organization:coalition nationale

  • Les Syriens, oubliés depuis si longtemps ...
    http://www.cntaittoulouse.lautre.net/spip.php?article772&artpage=2-3#outil_sommaire_1

    Depuis 2011, la Syrie a vécu à la fois des élans révolutionnaires, de violentes attaques contre-révolutionnaires, la monté du fascisme religieux, la perpétuation des atrocités commises par l’Etat d’el-Assad, le tout dans une indifférence internationale parfaitement honteuse. La vie de millions d’êtres humains a basculé dans la tragédie, les destructions sont massives…

    Sans aucune prétention, j’ai cherché ici à faire un point, celui d’un humain qui s’interroge sur la base des informations qu’il a pu recueillir.

    Commençons par le début. Les révolutionnaires syriens ne sont pas sortis dans la rue pour réclamer un Etat islamique, l’application de la charia ou pour obtenir davantage de mosquées. Non, ces gens sont sortis dans la rue pour réclamer liberté et dignité, réclamer leur droit à la parole et ne pas entendre seulement la voix de Bachar. Quoi de plus normal que de voir, dans un pays, des gens se soulever contre un tyran, contre celui et ceux qui les oppriment, c’est-à-dire celui et ceux qui les gouvernent ?

    40 ANS DE DICTATURE ÇA SUFFIT

    En mars 2011, à Deraa (ville du sud-ouest de la Syrie), des enfants, très jeunes – l’aîné avait 14 ans, mais on murit vite dans de telles situations – inspirés par les soulèvements en Egypte et en Tunisie, ont écrit sur un mur «  Le peuple veut la fin du régime  ». Il s’en est suivi un enchainement inouï de violences. Les forces de l’ordre de l’Etat d’el-Assad arrêtent ces enfants, les frappent, les torturent, leur arrachent les ongles… Ce sont leurs méthodes habituelles et c’est ce qu’ils font subir à ces enfants. Des humains de Syrie, ne vont pas rester insensibles face à ce nouvel épisode d’horreur. Ils sortent dans la rue pour tenter de les faire libérer. C’est par des rafales de mitrailleuse que l’Etat barbare leur a répondu. Des enfants, seuls les cada-vres mutilés, brûlés, sacrément amochés, sont rendus aux familles.

    C’est l’étincelle. Tout s’enflamme. D’énormes rassemblements et manifestations pacifiques vont suivre dans tout le pays. C’est principalement chez les plus défavorisés que la révolte gronde, alors que les privilégiés apporteront un soutien incontestable à Bachar le sanguinaire.

    Des actions symboliques comme l’arrachage de posters à l’effigie du tyran ou la destruction de statues des el-Assad (père et fils), l’attaque d’un siège du parti Baas et la colère massive grandissante, seront toujours calomniées par l’impressionnant appareil de propagande de Bachar qui les taxera de « terrorisme ». La rhétorique de Bachar est simple : qui s’oppose à lui ne peut être qu’un dangereux « terroriste », alors que lui-même est un brave pacifiste qui ne recherche que le bonheur de son peuple, comme il l’écrit, par exemple, dans ce communiquée de presse (novembre 2011) :

    « Mon rôle, en tant que président, et c’est mon obsession quotidienne, est de savoir comment mettre un terme à ce bain de sang causé par des terroristes armés qui œuvrent dans plusieurs régions ».

    Comme si les personnes massivement présentes dans cette rébellion, à ce moment-là, étaient des barbus sanguinaires et que lui, maître incontesté du pays, était le garant de la « laïcité » et de la « paix » en Syrie.

    Or, s’il y avait et s’il y a une chose que les Syriens n’ont pas à attendre de l’Etat, c’est bien qu’il combatte le vrai terrorisme. Mais contre la révolution, ce sera une lutte acharnée que les bourgeois syriens mèneront.

    Vouloir transformer l’homme révolté en « terroriste », ne sera pas le gros mensonge de la seule propagande d’Etat d’el-Assad. Il sera repris immédiatement par tous ses alliés et au-delà, c’est-à-dire beaucoup plus de monde que l’on ne croit. Il est vrai que l’Etat de Bachar a su se créer, par sa « générosité », beaucoup d’amis discrets mais actifs…

    La résistance populaire, quant à elle, s’organise autour de « Comités locaux », pour venir en aide aux familles des victimes. Des lieux s’ouvrent, où la parole jusqu’alors muselée, se libère. Face aux problèmes du quotidien, vient alors le « Comment faire face ensemble ».

    « Mener leur vie indépendamment des institutions et organes d’Etat, établir un espace qui permette la collaboration collective des individus, activer la révolution sociale aux niveaux local, régional et national ».

