• L’incertaine #viabilité_économique de l’#IA générative

    Alors que les #investissements gigantesques dans le secteur se poursuivent, les conditions de la #rentabilité deviennent de plus en plus difficiles. Le #modèle_économique du secteur change, sans s’assurer une porte de sortie satisfaisante.

    L’économieL’économie de l’intelligence artificielle (IA) générative entre dans le dur. Ces dernières semaines, plusieurs informations sont venues confirmer que la question des modèles économiques liés à cette technologie se posait avec une acuité particulière. Le 24 mars, #OpenAI, l’inventeur de #ChatGPT et une des locomotives de l’IA, annonçait l’abandon de deux projets annoncés précédemment avec tambours et trompettes.

    Non seulement son idée de #chatbot (#robot_conversationnel) érotique a été « mis[e] en pause indéfiniment », mais, bien plus important, la plateforme de création de vidéos #Sora a également été fermée deux mois après son lancement en grande pompe.

    Pourtant, lors de son lancement en décembre 2025, Sora était présentée comme le produit phare d’OpenAI. Son argument marketing principal était qu’il bénéficiait du catalogue de personnages de Disney. La firme de divertissement avait, en outre, annoncé vouloir investir 1 milliard de dollars dans ChatGPT. Sora, alors, était vue comme une sorte de seconde ChatGPT, renforçant l’usage quotidien de l’IA et sa diffusion dans l’industrie culturelle.

    Seulement, l’affaire avait vite tourné au vinaigre pour #OpenAI. La création de #vidéos par IA est en effet extrêmement coûteuse, mais elle n’a quasiment rien rapporté à l’entreprise. Et le problème, c’est que plus les utilisateurs sont nombreux, plus le coût augmente. Sans relever les recettes en parallèle. Selon le Wall Street Journal, Sora coûtait en moyenne 1 million de dollars par jour et n’a rapporté, depuis son lancement, qu’un peu plus de 2 millions de dollars.

    Un #tonneau_des_Danaïdes qui pourrait, en soi, ne pas poser de problème. C’est en effet la stratégie classique des start-up technologiques : elles imposent un usage par la #quasi-gratuité, enregistrent alors de fortes #pertes, puis une fois cet usage devenu un besoin incontournable, elles ont capté leur clientèle, fixent leurs prix et réalisent des profits records. Un exemple récent de ce système a été celui de la plateforme musicale #Spotify.

    Le modèle économique de l’IA : plus les chemins de fer qu’Internet

    Mais, cette fois, OpenAI n’a pas voulu, dans le cas de Sora, développer cette stratégie. Au contraire, la start-up a proclamé qu’elle allait utiliser les fonds économisés par la fermeture de Sora sur des produits « agentiques », ces applications d’intelligence artificielle capables d’agir de façon autonome pour exécuter des tâches à la place des humains. Des applications visant une clientèle d’entreprises désireuses d’améliorer leur productivité. Autrement dit, des produits potentiellement rentables pour OpenAI, qui pourra récupérer une partie de ces gains de productivité supplémentaires réalisés.

    La décision d’OpenAI traduit un tournant pour l’ensemble de l’industrie naissante de l’IA. Le modèle « Internet » de start-up qui a prévalu jusqu’ici avec ChatGPT a déjà atteint ses limites. Pour une raison simple : l’IA s’appuie bien davantage sur des #infrastructures_physiques dont le coût est élevé. Dès lors, cette technologie est continuellement confrontée à une contradiction entre ce que Karl Marx appelle le « processus de production » et le « processus de valorisation ».

    Sur le papier, l’IA générative peut faire bien des choses, notamment produire à l’infini des vidéos plutôt tartes avec des personnages de Disney pour le plus grand enthousiasme des yeux contemporains. Son processus de production semble sans limites. Mais les conditions de cette production sont très coûteuses. L’IA mobilisée par OpenAI repose sur un grand modèle de langage (large language model, LLM), qui s’appuie sur des puissances de calculs de puces dernière génération extrêmement élevées mises en réseau dans de gigantesques #centres_de_données (#data_centers).

    Tout est cher dans ce schéma : les #puces, la construction des centres de données, leur maintenance dans des conditions optimales, le traitement des données… L’absence théorique de limites de l’IA vient se fracasser sur sa capacité à être rentable. Et la décision d’OpenAI concernant Sora nous dit que certaines applications ne peuvent pas être rentables, même à long terme.

    Le pari à la Spotify ne peut pas fonctionner ici : il nécessiterait la mobilisation beaucoup trop élevée de #moyens_financiers avec des perspectives de #retour_sur_investissement beaucoup trop faibles. Une étude de la banque HSBC indiquait, avant le lancement de Sora fin décembre, que si OpenAI réalisait en 2030 200 milliards de dollars de chiffre d’affaires (il en a réalisé 13,1 milliards en 2025), il lui faudrait lever, en parallèle, 207 milliards de dollars pour rester financièrement viable. C’est plus que le PIB actuel du Maroc prévu par le Fonds monétaire international (FMI) pour 2026.

    Voilà la clé pour comprendre l’économie de l’IA : le #changement_d’échelle (#scaling) de la production d’IA sur lequel elle repose s’accompagne d’un changement d’échelle de ses coûts. Et la difficulté est, dès lors, non pas seulement le financement de l’amorçage et du décollage de la technologie, mais celui de son fonctionnement quotidien. C’est cela que nous dit l’affaire Sora : on ne peut pas espérer « sauter par-dessus » l’enfance de l’industrie pour se retrouver dans le monde enchanté d’une activité rentable. L’IA n’est ni le smartphone ni Internet.

    Ce nouveau secteur ressemblerait plutôt davantage au chemin de fer : une technologie fortement capitalistique aux #coûts_fixes si importants que sa rentabilité a toujours été problématique et que l’État a presque toujours dû être mobilisé pour assurer son existence.

    Au reste, le montant des investissements consentis pour le développement des infrastructures de l’IA, principalement les centres de données remplis de puces en réseau, sont si vertigineux qu’ils égalent sans doute ce qui avait été la fièvre de la construction des chemins de fer en Europe occidentale et en Amérique du Nord, dans les années 1840 et 1860.

    Car, alors qu’OpenAI stoppait Sora en catastrophe, les milliards de dollars continuaient à irriguer le secteur. L’entreprise de Sam Altman a levé le 31 mars 122 milliards de dollars, un record historique pour une levée de fonds privée. Et début février, les quatre géants de la technologie (#Amazon, #Meta, #Alphabet et #Microsoft) prévoyaient ensemble de dépenser 650 milliards de dollars dans l’IA en 2026, soit 60 % de plus qu’en 2025.

    Les chiffres sont vertigineux. Selon le Financial Times, l’ensemble de la valeur des installations liées à l’IA en 2030 pourrait atteindre le chiffre astronomique de 9 000 milliards de dollars. Et une puissance cumulée pour les centres de données de 125 gigawatts, soit plus de trois fois l’usage de l’#électricité d’un pays comme le Royaume-Uni aux heures de pointe.

    Fuite en avant

    Ces investissements massifs ne sont pas le fruit du hasard. L’enjeu pour les acteurs du système est d’atteindre le plus rapidement la taille critique pour imposer leurs produits sur le marché, mettre en place un système oligopolistique ou monopolistique et, finalement, pouvoir imposer ses prix et espérer un retour sur leurs investissements.

    Dans ce jeu de vitesse, les acteurs ne sont cependant pas tous égaux. OpenAI est en bout de chaîne. Il développe les produits d’IA, mais ne contrôle pas les centres de données. Sa position est, par ailleurs, plus soumise à la concurrence dans la mesure où les LLM sont moins coûteux à développer que la construction de centres de données. ChatGPT est donc soumis à une dangereuse concurrence, notamment celle de #Claude, le modèle de l’entreprise Anthropic.

    Comme souvent, les « opérateurs » de la technologie sont plus fragiles que les fournisseurs d’infrastructure, parce qu’ils accumulent les coûts en fin de chaîne mais qu’ils sont aussi soumis aux effets de revenus des consommateurs finaux. Les compagnies ferroviaires souffrent davantage que les fournisseurs d’acier prospèrent.

    Mais la particularité de l’IA complique l’équation. À l’importance des coûts s’ajoute la question très sensible de la #durée_de_vie des centres de données et des puces qui les peuplent. On ignore beaucoup de choses sur ce point. L’industrie fonde ses calculs sur une durée de vie de six ans. Microsoft évoque un temps compris entre deux et six ans.

    Certaines sources évoquent la possibilité que les puces soient entièrement épuisées au bout de trois ans. Et Bloomberg estime que les centres de données, des bâtiments très fragiles et sensibles, pourraient devenir obsolètes au bout de cinq ans.

    En estimant que les 9 000 milliards de dollars soient suffisants pour les besoins de l’IA d’ici à 2030, il faudrait donc renouveler cet investissement colossal au moins tous les cinq ans.

