Géopolitique : Cynisme et bons sentiments ? Caroline Galacteros (Thinkerview)
▻https://www.crashdebug.fr/diversifion/15850-geopolitique-cynisme-et-bons-sentiments-caroline-galacteros-thinker
Source : Youtube.com
Information complémentaire :
Géopolitique : Cynisme et bons sentiments ? Caroline Galacteros (Thinkerview)
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Information complémentaire :
Caroline Galactéros face à Jean-Jacques Bourdin en direct
▻https://www.crashdebug.fr/diversifion/14753-caroline-galacteros-face-a-jean-jacques-bourdin-en-direct
Caroline Galactéros Docteur en Science politique, colonel au sein de la réserve opérationnelle des armées, expose en dehors de la pensée unique le conflit Syrien face à Bourdin
Ndlr. et on est particulièrement heureux et fier de voir que les Français(es) se rappel ceraines leçons de l’histoire comme la guerre en Irak, et ne sont pas une nation belilciste, comme voudrais nous le faire croire la presse... (je pense notament au journal Libération propriété d’Edouard de Rothschild...)
Source : Youtube.com
Informations complémentaires :
Crashdebug.fr : Ambassadeur russe à l’ONU : Washington, Londres et Paris vont vers la 3e guerre mondiale
Crashdebug.fr : La nouvelle carte américaine du Proche-Orient
Crashdebug.fr : John Perkins : Les confessions d’un assassin financier Crashdebug.fr : Libye - (...)
Pourquoi la France ne doit pas s’associer aux frappes en Syrie, par Caroline Galactéros
▻https://www.les-crises.fr/pourquoi-la-france-ne-doit-pas-sassocier-aux-frappes-en-syrie-par-carolin
La séquence de Claude El Khal, la Syrie et la complexité | Marwen
▻https://marwen-belkaid.com/2018/03/05/la-sequence-de-claude-el-khal-la-syrie-et-la-complexite
Il y a quelques jours, le journaliste de Le Media Claude El Khal, dans une séquence disponible ici, a parlé de la guerre en Syrie et plus précisément de ce qu’il se passe dans la Ghouta orientale, (...) Source : La Plume d’un enfant du siècle
Il s’agit simplement de dire qu’amalgamer djihadistes, salafistes et islamistes est une aberration sans nom et confine, osons le mot, à la médiocrité d’analyse voire à la manipulation éhontée.
Et à ce moment précis de la lecture de l’article, nous eussions aimé en savoir davantage. Mais ce n’est (sûrement) qu’une question de temps ...
Oui on en saura pas plus de Marwen Belkaid ! Pourquoi ne pas dire tout simplement et malheureusement que les démocrates laïques de gauche se sont fait voler leur révolution par des fondamentalistes, salafistes, et djihadistes avérés (source Robert Fisk, Caroline Galactéros ...) @sombre
Triste dérive des religions et des dictatures...
Donc, critiqué en 280 caractères par la meute sur Twitter, El Khal est coupable de ne pas avoir la subtilité et la complexité, dans son intervention télévisée, d’un article du Monde diplomatique ou d’un « écrivain » façon Camus. La question du format se pose tout de même un petit peu, non ? (Et c’est d’ailleurs pour cela que je ne suis jamais les news à la télé.)
Qui sont les rebelles syriens ? par Bachir El-Khoury
►https://www.monde-diplomatique.fr/2016/12/EL_KHOURY/56922
Pour Alep on savait déjà !
Là où réside le problème est précisément dans le fait de renvoyer dos à dos une armée soutenue par la Russie et l’Iran à des groupes rebelles hétérogènes (allant des djihadistes à l’Armée Syrienne Libre, nous y reviendrons) alors même que l’artillerie ne saurait être la même entre les multiples camps.
Mais par contre quand Marwen Belkaid dit :
Je crois qu’il nous faut, sur ce sujet comme sur bien d’autres, parvenir à ne pas sombrer dans le manichéisme ambiant tout en refusant le simplisme. Voilà quel est notre chemin de crête.
nous sommes évidemment tou·tes d’accord
Et donc Belkaid n’a d’autres choix que de renvoyer dos à dos la presse « aux ordres » et Le Média. Désolé @marielle mais je ne pense pas que tout ce qui se lit ou se visionne dans Le Média soit parole d’évangile (si je puis m’exprimer ainsi). Donc tenir une ligne éditoriale en s’inscrivant en faux contre tout ce qui se dit dans les médias « mainstream » ne va pas vraiment apporter du grain à moudre à celles et ceux qui essaient de faire une opinion sur la question syrienne et proche-orientale en général (D’autre part, je pense ne pas être le seul à soupçonner depuis le départ l’enfumage systématique de cette presse servile que tu dénonces à propos du conflit en Syrie. Je n’avais pas attendu que Le Média me le dise. Donc les pudeurs de vierge effarouchée de El Khal)
Pour ma part, je ne me suis jamais permis d’apporter une quelconque contribution aux discussions qui ont lieu ici sur la Syrie vu que j’ai beaucoup de mal à me faire une opinion par rapport à une problématique d’une grande complexité (désolé d’insister).
