• À Guerlesquin, un couple d’éleveurs-fromagers face à une fermeture d’un mois jugée sévère
    https://splann.org/ferme-trofalher-guerlesquin-fermeture

    Élevage caprin et bovin certifié biologique, la ferme de #trofalher, à Guerlesquin (29), a vu son activité stoppée durant un mois à la suite d’un contrôle inhabituel et ressenti comme brutal. Une situation qui illustre la difficulté des petits producteurs à composer avec la rigueur de normes pensées pour l’agro-industrie. L’article À Guerlesquin, un couple d’éleveurs-fromagers face à une fermeture d’un mois jugée sévère est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Industrie_agroalimentaire #agriculture #agriculture_bio #agriculture_paysanne #chèvres #contrôles #élevage #finistère #fromage

  • #Inde : comment le « parti des cafards » entend poursuivre son mouvement - RFI
    https://www.rfi.fr/fr/asie-pacifique/20260807-inde-comment-le-parti-des-cafards-entend-poursuivre-son-mouvement

    Debout devant la presse, en t-shirts et chemises froissées, les animateurs du « parti des cafards » affichent le style de leur génération.

    Leur fondateur, Abhijeet Dipke, inscrit, pourtant, le mouvement dans l’héritage des grandes figures de l’Inde contemporaine : « La justice sociale du docteur Ambedkar, la paix et la non-violence de Mahatma Gandhi, et le rêve d’une Inde moderne de Jawaharlal Nehru. Notre idéologie est celle de la Constitution indienne. »

    Leur cible désormais : la fermeture massive des écoles publiques. L’État invoque la rationalisation. Eux dénoncent un recul du droit à l’éducation. « 94 000 écoles publiques ont été fermées en 10 ans. On aurait pu les rénover, mais le gouvernement a préféré les condamner. L’éducation n’est pas un business, c’est un droit fondamental. »

    La démission du ministre de l’Éducation a consacré une première victoire. Pour les « cafards », cependant, le véritable acquis est ailleurs : « Le plus grand accomplissement de ce mouvement, c’est d’avoir brisé la peur dans l’esprit des gens. Cette jeunesse a rendu sa voix au pays. Elle lui a redonné le courage de questionner le pouvoir et d’exiger des réponses. »

    Le réveil gagne d’autres États. Dans le Jharkhand, région minière de l’Est de l’Inde, des milliers d’étudiants manifestent jour et nuit contre des recrutements publics entachés de fraudes.

    Le « parti des cafards » entend prolonger cet élan par une tournée nationale à la rencontre de la jeunesse indienne, baptisée « Kya Bolti Public », c’est-à-dire « Qu’en dit le peuple ».

  • Empreintes landaises - Les Landes : la forêt ou les hommes ?
    https://fresques.ina.fr/landes/fiche-media/Landes00105/les-landes-la-foret-ou-les-hommes.html

    Excellente émission de 1982 ! Avec en plus un article de contexte dessus.
    (La conclusion de Bernard Manciet à la toute fin, pour le journaliste. 😅)

    Dans les Landes, l’implantation massive de pins résultant de la loi du 19 juin 1857, encouragée par Napoléon III, engendre de profondes mutations dans la société et le mode de vie des Landais. En un demi siècle, l’ancien système agro-pastoral est supplanté par un système sylvicole entièrement tourné vers l’exploitation de la résine et basé sur la privatisation des espaces communautaires.

    https://mp4studio.ina.fr/lire/2SoFZbKt1ut_KiDCkhSzVjKZJpcGfUkYfNNe4zFXB5_82Bs4O4i7mJXUOYHHcMcwsRROLy

    À lire pour la suite, que faire maintenant pour changer ça :

    La forêt des Landes va-t-elle disparaitre ?
    https://www.youtube.com/watch?v=MpLZ3L50s-s

    En 2022 et désormais en 2026, la forêt des Landes est dévastée par des mégafeux. Des incendies incontrôlables, très rapides, et qui exposent de plus en plus les populations. La faute au changement climatique et à une plantation de pin, extrêmement inflammable. D’où cette question, le modèle de la forêt des Landes a-t-il vécu ? Faut-il replanter différemment la forêt ? Faut-il ne pas la replanter du tout ?

    Pour en parler, nous discutions avons Arthur Guérin-Turcq, géographe, géographe de l’environnement, spécialisé dans les conflits en forêt, enseignant à la Sorbonne et qui coordonne un projet de recherche : « Habiter les cendres : la forêt girondine après l’incendie »

    #histoire #télévision #INA #Landes #forêt #colonisation #Napoléon #sylviculture #industrialisation

    • @seenthis @b_b je rajoute #.mp4 à la fin de l’URL de la vidéo comme on le fait pour les JPG qui n’ont pas d’extension parfois. Sauf que contrairement aux JPG, là Seenthis me supprime mon ajout ! Pas juste dans la génération finale hein : dans le texte source, il n’est même pas enregistré, alors que d’autres modifs (corrections orthos) sont enregistrées dans la même validation. C’est normal ça de modifier carrément la source enregistrée ?

  • trigger point 28-5-26
    https://radioblackout.org/podcast/trigger-point-28-5-26

    TRACKLIST Vanfleet – euclid GANJ – Sortie nocturne featuring Wonky Ouija Azemad – أوضة – Oda ft. Siko Slam Damos Room – Dust 4 Dust Amando x Miles Won – Einskommafünf Makumbo – Pavone escha – loe horror show escha edit Damos Room – Molars Azemad – شكوى – Shakwa Modern Collapse – ZEROXL S.Murk […]

    #artigianato #Bass #hip-hop #industrial #obscure
    https://radioblackout.org/wp-content/uploads/2026/05/trggrpnt_42_280526.mp3

  • #Inde. La poursuite des exportations d’armes vers Israël entraîne un risque de complicité dans le #génocide en cours à #Gaza – nouvelle enquête - Amnesty International
    https://www.amnesty.org/fr/latest/news/2026/07/india-continuing-weapons-exports-to-israel-could-risk-complicity-in-ongoing

    L’Inde a continué de livrer des armes à Israël malgré le risque substantiel que ce pays les utilise dans son génocide en cours contre la population palestinienne de la bande de Gaza occupée, a déclaré Amnesty International dans un nouveau rapport.

    Intitulé Made in India : The Supply of Weapons and Ammunition to Israel, ce rapport montre que le gouvernement indien a établi un partenariat étroit et rentable avec le secteur de la défense israélien et est devenu un fournisseur important de la chaîne d’approvisionnement qui soutient les opérations militaires d’Israël.

    S’appuyant sur les données relatives aux expéditions de marchandises entre l’Inde et Israël, ce rapport révèle que des armes, des munitions, des pièces détachées et des composants indiens ont été expédiés à de grandes entreprises israéliennes qui fournissent l’armée d’Israël. Le rapport établit également que des entreprises directement détenues ou contrôlées par l’État indien sont impliquées dans ce commerce.

    « Nos recherches révèlent un soutien constant de l’Inde à l’armée et au secteur de la défense israéliens malgré le génocide à Gaza, dont il est pourtant question presque quotidiennement dans les médias du monde entier depuis des années, a déclaré Agnès Callamard, secrétaire générale d’Amnesty International.

    « L’Inde fabrique et fournit des armes transférées à Israël par le biais des grandes entreprises fournisseuses qu’elle détient et contrôle. Non seulement elle ne réglemente pas les exportations d’armes vers Israël réalisées par des entreprises privées comme le lui imposent le droit international et les normes internationales, mais en outre elle a renforcé son partenariat de défense avec Israël.

    « Compte tenu des mesures conservatoires prises par la Cour internationale de justice, qui reconnaissent un risque plausible de génocide contre les Palestinien·ne·s de Gaza, les autorités indiennes ne peuvent pas affirmer de façon crédible qu’elles ne savaient pas que, si elles continuaient d’autoriser et de faciliter les transferts d’armes vers Israël, elles risquaient fortement de contribuer à de graves violations du droit international. Tandis que l’armée israélienne répandait la mort et la destruction à Gaza, infligeant de vastes souffrances à la population palestinienne, les entreprises indiennes ont continué de faire du profit en livrant des composants et des munitions destinés au secteur de la défense israélien.

    « Le gouvernement indien doit cesser immédiatement d’autoriser les exportations d’armes, de munitions et de pièces détachées vers Israël. Il doit aussi veiller à ce que les entreprises placées sous son contrôle ne contribuent pas à des crimes de droit international. Toutes les entreprises ont la responsabilité de respecter les droits humains dans le cadre de leurs activités partout dans le monde, ce qui implique notamment qu’elles doivent prendre dès le départ des mesures préventives fermes pour s’assurer que leurs produits ne soient pas utilisés pour commettre de graves violations du droit international. Ces mesures doivent être proportionnées au niveau de risque. »

  • L’IA a besoin de mains humaines. Les travailleurs/travailleuses indien·nes résistent

    Dans les usines de Delhi, les travailleurs/travailleuses résistent discrètement aux tentatives visant à former les robots destinés à les remplacer à accomplir les gestes les plus humains qui soient.

