• Plongez dans notre #webdocumentaire sur les #inégalités
    https://www.inegalites.fr/Plongez-dans-notre-webdocumentaire-sur-les-inegalites

    Nous sommes allés à la rencontre d’une dizaine de jeunes, de 12 à 27 ans, dans plusieurs villes françaises. Ils nous ont parlé de leur vie, de leurs rêves, de leurs espoirs, de leurs ambitions, mais aussi des freins et obstacles qu’ils rencontrent. Nous en avons extrait des témoignages qui servent d’introduction aux quatre grandes thématiques de notre webdoc : l’école, l’emploi, les modes de vie et les loisirs. De l’orientation scolaire à l’échelle des salaires, en passant par les conditions de travail, les vacances, les filles et le foot ou encore l’homophobie, nous y abordons un ensemble de sujets qui sont ensuite approfondis grâce à des infographies, des vidéos d’experts et des textes explicatifs.

  • #Inégalités : la fortune des milliardaires progresse de 434 mds aux États-Unis - Rapports de Force
    https://rapportsdeforce.fr/breves/inegalites-la-fortune-des-milliardaires-progresse-de-434-mds-aux-eta


    Soit 11243,52$ par emploi détruit  !

    L’Amérique côté pile et côté face. Alors que la crise du Covid-19 a mis à l’arrêt une partie de l’économie précipitant 38,6 millions de travailleuses et travailleurs dans le chômage, la fortune des milliardaires a progressé de 434 milliards de dollars entre le 18 mars et le 19 mai.

  • Chloroquine: de plus en plus de complications cardiaques signalées | Mediapart
    https://www.mediapart.fr/journal/france/230420/chloroquine-de-plus-en-plus-de-complications-cardiaques-signalees?onglet=f

    En l’espace de sept jours, entre le 14 et le 21 avril, plus de 21 nouveaux patients atteints du Covid-19, parmi lesquels un jeune homme d’une vingtaine d’années, ont été victimes de graves effets indésirables, liés à ces antipaludéens. Autant de cas qui ont été signalés aux 31 centres régionaux de pharmacovigilance, ces structures chargées localement d’évaluer les effets secondaires résultant de l’utilisation des médicaments.

    « Les choses sont très rassurantes sur le traitement sur lequel on n’a pas d’ennui cardiologique avec aucun des patients qu’on a traités. […] Donc tout va bien », assurait son premier prescripteur, le professeur Didier Raoult, à la tête de l’Institut hospitalo-universitaire de Marseille, dans une vidéo publiée le 8 avril.

    « En France, le nombre de [médecins] qui le donnent sans le dire, est considérable », ajoutait-il. Gage, selon lui, du caractère inoffensif d’un traitement dont l’efficacité n’a par ailleurs pas encore été scientifiquement démontrée à ce jour (lire notre article sur les études en cours).

    Mais dès le 10 avril, soit 48 heures plus tard, un premier bilan de l’Agence nationale de sécurité du médicament et des produits de santé (ANSM) vient contredire le professeur. Sur la base des signalements recueillis par le réseau des 31 centres régionaux de pharmacovigilance (CRPV), l’ANSM fait état de 43 cas de troubles cardiaques liés à l’hydroxychloroquine (Plaquénil) ou à la chloroquine (Nivaquine), deux molécules très proches. La première étant plus souvent utilisée contre le Covid-19.

    Le 14 avril, ce bilan s’élève à 75 cas de troubles cardiaques, dont 62 liés à ces traitements.

    Au cours de cette étude, « le traitement de l’hydroxychloroquine n’a pas entraîné une réduction des admissions aux soins intensifs ou une réduction du nombre de décès », constate le professeur. « Mais surtout, ce qui ressort est que 10 % des patients ont dû arrêter l’hydroxychloroquine, 8 sur 84 précisément, pour des troubles cardiaques graves », commente François-Xavier Lescure.

    « Ce qui est regrettable aujourd’hui, c’est de braquer le projecteur sur une seule piste de traitement dont on n’est pas sûr de l’efficacité et dont les effets indésirables peuvent rester longtemps “asymptomatiques” et peuvent aller jusqu’à la mort subite, déplore-t-il. Et cela contre un virus où, dans 85 % des cas, on guérit spontanément. Cette communication nuit à l’intérêt général et à la santé publique. »

    Dès le 30 mars, la revue médicale indépendante Prescrire mettait en garde contre l’hydroxychloroquine. Son directeur éditorial Bruno Toussaint rappelle que, depuis, plusieurs études font état « des effets indésirables cardiaques graves et d’une mortalité d’origine cardiovasculaire accrue par l’ajout de l’azithromycine à l’hydroxychloroquine ».

    #Chloroquine #Santé_publique #Problèmes_cardiaques

  • Je peine à trouver des trouver des textes basés sur l’hypothèse que les inégalités sont une (ou la) cause de la crise économique qui accompagne la pandémie. Évidemment, on a énormément de considérations sur le fait que la pandémie accentue les inégalités, mais je ne vois pas passer en ce moment de textes suggérant la causalité inverse, à savoir : (1) les inégalités accentueraient la pandémie, (2) les inégalités seraient la cause principale de la crise économique déclenchée par la pandémie.

    Pourtant, depuis 10 ans, toute une littérature économique souligne que les inégalités, notamment aux États-Unis, atteignent les niveaux de 1929, et que ce niveau d’inégalité n’est pas soutenable. La thèse que le niveau d’inégalité est la cause de la crise n’est pas qu’une idée de gentils gauchistes, mais une thèse du FMI lui-même : Inequality, Leverage and Crises, Michael Kumhof et Romain Rancière, 2010 :
    https://www.imf.org/external/pubs/ft/wp/2010/wp10268.pdf
    Il a même été écrit que ces inégalités, historiquement, ne parviennent à se résoudre que dans des formes d’extrême violence : guerre, effondrement d’un État, révolution sanglante ou… pandémie : The Great Leveler. Violence and the history of inequality from the Stone Age to the twenty-first century, Walter Scheidel, 2017
    https://www.scienceshumaines.com/the-great-leveler_fr_38968.html

    Du coup, je suis un peu étonné qu’on n’aborde plus les inégalités que comme conséquence de l’épidémie, alors qu’il serait certainement intéressant de travailler sur l’idée des inégalités comme causes de la crise qui accompagne l’épidémie, et pas seulement l’inverse (l’épidémie comme cause, révélateur ou accélérateur des inégalités).

    Il me semble facile d’admettre que nos sociétés ont été lourdement fragilisées par les politiques économiques et sociales imposées par la montée de ces inégalités. La France macroniste en serait même une parodie. Mais peut-on aller plus loin ?

    Et de fait, s’autoriser l’hypothèse un peu simpliste : on a les niveaux d’inégalités qui ont précédé la crise de 1929, on hérite donc d’une crise économique du niveau de celle de 1929. La virus, alors, comme simple déclencheur d’une crise qui était déjà inévitable et en gestation.

    • Je n’écoute pas souvent à cette heure mais l’émission Entendez-vous l’écho aborde régulièrement la question des inégalités. Cette semaine, le capitaliste sur le banc des accusés
      Épisode 2 (aujourd’hui) : Les dérives de l’accumulation.
      Peut-être qu’en recherchant dans l’historique tu trouverais les analyses que tu attends.
      https://www.franceculture.fr/emissions/entendez-vous-leco/le-capitalisme-sur-le-banc-des-accuses-24-les-derives-de-laccumulation