    La réponse des Big Tech est alors celle de la #fuite_en_avant. Il faut construire beaucoup et vite pour pouvoir atteindre une taille critique, devenir incontournable pour le marché et imposer une logique oligopolistique capable d’imposer des prix suffisants pour absorber de tels coûts gigantesques. De Spotify, le modèle devient Andrew Carnegie, bâtisseur d’un véritable monopole de l’acier aux États-Unis à la fin du XIXe siècle.

    Une course de vitesse qui a donné aux grands acteurs de l’IA leur nouveau nom : les #hyperscalers, autrement dit ceux qui sont capables de démultiplier l’échelle de l’IA. Car l’#échelle devient un élément central pour la rentabilité.

    Ces acteurs défendent des stratégies proches, mais qui, néanmoins, se distinguent. Meta tente de développer un modèle « interne » concentrant ses investissements sur son propre usage ; Amazon se concentre sur les infrastructures d’amont qu’ils louent à d’autres ; Google et Microsoft rajoutent à cette dernière activité le développement de produits finaux en vue de contrôler tout l’écosystème.

    Circularité de la #dette

    Dans cette course, les Big Tech dispose d’un atout de poids : une trésorerie abondante reposant, dans l’#économie_numérique actuelle, sur des quasi-rentes. On pourrait, d’ailleurs, résumer leurs stratégies par le maintien de cette rente. Mais ces liquidités qui, voici encore quelques années, semblaient gigantesques, ne suffisent plus. L’impensable se produit : les #Big_Tech doivent désormais avoir recours à la dette.

    La banque états-unienne Morgan Stanley estime que les hyperscalers vont emprunter 400 milliards de dollars cette année, après 165 milliards en 2025. En tout, les besoins de financement externe sont estimés à 1 500 milliards de dollars. C’est un changement majeur de modèle économique pour ces entreprises. Et pour préserver leur capacité d’endettement, elles sont même obligées de contourner les obstacles et de prendre de nouveaux risques.

    D’abord, elles mettent en place une « économie circulaire » de la dette. Les acteurs de l’IA ayant tous un intérêt commun, celui d’imposer l’usage de cette technologie au point de la rendre rentable, ils coordonnent leurs efforts par des accords parfois étonnants où ils se prêtent des fonds ou se garantissent des prêts. Désormais, le monde de l’IA est devenu une gigantesque toile d’araignée d’engagements mutuels où chacun dépend financièrement des autres.

    #Risques_financiers

    Une autre façon d’assurer ces moyens, c’est de recourir à des sociétés ad hoc (#special_purpose_vehicle, ou #SPV) pour financer la construction des centres de données ou l’acquisition de puces. Ces entités, souvent montées avec le financement d’investisseurs externes ou de banques, deviennent propriétaires des actifs en question et peuvent émettre des obligations en s’appuyant sur la note de la Big Tech qui pilote l’opération.

    En retour, la Big Tech paie un loyer pour avoir le droit d’utiliser ces actifs. Sa situation financière est laissée intacte par l’opération et les centres de données ou les puces sont mis à sa disposition. Mais, évidemment, la construction n’est pas sans risques. Si le centre de données ou les puces deviennent obsolètes plus rapidement que prévu, il n’est pas dit que le remboursement de la dette soit possible.

    En octobre, la banque centrale britannique s’est inquiétée de l’ampleur de la dette mobilisée pour financer les centres de données. « Si le montant de la dette liée à l’IA et aux infrastructures énergétiques associées se matérialise, les risques sur la stabilité financière pourraient augmenter », souligne l’institution. Car, de plus en plus, les banques et les sociétés de finance privée ont une exposition massive à ce secteur.

    Résumons : la future rentabilité des activités liées à l’IA devra assurer le financement des coûts de fonctionnement gigantesques de cette technologie, mais aussi l’#obsolescence rapide de ces infrastructures et les coûts financiers liés à la dette contractée pour le déploiement de l’IA. Le tout en assurant un rendement « net » permettant la rentabilité des opérations en cours. En bref : le coût du capital de l’IA est astronomique.

    Comment cette technologie pourra-t-elle dégager de telles marges ? La réponse des Big Tech et d’OpenAI, c’est que les utilisateurs finaux paieront. Un pari risqué, que Mediapart explore dans le second volet de cette série.

    ▻https://www.mediapart.fr/journal/economie-et-social/040426/l-incertaine-viabilite-economique-de-l-ia-generative
    #économie #perte #gain #coût #profits #profit #AI #IA #intelligence_artificielle

    • Pluralistic: The AI bubble isn’t like the internet #bubble (26 May 2026)

      One of the surprise breakout software products of the early web was Lotus Notes, a kind of primitive precursor to all-in-one office productivity suites like GDocs, Office365, etc. It was so important that its creator, Ray Ozzie, was promoted to Microsoft’s Chief Software Architect, succeeding Bill Gates himself:

      ▻▻https://knowledge.wharton.upenn.edu/podcast/knowledge-at-wharton-podcast/the-man-who-would-change-microsoft-ray-ozzies-vision-for-co

      People who remember Notes tend to deride it for its clunky user interface and demi-functional administrative tools. But what made Notes so central to Microsoft wasn’t its polish – it was the fact that Notes represented a brokered peace between IT managers, who wanted mainframe-like control over everything their users could do with business equipment, and the users themselves – workers who kept smuggling internet-based tools into the enterprise network on the very sensible grounds that they had a job to do, and these were the best tools to do it.

      The arrival of internet-based tools – especially ones that ran in browsers – represented a major challenge to IT departments, who had been long accustomed to dictating terms to their users. If the IT manager and the compliance department decided that the best way to manage disclosure and leak risks was to block all email attachments for outside users, then that was that: no one could send those attachments.

      But after the internet arrived on the corporate desktop, employees who needed to get documents to supply chain partners and customers could treat these IT policies as damage and route around them. Just fire up your Hotmail or Yahoo mail window, or hop on MSN Messenger or ICQ or AIM, or drop the file on an anonymous FTP server and send the link to your counterparty. Job done!

      IT managers hated this, and to be fair to them, they weren’t (always) wrong. These outside tools came from a variety of untrustworthy sources, including malicious sites that pushed virus-infected versions to their users. Also, by evading firewall rules with these tools, users made it impossible to achieve the compliance goals that IT had been charged with enforcing, and it was IT’s asses on the line if the company got in trouble as a result.

      Foundationally, IT was being asked to do two irreconcilable things: they were supposed to be enabling workers to get their jobs done, and they were supposed to be stopping those workers from doing things that could harm the business. This can’t be done, because the only way to eliminate the possibility that a worker will take an action that harms the business is to gag that worker and lock them in a dungeon. Workers need flexibility and freedom to achieve business goals, and that flexibility and freedom means that those workers might (deliberately or accidentally) thwart the business’s goals.

      What’s more, workers will always run into situations that were not anticipated by policy, and if they are denied any agency or initiative, they will fail to get their jobs done. In work, the exception is the rule, hence the importance of “process knowledge” (all the implicit knowledge shared among workers across the firm and its suppliers and customers, which cannot be captured or recorded):

      ▻►https://pluralistic.net/2025/09/08/process-knowledge/#dance-monkey-dance

      Indeed, there’s a form of labor action called a “work to rule,” in which workers only do the things dictated by their rulebooks, without taking any of the routine additional measures dictated by process knowledge. Merely by following every rule to the letter, workers can grind a shop to a halt:

      ▻►https://en.wikipedia.org/wiki/Work-to-rule

      Since the dawn of personal computers, workers and IT departments have come into conflict, as workers literally smuggled technology into the business that could do things the IT department had (often arbitrarily and capriciously) prohibited. When Visicalc emerged as the killer app for the Apple ][+, workers snuck these computers into work and used them to sort spreadsheets in ways that IT had declined to permit. They didn’t do this to cheat or steal from the company – the whole point was to do a better job.

      So it was with the early web: workers discovered a myriad of new capabilities in the free-to-use world of web-based tools and realized how these tools would make them much more effective at their jobs. The fact that IT wouldn’t let them do these things was just more evidence that IT – and the managers who set IT’s agenda – didn’t understand the business as well as workers.

      It didn’t help that IT managers’ first line of defense was the high-tech version of abstinence-only education: “You only think you need your work computers to do this, but really, you don’t, so stop trying”:

      ▻►https://www.theguardian.com/technology/2009/jun/16/computer-security-abstinence

      Abstinence-only education never works, but where “you only think you need this” failed, Lotus Notes succeeded. Lotus Notes provided a whole suite of tools that largely (if imperfectly) replaced the universe of free tools that workers were using to evade their IT departments’ edicts, so they could get their jobs done. At the same time, Lotus Notes provided a set of management tools that let IT fine-tune how these tools worked, giving them (some) of the controls they needed to achieve their compliance goals.

      Like all brokered peace settlements, Lotus Notes left both sides feeling like they’d made a compromise they could live with, giving up some of their goals, but keeping the things that really mattered to them.

      It’s impossible to overstate how important Lotus Notes and similar products were, because workers demanded the right to use the web on their work computers, and they made those demands so forcefully that managers had to completely re-do their IT policies, lest those workers treat them as damage and route around them. Back then, the tech press was full of stories about these conflicts, as workers insisted that the new technology that was sweeping the nation was so foundational and transformative that they had to be allowed to use it.