    Les responsables des ressources humaines affirmaient que les minuscules caméras fixées sur la tête de chaque tailleur/tailleuse permettraient aux client·es potentiels de constater la qualité de leurs produits et de passer davantage de commandes, ce qui se traduirait par des augmentations de salaire pour l’ensemble du personnel de l’usine de confection située dans la banlieue de la capitale indienne.

    Mais les ouvrier·es soupçonnaient que la véritable raison était liée à l’intelligence artificielle.

    Ankush Yadav, un jeune tailleur, et ses ami·es ont donc forcé les caméras, en ont retiré les cartes mémoire et les ont branchées sur leurs téléphones.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/08/05/lia-a-besoin-de-mains-humaines-les-travailleur

    #inde

  • Mégaferme à #saumons : le projet contesté est autorisé par la préfecture de #Gironde

    Par un arrêté du 4 août, la préfète de la Gironde, Sophie Brocas, a accordé l’#autorisation_environnementale au projet très contesté de méga-usine terrestre de saumons, au #Verdon-sur-Mer. Ce projet porté par la société #Pure_Salmon, financé par un fonds d’investissement singapourien, prévoit la construction d’une usine sur 14 hectares au bout de l’estuaire de la Gironde, pour produire 10 000 tonnes de saumons par an.

    « Ce projet présente un grand intérêt économique et industriel pour le territoire. Il est encadré par des prescriptions environnementales particulièrement exigeantes, que les services de l’État veilleront à faire respecter », affirme la préfète dans un communiqué.

    « Cette décision est irresponsable »

    Pas de quoi rassurer les habitants, associations et élus opposés à la construction de l’usine. « Cette décision est irresponsable, surtout dans le contexte de mégafeux et de sécheresse que connaît la Gironde en ce moment même », réagit Marc Porcheron, élu à Saint-Vivien-de-Médoc, une autre commune de l’estuaire. Plus de 2 millions de m3 d’#eau devront être prélevés dans les nappes souterraines chaque année pour alimenter l’installation, dont les eaux d’élevage et de refroidissement seraient ensuite rejetées dans l’estuaire.

    Le coanimateur du collectif #Usine_de_saumons_non_merci voit dans cette décision « un déni scientifique et démocratique ». Il pointe notamment l’avis défavorable rendu par le Conseil scientifique de l’estuaire de la Gironde, mais aussi la participation inédite à l’enquête publique, au cours de laquelle une grande majorité d’avis défavorables a été exprimée. Le commissaire enquêteur avait malgré tout rendu un avis favorable, de même que le Conseil départemental de l’environnement et des risques sanitaires et technologiques (Coderst).

    Cette #autorisation intervient alors qu’une proposition de loi soutenue par une centaine de députés, déposée en mars 2025 mais qui n’a pas été examinée depuis à l’Assemblée nationale, réclame un moratoire de dix ans sur ces #fermes-usines de saumons. Plusieurs associations ont d’ores et déjà annoncé leur intention de déposer un recours auprès du tribunal administratif de Bordeaux contre l’autorisation préfectorale.

    https://reporterre.net/Megaferme-a-saumons-le-projet-conteste-est-autorise-par-la-prefecture-de
    #poissons #France #élevage #pisciculture #industrie_agro-alimentaire #résistance

  • Les ravages de nos engrais
    https://www.off-investigation.fr/les-ravages-de-nos-engrais

    Les ravages de nos engrais | photographie d’illustration, crédits : pixel1 via Pixabay Des mines aux champs, de la Tunisie à la Bretagne, la chercheuse et journaliste Arianna Poletti #A enquêté sur les multiples conséquences environnementales, économiques et sociales de l’industrie des engrais. Interview. Arianna Poletti est une exception en son genre : mi-journaliste, mi-chercheuse et entièrement trilingue. Dans son ouvrage, Les Ravages des engrais (Payot, 2026) elle propose un voyage le long de la chaîne de production des engrais phosphatés, à l’intersection entre un reportage journalistique et un travail académique ultra-documenté. Off Investigation : Comment est venue l’idée d’enquêter sur les engrais […]Lire la suite : Les ravages de nos engrais

    #Économie #Environnement

  • Indonésie : la SPI inaugure une coopérative de plantations de café,
    renforçant la lutte pour la Réforme agraire

    Le Syndicat des paysans indonésiens (SPI) a inauguré une coopérative de plantations de café dans le cadre des commémorations du 28e anniversaire de la SPI et de la Journée nationale des coopératives, le 23 juillet 2026, dans le village de Sumber Sari, sous-district de Kabawetan, régence de Kepahiang, Bengkulu.

    L’événement a rassemblé 3 000 paysan·nes membres de la SPI venus de Bengkulu, Jambi, Lampung et Sumatra du Sud.

    La plantation a été établie sur des terres obtenues grâce aux luttes paysannes, et la coopérative fait partie de la stratégie de la SPI visant à renforcer les institutions économiques paysannes à travers les coopératives.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/05/17/indonesie-a-loccasion-de-la-journee-des-droits-des-paysan·ne·s-indonesien·ne·s-la-spi-appelle-a-la-revision-de-la-loi-sur-les-droits-des-paysan·ne·s/#comment-75300

    #indonesie

  • Le « mouvement des cafards » en Inde (trois nouveaux textes)

    Badrul Alam : Le « mouvement des cafards » en Inde : résistance des jeunes, crise néolibérale et recherche d’alternatives démocratiques
    Anand Teltumbde : Inde : en défense de la vulgarité des manifestants « cafards »
    Apoorvanand : L’aura de Modi s’est dissipée : l’espoir d’un renouveau des voix démocratiques

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/08/04/le-mouvement-des-cafards-en-inde-trois-nouveau

    #inde

  • [Info « Splann ! »] #Pollutions d’Imerys #Glomel : la #préfecture oblige l’industriel à revoir sa gestion des eaux minières
    https://splann.org/imerys-glomel-prefecture-gestion-eaux

    Après plusieurs déversements d’eaux contaminées hors de la #mine d’andalousite de Glomel (22), l’État somme #Imerys de revoir son système de gestion des eaux. Les associations jugent la décision insuffisante. L’article [Info « Splann ! »] Pollutions d’Imerys Glomel : la préfecture oblige l’industriel à revoir sa gestion des eaux minières est apparu en premier sur Splann ! | Premier média d’enquête indépendant en Bretagne.

    #Artificialisation_des_terres #acide_sulfurique #Andalousite #centre-bretagne #Côtes_d'Armor #crazius #Douar_Bev #dreal #eau #eau_et_rivières_de_bretagne #écologie #effluents_acides #ellé #environnement #hydrologie #icpe #industrie #jean-yves_jégo #minerais #mines #multinationale #Nicolas_Forray #parquet_de_saint-brieuc #pollution #risques_industriels #rivière

  • Pourquoi #Ceuta est au cœur d’une crise migratoire permanente

    L’ESSENTIEL

    - Plus de 40 000 personnes sont entrées en 24 heures à Ceuta, enclave espagnole située sur la côte marocaine.

    - Cette crise mêle enjeux migratoires, tensions diplomatiques et rivalités géopolitiques.

    - La réponse doit concilier contrôle des frontières, État de droit et protection des #droits_humains.

    ***

    Depuis le 31 juillet 2026, Ceuta est confrontée à une crise frontalière d’une ampleur sans précédent. Selon les premières estimations des forces de sécurité, plus de 40 000 personnes seraient entrées dans l’enclave espagnole en l’espace de 24 heures. Certaines sources ont avancé provisoirement le chiffre de 49 000, mais aucun bilan officiel consolidé n’a encore été publié, et cette estimation a été retirée sans explication publique du site du Département de la sécurité nationale.

    Au moment où nous écrivons ces lignes, au moins 41 personnes ont trouvé la mort, noyées en tentant de contourner à la nage la digue frontalière.

    Le nombre d’arrivées est particulièrement difficile à absorber pour une ville qui compte environ 83 600 habitants. Les capacités d’accueil de Ceuta étaient déjà saturées avant cette nouvelle vague d’entrées. Après l’arrivée d’environ 1 500 personnes au cours de la semaine précédente, les structures destinées aux mineurs non accompagnés fonctionnaient, selon le président de la ville autonome, à 2 400 % de leur capacité. Il a qualifié la situation d’« urgence humanitaire et sociale absolue ».

    Ceuta n’est pas seulement confrontée à une crise migratoire, mais à une crise multifactorielle où se conjuguent inégalités structurelles, tensions diplomatiques, dépendance de l’Europe à l’égard du Maroc, capacités d’accueil limitées et polarisation politique. Son analyse nécessite de croiser une perspective internationale — centrée sur l’externalisation du contrôle des frontières et les alliances géopolitiques — avec une approche interne, attentive aux conséquences sur l’État de droit, les services publics, la cohésion sociale ainsi que les discours politiques et médiatiques.

    Facteurs externes : la dimension internationale de la crise

    L’utilisation des mouvements migratoires comme instrument de pression politique ne relève pas d’une simple hypothèse. La politologue américaine Kelly M. Greenhill désigne par l’expression #coercive_engineered_migration (« migration coercitive orchestrée ») l’utilisation délibérée, ou la menace, de flux migratoires afin d’obtenir des concessions de la part d’autres États.

