• Les États-Unis mettent hors service une société israélienne de logiciels d’espionnage Moon of Alabama
    https://www.moonofalabama.org/2021/07/us-takes-down-israeli-spy-software-company.html#more
    https://lesakerfrancophone.fr/les-etats-unis-mettent-hors-service-une-societe-israelienne-de-lo

    Un certain nombre de journaux, dans le monde entier, parlent aujourd’hui https://www.theguardian.com/world/2021/jul/18/revealed-leak-uncovers-global-abuse-of-cyber-surveillance-weapon-nso-gr de la société de piratage israélienne NSO qui vend des logiciels d’espionnage [nommés Pegasus, NdT] à divers régimes. Ce logiciel est ensuite utilisé pour espionner les téléphones des ennemis du régime, des adversaires politiques ou des journalistes qui déplaisent. Tout cela était déjà bien connu, mais l’histoire a pris un nouvel essor puisque plusieurs centaines de personnes qui sont espionnées peuvent maintenant être nommées.

    La façon dont cela s’est produit est intéressante https://www.washingtonpost.com/gdpr-consent/?next_url=https%3a%2f%2fwww.washingtonpost.com%2finvestigations%2fin :

    Les téléphones sont apparus sur une liste de plus de 50 000 numéros concentrés dans des pays connus pour surveiller leurs citoyens et également connus pour avoir été clients de la société israélienne NSO Group, un leader mondial dans le secteur, en pleine expansion et largement non réglementé, des logiciels d’espionnage privés, selon l’enquête.

    La liste ne permet pas de savoir qui y a inscrit les numéros, ni pourquoi, et on ignore combien de téléphones ont été ciblés ou surveillés. Mais l’analyse technique de 37 smartphones montre que beaucoup d’entre eux présentent une corrélation étroite entre les horodatages associés à un numéro de la liste et le déclenchement de la surveillance, dans certains cas aussi brève que quelques secondes.

    Forbidden Stories, une organisation de journalisme à but non lucratif basée à Paris, et Amnesty International, une organisation de défense des droits de l’homme, ont eu accès à cette liste et l’ont partagée avec certains journaux, qui ont effectué des recherches et des analyses supplémentaires. Le Security Lab d’Amnesty International a effectué les analyses techniques des smartphones.

    Les chiffres figurant sur la liste ne sont pas attribués, mais les journalistes ont pu identifier plus de 1 000 personnes dans plus de 50 pays grâce à des recherches et des entretiens sur quatre continents.

    Qui aurait pu dresser une telle liste pour la donner à Amnesty et à Forbidden Stories ?

    NSO est l’une des sociétés israéliennes utilisées pour mettre sur le marché le travail de l’unité de renseignement militaire israélienne, 8200. Les « anciens » membres de 8200 sont employés par NSO pour produire des outils d’espionnage qui sont ensuite vendus à des gouvernements étrangers. Le prix de la licence est de 7 à 8 millions de dollars pour 50 téléphones à espionner. C’est une affaire louche mais lucrative pour cette société et pour l’État d’Israël.

    NSO nie les allégations selon lesquelles son logiciel est utilisé pour des objectifs malsains en racontant beaucoup de conneries https://www.nsogroup.com/Newses/following-the-publication-of-the-recent-article-by-forbidden-stories-we-wa :

    Le rapport de Forbidden Stories est rempli d’hypothèses erronées et de théories non corroborées qui soulèvent de sérieux doutes sur la fiabilité et les intérêts de leurs sources. Il semble que ces "sources non identifiées" aient fourni des informations qui n’ont aucune base factuelle et sont loin de la réalité.

    Après avoir vérifié leurs affirmations, nous démentons fermement les fausses allégations faites dans leur rapport. Leurs sources leur ont fourni des informations qui n’ont aucune base factuelle, comme le montre l’absence de documentation à l’appui de nombre de leurs affirmations. En fait, ces allégations sont tellement scandaleuses et éloignées de la réalité que NSO envisage de porter plainte pour diffamation.

    Les rapports affirment, par exemple, que le gouvernement indien du Premier ministre Narendra Modi a utilisé le logiciel de NSO pour espionner https://thewire.in/government/rahul-gandhi-pegasus-spyware-target-2019-polls le chef du parti d’opposition, Rahul Gandhi.

    Comment NSO pourrait-elle nier cette allégation ? Elle ne le peut pas.

    Plus loin dans la déclaration de NSO, la société se contredit https://www.nsogroup.com/Newses/following-the-publication-of-the-recent-article-by-forbidden-stories-we-wa sur ces questions :

    Comme NSO l’a déclaré précédemment, notre technologie n’a été associée en aucune façon au meurtre odieux de Jamal Khashoggi. Nous pouvons confirmer que notre technologie n’a pas été utilisée pour écouter, surveiller, suivre ou collecter des informations le concernant ou concernant les membres de sa famille mentionnés dans l’enquête. Nous avons déjà enquêté sur cette allégation, qui, une fois encore, est faite sans validation.

    Nous tenons à souligner que NSO vend ses technologies uniquement aux services de police et aux agences de renseignement de gouvernements contrôlés dans le seul but de sauver des vies en prévenant la criminalité et les actes terroristes. NSO n’exploite pas le système et n’a aucune visibilité sur les données.

    Comment NSO peut-elle nier que le gouvernement saoudien, l’un de ses clients reconnus, a utilisé son logiciel pour espionner Jamal Khashoggi, puis l’assassiner, en disant qu’il « n’exploite pas le système » et « n’a aucune visibilité sur les données » ?

    Vous ne pouvez pas prétendre à la fois a. recueillir des informations et b. n’avoir aucun moyen de les recueillir.

    Mais revenons à la vraie question :
    • Qui a la capacité de dresser une liste de 50 000 numéros de téléphone dont au moins 1 000 ont été espionnés avec le logiciel de NSO ?
    • Qui peut faire « fuiter » une telle liste à ONG et s’assurer que de nombreux médias « occidentaux » s’en emparent ?
    • Qui a intérêt à faire fermer NSO ou du moins à rendre ses activités plus difficiles ?

    La concurrence, je dirais. Et le seul véritable concurrent dans ce domaine est l’Agence nationale de sécurité [la NSA, NdT] étatsunienne.

    Les États-Unis utilisent souvent le « renseignement » comme une sorte de monnaie diplomatique pour maintenir les autres pays dans une situation de dépendance. Si les Saoudiens sont obligés de demander aux États-Unis d’espionner quelqu’un, il est beaucoup plus facile d’avoir de l’influence sur eux. Le NSO gêne cette activité. Il y a aussi le problème que ce logiciel d’espionnage de première classe que NSO vend à des clients un peu louches pourrait bien tomber entre les mains d’un adversaire des États-Unis.

    La « fuite » à Amnesty et Forbidden Stories est donc un moyen de conserver un certain contrôle monopolistique sur les régimes clients et sur les technologies d’espionnage. (Les Panama Papers étaient un type similaire de « fuite » parrainée par les États-Unis, mais dans le domaine financier).

