• l’histgeobox : « Quand on s’promène au bord de l’eau ». L’embellie des congés payés.
    https://lhistgeobox.blogspot.com/2021/05/quand-on-spromene-au-bord-de-leau.html

    Si la Belle Equipe n’est pas à proprement parlé un film politique, comme le fut par exemple la Vie est à nous, il n’en incarne pas moins l’esprit de 36. En effet, il aborde les thèmes et les valeurs chers au Front populaire : la liberté, la fraternité, la valorisation du collectif, les loisirs populaires partagés. C’est le cas lorsque Jean dissipe les rêves individualistes de ses camarades et les convainc d’opter pour un projet commun. « J’croyais qu’on était des frères », lance-t-il à la cantonade. Puis il poursuit : « au fond on veut tous la même chose, la liberté, aucun de nous ne peut l’avoir seul. » C’est donc ensemble qu’ils construisent la guinguette, dont le nom (Chez nous) et l’enseigne (deux mains entrelacées) témoignent de ce grand éland fraternel. Dans plusieurs séquences du film éclatent la fierté d’appartenir à la classe ouvrière. Comme un écho au quotidien des spectateurs, le réalisateur filme un dimanche à la campagne, au bord de la rivière. La chanson Quand on s’promène au bord de l’eau entre parfaitement en résonance avec les tous jeunes congés payés. Véritable leitmotiv du film, elle traduit à merveille cette quête d’un bonheur simple. Écrites par Julien Duvivier lui-même et Louis Poterat, les paroles sont mises en musique par Maurice Yvain et Jean Sautreil. Lorsque Gabin interprète le morceau, la joie s’empare de tous.

  • l’histgeobox : « Y a du soleil et des nanas (Darla dirladada) ». Le Club Méditerranée et l’explosion du tourisme de masse.
    http://lhistgeobox.blogspot.com/2018/09/y-du-soleil-et-des-nanas-darla.html

    La seconde guerre mondiale suspend l’initiation au plaisir des vacances. Aussi à la Libération, les Français veulent plus que jamais s’amuser, s’évader. Pendant que les autorités cherchent à faciliter l’accès des classes moyennes et populaires aux vacances - ce qu’on appelle « le tourisme social » - , des particuliers imaginent de nouvelles formules de vacances.
    Dimitri Philippov des « Ours blanc » poursuit ses expériences d’avant-guerre. En 1948, il crée le club olympique, un village de vacances composé de tentes, d’un bar, d’une piste de danse. Dans cette formule « tout inclus », les vacanciers pratiquent des activités sportives en pleine nature avant de faire la fête chaque soir. Dans ce sillage, d’autres clubs voient le jour à l’instar du Village magique crée par Paul Morihien (1) pour les Lazareff, fondateurs du nouveau magazine Elle.
    Les promoteurs et clients de ces premiers clubs n’appartiennent pas à la bourgeoisie traditionnelle. Jeunes, souvent d’origine étrangère (Russes, Belges, Arméniens...), issus de la bourgeoisie économique, tous possèdent de solides capacités sportives. Gérard Blitz est l’un d’eux. Fils d’un diamantaire flamand d’Anvers, le jeune homme est élevé dans le culte du sport et devient un champion de water-polo en Belgique. Au cours de la seconde guerre mondiale, Blitz s’engage dans la Résistance. A la Libération, les autorités belges le chargent de travailler à la réinsertion des survivants des camps de concentration. Pour mener à bien sa mission, il réquisitionne un hôtel transformé en une sorte de sas où les anciens concentrationnaires « réapprennent à vivre ». Blitz tirera de nombreux enseignements de cette expérience bouleversante.
    Au cours de l’été 1949, le jeune homme fréquente le Club olympique de Philippov à Calvi, un espace dévolu au sport, à la convivialité et la mixité. Conquis, Blitz rêve d’offrir au plus grand nombre de nouveaux espaces d’évasion débarrassés des barrières sociales. Dans cette optique, il crée sa propre structure. Le 27 avril 1950, Gérard Blitz fonde le Club Med sous la forme d’une association loi 1901. Issu d’une famille aisée, détaché des nécessités matérielles, le fondateur n’attend pas un rendement économique immédiat. Sans chercher à faire du tourisme social, Blitz entend proposer une forme de vacances axée sur la vie en plein air, le sport, le dépaysement, la rencontre, le plaisir, dans le cadre de séjours « mettant en œuvre une conception hédoniste des loisirs fondée sur le jeu comme finalité. »