• Il y a un an, un journaliste arriviste signait son 1er article pour Le JDD et montait en épingle un dossier fourni par la Gendarmerie Nationale sans en vérifier les infos.
    http://web.archive.org/web/20171217030208/http://www.lejdd.fr/societe/notre-dame-des-landes-les-photos-secretes-de-la-zad-3522752
    En faisant des recherches sur les sources, en quelques heures, je me suis rendue compte que quasi toutes les photos étaient détournées, voire bidonnées :
    https://twitter.com/ValKphotos/status/942791427691614208
    Dans la foulée Christophe Castaner s’en servait sur France 3 pour justifier une énorme opération militaire sur la #zad #NDDL
    https://www.francetvinfo.fr/replay-magazine/france-3/dimanche-en-politique/dimanche-en-politique-du-dimanche-17-decembre-2017_2508207.html
    Ce processus n’est pas exceptionnel mais HABITUEL. Les mainstream, pour plein de raisons, ne remettent pas en question ce qu’ils reçoivent des services régalien. Même s’ils savent depuis toujours servir de courroie de transmission d’une désinformation orchestrée.
    Ce qui est intéressant c’est de voir à quel point le phénomène des #fakenews, amplifié par des savants fous en algorithmes, et bientôt régulé par les mêmes #gafam, entraine aussi une formation intense au #CheckNews. Et le mouvement des #GiletsJaunes en est, paradoxalement, issu.
    Ce que semble oublier le @gouvernementFR des puissants c’est que, par la porte ou par la fenêtre, la populace, dont je fais partie, a soif d’apprendre. Mais que face au mépris et au mensonge, la révolte, qu’il est en train de manipuler, risque de s’amplifier & faire des ravages.
    Là ou les services de ce @gouvernementFR excelle bien plus que pour les précédents, c’est de jouer sur ce qui nous différencie pour en faire des appâts clivants. Il l’a fait avec brio sur la #zad #nddl, massacrant celleux qui refusaient de négocier. Il en fera autant avec les #GiletsJaunes grâce au #RIC
    N’oubliez pas que @EmmanuelMacron a fait sa thèse sur le Prince de Machiavel...


    Là où je veux en venir c’est qu’il est urgent de tout faire pour développer l’éducation populaire ET la transmission d’outils LIBRES. ET de continuer à développer l’esprit critique. (ET de cesser de le confondre avec « attaque personnelle », aussi !)
    Qu’on rejoigne ou non un mouvement, un soulèvement, une révolte, une (r)évolution... JAMAIS la fin ne peut justifier les moyens. A chaque fois qu’on laisse passer un arrangement avec « le plus fort », nous perdons. A chaque fois que nous censurons l’esprit critique, nous perdons.
    A chaque fois qu’on détourne les yeux sur « quelques pertes », « quelques dégâts collatéraux », qui touchent « pas grand monde » mais toujours les plus faibles / isolés, nous perdons. Parce que ce n’est pas un jeu pour [nous]. Parce qu’il est indécent de parier avec la vie des autres
    Bison Futé qu’on voit sur ma photo est devenu Bison Cramé. Lieu annexé par un barbouze, incendié par des barbouzes après des batailles internes atroces qui ont privilégié la politique de la terre brûlée à la recherche du consensus. La perspective de la guerre y est pour beaucoup.
    Le puits, pseudo cache d’armes, n’a pas été comblé mais écrasé. Tout cette zone « non-moteur » a été dévastée par des engins & soldats destructeurs, grâce à ce machiavélique chantage : la soumission ou la guerre.
    Je vous laisse avec celui qui habitait là, Alex, qui rencontre Gilles Clément...
    https://youtu.be/dlAHSqcXMXU


  • Bloqueurs de tous les ronds-points, rions jaune… et ne cédons rien | Yves Pagès
    http://www.archyves.net/html/Blog/?p=7623

    Pour la première fois depuis des lustres, l’exécutif au pouvoir a reculé face à un rapport de force auto-organisé hors les vieux cadres paritaristes de la lutte syndicale. On ne doit ni minorer ni surestimer cette victoire, obtenue malgré l’enfumage des gouvernants et le recours à une armada répressive délirante. La peur a changé de camps, samedi après samedi, c’était palpable dans les arrondissements de l’Ouest de Paris. Mieux encore, dans ce mouvement ambivalent, c’est le charbon ardent de la « justice sociale » qui a brûlé dans les cœurs et les esprits, et si les relents xénophobes, anti-assistanat et national-poujadiste ont brouillé les pistes sur les réseaux sociaux, dans la rue l’émotion populaire ne s’est pas trompée d’ennemis ni de cibles, les rouages et têtes de gondoles du « système », (...)

    • D’où l’urgence à faire émerger dans les cahiers de doléances, les actions, les banderoles, les tags, les slogans, toutes les parts maudites de ce mouvement : ceux qui n’ont eu que silence et mépris, moins que rien. Et pourtant ils existent, ces bouche-trou vacataires, ces CDD à perpétuité, ces chômeurs en fin de droits, ces bénéficaires du RSA sous contrôle humiliant, ces stagiaires interchangeables à 400 boules le taff de 35 heures, ces intérimaires et saisonniers hyper-corvéables, ces employées en sous-traitance du nettoyage payées au lance-pierre, ces auto-entrepreneurs au rabais sans retraite ni chômdu, ces esclaves ubérisés par le challenge hyperconcurrentiel, ces privés d’allocs pour trop perçu, ces locataires insolvables en baisse d’APL, ces étudiants extra-européens qui voient augmenter de 1500% leurs frais d’inscriptions, ces travailleurs immigrés légaux qui ne toucheront pas la prime d’activité faute de prouver 5 ans d’activité en continu, etc. Tant que la multitude des précaires n’y aura rien gagné, on aura perdu une chance historique de nous débarrasser de certains leurres (« le Peuple », par exemple, ce mot passe-partout qui laisse passer entre les trous les plus massacrés de la domination économique) et de ne pas attendre le retour fantoche du plein-emploi stable pour repenser ensemble les questions du travail utile, de la propriété collective, du partage égalitaire et de la décroissance durable.


  • Circulation L’autoroute A27 est coupée, ce lundi matin, à cause d’une manifestation en Belgique 17 Décembre 2018

    http://www.lavoixdunord.fr/508075/article/2018-12-17/l-autoroute-a27-est-coupee-ce-lundi-matin-cause-d-une-manifestation-en-

    La préfecture du Nord annonce la fermeture à la circulation de l’A27, ce lundi matin. Une manifestation en Belgique est en cause.
    Dans un communiqué, la préfecture du Nord annonce que depuis « 1 h » du matin, la circulation est coupée à hauteur de « Camphin en Pévèle », dans le sens Lille vers Tournai sur l’A27. Une déviation a été mise en place au niveau de la jonction RN227/A27, direction de Gand, pour rejoindre la Belgique par l’A22.

    Évitez Tournai

    Si vous le pouvez, évitez ce secteur, car les perturbations s’annoncent durables. Il s’agit d’une manifestation, probablement de Gilets jaunes belges. Au Nord de Tournai , il faut compter sur 19 kilomètres d’embouteillages vers la France. Plusieurs journaux belges, dont l’Avenir, https://www.lavenir.net/cnt/dmf20181216_01271640/la-troisieme-nuit-des-gilets-jaunes reviennent ce lundi matin sur le mouvement de contestation qui a gagné la Belgique. Interrogé un Gilet jaune belge, qui bloque un rond point du Tournaisis explique ainsi : « Écoutez, des gens qui travaillent et qui doivent se serrer la ceinture, vous trouvez ça normal ? Le 20 du mois, il faut regarder au moindre euro. On en est là. Alors faut pas demander quand on n’a pas de boulot ! »

    #Belgique #GiletsJaunes #Tournai #blocage


  • Gilets jaunes. Le McDo de Quévert pris en sandwich
    https://www.letelegramme.fr/cotes-darmor/dinan/gilets-jaunes-le-mcdo-pris-en-sandwich-16-12-2018-12163719.php

    Après le défilé en ville samedi après-midi, qui a réuni environ 90 participants, les gilets jaunes dinannais ont conclu leur week-end par une opération « pacifique et symbolique », aux abords du McDo de Quévert, ce dimanche soir.

    « Venez comme vous êtes », invite le slogan de l’enseigne fast-food au grand « M ». Les « gilets » dinannais sont donc venus de jaune vêtu, ce dimanche soir, aux abords du McDonald’s de Quévert. Une quarantaine de manifestants s’est donné rendez-vous vers 17 h 30, afin de mener une action « pacifique et symbolique ». En ligne de mire : « Ces grosses entreprises, dont fait partie McDo, qui ne paient pas leurs impôts grâce à l’exil fiscal, alors que cet argent pourrait servir à financer les services publics et la transition énergétique. Là, on leur fait perdre du chiffre d’affaires, on assume », résume l’un des participants au rassemblement, sur place.

    « Allez manger une crêpe en ville ! »
    Sans entrer dans l’établissement, les Gilets jaunes ont dans un premier temps installé des barrages filtrants sur les accès au parking et au drive, à l’aide de chariots du supermarché voisin. « N’allez pas manger là, allez plutôt manger une crêpe en ville ! », exhorte l’un des manifestants, aux automobilistes tentant d’accéder au fast-food. Trois banderoles sont déployées aux alentours, mentionnant « McDo paie tes impôts », « RIC » (pour référendum d’initiative citoyenne) et « Va au resto ».

    Une jeune femme brandit une pancarte colorée confectionnée maison, sur laquelle on peut lire « Association des poussins libres, McDo c’est comme l’État, ça broie du jaune ». Des échanges ont ensuite eu lieu avec le responsable local de l’établissement, surpris par cette visite dominicale, mais qui a simplement demandé que ses employés puissent accéder sans encombre à leur lieu de travail. Chose qui a été respectée au niveau des barrages filtrants.

    La gendarmerie lève les barrages
    Dépêchés sur les lieux vers 18 h, les gendarmes, dont le peloton de surveillance et d’intervention (Psig), ont levé les barrages, rangeant eux-mêmes les chariots de courses entreposés en travers de la route. « On ne veut pas de gaz lacrymo ni de blessé, on n’oppose pas de résistance », explique une manifestante aux forces de l’ordre, visiblement à l’écoute mais fermes quant au déblocage des voies de circulation, par mesure de sécurité.

