#crève-la-faim

  • Pourquoi l’#entreprise est bête ? - Mademoiselle Dusk
    http://mademoiselledusk.canalblog.com/archives/2013/10/20/28254619.html

    L’entreprise ne recrute que des temps partiel, des stagiaires, des intérimaires. C’est le #salariat, mais en mode « pay per use ». Ou bien des free- lance, c’est mode, surtout pour refaire le logo ou le site internet. Pour faire chic on appelle ça des « slashers », ce qui veut dire qu’ils sont graphistes le matin et diététiciens le soir. Ils sont surtout #crève-la-faim toute l’année.

    L’entreprise fait aussi appel à des #sous-traitants issus de SSII sinistres - des droopy grisâtres en chaussettes mickey - qui restent travailler tard quand le module SAP FICO qu’ils développent à grand peine buggue, à des consultants en process reengineering - des Siri sur pattes avec des boutons de manchettes- qui poussent du triangle sur des powerpoints usés jusqu’à la corde à force d’avoir retourné l’organisation dans tous les sens. Parfois les consultants oublient de changer la date dans le pied de page du powerpoint et on peut lire « Bossard Consultants 1997 ». Donc grosso modo on peut dire que toute la base de l’entreprise est constituée de gens qui ne connaissent pas le métier de l’entreprise, ni le secteur ou la filière dans laquelle elle évolue.

    L’entreprise adore conclure des alliances et des partenariats avec d’autres entreprises, comme ça elle fait croire au client qu’elle sait faire quelque chose alors que ce sont des start-ups ou des centres de recherche qui inventent des trucs pour elle. Après elle dit « c’est moi qui l’ai fait » comme Valérie Lemercier dans la pub pour une vielle quiche 80’s. En général elle a acheté le brevet, et les gars de la start up se sont sauvés au bout de 6 mois passés à bouffer du Deroxat pour réussir à venir bosser à la Défense. Ne reste plus qu’à trouver une nouvelle start up à acheter en regardant les annonces sur Le Bon Coin.

    Le middle management est composé des fils de cadre (les enfants du voisin du PDG en Bretagne) dont on a déjà parlé, qui ont passé trois ans à glander et baiser sur le plateau de Saclay.

    Quant au PDG lui-même il n’a qu’une compétence : lire des reportings sur excel et regarder si la bottom line est très bottom ou pas trop bottom ce mois-ci. Un petit programme développé en Inde lui fait apparaitre la case en rouge si c’est très bottom. En ce cas il lancera un grand programme (un mail) qui consiste à dire au middle management qu’il faut mettre un peu la pression sur les free-lance parce que franchement ces gens-là on en ramasse à la pelle, c’est des crève la faim quand même. Comme ça on refait le site web pour demain matin ou on change de nom et hop ! les clients croiront que maintenant on vend des choses qui servent à quelque chose. Si les free-lance n’arrivent pas à refaire le site en une nuit c’est que ce sont des fainéants puisque de toutes les façons on ne connait rien à leur métier et qu’on a un doute sur le fait qu’ils sachent faire quelque chose qui sert à quelque chose.