Je ne peux que m’émouvoir (comme chacun·e de nous) des souffrances des habitant·es désarmé·es pris·es en tenaille dans les combats entre factions belligérantes.
Ma remarque de tout à l’heure était somme toute assez « innocente » vu que je ne connais pas les différences qui existent dans les différentes tendances de l’Islam politique. Et je suis resté sur ma faim, voilà.
Ce qu’il faut retenir de l’article (je pense) serait plutôt ça :
Dans son discours de Suède, Albert Camus définit le rôle de l’écrivain en ces mots : « Le rôle de l’écrivain, du même coup, ne se sépare pas de devoirs difficiles. Par définition, il ne peut se mettre aujourd’hui au service de ceux qui font l’histoire : il est au service de ceux qui la subissent. […] Aucun de nous n’est assez grand pour une pareille vocation. Mais dans toutes les circonstances de sa vie, obscur ou provisoirement célèbre, jeté dans les fers de la tyrannie ou libre pour un temps de s’exprimer, l’écrivain peut retrouver le sentiment d’une communauté vivante qui le justifiera, à la seule condition qu’il accepte, autant qu’il peut, les deux charges qui font la grandeur de son métier : le service de la vérité et celui de la liberté. Puisque sa vocation est de réunir le plus grand nombre d’hommes possible, elle ne peut s’accommoder du mensonge et de la servitude qui, là où ils règnent, font proliférer les solitudes. Quelles que soient nos infirmités personnelles, la noblesse de notre métier s’enracinera toujours dans deux engagements difficiles à maintenir : le refus de mentir sur ce que l’on sait et la résistance à l’oppression ». Je crois personnellement que ces mots s’appliquent pleinement au journaliste – Camus l’était. Il est plus que temps de les faire nôtres.
... plutôt que de dire que les confrères « d’en face » font de la merde.
Syrie : qui veut (vraiment) la paix ?
▻http://galacteros.over-blog.com/2018/02/tribune-etat-d-esprit-esprit-d-etat-sur-le-point-syrie-qui-veut-vraiment-la-paix-27/02/2018.html
Et si des puissances régionales et occidentales avaient intérêt à faire durer l’interminable conflit qui sévit dans ce pays… Analyse à rebrousse-poil.
L’Occidental postmoderne goûte la lumière des évidences simples, la clarté des antagonismes légitimes. Il prend l’information pour de la connaissance, donne à fond dans la substitution de l’image au réel qui devient le quotidien de la politique et ne produit plus seulement une déformation du réel, mais une autre réalité. Et puis, la complexité le fatigue, le paradoxe le lasse, la mise en perspective l’égare. Il croit dans « le su parce que vu ». Il croit que les fake news tombent du ciel ou proviennent directement des enfers que seuls les bad guys et leurs hackers habitent. L’homme occidental a donc la conscience assoupie et les yeux bandés, mais sa sentimentalité exacerbée lui donne l’illusion d’avoir une conscience morale.
