city:dacca

  • Battues, torturées, violées… les domestiques bangladaises fuient le cauchemar saoudien | Middle East Eye

    https://www.middleeasteye.net/fr/reportages/battues-tortur-es-viol-es-les-domestiques-bangladaises-fuient-le-cauc

    DACCA – Une foule attend à l’extérieur du terminal des arrivées de l’aéroport international Shah Jalal tandis que des dizaines de chauffeurs de taxi font la queue en attendant des clients.

    Alors que les passagers quittent le hall des arrivées transportant des TV à écran plat ou d’énormes paquets recouverts de film plastique, une cohorte de mendiants cherche à attirer l’attention des passants.

    Un groupe de femmes apparaît dans ce flux humain ininterrompu. Vêtues d’habits colorés, elles tirent leurs valises et cherchent leurs proches.

    Parmi elles, Khaleda Akhter, 28 ans, vient de passer plusieurs mois dans un refuge tenu par des Bangladais en Arabie saoudite et souhaite désespérément voir ses deux enfants. Tenant un exemplaire du Coran contre sa poitrine, elle cherche la sortie du hall des arrivées et se dirige vers les doubles portes. Au départ, ses pas sont lents et réguliers : elle mesure ce qui a changé depuis qu’elle a quitté le #Bangladesh, il y a un an.

    #arabie_saoudite

  • Rana Plaza : des associations interpellent le quai d’Orsay après leur plainte contre Auchan
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/rana-plaza-associations-interpellent-quai-orsay-apres-l

    Cinq ans après la catastrophe du Rana Plaza au Bangladesh, trois associations ont interpellé mardi le Quai d’Orsay lui réclamant des informations sur l’avancée de l’enquête après le dépôt de leur plainte contre Auchan pour « pratiques commerciales trompeuses ».

    Le 10 juin 2015, les associations Sherpa, Peuples Solidaires et Collectif Ethique sur l’étiquette ont déposé une plainte devant le tribunal de grande instance de #Lille contre ce géant de la distribution.
    https://france3-regions.francetvinfo.fr/hauts-de-france/2014/04/24/plainte-contre-auchan-apres-la-catastrophe-du-rana-plaz

    « Le juge d’instruction en charge du dossier a envoyé une commission rogatoire internationale demandant une enquête sur place, qui devait être transmise par la voie diplomatique au Bangladesh », ont affirmé ces associations dans un communiqué.

    « La France doit donner l’exemple »
    Mais « cette volonté du juge d’avancer dans le dossier semble être bloquée au niveau du Ministère des affaires étrangères », ont-elles avancé. Toutefois, selon le Quai d’Orsay, « les autorités françaises coopèrent activement avec les autorités judiciaires et procèdent notamment aux transmissions requises par le magistrat instructeur » afin de « contribuer à la manifestation de la vérité après cet épouvantable drame ».

    « La France doit donner l’exemple dans la lutte contre l’impunité des #multinationales, et soutenir la justice dans la recherche de la vérité », _ ont estimé les associations. Ces mêmes organisations avaient déjà déposé une plainte en avril 2014, qui a donné lieu à une enquête préliminaire, mais le dossier avait été classé sans suite en janvier 2015. Elles ont donc décider de se constituer partie civile afin de porter l’affaire devant un juge d’instruction.

    L’effondrement du #Rana_Plaza, un immeuble abritant des ateliers de confection, situé à Dacca, au #Bangladesh, avait provoqué la mort de 1.138 ouvriers textiles et blessé plus de 2.000 autres en 2013. Cette catastrophe avait mis en lumière les conditions de sécurité déplorables dans les ateliers.

    Après la tragédie, ONG et syndicats avaient dénoncé l’attitude de 29 chaînes de distribution, dont #Auchan, soupçonnées d’avoir sous-traité leur production à un moment ou à un autre au Rana Plaza.

    #mulliez

  • L’athéisme, ce tabou du monde musulman

    http://www.lemonde.fr/idees/article/2017/12/20/l-atheisme-ce-tabou-du-monde-musulman_5232132_3232.html

    Du Maghreb au Pakistan, en passant par l’Arabie saoudite, les athées sont de plus en plus nombreux. Enquête sur cet athéisme qui dérange et effraie le monde musulman.

    Bahous aimerait bien ne plus entendre parler de l’islam. Et même ne plus en parler du tout. Mais quoi qu’il fasse, quoi qu’il dise, cet homme de 33 ans, vendeur à Voiron (Isère), y est toujours ramené.

    Son athéisme intrigue, ou dérange, c’est selon. Lorsque l’on est issu, comme lui, d’une famille et d’une culture musulmanes, le fait de ne pas croire en Dieu – et, surtout, de le dire – ouvre la voie à une vie d’incompréhensions, de renoncements, de ruptures. « Je subis un double regard, explique Bahous. Pour les gens, de par mon apparence, mon nom, la couleur de ma peau, je suis de facto musulman. On ne peut pas concevoir que je sois juste Français. Mais, pour ma famille, je suis le vilain petit canard. Ils me considèrent comme un “francisé” : être athée, c’est trahir ses origines, comme si être musulman était une origine. Du coup, je me sens obligé de toujours me justifier, sur tous les fronts. »

    Bahous avait écrit au Monde en février, en répondant à un appel à témoignages sur les musulmans ayant perdu la foi. Quand nous l’avons à nouveau sollicité, en novembre, rien n’avait changé pour lui : il avait toujours le sentiment de vivre dans cet « étrange entre-deux », où il se sent contraint de préciser sans cesse qu’il n’est « ni islamophobe ni islamophile ».

    Le comble pour un athée : « Après les attentats, on m’a demandé de me désolidariser… » Sa famille, elle, en particulier son frère aîné, n’a jamais accepté son renoncement à l’islam. Depuis, les deux hommes ne se fréquentent plus. Bahous peut cependant s’estimer chanceux : sa mère, auprès de laquelle il s’est ouvert de ses doutes sur l’existence de Dieu dès l’adolescence, n’approuve pas ce choix mais le tolère.

    « Dans certaines familles, annoncer son athéisme peut être encore plus compliqué qu’annoncer son homosexualité », affirme le sociologue Houssame Bentabet, qui travaille depuis 2014 sur une thèse consacrée au reniement de la foi chez les musulmans de France. Un sujet jamais étudié de manière systématique, et dont on sait finalement encore peu de chose, tant ces athées savent se faire discrets, dans un contexte où, en France tout du moins, le conflit entre « islamo-gauchistes », considérés comme trop tolérants envers l’islam politique, et « islamophobes », accusés de « faire la guerre aux musulmans », monopolise les débats.

    Persécutions, agressions et assassinats

    La discrétion s’impose encore davantage dans les pays à majorité musulmane, où ce renoncement, s’il est public, suscite des réactions beaucoup plus violentes : brimades, persécutions, agressions, voire assassinats. L’athéisme n’y est tout simplement pas concevable.

