• À presque 100 ans, Marshall Allen ressuscite le Sun Ra Arkestra
    https://www.fip.fr/jazz/free-jazz/bientot-100-ans-marshall-allen-ressuscite-le-sun-ra-arkestra-18169

    Après avoir consacré une somme titanesque au centenaire de ce pianiste hors norme en 2014, le label britannique #Strut_Records annonce aujourd’hui le retour dans les bacs de cette formation née à la fin des années 50 et qui n’a jamais cessé de se produire sur scène. Une véritable troupe de légende absente des studios depuis 20 ans et emmenée aujourd’hui encore par Marshall Allen, le fidèle saxophoniste de #Sun_Ra toujours vert du haut de ses 96 ans.

    https://sunrastrut.bandcamp.com

    https://www.youtube.com/watch?v=vAVXGWEumUc&feature=emb_rel_end


    Sun Ra All Stars and the Sun Ra Arkestra with Archie Shepp Berlin (1983)

    Don Cherry,tp,voc Lester Bowie,tp
    Marshall Allen,as,per John Gilmore,ts,fl Archie Shepp,ts,voc
    Sun Ra,key Richard Davis,b Clifford Jarvis,dr Philly Joe Jones,dr Famoudou Don Moye,per

    #free_jazz

  • * Festival d’Amougies : 49 ans après, il ne reste quasiment plus rien du « Woodstock belge » Guillaume Woelfle - 20 Aout 2018 - RTBF
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_festival-d-amougies-49-ans-apres-il-ne-reste-quasiment-plus-rien-du-wood
    Voir la vidéo sur le site de la RTBF

    Ce week-end se clôturait le festival de musique d’Amougies, un festival de New Wave regroupant plusieurs artistes des années 80 et 90. Un festival à la programmation bien différente de son édition de 1969, surnommée le « Woodstock belge ». Malheureusement l’héritage et le souvenir de cette édition historique ont quasiment disparu des mémoires belges.

    En octobre 1969, pendant cinq jours, des dizaines de milliers de jeunes festivaliers s’étaient réunis dans le petit village d’Amougies, dans le Hainaut, à une dizaine de kilomètres de Renaix. Ce festival était même l’un des premiers festivals de pop et free jazz d’Europe. Sous le chapiteau prévu pour 12.000 personnes, Pink Floyd, Yes ou même Franck Zappa se sont succédé lors d’un total de 60 heures de musique.

    Pourtant, Amougies n’était pas l’endroit initial où devait se tenir ce festival. Les organisateurs français avaient pensé leur événement pour Paris, en témoigne le nom du festival : le « First Paris Music Festival ». Mais seulement un an et demi après les affrontements de Mai 68, les autorités françaises ne veulent pas prendre le moindre risque de donner de visibilité à une nouvelle mouvance contestataire. Le festival est chassé de France et les organisateurs viennent frapper à la porte de villes frontalières de Belgique. Mais à nouveau, à Courtrai puis Tournai, les hippies ne sont pas les bienvenus. Cette fois, c’est davantage les expériences de Woodstock ou du festival de l’île de Wight qui créent l’appréhension des autorités belges pour accueillir un « festival de hippies ». À quelques jours du 24 octobre, le festival n’a toujours pas de piste d’atterrissage. Et les affiches de l’événement annoncent toujours le festival… à Tournai.

    Finalement, le bourgmestre d’Amougies, André Callebaut, prend le risque d’héberger le festival. La grande transhumance de festivaliers peut commencer, pour la plupart à vélo, depuis Tournai où beaucoup s’étaient donné rendez-vous, comme l’annonçait l’affiche. Le bourgmestre engage donc sa commune, même si les réticences se font encore sentir parmi les habitants, notamment le curé du village.

    « Quand on voit des centaines de hippies comme on les appelle, peut-être que sur le plan moral, ce n’est pas un bon exemple pour les jeunes du village. C’est mon opinion… Quand on les voit se promener en débraillés, un peu oisifs même pendant la journée, je ne sais pas ce que les jeunes doivent penser de cela. »

    La vie de hippie devient effectivement le vrai sujet de discussion du village, bien plus que la musique en elle-même. Le boucher du village, à l’linverse de sa femme, ouvre les bras à ces jeunes. « C’est beau d’être groupés. Ils n’ont pas d’ennemis. Ils sont là l’un pour l’autre. Quand ils viennent acheter, ils s’aident à payer leurs marchandises. Mais ma femme a plutôt peur de ces gens », explique-t-il.