    Edward Snowden, qui était autrefois un partisan convaincu de la NSA mais qui en a divulgué des documents parce qu’il voulait qu’elle respecte la loi, soutient cette campagne :

    Edward Snowden @Snowden - 16:28 UTC - 18 juil. 2021 https://twitter.com/Snowden/status/1416797153524174854

    Arrêtez ce que vous êtes en train de faire et lisez ceci. Cette fuite va être l’histoire de l’année : https://www.theguardian.com/world/2021/jul/18/revealed-leak-uncovers-global-abuse-of-cyber-surveillance-weapon-nso-gr

    Edward Snowden @Snowden - 15:23 UTC - 19 juil. 2021 https://twitter.com/Snowden/status/1417143168752095239

    Il y a certaines industries, certains secteurs, contre lesquels il n’y a aucune protection. Nous n’autorisons pas un marché commercial pour les armes nucléaires. Si vous voulez vous protéger, vous devez changer la donne, et la façon dont nous le faisons est de mettre fin à ce commerce.
    Guardian : Edward Snowden demande l’interdiction du commerce de logiciels espions dans le cadre des révélations sur Pegasus https://www.theguardian.com/news/2021/jul/19/edward-snowden-calls-spyware-trade-ban-pegasus-revelations

    Edward Snowden semble vouloir dire https://www.theguardian.com/news/2021/jul/19/edward-snowden-calls-spyware-trade-ban-pegasus-revelations que NSO, qui ne vend ses logiciels qu’aux gouvernements, devrait cesser de le faire mais que la NSA devrait continuer à utiliser cet instrument d’espionnage :

    Dans une interview accordée au Guardian, M. Snowden a déclaré que les conclusions du consortium illustraient la manière dont les logiciels malveillants commerciaux avaient permis aux régimes répressifs de placer beaucoup plus de personnes sous une surveillance invasive.

    L’opinion de Snowden à ce sujet est plutôt étrange :
    chinahand @chinahand - 17:28 UTC - 19 juil. 2021 https://twitter.com/chinahand/status/1417174487678656527

    Fascinant de voir comment M."La surveillance étatique américaine est la plus grande menace pour l’humanité" s’énerve sur le fait qu’un peu de surveillance étatique est apparemment externalisée à un entrepreneur privé par des acteurs étatiques de niveau moyen et bas.

    Edward Snowden @Snowden - 17:06 UTC - 19 juil. 2021 https://twitter.com/Snowden/status/1417168921472405504

    Lisez les articles sur les fonctionnaires de Biden, Trump et Obama qui ont accepté de l’argent du groupe NSO pour enterrer toute responsabilité, même après leur implication dans la mort et la détention de journalistes et de défenseurs des droits dans le monde entier !
    WaPo : Comment les assoiffés de pouvoir de Washington ont profité des ambitions de NSO en matière d’espionnage https://www.washingtonpost.com/gdpr-consent/?next_url=https%3a%2f%2fwww.washingtonpost.com%2ftechnology%2f2021%2

    Le tumulte créé dans les médias par les révélations concernant NSO a déjà eu l’effet escompté https://www.vice.com/en/article/xgx5bw/amazon-aws-shuts-down-nso-group-infrastructure :

    Amazon Web Services (AWS) a fermé l’infrastructure et les comptes liés au fournisseur israélien de logiciels de surveillance NSO Group, a déclaré Amazon dans un communiqué.

    Cette mesure intervient alors que des médias et des organisations militantes ont publié de nouvelles recherches sur les logiciels malveillants de NSO et les numéros de téléphone potentiellement sélectionnés pour être ciblés par les gouvernements clients de NSO.

    "Lorsque nous avons appris cette activité, nous avons agi rapidement pour fermer l’infrastructure et les comptes concernés", a déclaré, dans un courriel, un porte-parole d’AWS à Motherboard.
    Cela fait des années qu’AWS est au courant des activités de NSO. NSO a utilisé CloudFront, un réseau de diffusion de contenu appartenant à Amazon :

    L’infrastructure de CloudFront a été utilisée pour déployer les logiciels malveillants de NSO contre des cibles, notamment sur le téléphone d’un avocat français spécialisé dans les droits de l’homme, selon le rapport d’Amnesty. Le passage à CloudFront protège aussi quelque peu NSO contre des enquêteurs ou d’autres tiers qui tenteraient de découvrir l’infrastructure de l’entreprise.

    "L’utilisation de services en nuage protège NSO Group de certaines techniques de balayage d’Internet", ajoute le rapport d’Amnesty.

    Cette protection n’est plus valable. NSO aura bien du mal à remplacer un service aussi pratique.

    Israël s’en plaindra, mais il me semble que les États-Unis ont décidé de faire fermer NSO.

    Pour vous et moi, cela ne réduira que marginalement le risque d’être espionné.
    Moon of Alabama
    Traduit par Wayan, relu par Hervé, pour le Saker Francophone

    #nso #NSA #israel #Amnesty #police #agences_de_renseignement #Edward_Snowden #CloudFront #surveillance #pegasus #spyware #écoutes #smartphone #journalisme #hacking #sécuritaire #espionnage #géolocalisation #jamal_khashoggi #Forbidden_Stories #Amazon #Amazon_Web_Services #AWS
    #USA #CloudFront

    • La firme derrière Pegasus est liée au Luxembourg
      http://www.lessentiel.lu/fr/luxembourg/story/la-firme-derriere-pegasus-est-liee-au-luxembourg-15258218

      Jean Asselborn, ministre des Affaires étrangères, a confirmé l’existence au Luxembourg de deux bureaux de la firme israélienne NSO Group, qui a conçu le logiciel Pegasus, accusé d’avoir été utilisé par plusieurs États pour espionner les téléphones de journalistes et de dissidents.

      Selon le ministre, les bureaux luxembourgeois servent au back office, c’est-à-dire au contrôle des opérations financières de l’entreprise. Un communiqué de l’entreprise datant de 2019 précise que le siège social se trouve au Luxembourg. « NSO développe des technologies qui aident les services de renseignements et les agences étatiques à prévenir et enquêter sur le terrorisme et le crime », indique l’entreprise, dans sa présentation. Il serait même « un leader mondial » en la matière, générant « 250 millions de dollars de revenus en 2018 ». NSO affirme aussi s’être passé de clients à cause d’un non-respect des droits de l’homme.

      Un tour politique
      Mais la nature des activités au Grand-Duché reste floue. D’après Amnesty International, le logiciel Pegasus n’a pas été conçu au Grand-Duché. Aucune demande d’exportation de produit n’a d’ailleurs été formulée. « Je ne peux dire qu’une chose. S’il s’avère que le groupe NSO au Luxembourg a commis des violations des droits de l’homme, alors le Luxembourg doit réagir et réagira », a déclaré Asselborn. Ce dernier a envoyé une lettre aux dirigeants concernés pour rappeler les obligations en matière de droits de l’homme.

      Le sujet n’a pas encore été évoqué en commission des Affaires étrangères à la Chambre, expliquent des députés concernés. L’affaire a cependant vite pris un tour politique, avec d’abord une question parlementaire urgente du parti Pirates, sommant le gouvernement d’indiquer si des journalistes, politiciens ou militants au Luxembourg sont concernés par le scandale d’espionnage et quels sont les liens entre NSO et le Grand-Duché. Le parti déi Lénk demande aux autorités de réagir, bien au-delà du « Pacte national entreprises et droits de l’homme », avec une « loi opposable et munie des moyens financiers et personnels permettant d’intervenir pour mettre fin au mépris envers les droits humains ».

