• Immigration : la crise sanitaire pèse encore sur les flux
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2022/01/20/immigration-la-crise-sanitaire-pese-encore-sur-les-flux_6110245_3224.html

    Immigration : la crise sanitaire pèse encore sur les flux
    L’immigration et les éloignements sont freinés par la crise du Covid-19. La demande d’asile repart à la hausse mais reste significativement inférieure à 2019.
    Ce sont des chiffres sujets à controverse, a fortiori dans un contexte de campagne présidentielle. Le ministère de l’intérieur devait publier, jeudi 20 janvier, le nombre de premiers titres de séjour délivrés en 2021. Une mesure de l’immigration, partielle, qui traduit la teneur d’une politique migratoire et, encore aujourd’hui, les conséquences de la crise sanitaire sur les mouvements de population.D’après les estimations de la direction générale des étrangers en France, le pays a délivré en 2021 quelque 272 000 premiers titres de séjour, soit une hausse de 21,9 % par rapport à 2020. Cette augmentation est toutefois en trompe-l’œil, tant l’année 2020 a été marquée par une chute drastique des titres, dans un contexte de pandémie (mise à l’arrêt des transports et des administrations et fermeture des frontières). En réalité, le niveau de 2019 est en voie d’être rattrapé, à l’exception des titres humanitaires dont le nombre augmente à 43 000 (il s’agit essentiellement des réfugiés), contre 33 000 en 2020 et moins de 38 000 en 2019. Le ministère y voit l’effet d’un effort de traitement des stocks des demandes d’asile en instance par l’Office français de protection des réfugiés et apatrides (Ofpra) grâce notamment à des renforts d’effectifs (les délais globaux de traitement d’une demande s’établissent autour de quatorze mois).
    Ce faisant, la demande d’asile repart à la hausse, avec 103 011 demandes déposées à l’Ofpra en 2021, mais demeure significativement inférieure à 2019. Les Afghans représentent de loin la première nationalité des demandeurs (l’année a aussi été marquée par les opérations d’évacuation de quelque 3 000 ressortissants depuis Kaboul, dont les demandes d’asile sont traitées en priorité). Viennent ensuite les Ivoiriens, les Bangladais et les Guinéens. Le taux moyen de protection est stable à 39 %.
    Net recul des régularisations Au global, la répartition en volume des premiers titres délivrés reste inchangée. Plus de 88 000 ont été attribués pour motif familial, qui demeure la principale catégorie d’entrée régulière sur le territoire et qui est constituée majoritairement de conjoints de Français. Viennent ensuite les 85 000 visas étudiants (qui ont vocation à repartir dans leur pays d’origine au terme de leur cursus) et les 36 000 titres de séjour pour motif économique, portés notamment par le dispositif d’immigration très qualifiée du « passeport talent » (environ 11 000 premiers titres).
    Tous ces chiffres ne tiennent enfin pas compte des résidents britanniques qui, conséquence du Brexit, sont, depuis le 1er octobre 2021, dans l’obligation de détenir un titre de séjour pour résider en France. Ils étaient plus de 96 000 dans ce cas à la fin de 2021. Le ministère de l’intérieur a fait le choix de les isoler statistiquement.Fait notable : les régularisations sont en net recul, y compris par rapport à 2020. Que ce soit, par exemple, parce qu’elles sont présentes en France depuis au moins cinq ans et ont des enfants scolarisés depuis au moins trois ans, ou parce qu’elles travaillent et ont une promesse d’embauche en CDI, 23 700 personnes sans papiers ont été régularisées, contre 27 400 en 2020 et 30 600 en 2019. Le ministère de l’intérieur y voit « l’effet d’une volonté gouvernementale qui consiste à être rigoureux dans l’appréciation des demandes ». Cela peut en outre s’expliquer par le difficile accès des personnes sans papiers aux préfectures, qui priorisent les renouvellements de titres.
    La crise sanitaire se ressent aussi sur les visas (principalement touristiques). Quelque 733 000 ont été délivrés en 2021, à peine plus qu’en 2020 et toujours cinq fois moins qu’en 2019 (3,5 millions). Arrivent en tête les ressortissants marocains, algériens, saoudiens et tunisiens, alors que des baisses très importantes concernent les Russes et les Chinois – elles résultent notamment de la non-reconnaissance de leurs vaccins.
    Enfin, alors que le gouvernement s’est fixé pour objectif la lutte contre l’immigration irrégulière, la crise « a encore fortement contraint les éloignements », reconnaît le ministère de l’intérieur. Environ 16 800 personnes ont quitté la France en 2021 (qu’il s’agisse de départs forcés ou de retours volontaires), soit à peine plus qu’en 2020 (16 000) et encore beaucoup moins qu’en 2019 (31 400). « Des chiffres pas satisfaisants au regard des enjeux », regrette la Place Beauvau, qui évoque les conséquences de l’activité consulaire réduite, la difficulté d’obtention de laissez-passer consulaires, la baisse du trafic aérien ou encore le refus des personnes de se soumettre à un test Covid.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#crisesanitaire#immigration#eloignement#visas#regroupementfamilial#regularisation#politiquemigratoire#passeporttalent#vaccination

  • Migration de transit : #Belgique et #France appellent #Frontex à l’aide

    L’agence aux frontières extérieures pourrait fournir une surveillance aérienne pour identifier les embarcations tentant de traverser la #Manche depuis les côtes françaises.

    Et pourquoi ne pas aider le nord ? Dans le cadre des « #consultations_de_Val_Duchesse » – rencontre entre gouvernements français et belge sur les thématiques sécuritaires –, Sammy Mahdi, le secrétaire d’Etat à l’Asile et la Migration, a appuyé la #demande française d’un #renfort de l’agence des frontières extérieures, Frontex, pour surveiller la #côte_d’Opale. En cause : le nombre grandissant de traversées de migrants tentant de rejoindre l’Angleterre par la mer. En à peine deux jours, ce week-end, près de 250 personnes ont ainsi été secourues par les autorités alors qu’elles étaient en difficulté en mer. « Depuis le Brexit, la lutte contre la transmigration n’est pas devenue plus facile », a souligné le secrétaire d’Etat dans un communiqué. « Frontex apporte son aide dans le sud et l’est de l’Europe, mais devrait également le faire dans le nord. »

    Phénomène longtemps marginal, les traversées irrégulières de la Manche par bateau ont commencé à augmenter à partir de fin 2019 et n’ont pas cessé depuis. Un transfert s’expliquant probablement par la sévérité des contrôles des camions, par l’imminence du Brexit – dont le bruit courait qu’il aurait un impact sur la possibilité de franchir la frontière avec des contrôles douaniers systématiques – et peut-être par l’effet dissuasif du drame de l’Essex, lorsque 39 personnes avaient été retrouvées mortes dans un camion frigorifique. Mais aussi… par son taux de réussite. Depuis le début de l’année, la préfecture maritime Manche-mer du Nord a enregistré 1.231 tentatives de traversées impliquant plus de 31.500 personnes (certaines personnes ayant pu être impliquées dans plusieurs traversées). Seules un quart ont été interceptées et ramenées vers les côtes françaises. Et comme le Royaume-Uni a refusé de négocier un volet « réadmission » dans le cadre de l’accord du Brexit (pour remplacer le règlement Dublin), il doit gérer les personnes migrantes une fois débarquées.

    Pour les autorités belges, mais surtout françaises, le défi tient à l’immensité de la zone à surveiller. Alors que les départs avaient jusqu’à récemment lieu depuis les alentours de Calais, le point le plus proche de l’Angleterre, ils se sont dispersés vers le sud à mesure de la hausse des contrôles, allant jusqu’au Touquet, à 70 km de là. Ils sont en revanche toujours rarissimes côté belge. Les petites embarcations restent la norme – Decathlon a annoncé il y a quelques jours suspendre la vente de ses kayaks dans les magasins de Calais et Grande-Synthe, constatant un « détournement de leur usage sportif » –, signe de traversées autonomes. « Mais depuis 2019, avec la montée en puissance de réseaux criminels, voire mafieux, nous voyons des embarcations de plus en plus grandes et de plus en plus chargées, engendrant un effet de saturation ponctuelle. Les embarcations plus robustes, type voiliers ou chalutiers, restent plus anecdotiques », indique la préfecture maritime. Comprendre : les moyens de traversée les plus sûrs sont les plus rares. Or, la Manche est réputée être une autoroute de cargos, très dangereuse pour de petites embarcations la traversant.

    La France a déjà considérablement renforcé les moyens de surveillance et le travail de coordination pour mieux contrôler la côte, soutenue par une enveloppe de 62 millions d’euros promise par le Royaume-Uni. Un cadre opérationnel doit encore être déterminé pour définir l’intervention de Frontex : combien de temps, quels moyens humains, matériels… L’agence indique que la demande concerne du « soutien de surveillance aérienne ».

    « Ce serait la première fois que Frontex s’emploie à stopper les flux sortants au lieu de protéger les frontières extérieures contre les menaces extérieures », souligne le cabinet du secrétaire d’Etat Sammy Mahdi. « Mais si vous regardez les chiffres des départs en 2021, c’est une façon valable de penser. Si ce modèle continue à porter ses fruits avec les arrivées au Royaume-Uni, la transmigration sera difficile à arrêter. »

    https://www.lesoir.be/407906/article/2021-11-22/migration-de-transit-belgique-et-france-appellent-frontex-laide
    #asile #migrations #réfugiés #frontières #aide

    • Frontex deploys Danish surveillance aircraft over northern France

      Frontex has deployed a plane to support French and Belgian authorities trying to spot illegal boat crossing activity, a week after 27 migrants drowned when their dinghy deflated in the Channel, the European Union’s joint frontier force said.

      In a statement, Frontex said the plane, provided by Denmark had landed in Lille, northern France, adding the aircraft was equipped with modern sensors and radar to support land and sea border control.

      The deployment was decided during a meeting on Sunday in Calais between French Interior Minister Gerald Darmanin and some of his European counterparts, an event to which British Interior Minister Priti Patel had been disinvited following a letter from British Prime Minister Boris Johnson letter that angered Paris. (https://www.reuters.com/world/europe/france-says-it-will-not-be-held-hostage-by-british-politics-migration-2021-)

      France and Britain are at loggerheads over post-Brexit trading rules and fishing rights and last week relations soured further after 27 people died trying to cross the Channel.

      “The evolution of the situation in the Channel is a matter of concern. Upon the request from member States, Frontex deployed a plane in France to support them with aerial surveillance in just three days,” Frontex Director Fabrice Leggeri said.

      “We are starting with one plane, but we stand ready to reinforce our support if needed.”

      The aim of the operation on the coastline is to prevent the rising number of sea crossings.

      https://www.reuters.com/world/europe/frontex-deploys-danish-surveillance-aircraft-over-northern-france-2021-12-0

      #Danemark #militarisation_des_frontières

    • Le ministre de l’Intérieur @GDarmanin a annoncé la semaine dernière la mise en service d’un avion de l’agence #Frontex pour surveiller les traversées de migrants dans la Manche.

      Repéré par notre collègue @MickaelGoavec, l’appareil a commencé à survoler la zone aujourd’hui.

      Comment s’y prendre pour pister l’appareil ?
      La photo ci-dessus ne montre pas l’immatriculation.

      En cherchant sur Twitter on tombe sur un autre tweet du ministère @Interieur_Gouv et on devine les chiffres «  ??-080 ».

      En passant cette image dans Bing et en zoomant sur l’avion, on tombe sur plusieurs photos d’un appareil ressemblant fortement à celui évoqué par @GDarmanin.

      On peut alors récolter « l’empreinte » de l’avion :

      Immat. : C-080 de la Royal Danish Air Force
      Code ICAO/HEX : 45F422

      En poursuivant les recherches, on tombe sur cette note diffusée par le ministère des Affaires étrangères danois.