    Vers 19 h, après avoir distribué des tracts sur le RIC aux clients entrant dans le McDo, le groupe de gilets jaunes s’est repositionné sur les deux ronds-points à proximité. « Dans les jours à venir, on va désormais mettre l’accent sur ce genre d’action comme ce soir, on commence à se coordonner avec d’autres villes », a annoncé l’un des participants, assurant ne pas sentir de démobilisation au sein du mouvement.

    Peu avant 21 h, manifestants et gendarmes quittaient les lieux, sans incident particulier à déplorer. « C’est super positif, on a vidé l’affluence du McDo », s’est félicité un Gilet jaune, à l’heure du départ.

    #Dinant   #mcdo   #mcdonald's   #mcdonald   #évasion_fiscale    #multinationales #GiletsJaunes



  • Chroniques françaises , par Toni Negri
    14 Décembre 2018

    Nous proposons ici la traduction d’une contribution rédigée par Antonio Negri au lendemain du discours d’Emmanuel Macron du 10 décembre dernier. Il s’agit d’un texte d’analyse (...) qui avance (...) des pistes de lecture intéressantes, notamment pour ce qui est des clivages classe/peuple, de l’impossibilité de médiation et de l’épuisement de la gouvernance, mais aussi de la question de la socialisation du salaire et de l’enjeu de la prolifération des foyers des luttes.

    http://www.platenqmil.com/blog/2018/12/14/chroniques-francaises

    #giletsjaunes #fédéralisme #municipalisme #macron #salaire #salaire_social #classe #peuple #multitude #médiation #représentativité #néolibéralisme #Macron #giletsjaunes #gilets_jaunes #Negri

    • Commentaire d’une camarade #intermittente : « Si Toni Negri lisait la page de la #CIP IDF, il aurait su le soir même qu’il n’y a pas d’augmentation du #SMIC et que la “prime d’activité”, comme son nom l’indique, est idéologiquement très marquée (les pauvres sont des fainéants, etc). »

    • « Pas de coup de pouce, mais un revenu en hausse » dans L’iMmonde est incomplet mais pas que
      https://seenthis.net/messages/743277
      Si d’autres ont vu mieux...

      Negri, il plane grave sur le SMIC (entre autre chose), comme tous ceux qui oublient que le SMIC mensuel n’est plus le salaire minimum effectif, qu’il a été remplacé pour des millions d’actives et actifs par un SMIC horaire un temps de travail annualisé.
      En revanche lorsqu’il intègre la #prime_d'activité -aussi marquée soit-elle par le travaillisme- au #salaire social, il vise juste et à un endroit tout à fait négligé par l’analyse sociale (un aveuglement pallié par la nostalgie du CNR). Il y a pas de lecture possible de l’évolution des #droits_sociaux (au dela de l’emploi) sans partir du fait que cette prime finance en même temps (si si) des emplois et employeurs et la reproduction de la forme de travail, que c’est un rapport politique, pas juste une diversion conjoncturelle ou une anomalie à résorber. Comment fonctionne cette #individualisation du salaire social ? Quel mixte d’intégration (au modèle d’emploi, précaire et mal payé et/ou à la figure du cas’sos ; le rouage ou le déchet, telle est l’alternative offerte), de coercition (aiguillon de la faim, inséreurs, proprio, #dette) et de #punition (désocialisation, culpabilité, contrôle) présente-t-elle ?
      Je ne sais pas si ça se lit sur le site de la cip, mais on y trouve de nombreux papiers sur la nécessité de ne pas en rester à la #cotisation_sociale gagée sur la durée d’emploi et les salaires pour financer un #droit_au_chômage). On peut tout savoir du #salaire_social si on s’en tient à l’imaginaire des idéologues de la gauche formol (tel Friot qui exclue du salaire social le RSA, le minimum vieillesse, les bourses et tout droit financé par l’#impôt...), on peut continuer de se poser des questions comme certains secteurs syndicaux tout en ayant de moins en moins de prise au conflit capital travail, et puis on peut aller chercher des réponses chez les #Gilets_jaunes, dans la #grève_sociale expérimentale en cours... Les réponses de l’État sont à tout le moins un élément à prendre en compte dans un programme d’#enquête. Tout comme la réforme un instant reporté du droit aux chômage où les #chômeurs en activité à temps réduit seront en première ligne : diminuer les #allocations_chômage versée de 1,3 milliard est leur projet.



  • « Gilets jaunes » : paroles d’un peuple divers
    15 DÉCEMBRE 2018 PAR YANN LÉVY / HANS LUCAS (PHOTOS) ET MATHILDE MATHIEU (TEXTE)

    Des « gilets jaunes » ont de nouveau manifesté par dizaines de milliers, ce samedi 15 décembre. « Le mouvement ne doit pas s’arrêter ! » Il y a ceux qui promettent de revenir pour le réveillon, ceux qui se tâtent, qui veulent renouveler les modes d’action. Et puis toujours « la haine » contre Macron. Rencontres au gré des places de Paris.

    _______________________________________________-

    Jordan, 25 ans, agent dans un parc automobile de l’Ain. « Regardez mon solde bancaire : il me reste 70 centimes pour aller jusqu’au 5 janvier et j’ai pas droit au découvert. J’attends un enfant… Ma première revendication, c’est le RIC, le référendum d’initiative citoyenne : que le peuple retrouve le pouvoir de décider au lieu d’une minorité déjà bien aisée. Il faut aussi penser aux SDF, aux handicapés… J’aimerais pouvoir aider davantage mon père malade du cœur et des poumons, invalide, qui touche seulement 800 euros d’allocation. Ce qu’on veut, c’est quelque chose de décent, qu’on arrête surtout de parler de nous “aider”. Pourquoi je me mets à genoux comme les lycéens de Mantes-la-Jolie ? Parce qu’il y a d’autres moyens de canaliser les jeunes sans humilier. Ça me fait penser à des exécutions. »

    Pauline, 46 ans, infirmière de l’Assistance publique-Hôpitaux de Paris (AP-HP), syndiquée chez Sud. « Avec certains gilets jaunes, on n’a pas les mêmes références culturelles. Ils chantent la Marseillaise, j’ai plutôt envie de reprendre L’Internationale. En 2017, j’ai voté Poutou [le candidat du NPA à la présidentielle – ndlr]. Mais ici tout le monde discute, y a plein de gens qui venaient jamais aux manifs. C’est plus intéressant que Nuit debout, par exemple : beaucoup plus social, avec des gens davantage de la base. Ma revendication première ? Le Smic à 2 000 euros, des vies décentes pour tous. Moi, je gagne enfin cette somme après 20 ans de carrière, et je suis seule, à Paris, à élever ma gamine. Heureusement que j’ai un logement social… Il faut se battre aussi pour les services publics : on va encore supprimer des centaines de postes par an à l’AP-HP. Même s’il y a un risque de flottement avec Noël, le mouvement doit pas s’arrêter là. »

    Lina, étudiante franco-syrienne de 21 ans en « langues étrangères appliquées » à la fac de Saint-Denis. « S’il y a un essoufflement, c’est les forces de l’ordre qui l’ont provoqué ! Je suis allée à l’Élysée deux fois : y a jamais eu d’agressivité de notre part, mais ils provoquent avec leurs boucliers, ils prennent nos masques contre les lacrymos. Le blocage à la fac, à la base, ça ne m’arrange pas, mais il faut absolument dénoncer l’augmentation des frais d’inscription réservée aux étudiants étrangers. Alors, on a déjà bloqué quelques heures et on veut bloquer à nouveau après les partiels. Et puis, moi aussi je trouve qu’on paye trop de taxes. [Après une enfance en France,] j’ai vécu dix ans en Syrie, avant de revenir fin 2012. Ma famille commerçante paye beaucoup d’impôts… Il faut continuer le mouvement ! Nous devons être là pour les gilets jaunes, et eux pour nous. »

    Damien, 25 ans, maçon dans l’Yonne. « C’est le quatrième samedi que je viens à Paris. J’étais jamais venu avant, j’avais jamais manifesté de ma vie. Je suis un campagnard. Je ne vois pas plus loin que la campagne. D’ailleurs, je fais aussi de l’ensilage, pour aider. En 2017, j’ai voté Marine. Au deuxième tour en 2012 ? Pour celui qui a gagné, là, Hollande. À la base, pour les gilets jaunes, je me suis mobilisé pour les heures supplémentaires : travailler plus pour gagner plus. C’est sorti lundi dans le discours de Macron : le seul truc de bien. Mais on continue pour le pouvoir d’achat ! »

    Didier, 60 ans, fraîchement retraité de chez Safran et venu des Yvelines avec sa compagne Valérie, caissière. « En ce moment, je regarde pour m’expatrier en Espagne. On est trop ponctionnés en France. Pourtant, je ne fais pas partie des plus à plaindre : après 40 ans de maison, j’ai touché une prime de départ et je vais gagner plus de 2 000 euros de retraite. Mais avec les annonces de Macron, je paierai toujours la CSG, alors qu’en Espagne, y en a pas ! Ça fait déjà 150 euros net dans la poche. Et le coût de la vie est 30 % moins cher là-bas : la première fois que tu fais tes courses, tu te dis qu’ils ont oublié quelque chose. On irait au bord de la mer, vers Alicante… En 2017, j’ai voté Fillon [tandis que sa compagne optait pour Asselineau], parce que le seul qui n’a pas fait grimper mes impôts, c’est Sarko. Après 40 ans d’engagement chez Safran [grand groupe de défense – ndlr], au service de la France, c’est pas évident de m’expatrier. Mais je m’y retrouve plus aujourd’hui. »

