• Demo : « Alle 12.000 Menschen aus Moria sollen Platz in Wien finden »

    PULS 24 Reporter Paul Batruel hat mit Mo Sedlak, Mitorganisator der Demo, gesprochen. Er will Druck auf die österreichische Regierung ausüben.

    https://www.puls24.at/video/demo-alle-12000-menschen-aus-moria-sollen-platz-in-wien-finden/short
    #solidarité #manifestation #Autrice
    #incendie #Lesbos #feu #Grèce #asile #migrations #réfugiés #Moria

    –—

    Ajouté à la métaliste sur l’incendie de septembre 2020 à Lesbos :
    https://seenthis.net/messages/875743

  • #Injustices_épistémiques

    Présentation : #inégalités_sociales, #production_des_savoirs et de l’#ignorance

    – Méditation haïtienne : répondre à la violence séparatrice de l’#épistémologie_positiviste par l’#épistémologie_du_lien

    – Rapports sociaux de sexe dans la #recherche_biomédicale : une lecture de la production de savoirs dans les publications féministes anglophones

    – Des brèches dans le mur : inégalités sociales, #sociologie et #savoirs_d’expérience

    – Les enjeux méthodologiques et épistémologiques du #croisement_des_savoirs entre personnes en situation de pauvreté, praticien.ne.s et universitaires : retours sur la recherche #ÉQUIsanTÉ au Québec

    – Épistémologies du Sud et #militantisme_académique : entretien avec #Boaventura_de_Sousa_Santos, réalisé par Baptiste Godrie

    https://www.erudit.org/fr/revues/socsoc/2017-v49-n1-socsoc03347
    #violence_épistémique #revue #recherche #savoirs #connaissance

    ping @karine4 @cede

  • #Inégalités socio-spatiales et #santé : pour que les sciences comportementales informent les politiques publiques
    https://www.socialter.fr/article/inegalites-socio-spatiales-et-sante-pour-que-les-sciences-comportementales

    En matière de stratégie nationale de santé, la priorité est généralement donnée à la promotion et à la prévention de la santé, avec des campagnes qui incitent à adopter des comportements individuels plus sains (se mettre à l’activité physique, arrêter de fumer, etc.). De telles campagnes impliquent que les citoyens investissent des efforts dans le présent, avec la contrepartie de profiter de retombées bénéfiques futures sur leur santé. Or, sommes-nous tous égaux face à ce genre de choix ? Les sciences comportementales indiquent que le niveau socio-économique d’un individu est susceptible d’influencer la confiance qu’il a en l’avenir. Chez les individus de niveau socio-économique inférieur, on observe notamment une tendance accrue à adopter des comportements bénéfiques sur-le-champ, plutôt qu’opter pour ceux qui auront un résultat futur hypothétique, même s’ils sont potentiellement plus rentables sur le long terme. Ceci découlerait notamment de deux mécanismes concomitants : d’une part, une moindre capacité à renoncer au gain immédiat (par nécessité matérielle par exemple) ; d’autre part, une moindre confiance en l’obtention de gains futurs. Cette méfiance vis-à-vis de l’avenir découlerait du fait que ces populations sont souvent exposées à des environnements plus chaotiques (habitats précaires, quartiers plus pollués, etc.) et ont des possibilités réduites dans l’amélioration de leur cadre de vie (déménager vers des quartiers plus confortables). Subir ces contraintes, sur lesquelles elles n’ont pas de prise, serait associé à une perception plus élevée du risque de mourir, et donc à un avenir plus incertain. Cette perception n’a rien d’une distorsion de la réalité : on observe dans certaines villes un écart d’espérance de vie de plus de dix ans entre les habitants des quartiers pauvres et ceux des quartiers riches.

    #territoire

  • Comment être une agricultrice en 2020 ?

    Entre mai et août 2020 j’ai lancé sur le compte Twitter d’AgriGenre une série de sondages afin de comparer (i) les résultats que pouvaient m’offrir ces type de sondages – tout en ayant conscience des limites de cet outil – (ii) aux tendances de certaines problématiques de genre que je rencontrais sur le terrain dans les mondes agricoles.

    La population qui a voté aux sondages d’AgriGenre sur Twitter peut être classée en :

    Population agricole : sur Twitter les agriculteurs sont surreprésentés par rapport aux agricultrices. On a tendance à les retrouver plus fréquemment comme producteurs de tweets, de commentaires, de votes.
    Population non agricole : composée de citoyen.ne.s, de militant.e.s, d’universitaires, de chercheur.euse.s, etc. Les réponses à certaines questions ont plutôt un caractère général et distancié. Il n’y a pas forcément de connaissance directe ni d’expérience concrète avec les mondes agricoles.

    Les sondages de Twitter ne permettant pas de distinguer les différentes populations (agricole, non agricole) ni le genre des votants, j’ai souhaité comparer les précédents résultats, (i) votes des sondages Twitter et (ii) tendances de terrain, aux (iii) votes d’une troisième population composée uniquement d’agriculteurs et d’agricultrices, avec un large spectre géographique.

    A l’aide de contacts dans le monde agricole, une population de cent cinquante agricultrices et agriculteurs a accepté de répondre à l’ensemble des questions posées préalablement sur le compte Twitter d’AgriGenre. Afin de ne pas influencer les votes, aucun lien n’a été indiqué entre ce nouveau sondage et les précédents.

    Composition de l’échantillon :

    Effectif : 150
    Population : chef.fe.s d’exploitation agricole et coexploitant.e.s
    Proportion : 53,3 % de femmes et 46,7 % d’hommes
    Âge : entre 30 ans et 65 ans
    Zone géographique : France métropolitaine
    Types de production : maraîchage, arboriculture, grande culture, viticulture, élevage, apiculture
    Syndiqué.e.s : Fédération nationale des syndicats d’exploitants agricoles, Jeunes Agriculteurs, Mouvement de Défense des Exploitants Familiaux, Coordination Rurale, Confédération Paysanne
    Non syndiqué.e.s

    J’ai pu croiser (i) les résultats des sondages hybrides de Twitter avec (ii) les résultats que je recueillais directement sur le terrain et (iii) les résultats du sondage spécifique des agricultrices et agriculteurs de France métropolitaine.

    I. L’agriculteur n’est pas l’agricultrice

    A la question :
    « Quand vous entendez ou lisez le mot agriculteur, vous pensez à :
    – Un homme
    – Un homme ou une femme
    – Un homme et une femme
    – Une femme »

    Le sondage issu de Twitter (AgriGenre, août 2020, 580 votes) indique que l’on pense d’abord à un homme à 75,7 %, à un homme ou une femme à 18,6 %, à un homme et une femme à 5,3 %, à une femme à 0,3 %

    Le mot agriculteur désignerait :

    dans une version exclusiviste, un homme à 75,7 %, une femme à 0,3 %
    dans une version relativiste, quelquefois un homme ou une femme à 18,6 %
    dans une version universaliste, indistinctement un homme et une femme à 5,3 %

    Le sondage issu du milieu agricole indique que l’on pense d’abord à un homme à 56,7 %, à un homme ou une femme à 37,2 %, à un homme et une femme à 10,7 % et à une femme à 0 %

    Le mot agriculteur désignerait :

    dans une version exclusiviste, un homme à 56,7 %, une femme à 0 %
    dans une version relativiste, quelquefois un homme ou une femme à 37,2 %
    dans une version universaliste, indistinctement un homme et une femme à 10,7 %

    Les deux sondages font ressortir un accord d’ensemble.

    Ces deux sondages font également ressortir que :

    Le mot « agriculteur » représente strictement un homme entre 56,7 % et 75,7 % et il représente strictement une femme entre 0 % et 0,3 %.
    Le mot « agriculteur » intègre le fait d’être parfois une femme entre 18,6 % et 37,2 % .
    Le mot « agriculteur » intègre le fait d’être une femme entre 5,3 % à 10,7 %

    Le mot « agriculteur » ne représente :

    Ni « un homme et/ou une femme » (entre 5,3 % et 37,2 %)
    Ni une « femme » (entre 0 % et 0,3 %)

    Mais il représente bien un « homme » (entre 56,7 % et 75,7 %).

    La femme agricultrice reste majoritairement invisible quand il est question du mot « agriculteur » à l’oral ou à l’écrit.

    Parmi les femmes agricultrices :

    63,75 % pensent à un homme quand elles lisent ou entendent le mot « agriculteur »
    25 % pensent à un homme ou une femme
    11, 25 % pensent à un homme et une femme
    0% pensent à une femme

    Parmi les hommes agriculteurs :

    48,57 % pensent à un homme quand ils lisent ou entendent le mot « agriculteur »
    41,43 % pensent à un homme ou une femme
    10 % pensent à un homme et une femme
    0 % pensent à une femme

    Le mot « agriculteur » représente majoritairement un homme à la fois pour les femmes agricultrices et les hommes agriculteurs (entre 48,57 % et 63,75 %) qui s’entendent sur le fait que ce mot ne représente pas une femme (0 %), quelquefois un homme ou une femme (entre 25% et 41,43 %), et très peu un homme et une femme (entre 10 % et 11,25 %).

    Il reste pour la femme agricultrice l’usage du mot « agricultrice », rentrée dans le dictionnaire Larousse en 1961.

    Pour une agricultrice, la distinction entre agriculteur et agricultrice est bien marquée : « Agriculteur : nom masculin, personne qui cultive la terre. Agricultrice : nom féminin, personne qui s’occupe des enfants, de la maison, des courses, des repas, de la traite, des veaux, de la comptabilité et l’administratif de l exploitation. N’en jetez plus ! » (Josianne).

    Une autre agricultrice s’empara également de son expérience pour résumer la chose de la manière suivante : « Dans l’esprit des gens, le mot agriculteur définit bien un homme. Dans le mien, j’ai la même côte, les mêmes bottes et les mêmes charges à payer, il ne me définit pas et le mot agricultrice n’est pas utilisé suffisamment et à sa juste valeur » (Laurence).

    Ce qui est vaut pour les mots « agriculteur » et « agricultrice » vaut aussi pour les mots « paysan » et « paysanne ».

    Dans un autre sondage issu de Twitter (AgriGenre, juin 2020 (A), 1 417 votes) portant sur la question « Faites-vous une différence entre agriculteur/agricultrice et paysan/paysanne ? » , 63,5 % ne font pas de différence contre 36,5 %.

    Le retour du sondage issu des agricultrices et agriculteur va dans le même sens, 58,7 % ne font pas de différence contre 41,3 %.

    Les deux sondages font ressortir un accord d’ensemble (entre 58,7 % et 63,5 %).

    Parmi les femmes agricultrices :

    52,5 % ne font pas de différence contre 47,5 %

    Parmi les hommes agriculteurs :

    65,7 % ne font pas de différence contre 34,3 %

    Parmi les multiples témoignages, un type d’argument tend à revenir fréquemment : « Paysan ou agriculteur, qu’importe, Mais surtout pas « exploitant agricole ». Je considère que je n’exploite rien ni personne » (Gilles).

    Plus critique, une femme agricultrice explique que « Certains veulent avoir à faire à des paysans ( du genre authentiques) alors que ce mot a été et l’est encore péjoratif . Paysan c’est une condition dont celle de femmes pour qui c’est pas jojo , alors que agriculteur, agricultrice c’est un métier avec des connaissances technique » (Clémentine).

    Pour une autre femme agricultrice, « Le nom agricultrice a été donnée plus récemment avec la technicité et la modernisation de l’agriculture. Pour moi, paysanne contient le mot pays. Selon le contexte, les deux sont à employer et ont la même valeur à mes yeux » (Laurence).

    Si ne pas nommer c’est ne pas faire exister, alors le mot « agriculteur » ne représente pas la femme, mais seul le mot « agricultrice », écrit ou parlé, représente bien une femme agricultrice, comme le mot « paysanne », écrit ou parlé, représente la femme paysanne.

    II. Le difficile remplacement de l’agricultrice par l’agriculteur

    En 1982, l’agricultrice Anne-Marie Crolais publiait un ouvrage témoignage où l’on pouvait lire qu’ « en agriculture, il est souvent plus facile de remplacer l’homme car pour remplacer l’agricultrice il faut à la fois travailler sur l’exploitation et remplir le rôle de femme d’intérieur et de mère de famille ». Le sondage demandait si le constat de 1982 était encore d’actualité en 2020 ?

    Les résultats du sondage Twitter (AgriGenre, juillet 2020 (B), 164 votes) indiquent que les votants sont d’accord à 82,3 % (Tout à fait d’accord : 56,7% ; Plutôt d’accord : 25,6%) et pas d’accord à 17,7% (Pas vraiment d’accord : 12,8% ; Pas du tout d’accord : 4,9 %).

    Les résultats du sondage issu du monde agricole indiquent être à d’accord à 54 % (Tout à fait d’accord : 19,3 % ; Plutôt d’accord : 34,7%) contre à 46 % (Pas vraiment d’accord : 30 % ; Pas du tout d’accord : 16 %).

    Les deux sondages font ressortir un accord d’ensemble (entre 54 % et 82,3 %).

    Parmi les femmes agricultrices :

    28,75 % sont tout à fait d’accord, 38,75 % sont plutôt d’accord, 26,25 % ne sont pas vraiment d’accord et 6,25 % ne sont pas du tout d’accord.

    Parmi les hommes agriculteurs :

    8,57 % sont tout à fait d’accord, 30% sont plutôt d’accord, 34,29 % ne sont pas vraiment d’accord et 27,14 % ne sont pas du tout d’accord.

    L’opposition entre les femmes agricultrices et les hommes agriculteurs est marquée :
    67,5 % d’accord pour les agricultrices vs 61,43 % pas d’accord pour les agriculteurs.