      Elle indique que l’avion a été envoyé par le #Danemark pour contribuer à l’opération Triton de lutte contre l’immigration illégale en Méditerranée en 2017.

      Comme beaucoup d’avions militaires et gouvernementaux, le parcours de vol est masqué sur la plupart des sites comme @flightradar24
      ou @flightaware
      .

      Le site @RadarBox24 montre un parcours partiel mais précise bien que les informations sont « bloquées ».

      Mais certains internautes l’ont déjà repéré avant qu’il n’atterrisse à Lille.

      Et d’autres sites, notamment @ADSBexchange, n’acceptent généralement pas les demandes des particuliers ou des organisations souhaitant masquer leurs avions des sites de tracking.

      On peut donc suivre le parcours de l’appareil de surveillance en direct sur ce site :
      https://globe.adsbexchange.com/?icao=45f422

      On remarque un « motif » de surveillance et une altitude basse, un peu moins de 400m.

      Il semble aussi s’attarder sur les dunes qui entourent les villes de #Dunkerque et #GrandeSynthe, où les migrants ont installé des campements.

      https://twitter.com/RevelateursFTV/status/1466745416045764614

    • Migrants dans la Manche : Frontex a la « possibilité de déployer des personnels au sol »

      Fabrice Leggeri, directeur exécutif de Frontex, a été auditionné ce mercredi 8 décembre devant la commission des affaires étrangères du Sénat. Il est revenu sur la « nouvelle opération » de #surveillance_aérienne dans la Manche, qui a commencé début décembre, ainsi que sur les différentes crises auxquelles fait face l’agence européenne. « On va vivre pour longtemps avec une pression migratoire forte », prévient-il.

      Entre la France et le Royaume-Uni, la tension reste forte sur la question de l’immigration depuis le naufrage, au large de Calais, d’une embarcation causant la mort de 27 personnes, le 24 novembre dernier. Hier, lors de son audition à la commission des Lois de l’Assemblée nationale, le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin a demandé, une fois de plus, au Royaume-Uni « d’ouvrir une voie légale d’immigration » pour réduire le nombre de traversées illégales entre les deux pays. Ce mercredi, Fabrice Leggeri, le directeur exécutif de Frontex, a détaillé devant les membres de la commission des affaires étrangères du Sénat la « #nouvelle_opération » de surveillance de l’agence européenne de #garde-côtes et #gardes-frontières dans la Manche. « L’#avion de Frontex est arrivé à Lille le 1er décembre et a commencé ses patrouilles [..]. Nous fournissons depuis quelques semaines des #images_satellitaires à la France - la Belgique est intéressée, les Pays Bas aussi - pour détecter quelques jours à l’avance des #préparatifs_de_départs, des activités de #passeurs ou de #trafiquants près de la #côte », indique-t-il.

      « Nous pouvons faire davantage » si des États le souhaitent

      Pour assurer la #surveillance des dizaines de kilomètres de côtes, en France, en Belgique ou même aux Pays-Bas, Fabrice Leggeri garantit que « nous pouvons faire davantage s’il y a un souhait [des pays] d’aller plus loin ». Outre « le #rapatriement et l’#éloignement des #étrangers_en_situation_irrégulière, nous avons la possibilité de déployer des personnels de gardes-frontières au #sol qui pourraient avoir des missions de surveillance en complément et sous la direction des autorités nationales ». Sans oublier le devoir d’information de l’agence si elle observe « des situations de détresse en mer ».

      Interrogé sur la tenue de discussions avec le Royaume-Uni pour pouvoir intervenir sur leur territoire, le directeur de Frontex pointe « un paradoxe. Nous sommes présents physiquement en Albanie, en Serbie, parce qu’il y a un accord entre l’Union Européenne et ces pays-là, mais il n’y en a pas le Royaume-Uni. Pas d’accord post-Brexit pour coopérer avec eux dans la Manche ». Et Fabrice Leggeri d’insister sur sa volonté de travailler « dans un cadre juridique. On ne peut pas faire du bricolage à la carte ».

      « Avoir un cadre juridique clair »

      Sur d’autres frontières, en Biélorussie, Pologne et Lituanie, le patron de Frontex – qui parle de « #menace_hybride, d’une instrumentalisation des migrants comme moyen de pression politique ou géopolitique - rapporte aussi « une incertitude juridique qui me préoccupe au moins autant que la force physique ». Il donne l’exemple d’une loi lituanienne, adoptée à l’été 2021 en réponse à l’afflux de migrants à sa frontière : « Certains disent que cette loi n’est pas conforme à l’ordre juridique de l’Union européenne. […] Il est important pour l’agence d’avoir un cadre juridique clair. Ce n’est pas le cas actuellement ».

      Au total, entre 2 000 et 2 200 personnels de Frontex sont déployés dans l’Union Européenne. Les plus grosses opérations ont, pour le moment, lieu en Grèce (400 personnels), Italie (200), Espagne (200) et en Lituanie (une centaine). L’objectif est d’atteindre les 10 000 agents en 2027. Qui seront les bienvenus, selon Fabrice Leggeri. Car en plus de la lutte contre la criminalité et la prévention des menaces terroristes, « on va vivre pour longtemps avec une #pression_migratoire forte. La démographie l’explique, les déséquilibres économiques aussi, accentués avec la #crise_sanitaire ».

      https://www.publicsenat.fr/article/parlementaire/migrants-dans-la-manche-frontex-a-la-possibilite-de-deployer-des-personn

    • Frontex en action dans la Manche : la Grande-Bretagne, une force d’attraction pour les réfugiés

      Le pilote danois #Michael_Munkner est de retour à la base après cinq heures et demie de vol au-dessus de la Manche.

      Il est commandant de l’avion « #Côte_d'Opale » dans le cadre de l’opération européenne Frontex. Depuis le naufrage d’un radeau qui a tué 27 demandeurs d’asile le mois dernier, il surveille la zone :

      « Je ne peux pas entrer dans le détail de ce que nous avons vu exactement, mais nous avons pris quelques photos que nous pouvons vous montrer des différents camps que nous surveillons en particulier à Calais et Dunkerque. Nous surveillons les camps pour voir, ce qu’ils font, s’ils se préparent à partir, et aussi bien sûr les plages pour voir s’il y a des départs. »

      L’agence Frontex a organisé des vols au-dessus de la zone à la demande de la France. La mission est censée durer jusqu’à la fin de l’année.

      Si les agents ont admis que des discussions sur le renouvellement de leur mandat étaient en cours, certains doutent de l’efficacité des mesures prises pour dissuader les personnes désespérées d’effectuer la traversée de la Manche.

      « Je pense que les gens tenteront la traversée. S’ils sont suffisamment désespérés, ils iront, quoi qu’il arrive. J’espère simplement que nous pourrons être là pour aider à éviter les pertes de vies humaines » explique Michael Munkner, le commandant du détachement Frontex pour la Manche.

      Elyaas Ehsas est un réfugié afghan. Il est d’accord pour dire que les exilés continueront de chercher à traverser par tous les moyens pour se rendre au Royaume-Uni, malgré les obstacles.

      « S’ils avaient une chance de rester dans leur pays d’origine, ils resteraient. Imaginez comme ça... quelqu’un dans votre pays vous prend tout, que feriez-vous ? »

      Elyaas a quitté l’Afghanistan il y a 6 ans. Après avoir vu sa demande d’asile rejetée par la Suède, il avait aussi pensé à faire la traversée de la Manche :

      « Une des raisons pour lesquelles les gens traversent et prennent beaucoup de risques, c’est à cause de l’accord de Dublin, ils se disent si je vais au Royaume-Uni, il n’y a pas de règlement de Dublin au Royaume-Uni à cause du Brexit. Le Royaume-Uni a quitté l’Union européenne, et donc il n’y a pas d’empreintes digitales. Au moins, ils peuvent rester là-bas pendant un certain temps et se reconstruire une nouvelle vie. »

      Le règlement de Dublin part du principe que les réfugiés bénéficient du même niveau de protection dans tous les États membres de l’UE, et qu’ils doivent demander l’asile dans le pays d’arrivée.

      Les 27 ont reconnu les limites du dispositif et promis de créer un nouveau système de gouvernance migratoire.

      Le mois dernier, Elyaas a pu faire une nouvelle demande d’asile, cette fois-ci en France. Mais son histoire n’est pas encore terminée. Il dit que si les autorités françaises rejettent sa demande, il poursuivra son voyage quelles qu’en soient les conséquences.

      https://fr.euronews.com/2021/12/17/frontex-en-action-dans-la-manche-la-grande-bretagne-une-force-d-attract

  • Avec la crise sanitaire, moins d’enfermements en 2020 dans les centres de rétention administrative
    https://www.lemonde.fr/societe/article/2021/07/06/avec-la-crise-sanitaire-moins-d-enfermements-en-2020-dans-les-centres-de-ret

    Avec la crise sanitaire, moins d’enfermements en 2020 dans les centres de rétention administrative. Malgré une baisse du nombre d’enfermements, plusieurs associations estiment que la rétention, prélude à l’expulsion des étrangers en situation irrégulière, a été parfois indûment utilisée alors que les frontières fermées empêchaient les mesures d’éloignement.
    Dans le domaine migratoire, ce sont des lieux qui concentrent toutes les attentions : d’une part, celle des associations, préoccupées par la question de la privation de liberté et du respect des droits ; d’autre part, celle du ministère de l’intérieur, qui y organise les reconduites aux frontières d’étrangers sans titre de séjour.
    En 2020, la situation dans les centres de rétention administrative (CRA) a été marquée par la crise sanitaire due au Covid-19, qui a entraîné la fermeture des frontières, et par la « volonté du gouvernement de poursuivre les éloignements malgré un contexte qui rendait potentiellement dangereux [le placement en rétention] », dénoncent plusieurs associations, dont La Cimade et Forum réfugiés-Cosi, mardi 7 juillet, à l’occasion de la publication de leur bilan annuel sur l’enfermement au sein de ces lieux.
    Première conséquence de la crise sanitaire : la baisse du nombre de placements en rétention, qui chute presque de moitié par rapport à 2019. Les associations présentes au sein des CRA ont recensé, en 2020, près de 28 000 personnes enfermées en vue d’une expulsion, dont la majorité en outre-mer et plus précisément à Mayotte, contre près de 54 000 l’année précédente. Une épine dans le pied du gouvernement et du ministre de l’intérieur, Gérald Darmanin, qui tente par tous les moyens d’accélérer le renvoi des étrangers en situation irrégulière depuis plusieurs mois.
    Lire aussi En 2019, près de 54 000 étrangers sans titre de séjour ont été enfermés
    Le 17 mars 2020, au départ du premier confinement, un mouvement de désengorgement des CRA était amorcé. Sous l’effet de décisions prises par les juges des libertés et de la détention, de multiples mesures de remise en liberté étaient ordonnées, justifiées par la menace que constituait la circulation du virus dans ces lieux où la distanciation sociale est quasi impossible.Au sortir du premier confinement, la donne a progressivement changé, avec la mise en place d’un protocole sanitaire et l’instauration de jauges. « Insuffisant », ont jugé les associations, qui ont constaté la formation de plusieurs clusters tout au long de l’année. En novembre 2020, la Contrôleuse générale des lieux de privation de liberté, Dominique Simonnot, appelait à la fermeture temporaire des CRA ou, au minimum, à une baisse drastique de leur activité.
    La crise sanitaire a, en outre, relancé la critique sur l’opportunité même d’un placement en rétention, alors que la possibilité de renvoyer un étranger sans titre de séjour était parfois rendue impossible par la fermeture des frontières. En 2020, le nombre de personnes expulsées depuis un centre de rétention a logiquement chuté, passant de 49,4 % en 2019 à 40,4 % en 2020, selon le rapport des associations.Certaines situations interpellent, comme celle des ressortissants algériens. « C’est l’exemple emblématique de cette année 2020 », estime Justine Girard, responsable des questions de rétention à La Cimade. Au total, 970 Algériens ont été placés en CRA entre le 17 mars et le 31 décembre 2020. Sur l’ensemble de l’année, il s’agit de la nationalité la plus représentée parmi les personnes retenues. Or, selon le bilan des associations, seules 8 % d’entre elles ont effectivement été renvoyées depuis le premier confinement, à 90 % vers un autre pays de l’Union européenne, et seulement quatre personnes ont pu être expulsées vers l’Algérie, qui avait décidé de la fermeture totale de ses frontières le 17 mars. « Des personnes ont fait l’objet de longues durées de rétention alors qu’on savait qu’elles ne seraient pas expulsées », poursuit Justine Girard.
    A l’inverse, les renvois se sont accélérés du côté des ressortissants roumains (77,1 % des personnes enfermées ont été expulsées), albanais (68,2 %) ou géorgiens (48,8 %). Une « politique du chiffre », jugent les associations, alors que le renvoi vers ces pays était plus simple que vers ceux du Maghreb.Enfin, en 2020, 26,5 % des personnes placées en rétention – soit une sur quatre – sortaient de prison, chiffre le plus haut enregistré ces dernières années. « Déjà observée en 2019, cette tendance s’est renforcée et témoigne d’un recours à la rétention pour d’autres finalités que l’éloignement du territoire français », estiment les associations dans leur rapport. Depuis son arrivée place Beauvau, en juillet 2020, le ministre de l’intérieur multiplie les instructions aux préfets pour expulser les étrangers en situation irrégulière qui constituent une « menace grave pour l’ordre public ».Depuis 2017, le nombre de places en rétention a doublé, passant de 1 069 à près de 2 200. Sur la seule année 2020, plus de 400 places ont été créées, à travers la construction de nouveaux CRA, comme à Lyon, Bordeaux, au Mesnil-Amelot (Seine-et-Marne) ou à Olivet (Loiret). Au sein des centres de rétention, si les jauges limitaient en 2020 le nombre de personnes retenues, leur taux de remplissage augmente de nouveau et « tourne aujourd’hui autour de 80 % », rapporte Justine Girard.

