• Foire à l’ail d’Arleux : le maire annonce la déprogrammation de Jean-Luc Lahaye - ICI
    https://www.ici.fr/hauts-de-france/nord-59/arleux/foire-a-l-ail-d-arleux-le-maire-annonce-la-deprogrammation-de-jean-luc-lahaye-48

    Le maire d’Arleux annonce la déprogrammation de Jean-Luc Lahaye. Le chanteur devait se produire à la Foire à l’ail d’Arleux le premier week-end de septembre, mais sa venue était contestée. Dans un courrier envoyé au maire d’Arleux ce dimanche 2 août, la région Hauts-de-France réclamait la déprogrammation de l’artiste.

    Jean-Luc Lahaye est mis en examen pour viol et agressions sexuelles sur mineures et a déjà été condamné à deux reprises, une fois pour avoir eu des relations sexuelles avec une mineure, une autre fois pour corruption de mineure. « Si la programmation de cet artiste visé par telles poursuites était maintenue, la Région ne saurait rester partenaire de cette manifestation », peut-on lire dans le courrier envoyé au maire d’Arleux par Marie-Sophie Lesne, vice présidente de la région Hauts-de-France.
    Le maire d’Arleux veut trouver une alternative

    Une pétition avait également été créée la semaine dernière, demandant l’annulation du concert. Elle avait recueilli plus de 600 signatures. Le maire d’Arleux Bruno Vandeville a donc décider de déprogrammer Jean-Luc Lahaye. « Je prends acte de cette situation et, afin de protéger nos partenaires de la Région et du Département, injustement mis en cause, je demande au producteur artistique de la Foire à l’ail de trouver une alternative », écrit le maire dans un communiqué.

    Bruno Vandeville défend tout de même ce choix initial. « Inviter Jean-Luc Lahaye à la Foire à l’ail fumé ne signifie en aucun cas cautionner des actes passés », écrit-il.

    Fin mai, plusieurs dizaines de personnes avaient manifesté à Hénin-Beaumont contre la venue de Jean-Luc Lahaye, à l’appel du collectif féministe #NousToutes. L’artiste s’était produit à guichets fermés dans le théâtre de la municipalité RN. Il s’était ensuite produit à Billy-Montigny, une autre ville RN, le 14 juillet.

  • Les « sales connes » ne te lâcheront pas

    Qu’attendent les salles de spectacles ? En maintenant la programmation de Patrick Bruel, elles mettent en danger toutes les femmes qui côtoient de près ou de loin un agresseur présumé, dénoncé par des dizaines de femmes. Le principe de précaution s’impose. #NousToutesParisNord rappelle que la présomption d’innocence est un principe de procédure pénale.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2026/05/17/suzanne-weinreb-comment-patrick-bruel-pietine-mon-adolescence/#comment-74586

    #feminisme

    • Ah oui, grave, seul l’individu moustachu à gauche exerce l’autorité du savoir tandis que les autres se vautrent lamentablement dans les erreurs classiques. Je me questionne toujours sur comment le patriarcat reste totalement invisible à ceux qui en ont les privilèges. C’est comme si c’était indolore pour les tenant+es du patriarcat de ne jamais ressentir la blessure ou l’humiliation qu’ils infligent.
      Je dois réfreiner la colère suscitée par ce genre de représentation, pour que cela ne me submerge pas, ne salisse pas mon clavier et que je puisse profiter des leçons que le patriarche moustachu prodigue. Mais je t’assure que c’est vraiment pénible et pouvoir au moins l’exprimer (ici sur seenthis) et savoir que d’autres femmes le ressentent c’est un soulagement nécessaire ! Merci @jacotte
      Ça me fait penser au dessin du monde diplo avec les deux hommes qui tiennent le journal que tu avais dénoncé.

      Bien évidemment tout ce petit monde est blanc comme neige.

      Contenu : Thomas Wagner
      Développement : Alexandre Macé
      Design : Valentine Michel

      #sexisme #patriarcat

    • « Jean-Marc Écolo » est un personnage « non-jouable ». Mais il a réponse à tout et surtout à tous·tes. La transmission de son « savoir » est donc très verticale. Il nous faudra donc subir patiemment ses arguments pour les retransmettre (plus ou moins verticalement) à notre tour au cours de quelque dîner entre ami·e·s ou entre membres de la famille. Avec le risque de passer pour un·e pénible... Toute cette mise en scène pour ça, c’est ça que je trouve pénible. Et ça ne donne pas vraiment envie de jouer.

      #moustachu #nous_sachons #clickbait

      Ceci dit, les articles de « Bonpote » (shameless autopromo ?) mis en lien sont bien documentés mais ça aurait pu être présenté sous forme d’une infographie qui aurait permis de sélectionner les thématiques argumentaires. Bon, ok, c’était moins vendable.

  • croit avoir remarqué que les rares connaissances que son vieux ciboulot sclérosé parvient encore à péniblement acquérir empiètent essentiellement sur ce qu’elle savait qu’elle ne savait pas et beaucoup moins sur ce qu’elle ignorait ignorer.

    Cependant s’il semble avéré que savoir ignorer demeure plus rageant qu’ignorer savoir et plus inconfortable qu’ignorer ignorer, c’est malgré tout intellectuellement plus satisfaisant que savoir savoir — qui pour le coup a de grandes chances de ne relever que de la croyance.

    #ÇaVaÊtreLHeureDeVosGouttesMadameGarreau.

    • Dao De Jing, chapitre 3 :

      不尚贤,使民不争;不贵难得之货,使民不为盗;不见可欲,使心不乱。是以圣人之治,虚其心,实其腹,弱其志,强其骨。常使民无知无欲。使夫1知者不敢为也。为无为,则无不治。

      Interprétation n°1 :

      Ne pas faire cas de l’habileté, aurait pour résultat que personne ne se pousserait plus.
      Ne pas priser les objets rares, aurait pour résultat que personne ne volerait plus.
      Ne rien montrer d’alléchant, aurait pour effet le repos des cœurs.
      Aussi la politique des Sages consiste-t-elle à vider les esprits des hommes et à remplir leurs ventres,
      à affaiblir leur initiative et à fortifier leurs os.
      Leur soin constant, est de tenir le peuple dans l’ignorance et l’apathie.
      Ils font que les habiles gens n’osent pas agir. Car il n’est rien qui ne s’arrange, par la pratique du non-agir.

      Interprétation n°2 :

      Sans mise en avant des vertueux, nul ressentiment
      Sans valorisation des biens, nul vol.
      Sans multiplication des désirs, nulle frustration.
      Ainsi, les soins du Sage :
      Vider les esprits mais remplir les ventres
      Limiter les aspirations mais renforcer les os
      Préserver le peuple des informations, du désir
      Et des manipulations des experts
      Par la pratique du non agir, faire de l’harmonie la norme

      Interprétation n°3 :

      N’honorez pas les sages, afin que le peuple ne se livre pas à la rivalité ; n’accordez pas de valeur aux biens rares, afin que le peuple ne vole pas ; ne mettez pas en évidence les objets de désir, afin que l’esprit reste serein. Ainsi, la gouvernance du sage consiste à vider leur esprit, à remplir leur ventre, à affaiblir leurs ambitions et à fortifier leur corps. Gardez toujours le peuple libre de toute connaissance et de tout désir, afin que les sages n’osent pas agir. En ne faisant rien, tout en faisant tout, rien ne reste sans être gouverné.

      #nous_sachons

      (Ceci dit, l’outil de traduction intégré à ST donne un résultat surprenant pour l’avant-dernière phrase) ...

  • La loi «  Omnibus  » ou le brutal démantèlement de normes environnementales et sociales en Europe - Amnesty International France
    https://www.amnesty.fr/responsabilite-des-entreprises/actualites/la-loi-omnibus-ou-le-brutal-demantelement-de-norme

    Au nom de la «  compétitivité  », une proposition législative de la Commission européenne prévoit de revenir sur des avancées cruciales en matière de protection des droits humains, de l’environnement et du climat. Nous appelons au maintien de normes élevées et protectrices.

    #nous_sommes_en_guerre #extreme_droite

  • Guerre en Ukraine : le virage des nouvelles règles d’engagement de l’OTAN face aux incursions russes
    https://archive.ph/wGrKB#selection-2065.0-2065.275

    En ouvrant la possibilité d’abattre des avions de chasse russes qui transgresseraient les frontières aériennes de l’Alliance, mardi 23 septembre, les alliés ont signé la fin de la gestion du conflit ukrainien par le seul soutien en armes et en renseignement depuis l’arrière.

    Les choses étant ce qu’elles sont, les élites pro-guerre de l’#UE et de l’#OTAN nous emmènent vers un conflit majeur contre la Russie.
    #nous_sommes_en_guerre

    • Comme dans la période 2015-2022, l’OTAN prépare la guerre. C’est un des étonnements rétrospectifs des russes, en 2022 : la façon dont l’armée ukrainienne était d’ores et déjà intégrée à l’OTAN et dont ses préparatifs pour reconquérir le Donbass étaient avancés (oui, certains diront que c’était tout le contraire, que les russes préparaient la conquête depuis le siècle dernier, et que les ukrainiens ont été pris par surprise et qu’ils n’étaient absolument pas prêts et que si les russes étaient sur le point de capituler, c’était juste parce qu’ils étaient des gros nuls, et que les sanctions allaient les forcer à capituler en moins de 3 mois ; la propagande et ses contradictions).

  • #We_Refugees_Archive

    We Refugees Archive is a digital archive on #refugeedom, past and present. It focuses on individual micro-histories and the city as a microcosm of refuge and new beginnings.

    We Refugees Archive is a growing digital archive on refugeedom in the past and present. It focuses on individual experiences and the microcosm of the city as a place of refuge and new beginnings.
    Archive with educational approaches

    The archive spans an arc from historical to current experiences of flight, which are brought into dialogue and thus provide new connecting lines and explanatory approaches from and with refugee voices for European and international remembrance and education policy. In current discourses about refugeedom, the (European) past serves as an instinctive projection screen and an intuitive frame of reference – associatively, metaphorically, symbolically. Through the interweaving of past and present, We Refugees Archive gets to the bottom of these projections and questions familiar lines of connection and division in order to stimulate a new narrative about refugeedom. The focus of the historical documents is on the self-testimonies of people who sought to escape Nazi persecution by fleeing (within and out of Europe), among them predominantly Jews. The current section is devoted to a spectrum of the most varied flight movements of recent decades (mainly to Europe). This archival core is enriched with filmic approaches to refugeedom and contextualized by scholarly discussions, interviews with experts and academic guest contributions on relevant questions in the field of flight migration and/or regarding the specific examples of cities of refuge. As an analogous addition to the We Refugees Archive, a successively growing curated collection of selected documents from the archive is being created, which serves as a support for educational work on historical and current experiences of flight.