    À Ceuta, cette dynamique doit être replacée dans une succession de crises frontalières observées depuis 2005, et ne pas être considérée comme un épisode isolé. En mai 2021, plus de 5 000 personnes étaient entrées dans la ville après un assouplissement des contrôles marocains, en pleine crise diplomatique provoquée par l’accueil en Espagne de Brahim Ghali, chef du Front Polisario.

    Cette capacité de pression est renforcée par l’#externalisation de la politique migratoire européenne, qui a transféré une partie du contrôle des frontières à des pays tiers comme le Maroc. Dans le même temps, la présentation de ces arrivées comme une menace pour la sécurité alimente le processus de « #sécurisation », qui tend à privilégier la protection de l’État au détriment de la sécurité et des droits des personnes migrantes elles-mêmes (2017).

    Le Parlement européen a d’ailleurs condamné explicitement en juin 2021 l’utilisation par le Maroc du contrôle des frontières, de la migration et, en particulier, des mineurs non accompagnés comme moyen de pression politique contre l’Espagne. Le Barcelona Centre for International Affairs (CIDOB) a qualifié cet épisode de cas emblématique de weaponisation of migration (« instrumentalisation de la migration »), c’est-à-dire l’utilisation de personnes migrantes comme instruments de coercition entre États.

    Si, en 2021, la pression exercée par le Maroc avait été expliquée par l’accueil du chef du #Front_Polisario, #Brahim_Ghali, dans un hôpital de Logroño, il ne faut pas oublier que la rupture des relations diplomatiques entre le Maroc et l’Algérie cette même année avait entraîné la fermeture du gazoduc Maghreb-Europe, privant le royaume chérifien d’une source de revenus et d’un levier d’influence.

    En 2026, le contexte immédiat est différent, même si plusieurs développements diplomatiques récents sont susceptibles d’avoir contrarié Rabat. Le 20 juillet, le président du gouvernement espagnol, Pedro Sánchez, a ainsi effectué une visite officielle en #Algérie et annoncé la tenue d’une réunion bilatérale de haut niveau à l’automne. Le gouvernement espagnol a de nouveau qualifié l’Algérie, principal rival régional du Maroc, de « partenaire stratégique » et de « nation amie ».

    Le 23 juillet, la commission de la Justice du Congrès des députés a approuvé le texte d’une proposition de loi visant à faciliter l’accès à la nationalité espagnole pour les Sahraouis nés sous administration espagnole. Le texte doit encore être adopté par le Parlement.

    La concomitance de cette initiative avec le rapprochement diplomatique entre l’Espagne et l’Algérie, ainsi qu’avec la crise frontalière, a alimenté l’hypothèse selon laquelle Rabat chercherait à rappeler le coût que pourrait avoir, à ses yeux, toute décision espagnole contraire à ses intérêts concernant le #Sahara_occidental.

    Dépendance au Maroc

    L’externalisation du contrôle migratoire a fait du Maroc un partenaire indispensable, mais aussi une source de dépendance. En 2023, la Commission européenne a consacré 152 millions d’euros au renforcement de la gestion des frontières marocaines. Cette délégation de compétences confère à Rabat une capacité d’influence sur la coopération migratoire.

    Cette dépendance est d’autant plus problématique que la capacité à contenir les départs ne garantit pas la fiabilité démocratique du partenaire. L’ONG américaine Freedom House, dont la mission est de promouvoir la démocratie et les droits humains dans le monde, classe le Maroc parmi les pays « partiellement libres », avec un score de 37 sur 100, et souligne la prédominance politique et économique de la monarchie.

    L’ONG internationale indépendante Human Rights Watch, qui enquête sur les atteintes aux droits humains dans plus de 90 pays, relève dans son rapport 2026 une intensification de la répression contre les journalistes, les militants et les défenseurs des droits humains, ainsi que des poursuites visant les personnes qui défendent l’indépendance du Sahara occidental. Les autorités ont notamment recours à des accusations de diffamation, de diffusion de fausses informations, d’offense aux institutions ou d’atteinte à la monarchie pour restreindre l’espace de la critique politique.

    Ce contexte conduit à poser une question délicate : jusqu’à quel point l’Europe peut-elle présenter comme un garant fiable de ses frontières un régime qui restreint durablement la liberté de la presse, réprime la dissidence et utilise sa coopération internationale pour renforcer sa position sur le Sahara occidental ?

    L’alignement Maroc–Israël–États-Unis

    L’axe Maroc–Israël–États-Unis s’est consolidé en 2020 avec la normalisation des relations entre Rabat et Tel-Aviv et la reconnaissance par les États-Unis de la souveraineté revendiquée par le Maroc sur le Sahara occidental. Il s’est encore renforcé en 2021 avec la signature d’un mémorandum de coopération militaire. Cet alignement contraste avec la dégradation des relations entre l’Espagne et Israël, ainsi qu’avec les tensions croissantes entre Madrid et Washington.

    La crise de Ceuta a mis ces tensions en lumière. L’ambassadeur israélien auprès des Nations unies a remis en cause la souveraineté espagnole sur la ville, tandis que la Maison-Blanche a imputé la responsabilité de la crise aux politiques « mondialistes » et « d’extrême gauche » du gouvernement espagnol.

    Ces déclarations témoignent d’une #instrumentalisation diplomatique de la crise et d’une convergence rhétorique à l’égard de l’Espagne, mais elles ne constituent pas une preuve de l’existence d’une action coordonnée visant à faciliter l’ouverture de la frontière.

    Facteurs internes : droit, capacités institutionnelles et fabrique de la peur

    L’arrêt rendu par la Cour suprême le 8 juillet n’interdit pas à proprement parler les « #refoulements_à_chaud » des migrants tentant d’entrer à la nage à Ceuta et Melilla. Il écarte en revanche le recours à la procédure exceptionnelle de « #rejet_à_la_frontière » pour les personnes interceptées en mer, au motif qu’elles n’ont pas franchi un dispositif matériel de contrôle, comme la clôture frontalière.

    Cette décision a toutefois fait l’objet d’une interprétation simplifiée largement relayée au Maroc, ce qui a pu encourager les traversées en faisant naître l’idée que les personnes arrivant à la nage ne seraient pas renvoyées.

    Pour le président du gouvernement espagnol, les réseaux de passeurs ont instrumentalisé cette décision de justice. L’arrêt a ainsi pu jouer un rôle de facteur facilitateur, sans pour autant expliquer à lui seul l’ampleur de la crise ni la réduction simultanée des contrôles frontaliers côté marocain.

    La construction du récit de « l’invasion »

    Les crises frontalières créent un contexte propice à la radicalisation du débat public. Une étude met en évidence un durcissement de la rhétorique politique et une banalisation des discours racistes. Lors de la crise de 2021, le parti d’extrême droite Vox a consacré plus de 70 % de ses publications à Ceuta et à la migration.

    Une autre étude a montré que 80 % des messages haineux analysés portaient sur la confrontation politique, et non sur les causes ou les solutions aux enjeux migratoires.

    Dans la crise actuelle, des expressions comme « invasion », « hommes en âge de combattre » ou « sicaires » participent à cette représentation des personnes migrantes comme une menace collective. Les #médias ne sont pas nécessairement à l’origine de ces discours, mais ils peuvent contribuer à les banaliser lorsqu’ils reprennent des cadrages alarmistes sans les contextualiser ni les mettre en perspective.

    Les droits humains comme limite et comme réponse

    Dans une crise de cette nature, les droits humains ne constituent pas un obstacle à la gestion des frontières, mais en fixent les limites juridiques et éthiques. La découverte de plus de 40 corps dans les eaux de Ceuta met en évidence le coût humain d’une politique qui fait de la frontière un espace de danger extrême.

    L’Espagne a l’obligation de protéger les vies humaines, de garantir les opérations de sauvetage et d’examiner individuellement chaque situation, en portant une attention particulière aux mineurs, aux demandeurs d’asile et aux victimes de la traite des êtres humains.

    Mais les principales victimes restent toujours les personnes migrantes elles-mêmes. Le Maroc peut les utiliser comme moyen de pression, les partis politiques comme argument électoral, et certains discours les réduire à une menace anonyme.

    Tandis que les États se disputent influence et responsabilités, ces personnes risquent leur vie et s’exposent à l’absence de protection, aux #refoulements arbitraires et à leur #déshumanisation dans le débat public. La réponse ne devrait pas opposer les droits des habitants de Ceuta à ceux des personnes qui arrivent, mais veiller à ce que ces deux populations — et en particulier les plus vulnérables — ne continuent pas de payer le prix de stratégies politiques sur lesquelles elles n’ont aucune prise.

    https://theconversation.com/pourquoi-ceuta-est-au-coeur-dune-crise-migratoire-permanente-288888
    #migrations #réfugiés #Maroc #Espagne #assaut #frontières

    • Les migrants marocains de Ceuta, victimes des politiques migratoires européennes

      Plusieurs dizaines de milliers de personnes seraient parvenues à entrer dans l’enclave espagnole au cours des derniers jours, et une trentaine d’entre elles ont déjà perdu la vie. Un nouvel épisode qui illustre toute la perversité de l’#externalisation de la gestion des frontières.