    • Comme la situation actuelle de crise sanitaire mondiale, cette manière de voir me laisse profondément perplexe ... Sans arriver à ordonner le propos, et sans éviter l’appel à des grosses catégories (capitalisme !), des remarques.
      En matière de santé publique le rôle de ces « inégalités » est sans cesse pointé (avec une espérance de vie très hiérarchisée socialement et géographiquement). Dans le cas du Covid_19 on voit bien que c’est la jet class qui a été le vecteur majeur de la pandémie, de sa vitesse, alors que ce sont les moins bien dotés qui meurent le mieux (migrants, enfermés divers, travailleurs confinés dans l’emploi, pauvres). D’autres ont pointé en quoi cela se fait au risque dune pénurie de man d’oeuvre.
      https://seenthis.net/messages/842806
      Mais depuis quand croit-on que la capitalisme doive être régulé. Et de quelle régulation parle-t-on ? La crise est le mode d’être d’un capitalisme qui fonctionne aux « inégalités », c’est devenu manifeste depuis 50 ans (avec des moments inédits : 2008, 2020), d’un capitalisme qui marche au déséquilibre permanent, aux contradictions.
      La montée du thème des inégalités dans les sciences sociales et l’expertise relève il me semble de l’expansion des savoirs d’une gestion biopolitique des populations, avec d’innombrables aspects « éthiques » (#théorie_de_la_justice) ou plus économiques (#néokeynésianisme), autant d’hypothèses de gestion à renouveler sans cesse (avec tous les « retours » possibles à des visions antérieures remaniées : cf le « colbertisme chinois », par exemple).
      Les militants de l’économie n’ont et n’auront pas de vision unifiée de ce qu’exige leur credo (le profit, la concurrence comme fondement de la société), gardant la possibilité d’infléchir les politiques menées (un réservoir, un stock de conceptions et de mesures pour durer, autant que faire se peut).
      Mais ils n’ont plus rien à promettre. Il n’y a pas de bonne nouvelle à laquelle faire adhérer. La survie et le bonheur s’équivalent (cf. la collapsologie, totalement indifférente aux rapports sociaux qui produisent les inégalités), saisissez votre chance !
      Et là, il semble que faute de toute alternative pour une relance de la croissance économique, ou une nouvelle croissance, la tentation d’une bonne grosse « destruction créatrice » à l’échelle de la population mondiale soit forte parmi eux (l’immunité de troupeau est une guerre aux pauvres du monde). Une prolongation radicalisée de la troisième guerre mondiale, morcelée et permanente depuis la fin de la seconde.
      Lorsqu’à l’abandon depuis 20 ans des politiques légitimées par les théories du « capitalisme cognitif », d’un entretien et d’une valorisation du « capital humain » par la formation de masse s’ajoute un opportun délestage du capital humain obsolète (exemplairement les vieux, ici), faut peut-être constater que la manière de faire jouer à l’inégalité (et pas aux inégalités...) son rôle de moteur du développement est en train de se muer. D’aucuns en viennent à parler de #nécrocapitalisme, c’est partiel mais pas absurde.

      #biopolitique

  • L’illusion dangereuse de l’égalité devant l’épidémie - Didier Fassin - Santé publique (2019-2020) - Collège de France
    https://www.college-de-france.fr/site/didier-fassin/L-illusion-dangereuse-de-legalite-devant-lepidemie.htm

    La première disparité concerne les milieux socialement défavorisés dont les types de logement et les conditions de travail rendent malaisé le respect des consignes de prévention, dont l’accès au dépistage s’avère souvent plus difficile et qui doivent plus fréquemment renoncer à des soins. Cette disparité touche surtout les quartiers populaires, les grands ensembles d’habitat social et les campements plus ou moins licites des gens du voyage. Il s’agit d’inégalités auxquelles s’ajoute une double injustice : en se contentant d’incriminer leur comportement, on leur impute le risque plus élevé auquel ils sont exposés, phénomène bien connu consistant à blâmer les victimes ; et dans le cadre de l’état d’urgence, on les soumet à des mesures de contrôle plus répressives que ce n’est le cas pour le reste de la population.

    #crise_sanitaire #inégalité #contrôle #stigmatisation

  • Coronavirus does discriminate, because that’s what humans do, Rebecca Solnit, TheGuardian, April 17, 2020
    https://www.theguardian.com/commentisfree/2020/apr/17/coronavirus-discriminate-humans-racism-sexism-inequality

    It has also become clear that health disparities due to racism increased the chances of becoming severely ill or dying. From New Orleans to Chicago, black people were at disproportionate risk of death. Higher levels of diabetes and hypertension can be linked to the stress of racism; asthma and respiratory problems are tied to the polluted air of many urban and industrial areas; and lack of long-term access to good medical care and food sources (due to poverty and discrimination) play their part.

  • Le coronavirus n’a plus de vieux à tuer sur ce continent
    Par Gauz, Jeune Afrique, le 16 avril 2020
    https://www.jeuneafrique.com/927936/politique/tribune-le-coronavirus-na-plus-de-vieux-a-tuer-sur-ce-continent

    En raison de l’âge de la population en Occident, le coronavirus y est un problème très grave. Il pose un défi civilisationnel, et questionne son mode de vie, sa société. L’Afrique n’est pas concernée de la même façon pour la simple raison que, depuis soixante ans, l’incurie de ses hommes politiques, l’avidité des places financières, les foutaises des plans d’ajustement dits structurels, toutes les ambitions à la petite semaine d’aventuriers sans foi ni loi ont déjà fait le travail : il n’y a plus de vieux à tuer sur ce continent.

    En Afrique, l’espérance de vie ne dépasse pas 62 ans. Le Niger et l’Ouganda ont 15 ans d’âge moyen ! Oui, vous avez bien lu, et vous pouvez vérifier. L’Afrique a 20 ans. Chaque jour, sa jeunesse est un atout vendangé parce que la mort précoce est un talent continental. Un quinquagénaire à Bouaké est un miraculé.

    #coronavirus #Afrique #inégalités #solidarité

    à rajouter aussi à la recension des travaux sur la corrélation entre #inégalités et #problèmes_sociaux ici :
    https://seenthis.net/messages/765806

  • Location Data Says It All: Staying at Home During Coronavirus Is a Luxury - The New York Times
    https://www.nytimes.com/interactive/2020/04/03/us/coronavirus-stay-home-rich-poor.html

    It has been about two weeks since the Illinois governor ordered residents to stay at home, but nothing has changed about Adarra Benjamin’s responsibilities. She gets on a bus nearly every morning in Chicago, traveling 20 miles round trip some days to cook, clean and shop for her clients, who are older or have health problems that make such tasks difficult.

    Ms. Benjamin knows the dangers, but she needs her job, which pays about $13 an hour. She also cannot imagine leaving her clients to fend for themselves. “They’ve become my family,” she said.

    In cities across America, many lower-income workers continue to move around, while those who make more money are staying home and limiting their exposure to the coronavirus, according to smartphone location data analyzed by The New York Times.

    The data offers real-time evidence of a divide laid bare by the coronavirus pandemic — one in which wealthier people not only have more job security and benefits but also may be better able to avoid becoming sick. The outbreak is so new that the relationship between socioeconomic status and infection rates cannot be determined, but other data, including recent statistics released by public health officials in New York City, suggests that the coronavirus is hitting low-income neighborhoods the hardest.

    Concerns about getting infected have incited protests and strikes by workers in grocery stores, delivery services and other industries who say their employers are not providing them with enough protection or compensation to counter the increased health risks, even as their jobs have been deemed essential.

    The mobility data provides a snapshot in time, and the behaviors it captures could change amid a fast-moving crisis. Although several public policy experts who reviewed the data said it strongly indicated that wealthier people are better able to stay home, they added that there could be other reasons for the differences — perhaps higher awareness of the risks or better access to information, for example — and others that are not yet obvious.

    Economists and public health researchers said the data pointed to holes in the government’s response to the pandemic’s fallout for low-income workers, which has focused on those who have lost their jobs because of shutdowns and not on those with essential duties.

    “Covid-19 is exposing a lot of the structural disadvantages that low-income people face,” including a lack of job security and uneven access to health care, said Adie Tomer, a fellow at the Brookings Institution who has studied the essential work force. “The well-off are employed in industries where they are at a desk, and so there are some advantages built into these high-income neighborhoods during this pandemic,” he added.

    #Coronavirus #Inégalités #Geolocalisation

  • Early Data Shows African Americans Have Contracted and Died of Coronavirus at an Alarming Rate — ProPublica
    https://www.propublica.org/article/early-data-shows-african-americans-have-contracted-and-died-of-coronavir

    As the disease spread at a higher rate in the black community, it made an even deeper cut. Environmental, economic and political factors have compounded for generations, putting black people at higher risk of chronic conditions that leave lungs weak and immune systems vulnerable: asthma, heart disease, hypertension and diabetes. In Milwaukee, simply being black means your life expectancy is 14 years shorter, on average, than someone white.

