#judith_bernard

  • Hors-Série - Des entretiens filmés avec de la vraie critique dedans

    https://www.hors-serie.net/Dans-le-Texte/2020-01-11/Macronisme-le-regime-de-l-antiphrase-id386

    Ludivine Bantigny :

    « ...Prendre soin des mots abîmés, détournés de leur sens ou détruits par la langue sans vergogne du pouvoir, ce n’est pas qu’une question de lexique. C’est une vision d’un monde à défendre »


    @laurencedecock1

    Mais quelle est donc cette « réalité » d’où le macronisme parle, pour qu’à chaque énoncé produit par le président ou l’un de ses avatars, nous soyons effarés devant l’impudence des contrevérités, au point de demeurer souvent interdits, incertains que la langue puisse encore nous secourir puisqu’elle est par eux méthodiquement détruite ? Pour ma part, j’ai résolu d’appeler « régime de l’antiphrase » cette caractéristique structurante du Macronistan : son principe est de produire des énoncés qui sont la contradiction exacte des réalités qu’ils prétendent décrire. Ainsi baptise-t-il « Ecole de la confiance » une reconfiguration de l’institution qui généralise la suspicion, « Bienvenue en France » une réforme qui refoule les étudiants extracommunataires par des coûts d’inscription prohibitifs, « dialogue républicain et respectueux » un déluge de violences policières coupable d’avoir arraché cinq mains et explosé vingt-cinq yeux, ou encore « Grand débat » un interminable monologue présidentiel d’où la contradiction fut soigneusement évincée ou répudiée.

    #mots #macronisme #novlangue_macroniste #mensonge #gouvernement_par_le_mensonge #anti-mots #mots_discours #anti_phrases #lmsi

  • Le « conatus » vous dis-je !
    http://www.politis.fr/Le-conatus-vous-dis-je,26796.html

    Si vous n’avez pas déjà vu Bienvenue dans l’angle alpha, ne manquez pas les prochaines représentations, en juin, à la Manufacture des Abbesses. Cette pièce, mise en scène par Judith Bernard et sa troupe Ada-Théâtre, est une adaptation du livre de Frédéric Lordon, Capitalisme, désir et servitude. Marx et Spinoza (La Fabrique, 2010). La complicité entre eux est grande, puisque c’est elle aussi qui avait mis en scène d’Un retournement l’autre, une comédie en alexandrins.

    Cette pièce jubilatoire fouaille et met à nu les ressorts de l’univers du travail. Les deux pivots en sont : une double échelle, rouge, objet magique symbolisant la pyramide hiérarchique, l’échelle sociale, la volonté d’ascension vers le sommet, la croissance, bref, le monde capitaliste dans toute sa splendeur, et le « conatus », concept-clé de la pensée de Spinoza.

    #Lordon #Judith_bernard #Conatus #theatre #capitalisme #Spinoza

  • Grégoire Chamayou et « la théorie du drone »

    http://www.youtube.com/watch?v=9_vklqXvElw

    Alors que les #drones militaires se multiplient et que les drones civils sont entrain d’arriver, #Grégoire_Chamayou, philosophe au #CNRS, nous présente son livre Théorie du drone, dans l’émission « Dans le texte » présentée par #Judith_Bernard.
    Ils nous parlera pendant cet échange des arguments utilisés par le gouvernement pour légitimer les drones, mais aussi de la redéfinition de la #guerre apportée par ces nouvelles technologies, ainsi que des risques encourues par les populations.

    #D@ns_le_texte

    http://www.youtube.com/watch?v=Da9pMlBI6OI

    Grégoire Chamayou était le mardi 21 mai 2013 à la librairie l’#Harmattan à Lille pour présenter son dernier livre édité par #La_Fabrique : "Théorie du drone". Rencontre aussi passionnante qu’inquiétante autour des usages militaires des technologies du drone et, qui, contrairement aux discours de légitimation qu’ils entraînent dans leurs sillages, recomposent dangereusement les conceptions des interventions militaires dans le monde et ignorent le #droit_international. A l’heure où le gouvernement nous engage dans l’acquisition de deux drones, Grégoire Chamayou met salutairement en lumière les enjeux que cela représente, y compris pour les usages potentiels de cette technologie à l’intérieur même de notre territoire national.

    Présentation de l’éditeur :

    Le #drone est l’instrument d’une violence à distance, où l’on peut voir sans être vu, toucher sans être touché, ôter des vies sans jamais risquer la sienne.

    Cette forme de violence télécommandée, qui à la fois supprime le face-à-face et fait éclater la distance impose de repenser des concepts apparemment aussi évidents que ceux de combattant (qu’est-ce qu’un combattant sans combat ?) ou de zone de conflit (où a lieu, une telle violence, écartelée entre des points si distants ?). Mais, plus radicalement, c’est la notion de « guerre » qui entre elle-même en crise : le drone est l’emblème de la « chasse à l’homme préventive », forme de violence qui débouche, à mi-chemin entre guerre et police, sur des campagnes d’exécutions extrajudiciaires menées à l’échelle globale.

    Cette tentative d’#éradication absolue de toute réciprocité dans l’exposition à la #violence reconfigure non seulement la conduite matérielle de la violence armée, techniquement, tactiquement, mais aussi les principes traditionnels d’un #ethos militaire officiellement fondé sur la bravoure et l’esprit de sacrifice. Car le drone est aussi l’arme du #lâche : celle de ceux qui ne s’exposent jamais. Cela n’empêche pourtant pas ses partisans de la proclamer être l’arme la plus éthique que l’humanité ait jamais connue. Opérer cette conversion morale, cette transmutation des valeurs est la tâche à laquelle s’attellent aujourd’hui des philosophes américains et israéliens qui œuvrent dans le petit champ de l’#éthique militarisée. Leur travail discursif est essentiel pour assurer l’acceptabilité sociale et politique de cette arme. Dans ces discours de légitimation, les « éléments de langage » de marchands d’armes et de porte-parole des forces armées se trouvent reconvertis, par un grossier processus d’alchimie discursive, en principes directeurs d’une philosophie éthique d’un nouveau genre — une « #nécroéthique », dont il est capital de faire la critique.