    #Covid-19#migrant#migration#france#sante#crisesanitaire#retention#CRA#expulsion#etranger#eloignement#algerie#maghreb#roumain#albanais#georgiens

  • Darmanin : En matière d’immigration, notre main est ferme

    Au total, il y a 30 % d’#éloignements_forcés de plus que sous les deux quinquennats précédents. Dans le même temps, nous naturalisons 30 % de moins. Nous avons durci les conditions d’intégration et les entretiens d’assimilation.

    https://twitter.com/GDarmanin/status/1390583304378847232

    –-> les 3 tweet de Darmanin likés par #Macron

    –—

    Commentaire de François Gemenne :

    Un éloignement forcé, c’est toujours un échec. Qu’un ministre de l’Intérieur se félicite de cela, c’est comme si un ministre de l’Education se félicitait de l’augmentation du taux de redoublement, ou un ministre de la Justice de la hausse du nombre de prisonniers. Quelle misère.

    https://twitter.com/Gemenne/status/1391787516731273219

    #Darmanin #Gérard_Darmanin #France #expulsions #statistiques #chiffres #migrations #renvois #asile #réfugiés #machine_à_expulser #naturalisation #intégration #conditions_d'intégration #assimilation #titre_de_séjour #rhétorique #fermeté

    ping @isskein @karine4

  • #Urbanisme. Dans les #villes sud-africaines, les fantômes de l’#apartheid

    Jusque dans leur #architecture et leur organisation, les villes sud-africaines ont été pensées pour diviser #Noirs et #Blancs. Vingt ans après la fin de l’apartheid, des activistes se battent pour qu’elles soient enfin repensées.

    Lors de la dernière nuit que Sophie Rubins a passée dans son taudis de tôle rouillée, au début du mois de septembre, la première pluie du printemps s’est abattue sur son toit. De son lit, elle l’a regardée s’infiltrer dans les interstices des parois. Les fentes étaient si grandes qu’on pouvait « voir les étoiles », dit-elle, et en entrant, l’eau faisait des flaques sur le sol, comme à chaque fois qu’il avait plu durant les trente dernières années.

    Mme Rubins avait passé la majeure partie de sa vie dans ce « zozo » - une bicoque en tôle - situé dans une arrière-cour d’Eldorado Park. Ce #township de la banlieue sud de #Johannesburg avait été construit pour abriter un ensemble de minorités ethniques désigné dans la hiérarchie raciale de l’apartheid sous le nom de « communauté de couleur ». Les emplois et les services publics y étaient rares. La plupart des postes à pourvoir se trouvaient dans les secteurs « blancs » de la ville, où l’on parvenait après un long trajet en bus.

    Mais cette nuit était la dernière qu’elle y passait, car, le lendemain matin, elle déménageait de l’autre côté de la ville, dans un appartement qui lui avait été cédé par le gouvernement. Cela faisait vingt-quatre ans qu’elle figurait sur une liste d’attente.

    Je pensais avoir ce logement pour y élever mes enfants, soupire-t-elle, mais je suis quand même contente car j’aurai un bel endroit pour mourir."

    Construits pour diviser

    Quand la #ségrégation a officiellement pris fin en Afrique du Sud au milieu des années 1990, les urbanistes ont été confrontés à une question existentielle : comment réunir les communautés dans des villes qui avaient été construites pour les séparer ?? Pendant des décennies, ils l’avaient esquivée pour se concentrer sur une question plus vaste encore : comment fournir un #logement décent à des gens entassés dans des quartiers pauvres, isolés et dépourvus de services publics ?? Depuis la fin de l’apartheid, le gouvernement a construit des logements pour des millions de personnes comme Mme Rubins.

    Mais la plupart sont situés en #périphérie, dans des quartiers dont l’#isolement contribue à accroître les #inégalités au lieu de les réduire. Ces dernières années, des militants ont commencé à faire pression sur les municipalités pour qu’elles inversent la tendance et construisent des #logements_sociaux près des #centres-villes, à proximité des emplois et des écoles. D’après eux, même s’ils ne sont pas gratuits, ces logements à loyer modéré sont un premier pas vers l’intégration de la classe populaire dans des secteurs de la ville d’où elle était exclue.

    Le 31 août, un tribunal du Cap a donné gain de cause à ces militants en décrétant que la ville devait annuler la vente d’un bien immobilier qu’elle possédait près du quartier des affaires et y construire des logements sociaux. « Si de sérieux efforts ne sont pas faits par les autorités pour redresser la situation, stipule le jugement, l’#apartheid_spatial perdurera. » Selon des experts, cette décision de justice pourrait induire une réaction en chaîne en contraignant d’autres villes sud-africaines à chercher à rééquilibrer un statu quo très inégalitaire.

    Ce jugement est important car c’est la première fois qu’un tribunal estime qu’un logement abordable et bien placé n’est pas quelque chose qu’il est bon d’avoir, mais qu’il faut avoir", observe Nobukhosi Ngwenya, qui poursuit des recherches sur les inégalités de logements à l’African Centre for Cities [un centre de recherches sur l’urbanisation] du Cap.

    Près de la décharge

    Cet avis va à contre-courant de l’histoire mais aussi du présent. L’appartement dans lequel Mme Rubins a emménagé au début de septembre dans la banlieue ouest de Johannesburg a été construit dans le cadre du #Programme_de_reconstruction_et_de_développement (#PRD), un chantier herculéen lancé par le gouvernement dans les années 1990 pour mettre fin à des décennies - voire des siècles en certains endroits - de ségrégation et d’#expropriation des Noirs. Fondé sur l’obligation inscrite dans la Constitution sud-africaine d’"assurer de bonnes conditions de logement" à chaque citoyen, ce programme s’engageait à fournir un logement gratuit à des millions de Sud-Africains privés des services essentiels et de conditions de vie correctes par le gouvernement blanc.

    Le PRD a été dans une certaine mesure une réussite. En 2018, le gouvernement avait déjà livré quelque 3,2 millions de logements et continuait d’en construire. Mais pour réduire les coûts, la quasi-totalité de ces habitations ont été bâties en périphérie des villes, dans les secteurs où Noirs, Asiatiques et métis étaient naguère cantonnés par la loi.

    Le nouvel appartement de Mme Rubins, par exemple, jouxte la décharge d’une mine, dans un quartier d’usines et d’entrepôts construits de manière anarchique. Le trajet jusqu’au centre-ville coûte 2 dollars, soit plus que le salaire horaire minimum.

    Cet #éloignement du centre est aussi un symbole d’#injustice. Sous l’apartheid, on ne pouvait accéder à ces #banlieues qu’avec une autorisation de la municipalité, et il fallait souvent quitter les lieux avant le coucher du soleil.

    « Il y a eu beaucoup de luttes pour l’accès à la terre dans les villes sud-africaines et elles ont été salutaires », souligne Mandisa Shandu, directrice de Ndifuna Ukwazi, l’association de défense des droits au logement qui a lancé l’action en #justice au Cap pour que la vente immobilière de la municipalité soit annulée. « Ce que nous avons fait, c’est réclamer que l’#accès mais aussi l’#emplacement soient pris en considération. »

    Au début de 2016, l’association a appris que la municipalité du Cap avait vendu une propriété située dans le #centre-ville, [l’école] Tafelberg, à une école privée locale. Alors que l’opération avait déjà eu lieu, l’association a porté l’affaire devant les tribunaux en faisant valoir que ce bien n’était pas vendable car la ville était tenue d’affecter toutes ses ressources à la fourniture de #logements_sociaux.

    Après quatre ans de procédure, le tribunal a décidé d’invalider la vente. Les autorités ont jusqu’à la fin de mai 2021 pour présenter un plan de logements sociaux dans le centre du Cap. « Je pense que ce jugement aura une influence majeure au-delà du Cap, estime Edgar Pieterse, directeur de l’African Centre for Cities. Il redynamisera le programme de logements sociaux dans tout le pays. »

    Fin de « l’#urbanisme_ségrégationniste »

    Cependant, même avec cette nouvelle impulsion, le programme ne répondra qu’à une partie du problème. Selon M. Pieterse, le gouvernement doit trouver des moyens pour construire des #logements_gratuits ou à #loyer_modéré pour faire des villes sud-africaines des endroits plus égalitaires.

    Ainsi, à Johannesburg, la municipalité a passé ces dernières années à améliorer le réseau des #transports_publics et à promouvoir la construction le long de liaisons qui avaient été établies pour faciliter les déplacements entre des quartiers coupés du centre-ville par un urbanisme ségrégationniste.

    Quand Mme Rubins a emménagé dans son nouvel appartement, elle ne pensait pas à tout cela. Pendant que l’équipe de déménageurs en salopette rouge des services publics déposait ses étagères et ses armoires, dont les pieds en bois étaient gauchis et gonflés par trente ans de pluies torrentielles, elle a jeté un coup d’oeil par la fenêtre de sa nouvelle chambre, qui donnait sur un terrain jonché de détritus.

    Sa nièce, June, qui avait emménagé à l’étage au-dessus une semaine plus tôt, l’aidait à trier les sacs et les cartons. Mme Rubins s’est demandé à haute voix s’il y avait de bonnes écoles publiques dans le coin et si les usines embauchaient. Elle l’espérait, car le centre-ville était à trente minutes en voiture.

