzi, qui appelle les élus parisiens et des villes qui bordent la capitale à se substituer encore davantage à l’Etat pour mettre à l’abri les familles. Quitte à ensuite présenter la facture à qui de droit, comme l’a fait Strasbourg, qui a attaqué l’Etat en 2022 pour carence dans sa mission d’hébergement des sans-abri et a obtenu gain de cause (et une réparation de plus de 536 000 euros), il y a quelques jours.

      voir https://seenthis.net/messages/1185816

      Au Samu social, où une réunion de négociation destinée à sortir de la crise a été annulée mercredi après la publication de l’arrêté préfectoral, la grève se poursuit, mais l’occupation restera comme un tournant. « Ce ne sont plus seulement des personnes que j’accompagne, dit Elena Sauterey. C’est devenu des frères et sœurs de lutte. »

    • À Paris, le campement de 450 personnes installé dans l’enceinte du Samusocial a été évacué
      https://www.infomigrants.net/fr/post/73073/a-paris-le-campement-de-450-personnes-installe-dans-lenceinte-du-samus

      Jeudi matin, les personnes sans-abris – principalement étrangères, en situations régulière ou irrégulière – se sont vues proposer par la préfecture des places d’hébergement en CAES (centres d’accueil et d’examen de la situation) ou bien en SAS régionaux. Mais face à ces propositions, quelque 300 personnes, sur les 450 présentes, ont préféré quitter les lieux et retourner dans Paris.

    • OCCUPATION DEVANT LA MAIRIE DE PARIS CENTRE - rue Eugène Spuller 75003
      https://paris-luttes.info/appel-a-soutien-occupation-21041#maj74566

      Les familles et mineurs isolés expulsés ce matin après leur occupation pendant 1 mois du parvis du Samu Social ont relancé une action contre la Ville de Paris ! Venez rejoindre la mobilisation pour exiger des solutions d’hébergement dignes et adaptées pour toutes et tous ✊

      (il n’y avait pas d’autre choix raisonnable. à cette occasion on se souviendra de l’antique slogan "dispersion, trahison !")

  • « Un épisode inédit » : à Paris, près d’un millier de migrants font face à la canicule dans la rue - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/72028/un-episode-inedit-a-paris-pres-dun-millier-de-migrants-font-face-a-la-

    « Un épisode inédit » : à Paris, près d’un millier de migrants font face à la canicule dans la rue
    Par Yanis Ben Mohamedi Publié le : 23/06/2026
    Sous le métro aérien entre les stations Jaurès et Stalingrad à Paris, près d’un millier de migrants luttent actuellement contre des températures caniculaires. Torses nus pour se rafraîchir ou couverts pour se protéger du soleil, ils passent tous leur temps à chercher des zones d’ombre. Malgré un point d’eau installé et les soins apportés par des associations, le quotidien reste particulièrement difficile. Reportage.
    Depuis le 21 juin, la France connaît un épisode caniculaire intense. La capitale n’est pas épargnée : les températures atteignent les 38°C en ce début de semaine. Pour lutter contre la chaleur, chacun a son équipement, des gourdes en inox ou éventails en passant par les brumisateurs et autres serviettes humides. Mais sous le métro Stalingrad, dans le nord-est de Paris, en début d’après-midi de ce lundi 22 juin, le petit millier de migrants qui vivent dans des tentes de fortune cherchent surtout à éviter les rayons du soleil.
    Beaucoup sont torses nus pour se rafraichir, d’autres portent des jeans et des tee-shirts à manches longues pour se protéger du soleil brûlant. Tous semblent groggys alors qu’ils viennent de vivre une des nuits les plus chaudes à Paris jamais enregistrée.
    Sur place, des associations mettent en place des maraudes et distribuent des bouteilles d’eau, des gourdes ou de la nourriture mais en quantités limitées. Eve Derriennic, coordinatrice de Médecins du Monde à Paris, organise la file d’attente de la dizaine d’hommes qui patientent devant le camion de son association avant d’être reçus par le médecin sur place."Le plus fréquent c’est évidemment le coup de chaud ainsi que la déshydratation", s’inquiète-t-elle. « À cause de la chaleur, ils peuvent aussi avoir des infections qui empirent avec la transpiration et le manque d’hygiène. Certains ont des pathologies, comme de l’asthme, décuplé par la chaleur. Nous avons appelé les pompiers [lundi matin, ndlr] car un migrant a fait un malaise. Il était dans sa tente depuis cinq jours sans boire ni manger. C’était un cas d’extrême urgence. »
    La coordinatrice de Médecins du Monde insiste sur le caractère inédit de la canicule de cette année : « Elle dure dans le temps. C’est ça qui change. Plus ça dure, plus l’organisme se fatigue. La nuit, les températures ne baissent pas, ça change beaucoup de choses ».
    Au milieu des tentes, des déchets jonchent le sol et les exilés doivent cohabiter avec les pigeons et les rats. Certains n’ont pas d’autres choix que de rester exposés au soleil, faute de place, et s’allongent à moitié nus sur des matelas. Les plus « chanceux » sont ceux qui peuvent se reposer dans leur tente, fermeture éclair ouverte pour laisser passer un peu d’air, ou ceux qui se réunissent en groupe à l’ombre, assis sur des chaises de fortune, quand ce n’est pas à même le sol.
    Abu Talab, 24 ans et originaire du Soudan, n’est là que depuis quelques semaines. Il est installé sur un matelas à l’ombre au milieu des abris de fortune. « Beaucoup d’associations viennent pour nous aider en nous donnant de la nourriture ou des médicaments. Pour lutter contre la chaleur, je vais à mes cours de français, [l’association] nous laisse rester dans la salle climatisée jusqu’à 23h. On nous propose aussi des activités : visiter Notre-Dame, des parcs et jardins. Ça nous occupe ».
    Certains n’ont pas d’autres choix que de rester sur le campement. Zachariah, un autre Soudanais de 25 ans, ne peut pas se déplacer. Arrivé en Europe par la Grèce, il a effectué un long voyage à pied durant lequel il s’est blessé au pied. « La blessure s’est aggravée car je ne l’ai pas soignée et maintenant, je ne peux même plus marcher », explique-t-il. "De toute façon, le sol est beaucoup trop chaud pour marcher pieds nus, ça nous brûle la peau."Assis à ses côtés, l’un de ses amis porte un jean, des chaussettes hautes et des grosses baskets vertes pour ne pas sentir la chaleur du bitume, faute de chaussures plus légères. « Je préfèrerais me vêtir autrement mais je n’ai pas d’argent ».Ici, les migrants s’occupent comme ils peuvent, en scrollant sur leur téléphone, en effectuant des allers-retours à l’unique point d’eau installé il y a une semaine sur le camp et qui présente déjà des fuites. D’autres discutent ensemble pour se donner du baume au cœur.Damar, originaire du Soudan, est l’un des doyens du camp, l’un des rares à parler français, présent depuis près de deux ans à Paris. « Il fait encore plus chaud que l’année dernière. Mais la chaleur on connaît, on a la même au Soudan. Le pire, c’est la nuit, on ne peut pas dormir : en plus des températures, il y a le bruit des voitures, le bruit des gens. Tout ça nous empêche de trouver le sommeil ».
    Malgré les 38 degrés de l’après-midi, il arrive tout de même à relativiser : « Je préfère l’été à l’hiver parisien, au moins on ne tombe pas malade. » Dubliné en Italie [sa demande d’asile dépend du premier pays par lequel il est entré en UE, l’Italie, ndlr], il s’est vu refuser sa demande d’asile en France et s’est rapproché d’un avocat pour faire bouger les choses, et garde tout de même espoir de quitter le campement.L’épreuve ne touche pas encore à la fin. La météo annonce encore plusieurs jours de canicule avec des températures dépassant les 40°C. Pour Amar, un Soudanais de 30 ans, dont la tente est installée à moins de 10 mètres du robinet d’eau « la chaleur est en fait le dernier de [ses] soucis ». Arrivé en France il y a deux semaines, il attend avec anxiété son entretien pour sa demande d’asile. « J’ai souffert et je souffre encore de bien d’autres choses pour me soucier de la température ».

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#canicule#campement#humanitaire

  • A Paris, sous les tentes du métro Stalingrad, l’« errance » sans fin des exilés
    https://www.lemonde.fr/afrique/article/2026/06/12/a-paris-sous-les-tentes-du-metro-stalingrad-l-errance-sans-fin-des-exiles_67

    A Paris, sous les tentes du métro Stalingrad, l’« errance » sans fin des exilés
    Un tiers des personnes vivant dans les rues de la capitale ont le statut de réfugié, estime l’Office français de l’immigration et de l’intégration. Mais, faute de logement et de travail, beaucoup se retrouvent dans le campement informel du 10ᵉ arrondissement.
    Par Mustapha Kessous
    Ce village de toiles s’étire sur plusieurs centaines de mètres. Des tentes par dizaines et d’innombrables couchages usés par les intempéries. Et, au milieu, des rats qui se faufilent et se cachent sous les matelas. Il y a aussi ce vacarme incessant de la circulation et du métro aérien. Et, partout, des visages épuisés. Il n’y a pas grand-chose à faire dans ce camp de migrants, posé sur le terre-plein central du boulevard de La Chapelle, dans le 10e arrondissement de Paris, où vivotent quelque 850 Afghans, Erythréens ou Sud-Soudanais.
    Certains font défiler sans fin des vidéos TikTok sur leur téléphone, d’autres y jouent aux petits chevaux, d’autres encore prient en égrenant les perles de leur chapelet. Ici, les journées s’écoulent pour beaucoup dans l’attente : une réponse pour un travail ou un logement, un rendez-vous administratif ou une consultation médicale.
    En cet après-midi du début du mois de juin, les équipes de Médecins du monde ont garé leur camion à l’entrée du boulevard, à deux pas de la station de métro Stalingrad. Devant la portière arrière, des hommes attendent leur tour pour voir une infirmière ou une docteure. A l’intérieur, les consultations prennent parfois des allures de confession. Les soignants, avec l’aide de traducteurs, auscultent des corps marqués par la route, nettoient des plaies et distribuent quelques médicaments. « Beaucoup de primo-arrivants sont de jeunes Soudanais, il en vient tous les jours », constate Paul Alauzy, le coordonnateur de la veille sanitaire de l’association.
    D’autres exilés reviennent chaque lundi, semaine après semaine, mois après mois. Stalingrad n’abrite pas seulement des migrants fraîchement arrivés en France. Depuis l’hiver 2025, le nombre d’occupants est passé d’une centaine à plus de 800. « Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il n’est pas seulement peuplé de demandeurs d’asile qui viennent de fuir les guerres, mais aussi de personnes qui ont obtenu le statut de réfugié. Certaines errent depuis des mois ou des années et finissent par rejoindre le camp, précise M. Alauzy. C’est l’autre réalité de la migration. »
    Selon Médecins du monde, 60 % des occupants du campement sont des demandeurs d’asile, 20 % ont obtenu le statut de réfugié, et les 20 % restants ont épuisé tous les recours et vivent sans papiers. Plus généralement, on estime qu’un tiers des personnes vivant dans la rue à Paris ont le statut de réfugié, avance Didier Leschi, directeur général de l’Office français de l’immigration et de l’intégration (OFII). « C’est paradoxal, mais beaucoup d’entre eux étaient mieux pris en charge lorsqu’ils demandaient l’asile, souligne-t-il. Une fois le statut de réfugié accordé, ils perdent certaines aides et doivent se débrouiller seuls. » Paul Alauzy assène : « La machine à les intégrer est en panne. »
    Ce campement précaire, où plane une constante odeur d’urine, est un point de ralliement pour ces personnes ayant obtenu une protection ou un titre de séjour. « Avoir des papiers ne marque pas forcément la fin de l’errance migratoire et ne suffit pas toujours pour commencer à construire sa vie », dit M. Leschi. Beaucoup échouent dans le camp – ou reviennent à la « case départ » – après avoir perdu leur emploi ou leur logement. Là-bas, ils retrouvent des « frères » avec lesquels ils ont partagé les épreuves de la route ou des compatriotes qui ont connu la même chose. « C’est un repère quand on n’a plus rien », résume un Somalien de 26 ans derrière d’élégantes montures de lunettes, qui souhaite rester anonyme.
    Cet ancien étudiant en mathématiques, qui a quitté Mogadiscio en 2020 – l’asile lui a été accordé deux ans plus tard – s’est retrouvé ici, il y a deux mois, quand son colocataire lui a demandé de quitter leur appartement. « Mon contrat de magasinier s’était terminé, et je n’avais plus les moyens de payer ma part du loyer, explique-t-il. C’est temporaire ici. J’ai eu un entretien pour un travail. J’espère l’avoir. Mais c’est dur, c’est comme si j’étais un éternel migrant. »
    Casquette imitation Gucci sur la tête, bagues argentées à tous les doigts, ce Gambien de 43 ans dort sous l’une des tentes depuis deux mois également. Il possède un titre de séjour italien, obtenu après son arrivée à Lampedusa, en 2013. « J’étais en Allemagne ces dernières années, je n’avais plus de boulot. On m’a dit de venir en France, que c’était un bon pays et qu’on pouvait trouver un travail, raconte-t-il. Je constate que ce n’est pas facile. »Avant d’arriver à Paris, on lui a parlé de Stalingrad, où il rencontrerait des « gens comme lui » et des associations qui pourraient l’aider. Les semaines passent, et Mohamed Lamine n’a toujours pas trouvé de travail, même non déclaré. « Ces personnes constituent malheureusement un nouveau sous-prolétariat que l’on retrouve sous le métro aérien », déplore le directeur général de l’OFII. Ils sont nombreux à avoir « erré de pays en pays en Europe », constate Paul Alauzy. « La France est un pays de rebond : on tente d’obtenir ici ce qu’on n’a pas réussi à obtenir ailleurs », atteste Didier Leschi.
    C’est aussi le cas pour Mohamed Abdallah. Cet homme de 40 ans qui frôle les deux mètres a quitté son Ethiopie natale, en 2016, alors secouée par de violentes manifestations antigouvernementales. Pendant près d’une décennie, il a vécu en Allemagne, où il a rencontré son épouse et vu naître sa fille, aujourd’hui âgée de 1 an et demi. Là-bas, il n’est jamais parvenu à obtenir un titre de séjour.
    Alors la France s’est imposée comme un dernier recours, et le camp de Stalingrad comme un ultime espoir. Il est venu seul, il y a moins d’un an. Sa demande d’asile a été rejetée ; il doit prochainement comparaître devant la Cour nationale du droit d’asile. « La migration, c’est tourner en rond, confie Mohamed Abdallah. Je n’en peux plus de tourner en rond. »En fin de journée, un jeune Soudanais semble soulagé. Il y a encore un mois, Adam Salé, 25 ans, dormait à Stalingrad. « Je touche désormais le RSA et je peux me payer un tout petit hôtel. J’étais à la rue depuis quatre ans. » Ce jour-là, il est venu prendre des nouvelles de ses amis dans le camp. Il a obtenu l’asile en 2020, après son arrivée en France alors qu’il n’était encore qu’un adolescent. Aujourd’hui, Adam Salé cherche désespérément un travail, n’importe lequel. Il rêve aussi d’un appartement et d’une vie sociale et sentimentale. Il s’arrête de parler. Il plonge la tête dans son carnet et recopie les mêmes phrases, en s’appliquant sur chaque lettre comme un écolier soignant son écriture. Puis, il lève la tête : « L’exil, c’est l’errance. On est toujours perdu. »

    #Covid-19#migration#migrant#france#campement#paris#exil#asile#sante#droit#logement#integration

  • Una fattoria solidale al posto della tendopoli di San Ferdinando, il sindaco: «I migranti lì stanno male, entro l’anno sparirà»

    Alcune organizzazioni del terzo settore e sindacati nutrono dubbi sull’attuazione: «Servono scelte condivise». Papà Africa: «Lì è un inferno. Sarei felice, ma solo se venissero accolti tutti»

    Resta al centro dell’attenzione il tema critico riguardante l’emergenza abitativa dei braccianti migranti che vivono in condizioni drammatiche nella tendopoli di San Ferdinando. Nel tempo, diversi tentativi di migliorare l’insediamento in provincia di Reggio Calabria non hanno avuto successo. La situazione è diventata cronica, con l’ormai usuale presenza di tende, baracche e diverse strutture abusive che continuano ad aumentare, così come il degrado con cui convivono i suoi occupanti.

    La riqualificazione della tendopoli

    L’amministrazione comunale, guidata dal sindaco Luca Gaetano, si sta prodigando per risolvere le problematiche. Si è ideata la realizzazione di un insediamento abitativo capace di creare reddito: la fattoria solidale, un luogo in cui oltre a vivere si potrà lavorare. Dopo una fase di elaborazione progettuale, attraverso 4 milioni di euro di fondi del decreto Caivano-bis, si sono acquistati 3 ettari di terreni coltivabili sul territorio comunale, in cui si realizzeranno alloggi e altri edifici di pertinenza capaci di ospitare i migranti. Il sito, inserito nel tessuto sociale, sarà gestito da una cooperativa sociale agricola con comprovata esperienza e, secondo gli auspici, sarà anche sede di un mercato a Km zero.
    I dubbi del terzo settore

    Il sistema adottato, nonostante le buone intenzioni, non convince del tutto, però, alcune organizzazioni del terzo settore e sigle sindacali, che chiedono una regia condivisa, sollecitano soluzioni abitative alternative e un piano più appropriato. Si teme per le modalità di attuazione e il rischio di riproporre, in sostanza, in un altro posto dinamiche di isolamento sociale.