    J’ai pu constater sur le terrain que ce sujet restait sensible. Il pouvait être balayé d’un revers de manche, principalement par des agriculteurs, comme susciter un certain malaise chez des agricultrices. Sur ce point une agricultrice m’exprima le fait qu’elle se voyait dans l’exploitation familiale un peu comme « un couteau Suisse » (Marie).

    Les questions liées à la place des femmes dans les exploitations agricoles, à leur pleine reconnaissance et considération, comme les questions portant sur la répartition sexuée des tâches restent toujours d’actualité, trente-huit après le témoignage d’Anne-Marie Crolais.

    III. Des syndicats agricoles en peine avec les agricultrices

    A la question : « Pensez-vous que les questions liées au partage des tâches domestiques, à la pénibilité au travail, aux inégalités de salaire… qui touchent les agricultrices sont suffisamment prises en compte par l’ensemble des syndicats agricoles ? », les résultats sortis de Twitter (AgriGenre, juillet 2020 (A), 63 votes) étaient sans appel : négatif pour 85,8 % des votants (Pas vraiment d’accord : 42,9% ; Pas du tout d’accord : 42,9%) contre 14,3% (Tout à fait d’accord : 9,5% ; Plutôt d’accord : 4,8%).

    Le sondage issu du monde agricole donne un résultat proche : négatif pour 75,7 % des votants (Pas vraiment d’accord : 45,3 % ; Pas du tout d’accord : 30,4%) contre 24,3 % (Tout à fait d’accord : 3, 4 % ; Plutôt d’accord : 20,9 %).

    Les deux sondages font ressortir un accord d’ensemble (entre 75,7 % et 85,8 %).

    Parmi les femmes agricultrices :

    1,25 % sont tout à fait d’accord, 12,5 % sont plutôt d’accord, 48,75 % ne sont pas vraiment d’accord et 37,5 % ne sont pas du tout d’accord

    Parmi les hommes agriculteurs :

    5,71 % sont tout à fait d’accord, 30 % sont plutôt d’accord, 42,86 % ne sont pas vraiment d’accord et 21,43 % ne sont pas du tout d’accord

    Les femmes agricultrices considèrent à 86,25 % que les questions liées au partage des tâches domestiques, à la pénibilité au travail, aux inégalités de salaire… qui touchent les agricultrices ne sont pas suffisamment prisent en compte par les syndicats agricoles. Les hommes agriculteurs les rejoignent à 64,29 %.

    Ces résultats marquent un échec de l’action des syndicats agricoles, toutes tendances confondues, face aux conditions des agricultrices. Ces résultats concentrent toute une série de problèmes, comme ceux évoqués ci-dessus : l’invisibilisation des agricultrices facilite la moindre attention des problèmes que subissent spécifiquement des agricultrices au sein des exploitations agricoles.

    Cette situation n’a pas laissé indifférent des agricultrices : « Malheureusement ce n’est pas un sujet qui est majeur à leurs yeux. Pourtant ce sont des questions primordiales pour la vie des agricultrices » (Laurence), « Effectivement c’est un sujet qu’aucun syndicat ne traite à part entière, c’est vraiment navrant » (Clémence).

    J’ai souligné dans un précédent article le côté masculin marqué des mondes agricoles, tant au niveau syndical que ministériel :

    Au niveau syndical, entre 1946 et 2020, sur cinquante deux représentants nationaux, cinquante ont été des hommes et seulement deux des femmes (50 vs 2).
    Au niveau ministériel, entre 1836 et 2020, sur un effectif de cent quarante cinq ministres ou secrétaires d’État à l’agriculture, cent quarante trois ont été des hommes et seulement deux des femmes (143 vs 2).

    Une agricultrice me rapportait qu’elle regrettait qu’en 2020 les agricultrices soient encore considérées comme « une sorte de caution morale que l’on sort de temps en temps du placard pour se donner une bonne conscience dans une profession majoritairement masculine où les hommes monopolisent toujours les postes de représentation et de responsabilité » (Nathalie).

    Si ne pas nommer c’est ne pas faire exister, ne pas être représenté.e c’est aussi ne pas faire exister.

    IV. Des espaces non-mixtes en question

    La question posée sur Twitter était la suivante : « Depuis de nombreuses années des agricultrices se réunissent en groupes et espaces non-mixtes. Comprenez-vous que ce choix persiste de nos jours ? ».

    Les votants de Twitter (AgriGenre, juin 2020 (B), 796 votes) ont répondu à 83,5% oui et 16,5% non.

    Or sur le terrain les positions que je rencontrai – sans distinction de genre , d’âge ou de position politique/syndicale – n’étaient pas aussi tranchées (pratiquement autant d’avis positifs que négatifs). Je n’ai pas observé un raz-de-marée aussi flagrant d’avis positifs (sauf à penser que mes échantillons et mes terrains étaient systématiquement biaisés).

    Les votants du sondage issu du monde agricole ont répondu à 61,5 % oui et 38,5 % non, ce qui me semble plus près de la réalité de terrain.

    Les deux sondages font ressortir un accord d’ensemble (entre 61,5 % et 83,5 %).

    Parmi les femmes agricultrices :

    62,5 % comprennent ce choix contre 37,5 %

    Parmi les hommes agriculteurs :

    58,57 % comprennent ce choix contre 41,43 %

    Cette question des espaces non-mixtes fait toujours l’objet de débat au sein des mondes agricoles.

    Pour certaines agricultrices la non-mixité de réunion « est une porte ouverte à la ségrégation » (Marie).

    Dans le camps des opposé.e.s à ce type de réunion, je rencontre plus couramment des agricultrices qui mettent en avant leur fort caractère et leur volonté de ne pas se laisser faire : « Je comprends pas du tout ce genre de comportement moi. Qu’il y ait des hommes ou des femmes ma parole est libre et franche et sans entraves. De toute façon, et tant pis pour les réflexions et les regards, je m’exprime de toute façon et je tacle si besoin ! » (Clémence).

    D’autres enfin sont plutôt favorables à la mixité mais elles comprennent ce besoin temporaire en #non-mixité : « Pour avoir animé des formations en groupe mixte ou non, je trouve que la mixité est très enrichissante pour les participants. Mais certaines personnes préfèrent les groupes non mixtes où leur parole sera plus libérée » (Charlotte).

    Chez les agriculteurs et agricultrices totalement acquis à la non-mixité, celle-ci est légitimée par l’expérience au sein du monde agricole :

    « Pour avoir fait une partie de mes études en lycée agricole, j’ai pu malheureusement constater que le sexisme est très (très) présent, et les femmes très minoritaires, donc je comprends qu’elle ai besoins de se retrouver ensemble pour lutter contre cette discrimination » (Nicolas).

    « La non mixité permet de libérer la parole donc par moments elle est indispensable » (Philomène).

    « La « mecterruption » et la « mecxplication » sont manifestes, comme la misogynie en général. On peut comprendre le besoin de certaines femmes de vouloir se retrouver entre-elles. On ne se pose d’ailleurs pas la question quand un groupe est uniquement composé d’hommes. Du reste, les réunions féminines non-mixtes n’empêchent pas leurs participantes d’assister à des réunions mixtes en parallèle » (Stéphanie).

    V. Un matériel agricole encore trop peu adapté aux femmes agricultrices

    A la question « Pensez-vous que le matériel agricole (outil, machine) utilisé par les agriculteurs/agricultrices doit tenir compte du genre ou être indifférent au genre ? »

    Les résultats issus de Twitter (AgriGenre, mai 2020, 125 votes) indiquent un vote majoritaire à 78,8% pour l’indifférence au genre contre 27,2% qui demandent à tenir compte du genre.

    Les résultats issus du monde agricoles indiquent que 45,3 % souhaitent une indifférence au genre et 54,7 % souhaitent tenir compte du genre.

    Les deux sondages font ressortir un désaccord d’ensemble.

    Parmi les femmes agricultrices :

    75 % pensent que le matériel agricole doit tenir compte du genre contre 25 %

    Parmi les hommes agriculteurs :

    68,57 % pensent le matériel agricole ne doit pas tenir compte du genre contre 31,43 %

    Des femmes agricultrices voient des problèmes de force, de poids, de taille… là où des hommes agriculteurs semblent les ignorer.

    Mes retours de terrain indiquent que la population agricole féminine interrogée fait pencher la balance du côté de la prise en compte du genre dans l’usage des outils et machines agricoles.

    Encore de nos jours, pour certains agriculteurs ou personnes du monde agricole, la profession reste un domaine réservé, masculin et viril, où la femme n’est pas toujours bien acceptée comme agricultrice, ou alors à côté de l’homme, comme une aide complémentaire, une sorte de side-farmer.

    Une agricultrice m’expliquait récemment toutes les difficultés qu’elle avait dû rencontrer « lors de formations sur certains aspects techniques et tout particulièrement lors des formations avec l’utilisation des machines » (Isabelle) . Elle s’était heurtée à « l’impossibilité d’accéder aux outils » et « si la formatrice faisait en sorte que les femmes aient le même temps que les garçons » une crise s’en suivait. A quoi se rajoutait le fait qu’elle n’arrivait pas à avoir un « accès égal et de loin » aux machines comme les tracteurs, les tronçonneuses, les pelleteuses…

    Que retenir ?

    Le mot « agriculteur » ne représente pas les femme agricultrices.
    Pour des femmes agricultrices interrogées, il est plus facile de remplacer un homme agriculteur qu’une femme agricultrice sur une exploitation agricole. Ce que contestent des hommes agriculteurs interrogés.
    Pour des hommes agriculteurs et des femmes agricultrices interrogé.e.s, les syndicats agricoles ne prennent pas en compte les questions liées au partage des tâches domestiques, à la pénibilité au travail, aux inégalités de salaire… qui touchent des femmes agricultrices.
    Pour des hommes agriculteurs et des femmes agricultrices interrogé.e.s, les espaces en non-mixité sont légitimes.
    Pour des femmes agricultrices interrogées, il est justifié de tenir compte du genre quand il est question du matériel agricole. Ce que contestent des hommes agriculteurs interrogés.

    Si des hommes agriculteurs interrogés ne sont pas insensibles à certains problèmes que rencontrent des femmes agricultrices (points 3 et 4) une partie de leurs positions rentre en contradiction avec ce qu’expriment des femmes agricultrices (points 2 et 5). Pourrait-on émettre l’hypothèse qu’une égalité idéalisée tendrait à se substituer à une inégalité réelle dans les mondes agricoles entre les hommes et les femmes ?

    Alors, comment être une agricultrice en 2020 dans ces conditions ?

    https://agrigenre.hypotheses.org/846

    #femmes_agricultrices #agriculture #femmes #sondage #chiffres #paysannes #syndicat #syndicats_agricoles

    • Le poids du quantitatif : genre et référencement

      Quelle est la part de certains mots sur le Net ? Et plus précisément, quels sont les poids des mots « agriculteur.s », « agricultrice.s », « paysan.s », « paysanne.s » ?

      Pour répondre à cette question j’ai choisi d’utiliser quatre outils fournis par Google :

      Son moteur de recherche
      Google Trends, permet « de connaître la fréquence à laquelle un terme a été tapé dans le moteur de recherche Google »
      Ngram Viewer, « application linguistique proposée par Google, permettant d’observer l’évolution de la fréquence d’un ou de plusieurs mots ou groupes de mots à travers le temps dans les sources imprimées »
      Google Scholar, permet « la recherche d’articles et de publications scientifiques (…) il inventorie des articles approuvés ou non par des comités de lecture, des thèses de type universitaire, des citations ou encore des livres scientifiques »

      J’ai sélectionné pour chaque couple (agriculteur/agriculteurs, agricultrice/agricultrices, paysan/paysans, paysanne/paysannes) le mot qui avait le plus de poids.

      I. Selon que vous soyez agriculteur ou agricultrice

      Quand j’ai tapé le mot « agriculteur », au singulier, dans le moteur de recherche Google, ce dernier m’a retourné environ 30 000 000 résultats, et quand j’ai cherché le mot « agricultrice » il m’a retourné environ 1 300 000 résultats.

      Le mot « agriculteur » désigne un homme agriculteur et une profession générique accolée aux hommes et quelquefois aux femmes qui l’exercent. Mais ce mot est loin d’être neutre.

      Ce même jour, quand j’ai tapé le mot « agriculteurs », au pluriel, dans le moteur de recherche Google ce dernier m’a retourné environ 900 000 000 résultats, et il m’a retourné environ 440 000 résultats pour le mot « agricultrices ».

      On remarque, dans ces deux exemples, que le mot « agriculteur » est plus souvent référencé que le mot « agricultrice », au singulier comme au pluriel.

      Le mot « agriculteur » est majoritaire au pluriel pour les hommes agriculteurs, tandis que pour les femmes agricultrices c’est le mot « agricultrice » au singulier qui est majoritaire.

      Est-ce à dire que les femmes agricultrices seraient plus individualistes et moins grégaires que les hommes agriculteurs ? Ou que les références sur le Net portant sur les femmes agricultrices sont plus individualisées (portraits…) que pour les hommes agriculteurs ? Je proposerai une autre hypothèse à la fin de cet article.

      Autre enseignement, si au lieu de rechercher les mots d’ « agriculteur.s » et « agricultrice.s » on prenait les mots « paysan.s » et « paysanne.s » ?

      On retrouverait les mêmes dispositions : le mot « paysan » est plus référencé que « paysanne », d’abord au pluriel puis au singulier, et le mot « paysanne » au singulier l’est plus qu’au pluriel.