      Une fois de plus, les frontières tuent. Une trentaine de personnes sont mortes en tentant de rejoindre Ceuta, une petite enclave espagnole située sur la côte nord de l’Afrique, depuis le Maroc. « Neuf corps ont été repêchés », a d’abord indiqué, jeudi 30 juillet, une porte-parole de la délégation du gouvernement espagnol dans ce territoire à l’Agence France-Presse (AFP), avant que le bilan ne soit revu à la hausse le matin du vendredi 31 juillet.

      Les autorités espagnoles ont d’abord compté près de 1 500 personnes qui ont réussi à gagner Ceuta au cours des derniers jours. Mais Madrid affirmait vendredi matin que 49 000 personnes seraient entrées, selon de premières estimations. Le président de Ceuta, Juan Jesús Vivas Lara (Parti populaire, droite), a affirmé, lors d’une conférence de presse vendredi 31 juillet, que ce nombre s’élevait même à 60 000.

      La différence de chiffres surprend et requiert pour l’heure de la prudence : « Il faut être très précautionneux. On nous parle de 1 500 personnes un jour et le lendemain de 50 000 personnes. C’est forcément très inédit et impressionnant, mais il y a toujours une exagération des chiffres sur les tentatives de passages et les passages [effectifs] », tempère Elsa Tyszler, enseignante-chercheuse à l’université Paris-8, qui suit de près l’enclave et les mouvements migratoires dans cette région.

      Elle ajoute : « Il faut se méfier des chiffres, qui sont toujours manipulés à des fins politiques, de l’ordre de “l’invasion migratoire”, dans un îlot occidental qui serait “assiégé” par des migrants racialisés. C’est toute la rhétorique d’extrême droite qui accompagne les tentatives de passage à cet endroit depuis trente ans. »
      Des drames humains qui se répètent

      Les images qui circulent depuis le jeudi 30 juillet montrent de jeunes hommes et adolescents (en majorité), certains arrivant à la nage et grimpant sur les rochers pour se hisser à terre, parfois équipés de palmes et de bouées de sauvetage ; d’autres, tout sourire une fois leur destination atteinte, laissant échapper leur joie dans des cris non dissimulés ou des accolades.

      La garde civile aurait rapidement été dépassée. Jeudi dans la soirée, le ministère de l’intérieur espagnol a annoncé l’envoi de l’armée pour « renforcer la garde civile » et « assurer la sécurité » à Ceuta, alors que plusieurs centaines d’autres personnes ont gagné le territoire en une journée. Quelques centaines de Marocains auraient aussi rejoint Melilla, une autre enclave espagnole.

      « Le gouvernement d’Espagne est entièrement mobilisé pour donner une réponse immédiate à la situation à Ceuta, a fait savoir jeudi après-midi, sur le réseau social X, Pedro Sánchez, le premier ministre espagnol. Nous mobilisons toutes les ressources nécessaires, en travaillant avec les autorités marocaines et internationales. […] Je viens de transmettre [le message] au président [de l’enclave] Juan Jesús Vivas Lara. C’est le moment de construire des solutions, avec responsabilité et coopération. »

      En visite sur place vendredi 31 juillet, le premier ministre a dénoncé « une attaque, une violation de l’intégrité territoriale de l’Espagne ». Le président de Ceuta, qui a mis en avant une « crise migratoire extrêmement grave », a appelé à une « réponse immédiate, ferme et coordonnée », demandant au gouvernement de déclarer l’état d’urgence nationale.

      « Il est temps de passer à l’action. Ceuta a besoin de plus de moyens, d’infrastructures, de coordination et de limites objectives à sa capacité d’accueil. Nous ne demandons pas de privilèges, mais une réponse juste, responsable et conforme à notre condition de frontière de l’Europe en Afrique », a-t-il écrit sur X jeudi 30 juillet après-midi. Selon lui, les personnes sont arrivées à un rythme de deux cents par jour en moyenne cette semaine. « Une urgence humanitaire et sociale absolue », a-t-il déploré.

      Pour Ceuta comme pour Melilla, une telle situation de chaos, menant à de véritables drames humains, n’est pas nouvelle. En 2021, à Ceuta, près de 8 000 personnes étaient parvenues à rejoindre l’enclave – un chiffre alors inédit, et largement dépassé aujourd’hui. Le Maroc avait été accusé d’avoir fait pression sur l’Espagne dans le dossier sensible du Sahara occidental, en instrumentalisant les personnes migrantes et leur détresse.

      En 2022, à Melilla cette fois, vingt-sept exilés subsahariens avaient perdu la vie (soixante-dix autres ont été portés disparus) alors qu’ils tentaient de gagner l’Espagne, toujours depuis le Maroc, dans un mouvement de foule provoqué alors que des centaines, voire des milliers de personnes tentaient le passage.
      Le bal des instrumentalisations est ouvert

      De manière très prévisible, les images ont vite été reprises sur les réseaux sociaux, par la droite et l’extrême droite, pour laisser croire à une « invasion migratoire ». Chacun et chacune y va de sa petite déclaration : la leader du Rassemblement national (RN), Marine Le Pen, parle d’« entrées massives et coordonnées de migrants en Espagne, encouragées par le gouvernement espagnol ».

      Le patron du parti Les Républicains (LR), Bruno Retailleau, évoque quant à lui une « vague migratoire massive à Ceuta » et une « politique irresponsable du gouvernement socialiste espagnol », en référence à la campagne de régularisation des sans-papiers mise en œuvre en début d’année 2026 en Espagne.

      En résumé, ce serait parce que Madrid régulariserait (sous de nombreux critères restrictifs, notamment la durée de séjour dans le pays) que plus d’un millier de migrants marocains auraient tenté de rejoindre Ceuta (plusieurs mois après l’annonce de ladite régularisation).

      Le ministre de l’intérieur français, Laurent Nuñez, a annoncé sur X « renforcer sans attendre les contrôles à la frontière espagnole », répondant indirectement à une demande formulée par Marine Le Pen une heure plus tôt. « Par ailleurs, j’active la Force frontière d’intervention rapide pour des contrôles en profondeur », a-t-il ajouté, comme si la France était sous la menace de dangereux envahisseurs.

      Côté italien, Giorgia Meloni n’a pas manqué de pointer une « immigration clandestine hors de contrôle [qui] représente une menace concrète pour la sécurité des frontières européennes », suggérant la suspension de l’espace Schengen avec l’Espagne ; alors même que Ceuta, comme Melilla, fonctionne comme une exception de la zone européenne de libre circulation et que des contrôles d’identité sont effectués pour les personnes qui entrent ou sortent du territoire…

      Dans un autre style, Danny Danon, ambassadeur d’Israël aux Nations unies, a cherché à tacler l’Espagne, osant le parallèle entre la politique de colonisation d’Israël en Palestine et la guerre génocidaire menée à Gaza avec la situation de cette enclave.

      « L’Espagne, qui ne manque jamais une occasion de faire la leçon à Israël, a déclaré l’état d’urgence à Ceuta à la suite de la crise liée à sa politique d’immigration. Peut-être qu’avant de continuer à nous faire la leçon, il serait temps qu’elle explique au monde pourquoi elle maintient encore des enclaves coloniales en Afrique », cingle-t-il.

      Si l’on peut interroger le passé colonial espagnol, la comparaison est pour le moins osée. Une journaliste hispano-marocaine, Leyla Hamed, lui a répondu : « Je suis de Ceuta, et l’Espagne ne nous a jamais opprimés. Vous, maniaques génocidaires, n’avez pas le droit d’instrumentaliser notre identité ou de parler en notre nom. »
      L’effet boomerang de l’externalisation

      Dans ce flot de réactions, le Maroc semble avoir gardé le silence. Plusieurs observateurs et observatrices accusent le pays, en pleine célébration du vingt-septième anniversaire de l’intronisation du roi Mohammed VI, d’avoir sciemment réduit les effectifs au niveau de la frontière avec Ceuta en réponse à la visite de Pedro Sánchez en Algérie, le 20 juillet.

      Mais tout le monde ou presque oublie de préciser la nature du « problème ». La crise n’est pas « migratoire », mais politique et humanitaire : dès lors que l’Union européenne choisit de donner les pleins pouvoirs à des États tiers pour gérer ses frontières contre rémunération, ces mêmes États n’ont parfois aucun scrupule à jouer avec des vies humaines pour servir leurs intérêts.

      Par le biais de l’externalisation des politiques migratoires, « le Maroc a été le premier pays à accepter d’aider l’Espagne et l’UE à défendre ses frontières, à collaborer dans la lutte dite contre l’immigration irrégulière vers l’Europe » dès le début des années 1990, rappelle Elsa Tyszler.