    Voila comment Omar Aziz, révolutionnaire syrien mort en prison, voyait les Comités locaux de coordination, comme le rapportent les propos d’un de ses amis, Buddour Assan.

    Pendant ce temps, les services de police ainsi que des miliciens syriens (très actifs et très fidèles à Bachar) mènent la répression, commettent des tueries, des bains de sang, couverts par le silence médiatique. En réponse, le mouvement populaire donnera alors naissance au premier groupe armé dont nous entendrons parler, l’Armée Syrienne Libre, composée de déserteurs et d’habitants. Leur mission sera de défendre ceux qui se font massacrer par les forces obscures d’el-Assad et du Hezbollah libanais. Un lien soudé existera entre l’ASL et les Comités locaux. Ce mouvement, jusqu’alors resté pacifique, n’aura d’autre choix que de prendre les armes. Les villes d’Alep et de Homs seront des terrains de fortes confrontations. Les chars du pouvoir vont entrer en jeu, puis viendra le tour des bombardements, puis l’utilisation d’armes chimiques, notamment le gaz sarin, faisant des massacres  : 1 400 morts dans les banlieues de Damas le 21 août 2013…

    Selon la propagande d’el-Assad, aussitôt reprise en boucle par ses fidèles alliés, ce sont les rebelles qui se seraient envoyé ce gaz toxique dessus pour qu’interviennent les forces étrangères. Ben voyons. Et devant l’incohérence de ce « message », qui ne passe pas toujours bien, le deuxième argument de la propagande assadienne est de nier les faits  : le rapport sur le gaz sarin serait un faux. Difficile à croire quand on voit la tournure des événements (mais les alliés de Bachar ont quand même réussi à semer le doute en Occident) ! Toujours est-il qu’il n’y a eu aucune intervention pour arrêter les massacres. El-Assad a pu continuer ses crimes aux yeux de la terre entière, sans qu’il y ait de grande réaction. Il a pu franchir la fameuse « ligne rouge » sans que l’action (ou plutôt l’inaction) internationale bouge d’un iota.

    Résumons  : Quand les Syriens s’expriment pacifiquement, par un tag ou des manifestations, ils ont des balles comme réponse. Quand ils s’arment défensivement pour se protéger, c’est l’artillerie lourde. Et quand cela n’est pas assez « efficace » ce sont les bombardements. Une fois le gaz sarin confisqué (1), c’est à coup de barils de TNT que la population sera exterminée. C’est comme ça que le régime el-Assad procède quand il veut mettre un terme à « un bain de sang ». Le cynisme ajouté à la cruauté !

    Quant à la « laïcité » de Bachar, qu’on nous a servi ici comme « justificatif », quant à sa volonté de « réconciliation », c’est de la pacotille. Les deux principaux slogans de ses sbires en disent plus long que tous les discours : «  Bachar, ou nous brûlons tout  » et «  Dieu, la Syrie, Bachar et c’est tout  » . Résultat, 4 ans plus tard  : pas loin de 200 000 morts et des millions d’êtres humains fuyant la Syrie.

    LES FORCES D’OPPOSITION

    Face à cette montée de la résistance populaire, el-Assad a eu l’astuce de libérer des prisonniers politiques. Mais, ce ne furent pas des communistes, ni des démocrates, ni des personnes incarcérées à la suite de mouvement pacifiques. Non, non, les premiers libérés – très vite libérés - ont été les islamistes radicaux et des droits communs violents (condamnés pour meurtre…).

    Cette manœuvre nauséabonde a largement contribué à faire crever la révolution sociale en la faisant basculer dans une guerre civile, bascule favorisée par l’arrivée du Front islamique.

    Fort de 50 000 à 80 000 hommes, le Front islamique devient alors le plus important groupe rebelle de Syrie, devant ses rivaux de l’Armée syrienne libre, de l’État islamique de l’Irak et du Levant et du Front Al-Nosra, grâce à l’aide financière du Qatar, avec la bénédiction de l’Arabie saoudite et probablement de la Turquie, à ce que l’on peut savoir.

    De l’autre coté, un Conseil National Syrien est formé, composé de membres des comités locaux, de l’ASL, mais aussi des Frères musulmans, puis à la demande des soi-disant pays amis de la Syrie, une Coalition Nationale des Forces de l’Opposition et de la Révolution naîtra en novembre 2012, avec pour président Mouaz al-Khatib, un imam sunnite et homme politique syrien. L’opposition syrienne dite modérée était ainsi prête au cas où Bachar tomberait.