      What we never saw back then were stories about how managers had to monitor workers to ensure that they were using the web as much as possible. No one had to force workers to find ways to integrate the web into their workflows.

      In other words, the story of the web at work was the opposite of the story of AI at work. Today, you can’t turn around without reading a story about bosses who are threatening to fire workers if they don’t increase their AI usage:

      ▻►https://www.businessinsider.com/boss-track-ai-use-career-2025-8

      Virtually every major company now has a program to force workers into using AI:

      ▻►https://www.cnbc.com/2026/05/05/ai-use-work-employee-monitoring-tech-surveillance.html

      It’s conceivable that over the past quarter-century, bosses have become technophiles while workers have fallen prey to superstitious technophobia, but it hardly seems likely. Historically, workers have always been enthusiastic about tools that let them do a better job – indeed, it’s a truism that labor-led automation produces improvements in quality, while capital-driven automation increases throughput (often at the expense of quality).

      Workers aren’t the only typical early adopters who find AI lacking. As a group, teenagers and young adults hate AI:

      ▻►https://www.nytimes.com/2026/04/09/style/gen-z-ai-gallup-study.html

      That’s not what it was like during the early web days. Back then, young people entering the workforce were passionate devotees of the web, to the point where the business press routinely ran articles asking how today’s workplaces were going to adapt to the demands of these webbed-up workers.

      ▻►https://www.nber.org/digest/apr03/internet-changes-labor-market

      AI boosters insist that the deficits we see in AI – its lack of profitability, its primitive and error-riddled outputs – are no different from the shakedown problems of the early web (and we know how the web turned out!). But this is a profoundly flawed comparison: the early web and AI are very different from one another.

      For one thing, the early web may have lost money, but it had great unit economics. Every new web user brought the web closer to profitability, as did every new use of the web, and every new generation of web technology. By contrast, AI has – in the memorable phrasing of Ed Zitron – “dogshit unit economics.” Every new AI user makes AI less profitable, as does every new use for AI, and each generation of AI loses more money than the last. AI is the money-losingest endeavor in human history:

      ▻►https://pluralistic.net/2025/09/27/econopocalypse/#subprime-intelligence

      In other words, the early web was a technology that grew more profitable every day, which workers and young people had to force on their bosses – and AI is a technology that grows less profitable every day, and bosses have to force it on workers and young people.

      Now, it’s true that some workers don’t have to be forced to use AI. Workers who enjoy a high degree of autonomy (that is to say, workers who are positioned to ignore workplace coercion) can adopt AI in ways that they feel suited to, just as those early web users and Visicalc smugglers did. They can fulfill the maxim that labor-driven automation improves quality, while resisting capital’s insistence that automation be used to increase throughput at quality’s expense.

      They can act as centaurs (workers assisted by technology), not as reverse-centaurs (workers who are recruited to serve as peripherals for machines). As with all technology questions, what the technology does is nowhere near as important as who the tech does it for and who the tech does it to:

      ▻►https://pluralistic.net/2025/09/11/vulgar-thatcherism/#there-is-an-alternative

      And there’s another group of workers who adopt AI voluntarily: workers who see that AI can do a lot of work that they view as dull and unimportant for them. These workers might be right – there are plenty of bullshit jobs out there:

      ▻▻https://memex.craphound.com/2018/06/20/david-graebers-bullshit-jobs-why-does-the-economy-sustain-jobs-that

      But it’s also possible that they’re wrong, and they’re substituting AI for something that really should be done by a person.

      But on the plus side, at least no one has to force them to adopt AI.

      ►https://pluralistic.net/2026/05/26/the-ai-will-continue
      #bulle
      via @freakonometrics et ici aussi:
      ▻https://seenthis.net/messages/1174219

  • À la fin, qui prendra en charge le #coût des #assurances ?

    Tempêtes qui se répètent, #primes qui s’envolent, retraits d’assureurs : à l’heure du #dérèglement_climatique, une question se pose : qui règlera, in fine, la note ?

    Des mutuelles ouvrières du XIXe siècle, créées pour amortir les coups durs du développement industriel, aux logiques actionnariales des multinationales contemporaines, l’assurance a toujours reflété les grands #risques de son époque.

    Désormais sous la pression d’événements climatiques à la fréquence et à la sévérité inédites, le secteur affronte une équation nouvelle : comment rester solvable et socialement légitime lorsque la #sinistralité (montants payés par une compagnie d’assurance pour des #sinistres) croît plus vite que les primes (encaissées) ? Entre flambée des tarifs, exclusions de garanties et menace d’#inassurabilité de territoires entiers, comment la #solidarité_assurantielle doit-elle se réinventer ?

    Chacun pour tous, et tous pour chacun

    Avant d’être une industrie financière pesant des milliards d’euros, l’assurance est née comme un simple pot commun : des membres cotisent, les sinistrés piochent, et le surplus (s’il existe) revient aux sociétaires. Des organismes de solidarité et d’#assurance_mutuelle créés dans le cadre de la #Hanse (la #Ligue_hanséatique, réseau de villes marchandes d’Europe du Nord entre le XIIIᵉ et le XVIIᵉ siècle) jusqu’aux #guildes médiévales, ces associations de personnes exerçant le même métier ou la même activité, la logique est déjà celle d’un #risk-pooling, un #partage_de_risque, à somme nulle. Chacun paie pour tous, et tous pour chacun.

    Dans les guildes du Moyen Âge, en Europe, chaque maître artisan versait un droit annuel qui finançait la reconstruction de l’atelier détruit par l’incendie ou le soutien de la veuve en cas de décès. Pour l’historien de l’économie Patrick Wallis, c’est la première caisse de secours structurée. Les chartes danoises de 1256, qui imposent une « aide feu » (ou #brandstød) obligatoire après sinistre, en offrent un parfait exemple, comme le montre le chercheur en politique sociale Bernard Harris.

    Le principe traverse les siècles. Au XIXe, les sociétés de #secours_mutuel instaurent la #ristourne, quand la sinistralité s’avère plus clémente que prévu. Aujourd’hui encore, près d’un assuré sur deux en incendies, accidents et risques divers (#IARD) adhère à une #mutuelle dont il est copropriétaire statutaire.

    L’équation financière reste fragile : lorsque le #climat transforme l’#aléa en quasi-certitude, la prime n’est plus un simple « partage de gâteau » mais une avance de plus en plus volumineuse sur des dépenses futures. Le groupe #Swiss_Re a calculé que, depuis 1990, les #pertes assurées liées aux #catastrophes_naturelles croissent de 5 % à 7 % par an – 137 milliards de dollars états-uniens en 2024, la tendance est à 145 milliards de dollars en 2025 (respectivement 118 milliards et 125 milliards d’euros).

    Le #modèle_mutualiste, fondé sur la rareté relative du sinistre et la diversification géographique, se voit contraint de réinventer sa solidarité si la #fréquence double et la #gravité explose… sous peine de basculer vers une segmentation aussi fine que celle des assureurs capitalistiques.

    Tarification solidaire et optimisation actionnariale

    À partir des années 1990, la #financiarisation injecte un nouvel impératif : la prime doit couvrir les sinistres, financer le marketing, rémunérer les fonds propres et, à l’occasion, servir de variable d’ajustement pour les objectifs trimestriels. L’#optimisation_tarifaire, popularisée sous le vocable de #price_optimisation, décortique des milliers de variables de comportements (nombre de clics avant signature, inertie bancaire, horaires de connexion) afin d’estimer le prix de réserve individuel, soit le prix minimum qu’un vendeur est prêt à accepter, ou qu’un acheteur est prêt à payer, lors d’une transaction.

    Autrement dit, on estime non plus seulement la prime la plus « juste » actuariellement (l’actuaire étant l’expert en gestion des risques), au sens que lui donnait Kenneth Arrow en 1963, mais aussi la prime la plus élevée que l’assuré est prêt à payer. La prime juste étant le coût moyen attendu des sinistres, le montant que l’assureur pense payer l’an prochain pour des risques similaires.

    L’Institut des actuaires australiens dénonce, dans son rapport The Price of Loyalty, une pénalisation systématique des clients fidèles, assimilée à un impôt sur la confiance. Au Royaume-Uni, le régulateur Financial Conduct Authorities (FCA) a frappé fort. Depuis le 1er janvier 2022, la cotation à la reconduction doit être identique à celle d’un nouveau client à risque égal ; l’autorité évalue à 4,2 milliards de livres l’économie réalisée pour les ménages sur dix ans.

    Cette bataille réglementaire va bien au-delà du prix. En reléguant la logique de mutualisation au second plan, l’optimisation comportementale renforce les indicateurs socioéconomiques indirects – comme l’âge, la fracture numérique ou la stabilité résidentielle –, qui finissent par peser davantage que le risque technique pur dans la détermination du tarif.

    Désormais l’assureur a accès à des #data_lakes (données brutes) privés, où l’assuré ignore ce qui rend sa prime plus chère. Par nature, les contrats restent rétifs à toute comparaison simplifiée. L’un affiche une #franchise de 2 000 euros, l’autre un plafond d’#indemnisation plus bas ou des #exclusions reléguées dans de minuscules clauses, de sorte qu’il faut un examen quasi juridique pour aligner réellement les offres, comme le soulignait un rapport de la Commission européenne.