    Mariam, 20 ans, étudiante en sociologie à Paris et membre du collectif Justice pour Adama (créé après la mort d’Adama Traoré dans une gendarmerie du Val-d’Oise). « On se rallie à la cause des Gilets jaunes, pour combattre l’injustice sociale et contre toutes les violences policières. On ne pourra changer les choses que s’il y a une convergence des luttes. »
    Meïween, 22 ans, en master de droit. « On a tous des opinions politiques différentes. L’essentiel, c’est de se rassembler. La suite ? Il faut soutenir la mobilisation contre Parcoursup (qui est encore un outil de discrimination), celle des lycéens aussi, après que ceux de Mantes-la-Jolie se sont fait mettre à terre et humilier. Mardi, on était à Ivry : des mineurs du lycée Romain-Rolland ont été interpellés [après la découverte d’un tag “Macron démission” notamment dans l’établissement] et ils dénoncent des violences en garde à vue. La proviseure est allée jusqu’à déposer plainte pour “dégradation” ! Non, on ne lâchera pas. J’ai vu qu’un prochain “acte” était prévu sur les Champs-Elysées pour le réveillon, j’irai sûrement. »

    Jean*, 34 ans, venu de Normandie. « J’ai un statut de militaire donc je suis interdit de manifester, je peux pas vous donner mon nom. Appelez-moi Jean, comme Jean Valjean [le personnage des Misérables de Victor Hugo]. Les annonces de Macron, c’était de la poudre de perlimpinpin. Augmenter le Smic via la prime d’activité je veux bien, mais ma femme, par exemple, n’y a pas le droit parce que je gagne trop. Donc faut mettre l’“acte VI” sur Facebook, continuer à gêner les commerces – sans casser, hein, on n’est pas des casseurs. La seule chose que je cautionne pour casser, c’est les banques, parce qu’elles volent aux pauvres. Moi qui suis à découvert tous les mois, mes agios se montent à 300 ou 400 euros par an ! Bref, faut continuer. J’ai jamais participé à des mouvements sociaux avant, mais je sais parfaitement que Mai-68 a commencé en mars. »

    Vincent, Kanak, 53 ans et résident de Seine-et-Marne. « Ce mouvement, ça ne m’évoque pas Mai-68, ça me rappelle plutôt 1985 en Nouvelle-Calédonie, trois ans avant la prise d’otages à la grotte d’Ouvéa [par des indépendantistes]. Quand j’ai vu le ministre Castaner sortir les blindés la semaine dernière, ça m’a fait penser à Pisani en 1985 : trois ans plus tard, ça s’est fini avec des morts. »

    Soumia, 35 ans, éducatrice spécialisée à Paris. « Ce qui me conduit là, c’est le ras-le-bol de toute la pression qu’on reçoit en tant que salariés, comme professionnels du social y compris. Notre métier, c’est d’aider les gens fragilisés mais quand on commence la carrière à 1 320 euros, on se retrouve à être nous-mêmes des personnes fragilisées. Dans le secteur, le manque de moyens est criant. À Paris, je pense à la suppression en cours des contrats “jeunes majeurs” [pour les jeunes pris en charge jusque-là par l’Aide sociale à l’enfance]. On va les laisser sans rien à 18 ans. Bref, je suis là pour la défense des services publics et pour qu’on vive sans peur des fins de mois. »

    Jonas, 40 ans, ancien de la Légion étrangère. « Le meilleur slogan que j’ai vu aujourd’hui c’est : “Vivre debout !” Ça pourrait remplacer la devise française. Si le mouvement s’essouffle ? Certainement pas ! Mais il y a eu beaucoup plus de filtrages, des interpellations préventives, des gens condamnés à de la prison pour la détention de lunettes de piscine. Il s’est surtout transformé : au départ, c’était contre les taxes, c’est devenu un combat pour la dignité, ce n’est même plus une question de classe. On se bat pour la cohésion sociale et la survie du pays. Vous avez vu ? Des généraux et un amiral ont commencé à se manifester contre le “Pacte de Marrakech” [le Pacte mondial des migrations de l’ONU], dans une lettre ouverte au président [en allant jusqu’à dénoncer une “trahison”]. C’est une convention qui a pour objectif de modifier considérablement la société. Je suis pour des référendums citoyens comme en Suisse, parce que la République aujourd’hui nous est confisquée. Par des gens qui criminalisent tout débat sur ces sujets [les migrants], en nous traitant de fachos. Ce que j’ai voté en 2017 ? Je n’ai pas voté en 2017, je refuse de participer à cette mascarade. »

    Alexandre, ancien professeur et Insoumis parisien, 66 ans. « On a reçu un mail des Insoumis : “Venez nombreux !” Mais je n’ai pas encore vu grand monde… Au début, ce mouvement spontané des gilets jaunes, je ne le sentais pas trop, j’hésitais, je le pensais un peu poujadiste, pour dire vite. En fait, il y a toute une série de revendications qui collent bien avec les Insoumis, sur la justice sociale et un système plus démocratique de consultation directe. Pour la suite, je ne sais pas trop comment faire : ça tourne un peu en boucle, les manifs comme ça du samedi. On est un peu coincés par les mouvements violents… Faut trouver des idées. »

    Sarah, 30 ans, en formation d’éducatrice spécialisée à Reims. « Je suis là pour l’urgence sociale et climatique, comme la semaine dernière déjà. Je suis revenue dès hier pour une action contre la Société générale montée par Les amis de la Terre et Action non-violente COP21, contre le financement des énergies fossiles. L’articulation entre ça et les gilets jaunes ? C’est le même fond : la surexploitation des ressources humaines et terriennes. En soi, taxer le carbone est une bonne idée, à condition que des alternatives soient offertes, sinon c’est une prise d’otages. La suite ? Il faut encore trouver d’autres modes d’action, manifestement, sinon on va avoir du mal à passer les vacances. »

    Jannick, 63 ans, ancienne femme de ménage, descendue du Nord avec son compagnon retraité de la SNCF. « Nous on ne souffre pas, mais on est solidaires. Cela dit, je dois toucher 100 euros de retraite depuis décembre dernier [elle a très peu travaillé, ndlr] et j’attends toujours… Et puis, on est en accession à la propriété, avec 14 ans encore à payer. J’aurai fini à 76 ans ! Surtout, j’ai un petit-fils qui vient d’avoir le bac et qui trouve pas de job parce qu’il n’a “pas de formation”… Il suffit donc pas de traverser la rue, comme dit Macron ! En 2017, moi, j’ai voté Le Pen, parce qu’on n’a pas encore essayé, mais on ne parle jamais de politique avec les gilets jaunes : on est tous dans le même bain, et y en a qu’un qu’est visé : Macron. C’est la haine, on le déteste. On en est à notre quatrième manifestation. Avant, la seule fois où j’étais venue à Paris, c’était pour Charlie Hebdo. Mais on n’en a pas fini avec lui : je veux qu’il remette l’ISF, et le référendum citoyen pour avoir la démocratie dans ce pays. Je me demande encore comment il est arrivé là. Enfin, je sais : propulsé par ses amis financiers. »

    https://www.mediapart.fr/studio/portfolios/gilets-jaunes-paroles-d-un-peuple-divers

    #giletsjaunes #gilets_jaunes #témoignages


  • 5 semaines de soulèvement des #giletsjaunes et je ne vois ce mot quasi nulle part : Le #SURENDETTEMENT, un fléau social qui profite d’abord aux banques et aux organismes de crédit

    Même s’il n’y a pas un profil de surendetté, la situation récurrente est celle d’un employé ou d’un ouvrier, gagnant un petit salaire, qui se sépare, tombe malade ou perd son emploi /.../

    Un témoignage poignant de Juliette, 65 ans, et une analyse de fond par Audrey Guiller pour #Bastamag : https://www.bastamag.net/Le-surendettement-un-fleau-social-qui-profite-d-abord-aux-banques-et-aux
    #detresse_financiere #systeme_bancaire #banque


  • A Saint-Nazaire : « Je ne suis pas en lutte, je suis une lutte » 15 DÉCEMBRE 2018
    PAR PIERRE-YVES BULTEAU

    L’ancienne sous-préfecture de la ville de Loire-Atlantique a fait place à une réquisition citoyenne. Le lieu a été baptisé « Maison du peuple ». De façon autogérée, on y discute du sens de la démocratie, comme de l’impact de la lutte sur ceux qui la mènent.

    Saint-Nazaire (Loire-Atlantique), de notre envoyé spécial.- « Je ne suis pas en lutte, je suis une lutte. » Jonathan, que tout le monde ici appelle affectueusement Yoyo, est un gaillard aux cheveux gominés, à la voix voilée par les gaz lacrymos respirés et les centaines de roulées grillées. Alors qu’il était en train de monter un restaurant avec son frère, il a tout arrêté. « Tellement j’ai trouvé en ce lieu du cœur et de l’humanité. »

    La Maison du peuple de Saint-Nazaire représente le symbole de ce qui se joue depuis cinq semaines, partout en France. Un relais populaire et autogéré créé en réponse à « un monde soudain devenu injustifiable aux yeux de tous », selon la formule de l’écrivaine Leslie Kaplan.

    Ancienne agence Assedic, devenue un temps sous-préfecture, le bâtiment de centre-ville a récemment été vendu par l’État à un promoteur immobilier. « Il avait prévu d’en faire sortir 72 logements, explique Ludovic, en taxant une clope à Yoyo. Le permis de démolition était signé. Les pelleteuses devaient tout raser. Au lieu de ça, on l’occupe depuis le 24 novembre dernier. »

    La démolition architecturale a laissé place à la construction des consciences. Une réquisition citoyenne pour une insurrection des intelligences. Passée la frêle grille d’un vert oxydé, ce ne sont que sourires et attentions aux traits tirés qui vous accueillent. Comme si la quinzaine d’habitants à temps complet avait décidé de prolonger le mouvement, au-delà des ronds-points de la zone portuaire, malgré les annonces faites à la télévision par Emmanuel Macron, contre les récents appels à la désunion.

    Il faut dire que le peuple en gilets jaunes nazairien connaît bien l’endroit. « La plupart en étaient soit usagers, soit salariés », glisse, entre deux taffes, Ludovic, qui raconte la genèse de l’occupation : « Cela part d’une impro générale qui finit en impro géniale ! Au départ du mouvement, nous demandons à rencontrer le sous-préfet. Devant son refus, une prise de paroles démarre. Et là, le déclic. On se dit que l’on va symboliquement occuper l’ancienne sous-préfecture de la ville. » La Maison du peuple est née.