    The archive focuses on selected cities of refuge, which in the past and present have had a special position as refuges: as places of resistance against national exclusion policies, as microcosms in which visions and structures for an open urban community and a common future are created. But they have also reached and continue to reach their limits, while they are developing as places where refugees can build up networks and a new life for themselves at the same time. In January 2019, the project started with Vilnius and Palermo as historical and contemporary cities of refuge. From 2020, further cities of refuge in the past and present will follow, including Berlin, Paris, Istanbul and New York. In today’s cities of refuge, workshops with refugees and interviews with experts are conducted and existing testimonies of people about their flight and arrival are recorded. The historical examples will be developed, among other things, through research in archives and previously published ego-documents.
    What’s in a name?

    We Refugees Archive is inspired by Hannah Arendt’s 1943 article of the same name. Already then, Arendt’s “We” was thought as a directive for the future and a call to think beyond the boundaries of the nation-state model which is clearly not capable of protection.

    “The loss of human rights does not take place when this or that right, which is usually counted among human rights, is lost, but only when man loses the position in the world by which alone he can have rights at all and which is the condition for his opinions to carry weight and his actions to be of importance.”

    The analyses of flight and lawlessness that Arendt developed in “We Refugees” and other writings from her own experience as a refugee Jewish woman and stateless person over many years are still relevant to many flight biographies today and are becoming increasingly urgent.

    A comparison of historical and contemporary experiences of flight and arrival does not aim to equate them. The aim of We Refugees Archive is rather to showcase their connections and discontinuities on the basis of individual experiences of people who have fled, both now and in the past. Similarities as well as differences will be identified on the basis of different topics that deal with the experiences of flight, new beginnings, visions of the future, support, questions of identity and exclusion from a biographical perspective.
    The Digital Archive

    “Archive” is a perennially hazy term that inherently negates the claim to completeness. Archives are fundamentally selective, are based on randomness and contingencies and subject to certain constellations of power and (un/conscious) motivations. Shaped by presence and absence, the specific composition of traces and voices fundamentally determines the structure and cognitive potential of each archive.

    As an archive of refugeedom in the making, We Refugees Archive is not only growing with the continuous addition of individual experiences of flight and arrival in new examples of cities of refuge. As an archive of flight, it is simultaneously haunted by all those whose voices are not (or could not) be heard – either because they did not manage to flee, died during their flight, were murdered or were denied a new beginning in some other way, or because of our ignorance as archive creators. All these voices, however, are also part of the “we” in We Refugees Archive and encapsulated in and despite its inevitable archival gaps. They have to always be kept in mind as well.

    Thus We Refugees Archive is inherently incomplete. It successively incorporates existing archives with newly created materials, curated into an eclectic collection that spans genres and times on several interlocking levels – from conventional contextualized archival documents, interviews, testimonies, memoirs, contemporary historical photographs and a growing oral history archive to artistic films that approach flight experiences in a participatory and innovative way. Our concept of the archive is thus broad and understands the construction of archives as a process of collecting, elaborating and contextualizing different material from which narratives about refugeedom can be derived.

    The use of an archive also does not follow definable rules, which in itself holds a perpetual potential for knowledge. With this in mind, We Refugees Archive tries to give users a new, emphatic and associative access to the complex of past and present lives as refugees, and refrains from strict instructions for use. The archival materials can be used in digital and analogue form for the historical-political remembrance and educational work of museums, memorials, schools, universities and other institutions.

    https://en.we-refugees-archive.org
    #archive #histoires #réfugiés #migrations #archive_digitale #villes #témoignages #nous #Hannah_Arendt #histoire #Palermo #Paris #Palerme #Vilnius #Berlin #Istanbul #identité #discrimination #expulsions #vision #fuite #futur #soutien #New_York #récit #récits
    ping @karine4 @isskein

  • Drones russes en Pologne : Poutine enclenche l’escalade, l’Otan vit son premier test historique
    https://www.lefigaro.fr/international/drones-russes-en-pologne-poutine-enclenche-l-escalade-l-otan-vit-son-premie

    Nous y sommes. L’Otan vit son premier grand test historique de l’après-guerre froide, face à Moscou. Depuis des mois, les chancelleries occidentales envoyaient des signaux d’alarme concernant l’épreuve de vérité à laquelle la Russie pourrait soumettre l’Alliance, alors que Poutine est lancé dans une escalade guerrière que seuls les faux « réalistes », aveuglés par leur volonté d’apaisement, nient contre l’évidence.

    Plusieurs services de renseignements européens, notamment britanniques, baltes et allemands, ne cessaient d’alerter sur le risque d’une attaque russe visant à « nous tester ». Mardi encore, le chancelier Friedrich Merz avait noté la multiplication des attaques hybrides contre l’Allemagne. La plupart des experts redoutaient plutôt un coup de force dans les pays Baltes, ex-républiques soviétiques à la géographie vulnérable et fragilisées par la présence de minorités russes.

    (...)

    Orgasme sur nos réseaux sociaux, on va enfin pouvoir faire la guerre pour de vrai à la Russie. Et si ça n’arrive pas, c’est la preuve que Poutine les manipule tous, alors qu’on devrait déjà tous partir la fleur au fusil sur le front pour appliquer l’Article 4, et montrer au Russe de quel bois on se chauffe, dans l’Occident démocratique.

  • Le soutien de la Chine au multilatéralisme est essentiel - António Guterres au sommet de l’OCS - YouTube
    https://www.youtube.com/watch?v=-TxUux4iUU8

    Accueilli par Xi Jinping dans la ville portuaire chinoise de Tianjin, où se tient cette année le sommet de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), le secrétaire général a critiqué de manière voilée les États-Unis dans le contexte des défis auxquels sont confrontées les Nations unies.

    Le soutien de la Chine au multilatéralisme est essentiel - António Guterres au sommet de l’OCS | Euronews
    https://fr.euronews.com/2025/08/30/le-soutien-de-la-chine-au-multilateralisme-est-essentiel-antonio-guterr

    Guterres, qui a été accueilli par Xi dans la ville portuaire chinoise de Tianjin, où se tiendra le sommet 2025 de l’Organisation de coopération de Shanghai (OCS), a critiqué de manière voilée les États-Unis dans le contexte des défis auxquels sont confrontées les Nations Unies.

    Selon le chef de l’ONU, actuellement le multilatéralisme est en danger. « Nous voyons de nouvelles formes de politiques qui sont parfois difficiles à comprendre, qui ressemblent parfois plus à un spectacle qu’à des efforts diplomatiques sérieux, et dans lesquelles les affaires et la politique semblent parfois se mélanger », a-t-il déclaré.

    En réponse, le président Xi a assuré que la Chine serait toujours un « partenaire fiable » de l’ONU***.* « La Chine est prête à approfondir la coopération avec les Nations Unies, à soutenir son rôle central dans les affaires internationales et à assumer conjointement ses responsabilités dans le maintien de la paix mondiale et la promotion du développement et de la prospérité », a déclaré Xi à Guterres.

    • Du coup, l’ONU est-il en train de basculer dans le « camp anti-occidental » ?
      Ce pourrait être le cas, si on en croit cette prose (du Figaro) :

      Faire reculer l’Occident
      Il faut dire que les divisions et les incohérences du camp occidental ont été du pain bénit pour le groupe des autocrates, qui ont comblé les vides, les silences, les hésitations et les changements de cap des États-Unis et de l’Europe. Les divisions de l’UE sur tous les sujets, de la guerre en Ukraine à la politique vis-à-vis de la Chine en passant par l’utilisation de la force, ont neutralisé sa voix sur la scène internationale. Ses reculs, comme les promesses militaires non tenues vis-à-vis de l’Ukraine, ont révélé ses faiblesses, quand certains pays de l’axe de la contestation, comme la Corée du Nord, ont, eux, joint le geste à la parole en envoyant des armes ou des troupes combattre aux côtés des Russes. Les incohérences de Donald Trump ont donné des points gratuits au principal adversaire des États-Unis, la Chine, dont l’Inde constitue la plus grosse prise depuis longtemps. Enfin, les divisions de la communauté transatlantique, entre les États-Unis de Trump et les pays européens, dont les valeurs et les visions de la politique s’éloignent, fournissent un nouveau levier à la Chine et à ses amis.

      https://archive.ph/x5gZ1

      #nous_sommes_en_guerre

  • Profusion d’articles pour t’expliquer que les appels à manifester à partir du 10 septembre, c’est tout issu de l’extrême-droite, à la façon dont on t’avait interviewé du Philipot jusqu’à la nausée à l’époque des Gilets jaunes.

    Tu vois, t’es encore en congés d’été, mais les journaux qui d’habitude te parlent des cambriolages et des noyés de l’été, ils savent déjà te dire de quoi sera fait la prochaine manif’ de septembre prochain, tous ensemble, tous en même temps, comme la voix de son maître qui tente de te convaincre qu’une pétition à 2 millions de signatures, ce n’est significatif de rien du tout.

    • https://www.facebook.com/debunkersdehoaxED Revenons sur l’appel au blocage du 10 septembre.
      Nous avons, hier, lancé un avertissement sur la nature réelle de ce mouvement. L’agressivité des réponses laisse songeur : collabo, bobo, bourgeois !
      « Vous allez nous refaire le coup des gilets jaunes ». Justement, les gilets jaunes étaient à l’origine un mouvement de petits patrons qui a pris de l’ampleur et qui se sont éclipsés en voyant la colère des pauvres supplanter la leur. Ce mouvement était à l’origine un pur moment poujadiste, qui deviendra plus composite par la suite.
      Le mouvement du 10 septembre a été lancé par le collectif souverainiste « les essentiels », et soutenu immédiatement par l’extrême droite. Ce n’est pas parce que quelques collectifs de gauche sont séduits par les slogans et privilégient l’action pour l’action que ça devient plus acceptable. Ce mouvement a des racines problématiques, c’est un traquenard.
      Oui tout est politique ! Citoyen ne veut pas dire dépolitisé, au contraire. Ni apolotique, ni apartisan. Ce glissement sémantique embarque du monde dans un piège grossier.
      Alors tant pis si on nous sort la carte de la bien-pensance. Nous, un mouvement populaire n’a pas besoin de s’allier avec l’extrême droite. En tenant cette ligne, nous actions déjà leur victoire prochaine. Evoquer le front populaire est une erreur, c’était un mouvement né de l’antifascisme et mai 68 n’a jamais considéré acceptable d’intégrer les rebus du SAC ou de l’OAS. JUSTEMENT. Croire que l’extrême droite sera chassée relève du vœu pieu. Elle sera présente, protégée par un prétendu apolitisme : qui sera ceux qui gâchent la fête et divisent, ce jour là ?
      Ce mouvement n’appelle même pas à une véritable grève. Il faudrait passer par des syndicats pour ça. Il n’y a pas de bouton magique pour appeler à la grève générale, et les dernières fois, nous aurions bien aimé pouvoir amorcer ce mouvement social d’ampleur.
      Il y a de quoi être en colère contre Bayrou, Macron, Retailleau, la droite d’appareil. Mais bloquer pour bloquer avec n’importe qui est une impasse.