    Si tu es désespérée et que Dieu pense à toi, tu ne dois pas te plaindre. Tu dois juste dire merci", lui a soufflé June.

    https://www.courrierinternational.com/article/urbanisme-dans-les-villes-sud-africaines-les-fantomes-de-lapa
    #Afrique_du_Sud #division #séparation #Segregated_By_Design #TRUST #master_TRUST

    ping @cede

  • Éloignement forcé des #étrangers : d’autres solutions justes et durables sont possibles

    Il y a deux ans, en 2018, l’ « #affaire_des_Soudanais » entraînait la mise en place d’une Commission chargée de l’évaluation de la #politique_du_retour_volontaire et de l’#éloignement_forcé d’étrangers de la #Belgique (ou #Commission_Bossuyt du nom de son président). Alors que le rapport final de la Commission Bossuyt est attendu pour l’été 2020, un regroupement d’associations, dont le CNCD-11.11.11 , publie aujourd’hui un rapport alternatif proposant une gestion différente de la politique actuelle, essentiellement basée sur l’éloignement forcé.

    Les faiblesses et limites de la Commission Bossuyt

    La Commission Bossuyt a été mise en place en réponse aux nombreuses critiques dont la politique de retour de la Belgique a fait l’objet à la suite de ladite « affaire des Soudanais » [1], à savoir la collaboration engagée avec le régime soudanais pour identifier et rapatrier une série de personnes vers ce pays sans avoir dûment vérifié qu’elles ne couraient aucun risque de torture ou de traitement dégradant, comme le prévoit l’article 3 de la Convention européenne des droits de l’homme (CEDH). Cette commission fait suite aux Commissions Vermeersh 1 et 2, mises en place vingt ans plus tôt, suite au décès tragique de la jeune nigériane Semira Adamu le 22 septembre 1998 lors d’une expulsion forcée depuis la Belgique.

    L’objectif de cette commission temporaire est d’évaluer le volet retour de la politique migratoire belge et d’émettre des recommandations à destination des responsables politiques en vue d’améliorer cette politique. Plusieurs faiblesses sont cependant manifestes : son mandat ne s’inscrit pas dans une approche holistique de la migration, les indicateurs de résultats n’ont pas été établis en amont du processus d’évaluation, les membres de la commission proviennent uniquement des administrations et du personnel exécutant la politique de retour. Le centre interfédéral Myria, qui a fait une analyse approfondie du rapport intermédiaire [2], déclare que la Commission Bossuyt est caractérisée par l’opacité de sa méthodologie, le manque d’indépendance de ses évaluateurs et la faible qualité de ses recommandations.
    Le rapport intermédiaire Bossuyt pointe l’inefficacité de la politique belge d’éloignement

    Lors de la présentation du rapport intermédiaire de la Commission Bossuyt, son président a salué les mesures édictées et partiellement mise en place depuis les Commissions Vermeersch, mais il a également déploré l’échec de la politique de retour de la Belgique. Les « chiffres » de retour sont en baisse malgré les moyens consacrés aux nombreuses arrestations et à la détention.

    Cette inefficacité est également constatée par d’autres acteurs, mais pour bien d’autres raisons. En effet, d’une part, comme l’acte Myria [3], « depuis 2016, on constate une diminution constante du nombre de rapatriements et de retours volontaires assistés, malgré l’augmentation du nombre d’arrestations administratives d’étrangers et du nombre de premières détentions en centre fermé ». D’autre part, comme le dénonce le Ciré [4], « la politique d’éloignement de la Belgique est avant tout symbolique mais elle est totalement inefficace et coûteuse. Elle est un non-sens au niveau financier mais aussi et avant tout au niveau des droits humains. Les alternatives à la détention sont 17% moins onéreuses que la politique de détention mais encore faut-il que celles-ci soient de véritables alternatives. Il faut pour cela obligatoirement changer de paradigme et mettre les besoins des personnes au centre de nos politiques migratoires ».

    Actuellement, la politique migratoire belge se focalise essentiellement sur l’augmentation des chiffres de retour plutôt que d’investir dans la recherche de solutions durables et profitables pour les personnes migrantes, les pays et sociétés d’accueil, de transit et d’origine. Cette obsession du retour entraîne une augmentation de la détention et des violences [5] qui lui sont intrinsèquement associées.

    Ainsi, les chiffres récemment demandés par le service d’information de la VRT à l’Office des étrangers montrent qu’en 2018, 33 386 personnes se sont vu notifier un ordre de quitter le territoire. Or, à peine 7 399 personnes ont effectivement quitté le territoire en 2018 [6], ce qui démontre l’inefficacité de cette politique actuelle.
    « Au-delà du retour » : un rapport de la société civile axé sur les alternatives

    A la veille de la publication du rapport final de la Commission Bossuyt, un collectif rassemblant des ONG, des syndicats, des chercheurs et chercheuses du monde académique, femmes et hommes du secteur de la Justice, a souhaité démontrer qu’une autre politique migratoire, notamment en matière d’éloignement, est à la fois nécessaire et réaliste. Le contenu de ce rapport, nommé « Au-delà du retour » , est basé sur celui d’un colloque organisé fin 2019 et centré sur deux dimensions : les alternatives à la détention et le respect des droits humains.

    Alternatives à la détention

    Comme le recommandait la campagne pour la justice migratoire coordonnée par le CNCD-11.11.11 de 2017 à 2019, la première recommandation du rapport porte sur la nécessité de sortir d’une vision focalisée sur la criminalisation du séjour irrégulier et le contrôle en vue du retour. Ce prisme négatif à travers lequel est pensée la politique migratoire actuelle entraine des violations des droits fondamentaux, est coûteux et inefficace au regard de ses propres objectifs (retour et éloignement effectif).

    La politique migratoire doit être basée sur un accueil solidaire, un accompagnement personnalisé basé sur l’empowerment et la recherche de solutions durables pour chaque personne.

    Des alternatives existent, comme le montre l’exemple de la ville d’Utrecht, aux Pays-Bas, détaillé dans le rapport. Grâce à un accueil accessible 24h/24, dans un climat de confiance et collaboratif, les personnes migrantes sont accompagnées de façon intensive tout au long du processus d’analyse de leur statut. Les résultats des 18 dernières années à Utrecht indiquent que 60 % des personnes obtiennent un titre de séjour légal, 20 % retournent dans leur pays d’origine, 13 % retournent dans un lieu d’accueil de demandeurs d’asile en vue d’un nouvel examen de leur dossier et 7 % disparaissent des radars. Depuis 2018, le projet pilote s’est étendu à cinq autres villes des Pays-Bas. Comme le montre cet exemple, la régularisation fait donc partie de la panoplie des outils en faveur de solutions durables.

    "La régularisation fait donc partie de la panoplie des outils en faveur de solutions durables"

    La seconde recommandation du rapport est d’investir dans les alternatives à la détention, comme le recommande le Pacte mondial sur les migrations adopté par la Belgique en décembre 2018, qui insiste sur la nécessité de ne détenir les personnes exilées qu’en tout dernier recours. La détention n’est en effet ni efficace, ni durable. Elle est extrêmement coûteuse en termes financiers et peut causer des dégâts psychologiques, en particulier chez les enfants. En Belgique, le budget consacré aux éloignements forcés a pourtant largement augmenté ces dernières années : de 63 millions € en 2014 à 88,4 millions en 2018 ; ce qui représente une augmentation de 40,3 % en cinq ans [7].
    Respect des droits humains et transparence

    L’ « affaire des Soudanais » et l’enquête de Mediapart sur le sort de Soudanais dans d’autres pays européens ont dévoilé qu’un examen minutieux du risque de mauvais traitement est essentiel tout au long du processus d’éloignement (arrestation, détention, expulsion). En effet, comme le proclame l’article 8 de la CEDH, toute personne à la droit au respect « de sa vie privée et familiale, de son domicile et de sa correspondance ». Quant à l’article 3, il stipule que « Nul ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements inhumains ou dégradants ». Cette disposition implique l’interdiction absolue de renvoyer un étranger vers un pays où il existe un risque réel qu’il y subisse un tel traitement (principe de non-refoulement [8]) ou une atteinte à sa vie.

    Lorsqu’une personne allègue un risque de mauvais traitement ou que ce risque découle manifestement de la situation dans le pays de renvoi, la loi impose un examen individuel minutieux de ce risque par une autorité disposant des compétences et des ressources nécessaires. Une équipe spécialisée doit examiner la bonne application du principe de non-refoulement. Cette obligation incombe aux autorités qui adoptent une décision d’éloignement et ce indépendamment d’une demande de protection internationale [9].

    La détention, le retour forcé et l’éloignement des étrangers sont des moments du parcours migratoire qui posent des enjeux importants en termes de droits fondamentaux. C’est pourquoi des données complètes doivent être disponibles. Ceci nécessite la publication régulière de statistiques complètes, lisibles et accessibles librement, ainsi qu’une présentation annuelle devant le parlement fédéral.

    Cette question du respect des droits humains dépasse le cadre belge. Depuis plusieurs années , l’Union européenne (UE) multiplie en effet les accords d’externalisation de la gestion de ses frontières. La politique d’externalisation consiste à déléguer à des pays tiers une part de la responsabilité de la gestion des questions migratoires. L’externalisation poursuit deux objectifs principaux : réduire en amont la mobilité des personnes migrantes vers l’UE et augmenter le nombre de retours. La Belgique s’inscrit, comme la plupart des Etats membres, dans cette approche. Or, comme le met en évidence le rapport, les accords internationaux signés dans le cadre de cette politique manquent singulièrement de transparence.

    C’est le cas par exemple de la coopération bilatérale engagée entre la Belgique et la Guinée.
    Malgré les demandes des associations actives sur les questions migratoires, le mémorandum d’entente signé en 2008 entre la Belgique et la Guinée n’est pas public. Ce texte, encore d’application aujourd’hui, régit pourtant la coopération entre la Belgique et la Guinée en matière de retour. L’Etat belge refuse la publication du document au nom de la protection des relations internationales de la Belgique, invoquant aussi le risque de menaces contre l’intégrité physique des membres du corps diplomatique et la nécessité d’obtenir l’accord du pays partenaire pour publier le document.

    Enfin, et c’est essentiel, une des recommandations prioritaires du rapport « Au-delà du retour » est de mettre en place une collaboration structurelle entre l’Etat et la société civile autour des questions migratoires, et plus précisément la question de l’éloignement et du retour. Dans ce cadre, la mise en place d’une commission permanente et indépendante d’évaluation de la politique de retour de la Belgique incluant des responsables de la société civile est une nécessité.
    Le temps des choix

    « Le temps est venu de faire les bons choix et de ne pas se tromper d’orientation ». Tel était le message de Kadri Soova, Directrice adjointe de PICUM (Platform for international cooperation on undocumented migrants) lors de son intervention au colloque. Combien d’affaires sordides faudra-t-il encore pour que la Belgique réoriente sa politique migratoire, afin qu’elle soit mise au service de la justice migratoire ? Combien de violences, de décès, de potentiels gâchés, de rêves brisés pour satisfaire les appétits électoralistes de certains décideurs politiques ? Comme le démontre le rapport, si les propositions constructives sont bel et bien là, la volonté politique manque.
    Il est donc grand temps de repenser en profondeur les politiques migratoires. A ce titre, le modèle de la justice migratoire, fondé sur le respect des droits fondamentaux, l’égalité et la solidarité, devrait constituer une réelle base de travail. La justice migratoire passe d’abord par des partenariats pour le développement durable, afin que tout être humain puisse vivre dignement là où il est né, mais aussi par l’ouverture de voies sûres et légales de migrations, ainsi que par des politiques d’intégration sociale et de lutte contre les discriminations dans les pays d’accueil, afin de rendre les politiques migratoires cohérentes avec les Objectifs de développement durable.
    La publication prochaine du rapport définitif de la Commission Bossuyt doit être l’occasion d’ouvrir un débat serein sur la politique migratoire de la Belgique, en dialogue avec les organisations spécialisées sur la question. La publication d’un rapport alternatif par ces dernières constitue un appel à l’ouverture de ce débat.

    https://www.cncd.be/Eloignement-force-des-etrangers

    –---

    Pour télécharger le rapport :

    Rapport « Au-delà du retour » 2020. À la recherche d’une politique digne et durable pour les personnes migrantes en séjour précaire ou irrégulier


    https://www.cncd.be/Rapport-Au-dela-du-retour-2020

    #renvois #expulsions #renvois_forcés #migrations #alternative #retour_volontaire #justice_migratoire #rapport #régularisation #Soudan #inefficacité #efficacité #asile #déboutés #sans-papiers #alternatives #rétention #détention_administrative #transparence #droits_humains #mauvais_traitements #société_civile #politique_migratoire

    ping @isskein @karine4 @_kg_

    • Au moment où culminent les craintes qu’une épidémie Covid 19 dans les camps de réfugiés et plus particulièrement au hot-spot de Moria à Lesbos ne pourrait que tourner à une catastrophe humanitaire sans précédent, des jeunes demandeurs d’asile, parlant plusieurs langues, ont organisé une équipe, « #MORIA_AWARENESS_CORONA_TEAM » (#ΜΑCT), pour essayer de faire face à la situation ? MACT explique aux résidents les règles d’hygiène et la nécessité absolue de limiter les contacts avec le monde extérieur, et s’est chargé de régler la circulation à distance de sécurité des réfugiés dans le supermarché le plus proche. La même équipe a construit avec l’aides des organisations solidaires, un atelier de fabrication de masques de protection en tissu.