    Même s’il n’existe pas, en arabe, de mot spécifique pour dire l’athéisme (les termes utilisés – mulhid, murtad ou kafir – évoquent davantage l’hérésie ou l’apostasie et ont une connotation péjorative), l’athée est parfois vu comme plus dangereux, encore, que le terroriste islamiste.

    « Si vous êtes Libanais, vous pouvez appartenir, dans la loi, à dix-huit communautés différentes. Si vous êtes Egyptien, vous pouvez être musulman, chrétien ou juif, précise l’historien des religions Dominique Avon. Le droit est appliqué à des groupes, et pas à des individus ; il est d’abord communautaire. Or un athée n’entre dans aucune catégorie prévue dans le droit musulman. Sinon celle de l’apostasie. »

    Ce phénomène n’est pas nouveau dans le monde islamique. « Il y a toujours eu des intellectuels, des écrivains, des universitaires qui ont pu dire ponctuellement qu’ils ne croyaient pas en Dieu », poursuit Dominique Avon. Ainsi, l’écrivain égyptien Ismaïl Adham (1911-1940) fit scandale au début des années 1930 en mettant en doute l’authenticité des hadiths (paroles attribuées au prophète Mahomet) et en publiant Pourquoi je suis athée.

    Citons aussi l’écrivain saoudien Abdullah Al-Qasimi (1907-1996), qui nia l’existence de Dieu et survécut à deux tentatives d’assassinat. Plus récemment, Salman Rushdie ou Taslima Nasreen ont été persécutés à la suite de leurs écrits jugés blasphématoires. « Mais ce qui est nouveau, poursuit l’historien, ce sont que des jeunes qui ne sont pas forcément passés par l’université déclarent publiquement, par le biais des réseaux sociaux, qu’ils sont athées. »

    Avec l’avènement d’Internet, le phénomène prend de plus en plus d’ampleur. Mais en rendant ainsi public leur renoncement à l’islam, ces athées s’exposent à de grands risques. Waleed Al-Husseini avait 21 ans en 2010 lorsqu’il a été arrêté dans sa ville natale de Qalqilya, en Cisjordanie. Son seul crime : se déclarer athée sur son blog au lieu de garder ce secret pour lui. Un « affront à l’encontre du sentiment religieux », selon un tribunal palestinien. Après dix mois d’emprisonnement, pendant lesquels il raconte avoir été torturé, il a finalement pu partir à Paris, où il a obtenu le statut de réfugié et où il a fondé la branche française du Conseil des ex-musulmans, en 2013.

    « Pas de faute plus grave »

    Pourquoi se définir comme « ex-musulman », alors que l’idée est précisément de se démarquer de la religion ? « Une fois qu’on arrêtera de vouloir me tuer, je pourrai cesser de me définir ainsi, explique Maryam Namazie. Je ne veux plus rien avoir à faire avec l’islam. Mais, aujourd’hui, force est de constater qu’il envahit encore ma vie. » Installée à Londres depuis 1979, cette Iranienne dérange par sa verve et son discours sans concession contre l’islam politique. En 2007, elle a eu l’idée de fédérer ceux qui, comme elle, ont renoncé à l’islam, au sein d’une association, le Conseil des ex-musulmans de Grande-Bretagne.

    Depuis 2014, elle a organisé quatre conférences à Londres sur la liberté de conscience et d’expression. La dernière, les 22 et 23 juillet, était d’une ampleur inégalée : quelque 70 participants venus de trente pays se sont retrouvés dans une luxueuse salle de conférence de Covent Garden – un lieu tenu secret jusqu’au dernier moment par peur des agressions.

    Tour à tour, des athées du Maroc, du Liban, de Turquie, de Jordanie, du Pakistan… ont raconté à la tribune leur vécu fait de brimades, de persécutions et, souvent, d’exil, clamé leur absence de foi, défendu la laïcité, débattu et blasphémé sans crainte de représailles. « C’était le plus grand rassemblement d’ex-musulmans dans l’histoire », se félicite Maryam Namazie.

    Combien sont-ils, ces athées condamnés à se cacher pour ne pas être persécutés ? Difficile d’établir un chiffre. Mais, d’après un sondage international WIN/Gallup sur la religiosité et l’athéisme datant de 2012, 5 % des personnes interrogées en Arabie saoudite se déclaraient athées. La même proportion… qu’aux Etats-Unis ! Dans le monde arabe en général, 77 % des sondés se sont dits « religieux », 18 % « non religieux » et 2 % « athées », contre respectivement 84 %, 13 % et 2 % en Amérique latine, région majoritairement catholique.

    « Les autorités égyptiennes, elles, donnent des chiffres approchant de zéro ; mais si c’est le cas, on se demande bien pourquoi l’athéisme effraye autant la plus haute autorité religieuse du pays, l’université Al-Ahzar, dont un des oulémas a dit qu’il n’y a pas de faute plus grave que d’être athée », souligne l’historien Dominique Avon.

    « C’était asphyxiant »

    Selon le Rapport sur la liberté de conscience publié par l’Union internationale humaniste et éthique, une organisation fondée en 1952 à Amsterdam (Pays-Bas), l’athéisme, considéré comme un blasphème, une offense à la religion ou un trouble à l’ordre public, est pénalisé dans une trentaine de pays musulmans.

    Dans quatorze d’entre eux, comme l’Afghanistan, l’Iran, le Pakistan, le Qatar, l’Arabie saoudite ou encore le Yémen, la peine encourue est la mort, même si la plupart des pays ont renoncé à l’appliquer. Toutefois, la répression se poursuit. Un des cas les plus médiatisés a été celui du blogueur saoudien Raïf Badaoui, condamné en 2013 à mille coups de fouet et dix ans de prison. Malgré une mobilisation internationale demandant sa libération, il croupit toujours dans une cellule pour avoir osé critiquer l’islam.

    S’ils ne sont pas condamnés par les autorités, les ex-musulmans le sont par leurs proches. Imad Iddine Habib peut en témoigner. Ce Marocain de 27 ans, placé dans une école coranique à l’âge de 5 ans, a su très vite qu’il ne croyait pas en Dieu : « Je ne voulais plus aller à la mosquée ; c’était asphyxiant, je trouvais ça stupide. Or, pendant sept ans, c’est tout ce qu’on m’a fait étudier : la religion. A 13 ans, j’ai dit à ma famille que je ne croyais pas en Dieu. Elle m’a renié et je suis parti. » Pendant des années, il a vécu à la merci de « toute une économie qui, au Maroc, profite des enfants des rues », raconte-t-il sobrement.