    • Hilarants ces politiques et ces journalistes choqués par leur surveillance !

      On n’a pas arrêté, ces dernières années, d’étendre toujours plus la surveillance du citoyen, depuis l’extension des caméras de surveillance partout sur le territoire jusqu’à la reconnaissance faciale qui ne cesse de progresser, y compris en France, jamais en retard d’une idée pour nous pister, nous surveiller, nous fliquer.

      Une surveillance active, intrusive, poussée, de plus en plus vicelarde, de certaines cibles aisément identifiées par ceux qui sont pouvoir, pour le profit personnel des politiciens et de leurs amis.

      Pour elles et eux, les drones qui seront sans nul doute utilisés pour mieux canaliser les mouvements de foule, les manifestations, pas de problème.
      Pour elles et eux, la loi européenne « ePrivacy » qui instaure de manière dérogatoire une surveillance automatisée de masse des échanges numériques sur internet en Europe, pas de problème.
      Le smartphone obligatoire, pas de problème.

      Ne parlons pas des données sur nos enfants, envoyées directement chez microsoft, education nationale, santé . . .
      Ne parlons pas non plus de toutes les informations possibles et imaginables que les gafam nous volent, de façon de plus en plus vicieuse.

      Pegasus, ePrivacy, pass sanitaire, la société qui se dessine ces dernières semaines devient véritablement cauchemardesque.
      Bon, d’après Edward Snowden la NSA n’aimait pas la concurrence pour ce qui est de nous espionner, et Julian Assange est toujours en prison, en Angleterre, sans aucun motif.

      Pour le reste, l’essentiel, c’est de monter à dessein les habitants de ce pays les uns contre les autres, et c’est une réussite.

  • Ne laissons pas s’installer le monde sans contact
    Appel au boycott de l’application StopCovid-19

    Écran total

    https://lavoiedujaguar.net/Ne-laissons-pas-s-installer-le-monde-sans-contact-Appel-au-boycott-d

    Du point de vue sanitaire, l’épidémie de Covid-19 mettra du temps à livrer tous ses mystères. Le brouillard qui entoure l’origine de la maladie, sa diffusion et sa létalité ne pourra se dissiper que lorsqu’elle cessera de frapper dans autant de pays à la fois. À ce jour, personne n’a l’air de savoir quand une telle accalmie se produira. D’ici là, pour continuer de vivre, nous ne devons ni sous-estimer, ni surestimer cette épidémie en tant que telle.

    Par contre, ce que nous sentons très clairement, c’est que la crise sanitaire a des chances importantes de précipiter l’avènement d’un nouveau régime social : un régime basé sur une peur et une séparation accrues, encore plus inégalitaire et étouffant pour la liberté. Si nous prenons la peine de lancer cet appel, c’est que nous pensons que cela n’est pas joué d’avance et que des possibilités vont se présenter, pour les populations, de l’empêcher. Mais alors que nous, simples citoyens, ressentons violemment la fragilité de nos existences face à la menace du virus et d’un confinement long, l’ordre politique et économique en vigueur semble, lui, à la fois ébranlé et renforcé par la secousse en cours. Il paraît en même temps fragile, et très solide sur ses bases les plus « modernes », c’est-à-dire les plus destructrices socialement. (...)

    #épidémie #technologie #gouvernements #Internet #France #numérisation #stratégie #Chine #traçage #fichage #surveillance #Edward_Snowden #boycott #télétravail

  • Snowden, Constant et le sens de la liberté à l’heure du désastre | Terrestres
    https://www.terrestres.org/2019/12/20/snowden-constant-et-le-sens-de-la-liberte-a-lheure-du-desastre

    Aurélien Berlan

    Les géants du numériques ont aboli la « vie privée », face visible de la liberté des Modernes. C’est au contraire à l’autre versant de cette conception de la liberté qu’il faudrait renoncer : être délivrés des nécessités de la vie, rendue possible par l’instauration de dispositifs lointains et aliénants. Il s’agit alors de reconquérir la liberté de subvenir à nos vies.

    A propos d’Edward Snowden, Mémoires vives, Seuil, Paris, 2019.

    Les appels à décréter « l’état d’urgence écologique » qui foisonnent aujourd’hui à l’adresse des Etats sont le dernier avatar d’une idée qui hante une partie du mouvement écologiste depuis longtemps. Compte tenu des liens historiques entre la dynamique des sociétés industrielles et la conception occidentale moderne de la liberté, enrayer l’aggravation des nuisances et la multiplication des catastrophes que ces sociétés provoquent supposerait d’engager une politique étatique volontariste, voire dirigiste, supposant de restreindre les libertés, que ce soit sous la forme d’un renouveau républicain ou d’une dictature verte1. Entre la nature et la liberté, il faudrait choisir – et vu le degré de dégradation environnementale déjà atteint, manifeste dans la brutalité de l’effondrement en cours du vivant, on n’aurait en réalité pas le choix.

    Sur les terrains de lutte ayant une dimension écologiste, là où des gens se mettent en danger pour empêcher tel ou tel projet désastreux de se réaliser, qu’il s’agisse d’un méga-transformateur électrique pour exporter de l’énergie prétendument verte (comme en Aveyron où l’Amassada vient d’être expulsée manu militari), d’une mine de lignite (à Hambach en Allemagne où l’intervention de la police a provoqué un mort) ou d’une poubelle nucléaire (à Bure où les militants font l’objet d’une répression judiciaire acharnée), c’est un autre son de cloche que l’on entend en général. Les militant-es ne se battent pas pour que les prérogatives de l’Etat soient encore renforcées après deux décennies de lois « antiterroristes » (utilisées contre la contestation écologiste lors de la COP 21) et cinquante ans de politiques « sécuritaires », mais pour reconquérir une liberté que le capitalisme industriel, avec la complicité des Etats, nous a selon eux ravie.

    Dans les deux cas, il ne s’agit bien sûr pas de la même liberté – notion dont on sait à quel point elle est polysémique. Dans le premier discours, c’est la conception (néo)libérale de la liberté qui est en ligne de mire, c’est-à-dire la liberté d’échanger et de faire des affaires sans entraves (« laisser faire, laisser passer »), sur les deux plans individuel (« je fais ce que je veux ») et entrepreneurial (« dérégulation des marchés ») – et l’on retombe dans les vieilles ornières du débat opposant les libéraux aux interventionnistes, qu’ils se disent socialistes, républicains ou écologistes. Dans le second discours, c’est une autre idée de la liberté qui est en jeu, que les militant-es désignent en général par la notion d’autonomie en un sens qui ne se réduit pas au fait de « se donner ses propres lois » (l’autonomie politique, au sens étymologique), mais implique aussi de pourvoir à ses propres besoins – c’est de cela dont il est question quand on parle d’autonomie matérielle en général, et en particulier d’autonomie énergétique, alimentaire, médicinale, etc.❞

    • Excellent article !