    Pour les commerçants du village, la vie a changé pendant ces cinq jours de festival. Les 80.000 bouches à nourrir ont donné du travail. Les cafés, les hôtels et les boulangeries sont pris d’assauts. « Tout le monde a fait son bénéfice, confirme le boulanger qui n’a jamais arrêté de travailler pendant ces cinq jours. Ceux qui me payaient en francs français payaient un supplément. Ceux qui payaient en francs belges réglaient le prix normal. Il ne faut pas rater l’occasion pour voler (sic) les gens. »

    Les retombées économiques du festival sont estimées à plusieurs millions de francs belges, soit quelques centaines de milliers d’euros. Mais le véritable bilan de l’événement n’est pas financier. Le pari de liberté pris par le bourgmestre est réussi. Sa confiance placée dans les jeunes lui a souri. « J’ai voulu faire confiance aux jeunes et je crois que la preuve flagrante est faite. Nous avons fait confiance aux jeunes et nous sommes récompensés. Ce festival n’est pas un succès mais un triomphe, à tous points de vue. Aucun dégât, aucune réclamation. Au départ, nous avons dû prendre quelques précautions qui étaient nécessaires, indispensables. Mais nous constatons que les jeunes se sont conduits d’une façon sensationnelle. Je crois que je peux dire à tous ceux qui m’écoutent que nous devons faire confiance à la jeunesse et en faisant confiance aux jeunes, nous arriverons à de bien meilleurs résultats dans la vie. »

    Presque 50 ans après le Woodstock belge, il n’en reste presque plus rien. Les rééditions du festival n’ont pas fonctionné. Amougies 69 n’est plus qu’un souvenir, et encore, uniquement pour ceux qui l’ont vécu. L’année prochaine, pour les 50 ans de l’édition 69, les organisations prévoient une édition vintage.

    #Woodstock #belgique #Amougies #Tournai #musique #Pink_Floyd #Yes #Franck_Zappa #Ten_Years_After #Archie_Shepp #The_Nice #Art_Ensemble_of_Chicago #Yes #Gong #Soft_Machine #Pierre_Lattès #Zoo #Indescriptible #Chaos_Rampant #Frogeaters #Freedom #Sunny_Murray #Alexis_Korner #Don_Cherry #Ed_Blackwell #Joachim_Kühn #Jean-François #Jenny-Clark #Jacques_Thollot #Blossom_Toes #Germ #Caravan #The_Nice #Archie_Shepp #Pretty_Things #John_Surman #Sonny_Sharrock #Acting_Trio #Steve_Lacy #Captain_Beefheart #Musica_Elettronica #Viva #Fat_Mattress
    #pop #free_jazz #hippies #Actuel Le magasine

  • https://karlrecords.bandcamp.com/track/parish-of-tama-ossuary-dub

    When PAINKILLER started in 1991, their first two albums “Guts Of A Virgin” and “Buried Secrets” (both released on extreme metal label Earache) were heavy attacks blending #grindcore and #free_jazz that brought together the musical backgrounds of the three protagonists: drummer Mick Harris had just left grindcore legend Napalm death, John Zorn explored new extremities with his NAKED CITY project while Bill Laswell had as a member of roaring free jazz quartet Last exit (Peter Brotzmann, Sonny Sharrock, Ronald Shannon Jackson) proven that he was not only a visionary producer but also an accomplished bassist. But it is their 1994 double album “Execution Ground” that remains the opus magnum of the brilliant trio: ZORN’s unmistakable shrieking saxophone, HARRIS’ pounding drums and LASWELL’s growling sub-bass lines were given heavy mixing desk treatment, resulting in extended tracks that are no less intense than their early works but display the full range of the musicians’ skills. Soaked with reverb and delay, avant-jazz, grindcore, dub and ambient melt into eerie tracks of haunting atmospheres.

    #Painkiller #Bandcamp
    source : https://daily.bandcamp.com/2018/03/12/new-grindcore-list

  • Des nouvelles de Bancamp où j’apprends que le nom de #Jean_Rollin est Jean Michel Rollin Roth Le Gentil. The B​-​Music of Jean Rollin 1968​-​1973 - https://finderskeepersrecords.bandcamp.com/music

    https://finderskeepersrecords.bandcamp.com/track/description-automatique-dun-paysage-d-sol-1