    Aujourd’hui, Imad est réfugié à Londres. Il a participé à trois des quatre conférences organisées par Maryam Namazie. Il évoque son parcours d’une voix douce ; de longues dreadlocks entourent un visage poupon. Son histoire est pourtant aussi aride que le Sahara occidental dont il est originaire : « Mon propre père, soutenu par des avocats islamistes, a porté plainte contre moi quand j’ai créé le Conseil des ex-musulmans du Maroc. Alors, j’ai fui. »

    Blogs, forums et réseaux sociaux

    Mohamed Alkhadra, un Jordanien de 25 ans qui, adolescent, se disait salafiste et rêvait de « rétablir le califat », a, lui, décidé de cacher son athéisme à sa famille. « Elle serait détruite si elle l’apprenait. Mais ils n’ont pas accès à Internet, donc ils ne sauront pas », se rassure-t-il, alors qu’il attend de prendre la parole à la conférence de Londres. Pour lui, comme pour beaucoup d’autres, le changement est venu de la consultation du Web. « C’était une révélation d’apprendre que je pouvais quitter l’islam. Je ne savais même pas que c’était possible », s’amuse le Marocain Imad Iddine Habib.

    « Internet a permis de mettre les athées du monde musulman en connexion, de leur faire prendre conscience qu’ils ne sont pas seuls, qu’il ne s’agit pas forcément de blasphème que de douter, de se poser des questions », considère le sociologue Houssame Bentabet.

    Blogs, forums, réseaux sociaux… Les témoignages foisonnent, l’athéisme devient militant – et global. En novembre 2015, le Conseil des ex-musulmans de Grande-Bretagne a lancé une campagne sur Twitter avec le mot-clé #ExMuslimBecause (« ex-musulman parce que »). En à peine vingt-quatre heures, 120 000 personnes de 65 pays ont publiquement expliqué pourquoi elles avaient quitté l’islam.

    La réaction des autorités, mais également des islamistes, ne s’est pas fait attendre. Certains prédicateurs n’hésitent pas à appeler à tuer les apostats. Au Bangladesh, ils ont été entendus : au moins six blogueurs et un éditeur ont été assassinés depuis 2015 en raison de leur athéisme. « Grâce à Internet, aux réseaux sociaux, consultables sur les téléphones mobiles, il y a de plus en plus de groupes de militants athées ou défendant la laïcité et la liberté de conscience », assure l’éditeur Ahmedur Rashid Chowdhury, lui-même brutalement attaqué en octobre 2015, et réfugié en Norvège, d’où il répond au téléphone aux questions du Monde. Fondateur du magazine Shuddhashar, il a édité de nombreux blogueurs athées.

    Toujours dans la peur

    Aucun pays à majorité musulmane n’est épargné par le phénomène. En Turquie, pays pourtant autrefois laïc, la situation s’est beaucoup dégradée depuis l’arrivée au pouvoir de Recep Tayyip Erdogan, et en particulier depuis la tentative de coup d’Etat du 15 juillet 2016 : agressions contre des femmes à cause de leur tenue vestimentaire ou contre des personnes ne respectant pas le ramadan, remaniement des programmes scolaires pour y remplacer la théorie de l’évolution de Darwin ou les principes d’Atatürk par des cours de religion et le récit du putsch raté.

    Même la Tunisie, qui fait pourtant figure d’exception dans le monde musulman, est concernée. Des mouvements de « dé-jeûneurs », qui refusent ostensiblement de respecter le ramadan, s’y sont développés, ainsi qu’au Maroc et en Algérie. Mais toujours dans la peur. « On a quand même du mal à dire qu’on est athée en Tunisie aujourd’hui, regrette la réalisatrice Nadia El Fani. J’ai été considérée comme terroriste simplement parce que dans mon film, Ni Allah ni maître, je défendais la laïcité. »

    Dénoncée par trois avocats proches du parti islamiste Ennahda, elle a été accusée en 2011 d’incitation à la haine de la religion et à… l’extrémisme religieux. Menacée de mort, elle s’est installée en France et n’a pu retourner en Tunisie pendant cinq ans, jusqu’au 4 novembre, à l’invitation des Journées cinématographiques de Carthage, pendant lesquelles son film Même pas mal a été projeté. Car, en juin, l’affaire a finalement été classée sans suite. « Les choses bougent », reconnaît-elle. Le 25 octobre, une organisation mentionnant explicitement l’athéisme dans ses statuts, l’Association des libres-penseurs, a été reconnue par les autorités tunisiennes. Une première dans le monde arabo-musulman.

    Les auteurs de violences rarement inquiétés

    D’autres signes témoignent d’un changement en cours dans les sociétés musulmanes. « Au Maroc, en 2016, six membres du Haut Conseil des oulémas, qui avaient pourtant signé quatre ans plus tôt une fatwa dans le sens contraire, ont écrit qu’il n’était plus possible, dans le contexte actuel, d’appliquer la peine de mort aux apostats », souligne Dominique Avon. Cette évolution laisse pourtant de marbre le Marocain Imad Iddine Habib : « Un peu facho, ça reste toujours facho. »

    Quoi qu’il en soit, les auteurs de violences à l’encontre des ex-musulmans sont rarement inquiétés par les autorités. Au Bangladesh, le gouvernement nie que des groupes islamistes inspirés de l’étranger soient actifs dans le pays, et les enquêtes tardent à aboutir, comme en témoigne Rafida Bonya Ahmed. En février 2015, cette Bangladaise marchait dans les rues de Dacca, la capitale, avec son mari, le blogueur Avijit Roy (édité par Ahmedur Rashid Chowdhury), lorsqu’ils ont été agressés à coups de machette. Elle a été gravement blessée. Lui n’y a pas survécu.

    Invitée à la conférence de Londres, cette petite femme déterminée, qui garde des séquelles visibles de son agression, raconte son calvaire d’une voix posée. « Dans certains cas, il y a eu quelques arrestations, mais peu d’assassins ont été jugés, explique-t-elle. En février 2016, les autorités ont dit avoir arrêté notre principal agresseur, mais quelques mois plus tard, alors qu’il était censé être sous surveillance, il a été tué dans une fusillade. » Depuis les Etats-Unis, Rafida Bonya Ahmed vient en aide aux blogueurs et aux écrivains athées persécutés dans son pays. « Après ce qui m’est arrivé, je pourrais être pessimiste et pleine de haine, ajoute-t-elle. Mais je ne le suis pas. Il faut continuer à nous battre pour les droits des athées. »

    Exil en Europe

    Selon les intérêts politiques du moment, les autorités répriment les expressions d’athéisme ou, au contraire, ferment les yeux et laissent faire, parfois sous la pression des pays occidentaux. Pour Rafida Bonya Ahmed, il ne fait aucun doute que le gouvernement bangladais veut s’assurer le vote des islamistes.