      Voir: https://standbymelesvos.gr/2020/creation-of-corona-awareness-team-in-moria-camp

      Reçu de Vicky Skoumbi, via la mailing-list migreurop, le 22.03.2020
      #Moria #Lesbos #Grèce

    • Fears of catastrophe as Greece puts migrant camps into lockdown

      Doctors say coronavirus outbreak could be disastrous amid ‘horrific’ conditions.

      As the Schengen area closed its external borders last week, in a move designed to replace the closing of member states’ national borders against imported Covid-19 infection, some internal barriers still went up in Europe. The day after the European commission’s announcement, the Greek government introduced a set of measures that would apply to the migrant camps in the Greek islands.

      As of Wednesday, the camps have been locked down from 7pm to 7am. In the daytime, only one person is allowed out per family, and the police control their movements. Some camps, on the islands of Leros and Kos, have been closed entirely.

      Meanwhile, visits to the camps’ reception centres have been temporarily suspended, except for those who work there, and arrivals are being subjected to compulsory fever screening. The measures only apply to the camps, not to the resident population of the islands.

      In the five Greek island “hotspots” that are sheltering about 42,000 people, one case of Covid-19 has been recorded. The affected person is a resident of the island of Lesbos. There have been no cases in the camps so far.

      In Greece as a whole, 464 cases of Covid-19 have been recorded and six deaths. The government has banned mass gatherings and is urging Greeks to practise social distancing. Thirteen hospitals on the mainland have been turned over to the treatment of Covid-19.

      “The imposition of this restriction of movement on the people of the camps and not for anyone else on the islands is unacceptable and discriminatory,” said Apostolos Veizis, director of the medical operational support unit for Médecins sans Frontières (MSF) in Greece. “You are locking children, women and men into severely overcrowded camps where the sanitation and hygiene conditions are horrific.”

      The largest camp, Moria on Lesbos, is temporary home to about 20,000 people but was built for just over 6,000. In parts of Moria, there is one water tap for 1,300 people, one toilet for 167 people and one shower for 242 people.

      Up to six people may be sleeping in 3 sq metres (32 sq feet), a quarter of the size of an average parking space. “They do not have enough water or soap to regularly wash their hands and they do not have the luxury of being able to self-isolate,” Veizis said.

      Over a third of the migrants are children, just under a half of whom are unaccompanied. Their principal countries of origin are Afghanistan, Syria, Iraq, Palestine and the Democratic Republic of the Congo, and their average stay in the camp is between five months and a year.

      There are already high levels of health problems among the migrants, due to the unsanitary conditions, and high levels of stress. Veizis calls the situation “a chronic emergency”. “If we had an outbreak in these camps, it would be disastrous,” he said.

      The Greek National Public Health Organisation, which is responsible for health in the camps, did not respond to requests for comment. However, a European commission spokesperson, Ciara Bottomley, wrote in an email that the commission was funding the deployment of doctors and other medical staff to the hotspots. “The healthcare response in case of an incident on a hotspot island foresees first treatment at the local island hospital followed by air evacuation to one of the specialised hospitals in the mainland,” she went on.

      Those measures appear to apply to local residents only. Since last July, all arrivals to the camps have been excluded from the Greek healthcare system. Three government-funded doctors are conducting vulnerability screening in Moria, but the only medical care is being provided there by NGOs and voluntary groups.

      Veizis said MSF had been in contact with the government to discuss case management in the camps as part of the government’s evolving Covid-19 strategy, in case of an outbreak there.

      Meanwhile, he fears the new regime will add to the migrants’ stress while fanning tensions between them and local residents. Violence directed at NGOs forced some of them to temporarily suspend operations this month.

      The new measures, Veizis says, are just “one more element to pit the people of the islands against the asylum seekers”.

      https://www.theguardian.com/global-development/2020/mar/21/fears-catastrophe-greece-migrant-camps-lockdown-coronavirus
      #confinement

    • Coronavirus auf Lesbos: Wie junge Geflüchtete gegen die Krise kämpfen

      Das neuartige Coronavirus hat Europa fest im Griff. Homeoffice, Ausgangssperren, Grenzschließungen, Hamsterkäufe. Einige Regionen bereiten sich noch auf die Pandemie vor, andere stecken bereits mittendrin.

      Wie aber bereitet man sich an einem Ort auf das Virus vor, an dem schon im Normalzustand kaum ein menschenwürdiges Leben möglich ist?

      Etwa 20.000 Menschen leben im Camp Moria auf Lesbos. Das Lager für Geflüchtete ist überfüllt, die hygienischen Bedingungen sind katastrophal. Immer wieder kommt es zu Bränden, erst am Montag starb dabei mindestens ein Kind.

      Spätestens seit es auf Lesbos den ersten bestätigten Corona-Fall gibt, wächst die Sorge darüber, was passiert, wenn das Virus das Lager erreicht. Das Krankenhaus im nahegelegenen Mytilini wäre mit einem Ausbruch komplett überfordert. Wegen in letzter Zeit aufgetretener Angriffe von Rechtsradikalen haben Hilfsorganisationen im Camp ihre Arbeit reduziert (bento). „Gesundheitsversorgung existiert nicht in Moria“, sagte Apostolos Veizis von „Ärzte ohne Grenzen“ kürzlich dem SPIEGEL.
      „Vor allem Informationen verbreiten“

      Eine Gruppe junger Geflüchteter will dabei nicht tatenlos zusehen. Mit Unterstützung der Hilfsorganisation „Stand by me Lesvos“ haben sie das „Moria Corona Awareness Team“ gegründet und versuchen, mit den ihnen zu Verfügung stehenden Mitteln die Menschen im Lager über das Virus aufzuklären. Mit dabei sind Vertreterinnen und Vertreter verschiedenster Nationalitäten, die in Moria leben.

      A call for support from the Moria Corona Camp Team in Lesvos for solidarity and help. Lesvos is facing a huge crisis....
      Posted by Stand by me Lesvos on Thursday, March 12, 2020

      Einer von ihnen ist der 19-jährige Masi aus Afghanistan. „Wir wollen vor allem Informationen verbreiten“, sagt er im Telefon-Interview mit bento. Darüber, wie Menschen sich im Camp vor dem Coronavirus schützen könnten. Überall im Camp haben sie handgeschriebene Plakate mit Informationen aufgehängt. Hände waschen, Abstand halten, das Virus ernst nehmen. In vier Sprachen: Farsi, Arabisch, Französisch und Englisch.

      „Zusätzlich fahren wir durchs Camp und informieren die Menschen über Megafone, die wir besorgen konnten“, erzählt Masi.
      Pragmatisch, nicht verzweifelt

      Das Team wurde binnen weniger Tage zusammengetrommelt, immer mehr Menschen schließen sich der Gruppe an. Dass es viel zu tun gibt, merkt man: Mitten im Interview reicht Masi das Telefon weiter, irgendwo wird er gerade gebraucht.

      Fereshte, 17, soll übernehmen. „Am Wichtigsten ist, dass wir den Menschen Hoffnung geben, dass wir sie beruhigen“, sagt sie. Ihrer Erfahrung nach funktioniere das im persönlichen Gespräch oder über die Megafone am besten. Die relevanten Informationen hätten sie vorher auf offiziellen Seiten im Internet recherchiert.

      Ein großes Problem bei ihrer Arbeit seien im Camp kursierende Gerüchte, die Panik schüren. „Es gab in den letzten Tagen zwei Tote im Camp. Viele erzählten, sie seien an Corona gestorben, aber das stimmt nicht, es waren Herzinfarkte.“

      Fereshte klingt pragmatisch. „Die griechischen Behörden machen wenig, also müssen wir selbst anpacken“, sagt sie.
      Geflüchtete regeln den Lidl-Einkauf

      Immer mehr Geflüchtete beteiligen sich am Corona Awareness Team. „Inzwischen sind wir mehr als 50 Freiwillige. Wir hoffen, das in den nächsten Tagen mindestens noch verdoppeln zu können“, sagt der 30-jährige Apotheker Omid, der ebenfalls mithilft.

      Die Aufgaben beschränken sich nicht mehr auf das Verbreiten von Informationen. Mit Hilfe von Hilfsorganisationen hat das Team eine kleine Fabrik aus dem Boden gestampft, in der Geflüchtete Atemschutzmasken nähen.

      Auch im knapp fünf Kilometer vom Camp entfernten Lidl ist das Corona Awareness Team mittlerweile im Einsatz. In Absprache mit der Geschäftsleitung habe man einen Dienst organisiert, der den Einlass in den Markt regelt, damit nicht zu viele Menschen gleichzeitig auf engem Raum einkaufen. „Wir rufen die Leute auch dazu auf, in der Schlange vor dem Markt Abstand zu halten“, erzählt Omid.

      Auch die lokalen Griechinnen und Griechen, die im Lidl einkaufen, fänden diese Maßnahme gut. „Sie sind sehr freundlich und freuen sich darüber, dass wir etwas tun“, sagt Omid. Er erzählt, dass sie hoffen, eine ähnliche Aufsicht auch an der Nahrungsausgabestelle im Camp etablieren zu können.
      Forderungen nach Evakuierung

      Wie hart das Virus Moria treffen würde, ist schwer abzusehen. Zwar leben laut dem Leiter des Camps Dimitris Vafeas nur 178 Menschen in Moria, die über 65 Jahre alt sind und damit aufgrund des Alters zur Risikogruppe gehören. Durch die schlechten hygienischen Bedingungen und die mangelhafte medizinische Versorgung sind aber auch viele jüngere Menschen stark geschwächt.

      Deshalb häufen sich angesichts der Coronakrise die internationalen Forderungen, Moria endlich zu evakuieren. "Ärzte ohne Grenzen“ warnt: „Die entsetzlichen Lebensbedingungen in den überfüllten Hotspots auf den Inseln sind ein idealer Nährboden für COVID-19.“

      Der SPD-Bundestagsabgeordnete Lars Castelluci fordert, dass die Geflüchteten aufs griechische Festland gebracht werden. Ähnlich äußerte sich Grünen-Parteichefin Annalena Baerbock.