      Cela donne lieu à des « patrouilles de la marine marocaine dans les eaux du détroit de Gibraltar, pour protéger des frontières que, par ailleurs, le Maroc conteste », souligne-t-elle, expliquant que l’occupation de ces territoires par l’Espagne revient régulièrement dans le débat public. C’est tout le paradoxe. « Il y a toujours un jeu de vérité entre les deux pays. Les frontières de Ceuta et Melilla sont un théâtre de luttes diplomatiques. »

      Beaucoup d’exemples viennent l’illustrer et « montrent que dès qu’il y a un différend entre le Maroc et l’Espagne, comme ce fut le cas pour le Sahara occidental en 2021, cela se concrétise par la métaphore du robinet », poursuit la chercheuse. Ici, « on peut penser que la visite de Pedro Sánchez en Algérie » a conduit à ce pic d’entrées exceptionnel à Ceuta. « Lorsque le pouvoir marocain n’est pas satisfait de ce que fait l’Espagne, il y a un mécanisme de vengeance », ajoute-t-elle.

      Officiellement, les autorités des deux pays ne le diront pas et salueront leur collaboration commune. Si le Maroc ne s’est pas encore exprimé publiquement sur la situation à l’heure où nous écrivons ces lignes, le premier ministre espagnol s’est arrangé pour déclarer que le Maroc était un « allié » malgré le contexte.

      « Le Maroc agit en sous-traitant de la gestion des frontières européennes et opère le contrôle migratoire, il manie donc la question migratoire en fonction de ses propres intérêts » lorsque bon lui semble, nuance Elsa Tyszler. C’est le retour de bâton d’une politique régulièrement dénoncée par les chercheurs et chercheuses ainsi que par les ONG internationales.
      Une situation économique et sociale compliquée

      Enfin, d’autres facteurs doivent être pris en compte, tels que l’enjeu racial et le racisme présent à cette frontière à la fois « très militarisée et sophistiquée », qui ont fait des migrants – les musulmans ou perçus comme tels et les personnes noires venues d’Afrique subsaharienne – la « figure de l’ennemi », en réaction aux différentes arrivées observées ces dernières décennies. Il y a aussi la colère de la jeunesse marocaine et le désespoir d’une partie de la population qui cherche à fuir son pays.

      À ce propos, Khadija Anani, membre de l’Association marocaine des droits humains (AMDH) et d’EuroMed Droits au Maroc, souligne la situation « très compliquée » au niveau économique et social : « La jeunesse est en détresse et ne voit pas de perspectives au Maroc. Près de 1 million et demi de jeunes âgés entre 14 et 24 ans ne font rien – ni études, ni formation, ni travail. »

      Plus de 2 millions de Marocain·es vivent en dessous du seuil de pauvreté, poursuit-elle, regrettant que la priorité soit donnée à l’organisation de grands événements internationaux plutôt qu’à l’éducation, au travail, à la santé, au logement ou à la lutte contre la corruption. « Toutes ces thématiques sont négligées, c’est d’ailleurs pour ça que la “GenZ” est sortie dans la rue [en septembre 2025] et a revendiqué ses droits », explique Khadija Anani.

      Dans le même temps, la liberté d’expression des citoyen·nes est régulièrement entravée. Le rappeur El Mahdi Lyoubi a été arrêté et se voit imposer un procès vendredi 31 juillet. Tout cela explique, selon la représentante associative, qu’autant de personnes aient tenté le passage de la frontière à Ceuta ces jours-ci.

      Mais selon El País, des milliers de personnes rebroussent chemin vers le Maroc, faute de pouvoir être accueillies correctement dans l’enclave. Selon le ministère de l’intérieur espagnol, 25 000 personnes seraient déjà rentrées. Dans toute cette histoire, conclut Khadija Anani, « gardons en tête les dégâts humains, car le bilan des morts risque encore de s’alourdir ».

      https://www.mediapart.fr/journal/international/310726/les-migrants-marocains-de-ceuta-victimes-des-politiques-migratoires-europe
      #mourir_aux_frontières #morts_aux_frontières #chiffres #statistiques #afflux #invasion #Melilla #instrumentalisation #extrême_droite #racisme #jeunesse #jeunesse_marocaine

    • Drame de Ceuta : jusqu’où ira l’#indignité ?

      Plus de 70 personnes officiellement décédées, sans doute plus de 130 selon les associations. De ce qui s’est passé à Ceuta ces derniers jours, on aimerait d’abord que l’on retienne cela : ces vies brisées, ces histoires, ces noms et ces visages. Mais comme bien souvent, la plupart des réactions et des polémiques effaceront cette dimension humaine. Alors il faut le redire, sans relâche, contre l’indifférence et la banalisation.

      Au-delà de la situation historique et géographique spécifique de l’enclave espagnole de Ceuta sur le continent africain, au-delà de la crise sociale et des inégalités particulièrement prégnantes au Maroc, les événements de la semaine dernière sont venus une nouvelle fois rappeler comment les personnes migrantes peuvent être aujourd’hui l’objet de bien des instrumentalisations géopolitiques, une dimension renforcée par les logiques d’externalisation des politiques migratoires européennes ; et comment l’obsession de ces politiques pour la fermeture aux « indésirables » ne peut que conduire à de telles situations de tensions, de marchandage, tant rien ne peut faire complétement obstacle à l’espoir d’une autre vie pour celles et ceux qui sont prêts à tout pour partir.

      Mais ce à quoi nous assistons autour du drame de Ceuta est surtout sidérant d’escalade dans l’indignité.

      Escalade dans le degré de #mensonges et de #contre-vérités véhiculés par des responsables politiques, bien au-delà des rangs de l’extrême droite, par divers influenceurs et relais médiatiques : alimentation irraisonnée de l’existence d’un risque « d’arrivée massive » de personnes migrantes sur le continent européen, alors que l’enclave n’est pas dans l’espace Schengen et qu’il n’est pas possible de rejoindre l’Espagne sans contrôle ; prétendu lien avec la politique de régularisation conduite par le gouvernement espagnol, procédure qui n’est pourtant plus ouverte aujourd’hui, dont les critères ne pouvaient en aucun cas concerner les personnes arrivées à Ceuta ces derniers jours.

      Escalade dans la mécanique, désormais si bien rodée, d’instrumentalisation au service de l’agenda politique de celles et ceux qui entretiennent les peurs pour vanter leurs propositions autoritaires et xénophobes : alimentation du fantasme de la « submersion », à coup d’images et de commentaires haineux ressassés jusqu’à la nausée, précipitation sur le terrain pour alimenter les paniques identitaires, dénonciation d’une « menace existentielle » … Un retournement d’analyse bien pathétique quand on pense aux vraies menaces existentielles (drames climatiques, conflits armés…) que nous vivons en cet été 2026…

      Escalade enfin dans la surenchère répressive et sécuritaire qui a été la réponse de la plupart des pays européens : priorité au renforcement du contrôle des frontières, alors qu’il était bien impossible aux personnes migrantes arrivées à Ceuta de gagner facilement le continent européen ; aucune considération pour les questions humanitaires et le respect des droits fondamentaux. Et lundi 3 août, la lettre des 22 pays amenés par l’Italie et le Danemark, demandant de nouvelles mesures de contrôle et de fermeture, dénonçant la politique espagnole de régularisation, a été un nouveau signe plus qu’alarmant d’une dérive sans fin de l’Union européenne, sous l’impulsion d’une alliance droite et extrême droite qui la guide désormais sur les questions migratoires.

      Jusqu’où cela va-t-il aller ? Après le pacte asile et migration en application depuis juin dernier, après le règlement retour et ses « hubs de retour » en dehors de l’UE, renforçant encore les logiques d’enfermement, d’expulsion, d’externalisation et d’atteintes aux droits, quelle va être la prochaine étape ?

      La réunion des ministres de l’Intérieur tenue ce mardi 4 aout, si elle n’a fait l’objet d’aucune véritable annonce nouvelle, tant les dispositifs de contrôle et de répression sont déjà présents, a néanmoins confirmé le registre de la menace et de l’obsession, notamment via les technologies de surveillance, du contrôle et de la fermeture.

      Alors qu’en France comme dans d’autres pays européens s’ouvrent de cruciales séquences électorales risquant d’être autant de prétextes à de nouvelles instrumentalisations et surenchères, il y a urgence, sous peine de basculer demain dans un avenir encore plus cauchemardesque, à dénoncer sans faillir ces mécaniques toxiques. Et à opposer à l’incapacité aujourd’hui dramatique de l’Union européenne et de ses Etats à concevoir des politiques migratoires, hors du paradigme de la répression et de la logique de « la forteresse assiégée » servant principalement ses intérêts ; des politiques fondées sur le respect des droits humains, l’égalité de traitement, les coopérations d’égal à égal et les solidarités internationales. Les seules à même de pouvoir garantir notre avenir collectif, dans un monde où, plus que jamais, les migrations en seront demain le cœur battant.

      https://www.lacimade.org/drame-de-ceuta-jusquou-ira-lindignite

  • Voici pourquoi les manifestations « cafards » en Inde ont connu un tel succès – et pourquoi « l’effet Mamdani » laisse présager d’autres manifestations à venir

    Ces jeunes leaders/leadeuses sont éloquent·es et bien organisé·es – et elles et ils savent désormais à quoi ressemble la victoire. Cela pourrait bien devenir un véritable casse-tête pour Narendra Modi

    La rébellion des jeunes en Inde, menée par le parti Cockroach Janta (CJP), s’est déroulée dans un décor composé de grandes structures géométriques abstraites – arcs, plans, hémisphères – qui, ensemble, forment un observatoire appelé Jantar Mantar, construit au début du XVIIIe siècle pour affiner les almanachs et mesurer le temps. Depuis des décennies, le Jantar Mantar est synonyme de contestation politique : il désigne l’espace que la police de Delhi réserve aux mécontent·es politiques afin qu’elles et ils puissent exprimer leur colère de manière contrôlée. Mais il n’avait encore jamais accueilli une insurrection politique partie de zéro et qui a contraint l’État indien à céder en moins de huit semaines.

