• Idiots utiles à Paris Le Devoir - 27 février 2017 - Jean-Benoît Nadeau
    http://www.ledevoir.com/international/actualites-internationales/492699/idiots-utiles-a-paris

    Ainsi, Made for Sharing sera le slogan officiel de la Ville de Paris pour sa candidature aux « Olympic Games » de « Twenty Twenty-Four ». On ne sait trop s’il faut rire ou pleurer. Made for joking or made for crying ?
     
    Lorsque j’ai appris la chose, j’ai tout de suite pensé à Aplusbégalix, ce personnage de chef gallo-romain assimilé, dans l’album Le combat des chefs, sans doute le meilleur de la série Astérix et certainement celui qui a le mieux vieilli.
     
    Goscinny et Uderzo ont brillamment utilisé les Romains pour incarner à la fois l’histoire récente (20 ans après la fin de l’Occupation allemande), mais aussi l’actualité du temps. L’album est paru l’année même (1964) où René Étiemble publiait l’essai Parlez-vous franglais ?.
     
    Le plus comique du slogan Made for Sharing est la réaction goguenarde de la presse anglo-américaine, dans le registre « On n’en demandait pas tant ». A-t-on vu un seul anglophone remercier Paris de se faire comprendre ? La Ville a produit un slogan qui ne lui donne rien, sauf le fait de se ridiculiser.
     
    On est frappé de l’indigence de l’argument du comité parisien : on ne peut vendre Paris au CIO qu’en anglais, alors que 16 des 95 membres votant viennent de pays francophones et que plus de la moitié ont certainement des notions de français. Après tout, la langue française est la plus enseignée au monde, après l’anglais. Et puis, le français est l’autre langue officielle du CIO.
     
    Au fond, les Parisiens jouent ici le rôle d’idiots utiles. S’il y a bien un moment dans l’histoire où l’anglais incarne le repli, c’est maintenant. En effet, la Ville de Paris fait la propagande de l’universalisme de l’anglais alors même que les Britanniques et les Américains, à travers le Brexit et l’élection de Trump, rejettent leur rôle de pays phares de l’internationalisme.
     
    Ce n’est pas la première fois que les Parisiens tiennent ce rôle. Dans les années 1950, les communistes français adoptaient des idéaux staliniens qu’ils savaient faux. Et si la France a renoncé à ses arpents de neige au Canada au XVIIIe siècle, c’est d’abord parce qu’une série de penseurs imbus d’idées anglaises défendaient une philosophie économique à laquelle les Anglais eux-mêmes n’adhéraient plus.
     
    Et, de Paris, nous assistons impuissants au lâchage du français alors même que cette langue commence à s’incarner dans un ensemble mondialisé francophone aux antipodes du repli identitaire.
     
    Le culte du cargo  
    Ce désamour a plusieurs causes, que j’ai déjà expliquées dans d’autres chroniques et que je ne répéterai pas. Mais à la réflexion, j’y vois aussi une fascination morbide évocatrice du « culte du cargo ».
     
    Le culte du cargo est une espèce de religion qui s’est développée dans les îles du Pacifique Sud sous l’effet de la colonisation européenne, et qui a connu son apogée pendant la Seconde Guerre mondiale. Pour les insulaires frappés par la richesse et la puissance des Occidentaux et des Japonais, seule une faveur divine peut expliquer l’abondance et le perfectionnement des biens débarqués du bateau ou de l’avion. Une fois les conquérants repartis, les insulaires appelaient le cargo en construisant des avions en bois, des radios en noix de coco, des antennes en bambou.
     
    Il y a de ça dans la fascination des Français pour l’anglais : la tentation de singer la modernité incarnée par le monde « anglo-saxon » dans l’espoir d’en récolter les fruits. D’où les modes anglophiles souvent ridicules et l’abus d’anglicismes, comme un appel désespéré pour des bienfaits que l’on espère sans en comprendre l’essentiel.
     
    L’autre facteur, qui influence les Français à droite comme à gauche, c’est ce que j’appellerais le « réflexe universaliste », qui leur fait voir de l’universel jusque dans leur soupe. Ayant imaginé pendant quelques générations que le français était universel (ce qu’il n’a jamais été), ils attachent désormais cette propriété à l’anglais (qui ne l’est pas plus). Ce réflexe universaliste fait que les Parisiens, qui ont beaucoup de mal à s’enseigner les langues étrangères, imaginent que le monde est aussi peu doué qu’eux.
     
    Mais ce qui nuit le plus à la perception de la langue française parmi les élites parisiennes, c’est que celle-ci soit si mal défendue par de mauvais avocats, engoncés dans de vieux discours sur le génie de la langue ou dans un méchant purisme qui sert de prétexte pour exprimer les idées les plus rétrogrades et, trop souvent, le rejet de l’autre. Armés de leurs mauvais arguments, ils agissent comme repoussoir.
     