    «Stiamo lavorando per il definitivo superamento della tendopoli – afferma ai nostri microfoni il sindaco di San Ferdinando, Luca Gaetano -. Sono trapelate alcune notizie che parlano di un trasferimento a Taurianova nell’insediamento di Contrada Russo, ma sono vere in parte. Siamo consapevoli delle criticità che riguardano un trasferimento dei migranti, al superamento della tendopoli, che avverrà in maniera virtuosa con la fattoria solidale, ma finché questa soluzione non è pronta è chiaro che suscita alcuni timori nel terzo settore. Non c’è nulla di cui preoccuparsi, perché il piano è stato studiato in maniera scrupolosa, con le risorse finanziarie adatte, per garantire un’ottimale soluzione delle problematiche esistenti. La tendopoli entro l’anno dovrebbe sparire e a San Ferdinando nascerà questa nuova realtà. I migranti nella tendopoli stanno male, sempre peggio, proprio per questo dobbiamo tirarli via da lì».
    Papà Africa: «Sarebbe bellissimo»

    Per avere una panoramica più ampia sulla questione abbiamo chiesto il parere di “Papà Africa”, Bartolo Mercuri, che da anni aiuta i lavoratori migranti della tendopoli e per diverso tempo l’ha anche gestita: «Secondo me, se tutti i ragazzi venissero trasferiti e accolti nella nuova realtà sarebbe bellissimo, sarei la persona più felice del mondo, e mi offro per aiutare, ma non so in quanti potranno essere trasferiti lì. E quelli che non avranno la possibilità di rientrare nel progetto cosa faranno? Attualmente ci sono 400 ragazzi, ma fino a qualche mese fa ce n’erano oltre 1000. Quando ritorneranno qui per il lavoro stagionale dove li sposteranno? Noi abbiamo bisogno di loro, perché altrimenti tutti gli agrumi resteranno sugli alberi. Nella tendopoli, dove hanno vissuto tutti questi anni, abbiamo calpestato la loro dignità. L’inverno l’hanno passato morti di freddo e senza corrente. È un inferno. Per molti sono invisibili. Lì c’è la sofferenza di Cristo».

    https://www.lacnews24.it/attualita/una-fattoria-solidale-al-posto-della-tendopoli-di-san-ferdinando-il-sindac
    #tendopoli #San_Ferdinando #migrations #travail #conditions_de_travail #campement #logement #hébergement #Calabre #Italie #Luca_Gaetano #ferme_sociale #saisonniers

  • La #traque des migrants subsahariens

    Depuis 2023, le nombre d’#interceptions au large des côtes tunisiennes a beaucoup augmenté, alors que l’Europe sous-traite au pays la lutte contre l’immigration illégale. En parallèle, les discours xénophobes de #Kaïs_Saïed alimentent les violences en tout genre envers les migrants subsahariens.

    Depuis la signature d’un #accord de #coopération entre l’#Union_européenne et la Tunisie en juillet 2023, Tunis est devenu l’un des principaux sous-traitants de la lutte contre l’immigration illégale vers l’Europe, en tout cas l’un des plus efficaces à en juger par les #chiffres (depuis que le partenariat a été mis en place, les arrivées illégales en Italie ont été divisées par 25). En échange de #fonds européens bienvenus en période de crise économique, la Tunisie a ainsi drastiquement augmenté le nombre d’interceptions d’embarcations en mer, provoquant de nombreux drames, et organisé une traque aux migrants subsahariens en situation irrégulière. Si elle est le résultat de la dépendance de l’État tunisien aux financements européens, cette politique est par ailleurs alimentée par des discours xénophobes, racistes et complotistes tenus par Kaïs Saïed , à l’image de celui du 21 février 2023 dans lequel le président tunisien parlait de “hordes de migrants clandestins” et évoquait l’existence d’un “plan criminel pour changer la composition du paysage démographique en Tunisie”.

    Des personnes migrantes exposées aux #violences_policières et aux trafics

    Face aux #arrestations qui se sont multipliées depuis le début des négociations avec l’Union européenne, de nombreux migrants subsahariens ont trouvé refuge dans des #campements au nord de #Sfax, sous les oliveraies, où ils seraient aujourd’hui entre 20 000 et 30 000. Mais là encore ils sont exposés aux actions policières, comme en témoignent les démantèlements des camps d’#El_Amra et de #Jebeniana au printemps 2025, ainsi qu’aux trafics en tout genre. Car la fermeture de la voie maritime et le tarissement de la source de revenus qu’elle générait pour certains fonctionnaires corrompus et autres passeurs ont provoqué la reconversion d’une partie de ces acteurs vers d’autres activités pour tenter de continuer à tirer profit de la situation des migrants subsahariens. S’est ainsi développée toute une économie autour du #kidnapping, certaines personnes étant enlevées puis conduites à la frontière libyenne ou algérienne avant d’y être vendues ou abandonnées en plein #désert. Elles doivent ensuite faire appel à leur famille que l’on rançonne, ou bien payer très cher des taxis criminels pour pouvoir regagner Sfax.

    Comment s’articulent le partenariat entre la Tunisie et l’Union européenne, les discours racistes de Kaïs Saïed et les violences exercées à l’encontre des migrants subsahariens ? Comment ces politiques migratoires ont peu à peu créé un secteur d’activité économique informel profitant à toute une série d’acteurs, dont certains fonctionnaires ? Quelle est la situation des migrants subsahariens aujourd’hui en Tunisie ?

    Bloqués en Tunisie dans une situation de grande précarité du fait du durcissement des politiques migratoires tunisiennes et européennes, de nombreux migrants subsahariens trouvent un emploi dans le secteur agricole. Généralement sous-payés et travaillant sans aucun cadre légal, ils sont pourtant indispensables aux exploitants avec lesquels ils tissent souvent des liens, bien que leur relation soit profondément inégale.

    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/cultures-monde/la-traque-des-migrants-subsahariens-1012753
    #Tunisie #violence #Méditerranée #migrations #réfugiés #xénophobie #externalisation #abandon #rançons #exploitation #travail #agriculture #migrants_sub-sahariens

  • La #tendopoli di #San_Ferdinando vive un’emergenza senza fine

    Quindici anni dopo il terribile incendio nella baraccopoli calabrese “abitano” ancora centinaia di braccianti. La pioggia di finanziamenti non ha risolto i problemi strutturali ma li ha aggravati. Anche il #Pnrr non è stato all’altezza

    Arriviamo alla baraccopoli calabrese di San Ferdinando dopo la pioggia e molti dei lavoratori migranti che vivono qui sono già rientrati nelle loro tende e baracche. Dal lato del cancello che divide gli alloggi di fortuna dalla strada un ragazzo senegalese sta facendo le abluzioni. È l’ora della preghiera per i musulmani del campo e nell’aria si sente il canto del muezzin. Un muezzin digitale, ma il richiamo è ugualmente potente. E poco importa se non c’è elettricità in quasi metà del campo, con l’impianto elettrico andato fuori uso nel periodo natalizio e ancora non ripristinato nonostante uno stanziamento lampo di 140mila euro da parte delle istituzioni regionali.

    Visto il freddo che fa, per scaldarsi ci sono rami secchi e polistirolo oppure una stufetta elettrica: più che gli allacci abusivi il problema è che ci sono ancora diverse centinaia di persone costrette a vivere in questa baraccopoli, pur lavorando nelle campagne della zona. Rosarno, Gioia Tauro, Taurianova, Rizziconi: “l’americhicchia” di una volta dove accorrevano lavoratori anche dal resto d’Italia prima del crollo del mercato e ancora oggi tra distese di aranceti, alberi di clementine e bergamotti si concentra il grosso delle coltivazioni agrumicole.

    Ma anche Polistena, Palmi, la stessa San Ferdinando e Seminara, dove l’agrumicoltura mantiene un ruolo rilevante pur alternandosi con le altre colture che dominano nel resto dei 33 Comuni dell’area, soprattutto vite e olivo. In totale oltre 44mila ettari di colture, quasi un quinto solo agrumi e più recentemente kiwi, con più di 13mila aziende agricole (dati del Censimento agricoltura 2020 dell’Istat) che impiegano fino a circa 3.500 lavoratori stranieri durante la stagione agrumicola. Presenze diminuite negli anni per la mancanza di sistemazioni dignitose a fronte di una richiesta di lavoro rimasta sostanzialmente immutata, mettendo così in difficoltà diversi produttori locali.

    “Le amministrazioni vogliono approfittare delle opportunità di finanziamento più che risolvere il problema, continuando a realizzare investimenti senza una visione territoriale e coordinata”, commenta Alessandra Corrado, sociologa e docente presso l’Università della Calabria impegnata dal 2023 nel progetto Campagne aperte di Fondazione con il Sud. E anche quando riescono a canalizzare risorse per l’inclusione sociale non dialogano con le esigenze del territorio e del mondo imprenditoriale “che palesa un’esigenza di manodopera formata e tendente alla stabilizzazione, in contraddizione con le condizioni abitative precarie che vediamo”. Sembra un paradosso in un territorio dove dalla rivolta dei braccianti del 2011 si sono susseguiti finanziamenti su finanziamenti.

    Il Villaggio della solidarietà di Rosarno, in particolare, ha impiegato ingenti risorse e 13 anni per essere definitivamente consegnato, quattro anni il Borgo solidale di Taurianova. Basta farsi un giro lì per trovarsi sostanzialmente di fronte a una triste distesa di container e moduli abitativi posizionati lontano dai centri abitati, gestiti finché ci saranno i soldi per rifinanziarli. Nonostante questo per la prefetta di Reggio Calabria Clara Vaccaro è “un risultato inimmaginabile, tre anni fa nessuno avrebbe detto che saremmo riusciti a smantellare Rosarno e Taurianova”, anche se ammette che per risolvere veramente il problema “bisogna costruire anche alternative di housing sociale per tutti e convogliare sforzi, energia, soldi per costruire un sistema corretto per un’integrazione vera. Ci stiamo lavorando”. Come nel resto d’Italia per gli interventi provvisori o emergenziali si trovano sempre risorse, mentre quando si tratta di affrontare alla radice problematiche complesse tutto resta indefinito.

    Intanto le sei palazzine costruite con fondi europei a Rosarno a partire dal 2011 per “la rete di accoglienza abitativa e di inclusione sociale”, completate lo scorso anno, restano ancora inutilizzate. A rendere ancora più amaro il boccone è il fatto che questi interventi si siano intersecati agli stanziamenti dei fondi del Piano nazionale di ripresa e resilienza (Pnrr) dedicati alla fuoriuscita dagli insediamenti illegali. Taurianova ha perso circa tre milioni e mezzo destinati all’acquisto e ristrutturazione di immobili privati per cercare di risolvere in maniera più strutturale la crisi abitativa e circa due milioni per Rosarno.

    Una situazione desolante secondo Ibrahim Diabate, responsabile del progetto Dambe Sò di Mediterranean Hope, il programma per migranti e rifugiati della Federazione delle chiese evangeliche (Fcei). “Sono più di vent’anni che in Calabria siamo in emergenza alloggiativa e ancora andiamo di tendopoli in campo -spiega-. È solo un altro business dell’accoglienza che non risolve mai la cosa, perché nessuno si occupa di consegnare le palazzine di Rosarno, non dico ai migranti, ma quantomeno ai lavoratori? Adesso addirittura vogliono fare gli chalet”. Mentre parla seduto al desk, passa qualche ospite a chiedergli il cedolino per il contributo per l’alloggio. “Noi gli diamo una sistemazione vera e loro visto che lavorano pagano per il posto che occupano. Significa riconoscere loro dignità”.

    Anche San Ferdinando ha perso i quasi cinque milioni inizialmente previsti dal Pnrr, in questo caso parzialmente rientrati dalla finestra del decreto “Caivano Bis”. Una misura diversa, con obiettivi diversi e dieci milioni complessivi per finanziare diversi tipi di intervento. Di questi, il sindaco Gianluca Gaetano intende utilizzarne 3,6 per la realizzazione di una “fattoria solidale” con tanto di chalet in cui spostare i lavoratori migranti che attualmente vivono nella baraccopoli di San Ferdinando.

    Questo, attraverso l’acquisto di un’ex azienda agricola fallita “molto bella, molto grande in cui intendiamo investire per realizzare delle unità abitative che ospiteranno dalle 120 alle 200 persone, un nuovo quartiere della città, in osmosi col territorio circostante” dichiara il sindaco telefonicamente. “La governance costa molto ma noi intendiamo finanziarla attraverso l’autosostenibilità. Sarà una vera e propria azienda agricola, dove si fa produzione e trasformazione, e magari anche un ristorante etnico”, da affidare a “una o più cooperative sociali di comprovata esperienza in modo che costi di conduzione, decoro del luogo e cura degli ospiti siano autofinanziati”. Un grande progetto aziendale più che un intervento per risolvere l’emergenza abitativa, per il quale il sindaco dice di ispirarsi proprio all’ostello e alla rete di Sos Rosarno. A metà gennaio 2026 non è ancora aperto, accumulando un ritardo di sette mesi dalla data programmata.

    Funzionerà? Intanto, con gli stessi fondi, è previsto anche lo sgombero degli oltre 500 abitanti della tendopoli. A suscitare dubbi sono proprio le modalità, come spiega Peppe Marra, storico sindacalista dell’Usb Calabria da anni impegnato in lotte a difesa dei lavoratori. “Immaginare di costruire da zero l’esperienza di una realtà già presente sul territorio da quindici anni, realizzando una cooperativa a partire da un’azienda fallita sembra piuttosto una serie di belle parole. Il rischio è che diventi un ulteriore inefficace esborso di denaro pubblico”.

    A pesare nel giudizio non è solo la delusione suscitata dagli interventi passati: “Il problema abitativo va affrontato rendendo disponibile ad affitto calmierato quel patrimonio immobiliare costituito dal 40% di appartamenti vuoti o poco utilizzati, invece di continuare a ragionare su grandi concentramenti e business per le aziende che non lasciano niente sul territorio”. In qualche modo i discorsi si riallacciano, nella piana di Gioia Tauro come nel resto d’Italia, indicando come si potrebbero trasformare le politiche di accoglienza e i fondi pubblici per il riscatto dei lavoratori migranti in strategie di sviluppo locale.

    https://altreconomia.it/la-tendopoli-di-san-ferdinando-vive-unemergenza-senza-fine
    #baraquement #Italie #Calabre #campement #migrations #baraccopoli #travailleurs_étrangers #Rosarno #Gioia_Tauro #Taurianova #Rizziconi #Polistena #Palmi #Seminara #agrumes #kiwi #Villaggio_della_solidarietà #Borgo_solidale #containers #Dambe_Sò

  • #The_encampments
    https://www.youtube.com/watch?v=bjS_FdTUkFE

    The Encampments is a 2025 American documentary film directed and produced by Michael T. Workman and Kei Pritsker about the 2024 Gaza Solidarity Encampment and protest movement at #Columbia_University and other pro-Palestinian protests on university campuses during the Gaza war and genocide.[4][5]

    https://the-encampments.com
    #film #résistance #ESR #université #solidarité #Gaza #Palestine #film #documentaire #film_documentaire #campement #USA #Etats-Unis #génocide #dénonciation

    • “The Encampments”, la lotta dei campus universitari contro il genocidio palestinese

      Dal 28 novembre è nei cinema italiani il film sul movimento studentesco e non solo che tanto ha fatto paura ai potenti, a partire dall’amministrazione Trump. Più che un documentario è un vero e proprio documento, girato in presa diretta nei giorni in cui si svolgono le proteste, nell’aprile 2024 negli Stati Uniti, ma anche a Gaza, da dove parla la giornalista Bisan Owda. Le immagini smontano la propaganda

      Perché gli accampamenti di studenti fanno paura ai potenti? E perché un’università prestigiosa come la Columbia di New York, ma non solo, investe in aziende che producono armi o tecnologie utilizzate dall’esercito israeliano anche contro gli abitanti della Striscia di Gaza?

      A queste e altre domande risponde “The Encampments”, il film di Kei Pritsker e Michael T. Workman, nelle sale italiane dal 28 novembre, che racconta la lotta dei campus universitari statunitensi contro il genocidio palestinese.

      Più che un documentario è un vero e proprio documento, girato in presa diretta nei giorni in cui si svolgono i fatti, nell’aprile 2024 negli Stati Uniti, ma anche a Gaza, da dove parla la giornalista Bisan Owda. Bastano le immagini, infatti, a smontare la propaganda e la narrativa feroce scatenatasi fin dai primi momenti contro gli studenti, che non sono solo palestinesi ma che rispecchiano meglio di tanti proclami la multiculturalità della società statunitense.

      E allora, contro l’accusa tanto pesante quanto abusata di antisemitismo, bastano le immagini dei giovani ebrei tra gli accampati, mentre indossano la kippah, il copricapo ebraico, raffigurante a volte un’anguria, simbolo laico dei palestinesi. Rivendicando con orgoglio la propria fede ebraica, sono proprio loro a parlare dei diritti dei palestinesi, sono loro ad arringare le centinaia di studenti accampate dentro la Columbia, dove si svolgono la maggior parte degli eventi. Ed è ancora una di loro a dire a chi li attacca: “Non state proteggendo gli ebrei ma il vostro portafoglio”.

      La migliore risposta alla strumentalizzazione dell’antisemitismo è una rabbina che raggiunge i ragazzi e intona con loro un canto ebraico, a cui si uniscono anche i non ebrei, dentro e fuori la Columbia. Perché la protesta, mentre a Gaza e in Cisgiordania in migliaia vengono uccisi, travalica il campus. Ogni giorno decine di newyorkesi si radunano fuori dai cancelli chiusi della Columbia a testimoniare il loro sostegno: ex alunni, commercianti o semplici cittadini che portano cibo o altro; le donazioni sono così abbondanti che vengono devolute ad altri campus.

      Ma mentre i ragazzi e le ragazze negoziano e lottano con l’amministrazione universitaria, anche al Congresso va in scena una lotta contro Minouche Shafik, la rettrice della Columbia, chiamata a rispondere delle accuse di antisemitismo. Sul banco degli imputati non c’è solo l’università simbolo della libertà di pensiero ma tutti i campus statunitensi dove sono sorte tante “piccole Gaza”: una sessantina negli Usa, a fronte di circa 300 accampamenti nel mondo, con 3.100 arresti solo negli Stati Uniti tra studenti e docenti.