    Reste à l’organiser. De la déclaration officielle d’habitation à l’élaboration d’un contrat électricité avec justificatifs et tout le tralala administratif, la vie commune s’imagine autour de règles débattues en assemblée, toutes centrées sur ce principe fondateur : « On a emprunté un lieu en bon état et, quoi qu’il advienne, on le rendra en bon état », lance Jonathan avant de partir prendre son quart au niveau du rond-point des Six-Croix.

    Par cette autodiscipline, qui a notamment vu l’alcool des premiers jours prohibé, les occupants de la Maison du peuple devancent aussi leur possible expulsion par la force publique. « Même si les flics ne nous gênent pas, précise Ludovic, et ce malgré un dépôt de plainte du promoteur. » Pas vraiment de quoi inquiéter ce militant, passé par Attac et les collectifs pour le climat. « Il y a tellement de choses profondes qui se jouent ici, un tel apprentissage de la démocratie, qu’on a du mal à s’imaginer que tout puisse s’arrêter. »

    Après trois semaines d’occupation, l’arrêt de ce bouillonnement, peu en parlent, tous y pensent. Et, alors que le coup de mou des AG quotidiennes, de la planification de l’occupation du port, de la gestion des envies diverses et variées se fait ressentir, le coup de boost arrive parfois par le bus.

    Comme en ce lendemain d’allocution présidentielle, qui voit cette retraitée pousser la grille de la Maison du peuple. Ludovic l’accueille de son doux sourire. Nous l’appellerons Annette. « Ce n’est pas que je n’aie pas envie de vous donner mon nom mais mon mari ne sait pas que je suis ici et, en plus, glisse-t-elle rieuse, il a voté pour Macron. » C’est sa petite-nièce qui lui a soufflé l’existence du lieu. « Moi, je n’ai pas à me plaindre, j’ai une bonne retraite, ça va. Si je suis là, c’est parce que j’ai un fils qui n’a plus de boulot, une fille en plein burn-out et un futur gendre, futur licencié. Je n’ai jamais fait de politique avant mais là, après avoir écouté Macron, je l’ai trouvé tellement lamentable qu’aujourd’hui, j’ai envie de m’engager. »

    Comme Annette, ils sont une cinquantaine à avoir franchi le pas. Pas un raz-de-marée. Une révolution intérieure pour une prise de conscience collective. Felipe est de ceux-là. La boule rasée de près, le teint buriné, ce salarié en levage-manutention « n’a jamais été militant ». Rencontré sur la petite terrasse qui borde l’entrée du bâtiment, il dit être venu et surtout resté « parce qu’ici, on se sent écouté, on peut décider. Étranglé par le quotidien, à la Maison du peuple, on apprend à se dépouiller du superflu pour gagner tellement plus ».

    Ce n’est pas Morgane qui dira le contraire. Son intervention lors de la première AG concernant le blocage de la zone portuaire va rester, pour longtemps encore, gravée dans les mémoires. « Je me souviens, c’était lors de la préparation de la première occupation du port. La tension était en train de monter. Personne n’était d’accord sur la stratégie à adopter et puis je me suis levée, j’ai dit qu’on était là pour apprendre, qu’on ferait sûrement des erreurs, qu’on en tirerait des leçons et que, de toute façon et quoi qu’il se passe, nous continuerons d’avancer. »

    « C’était tellement émouvant, rebondit Ludovic, un de ces moments magiques que seule la lutte peut vous apporter. » Un apprentissage en vitesse accélérée. Une transformation qui a également foudroyé Erwan. Depuis qu’il a poussé la grille de la Maison du peuple, il a troqué ses heures quotidiennes de jeux vidéo au profit du débat politique. « Avant, jamais tu ne m’aurais fait lire un bouquin, discuter autour d’un thème d’actualité. Aujourd’hui, je ne peux plus m’en passer », jubile-t-il.

    « Ce sont tous ces moments qui m’ont fait devenir amoureux de ce lieu, avoue Ludovic. Depuis trois semaines dans cette maison, depuis cinq semaines sur les ronds-points, on voit les exclus de la parole légitime, les privés de l’action collective reprendre le pouvoir. C’est extraordinaire. J’en ai pleuré. » Tous parlent d’un « accouchement citoyen ». Tous savent aussi que, pour durer, il va leur falloir « maintenir le lien, aujourd’hui créé ».

    La tête dans le quotidien, « épuisés par un rythme de fou », les gilets jaunes nazairiens ont trouvé le temps d’accueillir des délégations venues de Rennes, Lorient, Cholet et projettent même de converger avec leurs homologues de Commercy. Une conjonction des appels « pour préserver cette dynamique et les émancipations qui en ont surgi ». « C’est le truc qui me préoccupe le plus, dit encore Ludovic. Ne pas perdre ça. C’est tellement fort ce que l’on vit que ça ne peut pas s’arrêter comme ça. » D’autres parlent d’établir un pont avec les syndicats.

    C’est en tout cas l’avis de ce syndicaliste retraité, croisé sur le balcon de l’ancienne agence Assedic. « Si on ne se fédère pas, on est morts », tente-t-il de lancer. « Si on entre dans ce genre de calculs, de plans stratégiques, on risque de tout perdre », contrebalance Yoyo. « La mobilisation doit continuer hors de certains codes, poursuit Ludovic. Les habitants de la Maison du peuple ne les maîtrisent pas et c’est ce qui donne le côté précieux de cette mobilisation. Si on rétablit ces codes, ils risquent tous de partir et ça, rien que d’y penser, j’en ai la boule au ventre. »

    Pour continuer de rêver à demain, les gilets jaunes nazairiens comptent « sur l’intelligence collective des gens. Sur cette confiance solidement établie qui va nous permettre de trouver le rebond ». Dans une atmosphère studieuse d’où se dégagent des effluves entremêlés de pâte à crêpes et de café, certains occupants travaillent à l’idée d’organiser des « portes ouvertes » de la Maison du peuple. « Il faut profiter du fait que Saint-Nazaire soit une ville politisée, à l’identité ouvrière encore forte, pour continuer de construire un imaginaire collectif. » Arrivée depuis à peine une heure, Annette est déjà emballée, elle qui est ici « pour aider la génération de ses enfants ».

    Un engagement tracé, en lettres capitales au pinceau noir, sur une pancarte posée au détour d’un couloir. Il y est écrit ceci : « Un avenir pour nos enfants et… » Un suspens en forme de suite à imaginer. Avec les rêves, l’action et la vie en commun en guise de piliers.

    #GILETSJAUNES #MAISON_DU_PEUPLE #SAINT_NAZAIRE #Gilets_jaunes

    https://www.mediapart.fr/journal/france/151218/saint-nazaire-je-ne-suis-pas-en-lutte-je-suis-une-lutte


  • Les « gilets jaunes », une spécificité française ?
    15 DÉCEMBRE 2018
    PAR LUDOVIC LAMANT ET AMÉLIE POINSSOT

    Des mouvements protestataires ont éclos en Europe depuis dix ans, en dehors des appareils politiques traditionnels. La révolte des « gilets jaunes » a-t-elle des points communs avec celle des Italiens, des Grecs ou des partisans du Brexit au Royaume-Uni ?

    La colère des « gilets jaunes » a débordé au-delà des frontières françaises. Plusieurs manifestations ont déjà eu lieu à Bruxelles, accompagnées de blocages de dépôts de carburants, tandis que des indépendantistes catalans issus des Comités de défense de la République (CDR, à gauche), vêtus de jaune, appellent au blocage de leur région le 21 décembre. Des gilets jaunes ont aussi fait leur apparition dans des manifestations en Pologne, en Serbie et au Monténégro. En Allemagne, c’est l’extrême droite qui a appelé à défiler en gilet jaune.

    Ici et là sur le continent, de nombreuses colères ont éclaté ces dernières années. Des Indignés espagnols aux Grecs frappés par l’austérité, des partisans du Brexit en 2016 aux membres du Mouvement Cinq Étoiles (M5S) en Italie, ces colères ont-elles des points communs avec la révolte populaire qui secoue la France depuis novembre ?

    Sans figer la réalité d’un mouvement français aux contours encore en évolution, et donc difficiles à cerner, deux phénomènes semblent jouer à plein : le rejet du monde politique traditionnel et des élites en place et, en même temps, une forte volonté d’être associé aux décisions politiques de son pays. Tentative de comparaison.

    2009, Italie : le M5S, un mouvement emmené par un nouveau leader
    Comme les gilets jaunes, les Cinq Étoiles se forment sur un rejet du système de représentation traditionnel. C’est même un prérequis pour rejoindre le mouvement italien quand il se crée formellement, à partir de 2009 : il faut n’avoir milité dans aucune organisation auparavant. « Les gilets jaunes et les Cinq Étoiles des débuts sont tous les deux contre la médiation politique ordinaire, explique le chercheur en sciences politiques spécialiste de l’Italie Christophe Bouillaud. Ils traduisent la faillite complète de la représentation politique et de la représentation syndicale telles qu’elles existaient. »

    À l’origine du M5S, on trouve également, comme chez les gilets jaunes, des groupes locaux ancrés dans un territoire. En Italie, ces résistances sont d’abord tournées contre des projets imposés par le pouvoir, potentiellement destructeurs pour l’environnement (ligne ferroviaire Lyon-Turin en val de Suse ; terminal gazier dans les Pouilles par exemple) ; elles trouvent leur débouché dans les Cinq Étoiles.

    Autre similitude : « Dans les deux pays, ces mouvements sont la conséquence de 30 ans de politique économique qui ne fonctionne pas, relève Christophe Bouillaud. Les classes moyennes s’en sortent de moins en moins bien. Et cette politique économique a été défendue par les médias dominants. » De fait, des deux côtés, on observe une méfiance vis-à-vis des médias traditionnels.