Aussi bien ne voit-il aucune indécence, aucun cynisme dans la façon dont les médias occidentaux décrivent et montrent la situation militaire et humanitaire dans la Ghouta orientale. Et pourtant… La terreur bien réelle vécue par les populations civiles de cette banlieue damascène gangrénée depuis des années par les groupes djihadistes, le calvaire des enfants morts-vivants, pris sous les décombres des bombardements de l’armée syrienne appuyés par la Russie en prélude à une probable offensive terrestre dans l’espoir de réduire ce foyer islamiste qui bombarde régulièrement les faubourgs de la capitale dans un silence occidental assourdissant, sont présentés comme la marque d’une cruauté insensée, délibérée et ciblée des « forces du régime » et de ses soutiens contre la population civile effectivement prise au piège de cet affrontement sans merci. Comme si l’ogre Assad, chaque matin, réclamait à ses sicaires pour son petit déjeuner, son saoul de femmes et d’enfants démembrés et sanguinolents. Comme si ces malheureux civils étaient les cibles de ces bombardements et non les boucliers humains dont se servent impunément depuis des années les salafistes qui veulent faire tomber le président syrien et prendre le pouvoir à Damas pour le compte de leurs puissances mandataires. Des groupuscules ultraviolents qui le forcent ainsi à leur livrer son pays ou bien à faire la « guerre au milieu des populations » pour déclencher l’ire internationale et le diaboliser encore un peu plus…
Rédigé par Caroline Galactéros : Docteur en Science politique, ancien auditeur de l’IHEDN, elle a enseigné la stratégie et l’éthique à l’Ecole de Guerre et à HEC. Colonel de réserve, elle dirige aujourd’hui la société de conseil PLANETING et tient la chronique « Etat d’esprit, esprit d’Etat » au Point.fr. Elle a publié « Manières du monde. Manières de guerre » (éd. Nuvis, 2013) et « Guerre, Technologie et société » (avec R. Debray et V. Desportes, éd. Nuvis, 2014). Polémologue, spécialiste de géopolitique et d’intelligence stratégique, elle décrit sans détours mais avec précision les nouvelles lignes de faille qui dessinent le monde d’aujourd’hui.
Certainement une femme de droite ! Néanmoins l’analyse semble assez pertinente.
Ce livre est un vrai trésor, pour les amateurs d’histoire sensibles aux enjeux des mouvements pour la paix : après des présentations très concises de l’ONU et de l’OTAN, la chronique commence avec le putsch perpétré en Iran, en 1953, par les pouvoirs étasuniens et britanniques, contre un gouvernement démocratiquement élu et très progressiste ; le livre se termine avec l’analyse de la contribution très active de pouvoirs de l’ouest à la destruction de la Syrie, sous le prétexte totalement fallacieux de volonté de démocratiser. Entre temps, Ganser nous fait passer par la guerre contre le Vietnam, le soutien d’une guérilla terroriste au Nicaragua, par Washington, malgré deux condamnations du gouvernement des USA par la Cour Internationale de Justice, l’invasion de l’Irak, ou encore la précipitation de la Lybie dans le chaos, suite à « l’intervention » (l’agression) occidentale. En tout, treize guerres illégales menées par des pays de l’OTAN sont décrites de manière à la fois synthétique et suffisamment riche, dans un style très lisible et très souvent passionnant.
▻http://www.kairospresse.be/article/lotan-organisation-de-defense-ou-dagression
▻https://arretsurinfo.ch/daniele-ganser-les-guerres-illegales-de-lotan
▻http://www.editionsdemilune.com/GIO-p-61.html
#OTAN #ONU #guerres #Daniele_Ganser
Terrorisme : le doigt et la Lune (▻http://lesakerfrancophone.fr/terr...
▻http://02mydafsoup-01.soup.io/post/631380239/Terrorisme-le-doigt-et-la-Lune-http
Terrorisme : le doigt et la Lune
Par Caroline Galactéros − Le 27 août 2017 − Source galacteros.over-blog.com
fr.sputniknews.com
La terreur ne prend pas de vacances. Levallois-Perret, Marseille, Barcelone, Cambrils, Turku, jusqu’à Surgut en Sibérie… Les plages se vident, les enfants font leurs cartables et taillent leurs mines pour apprendre, grandir, aimer la vie et les autres…, tandis que les islamistes affûtent leurs poignards, bourrent leurs sacs à dos d’explosifs, se ceinturent de Semtex ou de pâte à modeler, louent des camionnettes ou empruntent des voitures pour les détruire. Chacun va donc faire ses devoirs et les services de police et de renseignement feront ce qu’ils peuvent – ce qui n’est pas rien mais ne peut tout –, modernes Sisyphes d’un monde occidental qui s’étourdit dans le déni. (...)
La #géopolitique est-elle la discipline la plus réactionnaire qui soit ?
Voici un bel exemple du traitement "géopolitique" du conflit en Syrie et ses soubassements idéologiques : « À Alep, sortons enfin des vues manichéennes » (Caroline Galactéros)
Les populations civiles, un obstacle à une politique de la puissance ?
« Il est évident que l’on ne peut que s’indigner en tant qu’humain de ce que subissent les civils dans les guerres car notre focus systématique sur l’individu escamote la dimension politique et stratégique. Et là, on a un problème. Car pour en finir avec les djihadistes d’Alep, il faut pouvoir les séparer de leurs populations-boucliers. Soit par la persuasion, soit par la force. »
C’est quoi une guerre civile ?