    As of Friday morning, African Americans made up almost half of Milwaukee County’s 945 cases and 81% of its 27 deaths in a county whose population is 26% black. Milwaukee is one of the few places in the United States that is tracking the racial breakdown of people who have been infected by the novel coronavirus, offering a glimpse at the disproportionate destruction it is inflicting on black communities nationwide.

    #coronavirus #inégalités

  • #Coronavirus : quelles raisons pour la mortalité « exceptionnelle » en Seine-Saint-Denis ?
    https://www.rtl.fr/actu/debats-societe/coronavirus-quelles-raisons-pour-la-mortalite-exceptionnelle-en-seine-saint-deni

    « En Seine-Saint-Denis, il y a plus de morts car il y a plus de contaminés, tout simplement », dit Frédéric Adnet, chef du Samu 93. Dans le département de 1,6 million d’habitants, l’un des plus denses de France, « le virus circule beaucoup plus facilement qu’ailleurs », ajoute-t-il. Et à cela, il y a des raisons démographiques mais aussi sociales.

    « Le confinement est complexe dans les territoires défavorisés comme le nôtre, où il y beaucoup de familles nombreuses dans des petits logements, des foyers de travailleurs migrants, des bidonvilles », explique l’urgentiste. « On sait que les maladies infectieuses touchent plus durement les plus précaires, car la transmission est plus facile, et qu’il sont plus difficiles à suivre », poursuit-il.

    Même constat du côté des médecins de « Place santé », un centre de santé associatif situé au coeur de la cité des Francs-Moisins à Saint-Denis. « L’impression que l’on a, c’est que l’épidémie va être exacerbée dans les quartiers populaires où des inégalités de santé existent déjà », dit la coordinatrice du centre, Gwenaëlle Ferré, qui dénombre « plusieurs foyers avec plusieurs cas » de coronavirus.

    #pauvres #surnuméraires #mort

  • If you’re hospitalized with #COVID-19 and don’t have insurance, you’ll likely owe $73,000. One chart shows how broken the system is for the most vulnerable.
    https://www.businessinsider.fr/us/coronavirus-covid-19-treatment-testing-costs-2020-3

    Those with insurance are estimated to have an average medical bill for the same duration stay of $38,221, but that doesn’t mean that’s how much they’ll pay. That is the rate negotiated between your insurance plan and your in-network health providers. How much you’d actually pay depends on your insurance plan.

    #états-unis #assurance #santé

  • Quoi qu’il en coûte, sans doute : mais à qui ? – Coronavirus et inégalités | AOC media - Analyse Opinion Critique
    https://aoc.media/opinion/2020/04/01/quoiquil-en-coute-sans-doute-mais-a-qui-coronavirus-et-inegalites

    On peut y lire surtout les inégalités galopantes devant le confinement et ses conséquences. Les inégalités entre ceux qui peuvent se protéger et ceux qui ne le peuvent pas. Les inégalités entre ceux qui doivent travailler et ceux qui ne le peuvent pas. Les inégalités entre hommes et femmes. Les inégalités entre le haut et le bas, comme le dit un élu de la CGT de Wattrelos : « Nous, les ouvriers, on nous dit : “ Allez travailler ! ” », « alors que les cadres travaillent depuis chez eux ». Les inégalités devant les conditions de confinement, exemple extrême, entre les footballeurs du PSG et certains de leurs supporters.
    Urgences économiques

    Sur fond de querelles sur le gel, les masques, l’efficacité des traitements, les comparaisons internationales, et de responsabilités sur la gestion de la crise sanitaire et l’impréparation française, sur fond de vague inéluctable des décès, on va aborder, échéance lointaine et très proche, la seconde vague, celle de l’écroulement de l’économie française. Il en est déjà question par le recours à la métaphore guerrière et aérienne : « Il faut un pont aérien de cash », « Le tuyau d’arrosage a été remplacé par la lance à incendie, mais on n’est pas encore passé au Canadair »…

    Intéressant cette manière de montrer la division économique entre « patrons » pour mieux briser leur solidarité idéologique.

    Inégalités entrepreneuriales

    Pourtant, ce qu’un patron peut faire durant « la crise » et ce qu’il peut faire « après la crise » est incommensurable. Déjà sont pointées du doigt certaines conduites d’entreprises (des grandes) constituant des réserves financières, comme d’autres se précipitent « dans les magasins pour acheter des paquets de nouilles ».

    Faire face revêt de multiples significations, incomparables, entre la multitude des chefs d’entreprise qui font la queue aux numéros d’attente de l’URSSAF, des hotlines, des cellules d’appui des chambres de commerce, et ceux qui se débrouillent avec leur comptable, sans parler de ces auto-entrepreneurs « reluctant » enrôlés malgré eux dans l’entrepreneuriat.

    Sur l’autre rive, ceux qui ont accès à toute une gamme de ressources sociales peuvent limiter la casse voire préparer l’après-crise ou même trouver les ficelles pour en tirer le meilleur parti, comme ce fut le cas en 2008. Le cas de Black Rock est certes états-unien ; l’administration Trump a en effet confié à des gestionnaires de fonds le soin d’assister le gouvernement dans son plan d’appui et de sauvetage des marchés financiers. À quelles conditions et à quel prix ? Les moyens très techniques et abscons qui peuvent être mobilisés ou inventés en matière de financement d’économies ravagées, devront faire preuve, beaucoup plus qu’après 2008, de vigilance et de pédagogie pour faire comprendre aux profanes ce que « refinancer » veut dire.

    Cela pourrait être à l’agenda d’urgence dans quelques semaines, quand la vague proprement sanitaire aura été jugulée. La vague politique va alors déferler, au rythme d’une insécurité économique imprévisible. Le « Quoi qu’il en coûte » et le « Plus ne sera jamais comme avant » devront alors trouver des traductions multiples, au plan français et européen. On peut se demander si la chambre de 2017, élue avec un taux d’abstention record, sera la mieux placée afin d’opérer l’immense refondation nationale qui vient, pour combattre à court, moyen et long terme, le virus des inégalités.

    #Sortie_de_crise #Coronavirus #Impôts

  • COVID-19 : une crise à deux vitesses
    Nathalie Collard, La Presse, le 30 mars 2020
    https://www.lapresse.ca/societe/202003/29/01-5267029-covid-19-une-crise-a-deux-vitesses.php

    La crise liée au coronavirus met en lumière les inégalités sociales. Nous sommes peut-être tous dans le même bateau, mais il y a des bateaux plus confortables que d’autres.

    #coronavirus #solidarité #travail #femmes #pauvres #illettrés #inégalités

    Voir compile des effets délétères indirects de la pandémie :
    https://seenthis.net/messages/832147

    à rajouter aussi à la recension des travaux sur la corrélation entre #inégalités et #problèmes_sociaux ici :
    https://seenthis.net/messages/765806

  • As Coronavirus Deepens Inequality, Inequality Worsens Its Spread - The New York Times
    https://www.nytimes.com/2020/03/15/world/europe/coronavirus-inequality.html

    The pandemic is widening social and economic divisions that also make the virus deadlier, a self-reinforcing cycle that experts warn could have consequences for years to come.

    (...)

    people at the lower ends of society are about 10 percent likelier to have a chronic health condition.

    Such conditions can make the coronavirus up to 10 times as deadly, according to recent data from the Chinese Centers for Disease Control and Prevention.

    Taken together, these two statistics suggest that Covid-19 can be about twice as deadly for those along their society’s lower rungs.

    At the same time, people with lower incomes tend to develop chronic health conditions between five and 15 years earlier in life, research finds.

    (…) research on chronic health conditions suggests that the threshold may be as low as age 55 for people of lower socioeconomic status.

    Those numbers capture only a sliver of the ways that inequality can make the coronavirus deadlier.

    #inégalités #santé

  • The number of ultrawealthy individuals is growing dramatically on a world scale - World Socialist Web Site

    https://www.wsws.org/en/articles/2020/03/06/weal-m06.html

    A report published on Wednesday by the UK-based Knight Frank consulting agency shows that the number of individuals worth more than $30 million grew internationally by six percent in 2019 to 513,244 and is expected to expand by another 27 percent by 2024 to nearly 650,000 people.