    #Refus d’un dossier sur deux

    La montée des #événements_extrêmes illustre brutalement ces dérives. En Australie, trois phénomènes climatiques dans la première moitié de l’année 2025, dont le cyclone Alfred, ont généré 1,8 milliard de dollars australiens (AUD), soit 1 milliard d’euros, de demandes d’indemnisation. L’Insurance Council prévient que les primes habitation verront des augmentations à deux chiffres et certains contrats pourraient atteindre 30 000 dollars autraliens par an (ou 16 600 euros par an) dans les zones les plus exposées.

    Aux États-Unis, la Californie cumule #résiliations et refus de prise en charge. Un rapport mentionné par le Los Angeles Times montre que trois grands assureurs ont décliné près d’un dossier sur deux en 2023. Une action collective accuse de collusion 25 compagnies d’assurance dans le but de pousser les sinistrés vers le FAIR Plan, pool d’assureurs de dernier ressort aux garanties réduites.

    Vers l’« inassurabilité » systémique

    Le phénomène n’est pas marginal. Les assureurs réduisent leur exposition. Les assureurs états-uniens State Farm et Allstate ont cessé d’émettre de nouvelles polices en Californie, dès 2023. En Floride, parce qu’il intervient lorsque aucun assureur privé n’accepte de couvrir un logement à un prix raisonnable, l’assureur public de dernier ressort Citizens a vu son portefeuille grossir jusqu’à environ 1,4 million de polices au pic de la crise, puis repasser sous le million, fin 2024, grâce aux transferts (takeouts) vers des acteurs privés – un progrès réel, qui révèle toutefois un marché encore fragile. Au niveau mondial, Swiss Re compte 181 milliards de dollars états-uniens de pertes 2024 restées à la charge des victimes ou des États, soit 57 % du total.

    ▻https://www.youtube.com/watch?v=ghkT9aLhqNU

    Face à ces écarts de protection croissants, les assureurs réduisent leur exposition. Cette contraction de l’offre rejaillit sur la finance immobilière : l’économiste Bill Green rappelle dans une lettre au Financial Times que la moindre défaillance d’assurance provoque, en quelques semaines, l’annulation des #prêts_hypothécaires censée sécuriser la classe moyenne états-unienne. Lorsque les assureurs se retirent ou lorsque la prime devient inabordable, c’est la #valeur_foncière qui s’effondre et, avec elle, la stabilité de tout un pan du système bancaire local.

    Refonder le #contrat_social_du_risque

    Des pistes se dessinent néanmoins. Le Center for American Progress propose la création de #fonds_de_résilience cofinancés par les primes et par l’État fédéral, afin de financer digues, toitures renforcées et relocalisations dans les zones à très haut risque.

    En Europe, la France conserve un régime #CatNat fondé sur une surprime obligatoire uniforme – 20 % en 2025 – pour un risque réassuré par la #Caisse_centrale_de_réassurance (#CCR). Ce mécanisme garantit une #indemnisation illimitée tout en mutualisant les catastrophes sur l’ensemble du territoire national. Combinés à une tarification incitative (franchise modulée selon les mesures de prévention), ces dispositifs peuvent préserver l’#assurabilité sans faire exploser les primes individuelles.

    Reste à traiter l’amont : limiter l’exposition en gelant les permis dans les zones inconstructibles, conditionner le financement bancaire à la compatibilité climat et pérenniser, à l’échelle nationale, une surtaxe de prévention climatique progressive qui financerait les adaptations structurelles tout en lissant les chocs tarifaires.

    À ce prix, l’assurance redeviendrait un #bien_commun : ni pur produit financier ni simple pot commun, mais une infrastructure essentielle où la société, et non plus le seul assureur, choisit sciemment la part de la facture climatique qu’elle accepte de supporter.

    ►https://theconversation.com/a-la-fin-qui-prendra-en-charge-le-cout-des-assurances-261610
    #coûts #changement_climatique #climat
    via et de @freakonometrics
    et aussi signalé par @sombre : ▻https://seenthis.net/messages/1131842

  • Après la calamiteuse privatisation du rail britannique, le train revient dans le giron public | Alternatives Economiques
    ►https://www.alternatives-economiques.fr/apres-calamiteuse-privatisation-rail-britannique-train-revient-l/00114734

    D’ici 2027, les compagnies ferroviaires anglaises privées vont toutes être renationalisées. La fin de trente années de privatisation du rail outre-Manche à l’impact économique désastreux.

    Après 30 ans à ne rien entretenir et à faire des bénéfices, le privé se retire, afin de laisser l’état tout remettre en état et rendre le marché à nouveau profitable, pour la prochaine vague de privatisation.

  • La folie des grandeurs des stades de l’Euro 2016, surdimensionnés et « jamais vraiment rentables »
    ▻https://www.lemonde.fr/sport/article/2025/02/03/la-folie-des-grandeurs-des-stades-de-l-euro-2016-surdimensionnes-et-jamais-v

    Faisant le constat que les stades outre-Rhin étaient plus beaux et plus remplis, Eric Besson, alors secrétaire d’Etat du gouvernement de Nicolas Sarkozy, avait plaidé dans un rapport pour une modernisation des équipements en favorisant le recours aux investissements privés, notamment au travers des partenariats public-privé (PPP), et au naming (pratique consistant à donner le nom d’une société partenaire à une enceinte sportive). Philippe Séguin, à l’époque président de la Cour des comptes, avait estimé que « le recours au PPP est parfaitement adapté et conforme à l’intérêt général ».

    « Tout le monde a été incité à construire en PPP et plusieurs villes ont plongé : Le Mans en premier, puis Nice, Bordeaux, Lille et Marseille qui étaient des places fortes du football », rappelle Jean-Pascal Gayant, économiste du sport et professeur à l’université de Rennes. Le schéma semblait simple : une entreprise de BTP prête de l’argent à une collectivité pour l’érection de l’enceinte sportive, s’occupe de sa construction, prend en charge l’exploitation et la maintenance avec un contrat qui couvre l’activité sur trente ans. Le montage avait l’avantage pour ces villes et métropoles, qui restent les propriétaires officiels, de déléguer la construction en étalant la charge financière ; le club résident devant, lui, verser un loyer aux collectivités.

    Un cahier des charges trop lourd
    A Bordeaux, le stade aux mille poteaux blancs a ainsi été construit en 2015 pour un coût de 295 millions d’euros. Il a porté les espoirs d’un renouveau sportif quand Alain Juppé, alors maire (UMP) de la ville, s’était porté candidat à l’accueil de l’Euro 2016. Mais le Matmut Atlantique avec ses 42 000 sièges a souvent sonné vide, se souviennent les habitués. Même quand les Girondins étaient bien classés en Ligue 1, la première division du football. Aménagée dans la zone industrielle du Lac, trop éloignée du centre-ville, l’enceinte n’a pas su garder le public du stade Chaban-Delmas, antre historique des Girondins. Les descentes en Ligue 2 en 2022, puis en National 2, ont accentué le manque d’appétit des spectateurs.

    Neuf autres villes – Lens, Lille, Paris, Saint-Denis, Saint-Etienne, Marseille, Nice, Lyon, Toulouse – s’étaient elles aussi lancées dans l’aventure, avec des schémas de financement variés. Pour coller au modèle allemand, le cahier des charges imposé était pourtant lourd à porter : il fallait de grosses enceintes, des loges et des espaces hospitalité pour booster les recettes. Résultat, les nouveaux stades ont été surdimensionnés au regard de leur bassin de population. Tous ont affiché, dès la deuxième année d’exploitation, des fréquentations bien moindres qu’attendues.

    Lire aussi | Article réservé à nos abonnés La métropole de Bordeaux se prépare à récupérer la gestion du stade Matmut Atlantique

    Pour Jérémy Moulard, postdoctorant en management du sport à l’université de Lausanne (Suisse), au-delà du cas de Bordeaux, c’est le « modèle français » institué en vue de l’Euro 2016 qui est un échec. « Construits trop grands, ces stades n’ont jamais été vraiment rentables : le surdimensionnement coûte plus cher en exploitation et en termes de marges, car le prix des places est moins élevé quand les tribunes sont à moitié vides », remarque le chercheur qui a mené une enquête fouillée sur le sujet. Saint-Etienne a préféré revenir à une taille plus modeste de 35 000 places après le tournoi, et le club remplit régulièrement ses gradins.

    Aux yeux des observateurs, le choix de faire appel à des sociétés gestionnaires, type Vinci ou Eiffage, a aussi été une erreur. Elles n’ont pas toujours su exploiter les lieux. « L’idée était qu’une société privée serait plus performante qu’un club pour gérer l’équipement. Mais aucune n’avait cette expérience dans le domaine sportif, souligne Nadine Dermit, maîtresse de conférences en management du sport à l’université de Rouen. Les clubs se sont concentrés sur les places à prestation [loges privées, buffet…] qui rapportent plus, en oubliant le public nécessaire pour remplir le stade. » Ainsi à Marseille, l’Olympique de Marseille a racheté en 2018 la société d’exploitation Arema, née pour gérer le partenariat public-privé afin de s’éviter une gestion déficitaire. Bien que le club n’ait jamais eu de problèmes de remplissage, le Vélodrome coûte encore 30 millions d’euros par an à la ville, soit trois fois plus que prévu.