    « C’est clairement politique », abonde le sociologue Houssame Bentabet. Comme le pardon accordé par le président égyptien, Abdel Fattah Al-Sissi, alors qu’il effectuait une visite en Allemagne, au chroniqueur de télévision Islam Behery, condamné à un an de prison à la demande de l’université Al-Azhar parce qu’il critiquait certains textes de l’islam. Selon Houssame Bentabet, « cette grâce avait pour but de laisser croire que l’Egypte est du côté des libres-penseurs ». Et si l’Autorité palestinienne a été si intraitable avec Waleed Al-Husseini, dont l’influence de blogueur était pourtant négligeable, c’est certainement qu’elle se devait, à l’époque, de contrer les islamistes du Hamas.

    Alors, beaucoup choisissent l’exil. En Europe, ils se retrouvent dans une situation qu’ils n’auraient jamais imaginée en partant. Persécutés dans le monde arabo-musulman par les islamistes et les autorités, ceux qui ont renoncé à l’islam sont, en Occident, classés dans la catégorie des « islamophobes ».

    Pour les ex-musulmans, dont les positions ne sont pas monolithiques et qui sont traversés par les mêmes débats que le reste de la société – sur le port du voile ou le burkini, par exemple –, la critique de l’islam est aussi nécessaire que l’a été celle du catholicisme au moment de la séparation de l’Eglise et de l’Etat en France, au début du XXe siècle. Mais les déclarations et prises de position à l’emporte-pièce de certains n’aident pas à pacifier le débat.

    Lorsque l’écrivain indien Ibn Warraq soutient que le problème n’est pas simplement l’intégrisme musulman, mais l’islam lui-même, le discours choque. Mais, se défendent-ils, il faut être radical pour critiquer l’islam. « Je dis : “Allons-y, rentrons-leur dedans !” Oui, on a le droit de hurler qu’on est athée, de trouver que les religions, toutes les religions, c’est stupide », s’enflamme la réalisatrice tunisienne Nadia El Fani, qui ajoute : « On n’a jamais vu un athée tuer un religieux. »

    Désenchantement face à l’« islamo-gauchisme »

    Pris dans un discours anti-islam souvent virulent, les ex-musulmans courent le risque de se faire récupérer. Ce que ses détracteurs appellent l’« islamo-gauchisme » – incarné dans le débat français actuel par le site Mediapart et son directeur, Edwy Plenel –, en condamnant toute critique de l’islam, laisse ces athées, souvent jeunes et sans grande expérience du militantisme, à la merci des véritables islamophobes.

    « L’ex-musulman a besoin de confirmer son choix, en permanence, analyse Houssame Bentabet. Il a ce besoin de cohabiter avec ce passé de musulman, de dire : “C’est ce que je ne veux plus être.” Et, dans cette reconstruction, il se peut qu’il y ait certaines récupérations, car il y a plus de chances d’être récupéré quand on doit refaire sa vie à 22 ou 23 ans. »

    C’est, très exactement, ce qu’a vécu Waleed Al-Husseini à son arrivée en France, après avoir passé dix mois dans les geôles palestiniennes. « Pour lui, cette torture, c’est l’islam, souligne Houssame Bentabet. C’est l’islam qui l’a empêché d’être libre dans sa pensée. »

    Le jeune homme, qui ne mâche pas ses mots, n’hésite donc pas à qualifier l’islam de « religion de terreur ». Immédiatement relayé par le site islamophobe Riposte laïque, Waleed Al-Husseini, qui a écrit dans Une trahison française (Ring, 300 pages, 18 euros) son désenchantement face à la frilosité d’une certaine gauche vis-à-vis de l’islamisme, ne se défend pas de cette proximité. « Ce sont les seuls à me soutenir ! », se justifie-t-il, plein d’amertume.

    « Les ex-musulmans tiennent sur l’islam un discours que d’autres n’osent pas tenir par peur d’être politiquement incorrects. Quelle hypocrisie !, s’emporte l’écrivain indien Ibn Warraq, signataire, aux côtés de l’essayiste française Caroline Fourest, de Maryam Namazie, de Taslima Nasreen ou encore de Salman Rushdie, du « Manifeste des douze », un appel à la lutte contre l’islamisme publié par Charlie Hebdo le 1er mars 2006. Les gens ont vite oublié ce qu’est “être Charlie” : c’est avoir le droit de critiquer l’islam, et même de s’en moquer. »

    Récupération par l’extrême droite

    Au cours de la conférence de Londres, il n’y a pas eu de mots assez durs contre cette gauche qui, selon bien des intervenants, laisse la critique de l’islam aux xénophobes, ce qui lui vaut d’être perçue par certains comme lâche, voire traître et irresponsable.

    Des victimes d’agressions ou de tentatives d’assassinat de la part des islamistes ne comprennent pas d’être assimilés à l’extrême droite. « Quelles sont vos priorités ? Pendant que nous mourons, vous parlez d’islamophobie ! », tempêtait alors à la tribune le jeune Jordanien Mohamed Alkhadra, applaudi à tout rompre.

    L’extrême droite, elle, ne s’embarrasse pas de précautions. Le Turc Cemal Knudsen Yucel raconte comment, après avoir fondé le Conseil des ex-musulmans de Norvège, où il réside depuis 2005, aucune personnalité politique ne l’a contacté. A part, bien sûr, l’extrême droite, qui a su adapter son discours et n’attaque plus frontalement les immigrés, mais s’en prend à l’islam – une stratégie également à l’œuvre en France, au Front national.

    Cemal n’y voit que du feu : « L’extrême droite n’est plus raciste en Norvège, assure-t-il, plein de candeur. Même le blogueur Fjordman, celui qui a inspiré Anders Behring Breivik [le terroriste néonazi responsable des attentats à Oslo et sur l’île d’Utoya, qui avaient fait 77 morts en juillet 2011], a changé. Il nous soutient, nous, les immigrés, il ne peut donc pas être raciste ! » Même discours chez Waleed Al-Husseini, qui nie partager les idées de l’extrême droite. « Les racistes, de toute façon, n’aiment pas les Arabes comme moi, dit-il. Si j’étais en Arabie saoudite, j’aurais une fatwa contre moi. Ici, dans le monde moderne, on me traite juste d’islamophobe. »

    Si les plus jeunes se laissent berner, leurs aînés ne cautionnent pas ces dangereux rapprochements. « On ne peut pas se compromettre avec Riposte laïque, martèle Nadia El Fani. Mais critiquer l’islam, exiger la laïcité comme nous le faisons, ce n’est pas être islamophobe. En revanche, ne pas prendre en considération la possibilité de la modernité dans les pays musulmans, ça, c’est du vrai racisme antimusulman. »

    La laïcité, celle dont jouissent la plupart des pays occidentaux, voilà, au final, le seul combat de ces militants pour l’instant inaudibles.

  • Les soldats birmans pratiquent « systématiquement » des viols collectifs de Rohingyas, selon l’ONU | Courrier international
    https://www.courrierinternational.com/depeche/les-soldats-birmans-pratiquent-systematiquement-des-viols-col

    Les #forces_armées birmanes pratiquent « systématiquement » des #viols_collectifs de #femmes #Rohingyas, a déclaré dimanche une représentante spéciale de l’ONU qui a recueilli des témoignages dans le sud-est du Bangladesh où sont réfugiés des centaines de milliers de membres de cette minorité musulmane.