      La comparaison du référencement des mots agriculteur.s et agricultrice.s puis des mots paysan.s et paysannne.s peut être représentée de la manière suivante

      Les agricultrices et paysannes sont plus souvent référencées au singulier qu’au pluriel, tandis que les paysans et les agriculteurs le sont plus souvent au pluriel.

      Pour chaque couple, avec le mot qui a le plus de poids, le classement est ici « agriculteurs », « paysans », « paysanne », « agricultrice ». La distinction entre les hommes et les femmes du monde agricole est nette.

      II. A chacun son rythme

      Google Trends permet « de connaître la fréquence à laquelle un terme a été tapé dans le moteur de recherche Google ».

      De 2004 à aujourd’hui, soit sur seize ans, pour la France, le terme « agriculteur » (en bleu) est majoritaire, suivit par les termes « agriculteurs » (en rouge), « agricultrice » (en jaune) et « agricultrices » (en vert). On trouvera le même classement pour les termes « paysan », paysans », « paysanne » et « paysannes ».

      Les courbes des agricultrices restent stables, tout en bas, quasi-linéaires, tandis que celles des agriculteurs les survolent avec de nombreux pics.

      Sur la même période, le terme « agriculteur » (en bleu) est majoritaire, suivi par les termes « paysan » (en jaune), « paysanne » (en vert) et « agricultrice » (en rouge).

      Les courbes des agricultrices, terme « agricultrice » (rouge) et paysannes, terme « paysanne » (vert), sont presque parallèles avec une plus légère hauteur pour le terme « paysanne » , tandis que le terme « agriculteur » (bleu) a commencé à prendre le dessus sur le terme « paysan »(jaune) à partir de 2015.

      Pour chaque couple, avec le terme qui a le plus de poids, le classement est ici « agriculteur », « paysan », « paysanne » et « agricultrice ». La distinction entre les hommes et les femmes du monde agricole est toujours aussi nette.

      III. La lutte des places

      Ngram Viewer permet « d’observer l’évolution de la fréquence d’un ou de plusieurs mots ou groupes de mots à travers le temps dans les sources imprimées »

      Entre 1800 et 2020, soit deux cent vingt ans, pour la France, les termes « paysan » et « paysanne » sont restés largement majoritaires. Le mot « agricultrice » arrive dernier de ce classement.

      Le mot « agriculteurs » domine celui d’ « agriculteur » (chose identique entre « paysans » et « paysan »).

      Le mot « agricultrices » a longtemps dominé celui d’ « agricultrice ».

      Mais en 2016 le mot « agricultrice » passe devant celui d’ « agricultrices »

      Alors que le mot « paysanne » domine le mot « paysannes »

      Pour chaque couple, avec le mot qui a le plus de poids, le classement est ici « paysans », « paysanne », « agriculteurs », « agricultrice ». La distinction entre les hommes et les femmes du monde agricole est ici croisée.

      IV. Un référencement masculin

      Dans Google Scholar, aucune limite de date n’a été sélectionnée pas plus que le choix de la langue, et j’ai choisi de conserver les brevets et les citations dans la recherche des termes.

      Les termes « agriculteurs » et « agriculteur » sont majoritaires.

      Tout comme « paysans » et « paysan »

      Pour chaque couple, avec le mot qui a le plus de poids, le classement est ici « paysans », « agriculteurs », « paysanne », « agricultrices ». La distinction entre les hommes et les femmes du monde agricole est nette.

      V. Que conclure de ces quatre exemples ?

      Si on donne une valeur de 4 au mot qui arrive en tête, une valeur de 3 au deuxième, une valeur de 2 au troisième et une valeur de 1 au dernier, on obtient le tableau suivant

      Le classement final indique que les termes qui ont les valeurs les plus élevées sont « paysans » (11), « agriculteurs » (9), « paysanne » (9), « agriculteur » (4), « paysan » (3), « agricultrice » (3), « agricultrices » (1) . Le mot « paysannes » ayant obtenu une valeur de 0.

      Les hommes agriculteurs sont nommés quatre fois (« paysans », « agriculteurs », « agriculteur », « paysan ») et les femmes agricultrices trois fois (« paysanne », « agricultrice », « agricultrices »). Les hommes agriculteurs/paysans obtiennent une valeur totale de 27 tandis que les femmes agricultrices/paysannes obtiennent une valeur totale de 13.

      Lors de nos recherches sur le Net et/ou dans la littérature et la bibliographie nous devrions trouver un poids quantitatif beaucoup plus important de fréquences d’hommes (avec les termes « paysan.s » et « agriculteur.s ») et moindre de fréquences de femmes (avec les termes « paysanne.s » et « agricultrice.s »).

      VI. Agriculteur dopé, agricultrice spoliée

      Au cours d’enquêtes de terrain, quand je pose cette question à des hommes agriculteurs : « Comment nommez-vous la profession d’un homme qui travaille dans le domaine de l’agriculture et qui met en culture ou élève des animaux… ? » j’obtiens comme réponse que cet homme exerce la profession d’ « agriculteur » . Par la suite si je pose la question « Comment nommez-vous la profession d’une femme qui travaille dans le domaine de l’agriculture et qui met en culture ou élève des animaux… ? » la réponse obtenue sera (quasi systématiquement) que cette femme exerce la profession d’ « agriculteur » .

      Maintenant, si je pose la question à des femmes agricultrices « Comment nommez-vous la profession d’un homme qui travaille dans le domaine de l’agriculture et qui met en culture ou élève des animaux… ? » j’obtiens la réponse que cet homme exerce la profession d’ « agriculteur » , mais si je pose ensuite la question « Comment nommez-vous la profession d’une femme qui travaille dans le domaine de l’agriculture et qui met en culture ou élève des animaux… ? » j’obtiens la réponse (systématiquement) que cette femme exerce la profession d’ « agricultrice » .

      Dans le premier exemple, des femmes agricultrices sont comptées comme « agriculteurs » et non comme « agricultrices » par des hommes agriculteurs, ce qui participent à leur moindre poids tout en augmentant artificiellement le poids et la visibilité du mot « agriculteur ».

      Elles sont intégrées, assimilées, diluées et invisibilisées au sein du mot « agriculteur » (à gauche).

      De leur côté, des femmes agricultrices font la distinction entre le mot « agriculteur » et « agricultrice » (à droite).

      Les femmes agricultrices n’intègrent aucun homme agriculteur comme « agricultrice » alors que des hommes agriculteurs intègrent des femmes agricultrices comme « agriculteur » et non comme « agricultrice ».

      Si des hommes agriculteurs intègrent des femmes agricultrices comme « agriculteur » d’autres professions ont conservé ce réflexe qui biaise les résultats.

      https://agrigenre.hypotheses.org/1519

      #recensement #invisibilisation #statistiques #mots

  • Fire breaks out outside migrant camp in Samos

    A fire broke out outside the reception and registration centre for migrants on the eastern Aegean island of Samos on Tuesday evening.

    The blaze burned near a forested area where 20 firemen with nine fire engines have been deployed.

    According to the fire service, the centre is currently not at risk.

    Earlier in the day, health authorities reported three coronavirus infections. The infected migrants went to the local hospital after showing symptoms.

    More than 4,600 people live in the camp that has a nominal capacity of 648.

    https://www.ekathimerini.com/257000/article/ekathimerini/news/fire-breaks-out-outside-migrant-camp-in-samos
    #incendie #Samos #Grèce #îles #asile #migrations #réfugiés #camps_de_réfugiés #septembre_2020

    –—

    Ajouté à la métaliste sur les incendies en Grèce :
    https://seenthis.net/messages/851143

  • Des villes en première ligne

    Face à la proposition minimale d’accueil de la Confédération, plusieurs villes, dont #Zurich, #Genève, #Lausanne, #Delémont ou #Fribourg ont annoncé qu’elles étaient prêtes à recevoir des requérant.e.s en provenance de Lesbos après l’incendie qui a ravagé le camp de #Moria.

    Le 8 septembre, un incendie a complètement détruit le tristement célèbre camp de réfugié.e.s de Moria, à quelques encablures maritimes de la Turquie. Dans ce lieu inauguré en 2013, devenu en 2015 un centre d’enregistrement et de contrôle (hotspot), plus de 13’000 personnes, dont 4000 enfants essaient de survivre depuis des mois voire des années dans une infrastructure prévue à la base pour 2000 personnes. Depuis quelques mois, l’apparition du Covid avait encore rendu plus dures les conditions de vie des habitant.e.s. « Depuis mars, les couvre-feux liés à l’épidémie de coronavirus et les restrictions de mouvements des demandeurs d’asile à Moria ont été prolongés sept fois pour une période totale de plus de 150 jours », relève ainsi Aurélie Ponthieu, spécialiste des questions humanitaires chez Médecins sans frontières.

    Cet enfermement sans aucune perspective a sans doute conduit à ce que certains réfugiés incendient par désespoir leur prison d’infortune. Et ce n’est pas la construction d’un nouveau camp de tentes de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), bâties dans l’urgence par la Protection civile grecque, couplée à la volonté du ministre grec des migrations, Notis Mitarachi, de maintenir les requérants dans l’île qui rabattront la volonté de départ des requérants.

    Face à cette impasse, neuf villes suisses comme Zurich, Delémont, Fribourg, Genève ou Lausanne ont annoncé qu’elles seraient prêtes à accueillir rapidement des réfugiés en provenance de l’Île grecque. « Le chaos, d’une ampleur inédite, met en lumière le besoin immédiat de moyens et de soutien dans les régions en conflit, le long des voies d’exil et aux frontières de l’Europe. Les citoyennes et citoyens, ainsi que les responsables politiques de nombreuses villes de Suisse sont convaincus depuis longtemps que cette crise humanitaire nécessite un engage- ment plus important de notre pays pour l’accueil de réfugié.e.s », expliquent conjointement les deux villes lémaniques et leurs maires, Sami Kanaan et Grégoire Junod, tous deux du PS.

    « L’urgence de la situation n’a fait que s’aggraver entre la surcharge du camp, la gestion du Covid puis finalement cet incendie », argumente David Payot, municipal popiste de la Ville de Lausanne. « Notre objectif est que la Confédération organise dans les plus brefs délais une conférence nationale urgente sur le sujet. Cela permettrait de mettre tous les acteurs institutionnels – Confédération, cantons et villes – à une même table afin d’éviter de se renvoyer la balle. Il faut coordonner les acteurs plutôt que de diluer les responsabilités. Nous voulons aussi mettre la pression sur la Confédération et faire entendre notre voix, qui représente aussi celle de la population suisse », souligne-t-il.

    « L’accueil des migrants relève de la Confédération et l’hébergement des cantons. Par cet appel à la Confédération, nous indiquons que nous sommes prêts à collaborer étroitement avec les cantons pour accueillir des réfugiés dans nos villes », développe le Grégoire Junod. « Nous collaborons en permanence avec l’Etablissement vaudois d’accueil des migrants (EVAM) notamment lorsqu’il s’agit d’ouvrir de nouvelles structures ou de trouver des capacités supplémentaires d’accueil », explique-t-il encore.

    Il faut dire que la ministre PLR de la justice, Karin Keller-Sutter a décidé d’adopter une position minimaliste sur le sujet, déclarant que notre pays n’accueillerait que 20 jeunes migrants non-accompagnés. Très loin de l’Allemagne qui, par l’entremise de sa première ministre, Angela Merkel, vient de réviser sa position et se déclare favorable à l’accueil de 1’500 personnes, essentiellement des familles avec des enfants qui ont été reconnues comme réfugiés par les autorités grecques. A ce contingent s’ajouteront 100 à 150 mineurs isolés évacués du camp de Moria. La France fera de même.

    Rappelons aussi que l’Union européenne (UE) est en train de plancher sur un nouveau pacte européen sur la migration et l’asile, qui sera présenté à l’automne. Celui-ci vise à « créer un cadre global, durable et à l’épreuve des crises pour la gestion de la politique d’asile et de migration au sein de l’UE ». Du côté des organisations d’entraide comme l’Organisation suisse d’aide aux réfu- giés (OSAR), qui a participé à la consultation, on voudrait « un renforcement des voies d’accès sûres et légales vers l’Europe afin de ne pas rendre les personnes vulnérables dépendantes des passeurs et de ne pas les exposer à la violence, à l’exploitation et aux mauvais traitements ».

    La Suisse peut faire beaucoup plus

    « La Suisse peut prendre plus de personnes du fait qu’un article de la loi sur l’asile stipule qu’il est possible d’octroyer, sous certaines conditions, un permis humanitaire ou de faire bénéficier les requérants d’un programme de réinstallation selon les critères du HCR », explique #David_Payot. Dans la pratique, la réception d’un nombre plus élevé de réfugiés ne poserait pas de problèmes. « A Lausanne, si l’on parle de l’accueil d’enfants, nos écoles reçoivent 14’000 élèves. Scolariser quelques dizaines d’élèves supplémentaires est tout à fait possible, et représente un investissement pour leur avenir et le nôtre », explique le Municipal.

    A titre personnel, le magistrat popiste lausannois tient à dénoncer les carences politiques des accords Schengen/Dublin. « Ce système charge les pays de la Méditerranée du plus gros des efforts d’accueil des requérants, alors qu’ils n’en ont pas les moyens. Cette assignation empêche les requérants de postuler dans des Etats ou ils.elles auraient plus de liens. Ce système accroît les problèmes plutôt que de les résoudre. Il faut le changer », soutient David Payot.