    Remplissage en deçà des prévisions
    A Nice, en revanche, l’Allianz Riviera peine à exploiter le potentiel de ses 45 000 places (35 000 en configuration sportive). Les matchs de l’OGC Nice ne font pas le plein et les programmations de concerts ne suffisent pas à assurer la rentabilité de l’équipement. La métropole azuréenne se targue malgré tout d’avoir accueilli les demi-finales du Top 14 et la Coupe du monde de rugby, en 2023, des rencontres des Jeux olympiques en 2024, ou un concert de Travis Scott : « C’est grâce à cet équipement et aux superbes conditions qu’il offre que nous avons réussi à nous imposer comme une terre d’accueil incontournable pour tous les événements sportifs et culturels d’envergure », affirme Christian Estrosi, président (Horizons) de la métropole Nice-Côte d’Azur.

    Il peine à convaincre l’opposition, qui a beau jeu de souligner l’impact de l’équipement sur la dette de la collectivité locale (400 millions d’euros selon la Cour des comptes) et de dénoncer un remplissage en deçà des prévisions : la saison 2024 affiche une moyenne de 25 000 spectateurs, mais les anneaux supérieurs sont la plupart du temps vides.

    #privatisation #piège_à_cons et donc #publicisation des #pertes

  • The most important issue about water is not supply, but how it is used

    The world faces a series of deep and worsening crises that demand radical changes in how we understand, manage and use fresh water.

    Floods, droughts, pollution, water scarcity and conflict — humanity’s relationship with water is deteriorating, and it is threatening our health and well-being, as well as that of the environment that sustains us. The good news is that a transition from the water policies and technologies of past centuries to more effective and equitable ways of using and preserving this vital resource is not only possible, but under way. The challenge is to accelerate and broaden the transition.

    Water policies have typically fostered a reliance on centralized, often massive infrastructure, such as big dams for flood and drought protection, and aqueducts and pipelines to move water long distances. Governments have also created narrow institutions focused on water, to the detriment of the interconnected issues of food security, climate, energy and ecosystem health. The key assumption of these ‘hard path’ strategies is that society must find more and more supply to meet what was assumed to be never-ending increases in demand.

    That focus on supply has brought great benefits to many people, but it has also had unintended and increasingly negative consequences. Among these are the failure to provide safe water and sanitation to all; unsustainable overdraft of ground water to produce the food and fibre that the world’s 8 billion people need; inadequate regulation of water pollutants; massive ecological disruption of aquatic ecosystems; political and violent conflict over water resources; and now, accelerating climate disruption to water systems1.

    A shift away from the supply-oriented hard path is possible — and necessary. Central to this change will be a transition to a focus on demand, efficiency and reuse, and on protecting and restoring ecosystems harmed by centuries of abuse. Society must move away from thinking about how to take more water from already over-tapped rivers, lakes and aquifers, and instead find ways to do the things we want with less water. These include, water technologies to transform industries and allow people to grow more food; appliances to reduce the amount of water used to flush toilets, and wash clothes and dishes; finding and plugging leaks in water-distribution systems and homes; and collecting, treating and reusing waste water.

    Remarkably, and unbeknown to most people, the transition to a more efficient and sustainable future is already under way.

    Singapore and Israel, two highly water-stressed regions, use much less water per person than do other high-income countries, and they recycle, treat and reuse more than 80% of their waste water2. New technologies, including precision irrigation, real-time soil-moisture monitoring and highly localized weather-forecasting models, allow farmers to boost yields and crop quality while cutting water use. Damaging, costly and dangerous dams are being removed, helping to restore rivers and fisheries.

    In the United States, total water use is decreasing even though the population and the economy are expanding. Water withdrawals are much less today than they were 50 years ago (see ‘A dip in use’) — evidence that an efficiency revolution is under way. And the United States is indeed doing more with less, because during this time, there has been a marked increase in the economic productivity of water use, measured as units of gross domestic product per unit of water used (see ‘Doing more with less’). Similar trends are evident in many other countries.

    Overcoming barriers

    The challenge is how to accelerate this transition and overcome barriers to more sustainable and equitable water systems. One important obstacle is the lack of adequate financing and investment in expanding, upgrading and maintaining water systems. Others are institutional resistance in the form of weak or misdirected regulations, antiquated water-rights laws, and inadequate training of water managers with outdated ideas and tools. Another is blind adherence by authorities to old-fashioned ideas or simple ignorance about both the risks of the hard path and the potential of alternatives.

    Funding for the modernization of water systems must be increased. In the United States, President Biden’s Infrastructure Investment and Jobs Act provides US$82.5 billion for water-related programmes, including removing toxic lead pipes and providing water services to long-neglected front-line communities. These communities include those dependent on unregulated rural water systems, farm-worker communities in California’s Central Valley, Indigenous populations and those in low-income urban centres with deteriorating infrastructure. That’s a good start. But more public- and private-investments are needed, especially to provide modern water and sanitation systems globally for those who still lack them, and to improve efficiency and reuse.

    Regulations have been helpful in setting standards to cut waste and improve water quality, but further standards — and stronger enforcement — are needed to protect against new pollutants. Providing information on how to cut food waste on farms and in food processing, and how to shift diets to less water-intensive food choices can help producers and consumers to reduce their water footprints3. Corporations must expand water stewardship efforts in their operations and supply chains. Water institutions must be reformed and integrated with those that deal with energy and climate challenges. And we must return water to the environment to restore ecological systems that, in turn, protect human health and well-being.

    In short, the status quo is not acceptable. Efforts must be made at all levels to accelerate the shift from simply supplying more water to meeting human and ecological water needs as carefully and efficiently as possible. No new technologies need to be invented for this to happen, and the economic costs of the transition are much less than the costs of failing to do so. Individuals, communities, corporations and governments all have a part to play. A sustainable water future is possible if we choose the right path.

    ▻https://www.nature.com/articles/d41586-023-03899-2
    #eau #disponibilité #efficacité #transition #infrastructure #sécheresse #inondations #barrages #acqueduc #réusage #technologie #pertes #Israël #Singapour #recyclage #agriculture

  • Le directeur d’un cimetière israélien : nous accueillons un tué toutes les heures. 5 militaires tués ces dernières heures. – Site de la chaîne AlManar-Liban
    ▻https://french.almanar.com.lb/2785807

    Apparemment, seule Al-Manar donne cette « info »...

    Le directeur d’un cimetière militaire israélien a déclaré que 50 cadavres de militaires israéliens tués dans les combats terrestres dans la bande de Gaza ont été enterrés dans son cimetière ces deux derniers jours.

    « Nous traversons des moments très difficiles. Il y a des funérailles toutes les heures, voire toutes les heures et demie. Je suis censé ouvrir un grand nombre de tombes. Rien que dans le cimetière du Mont Herzl, nous avons enterré 50 soldats en 48 heures », a dit David Aron Baroch, le directeur du cimetière du Mont Herzl, dans une vidéo diffusée sur le site du ministère de la Sécurité israélien, selon le site web de la chaine de télévision qatarie al-Jazeera.

    Le chiffre livré par ce directeur ne concorde pas avec celui véhiculé par l’armée israélienne. Samedi, cette dernière a fait état de la mort de 6 soldats dans les combats terrestres dans la bande de Gaza, portant à 58 le chiffre des militaires israéliens tués depuis le lancement de l’offensive terrestre israélienne le 27 octobre dernier. Ce dimanche, elle a rendu compte de la mort de 5 officiers et soldats, tués dans les combats au nord de Gaza, portant le chiffre à 63.

    Dans l’une de ses interventions, le porte-parole des Brigades al-Qassam du Hamas, Abou Ubaida a assuré que le chiffre réel des tués israéliens dans les combats terrestres est supérieur à celui affiché par les autorités de l’occupation israélienne

    Selon l’armée israélienne, des combats violents se déroulent dans le quartier al-Zeytoun à Gaza et dans le camp de Jabalia où une école de l’UNRWA a fait l’objet samedi d’un raid israélien meurtrier qui a causé un carnage parmi les déplacés palestiniens qui s’y étaient abrités.

    Les raids israéliens se poursuivent contre Jabalia où une quatrième mosquée a été bombardée ce dimanche. Selon le Bureau médiatique du gouvernement de Gaza, depuis le début de l’offensive israélienne contre la bande de Gaza, il y a 44 jours, 76 mosquées ont été détruites totalement, 176 partiellement, ainsi que 3 églises.

    Les Brigades al-Qods du Jihad islamique ont rapporté avoir visé avec des obus de mortier des militaires israéliens sur l’axe ouest de Beit Lahia, au nord-ouest de la bande de Gaza, et avoir frappé un véhicule militaire israélien avec un obus RPG dans l’entourage de l’Université ouverte al-Qods à l’est du camp al-Shati’. Elles ont aussi fait état d’accrochages à Beit Hanoun au nord-ouest de la bande de Gaza.