    « Il y a deux moteurs communs, renchérit Jérémy Dousson, auteur de l’ouvrage Un populisme à l’italienne ? Comprendre le Mouvement 5 Étoiles (éditions Les Petits Matins). L’idée qu’on n’est pas représenté et qu’il faut reprendre la main : les politiques ne font pas ce qu’ils ont promis parce qu’ils sont soit incompétents soit corrompus. Et l’idée que le travail ne paie pas. C’est pourquoi ce ne sont pas, à mon sens, des mouvements apolitiques mais des mouvements hyperpolitiques. » Les deux s’auto-organisent à travers une utilisation importante d’Internet et des réseaux sociaux. Dans le cas des gilets jaunes, cela se fait entre pairs, tandis que chez les Cinq Étoiles, cela se fait suivant la direction donnée par un leadership que tous reconnaissent.

    Les deux mouvements font ainsi apparaître des personnes qui n’ont jamais occupé l’espace public auparavant : des gens qui n’ont pas de vécu militant, mais aussi des femmes, dans une proportion beaucoup plus importante que dans les formes habituelles de protestation. Si le M5S aujourd’hui au pouvoir est un parti dirigé par des hommes, il a fait de cette question de la représentation des femmes un objectif politique et il s’est efforcé de présenter aux élections des listes presque paritaires, dans un pays où l’accès aux fonctions politiques est resté profondément inégalitaire. À la Chambre des députés aujourd’hui, 94 des 220 parlementaires du M5S sont des femmes. C’est le taux de représentation féminine le plus élevé de tous les groupes parlementaires italiens.

    La temporalité introduit toutefois une différence de taille entre le mouvement français et son parallèle transalpin : difficile de mettre sur un même plan d’analyse un mouvement né il y a plus de dix ans, qui s’est structuré depuis en parti politique et codirige aujourd’hui l’exécutif italien, et un mouvement qui n’a pas plus de quatre semaines d’existence. Surtout, le M5S a été, dès le départ, emmené par le comique Beppe Grillo. C’est ce qui lui a permis de se structurer, d’élaborer la transition, de résoudre les conflits. Les gilets jaunes en sont loin. « Pour l’heure, le mouvement français est complètement éclaté entre différents groupes locaux, observe Christophe Bouillaud. Sans leader, il est très peu probable qu’il parvienne à se structurer. »

    Enfin, d’un côté et de l’autre des Alpes, les mots d’ordre ne sont pas les mêmes. Au départ des Cinq Étoiles, les principales revendications portent sur la corruption du personnel politique et la préservation de l’environnement. Ce n’est que dans un deuxième temps, à partir de 2013, que le mouvement s’intéresse au pouvoir d’achat des Italiens – un positionnement qui lui ouvre la voie du succès électoral en Italie du Sud. Parallèlement, il se détourne des questions environnementales et aujourd’hui, à la tête d’un gouvernement de coalition avec l’extrême droite, le M5S a complètement abandonné ce volet.

    2011, Grèce : le mouvement des places, de la mobilisation à la solidarité
    Grèce, printemps 2011. Au pic de la crise, alors qu’un deuxième mémorandum d’austérité se prépare, la place Syntagma (place du Parlement) d’Athènes, ainsi que de nombreuses places dans différents quartiers de la métropole, est occupée. Nuit et jour, pendant plusieurs semaines, la population manifeste et se réunit en assemblées générales, à l’image des Indignés espagnols, sur un mode autogestionnaire et se revendiquant de la démocratie directe.

    Pour le professeur de philosophie politique Stathis Kouvélakis qui, à l’époque, a observé de près la mobilisation en Grèce et a pu suivre les récentes manifestations des gilets jaunes à Paris, il y a des similarités évidentes. Tout d’abord, ce sont deux mouvements sociaux qui éclatent en réaction à des politiques néolibérales destructrices : d’un côté, les mémorandums d’austérité et de l’autre, le « Blitzkrieg des réformes Macron ».

    Ils ont aussi un caractère fortement « national », avec l’omniprésence, dans les deux cas, de drapeaux nationaux. Et de la même manière, ils sont dans le rejet du système politique existant et font apparaître de nouvelles personnes dans l’espace public – des femmes, des non-syndiqués, des gens a priori peu politisés, une population d’origine sociale modeste –, jusqu’alors sous-représentées.

    Ceci dit, sociologiquement, les mouvements restent différents. « La catégorie des précaires diplômés du supérieur n’est pas trop représentée chez les gilets jaunes, relève Stathis Kouvélakis. Or elle était très présente à Syntagma. De manière générale, la participation au mouvement était beaucoup plus massive en Grèce, où la politique économique avait touché tout le monde, alors que la base sociale des gilets jaunes est plus restreinte, plus populaire, même si elle bénéficie d’un large soutien de l’opinion publique. » En Grèce, en 2011, la population faisait bloc contre les mémorandums d’austérité et l’ingérence de la Troïka, mais aussi contre une classe politique corrompue et un système clientéliste à bout de souffle.

    Autre différence : « En Grèce, l’épicentre du mouvement était dans la capitale. Il était inexistant hors des grands centres urbains, alors qu’en France, on a affaire essentiellement à un mouvement de la périphérie, Paris étant “pris” par des manifestants qui viennent d’ailleurs », note Kouvélakis.

    Le mouvement des places a-t-il eu un débouché politique en Grèce ? Sur Syntagma, le mouvement a rapidement reflué. Mais dans les quartiers, ces assemblées populaires se sont transformées en cercles locaux d’entraide, tandis que le désastre économique se poursuivait. Soupes populaires, soutien scolaire, dispensaires de soins gratuits… : de nombreux collectifs se sont montés, dont beaucoup sont toujours en activité aujourd’hui. Alors parti d’opposition de gauche radicale, Syriza a contribué au financement du réseau Solidarité pour tous, qui rassemblait nombre de ces initiatives. Mais ces assemblées de quartier ont fonctionné de manière autonome, a fortiori après l’arrivée au pouvoir de Syriza, en 2015. Cette mobilisation dans les quartiers a par ailleurs insufflé une solidarité non négligeable dans une société longtemps marquée par l’individualisme et le consumérisme.

    « Il est trop tôt pour dire ce que peuvent donner politiquement les gilets jaunes, estime Stathis Kouvélakis. Mais il est certain qu’un mouvement profond comme cela va provoquer des déplacements électoraux. De la même manière que les Grecs mobilisés en 2011, les membres des gilets jaunes se positionnent électoralement sur un axe qui va de l’extrême gauche à l’extrême droite. À Syntagma, c’était même visible dans l’espace : le haut de la place était occupé par des gens au discours nationaliste, voire d’extrême droite, tandis que le bas de la place était dominé par un discours de gauche. »

    Différentes organisations de la gauche grecque assurent alors une présence discrète, réalisant un important travail de terrain pour empêcher l’infiltration du mouvement par la droite radicale et les néonazis d’Aube dorée. « Mais à l’époque, en Grèce, tout le monde avait conscience du fait qu’un séisme s’était produit dans le système politique bipartisan et que plus rien ne serait pareil. La gauche radicale était confiante, elle sentait déjà que le vent tournait de son côté. Rien de tel ici : le paysage politique est beaucoup plus éclaté et le poids de l’extrême droite en France bien plus important. La situation est encore très fluide. »

    2016, Royaume-Uni : le Brexit révèle la colère des « left behinds »
    À première vue, les situations sont très distinctes : le mouvement des gilets français a surgi du terrain, quand la mobilisation des opposants au Brexit répond d’abord à la stratégie de partis traditionnels. Si les gilets jaunes dévoilent la crise structurelle des partis français, les Brexiters ont d’abord consacré la victoire du UKIP, la formation lancée par Nigel Farage, et des plateformes pour le Leave emmenées par des politiques professionnels.

    « Le Brexit ne s’est pas joué dans la rue, une colère s’est exprimée, qui n’a pas débouché sur un mouvement social », relève Geoffrey Pleyers, sociologue des mouvements sociaux à l’université de Louvain, en Belgique. Mais il relève, des Brexiters et du M5S italien jusqu’aux gilets jaunes, « une même remise en cause de la division droite-gauche, par des acteurs qui décident de former des coalitions stratégiques différentes ». « Ces gens font de la politique ensemble, mais ne parlent pas entre eux de politique traditionnelle, de tel ou tel parti », poursuit-il.

    La structure d’âge est assez comparable : si l’on s’appuie sur les premiers résultats d’une enquête de chercheurs relayée par Le Monde, les gilets jaunes ont en moyenne 45 ans, au-dessus de l’âge moyen de la population française, tandis que les plus jeunes, au Royaume-Uni, avaient voté massivement, à 75 %, pour le maintien dans l’Union europénne. Les gilets jaunes paraissent former un mouvement plutôt mixte, avec des femmes issues de milieux populaires aux avant-postes. En 2016, 53 % des Brexiters de 25 à 49 ans étaient des femmes (la proportion s’inversait pour les plus de 50 ans, avec plus de 60 % d’hommes).

    « Le vote pour le Brexit a été le plus fort dans les anciennes terres industrielles du nord et de l’est de l’Angleterre. De la même façon, le Mouvement Cinq Étoiles en Italie est davantage ancré dans le Sud, qui est plus pauvre. Il y a bien une tendance de fond, liée à la politique économique menée en Europe, à un âge de croissance faible et de poussée des inégalités », avance Chris Bickerton, un politologue de Cambridge, qui fut l’un des porte-voix en 2016 d’un Brexit de gauche (un Lexit, contraction de left et de Brexit).

    Les deux soulèvements semblent dessiner une géographie comparable, avec un fossé net entre des centres-ville aisés et des espaces davantage délaissés (banlieues, périurbains, ruraux). L’Angleterre a voté pour le Leave, à l’exception de Londres ou de grandes villes comme Leeds. Le Pays de Galles s’est aussi prononcé pour le divorce, à rebrousse-poil de sa capitale, Cardiff, favorable au maintien. Quant aux gilets jaunes, c’est une mobilisation des oubliés, loin des centres urbains, avec des pôles multiples sur le territoire français.