      “L’arma più importante di ogni nazione -dice Bisan Owda da Gaza- è l’istruzione”, quella stessa che ora si sta rivoltando proprio contro i suoi studenti che non restano però con le mani in mano.

      I ragazzi organizzano collegamenti con Gaza, parlano di quello che avviene in Cisgiordania, si informano e invitano docenti ed esperti internazionali. Come l’italo-palestinese Mjriam Abu Samra, che da anni studia il movimento studentesco palestinese e che si trovava proprio sul campo nel maggio 2024: “Non lottano solo per Gaza -ci aveva detto in quest’intervista-. Ci indicano un marcio sistema di oppressione”.

      Gli accampati sono consapevoli dal primo all’ultimo momento delle conseguenze fisiche, accademiche e legali delle loro azioni ma proprio con questa consapevolezza vanno avanti, appellandosi al diritto e ai diritti umani. E così alla violenza che scoppia nel campus, provocata da alcuni giovani sionisti che entrano per protestare con bandiere israeliane, ma anche con bastoni e fumogeni, rispondono con la non violenza. E a chi li accusa di antisemitismo perché indossano una kefiah o sventolano a loro volta la bandiera palestinese ricordano che la loro è una lotta che unisce i popoli e che non vogliono cacciare gli ebrei dalla Palestina, ma rivendicare uno Stato per tutti, con uguali diritti.

      È solo quando i negoziati con l’amministrazione falliscono, che decidono di occupare uno dei luoghi simbolo della Columbia, esattamente come avvenne nel 1968, per le proteste contro la guerra in Vietnam. Solo che gli studenti di allora, oggi docenti o professionisti affermati, rifiutano il parallelo, chiedendo l’intervento della polizia e rivendicando gli investimenti e le relazioni con Israele. Intervento che non tarda ad arrivare con centinaia di agenti in tenuta antisommossa che entrano nel campus e mettono fine violentemente all’occupazione.

      Ma negli studenti c’è la stessa convinzione dello storico palestinese, già docente della Columbia, Rashid Khalidi: “I profondi cambiamenti in atto negli atteggiamenti nei confronti di Israele in molti settori dell’opinione pubblica americana -ci aveva detto nel 2020- sono importanti, sebbene il loro impatto sarà avvertito solo a lungo termine”.

      Mahmoud Khalil, laureato alla Columbia, dottorando, tra i leader del movimento e palestinese dice, infatti: “Siamo la generazione del futuro”. La sua famiglia, diventata profuga nel 1948, si era rifugiata in Siria, dove lui è nato e cresciuto in un campo profughi. Di lì a poco diventerà famoso in tutto il mondo per essere stato prelevato di notte da casa sua e soggetto a un procedimento di espulsione nonostante sia residente permanente negli Stati Uniti e non penda su di lui un’accusa di reato. Sarà una delle prime volte in cui vedremo in azione le forze dell’Immigration and customs enforcement (Ice), l’agenzia federale statunitense responsabile del controllo della sicurezza delle frontiere e dell’immigrazione.

      A costare a Khalil oltre cento giorni di detenzione è stato il suo attivismo, considerato dannoso per la politica estera degli Stati Uniti, ma da allora ci siamo abituati a vedere l’Ice agire con metodi violenti e alla luce del giorno, contro centinaia di migranti verso i quali la seconda amministrazione Trump ha scatenato una vera e propria caccia. “Gli studenti -diceva appunto Abu Samra- ci indicano un marcio sistema di oppressione”.

      https://altreconomia.it/the-encampments-la-lotta-dei-campus-universitari-contro-il-genocidio-pa

  • Reggio di Calabria, une province qui tente d’améliorer le sort des travailleurs migrants agricoles (1/4)

    Chaque année des centaines de migrants s’établissent dans la province de Reggio di Calabria (dans le Sud de l’Italie) pour travailler dans les champs d’agrumes le temps de la saison des récoltes. Autrefois largement exploités, ces travailleurs migrants saisonniers voient leurs conditions de travail s’améliorer sensiblement ces dernières années grâce à des initiatives associatives et un engagement politique renouvelé. Malgré tout, l’extrême précarité, le mal logement et l’exploitation de ces populations persistent.

    Depuis le début du mois de novembre, des cyclistes peu communs ont fait leur apparition sur les routes de Rosarno et San Ferdinando, deux communes de Calabre (à l’extrême sud de l’Italie). Chaussés de bottes maculées de boue, sac au dos ou petit baluchon accroché au guidon, chasuble réfléchissant sur les épaules, ces hommes sur leur bicyclette sont des travailleurs migrants agricoles saisonniers, venus en Calabre pour travailler dans les champs d’agrumes pour la haute saison des récoltes. Chaque matin, à l’aube, ils rejoignent sur leur deux roues les champs dans lesquels ils travaillent avant d’en repartir en fin de journée une fois leurs heures terminées.

    Certains de ces travailleurs saisonniers viennent tenter leur chance pour la première fois comme Abdoulaziz, Sénégalais de 22 ans. "Je travaillais dans un hôtel à Milan qui est fermé actuellement. On m’a dit qu’il y avait du travail ici et qu’on pouvait gagner plus d’argent" , raconte-t-il au lendemain de son arrivée à San Ferdinando, plein d’espoir. D’autres sont des habitués revenant tous les ans pour la saison, le plus souvent avant de repartir pour la récolte de différents fruits ou légumes dans d’autres régions du pays. "Avant de venir j’ai récolté les tomates pendant cinq mois dans les Pouilles", explique Youri, Malien de 31 ans, de retour en Calabre pour la deuxième année consécutive.

    Terre agricole, la Calabre fournit un quart de la production nationale d’agrumes. Clémentines, mandarines, oranges et bergamotes sont cultivées dans les nombreux champs de la région et nécessitent une importante main-d’œuvre. Dans la province de Reggio di Calabria, la récolte des agrumes a employé plus de 3 000 immigrés non-européens en 2022 selon les chiffres de l’Observatoire sur l’agromafia sur un total de près de 10 000 travailleurs migrants agricoles pour toute la région de Calabre. La majorité sont originaires d’Afrique de l’Ouest (Mali, Gambie, Guinée, Sénégal, Nigéria, Burkina Faso).

    Si la présence de ces travailleurs est essentielle dans l’agriculture, ces migrants ont longtemps été les victimes d’une chaîne d’exploitation dont ils constituent le dernier maillon. Les émeutes des travailleurs - après des attaques racistes - qui ont éclaté à Rosarno en 2010 ont permis de braquer les projecteurs sur cette forme d’esclavage moderne : recrutement informel, salaires impayés, conditions de travail éreintantes. Quinze ans plus tard, grâce aux volontés d’acteurs locaux et associatifs, ainsi qu’aux tentatives des pouvoirs publics pour lutter contre le travail informel et mettre en place des projets communaux destinés aux migrants, la situation a évolué sensiblement.

    "Il n’y a presque plus de sans-papiers"

    "Il n’y a presque plus de sans-papiers parmi les travailleurs migrants saisonniers", assure Gianluca Gaetano, maire de San Ferdinando. "Avec les changements de politiques, ces personnes ont pu obtenir des permis de séjour".

    En effet, la quasi-totalité des migrants rencontrés pendant le reportage détenaient un "permisso di seggiorno" (titre de séjour). Ces permis, d’une durée de six mois à deux ans, sont faciles à obtenir, assurent les travailleurs, il suffit de présenter un contrat de travail pour en bénéficier. Mais ils restent précaires et leur durée constitue un obstacle pour une intégration sur le long terme dans le pays.

    Cette ouverture sur le marché de l’emploi s’inscrit dans une vision plus globale en Italie : la cheffe du gouvernement d’extrême droite, Giorgia Meloni, a annoncé en juillet la délivrance d’environ 500 000 visas de travail aux ressortissants de pays hors Union européenne entre 2026 et 2028 dont plus de 260 000 pour le travail saisonnier dans l’agriculture et le tourisme.

    En 2016, une autre loi appelée anti-caporalato, du nom du système de recrutement illicite de main-d’œuvre à travers des recruteurs informels (les caporali), avait également joué un rôle important dans la lutte contre l’exploitation des travailleurs et la protection des migrants. Elle ainsi renforçait les sanctions contre les employeurs malhonnêtes. La loi a aussi permis la délivrance d’un permis de séjour spécial pour les travailleurs dénonçant un cas d’exploitation.

    "Ces avancées législatives ont été appuyées depuis cinq ans environ par l’augmentation des contrôles de l’inspection du travail auprès des entreprises et producteurs agricoles notamment", assure aussi Gianluca Gaetano.

    Reste que le travail dans les champs est particulièrement pénible. "C’est difficile : les cagettes remplies sont lourdes à porter. Certains agriculteurs ont des tracteurs mais pas mon patron actuel. C’est très dur pour le dos mais on n’a pas le choix" indique Bamba, Sénégalais en Italie depuis 23 ans, sans cesser de couper les clémentines avec son sécateur. La saison de la récolte se fait durant l’hiver, les travailleurs doivent donc composer avec le froid et l’humidité. Les accidents d’échelle et autres blessures ne sont pas rares.

    "Il y a toujours autant besoin de main-d’œuvre chez les agriculteurs mais moins de travailleurs migrants à cause de la dureté du travail", détaille Giuseppe Pugliese, le cofondateur de la coopérative Mani & Terra, une initiative née suite aux émeutes de Rosarno qui regroupe une centaine de producteurs et qui offre des conditions justes et dignes de travail aux migrants employés.

    Il faut dire aussi que les salaires en Calabre sont moins élevés que dans d’autres régions italiennes : dans le nord de l’Italie, la journée de récolte peut être rémunérée 80 euros, contre environ 47 euros en Calabre.
    "Les gens ne veulent pas loger des Noirs"

    Malgré ces améliorations juridiques et sociales, des problématiques majeurs persistent dans la région, comme le mal logement des travailleurs migrants saisonniers. L’immense majorité vit dans un campement insalubre, aux portes de San Ferdinando : le tendopoli, littéralement "le village de tentes". "C’est très difficile de vivre ici, l’environnement n’est pas sain : il y a beaucoup de mouches, de rats à cause de la saleté. Je suis ici car je n’ai nulle part où aller", rapporte Bakary, Gambien de 36 ans qui revient faire la saison pour la quatrième fois en Calabre.

    Érigé en 2019 par le ministère de l’Intérieur comme solution temporaire, ce "village de tentes" est devenu au fil des ans un camp durable informel, laissé totalement à l’abandon. Selon l’ONG Caritas qui intervient dans ce bidonville isolé, environ 500 migrants y survivent actuellement dans des conditions insalubres et très précaires. Un chiffre qui peut atteindre jusqu’à 1 000 personnes au pic de la haute saison. Les tentes sont depuis longtemps devenues des cabanes de fortune, recouvertes de bâches en plastique pour tenter de faire barrage à la pluie. Les incendies, souvent dus à des courts-circuits, y sont fréquents et responsables de plusieurs décès chaque année.

    Impossible pour les travailleurs des champs de trouver des alternatives décentes. Depuis le décret-loi Salvini de 2018, ils ne peuvent plus bénéficier de places en centre d’accueil, désormais réservés aux réfugiés statutaires, ni bénéficier d’aide au logement.

    Plusieurs migrants interrogés rapportent avoir tenté de louer des appartements, sans succès. "Les gens ne veulent pas de Noirs comme locataires.. Je ne peux pas comprendre” se désole Abdoul, Sénégalais, qui n’a eu d’autre choix que de se rabattre sur le Tendopoli. Le refus de louer illustre la tension persistante entre les populations et les migrants. Un rejet qui s’exprime aussi par des violences et attaques racistes à l’encontre de ceux-ci. "Des jeunes ont déjà frappé des travailleurs circulant à vélo ou bien ont fait exprès d’ouvrir leur portière de voiture pour les faire tomber sur la route", relate Ibrahim Diabate, cofondateur du foyer social Dambe So (maison de la dignité en bambara) qui accueille des travailleurs migrants durant la saison des récoltes.
    "La migration est une richesse"

    Cette crise du logement préoccupent les édiles des mairies de la région. "Nous tentons d’améliorer les choses", assure le maire de Rosarno, Pasquale Cutri, qui dit avoir besoin de ces travailleurs dans sa commune. “La migration est une richesse. Ces personnes travaillent dans les champs : sans eux, les terres seraient abandonnées". Il souligne aussi l’intérêt démographique pour sa commune, qui subit un important exode de sa jeunesse.

    Plusieurs projets, portés par les pouvoirs politiques locaux sont en effet sortis de terre récemment à l’image du "village de la solidarité", à Rosarno. Ce village financé à hauteur de près de trois millions d’euros par le ministère de l’Intérieur italien, et sorti de terre en 2024, peut accueillir jusqu’à 100 travailleurs disposant d’un titre de séjour en échange d’un loyer mensuel de 80 euros. “Nous essayons de trouver des solutions pour proposer un logement digne à ces personnes” argumente le maire de Rosarno qui reconnaît que les émeutes de 2010 ont agit comme une alerte pour mettre en lumière la question du logement.

    Du côté de San Ferdinando aussi les initiatives fleurissent. Le maire Gianluca Gaetano travaille sur un projet combinant ferme, marché solidaire et logements. Le tout sur une superficie de trois hectares, des terrains confisqués à la mafia. "Il s’agit de donner une maison et un travail à ces migrants, qu’ils puissent passer de la condition de ’simples bras’ à celle de ’personne à part entière’. Un lieu pour sortir de la charité et qui soit rentable économiquement", détaille l’édile qui veut valoriser l’intégration pour éviter qu’un nouveau ghetto ne se créé. "L’intégration se fait par le partage du quotidien et des ressources publiques. La distance entretient l’exclusion", appuie-t-il.

    À Taurianova, au sud de Rosarno, un village de containers a été ouvert depuis mai 2024 pour répondre à l’urgence de l’accueil des travailleurs migrants. Les baraquements colorés et nommés d’après les capitales internationales peuvent accueillir jusqu’à 100 personnes en situation régulière. "J’ai pris la place d’un ami parti au Mali pour quelques mois. Lorsque j’ai vécu dans le tendopoli deux mois en 2015, j’ai beaucoup souffert, j’étais fatigué. Ici c’est mieux" raconte Seydou, un Ivorien de 46 ans, sur le territoire italien depuis 2014.

    Enfin, l’ONG Mediterranean Hope a fondé le foyer "Dambe So" qui accueille plus de 60 migrants lors de la saison des récoltes. En plus des appartements qui sont gérés par les migrants, la structure propose des consultations médicales, un soutien juridique ou encore des cours d’italien. Pour les résidents, ce cadre de vie représente une chance, dans un parcours vers l’intégration semé d’embûches.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/68469/reggio-di-calabria-une-province-qui-tente-dameliorer-le-sort-des-trava
    #Rosarno #San_Ferdinando #Reggio_di_Calabria #agriculture #travail #conditions_de_travail #précarité #mal_logement #logement #exploitation #saisonniers #travailleurs_étrangers #agrumes #oranges #Gianluca_Gaetano #sans-papiers #permis_de_séjour #caporalato #loi #mani_e_terra #tendopoli #campement #attaques_racistes #Dambe_So #Pasquale_Cutri #Taurianova #Italie #Calabre

    • DAMBE SO : UNA CASA DELLA DIGNITÀ PER I BRACCIANTI

      Dambe So è l’ostello sociale aperto nella Piana di #Gioia_Tauro per ospitare i braccianti. Un progetto di Mediterranean Hope (FCEI) che può finalmente smontare i ghetti. E che è replicabile

      Dambe So significa casa della dignità, in lingua Bambarà, una delle più diffuse in Africa occidentale. È il nome, carico di significati, che è stato scelto per l’ostello sociale che, nel febbraio del 2022, ha aperto nella Piana di Gioia Tauro per ospitare i braccianti durante il periodo della raccolta agrumicola. Si tratta di un’idea potenzialmente rivoluzionaria che punta a cambiare finalmente le condizioni di vita dei braccianti, e che può essere un modello da replicare. L’ostello sociale Dambe So è parte dei progetti di Mediterranean Hope, il programma rifugiati e migranti della Federazione delle chiese evangeliche in Italia (FCEI). Ne abbiamo parlato con Francesco Piobbichi, operatore di Mediterranean Hope, noto anche per la sua attività di disegnatore, che per lui è un tutt’uno con quella di operatore. Non si definisce un’artista, ma un “disegnatore sociale” che racconta la sofferenza dei migranti, avendola condivisa in prima persona, nella vita prima che nei disegni. È lui l’autore di quelle immagini con il “mare spinato”, un mare che uccide, degrada e che, anche una volta superato, rimane addosso come una maledizione a chi lo ha attraversato. L’inizio della sua attività di disegnatore è molto toccante, e ve la racconteremo presto. Intanto abbiamo chiesto a #Francesco_Piobbichi, che è stato tra i protagonisti della Settimana del Rifugiato a Rieti con uno spettacolo teatrale, di raccontarci la storia dell’ostello sociale.

      La chiave di tutto è il tempo

      Quella di Dambe So è un’idea che arriva da lontano. È nata una decina di anni fa, a Nardò, nel Salento. «Conobbi un’associazione di base, di mutualità, Brigate di Solidarietà Attiva, con cui abbiamo fatto uno sciopero» ricorda Francesco Piobbichi. «Lì ho capito che uno dei punti principali per queste persone è il tempo. Il problema del lavoratore bracciante è che non ha potere, perché ci sono leggi sulle frontiere che gli impediscono di avere una stabilità. E perché il sistema della fabbrica verde concentra la forza lavoro in condizioni in cui il salario indiretto non c’è, cioè non ci sono politiche d’accoglienza degne, ma solo il campo, che affronta sempre l’accoglienza in una dinamica di tipo poliziesco». Così non è mai possibile che si stabilizzino le condizioni per cui questi lavoratori possano avere una dignità di salario e di vita. Un bracciante, infatti, è sempre costretto a rincorrere. «Pensiamo alla sua vita» riflette Piobbichi. «Lavora da mattina a sera, torna a casa e magari piove. Arriva alla tendopoli, dove non c’è l’acqua. Deve cucinare. Deve andare a letto, mentre c’è gente che urla. Come fai a organizzarti in termini di assemblea collettiva?». E così è nata la riflessione sulla chiave di tutto, il tempo. E partire da un luogo dove potersi fermare, riposare, vivere una vita dignitosa, era il punto di partenza.