      Under dem Motto #LeaveNoOneBehind haben Menschen aus Politik, Kultur und Zivilgesellschaft eine Petition für den Schutz der Geflüchteten gestartet. Zu den Erstunterzeichnerinnen und -unterzeichnern gehören unter anderem die Influencerin Louisa Dellert, der Moderator Joko Winterscheidt und der Musiker Henning May. Mehr als 20.000 Menschen haben die Petition bisher unterschrieben. „Das Virus unterscheidet nicht nach Hautfarbe, Religion oder Geschlecht. Corona betrifft uns alle“, heißt es da. Wer jetzt nicht handle, mache sich mitschuldig für die Katastrophe, die den Menschen in Not drohe.

      Auch Omid wünscht sich Hilfe und Solidarität: „An die europäischen Staaten: Bitte kommt und steht an unserer Seite. Wir tun, was wir können. Aber wir brauchen mehr.“

      https://www.bento.de/politik/coronavirus-auf-lesbos-wie-junge-gefluechtete-gegen-die-krise-kaempfen-a-0fd09

    • Coronavirus : des eurodéputés appellent à évacuer les migrants les plus vulnérables des camps grecs

      La commission des libertés civiles du Parlement européen a appelé lundi à l’évacuation d’urgence par l’UE des migrants les plus vulnérables au coronavirus des camps surpeuplés en Grèce, mettant en garde contre le « risque de nombreux décès ».

      La commission des libertés civiles du Parlement européen a appelé lundi à l’évacuation d’urgence par l’UE des migrants les plus vulnérables au coronavirus des camps surpeuplés en Grèce, mettant en garde contre le « risque de nombreux décès ».

      Dans une lettre adressée au commissaire européen chargé de la gestion des crises, Janez Lenarcic, le président de la commission parlementaire LIBE, Juan Fernando Lopez Aguilar, a alerté sur la situation des 42.000 demandeurs d’asile entassés sur les îles grecques, où il n’y a « aucune possibilité de distanciation sociale » et où « l’équipement médical nécessaire n’est pas disponible ».

      « C’est une urgence et l’UE doit réagir en conséquence avec un plan d’action qui devrait au moins inclure une évacuation préventive de la population à haut risque, notamment les plus de 60 ans et les personnes souffrant de problèmes respiratoires, de diabète ou d’autres maladies qui augmentent le risque de symptômes sévères », écrit-il au nom de la commission LIBE qui rassemble tous les partis.

      « Si l’UE échoue à agir immédiatement, la situation sur les îles grecques deviendra ingérable, avec le risque de nombreux décès », avertit-il.

      Les eurodéputés demandent aussi pour les demandeurs d’asile un effort coordonné accru de la part des systèmes de santé des Etats membres, et davantage d’aide financière pour augmenter les capacités d’hospitalisation et de soins intensifs.

      Alors que sept pays de l’UE se sont engagés à la mi-mars à accueillir quelque 1.600 enfants des îles grecques, ces eurodéputés appellent « à continuer » d’agir pour leur « relocalisation rapide ».

      Deux cas de coronavirus ont été diagnostiqués sur l’île de Lesbos mais pour l’heure, aucun n’a été détecté dans les camps grecs.

      Afin d’éviter une propagation de l’épidémie, Athènes a imposé de strictes restrictions à la liberté de mouvement des migrants sur les îles égéennes. Les visites dans les camps sont également réduites au minimum.

      https://www.mediapart.fr/journal/fil-dactualites/230320/coronavirus-des-eurodeputes-appellent-evacuer-les-migrants-les-plus-vulner

    • Europe must act to stop coronavirus outbreak in Lesbos, say MEPs

      As the coronavirus pandemic spreads across Europe, refugees and migrants living in overcrowded camps remain extremely vulnerable.

      On the island of Lesbos, one suspected coronavirus case would be enough to raise concerns in the Moria camp. Human rights organisations are concerned asylum seekers won’t have access to resources needed to prevent and then treat the outbreak.

      “It will be a very difficult situation if the virus comes to Moria or any other overcrowded reception centres or hotspots on the Greek islands,” admits Ylva Johansson, Commissioner Home Affairs.

      “That’s why it is necessary to take a lot of measures right now … So far, there is no detected virus in the camps.”

      NGOs have raised concerns over asylum procedures being frozen. According to the Commissioner for Home Affairs, processing applications must not be stopped.

      “People arriving at the borders still have the right to apply for asylum and cannot be sent away without their claim being assessed,” explains Professor Philippe De Bruycker, Institute for European Studies, Université Libre de Bruxelles. “This does not mean that nothing can be done regarding the protection of health: People requiring asylum maybe tested to see if they are sick or not, and if they are it can be applied measures such as quarantine, or even detention or restrictions of movement within the territory of the states.”

      Restrictions on travel and social distancing measures means delays in the asylum process are inevitable.

      “A lot of member states are making the decision that the interviews with asylum seekers should not take place right now because they would like to limit the social interaction,” says Commissioner Johansson. “So there will be delays in the processes of asylum, but I think that member states are taking measures to deal with the risk of the virus being spread.”

      MEPs have called for an “immediate European response” to avoid a humanitarian crisis spiralling into a public health crisis. NGOs warn there is little chance of not getting infected living in such conditions.

      https://www.euronews.com/2020/03/24/europe-must-act-to-stop-coronavirus-outbreak-in-lesbos-say-meps

    • Αυτοψία του « Ν » στο λιμανάκι της Πέτρας

      Βρίσκονται εκεί 56 μετανάστες, από το Αφγανιστάν και το Κογκό, ανάμεσά τους και πολλά παιδιά.

      Παραπλεύρως του λιμανιού της Πέτρας βρίσκονται από την περασμένη Δευτέρα ως και σήμερα 56 συνολικά μετανάστες, στην πλειοψηφία τους από το Αγφανιστάν και 6 από το Κογκό.

      Πρόκειται για νεοαφιχθέντες στη Λέσβο, που βγήκαν με βάρκα από τα τουρκικά παράλια στην περιοχή του Γαβαθά. Ανάμεσα τους βρίσκονται αρκετές γυναίκες και παιδιά. Σύμφωνα με το νέο νομοθετικό πλαίσιο, κανείς τους δεν έχει δικαίωμα κατάθεσης αιτήματος για χορήγηση ασύλου, παραμένοντας ουσιαστικά στην παραλία, όπου έχουν δημιουργήσει κάποιες πρόχειρες κατασκευές μαζί με κάποιες σκηνές, αφού οι αρχές τους έχουν βάλει σε καραντίνα για 14 ημέρες, λόγω της πανδημίας του κορονοϊού.

      https://www.stonisi.gr/post/8007/aytopsia-toy-n-sto-limanaki-ths-petras-pics-video

      –—

      Commentaire de Vicky Skoumbi, reçu via la mailing-list Migreurop, le 29.03.2020 :

      Regardez dans quelles conditions de ‘confinement’ sont obligés de vivre 56 réfugiés, originaires la plupart d’Afghanistan et 6 du Congo, dont plusieurs femmes et enfants à Petra de Lesbos. Ils sont arrivés lundi dernier près du port de Petra, au nord de Lesbos. Le nouveau cadre législatif leur interdit l’accès à la procédure d’asile et les autorités les obligent de rester en quarantaine sur place ( !!!) pendant 14 jours dans des abris de fortune que vous voyez au milieu de nulle part. C’est une pratique systématique depuis deux semaines à Lesbos : les nouveaux arrivants ne peuvent plus accéder à Moria et la seule « alternative » adoptée par les autorités est de les maintenir sur place à l’endroit même où ils ont débarqués sans aucune infrastructure d’accueil, jusqu’à leur transfert aux centres de détention fermés comme le camp sinistre de Klidi au nord de la Grèce voir

    • Les camps de migrants, une bombe sanitaire à l’heure de la pandémie

      A l’heure où l’on demande à chacun·e d’entre nous de respecter scrupuleusement les mesures de distanciation sociale afin d’endiguer l’expansion du COVID-19, la Grèce préconise l’enfermement collectif de milliers de personnes migrantes sur ses îles comme mesure de lutte contre l’extension de la pandémie dans le pays. Pourtant, si on souhaite préserver la santé d’un maximum de personnes, ces camps de premier enregistrement et de tri des personnes migrantes (hotspots) devraient être évacués de toute urgence et leur résident.e.s accueilli.e.s dans des hébergements où la distanciation sociale est possible et où les mesures d’hygiène de base et les soins de santé sont accessibles. Préserver la santé des exilé.e.s, c’est préserver notre santé à tous et toutes.

      Les appels qui demandent l’évacuation des milliers de personnes résidant dans les hotspots en Grèce fusent [1] à mesure que les témoignages terribles se multiplient. Pétition d’ONG, de médecins et de collectifs citoyens mais aussi indignation d’eurodéputés et de la commissaire aux Droits de l’Homme du Conseil de l’Europe au sujet de la dangerosité sanitaire des centres de détention. Pourtant, rien n’y fait. Actuellement, la Grèce, quand elle n’empêche pas complètement les entrées et sorties de ses hotspots, déplace des centaines de personnes depuis ces lieux de détention pour les emmener sur d’autres îles ou dans des centres fermés sur le continent éloignés de tout, comme dans le no man’s land de Klidi au nord du pays. Pas d’accès correct aux services de base (eau, nourriture, logement, mesures d’hygiène et soins de santé), pas de recours possible à un avocat, peu d’accès aux informations et possibilités de communication vers l’extérieur. Médecins Sans Frontières estime la population des cinq camps insulaires en Grèce à 42 000 personnes, alors que la capacité totale de ces derniers est de 6 000 personnes.
      Déni d’accueil, déni d’asile

      S’ajoute à cette situation de non accès aux mesures sanitaires préconisées par l’OMS e en temps de coronavirus (la distanciation sociale, lavage des mains réguliers, etc.), l’impossibilité temporaire de demander l’asile en Grèce et dans nombre d’Etats européens. En Belgique, l’Office des étrangers a fermé ses bureaux, ce qui empêche la prise en charge des nouveaux arrivants dans son réseau d’accueil coordonné par Fedasil. Le CGRA a, lui, suspendu ses auditions en présentiel.

      L’UE propose aux Etats membres des mesures qui ne sont pas à la hauteur des enjeux humanitaires de ces centres de détention. A la mi-mars, face à la situation de crise à la frontière gréco-turque, elle avait proposé aux Etats membres de relocaliser minimum 1 600 mineurs non accompagnés et de participer à la mise en œuvre de 5 000 retours dits volontaires. Depuis, ces propositions dérisoires face à l’ampleur du problème ont été bloquées avec l’arrivée du coronavirus. Actuellement, pour désengorger les camps, elle suggère à la Grèce de déplacer les personnes les plus vulnérables sur le continent (en Grèce) ou dans d’autres îles.
      Le COVID-19 n’a pas de frontières

      Il est difficile d’avoir des informations fiables sur la situation des hotspots italiens, les « jungles » informelles aux frontières ou sur les camps surpeuplés situés au-delà des frontières européennes et qui accueillent 80 % des personnes actuellement déplacées. Ces derniers jours, des premiers cas ont été détectée dans le hotspot de Lesbos et Moria, un autre dans les camps de fortune en Syrie et d’autres dans les villes proches du plus grand camp de réfugiés au monde, le camp de Cox’s Bazar au Bangladesh. En Libye, les personnes migrantes craignent la contagion au sein des centres où elles croupissent.

      Alors que l’UE se tait, l’ONU, via la voix du Haut-commissariat aux réfugiés, appelle les États à ne pas fermer les voies vers l’asile, mais à adopter des tests de dépistage et le placement en quarantaine des réfugié.e.s si un risque sanitaire est identifié lors du passage des frontières. Elle suspend cependant les programmes de réinstallation. Les Nations Unies ont lancé également un nouveau fonds d’urgence pour contrer l’impact du coronavirus dans les pays en développement, en Afrique notamment, afin de s’assurer que les personnes les plus vulnérables (y compris les personnes exilées) ne soient pas abandonnées à leur sort dans la lutte contre le coronavirus.