      Car le désir d’autonomie qui anime une partie du mouvement écologiste, et bien au-delà, invite à lire l’histoire autrement, à penser que si une conception de la liberté a triomphé, c’est l’aspiration à la délivrance – vieux rêve dont le transhumanisme incarne aujourd’hui la radicalisation high-tech : en promettant le dépassement de la mort et en faisant miroiter la colonisation de Mars aux riches qui s’inquiètent tout de même de leurs chances de survie sur la Terre dévastée, cette idéologie réactualise le fantasme d’être délivré des aspects négatifs de la condition terrestre. Or, ce fantasme s’est historiquement imposé contre les aspirations à l’autonomie des classes populaires qui, pendant des siècles, ne se sont pas battues pour être déchargées des nécessités de la vie, mais pour avoir libre accès aux moyens de subsistance, en premier lieu la terre, permettant de prendre en charge ces nécessités.

      […]

      En réalité, les révélations de Snowden n’en étaient que pour celles et ceux qui ne s’étaient jamais interrogés sur les tenants et aboutissants de l’informatisation de leurs activités, ou qui ne le voulaient pas. Pour les autres, elles ne faisaient qu’administrer les preuves irréfutables de ce qu’ils avaient déjà dénoncé, dans l’indifférence générale. Le rappeler, ce n’est pas amoindrir le mérite de Snowden, mais mettre en évidence sa véritable contribution au débat, absolument décisive : avoir permis de démasquer les béni-oui-oui de la High-tech, qui taxent toute critique de « conspirationniste » ou de « technophobe ». Grâce à Snowden, on sait désormais que les discours rassurants sur la révolution numérique sont le fait, au mieux de grands naïfs se voilant la face, au pire de marchands de sable cyniques que l’informatisation du monde renforce et enrichit.

      […]

      Si la sacralisation de la vie privée avait gardé de sa force, on aurait pu s’attendre – c’est ce qu’espérait Snowden – à ce que ses révélations provoquent une levée de boucliers de ce type. Il n’en fut rien. En France, la plupart des gens qui se disaient choqués n’envisageaient pas pour autant de modifier leurs pratiques de communication, comme s’il n’y avait rien d’essentiel à défendre ici, et donc aucune raison de se mobiliser ou de changer ses habitudes électroniques. Ce que l’affaire Snowden a révélé fut pour lui une cruelle désillusion : la liberté pour laquelle il avait pris tant de risques ne faisait plus vibrer grand monde11. Est-ce à dire que la liberté ne nous importe plus ? Ce n’est pas ce que suggère le matraquage idéologique persistant à vendre n’importe quelle réforme et n’importe quelle innovation dans l’emballage de la « liberté ». En réalité, l’indifférence suscitée par Snowden tient au fait que nous nous sentons toujours aussi « libres » qu’avant, comme si la violation de la vie privée n’affectait plus notre liberté. Mais alors, n’est-ce pas le mot liberté qui aurait changé de sens ? Si la véritable révélation de Snowden concerne la dissolution de la liberté des Modernes dans les réseaux de fibre optique, alors nous serions, comme Constant en son temps, à un tournant dans l’histoire du mot liberté, qu’il nous faudrait interroger à nouveau. Où en est-on dans l’histoire du sens de la liberté ?

      […]

      Nous pouvons dès lors reformuler le problème posé par Snowden. Si nous nous sentons toujours libres aujourd’hui, ce n’est peut-être pas que le sens de la liberté aurait fondamentalement changé, mais plus simplement que l’inviolabilité de la sphère privée n’était pas la seule chose qui faisait la valeur de la liberté aux yeux des Modernes, ou la chose principale qui faisait qu’ils se sentaient libres. Mais alors, quelle qualité constituait le cœur de la liberté bourgeoise ?

      […]

      Ce que signe l’affaire Snowden n’est donc pas tant la fin de la liberté des Modernes que celle de l’interprétation libérale qui la définissait par l’inviolabilité de la vie privée. En réalité, ce critère constitutionnel, effectivement bafoué aujourd’hui, masque le fait que les Modernes aspirent d’abord à autre chose, à la délivrance à l’égard des nécessités politiques et matérielles de la vie sur terre. C’est justement ce que suggère l’indifférence suscitée par les révélations de Snowden. C’est aussi ce que confirme une lecture attentive de Constant. Et c’est également ce qu’une histoire de la liberté moderne montrerait. Car face à la conception libérale de la liberté comme délivrance à l’égard des soucis matériels et politiques, le socialisme a souvent, dans ses tendances marxistes dominantes, surenchérit sur ce désir de délivrance en rêvant de surmonter le « règne de la nécessité » par le productivisme industriel et de dépasser la conflictualité sociale dans « l’administration des choses25 ».

      #Aurélien_Berlan #philosophie #liberté #libéralisme #démocratie #politique #capitalisme #anti-industriel #subsistance #autonomie #Edward_Snowden #Benjamin_Constant #vie_privée #privacy #Modernité #transhumanisme @antonin1

    • C’est un très beau texte, et bien écrit. Berlan reprend l’alternative de Constant sur les deux libertés, montre que la liberté individuelle ne peut exister sans liberté politique, collective, et qu’on nous vend la première, censée compenser la perte de la seconde, dans un contexte où celle-ci ne peut pas s’exercer. Et il étend la notion classique de liberté politique en liberté d’assurer et de contrôler ses conditions de vie matérielle, sa subsistance. Au final, c’est comme ça que je l’entends, nous avons accepté le « ou bien oui bien » de cette fausse alternative en prenant la seconde, dénuée de son sens et protégée par de bien maigres garde-fous et déclarations d’intention, parce qu’elle nous libère des nécessités de la vie en nous fourguant des biens et services bien « pratiques » (bagnole, télécom, bouffe produite par des spécialistes, objets à deux balles mais en nombre, la #poubelle_industrielle avec ses nuisances écologiques qu’on feindra de déplorer).

      Ce faisant, on comprendra pourquoi nous nous sentons toujours aussi « libres », en dépit des révélations de Snowden : parce que le système étatico-industriel, si liberticide soit-il, nous délivre toujours plus des limites et des contraintes liées à la vie humaine sur terre.

      Mais depuis, il est devenu clair que la liberté effective ne dépend pas seulement des droits fondamentaux et de l’agencement des institutions, mais aussi de conditions sociales et matérielles. Si l’on dépend d’une instance supérieure pour assurer ses besoins, on se retrouve « à sa merci » et donc potentiellement en situation d’impuissance et d’oppression

      Et si la quête de délivrance à l’égard des nécessités de la vie sur terre, le désir d’un allègement de nos conditions de vie jusqu’à l’apesanteur, jusqu’à l’idée de quitter la terre pour mener une vie extra-terrestre, a fait le lit du capitalisme industriel et du saccage de la planète, il faut rompre avec cet imaginaire et revaloriser l’autonomie comme une manière de revenir sur terre, de revenir à une vision terrestre de la liberté, compatible avec la préservation de nos conditions de vie sur notre planète fragile. En tout cas, c’est une perspective plus enthousiasmante que celle d’un état d’urgence écologique qui conduirait à une restriction draconienne du peu de libertés qui nous reste.

      Merci @rastapopoulos pour l’appel !