    Plus tard ces forces de l’opposition seront vivement critiquées, notamment par des membres de l’ASL et par les Comités locaux, car leurs préoccupations s’éloignent du terrain de la révolution syrienne. Le président de la CNFOR démissionne. Il dira par la suite  :

    « Les puissances mondiales (…) ne pensent à résoudre la crise syrienne qu’en fonction de leurs souhaits, de leurs intérêts ou selon leurs méthodes, sans tenir compte de la souffrance quotidienne du peuple  » (2).

    Belle conclusion, mais tardive, comme pour tous ceux qui rêvent de pouvoir et de présidence, quand ils sont déçus. D’ailleurs il est curieux que ce chef de l’opposition, sorti du chapeau des «  amis » de la Syrie, ait été prêt à discuter avec le régime (3).

    Si, de 2011 à 2013, les Comités locaux et l’Armée Syrienne Libre se sont développés, et ce de manière exponentielle, il aura fallu deux ans de « questionnements » et de tergiversation sur l’aide qui devrait leur être apportée… le temps que le processus révolutionnaire soit affaibli et en voie de disparition.

    Un aboutissement rapide aurait pu, probablement, éviter tout ce bain de sang. L’absence d’aide d’un côté et la cohésion des soutiens et alliés de Bachar el-Assad (en particulier, le soutien de l’Iran) de l’autre sont bel et bien responsables d’une révolution brisée.

    SYRIE, TERREAU DES FASCISTES ISLAMISTES

    De telles circonstances ont constitué pour le Front al–Nosra et pour Daech un terreau pour se développer à grande vitesse. Le conflit Syrien s’enlise. Les « Amis » de la Syrie font le choix de ne pas fournir en armes les révolutionnaires, et notamment les combattants de l’ASL. Même la demande, présentée par l’opposition au régime, d’obtenir une simple protection anti-aérienne pour la zone nord du pays contrôlée par les révolutionnaires est refusée. Le manque d’armes des révolutionnaires fera le jeu des islamistes de Daech, qui eux, sont financés par le pétrole d’Irak ainsi que par quelques autres mystérieux donateurs, et armés par les stocks laissés à l’abandon après la guerre de 2003 contre Saddam. Daech s’attaquera dès le début de son expansion en Syrie aux combattants de l’Armée syrienne libre. L’arrivée de Daech sera un scoop pour les gros médias qui jusqu’alors n’avaient pas l’air de trop se préoccuper des syriens. Ajoutons que les combattant Kurdes ont défendu Kobané, combat juste et légitime face à Daech, malgré un double jeu du gouvernement Turc, qui peut paraître bien étrange, mais qui correspond tout simplement aux intérêts que défend Erdogan.

    Bachar quant à lui, reste fidèle au poste et règne en prince…

    REACTIONS INTERNATIONALES

    Des députés français sont allé serrer la paluche sanglante de Bachar - on ne sait jamais, si c’est lui qui doit rester (4) ... Pendant qu’une bonne part de la population syrienne criait « Bachar dégage », en Occident, c’était l’insensibilité générale et un silence inquiétant. Il n’y a eu que des initiatives, malheureusement trop rares et de portée limitée, comme la création de collectifs de solidarité avec la révolution syrienne, pour tenter de dénoncer la propagande d’Etat et venir en aide aux populations ou comme le peu de soutien pratique apporté aux combattants kurdes. Nous avons été loin des gros rassemblements, comme ceux que nous avions vus pendant la guerre en Irak ou au cours du conflit israélo-palestinien. La barbarie de l’armée et de la milice el-assadienne, a-telle rendu sourd, muet et aveugle ceux qui auraient dû protester ?

    Les Syriens ont été abandonnés à leur triste sort, condamnés à se battre contre des fascistes de Daech, les fascistes de l’Hezbollah et les soldats de Bachar dans l’indifférence la plus totale.

    Pourtant, 200 000 Syriens tués, des millions de réfugiés, des enfants fuyant la guerre, comment peut-on rester de marbre face à cela ?