      Dambe So non è uno spazio gratuito: i lavoratori contribuiscono alle spese

      È nato così l’ostello sociale, un’alternativa alla logica dei campi d’accoglienza. Non è uno spazio gratuito: i lavoratori contribuiscono alle spese con una piccola quota. Un’altra parte dei costi è sostenuta dalla quota sociale proveniente dalla vendita delle arance della filiera di Etika. «Il lavoratore contribuisce per 90 euro al mese alla spesa del mantenimento della struttura» ci spiega Piobbichi. «Non è che paghi l’affitto, ma non è neanche la carità. Si chiama casa della dignità: io sono un lavoratore, io posso pagare, e pago per quello che posso». «Dall’altra parte abbiamo aperto un ragionamento con Mani e terra, abbiamo costruito Etika, e con le chiese italiane e tedesche abbiamo venduto centinaia di migliaia di arance, riflettendo sull’utilizzo sociale della terra».

      La quota sociale è un’idea politica

      La riflessione sull’utilizzo sociale della terra è uno dei temi legati a questo progetto. «Vuol dire che la solidarietà non va fatta solo sul tema del biologico e del rispetto del lavoro, questo non basta più» ci spiega Piobbichi. «L’altro tema è costruire reti che, attraverso gruppi d’acquisto, contribuiscano a questa quota sociale». Ma a questo proposito si apre una grande discussione. «Se le piccole cooperative riescono a dare una quota consistente del proprio guadagno per sostenere Dambe So, perché la grande distribuzione non lo fa?» si chiede l’operatore di Mediterranean Hope. «E perché continuiamo sempre a far pagare allo Stato, cioè alla fiscalità generale, le politiche dell’accoglienza, quando in realtà chi dovrebbe pagare le politiche dell’accoglienza dei lavoratori braccianti dovrebbe essere la grande distribuzione? L’idea della quota sociale è un’idea politica che dice che serve il prezzo equo dei prodotti, che bisogna riflettere seriamente sul rapporto tra la terra e l’umanità, che apre tantissimi scenari. E che dice anche che non si può andare avanti su una politica in cui si continua a finanziare con risorse pubbliche i produttori e poi la grande distribuzione fa dei prezzi che li fanno saltare per aria. Nel giro di venti, trent’anni hanno chiuso tantissime aziende».

      La Calabria, un luogo dove si parla di riscatto

      L’ostello non sarà solo a disposizione dei braccianti. L’idea è che, nei mesi estivi, in cui gli appartamenti dovrebbero essere più vuoti, le associazioni non profit del territorio possano usare la struttura per il turismo solidale. «Ci stiamo lavorando» ci racconta Piobbichi. «Tutti gli appartamenti che avevamo sono pieni adesso. Ne stiamo aprendo dei nuovi per accogliere dei turisti solidali, e uno lo lasceremo per chi vuole venire qui a fare la filiera partecipata». Il discorso, infatti, è molto più ampio. Questo progetto non riguarda solo la dimensione del rapporto con i migranti, ma il rapporto con la società. «Per questo abbiamo costruito il Giardino della Memoria, gli interventi di rigenerazione eco-sociale, il Rosarno Film Festival, stiamo aprendo un gruppo d’acquisto che vuole aiutare i produttori locali ad avere uno sbocco alternativo» ci spiega Piobbichi. «Stiamo cercando di costruire un ragionamento sul riscatto. Non solo sul tema dei migranti, ma anche del riscatto della terra, di una popolazione e dei luoghi che per tanti anni sono stati incasellati da una forma di comunicazione che li ha sempre messi dentro un meccanismo. In realtà la Calabria è un luogo dove si parla di riscatto. È un territorio che vive le migrazioni dei giovani, un luogo di contraddizione. Ma io ho trovato molta facilità ad aprire un luogo come questo: non ho trovato gente che faceva la manifestazione davanti come in altre parti d’Italia, ma tranquillità. Lo dico sapendo che a Rosarno è successo quello che è successo. Ma se uno la gestisce in una certa maniera, lavorando sul tema dei diritti del territorio, la terra, la produzione, l’accoglienza, di un welfare senza la mediazione dello stato, si può fare». Dambe So è un progetto che è nato con il sostegno delle chiese evangeliche, ma l’idea è che si possa anche andare verso un meccanismo di sostenibilità economica. «Se riusciamo a fare un ragionamento sul tema di chi paga l’accoglienza, già ammontando a valle di un centesimo tutte le arance, mandarini e kiwi prodotti nella Piana, avremmo qualche milione d’euro» ragiona Piobbichi. «Che passerebbe alla filiera. E si potrebbe passare a una contrattazione di filiera. Ma chi dovrebbe farla? Una chiesa o qualcun altro?»

      Dall’ospitalità al subaffitto e all’affitto autonomo

      Dambe So nasce per ospitare i braccianti in modo temporaneo, ma la Federazione si occuperà anche di quei braccianti che decideranno di risiedere in modo stabile nella piana, aiutandoli con progetti personalizzati a trovare case in affitto. «I piani sono tutti occupati, perché ci sono braccianti che rimangono qua» ci racconta Piobbichi. «Alcuni vanno via un mese o due e poi tornano. Stiamo cercando di aprire una fase due, di passare dall’ospitalità al subaffitto, e poi all’affitto autonomo. Quattro persone, a 100 euro l’una, ce la possono fare. Il problema è che qui la maggior parte delle case non hanno l’agibilità, e quindi loro non possono rinnovare il permesso di soggiorno». Oggi l’ostello ospita circa 20 persone, ma in vista della prossima stagione si sta ampliando (grazie a un FAMI, con la Prefettura di Reggio Calabria e con finanziamenti di Fondazione Sud e di chiese estere) in modo da arrivare fino a circa 40 posti totali.

      Questo modello è replicabile

      A quasi un anno dall’apertura dell’ostello, chiediamo a Francesco Piobbichi di fare un primo bilancio. «È andata bene» ci risponde. «Quando abbiamo aperto lo abbiamo fatto quasi come una scommessa. Le cose semplici sono le più difficili da fare. Ma al tempo stesso, una volta che si parte, riesci a far capire che questo modello è replicabile. Noi non possiamo fare venti ostelli, ma se nei luoghi dove ci sono forze lavoro di questo tipo si sviluppano interventi di questo tipo, noi siamo a disposizione per far vedere come si fa. È importante l’esempio. Abbiamo avuto la fortuna di aver finanziamenti, ma questa cosa non l’abbiamo fatta per far vedere quanto siamo bravi, quanto piuttosto per far capire che si può fare, che possiamo smontare i ghetti». «La cosa che si dovrebbe fare», conclude, «è capire e paragonare quanto spende lo Stato per i ghetti, i campi container, e quante persone, invece, si potrebbero accogliere in dignità con un progetto come il nostro ».

      https://www.retisolidali.it/piobbichi-dambe-so-una-casa-della-dignita-per-i-braccianti

    • "Avant, les patrons ne faisaient pas de contrat" : une coopérative calabraise s’engage contre l’exploitation des travailleurs agricoles saisonniers (2/4)

      L’association SOS Rosarno, à travers un réseau de coopératives agricoles situées dans la province de #Reggio_di_Calabria (sud de l’Italie), milite depuis une dizaine d’années pour un modèle d’économie solidaire et plus juste. En fournissant des contrats réguliers, des salaires équitables et des conditions de travail dignes à ses employés, elle entend lutter contre l’exploitation des travailleurs migrants saisonniers.

      Perdus au milieu des champs d’agrumes de la province de Reggio di Calabria, au cœur de la Calabre (sud de l’Italie), les locaux de l’association SOS Rosarno se nichent entre deux virages d’une route sinueuse. Dans la cour, au milieu des serres et parcelles d’arbres fruitiers, des colonnes de cagettes vides sont empilées telles des Lego. Dans le hangar, une dizaine d’employés s’activent autour d’imposantes machines afin de trier et emballer les fruits récoltés récemment. Le rythme ne faiblit pas et les cagettes s’accumulent par centaines, débordantes d’agrumes attendant d’être livrées. Dans son bureau surplombant l’espace, #Giuseppe_Pugliese, alias « Peppe », l’un des cofondateurs de SOS Rosarno, enchaîne les appels téléphoniques.

      Entre deux sonneries, il répond à nos questions. « Ici, on rémunère correctement les ouvriers agricoles avec un contrat dans les règles ». Si Peppe le précise, c’est que pendant longtemps, et encore aujourd’hui, les migrants ont été exploités par des employeurs malhonnêtes profitant de leur extrême précarité. « Avant, les patrons ne faisaient pas de contrat, le salaire était petit et même parfois on était carrément pas payé lorsque l’on n’avait pas de papier » rapporte Sedou, un migrant originaire du Mali, qui travaille avec SOS Rosarno aujourd’hui.

      C’est suite aux émeutes qui ont secoué la plaine calabraise de Gioia Tauro en 2010 - après des #attaques_racistes contre des travailleurs migrants agricoles - que le projet SOS Rosarno est né. Les engagements défendus par les activistes et les petits producteurs agricoles qui y ont adhéré sont clairs : respecter les droits des travailleurs tout en respectant la terre et en produisant bio.

      Depuis 2015, SOS Rosarno chapeaute ainsi la coopérative agricole Mani e Terra qui rassemble une centaine de producteurs biologiques, 70 employés étrangers - principalement originaires d’Afrique de l’Ouest, du Maghreb ou encore d’Europe de l’Est - et quelques 200 hectares de champs où sont cultivés des agrumes (clémentines, oranges, mandarines) mais aussi des kiwi, des olives ou depuis peu des avocats.

      C’est sur ces terres que travaille Aboubacar, un Guinéen de 25 ans. « C’est un ami qui m’a parlé de SOS Rosarno. Ici, on débute à 7h30 et on fini vers 15h30/16h avec une heure de pause », détaille le jeune homme sans s’arrêter de travailler. « On a un contrat de travail et un jour de repos par semaine ».

      « Pour le respect des droits des travailleurs »

      Tous les travailleurs de SOS Rosarno - et de la coopérative - ont signé un contrat de travail en règle, des CDD d’une durée d’an, ce qui aide à obtenir ou renouveler leur titre de séjour. Les journées de travail s’étalent sur 6h40, le minimum syndical en Italie - avec une heure de pause - et la rémunération dépasse légèrement les 47 euros net, le tarif minimum en vigueur. Les salaires en Calabre sont en effet moins élevés que dans d’autres régions italiennes : dans le nord de l’Italie, la journée de récolte peut ainsi être rémunérée 80 euros.

      Les avis ne sont pas toujours dithyrambiques. « Avant la Calabre, j’étais à Trente (nord-est de l’Italie) pour récolter les pommes. J’étais payé 80 euros environ la journée, j’étais aussi logé et nourri. Ici, je dois payer un loyer de 90 euros [le producteur a loué pour ses employés des appartement, nldr] et gérer la nourriture », expose Bamba, un Sénégalais de 55 ans dont c’est la première année avec la coopérative. En gagnant entre 1 100 et 1 200 euros par mois, il confie qu’il ne lui reste pas grand chose pour vivre après avoir envoyé « entre 500 et 600 euros à sa femme et ses trois enfants au Sénégal » et payé près de 200 euros pour ses loyers de Calabre et Sicile où il réside le reste de l’année.

      « Parfois il est difficile de faire comprendre et accepter des obligations légales. Certains ne voudraient pas faire de pause, ou bien être payés à l’heure ou au poids car ils pensent pouvoir gagner plus. Les travailleurs saisonniers n’ont pas toujours une bonne compréhension de leurs droits et des répercussions sur le long terme », note #Peppe_Pugliese, qui déplore notamment le #travail_au_gris - déclaration d’une partie seulement des journées travaillées -, pratique courante de nombreux employeurs.

      Lutter contre l’#exploitation

      Si SOS Rosarno se bat au quotidien contre le travail au noir, l’exploitation des travailleurs saisonniers persiste toujours. Selon une étude du syndicat Cgil-Flai, quelque 200 000 à 300 000 #travailleurs_agricoles sont exposés en Italie à un risque de travail irrégulier et d’exploitation, particulièrement les plus précaires. « On peut parler d’#esclavage » dénonce Jean-René Bilongo, directeur de l’Observatoire Placido Rissotto, qui étudie les abus et l’exploitation dans la filière agroalimentaire.

      Sur le terrain, cela s’opère notamment via le « #caporalato », un système de recrutement illicite de main-d’œuvre très fréquent dans l’agriculture, même s’il ne se limite pas à ce secteur. « Les caporali, des intermédiaires informels, recrutent des travailleurs en situation de vulnérabilité [titres de séjour expirés ou sans-papiers, ndlr], pour des entreprises agricoles qui les emploient », argumente de son côté Massimo Ferraro, directeur de l’Observatoire de l’Agromafia.

      Autre réalité calabraise, l’"#agromafia", qui désigne l’infiltration du #crime_organisé dans la chaîne agroalimentaire - aussi bien par la mafia locale, la ’Ndranhgheta, que par d’autres réseaux criminels ou corrompus - contribue également à cette traite des travailleurs migrants agricoles.

      Dans sa lutte contre le secteur informel, « Peppe » n’hésite pas à égratigner un autre responsable de la crise agricole du moment : la #grande_distribution. Il fustige les prix d’achats minimisés qui sont imposés aux petits producteurs et « finissent par les étrangler ». En 2024, au lieu des 0,30 centimes d’euro le kilo de clémentines proposés par la grande distribution, Mani e Terra fixait un prix de 0,90 centimes/kilo avec la prise en charge du transport, en plus d’équiper en matériel les ouvriers agricoles.

      https://www.youtube.com/watch?v=lDuzNGK2OAs

      « Une goutte d’eau face aux injustices »

      En plus d’un modèle économique alternatif et éthique, SOS Rosarno se bat aussi pour l’inclusion de ses travailleurs, en soutenant le projet d’hébergement social Dambe So.

      Autrefois résidence de tourisme, cette « maison de la dignité » (en bambara) sur deux niveaux, a été rénovée et financée au départ par SOS Rosarno. Depuis fin 2020, les appartements accueillent jusqu’ à 70 travailleurs migrants durant la haute saison, dont un certain nombre travaillent avec Mani e Terra, contre le paiement d’un petit loyer. Mani e Terra contribue annuellement à hauteur de 10 000 euros pour le fonctionnement du foyer.

      « C’est une petite dynamique, on aide 70 personnes à être dignes mais il en reste plus de 2 000 qui vivent de façon indigne », soulève Peppe Pugliese. Chaque année, les demandes pour obtenir une place sont en effet très nombreuses. Le cofondateur espère pouvoir agrandir bientôt la coopérative pour embaucher plus.

      Cette goutte d’eau face aux injustices offre cependant une alternative à l’absence de solution pour se loger. Les travailleurs migrants saisonniers se retrouvent souvent contraints de vivre dans le « tendopoli » (village de tentes) de San Ferdinando, un bidonville isolé où règne l’insalubrité et qui contribue un peu plus à les invisibiliser.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/68488/avant-les-patrons-ne-faisaient-pas-de-contrat--une-cooperative-calabra

    • Calabre : le bidonville de #San_Ferdinando, symbole du mal logement des travailleurs migrants agricoles (3/4)

      Par manque de solutions d’#hébergement et à cause du refus fréquent des locaux de leur louer des appartements, les travailleurs migrants agricoles saisonniers se retrouvent majoritairement contraints à vivre dans le “tendopoli” (village de tentes) de San Ferdinando, en Calabre, dans le sud de l’Italie. Ce #bidonville insalubre, solution d’urgence proposée par l’Etat devenue permanente, illustre la problématique persistante du #mal_logement de ces populations.

      En arrivant dans une des zones industrielles de San Ferdinando, une petite ville de Calabre du sud de l’Italie, le regard est happé par un grand campement de bric et de broc, implanté à quelques mètres de l’autoroute. De plus près, c’est une véritable ville qui apparaît : de la musique aux sonorités africaines s’échappe, une tente laisse entrevoir un homme cuisinant sur une plaque de cuisson bricolée. Un peu plus loin, une mosquée a été bâtie avec des planches de tôles, tandis qu’au détour d’une allée, un petit stand bricolé propose à la vente des vêtements et chaussures... Le quotidien s’organise dans ce "tendopoli", littéralement village de tentes, un bidonville d’une centaines de #baraquements et #tentes.

      C’est ici que vivent la majorité des travailleurs migrants agricoles venus en Calabre pour la saison des récoltes des agrumes, entre novembre et mars. Selon l’ONG Caritas qui y intervient, ils sont environ 500 - tous Africains - à y survivre actuellement dans l’extrême #précarité. Un chiffre qui peut grimper jusqu’à 1 000 personnes au pic de la haute saison.

      "Je suis ici car je n’ai nulle part où aller"

      "C’est très dur de vivre ici, l’environnement n’est pas sain : il y a beaucoup de mouches et de rats à cause de la saleté et des ordures. Je suis ici car je n’ai nulle part où aller", rapporte Bakary, Gambien de 36 ans, qui revient pour la quatrième fois faire la saison en Calabre. Les chats et les chiens errants sont nombreux dans le lieu, attirés par les ordures délaissées à proximité des baraquements.

      Érigé en 2019 par le ministère de l’Intérieur comme solution temporaire après le démantèlement d’un camp de fortune, ce "village de tentes" prévu comme solution d’#urgence est depuis "devenu un #camp_informel permanent" abandonné des pouvoirs publics, reconnaît le maire de San Ferdinando, Gianluca Gaetano, interrogé par InfoMigrants. Le logo du ministère de l’intérieur floqué sur les tentes a depuis disparu sous les bâches en plastique et avec l’usure du temps.