    Boasting about the increasing fortunes of the world’s ultrawealthiest people, Knight Frank says The Wealth Report 2020 “takes an in-depth look at the most exciting opportunities in investment and luxury lifestyle, from the move towards sustainability in property and transport to the world’s top cities, medical advances and designer handbags.”

    #santé #pauvreté

  • Inégalités mondiales : les milliardaires privilégiés au détriment des plus pauvres et des femmes
    https://www.oxfamfrance.org/rapports/celles-qui-comptent

    Les chiffres que fait paraître Oxfam dans son rapport “Celles qui comptent” illustrent à eux-seul l’ampleur des inégalités mondiales :

    La richesse des 1% les plus riches de la planète correspond à plus de fois la richesse de 90 % de la population mondiale, soit 6,9 milliards de personnes.
    Les milliardaires du monde entier, qui sont aujourd’hui au nombre de 2 153, possèdent plus de richesses que 4,6 milliards de personnes, soit 60% de la population mondiale.
    Les deux tiers des milliardaires tirent leur richesse d’un héritage, d’une situation de monopole ou de népotisme.

    Dans le même temps, près de la moitié de la population mondiale, soit près de 3,8 milliards de personnes, vit toujours avec moins de 5 dollars par jour. Le rythme de réduction de la pauvreté s’est ralenti de moitié depuis 2013.

    Et c’est quoi la moyenne mondiale de richesse par personne pour avoir une idée ?
    #inégalité #prédation

    • Résultat : depuis 2018, les inégalités sont reparties à la hausse, et la pauvreté aussi.

      En France, 7 milliardaires possèdent plus que les 30 % les plus pauvres, ils étaient 8 l’année dernière.
      Les 10 % les plus riches possèdent 50 % des richesses du pays.
      La France compte 41 milliardaires en 2019. C’est 4 fois plus qu’après la crise financière de 2008 ! Sur ces 41 personnes, plus de la moitié ont hérité de leur fortune, et seules 5 sont des femmes.
      Les milliardaires français sont ceux qui ont vu leur richesse le plus augmenter l’année dernière, devant les américains ou les chinois.
      Le PDG du groupe Sanofi, grand groupe pharmaceutique français, gagnait en 2018 plus de 343 fois le salaire moyen d’un-e aide-soignant-e.
      Depuis 2018, la France compte 400 000 pauvres supplémentaires.
      Parmi les mères de famille monoparentale qui travaille, plus d’une sur quatre est pauvre.

    • Je ne comprends pas cette phrase :

      Parmi les mères de #famille_monoparentale qui travaille, plus d’une sur quatre est pauvre.

      Où sont passées les mères de famille monoparentale qui ne travaillent pas, quel pourcentage représentent-elles de l’ensemble des femmes de familles monoparentales et évidemment sans travail c’est la pauvreté assurée, et où est-elle comptabilisée.

    • Une économie sexiste

      Derrière les inégalités économiques et de genre, Oxfam met en lumière la charge, lourde et inégale, du travail domestique et de soin assuré par les femmes et les filles. C’est un frein énorme à leur autonomie et cela a pour conséquence d’enfermer dans la pauvreté des millions de femmes qui n’ont plus de temps disponible pour avoir une activité rémunérée, se former, participer à la vie politique ou associative pour avoir voix au chapitre sur la façon dont nos sociétés fonctionnent.

      Des discriminations sont également toujours à l’œuvre dans le milieu professionnel, avec une surreprésentation des femmes dans les secteurs les plus précaires, et les moins rémunérés, tels que l’éducation, la santé, le travail social, le nettoyage… Des métiers pourtant essentiels pour nos sociétés. Dans le monde, les deux tiers des postes dans le secteur du soin sont occupés par des femmes.

      Ces inégalités femmes-hommes, nous les retrouvons aussi en France : les femmes occupent 78 % des emplois à temps partiel et 70 % des CDD et des intérims. Les femmes occupent 95 % des emplois d’assistant-e-s maternelles, d’employé-e-s de maisons, d’aides à domicile, d’aides-ménagères et de secrétaires.

      Lorsque des politiques d’austérité viennent affaiblir les services publics, les femmes sont les premières à en payer le prix.

      Les inégalités femmes-hommes se répercutent tout au long de la vie. Ainsi, au moment de la retraite, l’écart de pensions en France entre les hommes et les femmes, tous régimes confondus, est de 42 %, 26% en comptant les pensions de réversion ! Et, en raison de carrière hachées du fait des charges familiales qui reposent sur elles, les femmes sont contraintes de partir plus tard à la retraite que les hommes. Et là encore, les choix politiques ne vont pas dans le bon sens. La réforme des retraites défendue par le gouvernement risque d’accroître cette injustice, avec la nécessité d’avoir une carrière continue pour toucher le fameux minimum retraite à 85 %.

  • Inégalités : l’ONU tire la sonnette d’alarme
    https://www.latribune.fr/economie/international/inegalites-l-onu-tire-la-sonnette-d-alarme-834827.html

    Dans leur dernier rapport, les experts du programme des nations unies pour le développement (PNUD) indiquent que « les inégalités dans la répartition de l’éducation, de la santé et des niveaux de vie empêchent les pays de progresser. Selon ces indicateurs, les inégalités expliquent une perte de progression du développement humain de 20 % en 2018 ».

    Manifestations à Hong Kong, émeutes au Chili, mécontentements au Liban, colère des « gilets jaunes ».....depuis plusieurs mois, des vents de révolte se manifestent partout sur la planète. Dans son dernier rapport publié ce lundi 9 décembre à l’occasion d’une conférence organisée à Bogota en Colombie, l’organisation des nations-unies tire la sonnette d’alarme sur les risques liés à l’aggravation des inégalités malgré des progrès incontestables sur la diminution de l’extrême pauvreté.

    « Différents détonateurs poussent les populations à descendre dans la rue : le coût d’un billet de train, le prix de l’essence, les revendications politiques d’indépendance. Ces manifestations sont une nouvelle expression des inégalités et, comme le fait ressortir le rapport sur le développement humain, les inégalités ne sont pas sans solutions », déclare Achim Steiner, administrateur du programme des nations-unies pour le développement.

    Des inégalités de développement humain persistantes
    Dans son approche, l’organisation internationale plaide pour une approche à plusieurs dimensions, sans se limiter aux écarts de revenus. Certaines disparités dès la naissance peuvent entraîner des désavantages tout long de la vie des individus. « Les revenus et la condition des parents ont une incidence sur la santé, l’éducation et les revenus de leurs enfants. Les gradients de santé, c’est-à-dire les disparités de santé entre les différents groupes socioéconomiques, commencent souvent avant la naissance et peuvent s’accumuler au moins jusqu’à l’âge adulte s’ils ne sont pas contrés » expliquent les auteurs du rapport. Les enfants nés dans les milieux modestes « ont plus tendance à avoir des problèmes de santé et un niveau d’instruction inférieur ».

    La persistance des inégalités peut également révéler des enjeux politiques et démocratiques majeurs à l’intérieur des Etats. Les écarts de revenus se traduisent régulièrement en inégalités politiques « notamment parce qu’elles inhibent la participation politique et laissent ainsi à des groupes particuliers une plus grande marge d’influence sur les décisions qui servent leurs intérêts ».

    Des inégalités de genre enracinées
    Les auteurs du rapport dressent un constat accablant sur les inégalités de genre malgré les discours en faveur d’une plus grande parité. Pour l’institution internationale, « les disparités entre les hommes et les femmes font partie des formes d’inégalité les plus profondément enracinées dans le monde entier. Et parce qu’elles touchent la moitié de la population mondiale les inégalités de genre constituent l’un des principaux obstacles au développement humain ».

  • World inequality database

    The World Inequality Database (WID.world) aims to provide open and convenient access to the most extensive available database on the historical evolution of the world distribution of income and wealth, both within countries and between countries.