  • Entretien avec Edward Snowden – Par Martin Knobbe et Jörg Schindler
    https://www.les-crises.fr/entretien-avec-edward-snowden-par-martin-knobbe-et-jorg-schindler

    Source : Der Spiegel, Martin Knobbe & Jörg Schindler, 13-09-2019 Si je tombe d’une fenêtre, vous pouvez être sûr que j’aurais été poussé » Dans un entretien avec le Spiegel, Edward Snowden, lanceur d’alerte, raconte comment il a réussi à tromper l’agence de renseignement la plus puissante du monde, sa vie en Russie et pourquoi Internet doit être réinventé. Entretien réalisé par Martin Knobbe et Jörg Schindler Edward SnowdenYuriy Chichkov/ DER SPIEGELLire la suite

  • #Edward_Snowden « Ce qu’il faut changer, c’est pas une entreprise, un téléphone, un logiciel : c’est le système »
    https://www.franceinter.fr/emissions/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien/l-invite-de-8h20-le-grand-entretien-16-septembre-2019

    Données personnelles, espionnage, géants du numérique, politique sécuritaire française... Le lanceur d’alerte américain, réfugié en Russie, est l’invité exceptionnel de Léa Salamé et Nicolas Demorand dans le Grand entretien de France Inter. La version intégrale de l’entretien est à lire et à voir ici.

    #Snowden

  • #Edward_Snowden on 9/11 and why he joined the army: ‘Now, finally, there was a fight’ | US news | The Guardian

    https://www.theguardian.com/us-news/2019/sep/15/edward-snowden-on-911-and-why-he-joined-the-army-now-finally-there-was-

    Whenever I try to understand how the past two decades happened, I return to that September – to that ground-zero day and its immediate aftermath. To return means coming up against a truth darker than the lies that tied the Taliban to al-Qaeda and conjured up Saddam Hussein’s illusory stockpile of WMDs. It means, ultimately, confronting the fact that the carnage and abuses that marked my young adulthood were born not only in the executive branch and the intelligence agencies, but also in the hearts and minds of all Americans, myself included.

    I started working as a web designer for a woman I met in community college class. She, or I guess her business, hired me under the table at the then lavish rate of $30 an hour in cash. The trick was how many hours I would actually get paid for.

  • Edward #Snowden publie ses Mémoires : « Nous – moi, vous, nous tous – étions trop naïfs »
    https://www.lemonde.fr/idees/article/2019/09/13/edward-snowden-publie-ses-memoires-nous-moi-vous-nous-tous-etions-trop-naifs

    L’ancien sous-traitant de l’agence américaine du renseignement, qui a révélé, en 2013, le vaste système de surveillance établi par les Etats-Unis dans le monde, raconte son parcours de lanceur d’alerte dans « Mémoires vives » (Le Seuil), à paraître en France le 19 septembre. Extraits.

    Bonnes feuilles. Etant donné le caractère américain de l’infrastructure des communications mondiales, il était prévisible que le gouvernement se livrerait à la surveillance de masse. Cela aurait dû me sauter aux yeux. Pourtant, ça n’a pas été le cas, principalement parce que les autorités américaines démentaient si catégoriquement se livrer à ce genre de choses, et avec une telle vigueur, dans les médias ou devant les tribunaux, que les quelques sceptiques qui leur reprochaient de mentir étaient traités comme des junkies complotistes.

    #Edward_Snowden #surveillance #big_brother

  • Edward Snowden Explains Blockchain to His Lawyer — and the Rest of Us | American Civil Liberties Union
    https://www.aclu.org/blog/privacy-technology/internet-privacy/edward-snowden-explains-blockchain-his-lawyer-and-rest-us

    ES: In a word: trust. Imagine an old database where any entry can be changed just by typing over it and clicking save. Now imagine that entry holds your bank balance. If somebody can just arbitrarily change your balance to zero, that kind of sucks, right? Unless you’ve got student loans.

    The point is that any time a system lets somebody change the history with a keystroke, you have no choice but to trust a huge number of people to be both perfectly good and competent, and humanity doesn’t have a great track record of that. Blockchains are an effort to create a history that can’t be manipulated.

    BW: A history of what?

    ES: Transactions. In its oldest and best-known conception, we’re talking about Bitcoin, a new form of money. But in the last few months, we’ve seen efforts to put together all kind of records in these histories. Anything that needs to be memorialized and immutable. Health-care records, for example, but also deeds and contracts.

    ES: Let’s pretend you’re allergic to finance, and start with the example of an imaginary blockchain of blog posts instead of going to the normal Bitcoin examples. The interesting mathematical property of blockchains, as mentioned earlier, is their general immutability a very short time past the point of initial publication.

    For simplicity’s sake, think of each new article published as representing a “block” extending this blockchain. Each time you push out a new article, you are adding another link to the chain itself. Even if it’s a correction or update to an old article, it goes on the end of the chain, erasing nothing. If your chief concerns were manipulation or censorship, this means once it’s up, it’s up. It is practically impossible to remove an earlier block from the chain without also destroying every block that was created after that point and convincing everyone else in the network to agree that your alternate version of the history is the correct one.

    So on the technical level, a blockchain works by taking the data of the new block — the next link in the chain — stamping it with the mathematic equivalent of a photograph of the block immediately preceding it and a timestamp (to establish chronological order of publication), then “hashing it all together” in a way that proves the block qualifies for addition to the chain.

    Think about our first example of your bank balance in an old database. That kind of setup is fast, cheap, and easy, but makes you vulnerable to the failures or abuses of what engineers call a “trusted authority.” Blockchains do away with the need for trusted authorities at the expense of efficiency. Right now, the old authorities like Visa and MasterCard can process tens of thousands of transactions a second, while Bitcoin can only handle about seven. But methods of compensating for that efficiency disadvantage are being worked on, and we’ll see transaction rates for blockchains improve in the next few years to a point where they’re no longer a core concern.

    Yet the hard truth is that the only thing that gives cryptocurrencies value is the belief of a large population in their usefulness as a means of exchange. That belief is how cryptocurrencies move enormous amounts of money across the world electronically, without the involvement of banks, every single day. One day capital-B Bitcoin will be gone, but as long as there are people out there who want to be able to move money without banks, cryptocurrencies are likely to be valued.

    BW: But what about you? What do you like about it?

    ES: I like Bitcoin transactions in that they are impartial. They can’t really be stopped or reversed, without the explicit, voluntary participation by the people involved. Let’s say Bank of America doesn’t want to process a payment for someone like me. In the old financial system, they’ve got an enormous amount of clout, as do their peers, and can make that happen. If a teenager in Venezuela wants to get paid in a hard currency for a web development gig they did for someone in Paris, something prohibited by local currency controls, cryptocurrencies can make it possible. Bitcoin may not yet really be private money, but it is the first “free” money.

    BW: So if Trump tried to cut off your livelihood by blocking banks from wiring your speaking fees, you could still get paid.

    ES: And all he could do is tweet about it.

    BW: The downside, I suppose, is that sometimes the ability of governments to track and block transactions is a social good. Taxes. Sanctions. Terrorist finance.

    We want you to make a living. We also want sanctions against corrupt oligarchs to work.