    Pramila Patten, représentante spéciale du secrétaire général de l’ONU chargée d’enquêter sur la violence sexuelle dont sont victimes les femmes Rohingyas, a visité le district de Cox Bazar où ont trouvé refuge quelque 610.000 Rohingyas au cours des dix dernières semaines.

    Beaucoup de ces atrocités, « orchestrées » par les forces armées birmanes, « pourraient être des #crimes_contre_l'humanité », a-t-elle déclaré à la presse à Dacca.

    « J’ai entendu d’horribles récits de viols et de viols collectifs, de nombreuses femmes et #filles étant mortes à la suite du #viol », a-t-elle ajouté.

    #Birmanie

  • La loi sur les multinationales amputée de ses sanctions

    Ce texte déposé par le groupe socialiste de l’Assemblée, soutenu par de nombreuses ONG, avait mis fin à un marathon législatif de près de cinq ans. Emmanuel #Macron, alors ministre de l’Economie, s’y était opposé mais Michel Sapin avait ensuite donné son feu vert après sa réécriture.

    Les groupes Les Républicains (LR) et UDI de l’Assemblée et du Sénat avaient saisi le Conseil constitutionnel estimant, comme le Medef, que cette loi allait « nuire à la compétitivité » des entreprises françaises et à « l’attractivité de la France ».

    Le texte a pour objet de tirer les enseignements de l’effondrement en 2013 de l’immeuble #Rana_Plaza à #Dacca (Bangladesh) qui avait fait 1.135 victimes, des ouvriers de firmes textiles travaillant pour des donneurs d’ordres étrangers, notamment de grandes marques occidentales.

    #textile #multinationale #travail #compétitivité #medef

    https://www.mediapart.fr/journal/france/230317/la-loi-sur-les-multinationales-amputee-de-ses-sanctions

  • #Bangladesh : la mangrove en péril - Libération
    http://www.liberation.fr/planete/2016/11/27/bangladesh-la-mangrove-en-peril_1531232

    La révolte contre le projet de #centrale_à_charbon de Rampal ne cesse de croître depuis trois ans. Et ce samedi, elle a atteint son apogée : plusieurs milliers de personnes, venues de tout le pays, ont manifesté dans le centre de #Dacca et appelé à une grève générale pour sauver la plus grande #mangrove du monde.

    Cette usine, d’une capacité de production de 1320MW d’#électricité, doit en effet être installée à 14 km de la frontière de la réserve des Sundarbans, poumon écologique de ce pays surpeuplé et foyer d’espèces menacées, telles que le tigre du Bengale ou le dauphin de l’Irrawaddy. Ce fragile #écosystème, classé au patrimoine mondial de l’humanité, pourrait être ravagé par les fumées toxiques et l’important trafic des bateaux de ravitaillement.

    L’usine aura en effet besoin de 12 000 tonnes de charbon par jour, qui seront transportées à travers ces mangroves peu profondes par un bateau vingt fois plus grand que ceux utilisés dans ces canaux – ce qui pourrait accroître l’érosion des rives. Surtout, les accidents y sont courants et destructeurs : en 2014, l’échouage d’un pétrolier a créé une énorme marée noire, qui n’a pu être contrôlée. Ce sont les habitants qui ont fini par ramasser le mazout à la main.

    #protestation #écologie #environnement

  • « Daech visait l’Occident avant même le califa t » - Le Point
    http://www.lepoint.fr/monde/daech-visait-l-occident-avant-meme-le-califat-01-09-2016-2065233_24.php


    Rukmini Callimachi spécialiste de Daech au New York Times. © DR

    L’homme qui appelait à tuer les Français, « où qu’ils soient », n’est plus. Avec la mort d’Abou Mohammed al-Adnani, abattu en Syrie par un tir de drone américain, Daech a perdu bien plus qu’un porte-parole. Dans une enquête retentissante publiée par le New York Times , la journaliste Rukmini Callimachi, l’une des meilleures spécialistes de l’État islamique au monde, a révélé que ce djihadiste syrien était en réalité à la tête d’une unité baptisée Emni, chargée de fomenter des attentats en Occident. Interviewée par Le Point, elle explique pourquoi cette véritable « DGSE djihadiste », responsable notamment des attentats du 13 novembre, survivra sans doute à la mort de son chef.

    Le Point.fr : Abou Mohammed al-Adnani était-il bien plus qu’un simple porte-parole de l’EI ?

    Rukmini Callimachi spécialiste de Daech au New York Times. © DR : Officiellement, Abou Mohammed al-Adnani est en effet le porte-parole de l’EI. Mais d’après mes recherches, notamment les documents de la DGSI auxquels j’ai eu accès, je me suis rendu compte qu’il est en réalité beaucoup plus. C’est le chef de l’Emni qui, en arabe, est un adjectif qui signifie « sécurité ». Il s’agit d’une sorte de « bureau de sécurité », une unité décrite comme les services secrets de l’EI. L’une de ses branches est consacrée aux attaques commises en dehors de la Syrie. Son rôle est de recruter les auteurs d’attentats contre l’Occident, d’identifier ses cibles, d’entraîner les recrues dans le « califat », et de les envoyer à l’étranger. Mais l’Occident n’est pas uniquement visé. Outre les attentats de Paris, l’Emni est responsable, par exemple, des attentats qui ont frappé le Bangladesh (le restaurant de Dacca), ou la Tunisie (le musée du Bardo et la plage de Sousse). D’ailleurs, l’Emni est divisé par région. Il existe une structure dédiée aux « affaires européennes », une autre liée aux « affaires arabes », et une dernière traitant des « affaires asiatiques ».

    La création de cette unité est-elle une réponse aux bombardements de la coalition contre Daech ?

    Je pense que cette analyse est erronée. Le premier homme à avoir été recruté par l’EI pour commettre des attentats en Europe se nomme Ibrahim Boudina. Il a quitté la Syrie en décembre 2013 alors que l’EI n’avait pas encore proclamé son « califat ». L’homme a été arrêté en février 2014 près de Cannes avec trois bombes de TATP (peroxyde d’acétone), ce qui laisse croire qu’il visait le carnaval de Nice. Le premier djihadiste à être passé à l’acte est Mehdi Nemmouche, l’auteur de l’attentat du Musée juif de Bruxelles en mai 2014.

  • Sauve qui peut au #Bangladesh
    https://www.mediapart.fr/journal/international/110716/sauve-qui-peut-au-bangladesh

    L’attentat contre un restaurant de Dacca fréquenté par les expatriés, début juillet, provoque une énorme onde de choc dans le pays. Les marques de textile étrangères réfléchissent à leur déménagement, tandis que le gouvernement de Sheikh Hasina renforce la répression contre ses opposants politiques.