    As Finders Keepers disobedient little-sister-label reaches her 20th (release) anniversaries Cacophonic Records are proud to present a record that will not only leave rare record collectors salivating but will open ambitious ears to a truly pioneering album from the seldom celebrated and individualistic micro-genre that is French free Jazz. Comprising some of the earliest uninhibited performances from key musicians behind records by Serge Gainsbourg, Jef Gilson, Triangle, Don Cherry, Barbara and countless other groundbreaking European jazz records and freakish films, this LP captures the birth of an exciting movement that would soon earn its Parisian birthplace as the go-to European spiritual home of improvised and avant-garde music. Spearheaded by polymath pianist and composer François Tusques this 1965 French LP coined the phrase “free jazz” before the American genre of the same name had fully taken shape and packed its suitcase; laying the foundations (alongside Jef Gilson’s Enfin!) for a unique satellite brand of jazz that would later provide visiting afro American avant-gardeners with a vibrant Parisian platform. Having recorded a very rare single in celebration of the architect Le Corbusier in late 1964 Tusques was lucky enough to play live with Don Cherry (a key player on Ornette Coleman’s 1961 Free Jazz LP) thus planting a pedigreed seed for this vibrant cultivar.

    https://www.discogs.com/artist/365565-Fran%C3%A7ois-Tusques
    #François_tusques #Barney_Wilen #free_jazz
    https://finderskeepersrecords.bandcamp.com/album/le-nouveau-jazz

    • http://campusgrenoble.org/wp/wp-content/uploads/2015/Zazirocratie/20160417-Zazirocratie25novembre.mp3

      1. Ellery Eskelin/Jim Black, 40 West + Charles Tiphaigne, L’Empire des Zaziris
      2. Faraquet, Cut Self Not
      3. Radiation 10, Den sidste mand
      4. Steve Coleman, Acupuncture Openings
      5. Fugazi, Waiting Room
      6. Fugazi, Burning
      7. Faraquet, Conceptual Separation of Self
      8. Otomo Yoshihide, Song for Che
      9. Steve Coleman, Synovial Joints#1 « Hands and Wrists » + Traduction des textes de Fugazi, Give Me The Cure + Burning + Burning Too
      10. Fugazi, Burning Too
      11. Radiation 10, Vegetal
      12. Fugazi, Give Me The Cure
      13. Seijaku, Blue-Eyed Doll

      http://campusgrenoble.org/lesprogrammes/emissions/zazirocracie

      Diffusée le dimanche de 21h à 22h30, l’émission est un mélange de #free_jazz et #indie/rock ponctuée de lectures philosophique ou littéraire.

      « Chaque voyage en Zazirocratie commence à 40 West d’Ellery Eskelin et Jim Black, avec une formule rituelle de Tiphaigne de La Roche ouvrant l’Empire des Zaziris (1761), pour se conclure par Gauntlet de Chris Brokaw, avec un appel au végétarianisme et à l’union des Zazirocrates de tous les pays. Entre les deux, on écoute du math rock qui masse et du free jazz qui déménage, avec quelques guitares extatiques, pas mal d’improvisation, et un texte de philosophie, de littérature ou de politique, souvent contemporain mais parfois tiré du XVIIIe siècle. En général, on essaie de se taire un maximum, même si on n’y réussit pas tout le temps.

      #Radio_Campus_Grenoble #musique #audio #Yves_Citton

  • http://desordre.net/bloc/ursula/2014/sons/coleman_beauty.mp3

    C’était, je crois, le plus beau concert de ma vie. Une première partie avec le Brass Fantasy de Lester Bowie avait galvanisé la salle du Grand Rex à Paris, énergie folle et festive, du cuivre, encore du cuivre toujours du cuivre et quels cuivres !, au milieu d’eux, Lester Bowie dans son habituelle tenue de laborantin, blouse blanche, petites lunettes, trompette, qui allait bien pouvoir jouer après pareil déluge d’énergie joyeuse et somme toute mélodique après que la douzaine de musiciens se retirent d’une scène archicomble de matériel, de percussions, de pupitres et de perches à microphones ? Oui, qui ?

    Un entracte de très courte durée si l’on juge de la nécessité de ranger tout le foutoir laissé derrière par le Brass Fantasy , et l’installation sur un petit tapis au centre de la scène, les grands rideaux de scène entièrement retirés, une batterie, mais une batterie de peu de choses, la grosse caisse, le charleston, la caisse claire, un petit fût médium, un gros tome et une cymbale crash et c’était bien tout, il y avait déjà un contraste saisissant d’avec la cohue qui avait précédé et dont le souvenir visuel finalement s’estompait dans ce retour à la simplicité.