    ES: If you worry the rich can’t dodge their taxes without Bitcoin, I’m afraid I have some bad news. Kidding aside, this is a good point, but I think most would agree we’re far from the low-water mark of governmental power in the world today. And remember, people will generally have to convert their magic internet money into another currency in order to spend it on high-ticket items, so the government’s days of real worry are far away.

    BW: How would you describe the downsides, if any?

    ES: As with all new technologies, there will be disruption and there will be abuse. The question is whether, on balance, the impact is positive or negative. The biggest downside is inequality of opportunity: these are new technologies that are not that easy to use and still harder to understand. They presume access to a level of technology, infrastructure, and education that is not universally available. Think about the disruptive effect globalization has had on national economies all over the world. The winners have won by miles, not inches, with the losers harmed by the same degree. The first-mover advantage for institutional blockchain mastery will be similar.

    BW: And the internet economy has shown that a platform can be decentralized while the money and power remain very centralized.

    ES: Precisely. There are also more technical criticisms to be made here, beyond the scope of what we can reasonably get into. Suffice it to say cryptocurrencies are normally implemented today through one of two kinds of lottery systems, called “proof of work” and “proof of stake,” which are a sort of necessary evil arising from how they secure their systems against attack. Neither is great. “Proof of work” rewards those who can afford the most infrastructure and consume the most energy, which is destructive and slants the game in favor of the rich. “Proof of stake” tries to cut out the environmental harm by just giving up and handing the rich the reward directly, and hoping their limitless, rent-seeking greed will keep the lights on. Needless to say, new models are needed.

    ES: The tech is the tech, and it’s basic. It’s the applications that matter. The real question is not “what is a blockchain,” but “how can it be used?” And that gets back to what we started on: trust. We live in a world where everyone is lying about everything, with even ordinary teens on Instagram agonizing over how best to project a lifestyle they don’t actually have. People get different search results for the same query. Everything requires trust; at the same time nothing deserves it.

    This is the one interesting thing about blockchains: they might be that one tiny gear that lets us create systems you don’t have to trust. You’ve learned the only thing about blockchains that matters: they’re boring, inefficient, and wasteful, but, if well designed, they’re practically impossible to tamper with. And in a world full of shifty bullshit, being able to prove something is true is a radical development.

    #Blockchain #Edward_Snowden #Pédagogie #Bitcoin

  • Belgique : L’enquête sur le piratage de Belgacom pointe vers les services secrets britanniques Belga - 20 Septembre 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/medias/detail_l-enquete-sur-le-piratage-de-belgacom-pointe-vers-les-services-secrets-b

    Les conclusions du parquet fédéral de l’enquête sur l’opération de piratage de Belgacom, mise à jour fin 2013, pointent vers les services secrets britanniques GCHQ, rapportent De Tijd et L’Echo jeudi.

    Le parquet général a pu reconstituer une grande partie des faits et a transmis un rapport confidentiel sur ses principales conclusions au ministre de la Justice Koen Geens. L’enquête s’est appuyée sur un vingtaine de slides « top secret » du Network Analysis Centre, un département du GCHQ, que le lanceur d’alerte Edward Snowden a communiqués parmi d’autres documents à la presse sur l’Operation Socialist, le nom de code que les services secrets britanniques GCHQ ont donné au piratage. Dans le cas du piratage de Belgacom, la cible était les « routeurs GRX » de Belgacom et de BICS, dans le but d’accéder aux communications entre smartphones par roaming, quand des opérateurs laissent des clients d’autres opérateurs accéder à leur réseau. Les communications étaient interceptées via des opérations « homme-du-milieu », qui consistent à dévier vers soi des communications sans que ni l’expéditeur, ni le destinataire ne s’en rendent compte.


    Pour y parvenir, il a été nécessaire de pirater des ordinateurs de personnes clés au sein de Belgacom, par exemple dans l’entretien et la sécurité. Elles sont notamment tombées dans le piège via de faux messages LinkedIn. Les experts sont persuadés que le feu vert au piratage a été donné à un très haut niveau, peut-être même par le ministre britannique des Affaires étrangères. Si les slides n’avaient pas fuité, les preuves contre les Britanniques seraient relativement maigres.

    #espionage #piratage #Belgique #angleterre #belgacom #GCHQ #linkedin #Edward_Snowden #prism #surveillance #révélations_d'edward_snowden #police

  • #Edward_Snowden: ’The people are still powerless, but now they’re aware’ | US news | The Guardian

    https://www.theguardian.com/us-news/2018/jun/04/edward-snowden-people-still-powerless-but-aware

    Edward Snowden has no regrets five years on from leaking the biggest cache of top-secret documents in history. He is wanted by the US. He is in exile in Russia. But he is satisfied with the way his revelations of mass surveillance have rocked governments, intelligence agencies and major internet companies.

    In a phone interview to mark the anniversary of the day the Guardian broke the story, he recalled the day his world – and that of many others around the globe – changed for good. He went to sleep in his Hong Kong hotel room and when he woke, the news that the National Security Agency had been vacuuming up the phone data of millions of Americans had been live for several hours.

  • La NSA, l’Allemagne, Snowden et la géopolitique des câbles
    https://reflets.info/la-nsa-lallemagne-snowden-et-la-geopolitique-des-cables

    Edward Snowden a accordé une longue interview à #Der_Spiegel. L’une des questions du journal allemand a attiré notre attention : « Les autorités allemandes affirment qu’elles seraient sourdes et aveugles sans la NSA ou la […]

    #Technos #allemagne #Armée_américaine #DISA #DISN #Edward_Snowden #NetHealth

  • Cyberattacks in 12 Nations Said to Use Leaked N.S.A. Hacking Tool - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2017/05/12/world/europe/uk-national-health-service-cyberattack.html

    An extensive cyberattack struck computers across a wide swath of Europe and Asia on Friday, and strained the public health system in Britain, where doctors were blocked from patient files and emergency rooms were forced to divert patients.

    The attack involved ransomware, a kind of malware that encrypts data and locks out the user. According to security experts, it exploited a vulnerability that was discovered and developed by the National Security Agency.

    The hacking tool was leaked by a group calling itself the Shadow Brokers, which has been dumping stolen N.S.A. hacking tools online beginning last year. Microsoft rolled out a patch for the vulnerability last March, but hackers took advantage of the fact that vulnerable targets — particularly hospitals — had yet to update their systems.

    The attack on the National Health Service seemed perhaps the most audacious of the attacks, because it had life-or-death implications for hospitals and ambulance services.

    On social media, several images circulated showing computer screens bearing a message that the user could not enter without first paying a $300 ransom in Bitcoin. Many doctors reported that they could not retrieve their patients’ files.

    #cybersécurité #ransomware #bitcoin #données_santé

  • #WikiLeaks dévoile la « boîte à outils » de la #CIA pour pirater vos appareils
    https://www.mediapart.fr/journal/international/080317/wikileaks-devoile-la-boite-outils-de-la-cia-pour-pirater-vos-appareils

    L’organisation de Julian Assange a publié la première partie d’une série de documents dévoilant les techniques et méthodes de la CIA. L’agence est notamment capable de prendre le contrôle de téléviseurs connectés pour filmer ou écouter leurs utilisateurs. Elle dispose également d’un catalogue de failles lui permettant de pirater les téléphones portables, notamment iPhone ou Android.