      Face à l’abandon, certains résident.e.s des camps en Grèce ont pris les choses en main. A Moria, des personnes migrantes réunies au sein de la Team Humanity ont commencé à coudre leurs propres masques. Et dans le camp de Vathy à Samos, des enfants ont réalisé des affiches éducatives sur le lavage des mains et l’hygiène [2].
      Bombe sanitaire comme héritage de l’externalisation

      La pandémie du COVID-19 révèle une nouvelle fois l’impact des politiques inadéquates et violentes mises en place vis-à-vis des personnes migrantes, qu’elles soient en demande de protection internationale ou pas.

      Résultats de cette mise à l’écart des personnes migrantes ? Des camps d’exilé.es surpeuplés devenus insalubres dans les pays du Sud, faute de véritables mécanismes permanent et solidaire d’accueil en Europe ; l’émergence de routes et campements informels aux frontières, faute de voies légales et sûres de migrations. Ces camps surpeuplés sont de véritables bombes à retardement sanitaires. Ils sont l’héritage de politiques migratoires européennes de mise à l’écart des personnes migrantes vers le continent. Croire que la préservation de la santé de certain.e.s se fera au détriment de celles des autres est cependant une erreur criminelle. La pandémie nous concerne tous et toutes et c’est en ne laissant personne de côté que nous en viendrons à bout. A court terme, à l’image du Portugal qui a annoncé samedi 28 mars la régularisation temporaire de plusieurs personnes migrantes, des solutions rapides et efficaces sont possibles. A long terme, cela implique un changement de politiques migratoires dont les objectifs centraux doivent être un accueil solidaire et des voies légales et sûres de migrations.

      L’impasse dans laquelle l’Europe s’est enfermée, en basant ses politiques sur la répression, l’externalisation des frontières et le refus de la solidarité entre Etats membres, se retourne aujourd’hui contre elle-même, aggravant le risque sanitaire au détriment de sa propre population. Cette alerte devrait créer l’opportunité de refonder les politiques migratoires, sur une approche solidaire, la seule qui puisse permettre de sortir l’Union européenne de l’ornière.

      https://www.cncd.be/covid-19-coronavirus-camps-refugies-migrants-bombe-sanitaire-europe-grece-pande

      signalé ici aussi :
      https://seenthis.net/messages/838434

    • Chronique d’un désastre annoncé : l’enfermement criminel des réfugiés en Grèce

      La situation des demandeurs d’asile retenus dans les îles grecques est catastrophique d’un point de vue sanitaire. On n’ose à peine imaginer ce qu’il pourrait s’y passer si l’épidémie de Covid-19 s’y déclarait.

      Par ces temps si troubles, où l’immunité grégaire obtenue par la vaccination généralisée est détournée en immunisation de troupeau résultante de l’exposition de tous et toutes au Covid-19 – ce qui ne manquera pas d’entraîner l’élimination des plus vulnérables –,

      par ces temps de détresse où les médecins en Italie, en Espagne et même en France sont sommés de faire le tri entre ceux à qui ils donneront une chance d’être sauvés et les autres qu’on laissera mourir,

      par ces temps si obscurs où les demandeurs d’asile aux frontières de l’Europe sont traités comme des ennemis à repousser et, si besoin, à abattre, tandis que ceux qui réussissent à passer en Grèce sont traités comme des criminels de droit commun, étant condamnés à des peines de prison ferme,

      il y a une partie de la population qui est condamnée à la contagion généralisée : en premier lieu, les réfugiés et les migrants vivant partout en Europe et surtout en Grèce dans des conditions sanitaires déplorables dans des « hotspots », ou bien détenus dans de centres de rétention administrative (CRA), puis les sans-abri et enfin les personnes incarcérées. Pour l’instant, aucune mesure de vraie protection sanitaire n’est prévue pour ces trois catégories. Les plus exposés parmi eux sont les réfugiés vivant dans les hotspots, centres dits de réception et d’identification, à Lesbos, Samos, Chios, Cos et Leros. Ces camps fonctionnent actuellement cinq, sept voire onze fois au-dessus de leur capacité d’accueil. Dans les îles grecques, 37 000 personnes sont actuellement enfermées dans des conditions abjectes dans des hotspots prévus pour accueillir 6 000 personnes au grand maximum. Les demandeurs d’asile sont obligés d’y vivre dans une très grande promiscuité et dans des conditions sanitaires qui suscitaient déjà l’effroi bien avant l’épidémie de coronavirus. Dans la jungle de l’oliveraie, extension « hors les murs » du hotspot de Moria, à Lesbos, il y a des quartiers où il n’existe qu’un seul robinet d’eau pour 1 500 personnes, ce qui rend le respect de règles d’hygiène absolument impossible.
      Conditions sordides

      Or la seule réponse envisagée par le gouvernement grec est de transformer Moria en un centre fermé, en restreignant drastiquement les déplacements de réfugiés. Les rares fois où un effort est fait pour la « décongestion » du camp, celle-ci est effectuée au compte-gouttes. Mise à part l’installation d’un conteneur médical par les autorités régionales à l’entrée du camp, aucun renforcement du dispositif sanitaire avec des effectifs médicaux suffisant pour traiter les 20 000 habitants actuels de Moria n’est prévu. Au contraire, le gouvernement Mitsotákis mise sur la peur d’une épidémie dans les camps pour imposer aux sociétés locales la création de centres fermés, censés garantir la sécurité, non pas tant de leurs résidents mais des riverains. Ou bien le coronavirus, ou bien les centres fermés de détention, avait déclaré sans détours il y a une dizaine de jours le ministre de la Migration, Notis Mitarachi. Quant à ceux qui sont arrivés après le 1er mars, lorsqu’ils ne sont pas condamnés à des peines de quatre ans de prison ferme pour entrée illégale dans le territoire ils sont détenus dans des conditions sordides en vue d’une expulsion plus qu’improbable vers leur pays d’origine ou d’un renvoi forcé vers la Turquie, « Etat tiers supposé sûr ». Pendant une dizaine de jours, 450 nouveaux arrivants ont été séquestrés dans des conditions inimaginables dans un navire militaire, où ils ont été obligés de vivre littéralement les uns sur les autres, sans même qu’on ne leur fournisse du savon pour se laver les mains.

      Une telle exposition à des conditions insalubres de personnes fragilisées par des voyages longs et éprouvants pourrait-elle être mise sur le compte de la simple impréparation ? Ces conditions sont presque aussi inhumaines dans les centres fermés de Malakassa et de Serrès, où les nouveaux arrivants sont détenus. Pour les 1 300 détenus de Malakassa, en Attique, l’accès à l’eau courante se limite à quelques heures par jour, tandis que la dernière distribution de produits d’hygiène remonte à deux semaines. A Serrès, l’accès à l’eau se limite à deux heures par jour, tandis que la seule visite médicale a été faite par un médecin qui n’a examiné que quelques enfants.
      Scénario terrifiant

      De telles conditions de détention ne laissent pas de doute sur la stratégie du gouvernement : cette population ne doit pas être protégée mais exposée. La stratégie d’enfermement et de refoulement qui a été jusqu’alors la politique migratoire de l’Europe se révèle à présent être une véritable « thanato-politique ». Aux refoulements illégaux et de plus en plus violents à la frontière (voir ici et ici) s’est ajoutée par temps de pandémie l’exposition des populations entières à des conditions si insalubres qu’elles mettent en danger leur santé et ne manquerons pas de conduire inévitablement à l’élimination physique d’une partie considérable d’entre eux. Sommes-nous face à un scénario terrifiant d’élimination de populations superflues ? Cette question ne saurait être contournée.

      Pourrions-nous fermer les yeux devant ces crimes de masses qui se préparent en silence et dont les conditions sont mises en place déjà à Moria (Lesbos), à Vathy (Samos), à Malakassa en Attique, au centre fermé, à Klidi ? Ce dernier, destiné à ceux qui sont arrivés en Grèce après le 1er mars (date de la suspension de la procédure d’asile) est un véritable camp de concentration, « un camp quasi militaire », écrit à juste titre Maria Malagardis. Les réfugiés et les migrants seront détenus dans ce camp pour un temps indéterminé, en attente d’un renvoi vers la Turquie, plus qu’improbable dans les conditions actuelles. Le choix de cet endroit désolé et à haut risque d’inondation, la très grande promiscuité obligatoire, ainsi que l’absence de toute prise en charge médicale, ont suscité de réactions, y compris au sein de la police locale et des sapeurs-pompiers. On n’ose à peine imaginer ce qu’il pourrait s’y passer si l’épidémie Covid-19 s’y déclarait.

      Et que se passera-t-il si l’épidémie se déclare dans des endroits si surpeuplés et si dépourvus d’infrastructures sanitaires que sont les hotspots des îles ? « En cas d’épidémie, une quarantaine qui enfermerait des dizaines de milliers de personnes en bonne santé ainsi que des personnes infectées par Covid-19 dans les camps surpeuplés, accompagnée d’un manque de préparation et de réponse médicale adéquate et appropriée, entraînerait presque certainement la mort inévitable de nombreuses personnes », ont déclaré 21 organisations qui ont lancé un appel pour l’évacuation immédiate des hotspots.
      Désastre sanitaire imminent

      Aux multiples appels (1) à évacuer immédiatement les camps surpeuplés, et même aux exhortations venant des instances européennes, le gouvernement grec continue à faire la sourde oreille, prétendant que l’enfermement des demandeurs d’asile dans des lieux comme le hotspot de Mória assure leur propre sécurité ! Le ministre de la Migration ne cesse de brandir comme solution miracle la création des centres fermés dans les îles. Entre-temps, les nouveaux arrivants, y compris les femmes enceintes et les enfants, restent bloqués à l’endroit même où ils débarquent, pour un supposé « confinement en plein air », sous des abris de fortunes ou même sans aucun abri, pendant au moins une période de quatorze jours ! Les appels répétés (voir ici et ici) de la commissaire Ylva Johansson de transférer les réfugiés des hotspots, ainsi que les exhortations de la commissaire Dunja Mijatović de libérer les migrants détenus en CRA, résonnent comme de simples protestations pour la forme. Dans la mesure où elles ne sont pas suivies de mesures concrètes, elles ne servent qu’à dédouaner la Commission européenne de toute responsabilité d’un désastre sanitaire imminent.

      Un tel désastre ne saurait toucher uniquement les réfugiés, mais l’ensemble de la population des îles. L’Union européenne, si elle veut vraiment agir pour mettre les demandeurs d’asile en sécurité, doit à la fois exercer des pressions réelles sur le gouvernement grec et prendre de mesures concrètes pour l’aider à évacuer les réfugiés et les migrants et à les installer dans un confinement sécurisé à domicile. Dans l’immédiat, elle peut réorienter l’aide exceptionnelle de 700 millions d’euros octroyée à la Grèce pour assurer l’étanchéité des frontières européennes, afin de mettre en sécurité des réfugiés et des migrants.