    « Ce point commun aurait à voir avec un sentiment de ras-le-bol, de désenchantement, de la part de ceux qu’on a appelés, au Royaume-Uni, des left behinds [« laissés-pour-compte » – ndlr]. Il y a donc clairement une dimension économique partagée », poursuit-il, avant de nuancer : « Mais il me semble que la crise des gilets jaunes nous dit aussi beaucoup sur la présidence Macron et, en ce sens, reste très spécifique à la France. »

    2011, Espagne : la corruption politique, source de l’indignation Le mouvement des Indignés a surgi sur des centaines de places d’Espagne le 15 mai 2011, d’où son nom de code, le « 15-M ». Dans ses rangs, des étudiants du collectif Jeunesse sans avenir côtoyaient des militants du Droit au logement ou des activistes opposés à un équivalent espagnol de la loi Hadopi. Ce mouvement, qui refusait d’être étiqueté de droite ou de gauche, plaidait pour la fin des politiques d’austérité en Espagne, dénonçait la corruption de la vie politique et critiquait le mécanisme de représentation en politique, lui préférant la démocratie directe.

    Le 15-M a connu d’innombrables mues. Après l’occupation des places, jusqu’à septembre 2011, il s’est transformé en une série de mouvements sectoriels contre les coupes budgétaires (santé, éducation, etc.) ou les expulsions immobilières. À partir de 2014, certains ont basculé, optant pour la politique institutionnelle : c’est le lancement de Podemos, mais aussi des confluences citoyennes, qui ont remporté des mairies, dont Barcelone et Madrid. Aujourd’hui, l’esprit du 15-M se retrouve encore dans les mobilisations massives pour les droits des femmes et contre les violences sexistes (le mouvement du « 8-M »).

    L’indignation du 15-M a-t-elle à voir avec la colère des gilets jaunes ? Les deux mouvements s’inscrivent dans une logique d’occupation de l’espace public : la place en Espagne, le rond-point en France. Tous deux ont révélé au grand jour la crise des organisations politiques traditionnelles, des partis aux syndicats, qui se trouvent dépassés. Ils ont pointé du doigt les limites de la démocratie représentative (« Vous ne nous représentez pas », était l’un des slogans du 15-M à l’adresse des députés). Autre point commun : jusqu’à la création de Podemos, en janvier 2014, aucun leader charismatique n’a surgi du mouvement espagnol, qui revendiquait une organisation horizontale et une multitude de porte-parole, quitte à dérouter les médias du pays.

    Le mouvement espagnol s’est également vite trouvé critiqué par des responsables politiques traditionnels, en raison du flou de ses revendications, souvent hétéroclites, d’une place à l’autre du pays. Là encore, c’est un point commun avec les gilets français, dont la nature semble évoluer selon son implantation géographique (avec une présence plus forte, semble-t-il, de militants du Rassemblement national dans le Nord et le Sud-Est, par exemple). Enfin, des deux côtés des Pyrénées, ils ont fait l’objet d’une répression policière musclée.
    La comparaison s’arrête là. Le 15-M s’est construit autour d’un discours très marqué contre la corruption en politique, que l’on ne retrouve pas dans le cas français. Inclusif, il n’a cessé de s’élargir à d’autres pans de la société frappés par la crise, au cours des premières semaines, jusqu’à l’été, quand les gilets jaunes, à ce stade, semblent davantage porter les revendications de milieux populaires malmenés par la politique économique du gouvernement français.

    https://www.mediapart.fr/journal/international/151218/les-gilets-jaunes-une-specificite-francaise?onglet=full

    #giletsjaunes #gilets_jaunes #places #mouvement_des_places #brexit #italie #espagne
    #m5s#représentation#classes_moyennes#indignés#démocratie_directe#kouvélakis#macron#précaires#ukip#mouvements#giletsjaunes#gilets_jaunes#places#mouvement_des_places#brexit#italie#espagne


  • Gilets jaunes : pouvoir d’achat, les 440€ de la colère...
    https://www.crashdebug.fr/actualites-france/15374-gilets-jaunes-pouvoir-d-achat-les-440-de-la-colere

    Confirmant le sentiment exprimé par les Gilets jaunes, une étude de l’OFCE publiée en novembre par l’Insee conclut à une baisse du niveau de vie entre 2008 et 2016 : le revenu disponible des ménages aurait en moyenne diminué de 440 euros sur cette période. Quelles causes ? Quelles solutions ?

    Jacques Sapir et Clément Ollivier reçoivent Xavier Timbeau, économiste, directeur principal de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) et co-auteur de l’étude, et Philippe Herlin, économiste indépendant et essayiste, qui publie Pouvoir d’achat : le grand mensonge (Eyrolles, 2018).

    🔴 #GiletsJaunes : la forte présence des femmes sur les ronds-points n’est pas étrangère à la paupérisation des familles monoparentales, note @XTimbeau de l’@OFCEparis.

    ▶️ En intégralité dans @Russeurope (...)


  • Message des grands bourgeois au peuple : “Prenez l’aumône qu’on vous jette et rentrez chez vous” 14 décembre 2018 - Frustrations
    https://www.frustrationlarevue.fr/message-des-grands-bourgeois-au-peuple-prenez-laumone-quon-vous-j

    Matthieu Kassovitz, “comédien-réalisateur engagé”, est l’un des premiers à avoir sifflé la fin de la récré. S’adressant à l’ex-candidat du NPA, Philippe Poutou, par ailleurs ouvrier d’une usine que ses actionnaires ont décidé de bazarder après avoir touché toutes les aides publiques possibles, il a appelé les gilets jaunes à ne pas demander “2500 balles et une Mercedes”. https://www.20minutes.fr/arts-stars/culture/2393011-20181211-voulais-quoi-mercedes-neuve-mathieu-kassovitz-prend-phili

    Il faut bien avoir en tête que Kassovitz n’est pas seulement un excité du tweet, c’est aussi un grand bourgeois. Ce mec, qui payait certainement l’ISF et a donc reçu, grâce à Macron, des dizaines de milliers d’euros de ristourne, a évolué comme tous ses semblables face aux gilets jaunes : au début tout attendris, les bourgeois ont salué sur le mode paternaliste la mobilisation, tout content qu’une alternative émerge face aux affreux gauchistes qu’ils abhorrent. Ils saluaient la dimension “apolitique” du mouvement, content de pouvoir s’y associer sans se compromettre idéologiquement. On a vu Eric Brunet, l’éditocrate poujadiste de RMC, enfiler son gilet jaune… https://rmc.bfmtv.com/mediaplayer/video/eric-brunet-demain-ce-gilet-jaune-qui-n-est-pas-tres-beau-je-le-porterai-

    … Puis le retirer : les bourgeois ont un cœur, mais ils ont aussi et surtout un portefeuille et des tas de biens d’une grande valeur financière : aussi, voir des Porches brûler dans l’un des plus riches quartier de la capitale https://www.frustrationlarevue.fr/le-8eme-la-ou-tout-ruisselle – là où ils vont au restau et à l’hôtel, là où leurs potes habitent, là où leur notaire se trouve, là où ils achètent leurs foutues montres à 30 000 balles – ne les a pas du tout amusé, mais alors pas du tout.

    Ils se sont alors mis à faire – selon l’expression d’un de nos lecteurs – du “bourgeoisplanning” : je suis très riche, je ne connais rien à ta vie et à tes problèmes, ma dernière manif remonte à mes années collèges, mais je vais quand même t’apprendre comment tu dois lutter, petit gilet jaune. Reste sage, ne “casse” rien car c’est très très mal, soit “constructif”, présente-toi à des élections, qu’on puisse te plumer avec notre système électoral bien verrouillé, et ensuite pouvoir dire que c’est triste mais que tu pèse quedal, petite merde, retourne devant Patrick Sébastien et laisse nous régner sur ton pays s’il te plaît.

    C’est ce qu’a fait Matthieu Kassovitz mercredi soir sur le plateau de Taddéi :
    https://www.youtube.com/watch?v=yIwtvbELWw4


    Il a expliqué d’un ton compassionnel qu’il fallait que les gilets jaunes s’arrêtent, parce que “100€ d’augmentation du SMIC c’est très bien”. Et qu’importe qu’on lui dise que ce n’est PAS une augmentation du SMIC mais de la prime d’activité, que ça comprend des baisses de cotisations que les gens paieront avec une sécurité sociale dégradée…. Matthieu s’en balance : lui se fait soigner dans des cliniques privées, il brasse des millions – comme Muriel Pénicaud qui confond, en direct sur France Inter, https://www.tf1.fr/tmc/quotidien-avec-yann-barthes/videos/profession-president-l-interview-schtroumphement-foiree-de-muriel-penicaud.html 500 000€ et 1500€, il a cette pathologie des bourges : il ne maîtrise pas le nombre de zéro, et a un mal fou à se rappeler comment les gueux vivent.

    Pour autant, il ouvrira toujours sa gueule pour nous dire quoi faire, comment lutter, comment penser, comment consommer et comment nous taire : comme tous les grands bourgeois, il a été habitué à penser que son avis compte, que son “génie” ou sa “créativité” l’autorise à nous dominer.

    Quand le bourgeois flippe, ça veut dire que le peuple tape juste. Quand le bourgeois dit d’arrêter, ça veut dire qu’il faut accélérer. Quand le bourgeois nous méprise, il faut assumer de le haïr.

    #bourgeoisie #Matthieu_Kassovitz #politique #domination #hors-sol #mépris #GiletsJaunes


  • Belgique, Pays-bas #revue_de_presse ce vendredi 14 Décembre 2018.

    PAYS-BAS

    Un juge néerlandais interdit toute grève au sein de PostNL dans les semaines à venir
    https://www.rtbf.be/info/economie/detail_un-juge-neerlandais-interdit-toute-greve-au-sein-de-postnl-dans-les-sema


    Il ne pourra pas y avoir de grève au sein de l’entreprise postale PostNL dans les semaines à venir aux Pays-Bas, a décidé jeudi un tribunal de La Haye à la suite d’un pourvoi en référé que la société néerlandaise avait introduit contre le syndicat FNV.

    PostNL avait initié cette démarche car les grèves annoncées, durant un mois de décembre très chargé pour le secteur, auraient mené à « des dommages et des risques disproportionnés ». L’entreprise postale a évoqué un impact direct se mesurant en millions d’euros et des consommateurs qui auraient fortement souffert du retard du courrier et des colis.