    Grégoire Chamayou est chercheur en philosophie au CNRS, dans l’équipe CERPHI à l’ENS-LSH. Il a publié, à La fabrique, Les chasses à l’homme (2010).

    • En bon paranoïaque, il faut se poser la question du « pourquoi » des drones militaire. Les drones militaires sont une étape dans l’escalade à non pas la « guerre globale » mais plutôt la « domination globale ». Le drone est une arme qui nécessite des moyens techniques et financiers. C’est donc une arme de guerre qui oppose un camp riche contre un camp pauvre. C’est bien le cas de la guerre qui oppose les États-Unis contre les « terroristes » au Pakistan.

    • La question centrale de la légalité de la guerre (guerre préventive / préemptive) est effectivement reposée de façon particulièrement immédiate et importante par l’usage des drones américains.
      Maintenant, on sait bien que l’usage des drones n’est en bonne partie qu’une conséquence de la politique néoimpérialiste américaine, qui est l’un des carburants des islamistes (héritage du renversement de Mossadegh en Iran avec l’aide de la CIA, aide militaire énorme au Pakistan, collaboration étroite avec la dictature des Saouds etc.), et de l’incapacité des Alliés à maintenir l’ordre en Afghanistan (à y réduire la production l’opium...) - sans parler du malheur des Irakiens. (y comprendre les djihadistes dans le contexte de privatisation du pays (stratégie du choc) sous l’autorité de Brenner après le renversement du dictateur)

    • La question centrale de la légalité de la guerre (guerre préventive / préemptive) est effectivement reposée de façon particulièrement immédiate et importante par l’usage des drones américains.

      Je disais que l’utilisation drones n’était qu’une étape dans l’escalade à la domination américaine tout azimut, mais les étapes qui les précèdent sont sans doute la guerre psychologique et la guerre économique menées de concert.

      La crise économique actuelle nous vient des États-Unis. Les EU rapatrie de plus en plus leurs fleurons industriels à l’étranger. La "propagande" culturelle (on est les plus forts) inonde le monde. J’en viens même à me demander si les révélations d’Edward #Snowden n’est pas une initiative voulue par la NSA.

      Tout le monde sait que les EU nous espionnent, et tout le monde l’accepte en baisant la tête en espérant qu’il ne fasse pas partie du lot espionné. Le message qui passe est : « Si tu bouges, tu seras le prochain sur la liste du drone ».

  • Mariage homo : le débat en débat
    http://www.arretsurimages.net/contenu.php?id=5588

    « Tout le monde croit que le débat contradictoire est fécond ; moi je pense exactement l’inverse. Je pense que le débat contradictoire est un spectacle, c’est sûr, c’est la société du spectacle qui le veut. Vous savez, je suis historien des sciences, tout le monde croit que les débats sont fertiles pour l’invention, mais c’est faux : ils ont toujours été catastrophiques ! Ce qui a été inventif c’est des communautés qui se sont mises ensemble pour chercher un truc, et ça c’est un vrai dialogue. Mais un dialogue où on doit se battre est un dialogue absolument infertile ! » Michel Serres

    [...]

    C’est l’autre handicap du débat : il pose un problème dans des termes qu’on n’a pas choisis et dont on peut vouloir contester la pertinence. En ce qui me concerne, au delà du fait que je juge que d’autres débats - sur la conduite des affaires économiques de la Cité - sont extrêmement urgents et ne devraient pas être occultés, j’estime que le mariage civil est une institution archaïque et rétrograde, en ce qu’elle organise le contrôle et la surveillance des moeurs sexuelles par la collectivité. Je considère, personnellement, qu’aucune instance représentative de l’Etat, de la République, de la Nation ou que sais-je n’est fondée à mettre le nez sous la couette des adultes consentants.

    [...]

    En tant qu’institution symbolique héritée de la #tradition, le mariage en effet n’est pas simplement un contrat ouvrant des droits mais une alliance fixant des devoirs, prescrivant des comportements conformément à une #morale_sexuelle (la monogamie exclusive) que la collectivité prétend pouvoir prononcer, relativement à la vie privée d’adultes aussitôt infantilisés par ce rappel à l’ordre public.
    Mariés flics

    On s’étonne qu’aujourd’hui tant de gens réclament de pouvoir assujettir leur comportement sexuel à cette instance de moralisation - et il ne s’agit pas là de revendiquer pour tous la dissolution de moeurs du libertinage, mais de montrer qu’une fidélité préconisée par la collectivité en tant que pilier de l’ordre public perd singulièrement de sa valeur, faisant de nous non les sujets d’une sexualité autonome (fixant elle même les règles de son jeu), mais les bons petits agents du maintien de l’ordre moral.

    C’est peut-être ça, qui, en douce, fait rigoler Taubira.

    Au-delà du #mariage_pour_tous posons la question du #mariage en général : #institution rétrograde et patriarcale ? Et aussi celle du #débat en tant que tel. Est-il bon par lui-même où doit-il être adapté pour une vraie #démocratie ? J’aime ce genre de texte, qui m’amène à me poser des questions que je ne m’étais jamais posées...