      #nous_sachonsv

    • « Que des militants aguerris et formés politiquement refusent de rejoindre le mouvement au prétexte que des Nicolas et autres réacs y participent serait une énorme erreur. C’est précisément en venant porter des revendications sociales qu’on marginalisera les Nicolas.
      Sur ce, je vous laisse avec cette citation de Lénine. » Camille Stineau

      https://x.com/CamilleStineau/status/1948265141046288553

    • Alors, c’est quoi ce compte « debunkerdehoaxED » ? Des commis voyageurs représentants en pureté idéologique ? Je me suis pris la tête avec lui ( elle ? elles ? eux ? elleux ?) sur BlueSky hier et pour lui clouer le bec j’ai même cité du BigGrizzly ...

    • @sombre je les aimais bien iels ont très mal vieilli·es. Donneurs de leçons, intelligent·es, instruit·es, iels sachent mieux que tout le monde et iels sont les best en matière de débunkeragerie de France. L’adulation iels aiment bien.

    • Un truc que je pige pas c’est pourquoi ce truc émane ou émanerait de l’extrême droite sachant que les modes d’action envisagés et les revendications sont identifiables à la gauche (autant que je sache). Dans le cas des GJ, la revendication initiale n’était pas de cette sorte. Le fascisme doit faire appel aux masses pour parvenir au pouvoir ?

      Parfois je songe à Simone Weil et à sa Note sur la suppression générale des partis politiques.

    • En général, les bas-du-front n’aiment pas trop les manifs parce que se fighter avec les FDO ou respirer de la lacrymo, c’est pas trop leur truc. Ils préfèrent organiser des actions commando en mode sournois où ils pourront casser plus faible qu’eux. C’est ce qui se passe à Angers en tout cas avec tous ces fils de bonne famille qui tabassent du gaucho (ou supposé tel) ou bien encore des gens racisés pris isolément parmi la foule. Le facho chasse en meute et compte beaucoup sur l’effet de sidération.
      https://www.youtube.com/watch?v=WNF4Kn-ZKRU

    • Le coup du GJ = manif de facho, on nous l’a déjà faite, et ça s’est révélé faux. C’était surtout certains politiques et journalistes qui s’engouffrent dans ce genre de trouvailles pour dénigrer tout un mouvement (et a pour conséquence de mobiliser moins de monde).
      C’est vrai que se dire apolitique, souvent, ça pu. Et à raison.
      Mais si des gens de gauche s’y pointent massivement, ça va se politiser à gauche.

      Par contre, hormis cela qui ne me fait pas peur. Ca me semble une manif attentiste . Pas une action, ni une convergence de luttes. Le défaut, c’est que ça ne surprendra pas 2 fois.
      Faut autre chose. Des surprises. Au pif, prendre Arcelor-Mittal. Se rassembler à la mairie d’Ambert, ou à la piscine de Pontivy, un truc jamais fait où personne n’a prévu de plan de contre action.

    • Cet appel du 10 septembre se présente avec création de groupes locaux comme les GJ en mode « assembléiste ». Ce qui laisserait la place à des actions spontanées.

      Dans les rares assemblées de GJ auxquelles j’ai assisté ce n’était pas les idées d’actions qui manquaient, quelque part même, les pratiques paraissaient se substituer aux idées - hormis le fameux RIC qui trouvait souvent un•e porte parole.

    • La patronne de la CGT s’inquiète du 10 septembre, parlant d’un mouvement « nébuleux », d’« actions floues ».

      Les mêmes qui, après coup, se disent attristés par la faiblesse du nombre de salarié·e·s syndiqué·e·s en France…

      Comment pourrait-il en être autrement, quand cette bureaucratie syndicale évite, voire méprise, une partie de la classe ouvrière qui cherche à en découdre, avec un niveau d’expérience de la lutte proche de zéro pour beaucoup ? Certain·e·s n’ont jamais fait grève ou manifesté avant.

      Comment veulent-ils que des gens, partant de rien, s’organisent autrement que de manière « nébuleuse » ? Ils n’ont ni UD, ni UL, ni permanents syndicaux, ni imprimante, ni site internet, rien. Juste quelques comptes Facebook ou Telegram pour discuter et partager l’immense colère qui les anime.

      C’est quand même fou d’être à la tête d’un syndicat et d’attendre des gens de base une clarté revendicative et organisationnelle digne du parti bolchevique !

      Faudra-t-il désormais réciter le Manifeste du Parti communiste pour avoir le droit de lutter ?

      En lisant cette interview, difficile de ne pas penser à cette phrase de Lénine :
      « Quiconque attend une révolution sociale ‘pure’ ne vivra jamais assez longtemps pour la voir. Il n’est qu’un révolutionnaire en paroles qui ne comprend rien à ce qu’est une véritable révolution. »

      Je ne dis pas, bien sûr, que le 10 septembre sera la révolution, mais il s’agit de comprendre la logique générale derrière ces mots.

      Les syndicats auraient au contraire une carte énorme à jouer : pour eux-mêmes, mais aussi pour l’ensemble du mouvement ouvrier. À condition de tirer le bilan de leur attitude méprisante vis-à-vis des Gilets jaunes.

      Hélas, ils restent paralysés par leur propre mollesse, leur scepticisme, et surtout la crainte de participer à un mouvement qui les dépasse et les pousse à une confrontation réelle avec le pouvoir. Alors, ils bafouillent, répètent les mêmes sornettes qu’au moment des GJ, pour ne rien faire — ou faire le moins possible — et surtout pour apparaître comme des interlocuteurs « responsables » aux yeux du pouvoir. Ils tiennent à leur rôle de « corps intermédiaire »… Intermédiaire entre qui et qui ? La réponse est évidente.

      Et si demain il y’a la défaite, et que l’extrême-droite ramasse les pots cassés, ils expliqueront que les gens sont démoralisés, fatalistes… Comment pourrait-il en être autrement quand on méprise même des secteurs qui montrent une volonté de lutter, souvent sur une base de classe, en pointant du doigt le patronat et les riches ?

      Les gens s’expriment avec les moyens qu’ils ont. Ils ne sont pas politisés, ne sont pas membres de syndicats, n’ont pas été formés sur 1936 ou 68. Beaucoup ignorent jusqu’à ce que signifient « grève générale » ou « comité de grève ». C’est précisément le rôle des organisations et des militant·e·s d’aiguiller, de former, d’apporter l’expérience accumulée de décennies de luttes, de victoires comme d’échecs, pour tirer ce type de mouvement le plus à gauche possible.

      Et non les abandonner parce que c’est « nébuleux » ou qu’on ne sait pas « qui se cache derrière ». Au contraire : quand l’extrême droite, derrière les slogans du type « Nicolas qui paye » et ses appels à ne pas faire grève, boycotte ouvertement le 10 septembre, il faut mener la bataille à fond pour convaincre le maximum de travailleurs en les appuyant. Leur montrer que l’extrême droite est leur ennemie et que c’est dans notre camp social qu’ils trouveront les solutions à leurs maux.

      Bravo aux syndicats qui ont déjà exprimé des appels à rejoindre le 10/09. Ce ne devrait pas être à la patronne de la CGT d’empêcher cela, mais aux militants d’imposer démocratiquement l’orientation. Binet explique souvent qu’elle décide de rien, qu’elle suit la base, faudrait il encore la consulter réellement, déclencher une assemblée de tous les secteurs, plutôt qu’imposer déjà une forme de cordon sanitaire par en haut. Anasse Kazib

  • On sait déjà que lorsque l’on aura complètement sombré dans le fascisme, la justice et la séparation des pouvoirs ne seront d’aucune utilité. Au contraire.

    Tour de France : deux Nantais condamnés pour avoir brandi une pancarte anti-Retailleau à Naval
    https://www.huffingtonpost.fr/justice/article/tour-de-france-deux-nantais-condamnes-pour-avoir-brandi-une-pancarte-

    Ils étaient alcoolisés, ils ont pensé au ministre de l’Intérieur et à une friteuse. Deux Nantais ont été condamnés par la Justice pour avoir brandi une pancarte « Retailleau au Air Fryer » lors du passage du Tour de France à Naval en Mayenne pour la 8e étape du Tour de France samedi 12 juillet.

    Selon une information de Ouest-France confirmée par Ici Mayenne, le parquet de Laval a annoncé que les deux hommes ont fait l’objet d’une ordonnance pénale délictuelle pour outrage aggravé et vont devoir payer une amende.

    Placés en garde à vue, les deux hommes ont reconnu les faits. « Ils ont expliqué qu’alcoolisés, ils ont voulu plaisanter, admettant que c’était inadapté », a dit la Procureure, Anne-Lyse Jarthon, citée par Ici Mayenne. Il se trouve qu’à cette étape-là, Bruno Retailleau était présent.

  • « Nicolas Bedos, ta g*ule l’agresseur ! » : ces féministes « s’attaquent » à son éditeur
    https://www.lemediatv.fr/emissions/2025/nicolas-bedos-ta-g-ule-lagresseur-ces-feministes-sattaquent-a-son-editeur-

    Des militantes du collectif féministe #NousToutes ont aspergé de peinture la façade de la maison d’édition Humensis, dénonçant la parution du livre La Soif de honte de Nicolas Bedos.

    #Féminisme

  • Procès le Scouarnec, appel à rassemblements à Vannes et Paris le 22 avril - SMG, Syndicat de la Médecine Générale
    https://syndicat-smg.fr/proces-le-scouarnec-appel-a-rassemblements-a-vannes-et-paris-le-22-avri

    Nous appelons donc :
    – À donner dès à présent des moyens financiers et humains : pour l’accompagnement des victimes de violences sexuelles, à Vannes, avec la mise en place d’une véritable cellule d’écoute psychologique financée par l’État, et également dans toutes les juridictions du pays ; pour la formation de tous·tes les professionnel·les au contact de mineur·es au repérage des signes d’exposition à la violence et au recueil de la parole ; avec un investissement annuel de 2,6 milliards d’euros pour lutter contre les violences sexistes et sexuelles
    – À mettre en œuvre dès à présent les 82 propositions du rapport de la CIVIISE de 20234.
    – À retirer tout pouvoir disciplinaire à l’Ordre des médecins car sa juridiction d’exception est bien plus nocive qu’utile. Et à augmenter les moyens de la justice de droit commun pour traiter ces affaires aux conséquences individuelles et collectives colossales8.
    – À inclure les violences subies par les patient·es (adultes et enfants) dans le grand plan de luttes contre les Violences Sexistes et Sexuelles en Santé lancé par le ministère de la Santé en janvier 2025, dont elles sont actuellement exclues, notamment les violences obstétricales et gynécologiques en mettant en place les solutions proposées par plusieurs associations de patient·es [9].
    – À faire le procès des institutions, qui par leur inaction et leur silence, sont complices et coupables de la violence.