    En juin dernier, 132 organisations et plus de 50’000 personnes avaient déjà déposé une pétition demandant au Conseil fédéral de participer à l’évacuation immédiate des camps de réfugiés grecs et d’accueillir un nombre important de personnes en Suisse.
    Huit villes suisses avaient déjà proposé des offres concrètes comme le financement des vols d’évacuation et des hébergements. « C’est une concertation que nous souhaitons développer entre les maires et syndics des grandes villes suisses. 70% de la population vit en zone urbaine et les villes sont aux premières loges de nombreux problèmes, sociaux, migratoires, climatiques. Nous devons êtes mieux entendus », assure #Grégoire_Junod.« Proposer l’accueil de 20 mineurs non accompagnés, comme l’a indiqué le Conseil fédéral, fait honte à notre tradition humanitaire », martèle-t-il.
    Le Conseil fédéral pourra-t-il plus longtemps faire la sourde oreille ?

    https://www.gauchebdo.ch/2020/09/18/des-villes-en-premiere-ligne
    #Lesbos #Grèce #incendie #villes-refuge #asile #migrations #réfugiés #MNA #mineurs_non_accompagnés

    –—

    Ajouté à la métaliste autour de l’incendie :
    https://seenthis.net/messages/876123

    Et à la métaliste sur les villes-refuge :
    https://seenthis.net/messages/759145

  • La virologie est un sport de combat

    Je suis #Bruno_Canard, directeur de recherche CNRS à l’université d’Aix-Marseille. Mon équipe travaille sur les #virus_à_ARN (#acide_ribonucléique), dont font partie les #coronavirus.

    Mme la Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation m’ayant cité, et mentionné mes travaux dans son intervention sur les Matins de France Culture le 22 juin 2020 (https://www.franceculture.fr/emissions/les-matins/les-matins-de-france-culture-emission-du-lundi-22-juin-2020), il m’a semblé important de préciser les #conditions_de_travail de mon équipe de #recherche sur le #SARS-CoV-2 et sa projection dans la future #Loi_de_Programmation_de_la_Recherche (dite #LPPR), qui est en cours d’examen à l’Assemblée Nationale.
    Cela permet d’illustrer, à partir d’un cas concret, et peut-être de faire comprendre au grand public le #sous-financement récurrent de la #recherche_publique en #France en général dans les 20 dernières années ; la #précarité grandissante des #personnels de ces laboratoires ; le #sous-équipement dramatique en grands #instruments_scientifiques essentiels aux développements de thérapies antivirales ; le faible niveau des #salaires des chercheur·ses, très éloignés de ceux des haut·es fonctionnaires ; et finalement, le peu de #considération dont ils font l’objet par les femmes et les hommes politiques français. Elles et ils prétendent parler au nom de la #science, souvent confondue avec la #technologie, mais sans écouter les scientifiques.

    Chère Mme la Ministre, chère Frédérique, je me permets de vous appeler par votre prénom en souvenir des cafés et bavardages créatifs que nous avons partagés lorsque, en 1992, j’étais fraîchement recruté comme chercheur au #CNRS à Nice dans le laboratoire dirigé par Patrick Gaudray, et vous, doctorante dans le laboratoire de François Cuzin à l’Université de Nice. C’était une époque formidable, j’y ai fait mes plus belles ascensions dans ces extraordinaires Alpes-Maritimes, pendant que la France commençait sa dégringolade dans le classement scientifique, dans une remarquable trajectoire parallèle au nombre de postes statutaires de chercheur·ses et de manière plus générale, à la performance de la recherche française.

    Nous nous retrouvons donc environ 25 ans plus tard.

    Chère Frédérique, vous êtes désormais Ministre de l’enseignement supérieur, de la recherche et de l’innovation, et soutenez que cette loi permettra un réarmement de la #recherche_française inégalé depuis 1945. Je suis un chercheur « de base » et je me suis exprimé à titre personnel, comme la majorité de mes collègues, pour formuler mes craintes d’un #budget concentré sur des projets à court terme, synthétisées dans la tribune « La science ne marche pas dans l’urgence » (https://universiteouverte.org/2020/03/04/coronavirus-la-science-ne-marche-pas-dans-lurgence/;%20Le%20Monde,%2029%20f%C3%A9vrier%202020;%20https:/lejournal.cnrs.fr/articles/la-science-fondamentale-est-notre-meilleure-assurance-contre-les-). Dans un entretien à France Culture en juillet (https://www.franceculture.fr/emissions/les-matins/les-matins-de-france-culture-emission-du-lundi-22-juin-2020), vous avez déclaré à mon sujet : « Mr Canard a obtenu plusieurs financements sur projets… Je connais par cœur les financements qu’a eu ce laboratoire ».

    Justifier les « plusieurs financements sur projets » pour mon laboratoire sous-doté

    Je m’étais étonné de recevoir en juin la demande urgente de la part mon employeur (le CNRS), de fournir le montant de tous les contrats dont mon équipe a bénéficié, de l’#Agence_National_de_Recherche (#ANR) en particulier. Malheureusement, force a été de constater que le ministère et ses contrats ANR n’y a pas occupé une place proéminente. Encore moins sur les coronavirus (2 projets ANR coordonnés en 18 ans), sur lesquels aucun soutien financier spécifique n’a été accordé depuis plusieurs années, sauf en 2019 par la #Fondation_de_la_Recherche_Médicale, dont la vision scientifique tient heureusement peu cas des modes. Nous nous échinions, en effet depuis 2003, mes collègues d’équipe et moi, à étudier la réplication des coronavirus et comment ces derniers mutent, ce qui est d’une importance capitale pour la conception de #vaccins ou de #médicaments. Tous les dossiers de projet ANR inlassablement déposés depuis 2015 ont été jugés indignes d’être financés et/ou inintéressants. Cinq fois, pour être précis. Dans la dernière édition (dépôt du projet en octobre 2019 – réponse pas encore arrivée à ce jour, 19 septembre 2020), j’ai failli renoncer à apporter encore des résultats expérimentaux préliminaires, pour ne pas les divulguer gratuitement à mes concurrent·es : l’évaluation des projets ANR se faisant par des expert·es internationaux forcément pris parmi les spécialistes qui connaissent le sujet, donc presque tout le temps, des concurrent·es… J’ai fourni le même dossier, mais amputé de la recherche sur le virus #Ebola. Oui, Ebola produit actuellement une épidémie en République Démocratique du Congo, mais la loi mort-kilomètre nous dit que le sujet est défavorable pour éveiller un quelconque intérêt en ce moment. La recherche sur Ebola n’intéresse que quand le virus sonne à notre porte, comme en 2014.

    Le SARS-CoV-2 aura donc eu un effet magique : ma recherche inintéressante sur la #variabilité_génétique de ce virus a subitement reçu, en juin 2020, les commentaires les plus positifs, dithyrambiques, qu’il m’a été possible de recevoir en 30 ans de carrière1. Ni mon projet ni ma recherche n’ont pourtant changé : seule leur perception a changé dans le contexte COVID19, renforçant cette constatation que j’ai maintes fois faite : la science ne marche pas dans l’#urgence 2 et la virologie, ce n’est pas que les coronavirus.

    Pour les « plusieurs financements sur projets », vous voulez donc probablement parler des deux projets européens dont mon équipe a récemment bénéficié. La France étant une grosse contributrice financière à l’espace européen de la recherche, il me semblait donc presque « patriotique », en quelque sorte, de me lancer corps-et-âme dans la lutte anti-COVID19 en rapatriant des fonds européens pour pouvoir employer des personnes motivées, et continuer à décrypter comment ces fichues bestioles virales arrivent à se reproduire au prix d’un tel bazar dans une cellule, un organisme, une société. Le premier projet européen appelé #SCORE, a été écrit en 10 jours (et nuits) en février 2020 grâce au réseau de collaborateur·trices corona-virologistes que la disette financière des années précédentes n’a pas réussi à effilocher. L’autre appelé #IMI-CARE a été écrit immédiatement après en mars 2020, en 3 semaines au lieu des plutôt 6 mois habituels, avec un consortium international de 36 laboratoires, dont 12 industriels majeurs. Peut-être auriez-vous préféré que je m’abstienne dans cette quête inlassable de financements ? Impossible, car c’est la condition sine qua non pour pouvoir avancer dans nos recherches, répondre à l’urgence de la situation et recruter immédiatement quelques personnes en CDD.

    S’appuyer sur des contractuel·les pour assurer la survie de notre laboratoire

    Je me suis posé la question lorsque j’ai embauché Camille, Adrien, et Pierre : trois jeunes diplômés d’un Master en quête de leur première expérience professionnelle, qui n’ont pas hésité en plein confinement à s’entasser dans une voiture depuis Toulouse pour venir s’installer à Marseille, avec comme horizon un #CDD de 15 mois, un statut inexistant et une paie royale de 1600 euros mensuels. Je ne pense pas qu’elle et ils espèrent quoi que ce soit de la LPPR, qui ne propose aucune amélioration pour les contractuel·les de la recherche. On leur a trouvé un appartement, sinon, iels seraient encore peut être à la rue : avec un CDD, il n’est pas facile de convaincre un·e bailleur·se.

    Je me suis également posé la question quand il a fallu que j’embauche un #lab_manager (en CDD, évidemment) pour que Véronique, Barbara et Cécilia, trois ingénieures de recherche totalement saturées de travail dans l’équipe #COVIDemment désorganisée, soient déchargées des corvées administratives routinières qui les empêchent de faire leur métier, c’est-à-dire de la recherche. La fonction principale de ce lab manager ? Nous aider à gérer les stupides « #feuilles_de_temps-projet » qui compartimentent notre cerveau pour les bureaucrates européens. Car dans un projet européen, le CNRS « loue » contre facture le temps de cerveau disponible de ses chercheur·ses (9h-18h, nous ne réfléchissons que les jours ouvrables) et il nous faut donc déclarer, heure par heure, comment nous nous occupons.

    Je me suis encore posé la question quand les équipes de notre laboratoire, entité conjointe entre le CNRS et l’Université Aix Marseille, ont dû mutualiser leurs ressources pour pouvoir embaucher un autre CDD, technicien·ne qui prépare les réactifs dont nous avons besoin, lance la vaisselle et les autoclaves, et tout cela pour environ 1200 nets par mois. C’est un poste nécessaire au laboratoire, mais que nous devons auto-financer, malgré les 26 % du montant de nos contrats qui partent en frais de gestion et provision pour la maintenance des appareillages du laboratoire.

    Je me suis posé ces questions car ces efforts financiers et ces CDD étaient, il n’y a pas si longtemps, assurés par un soutien de base au laboratoire de la part de nos deux tutelles, le CNRS et l’#université. Et surtout par des postes statutaires, essentiels pour la survie de nos laboratoires, qui ne sont mentionnés dans aucun article de la LPPR et dont le nombre s’est effondré depuis 2008. Vous dites donc sur France Culture que mon « laboratoire (est) financé tous les ans de manière récurrente ». Quel humour par omission ! Vous savez très bien que le #financement_récurrent ne permet pas de financer nos programmes de recherche. Dans tous les laboratoires de sciences expérimentales, les chercheur·ses ponctionnent elleux-mêmes leur projet d’une contribution « volontaire » qu’iels mutualisent pour assurer les carences des employeur·ses publics. Chez nous, on fait la plonge du labo à tour de rôle pour laver nos éprouvettes, et le soutien récurrent constitue moins de 5% du budget de fonctionnement : pas assez pour acheter suffisamment de mouchoirs pour pleurer.

    Votre petite phrase prononcée sur le ton « je dis ça, je dis rien » n’avait donc certainement aucunement l’intention de décrédibiliser votre administré que je suis. La grande majorité de la communauté scientifique vous a exprimé depuis des mois ses craintes envers la LPPR : entre autres, le ras-le-bol des titulaires d’être transformé·es en bureaucrates expert·es dans la gestion du personnel précaire, et la crainte des contractuel·les de le rester « à vie », ou après avoir fait leurs preuves pendant des années d’être considéré·es comme dignes d’être titularisé·es (pour les « professeur·es junior »). Pour mémoire, les quelques 200 premièr·es signataires de la pétition (qui a fait pschitt) de soutien à la LPPR, sont à la retraite et ont bénéficié de ce statut de fonctionnaire pendant toute leur carrière. Il est vrai que la connivence augmentée que vous préconisez dans la LPPR avec le secteur privé n’a pas besoin de s’encombrer de chercheur·ses indépendant·es et libres de penser. Ainsi, il n’y aura plus de scandale type Mediator, SDHI, glyphosate, perturbateurs endocriniens, … puisque personne ne mord la main qui nourrit.

    Espérer arriver au niveau de 2ème division en biologie structurale

    Pourtant, cette « abondance » que la LPPR nous promet pourrait trouver une meilleure destination. Je me suis alors rappelé le plan « #France_Cryo-EM », un #Equipex (Equipement d’excellence), qui nécessite 36 millions d’euros pour pouvoir observer le SARS-CoV-2 et ses protéines avec des #cryo-microscopes_électroniques (#Cryo-EM) à haute résolution et concevoir intelligemment les vaccins et #traitements requis. Créé officiellement en 2016, il reste pourtant aux biologistes structuraux Français 16 millions d’euros à trouver pour pouvoir pour amener la France au niveau de 2ème division en #biologie_structurale 3. Ayant déploré l’absence de ce grand équipement, vous m’avez proposé de venir collecter des données sur le microscope de Nice, je ne reviendrai pas sur cette confusion microscopique. Au 23 juillet 2020, des laboratoires Chinois et Allemands ont publié dans les journaux internationaux les plus réputés, Nature, Science, Cell, pas moins de 9 structures de l’ARN polymerase de ce virus, en utilisant une information clé de nos travaux réalisés en 2014. En l’absence de Cryo-EM haute résolution, nous avons regardé passer les balles au-dessus de nos têtes… Ironie du sort et humiliation supplémentaire, ces #revues_scientifiques m’ont souvent sollicité pour évaluer ces publications que j’aurais dû faire. A titre de comparaison, l’Allemagne, notre voisin européen que l’on peut considérer être en première division, avait 25 Cryo-EM en 2018.