    HISTORY OF WID.world

    During the past fifteen years, the renewed interest for the long-run evolution of income and wealth inequality gave rise to a flourishing literature. In particular, a succession of studies has constructed top income share series for a large number of countries (see Thomas Piketty 2001, 2003, T. Piketty and Emmanuel Saez 2003, and the two multi-country volumes on top incomes edited by Anthony B. Atkinson and T. Piketty 2007, 2010; see also A. B. Atkinson et al. 2011 and Facundo Alvaredo et al. 2013 for surveys of this literature). These projects generated a large volume of data, intended as a research resource for further analysis, as well as a source to inform the public debate on income inequality. To a large extent, this literature follows the pioneering work of Simon Kuznets 1953, and A. B. Atkinson and Alan Harrison 1978, and extends it to many more countries and years.

    THE WORLD TOP INCOMES DATABASE (2011)

    The World Inequality Database was initially created as the The World Top Incomes Database (WTID) in January 2011 with the aim of providing convenient and free access to all the existing series. Thanks to the contribution of over a hundred researchers, the WTID expanded to include series on income inequality for more than thirty countries, spanning over most of the 20th and early 21st centuries, with over forty additional countries now under study.

    The key novelty has been to combine fiscal, survey and national accounts data in a systematic manner. This allowed us to compute longer and more reliable top income shares series than previous inequality databases (which generally rely on self-reported survey data, with large under-reporting problems at the top, and limited time span). These series had a large impact on the global inequality debate. In particular, by making it possible to compare over long periods of time and across countries the income shares captured by top income groups (e.g. the top 1%), they contributed to reveal new facts and refocus the discussion on rising inequality.

    In principle, all the top income share series respond to the same general methods: following the pioneering work of S. Kuznets (1953), they use income tax data, national accounts, and Pareto interpolation techniques to estimate the share of total income going to top income groups (typically the top decile and the top percentile). However, despite researchers’ best efforts, the units of observation, the income concepts, and also the Pareto interpolation techniques were never made fully homogeneous over time and across countries. Moreover, for the most part attention has been restricted to the top decile, rather than the entire distribution of income and wealth. These elements pointed to the need for a methodological re-examination and clarification.

    FROM THE WTID TO THE WID (2015)

    In December 2015, the WTID was subsumed into the WID, The World Wealth and Income Database. In addition to the WTID top income shares series, this first version of WID included an extended version of the historical database on the long-run evolution of aggregate wealth-income ratios and the changing structure of national wealth and national income first developed by T. Piketty and G. Zucman 2013, 2014 (see also T. Piketty, 2014, for an attempt to propose an interpretative historical synthesis on the basis of this new material and of the top income shares series). We changed the name of the database from WTID to WID in order to express the extension in scope and ambition of the database, as well as the new emphasis on both wealth and income.

    At the same time, over the last years the distribution of personal wealth has been receiving increasing attention after having been neglected for decades. The work on top income shares was recently extended to study the long run evolution of top wealth shares (see E. Saez and G. Zucman 2016, F. Alvaredo, A. Atkinson and S. Morelli 2017, and B. Garbinti, J. Goupille and T. Piketty 2016).

    FROM INCOME INEQUALITY TO WEALTH INEQUALITY

    One reason is the growing recognition that, in seeking explanations for rising income inequality, we need to look not only at wages and earned income but also at income from capital. Income from interest, from dividends, and from rents represents a minority of total personal income, but it is nonetheless significant, especially at the top of the distribution. The ratio of total personal wealth to total personal income has been rising. One consequence is that the role of inherited wealth – which declined for much of the twentieth century – has, in a number of countries, begun to acquire greater significance. In addition, there is extensive evidence – e.g. from billionaire rankings – suggesting that top global wealth holders have grown much faster than average and have therefore benefited from a substantial increase in their share.

    In order to produce reliable estimates of wealth inequality, it is becoming increasingly critical to combine different sources in a consistent manner, including income tax data (using the capitalization method) and inheritance tax data (using the mortality multiplier method), following the pioneering work of A. B. Atkinson and A. Harrison (1978). One also needs to introduce new sources such as global billionaire rankings, and to address novel issues such as cross-border assets and offshore wealth (G. Zucman, 2013, 2014). More generally, it is becoming more and more critical to measure the inequality of income and wealth from a global perspective, and not simply at the country level.

    THE WORLD INEQUALITY DATABASE (WID.WORLD) : A NEW WEBSITE, A NEW AMBITION (2017)

    In January 2017, with the objective of reaching yet a wider audience of researchers and general public, we released the first version of the more user-friendly website, WID.world, hosting the World Inequality Database.

    These changes come along with a new ambition. Thanks to the continuous cooperation of the WID.world Fellows, we pursue our efforts to expand the database into three major directions.

    First, we keep expanding the time coverage and the geographical coverage of the database, in particular to the countries of Asia, Africa and Latin America. We also keep updating the database with new observations, as official bodies release the necessary information each year. Additionally, we will progressively include inequality series at the sub-national level whenever possible (series of top income shares for each state in the United States are already available, as well as for urban and rural China).

    Next, we plan to provide more series on wealth-income ratios and the distribution of wealth, and not only on income. Third, we aim to offer series on the entire distribution of income and wealth, from the bottom to the top, and not only for top shares.

    The overall long-run objective is to be able to produce Distributional National Accounts (DINA), that is, to provide annual estimates of the distribution of income and wealth using concepts of income and wealth that are consistent with the macroeconomic national accounts. This also includes the production of synthetic income and wealth micro-files, which will also be made available online.

    A LONG-TERM, CUMULATIVE, COLLABORATIVE RESEARCH PROCESS

    We should stress at the onset that our methods and series are and will always be imperfect, and subject to revision. We attempt to combine the different data sources available (in particular fiscal data, survey data and national accounts) in a more systematic way than what was done to date, but more progress is yet to come. We provide a detailed and explicit description of our methodology and sources, so that other users can contribute to their improvement. Our series and methods should be viewed from the perspective of a long-term, cumulative, collaborative research process.

    In this spirit, we also provide a new set of research tools for scholars, journalists, or any interested user in the production of their own inequality datasets. Our programs allow for the estimation of income and wealth distributions based on raw tabulated data, such as those provided by statisical agencies and tax administrations. They can also be used to combine distributions from different countries and produce representative synthetic files. The programs are based on generalized, non-parametric Pareto interpolation techniques. They can be run directly from our website with no prior technical knowledge. Users can also download and install our open-access R-language codes on their computers.


    https://wid.world
    #inégalités #données #base_de_données #statistiques #chiffres #monde #cartographie #visualisation
    signalé par @mobileborders

    #rapport 2018 :
    https://wir2018.wid.world/files/download/wir2018-full-report-english.pdf
    ping @simplicissimus @reka @fil

  • La primauté de l’actionnaire, rouage essentiel des inégalités
    https://www.mediapart.fr/journal/economie/110919/la-primaute-de-l-actionnaire-rouage-essentiel-des-inegalites

    À quoi sert l’entreprise ? Depuis Milton Friedman, cette question n’avait qu’une seule réponse : à faire du profit pour satisfaire l’actionnaire. Ce choix a privilégié à tout prix le capital au détriment du travail, de la société, de l’environnement, démontrent des économistes.

    #INÉGALITÉS #entreprise,_Travail,_Capital,_Capitalisme,_Wall_Stret,_grands_groupes,_inégalités,_actionnaire,_A_la_Une

  • Les inégalités, trait commun du capitalisme néolibéral
    https://www.mediapart.fr/journal/international/110919/les-inegalites-trait-commun-du-capitalisme-neoliberal

    Depuis les années 1970, les inégalités ont explosé pratiquement partout sous l’effet de l’affaiblissement des politiques fiscales redistributives et des réformes structurelles. Petit tour d’horizon de quatre situations nationales : États-Unis, Chine, France et Suède.

    #Analyse #Piketty,_inégalités,_néolibéralisme,_A_la_Une

  • « L’#inégalité est #idéologique et #politique » : les extraits exclusifs du nouveau livre de Thomas Piketty
    https://www.lemonde.fr/economie/article/2019/09/04/l-inegalite-est-ideologique-et-politique-les-extraits-exclusifs-du-nouveau-l

    « L’inégalité est idéologique et politique » : les extraits exclusifs du nouveau livre de Thomas Piketty
    L’économiste français publie, jeudi 12 septembre, « Capital et Idéologie » aux éditions du Seuil, un livre qui enquête sur la formation et la justification des inégalités. En exclusivité, « Le Monde » en publie les bonnes feuilles.