    Levons-nous, et parlons encore et encore, jusqu’à ce que nous soyons entendu·es.
    Nous appelons à un rassemblement le 22 avril 2025 à partir de 12 heures, devant le Tribunal Judiciaire de Vannes et devant le Conseil national de l’Ordre des médecins à Paris.

    Premières organisations signataires :
    Mouvement d’Insoumission aux Ordres Professionnels
    Pour une Médecine Unie Engagée et Féministe
    Syndicat National des Jeunes Médecins Généralistes
    Syndicat de la médecine Générale
    G58
    Stop Violences Obstétricales et Gynécologiques
    Mouv’enfants Planning familial 56
    UL CGT de Vannes
    Attac pays de vannes
    Les écologistes pays de vannes
    Union syndicale Solidaires 56 CGT ComEgaMix Vannes
    fédération SUDPTT
    association Mémoire traumatique et victimologie
    association Balance ta bandelette
    collectif Médecins Stop Violences
    #NousToutes
    Union Syndicale Solidaires

  • Il ne suffit pas de vouloir une #écologie_antiraciste : le #zéro_déchet, la #colonialité et moi

    On parle souvent des #écologies_décoloniales. On voit moins les #écologies_coloniales interroger leur propre colonialité. C’est ce qu’on va faire ici, en étudiant la colonialité dans le zéro déchet et les écologies de la #sobriété.

    #Colonial n’est pas un compliment. Et si j’étais du mauvais côté ? Si mon #écologie était une de ces écologies coloniales qui s’ignorent ? Plus j’y pense plus c’est crédible, plus je creuse plus ça devient évident. Dans ce billet, je tente de conscientiser la dimension coloniale du #zero_waste et des écologies similaires.

    Pour ça je vais dérouler les implicites du « point de vue zéro déchet » et montrer ce qu’ils ont de problématique. L’idée est de partir du #zéro_gaspillage et d’arriver à la #décolonialité. J’essaie de baliser un parcours qui aide mes camarades écologistes à voir en quoi iels sont concerné⋅es par la #critique_décoloniale, de tracer un chemin que d’autres pourraient emprunter, sans forcément connaître cette pensée en amont.

    Je pars du zéro #gaspillage parce que c’est là où je suis, ce que je connais le mieux, mais la colonialité que je découvre concerne l’écologie de façon beaucoup plus large.

    Des écueils et une méthode

    Mais il y a des écueils. En tant qu’européen blanc issu d’une famille de colons1 je suis mal placé pour comprendre les questions de colonialité et de #racisme. Bénéficier d’avantages dans un système de pouvoir produit de l’#ignorance chez les dominant·es, une incapacité à reconnaître des choses évidentes du point de vue des dominé⋅es2.

    À supposer que je surmonte cet obstacle, je ne suis toujours pas légitime. En abordant ces sujets, je risque d’invisibiliser la voix de personnes plus compétentes que moi et sur qui s’appuie ma réflexion. Même si j’identifie des limites réelles à l’approche zéro gaspillage, je ne suis pas expert en #décolonialité.

    Alors pourquoi parler du sujet ? D’abord parce qu’on n’avancera jamais si j’attends de me sentir à l’aise pour discuter de racisme et de colonialité. Mon écologie est d’une #blanchité aveuglante : étudier sa colonialité est une façon d’adresser une partie du problème. Ensuite, parce que je ne prétends pas produire un discours scientifique ou exhaustif. Je présente un témoignage, un parcours de conscientisation personnel, limité et imparfait.

    Dans les paragraphes qui suivent, j’aborde un à un des aspects du zéro déchet. Pour chaque aspect j’émets une critique, puis je la rattache à une facette de la colonialité. C’est cette dernière qui donne une unité aux défauts présentés ici.

    Un « nous » d’humanité générale

    Préserver « nos #ressources », changer « nos modes de productions », réduire « nos #déchets » : les discours zero waste utilisent régulièrement le possessif « #nos ». Ce n’est pas un usage fréquent, mais il n’est pas anecdotique. On peut même résumer l’approche zéro gaspillage à On peut même résumer l’approche zéro gaspillage à « ne pas faire de nos ressources des déchets3 » (je souligne).

    Mais qui est derrière ces possessifs ? À quel « #nous » renvoient ces expressions ? Je ne crois pas qu’ils ciblent un groupe limité de personnes physiques, des gens qu’on pourrait compter. C’est un « nous » général, qui désigne un ensemble plus abstrait. Selon moi, il englobe toute l’humanité.

    Puisque le zéro déchet pense à l’échelle mondiale, qu’il s’intéresse à l’#intérêt_commun et est anthropocentré, son horizon semble bien être celui de l’#humanité. J’en fais l’expérience dans mes propres textes, quand j’écris « nos besoins », « notre situation » ou « notre planète » dans les articles précédents.

    Un point de vue de nulle part

    Mais les écologistes qui tiennent ces discours en France ne représentent pas toute l’humanité. Ils et elles sont situées sur toute une série de plans : social, économique, géographique… Avec ce « nous », iels endossent un point de vue désitué et désincarné, qui ne correspond à personne. Ce faisant, iels invisibilisent leur propre situation d’énonciation concrète et oublient son impact sur leurs façons d’agir et leur rapport au monde.

    Dans un mouvement inverse, iels invisibilisent la pluralité des voix et la diversité des points de vue au sein des groupes humains. En prétendant que leur voix est universelle, capable d’exprimer celle de « l’humanité », ces écologistes minorent la place des #désaccords, des #conflits et des #hiérarchies entre êtres humains.

    Ce double mouvement n’est possible que pour des personnes habituées à être légitimes, écoutées, à bénéficier d’avantages au sein d’un #système_de_pouvoir. Elles ne perçoivent pas ce que leur position a de singulier et ne s’étonnent pas que leur voix puisse énoncer des normes valables partout. Cette attitude semble correspondre à une facette de la colonialité, qui véhicule un #universalisme, voire un #universalisme_blanc.

    L’illusion d’une #humanité_unie

    Tout se passe comme si l’appartenance à la même espèce créait un lien fort entre les humains, que de ce simple fait, chaque membre de l’espèce avait des intérêts communs ou convergents. De quoi toutes et tous « nous » réunir dans même groupe : l’humanité.

    Les êtres humains auraient collectivement un intérêt commun à maintenir un climat stable et biodiversité abondante. Chacun⋅e aurait une bonne raison, même indirecte ou lointaine, d’agir dans ce sens. Par exemple, si je ne veux pas souffrir d’une chaleur mortelle lors de canicules intenses et fréquentes. Ou si j’ai peur que des guerres pour les ressources en eau, en terres fertiles, en ressources énergétiques ou en métaux adviennent sur mon territoire.

    Mais est-ce vraiment ce qu’on constate ? Partout les #intérêts_divergent, y compris dans des petits groupes. Qui a vraiment les mêmes intérêts que sa famille, ses ami⋅es ou ses collègues ? Plus le collectif est large, moins on trouve d’unité, d’uniformité et d’intérêts partagés. Les liens qu’on y découvre sont faibles, indirects et peu structurants. Chercher des #intérêts_convergents et significatifs à l’échelle de l’humanité semble largement illusoire.

    D’autant que certains ne sont même pas d’accord sur les limites de ce groupe. Qui compte comme un être humain ? Quand certains déshumanisent leurs ennemis en prétendant qu’iels sont des vermines. Que leur génocide n’en est pas un, puisqu’iels ne sont même pas « humains ». Qu’on peut en faire des esclaves, les dominer et les tuer « comme des animaux », puisqu’iels ne sont ne sont pas comme « nous ».

    Une faiblesse militante

    Pour la géographe #Rachele_Borghi, croire que nous somme toustes « dans le même bateau » est un des symptômes de la colonialité (Décolonialité & privilège, p. 110). Et c’est bien de ça qu’il s’agit : les écologies de la sobriété semblent croire que nous partageons la même situation critique, toustes embarqués dans un seul bateau-planète.

    Cette vision explique en partie l’insistance du zéro gaspillage sur la #non-violence et la #coopération. Le mouvement pousse à voir ce qui rapproche les personnes, ce qu’elles ont à gagner en collaborant. Il regarde l’intérêt général, celui qui bénéficie à « tout le monde », sans considération de #race, de #classe, de #genre, et ainsi de suite. Il passe un peu vite ce que chaque groupe a à perdre. Il ignore trop facilement les inimitiés profondes, les conflits irréconciliables et les #rapports_de_force qui traversent les groupes humains.

    Cette attitude constitue une véritable faiblesse militante. Faute d’identifier les tensions et les rapports de force, on risque d’être démuni lorsqu’ils s’imposent face à nous. On est moins capable de les exploiter, de savoir en jouer pour faire avancer ses objectifs. Au contraire, on risque de les subir, en se demandant sincèrement pourquoi les parties prenantes refusent de coopérer.

    Le spectre de l’#accaparement_des_ressources

    Plus profondément, un tel point de vue active un risque d’accaparement des #ressources. Si on pense parler au nom de l’humanité et qu’on croît que tous les êtres humains ont objectivement des intérêts convergents, il n’y a plus de conflits sur les ressources. Où qu’elles soient sur Terre, les #ressources_naturelles sont « nos » ressources, elles « nous » appartiennent collectivement.

    En pensant un objet aussi large que « l’humanité », on évacue la possibilité de conflits de #propriété ou d’#usage sur les ressources naturelles. L’humanité est comme seule face à la planète : ses divisions internes n’ont plus de pertinence. Pour assurer sa survie, l’humanité pioche librement dans les ressources naturelles, qui sont au fond un patrimoine commun, quelque chose qui appartient à tout le monde.

    Dans cette perspective, je peux dire depuis la France que j’ai des droits4 sur la forêt amazonienne au Brésil, car elle produit un air que je respire et abrite d’une biodiversité dont j’ai besoin. Cette forêt n’appartient pas vraiment à celles et ceux qui vivent à proximité, qui y ont des titres de propriété, ou même à l’État brésilien. C’est un actif stratégique pour l’humanité entière, qui « nous » appartient à tous et toutes.

    Sauf que rien ne va là-dedans. À supposer qu’on ait tous et toutes des droits sur certains #biens_communs, ça ne veut pas dire qu’on ait des droits équivalents. La forêt amazonienne m’est peut-être utile, dans un grand calcul mondial très abstrait, mais ce que j’en tire est infime comparé à ce qu’elle apporte à une personne qui vit sur place, à son contact direct et régulier.

    Les ressources naturelles sont ancrées dans des territoires, elles font partie d’écosystèmes qui incluent les humains qui vivent près d’elles. « Tout le monde » n’est pas aussi légitime à discuter et décider de leur avenir. N’importe qui ne peut pas dire que ce sont « ses » ressources, sans jamais avoir été en contact avec.