    • En fait Manar cite jazira arabe, lien à l’appui :
      مدير مقبرة عسكرية إسرائيلية : نستقبل جنازة كل ساعة ودفنّا 50 جنديا في يومين | أخبار | الجزيرة نت
      ▻https://www.aljazeera.net/news/2023/11/19/%d9%85%d8%af%d9%8a%d8%b1-%d9%85%d9%82%d8%a8%d8%b1%d8%a9-%d8%b9%d8%b3%d9%8

      Avec une vidéo d’un reportage en hébreu

      Le texte de jazira :

      شف مدير مقبرة عسكرية إسرائيلية عن أن عدد قتلى الجيش الإسرائيلي في المعارك التي تدور في قطاع غزة كبير، مؤكدا أن 50 جنديا دفنوا في المقبرة التي يعمل فيها خلال اليومين الماضيين.

      وأكد مدير مقبرة “جبل هرتزل العسكرية” ديفيد أورن باروخ -في مقطع فيديو نشرته وزارة الأمن الإسرائيلية أمس السبت- أن المقبرة تستقبل عددا كبيرا من القتلى بمعدل جنازة كل ساعة أو كل ساعة ونصف الساعة.

      وقال باروخ “نحن نمر الآن بفترة صعبة جدا، هناك جنازة كل ساعة، أو ساعة ونصف الساعة. يفترض مني أن أفتح عددا هائلا من القبور. فقط في مقبرة جبل هرتسل دفنا 50 جنديا خلال 48 ساعة”.

      وأوضح أن عمله ينصَبُّ على تجهيز القبور لقتلى الأجهزة الأمنية الإسرائيلية والعناية بها

  • A Gaza, la guerre urbaine a commencé

    ... Le chef d’état-major, Herzi Alevi, a précisé qu’il était hors de question de s’en tenir aux incursions « modulaires » actuelles : « Les objectifs de cette guerre requièrent une opération terrestre. Les meilleurs soldats sont à présent en train d’opérer à Gaza. »

    Il avait été envisagé que le contingent de 360 000 réservistes, rappelés en toute urgence après le 7 octobre, puisse être mobilisé pour cette campagne. Ce n’est plus le cas. « Les opérations doivent être menées par des unités bien entraînées. Ce serait une erreur de déployer dans Gaza des réservistes. Avec eux, c’est le cœur de la société qui pourrait être touché. Benyamin Nétanyahou le sait bien. Il sait aussi que le pays s’engage dans une guerre longue. Demain, cela peut conduire à de nouvelles manifestations contre le gouvernement », analyse Yagil Levy, politiste à l’Open University d’Israël et spécialiste de l’armée.

    ... Côté israélien, d’autres « surprises » pourraient être employées dans cette guerre des tunnels. Il a été envisagé de les boucher en coulant du béton, d’y injecter de l’eau sous forte pression ou de les noyer en forant depuis la Méditerranée des conduits laissant entrer l’eau de mer. Des armes font aussi partie de cet arsenal anti-tunnels, comme les bombes « bunker busters ». Au final, conclut Daphné Richemond-Barak : « Ce n’est qu’en dernier ressort qu’on envoie des soldats dans les tunnels, car c’est beaucoup trop meurtrier. »

    ▻https://www.lemonde.fr/international/article/2023/10/30/a-gaza-la-guerre-urbaine-a-commence_6197329_3210.html

    ▻https://archive.ph/3reHu

    contrairement à Piotr Smolar (correspondant Le Monde USA), Jean-Philippe Rémy (envoyé spécial à Jerusalem) ne marque aucune distance. soldats US, otages et gaz incapacitant non cités
    ►https://seenthis.net/messages/1023220

    #Gaza #Underground_Warfare #Guerre #guerre_urbaine #tunnels #guerre_souterraine #Israël

    • Aujourd’hui, à Gaza, les chars et les véhicules blindés d’Israël – complètement scellés et tirant donc en grande partie à l’aveugle – sont détruits par des attaques à bout portant de la part de combattants de la résistance palestinienne, à une distance rapprochée contre laquelle aucun blindage au monde n’est suffisant.[27] L’#infanterie inefficace d’Israël, plus habituée à harceler les Palestinien.nes aux points de contrôle qu’à affronter des ennemis entrainés et qui ripostent réellement, n’est pas préparée au #combat_rapproché dans un paysage de ruines urbaines, ce qui, depuis la bataille de #Stalingrad, a toujours donné l’avantage aux défenseurs sur les attaquants.

      « Malgré la pression exercée » par l’armée israélienne, a rapporté le correspondant militaire du Ha’aretz, Amos Harel, le 5 novembre, « il n’y a pas d’effet significatif apparent sur le commandement et le contrôle du Hamas, qui continue de fonctionner ». Quiconque a regardé les vidéos d’attaques palestiniennes contre des troupes et des blindés israéliens sur Al Jazeera Arabic aurait pu arriver à la même conclusion.[28] Depuis son incursion terrestre dans la bande de Gaza il y a deux semaines, Israël a reconnu que des centaines de soldats ont été tués ou blessés (? ndc) : comme l’armée impose des limites strictes à la déclaration de ces pertes, les journalistes affirment que les chiffres réels sont sans aucun doute plus élevés. Il est difficile de savoir combien de pertes supplémentaires l’armée israélienne peut supporter en son propre camp – en dépit de l’indifférence face aux victimes que son acharnement aveugle cause parmi les civil.es palestinien.nes.

      ►https://seenthis.net/messages/1028515

      #pertes #soldats_morts

  • Covid-19 : la cinquième vague contraint des médecins réanimateurs à un tri plus sévère

    Entre pression politique, charge affective des décisions, et crainte de voir le discours médical mal compris, sur le terrain, les praticiens sont réticents à évoquer ce sujet devenu tabou.

    [...] Alors que la phase aiguë de la cinquième vague s’éloigne, avec un nombre de malades du Covid-19 en réanimation en diminution depuis plusieurs jours, le Syndicat des médecins réanimateurs a voulu examiner la situation, en menant une enquête flash sur « le tri des patients éligibles à la réanimation ».

    Selon un questionnaire partagé dans ses rangs depuis le 19 janvier, auquel 97 réanimateurs de services différents ont répondu au 31 janvier, près de 40 % des répondants déclarent avoir été « amenés à refuser des patients qui auraient dû être pris en charge en réanimation et ne l’ont pas été du tout », « au cours des huit derniers jours ». Pour ces trente-sept médecins, le phénomène touche autant des malades atteints par le Covid-19, que ceux qui ne le sont pas, avec, en moyenne, près de huit patients concernés.

    Cette remontée, qui n’a pas la prétention d’être représentative alors que 400 à 500 services de réanimation quadrillent le territoire, vise néanmoins à étayer une réalité que refuse d’admettre le gouvernement. Ainsi, dans une interview au Parisien, publiée le 4 janvier, le président de la République, Emmanuel Macron, assurait qu’il n’y avait « pas de tri » à l’hôpital et en faisait « une ligne rouge ».

    « Des médecins sont obligés de faire des choix en raison du manque de places, soutient le docteur Djillali Annane, à la tête du Syndicat des médecins réanimateurs. Cela fait partie du prix à payer de l’épidémie et d’une telle mise sous tension de l’hôpital, en laissant circuler le virus ; il est important d’en avoir conscience et de le reconnaître. »

    Des « dilemmes difficiles »

    Entre la pression politique, la charge affective de telles décisions et la crainte de voir le discours médical mal compris, sur le terrain, la parole des réanimateurs est rare pour évoquer ce sujet devenu tabou. « En temps normal, nous effectuons une priorisation ou un “tri” tous les jours », rappelle Guillaume Thiery, professeur de médecine intensive-réanimation au CHU de Saint-Etienne. Effectuer un séjour en réanimation, avec des méthodes invasives comme l’intubation, n’a rien d’anodin. Chaque service examine, avant d’admettre ou de refuser un patient, le bénéfice qui peut en être espéré, en fonction de son état, de ses comorbidités, de son âge, de son niveau d’autonomie…

    Mais durant cette cinquième vague, le chef de service stéphanois le reconnaît : il est confronté à des « dilemmes difficiles » à cause d’un nombre insuffisant de lits. S’il ne s’agit aucunement d’un refus massif de patients, lui comme plusieurs réanimateurs témoignent d’une sélection plus sévère qui s’opère. « Il est arrivé, parce qu’on était plein, qu’on refuse l’accès à des malades qui sont dans la zone grise, c’est-à-dire pour lesquels on est moins certain du bénéfice d’un passage en réanimation », confie-t-il, assurant que le problème ne s’est jamais posé pour des malades au bénéfice certain.

    Plusieurs refus d’admission lui restent en tête, comme ce malade du Covid-19 âgé de 78 ans, fragile après avoir eu plusieurs pathologies, mais qui faisait encore son potager, jouait à la belote, vivait encore sa vie. Ou encore, lors de l’une de ses dernières gardes, cette femme dans un « entre-deux » similaire, de « 79 ans et demi », se rapprochant d’un âge qui rend les choses particulièrement mal engagées avec une forme grave du virus.