      "Les tentes sont toutes abîmées, on les a recouvertes pour se protéger de la pluie. Mais l’eau rentre quand même", explique Joseph, un migrant Sud-Soudanais, en montrant les trous dans la toile. Malgré les couvertures achetées, il indique "souffrir du froid durant la nuit".

      L’#insalubrité règne et les installations pour assurer l’hygiène de base sont dans un état déplorable. "Je ne peux pas vivre ici, c’est le bordel ! Les douches sont tellement sales, je préfère aller dans la forêt que de les utiliser !", se plaint Abdoulaziz, Sénégalais de 22 ans, débarqué de Milan la veille de notre échange. Alors qu’il espérait pouvoir gagner rapidement de l’argent et trouver facilement un logement, le jeune homme déchante déjà face à la dure réalité du terrain.

      Les manquements génèrent des petits business de la débrouille. Plus d’eau chaude pour se doucher ? Des migrants vendent pour 0.50 centimes d’euros des seaux d’eau chauffée. En recherche d’une place pour s’installer ? "Les anciens louent des lits aux nouveaux venus. J’ai payé le mien 150 euros pour la saison", explique Abdoul, Sénégalais de 47 ans venu faire la récolte en Calabre pour la première année.

      Dans le bidonville, les #incendies sont fréquents, à cause des courts-circuits ou des bonbonnes de gaz utilisées pour cuisiner. Alors qu’autrefois les pompiers, et la police, étaient présents à l’entrée du camp, ils ont déserté les lieux après le Covid. "Avec l’étroitesse des allées, les camions de pompiers ne peuvent pas passer à l’intérieur", remarque Ferdinando, qui intervient pour Caritas dans le "tendopoli". Deux incendies ont causé le décès de deux migrants la semaine précédant notre venue.

      L’hébergement, une problématique persistante

      L’absence d’alternatives décentes pour héberger ces populations dans cette province calabraise contraints les migrants à échouer dans ce lieu insalubre. Plusieurs d’entre eux rapportent avoir tenté de louer des appartements, sans succès. "Les gens ne veulent pas de Noirs comme locataires...Je ne peux pas comprendre”, se désole Abdoul, qui n’a eu d’autre choix que de se rabattre sur le Tendopoli comme de nombreux autres travailleurs.

      Une situation particulièrement aberrante pour Mauro Destefano, coordinateur du projet Calabre pour l’ONG Emergency. "Il est d’autant plus paradoxal que les conditions minimales de dignité humaine ne soient pas garanties alors que ces populations sont en règle", s’indigne-t-il. Selon Caritas, 80% des habitants ont des permis de séjour.

      Le décret-loi Salvini de 2018, qui réserve désormais les places en centre d’accueil aux seuls réfugiés statutaires, a encore accentué la problématique du mal logement de ces populations précaires. Selon une enquête menée par le ministère du Travail et des Politiques sociales et l’Association nationale des municipalités italiennes, ils étaient au moins 10 000 employés migrants travaillant dans l’agriculture à vivre dans des bidonvilles sur le territoire italien en 2022.

      Pour tenter de juguler cette crise du logement, plusieurs projets menés par les mairies de la province sont déjà sortis de terre, d’autres sont en prévision. La ville de Rosarno, à quelques kilomètres de San Ferdinando a bâti un "village de la solidarité". Une centaine de places sont disponibles - toutes occupées pendant la haute saison des récoltes. #Taurianova, plus au sud, a installé un "village de #containers" de 100 places également - toutes pourvues. Le maire de San Ferdinando, de son côté, mise beaucoup sur une "#ferme_solidaire", qui devrait voir le jour en 2027 pour 150 à 200 travailleurs africains.

      Trop peu, selon les associations. Pour Mauro Destefano, de l’ONG Emergency, il est étrange de ne pas pouvoir faire plus "dans l’une des régions où le taux d’émigration des jeunes est parmi le plus élevé avec un pourcentage important de logements inhabités".

      Rôle essentiel des associations

      A l’entrée du "tendopoli", plusieurs Algeco servent de bureaux pour les structures associatives et syndicales intervenant dans le lieu. Leur appui est crucial pour les migrants. "Il n’y a aucune implication de la mairie pour améliorer les lieux", met en cause Ferdinando. Avec Caritas, le Calabrais s’implique au quotidien dans le soutien aux migrants du bidonville. Il les renseigne notamment dans les démarches administratives mais aussi les conseille et leur apporte de l’attention.

      Depuis un an, une blanchisserie gérée par l’ONG a été installée dans un de ces containers. Les migrants viennent déposer leur sac de vêtements à un bénévole qui se charge ensuite de lancer les programmes. Ouverte tous les jours, les machines et séchoirs fonctionnent à plein régime.

      Deux fois par semaine, l’ONG distribue aussi environ 400 repas, cuisinés par des volontaires des paroisses voisines, aux habitants du "village de tentes". Au menu lors de notre venue, pâtes au thon. Les migrants font la queue, certains en peignoir et claquettes, pour venir récupérer leur repas. Pour certains cette aide est vitale. "A cause d’un problème d’orthographe dans mes papiers, je ne peux plus travailler actuellement. C’est difficile car je n’ai plus que 25 euros et rien à manger", confesse Ismaël, Burkinabé de 23 ans.

      Un médecin vient également une fois par semaine pour des consultations médicales. Durant la haute saison, les coupures, chutes et membres cassés sont récurrents. Dans la région, l’#accès_aux_soins est compliqué. Et plus encore pour les migrants du fait de la barrière de la langue, des distances pour accéder aux structures de santé, de la méconnaissance et de la peur du rejet.

      "Il y a aussi un nombre croissant de migrants souffrant de détresse psychologique, tels que la #dépression, la #dépendance ou le #stress_post-traumatique. Ils souffrent de l’#isolement_social et du labyrinthe administratif qui les rendent fous" détaille le coordinateur. Dans ces conditions, une minorité tombe dans la #dépendance (#alcool, #drogue et 3médicaments). "Il est important de résoudre le problème de ce #ghetto, sinon il sera difficile de traiter ces pathologies efficacement et cela deviendra ingérable" alerte-t-il.

      #Ghettoïsation et #invisibilisation

      Dans le bidonville excentré du centre-ville de San Ferdinando, les nombreux #vélos déposés le long des tentes illustrent l’isolement dont sont victimes les migrants. Les lacunes dans le système de transport public dans la province de Reggio di Calabria obligent de nombreux travailleurs à se déplacer à vélo, parfois à pied, sur des routes mal éclairées et cabossées. Ils sont ainsi souvent victimes d’accidents de la route, parfois résultats d’attaques racistes délibérées.

      "Des jeunes ont déjà frappé des travailleurs circulant à vélo ou bien ont fait exprès d’ouvrir leur portière de voiture pour les faire tomber sur la route", relate Ibrahim Diabate, cofondateur du foyer social Dambe So (maison de la dignité en bambara) qui accueille des travailleurs migrants durant la saison des récoltes. D’autres témoignages rapportent des migrants percutés, laissés sans assistance en bord de route.

      L’abandon des pouvoirs publics et l’#isolement général contribuent à la ghettoïsation du "tendopoli", ce qui accroit un peu plus encore l’invisibilisation dont les migrants sont victimes.

      En janvier, une dizaine d’associations et d’ONG -dont Caritas et Emergency- ont dans une lettre adressée au préfet de Reggio Calabria réclamé des solutions rapides face à l’aggravation des conditions de vie à l’intérieur du "village de tentes" déplorant un " climat de #tension_sociale qui atteint un niveau de plus en plus critique".

      https://www.infomigrants.net/fr/post/68516/calabre--le-bidonville-de-san-ferdinando-symbole-du-mal-logement-des-t

  • A Paris, environ 300 migrants évacués de campements dans le 19ᵉ arrondissement
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/05/a-paris-environ-300-migrants-evacues-de-campements-dans-le-19-arrondissement

    A Paris, environ 300 migrants évacués de campements dans le 19ᵉ arrondissement
    Le Monde avec AFP
    Environ trois cents personnes migrantes ont été évacuées, mercredi 5 novembre au matin, des campements où elles dormaient entre les stations de métro Jaurès, Stalingrad et Porte de la Chapelle à Paris, a constaté une journaliste de l’Agence France-Presse (AFP), ce qu’a confirmé en fin de journée une source policière.
    Trois cars à destination de Bourges, Besançon et Toulouse avaient été mobilisés pour transporter les volontaires vers des hébergements temporaires. L’évacuation s’est déroulée dans le calme en présence d’un important dispositif policier et d’agents de la préfecture d’Ile-de-France et de la Ville de Paris.« Environ trois cents personnes, issues majoritairement d’Afghanistan et de la Corne africaine, ont été recensées », a fait savoir une source policière à l’AFP. Ce sont 221 migrants qui ont été pris en charge, à destination de la province ou de l’Ile-de-France et 50 personnes, qui ont refusé toute assistance, ont été éloignées, selon cette source.
    Alors que plusieurs personnes sont venues dans l’espoir d’être relogées, des occupants du campement étaient déjà partis avant le début de l’opération, refusant de quitter Paris. C’est le cas de May, 33 ans, qui n’a pas souhaité donner son nom. Cette Soudanaise en situation régulière dort depuis deux semaines dans l’aéroport Charles-de-Gaulle avec sa fille de 11 ans. « On doit rester à Paris parce que ma fille va à l’école, et moi je cherche du travail », a expliqué cette réfugiée à l’AFP.
    Les sans-abri, majoritairement des jeunes hommes et quelques familles, ont attendu plusieurs heures, orientés par des membres des associations Médecins du monde, Utopia 56 et France terre d’asile. Trois bus supplémentaires avaient été mobilisés pour transporter vers des hébergements en Ile-de-France les personnes munies d’un contrat de travail dans la région.
    Ali, un Afghan de 23 ans en situation régulière vivant sur le campement depuis un mois, espère monter dans un de ces bus : « Je ne peux pas quitter Paris, j’ai un travail ici », a-t-il expliqué. Malgré son emploi de gardien, ses démarches pour trouver un logement n’aboutissent pas : « J’ai vraiment besoin d’un logement, c’est pas possible de vivre comme ça », s’est-il indigné. L’association Médecins du monde a constaté que des tentes s’étaient déjà réinstallées Porte de la Chapelle à midi. « On estime que 150 personnes sont restées sans solution », a fait savoir Paul Alauzy, porte-parole de l’association. « On est proche de la 500e opération similaire depuis 2015, et ça ne fonctionne pas. Il y a des campements ici depuis 2022. Les gens continuent à vivre dans des conditions indignes », a-t-il regretté.

    #Covid-19#migration#migrant#france#humanitaire#campement#logement#sante#droit

  • A Paris, environ 300 migrants évacués de campements dans le 19ᵉ arrondissement
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/11/05/a-paris-environ-300-migrants-evacues-de-campements-dans-le-19-arrondissement

    Trois cars à destination de Bourges, Besançon et Toulouse avaient été mobilisés pour transporter les volontaires vers des hébergements temporaires. Mais l’association Médecins du monde estime que 150 personnes sont restées sans solution, certains ne pouvant pas quitter Paris.

    [...]

    Ali, un Afghan de 23 ans en situation régulière vivant sur le #campement depuis un mois, espère monter dans un de ces bus : « Je ne peux pas quitter Paris, j’ai un travail ici », a-t-il expliqué. Malgré son emploi de gardien, ses démarches pour trouver un logement n’aboutissent pas : « J’ai vraiment besoin d’un logement, c’est pas possible de vivre comme ça », s’est-il indigné.

    L’association Médecins du monde a constaté que des tentes s’étaient déjà réinstallées Porte de la Chapelle à midi. « On estime que 150 personnes sont restées sans solution », a fait savoir Paul Alauzy, porte-parole de l’association. « On est proche de la 500e opération similaire depuis 2015, et ça ne fonctionne pas. Il y a des campements ici depuis 2022. Les gens continuent à vivre dans des conditions indignes », a-t-il regretté.

    #étrangers #Paris #police

  • « Pendant que les structures de soins aux exilés ferment, les budgets ­alloués au contrôle migratoire explosent »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2025/10/22/pendant-que-les-structures-de-soins-aux-exiles-ferment-les-budgets-alloues-a

    Dans un silence pesant, les financements publics affectés à l’accompagnement des personnes exilées, en particulier dans le domaine de la santé mentale, s’effondrent. Ces derniers mois, un nombre croissant d’associations, œuvrant depuis des décennies à la croisée du soin, du droit et de l’accueil, voient leurs budgets amputés, parfois de manière brutale, arbitraire et sans explication.

    Les crédits alloués par le ministère de l’intérieur sont arrêtés ou réduits. Dans d’autres cas, ce sont les subventions de collectivités locales qui disparaissent. Les premières victimes de cette politique de rétraction sont les plus vulnérables : femmes, hommes et enfants en exil, survivants de conflits, de violences, de tortures, qui peinent déjà à retrouver une vie digne. Ces coupes ne sont pas de simples ajustements budgétaires, mais la mise à mort méthodique d’un secteur essentiel de notre société, une attaque frontale contre les structures de soin et de solidarité, et une insulte à l’intelligence collective.

    Les chiffres sont connus : près de 70 % des personnes en exil ont vécu des violences le long de leur parcours – guerre, torture, violences sexuelles, enfermement –, selon le Comité pour la santé des exilés, entre autres ; et une personne sur cinq souffre de troubles psychiques sévères dont des psychotraumatismes et des dépressions, d’après une étude de l’Institut de recherche et documentation en économie de la santé. Faute de soins, ces pathologies s’aggravent et deviennent chroniques. Elles condamnent à l’isolement, entravent les parcours d’insertion et pèsent sur l’ensemble du tissu social.

    Dans ce contexte, saborder les structures spécialisées dans l’accueil et le soin psychique est un acte de violence et un non-sens médical, économique et social. Les associations concernées reposent en général sur des modèles mixtes, mêlant fonds publics, bénévolat et dons.

    Le désengagement de l’Etat provoque un effet domino : perte des équipes expérimentées, réduction de l’accueil, augmentation des délais de soins, puis fermeture. Ce sont des vies qu’on condamne. Ce ne sont pas des ajustements techniques : c’est un choix politique délibéré qui se traduit par la fragilisation des acteurs de terrain, l’invisibilisation des souffrances, le report sur des structures saturées ou l’abandon pur et simple.

    Mission de service public

    Pendant que les structures de soins ferment, les budgets alloués au contrôle migratoire explosent : plus de 150 millions d’euros par an seraient mobilisés pour l’évacuation des #campements, selon le rapport sur les campements et bidonvilles en France du Conseil de l’Europe en 2020 ; et des centaines de millions pour bloquer les #frontières. Depuis 1998, plus de 1 milliard d’euros ont été dépensés pour empêcher les exilés de traverser la Manche. A lui seul, ce budget pourrait financer plus de 500 centres de soins spécialisés. Soigner coûte moins cher qu’exclure. Et surtout, soigner sauve des vies.

    Nous ne faisons pas face à une crise passagère, mais à un tournant : celui où l’Etat choisit de sacrifier les structures associatives, pourtant indispensables à la santé publique, à la cohésion sociale et à l’hospitalité. Les associations ne sont pas des supplétifs. Elles sont des piliers créatifs pour proposer des soins essentiels.

    Le paradoxe est glaçant : la santé mentale a été érigée en « grande cause nationale » de l’année 2025, sans que celle-ci soit au cœur des enjeux financiers et politiques de l’Etat. Partout en France, les associations tiennent à bout de bras un tissu de soins, d’écoute, d’orientation, de médiation et de défense des droits. Elles remplissent une mission de service public. Elles innovent, forment, accompagnent, soignent et ce, malgré l’épuisement, le mépris institutionnel et les coupes. C’est aujourd’hui que se décide quel type de société nous voulons être : une société de soin ou une société de rejet.

    Parmi les signataires : Sabrina Aït-Aoudia, directrice exécutive de l’association Parcours d’exil ; Jean-François Corty, président de Médecins du monde ; Jean-Jacques Férigoule, président de l’association Osiris ; Monique Guyot-Berni, présidente de l’association La Cimade ; Hélène Leroy, directrice médicale du réseau Louis Guilloux ; Camille Niel, cheffe de la mission France de Médecins sans frontières ; Guillaume Rossignol, directeur de l’association Jesuit Refugee Service France ; Marie-Caroline Saglio-Yatzimirsky, présidente du Centre Primo Levi ; Nathalie Tehio, présidente de la Ligue des droits de l’homme ; Sylvestre Wozniak, directeur général de l’association Forum Réfugiés. Liste complète des signataires à retrouver ici. [https://primolevi.org/letat-sacrifie-les-structures-associatives-pourtant-indispensables-a-la-s

    #exilés #étrangers #crédits #subventions #soins #accueil #contrôle_migratoire

  • A Lyon, la mort de quatre personnes dans le sous-sol d’un immeuble met en lumière la précarisation d’un quartier
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2025/10/21/a-lyon-la-mort-de-quatre-personnes-dans-le-sous-sol-d-un-immeuble-met-en-lum


    Les pompiers interviennent sur les lieux après un incendie dans un immeuble résidentiel à Lyon, le 20 octobre 2025. JEAN-PHILIPPE KSIAZEK/AFP

    Les occupants de l’immeuble de logements sociaux dénoncent l’inexorable dégradation de leur quotidien, alors que quatre personnes sans domicile fixe ont trouvé la mort, dans la nuit de dimanche à lundi, dans les caves qu’elles squattaient.

    La mort de deux femmes et deux hommes sans domicile fixe, âgés de 29 à 50 ans, dans le sous-sol d’un immeuble de 10 étages, dans le 3e arrondissement de Lyon, dit beaucoup de la dégradation du tissu social sous l’effet de la #précarisation. Les quatre victimes ont été asphyxiées par les fumées toxiques d’un incendie qui s’est déclaré dans la nuit de dimanche à lundi 20 octobre, dans une cave du 245, rue André-Philip. La cause du sinistre n’a pas été officiellement établie. Sous réserve des expertises à venir, le feu a pris à partir d’une cuisinière, installée dans un réduit transformé en #logement de fortune que les deux couples venaient d’investir.