    (1) - L’ONU a fini par démanteler ce poison http://www.lepoint.fr/monde/syrie-le-plan-secret-obama-poutine-11-09-2013-1723311_24.php

    (2) - http://www.lepoint.fr/editos-du-point/mireille-duteil/coups-de-trafalgar-pour-l-opposition-syrienne-25-03-2013-1645547_239.php

    (3) - http://www.ladepeche.fr/article/2013/01/30/1549406-syrie-la-russie-tres-preoccupe-par-une-information-sur-un-raid-isr

    (4) - http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/02/25/des-parlementaires-francais-ont-rencontre-bachar-al-el-Assad_4582844_3218.ht

    @anarchosyndicalisme ! n°146
    ---- #Syrie ------------------------

  • USA : 33 villes interdisent de nourrir les personnes sans-abri à titre personnel
    http://www.brujitafr.fr/article-usa-33-villes-interdisent-de-nourrir-les-personnes-sans-abri-a-tit

    Plus de trente villes américaines tentent de résoudre le problème des personnes sans-abri en interdisant de nourrir, de leur propre initiative, les personnes dans le besoin dans les lieux publics. La Coalition Nationale pour les Personnes Sans-Abri (NCH) est en train d’élaborer avec le canal NBC un rapport sur une question pressante. Récemment, un couple de la ville de Daytona Beach en Floride a été condamné à payer une amende pour ne pas avoir respecté ces règles. Il est compliqué quantifier le nombre de personnes sans-abri, même si, selon les chiffres de NCS, en janvier 2012, 633 782 personnes ont passé la nuit dans la rue le même jour ; un chiffre similaire aux années précédentes. « On peut voir des personnes sans (...)

  • Article de Russia Today en réaction à la décision de la Ligue arabe d’octroyer le siège de la Syrie à la Coalition Nationale [Rassemblement de l’opposition syrienne]. Moscou juge « anti-syriennes » et « malheureusement [favorables] à une solution militaire » les mesures qui viennent d’être prises à Doha. Le porte-parole du ministère des Affaires étrangères russe indique « qu’au regard du droit international, les décisions que la Ligue [arabe] vient de prendre à l’égard de la Syrie sont illégales et indéfendables dans la mesure où le gouvernement de la République arabe syrienne demeure le représentant légal d’un Etat membre des Nations Unies. ».

    http://rt.com/news/arab-league-syria-opposition-924
    Giving Syrian opposition seats at Arab League is ‘illegal, indefensible’
    Moscow Published time : March 27, 2013

    “ The Arab League’s move to hand the Syrian opposition the country’s official seat at a summit in Doha and the decision to give military backing to the rebels are both against international law, Moscow has said. “

    #Russia #Syrian_opposition #Arab_League #military_solution #political_settlement

  • La Coalition Nationale syrienne vient de se voir attribuer le siège jusque-là occupé par le régime de Damas à la Ligue arabe et dispose même aujourd’hui d’une ambassade à Doha. Un gouvernement provisoire est désormais attendu. Sous la conduite Ghassan Hitto, il serait formé d’hommes d’affaires, d’économistes et de technocrates. Tout en jugeant positifs ces développements, Yezid Sayigh (Carnegie Endowment for International Peace) met en garde contre la propension de l’opposition syrienne à trop délaisser ce qui fait l’essence de la mission des gouvernants : une administration efficace, la fourniture des services de base aux citoyens, la résolution des conflits et la sécurité dans les zones qu’elle contrôle, au profit des ambitions de telle ou telle de ses composantes. Il rappelle que l’opposition n’a pas encore réglé définitivement un certain nombre de questions : négocier ou pas avec Assad, gouvernement provisoire ? Gouvernement transitoire ? Gouvernement chargé d’expédier les affaires courantes ? Gouvernement installé en Syrie ou à l’extérieur ? Programme de gouvernement ? Yezid Sayigh fait valoir que l’opposition syrienne a amplement démontré son incapacité à s’organiser et que le seul exemple de bonne gouvernance dans les zones libérées est à mettre au crédit des islamistes qui se sont organisés dans la ville de Raqqa (250.000 habitants).

    http://carnegie-mec.org/2013/03/28/syrian-opposition-s-very-provisional-government/fu0z

    Carnegie Middle East Center/ Carnegie Endowment for International Peace
    The Syrian opposition’s very provisional government
    Yezid Sayigh

    March 28, 2013
    “The Syrian National Coalition of Revolutionary and Opposition Forces (National Coalition) formally took up Syria’s seat in the Arab League this week. The outgoing chairman of the coalition, Moaz al-Khatib, who had announced his resignation only days before, represented the coalition, and the provisional prime minister, Ghassan Hitto, sat behind him. This recognition is an important diplomatic gain. But it will prove ephemeral unless the National Coalition and its provisional government can follow up speedily by delivering effective administration, basic services, dispute resolution, and security in the liberated areas, which it claims now extend over 100,000 square kilometers and include 10 million inhabitants”.