    « Ça m’a posé beaucoup de questionnements éthiques, j’y ai repensé en rentrant chez moi puis plusieurs jours de suite, je sais qu’en d’autres temps, on aurait tenté le coup pour cette patiente, relate le réanimateur. Aujourd’hui, je ne sais pas si on a mal fait ou bien fait… On ne sait jamais si on fait une bêtise », d’où l’importance de discussions collégiales, souligne-t-il.

    Sélection plus stricte

    Cette cinquième vague est venue ajouter son lot d’interrogations nouvelles. Quid de la prise en charge des non-vaccinés ? Le statut vaccinal a-t-il sa place dans les critères de décision ? « La question était dans toutes les têtes, elle gênait des soignants, même s’il n’y avait pas de doute sur l’issue de la réflexion au niveau médical, nous avons saisi en décembre [2021] le comité éthique au niveau départemental, pour la mettre sur la table », raconte le médecin. Les discussions ont abouti, dans la droite ligne de la position prise par la Société française d’anesthésie et de réanimation, à la conclusion que ce statut vaccinal n’avait pas à être pris en compte dans l’admission en réanimation.

    Plusieurs centaines de kilomètres plus au sud, à Marseille, le chef de service à l’hôpital Nord, Jean-Marie Forel, tient à écarter les fantasmes qui ont pu circuler autour du tri dans sa région touchée de plein fouet par un afflux de patients Covid-19 depuis novembre 2021. Dans un document interne de l’Assistance publique-Hôpitaux de Marseille, dévoilé par Mediapart en décembre 2021, étaient évoqués le tri des patients et ses critères, qu’engendrerait l’engorgement des réanimations.

    Ce travail, produit avec l’instance éthique de l’hôpital, n’a pas été utilisé, assure le professeur. « Nous avons réfléchi ensemble aux critères de priorisation, selon les recommandations scientifiques et les règles éthiques, dans un souci de ne pas laisser place à l’empirisme, pour un médecin qui se retrouverait à devoir décider dans l’urgence à 3 heures du matin, par exemple, explique-t-il. Mais nous avons réussi à encaisser la vague, à augmenter suffisamment le nombre de lits, sans avoir à y recourir. »

    Il n’empêche, la sélection a été plus stricte ces dernières semaines, admet-il, avec des patients qui auraient été admis en temps normal et qu’il a refusés, afin de garder des lits pour des malades avec un meilleur pronostic. « Cela est arrivé, au cas par cas, uniquement pour des personnes d’un très grand âge, avec beaucoup de comorbidités, qui avaient des chances jugées extrêmement faibles de s’en sortir », décrit-il.

    Parler publiquement de la question du tri

    Au SAMU du CHU de Grenoble, le médecin anesthésiste réanimateur Raphaël Briot le résume dans une formule simple : « On prend des décisions qu’on ne prendrait pas si on était moins tendu, mais c’est toujours pour des patients qui sont au bout du bout. En temps normal, même si, pour un patient, on n’y croit pas trop, on lui donne sa chance, on préfère toujours faire un petit peu plus, qu’un petit peu moins, le doute bénéficie au patient. Là, on est plus regardant. »

    Lui garde en tête une « grand-mère », avec quelques troubles cognitifs, mais qui vivait encore chez elle. Elle avait déjà fait des séjours en soins critiques, et, sur son dossier, il était écrit qu’il n’était « pas évident » que lors d’une prochaine hospitalisation, un passage en soins critiques puisse lui rendre service… Après avoir envoyé une équipe médicale du SMUR la chercher, le médecin a demandé un scanner. Ses collègues en réanimation ont réexaminé l’ensemble de son dossier. Il a finalement été décidé de l’orienter vers une chambre du service des urgences, « où elle pourrait s’éteindre dans le confort et la meilleure sérénité possible ».
    D’autres formes de refus interpellent. Ce sont ces malades que l’on admet, faute de places, dans des structures qui ne font pas de réanimation en temps normal : au CHU d’Amiens, six patients graves de réanimation étaient ainsi installés dans une salle de réveil fin janvier, témoigne le réanimateur Michel Slama. Un autre a dû suivre sa séance d’hémodialyse dans une salle des urgences, « ce qu’on ne fait jamais », dit-il. Malgré l’intervention conjointe des urgentistes et des réanimateurs, ce patient, qui était dans un état très grave, est mort. « C’est une prise en charge dégradée, s’inquiète le chef adjoint du service de réanimation. On sait que cela induit des pertes de chance, cela a été démontré lors des précédentes vagues. »

    Pour Emmanuel Hirsch, professeur d’éthique médicale à l’université Paris-Saclay, il est grand temps de parler de la question du tri. « Cela fait deux ans qu’on refuse ce débat public sur la priorisation, en préférant une forme de non-dit, juge-t-il. Des critères médicaux entrent en jeu, bien sûr, mais pas seulement, ce sont des choix vitaux qui interrogent nos valeurs, la justice dans l’accès aux soins, c’est un enjeu démocratique. »

    Selon quels critères doit-on arbitrer de tels choix ? Comment respecter les droits de chacun ? Pour le professeur, il s’agira en tout cas de l’un des « marqueurs » à examiner à l’heure du bilan de la crise sanitaire, à côté de celui du nombre de morts.
    ▻https://www.lemonde.fr/planete/article/2022/02/01/covid-19-la-cinquieme-vague-contraint-les-medecins-reanimateurs-a-un-tri-plu

    #covid-19 #réanimation #auto-enquête #tri #pertes_de_chances #débat_publique

  • #Pour_Sama

    #Waad_al-Kateab est une jeune femme syrienne qui vit à Alep lorsque la guerre éclate en 2011. Sous les bombardements, la vie continue. Waad tombe amoureuse, se marie avec Hamza et donne naissance à sa fille, Sama. Elle filme au quotidien les #pertes, les #espoirs et la #solidarité du peuple d’Alep. Son mari médecin sauve des centaines de vies dans un hôpital de fortune. Le couple est déchiré entre la protection de leur enfant et leur combat pour la #liberté.


    ▻https://www.youtube.com/watch?v=WGp7C79Pvzg

    #film #documentaire #film_documentaire #Alep #guerre #vie #bombardements #hôpital #Syrie #révolution #résistance #ville #ville_en_guerre #témoignage #siège

  • #Sacrario_militare #Redipuglia
    ▻https://fr.wikipedia.org/wiki/Cimeti%C3%A8re_militaire_de_Redipuglia

    Quelques photos prises le 08.05.2019 :

    Un monument impressionnant, très très imposant :

    Et cette liste infinie de noms... avec cette inscription à gros caractères PRESENTE ("présent") :


    Et une place spéciale pour une infirmière, #Margherita_Kaiser_Parodi

    Ne nous oubliez pas !

    Quelques #chiffres des #pertes de vies humaines


    #morts

    Non curiosità di vedere
    ma proposito di ispirarvi
    vi conduca

    Agli invitti
    che diedero per la Patria
    tutto il sangue
    solo è degno di accostarsi
    chi ha nel cuore la Patria


    #patrie

    Et des #graffitis de #guerre dont on peut voir les photos dans le musée...

    Avec cette introduction :
    Se un giorno gli uomini taceranno.
    Se l’ingratitudine ucciderà ogni ricordo
    grideranno le pietre


    #pierres #mémoire #souvenir

    #mémoriel #musée #WWI #première_guerre_mondiale #monument #Italie #guerre

    ping @reka

  • UBS égare les données d’un millier de clients inscrits sur une application ats/pym - 5 Décembre 2018 - RTS
    ▻https://www.rts.ch/info/suisse/10046293-ubs-egare-les-donnees-d-un-millier-de-clients-inscrits-sur-une-applicat

    La grande banque UBS a égaré les données de plus de 1000 clients inscrits sur une application numérique. Une panne est vraisemblablement à l’origine de cette disparition, selon les journaux du groupe CH-Media.

    Le numéro un bancaire helvétique a confirmé l’information. « Nous avons constaté que certains utilisateurs de l’application UBS Safe ne pouvaient plus ouvrir des documents individuels en raison d’un problème technique », selon un porte-parole, cité dans l’article.
    UBS Safe est un coffre-fort électronique qui permet de stocker certains documents sensibles tels que les relevés bancaires. L’application est disponible sur ordinateur et sur téléphone mobile.

    Documents définitivement perdus
    Les relevés bancaires ont pu être réintégrés dans le système. En revanche, certains documents personnels ont été définitivement perdus. « A aucun moment des tiers non autorisés ont eu accès aux documents concernés », a assuré le porte-parole d’UBS.
    Selon des informations « fiables » cités par les quotidiens, entre 1000 et 1500 utilisateurs sont concernés par cet incident. La banque a averti les clients par téléphone et leur a proposé des points du programme de fidélité « Key Club » à titre de compensation.

    Déconvenue
    Cet épisode constitue une déconvenue pour UBS, qui s’efforce de dissuader ses clients à recourir au courrier postal au bénéfice des documents dématérialisés, souligne l’article.