    « J’ai entendu l’alarme retentir vers 5 heures et demie du matin. Elle sonne souvent pour rien, la dernière fois c’était samedi. Mais j’ai tout de suite senti la fumée, je suis descendue et j’ai vu les pompiers qui essayaient de ranimer les gens », raconte Chrystel Clavelli, 56 ans, résidente du 7e étage. L’incendie lui rappelle un autre mauvais souvenir. En décembre 2021, les fumées d’un feu en sous-sol s’étaient propagées dans les étages par les gaines techniques. « Dans le couloir, je ne voyais pas mon voisin tellement il y avait de la fumée », rapporte-t-elle. A l’époque, tous les habitants avaient été évacués en catastrophe, sans victime.

    Cette fois, le feu a tué sous leurs pieds, et les occupants sont sous le choc, en colère aussi. « Je ne suis même pas surprise, c’est triste à dire, les squatteurs avaient provoqué le feu en 2021, l’histoire se répète aujourd’hui, on se sent complètement abandonnés », insiste Chrystel Clavelli. Selon plusieurs locataires, deux couples venaient de s’installer dans le sous-sol, depuis une semaine environ, et la situation était signalée. Ce que confirme ICF Habitat, bailleur de l’immeuble. « Une occupation illicite des caves de l’immeuble a été constatée récemment. Un constat d’huissier a été établi et une plainte a été déposée auprès des services de police le 16 octobre », affirme la filière immobilière de la SNCF dans un communiqué.

    Appartements vides

    Lundi soir, des locataires se sont regroupés au pied de l’immeuble, pour refaire le récit de la nuit et exprimer leur désarroi. Ils ont raconté leur quotidien intranquille. Les portes forcées, les squatteurs d’un soir, les détritus dans les escaliers, le chauffage qui tombe en panne, l’eau chaude coupée sans prévenir. Le sol et les murs sont entretenus, les boîtes aux lettres restent en bon état. Pour les résidents, derrière ces apparences, la vie quotidienne se dégrade.

    « En quelques années, nous avons vu les choses aller de plus en plus mal, le #bailleur ne nous écoute pas, on a l’impression qu’il laisse l’immeuble dériver », dit Lionel Bagu, 57 ans, projectionniste. Dans son couloir, plusieurs portes en fer ont été fixées à l’entrée des appartements vides, pour dissuader les squatteurs d’y pénétrer. Locataire depuis vingt-sept ans, Lionel Bagu a la nostalgie du précédent bailleur. Inauguré par Louis Pradel, maire (divers droite) de Lyon de 1957 à 1976, l’immeuble était à l’origine une maison de retraite, progressivement transformée en immeuble à vocation sociale, constitué d’appartements d’environ 30 mètres carrés, pour un loyer de l’ordre de 300 euros, dans lequel subsistent un restaurant solidaire et des cuisines du centre communal d’action sociale.

    Virginie Argoud, 46 ans, a aussi vu le changement d’ambiance dans l’immeuble, depuis les fenêtres de sa résidence privée, située juste en face. « Du temps de la maison de retraite, c’était très calme, quand c’est devenu locatif, un gardien est resté un certain temps, puis il est parti, et là on a vu les choses changer », témoigne la quadragénaire. Pour elle, la situation de l’immeuble reflète celle du quartier. « C’était un quartier très populaire qui fonctionnait très bien, les gens se respectaient dans leurs différences. Depuis trois ans, c’est une “cata” », constate-t-elle.

    Un squat connu

    Sophia Popoff partage le diagnostic. « Nous voyons s’aggraver les conséquences de la paupérisation de la société », juge l’adjointe au maire de Lyon (Les Ecologistes), chargée du logement et de l’hébergement d’urgence. L’élue liste les causes cumulées : baisse du niveau de vie, blocage du marché du logement, complication du droit au séjour, augmentation des expulsions. Auxquelles il faut ajouter les migrations qui pèsent sur les métropoles. En cinq ans, le nombre de #squats et de #campements illicites est passé de 60 à 80 sur le territoire de la ville de #Lyon, soit une hausse de 25 %, selon une source municipale.

    Située entre le quartier d’affaires de la Part-Dieu et le quartier cosmopolite de la Guillotière, l’adresse de la rue André-Philip devenait un squat connu parmi les populations marginalisées en quête de toit. Dans une cour latérale, une rampe, cachée par un bouleau et un rosier, donne accès directement aux caves. Au bout du couloir, sous un plafond de tuyauteries, plusieurs portes donnent sur des cagibis aménagés en logements miséreux. Il reste des lits, un frigo, de la vaisselle sur des étagères, des chaussures, et, au bout à gauche, le lieu du drame, pétrifié dans la suie.

    #logements_vides #pauvreté #hébergement_d'urgence

  • A #Borgo_Mezzanone, in ascolto di chi ci vive, oltre la retorica del “ghetto”

    Nel foggiano lo sfruttamento lavorativo alimenta l’insediamento informale, vera e propria cittadella che ospita fino a quattromila persone nei periodi di picco. Intanto i 53 milioni di euro del Pnrr destinati all’area sono andati perduti.

    Il sole batte forte sulla pista di Borgo Mezzanone ma nonostante gli oltre 40 gradi un gruppetto di persone gioca a pallone tra container, baracche e casette in mattoni. Autocostruzioni, sorte a partire dal 2019, quando l’allora ministro dell’Interno Matteo Salvini pensò bene di risolvere “il problema ghetti” a colpi di ruspa, demolendo quasi un quarto delle baracche. L’effetto è stato l’opposto e questo insediamento informale, nato intorno a un aeroporto militare dismesso e adibito nel 2005 a Centro di accoglienza per richiedenti asilo (Cara) ha vissuto una nuova stagione, segnando sempre più il passo verso una cittadella stabile: una specie di periferia senza servizi del vicino Borgo Mezzanone, borghetto agricolo frazione di Manfredonia ma a soli dieci chilometri da Foggia.

    Durante il picco della raccolta del pomodoro si arriva a una presenza stimata di tre-quattromila persone, ma i numeri durante il resto dell’anno non sono molto inferiori anche grazie alla continuità che offre il lavoro in agricoltura. Bas è stanco di giocare a pallone, si allontana dagli altri per prendere un po’ d’ombra sotto la lamiera di una delle botteghe del ghetto. In questo caso la parola “ghetto” sembra appropriata. Da una parte non esistono leggi specifiche che confinano e costringono a vivere in questi luoghi, allo stesso tempo però appare evidente che la mancanza di documenti o l’impossibilità di affittare una casa in città in qualche modo limita la scelta a posti come questo, dove abitare e trovare lavoro passando spesso per le maglie del caporalato.

    “Volevo una vita migliore di questa, un posto in cui stare bene, lavarmi, essere pulito. Non è quello che speravo, ma l’ho costruito io”, racconta Bas, che vive qui da oltre dieci anni, dopo aver lavorato inizialmente alle giostre per poi scegliere l’agricoltura. Prima di arrivare dal Senegal ai campi della Capitanata (la pianura intorno a Foggia) ha fatto l’Università, e ci tiene a precisarlo. “La vita è una curva, sali lentamente ma quando arrivi sopra basta un attimo e cadi di nuovo in basso. L’importante è non perdersi mai d’animo. Conosci Victor Hugo e ‘Les misérables’? Quanti anni ha fatto in prigione Jean Valjean prima di uscire e diventare l’uomo più ricco di tutti? Non esiste niente di impossibile”.

    Tra una parola e l’altra prende una bibita. È estate e con l’energia elettrica che arriva ogni giorno è più facile avere a disposizione qualcosa di fresco da bere, mentre d’inverno l’elettricità arriva solo a zone alterne. Per l’acqua invece bisogna sempre aspettare che vengano a riempire le cisterne all’ingresso, oppure prendere l’automobile e farsi un chilometro per arrivare alla fontanella di Piazza Madonna del Grano, di fronte alla chiesa del paese. Malgrado la vicinanza al paesino non ci sono servizi a Borgo Mezzanone, come non c’è un medico, tolta la presenza sporadica di volontari e organizzazioni internazionali.

    La discussione viene interrotta da un ragazzo intento a portare la sua motoretta da uno dei meccanici del campo. Qui si ripara tutto o lo si riconverte in altro, cosa abbastanza nota anche ai tanti italiani che ci lasciano le auto da rottamare. È solo una delle diverse attività di “economia della sopravvivenza” del ghetto, insieme a negozi di alimentari o vestiti, localini e ristoranti. Ci passa anche qualche venditore ambulante che si occupa di vendita di pentolame e oggettistica. “Il legame quasi indissolubile e naturale tra gli insediamenti informali e lo sfruttamento lavorativo è il vero nodo da sciogliere -spiega l’avvocato Stefano Campese, specialista in diritto dell’immigrazione, per anni coordinatore pugliese del progetto Presidio della Caritas-. In questa zona la particolarità del caporalato è di essere fortemente collegato alla questione della presenza degli insediamenti informali, in cui c’è necessariamente manodopera a basso costo”. Spesso questi sono degli hub nei quali si va a finire anche quando il proprio percorso è iniziato da altre parti, durante la stagione ci sono sempre opportunità di lavoro e si arriva grazie alla propria rete di riferimento già presente nel campo. Ma trovare un’occupazione non è l’unico criterio.

    “C’è gente che sta qui da anni, magari perché non è mai uscita oppure ha un interesse ulteriore a rimanerci essendo coinvolta nella dinamica dello sfruttamento lavorativo oppure, ad esempio, gestisce il mercatino all’interno dell’insediamento informale”. La maggior parte delle persone che vivono qui sono lavoratori agricoli, non solo stagionali, ma la situazione è fluida. In una cittadella serve di tutto, anche un posto dove sedersi e parlare, come i tavolini del ristorante di Hasan, uno dei vecchi del campo.

    “Quando sono arrivato io, qui non c’era quasi nulla, solo qualche baracca”, racconta dopo aver preparato il caffè. Era il 2007 quando “sbarcava” a Milano dal Togo e in due settimane era a Borgo Mezzanone per fare richiesta d’asilo presso il Cara. Da allora è ancora qui e vive grazie alla sua piccola attività che con tenacia ha tirato su pezzo dopo pezzo. “Ho aperto nel 2016, ho dovuto ricostruire due volte dopo gli incendi, ma oggi ho cinquanta persone a mangiare. È tutta roba che ho recuperato, tranne il frigo che ho comprato. Anche se guadagno qualche centesimo, ringraziando dio va bene, qui ho tutti i miei fratelli e tanti amici italiani ed europei che mi vengono a trovare”. È ora di andare a riempire le taniche per innaffiare i due alberi che si trovano dietro la moschea e la chiesa pentecostale, operazione di cui si occupa lui. Piccoli tentativi di rendere più vivibile un posto a tratti infernale ma pur sempre la casa di qualche migliaio di persone, tra cui quegli abitanti del ghetto che c’entrano poco con l’agricoltura ma sono essenziali al funzionamento di questa comunità.

    Mentre il ristorante di Hasan continua per la sua strada, il Cara è passato attraverso il Protocollo d’intesa per la riconversione di Borgo Mezzanone in foresteria regionale, promosso nel 2021 dalla prefettura di Foggia, dalla Regione Puglia e dal ministero dell’Interno. Un finanziamento di circa 3,5 milioni di euro che ha portato finora alla realizzazione di 100 container per 400 posti, mentre l’obiettivo era quello di ospitare fino a 1.300 persone. Un intervento in fieri che ha solo spostato alcuni abitanti del ghetto di qualche centinaio di metri in una zona recintata e maggiormente controllata. La Regione Puglia ha cercato a più riprese di dare vita a delle progettualità di lungo periodo in tutta la zona.

    In questa cornice gli oltre 53 milioni di euro di fondi Piano nazionale di ripresa e resilienza (Pnrr), destinati al Comune di Manfredonia e ora irrimediabilmente perduti, a meno di giravolte istituzionali al momento non previste, sono solo l’ultimo tassello. ll progetto presenta infatti problematiche tecnico-gestionali di governance e non garantisce il rispetto della nuova scadenza della Commissione europea di giugno/agosto 2026. Prevedeva il recupero e la realizzazione di opere di urbanizzazione, la ristrutturazione e costruzione di edifici residenziali e di strutture abitative leggere e rimovibili. Ma senza affrontare le cause, che vanno dallo stretto legame tra caporalato e insediamenti informali, così come tra impellenza di rinnovare il permesso di soggiorno e necessità di avere una qualche forma di contratto, l’insediamento informale si autoriproduce. Alla fine appare evidente come non vi sia una soluzione buona per tutti, il ghetto è un caleidoscopio di vite e problemi diversi, una lente attraverso cui leggere questa società.

    “Io sto qui perché è comodo per il lavoro, conosco tante aziende e vengo pagato bene -racconta Dolo, un uomo burkinabé che vive ormai da tanti anni a Borgo Mezzanone-. Oggi mi sono svegliato alle quattro del mattino per andare a lavorare alle cinque, sono tornato dopo le sette di sera. Non mi lamento, se domani non voglio andare a lavorare nessuno mi obbliga. Posso restare qui, ci sono bar, ristoranti, negozi, ho gli amici, se sto male qualcuno mi può aiutare. Al Cara invece che cosa hanno fatto? Belli i container nuovi, ma quando hai finito di lavorare intorno a te non c’è niente. Qua posso avere una vita. Manca l’acqua, per la corrente bisogna arrangiarsi e non passa mai la polizia. Mi chiedo: è un pezzo d’Italia oppure no? Questo è quello che critico di più, se già venisse la polizia staremmo tutti più tranquilli”.

    Per trovare una soluzione al dilemma, fuoriuscita dal ghetto per combattere il caporalato o combattere il caporalato per uscire dal ghetto, bisognerebbe partire dall’ascolto dei problemi di chi ci vive. Le idee non mancano.

    https://altreconomia.it/a-borgo-mezzanone-in-ascolto-di-chi-ci-vive-oltre-la-retorica-del-ghett

    #rhétorique #discours #Italie #Pouilles #habitat #Pnrr #baraccopoli #auto-construction #agriculture #travail_agricole #caporalato #logement #eau #électricité #recyclage #réusage #économie_de_survie #exploitation #campement #économie #restaurant #amitié #containers #Manfredonia #permis_de_séjour #Cara

  • « Qu’est-ce que je vais faire maintenant ? » : à Paris, le campement de migrants devant l’Hôtel de ville a été évacué - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/66329/questce-que-je-vais-faire-maintenant--a-paris-le-campement-de-migrants

    Mardi matin, le campement situé devant l’Hôtel de ville de Paris a été évacué. Depuis une semaine, quelque 200 personnes, dont une grande majorité de femmes et d’enfants, occupaient la place.

    Dès le lever du soleil, de nombreuses personnes avaient déjà quitté les lieux. Les autres s’attelaient à démonter ce qu’il restait du campement qui hébergeait des centaines de personnes sur le parvis de l’Hôtel de ville de Paris. Sous des bâches, installées à même le sol sur des couvertures et des cartons, « environ 350 personnes, dont 200 femmes et 150 enfants », vivaient ici au pic - recensé lundi soir - de l’occupation, selon l’arrêté préfectoral annonçant l’évacuation de ce mardi.

    [...]
    L’opération s’est déroulée dans le calme en présence d’un important dispositif policier positionné aux abords de la mairie de la capitale. Au moins trois cars ont été positionnés aux alentours du camp pour transporter les familles qui le souhaitaient dans ces lieux en province prévus par la préfecture.

    Les exilés, en fonction de leur composition familiale et de leur situation, se sont vu proposer, entre autres, d’être envoyés à Marseille, Bourges, Toulouse, Besançon ou encore Montgermont, où ils pourraient être accueillis dans un des #sas_régionaux.

    Depuis le début de ce rassemblement il y a une semaine, "150 personnes" ont été "prises en charge et orientées vers une solution d’hébergement, dont la moitié vers des structures d’accueil hors Île-de-France", a précisé la préfecture d’Île-de-France dans un communiqué. Ce mardi, uniquement 66 personnes sont montées dans les cars vers les sas régionaux, selon une source proche du dossier à l’AFP.

    "Je ne vais pas partir je ne sais où alors que j’ai un travail ici"

    Comme lors des précédents démantèlements, seule une petite portion des migrants accepte ces transferts. « J’ai une demande de logement en cours à Paris et s’ils insistent pour me faire partir, ce serait un abus. Mes enfants vont à l’école à Paris. Les deux garçons devaient faire la classe pendant les vacances, on ne va pas partir alors qu’on ne connait que Paris », raconte Yannick, un réfugié camerounais qui vit en France avec sa femme et ses trois enfants suite à un regroupement familial.

    ils ont été évacué pour les protéger des fafs ?
    https://seenthis.net/messages/1129660

    #exilé.es #hébergment #campement #évacuation

  • [Des nouvelles de l’occupation du parvis de l’Hôtel de ville de Paris]
    @Utopia_56
    https://x.com/Utopia_56/status/1954610740616188332

    Cette nuit, vers une heure du matin, deux hommes d’une vingtaine d’années ont uriné sur une femme #sans_abri et ses enfants, endormis à même le sol, place de l’Hôtel de Ville à #Paris.

    Les faits sont d’une extrême gravité.

    Lorsque l’un des bénévoles présents sur place s’est aperçu de la situation, les deux hommes ont pris la fuite. Deux policiers à proximité sont parvenus à interpeller l’un des agresseurs.

    L’agression semblait préméditée et les agresseurs en possession de toutes leurs capacités.

    L’enfant de six ans a reçu des gouttes d’urine sur le visage, et les couvertures de toute la famille étaient imbibées. La plus petite a 14 mois et leur mère est enceinte.

    Cette agression d’une violence inouïe s’est produite alors qu’environ 300 personnes sans abri, dont une dizaine de filles mineures isolées ainsi qu’une centaine d’enfants en bas âge, viennent de passer cinq jours et cinq nuits sur le parvis de l’Hôtel de Ville de Paris.