    Lorsque son fondateur, Abhijeet Dipke, a amené le CJP à Jantar Mantar, il s’agissait d’un hashtag sur les réseaux sociaux comptant 20 millions d’abonné·es. Alors qu’il étudiait à Boston, Dipke s’est emparé des propos du président de la Cour suprême Surya Kant, accusé d’avoir qualifié les hordes de jeunes chômeurs/chômeuses et de militant·es de « parasites » et de « cafards », et les a transformés en un mème annonçant « nous voilà ». Lorsqu’il a ramené le CJP à Delhi le 6 juin pour lui donner vie, les personnes étaient intrigués.e Compte tenu du sort généralement lamentable réservé aux mouvements de la société civile sous le mandat du Premier ministre Narendra Modi, personne n’avait anticipé le combat de David contre Goliath qui a atteint son paroxysme samedi dernier.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/07/31/voici-pourquoi-les-manifestations-cafards-en-i

    #inde

  • La démocratie des cafards : sans armes, mais dangereuse

    Peut-on tromper tout le monde tout le temps ? Un pays comptant un milliard et demi d’habitants peut-il être traîné comme un cadavre pour l’éternité ? Non, c’est impossible. Les cafards sont de sortie. Pour la première fois depuis des années, c’est merveilleux d’être Indien. Juste au moment où l’espoir semblait perdu, ils sont arrivés. De jeunes cafards, portés par la pluie. La progéniture de l’union impie entre un juge et une plaisanterie.

    Nous connaissons tous l’histoire, mais la voici, pour mémoire. En réponse à un commentaire arrogant et méprisant du président de la Cour suprême indienne, Surya Kant, qui avait qualifié certains jeunes Indiens sans emploi de « cafards », Abhijeet Dipke, un étudiant vivant à Boston, a publié un commentaire sur Instagram : « Et si tous les cafards s’unissaient ? » Des millions de personnes ont réagi. C’est ainsi qu’est né le Cockroach Janta Party. Dipke est devenu le joueur de flûte des cafards. Sa première revendication a été la démission de Dharmendra Pradhan, le ministre de l’Éducation qui trône avec suffisance à la tête d’un ministère corrompu et pourri, sous l’égide duquel les sujets d’examens publics font régulièrement l’objet de fuites. On en dénombre environ 152 depuis 2014, selon les partis d’opposition. Ces fuites ont bouleversé la vie de millions de jeunes qui ont passé des années à se préparer à ces examens, dont certains parents ont dû vendre leurs terres ou leurs maisons pour financer les études de leurs enfants et payer les frais d’inscription à ces épreuves. Une forme inédite d’extorsion légale. Après la récente fuite du sujet du National Eligibility cum Entrance Test (NEET), douze étudiants désespérés et brisés se sont donné la mort.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/07/28/la-democratie-des-cafards-sans-armes-mais-dang

    #inde

  • „Kakerlaken“-Proteste in Berlin
    https://www.german-foreign-policy.com/news/detail/10495

    La révolte des cafards arrive en Allemagne. Ceci est le seul article en allemand traitant la nouvelle. Les autres médias préfèrent s’intéreresser au déraillement d’un jeune homme d’origine arabe aux conséquences moins graves que le transport automobile quotidien

    Leur xénophobie et leur nationalisme les font soigner l’image de l’esclave bazané dangereux, propagande implicite pour leur propre culture supérieure.

    Merci aux journalistes de German Foreign Policy pour faire la différence.

    28.7.2026 - NEW DELHI/BERLIN (Eigener Bericht) – Erstmals hat sich in der vergangenen Woche die breite Protestbewegung in Indien nach Deutschland ausgeweitet. In Berlin gingen zahlreiche indische Studierende auf die Straße, um ihre Solidarität mit der Protestbewegung in ihrem Herkunftsland zu zeigen und ihren Unmut über Indiens Regierung unter Premierminister Narendra Modi Ausdruck zu verleihen. In Indien waren Proteste gegen ernste Missstände im indischen Bildungswesen zu Massenprotesten angewachsen, die sich von der ursprünglichen Forderung nach einem Rücktritt des Bildungsministers – dieser ist inzwischen erfolgt – zu Protesten gegen Ministerpräsident Modi auszuweiten begannen. Sie wurden weitgehend von der Generation Z getragen, beruhen aber auf hoher Jugendarbeitslosigkeit und entsprechend desolaten Zukunftsaussichten für viele. Dass in Berlin indische Studierende auf die Straße gingen, von denen sich die Bundesregierung vor allem eine Deckung des deutschen Fachkräftebedarfs erhofft, zeigt, dass sie kein passives Arbeitskräftereservoir erhält, sondern aktive, selbstbewusste Menschen. Mit der Regierung Modi, gegen die sich ihre Proteste richteten, arbeitet Berlin immer enger zusammen.
    Der erste Rücktritt unter Modi

    Der indische Bildungsminister Dharmendra Pradhan trat am vergangenen Samstag zurück, nachdem sich die Studentenproteste gegen die regierende Bharatiya Janta Party (BJP, Indische Volkspartei) im ganzen Land ausgebreitet hatten. Nach mehr als einem Monat studentischer Demonstrationen, die in Delhi begonnen hatten, reichte Pradhan am Samstagnachmittag seinen Rücktritt ein.[1] Dies ist der erste Rücktritt eines Ministers der Zentralregierung seit Narendra Modis Wahl zum Premierminister im Jahr 2014. Der Rücktritt erfolgte einen Tag, nachdem eine hochrangige Regierungsdelegation mit Vertretern der Cockroach Janta Party (CJP, Kakerlaken-Volkspartei) zusammengetroffen war, einer satirischen Online-Bewegung, die die Studentenproteste anführte.[2] Das zweistündige Treffen endete ohne endgültige Entscheidung, wobei die Regierung um Zeit bis Samstagnachmittag bat, um auf die zentrale Forderung der CJP nach Pradhans Rücktritt zu reagieren. Nach der Demission des Bildungsministers wurde Pralhad Joshi zu seinem Nachfolger ernannt.[3]
    Die „Kakerlaken“

    Die Studentenproteste in Indien waren ausgebrochen, nachdem Berichten zufolge die Prüfungsfragen für eine der wichtigsten landesweiten Prüfungen für angehende Ärzte, den „National Eligibility cum Entrance Test (Undergraduate)“ (NEET-UG), vorzeitig veröffentlicht worden waren. Kurz darauf kündigte die Regierung die Wiederholung der Prüfung an, die am 3. Mai stattfand, was wiederum bedeutete, dass mehr als zwei Millionen Studenten eine weitere Prüfungsrunde durchlaufen mussten.[4] Rund 20 Studierende nahmen sich aufgrund des Prüfungsstresses und ihrer Prüfungsängste das Leben.[5] Sofort wurden Forderungen nach dem Rücktritt von Bildungsminister Pradhan laut. Wenig später, am 15. Mai, verglich der Oberste Richter Indiens, Surya Kant, in einem separaten Vorfall mündlich die arbeitslosen Jugendlichen des Landes im Obersten Gerichtshof mit „Kakerlaken“.[6] Die Äußerungen lösten heftigen Unmut unter Studierenden aus. Ein indischer Student an der Boston University, Abhijeet Dipke, richtete daraufhin eine Instagram-Seite mit dem Namen Cockroach Janta Party ein, die rasch Millionen von Followern gewann.[7]
    Aus den sozialen Medien auf die Straße

    Als die Proteste rund um die Vorabveröffentlichung der Prüfungsfragen zunahmen, errichtete die CJP am 20. Juni ein Protestlager in Delhi, das nach und nach die Unterstützung vieler Aktivisten und auch großer politischer Parteien gewann.[8] Sonam Wangchuk, ein bekannter Umweltaktivist, schloss sich am 28. Juni den Protesten an und trat in einen unbefristeten Hungerstreik, um die Forderung der CJP nach Pradhans Rücktritt zu unterstützen.[9] Als der Druck auf die Regierung unter Modi wuchs, in einen Dialog mit den Studierenden zu treten, holte die Polizei in Delhi Wangchuk am frühen Morgen des 18. Juli zwangsweise vom Protestort ab und brachte ihn gegen seinen Willen in ein Krankenhaus.[10] Aus Protest kündigte die CJP daraufhin für den 20. Juli einen Marsch zum Parlament an. Am Tag des Marsches ging die Polizei in Delhi brutal gegen mehr als 100.000 Studierende vor, was heftige Kritik aus weiten Teilen der indischen Gesellschaft hervorrief – nicht zuletzt von Arbeiter- und Bauernverbänden.[11] Damit erreichten die Proteste nationales Ausmaß; laut Berichten in den sozialen Medien fanden am selben Tag an mehr als 100 Orten im ganzen Land Demonstrationen statt.
    „Von Dharmendra zu Narendra“