    Par Thomas Piketty Publié aujourd’hui à 14h00, mis à jour à 14h03

    Thomas #Piketty dans son bureau, à Paris, le 11 octobre 2016. ERIC PIERMONT / AFP
    Bonnes feuilles. [Après Le Capital au XXIe siècle, publié en 2013 et vendu à 2,5 millions d’exemplaires dans le monde, Thomas Piketty, directeur d’études à l’Ecole des hautes études en sciences sociales et professeur à l’Ecole d’économie de Paris, par ailleurs chroniqueur au Monde, publie, jeudi 12 septembre, Capital et Idéologie (Seuil), un livre d’enquête sur la formation et la justification des inégalités. En exclusivité, Le Monde publie des extraits de cet ouvrage de plus de 1 200 pages.]

    Prendre l’idéologie au sérieux
    L’inégalité n’est pas économique ou technologique : elle est idéologique et politique. Telle est sans doute la conclusion la plus évidente de l’enquête historique présentée dans ce livre. Autrement dit, le marché et la concurrence, le profit et le salaire, le capital et la dette, les travailleurs qualifiés et non qualifiés, les nationaux et les étrangers, les paradis fiscaux et la compétitivité, n’existent pas en tant que tels. Ce sont des constructions sociales et historiques qui dépendent entièrement du système légal, fiscal, éducatif et politique que l’on choisit de mettre en place et des catégories que l’on se donne. Ces choix renvoient avant tout aux représentations que chaque société se fait de la justice sociale et de l’économie juste, et des rapports de force politico-idéologiques entre les différents groupes et discours en présence. Le point important est que ces rapports de force ne sont pas seulement matériels : ils sont aussi et surtout intellectuels et idéologiques. Autrement dit, les idées et les idéologies comptent dans l’histoire. Elles permettent en permanence d’imaginer et de structurer des mondes nouveaux et des sociétés différentes. De multiples trajectoires sont toujours possibles.

    Les élites des différentes sociétés, à toutes les époques et sous toutes les latitudes, ont souvent tendance à « naturaliser » les inégalités

    Cette approche se distingue des nombreux discours conservateurs visant à expliquer qu’il existe des fondements « naturels » aux inégalités. De façon peu surprenante, les élites des différentes sociétés, à toutes les époques et sous toutes les latitudes, ont souvent tendance à « naturaliser » les inégalités, c’est-à-dire à tenter de leur donner des fondements naturels et objectifs, à expliquer que les disparités sociales en place sont (comme il se doit) dans l’intérêt des plus pauvres et de la société dans son ensemble, et qu’en tout état de cause leur structure présente est la seule envisageable, et ne saurait être substantiellement modifiée sans causer d’immenses malheurs.

    L’expérience historique démontre le contraire : les inégalités varient fortement dans le temps et dans l’espace, dans leur ampleur comme dans leur structure, et dans des conditions et avec une rapidité que les contemporains auraient souvent peiné à anticiper quelques décennies plus tôt. Il en a parfois résulté des malheurs. Mais dans leur ensemble, les diverses ruptures et processus révolutionnaires et politiques qui ont permis de réduire et de transformer les inégalités du passé ont été un immense succès, et sont à l’origine de nos institutions les plus précieuses, celles précisément qui ont permis que l’idée de progrès humain devienne une réalité (le suffrage universel, l’école gratuite et obligatoire, l’assurance-maladie universelle, l’impôt progressif). Il est très probable qu’il en aille de même à l’avenir. Les inégalités actuelles et les institutions présentes ne sont pas les seules possibles, quoique puissent en penser les conservateurs, et elles seront appelées elles aussi à se transformer et à se réinventer en permanence.

    Article réservé à nos abonnés Lire aussi « Capital et Idéologie », le nouveau livre de Thomas Piketty, ouvre l’éventail des possibles
    Mais cette approche centrée sur les idéologies, les institutions et la diversité des trajectoires possibles se différencie également de certaines doctrines parfois qualifiées de « marxistes », selon lesquelles l’état des forces économiques et des rapports de production déterminerait presque mécaniquement la « superstructure » idéologique d’une société. J’insiste au contraire sur le fait qu’il existe une véritable autonomie de la sphère des idées, c’est-à-dire de la sphère idéologico-politique. Pour un même état de développement de l’économie et des forces productives (dans la mesure où ces mots ont un sens, ce qui n’est pas certain), il existe toujours une multiplicité de régimes idéologiques, politiques et inégalitaires possibles.

    Par exemple, la théorie du passage mécanique du « féodalisme » au « capitalisme » à la suite de la révolution industrielle ne permet pas de rendre compte de la complexité et de la diversité des trajectoires historiques et politico-idéologiques observées dans les différents pays et régions du monde, en particulier entre régions colonisatrices et colonisées, comme d’ailleurs au sein de chaque ensemble, et surtout ne permet pas de tirer les leçons les plus utiles pour les étapes suivantes.

    En reprenant le fil de cette histoire, on constate qu’il a toujours existé et qu’il existera toujours des alternatives. A tous les niveaux de développement, il existe de multiples façons de structurer un système économique, social et politique, de définir les relations de propriété, d’organiser un régime fiscal ou éducatif, de traiter un problème de dette publique ou privée, de réguler les relations entre les différentes communautés humaines, et ainsi de suite. Il existe toujours plusieurs voies possibles permettant d’organiser une société et les rapports de pouvoir et de propriété en son sein, et ces différences ne portent pas que sur des détails, tant s’en faut. En particulier, il existe plusieurs façons d’organiser les rapports de propriété au XXIe siècle, et certaines peuvent constituer un dépassement du capitalisme bien plus réel que la voie consistant à promettre sa destruction sans se soucier de ce qui suivra.

    L’étude des différentes trajectoires historiques et des multiples bifurcations inachevées du passé est le meilleur antidote tout à la fois au conservatisme élitiste et à l’attentisme révolutionnaire du grand soir

    L’étude des différentes trajectoires historiques et des multiples bifurcations inachevées du passé est le meilleur antidote tout à la fois au conservatisme élitiste et à l’attentisme révolutionnaire du grand soir. Un tel attentisme dispense souvent de réfléchir au régime institutionnel et politique réellement émancipateur à appliquer au lendemain du grand soir, et conduit généralement à s’en remettre à un pouvoir étatique tout à la fois hypertrophié et indéfini, ce qui peut s’avérer tout aussi dangereux que la sacralisation propriétariste à laquelle on prétend s’opposer. Cette attitude a causé au XXe siècle des dégâts humains et politiques considérables, dont nous n’avons pas fini de payer le prix. Le fait que le postcommunisme (dans sa variante russe comme dans sa version chinoise, ainsi, dans une certaine mesure, que dans sa variante est-européenne, en dépit de tout ce qui différencie ces trois trajectoires) est devenu en ce début de XXIe siècle le meilleur allié de l’hyper-capitalisme est la conséquence directe des désastres communistes staliniens et maoïstes, et de l’abandon de toute ambition égalitaire et internationaliste qui en a découlé. Le désastre communiste a même réussi à faire passer au second plan les dégâts causés par les idéologies esclavagistes, colonialistes et racialistes, ainsi que les liens profonds qui les rattachent à l’idéologie propriétariste et hypercapitaliste, ce qui n’est pas un mince exploit.

    (…)

    Le progrès humain, le retour des inégalités, la diversité du monde
    Entrons maintenant dans le vif du sujet. Le progrès humain existe, mais il est fragile, et il peut à tout moment se fracasser sur les dérives inégalitaires et identitaires du monde. Le progrès humain existe : il suffit pour s’en convaincre d’observer l’évolution de la santé et de l’éducation dans le monde au cours des deux derniers siècles (...). L’espérance de vie à la naissance est passée d’environ 26 ans dans le monde en moyenne en 1820 à 72 ans en 2020. Au début du XIXe siècle, la mortalité infantile frappait autour de 20 % des nouveau-nés de la planète au cours de leur première année, contre moins de 1 % aujourd’hui. Si l’on se concentre sur les personnes atteignant l’âge de 1 an, l’espérance de vie à la naissance est passée d’environ 32 ans en 1820 à 73 ans en 2020.