    #International #Edward_Snowden #NSA #Surveillance

  • [#book] The Red Web: The Struggle Between Russia’s Digital Dictators and the New Online Revolutionaries
    (Andrei Soldatov, Irina Borogan, 2015)

    http://www.publicaffairsbooks.com/book/hardcover/the-red-web/9781610395731

    On the eighth floor of an ordinary-looking building in an otherwise residential district of southwest Moscow, in a room occupied by the Federal Security Service (FSB), is a box the size of a VHS player marked SORM. The Russian government’s front line in the battle for the future of the Internet, SORM is the world’s most intrusive listening device, monitoring e-mails, Internet usage, Skype, and all social networks.

    But for every hacker subcontracted by the FSB to interfere with Russia’s antagonists abroad—such as those who, in a massive denial-of-service attack, overwhelmed the entire Internet in neighboring Estonia—there is a radical or an opportunist who is using the web to chip away at the power of the state at home.

    Drawing from scores of interviews personally conducted with numerous prominent officials in the Ministry of Communications and web-savvy activists challenging the state, Andrei Soldatov and Irina Borogan peel back the history of advanced surveillance systems in Russia. From research laboratories in Soviet-era labor camps, to the legalization of government monitoring of all telephone and Internet communications in the 1990s, to the present day, their incisive and alarming investigation into the Kremlin’s massive online-surveillance state exposes just how easily a free global exchange can be coerced into becoming a tool of repression and geopolitical warfare. Dissidents, oligarchs, and some of the world’s most dangerous hackers collide in the uniquely Russian virtual world of The Red Web.

    The Red Web: Russia and the Internet

    https://fas.org/blogs/secrecy/2015/10/red-web

    The Internet in Russia is a battleground between activists who would use it as a tool of political and cultural freedom and government officials who see it as a powerful instrument of political control, write investigative journalists Andrei Soldatov and Irina Borogan in their new book The Red Web. For now, the government appears to be winning the battle.

    Soldatov and Borogan trace the underlying conflict back to official anxiety in the Soviet era about the hazards of freedom of information. In the 1950s, the first Soviet photocopy machine was physically destroyed at the direction of the government “because it threatened to spread information beyond the control of those who ruled.”

    [...]

    In a chapter devoted to the case of Edward Snowden, the authors express disappointment in Snowden’s unwillingness to comment on Russian surveillance or to engage with Russian journalists. “To us, the silence seemed odd and unpleasant.”

    More important, they say that Snowden actually made matters in Russia worse.

    Snowden may not have known or realized it, but his disclosures emboldened those in Russia who wanted more control over the Internet,” they write.

    Because the Snowden disclosures were framed not as a categorical challenge to surveillance, but exclusively as an exposure of U.S. and allied practices, they were exploited by the Russian government to legitimize its own preference for “digital sovereignty.”

    Snowden provided “cover for something the Kremlin wanted all along– to force Facebook, Twitter, and Google’s services, Gmail and YouTube, to be subject to Russian legislation, which meant providing backdoor access to the Russian security services.”

    [...]

    The Red Web provides a salutary reminder for Western readers that the so-called U.S. “surveillance state” has hardly begun to exercise the possibilities of political control implied in that contemptuous term. For all of its massive collection of private data, the National Security Agency — unlike its Russian counterparts — has not yet interfered in domestic elections, censored private websites, disrupted public gatherings, or gained unrestricted access to domestic communications.

    #Snowden #Edward_Snowden
    #surveillance #NSA #FSB

    • https://www.ft.com/content/7efff020-5642-11e5-9846-de406ccb37f2

      The authors also chart the history of #SORM, a system as sinister as its ugly acronym suggests. The Sistema Operativno-Rozysknikh Meropriyatiy, or System of Operative Search Measures, has been giving the FSB, successor to the KGB, a back door to spy on internet communications since 1998. At one point, Soldatov the younger comes eye to eye with a Sorm device. “The heavy metal door was opened, and Andrei quietly stepped inside a small room, packed with equipment on the racks. One of them had a small black box. It was labelled Sorm. It had a few cables and a few lights. Andrei was told that when the small green lamp was illuminated on the box, the FSB guys on the eighth floor have something to do. As he looked down, Andrei saw the small green lamp winking.”

      But Sorm was not born in 1998, the year Mr Putin became head of the FSB: as Soldatov and Borogan establish through interviews with KGB sources and engineers, the ancestors of the black box were in fact Soviet-era phone-tapping systems. To develop them, the KGB enlisted some of its enemies; in a prison lab near Moscow, dissident Lev Kopelev was set to work on speech-recognition techniques.

      [...]

      And yet, in its efforts to gain the upper hand over the internet, Russia’s security apparatus appears clumsy, with activists outsmarting some of the intrusive surveillance. If the book has one shortcoming, it is that it fails to offer a conclusive explanation for this. The authors state that the regime is helpless in the face of a decentralised network. “Information runs free like water or air on a network, not easily captured,” they say.

  • Anatoly Kucherena, Snowden’s Russian lawyer wrote a novel about this story, “The Time of the Octopus” (January 2017)

    In Moscow’s Sheremetyevo airport, fugitive US intelligence officer Joshua Kold is held in limbo, unable to leave the airport’s transit area. He is on the run, after blowing the lid off the terrifying reach of covert American global surveillance operations. Will the Russian authorities grant him asylum, or will they hand him over the clutches of the global octopus eager for revenge for his betrayal.

    This book is a fiction, but it is based on Kucherena’s own interviews with Snowden at Sheremetyevo airport, and provides the basis for Oliver Stone’s major Hollywood movie ‘Snowden’.

    It took Kucherena a month to negotiate Snowden’s stay and three months to write “Time of the Octopus.” According to WikiLeaks, Stone paid a million dollars for the book.

    The original book in Russian. “The whole truth about the American agent on the run,” the cover boasts. Also: “Oliver Stone is currently shooting a film based on this book.”:

    The book in English:

    Anatoly Kucherena:

    #book
    #Snowden #Edward_Snowden
    #Oliver_Stone

  • Email exchange between Edward Snowden and former GOP Senator Gordon Humphrey
    (July 2013)

    https://www.theguardian.com/commentisfree/2013/jul/16/gordon-humphrey-email-edward-snowden

    Snowden:

    Further, no intelligence service - not even our own - has the capacity to compromise the secrets I continue to protect. While it has not been reported in the media, one of my specializations was to teach our people at DIA [Defense Intelligence Agency] how to keep such information from being compromised even in the highest threat counter-intelligence environments (i.e. China).

    You may rest easy knowing I cannot be coerced into revealing that information, even under torture.

    #Snowden #Edward_Snowden
    #Glenn_Greenwald

  • Ed Snowden taught me to smuggle secrets past incredible danger. Now I teach you.
    (Micah Lee, Oct 2014)

    – Explains how Poitras and Snowden set up a secure communication channel using anonymous e-mail, Tor Browser, GPG, and tweeting the figerprint.