    Une attitude de colon

    Croire l’inverse, c’est faire preuve d’une arrogance crasse, adopter l’attitude d’un colon, qui arrivant de nulle part dit partout « Ceci est à moi » sur des terrains exploités par d’autres. Il faut une assurance démesurée, un sentiment de légitimité total, pour dire « nos ressources » en parlant de celles qui sont littéralement à autrui.

    Les écologistes qui adoptent ce point de vue ne semblent pas conscient⋅es que leur vision fait écho à des #logiques_prédatrices qui elles aussi, se sont parées de discours positifs et altruistes à leurs époques. Après la mission civilisatrice, la #mission_écologique pourrait prendre le relais. On ne viendrait plus exploiter les richesses des colonies pour l’Europe, mais protéger les ressources naturelles pour l’humanité. Un risque d’autant moins théorique qu’on a déjà évoqué les ambiguïtés et l’utilitarisme du zéro déchet.

    L’#impensé_colonial se manifeste aussi par une absence d’inversion des rôles. On pense le monde comme plein de ressources pour « nous », mais on ne pense jamais « chez soi » comme une ressource pour les autres. Quand on parle de l’épuisement des ressources en sable, on n’imagine pas renoncer aux plages françaises pour satisfaire les besoins d’autres pays qui veulent fabriquer du béton.

    Le « nous » d’humanité générale éclate en morceaux : son caractère fictif devient manifeste. Mis face à une #prédation qui touche à des ressources situées sur notre #territoire, nous, Français⋅es, cessons de considérer que tout est un #bien_commun et que nos intérêts se rejoignent avec ceux du reste du monde. Les crises du climat, de la biodiversité et de l’eau n’ont pas disparues. Mais notre approche ne permet plus d’y pallier.

    Une approche individualiste et dépolitisante

    Un autre défaut de l’approche zéro gaspillage est son aspect individualiste. Le zero waste veut prendre en compte les intérêts de toutes les parties prenantes, mais sa méthode d’action consiste à ne pas consulter les personnes. On s’informe sur ce qui leur arrive, sur leurs conditions de vie et de travail, mais on n’entre pas en contact avec elles. On veut agir pour ces personnes, mais sans devoir leur parler.

    Je vois trois dimensions à cette attitude. D’abord, une telle discussion est matériellement impossible : il y a trop de parties prenantes dans la production mondiale. L’ambition de toutes les prendre en considération est vouée à l’échec. Ensuite, une écologie qui imagine prendre en compte l’intérêt de toute l’humanité n’a pas besoin de parler aux autres. Elle croit pouvoir se projeter dans leurs situations et connaître leurs intérêts. Enfin, un certain mépris de classe n’est pas à exclure. On n’a pas envie de parler à celles et ceux qu’on estime inférieur⋅es : les fréquenter rend visible la #domination et les #injustices dont on profite.

    Depuis ma situation individuelle, je tente d’agir pour les autres, mais sans construire de liens explicites, de relations bidirectionnelles. C’est tout l’inverse d’une approche collective et politique. Certes, la matière et le cycle de vie des objets créent un lien invisible entre les personnes, mais il en faut plus pour créer des solidarités concrètes – pas juste des relations économiques entre clients et fournisseurs.

    Alors que le zéro gaspillage est un projet politique, dont le concept central est intrinsèquement politique, j’ai l’impression qu’il a du mal à dépasser une approche individuelle, à construire de l’#action_collective et des #solidarités. Il reste en ça prisonnier d’une époque néolibérale où les modèles mentaux partent de l’individu, parfois y restent, et souvent y retournent.

    Un risque de #paternalisme

    L’approche zéro gaspillage comporte aussi un risque de paternalisme (https://plato.stanford.edu/entries/paternalism). Si on définit l’intérêt d’autrui sans échanger avec lui, sans écouter sa voix et ses revendications explicites, on va décider seul de ce qui est bon pour lui, de ce qui correspond à ses besoins. On va considérer comme dans son intérêt » des choix que la personne rejetterait, et rejeter des choix qu’elle jugerait positifs pour elle. C’est précisément ce qu’on appelle du paternalisme : agir « dans l’intérêt » d’une personne, contre la volonté explicite de cette personne elle-même.

    Pensez aux travailleurs et travailleuses de la décharge de déchets électroniques d’Agbogbloshie au Ghana (https://fr.wikipedia.org/wiki/Agbogbloshie), qui sont interviewés dans le documentaire Welcom to Sodom (https://www.welcome-to-sodom.com). Iels expliquent que travailler là est là meilleure situation qu’iels ont trouvé, que c’est pire ailleurs : pas sûr qu’iels soient enthousiastes à l’idée d’une réduction globale des déchets. Certes, leur environnement serait moins pollué, leur santé moins en danger, etc. mais leur source de revenu disparaîtrait. Une écologie qui minore les désaccords, la diversité des points de vue et les conflits possibles montre encore une fois ses limites.

    Ce risque de paternalisme rejoint la question de la colonialité. Les Européens et les Européennes ont une longue tradition de hiérarchisation des races, qui met les blancs en haut et les personnes colonisées non-blanches en bas. Les personnes qu’on envahit, domine et tue sont présentées comme incapables de savoir ce qui est bon pour elles. Mais le colonisateur « sait ». Il est prêt à « se sacrifier » pour l’intérêt de ces peuples, qui « ne lui rendent pourtant pas ». Un tel point de vue s’exprime notoirement dans le poème raciste et colonialiste de l’écrivain Rudyard Kipling, Le fardeau de l’homme blanc (https://fr.wikipedia.org/wiki/Le_Fardeau_de_l%27homme_blanc).

    Mais n’est-ce pas quelque chose de similaire qu’on entend, quand j’écris dans l’article précédent (https://blog.whoz.me/zerowaste/le-point-de-vue-zero-dechet) que le zéro gaspillage consiste à mettre son intérêt direct en retrait, au profit de celui d’une personne plus loin dans la chaîne de production ? Le mépris s’est (peut-être) effacé, mais le discours sur le sacrifice altruiste est toujours là.

    Une position centrale qui interroge

    Avec la sobriété, les écologistes occidentaux trouvent une narration qui leur donne une place centrale, positive et active dans la lutte contre les injustices climatiques. Ce sont elles et eux qui proposent d’engager les sociétés contemporaines vers un #futur_désirable. Iels produisent des idées et expérimentent des pratiques qu’iels appellent à devenir la norme (#réemploi, #réparation, etc.). À la fois innovantes, précurseures, bienveillantes, ces personnes n’ont presque rien à se reprocher et plus de raison de se sentir coupables.

    Mais on devrait interroger une #narration qui vous donne la meilleure place, légitime vos choix et vos actions, sans jamais leur trouver d’aspects négatifs. Un tel #discours semble trop parfaitement bénéficier à celui ou celle qui s’y retrouve pour ne pas éveiller un soupçon.

    Je peine à ne pas voir dans la sobriété une sorte de version non-interventionniste du « #sauveur_blanc 5 ». Au lieu de prendre l’avion pour aller « aider » des enfants pauvres dans un pays du Sud, on « agit » à distance, par des effets indirects, incertains, et à moyen terme.

    On s’épargne l’aspect grossièrement raciste et paternaliste d’un « #tourisme_humanitaire » qui intervient sur place, perturbe les dynamiques locales, et laisse les conséquences à gérer à d’autres. Mais cet horizon d’agir de chez soi pour les dominés me semble prolonger des logiques similaires. On passe au sauveur « sans contact », qui sauve par un ruissellement de sobriété.

    On reste dans l’idée de porter secours aux « victimes » d’un système… dont on est l’un des principaux bénéficiaires. Un système construit par son pays, ses institutions, voire ses ancêtres… Et qui nous fabrique par notre éducation et nos socialisations.

    Des logiques d’#appropriation

    D’autant que les écologistes de la sobriété font preuve d’attitudes questionnables, qui tranchent avec leurs postures altruistes. Si j’ai les moyens d’acheter neuf, mais que je choisis l’occasion, je fais une excellente affaire, bien au-delà de l’intention écologique. On peut voir ça comme une façon pour un riche de récupérer des ressources peu chères, qui auraient sinon bénéficié à d’autres catégories sociales.

    En glanant Emmaüs et les #recycleries solidaires, les riches écolos s’introduisent dans des espaces qui ne leur étaient pas destinés au départ. Leur pouvoir économique peut même déstabiliser les dynamiques en place. Emmaüs s’alarme de la baisse de qualité des dons reçus, les objets de valeur étant détournés par des nouveaux #circuits_d’occasion orientés vers le profit ou la #spéculation (#Vinted, néo-friperies « #vintage », etc.).

    Par ailleurs, la façon dont les écologistes de la sobriété se réapproprient des pratiques antérieures questionne. Éviter le gaspillage, emprunter plutôt qu’acheter, composter, réparer, consigner : ces pratiques n’ont pas été inventées par le zéro déchet. L’approche zero waste leur donne surtout une nouvelle justification, une cohérence d’ensemble, et les repositionne au sein de la société.

    Des pratiques anciennement ringardes, honteuses, ou marginales deviennent soudainement à la mode, valorisées, et centrales quand des privilégié·es s’en emparent. L’histoire de ces usages est effacée, et les écolos les récupèrent comme marqueurs de leur groupe social. Une logique qui rappelle celle de l’#appropriation_culturelle, quand un groupe dominant récupère des éléments d’une culture infériorisée, les vide de leur signification initiale et en tire des bénéfices au détriment du groupe infériorisé.

    Une vision très abstraite

    Ma dernière critique porte sur le caractère très abstrait du zéro gaspillage. Les concepts centraux du mouvement présentent un fort niveau d’#abstraction. J’ai détaillé le cas du « gaspillage », mais on peut aussi évoquer les idées de « ressource » ou de « matière ».

    Une « #ressource » n’est pas vraiment une réalité concrète : le mot désigne la chose prise comme moyen d’un objectif, intégrée à un calcul utilitaire qui en fait une variable, un élément abstrait. La « #matière » elle-même relève d’une abstraction. Ce n’est pas un composé précis (de l’aluminium, de l’argile, etc.), mais la matière « en général », détachée de toutes les caractéristiques qui permettent d’identifier de quoi on parle exactement.

    Les dimensions géopolitiques, économiques et sociales liées à une « ressource » naturelle particulière, ancrée dans un territoire, sont impensées. Paradoxalement le zéro déchet insiste sur la matérialité du monde via des concepts qui mettent à distance le réel concret, la matière unique et spécifique.

    Le zéro déchet mobilise aussi ce que lea philosophe non-binaire #Timothy_Morton appelle des #hyperobjets : « l’humanité », la « planète », le « climat », les « générations futures »… Ces objets s’inscrivent dans un espace gigantesque et une temporalité qui dépasse la vie humaine. Ils sont impossibles à voir ou toucher. Quand on parle de « l’humanité » ou de « la planète », on cible des choses trop grosses pour être appréhendées par l’esprit humain. Ce sont des outils intellectuels inefficaces pour agir, qui mènent à une impasse politique.