    On pourrait multiplier les indicateurs : la probabilité pour un nouveau-né d’atteindre l’âge de 10 ans, celle pour un adulte d’atteindre l’âge de 60 ans, celle pour une personne âgée de passer cinq ou dix ans de retraite en bonne santé. Sur tous ces indicateurs, l’amélioration de long terme est impressionnante. On peut certes trouver des pays et des époques où l’espérance de vie décline, y compris en temps de paix, comme l’Union soviétique dans les années 1970 ou les Etats-Unis dans les années 2010, ce qui en général n’est pas bon signe pour les régimes concernés. Mais sur la longue durée la tendance à l’amélioration est incontestable, dans toutes les parties du monde, quelles que soient par ailleurs les limites des sources démographiques disponibles.

    Les réels progrès réalisés en termes de santé, d’éducation et de pouvoir d’achat masquent d’immenses inégalités et fragilités

    L’humanité vit aujourd’hui en meilleure santé qu’elle n’a jamais vécu ; elle a également davantage accès à l’éducation et à la culture qu’elle ne l’a jamais eu. L’Unesco n’existait pas au début du XIXe siècle pour définir l’alphabétisation comme elle le fait depuis 1958, c’est-à-dire la capacité d’une personne « à lire et écrire, en le comprenant, un énoncé simple et bref se rapportant à sa vie quotidienne ». Les informations recueillies dans de multiples enquêtes et recensements permettent toutefois d’estimer qu’à peine 10 % de la population mondiale âgée de plus de 15 ans était alphabétisée au début du XIXe siècle, contre plus de 85 % aujourd’hui. Là encore, des indicateurs plus fins, comme le nombre moyen d’années de scolarisation qui serait passé d’à peine une année il y a deux siècles à plus de huit années dans le monde aujourd’hui, et plus de douze années dans les pays les plus avancés, confirmeraient le diagnostic. A l’époque d’Austen et de Balzac, moins de 10 % de la population mondiale accédait à l’école primaire ; à celle d’Adichie et de Fuentes, plus de la moitié des jeunes générations des pays riches accèdent à l’université : ce qui était depuis toujours un privilège de classe devient ouvert à la majorité.

    Pour prendre conscience de l’ampleur des transformations en jeu, il convient également de rappeler que la population humaine tout comme le revenu moyen ont été multipliés par plus de 10 depuis le XVIIIe siècle. La première est passée d’environ 600 millions en 1700 à plus de 7 milliards en 2020, alors que le second, autant que l’on puisse le mesurer, est passé d’un pouvoir d’achat moyen (exprimé en euros de 2020) d’à peine 80 euros par mois et par habitant de la planète autour de 1700 à environ 1 000 euros par mois en 2020. Il n’est pas certain toutefois que ces progressions quantitatives considérables, dont il est utile de rappeler qu’elles correspondent toutes deux à des rythmes de croissance annuelle moyenne d’à peine 0,8 %, cumulés il est vrai sur plus de trois siècles (preuve s’il en est qu’il n’est peut-être pas indispensable de viser une croissance de 5 % par an pour atteindre le bonheur terrestre), représentent des « progrès » en un sens aussi incontestables que ceux réalisés en termes de santé et d’éducation.

    Dans les deux cas, l’interprétation de ces évolutions est ambiguë, et ouvre des débats complexes pour l’avenir. La croissance démographique reflète certes pour partie la chute de la mortalité infantile et le fait qu’un nombre croissant de parents a pu grandir avec des enfants en vie, ce qui n’est pas rien. Il reste qu’une telle hausse de la population, si elle se poursuivait au même rythme, nous conduirait à plus de 70 milliards d’humains dans trois siècles, ce qui ne semble ni souhaitable ni supportable par la planète. La croissance du revenu moyen reflète pour partie une amélioration bien réelle des conditions de vie (les trois quarts des habitants de la planète vivaient proches du seuil de subsistance au XVIIIe siècle, contre moins d’un cinquième aujourd’hui), ainsi que des possibilités nouvelles de voyages, de loisirs, de rencontres et d’émancipation.

    Il reste que les comptes nationaux mobilisés ici pour décrire l’évolution de long terme du revenu moyen, et qui depuis leur invention à la fin du XVIIe et au début du XVIIIe siècle au Royaume-Uni et en France tentent de mesurer le revenu national, le produit intérieur brut et parfois le capital national des pays, posent de multiples problèmes. Outre leur focalisation sur les moyennes et les agrégats et leur absence totale de prise en compte des inégalités, ils ne commencent que trop lentement à intégrer la question de la soutenabilité et du capital humain et naturel. Par ailleurs, leur capacité à résumer en un indicateur unique les transformations multidimensionnelles des conditions de vie et du pouvoir d’achat sur des périodes aussi longues ne doit pas être surestimée.

    S’il y a bien une leçon à retenir de l’histoire mondiale des trois derniers siècles, c’est que le progrès humain n’est pas linéaire

    De façon générale, les réels progrès réalisés en termes de santé, d’éducation et de pouvoir d’achat masquent d’immenses inégalités et fragilités. En 2018, le taux de mortalité infantile avant 1 an était inférieur à 0,1 % dans les pays européens, nord-américains et asiatiques les plus riches, mais ils atteignaient quasiment 10 % dans les pays africains les plus pauvres. Le revenu moyen mondial atteignait certes 1 000 euros par mois et par habitant, mais il était d’à peine 100-200 euros par mois dans les pays les plus pauvres, et dépassait les 3 000-4 000 euros par mois dans les pays les plus riches, voire davantage dans quelques micro-paradis fiscaux que d’aucuns soupçonnent (non sans raison) de voler le reste de la planète, quand il ne s’agit pas de pays dont la prospérité s’appuie sur les émissions carbone et le réchauffement à venir. Certains progrès ont bien eu lieu, mais cela ne change rien au fait qu’il est toujours possible de mieux faire, ou en tout état de cause de s’interroger sérieusement à ce sujet, plutôt que de se complaire dans un sentiment de béatitude face aux succès du monde.

    Surtout, ce progrès humain moyen incontestable, si l’on compare les conditions de vie en vigueur au XVIIIe siècle et au début du XXIe, ne doit pas faire oublier que cette évolution de très long terme s’est accompagnée de phases terribles de régression inégalitaire et civilisationnelle. Les « Lumières » euro-américaines et la révolution industrielle se sont appuyées sur des systèmes extrêmement violents de dominations propriétaristes, esclavagistes et coloniales, qui ont pris une ampleur historique sans précédent au cours des XVIIIe, XIXe et XXe siècles, avant que les puissances européennes sombrent elles-mêmes dans une phase d’autodestruction génocidaire entre 1914 et 1945. Ces mêmes puissances se sont ensuite vu imposer les décolonisations dans les années 1950-1960, au moment où les autorités étatsuniennes finissaient par étendre les droits civiques aux descendants d’esclaves.

    Les craintes d’apocalypse atomique liées au conflit communisme-capitalisme étaient à peine oubliées, après l’effondrement soviétique de 1989-1991, et l’apartheid sud-africain était à peine aboli en 1991-1994, que le monde entrait à partir des années 2000-2010 dans une nouvelle torpeur, celle du réchauffement climatique et d’une tendance générale au repli identitaire et xénophobe, tout cela dans un contexte de remontée inédite des inégalités socio-économiques à l’intérieur des pays depuis les années 1980-1990, dopée par une idéologie néopropriétariste particulièrement radicale. Prétendre que tous ces épisodes observés depuis le XVIIIe siècle jusqu’au XXIe siècle étaient nécessaires et indispensables pour que le progrès humain se réalise n’aurait guère de sens. D’autres trajectoires et régimes inégalitaires étaient possibles, d’autres trajectoires et d’autres régimes plus égalitaires et plus justes sont toujours possibles.