    #International #Asie #terrorisme

  • #Bangladesh : l’#industrie_textile craint pour son avenir

    New Delhi - La tuerie jihadiste perpétrée dans un café huppé de Dacca sème la crainte d’une fragilisation de l’industrie textile du Bangladesh, secteur clé de l’économie qui approvisionne en vêtements bon marché les grandes marques mondiales d’habillement.

    http://lexpansion.lexpress.fr/actualites/1/actualite-economique/bangladesh-l-industrie-textile-craint-pour-son-avenir_1808591.ht
    #djihadisme #ISIS #EI #Etat_islamique

  • Vingt victimes dans une prise d’otages revendiquée par l’EI au #Bangladesh
    https://www.mediapart.fr/journal/international/020716/vingt-victimes-dans-une-prise-dotages-revendiquee-par-lei-au-bangladesh

    La police du Bangladesh annonce avoir mis fin samedi à l’attaque d’un restaurant de Dacca, la capitale du pays, tuant six assaillants et libérant treize otages après une nuit de siège. Vingt personnes ont été tuées dans l’attaque d’un restaurant.

    #International #Asie #Attentat #terrorisme

  • Les ouvriers demandent justice, trois ans après le Rana Plaza Dimanche 24 Avril
    Plusieurs milliers d’ouvriers du textile au Bangladesh ont demandé justice dimanche, trois ans après la catastrophe du Rana Plaza, un bâtiment industriel qui s’était écroulé en provoquant la mort de plus de 1100 personnes.
     
    Des survivants de cette tragédie, l’un des plus graves accidents de l’histoire industrielle mondiale, ont déposé dimanche matin des fleurs sur le site du complexe industriel, à Savar, près de Dacca.
     
    Des proches des défunts, dont les corps de certains n’ont jamais été récupérés, ont récité des versets du Coran sur les lieux de la catastrophe.
     
    « Trois années se sont écoulées et la justice n’est toujours pas passée », déplore le syndicaliste Abul Hossain. « Personne n’a été déclaré responsable de l’une des plus graves tragédies provoquées par l’homme. »


    La suite : Le devoir : http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/469033/bangladesh-les-ouvriers-demandent-justice-trois-ans-apres-le-rana-plaza

  • Dacca (Bangladesh) : la destruction d’un bidonville est interrompue par une émeute !
    https://fr.squat.net/2016/01/28/dacca-bangladesh-la-destruction-dun-bidonville-est-interrompue-par-une-eme

    Dans la matinée du jeudi 21 janvier 2016, l’expulsion d’un bidonville du quartier de Kalyanpur, à Dacca, a donné lieu à des affrontements entre squatters et policiers. L’expulsion était coordonnée de manière à ce que la destruction du bidonville soit effectuée dans la foulée de l’expulsion. Mais les (...) — , , , , ,

  • Des ouvrières rescapées du Rana Plaza créent leur propre coopérative textile - Basta !
    http://www.bastamag.net/Des-ouvrieres-rescapees-du-Rana-Plaza-creent-leur-propre-cooperative-texti

    Des ouvrières rescapées du Rana Plaza créent leur propre coopérative textile

    par Axelle de Russé, Elsa Fayner 13 novembre 2015

    Il y a eu les 1 135 morts et les milliers de blessés de l’effondrement du Rana Plaza, au Bangladesh. Puis les engagements des multinationales de l’habillement, leurs codes de conduite et leurs chartes éthiques. Enfin, des centaines d’inspections aboutissant à la fermeture de nombreux ateliers textiles aux conditions de travail indignes. Une quarantaine d’ouvrières et d’ouvriers, traumatisés par le drame, ont décidé de ne pas en rester là et de créer leur propre coopérative textile : Oporajeo, les invincibles, en bengali. Mais les clients européens en quête de fournisseurs alternatifs sont rares, et la coopérative peine à remplir son carnet de commandes. Reportage à Dacca.

    Shirin pensait ne plus jamais pouvoir retravailler après l’effondrement du Rana Plaza. Non pas à cause de sa blessure au thorax, qui l’étreint toujours, mais parce qu’elle avait peur. Peur de tout : du simple bruit des machines à coudre, de la seule évocation des termes « travail », « immeuble », raconte la fine jeune femme au regard franc dans son sari bleu. À 18 ans, elle aurait pu rester prostrée chez elle, dans ce quartier de Savar où vivent la plupart des rescapés, tous ces voisins qui, autrefois, se rendaient au matin dans cette grande usine qui bordait la route, ce haut bâtiment dans lequel œuvraient cinq sous-traitants pour des dizaines de marques occidentales. Sur les 3 000 ouvriers qui travaillaient là, en majorité des femmes, plus de 1 000 sont morts, et 2 000 ont été blessés (voir le dossier qu’y consacre notre Observatoire des multinationales).

    En juin 2015, le Comité de coordination du Rana Plaza (CCRP), présidé par l’Organisation internationale du travail (OIT), a annoncé avoir levé les fonds nécessaires pour verser l’intégralité des indemnités dues aux victimes. Des actions de formation et de reclassement ont été entamées. Mais tous les survivants n’en ont pas profité, trop atteints dans leur corps ou trop déprimés. D’ailleurs, quand Shirin a entendu parler d’Oporajeo, elle a d’abord écarté la possibilité avec lassitude. Plus de force. Puis, en se laissant le temps d’y réfléchir, elle a décidé de s’y rendre « une journée, pour voir ». Un détail la rassurait : le bâtiment ne comportait que un étage, il risquait moins de s’écrouler. Elle y est finalement restée pour la « bonne ambiance » et pour « l’administration sympathique ».

  • Rana Plaza, deux ans plus tard - 24/04/2015
    http://www.rfi.fr/emission/20150425-bangladesh-rana-plaza-catastrophe-industrielle-textile-deux-ans-plus-ta

    RFI - Aujourd’hui l’économie http://telechargement.rfi.fr/rfi/francais/audio/modules/actu/201504/ALE_24_04_Rana_Plaza_deux_ans_plus_tard.mp3

    C’est la catastrophe industrielle la plus meurtrière depuis celle de l’usine chimique de Bhopal en Inde, il y a 30 ans. Le 24 avril 2013, le Rana Plaza s’effondrait à Dacca, au Bangladesh. Un bilan très lourd : 1 138 morts, et plus de 2 000 (...)