    Ces 16 millions manquants pour que les chercheur·ses puissent exercer leur métier dans des conditions décentes sont à mettre en perspective avec le milliard d’euros accordé en moins d’un an au groupe français #Sanofi sur un pari vaccinal, certes en majorité via leurs ami·es du #BARDA américain, qui seront les premièr·es servi·es. Enfin, qui devraient : ce sont les mêmes qui ont donné 43 millions à Sanofi en août 2016 pour un vaccin contre le virus #Zika, mais tous deux ont jeté l’éponge en septembre 2017. Cela ressemble beaucoup à 2003 et l’émergence du SARS pour laquelle Sanofi a été copieusement financée pour un vaccin, lui aussi abandonné.

    Ces 16 millions manquants sont également à mettre en perspective avec le #Crédit_Impôt_Recherche 5, passé de 2,5 milliards en 2008 à 6 milliards aujourd’hui. Avantage fiscal généreux destiné à renforcer l’attractivité de Sanofi, pour prendre un exemple concernant directement la COVID19… Ou bien est-ce plutôt pour éviter que ce groupe continue à réduire ses activités de #R&D en France ? Cette générosité est si bien remerciée qu’elle s’est immédiatement traduite, pour l’instant, par 4 milliards à reverser aux actionnaires en 2020, et par le licenciement de 1 700 personnes dans le monde, dont 1 000 en France. En tant que chercheur rompu à la complexité des demandes de financement ANR, j’ai regardé avec émotion et envie le mini-dossier à rapporter dans le formulaire Cerfa 2069-A-SD pour que cette entreprise s’exonère de 130 millions d’euros annuels…

    Arrêter la sensation de chute libre pour la recherche publique française

    Dans Le Monde du 24 juillet, je lis entre les lignes une synthèse indirecte de cette sensation de chute libre : la France est passée en 20 ans de la 5e à la 8e place des contributeurs aux #publications_scientifiques, ce qui est à mettre en relation avec un financement insuffisant de la recherche équivalent à 2,2 % du PIB (0,8 % recherche publique, 1,4 % privée). Vous visez à porter l’effort de recherche de la nation à 3% du PIB (1% public, 2% privé) d’ici 2030. Je constate que l’effort de financement de la #recherche_privée est donc plus du double de celui de la recherche publique. Il me semble hasardeux de compter sur la recherche privée pour rattraper l’écart de publications, ou bien peut-être faudra-t-il que l’utilisation de l’argent public investi dans cette dernière subisse des évaluations aussi invasives, constantes et publiquement disponibles que celle que nous subissons dans les laboratoires académiques ?

    Finalement, chère Frédérique, depuis une dizaine d’année, trois présidents de la république Nicolas Sarkozy, François Hollande, et Emmanuel Macron n’ont-ils pas eu raison de prendre les chercheur·ses et les universitaires pour des imbéciles ? Pourquoi en serait-il autrement ? Cela fait plusieurs décennies qu’elles et ils sont les seuls haut·es fonctionnaires de catégorie A+ à qui on demande de trouver les moyens financiers de faire leur travail et les derniers en termes de niveau de #rémunération, gagnant en moyenne 3200 euros nets par mois – pour celles et ceux qui ont la « chance » d’être titulaires.

    Je note d’ailleurs que l’oreille d’Angela Merkel, titulaire d’un doctorat en chimie, semble plus réceptive au financement de la science en Allemagne, pays où la crise due au coronavirus semble avoir été mieux gérée que chez nous. Est-ce aussi à mettre en rapport avec la constatation que, par exemple, la ville d’Heidelberg à elle seule a autant de Cryo-EM que la France entière ?

    Peut-être, alors, après avoir travaillé comme des forcené·es pendant cette période difficile avec mes collègues fonctionnaires Etienne, François, Karine, Jean-Claude Nadia, et tou·tes les précaires dont je vous épargnerai la liste7, nous devrions, en prélevant encore sur nos contrats, constituer une cagnotte supplémentaire. Car la LPPR ne prévoit pas grand-chose dans ses premières années tandis qu’elle nous promet « l’abondance » au nom de vos successeur·ses. Mais surtout, nous pourrions ainsi soulager votre budget ministériel, économiser 16 millions d’euros et pouvoir trouver cette goutte d’eau microscopique qui nous permettrait, outre de ne pas se sentir humilié·es face à une concurrence internationale féroce, de travailler à rattraper le temps perdu.

    J’espère avoir correctement éclairé votre petite phrase, dans le respect de votre fonction ministérielle, respect qui finira bien un jour par être réciproque, et que in fine, mes « plusieurs financements sur projets » que vous « connaissez par cœur » continueront à soutenir nos efforts intenses contre le SARS-CoV-2 et le COVID19.

    Références et notes

    1J’ai établi un résumé de ces demandes, à la demande de l’ANR, du CNRS, et de plusieurs journalistes. Pour la dernière demande (la même faite depuis 2016), devenue subitement intéressante après le déclenchement de la pandémie COVID19, voici la première phrase de l’avis général de chacun des trois évaluateurs internationaux :Reviewer n°1 : « The project is a must fund project. The highly multi-disciplinary research project very nicely combines cutting edge techniques ». Reviewer n°2 : « This is an excellent proposal that is recommended to be considered for funding with highest priority ». Reviewer n°3 : « This is a very interesting research proposal. The project is highly relevant for two reasons. First the obvious pandemic outbreak and second the role of epi-transcriptomics and RNA biology in health and disease. »

    2Le Monde, 29 février 2020

    3La France dispose de 3 Cryo-Electro-Microscopes à haute résolution (type Titan Krios) nécessaires pour les études sur les virus et les conceptions de vaccins et médicaments. L’Angleterre et l’Allemagne (que l’on peut considérer être en première division, j’en passe au sujet de la Chine ou des USA) en avaient 22 et 25, en 2018, respectivement. Le plan « France Cryo-EM EquipeX » prévoit d’en acquérir 3 de plus, mais beaucoup de régions (Paris-Sud, Paris-Centre, Lyon, Marseille, Toulouse, Bordeaux, Rennes, Montpellier ont dû abandonner tout projet de ce type de microscope pour se rabattre sur des microscopes moins puissants, et mutualisés pour que l’ensemble des chercheur·ses d’une régions puisse travailler.

    4L’ARN polymérase, moteur de la réplication du SARS-CoV-2, devient active lorsque qu’elle est associée à deux autres protéines virales, ce qui ouvre la voie à son étude structurale et fonctionnelle. Subissi L, et al. Proc Natl Acad Sci U S A. 2014 Sep 16 ;111(37):E3900-9.

    5Cette mesure fiscale (art. L244 Quater B du CGI) permet de financer des activités de Recherche et Développement (R&D), sous forme de remboursement ou de réduction d’impôt sur les sociétés. Malgré la possibilité évidente d’évasion fiscale, elle n’a jamais été évaluée de manière transparente.

    6La demande de CIR se fait par le formulaire cerfa 2069-A-SD disponible ici On notera : 1) la simplicité de la description demandée du programme de R&D, à comparer avec l’extrême détail qui est demandé aux chercheur·ses pour leur demande de projet ANR ; 2) l’absence du descriptif du processus de revue ou d’évaluation de ces demandes. Je me porte candidat avec enthousiasme pour évaluer ces dossiers de demande CIR dans le domaine des virus émergents ; 3) l’absence de données publiques sur le taux de réussite de ces demandes.

    7L’ensemble de l’équipe et de ses membres est consultable là.

    Remerciements : Je remercie Thomas Boulin, Samuel Hayat et Sophie Pochic pour la relecture critique et les suggestions.

    https://universiteouverte.org/2020/09/19/la-virologie-est-un-sport-de-combat

    #Frédérique_Vidal #MESRI

  • Jamais sans mon jaune
    https://infokiosques.net/spip.php?article1768

    Un récit du soulèvement des Gilets jaunes, de ses débuts en novembre 2018 jusqu’à la fin de l’année 2019. « Les mémoires de luttes se perdent vite, si bien que quelques mois après leur commencement il est parfois difficile de se souvenir précisément de la succession des événements et de l’évolution si rapide et pourtant si vite intégrée du champ politique ouvert d’une société, des pratiques de sa police et de son gouvernement. Il est pourtant nécessaire de les restituer pour ceux qui ne les ont pas vécues, rediscuter de ce qui quelquefois diverge déjà dans nos mémoires et appréciations, et espérer pouvoir en tirer les fils d’un bilan critique. » Sommaire : Une histoire vécue des Gilets Jaunes Les racines L’étincelle - L’explosion des actes - Le lent decrescendo - L’été des Gilets Jaunes - Automne 2019 Un (...)

    #J #Infokiosque_fantôme_partout_ #Insurrections,_révoltes,_émeutes #Mouvements_sociaux
    http://circulaires.legifrance.gouv.fr/index.php?action=afficherCirculaire&hit=1&r=44133
    https://iaata.info/De-quoi-l-association-de-malfaiteurs-est-elle-la-clef-3722.html
    https://www.revolutionpermanente.fr/Commercy-grand-succes-pour-la-premiere-assemblee-des-assemblees
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/Jamais_sans_mon_jaune-cahier.pdf
    https://infokiosques.net/IMG/pdf/Jamais_sans_mon_jaune-pageparpage.pdf

  • Kein Ausverkauf von Schüler*innendaten an Microsoft ! : DIE LINKE. LV Baden-Württemberg
    https://www.die-linke-bw.de/nc/partei/berichte/berichte/news/kein-ausverkauf-an-microsoft


    Le gouvernement du Land de Bade-Wurtemberg a décidé de mettre toutes les écoles à disposition de Microsoft qui aura l’occasion d’y habituer les écoliers à l’utilisation de ses logiciels. L’utilisation du système Windows 365 sera obligatoire pour tous. Sans doute le Land donnera de l’argent en plus au monopole international. Die Linke vient de publier une résolution contre cette décision.

    Beschluss des Landesvorstands DIE LINKE Baden-Württemberg 13.9.2020

    Die baden-württembergische Kultusministerin will Microsoft exklusiven Zugang zu dem millionenschweren Markt der so genannten Schulclouds verschaffen. Eine Ausschreibung wurde speziell auf das Microsoft-Produkt „Teams“ zugeschnitten und erst nach Protest von Datenschützer*innen leicht modifiziert.

    Datenschützer*innen, Eltern und Lehrer*innenverbände kritisieren, dass der US-Anbieter als amerikanisches Unternehmen verpflichtet ist, der US-Regierung auf Verlangen Daten herauszugeben, auch wenn die Server in Europa stehen. Außerdem ist Microsoft gegenüber deutschen Datenschützer*innen nicht auskunftspflichtig, da es seinen Sitz in Irland hat.

    Über eine Schulcloud läuft die gesamte Kommunikation in Schulen. Dort werden Daten über Schüler*innen gespeichert. Der Anbieter erhält damit die Möglichkeit, genau zu überwachen, wann welcher der 1,1 Millionen Schüler*innen von wo auf welche Anwendung zugreift. So können umfangreiche Profile von Schüler*innen und Lehrer*innen erstellt werden. DIE LINKE fordert, dass die Wahrung der Schüleridentität eine hoheitliche Aufgabe in staatlicher Hand bleiben muss. Die Netzidentitäten der Schüler*innen dürfen nicht in die Hand eines privaten Konzerns gegeben werden.

    Die Datenschutzproblematik ist allerorten bekannt. Andere Bundesländer nutzen deswegen Clouds von europäischen Mittelstandsanbietern. Es darf nicht sein, dass einem US-Konzern der rote Teppich zu einer Monopolstellung an Baden-Württembergs Schulen und zu den Daten unserer Schüler*innen und Lehrer*innen ausgerollt wird.

    Unter dem Druck der Wirtschaft, es müsse – Hauptsache schnell – digitalisiert werden, darf die Politik ihren Gestaltungsauftrag für das öffentliche Schulwesen nicht an das Silicon-Valley abgeben.

    DIE LINKE fordert deswegen einen runden Tisch von Lehrer*innen, Schulleitungen, Gewerkschaften, Elternvertreter*innen und Politik, der ein pädagogisch sinnvolles digitales Konzept für Schulen mit sicherem Datenschutz erarbeitet.
    DIE LINKE fordert: Kein Ausverkauf von Schüler*innendaten an Microsoft!
    DIE LINKE fordert: Zugang zu einem digitalen Gerät, ausreichendem Datenvolumen und kostenlosem Breitband-Internet für jede*n Schüler*in.DIE LINKE fordert mehr Lehrer*innenfortbildungen für digitale Medien durch das Land.
    DIE LINKE fordert unabhängige Bildungsforschung über den Einsatz digitaler Medien.
    DIE LINKE fordert, die digitalen Fußabdrücke der Schüler*innen möglichst klein zu halten.
    DIE LINKE favorisiert Open-Source Angebote, die es Schüler*innen ermöglichen informationelle Selbstbestimmung zu erlernen, statt kommerzieller Lösungen für Kommunikations- und Lernsoftware von denen internationale Großkonzerne profitieren.

    #Allemagne #informatique #politique

  • La politique d’Emmanuel #Macron a fait « nettement » augmenter les #inégalités

    Selon l’Insee, la diminution des #allocations_logement et la réforme de la #fiscalité du capital ont creusé les #écarts de niveaux de vie en 2018

    On s’en doutait, l’Insee vient de le confirmer : la #politique_fiscale d’Emmanuel Macron a creusé les inégalités. Deux études, qui viennent d’être publiées, en attestent.