    BELGIQUE

    Actions syndicales : des manifestants ont canardé de peinture rouge la façade de la FEB
    https://www.rtbf.be/info/belgique/detail_les-manifestants-se-reunissent-au-siege-de-la-feb-pour-denoncer-la-la-de

    Actions syndicales en Flandre : des dizaines d’entreprises touchées, dont Coca-Cola
    https://www.rtbf.be/info/regions/detail_journee-nationale-d-actions-syndicales-l-usine-de-coca-cola-de-wilrijk-c

    Une nonantaine d’entreprises en province de Flandre orientale sont touchées par les mouvements de grève, dont une quarantaine sont totalement à l’arrêt, selon Marc Staelens, le secrétaire régional de la FGTB-Metal flamande, citant notamment Volvo Cars, Volvo Trucks, Tower Automotive, Honda, Bekaert Aalter et Arcelor Mittal. Plusieurs barrages ont été recensés dans la région de Gand, ce qui provoque de gros embarras de circulation.
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    La production et la distribution à l’usine de Coca-Cola de Wilrijk sont totalement à l’arrêt
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    Liège : appel à la grève entendu 5 sur 5, une centaine d’entreprises perturbées
    https://www.rtbf.be/info/regions/detail_liege-appel-a-la-greve-entendu-5-sur-5-le-point-sur-la-situation?id=1009

    Journée de grève générale ce vendredi. Des grèves et des actions syndicales sont programmées toute la journée, dans tout le pays et forcément en région Liégeoise. En front commun, les syndicats dénoncent la politique du gouvernement. Les grévistes réclament un meilleur pouvoir d’achat et s’opposent fermement à la réforme des pensions. 
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    Une centaine d’entreprises perturbées
    Une centaine d’entreprises connaissent des perturbation. Ses entreprises sont soit complètement à l’arrêt, soit des piquets de grève y sont établis,
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    Les bus TEC restés au dépôt
    Les conséquences de cette journée d’actions en région liégeoise sont aussi bien visibles dans les transports en communs. La paralysie est quasi générale. "
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    Le personnel des entreprises débraye
    Dans le secteur industriel, certains zonings sont bloqués par l’intermédiaire de barrages filtrants. Au niveau des entreprises, à l’arrêt ce vendredi : Aero boorster, l’ex-Techspace aux Hauts Sart, la FN, CMI, entre autres. 
    La mobilisation devrait être forte aussi dans le secteur de l’alimentaire, avec du personnel en grève, des distributions de tract aux clients, notamment chez Delzaize, Colruyt, Carrefour... 
    Toujours au niveau des magasins, une action a débuté vers 7h30 ce vendredi devant le Ikea à Hognoul.

    Service minimum dans les prisons
    Dans les prisons, le mouvement et bien suivi également. Ce sera service minimum aujourd’hui. Aucune visite, les sorties au préau ne seront pas organisées. De nombreux gardiens de Lantin sont en effet aussi en grève comme la police qui en est à sa deuxième journée d’action d’affilée. 
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    Barrages filtrants et blocages sur les routes
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    Fin de l’action escargot sur la RN25, plusieurs zonings bloqués dans le Brabant wallon
    https://www.rtbf.be/info/regions/detail_plusieurs-zonings-bloques-dans-le-brabant-wallon-une-action-escargot-pre
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    • Plusieurs entreprises à l’arrêt
    D’importantes entreprises du Brabant wallon sont également à l’arrêt. C’est le cas de GSK à Wavre, de Twindisk à Nivelles, des entreprises de travail adapté Village n°1 (Braine-l’Alleud) et Axedis (Limal), des carrières de Quenast, de Derbigum (Perwez) ou encore de Clariant (Louvain-la-Neuve). Un piquet de grève est installé devant NLMK Clabecq.
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    Des examens annulés dans certaines écoles du Hainaut pour cause de grève des bus

    https://www.rtbf.be/info/regions/detail_des-examens-annules-dans-certaines-ecoles-du-hainaut-pour-cause-de-greve
    La quasi paralysie des bus des TEC ce vendredi en Hainaut a poussé certains établissements scolaires à prendre les devants et à réorganiser leur session d’examens afin que les élèves ne soient pas pénalisés. Concrètement, certaines écoles ont décidé d’annuler les examens prévus ce vendredi et à les organiser à une autre date.
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    Vague de grèves : les collectes de déchets perturbées, le point région par région
    https://www.rtbf.be/info/regions/detail_vague-de-greves-les-collectes-de-dechets-perturbees-le-point-region-par-

    Les collectes de déchets sont perturbées à des degrés divers en Wallonie et à Bruxelles. Plusieurs secteurs sont touchés ce vendredi par des mouvements de grève et des actions syndicales contre la réforme des pensions du gouvernement fédéral et les problèmes de pouvoir d’achat.
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    Actions syndicales dans le Hainaut : barrages filtrants, grosse mobilisation carolo et montoise
    https://www.rtbf.be/info/regions/detail_actions-syndicales-a-ghislenghien-barrage-filtrant-a-l-entree-du-depot-c

    Des mouvements de grève et des actions syndicales en front commun sont programmées sur l’ensemble du territoire belge ce vendredi. On s’attend à pas mal de perturbations dans plusieurs services. Le Hainaut comme attendu est fort mobilisé. 

    La mobilisation semble au rendez-vous à Charleroi. L’entièreté du réseau TEC est à l’arrêt ce vendredi matin , le personnel de grosses entreprises comme Induscabel ou Alstom ont décidé de débrayer. Des perturbations sont signalées à l’aéroport de Charleroi. Les bagagistes ont rejoint eux-aussi le mouvement de grève.
    à Ghislenghien, un barrage filtrant bloque l’entrée du dépôt Colruyt. Ce dépôt dessert tous les Colruyt du pays. On ne parle pas de blocage total pour le moment, il s’agit d’un barrage filtrant. Le dépôt du Colruyt est à l’arrêt complet.
    Appel à la grève entendu à Mons-Borinage
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    * La pauvreté, une réalité pour un élève sur 4 : « Sans l’école, certains enfants ne mangent pas »
    https://www.rtbf.be/info/societe/detail_sans-l-ecole-certains-enfants-ne-mangent-pas?id=10097642

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    Plus d’un enfant sur 4 vit sous le seuil de pauvreté en Fédération Wallonie-Bxl. Et dans les ménages sans emploi, le phénomène est encore plus vivace : dans 50% des cas, les enfants sont privés d’au moins 3 « besoins », comme manger des fruits et légumes, pouvoir participer à des excursions scolaires, avoir deux paires de chaussures...
    Un phénomène qui se traduit au quotidien dans les boîtes à tartines, dans les vêtements , dans l’hygiène, dans l’absentéisme. 
Des enfants ont faim quand ils arrivent à l’école, comme on l’a constaté encore cette semaine dans cette école de la communauté française.
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    #GiletsJaunes #grève #luttes_sociales #infos_locales (


  • 😡Macron a signé un Pacte avec le Diable, l’ONU, les migrations, ça ne vous suffit pas les morts de Strasbourg ?
    https://infosdanyfr.wordpress.com/2018/12/12/macron-a-signe-un-pacte-avec-le-diable-lonu-les-migrations-ca via @IntropaJacques
    Vous n’avez aucune idée ce que sera demain le Pacte mondial sur les migrations ? Depuis 70 ans, la résolution N°194 de l’ONU a décimé le peuple de Palestine
    #Macron #ONU #Resolution194 #PacteMondialsurlesMigrations #Palestine #News #GiletsJaunes #YellowVests


  • 🔴#GiletsJaunes : Maxime Nicolle “Fly Rider” appelle à la tenue d’un acte 5 samedi 15 décembre
    https://infosdanyfr.wordpress.com/2018/12/14/gilets-jaunes-maxime-nicolle-fly-rider-appelle-a-la-tenue-dun via @IntropaJacques
    Ce qui dérange le gouvernement, ils ne savent pas “où , quand, comment, combien de personnes, qui est le chef” – Fly Rider
    #GiletsJaunes #YellowVests #Acte5 #ActeV #FlyRider

     ?


  • Les gilets jaunes fichés « J » et « C ». Théophraste R. - 13 Juillet 2018 - Le Grand Soir
    https://www.legrandsoir.info/les-gilets-jaunes-fiches-j-et-c.html

    Questions de José Espinosa, collaborateur du Grand Soir.
- « Comment se fait-il que les manifestants gilets jaunes soient fouillés et que des terroristes connus de la police se promènent librement avec une arme dans la poche ? Comment est-il possible qu’après l’attentat, le coupable s’échappe malgré les caméras vidéos qui pullulent dans la ville de Strasbourg ? Comment une personne fichée, surveillée, connue, peut-elle sortir des radars policiers ? ».

    C’est vrai ça ! Et : 
- Comment se fait-il que la perquisition du matin chez ce délinquant multirécidiviste ait été un échec ? Elle n’a donc pas été faite par 100 policiers comme chez Jean-Luc Mélenchon, au Parti de gauche, à la France Insoumise ?

    – Comment se fait-il qu’un gilet jaune non violent ait du mal à entrer sur les Champs-Elysées, à prendre le train, mais qu’un délinquant, poursuivi depuis le matin, puisse déambuler armé dans un marché de noël ?

    – Comment se fait-il qu’il n’était pas « marqué à la culotte » , tandis que toute une équipe suivait Julien Coupat pour l’arrêter, Coupat qui n’a pas été condamné 27 fois pour des faits de droit commun, ni inscrit au Fichier pour la prévention et la radicalisation à caractère terroriste (FSPRT), ni fiché S, (« Sûreté de l’Etat »), lui ?

    – Comment se fait-il que les pouvoirs publics aient prétendu que les marchés de Noël étaient sécurisés alors qu’à Strasbourg se promenait un assassin en puissance, qui a connu la prison en Suisse, en Allemagne, en France, radicalisé depuis 2015, chez qui les gendarmes ont trouvé le matin même une grenade défensive, une arme de calibre 22 long rifle et des munitions ?

    J’ai encore des questions qui commencent par « Comment se fait-il » , mais je sais bien que si je les pose je serai fiché « C » (complotiste) . Donc, motus, et oubliez ce que vous venez de lire.

    Théophraste R. « Faites demi-tour avec prudence » (conseil de mon GPS trouilloumétrique).