« Il n’y a pas de guerre civile à proprement parler en Syrie. Il y a une guerre contre tous les Syriens (toutes confessions et communautés confondues) qui est menée de l’extérieur contre ces populations. Les rebelles les retiennent sous leur coupe nous l’avons dit, les rançonnent, menacent les familles de ceux qui voudraient fuir, utilisent écoles et hôpitaux pour s’y retrancher, y disposer leurs snipers et provoquer l’opprobre occidental contre ceux qui n’hésitent pas à les en déloger. »
Morale, faiblesse de la cervelle
« La morale en relations internationales n’existe pas. Il n’y a qu’un entrechoquement plus ou moins violent de forces, d’ambitions, d’intérêts, de capacités de nuisance et d’influence. Mais évidemment, en cette époque où il faut faire croire à chacun qu’il est égal à tous les autres, qu’il compte et décide, qu’il juge et choisit, on cherche à trouver des motivations supposées élevées à nos volontés d’ingérence. De facto l’exigence morale s’est progressivement abîmée en moralisation cynique. Il faut en finir avec le Bien (Nous) et le Mal (ce qui n’est pas nous, ceux qui ne nous obéissent pas). C’est affligeant d’ignorance, d’indigence de pensée par rapport au réel et surtout cela ne porte aucun progrès humain. La morale est contingente. Elle porte sur des idéalités extérieures aux hommes et ne les contraint in fine en rien. Elle s’abîme invariablement en prêchi-prêcha stérile ou dangereux. Elle ne sert que l’opposition, le conflit, la rapacité, la surenchère »
Par delà le bien le mal
« A part au plan étymologique, éthique et morale à mes yeux sont bien différentes. Quand la morale est essentiellement contingente, dépendant du lieu, du temps et des intérêts particuliers d’un pouvoir ou d’une caste, l’éthique elle, est une immanence. Chacun la porte en soi comme une force plus ou moins enfouie mais toujours mobilisable, qui le rapproche de chaque autre homme. C’est un effort pour rester soi-même, pour retrouver et exprimer son humanité (commune à tous les hommes) dans des situations les pires, celles qui vous éprouvent (et la guerre en est évidemment une) et vous donnent aussi l’occasion de donner libre court à votre part de sauvagerie sans grande conséquence. Je maintiens que la realpolitik est infiniment plus humaine et protectrice des individus - qui sont toujours les otages et les victimes des affrontements politiques -, que le dogmatisme moralisateur qui prétend étendre la démocratie et le marché à la planète et dans les faits, laisse advenir les pires régressions humaines. Il faut en conséquence comprendre l’utilité de protéger les Etats, de réhabiliter les souverainetés, de restaurer des frontières au lieu de répandre des utopies uniformisantes et libertariennes qui fragilisent les individus et les nations, dissolvent leurs ferments de cohésion et jettent les unes contre les autres des communautés politiques et/ou confessionnelles livrées à l’instrumentalisation politique violente. C’est un grand paradoxe, mais un paradoxe agissant. »
Un complotisme de bon aloi que dans les milieux d’extrême droite, on appelle réinformation ..
"Bref, l’immense majorité des médias occidentaux s’est fait la caisse de résonnance naïve ou parfois sciemment complice d’une vaste entreprise de désinformation sur la nature des « rebelles », les objectifs réels de la guerre, l’idée même d’une guerre civile ou encore la dimension confessionnelle du conflit de fait secondaire mais montée en épingle..."
▻http://www.lefigaro.fr/vox/monde/2016/12/16/31002-20161216ARTFIG00292-alep-la-realpolitik-est-plus-humaine-que-le-manic
Un texte fort apprécié de Jean-Luc Melenchon, qui ça étonne ? ▻https://twitter.com/JLMelenchon/status/810124321880473600
Dans un registre semblable : « Géopolitique de la nation France » de Fréderic Encel et (du très gâteux) Yves Lacoste... ▻https://twitter.com/LCP/status/810090176659656708
Comment percevez-vous le traitement médiatique de cette bataille décisive dans le conflit syrien ?