    Cette fois-ci, le lien à la colonialité m’apparaît mois clairement. Je saisis qu’il y a un lien entre ces abstractions et la modernité intellectuelle, et que la #modernité est intimement liée à la colonisation. J’ai déjà parlé de la dimension calculatoire, optimisatrice et utilitariste du zéro déchet, mais la connexion précise avec la colonialité m’échappe6.

    Balayer devant sa porte

    Bien sûr, tout ce que je dis dans ce billet vaut aussi pour mon travail et les articles précédents. Mes critiques concernent autant le zéro déchet en général que la manière spécifique que j’ai de l’aborder. La colonialité que je reconnais dans le zero waste ne m’est pas extérieure.

    Et encore, ma position sociale et raciale font que je passe forcément à côté de certaines choses. Je sais que mes textes sont marqués de colonialité et de blanchité, par des aspects que je ne perçois pas, ou mal.

    Alors que la blanchité de l’écologie est le point de départ de ma réflexion, j’ai échoué à penser directement le lien entre suprématie blanche et sobriété. Cette réflexion sur la colonialité pourrait n’être qu’un détour, un moyen de ne pas aborder le problème, en en traitant un autre.

    Dans l’impasse

    Le système économique que le zéro gaspillage nous fait voir comme absurde a une histoire. Il est l’héritier de la colonisation du monde par l’Europe depuis le 15e siècle. Il naît d’un processus violent, d’exploitation et de #dépossession de personnes non-blanches par les européens. Son racisme n’est pas un aspect extérieur ou anecdotique.

    Une écologie qui veut sérieusement remettre en cause ce système ne peut pas être composée que de personnes blanches. Au-delà de ses « bonnes » intentions7, une #écologie_blanche est condamnée à reproduire des logiques de domination raciale et coloniale. En ne prenant pas en compte ces dominations, elle prolonge les façons de faire et de penser qui ont conduit à la crise climatique.

    Mais il ne suffit pas de vouloir une écologie décoloniale et antiraciste : il faut comprendre le problème avec l’écologie qui ne l’est pas. C’est ce j’ai tenté de faire dans cet article, malgré ma compréhension limitée de ces sujets. Le risque d’être imprécis, insuffisant, ou même erroné m’a semblé plus faible que celui ne pas en parler, ne pas ouvrir la discussion.

    Et pour qu’elle continue, je vous invite à vous intéresser à celles et ceux qui m’ont permis de recoller les morceaux du puzzle, de reconnaître un motif colonial dans le zéro gaspillage. Ils et elles ne parlent jamais de zéro déchet, rarement d’écologie, mais sans leurs apports, cet article n’existerait pas.

    En podcast

    Kiffe ta race (Rokhaya Diallo, Grace Ly)
    Le Paris noir (Kévi Donat)
    Code Noir (Vincent Hazard)
    Des Colonisations (Groupe de recherche sur les ordres coloniaux)
    Décolonial Voyage (Souroure)
    Décoloniser la ville (Chahut media)
    Isolation termique (Coordination Action Autonome Noire)
    Je ne suis pas raciste, mais (Donia Ismail)

    En livre & articles

    L’ignorance blanche (Charles W. Mills)
    Décolonialité & Privilège (Rachele Borghi)
    Amours silenciées (Christelle Murhula)
    La charge raciale (Douce Dibondo)
    La domination blanche (Solène Brun, Claire Cosquer)
    Le racisme est un problème de blancs (Reni Eddo-Lodge)
    Mécanique du privilège blanc (Estelle Depris)
    Voracisme (Nicolas Kayser-Bril)

    En vidéo

    Histoires crépues

    Notes

    Mes grands-parents et mon père naissent dans le Protectorat français de Tunisie. Ma famille quitte la Tunisie six ans après l’indépendance, lors de la crise de Bizerte. ↩︎
    J’hérite de cette idée générale de sa version spécifique proposée par Charles W. Mills dans son article L’ignorance blanche. ↩︎
    On retrouve cette idée dans Recyclage, le grand enfumage en 2020, même si la formulation de Flore Berligen (p. 15) est plus subtile. À l’inverse, cet article de 2015 reprend littéralement la formule. ↩︎
    Pas au sens de « droit » reconnu par un État ou une structure supra-nationale. C’est un droit au sens de revendication légitime, qui possède une valeur impersonnelle et qui mérite d’être prise en compte par tous et toutes, indépendamment de qui formule cette revendication. C’est un usage du mot « droit » qu’on retrouve en philosophie. ↩︎
    Toutes les personnes qui font du zéro déchet et prônent la sobriété ne sont évidemment pas blanches. Mais vu la quantité de blancs et de blanches dans le mouvement, on ne peut pas faire abstraction de cette dimension pour réfléchir à cette écologie. ↩︎
    Ma copine me souffle que le lien est simple : tout notre système intellectuel (politique, épistémologique, etc.) est produit par des colonisateurs. Il accompagne et légitime la colonisation. Même si je suis d’accord, c’est trop long à détailler à ce stade de l’article. ↩︎
    N’oubliez pas : le racisme n’est jamais une question d’intention. Ce sont les effets concrets et la domination qui constituent un acte comme raciste, pas l’intention de la personne qui le commet. ↩︎

    https://blog.whoz.me/zerowaste/il-ne-suffit-pas-de-vouloir-une-ecologie-antiraciste-le-zero-dechet-la-col
    #dépolitisation #individualisme #innovations #second_hand

  • RSA : le gouvernement envisage une suspension de 30 % à 100 % de l’allocation en cas de manquement
    https://www.lemonde.fr/politique/article/2025/03/20/beneficiaires-du-rsa-une-suspension-d-allocation-de-30-a-100-prevue-en-cas-d

    Pour un premier manquement, il est prévu une suspension de l’allocation allant de 30 % à 100 % pour un ou deux mois. Comme la loi le prévoit, si la situation se règle durant la période de la sanction, le montant sera versé rétroactivement, sinon il sera définitivement perdu. En cas de manquement persistant, il est prévu différents types de sanctions, « donnant des marges pour apprécier la gravité », selon le document du ministère. Une nouvelle suspension du versement de 30 % à 100 %, mais cette fois pour un à quatre mois, mais aussi une suppression pure et simple de 30 % à 100 % allant de un à quatre mois. Il est précisé qu’en cas de suppression totale pour quatre mois – la sanction la plus lourde –, l’#allocataire sera également radié de la liste des demandeurs d’emploi et de la liste des bénéficiaires du #RSA.

    [...]

    La contestation du milieu associatif était attendue par le gouvernement, mais pour Thibaut Guilluy [directeur général de France Travail], ces critiques sont exagérées. « Il faut passer par un tel parcours du combattant pour pouvoir radier ne serait-ce que quinze jours ou un mois, que le nombre [de cas] est quand même relativement limité », a-t-il répondu au Sénat.

    https://archive.ph/2bjZa

    #France_travail #radiations #sanctions

  • Marche nocturne féministe interdite à Paris - Le Père Peinard
    https://www.leperepeinard.com/breves/marche-nocturne-feministe-interdite-a-paris

    Le 7 mars, une marche » nocturne féministe radicale « , prévue à Paris, a été interdite par le préfet de police.

    TRUMP POUTINE BITE NOUS SOMMES EN GUERRE J’ENTENDS RIEN TRUMP POUTINE TRALALALALA DEMOCRATIE COUILLE EUROPE QUI PROTEGE TRUMP POUTINE JE VOIS RIEN TRALALALALA
    TRUMP POUTINE

    • Extrait de l’article du Monde :

      La manifestation visait à réclamer « les droits et libertés menacés par un Etat fasciste et la montée de l’extrême droite », d’après les organisatrices. Mais, selon l’arrêté du préfet de police, cette marche était « de nature à troubler l’ordre public », notamment en raison des appels à rejoindre la marche de la part de collectifs propalestiniens Samidoun et Urgence Palestine, qui veulent organiser un cortège « pour la libération de la Palestine de la mer au Jourdain ».

      « Il existe un risque sérieux que le message que les militants des collectifs Samidoun et Urgence Palestine entendent véhiculer conduise à heurter la communauté juive ainsi qu’à provoquer des débordements lors du rassemblement déclaré », expliquait l’arrêté. « Il existe un risque important que des propos appelant à la haine et à la discrimination soient prononcés », poursuivait le document.

      Une manifestation est également prévue samedi, place de la République à Paris, à l’occasion de la Journée internationale de lutte pour les droits des femmes, à l’appel d’associations et de collectifs comme #NousToutes. Plusieurs associations et organisations syndicales appellent également à une grève féministe « du travail, des tâches domestiques et de la consommation ». Le collectif d’extrême droite Némésis a prévu de tenter de défiler dans le cortège avec l’eurodéputée (Reconquête !) Sarah Knafo, ce à quoi s’opposent les organisations féministes.

  • Marché de l’électricité - Le gouvernement tente de court-circuiter nos constats - Billet de la présidente - UFC-Que Choisir
    https://www.quechoisir.org/billet-de-la-presidente-marche-de-l-electricite-le-gouvernement-tente-de

    L’étude que nous avons publiée la semaine dernière sur l’impact de la nouvelle régulation de l’électricité sur les factures des consommateurs n’a pas manqué de faire réagir le gouvernement. Une réaction de sa part était de toute évidence attendue par de nombreux observateurs puisque nous pointons du doigt sa lourde responsabilité dans les dysfonctionnements actuels du marché de l’électricité, ainsi que ses carences en termes de concertation des parties prenantes pour élaborer la nouvelle régulation.

    (…)

    Le seul moyen de répondre à ce double objectif est pourtant simple : mettre en place un dispositif permettant aux consommateurs de payer leur électricité à un tarif basé sur les coûts de production de l’électricité sur notre territoire. Le gouvernement s’y refuse, en mettant en place une nouvelle régulation encore plus favorable à EDF que la précédente, au détriment des consommateurs.

    Je ne peux donc qu’inviter le gouvernement à ne pas allumer de contre-feux artificiels contre ceux qui dénoncent légitimement la future régulation du marché de l’électricité, mais plutôt à œuvrer pour le pouvoir d’achat des consommateurs en procédant dans les plus brefs délais aux aménagements de cette régulation que nous demandons, et particulièrement une taxation plus importante des bénéfices d’EDF (qui a engendré quand même 11,4 milliards d’euros de profits l’année dernière) et une redistribution intégrale du produit de cette taxe aux consommateurs sur leurs factures.