      Appliquer sur une population affaiblie et mal nourrie la méthode de « l’immunisation du troupeau » reviendrait à mettre en œuvre une politique d’élimination de populations superflues. Un tel choix politique ne saurait laisser intacte notre société tout entière. Ce n’est pas une question d’humanisme, c’est une question qui touche aux fondements de notre vivre-ensemble : dans quel type de société voulons-nous vivre ? Dans une société qui non seulement laisse mourir mais qui fait mourir ceux et celles qui sont les plus vulnérables ? Serions-nous à l’abri dans un monde transformé en une énorme colonie pénitentiaire, même si le rôle qui nous y est réservé serait celui, relativement privilégié, de geôliers ? Il est grand temps de se ressaisir : l’épidémie de Covid-19 a démontré, si besoin était, que nous vivons toutes et tous dans le même monde et que le sort des uns affecte celui des autres. Ne laissons pas les demandeurs d’asile subir un enfermement qui pourrait s’avérer mortel, mais faisons en sorte qu’ils partagent avec nous les conditions d’un confinement protecteur et salutaire. Il faudrait leur offrir en toute urgence un abri digne de ce nom dans des conditions sanitaires décentes. C’est une priorité absolue si nous voulons éviter une catastrophe humanitaire et sociétale.
      Sans précédent

      Face au choix de traiter des êtres humains comme des miasmes, nous pouvons opposer une politique qui combine diverses propositions : les résidents de hotspots et ceux qui se trouvent en détention administrative pourraient être transférés en Grèce continentale en bateaux de croisière, et y être hébergés provisoirement en logements touristiques vides, afin d’être par la suite répartis entre les pays européens.

      L’extrême urgence de la situation impose de faire vite, il n’y a plus une minute à perdre (2). Exigeons du gouvernement grec et des dirigeants européens une action immédiate qui mettra en sécurité les demandeurs d’asile et les migrants. Ne pas le faire aujourd’hui nous rend complice d’une stratégie criminelle qui mènera inévitablement à une catastrophe humanitaire sans précédent.

      Contre les politiques d’exclusion et de criminalisations des arrivants, il nous faudra construire un monde « un », commun à toutes et à tous. Sinon, chacun de nous risque à n’importe quel moment de se retrouver du mauvais côté de la frontière.

      https://www.liberation.fr/debats/2020/04/04/chronique-d-un-desastre-annonce-l-enfermement-criminel-des-refugies-en-gr

  • Enquête sur les millions des avions d’affaires loués par l’État pour expulser discrètement des migrants

    Depuis 2006, l’État affrète des avions d’affaires pour expulser des migrants dans le reste de l’Europe. Ces vols ont déjà coûté plusieurs dizaines de millions d’euros. Nous avons retrouvé les appels d’offres et réalisé la carte des vols opérés par ces appareils depuis un an.

    On distingue clairement les destinations privilégiées par la #PAF pour ces « éloignements ». L’#Italie, principale porte d’entrée de l’Europe pour les migrants, figure au premier rang de ces pays. En vertu du #règlement_Dublin III de l’UE, le premier pays dans lequel a été formulée une demande d’asile est celui qui est chargé de la prise en charge des migrants.

    D’après les appels d’offres que nous avons consultés et les témoignages que nous avons recueillis, près de 34 millions d’euros ont été consacrés à la location de ces appareils depuis onze ans. Une enveloppe qui ne prend en compte ni le coût du kérosène, ni le salaire des fonctionnaires de police mobilisés.

    Selon une annexe du budget prévisionnel 2017 du ministère de l’Intérieur, c’est bien dans le cadre de « l’éloignement des migrants en situation irrégulière » que l’État a prévu de consacrer 3,72 millions d’euros à la location de ces avions d’affaires et à l’utilisation d’un Bombardier de la sécurité civile cette année. Ce budget a récemment explosé (+ 62% par rapport aux 2,30 millions d’euros prévus dans la loi de finances initiale de 2016), « compte tenu de la hausse du nombre d’éloignements opérés ». La location de ces avions représente près de 10% du budget consacré au renvoi à la frontière.

    #vols #prix #coût #avions_d'affaires #avions_privés #asile #migrations #réfugiés #expulsion #renvois #Dublin #Police_aux_frontières #Beechcraft_1900D #Twin_Jet

    Ici une #carte :


    Avec cette légende :

    Cette carte a été mise au point par BuzzFeed News avec les données provenant de ADS-B Exchange, une base de données tenue par des amateurs, qui identifient des avions en vol à partir de leurs émissions radio. Elles sont partielles : tous les vols ne sont peut-être pas couverts, et les trajets ne sont pas représentés dans leur intégralité. Tous les vols effectués dans la même journée sont représentés par un trait continu en rouge.

    https://www.buzzfeed.com/theoenglebert/enquete-sur-les-millions-des-avions-daffaires-loues-par
    cc @reka @albertocampiphoto @marty @i_s_

  • L’#éloignement du lieu de #travail : un défi majeur pour l’aménagement du territoire - Localtis.info - Caisse des Dépôts
    http://www.localtis.info/cs/ContentServer?pagename=Localtis/LOCActu/ArticleActualite&jid=1250272208356&cid=1250272133828

    Les créations d’#emplois sont inégalement réparties sur le #territoire avec une #concentration dans les pôles urbains, la couronne parisienne et les façades atlantique et méditerranéenne notamment. Mais surtout, avec la #périurbanisation, l’éloignement du lieu de travail, en particulier pour les ouvriers, pose un défi majeur pour l’aménagement du territoire, estime le CGET.

  • RTS | Des requérants d’asile logés loin de tout dans le canton de Neuchâtel
    http://asile.ch/2016/05/27/rts-requerants-dasile-loges-loin-de-canton-de-neuchatel

    Un nouveau centre d’accueil pour les requérants d’asile va ouvrir le 6 juin dans le canton de Neuchâtel. Mais la structure située à Tête-de-Ran, éloignée et mal desservie, pose des questions d’intégration.

  • Nouveaux centres fédéraux : quid de l’accès à l’aide juridique ?
    http://www.asile.ch/vivre-ensemble/2015/09/08/quid-de-lassistance-juridique

    Dans le cadre de la future #restructuration dans le domaine de l’asile, la Confédération a mis en place à Zurich un centre fédéral test afin d’évaluer, durant trois ans, de nouvelles procédures accélérées. Tous les projecteurs sont tournés vers ce centre et vers la mise en place d’une aide juridique gratuite, qui seront au cœur des débats parlementaires visant à l’adoption de la nouvelle loi. Or, parallèlement et discrètement, d’autres centres fédéraux ont été ouverts, anticipant le processus en gestation au Parlement et les évaluations finales du dispositif-test. Les choses s’y mettent en place de manière… différente mais néanmoins rapide. Informations directes du terrain et point sur le développement des nouveaux centres fédéraux délocalisés, dont l’isolement met les acteurs de l’asile devant des situations (...)

    #Articles

  • #Frontex : « On assiste à un transfert des flux de réfugiés vers la Grèce »

    Au lendemain d’une nouvelle vague d’arrivée de 5.000 migrants au sud de l’Italie, le week-end dernier, le Directeur exécutif de l’agence européenne de surveillance des frontières Frontex, #Fabrice_Leggeri, explique aux « Echos » les nouveaux objectifs de l’opération #Triton. Tout en annonçant l’installation d’une base opérationnelle de Frontex en Sicile, il se déclare prêt à coopérer étroitement avec les autorités italiennes, Europol et EASO (le bureau d’appui pour l’asile) en vue aussi de favoriser l’« éloignement » des étrangers en situation irrégulière. Selon le Directeur de Frontex (140 millions d’euros de budget en 2015), une intervention militaire sur les côtes libyennes pourrait modifier les routes migratoires vers l’Est.

    Quelques extraits :
    "... en vue aussi de favoriser l’« éloignement » des étrangers en situation irrégulière"
    –-> #éloignement ? Ils ne veulent juste pas dire "#refoulement" ? Mais c’est ça, non ???
    Et juste après : "Il faut avoir une équipe de
    coordination pour leur apporter le soutien logistique en fonction des flux" —> donc le soutien logistique est là pour éloigner les personnes, si je comprends bien ?

    Peut-on dire que les priorités de Frontex ont changé avec le renforcement de ses moyens ?
    Non. Il y a un changement quantitatif. Le nouveau plan opérationnel Triton que j’ai signé la semaine dernière amène un certain nombre de modifications. On a multiplié par deux les moyens aériens et par trois certaines catégories de bateaux. On va déployer neuf équipes de gardes-frontières dans les ports de débarquement pour auditionner les migrants à chaque débarquement en Sicile.

    –-> et voilà je pense que le but est assez clair : obliger l’Italie à prendre les #empreintes_digitales de tout le monde...

    L’identification des migrants reste-t-elle un point faible du système italien ?
    Il y a une difficulté. Lorsqu’il y a des milliers de migrants qui arrivent au même endroit, il y a une saturation administrative. C’est important par rapport au franchissement des frontières. C’est pourquoi il est crucial de renforcer l’identification et la prise d’empreintes pour mieux préparer l’éloignement éventuel de ceux qui n’ont aucune possibilité juridique d’obtenir un titre de séjour. Aujourd’hui, le refoulement est interdit et a été sanctionné par la Cour de Justice européenne. En revanche, l’éloignement est prévu dans le droit de l’Union européenne (directive 2008-115). La Commission a prévu le renforcement du rôle de Frontex pour aider les Etats membres de l’UE à préparer et effectuer l’éloignement des étrangers en situation irrégulière.

    –-> il faudra que je regarde de près cette directive... car là ça semble très troublant
    Du coup, en fait, c’est Frontex qui va faire le tri entre ceux qui ont une "chance" d’obtenir l’asile et ceux qui n’en ont aucune ? Big Brother is watching you, but who’s watching the Big Brother ?

    C’est de pire en pire...

    Il faut identifier le plus tôt possible les personnes qui n’ont aucun droit au séjour. C’est une décision politique prise au niveau du Conseil européen du 23 avril, qui a annoncé qu’il souhaitait renforcer le rôle de Frontex pour préparer l’éloignement .

    Pauvre Frontex... regarder leur plus grand problèe...

    La difficulté de l’éloignement est qu’il faut coopérer avec les pays tiers d’origine pour qu’ils acceptent de reprendre leurs ressortissants.

    http://www.lesechos.fr/monde/europe/021106691654-fabrice-leggeri-on-assiste-a-un-transfert-des-flux-de-refugies
    cc @reka (j’ai le pdf si jamais)

  • Abgeschnitten von der Welt

    –-> coupés du monde

    Elf Flüchtlinge aus Syrien landen in einem ehemaligen Jugendhaus auf dem 1000 Meter hohen #Auerberg in Oberbayern. Der nächste Ort ist vier Kilometer entfernt, es gibt keinen Laden, kein Fernsehen, kein Internet - dafür einen Nachbarn, vor dem sie Angst haben.

    –-> 11 réfugiés de Syrie sont hébergés à 1’000 m d’altitude dans la Haut-Bavière. Le village le plus proche se trouve à 4 km de distance, il n’y a pas de magasin, pas de TV, pas d’internet, mais un voisin, duquel ils ont peur...

    http://www.sueddeutsche.de/bayern/fluechtlinge-auf-dem-auerberg-abgeschnitten-von-der-welt-1.1756203

    #migration #réfugiés #montagne #Bavière #Allemagne

    A ceux qui lisent ce post :
    je suis en train de réunir de la documentation sur ce phénomène de l’#éloignement des migrants de la civilisation (un phénomène très intéressant en Suisse)... si vous avez des exemples d’autres part du monde, merci de me les signaler !!

  • Et voilà où on va mettre prochainement les requérants d’asile en Suisse ! —> sur le col du Lukmanier, 1900 m s/m !

    Auf dem Lukmanier wird Anfang Juni ein Bundesasylzentrum eröffnet. Die Bevölkerung hat nichts dagegen, im Gegenteil – sie freut sich. Die Asylsuchenden werden nützliche Arbeiten erledigen.

    http://www.20min.ch/schweiz/ostschweiz/story/In-Medel-GR-sind-Asylbewerber-willkommen-13989709

    #migration #asile #logement #centre_pour_requérant_d'asile #suisse #grisons #relégation #montagne #éloignement