Caroline GALACTEROS. - Si vous me pardonnez cette franchise, je le trouve globalement déplorable et surtout dangereux. Par ignorance, goût du sensationnalisme et de la polarisation manichéenne des situations, confiance excessive dans les réseaux sociaux, ou par inclination à relayer la doxa véhiculée par le pouvoir et ses alliés, la plupart des médias se sont engouffrés depuis des mois dans la brèche de la facilité et ont relayé bien des informations parcellaires voire fausses (cf. l’affaire des « Casques Blancs » ou « l’opération OSDH » - source unique elle aussi anglaise, clairement contestable et pourtant devenue la référence depuis cinq ans ). Ils ont en conséquence nourri une interprétation déformée des enjeux et des faits. Bref, l’immense majorité des médias occidentaux s’est fait la caisse de résonnance naïve ou parfois sciemment complice d’une vaste entreprise de désinformation sur la nature des « rebelles », les objectifs réels de la guerre, l’idée même d’une guerre civile ou encore la dimension confessionnelle du conflit de fait secondaire mais montée en épingle, etc...
Oui, la "libération" d’Alep, ça va être aussi (et cela a déjà commencé) la libération de la parole. Perso, je ne suis pas fâché d’entendre autre chose.
L’Etat islamique est-il un adversaire militaire comme les autres ?
▻https://www.franceculture.fr/emissions/du-grain-moudre/letat-islamique-est-il-un-adversaire-militaire-comme-les-autres
La France se définit comme un pays « en guerre ». Mais sur le terrain des opérations, Daech est-il un adversaire militaire comme les autres ? Si non, qu’est-ce qui fait la singularité de cet ennemi dans ce type de conflit que l’on nomme "asymétrique" ?
Intervenants
Caroline Galactéros : directrice du cabinet d’intelligence stratégique « Planeting »
Gérard Chaliand : géostratège, spécialiste de l’étude des conflits armés et des relations internationales et stratégiques
Hosham Dawod : chercheur au CNRS, anthropologue et spécialiste de l’Irak où il dirigeait jusqu’en septembre 2014 la branche irakienne de l’Institut français du Proche-Orient
Blog de Caroline Galactéros (Bouger les lignes)
▻http://galacteros.over-blog.com/2016/12/figarovox-la-bataille-d-alep-ou-la-deroute-de-la-diplomatie-oc
▻http://rf.proxycast.org/1243307880661131265/10175-15.12.2016-ITEMA_21166214-0.mp3
Bonne description générale des dynamiques militaires (évolution des fronts) et géopolitiques (positionnements des acteurs extérieurs) actuelles de la guerre en Syrie par Caroline Galactéros (ex-enseignante en stratégie à l’école de Guerre et à HEC) :
▻http://linkis.com/over-blog.com/Vvh4m
Mis à part quelques réserves (nombre d’hommes de l’armée régulière iranienne au sol, usage immodéré du vocabulaire confessionnaliste jusque dans le titre, front sud d’Alep non-traité...) l’ensemble me semble assez exact et exhaustif.
A titre d’exemple, une chose peu facile à rendre comme le jeu complexe des Américains vis à vis de Nousra semble bien analysé :
Si les Etats-Unis et les Occidentaux ont eu au départ des relations très troubles avec le Front Al-Nosra, Washington considère depuis quelques temps officiellement l’officine d’Al-Qaïda comme un groupe terroriste, d’ailleurs exclu du « cessez-le-feu » conclu à la toute fin du mois de février 2016. En revanche, envisager une collaboration avec Moscou (une campagne commune de frappes aériennes avait d’ailleurs été proposée pour le 25 mai par Vladimir Poutine, essuyant une nouvelle fin de non recevoir américaine) reviendrait à admettre pour Washington la nécessité d’envisager des actions renforçant le pouvoir de Damas. La position américaine, volontairement encore très floue pour entretenir un certain chaos et préserver les apparences, a dans les faits sensiblement évolué sous la pression constante de Moscou.
Seul vrai gros bémol la conclusion qui décrit les dynamiques actuelles de manière un peu trop favorables à l’axe Téhéran-Damas et ne souligne pas assez les difficultés du régime et de ses alliés dans les combats autour d’Alep où les forces du Tigre, pourtant réputées efficaces, ont essuyé de sérieux revers au nord, et au sud où l’armée et les forces appuyées par l’Iran ne cessent de reculer au risque, si la dynamique n’est pas stoppée, de perdre la voie d’approvisionnement d’Alep par Damas via Ithryah - et en tout cas de voir les bénéfices de sa sécurisation suite aux frappes aériennes russes commencées en 2015, annulés.