    Comme chaque année à cette période, la première fait le point sur l’évolution des principaux indicateurs d’inégalités (niveaux de vie, indice de Gini, pauvreté, etc.). Ce rendez-vous statistique annuel était particulièrement attendu cette fois-ci, car il concerne l’année 2018 et permet donc d’appréhender les effets des premières #réformes mises en œuvre par #Emmanuel_Macron. Le titre de cette publication est d’ailleurs explicite : « En 2018, les inégalités de niveaux de vie augmentent ». Elles s’accroissent même « nettement » apprend-on un peu plus loin dans la publication. Fermez le ban !

    La deuxième étude, publiée mardi 8 septembre, se penche plus précisément sur l’impact des réformes de 2018 de la #fiscalité_du_capital. C’est-à-dire la suppression de l’#impôt_de_solidarité_sur_la_fortune (#ISF) et son remplacement par un #impôt_sur_la_fortune_immobilière (#IFI), ainsi que la mise en place d’une #flat_tax sur les #revenus_du_capital, également appelée #prélèvement_forfaitaire_unique de 30%, ou #PFU. Là aussi, le constat, fondé toutefois sur une modélisation et non sur des constats statistiques, est sans appel : les grands gagnants sont les 5% des Français les plus riches, qui voient leur niveau de vie annuel augmenter de plus de 1000 euros.

    Des pauvres plus pauvres

    Des riches plus riches et des pauvres plus pauvres : voilà malheureusement un bon résumé de l’évolution des niveaux de vie, tel que mesuré par l’Insee. Si l’on regarde le milieu de la distribution, il n’y a pas grand-chose à signaler. Le niveau de vie médian, celui qui partage la population en deux (une moitié vit mieux, l’autre moins bien) est de 1771 euros par mois et par personne en 2018, en progression de 0,3 % par rapport à l’année précédente. Ce faisant, « il poursuit sa lente progression depuis cinq ans ». En 10 ans, il a gagné 1 %. Cette relative stagnation est à mettre sur le compte de la crise de 2008. Avant que le système des subprime ne s’effondre, le niveau de vie médian en France augmentait à un rythme nettement plus vigoureux (+1,4 % par an en moyenne entre 1996 et 2008).

    https://www.alternatives-economiques.fr/politique-demmanuel-macron-a-nettement-augmenter-inegalite/00093802
    #macronisme #néolibérisme #richesse #pauvreté #pauvres #riches #niveau_de_vie #statistiques #chiffres
    #paywall

    • Le résultat des politiques de Macro était connu avant même qu’il ne commence à les appliquer... Publié en 2018 :

      Arnaud Parienty, LE MYTHE DE LA « THÉORIE DU RUISSELLEMENT » | Cairn.info
      https://www.cairn.info/revue-projet-2019-1-page-92.htm#

      Le débat sur le ruissellement est piégé car il porte sur « des idées ambiguës résumées dans un terme que tout le monde récuse ». Ce livre, bien construit et d’une grande limpidité, y apporte beaucoup de clarté, donnant à réfléchir au rôle de l’épargne, de l’impôt et de la fiscalité dans l’économie. Son auteur, professeur agrégé de sciences économiques et sociales, prend au sérieux la « théorie du ruissellement ». Celle-ci mérite bien des guillemets : le terme, venu des États-Unis (trickle-down effect), est avant tout polémique et ce dès son origine. Et tout le monde s’en démarque, à commencer par ceux qui en appliquent les principes ! Elle a fortement ressurgi depuis 2017, à la suite de l’élection d’Emmanuel Macron et de celle de Donald Trump. Il en existe plusieurs versions, la version forte étant celle de la « courbe de Laffer », du nom d’un économiste américain. En résumé : si on donne de l’argent aux riches à travers des réductions d’impôts, ils vont investir, cela va créer de la croissance, et ce sera bon pour tout le monde (y compris pour les pauvres). Bien plus, la croissance permettra de combler le manque à gagner pour l’État. Arnaud Parienty démontre que ceci n’a jamais été avéré, mais que, dans l’ensemble, cela se traduit par une augmentation des inégalités... Inégalités qui freinent la croissance.

  • La question cruciale de l’économie mondialisée

    Les #multinationales suisses doivent-elles répondre des dommages qu’elles causent aux êtres humains et à l’environnement dans d’autres parties du monde ? C’est ce qu’exige l’#initiative_pour_des_multinationales_responsables déposée en 2016. Après des années de débats au Parlement, le peuple suisse aura le dernier mot dans les urnes le #29_novembre_2020.

    En Zambie, les habitants vivant près d’une mine de cuivre souffrent de maladies respiratoires en raison des nuages de soufre. En Australie, dans la ville minière de Mount Isa, un enfant sur quatre présente une concentration excessive de plomb dans le sang. Ces deux exemples mettent en cause les rejets nocifs d’entreprises appartenant majoritairement à Glencore, groupe suisse de matières premières. Dans le cas de la mine de cuivre de Zambie, les valeurs limites de l’Organisation mondiale de la Santé ont parfois été largement dépassées. Entre-temps, les exploitants ont arrêté l’ancien four de fusion. De manière générale, Glencore souligne avoir déjà fait beaucoup pour réduire sa pollution. En Australie, le groupe a même financé des spots télévisés montrant aux ménages par quelles méthodes de nettoyage se débarrasser de la poussière contaminée. Les observateurs critiques relèvent qu’on ne s’attaque ainsi qu’aux symptômes.

    D’autres groupes suisses de matières premières sont régulièrement critiqués pour leurs pratiques. Ainsi, il n’est pas exclu que l’or brut raffiné par des entreprises suisses provienne de mines douteuses, où règnent des conditions de travail contraires aux droits humains (cf. « Revue » 3/2019).

    Par l’initiative « #Entreprises_responsables – pour protéger l’être humain et l’environnement » (en abrégé : initiative pour des multinationales responsables), une coalition de 120 œuvres de bienfaisance, églises, syndicats, organisations de défense de l’environnement et des droits humains entendent obliger les multinationales à faire davantage face à leurs responsabilités. 1500 entreprises sont concernées.

    Les multinationales seraient ainsi non seulement tenues à un devoir de diligence, mais devraient aussi répondre des dommages qu’elles – ou les entreprises qu’elles contrôlent – causent en violant des droits humains ou des normes environnementales. Concrètement, les personnes lésées pourraient demander réparation auprès d’une juridiction civile suisse. Pour échapper à sa responsabilité, l’entreprise visée devrait prouver qu’elle a tout fait pour remplir ses devoirs de diligence.

    Âpre lutte au Parlement

    L’initiative effraie les milieux économiques, qui y voient une menace pour leurs activités internationales et la liberté entrepreneuriale. D’après les sondages, la population y semble au contraire très favorable. Une âpre lutte s’est jouée au Parlement fédéral autour d’un projet de compromis. Le Conseil national voulait aller dans le sens des initiants et inscrire de nouvelles règles de responsabilité pour les entreprises dans le droit des sociétés anonymes.

    Le Conseil des États, dont la majorité considère cette régulation comme inutile et dommageable pour l’économie, s’y est cependant opposé. Finalement, les deux Chambres se sont mises d’accord sur un contre-projet indirect édulcoré. Celui-ci prévoit que les entreprises ne seront tenues que d’indiquer comment elles remplissent leurs obligations de diligence dans leur rapport d’activité. Cette réglementation est comparable à l’obligation de faire rapport de l’Union européenne (voir encadré) et entrerait automatiquement en vigueur en cas de rejet de l’initiative.
    « Un contre-projet alibi »

    Dick Marty, coprésident de l’initiative, parle d’un « contre-projet alibi inefficace ». L’ancien procureur tessinois et conseiller aux États PLR relève : « Nous savons tous et toutes que ce sont justement les grandes multinationales les moins scrupuleuses qui aiment le plus publier des brochures sur papier glacé. » L’ancien rapporteur spécial du Conseil de l’Europe souligne que « les multinationales ne feront des affaires correctement que lorsque les violations des droits humains porteront à conséquence ».

    Pour ses opposants des cercles économiques et des partis bourgeois, l’initiative va beaucoup trop loin. Ainsi, la conseillère aux États lucernoise PDC Andrea Gmür s’offusque en particulier du « renversement du fardeau de la preuve ». Le fait qu’en cas d’action en responsabilité, les entreprises doivent prouver leur innocence est, selon elle, contraire aux principes de l’état de droit et provoquerait des « chantages au procès organisés de l’étranger ». Il ne faut pas « jeter une suspicion généralisée sur les entreprises », affirme la politicienne qui siège à la direction de l’IHZ, chambre industrielle et commerciale de Suisse centrale.
    Automne brûlant

    La campagne politique prendra certainement de l’ampleur début octobre, après la votation géante du 27 septembre (cf. « Revue » 4/2020). Outre celui du PS et des Verts, les initiants peuvent compter sur le soutien d’un comité citoyen regroupant des membres de tous les partis. Avec la création de comités locaux dans des villages et des quartiers, ils misent aussi sur l’engagement de bénévoles issus de la société civile.

    Dans le camp opposé, la puissante association faîtière Economiesuisse orchestre la campagne du non. L’objectif est de corriger l’image des multinationales prétendument sans scrupules et de montrer comment les entreprises suisses contribuent par exemple à la création d’emplois dans les pays en développement.

    https://www.revue.ch/fr/editions/2020/05/detail/news/detail/News/la-question-cruciale-de-leconomie-mondialisee

    #initiative #votation #Suisse

    • Le site web de l’initiative :

      Il existe d’innombrables cas de multinationales violant les droits humains et détruisant des écosystèmes, et ce, depuis des décennies. Les sociétés suisses ne font pas exception. Les exemples suivants montrent comment certaines multinationales suisses sont impliquées dans des cas de violations de droits humains ou d’atteintes à l’environnement, et ce que l’initiative pour des multinationales responsables changerait à cette situation.


      https://initiative-multinationales.ch

  • Le boom des logements vacants continue – Centre d’observation de la société
    http://www.observationsociete.fr/modes-de-vie/logement-modevie/le-boom-des-logements-vacants.html

    L’information ne va pas faire plaisir à tous ceux qui n’arrivent pas à trouver où se loger : le nombre de logements vacants a progressé de 1,9 à 3 millions entre 2006 et 2019 – une hausse de 55 % – selon les données du recensement de l’Insee. Leur part dans l’ensemble du parc de logements est passée de 6 à 8,4 %.

    #logement #propriété_privée

    • J’ai quitté y’a trois ans un 40m2 en me fâchant vivement avec le couple de propriétaires qui n’ont pas respecté le contrat ni les promesses qu’ils m’avaient faites. Bon, faut dire que si le plafond m’était tombé dessus c’est parce que je faisais cuire des patates sans couvercle, les chiottes qui fuyaient c’était aussi parce que je tirais trop fort au lieu de pousser, les parpaings sans isolant, bon on fera bientôt les travaux, la terrasse de 3m2 bétonnée sur la moitié de sa surface pour mieux la partager, la porte ballante sur la rue pour mieux permettre le carnage de notre appart par les cambrioleurs, un simple retard de quelques années. Et on touchait le plafond des chambres en levant la main, bref, on a réussi à partir.
      Est curieusement apparu ensuite sur la façade un grand tag « marchands de sommeil » qui a refusé d’être effacé pendant quelques mois. On n’était pas les seuls à leur en vouloir ceci dit.
      C’est sur que maintenant qu’il n’y a plus de locataires depuis trois ans (j’ai une copine qui vit à côté) ils ne peuvent plus raconter qu’ils n’ont pas de sous, ni le compte des charges, ni dénoncer quiconque à la CAF qui leur remboursait pourtant avec mon aide une part conséquente du crédit de leur maison principale type « Mon Oncle de Tati ».
      Bon, ok, je les déteste ces enflures de petits capitalistes de merde qui spéculent sur des taudis, mais pire que tout c’est bien la politique du #logement en france qui est pourrie.

    • @touti Il nous a fallu un recommandé AR pour que le nôtre se résigne à faire venir le plombier pour «  expertise  »  : l’eau giclait du mur depuis une semaine, on avait les pieds dans l’eau. Le plombier a pété le mur et révélé qu’une ancienne soudure avait lâché à l’intérieur du mur. Le proprio, les yeux exorbités  : «  c’est parce qu’ils ferment le robinet trop fort  !  ».

      Le plombier l’a envoyé chercher un truc dehors, puis nous a dit qu’il était choqué par la situation, qu’il n’avait jamais vu quelqu’un se permettre d’aussi mal se comporter et qu’il était de notre côté.

      C’était un pote au proprio, lequel a la réputation d’être gentil et serviable. Sauf que la relation proprio-locataire est une relation de domination et que le type défoule sur nous tout ce qui lui est refusé par la socialisation normale (où il est majoritairement considéré comme gentil, mais un peu limité, donc plutôt très dominé, d’où ses excès de flagornerie et serviabilité).

  • Facebook accusé d’avoir espionné les utilisateurs d’Instagram via la caméra de leur smartphone
    https://www.cnews.fr/vie-numerique/2020-09-18/facebook-accuse-davoir-espionne-les-utilisateurs-dinstagram-la-camera-de

    Une nouvelle affaire liée aux données personnelles pour Facebook. La société américaine est poursuivie pour avoir prétendument espionné des utilisateurs d’Instagram en se servant de la caméra de leurs iPhones. En juillet dernier, des internautes avaient remarqué que, lorsqu’ils scrollaient leur fil Instagram, apparaissait sur leur écran le symbole vert de FaceTime, indiquant que leur caméra était allumée. A l’époque, Facebook avait affirmé qu’il s’agissait simplement d’un bug de l’application, responsable (...)