  • Dacca (#Bangladesh) : trois jours d’#expulsion de #bidonvilles se terminent en affrontements dans le quartier de Maghbazar
    http://fr.squat.net/2014/09/17/dacca-bangladesh-trois-jours-dexpulsion-de-bidonvilles-se-terminent-en-aff

    Les flics avaient « profité » d’un #accident de train survenu jeudi 11 septembre au Karwan Bazaar, faisant quatre morts et cinq blessé-e-s, pour commencer à expulser les habitations alentours avec cet éternel prétexte de « #sécurité ». C’est bien connu, détruire les #logements des gens, les mettre à la rue, c’est mieux pour leur sécurité…

  • Après les morts écrabouillés, la confiance rétablie
    http://cqfd-journal.org/Apres-les-morts-ecrabouilles-la

    « La crise vue comme une opportunité », titrait avec allant le principal quotidien anglophone du Bangladesh à l’occasion du premier anniversaire de l’effondrement du Rana Plaza (The Daily Star, 25/04/14). Un an après la pire tuerie jamais commise dans l’histoire de l’industrie textile (1 135 morts, 2 500 blessés, une centaine de disparus), les milieux d’affaires de Dacca célèbrent leur optimisme retrouvé. Les carnets de commande sont pleins, de San Diego à Montluçon le « made in Bangladesh » inonde les rayons des marchands de frusques. La hantise du boycott n’a pas résisté à l’intérêt bien compris du consommateur occidental. Bonne fée, la crise qui frappe les pays riches rend toujours plus irremplaçables les petites fourmis « low cost » qui s’échinent au bout du monde dans leurs sarcophages vétustes.

    #Bangladesh

  • Étonnante boulette de la com’ de H&M | Les Observateurs de FRANCE 24

    http://observers.france24.com/fr/content/20140425-hm-envoye-special-textile-bangladesh-boulette-com

    Vendredi matin, je reçois un mail de la marque de vêtements H&M. Un message qui porte sur le reportage d’Envoyé spécial diffusé hier, une enquête sur le drame du Rana Plaza au Bangladesh. Sauf que le message ne m’était pas adressé. Il s’agit d’un mail que la chargée de communication de la multinationale du textile a transféré par erreur. H&M vient de me faire parvenir le compte rendu de ses discussions internes sur le reportage de France 2…

    http://observers.france24.com/fr/files/imagecache/observers_520_320/article_images/photoc.JPG

    Hier soir, Envoyé spécial, l’émission de France 2, diffusait un reportage sur le drame du Rana Plaza, un immeuble de Dacca, au Bangladesh, abritant des ateliers de confection textile, qui s’est effondré le 24 avril 2013, faisant plus de 1 000 morts. Cette catastrophe avait été très largement relayée à l’époque par les médias et avait braqué les projecteurs sur les grandes marques de vêtements occidentales qui font fabriquer leurs produits par des ouvriers sous-payés.

    #sweatshop #cambodge #bangladesh #h&m

  • #Archer_Blood (et l’infâme Henry #Kissinger)
    http://m.theglobeandmail.com/globe-debate/the-act-of-defiance-that-infuriated-kissinger/article18112161

    Henry Kissinger and Archer Blood were the same age, both 48 years old in 1971 – a pivotal year for both men. You almost certainly know who the former man is, but may well have never heard of the latter. Yet Mr. Blood’s is a name worth remembering. This little-known U.S. diplomat deserves to be commemorated in the annals of #conscience.

    • 1971, la naissance sanglante du Bangladesh

      http://rendezvousavecmrx.free.fr/page/detail_emission_pc.php?cle_emission=701

      Voici un extrait du télégramme rédigé par Archer Blood, consul général des Etats-Unis à Dacca, signé par 21 fonctionnaires du Consulat, et envoyé le 6 avril 1971 au Secrétaire d’Etat à Washington, Henry Kissinger :

      ’Avec la conviction que la politique américaine relative aux récents développements au Pakistan oriental ne servent ni nos intérêts moraux dans leur définition la plus large, ni nos intérêts nationaux dans leur définition la plus étroite, de nombreux officiers du Consulat général de Dacca, le personnel USAID et USIS de Dacca, considèrent qu’il est de leur devoir d’exprimer leur fort désaccord avec les aspects fondamentaux de cette politique.

      Notre gouvernement a échoué à dénoncer la suppression de la démocratie, notre gouvernement a échoué à dénoncer les atrocités. Notre gouvernement a échoué a prendre des mesures énergiques pour protéger ses citoyens alors qu’au même moment il s’évertue, à contre-courant, à apaiser le gouvernement central dominé par le Pakistan occidental et à atténuer l’impact négatif probable et mérité au niveau international sur ce dernier. Notre gouvernement a mis en évidence le comportement du Pakistan Occidental, que beaucoup considéreront comme une faillite morale, au moment même où ironiquement l’URSS envoyait un message à Yahaya Khan défendant la démocratie, condamnant l’arrestation des leaders démocratiquement élus du parti majoritaire (la ligue Awami qui se trouve être pro-occidental), et appelant à mettre un terme aux mesures répressives et au bain de sang.

      Dans notre dernier rapport sur la politique s’adressant au Pakistan, nos intérêts dans ce pays étaient définis comme essentiellement humanitaires, plutôt que stratégiques, mais nous avons choisi de ne pas intervenir, ne serait-ce que moralement, au motif que le conflit Awami, à propos duquel, malheureusement, le terme galvaudé de génocide s’applique, est une affaire purement interne relevant de la souveraineté d’Etat. Des citoyens Américains ont exprimé leur dégoût. Nous-mêmes, en tant que personnel de la fonction publique, nous exprimons notre désaccord avec la politique actuelle et espérons ardemment que nos intérêts véritables et à long terme ici puissent être définis et nos politiques réorientées afin de sauver la position de notre nation en tant que leader moral du monde libre’

      Fin avril 1971, Archer Blood est rappelé d’urgence aux Etats-Unis...

  • Ce mercredi 8 janvier marque l’ouverture des #soldes d’hiver, une période de liesse notamment propice à l’achat de vêtements à prix sacrifiés. L’occasion aussi de s’intéresser aux conditions de #travail de ceux qui les confectionnent, par exemple au #Bangladesh, troisième fournisseur de la France après la Chine et l’Italie. En juin dernier, Olivier Cyran menait l’enquête sur le secteur du prêt-à-porter dans ce pays où « il est difficile de trouver des hommes de pouvoir qui ne soient pas liés au monde du textile »

    Au Bangladesh, les meurtriers du prêt-à-porter, par Olivier Cyran (juin 2013 @oc)
    http://www.monde-diplomatique.fr/2013/06/CYRAN/49152

    Avant même que l’effondrement des ateliers du Rana Plaza, à Dacca, ne tue plus d’un millier d’ouvriers, d’autres drames avaient mis en lumière les conditions de travail dans les usines de confection bangladaises. Comment le pays en est-il arrivé à une telle situation ?

  • Bangladesh : la révolte des forçats de la mode - France Info
    http://www.franceinfo.fr/economie/ici-comme-ailleurs/bangladesh-la-revolte-des-forcats-de-la-mode-1156707-2013-09-30

    L’heure est au ras de bol au Bangladesh

    http://www.franceinfo.fr/sites/default/files/imagecache/462_ressource/2013/09/30/1159923/images/ressource/vetem%20130225RBL807.jpg

    Depuis le drame de Dacca. Rappelez-vous, c’était il y a quelques mois, un immeuble s’est effondré sur des ateliers de textile. Un évènement tragique qui a fait plus de 1.200 morts.