  • Les tardigrades résistent à (presque) tout, grâce à des gènes d’espèces disparues
    https://theconversation.com/les-tardigrades-resistent-a-presque-tout-grace-a-des-genes-despeces

    Placés dans des cellules humaines ou d’autres organismes de laboratoires (drosophile, bactéries, levures, végétaux, etc.), ces gènes ont été capables d’augmenter leurs résistances de manière spectaculaire face à des traitements normalement mortels comme les rayons X, ultraviolets ou des oxydants puissants. Mieux, des protéines issues de certains de ces gènes ont été capables de protéger des médicaments de la déshydratation et de permettre ainsi leur conservation à température ambiante révélant ainsi un potentiel énorme pour la diffusion de vaccins sans avoir recours à des congélateurs coûteux. L’utilisation future de ces gènes uniques de tardigrades dans le domaine biomédical fait déjà l’objet de nombreux dépôts de brevet annonciateurs de nouvelles technologies biomédicales révolutionnaires qui pourraient en découler bientôt et qui s’étendent de la protection de l’épiderme des astronautes contre les rayons cosmiques jusqu’à la possibilité de conserver par déshydratation médicaments, tissus ou organes en attente de leur utilisation.

    Ah oui mais si ces espèces ont disparu, c’est bien que leurs gènes ne permettent pas de résister à tout (#nous_sachions).

  • #Noustoutes appelle à manifester contre les féminicides, les violences sexuelles et toutes les violences de genre

    À l’occasion de la journée internationale pour l’élimination des violences faites aux femmes et minorités de genre, près de 400 collectifs et personnalités (parmi lesquelles Angèle, Judith Godrèche, Corinne Masiero, Assa Traoré, Florence Porcel, Faiza Guene, Pénélope Bagieu, Sandra Nkaké…) appellent à manifester dans toutes les villes de France hexagonale et des Outre-Mer le samedi 23 novembre.

    En France, depuis l’arrivée au pouvoir d’Emmanuel Macron, nous décomptons déjà plus d’un millier de féminicides. UN MILLIER de femmes et filles assassinées par des hommes ! Les féminicides ont lieu partout, dans les foyers mais aussi en dehors. Dans l’espace public, ces crimes visent particulièrement les femmes trans, migrantes, travailleuses du sexes ou SDF qui sont trop souvent invisibilisées. Derrière ce chiffre, ce sont aussi des milliers d’enfants, de familles et de proches endeuilléEs.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2024/11/13/journee-internationale-de-lutte-contre-les-violences-faites-aux-femmes-2024/#comment-63110

    #feminisme #violence

  • #Nous_sans_l'État

    Une réflexion profonde et vivifiante sur les #résistances aux États-nations, par l’une des voix les plus fécondes de la critique décoloniale en Amérique latine.

    À rebours des assignations et représentations homogénéisantes façonnées par le #pouvoir, ce recueil de textes fondateurs de #Yasnaya_Aguilar, interroge à la source l’« #être_indigène », ce « nous » inscrit dans une catégorie paradoxale, à la fois levier de #résistance et d’#oppression. Yasnaya Aguilar mène la discussion sur trois points-clés de la recherche d’alternatives à la mondialisation néolibérale : l’importance de la #langue et de la #culture dans la résistance, la complexité de situation des #femmes_autochtones face à l’#assimilationnisme et enfin, la critique de l’État-nation colonial par les « premières nations ».

    Nous sans l’État rappelle avec force une donnée fondamentale : les États-nations modernes ont façonné leur politique d’oppression des peuples par le croisement de logiques capitalistes, patriarcales et coloniales.

    Cette parole située nous invite, chacun depuis nos géographies, à décoloniser nos #imaginaires pour une émancipation définitive et globale.

    https://editionsicibas.fr/livres/nous-sans-letat-une-reflexion-profonde-et-vivifiante-sur-les-resistan
    #Etat-nation #nationalisme #décolonial #peuples_autochtones #intersectionnalité #patriarcat #colonialisme #colonialité #capitalisme
    #livre
    ping @karine4 @reka

    • Yásnaya Aguilar: la defensora de lenguas que imagina un mundo sin Estados

      #Yásnaya_Elena_Aguilar_Gil es lingüista, escritora, traductora y activista mixe; su voz es cada vez más relevante en un país enfrentado con su propio racismo y donde los pueblos indígenas aún son discriminados y despojados de sus territorios

      En febrero de 2019, Yásnaya Elena Aguilar Gil subió a una de las tribunas más importantes del país y dio un discurso en mixe, o ayuujk, su lengua natal, con motivo de la celebración del Año Internacional de las Lenguas Indígenas. Advirtió que cada tres meses muere una lengua en el mundo, y que esta pérdida cultural acelerada es resultado de las prácticas y políticas nacionalistas de los Estados, en general, y de México, en particular. Sus oyentes en la sala eran los diputados del Congreso de la Unión, uno de los pilares de esa entidad abstracta que llamamos Estado mexicano.

      “Fue México quien nos quitó nuestras lenguas, el agua de su nombre nos borra y nos silencia”, pronunció Yásnaya en su idioma. “Nuestras lenguas continúan siendo discriminadas dentro del sistema educativo, dentro del sistema judicial y dentro del sistema de salud. Nuestras lenguas no mueren solas, a nuestras lenguas las matan”.

      De acuerdo con los datos presentados por la lingüista originaria de Ayutla Mixe (Oaxaca), en 1820, 65 por ciento de quienes habitaban el recién creado territorio mexicano hablaba una lengua indígena. En la actualidad, dos siglos más tarde, esa proporción se redujo a 6.5 por ciento de la población. “Se quitó el valor a nuestras lenguas en favor de una lengua única, el español. Con el fin de hacer desaparecer nuestras lenguas, a nuestros antepasados se les golpeó, se les regañó y se les discriminó por el hecho de hablarlas”, continuó Yásnaya, quien advierte que, de mantenerse la tendencia, en cien años sólo 0.5 por ciento de los mexicanos se considerarán a sí mismos indígenas.

      La desaparición de la diversidad lingüística es una de las mayores preocupaciones de Aguilar Gil, y por eso trata el tema desde distintos ángulos en buena parte de sus ensayos. Sus ideas pueden encontrarse en diversas publicaciones colectivas e individuales, como la antología de autoras mexicanas que escriben sobre feminismo en Tsunami (Sexo Piso, 2018); o el libro breve Un Nosotrxs sin Estado (OnA Ediciones, 2018), donde la autora se pregunta si “necesitamos al Estado para nombrarnos o podemos gobernarnos nosotrxs mismxs”.

      Su voz se vuelve cada vez más relevante en un país enfrentado con su propio racismo, y en el que las comunidades indígenas aún son despojadas de sus territorios por gobiernos y empresas con proyectos extractivistas. A Yásnaya se le escucha en conferencias y en ferias de libros; en los medios de comunicación y en Twitter, la red que amplifica sus reflexiones, sus demandas y sus historias de Ayutla.

      ¿Cómo llega una lingüista mixe, nacida y criada en la sierra norte de Oaxaca, a plantear un debate sobre la deseable —aunque improbable en el corto plazo— desaparición de los Estados? La propia Aguilar Gil describe su recorrido intelectual en una entrevista telefónica. Cuando cursaba la licenciatura de Literaturas Hispánicas, en la UNAM, la estudiante descubrió su pasión por la gramática, y pronto se dio cuenta de que no conocía la descripción gramatical del mixe. No sabía cómo escribir su propia lengua materna. Por eso, ella y uno de sus amigos se propusieron analizarla.

      “Empezamos a transcribir un casete de mi abuela para tratar de entender la fonología y el funcionamiento de la lengua. Muchos de mis trabajos fueron sobre ese tema y así me conecté, por fin, con el movimiento que estaba escribiendo el mixe desde hacía más de veinte años”, cuenta la escritora, quien más tarde cursó la Maestría en Lingüística en la misma universidad. También, de esa forma, Yásnaya entró en contacto con aquellos con quienes después fundaría el Colmix, un colectivo de jóvenes que realiza actividades de investigación y difusión de la lengua, la historia y la cultura mixes (colmix.org).

      En los periodos vacacionales, cuando regresaba a su pueblo desde Ciudad de México, Aguilar Gil comenzó a notar un proceso de pérdida lingüística en su comunidad: “Veía diferencias respecto a la época en la que yo era una niña; cada vez escuchaba menos hablantes de mixe y esto me empezó a preocupar”. Aunque es verdad que para un observador externo puede parecer una lengua muy viva, hablada por más de 80 por ciento de la población mixe, también es cierto que la tendencia a perder hablantes es la misma en todas las lenguas no oficiales del mundo.

      El foco de atención de Yásnaya se centró entonces en la pérdida de las lenguas indígenas, y su primer objetivo fue buscar el porqué. “La respuesta que encontré, y que hoy me parece evidente —aunque no me lo parecía entonces—, es que el fenómeno tiene que ver con la conformación de los Estados”, dice. En otro de sus ensayos, titulado “Lo lingüístico es político” (2019), Aguilar Gil hace una distinción “entre las lenguas de Estado y las lenguas a pesar del Estado”.

      Como lingüista, analiza el origen y la carga simbólica de las palabras. Indio viene del sánscrito, sindhu, y su uso por los colonizadores españoles fue, como se sabe, el resultado de una confusión geográfica. La autora explica que la palabra indígena comenzó a utilizarse varios siglos después, tras la creación del Estado mexicano, y que, contrario a lo que se cree, ambos términos no tienen una relación etimológica. Indígena viene del latín indi (“de allí”) y gen (“nacido”), y significa “nacido allí” u “originario”. Hoy usamos esta palabra indistintamente para referirnos a las más de 68 naciones y las 12 familias lingüísticas que coexisten en territorio mexicano, aunque haya diferencias radicales entre ellas.

      Por eso, Aguilar Gil sostiene, como una de sus tesis principales, que “la categoría indígena es una categoría política, no una categoría cultural ni una categoría racial (aunque ciertamente ha sido racializada)”. Indígenas, propone, son las más de siete mil naciones en el mundo que no conformaron Estados, tales como “el pueblo ainú en Japón, el pueblo sami en Noruega y el pueblo mixe en Oaxaca”.

      El problema radica en que los cerca de 200 Estados modernos suelen negar o combatir la existencia misma de otras naciones con lengua, territorio y un pasado común propios. Estas naciones son la negación del proyecto de Estado, dice la lingüista, ya que dicho proyecto se fundamenta en una supuesta identidad homogénea, con una sola lengua, una bandera, un himno, una historia, unas fiestas y un territorio. “El nacionalismo mexicano es la narrativa que justifica la violencia racista que han padecido los pueblos indígenas de México”, afirma en su ensayo.

      Pero la autora también nos recuerda que tal división política del mundo funciona apenas desde hace un par de siglos —de los nueve mil años de historia mesoamericana—, y que no tiene por qué ser eterna. En un mundo sin Estados, deduce Aguilar Gil, ella dejaría de ser indígena para ser sólo mixe, y lo mismo pasaría con los ainú, los sami, los mapuche, los rarámuri o los wixaritari. El gran reto es imaginar cómo podría funcionar un mundo así.