    – Explains how he got Greenwald to encrypt his computer. (Greenwald didn’t know how to nor how to use GPG, and got neither of them working)

    – Talks about his involvement in the set-up of communications between Snowden, Greenwald and Poitras prior to the revelations.

    https://theintercept.com/2014/10/28/smuggling-snowden-secrets

    I think it’s helpful to show how privacy technologists can work with sources and journalists to make it possible for leaks to happen in a secure way. Securing those types of interactions is part of my job now that I work with Greenwald and Poitras at The Intercept, but there are common techniques and general principles from my interactions with Snowden that could serve as lessons to people outside this organization.

    [...]

    but in his first email to me, Snowden had forgotten to attach his key, which meant I could not encrypt my response. I had to send him an unencrypted email asking for his key first. His oversight was of no security consequence—it didn’t compromise his identity in any way—but it goes to show how an encryption system that requires users to take specific and frequent actions almost guarantees mistakes will be made, even by the best users.

    [...]

    after creating a customized version of Tails for Greenwald, I hopped on my bike and pedaled to the FedEx office on Shattuck Avenue in Berkeley, where I slipped the Tails thumb drive into a shipping package, filled out a customs form that asked about the contents (“Flash Drive Gift,” I wrote), and sent it to Greenwald in Brazil.

    The (comprehensive) 30-page tutorial Micah wrote about using open source tools to communicate securely:

    Encryption Works: How to Protect Your Privacy (And Your Sources) in the Age of NSA Surveillance
    https://freedom.press/news-advocacy/encryption-works-how-to-protect-your-privacy-and-your-sources-in-the-age-

    The whitepaper covers:

    – A brief primer on cryptography, and why it can be trustworthy
    – The security problems with software, and which software you can trust
    – How Tor can be used to anonymize your location, and the problems Tor has when facing global adversaries
    – How the Off-the-Record (OTR) instant message encryption protocol works and how to use it
    – How PGP email encryption works and best practices
    – How the Tails live GNU/Linux distribution can be used to ensure high endpoint security

    https://web.archive.org/web/20130822041429/https://pressfreedomfoundation.org/sites/default/files/encryption_works.pdf
    backup :https://www.docdroid.net/file/download/vk6cwnN/encryption-works.pdf
    HTML version: https://web.archive.org/web/20130727195447/https://pressfreedomfoundation.org/encryption-works

    #Edward_Snowden #Snowden
    #privacy
    #Tails #GPG #PGP

  • Laura Poitras reveals her own life under surveillance
    (Andy Greenberg, February 2016)

    https://www.wired.com/2016/02/snowdens-chronicler-reveals-her-own-life-under-surveillance

    “After returning to the United States [from Iraq] I was placed on a government watchlist and detained and searched every time I crossed the US border. It took me ten years to find out why.”

    [...]

    She sleeps badly, plagued with nightmares about the American government. She reads Cory Doctorow’s Homeland and re-reads 1984, finding too many parallels with her own life. She notes her computer glitching and “going pink” during her interviews with NSA whistleblower William Binney, and that it tells her its hard drive is full despite seeming to have 16 gigabytes free. Eventually she moves to a new apartment that she attempts to keep “off the radar” by avoiding all cell phones and only accessing the Internet over the anonymity software Tor.

    When Snowden contacts her in January of 2013, Poitras has lived with the specter of spying long enough that she initially wonders if he might be part of a plan to entrap her or her contacts like Julian Assange or Jacob Appelbaum, an activist and Tor developer. “Is C4 a trap?” she asks herself, using an abbreviation of Snowden’s codename. [Citizenfour] “Will he put me in prison?”

    [...]

    In the end, Poitras has not only escaped the arrest or indictment she feared, but has become a kind of privacy folk hero: Her work has helped to noticeably shift the world’s view of government spying, led to legislation, and won both a Pulitzer and an Academy Award. But if her ultimate fear was to “become the story,” her latest revelations show that’s a fate she can no longer escape–and one she’s come to accept.

    #Snowden #Edward_Snowden
    #Poitras #Laura_Poitras

  • Jean Bricmont : comité de censure et logique totalitariste derrière la lutte contre les « fake news » — RT en français
    https://francais.rt.com/opinions/33802-jean-bricmont-comite-censure-totalitariste-lutte-fake-news

    RT : Comment peut-on lutter contre les « #fake_news » ?

    #Jean_Bricmont (J. B.) : Pour tout vous dire, je ne sais pas. Je pense que la seule alternative aux « fake news » reste d’avoir des informations honnêtes et des médias honnêtes. #Edward_Snowden l’a dit lui-même.

    et https://seenthis.net/messages/567243#message567360

  • NSA leaker Ed Snowden’s life on Ars Technica
    (June 2013)

    Snowden used as alias TheTrueHOOHA for his Ars Technica posts

    https://arstechnica.com/tech-policy/2013/06/nsa-leaker-ed-snowdens-life-on-ars-technica

    Snowden as a teen online: anime and cheeky humor
    http://www.reuters.com/article/us-usa-security-snowden-anime-idUSBRE95B14B20130613

    “I really am a nice guy,” Snowden wrote on his profile page. “You see, I act arrogant and cruel because I was not hugged enough as a child, and because the public education system turned it’s (sic) wretched, spiked back on me.”

    Reuters viewed the website on Tuesday and contacted former company employees for comment. On Wednesday, the website had been taken down.

    #Edward_Snowden #Snowden

  • #WikiLeaks : les républicains s’indignent de la grâce de #Chelsea_Manning
    https://www.mediapart.fr/journal/international/180117/wikileaks-les-republicains-sindignent-de-la-grace-de-chelsea-manning

    © Reuters Trois jours avant de quitter la Maison Blanche, Barack Obama a décidé de commuer la peine de celle qui, en 2013, a été condamnée à 35 ans de prison pour avoir fourni à WikiLeaks 700 000 documents sur les exactions de l’armée américaine en Irak et en Afghanistan. Chelsea Manning devrait sortir de prison le 17 mai. WikiLeaks et Snowden se félicitent tandis que le camp de Trump proteste.

    #International #Barak_Obama #Edward_Snowden #Julian_Assage #libertés_publiques

  • Un autre son de sifflet:
    How America Lost Its Secrets: Snowden, the Man and the Theft
    (Edward Jay Epstein)

    http://europe.newsweek.com/why-obama-wont-pardon-edward-snowden-nsa-538632

    “I spent three years investigating Snowden’s story for my book. [...] Aside from [Oliver] Stone - who paid [Snowden’s] lawyer $1 million, supposedly for the rights to his novel - I am the only [?ah bon?] American Journalist to interview him face to face. What I learned, bit by bit, from my many months of investigation, was that the key parts of Snowden’s story, although endlessly repeated in the media as fact, do not check out.”
    [...]
    “So unlike those ACLU lawyers who merely echo Snowden’s version of events, Obama must know that his story is as fictional as Stone’s movie.”
    [...] “Snowden stole much more that files regarding illegal activities or domestic surveillance by the NSA.”

    [...] “In this culture of distrust, any fact that contradicts the one-source narrative of the innocent whistleblower can be pre-emptively dismissed because Snowden, ensconced in Moscow at an unknown location, remains the ultimate truth-teller. After three years of investigating this case, I must refute this depiction of Snowden and any version of these events that paints him the hero.”

    http://knopfdoubleday.com/2017/01/12/media-center-how-america-lost-its-secrets-by-edward-jay-epstein

    #Edward_Snowden
    #book #livre