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  • Le train-train de la justice industrielle au TGI de Lyon
    Par Olivier Katre
    http://cqfd-journal.org/Le-train-train-de-la-justice

    Six mois de prison pour avoir vendu des clopes dans la rue.

    À proximité du marché clandestin du centre ville, surnommée « la place », Yacine, 34 ans, et Rachid, 32 ans, vendent des paquets de cigarettes. Depuis quelques mois, la police, aidée par les caméras de surveillance, filme et interpelle les acheteurs afin de les contraindre à dénoncer leur vendeur.


  • Chronique judiciaire par Olivier Katre
    http://cqfd-journal.org/Au-TGI-de-Lyon-le-handicap-mental

    Abdelatif a 41 ans, il est dans le box des accusés de la salle d’audience des comparutions immédiates du tribunal de Lyon, le 10 décembre 2012.

    Il est sourd et n’entend pas ce que lui dit le tribunal. Il fait répéter plusieurs fois les paroles du juge. Finalement, il passe sa tête entre les barreaux vitrés qui le séparent des magistrats pour tendre l’oreille, ce qui le contraint à se plier en deux, la tête coincée entre les barreaux du box des accusés. Mais le juge ne s’en émeut pas et poursuit la lecture des procès-verbaux des policiers.

    « J’ai pas pris mes médicaments depuis 4 jours… tout à l’heure je suis tombé », se plaint Abdelatif dès que le juge l’interroge. Il pleure : « Ça fait quatre jours que je suis encastré [sic], je ne suis pas bien, je ne sais pas pourquoi je suis devant ce tribunal, je n’en peux plus. » Le président propose alors qu’on reporte la séance en attendant que les médicaments aient fait leur effet, mais le prévenu refuse et son avocat intervient : « Mon client a été hospitalisé récemment à l’hôpital psychiatrique du Vinatier. Je vais demander un délai pour qu’une expertise psychiatrique soit effectuée. »


  • Un dangereux fumeur de cannabis pris dans les mailles de la justice
    Par Olivier Katre
    http://cqfd-journal.org/Un-dangereux-fumeur-de-cannabis

    Il est 23 h 50, en cette fin novembre, rue Léo Lagrange à Vénissieux dans la banlieue lyonnaise, alors que Khaled et Yacine bavardent avec deux autres personnes assises dans une voiture. Des policiers de passage décident de les contrôler. Yacine s’éloigne. Interprétant ce geste comme une fuite, ils le rattrapent, le fouillent et s’emparent de sa sacoche : elle contient 158 grammes de shit. Dans leurs procès verbaux, les pandores affirment qu’à leur approche, Yacine, encore mineur, s’est fait remettre cette sacoche par Khaled dans les poches duquel ils trouvent la somme de trente euros. La perquisition effectuée au domicile de ce dernier va aboutir à la saisie de quelques grains de cannabis et d’un morceau de papier sur lequel sont listées des chiffres, document aussitôt regardé comme étant des comptes de vente de stupéfiants.


    • « Franchement, ils ont fait une bonne histoire qui tient la route… », ironise Abdelatif lorsque le juge l’interroge. Il ajoute : « Il suffit de regarder les bandes des caméras de vidéo surveillance du tram ou de la station de veloV ou d’écouter les témoins. C’est n’importe quoi. Ça ne s’est pas passé comme ça. »