    Ils sont arrivés, ils étaient quatre, des hommes déjà un peu âgés, pas le grand âge, mais déjà une certaine prestance dans des costumes aux coupes discutables, mais tout à fait le genre d’habits que l’on voit sur les hommes dans les quartiers noirs des grandes villes américains le dimanche matin sur le chemin de la messe. L’un des quatre avait une allure plus juvénile, et portait lui au contraires des vêtements amples et une écharpe, les bras croisés il tenait une manière de trompette de poche, comme d’aucuns tiennent leur cigarette. Le contrebassiste était une homme blanc au physique assez quelconque et était habillé comme n’importe quel informaticien qui sortait du boulot et qui le soir jouait du jazz pour se détendre, il ramassa sa contrebasse couchée sur le petit tapis qu’il partageait avec le batteur, donna deux ou trois tours de clefs plus précis pour l’accord de cette contrebasse, qui droite et debout désormais le rendait, lui, le contrebassiste, petit, presque. Le batteur donnait l’apparence d’un homme assez commun quoique plus souriant que les trois autres, il s’est assis derrière ses fûts comme d’autres se plantent devant leur ordinateur en arrivant au travail le matin, encore qu’à l’époque nous n’étions pas nécessairement très nombreux à nous planter devant un ordinateur en arrivant au bureau. Le patron, parce que qu’on voyait tout de suite que c’était le patron a murmuré deux ou trois instructions à ses coéquipiers, a planté ses deux pieds dans des marques presque, devant le microphone, il a ajusté la bretelle de son saxophone alto à l’apparence matte, pour être, de fait, un saxophone en plastique. Et tout d’un coup, sans crier gare, les quatre dans une simultanéité qui force un peu le respect tout de même, pas des rigolos, ils sont partis plein pot, et ont, deux heures durant, dans cette immobilité des corps, peut-être pas, des pieds en tout cas, joué le plus débridé des jazz.

    Un jazz déconstruit, dont on voyait bien qu’aucun des quatre ignorait les habituels sillons, mais bien au contraire tous les quatre étaient lancés dans un effort collectif de déconstruire tout ce qui aurait pu ressembler, même de très loin, à de l’habitude. Parce que le jazz, ce que l’on appelle le jazz à la papa, et qui représente la quasi entièreté de la production de cette musique, est une affaire terriblement ennuyeuse dans laquelle le plan justement consiste à exposer tutti le thème, puis les solistes se succèdent soutenus dans leurs plus ou moins grandes tentatives d’écart, par la section rythmique, la contrebasse, la poutre, la batterie, les solives annexes et quand il y en a un, le piano, la déco. Une fois sur quatre on laissera une huitaine de mesures au contrebassiste, parfois seulement quatre, pour, au choix, continuer ce qu’il faisait depuis le début, mais cette fois seul, solo, ou, plus audacieux, pas toujours heureux, tout un chacun n’est pas Charlie Haden, justement le type habillé en informaticien qui sort du boulot, étoffer ce qu’il faisait jusqu’à présent dans le but que les autres brillent. Et pour vous dire à quel point tout ceci est convenu, il est attendu que le public montre sa compréhension, de ce qui n’est pourtant pas très mystérieux, en applaudissant quand le témoin passe d’un musicien à l’autre, ce qui, invariablement recouvre entièrement ce qui pourrait être sauvé de cette routine, le passage du thème d’un musicien à l’autre. A vrai dire cette forme a été produite et déclinée, avec une maestria inégalée depuis, par le sextet de Miles Davis dans Kind of blue et dispense d’écouter tout ce qui procède du même mouvement et qui n’a pas, loin s’en faut, la même grâce que cet album admirable. D’ailleurs pour montrer à quel point ces quatre-là d’une part n’ignoraient pas ces us-là, mais avaient surtout décidé de les bousculer, après avoir exposé le thème de The face of the bass , ils se turent tous les trois pour laisser la place au solo de contrebasse habituellement relayé au xième rang d’un concert. On commencerait donc par la contrebasse.