    S’il y a bien une leçon à retenir de l’histoire mondiale des trois derniers siècles, c’est que le progrès humain n’est pas linéaire, et que l’on aurait bien tort de faire l’hypothèse que tout ira toujours pour le mieux, et que la libre compétition des puissances étatiques et des acteurs économiques suffirait à nous conduire comme par miracle à l’harmonie sociale et universelle. Le progrès humain existe, mais il est un combat, et il doit avant tout s’appuyer sur une analyse raisonnée des évolutions historiques passées, avec ce qu’elles comportent de positif et de négatif.

    (…)

    De la justification de l’inégalité dans les sociétés de propriétaires
    Au fond, l’argument formulé par l’idéologie propriétariste, de façon implicite dans les déclarations de droits et les Constitutions, et de façon beaucoup plus explicite dans les débats politiques autour de la propriété qui eurent lieu au cours de la Révolution française et tout au long du XIXe siècle, peut se résumer de la façon suivante. Si l’on commence à remettre en cause les droits de propriété acquis dans le passé et leur inégalité, au nom d’une conception de la justice sociale certes respectable, mais qui inévitablement sera toujours imparfaitement définie et acceptée, et ne pourra jamais faire totalement consensus, ne risque-t-on pas de ne pas savoir où arrêter ce dangereux processus ? Ne risque-t-on pas d’aller tout droit vers l’instabilité politique et le chaos permanent, ce qui finira par se retourner contre les plus modestes ? La réponse propriétariste intransigeante est qu’il ne faut pas courir un tel risque, et que cette boîte de Pandore de la redistribution des propriétés ne doit jamais être ouverte.

    Ce type d’argumentation est présent en permanence lors de la Révolution française, et il explique nombre des ambiguïtés et des hésitations observées, en particulier entre les approches « historiques » et « linguistiques » des droits anciens et de leur retranscription en droits de propriétés nouveaux. Si l’on remet en cause les corvées et les lods, ne risque-t-on pas de remettre aussi en cause les loyers et l’ensemble des droits de propriété ? Nous retrouverons ces arguments dans les sociétés de propriétaires du XIXe siècle et du début du XXIe siècle, et nous verrons qu’ils jouent toujours un rôle fondamental dans le débat politique contemporain, en particulier avec le retour en force d’un discours néopropriétariste depuis la fin du XXe siècle.

    La sacralisation de la propriété privée est au fond une réponse naturelle à la peur du vide

    La sacralisation de la propriété privée est au fond une réponse naturelle à la peur du vide. A partir du moment où l’on abandonne le schéma trifonctionnel, qui proposait des solutions permettant d’équilibrer le pouvoir des guerriers et celui des clercs, et qui reposait dans une large mesure sur une transcendance religieuse (indispensable pour assurer la légitimité des clercs et de leurs sages conseils), il faut trouver des réponses nouvelles permettant de garantir la stabilité de la société. Le respect absolu des droits de propriété acquis dans le passé fournit une transcendance nouvelle permettant d’éviter le chaos généralisé et de remplir le vide laissé par la fin de l’idéologie trifonctionnelle. La sacralisation de la propriété est d’une certaine façon une réponse à la fin de la religion comme idéologie politique explicite.

    Sur la base de l’expérience historique, et de la construction d’un savoir rationnel fondé sur ces expériences, il me semble qu’il est possible de dépasser cette réponse certes naturelle et compréhensible, et en même temps quelque peu nihiliste et paresseuse, et peu optimiste sur la nature humaine. Je vais essayer dans ce livre de convaincre le lecteur que l’on peut s’appuyer sur les leçons de l’histoire pour définir une norme de justice et d’égalité plus exigeante en matière de régulation et de répartition de la propriété que la simple sacralisation des droits issus du passé, une norme qui certes ne peut qu’être évolutive et ouverte à la délibération permanente, mais qui n’en est pas moins plus satisfaisante que l’option commode consistant à prendre comme données les positions acquises et à naturaliser les inégalités ensuite produites par le « marché ». C’est d’ailleurs sur cette base pragmatique, empirique et historique que se sont développées les sociétés sociales-démocrates au XXe siècle (qui, malgré toutes leurs insuffisances, ont démontré que l’inégalité patrimoniale extrême du XIXe siècle n’était aucunement indispensable pour assurer la stabilité et la prospérité, bien au contraire), et que peuvent se construire des idéologies et des mouvements politiques novateurs en ce début de XXIe siècle.

    La grande faiblesse de l’idéologie propriétariste est que les droits de propriété issus du passé posent souvent de sérieux problèmes de légitimité. Nous venons de le voir avec la Révolution française, qui transforma sans coup férir des corvées en loyers, et nous retrouverons cette difficulté à de nombreuses reprises, en particulier avec la question de l’esclavage et de son abolition dans les colonies françaises et britanniques (où l’on décida qu’il était indispensable de dédommager les propriétaires, et non pas les esclaves), ou bien encore avec celle des privatisations postcommunistes et des pillages privés de ressources naturelles. Plus généralement, le problème est qu’indépendamment de la question des origines violentes ou illégitimes des appropriations initiales, des inégalités patrimoniales considérables, durables et largement arbitraires tendent à se reconstituer en permanence, dans les sociétés hypercapitalistes modernes comme d’ailleurs dans les sociétés anciennes.

    L’idéologie propriétariste dure doit être analysée pour ce qu’elle est : un discours sophistiqué et potentiellement convaincant sur certains points

    Il n’en reste pas moins que la construction d’une norme de justice acceptable par le plus grand nombre pose des problèmes considérables, et nous ne pourrons véritablement traiter de cette question complexe qu’à l’issue de notre enquête, après l’examen des différentes expériences historiques disponibles, et en particulier des expériences cruciales du XXe siècle en matière de progressivité fiscale, et plus généralement de redistribution des propriétés, qui ont apporté la démonstration historique matérielle que l’inégalité extrême n’avait rien d’indispensable, ainsi que des connaissances concrètes et opérationnelles sur les niveaux d’égalité et d’inégalité qui pouvaient être envisagés a minima. En tout état de cause, l’argument propriétariste fondé sur le besoin de stabilité institutionnelle doit être pris au sérieux et être évalué précisément, au moins autant que l’argument méritocratique insistant davantage sur le mérite individuel, argument qui joue un rôle sans doute moins central dans l’idéologie propriétariste du XIXe siècle que dans la reformulation néopropriétariste en vigueur depuis la fin du XXe siècle. Nous aurons largement l’occasion de revenir sur ces différents développements politico-idéologiques.

    De façon générale, l’idéologie propriétariste dure doit être analysée pour ce qu’elle est : un discours sophistiqué et potentiellement convaincant sur certains points (car la propriété privée, correctement redéfinie dans ses limites et dans ses droits, fait effectivement partie des dispositifs institutionnels permettant aux différentes aspirations et subjectivités individuelles de s’exprimer et d’interagir de façon constructive), et en même temps une idéologie inégalitaire qui, dans sa forme la plus extrême et la plus dure, vise simplement à justifier une forme particulière de domination sociale, souvent de façon excessive et caricaturale.

    De fait, il s’agit d’une idéologie bien pratique pour ceux qui se trouvent tout en haut de l’échelle, aussi bien en ce qui concerne l’inégalité entre individus que l’inégalité entre nations. Les individus les plus riches y trouvent des arguments pour justifier leur position vis-à-vis des plus pauvres, au nom de leur effort et de leur mérite, mais aussi au nom du besoin de stabilité dont bénéficiera la société tout entière. Les pays les plus riches peuvent également y trouver des raisons pour justifier leur domination sur les plus pauvres, au nom de la supériorité supposée de leurs règles et institutions. Le problème est que ces arguments et les éléments factuels présentés par les uns et les autres pour les étayer ne sont pas toujours très convaincants. Mais avant d’analyser ces développements et ces crises, il importe de commencer par étudier l’évolution des sociétés de propriétaires au XIXe siècle, en France et dans les autres pays européens, à l’issue de ce moment fondateur et ambigu que fut la Révolution française.

    Capital et idéologie, de Thomas Piketty (Seuil, 1 232 pages, 25 euros).

    et une vidéo (fr2)
    https://www.facebook.com/IZap4u/videos/1807866602590350