    #Strasbourg #caméras #terroristes #terrorisme #police #gendarmerie #surveillance #complotisme #Giletsjaunes



  • Et la finance dit à Macron d’aller à Canossa... Ariane Walter - 10 Décembre 2018 - Agoravox
    https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/et-la-finance-dit-a-macron-d-aller-210511

    Certains pensent que Macron, président de la République Française, prend seul ses décisions.

    J’entends : « Macron ne va pas céder. » 

    Mais il n’en est rien. 

    Il n’est qu’un sbire de cette finance mondialiste qui règne sur la moitié du globe, l’Union Européenne étant une de ses garnisons.

    Cette finance, la maison Rothschild ayant adoubé le mouflet, était au demeurant ravie de sa trouvaille. On se souvient de cette vidéo historique où François Henrot, directeur gérant chez Rothschild, bavait du plaisir d’avoir rencontré « ce trentenaire aux capacités intellectuelles extra-ordinaires. » (On a pu en juger.) Parlant de l’art de la banque comparé à la politique, il dissertait élégamment :

    « On y apprend l’art de la négociation, on y apprend ce qui est, heureusement ou malheureusement, utile en politique… à communiquer c’est à dire… à raconter des…une histoire… On y apprend des techniques, pas de manipulation de l’opinion heu… enfin si un peu… »

    Je ne sais pas ce que pense aujourd’hui François Henrot ainsi que toute la clique Rothschild, ainsi que toute la haute finance atlantiste, de leur poulain qui, prévu pour être un étalon s’est avéré un canasson. 

    Certes, très utile dans un premier temps puisqu’il a pillé à une vitesse inattendue les classes pauvres et moyennes françaises. 

    Manque de bol, il a tué le malade à force de ponctions.

    C’est alors que les Gilets Jaunes, fantômes de ces malheureux égorgés sur l’autel de la finance mafieuse, (quand on blanchit l’argent de la drogue, appelons quand même les choses par leur nom, c’est mafieux !) sortis de nulle part et n’étant guidés par aucune tête pensante, mirent sur pied une stratégie à la Sun-Tsé. Etre partout et nulle part, eux qui étaient pauvres, appauvrir l’ennemi, bloquer les centres de production et de vente, rallier la sympathie de tout un peuple et avoir pour emblème, trait de génie, un bout de chiffon qu’on leur avait imposé ! Ainsi, un mois avant Noël, sur toutes les routes, ils devinrent de vraies guirlandes de joie, le grand espoir de la naissance d’un nouveau monde ! 

    Le printemps de l’hiver et de la vie, sur notre planète fracassée, c’était eux ! 

    Mais quittons la poésie pour en venir aux rudes réalités.

     La campagne des gilets jaunes mit à bas, en un temps record de trois semaines, non seulement le commerce, mais aussi le tourisme, mais aussi l’image de la France à l’étranger et ce qui est le pire, les élections européennes approchant, l’image de la sainte Europe, qui est la paix ! 

    Là, c’était trop.

    Que de réunions il dut y avoir dans le saint de saints pour savoir que faire de ce Macron qui les avait tant déçus et jetés dans une si cruelle impasse ! 

    La première décision fut de lui demander de se taire, puisque chacun de ces discours le dispute au précédent par son vocabulaire de cuistre, ses airs de matamore et ses insultes diverses et variées. 

    La bestiole est ingérable et donne du sabot de tous les côtés. Donc, « tais-toi » pour commencer. 

    Ils ont ensuite dû se mettre à 25 pour lui composer un discours qui essaierait de duper ces gilets jaunes, leur cédant des broutilles en leur donnant l’impression de leur accorder le paradis. 

    C’est le défaut des puissants des époques décadentes, on l’a vu avec François Henrot qui étale sa stratégie comme du beurre de prisunic, de se croire intelligents quand ils sont avachis dans la facilité de leurs boudoirs et ont en face d’eux des adversaires que la vie rude a endurcis.

    Ainsi, ce qui frappe quand la clique des thuriféraires de BFM and C° reçoit des gilets jaunes, c’est que ces hommes et ses femmes du peuple sont plus intelligents, plus brillants qu’eux. La cour des toutous les interroge, selon sa tactique pour les ridiculiser, et ce sont les toutous qui se prennent des passings de revers à la Borg qui font se dresser tout un peuple ! C’est ainsi que, récemment, l’impératrice Elkrief s’est fait éventrer en public par le prince de Conti, Xavier Mathieu, qui l’a bousculée dans le décor pour l’éternité. En face d’eux, ces pitoyables LREM sortent leurs éternels éléments de langage stupides et menteurs. Mais ils sont bien coiffés, il faut le reconnaître, sauf Schiappa qui confond brushing et attaque sur le périphérique. Mais passons.

    Nous en sommes donc là.

    Macron vient à Canossa sur ordre du saint empire atlantico-germanique et va se mettre à genou devant son peuple en retenant son tempérament joueur.

    Que va-t-il annoncer ? 

    Quoi qu’il dise, je lui fais confiance. 

    Il a ce don taquin d’exaspérer ces fameux gilets jaunes dont l’Histoire chuchote : « Gloire à vous, peuples d’or, qui deviendrez des mythes ! »

    #manu #emmanuel_macron #canasson #GiletsJaunes #communicants #discours #Canossa #Rothschild #enmarche #LREM #UE #union_européenne


  • entre marteau néo-libéral et enclume fasciste (ou vice-versa)
    {republication ici d’un post que je viens de publier sur FB}

    Ça a été relevé hier par Irène et Hedi Taleb sur le mur de ce dernier et je le résume ici peut-être un peu grossièrement, mais il y a dans la réponse politique de Macron une ligne de partage ou de distinction sociale, un partition habile : il s’agit plus ou moins de prendre en compte a minima certaines des attentes d’une partie de la classe moyenne plus conservatrice et aux attentes plus "patronales" (le noyau dur, anti-taxe et éventuellement anti-impôts, ce qu’Hedi appelle « les Gilets Jaunes canal historique ») en les séparant de celles (royalement passées sous silence) des précaires, chômeurs, jeunes racisés, lycéens, étudiants (sans même parler des collectifs pour le climat). Le volet sécuritaire de son communiqué est dans le droit fil de cette stratégie de la division : aux uns une promesse de répression sans pitié, aux autres un mélodramatique « je vous ai compris » et la promesse solennelle que « le problème de l’immigration » sera traité - comme s’il ne l’était pas déjà par la répression impitoyable contre les migrants, les tentes déchirées par la police française, les mineurs laissés à la rue, les reconduites, les abandons en mer, la criminalisation des individus solidaires, les interdictions d’accoster. La manœuvre consistant à traiter à part les revendications salariales portées par les syndicats est de la même eau, et aussi habile. La complaisance avec laquelle la CGT s’est une fois de plus ruée dans le piège rappelle bien le « tour de canal » du mouvement contre la Loi Travail, mais devrait cette fois laisser des fractures internes plus douloureuses et contribuer ainsi à affaiblir plus durablement encore la Centrale de Montreuil. Ce n’est sans doute pas un hasard si c’est le moment que choisissent certains cadres de l’extrême-droite (identitaires et RN) pour sortir du bois et revendiquer à visage découvert un rôle moteur au sein du mouvement des Gilets Jaunes (voir le cas de la collecte de fonds initiée et portée en son nom propre par Damien Rieu, militant proche de Marion Maréchal Le Pen, en faveur de la jeune Fiorina, « patriote » ayant perdu un œil pendant la journée du 8 décembre). Face au risque que convergent et s’agglomèrent des expériences et des revendications issues d’horizons sociaux, idéologiques, politiques et culturels différents - d’une classe moyenne (plutôt blanche) terrifiée par le risque du déclassement, des banlieues populaires et de leurs habitant.e.s racisé.e.s, en première ligne face aux violences policières et au chômage, du monde salarial, des lycées et des facs -, la réponse de Macron semble bien en définitive être de renforcer l’hégémonie croissante de l’extrême-droite (RN et identitaires) sur la seule France à laquelle il semble hier avoir tenu de s’adresser. La gauche (prise dans un sens très large, des étatistes aux libertaires – tout ce que ce mouvement compte de gens qui s’efforcent de placer les revendications de justice sociale au premier rang) se retrouve ainsi au lendemain de ce communiqué plus que jamais prise entre le marteau néo-libéral et l’enclume fasciste (ou vice-versa). Et que la manœuvre finisse par bénéficier à terme aux néo-libéraux autoritaires ou aux formations se revendiquant du fascisme historique importe finalement peu : c’est dans tous les cas le même piège mortel. « Eat the Rich, Fight The Nazis » (slogan grec).

    https://www.facebook.com/dimitris.alexakis.108/posts/10156012099826169

    #giletsjaunes #gilets_jaunes #Macron #identitaires #RN #extrêmedroite #néolibs


  • #Violence ?
    « Où sont les casseuses » ?
    Les #GiletsJaunes (mais pas que) à travers le prisme de la masculinité.
    Des casseurs, des gonades sur la table et un gouvernement viriliste... Paroles musclée d’Elsa Dorlin, révoltées par Victoire Tuaillon pour l’excellentissime émission Les couilles sur la table. (Difficile pour moi de me dire activiste non-violente sans réfléchir au poids des normes sociétales sur les femmes à ce sujet)
    https://www.binge.audio/ou-sont-les-casseuses-2




  • Vu de Moscou : La France passe au jaune... Librairie Tropique
    http://www.librairie-tropiques.fr/2018/12/vu-de-moscou-la-france-passe-au-jaune.html

    Pour échapper au déversement de poncifs et aux péroraisons ineptes dont nous sommes accablés de tous cotés, il ne reste que les immondes complotistes à la solde de Poutine pour nous permettre de comprendre un peu ce qui se passe ( Et maintenant on regarde la télévision Russe ) :

    https://www.youtube.com/watch?time_continue=542&v=P8GKbiB-VOc

    On y constate que, sur la principale chaine d’info continue de l’internet mondial et medium emblématique de Poutine et de la Russie dans le monde, les suppôts complotistes de la barbarie totalitaire ne racontent pas du tout ce que la presse française nous rapporte, sur la base des dépèches... de l’AFP.

    Naturellement l’#Immonde donne le la :


    #médias #Giletsjaunes #MDR #Humour