    Der Rücktritt erfolgte erst zu einem Zeitpunkt, als die landesweiten Proteste bereits ein erhebliches Ausmaß angenommen hatten. Nacheinander wurden Demonstrationen und Streiks ausgerufen, während sich spontane Massenmobilisierungen zu formieren begannen. Am 25. Juli, als die Proteste im ganzen Land immer noch stärker wurden, kam es im Bundesstaat Bihar in Zentralindien zu Protesten, die die dort eingesetzten Sicherheitskräfte vollständig überforderten.[12] Yogendra Yadav, ein prominenter Sozialaktivist, erklärte vor einer Gruppe von Journalisten am Protestort Jantar Mantar, einem astronomischen Observatorium aus dem 18. Jahrhundert in Delhi, der Unmut verlagere sich von „Dharmendra zu Narendra (Modi)“ [13]: Seit der Festnahme von Sonam Wangchuk am 18. Juli habe sich die Stimmung in der Bevölkerung, obwohl die offizielle Forderung der Bewegung lediglich der Rücktritt des Bildungsministers war, gegen Modi gewendet. Tatsächlich traten die Forderungen nach Pradhans Rücktritt in den Hintergrund; immer mehr Menschen richteten ihre Wut ausdrücklich gegen Modi.
    Der Gen-Z-Faktor

    Die Proteste wurden im Großen und Ganzen von der sogenannten „Generation Z“ getragen – also den zwischen 1997 und 2010 Geborenen.[14] Der Kreativität dieser Generation, die mit den sozialen Medien aufgewachsen ist, wird es zugeschrieben, dass sie mit witzigen und satirischen Social-Media-Inhalten die Sympathien von Menschen aller Altersgruppen sowie sozialer Schichten gewinnen konnten.[15]. Die Inhalte wurden dabei in so großer Menge produziert, dass sie die staatstragenden Argumentationen schlichtweg überwältigten. Dahinter steht allerdings ein tieferer sozialer Hintergrund. Die Jugend in Indien – wie auch in vielen anderen Ländern – sieht sich derzeit mit düsteren Beschäftigungsaussichten und mit entsprechenden harten Abstiegsperspektiven konfrontiert. Laut der regelmäßigen Arbeitskräfteerhebung der Regierung für das Jahr 2025 war jeder vierte Inder zwischen 15 und 29 Jahren weder erwerbstätig noch in Ausbildung oder in Weiterbildung.[16] Seit Pradhans Rücktritt wurden zwar die Proteste von der CJP eingestellt; der ursprüngliche Protestort am Jantar Mantar ist vollständig geräumt worden.[17] Nicht verbessert hat sich allerdings die soziale Lage der Protestierenden. Ein Wiederaufleben der Proteste ist – früher oder später – nicht ausgeschlossen.
    Kein passives Arbeitskräftereservoir

    Dabei hat sich die Protestbewegung erstmals auch nach Deutschland ausgeweitet. In der vergangenen Woche gingen auch in Berlin zahlreiche indische Studierenden auf die Straße, um ihre Solidarität mit den Demonstranten in Indien zu zeigen und ihrem Unmut über die Regierung unter Modi Ausdruck zu verleihen. Mit dieser wiederum arbeitet die deutsche Regierung seit Jahren immer enger zusammen – nicht zuletzt, um sich gemeinsam gegen China in Stellung zu bringen.[18] Die Korruption und die steigende Repression unter Modi stehen dem nicht im Weg. Dass nun auch indische Studierende in Deutschland gegen die Regierung in Delhi auf die Straße gehen, zeigt zudem: Menschen aus Indien, die in Deutschland gezielt angeworben werden, um den hiesigen Arbeitskräftebedarf nicht bloß in der Pflege, sondern auch in den sogenannten MINT-Fächern (Mathematik, Informatik, Naturwissenschaften, Technik) zu decken [19], sind nicht das in Berlin gewünschte passive Arbeitskräftereservoir; sie haben eigene politische Vorstellungen, die sich mit denen der Bundesregierung nicht decken, und gehen für sie zunehmend auch auf die Straße.

    [1] Rhea Mogul: India’s education minister resigns after days of ‘Cockroach’ youth protests over exam paper leaks. cnn.com 25.07.2026.

    [2] News Desk: Govt ready on 2 demands, CJP adamant on Pradhan’s resignation: What happened in round 2 of talks. timesofindia.com 24.07.2026.

    [3] The Hindu Bureau: Pralhad Joshi takes charge as Education Minister. thehindu.com 26.07.2026.

    [4] Manikant Mishra: Vyapam to NEET: Here’s a 10-year timeline of paper leak scandals. tribuneindia.com 17.05.2026.

    [5] Philipp Wang: ‘Cockroach Movement’ Forces Out India’s Education Minister. time.com 25.07.2026.

    [6] Gurdeep Sappal: The Chief Justice Called Them Cockroaches. History Knows Where That Language Leads. thewire.in 16.05.2026.

    [7] Zoya Mateen: India has a new political superstar - a cockroach. tbc.com 21.05.2026.

    [8] PTI: CJP protesters continue sit-in at Jantar Mantar; more supporters gather overnight. theprint.in 22.07.2026.

    [9] Simon Fraser: The hunger-striking engineer demanding education reforms in India. bbc.com 21.07.2026.

    [10] Geeta Pandey: Indian activist on hunger strike for 20 days forcibly taken to hospital. bbc.com 18.07.2026.

    [11] Vidya Krishnan: In India, fear has switched sides. aljazeera.com 23.07.2026.

    [12] Amit Bhelari: Bihar bandh turns violent; police open fire in Siwan, injuring three protesters. thehindu.com 25.07.2026.

    [13] www.instagram.com/reels/DbN8RTEsFgA/

    [14] Esther Sun: From Boomers to Beta: A Guide to the Generation Names. today.com 26.09.2025.

    [15] Hannah Ellis-Petersen: India’s Cockroach Janta party protest victory signals trouble ahead for Modi. theguardian.com 26.07.2026.

    [16] National Statistics Office Ministry of Statistics and Programme Implementation Government of India: Periodic Labour Force Survey Annual Report, 2025 [January 2025 – December 2025]. 27.03.2026.

    [17] India’s ’cockroach’ protesters call off strike as education minister resigns. bbc.com 25.07.2026.

    [18] S. dazu Auf der Suche nach Alternativen.
    https://www.german-foreign-policy.com/news/detail/10260

    [19] S. dazu Arbeitskräfteimport aus Indien.
    https://www.german-foreign-policy.com/news/detail/10092

    #Allemagne #Inde #protestations #parti_des_cafards

  • La réappropriation de ses données

    Lu sur Satanic Mechanic

    Aujourd’hui, les services en ligne nous offrent tout type d’hébergement pour nos besoins. Cela va des blogs aux services complexes comme des messageries d’entreprise avec partage de calendrier et de documents. Mais cela pose deux grands débats :
    1. comment ces plate-formes utilisent nos données ?
    2. qu’advient-il de nos données en cas d’arrêt du service ou de modification des conditions d’utilisation ?

    Dernier point, comment faire pour rester maître de ses données et de ses informations ?

    https://www.satanicmechanic.fr/la-reappropriation-de-ses-donnees

    #donnees #indépendance #patriotact

  • IG Metall Berlin: Spagat zwischen Friedenspolitik und Arbeitsplatz
    https://www.nd-aktuell.de/artikel/1201366.militarisierung-ig-metall-berlin-spagat-zwischen-friedenspolitik-

    Protest gegen die Munitionsfabrik in Berlin-Wedding – Im Werk wurden bisher Autoteile produziert, jetzt Artilleriemunition. Foto: AFP/TOBIAS SCHWARZ

    25.7.2026 von Peter Nowak - Eine Erklärung der Berliner IG-Metall zur Munitionsfabrik des Rüstungskonzerns Rheinmetall in Berlin-Wedding sorgt für Diskussionen und Kritik.

    Seit über einem Jahr sorgt die Umwandlung einer Autofabrik in eine Waffenschmiede im Berliner Stadtteil Wedding für Proteste. Höhepunkt waren Aktionstage vom 10. bis zum 12. Juli. Zum Abschluss demonstrierten über 4000 Menschen gegen Rheinmetall im Wedding. Kurz danach hat sich die IG-Metall mit einer Stellungnahme zu Wort gemeldet, in der sie ihre friedenspolitischen Grundsätze betonte und gleichzeitig die Beschäftigten in ihrer Hoffnung auf sichere Arbeitsplätze durch Rüstungsproduktion unterstützte. »Unser friedenspolitischer Auftrag und die Interessenvertretung der Beschäftigten gehören untrennbar zusammen«, heißt es in der Erklärung.

    Die Zweite Bevollmächtigte und Geschäftsführerin der IG-Metall Berlin Ines Beeck versuchte sich in einem Spagat. »Unsere Satzung verpflichtet uns, uns für Frieden, Abrüstung und Völkerverständigung einzusetzen. Das ist ein unverrückbarer Grundsatz der IG Metall«, betont sie. »Gleichzeitig ist es unsere Aufgabe, die Interessen der Beschäftigten zu vertreten. Die Kolleginnen und Kollegen haben nicht über die strategische Neuausrichtung ihres Unternehmens entschieden. Sie haben aber ein Recht auf sichere Arbeitsplätze, gute Arbeitsbedingungen und eine starke Mitbestimmung«, so die Berliner IG-Metall-Geschäftsführerin.