    #Facebook #Instagram #smartphone #biométrie #procès #vidéo-surveillance #écoutes (...)

    ##surveillance

  • Une Histoire du logiciel libre - Polémix et la voix off
    https://polemixetlavoixoff.com/emission-une-histoire-du-logiciel-libre

    Alors comme ça, Big Brother veut nous coller de la 5G partout ?

    Une Histoire du logiciel libre. Une heure avec Philippe Rivière, spécialiste d’internet et journaliste au Monde Diplomatique.

    Où l’on verra le rapport que l’on peut faire entre le chanteur et militant politique Woody Guthrie … et internet…

    Première diffusion : Novembre 2012.

    http://polemix.dooz.org/HistoireDuLogicielLibre.mp3

    #internet #libre #communs #logiciel #informatique #libertés #audio

  • Game changer: #NASA data tool could revolutionize Amazon fire analysis
    https://news.mongabay.com/2020/09/game-changer-nasa-data-tool-could-revolutionize-amazon-fire-analysis

    he Amazon has already seen more forest fires this year than in all of 2019, according to satellite data made available in August 2020 by a new NASA fire analysis tool.
    While there are several good fire monitoring satellite systems currently at work above the Amazon, NASA’s new automated system provides near real time monitoring which could allow firefighting teams on the ground to pinpoint fires in remote areas and to take action to put fires out before they spread.
    The new system also differentiates between fires in newly deforested areas, understory forest fires, grassland fires and those set by smallholders to annually clear fields. This differentiation allows authorities to zero in on large scale criminal arson committed by land grabbers, while also preventing the criminalization of subsistence farmers.
    New information provided by the innovative NASA monitoring tool can count fire carbon emissions and the location and size of burnt areas, all of which could further research on global climate change, mitigation, and biodiversity impacts.

    #incendie #feu_de_forêt #détection #nasa #image_satellite #Amazonie #cartographie

  • Brazil Indigenous group celebrates 6 months without COVID-19
    https://apnews.com/0d03018fbfbc9a0e4acfb354b2a9c699

    The Tembé are the western branch of the Tenetehara ethnicity, located in the Alto Rio Guama Indigenous territory on the western edge of Para state. The virus has infiltrated the lands of dozens of Indigenous groups after they came to nearby cities to trade, buy staples and collect emergency welfare payments from the government.The hundreds of Tembé people of the Cajueiro, Tekohaw and Canindé villages locked their gate and allowed people out only in case of emergency, while restricting entry to agents from the federal Indigenous health care provider, SESAI. Now, after the number of daily COVID-19 cases and deaths in Para has finally plunged, the Tembé have begun believing they will emerge from the pandemic unscathed.
    “We didn’t go to the city, we didn’t go to other villages. We remained in quarantine. We got through, we are still getting through,” said Sérgio Muxi Tembé, the leader of the Tekohow village. “We are doing a small commemoration because of that, and it’s because of that we are happy that today we do not have any cases.”

    #Covid-19#migrant#migration#bresil#sante#indigene#minorite#isolement#migrationinterne

  • Migrants : le règlement de Dublin va être supprimé

    La Commission européenne doit présenter le 23 septembre sa proposition de réforme de sa politique migratoire, très attendue et plusieurs fois repoussée.

    Cinq ans après le début de la crise migratoire, l’Union européenne veut changer de stratégie. La Commission européenne veut “abolir” le règlement de Dublin qui fracture les Etats-membres et qui confie la responsabilité du traitement des demandes d’asile au pays de première entrée des migrants dans l’UE, a annoncé ce mercredi 16 septembre la cheffe de l’exécutif européen Ursula von der Leyen dans son discours sur l’Etat de l’Union.

    La Commission doit présenter le 23 septembre sa proposition de réforme de la politique migratoire européenne, très attendue et plusieurs fois repoussée, alors que le débat sur le manque de solidarité entre pays Européens a été relancé par l’incendie du camp de Moria sur lîle grecque de Lesbos.

    “Au coeur (de la réforme) il y a un engagement pour un système plus européen”, a déclaré Ursula von der Leyen devant le Parlement européen. “Je peux annoncer que nous allons abolir le règlement de Dublin et le remplacer par un nouveau système européen de gouvernance de la migration”, a-t-elle poursuivi.
    Nouveau mécanisme de solidarité

    “Il y aura des structures communes pour l’asile et le retour. Et il y aura un nouveau mécanisme fort de solidarité”, a-t-elle dit, alors que les pays qui sont en première ligne d’arrivée des migrants (Grèce, Malte, Italie notamment) se plaignent de devoir faire face à une charge disproportionnée.

    La proposition de réforme de la Commission devra encore être acceptée par les Etats. Ce qui n’est pas gagné d’avance. Cinq ans après la crise migratoire de 2015, la question de l’accueil des migrants est un sujet qui reste source de profondes divisions en Europe, certains pays de l’Est refusant d’accueillir des demandeurs d’asile.

    Sous la pression, le système d’asile européen organisé par le règlement de Dublin a explosé après avoir pesé lourdement sur la Grèce ou l’Italie.

    Le nouveau plan pourrait notamment prévoir davantage de sélection des demandeurs d’asile aux frontières extérieures et un retour des déboutés dans leur pays assuré par Frontex. Egalement à l’étude pour les Etats volontaires : un mécanisme de relocalisation des migrants sauvés en Méditerranée, parfois contraints d’errer en mer pendant des semaines en attente d’un pays d’accueil.

    Ce plan ne résoudrait toutefois pas toutes les failles. Pour le patron de l’Office français de l’immigration et de l’intégration, Didier Leschi, “il ne peut pas y avoir de politique européenne commune sans critères communs pour accepter les demandes d’asile.”

    https://www.huffingtonpost.fr/entry/migrants-le-reglement-de-dublin-tres-controverse-va-etre-supprime_fr_

    #migrations #asile #réfugiés #Dublin #règlement_dublin #fin #fin_de_Dublin #suppression

    ping @reka @karine4 @_kg_ @isskein

    • Immigration : le règlement de Dublin, l’impossible #réforme ?

      En voulant abroger le règlement de Dublin, qui impose la responsabilité des demandeurs d’asile au premier pays d’entrée dans l’Union européenne, Bruxelles reconnaît des dysfonctionnements dans l’accueil des migrants. Mais les Vingt-Sept, plus que jamais divisés sur cette question, sont-ils prêts à une refonte du texte ? Éléments de réponses.

      Ursula Von der Leyen en a fait une des priorités de son mandat : réformer le règlement de Dublin, qui impose au premier pays de l’UE dans lequel le migrant est arrivé de traiter sa demande d’asile. « Je peux annoncer que nous allons [l’]abolir et le remplacer par un nouveau système européen de gouvernance de la migration », a déclaré la présidente de la Commission européenne mercredi 16 septembre, devant le Parlement.

      Les États dotés de frontières extérieures comme la Grèce, l’Italie ou Malte se sont réjouis de cette annonce. Ils s’estiment lésés par ce règlement en raison de leur situation géographique qui les place en première ligne.

      La présidente de la Commission européenne doit présenter, le 23 septembre, une nouvelle version de la politique migratoire, jusqu’ici maintes fois repoussée. « Il y aura des structures communes pour l’asile et le retour. Et il y aura un nouveau mécanisme fort de solidarité », a-t-elle poursuivi. Un terme fort à l’heure où l’incendie du camp de Moria sur l’île grecque de Lesbos, plus de 8 000 adultes et 4 000 enfants à la rue, a révélé le manque d’entraide entre pays européens.

      Pour mieux comprendre l’enjeu de cette nouvelle réforme européenne de la politique migratoire, France 24 décrypte le règlement de Dublin qui divise tant les Vingt-Sept, en particulier depuis la crise migratoire de 2015.

      Pourquoi le règlement de Dublin dysfonctionne ?

      Les failles ont toujours existé mais ont été révélées par la crise migratoire de 2015, estiment les experts de politique migratoire. Ce texte signé en 2013 et qu’on appelle « Dublin III » repose sur un accord entre les membres de l’Union européenne ainsi que la Suisse, l’Islande, la Norvège et le Liechtenstein. Il prévoit que l’examen de la demande d’asile d’un exilé incombe au premier pays d’entrée en Europe. Si un migrant passé par l’Italie arrive par exemple en France, les autorités françaises ne sont, en théorie, pas tenu d’enregistrer la demande du Dubliné.
      © Union européenne | Les pays signataires du règlement de Dublin.

      Face à l’afflux de réfugiés ces dernières années, les pays dotés de frontières extérieures, comme la Grèce et l’Italie, se sont estimés abandonnés par le reste de l’Europe. « La charge est trop importante pour ce bloc méditerranéen », estime Matthieu Tardis, chercheur au Centre migrations et citoyennetés de l’Ifri (Institut français des relations internationales). Le texte est pensé « comme un mécanisme de responsabilité des États et non de solidarité », estime-t-il.

      Sa mise en application est aussi difficile à mettre en place. La France et l’Allemagne, qui concentrent la majorité des demandes d’asile depuis le début des années 2000, peinent à renvoyer les Dublinés. Dans l’Hexagone, seulement 11,5 % ont été transférés dans le pays d’entrée. Outre-Rhin, le taux ne dépasse pas les 15 %. Conséquence : nombre d’entre eux restent « bloqués » dans les camps de migrants à Calais ou dans le nord de Paris.

      Le délai d’attente pour les demandeurs d’asile est aussi jugé trop long. Un réfugié passé par l’Italie, qui vient déposer une demande d’asile en France, peut attendre jusqu’à 18 mois avant d’avoir un retour. « Durant cette période, il se retrouve dans une situation d’incertitude très dommageable pour lui mais aussi pour l’Union européenne. C’est un système perdant-perdant », commente Matthieu Tardis.

      Ce règlement n’est pas adapté aux demandeurs d’asile, surenchérit-on à la Cimade (Comité inter-mouvements auprès des évacués). Dans un rapport, l’organisation qualifie ce système de « machine infernale de l’asile européen ». « Il ne tient pas compte des liens familiaux ni des langues parlées par les réfugiés », précise le responsable asile de l’association, Gérard Sadik.

      Sept ans après avoir vu le jour, le règlement s’est vu porter le coup de grâce par le confinement lié aux conditions sanitaires pour lutter contre le Covid-19. « Durant cette période, aucun transfert n’a eu lieu », assure-t-on à la Cimade.

      Le mécanisme de solidarité peut-il le remplacer ?

      « Il y aura un nouveau mécanisme fort de solidarité », a promis Ursula von der Leyen, sans donné plus de précision. Sur ce point, on sait déjà que les positions divergent, voire s’opposent, entre les Vingt-Sept.

      Le bloc du nord-ouest (Allemagne, France, Autriche, Benelux) reste ancré sur le principe actuel de responsabilité, mais accepte de l’accompagner d’un mécanisme de solidarité. Sur quels critères se base la répartition du nombre de demandeurs d’asile ? Comment les sélectionner ? Aucune décision n’est encore actée. « Ils sont prêts à des compromis car ils veulent montrer que l’Union européenne peut avancer et agir sur la question migratoire », assure Matthieu Tardis.

      En revanche, le groupe dit de Visegrad (Hongrie, Pologne, République tchèque, Slovaquie), peu enclin à l’accueil, rejette catégoriquement tout principe de solidarité. « Ils se disent prêts à envoyer des moyens financiers, du personnel pour le contrôle aux frontières mais refusent de recevoir les demandeurs d’asile », détaille le chercheur de l’Ifri.

      Quant au bloc Méditerranée (Grèce, Italie, Malte , Chypre, Espagne), des questions subsistent sur la proposition du bloc nord-ouest : le mécanisme de solidarité sera-t-il activé de façon permanente ou exceptionnelle ? Quelles populations sont éligibles au droit d’asile ? Et qui est responsable du retour ? « Depuis le retrait de la Ligue du Nord de la coalition dans le gouvernement italien, le dialogue est à nouveau possible », avance Matthieu Tardis.

      Un accord semble toutefois indispensable pour montrer que l’Union européenne n’est pas totalement en faillite sur ce dossier. « Mais le bloc de Visegrad n’a pas forcément en tête cet enjeu », nuance-t-il. Seule la situation sanitaire liée au Covid-19, qui place les pays de l’Est dans une situation économique fragile, pourrait faire évoluer leur position, note le chercheur.

      Et le mécanisme par répartition ?

      Le mécanisme par répartition, dans les tuyaux depuis 2016, revient régulièrement sur la table des négociations. Son principe : la capacité d’accueil du pays dépend de ses poids démographique et économique. Elle serait de 30 % pour l’Allemagne, contre un tiers des demandes aujourd’hui, et 20 % pour la France, qui en recense 18 %. « Ce serait une option gagnante pour ces deux pays, mais pas pour le bloc du Visegrad qui s’y oppose », décrypte Gérard Sadik, le responsable asile de la Cimade.

      Cette doctrine reposerait sur un système informatisé, qui recenserait dans une seule base toutes les données des demandeurs d’asile. Mais l’usage de l’intelligence artificielle au profit de la procédure administrative ne présente pas que des avantages, aux yeux de la Cimade : « L’algorithme ne sera pas en mesure de tenir compte des liens familiaux des demandeurs d’asile », juge Gérard Sadik.

      Quelles chances pour une refonte ?