    UBS retient 15 francs de frais de gestion de compte par mois. Les personnes désirant recevoir leur correspondance par la poste doivent s’acquitter de 5 francs supplémentaires.

     #cloud #cloud_computing #informatique #données #owncloud #UBS #archives #pertes_et_Profits #UBS_Safe #coffre-fort_électronique

  • #Cholestérol le grand bluff

    Comment le cholestérol a été érigé en coupable idéal des maladies cardio-vasculaires par une série d’approximations scientifiques. Un dogme dont un nombre croissant de chercheurs dénoncent les dangers. Une enquête exceptionnelle.

    Le cholestérol, que tout un chacun se représente comme un excès de mauvaise #graisse dans l’organisme, est désigné à la vindicte médicale et populaire depuis les années 1950 comme responsable des #maladies_cardio-vasculaires qui terrassent jeunes et vieux avant l’heure. Or, un nombre croissant de chercheurs en médecine dénoncent ce qu’ils considèrent comme un vaste #mensonge, façonné à la fois par une série d’approximations scientifiques et par de puissants intérêts économiques, de l’#industrie_agroalimentaire d’abord, des #laboratoires_pharmaceutiques ensuite. Les facteurs avérés de risque, affirment ces recherches convergentes, sont en réalité le #tabac, l’#hypertension, l’#obésité et le manque d’exercice. Mais depuis la mise sur le marché, en 1993, de nouveaux traitements anticholestérol, les #statines, une écrasante majorité de médecins mise sur leur prescription avant toute autre mesure préventive. Consommées par 220 millions de patients à travers le monde, les statines sont devenues en quelques années le médicament le plus vendu dans l’histoire de la médecine. Or, les fabricants eux-mêmes commencent à reconnaître qu’elles peuvent entraîner des effets secondaires graves, tels que des #douleurs_musculaires, des #problèmes_hormonaux, des #pertes_de_mémoire, des #dépressions et aussi, selon des études récentes, le déclenchement d’un #diabète. Une reconnaissance tardive qui, étrangement, intervient alors que les derniers brevets en la matière tombent dans le domaine public et qu’une nouvelle molécule anticholestérol s’annonce.

    Pour démonter ce qui a constitué pendant plus d’un demi-siècle un dogme inattaquable, Anne Georget donne la parole à une quinzaine de spécialistes - chercheurs en médecine, cardiologues, journalistes médicaux, nutritionnistes... - qui expliquent à la fois ce que l’on sait du cholestérol et réfutent, études à l’appui, ce qu’ils estiment être des conclusions scientifiques biaisées. Ainsi le physiologiste américain Ancel Keys, qui, le premier, avait attribué à la surconsommation de graisses saturées la stupéfiante épidémie d’accidents cardio-vasculaires survenue dans les années 1950 dans certains pays occidentaux, a-t-il délibérément passé sous silence les contre-exemples statistiques. Tandis que les études cliniques des statines ont été financées à 80 % par les laboratoires qui avaient le plus intérêt à ce qu’elles s’avèrent positives.

    ▻http://future.arte.tv/fr/cholesterol

    #documentaire #enquête #science #Alzheimer #industrie_pharmaceutique #big_pharma #cholesterol

  • Nigerian military ‘mistake’ kills at least 50 in attack on safe haven camp - The Washington Post
    ▻https://www.washingtonpost.com/world/africa/nigerian-military-mistake-kills-at-least-50-in-strike-on-refugee-camp/2017/01/17/e5aade92-dcd9-11e6-918c-99ede3c8cafa_story.html

    The Nigerian military bombed a crowded camp for people fleeing Islamist militants Tuesday, killing more than 50 people in what was described as a mistake by air force pilots targeting Boko Haram fighters.

    The bombardment occurred in the city of Rann, near the Cameroon border, one of places where more than 1 million victims of Boko Haram have fled in recent years as part of one of the world’s largest humanitarian crises.

    More than 100 people were injured, and humanitarian workers were among the dead, aid officials said.

  • The deaths, sanctions and starvation that prove I, Daniel Blake is accurate – despite what some critics say | The Independent
    ▻http://www.independent.co.uk/news/uk/politics/i-daniel-blake-accuracy-ken-loach-benefits-sanctions-deaths-iain-dunc

    A new polemical film by Ken Loach about life on benefits – and a faceless bureaucracy at the heart of the welfare state – has created an emotive debate on whether it accurately portrays life on state support.

    I, Daniel Blake tells the story of a 59-year-old joiner who is thrust into a Kafkaesque bureaucratic nightmare, designed to ensure his disability benefit payments and Jobseeker’s Allowance are almost unobtainable. But, for some, the reaction has been uncomfortable.

    • Mais le spectacle continue !
      C’est pourtant encore plus étrange cette perspective en abîme que nous vivons comme spectateur, cet appel à la conscience que propose le film passé en avant-première, qui décrit l’absurde alors qu’il nous submerge nous-mêmes dans la réalité, dans cette salle : le Gala, terme a priori étrange pour un événement conviant la #presse, était sponsorisé par Belfius, banque ayant provoqué l’endettement de maintes collectivités locales, reine des #subprimes, qui a été renflouée par les contribuables et est donc directement responsable, avec les politiques, de l’endettement public, des #pertes_d'emploi et de l’élargissement de la misère, celle-là même qui frappe #Daniel_Blake …

      ▻http://us5.campaign-archive1.com/?u=4002f970f42fa3c587b2884bd&id=f4ebb3342a&e=4fcb6b2bd4
      Allez Daniel Blake, encore un peu d’effort !

  • #Sanctions de l’Occident contre la #Russie : l’UE subit de grandes #pertes

    Selon l’Institut autrichien d’études économiques (WIFO), les sanctions imposées contre la Russie entraîneront la suppression de 2,5 millions d’emplois et les pertes de l’économie européenne s’élèveront à 109 milliards d’euros.

    ▻http://arretsurinfo.ch/sanctions-de-loccident-contre-la-russie-lue-subit-de-grandes-pertes
    #visualisation #cartographie

  • Enseigner les schémas de domination patriarcale aux enfants (et les les adorables spécificités sexistes), c’est apparemment aussi important que les alimenter, si on en croit le raisonnement des gugusses de la manif pour tous...

    Le cœur de ces éléments de langage est constitué de l’opposition au gender, la « théorie du genre ». Ce terme abusif fait référence aux études sur le genre, un champ de recherches interdisciplinaires davantage exploré dans le monde anglo-saxon. Ces recherches tendent à démontrer que le sexe biologique ne suffit pas à faire un homme ou une femme et que les normes sociales y contribuent. Mais ces travaux ne constituent pas à proprement parler une théorie politique.

    Comment la Manif pour tous définit-elle le gender ? « C’est la négation du corps au profit de la seule satisfaction de ses désirs. C’est donc la négation de l’homme. C’est entrer dans un monde virtuel, artificiel, grand bal masqué qui mène au désespoir. » Le collectif y voit une idéologie qui viserait à nier les « spécificités » de la femme ("la maternité, la sensibilité, l’attention à l’autre") et celles de l’homme ("compétition, risque..."). Le document explique aussi son opposition à la déconstruction des stéréotypes sexués, vu comme des « repères nécessaires aux enfants pour devenir ce qu’ils sont » : « C’est comme si vous supprimiez l’alimentation d’un enfant de peur de l’empoisonner. »

    ▻http://www.francetvinfo.fr/societe/education/polemique-sur-le-genre/comment-la-manif-pour-tous-verrouille-la-communication-de-ses-militants

    Toujours la phobie des #pertes_de_repères, c’est une vraiment une obsession chez les réacs..

  • Vers une nationalisation partielle de PSA Peugeot Citroën ? - France Info
    ▻http://www.franceinfo.fr/economie/tout-info-tout-eco/vers-une-nationalisation-partielle-de-psa-peugeot-citroen-1247465-2013-12
    ▻http://www.franceinfo.fr/sites/default/files/imagecache/462_ressource/2013/12/13/1247499/images/ressource/psa.jpg

    Oui, mais l’Etat veille au grain et l’a rappelé hier par l’intermédiaire d’Arnaud Montebourg : OK pour l’opération, à condition que PSA reste français. L’Etat pourrait donc participer à l’augmentation de capital à parité avec le chinois : 20% chacun, auxquels s’ajouteraient d’autres investisseurs tricolores.
    Il y a un an, l’Etat s’était déjà porté caution de l’avenir de la branche financière de Peugeot (PSA Finances) à hauteur de 7 milliards d’euros jusqu’en 2015. L’Etat qui détient déjà 15% de Renault va-t-il devenir aussi actionnaire de référence de PSA à la place de la famille Peugeot ? Fantasme ou réalité ? Les prochains moins - peut-être même les prochaines semaines - nous diront si nous sommes en train d’assister à une semi-nationalisation du groupe familial vieux de 200 ans.

    #PSA Peugeot Citroën
    #General-Motors
    #Dongfeng
    #Arnaud-Montebourg

    #nationalisation ( partielle ? )
    #dividendes -> PSA
    #pertes -> Etat