    #Syrian_National_Coalition_of_revolutionary_and_Opposition_Forces #National_Coalition #al_Khatib #Ghassan_Hitto #governance #provisional_government #transitional_government #Qatar #Raqqa

  • Pour qui sonne le glas en Syrie ? par Pepe Escobar traduit par JFG-QuestionsCritiques
    http://questionscritiques.free.fr/edito/AsiaTimesOnline/Pepe_Escobar/Syrie_rebelles_OTAN_haine_sectaire_turbo-capitalisme_261212.

    Ensuite, il y a la toute nouvelle Coalition Nationale orwellienne des Forces Syriennes d’Opposition et Révolutionnaires - une coproduction Washington/Doha. Rencontrez le nouveau patron, identique à l’ancien patron (foireux), qui était le Conseil National Syrien (CNS). C’est juste de la rhétorique ; la seule chose qui compte pour la « Coalition Nationale » est d’obtenir plus d’armes létales. Et ils adorent al-Nousra, même si Washington ne l’aime pas.

    Le Qatar a déchargé des tonnes d’armes « comme des bonbons » (selon la formule d’un négociant d’armes américain) dans la Libye « libérée ». Ce n’est qu’après le retour de manivelle de Benghazi que le Pentagone et le Département d’Etat se sont réveillés en comprenant que l’armement des rebelles syriens pourrait bien ouvrir la voie à d’autres déculottées. Traduction : le Qatar continuera à décharger des tonnes d’armes en Syrie. Les Etats-Unis continueront à « diriger par derrière ».

    Attendez-vous à plus de massacres sectaires horribles comme celui qui s’est déroulé à Aqrab.[1] Cela prouve une fois encore que les « rebelles » de l’OTANCCG gagnent vraiment la guerre sur YouTube. Attendez-vous donc à des vagues plus massives et incessantes d’interprétations orientées et de propagandes - avec les grands médias occidentaux vantant et soutenant les « combattants de la liberté » syriens, sans commune mesure avec leur soutien au Djihad des années 1980 en Afghanistan.

    Attendez-vous à plus de distorsions majeures du contexte, comme lorsque le vice-ministre russe des Affaires étrangères a dit, « Les combats seront encore plus intenses et [la Syrie] perdra des dizaines de milliers et, peut-être, des centaines de milliers de civils. [.] Si un tel prix pour déposer le président vous semble acceptable, qu’y pouvons-nous ? Bien sûr, nous considérons cela comme étant absolument inacceptable. »

    Par conséquent, la Russie essaye de tout faire pour empêcher que cela se produise. Et si les « rebelles » de l’OTANCCG mettent à exécution leurs menaces d’attaquer les ambassades russe et ukrainienne à Damas, ils feraient bien de tailler leurs barbes et de courir se cacher de la Spetnatz - les Forces Spéciales Russes (qui ne rigolent pas !).

    Attendez-vous à plus de haine sectaire, comme avec le Cheikh sunnite et vedette d’al-Jazeera, Youssouf al-Qaradawi, qui a nonchalamment émis une fatwa légitimant le massacre de millions de Syriens, qu’ils soient des militaires ou des civils, tant qu’ils sont alaouites ou chiites.

    La haine sectaire règnera en maître, avec le Qatar à sa tête, suivi par les Saoudiens aux portefeuilles bien garnis et les islamistes jusqu’au-boutistes assortis. Ordre du jour : guerre contre les Chiites, les Alaouites, les laïques, et même contre les modérés, non seulement en Syrie mais dans tout le Moyen-Orient.

    • Le Front Al-Nosra veut une gouvernance islamique dans la Syrie post-Assad

      http://fr.news.yahoo.com/front-al-nosra-veut-gouvernance-islamique-syrie-post-180235039.html

      « Al-Nosra n’est pas venu en Syrie pour se retirer à la chute de Bachar al-Assad. Le Front a toujours été clair sur ses intentions : ce sont des salafistes et ils veulent un califat », rappelle le chercheur Fabrice Balanche.

      Mais, « enhardi par ses succès sur le terrain, Al-Nosra se montre davantage, il surfe sur la décision américaine de l’inscrire sur sa liste terroriste qui lui a gagné des sympathies sur le terrain et développe sa propagande pour le grand public », poursuit le directeur du Groupe de recherches et d ?études sur la Méditerranée et le Moyen-Orient (Gremmo).

      Al-Joulani remercie d’ailleurs les Syriens ayant participé mi-décembre aux manifestations placées par les militants anti-régime sous le slogan « le seul terrorisme en Syrie est celui d’Assad ».

      Pour lui, avec cette décision qui a provoqué « une colère populaire dans les milieux musulmans », l’Amérique a exprimé « sa colère et son échec dans la région » en condamnant Al-Nosra « pour l’aide qu’il apporte à ce peuple ».