      Las primeras lecturas

      Yásnaya Elena Aguilar Gil es parte de la segunda generación en su familia que terminó la educación primaria y la primera en obtener el grado de maestría. En un breve ensayo titulado “Los actos de lectura están inmersos en una red tejida por el colonialismo”, cuenta que su abuelo estudió hasta el segundo grado y que aun así trabajó como escribano, campesino y albañil: “Ayudaba con la correspondencia de las personas, leía las cartas a los destinatarios de mi comunidad cuando así se lo pedían, les traducía al mixe, escuchaba la respuesta, la traducía de nuevo al español, y por fin escribía la contestación con una hermosa letra que nunca he podido lograr”.

      Las letras siguieron presentes en la casa familiar. Los tíos de Yásnaya pudieron salir de Ayutla en la década de 1970 para estudiar la preparatoria y la universidad, y a su regreso se convirtieron en mentores de lectura para la futura escritora. Pero Aguilar confiesa que no siempre disfrutó leer, pues en los inicios tuvo que lidiar con textos complejos sin entender demasiado el español. Sus tíos se habían enfrentado a contextos de discriminación y querían evitar que ella pasara por lo mismo. La solución que idearon fue enseñarla a leer el castellano antes de entrar a la escuela, para eliminar su acento de mixehablante.

      Yásnaya describe la alfabetización que el Estado mexicano llevó a cabo en las comunidades indígenas como “un proyecto castellanizador belicoso y amedrentante”. Sucedió sobre todo a partir de la primera mitad del siglo XX, con el objetivo, afirma, de desaparecer las lenguas indígenas. “Alfabetizar significaba hacer triunfar la llamada lengua ‘nacional’ sobre dialectos que significaban pobreza y atraso en los discursos de educadores rurales oficiales como Rafael Ramírez” (quien colaboró con la reforma educativa impulsada por José Vasconcelos).

      Algunos de los textos con los que Aguilar Gil aprendió a pronunciar las palabras del nuevo idioma, sin entender su significado, provenían de ejemplares traducidos de la revista soviética Sputnik y del Libro Rojo, de Mao Tse-Tung. Los tíos de la autora estaban entusiasmados con el comunismo y con la urss, y gracias a esas lecturas se enteraban de la existencia de lugares “donde los obreros podían asistir a clases de Física o talleres de arte y donde todas las personas eran iguales”. De hecho, Yásnaya se llama así gracias a esa filia por lo ruso que existía en su familia. Su primer nombre lo eligió el mayor de sus tíos a partir de un sitio particular: Yásnaia Poliana, una finca rural a unos 200 kilómetros al sur de Moscú donde nació, vivió y fue enterrado el novelista León Tolstoi.

      “Con el paso del tiempo, conforme fui aprendiendo castellano, los edificios sonoros comenzaron a tomar sentido. Islas de significado iban emergiendo entre los textos del libro Español Lecturas que nos repartían en la escuela”, narra la lingüista. Sus tíos le dejaron una indicación muy concreta antes de tener que emigrar de Ayutla: elegir los libros que estuvieran clasificados como clásicos. Así fue como Yásnaya leyó adaptaciones infantiles de Las mil y una noches, La Ilíada o La Odisea. Y fue gracias a estas historias que comenzó a amar la lectura.

      Agua para Ayutla

      Además de su activismo por la diversidad lingüística, la escritora afirma que su otra gran lucha es por devolverle el agua a su comunidad. Ella ha denunciado una y otra vez, en distintos foros, que, desde junio de 2017, los habitantes de San Pedro y San Pablo Ayutla no tienen acceso al agua potable. Las autoridades estatales lo han llamado un conflicto agrario entre este municipio y su vecino, Tamazulápam del Espíritu Santo. Pero es más que eso, pues los habitantes de este último están respaldados por un grupo armado presuntamente ligado a la siembra de amapola.

      Aguilar Gil habló de este problema en su discurso ante los diputados: “Por medio de armas y de balas nos despojaron del manantial, por medio de armas tomaron y callaron la fuente de agua para nosotros. A pesar de que las leyes dicen que el agua es un derecho humano, ya el agua no llega desde hace dos años a nuestras casas y esto afecta, sobre todo, a ancianos y niños”.

      El día en que su sistema de agua potable fue dinamitado, la comunidad de Ayutla también perdió a uno de sus miembros —Luis Juan Guadalupe, quien fue asesinado—, debió atender a más de seis heridos y sufrió la ausencia temporal de cuatro compañeras que fueron secuestradas y torturadas. En más de dos años y medio, las autoridades responsables no han hecho justicia ni han sido capaces de devolver el servicio básico a un poblado de más de tres mil habitantes.

      La lingüista no duda que el Estado es parte del problema al solapar las violencias cometidas contra su pueblo. “Hay una impunidad activa, voluntaria, que no entiendo. Hay una complicidad, incluso, un dejar hacer”, lamenta.

      A pesar de las enormes dificultades que supone la carencia de agua potable, la comunidad continúa su vida colectiva en Ayutla. Aguilar Gil regresó al pueblo cuando la asamblea comunitaria —el máximo órgano de decisión— la nombró secretaria del presidente municipal y guardiana del archivo. Ahora, explica, se encuentra en un periodo de descanso al que tienen derecho todos los servidores públicos de este sistema normativo propio —conocido como “usos y costumbres”—, gracias al cual algunos pueblos indígenas ejercen un grado de autonomía establecido en la ley.

      En la asamblea comunitaria están obligados a participar todos los ciudadanos mayores de 18 años, excepto los estudiantes, los mayores de 70 o quienes hayan cumplido ya con todos sus cargos. El presidente municipal es nombrado por la asamblea y no puede hacer nada sin consultarla; a escala local no hay partidos políticos ni elecciones tradicionales y las autoridades municipales no cobran sueldos. Por el contrario, un cargo público supone un desgaste económico para quien lo asume.

      Aunque actualmente Yásnaya no tiene un cargo oficial, la asamblea le ha conferido un encargo: acompañar la interlocución con el Estado en el problema del agua. Por eso, el pasado 13 de enero, Aguilar Gil acudió, junto a las responsables de bienes comunales, a interpelar, una vez más, al gobernador de Oaxaca. Alejandro Murat hablaba en el Foro Estatal Hacia una Nueva Ley General de Aguas sobre el derecho humano de acceso a este recurso, cuando la lingüista y sus compañeras se pusieron de pie para mostrar una cartulina con la leyenda: “Agua para Ayutla”.

      La otra gran razón por la que Yásnaya decidió regresar a la vida rural fue su abuela, la persona con la que se crió. Quienes siguen a la lingüista en las redes (su cuenta en Twitter es @yasnayae) saben de su amor incondicional por ella, y lo difícil que ha sido su duelo tras perderla. “Ahora estoy tratando de continuar con todo lo que ella hacía; estoy concentrada en mantener todo vivo: la siembra, sus animales, sus plantas”, cuenta. Esto también la ha obligado a bajar el ritmo en la escritura. Mientras se acopla a sus nuevas labores, dice, escribe sólo cuando tiene un encargo o cuando aterriza alguna nueva idea.

      La organización comunitariacomo alternativa

      El pasado 13 de diciembre, la Banda Filarmónica de Ayutla sufrió el robo de la mitad de sus instrumentos musicales, que estaban resguardados en la escoleta municipal. De inmediato, figuras como el alcalde, el presidente de la banda y la lingüista Yásnaya Aguilar Gil denunciaron el hecho y pidieron ayuda para recuperar los instrumentos que, en su mayoría, son tocados por niños y niñas de entre seis y 13 años. El mensaje se difundió rápidamente. Tanto, que en pocos días la Secretaría de Cultura de Oaxaca resarció parte de los daños al entregar, de manos del gobernador, 36 instrumentos nuevos a los jóvenes músicos.

      El pueblo entero y algunos de sus vecinos se movilizaron para recuperar cuanto antes “el corazón de la comunidad”, como nombró Yásnaya a la agrupación musical. También tuvo un efecto significativo el llamado de la escritora vía su cuenta de Twitter, donde tiene más de 23 mil seguidores. Algunos de ellos hicieron donaciones que se convirtieron en tres flautas transversales, un saxofón alto, un clarinete, un violín, una trompeta, un arpa pequeña, una flauta alto y un atril. El 26 de diciembre, después de que la banda realizara los rituales de agradecimiento, la música en Ayutla volvió a sonar.

      También la lingüista ha puesto a discusión con sus interlocutores tuiteros su idea utópica de la desaparición de los Estados, llamando a aportar ideas sobre posibles formas de autogestión. Aguilar cuenta que, en efecto, ha recibido propuestas interesantes, pero, sobre todo, una lluvia de comentarios que expresan preocupación. “Resulta casi imposible pensar el mundo sin estas divisiones que se asumen como existentes desde siempre”, escribe en Un Nosotrxs sin Estado. Y en la entrevista agrega: “Yo les digo que no se preocupen, no creo que lo lleguemos a ver en esta vida; pero, ¿por qué no podemos imaginarlo? Hay incluso una colonización de la imaginación”.

      Lo que ella imagina “es una diversidad de sistemas políticos; una confederación o alianzas libres de unidades mucho más pequeñas y autogestivas que no dependan del famoso monopolio del uso legítimo de la violencia del Estado”. También señala que, en este ejercicio imaginativo, es importante no caer en la tentación de replicar el modelo de opresión al que siempre han resistido los pueblos indígenas: “Los Estados administran un sistema colonialista, capitalista y patriarcal, ¿por qué habríamos de replicarlo?”.

      Hacia el final de su ensayo, Yásnaya esboza algunas propuestas concretas para este mundo imaginario, relacionadas con la seguridad, la educación, la salud y la impartición de justicia. Además, deja abierta una invitación generalizada: arrebatar cada vez más funciones al Estado. Lo anterior ya se hace, en cierta medida, en Ayutla y otros municipios de Oaxaca, donde las asambleas de comuneros han cooptado la institución municipal.

      Pero el primer gran paso, sostiene Aguilar, sería declarar la existencia de territorios indígenas autónomos en los que el Estado no pueda concesionar proyectos extractivos que atenten contra la salud y la calidad de vida de las personas. “A nuestras lenguas las matan cuando no se respetan nuestros territorios, cuando venden y hacen concesiones con nuestras tierras”, pronunció Yásnaya en mixe durante su discurso en la Cámara de Diputados. “Es la tierra, el agua, los árboles los que nutren la existencia de nuestras lenguas. Bajo el ataque constante de nuestro territorio, ¿cómo se puede revitalizar nuestra lengua?”.

      https://magis.iteso.mx/nota/yasnaya-aguilar-la-defensora-de-lenguas-que-imagina-un-mundo-sin-estados

  • Pour abroger la loi immigration, allons voter !

    Pour abroger la loi immigration, allons voter ! La loi immigration, dite loi Darmanin, menace les couples binationaux et familles binationales. Votons pour une Assemblée nationale capable de l’abroger ! #noussommesici2024

    https://blogs.mediapart.fr/les-amoureux-au-ban-public-amoureuxses-en-couple-binational/blog/260624/pour-abroger-la-loi-immigration-allons-voter