    Et tout dans ce concert était de ce bois-là, une entreprise à la fois savante de déconstruction et à la fois une recensement appliqué des possibles une fois que cette base a été nivelée. Le contrebassiste, informaticien de jour, ne coupait pas ses notes, comme font généralement ses collègues pour donner cet élément qui porte le joli mot de swing, mais qu peut rapidement devenir une dictature, mais, au contraire, ne manquait jamais une occasion de laisser les notes de cordes à vide sonner dans une rondeur tout à fait voluptueuse, un certain Charlie Haden donc. Avec une économie gestuelle très curieuse à voir tant elle était peu synchrone de la musique effectivement jouée, le batteur créait une féerie de rythme, de contre-rythme et surtout une palette remarquable de couleurs, atteignant de ce fait une musicalité souvent étrangère aux batteurs de jazz, un type appelé Billy Higgins, un type qui avait surtout l’air d’être charmant, le trompettiste aux allures de joueur de basket à la ville, à la différence des trois autres arpentait nonchalamment la scène et ponctuait cette promenade de phrases à la fois rapides mais aux notes parfaitement détachées, un chat à la cool répondant au nom de Don Cherry, quant au saxophoniste à l’instrument en plastique et à la sonorité de ce fait sans grande longueur, il compensait remarquablement cette absence de couleurs, manifestement refusée par fuite de la facilité, et compensait donc par une gamme très riche, une manière de système à lui qui s’interdisait de jouer une note si les onze autres de la même gamme n’avaient pas toutes été jouées elles aussi une fois : Ornette Coleman, les deux pieds collés au sol, droit comme un i et d’une folie à la Burroughs, une vraie folie déguisée en absolue normalité.

    Ce sont des années et des années plus tard que retombant sur des galettes de Lester Bowie j’avais ce sentiment étrange de déjà entendu — I have this strange feeling of déjà entendu — pour finalement me souvenir que cela avait été le concert qui précédait le quartet mythique d’Ornette Coleman, lequel avait tout de même réussi à effacer de ma mémoire une aventure de Lester Bowie.

    Et aujourd’hui dans l’espace ouvert pas très ouvert, j’ai appris la mort d’Ornette Coleman, à mon travail, et j’ai dit, soudain fort triste, Oh Ornette Coleman est mort, et mes collègues informaticiens se sont retournés vers moi pour me répondre qui ça ?.

    J’ai répondu l’inventeur du free jazz pour faire court, binaire presque. J’ai attendu d’être seul dans mon garage ce soir pour sortir le vieux Beauty is a rare thing de son coffret, ce morceau qui, déjà du vivant d’Ornette Coleman, me tirait des larmes. Les artistes, les vrais, sont également très rares. Nous venons d’en perdre un.

  • Le son n’est que vibration n’est-ce pas ? Pourquoi ne pas l’avoir dit avant ? Ca ne réveille pas l’imagination ?

    Entre dans la chambre anéchoïque... écoute ton système nerveux en action. Et écoute ton sang... En circulation...

    John Cage

    Pour une approche poétique et esthétique de la musique
    Sound ?? : John Cage et Roland Kirk de Dick Fontaine(1966)
    http://www.youtube.com/watch?v=M8fdYdYm4Io

    http://www.poptronics.fr/the-sound-of-silence?var_recherche=john%20cage

    « Sound ?? » est un des plus beaux films jamais réalisés sur la #musique, toutes les #musiques. Et c’est peut-être parce qu’il pose l’idée de son, bien plus que de musique, qu’il peut aller aussi loin, fort de deux points d’interrogation qui laissent rêveur et ouvrent vers un questionnement poétique plus que purement esthétique. « #Sound ?? » est d’abord un casting de choc, et même a priori de choc culturel intense, avec un #John_Cage tout en aphorismes profonds et un #Roland_Kirk tout en liesse d’un #hard_bop débarrassé des conventions. Deux figures #iconoclastes certifiées. Mais pour Kirk, ici, une réhabilitation salutaire.

    Rahsaan Roland Kirk était un multi-instrumentiste qui jouait de plusieurs embouchures en même temps. Les puristes du jazz n’y voyaient souvent qu’une exubérance futile, au mieux un phénomène de foire virtuose. Si Kirk était hors des radicalités initiées en 1960 par un Ornette Coleman avec #free_jazz, loin aussi de la mystique enragée d’un #John_Coltrane dernière période, il était un visionnaire et passeur sans équivalent. Du fait peut-être de sa cécité, il savait associer au mieux sa musique aux sonorités de son environnement urbain. A cet égard, la communion sonore de Kirk avec les #oiseaux, éléphants et surtout une meute de #loups d’un parc zoologique est un pur moment de bonheur.

    Le tour de force de Fontaine, outre l’élégance du montage, c’est de donner la réplique à Cage, de suggérer tout son univers en montrant un autre musicien, un deuxième monde qu’on aurait tort de croire éloigné du premier. A la fin du film, les deux mondes se croisent dans une chambre sourde, une de ces salles anéchoïdes où nulle réverbération sonore n’est possible. Et Cage de crier, avec toutes les forces de l’univers derrière lui et jusqu’au dernier battement de cœur : « Le silence n’existe pas. »

    #Jazz #Musique_expérimentale #Avant-Garde #Poésie #Film #Documentaire #Vidéo