    Défendre le français ne consiste pas à rejeter l’anglais : après tout, les langues ont le propre de s’additionner. Mais défendre sa propre langue, c’est d’abord user du privilège de se dire dans celle-ci. French is made for saying.
    #PS #Paris #jeux_olympiques #olympic_games #ridicule #idiots_utiles #Français #Anglais #Francophonie #Cargo_culte #modernité #élites_parisiennes
    https://www.youtube.com/watch?v=v8myiPb233E


  • Au fait, il est toujours de bon ton de ricaner de Seymour Hersh, mais depuis son article The Redirection en 2007, il n’y a toujours aucune narrative officielle permettant d’expliquer comment et pourquoi les États-Unis livrent des armes au groupe même qui a fait sauter les deux tours du World Trade Center en 2001.

    Non seulement je ne trouve pas de telles tentatives d’explication générale, mais surtout, à chaque fois qu’un article évoque le fait que « nos alliés » ou « les modérés » collaborent systématiquement avec Al Qaeda, et/ou que les armes américaines finissent immanquablement entre les mains d’Al Qaeda, l’audace s’arrête là ; pourtant ce n’est pas rien, de livrer des tonnes d’armes et d’explosifs à un groupe dont on nous a répété pendant une décennie qu’il était l’ennemi number one des États-Unis. Et personne ne réclame une narrative un tout petit peu cohérente à ce sujet ?

    • BBC Protects U.K.’s Close Ally Saudi Arabia With Incredibly Dishonest and Biased Editing - Glenn Greenwald
      https://theintercept.com/2015/10/26/bbc-protects-uks-close-ally-saudi-arabia-with-incredibly-dishonest-and

      But what this does highlight is just how ludicrous — how beyond parody — the 14-year-old war on terror has become, how little it has to do with its original ostensible justification. The regime with the greatest plausible proximity to the 9/11 attack — Saudi Arabia — is the closest U.S. ally in the region next to Israel. The country that had absolutely nothing to do with that attack, and which is at least as threatened as the U.S. by the religious ideology that spurred it — Iran — is the U.S.’s greatest war-on-terror adversary. Now we have a virtual admission from the Saudis that they are arming a group that centrally includes al Qaeda, while the U.S. itself has at least indirectly done the same (just as was true in Libya). And we’re actually at the point where western media outlets are vehemently denouncing Russia for bombing al Qaeda elements, which those outlets are  manipulatively referring to as “non-ISIS groups.”

      It’s not a stretch to say that the faction that provides the greatest material support to al Qaeda at this point is the U.S. and its closest allies. That is true even as al Qaeda continues to be paraded around as the prime need for the ongoing war.

    • Là aussi on avait ricané,
      http://www.unz.com/pcockburn/benghazi-hillary-clinton-is-guilty-but-not-as-charged

      In April 2013, the famed US investigative journalist Seymour Hersh published in the London Review of Books an account of what the CIA calls a “rat line” which was created in early 2012 “to funnel weapons and ammunition from Libya via southern Turkey and across the Syrian border to the opposition”. This was the result of an agreement between the US, Turkey, Saudi Arabia and Qatar to equip the armed Syrian rebels, and much of this weaponry ended up with jihadis affiliated to al-Qaeda. Hersh says that an account of what happened in setting up of the “rat line” is in a highly classified unpublished section of the Senate Intelligence Committee’s report into the death of Mr Stevens in Benghazi which was issued in January 2013.

      Under the terms of a secret agreement between the US and Turkey, partly funded by Saudi Arabia and Qatar, arms from Gaddafi’s arsenals were procured in Libya by retired US soldiers through Libyan front companies, with the operation overseen by the CIA and MI6. Normally, the CIA should have reported what it was doing to Congress, but an exception is made for liaison missions and “the involvement of MI6 enabled the CIA to evade the law by classifying the mission as a liaison mission”. Hersh cites a former intelligence officer as saying that the only purpose for the US to keep open a consulate in Benghazi “was to provide cover for the movement of arms”. After the murder of Mr Stevens, the CIA abruptly ended the operation which then came under Turkish control.

      The story would explain a relationship between the CIA and jihadis in Benghazi that might have led to the Americans being over-confident that they were safe from attack. Western governments have largely blamed Turkey, Saudi Arabia, Qatar and the Gulf monarchies for arming the jihadi opposition in Syria, but the “rat line” shows the complicity of Western intelligence agencies.

      (Vrais et faux) #idiots_utiles


  • Grâce à Avaaz il n’y aura plus d’énergies fossiles, woohooo la planète est sauvée !!!!

    Avaaz - Du G7 à Paris : adieu, énergies fossiles !
    https://secure.avaaz.org/fr/paris_here_we_come/?fxnWSab&pv=236&fb_action_ids=1018037711569990&fb_action_types=og.shar

    Les dirigeants du G7 viennent de s’engager à débarrasser l’économie des énergies fossiles... à jamais !

    Nous avons fait un pas de géant nous laissant enfin espérer un éclatant succès lors du sommet de Paris en décembre - là où le monde entier pourrait s’unir derrière un objectif commun. Partageons nos encouragements et réflexions sur ce qui nous attend sur cette page, et célébrons cette bataille remportée !

    Alors que la fête commence ! Voici comment nous en sommes arrivés là :

    #idiots_utiles #foutage_de_gueule