Les drones et la philosophie de la guerre
Dans un entretien à Libération, le philosophe Grégoire Chamayou développe une critique des #drones, ces nouvelles armes de destruction à distance furieusement tendance, qui remettent en cause les fondements normatifs habituels des #conflits armés, ce qui pourrait avoir des conséquences potentiellement fâcheuses - notamment, et paradoxalement, la radicalisation de la #violence.
►http://www.liberation.fr/monde/2013/05/19/la-guerre-devient-un-teletravail-pour-employes-de-bureau_904153
Le drone apparaît comme l’arme du lâche, celui qui refuse de s’exposer. Il ne requiert aucun courage, il désactive le #combat. Cela provoque des crises profondes dans les valeurs guerrières.
La #guerre se définit comme un moment durant lequel, sous certaines conditions, l’homicide est décriminalisé. Si l’on concède à l’ennemi le droit de nous tuer impunément, c’est parce que l’on entend avoir le même droit à son égard. Cela se fonde sur un rapport de réciprocité. Mais que se passe-t-il lorsque cette réciprocité est annulée a priori, dans sa possibilité même ? La guerre dégénère en abattage, en exécution.
on est en train de remplacer une #stratégie par un gadget, en sous-estimant les effets contre-productifs sur les populations. En imposant une terreur indiscriminée, les drones, inaptes à « gagner les cœurs et les esprits », alimentent paradoxalement la menace que l’on prétend éradiquer
Une réflexion étonnament proche de celle de Caroline Galactéros, politiste-consultante-colonel réserviste (!) qui dans le dernier numéro de la revue Médium (article payant), met en garde contre les fantasmes militaro-technologiques du "soldat augmenté" et de la "révolution des #NBRIC" (nano et bio-technologies, robotique, sciences de l’information et de la communication) - dont les drones, en particulier, sont issus. (petit compte-rendu à paraître dans le prochain numéro de Sciences Humaines).
▻http://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=MEDIU_035_0006
Ceux-ci ( i.e. les drones ) sont « opérés » à des milliers de kilomètres par des soldats mués en techniciens de la destruction qui n’ont qu’une perception lointaine – et de ce fait purement idéologique – de l’ennemi. Le combat s’en trouve d’autant plus idéalisé qu’il est inoffensif. (...) Cette distanciation radicale a donc un intérêt évident en termes de létalité réduite, au moins « d’un côté du fusil ». Mais précisément, il y a de moins en moins de « fusils » et de face-à-face, et il se produit une rupture dommageable dans la matérialité de la relation ami-ennemi, du fait même de l’asymétrie abyssale des modes d’action, qui mine la légitimité de l’affrontement.
il faut bien admette que, en face, l’asymétrie violente (qui va dans les deux sens) porte une charge spectaculaire et tragique. Les acteurs locaux modérés s’en trouvent marginalisés. Surtout, la haine du déclassé technologique et politique se renforce, qui n’a d’autre issue que la terreur aveugle, « locale » contre les populations civiles, nos intérêts ou nos ressortissants, ou « déterritorialisée » (terrorisme sur le sol national). Ainsi, paradoxalement, notre puissance n’aboutit pas à faire taire l’hostilité. Elle « sidère » l’adversaire (effet shock and hawe) mais ne lui laisse d’autre issue que la fuite en avant vers l’ultraviolence « gore », basique, sanglante, très visible, aussi moyenâgeuse que la nôtre est postmoderne (égorgements ou décapitations filmés, massacres ethniques à la machette, lapidations publiques, etc.). La dématérialisation progressive du champ de bataille aboutit finalement à un blanc-seing donné, de chaque côté, à l’exercice d’une sauvagerie perçue comme cathartique
Bref, rappelle-t-elle, "« La guerre propre » n’existe pas". Et c’est une militaire qui vous le dit.
Bonjour, et merci ! En fait je n’ai pas encore compris comment on ajoutait des tags aux billets... (j’ai compris comment on en enlevait par contre !). Un conseil ?
C’est très simple, pour placez un # devant un mot et hop, il devient un #tag.
Magique ! Merci !
(et est-ce qu’on peut en ajouter manuellement si le mot ne se trouve pas dans le texte ?)
Oui, bien sûr, on le fait tous plus ou moins. On peut même en ajouter dans les commentaires pour tagger le post d’un autre.
#seenthis
Je le note, merci !
Et donc, pour ajouter manuellement des tags, je les écris simplement en fin de billet par exemple ?
En fait, tu fais vraiment comme tu veux : teste, amuse-toi, tu as une grande liberté d’usage ici. Et en plus, @seenthis ne vendra pas tes données personnelles au premier marchand de tapis venu !