      L’Union européenne a déjà tenté plusieurs fois de réformer ce serpent de mer. Un texte dit « Dublin IV » était déjà dans les tuyaux depuis 2016, en proposant par exemple que la responsabilité du premier État d’accueil soit définitive, mais il a été enterré face aux dissensions internes.

      Reste à savoir quel est le contenu exact de la nouvelle version qui sera présentée le 23 septembre par Ursula Van der Leyen. À la Cimade, on craint un durcissement de la politique migratoire, et notamment un renforcement du contrôle aux frontières.

      Quoi qu’il en soit, les négociations s’annoncent « compliquées et difficiles » car « les intérêts des pays membres ne sont pas les mêmes », a rappelé le ministre grec adjoint des Migrations, Giorgos Koumoutsakos, jeudi 17 septembre. Et surtout, la nouvelle mouture devra obtenir l’accord du Parlement, mais aussi celui des États. La refonte est encore loin.

      https://www.infomigrants.net/fr/post/27376/immigration-le-reglement-de-dublin-l-impossible-reforme

      #gouvernance #Ursula_Von_der_Leyen #mécanisme_de_solidarité #responsabilité #groupe_de_Visegrad #solidarité #répartition #mécanisme_par_répartition #capacité_d'accueil #intelligence_artificielle #algorithme #Dublin_IV

    • Germany’s #Seehofer cautiously optimistic on EU asylum reform

      For the first time during the German Presidency, EU interior ministers exchanged views on reforms of the EU asylum system. German Interior Minister Horst Seehofer (CSU) expressed “justified confidence” that a deal can be found. EURACTIV Germany reports.

      The focus of Tuesday’s (7 July) informal video conference of interior ministers was on the expansion of police cooperation and sea rescue, which, according to Seehofer, is one of the “Big Four” topics of the German Council Presidency, integrated into a reform of the #Common_European_Asylum_System (#CEAS).

      Following the meeting, the EU Commissioner for Home Affairs, Ylva Johansson, spoke of an “excellent start to the Presidency,” and Seehofer also praised the “constructive discussions.” In the field of asylum policy, she said that it had become clear that all member states were “highly interested in positive solutions.”

      The interior ministers were unanimous in their desire to further strengthen police cooperation and expand both the mandates and the financial resources of Europol and Frontex.

      Regarding the question of the distribution of refugees, Seehofer said that he had “heard statements that [he] had not heard in years prior.” He said that almost all member states were “prepared to show solidarity in different ways.”

      While about a dozen member states would like to participate in the distribution of those rescued from distress at the EU’s external borders in the event of a “disproportionate burden” on the states, other states signalled that they wanted to make control vessels, financial means or personnel available to prevent smuggling activities and stem migration across the Mediterranean.

      Seehofer’s final act

      It will probably be Seehofer’s last attempt to initiate CEAS reform. He announced in May that he would withdraw completely from politics after the end of the legislative period in autumn 2021.

      Now it seems that he considers CEAS reform as his last great mission, Seehofer said that he intends to address the migration issue from late summer onwards “with all I have at my disposal.” adding that Tuesday’s (7 July) talks had “once again kindled a real fire” in him. To this end, he plans to leave the official business of the Interior Ministry “in day-to-day matters” largely to the State Secretaries.

      Seehofer’s shift of priorities to the European stage comes at a time when he is being sharply criticised in Germany.

      While his initial handling of a controversial newspaper column about the police published in Berlin’s tageszeitung prompted criticism, Seehofer now faces accusations of concealing structural racism in the police. Seehofer had announced over the weekend that, contrary to the recommendation of the European Commission against Racism and Intolerance (ECRI), he would not commission a study on racial profiling in the police force after all.

      Seehofer: “One step is not enough”

      In recent months, Seehofer has made several attempts to set up a distribution mechanism for rescued persons in distress. On several occasions he accused the Commission of letting member states down by not solving the asylum question.

      “I have the ambition to make a great leap. One step would be too little in our presidency,” said Seehofer during Tuesday’s press conference. However, much depends on when the Commission will present its long-awaited migration pact, as its proposals are intended to serve as a basis for negotiations on CEAS reform.

      As Johansson said on Tuesday, this is planned for September. Seehofer thus only has just under four months to get the first Council conclusions through. “There will not be enough time for legislation,” he said.

      Until a permanent solution is found, ad hoc solutions will continue. A “sustainable solution” should include better cooperation with the countries of origin and transit, as the member states agreed on Tuesday.

      To this end, “agreements on the repatriation of refugees” are now to be reached with North African countries. A first step towards this will be taken next Monday (13 July), at a joint conference with North African leaders.

      https://www.euractiv.com/section/justice-home-affairs/news/germany-eyes-breakthrough-in-eu-migration-dispute-this-year

      #Europol #Frontex

  • Christopher Wylie : interview du lanceur d’alerte de Cambridge Analytica
    https://www.ladn.eu/tech-a-suivre/data-big-et-smart/christopher-wylie-cambridge-analytica-menaces-democraties

    Une parole publique confisquée

    Hyper-segmentation, profilage psychologique, exploitation des biais cognitifs des individus pour activer les recoins les plus sombres de la psyché. Les techniques imaginées et mises en œuvre par Cambridge Analytica continuent d’être appliquées, autant par des entreprises que des gouvernements. Pour Christopher Wylie, elles ont très largement contribué à fragmenter durablement les groupes sociaux. « Ces méthodes sont essentiellement de la ségrégation. Les individus deviennent incapables d’éprouver le sentiment de cohésion, d’identité commune partagée qui est le propre de toute nation », prévient-il. À moins de cinquante jours de la prochaine élection présidentielle américaine, et alors que d’autres élections majeures se déroulent en Bolivie, au Chili ou au Burkina Faso cet automne, le lanceur d’alerte estime que les menaces qui pèsent sur les démocraties sont importantes.

    Plus encore, cette affaire a permis de révéler le phénomène très inquiétant de la privatisation du discours politique et de la parole publique. Lorsqu’une entreprise est capable de s’immiscer dans la vie quotidienne des gens, en agrégeant des centaines de kilos octets de données à leur sujet, et qu’elle est aussi en mesure de les écouter en temps réel via la somme d’objets connectés qui compose désormais notre environnement quotidien, alors le débat public perd de sa vigueur pour ne devenir qu’une somme de conversations privées. « La parole et le débat public sont des piliers des démocraties », rappelle le lanceur d’alerte. Mais on le voit aujourd’hui : la majorité des discussions qui ont trait à des sujets publics, comme la gestion de la pandémie, se tiennent sur des plateformes privées comme Facebook. « A-t-on vraiment envie de confier la gestion de la parole publique à un milliardaire de la Silicon Valley ? A-t-on vraiment envie de faire de Mark Zuckerberg le seul arbitre de nos prises de décision politiques, et donc in fine de notre processus électoral ? La fonction publique est trop importante pour qu’on la confie à une entreprise privée. »

    Ethique : aucun standard pour les ingénieurs

    Pour résoudre l’équation qui consiste à encadrer les GAFAM, sans renoncer pour autant aux produits et services qu’ils proposent, Christopher Wylie propose de renverser la perspective. Plutôt que de s’attaquer à la structure, il propose de repartir des produits, et de ceux qui les conçoivent. « Les produits Facebook sont conçus par des ingénieurs, des designers-produit, des data scientist. Or, à l’inverse de leurs collègues d’autres secteurs, comme l’aéronautique ou la construction, ces derniers n’ont aucun cadre éthique auquel se référer. La construction d’un avion ou d’un bâtiment repose sur des cahiers des charges précis, il doit en être de même pour les produits des plateformes digitales ».

    Qu’est-ce qu’un code sûr et respectueux des utilisateurs ? Quels sont les standards minimums de sécurité ? Quel encadrement éthique pour les architectes de ces plateformes ? Autant de questions qui ne trouvent pas de traduction dans les chartes d’entreprise des géants du numérique. « Si un ou une employé·e se rend compte que son employeur lui demande de construire un produit qui n’est pas conforme aux standards éthiques, son droit d’opposition doit être sanctuarisé », rajoute le lanceur d’alerte, qui a lui-même du ferrailler contre Cambridge Analytica dans les premiers moments de son parcours de lanceur d’alerte. « Les décideurs et les ingénieurs des grandes entreprises du numérique étant majoritairement blancs et privilégiés, il est indispensable d’avoir des équipes les plus diverses possible pour réfléchir à ce cadre éthique. L’inclusivité permet d’envisager les risques et les failles sous des perspectives plus riches et complémentaires ».

    #Cambridge_analytica #Christopher_Wylie #Industrie_influence #Facebook

  • Inhibiteurs de la pompe à protons : risque plus grand de covid-19 grave
    https://prescrire.org/fr/203/1845/60070/0/PositionDetails.aspx

    En 2020, une équipe sud-coréenne a étudié le lien entre l’exposition à un #inhibiteur_de_la_pompe_à_protons (#IPP) et la gravité de la maladie #covid-19 dans une cohorte de patients adultes testés positifs au #Sars-CoV-2 (> ICI).

    132 316 patients âgés en moyenne de 48 ans et ayant eu un test PCR pour le Sars-CoV-2 ont été inclus dans cette étude. Parmi eux, 14 163 patients prenaient un IPP au moment du test et 6 242 avaient arrêté un traitement par IPP plus de 30 jours avant (utilisateurs anciens). Sur l’ensemble des tests PCR réalisés, 4 785 se sont révélés positifs pour le Sars-CoV-2 (3,6 %).

    L’utilisation d’un IPP, en cours ou ancienne, n’a pas été associée à une proportion plus élevée de tests PCR positifs. Cependant, le risque de covid-19 grave, défini selon un critère combiné associant oxygénothérapie, admission en service de soins intensifs, ventilation invasive et mort, a paru environ 1,5 fois plus grand chez les patients qui prenaient un IPP (risque relatif estimé de 1,63 avec un intervalle de confiance à 95 % (IC95) de 1,03 à 2,53 ), alors qu’une telle association n’a pas été observée chez les utilisateurs anciens. Ces résultats ont pris en compte divers facteurs de risque connus de gravité du covid-19 dont l’âge, le diabète, les affections cardiovasculaires, la bronchopneumopathie chronique obstructive, l’hypertension artérielle, les maladies rénales chroniques, mais pas l’indice de masse corporelle. Les patients ayant pris des antihistaminiques H2 dans l’année précédente ou des anti-inflammatoires non stéroïdiens (AINS) dans le mois précédent ont été exclus, les AINS augmentant eux-mêmes le risque d’infections.

    Un risque plus grand de diverses infections chez les patients sous IPP est déjà connu, notamment pour les pneumonies, les colites pseudomembraneuses, les listérioses et les infections de liquide d’ascite. Les mécanismes évoqués sont des effets directs sur certaines cellules du système immunitaire et la diminution de l’acidité gastrique facilitant la contamination par voie digestive.

    En pratique
    Malgré la fragilité de ces résultats , ce signal est une raison de plus de ne pas banaliser l’utilisation des IPP, surtout en période d’épidémie de covid-19, et de prendre en compte le risque infectieux dans l’évaluation de leur balance bénéfices-risques avant de les conseiller ou de les prescrire.

  • Des victimes du coronavirus déposent plainte contre Jean Castex devant la Cour de Justice de la République
    https://www.caducee.net/actualite-medicale/15154/des-victimes-du-coronavirus-deposent-plainte-contre-jean-castex-devant-la-c

    L’association Victimes Coronavirus France, réunissant plus de 200 personnes qui ont perdu leurs proches ou ont été malades du covid-19, saisit ce 17 septembre la Cour de Justice de la République pour comprendre pourquoi la France échoue là où d’autres pays européens, à commencer par l’Italie, ont réussi à maîtriser la situation. Source : Caducée.net

  • Faire respecter le droit du travail dans le monde agricole devient de plus en plus dangereux | Sophie Chapelle
    https://www.bastamag.net/Faire-respecter-le-droit-du-travail-violences-zone-rurale-secteur-agricole

    « De plus en plus, nos agriculteurs sont visés par des intimidations, des dégradations, des insultes », s’était ému Christophe Castaner, alors ministre de l’Intérieur, en décembre dernier. Mais ni l’administration, ni la justice ne s’émeuvent des menaces et des violences quand elles ciblent les agents de l’inspection du travail venus vérifier si les droits sont respectés sur une exploitation. Enquête en Bretagne. Source : Basta !

  • Minorities much more likely than white people to test positive for Covid – study | World news | The Guardian
    https://www.theguardian.com/world/2020/sep/16/minorities-more-likely-than-white-people-test-positive-covid-study
    https://i.guim.co.uk/img/media/7aa575da8349add76abcef2eb63ada8ce379306f/155_0_3646_2190/master/3646.jpg?width=1200&height=630&quality=85&auto=format&fit=crop&overlay-ali

    People of colour are significantly more likely than white people to test positive for Covid-19 – and are at higher risk of hospitalisation and death when they are diagnosed – according to a new study that lays bare the racial disparities among millions of coronavirus patients across America.The research, published on Wednesday by Epic Health Research Network Kaiser Family Foundation (KFF), analysed the health record data of about 50 million patients from 53 health systems across 21 states. It reported that Hispanic patients were more than two and a half times more likely than white patients to have a positive result. Black and Asian patients, meanwhile, were nearly twice as likely as white people to get a positive result. Hospitalisation and death rates were dramatically higher for people of colour with coronavirus. Among Hispanic patients, hospitalisations were more than four times higher than for white people, while among Black patients it was more than triple the rate, the report said.And death rates were more than double among Black and Hispanic patients what they were for white patients.

    #Covid-19#migrant#migration#etatsunis#sante#inegalité#minorite#race#depistage#surmortalité