    Elles demandent simplement à faire respecter la loi, sortir de l’extrême précarité et à accéder à un #hébergement_d’urgence.

    Sur place, la situation humanitaire se dégrade de jour en jour.

    Sur les réseaux sociaux, des milliers de messages de haine à caractère raciste, émanant de sphères d’extrême droite, visent directement les personnes présentes sur place.

    Au vu des témoignages et de la tension ressentie sur le terrain, il apparaît évident qu’il existe un lien entre ce climat et les faits survenus cette nuit.

    Une main courante a été déposée et un signalement au procureur va être envoyé.

    Le policier en charge de la déposition n’a toutefois retrouvé aucun compte rendu de cette agression, ni trace de la personne interpellée.

    Alors que de nombreuses caméras couvrent les lieux, tous les éléments devraient être en possession des autorités pour identifier et poursuivre en justice les deux agresseurs.

    Face à l’urgence, l’État doit immédiatement assumer ses responsabilités et proposer une solution digne, cohérente et bienveillante à toutes ces personnes. Il en va de leur sécurité et de l’équilibre de notre société.

    Enfin, si l’État refuse d’agir, la Mairie de Paris a le devoir moral et humain d’apporter une réponse à cette situation.

    Ce soir sera la sixième nuit.

    #campement #police #extrême_droite #mineurs_isolés #enfants #étrangers #exilé.es

    • Au pied de la mairie de Paris, un campement éphémère cible de nombreuses attaques racistes
      https://www.mediapart.fr/journal/france/120825/au-pied-de-la-mairie-de-paris-un-campement-ephemere-cible-de-nombreuses-at

      La mise à l’abri de ces familles [sic] fait suite à six jours d’occupation du parvis, au cours desquels les familles ont été la cible de violences. Dans l’arrêté annonçant l’expulsion du camp, le préfet de police de Paris fait état de « violences volontaires [...] à l’encontre des habitants du campement », arguant que l’occupation « génère des risques sanitaires et sécuritaires importants ».

      En cause, l’agression d’une famille dans la nuit du samedi 9 au dimanche 10 août. Aux alentours d’une heure du matin, deux hommes d’une vingtaine d’années se seraient rendus près des bâches sous lesquelles les familles sont installées, et auraient uriné sur une femme enceinte et ses deux enfants qui dormaient.

      Les yeux plissés par le soleil cognant et le visage fatigué, Mariam, la mère, revit la scène en boucle. Elle est réveillée par sa voisine, qui l’alerte. Les deux hommes ont uriné sur sa plus petite fille, âgée de quatorze mois, sur les vêtements de sa deuxième fille de 6 ans, et sur les couvertures, avant de s’enfuir en courant.

      Pendant leur course, les deux suspects se séparent. L’un d’entre eux est poursuivi par un bénévole, Nikolaï Posner, puis par un policier de l’équipe de surveillance. Ce dernier finit par rattraper le jeune homme quelques centaines de mètres plus loin, aux alentours de Notre-Dame de Paris. À son retour, le policier remet le suspect à ses collègues qui le transféreront dans une voiture de police ensuite. Mais selon le témoignage de Nikolaï, le policier estime tout de même qu’il sera difficile de dégager un motif pour l’inculper.

      Une enquête finalement ouverte par le parquet
      Le bénévole affirme avoir fait une déposition auprès d’une policière de l’équipe sur place, qui aurait enregistré son témoignage et son identité sur son logiciel afin de « faciliter » les suites de l’affaire. Pourtant, au lendemain de l’évènement, lorsque Nikolaï souhaite déposer une main courante auprès du commissariat, aucune trace. L’officier qui réceptionne son témoignage ne trouve aucun signe ni d’une interpellation, ni d’un contrôle d’identité, ni d’une arrestation dans le système.

      Interrogée, la préfecture de police affirme ne pas avoir d’éléments sur le déroulement des faits à communiquer, et renvoie vers le parquet. Ce dernier, après avoir pris connaissance des faits, a décidé d’ouvrir une enquête le lundi 11 août pour des faits de violences en réunion.

      Depuis les faits, Mariam ne dort plus. « Je surveille mes enfants, j’ai peur que des personnes reviennent », avoue-t-elle. La nuit suivant l’agression, « elle a marché pendant des heures », se souvient Nikolaï Posner. Sa fille ne dort plus à ses côtés, par peur que la situation se reproduise.

      Aucun policier n’est venu recueillir la déposition de Mariam avant l’expulsion. Si les bénévoles tentent de la convaincre de l’intérêt de porter plainte contre le jeune homme, elle s’y refuse, estimant que « ça ne va aboutir à rien, parce que c’est un Français ».

      Un lieu plus exposé
      Pour la plupart des bénévoles et salarié·es d’Utopia 56, cette situation s’inscrit dans un contexte d’agressions verbales et physiques à caractère raciste. Le jour suivant, un homme a proféré des injures racistes aux familles sur place, les exhortant de « retourner en Afrique ». Le passant a été repoussé par les forces de l’ordre, mais pas pour autant interpellé.

      Lors de notre passage sur place la veille de l’expulsion, les remarques racistes de la part de passants sont très régulières. « Je n’ai pas tous mes vaccins », lâche ainsi un jeune homme. Quelques minutes plus tard, un homme s’approche pour désigner le campement du doigt et lance : « Moi, je vous vire tout ça à coups de matraque, et c’est réglé. »

      Des propos choquants et loin d’être isolés, selon les membres de l’association Utopia 56. Tous témoignent d’un climat plus hostile que sur d’autres occupations qu’ils ont déjà accompagnées. « En dix ans, c’est la première fois qu’on entend autant de propos racistes et de menaces », affirme Nikolaï Posner. Cette semaine, « un homme m’a même menacé physiquement », raconte Nathan Lequeux, salarié chez Utopia 56.

      Les équipes font le lien avec la localisation de l’occupation, un lieu passant et prisé par les touristes. Les trois dernières occupations situées devant les mairies des XIe, XIXe et XVIIIe arrondissements se sont passées sans accrocs. « Dans les autres mairies, on avait du soutien des habitants des quartiers et beaucoup de dons », se souvient Nathan Lequeux.

      sur l’évacuation policière que l’on nous présente comme destinée à les protéger des fafs
      https://seenthis.net/messages/1129889

      #Paris

  • Soutien à Utopia 56 - l’Offensive !
    https://blogs.mediapart.fr/loffensive/blog/060725/soutien-utopia-56

    À Lille, Utopia 56 se concentre sur l’accompagnement et l’hébergement des mineur·es non accompagné·es. Lors du dernier conseil municipal, le PS s’est lâchement attaqué à l’association.

    Les mineurs en recours qui survivaient dans un square à Faches-Thumesnil, ont été mis à l’abri dans un bâtiment réquisitionné par la mairie de Faches, en lien avec la Préfecture, suite à une action de visibilisation des jeunes et de leurs soutiens. Comme à chaque fois, cette mise à l’abri concernait un certain nombre de jeunes à un instant T, mais chaque semaine de nouveaux jeunes se font remettre à la rue par le Département suite à la remise en cause de leur minorité.

    Depuis mai 2025, un nouveau camp de Mineurs Non Accompagnés (#MNA) en recours s’est donc inévitablement formé, avec de nouveaux jeunes, au parc Barbusse au Faubourg de Béthune. Coincé•es dans des démarches administratives interminables, laché•es par toutes les instances qui se renvoient la responsabilité de leur prise en charge dans l’illégalité la plus totale, ces jeunes sont encore une fois laissé•es sans aide institutionnelle et la responsabilité de solidarité portée par les associations et collectifs qui les suivent.

    Interpellée en conseil municipal le 20 juin à ce sujet par la conseillère verte Mélissa Camara, l’équipe municipale s’est couverte de honte.

    C’est Marie-Christine Staniec-Wavrant qui prend la première réponse. L’adjointe entre autres aux “Lutte contre les exclusions, Initiatives solidaires et hébergement d’urgence[...]” a dégainé une série d’accusations et déclarations mensongères. Sans que l’association ne soit mentionnée dans la question initiale, elle s’est lancée dans une diatribe contre Utopia 56.

    Elle accuse l’association d’instrumentaliser les jeunes, les ayant “ramené•es sur Lille parce qu’il ne se passe rien à Fâches”. Déjà, les jeunes concerné•es par le parc Barbusse ne sont pas les mêmes qu’à Fâches, dont le maire a été au bout de ce qu’il pouvait avec les moyens limités à sa disposition et qui continue à se battre pour trouver une solution au niveau de la MEL. Il reste que l’accusation n’est qu’un tissu de mensonges.

    (...) Mme Staniec-Wavrant a un plan : un fascicule qui liste les structures ouvertes… pour
    les majeurs ! Face à une urgence sanitaire aiguë, à la mairie, on gouverne avec des Powerpoint faux
    et inutiles aux concerné•es.

    #campements #PS

  • "Il n’y a rien de moins volontaire qu’un ’retour volontaire’" : des chercheurs dénoncent des politiques d’expulsion déguisée

    Les « #retours_volontaires » de migrants se multiplient ces derniers mois depuis des pays comme la #Tunisie ou la #Libye. Mais ces #rapatriements chapeautés par l’#ONU sont perçus par les chercheurs comme des #expulsions_déguisées, « la seule alternative possible » pour des migrants résignés, victimes de racisme et d’exactions.

    « Il n’y a rien de moins volontaire que les ’retours volontaires », ont décrypté des chercheurs face à la forte hausse de demandes de rapatriement de migrants, « acculés » aux frontières sud de l’Europe.

    « C’est très dur ici. C’est compliqué », confie Mac*, un Guinéen de 24 ans, rencontré il y a quelques semaines par l’AFP lors de l’évacuation de camps de fortune à El Amra, près de #Sfax, dans le centre-est de la Tunisie. Comme de nombreux migrants, las, le jeune homme s’est inscrit auprès de l’#Organisation_internationale_pour_les_migrations (#OIM) pour bénéficier d’un accompagnement afin de rentrer chez lui.

    Développés depuis 1979, les programmes d’#aide_aux_retours_volontaires (#ARV), soutenus par l’OIM n’ont jamais eu autant de succès en Tunisie, Libye ou encore en #Algérie, points de passage pour les migrants originaires d’Afrique subsaharienne qui tentent de rejoindre l’Europe.

    « La seule #alternative possible »

    En 2024, 7 250 migrants présents sur le sol tunisien, principalement originaires de Gambie, Burkina Faso et Guinée ont bénéficié de l’ARV, soit une augmentation de 1 000 % entre 2018 et 2024. En Algérie, ils étaient 7 834 (+ 600% sur la même période 2018/2024) et 16 207 en Libye (+ 65%) à être retournés dans leur pays par le biais de l’ARV, selon l’OIM. Outre le voyage, certaines de ces personnes en situation illégale peuvent bénéficier d’une aide financière pour se réinstaller dans leur pays.

    « Il n’y a rien de moins volontaire, que les ’retours volontaires », alerte Jean-Pierre Cassarino, enseignant chercheur au Collège d’Europe en Pologne, évoquant des migrants « acculés » et des « expulsions » qui ne disent pas leur nom.

    En Tunisie et en Libye, les #conditions_de_vie sont délétères pour les Africains subsahariens, victimes de #racisme, d’#exactions, de #kidnapping, d’abandons dans le désert, voire de #meurtres. La plupart peinent à se loger, vivent dans des #campements insalubres, avec un accès limité voire inexistant aux soins. La rédaction d’InfoMigrants a déjà reçu de nombreux témoignages de migrants racontant leur calvaire.

    Ces « retours volontaires » s’inscrivent alors dans un « processus de #vulnérabilité accrue », explique de son côté Ahlam Chemlali, chercheuse en migration à l’Institut danois pour les études internationales (DIIS), interrogée par l’AFP. Leur situation est devenue « de plus en plus précaire et dangereuse » et « pour beaucoup, le programme de ’retour volontaire’ est devenu la seule alternative possible ».

    Selon les textes internationaux, les participants au programme ne doivent pourtant subir « ni pressions physiques ou psychologiques » et avoir accès à des informations « objectives et fiables » sur lesquelles fonder leur décision de partir.

    L’OIM se défend d’expulsions déguisées

    Accusée de prêter main forte aux politiques d’expulsion des migrants, l’OIM s’en défend et assure intervenir seulement une fois qu’une personne a donné son consentement éclairé pour recevoir de l’aide.

    Pour l’agence de l’ONU, « mieux vaut ça que rien et que les migrants risquent leur vie en traversant la mer », décrypte Jean-Pierre Cassarino qui rappelle que l’OIM est financé « rubis sur l’ongle par l’Union européenne ».

    Ces programmes de « retours volontaires » s’inscrivent dans une politique d’#externalisation du contrôle des frontières par l’Union européenne (UE) qui exerce une forte pression sur ces pays tiers, en échange de contreparties, afin qu’ils gèrent la migration en son nom, observent les deux chercheurs.

    A l’été 2023, l’UE et la Tunisie ont conclu un « #partenariat » prévoyant une aide de 105 millions d’euros pour lutter contre l’immigration irrégulière, incluant le financement du « retour volontaire » de 6 000 migrants irréguliers.

    Pourtant, sur le long terme, les « retours volontaires » sont sans effet, expliquent les deux spécialistes. Beaucoup de migrants tentent à nouveau le voyage car ils n’ont pas tous un endroit sûr ou vivre et ont fui des conflits, des persécutions ou des difficultés économiques, pointent-ils.

    « Le désespoir est si fort qu’il vont réessayer », rappelle Jean-Pierre Cassarino.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/64924/il-ny-a-rien-de-moins-volontaire-quun-retour-volontaire--des-chercheur

    #expulsions #inefficacité #efficacité #IOM

  • En #Tunisie, les autorités accélèrent le démantèlement des #camps de migrants près de #Sfax

    En Tunisie, les opérations de #démantèlement de #campements de migrants dans les oliveraies de Sfax, dans le centre-est du pays, s’accélèrent depuis le mois d’avril. Ils seraient entre 20 000 et 30 000 migrants originaires d’Afrique subsaharienne à vivre dans ces campements de fortune, selon les chiffres de la garde nationale. Mais cette stratégie est-elle vraiment efficace et à quel prix humain se fait-elle ? Reportage de nos correspondants Lilia Blaise et Hamdi Tlili.

    https://www.infomigrants.net/fr/post/64878/en-tunisie-les-autorites-accelerent-le-demantelement-des-camps-de-migr
    #encampement #destruction #migrations #réfugiés #migrants_sub-sahariens

  • Démantèlement de camps en Tunisie : « Les pays européens doivent financièrement aider au retour des migrants dans leur pays » - InfoMigrants
    https://www.infomigrants.net/fr/post/64109/demantelement-de-camps-en-tunisie--les-pays-europeens-doivent-financie