    Ce drame a mis en lumière les conditions extrêmes de travail des salariés dans ce pays qui emploie quatre millions d’ouvriers dans l’industrie du textile. Mais depuis une semaine, ces forçats du prêt-à-porter ont décidé de ne plus se laisser faire. Ils sont actuellement entrain de manifester pour faire valoir leur droit.

    Quelles sont leurs revendications ?

    Ce qu’ils veulent : c’est une augmentation de salaire. Ils souhaitent toucher 80 euros au lieu des 30 euros. Pour le moment plusieurs ateliers sont fermés. Le conflit ne semble pas trouver d’issue.

    Quelle est la position des grands groupes de textile occidentaux qui travaillent au Bangladesh ?

    Alors depuis le drame de Dacca, les choses n’ont pas vraiment évolué. La question des indemnités pour les victimes de la catastrophe n’est toujours pas réglée. Pourtant les grandes marques s’étaient engagées à signer un chèque de 25 millions d’euros. Pour le moment, seuls les anglais de « Primark » et l’enseigne allemande « C& A » ont laissé entendre qu’ils pourraient faire un geste tout comme certains groupes français.

    Mais en quoi ces évènements peuvent-ils avoir des répercussions chez nous ?

    Si les grands groupes de textile se sont aujourd’hui tournés vers les ateliers du Bangladesh. C’est que le pays est le plus compétitif au monde, plus compétitif que la Chine, plus que le Cambodge, le Vietnam ou encore la Birmanie. Raison pour laquelle nous avons en France des vêtements défiant tout concurrence. Un argument difficile à entendre pour Nayla Ajaltouni du collectif "Etique sur l’étiquette".

    #Bangladesh : la #révolte des #forçats de la #mode

  • Education aux médias : selon que vous soyez Américain ou Bangladaise... - Investig’Action
    http://www.michelcollon.info/Education-aux-medias-selon-que.html

    De Boston à Dacca
    Sur cette base bien scientifique, examinons un peu la manière dont les médias ont rendu compte de deux informations récentes : l’attentat terroriste à Boston aux USA et l’effondrement d’un bâtiment abritant une usine textile à Dacca au Bangladesh.
    La distance, d’abord. Boston est à six heures de décalage horaire de chez nous, Dacca est à quatre heures. Mais, au départ de Bruxelles-National, on arrive plus vite en avion à Boston qu’à Dacca. Egalité grosso modo donc sur ce point.
    La célébrité des personnes impliquées. Des spectateurs d’un marathon et deux immigrés tchétchènes, d’un côté, des ouvriers du textile et leur patron, tous bangladais, de l’autre. Bref, de parfaits inconnus. Egalité parfaite sur ce point.
    Le côté spectaculaire. Explosion de cocottes-minutes bourrées de billes d’acier et de clous contre effondrement d’un immeuble de huit étages de l’autre, c’est une question de goût. Quelques images filmées en direct à Boston avec des victimes étendues sur le sol (important pour les JT du premier jour - avantage Boston) contre images des ruines fumantes et des secours qui s’affairent pendant des jours (idéal pour tenir dans la durée - avantage Dacca). Egalité au final, donc.
    Reste le nombre de morts. Là, par contre, il n’y a pas photo. 4 morts (dont un des terroristes) et 270 blessés à Boston. 400 morts (mais pas le patron de l’usine), 900 disparus et plus d’un millier de blessés à Dacca. Et un nombre de morts qui augmente d’heure en heure. Et des disparus qui se rapprochent à grands pas du moment où ils vont quitter la colonne des disparus pour entrer discrètement dans celle des morts. Donc, à la grosse louche, entre 100 et 400 fois plus de morts à Dacca qu’à Boston.
    Résultat : à la grosse louche aussi, entre 100 et 400 fois plus d’infos, de dramatisation, de directs et d’émotion télévisée à Boston qu’à Dacca.
    La science journalistique n’expliquerait-elle pas tout ?

    #Attentat de Boston
    #Bangladesh
    #Médias

  • Rana Plaza, la mort de l’industrie

    http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2013/05/26/rana-plaza-la-mort-de-l-industrie_3417734_3234.html

    L’effondrement, le 24 avril, du bâtiment Rana Plaza, près de Dacca au Bangladesh, a fait plus de 1 100 morts et se classe parmi les catastrophes les plus meurtrières de l’histoire du travail. Pourtant, cette tragédie se distingue radicalement par ses causes et révèle, au-delà des très bas salaires ou des mauvaises conditions de travail, les formes extrêmes de production qui se cachent derrière la mondialisation.

    Car ici, pas de coup de grisou comme dans les mines, pas d’explosion comme dans les poudreries, pas de dégagement de gaz toxique comme à Bhopal. L’horreur, ce fut la banale chute d’un immeuble à la manière des maisons pauvres construites à la va-vite et sans permis. Sauf qu’à Rana Plaza, le bâtiment accueillait plusieurs milliers d’ouvriers travaillant pour les plus grandes marques occidentales. Au-delà de la protection des vies humaines, l’accumulation de machines et de marchandises n’a même pas suffi à ce que les lieux soient sécurisés.

    Il faut donc admettre une étrange et meurtrière réalité : ce drame n’est en rien un avatar de la longue histoire de l’industrie textile, serait-elle délocalisée, mais la manifestation d’une activité combinant production de masse, hyperconcentration et... complète désindustrialisation ! Cet hybride inquiétant ne pouvait échapper ni aux pouvoirs publics, ni aux grands donneurs d’ordre.

  • Le Bangladesh ne veut pas froisser le secteur textile
    http://abonnes.lemonde.fr/economie/article/2013/05/09/le-bangladesh-cherche-a-ne-pas-contrarier-le-secteur-textile_3174176

    Le Bangladesh a annoncé, mercredi 8 mai, la fermeture de dix-huit usines textiles, sur les 4 500 que compte le pays, pour des raisons de sécurité, après l’effondrement, il y a près de quinze jours, d’un immeuble, le Rana Plaza, qui abritait cinq ateliers de confection à Savar, dans la banlieue de Dacca.

    Confronté au pire accident industriel de l’histoire du pays – 912 corps ont été retrouvés, selon un bilan provisoire –, alourdi encore par un nouveau drame, l’incendie d’un site de confection de Tung Hai Group, dans une zone industrielle de Dacca, qui a causé la mort de huit personnes, jeudi, le gouvernement bangladais et les industriels du secteur sont pressés d’agir pour améliorer les conditions de sécurité des travailleurs.

    L’Union européenne a menacé de suspendre le « système des préférences généralisées » dont bénéficie le Bangladesh, grâce auquel ses entreprises ont accès au marché européen sans quotas ni droits de douane.