    »Unser friedenspolitischer Auftrag und die Interessenvertretung der Beschäftigten gehören untrennbar zusammen.« IG Metall Berlin

    Bereits im vergangenen Jahr hatten der Betriebsratsvorsitzende des Weddinger Werks Bernd Benninghaus und sein Stellvertreter Martin Wolfgang Hoffmann in einem Interview den Wandel zur Rüstungsproduktion als ein »in die Zukunft gerichtetes positives Zeichen« klassifiziert. Beide Betriebsräte betonen, dass dadurch ihre Arbeitsplätze für mehrere Jahre gesichert würden.

    Das Berliner Bündnis gegen Waffenproduktion, das die Proteste gegen den Rüstungskonzert organisierte, hat sich in einem differenzierten Statement mit der IG-Metall-Erklärung befasst. »Die Sicherung der Existenz und Rechte aller Beschäftigten ist uns wichtig. Aber es kann uns politisch nicht egal sein, ob die Produkte, die wir herstellen, gesellschaftlichen Nutzen bringen oder Tod und Zerstörung«, betonen die Antimilitarist*innen. Durch Aufrüstung werde weder die Wirtschaft angekurbelt noch bringe sie in der Summe ein Mehr an Arbeitsplätzen. Stattdessen müsse die Produktion von zivilen Produkten gefördert werden.

    »Es kann uns politisch nicht egal sein, ob die Produkte, die wir herstellen, gesellschaftlichen Nutzen bringen oder Tod und Zerstörung.« Berliner Bündnis gegen Waffenproduktion

    Die Berliner Antimilitarist*innen verweisen auf Initiativen der IG Metall-Vertrauenskörper großer Autowerke wie zum Beispiel Mercedes-Benz Stuttgart-Untertürkheim oder der Fordwerke Köln, die sich gegen Rüstungsproduktion aussprechen. Die IG-Metall wird vom antimilitaristischen Bündnis ausdrücklich eingeladen, an Veranstaltungen und Diskussionen des Berliner Bündnisses gegen Waffenproduktion teilzunehmen. Eine gute Grundlage dafür wäre eine Entschließung, die auf der Delegiertenversammlung der Berliner IG-Metall am 18. September 2025 unter dem Titel »Frieden und Abrüstung statt Kriegsvorbereitung« verabschiedet wurde. Dort wurde die IG-Metall zu mehr Engagement im Kampf für Frieden und Abrüstung aufgefordert.

    Wesentlich schärfer geht das Bündnis »Sagt NEIN! – Gewerkschafter*innen gegen Krieg, Militarismus und Burgfrieden« mit der Berliner IG-Metall ins Gericht. »Es ist die konsequente Fortsetzung des opportunistischen Burgfriedenskurses des IG-Metall-Vorstandes«, monieren die antimilitaristischen Kritiker*innen in einer Presseerklärung. Sie verweisen darauf, dass der zweite Vorsitzende der der IG-Metall Jürgen Kerner bereits 2025 auf einem Kongress des »Handelsblatt« Seite an Seite mit Vertreter*innen der Bundeswehr und dem Rheinmetall-Konzern für einen Einzug der Automobilindustrie in die militärische Produktion warb.

    #Berlin #Gesundbrunnen #armement #industrie #syndicalisme #IG_Metall

  • recherches et pistes sur l’ #impact_climatique des guerres

    – 2001 Conséquences de la guerre en Yougoslavie pour l’environnement de l’Europe du sud-est
    https://assembly.coe.int/nw/xml/XRef/X2H-Xref-ViewHTML.asp?FileID=9143&lang=fr#P185_24065

    – 1961 Les effets biologiques des armes nucléaires
    https://www.monde-diplomatique.fr/1961/10/ESCOFFIER_LAMBIOTTE/24452

    – 2020 Liste des événements analysés dans le cadre de la synthèse « Accidentologie industrielle déclenchée ou aggravée par les fortes chaleurs » 130 pages. https://www.aria.developpement-durable.gouv.fr/wp-content/uploads/2020/06/Annexe-synthese-fortes-chaleurs.pdf

    – 2026 « 45 °C sous les tentes » : Israël restreint l’accès des Palestiniens à l’eau et à la fraîcheur en pleine canicule
    https://seenthis.net/messages/1183530

    – (dont follow me)

    #guerre #génocide #pyrotoxines #explosion #Écocide #bombes #environnement #ecologie #industries_militaires #politique

  • 30 000 morts en cinq jours : en #Inde, le coût humain exorbitant des #canicules
    https://www.lemonde.fr/planete/article/2026/07/18/30-000-morts-en-cinq-jours-en-inde-le-cout-humain-exorbitant-des-canicules_6

    Le pays le plus peuplé au monde est aussi l’un des plus exposé aux chaleurs humides extrêmes. Une étude vient de calculer pour la première fois la surmortalité liée aux chaleurs extrêmes en Inde, de plus en plus fréquentes.

    On ignorait jusqu’à présent le coût humain des vagues de #chaleur en Inde, le pays le plus peuplé au monde, avec 1,4 milliard d’habitants. Le gouvernement indien ne livre quasiment aucune donnée fiable dans nombre de domaines, en particulier dans celui de la santé. Une étude scientifique de l’India Energy and Climate Center de l’université de Californie à Berkeley aux Etats-Unis, publiée dans la revue Frontiers in Environmental Health, vient de calculer, pour la première fois, la mortalité liée aux canicules, définies en Inde lorsque les températures franchissent les 40 °C dans les plaines, 37 °C dans les régions côtières et 30 °C en montagne. Une seule journée de chaleur extrême en Inde entraîne 3 400 décès excédentaires. Cinq jours de canicule se soldent par 30 000 morts.

    #ministère_du_futur #ksr

  • Taylor Farms to Remove Products After Lettuce Is Linked to Cyclospora Cases - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2026/07/17/business/cyclospora-taylor-farms-lettuce.html

    Ah la beauté du capitalisme agroindustriel concentré et transnational.

    Taylor Farms, one of the nation’s largest producers of leafy greens and fresh vegetables, said on Friday that it would remove its products at the center of a cyclosporiasis outbreak that has sickened more than 1,600 people.

    Based in California, the family-owned company is in the spotlight after the Centers for Disease Control and Prevention linked an outbreak of cyclosporiasis to iceberg lettuce that Taylor Farms supplied to certain Taco Bell restaurants, according to two federal officials who declined to be named Thursday night.

    Today, Taylor Farms is a vegetable behemoth, selling more than $7 billion worth of produce each year to grocery stores and restaurant chains. It grows food in more than a dozen states, as well as in Mexico and Canada, and has 30 processing facilities and 25,000 employees. Last year it said it made more than 40 percent of all salad kits sold in American groceries and provided 265 million servings of fresh vegetables each week.

    But much of its sales to grocery retailers and restaurants are a mystery. The company — like other food producers — does not disclose which grocery stores or restaurants use its leafy greens or other vegetables.

    Adding to the confusion, Taylor Farms sells most of its products to food distributors, who, in turn, sell them to restaurants and grocery stores.

    other states that are unrelated, the C.D.C. said in its notice posted Thursday night.

    For years, Taylor Foods has emphasized the importance of safety in the lettuce and the other produce it grows, knowing one incident can quickly wipe out consumer trust.

    “Our whole industry relies on consumer confidence in the health and safety of our products,” Mr. Taylor said in an interview published earlier this year in Western Farm Press, a trade publication that focuses on farmers and ranchers. “All we can do is make sure we’re taking the steps that we know to take to ensure we’re producing safe food for our fellow Americans.”

    The F.D.A.’s investigation into the outbreak appears to be focused on a farm in Mexico that grew the iceberg lettuce, and a facility nearby that shredded it, according to administration officials.

    Taylor Farms has two processing facilities in Mexico, one in Baja California and another in Guanajuato.

    Food and safety experts said this cyclosporiasis outbreak demonstrated the difficulty in completely eliminating risk from a food supply chain that often stretches across multiple countries and a number of growers, packagers, distributors and sellers who operate under different laws and with different food safety standards.

    Over the years, Taylor Farms has been linked to previous outbreaks of food-borne illnesses. In 2013, following three recalls, the company was investigated by health officials in connection with an outbreak of illness that sickened hundreds of people in 22 states that involved greens used at Olive Garden, Red Lobster and possibly other restaurant chains.

    More recently, health officials considered the company a likely source of an E. coli outbreak linked to onions served at McDonald’s in 2024 that resulted in 104 illnesses, 34 hospitalizations and one death. In October of that year, Taylor Farms recalled yellow onions.

    Mr. Taylor, the company’s founder, has played a powerful role in the fresh produce industry. When two major produce associations joined forces in 2022 to form the International Fresh Produce Association, he was the inaugural chairman.

    #Agroalimentaire #Industrie #Salades #Agro-capitalisme