    Démantèlement de camps en Tunisie : « Les pays européens doivent financièrement aider au retour des migrants dans leur pays »
    Par Julia Dumont Rana Aldiab Publié le : 22/04/2025
    Depuis le début du mois d’avril, plusieurs campements de migrants installés dans les oliveraies autour de la ville de Sfax sont évacués par la Garde nationale tunisienne. Le député de Sfax Tarak Mahdi a assisté à certains de ces démantèlements. Proche du président Saïed, il dément les accusations de violences imputées aux forces de l’ordre. Et affirme que les exilés n’ont d’autre choix que de retourner dans leur pays d’origine. Entretien.
    InfoMigrants : Quel était le but des évacuations des campements de migrants dans les oliveraies de Sfax ?
    Tarak Mahdi : Le démantèlement des campements a été décidé à la suite de nombreuses plaintes déposées par des propriétaires des terres occupées par des migrants. Ces plaintes concernent des vols dans les maisons et des vols de matériel agricole, des violences, des vols à main armée, et même des viols.La présence des migrants dans les oliveraies a aussi causé des dommages importants aux oliviers. Les propriétaires ont eu du mal à accéder à leurs terres pour effectuer des travaux agricoles ou arroser leurs arbres.Par ailleurs, des gangs ont commencé à se former dans ces camps. Ils attaquent les passants pour leur voler leur téléphone et leur argent en les menaçant avec des machettes et des couteaux.Selon les autorités tunisiennes, quelque 20 000 exilés vivaient dans les campements informels dans les oliveraies de Sfax avant les évacuations. Ces camps ont commencé à se former après que les migrants ont été chassés du centre-ville de Sfax durant l’été 2023.
    Seule une petite partie des oliveraies a été évacuée, par rapport au nombre de terrains occupés par les migrants africains. Il y a plus de 20 camps entre Jebeniana et El Amra. Les propriétaires ont commencé à labourer les terres qu’ils ont récupérées. Ils ont aussi ramassé ce qu’ils pouvaient des arbres qui n’avaient pas été brûlés ou déracinés par les migrants.Les migrants cassaient les branches d’arbres notamment pour avoir du bois et se chauffer. Depuis deux ans, InfoMigrants documente la vie dans ces campements grâce à de nombreux témoignages de migrants et d’associatifs. Les habitants y manquent de tout, la situation humanitaire y est extrêmement alarmante. Le manque d’eau potable et de nourriture, les maladies ont déjà provoqué des morts parmi la population migrante.
    IM : Que sont devenus les exilés évacués des campements des oliveraies ? Est-ce qu’une solution d’hébergement a été prévue ?
    TM : Parmi les migrants expulsés, plusieurs centaines ont demandé le « retour volontaire ». Des bus les ont conduits dans des hébergements temporaires [dans l’attente de leur départ, ndlr].
    Il faut maintenant que les organisations responsables fassent leur travail dans les plus brefs délais et que les pays de l’Union européenne (UE) contribuent au financement du retour des personnes dans leurs pays. Cela nécessite plus que les 20 millions d’euros répartis entre trois pays maghrébins.L’Italie a annoncé, début avril, le versement d’une allocation de 20 millions d’euros pour financer le « retour volontaire » vers les pays d’origine des migrants en situation irrégulière présents en Tunisie, en Libye et en Algérie. Cette somme s’ajoute aux montants prévus dans l’accord signé en juillet 2023 entre l’Union européenne et la Tunisie : 150 millions d’euros « pour favoriser la relance de l’économie à travers l’amélioration de la gestion des finances publiques et du climat des affaires et investissements », ainsi que 105 millions d’euros pour lutter contre l’immigration irrégulière.Les milliers de migrants restants se sont répartis dans les autres camps. Les membres de la Chambre des représentants du peuple [Assemblée, ndlr] ont proposé qu’ils soient regroupés dans des camps loin des villes et des villages, et qu’ils soient placés sous la protection de la sécurité tunisienne jusqu’à ce qu’ils retournent dans leurs pays.Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES) confirme à InfoMigrants que seules les personnes dont le dossier de « retour volontaire » était prêt ont été emmenées vers des centres d’hébergement de l’Organisation internationale des migrations (OIM). Les autres se sont dispersés ou ont rejoint d’autres campements. « Des personnes qui ont manifesté contre ces expulsions ont aussi été envoyées en prison », affirme l’association à InfoMigrants.
    Fin mars, le président tunisien Kaïs Saïed a appelé l’OIM à intensifier ses efforts pour assurer les « retours volontaires » des personnes subsahariennes en situation irrégulière vers leurs pays d’origine. Près de 1 500 exilés ont été rapatriés depuis le début de l’année, selon la présidence tunisienne. En 2024, 7 250 migrants originaires d’Afrique subsaharienne ont bénéficié de ce programme, contre un peu plus de 2 250 en 2023. Face au climat anti-migrants en Tunisie, de plus en plus d’exilés souhaitent en bénéficier. Mais les rapatriements dépendent de la reconnaissance des personnes par leur pays d’origine et les démarches peuvent être longues.
    Ces prises en charge doivent être payés par l’Union européenne (UE) et les Nations unies. Nous ne pouvons supporter les coûts de leur protection, de leur hébergement et de toutes leurs fournitures nécessaires à leur quotidien. Les sommes fournies à la Tunisie ne couvrent même pas le coût des unités de sécurité qui protègent les migrants et les citoyens tunisiens.
    IM : Des migrants nous ont affirmé que des personnes avaient été envoyées en bus dans des zones désertiques aux frontières de la Tunisie lors de ces évacuations. Confirmez-vous ces informations ?
    TM : Non, il n’y a pas de bus qui ont emmené les migrants dans le désert dans les zones frontalières. Depuis l’été 2023, de nombreux migrants contactés par infoMigrants accusent les autorités tunisiennes de les rafler dans les villes tunisiennes et de les expulser dans le désert à la frontière libyenne ou algérienne. L’ONU et de nombreuses ONG ont dénoncé la situation. En vain. Ces abandons dans le désert ont toujours cours, selon les exilés.
    IM : Dans des groupes de discussions Whatsapp entre exilés, des personnes évoquent des morts pendant ces évacuations. Pouvez-vous confirmer cette information ?
    TM : Il n’y a eu ni mort, ni blessé parmi les migrants africains lors de l’intervention des forces de sécurité tunisiennes. Aucune grenade lacrymogène n’a été tirée. La protection civile, le Croissant-Rouge et le ministère de la Santé ont sécurisé tous les migrants et ont vérifié qu’il n’y avait pas d’enfants, de femmes ou de personnes blessées dans les tentes avant de les évacuer. Le groupe de défense des droits des migrants Refugees in Tunisia a affirmé sur X le 19 avril dernier qu’un nourrisson de trois mois était mort brûlé dans l’incendie de l’abri de plastique où il se trouvait. Sur sa page Facebook, la Garde nationale tunisienne a démenti et assuré que l’enfant est vivant. Il avait été laissé seul dans la cabane et a été pris en charge par les autorités le temps de retrouver sa mère, selon la Garde nationale.

    #Covid-19#migrant#migration#tunisie#retour#rapatriement#sfax#campement#migrationirreguliere#UE#sante#droit

  • Expulsion à la Gaîté Lyrique : État fasciste, mairie complice

    Communiqué du Collectif des Jeunes du Parc de Belleville :

    https://laparoleerrante.org/expulsion-de-la-gaite-lyrique-etat-fasciste-mairie-complice

    Hier soir, quelques heures après la parution de l’arrêté d’expulsion de la Gaîté Lyrique, nous nous sommes rassemblés massivement. Toute la nuit, des centaines de personnes se sont mobilisées en résistance aux côtés du Collectif des Jeunes du Parc de Belleville, pour exiger un toit pour tous.tes les occupant.es.

    Rien dans cette opération ne s’est déroulé dans le respect du droit et des personnes présentes. Moins de 24h se sont écoulées entre la publication de l’arrêté et le début de l’expulsion, l’opération devait commencer à 6h, les policiers nous ont chargé.es dès 5h40. Après cette première charge, nous avons attendu des heures dans le froid, nassé.es, sans pouvoir soigner les blessé.es. Nous avons ensuite été gazé.es, matraqué.es, interpellé.es arbitrairement et pourchassé.es dans les rues et bouches de métro.

    Aujourd’hui, nous avons subi le déploiement total du racisme dans l’indifférence de la plus grande Mairie française dite de gauche :

    - racisme d’un gouvernement qui déploie un dispositif quasi-militaire pour évacuer des jeunes déjà sortis du bâtiment occupé,

    - racisme des médias et des fascistes qui chaque jour nous ont harcelé et provoqué,

    - racisme de la police qui a séparé les « associatifs » des « migrants » pour procéder aux contrôles d’identités, nous a traqué et interpellé jusque dans les cafés adjacents

    - racisme d’un système qui refuse de nous intégrer alors que nous demandons juste à vivre, étudier, travailler, être considéré.es comme égaux et égales.

    En un an, nous avons observé la lâcheté de la Mairie de Paris : alors que nous occupions la Maison des Métallos pour revendiquer un toit, la Mairie disait que nous devions cesser d’investir leurs bâtiments et engager un vrai rapport de force avec l’État. Ces trois derniers mois à la Gaité, nous avons visibilisé notre combat et renforcé notre réseau de solidarité. Nous avons laissé l’opportunité à la Mairie de se battre à nos côtés pour nos droits. Elle ne l’a pas fait et pire encore : ce matin, Mme Hidalgo a préféré intervenir sur la matinale de France Inter, estimant qu’à « ce stade, c’est ce qu’il fallait faire », en parlant de l’expulsion brutale sans solution que nous venions de vivre. La Maire de Paris a menti en direct en affirmant qu’il y avait des propositions d’hébergement à Paris, c’est faux : un seul bus a été déployé, direction Rouen, pour une durée de trois semaines. La honte !

    Ce soir, tout le monde se demande où nous allons dormir, nous les 450 jeunes expulsé.es, parce que même dans la rue, nous sommes traqué.es sans pouvoir nous déplacer librement, encore moins poser une tente. Des dizaines de personnes sont blessées, tout le monde est traumatisé. En tout, on dénombre une grosse cinquantaine d’interpellations. Six de nos camarades en recours de minorité ont été libérés avec des OQTF. Une dizaine de jeunes sont toujours en garde à vue aux commissariats du 18ème et 12ème, risquant un transfert en CRA.

    Nous n’avons jamais vécu une telle situation en plein Paris. Que tout le monde prenne conscience de ce qui se joue autour de notre lutte : il ne s’agit pas seulement du droit à l’hébergement pour les mineur.es isolé.es, mais bien d’une bataille contre l’extrême-droite et son monde.

    Ce samedi 22 mars, à l’occasion de la marche internationale contre le racisme, rejoignez notre cortège.

    Paris, le 18 mars 2025

  • “Loger les DALOS” – Au pied du ministère, un #campement pour le #droit_au_logement !
    https://radioparleur.net/2024/12/10/loger-les-dalos-au-pied-du-ministere-un-campement-pour-le-droit-au-log

    Depuis le 26 novembre, le #DAL (Droit au #logement) a posé son campement au pied du #ministère_du_logement et de la Rénovation urbaine, sous les bureaux de la nouvelle ministre éphémère Valérie Létard, nommée par le gouvernement Barnier aujourd’hui démissionnaire. Les banderoles jaunes aux couleurs du collectif interpellent au loin : « 1 toit […] L’article “Loger les DALOS” – Au pied du ministère, un campement pour le droit au logement ! est apparu en premier sur Radio Parleur.

    #Au_fil_des_luttes #Carousel_1 #Non_classé #Toujours_en_lutte #au_fil_des_luttes #hébergement #lutte_sociale #mobilisation #paris #propriété #squat

  • Les expulsions de campements, bidonvilles et squats en forte hausse, selon les associations
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2024/12/05/les-expulsions-de-campements-bidonvilles-et-squats-en-forte-hausse-selon-les

    Les expulsions de campements, bidonvilles et squats en forte hausse, selon les associations
    Par Claire Ané
    Dans son sixième rapport annuel, l’Observatoire des expulsions des lieux de vie informels fait état d’« une nette augmentation » des évictions de personnes qui vivent dans des campements, des bidonvilles, des squats, ou encore dans un véhicule ou sur un simple matelas. Et cette hausse « traduit une politique d’expulsions systématique », ajoute l’organisme fondé par huit associations, dont la Fondation Abbé Pierre, Médecins du monde et la Ligue des droits de l’homme.
    Près de 1 500 expulsions ont été dénombrées entre le 1er novembre 2023 et le 31 octobre 2024, en hausse de 34 % en un an, annonce la coordinatrice de l’observatoire, Célia Mougel, qui précise que « ce bilan, s’il est de mieux en mieux documenté, reste en deçà de la réalité, de nombreuses évictions passant sous les radars ». Comme les années précédentes, la majorité a eu lieu dans quatre communes du littoral du Nord et du Pas-de-Calais, point de départ des migrants qui tentent de gagner le Royaume-Uni : Calais, Dunkerque, Marck et Loon-Plage. Mais l’écart se resserre avec le reste de la métropole, où 608 évictions ont été décomptées, en hausse de 60 % en un an et de 400 % en quatre ans.
    Plus de 100 000 personnes ont été contraintes de quitter leur lieu de vie – parmi elles, certaines ont été décomptées plusieurs fois, parce qu’elles subissaient des évictions répétées. « Leurs droits sont bien trop souvent bafoués », ajoute Célia Mougel : une décision de justice, susceptible d’accorder des délais, ne survient que dans 13 % des cas. Les décisions administratives, permettant une éviction rapide en cas d’urgence, sont devenues plus fréquentes.
    88 % des personnes délogées sont renvoyées à l’errance
    Surtout, 68 % des expulsions s’effectuent sans fondement légal, un taux qui monte à 98 % sur le littoral du Nord et du Pas-de-Calais. Une fois délogées, 88 % des personnes concernées sont renvoyées à l’errance. Seulement 11 % se voient proposer une mise à l’abri temporaire, et 0,65 % « un relogement digne, pérenne et adapté ».
    Le rapport décrit ensuite les effets de ces expulsions sur la santé. « Les personnes sans domicile ont une espérance de vie en moyenne de 30 ans inférieure à la population générale », rappelle le président de Médecins du monde, Jean-François Corty, avant de citer une étude menée en Nouvelle-Aquitaine : « Plus les conditions d’habitat sont précaires et illégales et plus le risque de maladie chronique et de dépression sévère est élevé. »
    Les expulsions aggravent la situation, renvoyant les personnes plus loin des services de santé, et engendrant des ruptures dans le suivi. Il cite l’exemple d’une expulsion qui avait empêché de procéder à une deuxième injection de vaccin alors qu’une épidémie de rougeole sévissait. Selon le délégué général de l’Association nationale des gens du voyage citoyens, William Acker, les évictions successives ont une autre conséquence néfaste pour la santé : « Les personnes sont contraintes de se réfugier dans les interstices laissés libres en raison des nuisances : au plus près d’usines Seveso, sur des terrains aux sols pollués qui peuvent causer du saturnisme… »
    « Les mauvaises pratiques perdurent d’année en année, et pèsent de plus en plus sur les personnes qui en sont victimes. L’instruction du 25 janvier 2018 visant à résorber les campements et bidonvilles marquait une volonté politique, mais elle est loin d’avoir été suivie d’effets », regrette Célia Mougel. « Faute d’avoir réussi à convaincre les ministres du logement successifs, nous demandons aujourd’hui la mise en place d’une commission parlementaire pour une stratégie de résorption globale, contraignante, et qui ne fasse pas de distinction entre les publics », annonce le directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, Manuel Domergue.

    #Covid-19#migrant#migration#france#expulsion#logement#sante#santementale#campement#bidonville#squat

  • #JO 2024 : des associations dressent le #bilan du « #nettoyage_social », avec 19 500 personnes expulsées

    Au moins 260 #lieux_de_vie_informels ont été évacués en #Ile-de-France entre avril 2023 et septembre 2024, selon un bilan dressé ce lundi 4 novembre par le collectif associatif Le Revers de la médaille.

    La pauvreté invisibilisée. Dans un #rapport publié ce lundi 4 novembre, le collectif Le Revers de la médaille dresse le bilan du « nettoyage social » organisé pour les Jeux olympiques de Paris (https://lereversdelamedaille.fr). Entre le 26 avril 2023 et le 30 septembre 2024, ce sont en effet 260 #lieux_informels (#campements, #bidonvilles, #squats…) qui ont été évacués en région parisienne. Sur cette même période, au moins 19 526 personnes ont été expulsées de leur lieu de vie, soit une augmentation de 33 % par rapport à la période 2021-2022 (13 124) et quasi stable par rapport à 2022-2023 (19 777), ajoute ce collectif qui compte une centaine d’associations.

    Le nombre de mineurs expulsés a « particulièrement augmenté » : ils sont au moins 4 550 à avoir été forcés de quitter leur lieu de vie informel, soit trois fois plus que sur la période 2021-2022 (1 527), et près de deux fois plus que sur la période 2022-2023 (2 637).

    « On aura eu une année exceptionnellement excluante pour les personnes les plus fragiles dans la région Ile-de-France », synthétise Paul Alauzy, coordinateur de Médecins du Monde et porte-parole du collectif, qui estime que le « nettoyage social » restera comme une « tache indélébile sur la vitrine » des JO 2024.

    En vue des prochaines éditions des Jeux, les associations préconisent entre autres « la consultation systématique des populations hôtes, l’accès à une information équilibrée, libre et de qualité, l’organisation bien plus en amont des Jeux de consultations ouvertes avec les acteurs de la société civile », suggérant la solution de d’organiser chaque édition des Jeux au même endroit, ce qui pourrait « répondre à de nombreux problèmes, qu’il s’agisse du nettoyage social, de la gentrification et des facteurs écologiques ».

    https://www.liberation.fr/societe/jo-2024-des-associations-dressent-le-bilan-du-nettoyage-social-avec-19-50
    #expulsions #jeux_olympiques #Paris #pauvreté #invisibilisation

  • En Californie, la crise des sans-abri s’invite dans la campagne électorale
    https://www.lemonde.fr/international/article/2024/10/01/en-californie-la-crise-des-sans-abri-s-invite-dans-la-campagne-electorale_63


    La maire de Los Angeles, Karen Bass, dans un campement de rue, lors d’une opération de promotion du programme « Inside Safe » offrant le relogement de sans-abri dans des hôtels, à Los Angeles, le 26 septembre 2024. MARIO TAMA / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

    Une décision récente de la Cour suprême octroie désormais le droit aux municipalités de l’ouest du pays de criminaliser les personnes qui dorment dans la rue. Les démantèlements de tentes se multiplient, les démocrates souhaitant prouver aux républicains qu’ils savent gérer cette épineuse question.
    Par Corine Lesnes (San Francisco, correspondante)

    Un tournant dans la crise des #sans-abri ? Depuis que la Cour suprême a décidé fin juin qu’il n’existait aucun droit constitutionnel à dormir dans la rue, les municipalités de l’Ouest américain commencent à démanteler les #campements, et notamment en #Californie, l’Etat qui compte quelque 186 000 homeless, soit un tiers des personnes sans logement aux Etats-Unis.

    Le 28 juin, la Cour suprême a renversé une jurisprudence de 2019 qui interdisait aux villes de criminaliser le fait de dormir dans un lieu public si elles n’étaient pas en mesure de proposer un hébergement aux sans-abri – ceci au nom du 8e amendement de la Constitution qui prohibe les châtiments « cruels et inhabituels ».

    La Cour a estimé que le 8e amendement ne s’appliquait pas à la situation des #homeless. Une décision majeure qui permet de nouveau aux municipalités d’imposer des #amendes voire des peines de #prison aux sans-abri, même si aucune solution d’hébergement n’est disponible.

    (...) En période électorale, les élus ne peuvent ignorer que le spectacle des homeless prostrés sur les trottoirs est un crève-cœur de plus en plus intolérable pour leurs concitoyens.

    https://justpaste.it/cf8dv

    #logement #droit_au_logement

  • Chiusi dentro. Dall’alto.
    I campi di confinamento dei migranti nell’Europa del XXI secolo.

    Che aspetto hanno i campi di confinamento costruiti o finanziati dai Paesi dell’Unione europea in questi anni per segregare i richiedenti asilo e/o i migranti in transito e come hanno stravolto i territori nei quali sono stati realizzati? Grazie al libro “Chiusi dentro” curato da RiVolti ai Balcani ed edito da Altreconomia nel 2024 è nato il progetto digitale “Chiusi dentro. Dall’alto”, che con le immagini satellitari esclusive eseguite da PlaceMarks mostra il volto delle politiche europee: per bloccare, respingere, confinare, condannare alla marginalizzazione.

    Dalla Turchia alla Grecia, dalla Serbia all’Italia, dall’Albania alla Bosnia ed Erzegovina, passando per Lituania, Macedonia del Nord, Ungheria e ancora. Quindici Paesi, oltre 100 tra immagini e mappe per conoscere e far conoscere i campi dell’Europa di oggi.

    https://altreconomia.it/chiusi-dentro-alto-progetto
    #images_satellitaires #visualisation #détention_administrative #rétention #campements #Europe #encampement #migrations #réfugiés #Europe #marginalisation #images

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