• Janvier 2026
    Cyberattaque contre l’Éducation nationale : les données de 5 millions de personnes piratées
    https://www.01net.com/actualites/cyberattaque-contre-education-nationale-donnees-5-millions-personnes-piratees

    la plateforme GAEL a enregistré une intrusion. La plateforme est chargée de la gestion du DELF (Diplôme d’études en langue française) et du DALF (Diplôme approfondi de langue française), les certifications officielles délivrées par le ministère français de l’Éducation nationale pour évaluer les compétences en français langue étrangère ou seconde.

    L’intrusion découle directement de la « compromission de deux comptes d’utilisateurs externes ». [...] Parmi les informations dérobées, on trouve « civilité, nom, prénom, patronyme, ville de naissance, pays de naissance, date de naissance, nationalité, langue maternelle, premier centre de rattachement ». Ce sont des informations précises, qui sont très utiles pour mettre au point des arnaques personnalisées.

    [...] Selon les investigations menées par l’Éducation nationale, ce sont les données de 5,8 millions de candidats qui ont été subtilisées.

    Mars 2026
    L’Éducation nationale piratée : les données de 243 000 agents ont été volées
    https://www.01net.com/actualites/education-nationale-piratee-donnees-243-000-agents-volees.html

    le ministère révèle que Compas, un logiciel de ressources humaines utilisé pour gérer les stagiaires du premier et du second degré, a été compromis.

    Dans le logiciel, les pirates ont pu mettre la main sur les données de 243 000 agents de l’Éducation nationale. En grande majorité, les victimes sont des enseignants. Les informations volées comprennent les noms, les prénoms, les adresses postales, les numéros de téléphone et toutes les périodes d’absence des enseignants enregistrés dans Compas. Bonne nouvelle, les motifs des absences n’ont pas été consultés par les attaquants.

    [...] Les investigations ont montré qu’un compte utilisateur compromis est à l’origine de l’attaque.

    Avril 2026
    Fuite de données à l’Éducation nationale : une nouvelle cyberattaque a compromis les informations de millions d’élèves
    https://www.01net.com/actualites/nouvelle-fuite-donnees-education-nationale-cyberattaque-compromis-infos-eleve

    Les hackers de DumpSec ont revendiqué la cyberattaque à l’encontre du service EduConnect [portail d’accès numérique pour les élèves] de l’Éducation nationale. Les pirates prétendent avoir volé les données personnelles de 3,5 millions d’élèves mineurs au cours de leur attaque. Parmi les informations volées, on trouverait aussi 7 200 000 bulletins scolaires.

    [...] L’offensive est survenue à la fin de l’année dernière [déc. 25], mais n’a été découverte que récemment.

    Pour arriver à ses fins, le pirate à l’origine de l’attaque a usurpé l’identité d’un agent habilité du ministère.

    Août 2026
    Les pirates du site des impôts affirment avoir aussi dérobé des informations personnelles de millions d’élèves au ministère de l’éducation nationale
    https://www.lemonde.fr/pixels/article/2026/08/18/les-pirates-du-site-des-impots-affirment-avoir-aussi-derobe-des-informations

    On trouve pêle-mêle, dans les différents fichiers, les coordonnées postales, électroniques ou téléphoniques de parents et d’élèves, les options choisies par ces derniers, mais aussi des appréciations enregistrées par les enseignants. D’autres fichiers contiennent aussi l’adresse postale et le courriel personnel d’enseignants de l’académie de Créteil.

    Dans un long descriptif des données publié par les pirates présumés, ceux-ci affirment avoir mis la main sur plusieurs autres bases de données particulièrement sensibles, et notamment un fichier d’élèves « décrocheurs ». Toutes les académies sont concernées par le vol de données, mais les pirates disent disposer en particulier d’informations personnelles sur les enseignants des académies de Créteil et de Versailles. Il s’agit des deux plus importantes académies de France, qui regroupent environ 2 millions d’élèves, soit plus de 15 % du total national, ainsi que 190 000 agents, dont 143 000 enseignants. Le piratage semble avoir notamment visé le système Siecle (ex-Sconet) de l’éducation nationale, l’un des principaux systèmes de gestion des élèves utilisé dans le second degré.

    Selon les premiers éléments dont dispose le ministère de l’éducation nationale, cette nouvelle fuite est liée à un précédent piratage, annoncé par la Rue de Grenelle à la fin du mois de juillet et qui concernait « un nombre important de ses agents (…) ayant exercé en académie depuis 2001 ». Dans son communiqué de juillet, le ministère assurait que seules des données du personnel étaient touchées par le piratage.

    [...] L’inquiétude est plus vive encore que lors des précédents piratages de l’éducation nationale, au regard de l’ampleur de la fuite et des données subtilisées, qui permettraient par exemple de retracer l’historique scolaire de très nombreux élèves et exposeraient les lieux de travail et de vie de centaines de milliers de personnes.

    • J’ai un petit espoir que ces affaires nous fassent un peu bouger sur tout ce qu’on met sur les clouds de l’éducation nationale sur nos élèves...

      À la rentrée, dans mon académie (ça a déjà dû se faire ces 2-3 dernières années partout ailleurs en France), doit se généraliser l’usage du livret de parcours inclusif (LPI), application permettant d’échanger des documents sur tous les élèves à besoins éducatifs particuliers (plans/projets/programmes personnalisés divers et gevasco) entre profs, parents, mdph et notre hiérarchie. Jusqu’ici on s’envoyait les gevasvo par mail et les autres documents étaient seulement en papier, stockés dans un classeur à l’école, et il n’y avait pas de problème de « circulation d’information ». Mais ça ne permettait pas de bien contrôler notre travail administratif et pédagogique ni de piloter l’école inclusive à partir de données objectives...

    • Après la cyberattaque dans l’éducation nationale, des applications bloquées et des chefs d’établissement « au chômage technique »
      https://www.lemonde.fr/societe/article/2026/08/21/apres-la-cyberattaque-dans-l-education-nationale-des-applications-bloquees-e

      Proviseurs et principaux se rendent compte, au fil de leur reprise du travail, de perturbations dans l’accès à leur messagerie et à leurs outils en ligne, en raison de mesures de sécurisation suivant la cyberattaque du 25 juillet. Des interruptions de services qui inquiètent dans la dernière ligne droite avant la #rentrée.

      https://archive.ph/tvy7g

      #cyberattaque #éducation

  • Élections piétinées : que faire contre le cordon bourgeois ?
    https://www.frustrationmagazine.fr/cordon-bourgeois-elections
    https://i0.wp.com/www.frustrationmagazine.fr/wp-content/uploads/2024/08/Capture-decran-2024-08-26-a-12.50.22.png?resize=1002%2C536&ssl=1

    En juin dernier, les Belges ont élu leurs députés. Dans un pays divisé entre flamands et wallons, une diversité de partis représentants à la fois des intérêts régionaux et des idéaux politiques sont présents au Parlement, de telle sorte que la composition d’une coalition gouvernementale peut prendre du temps. C’est pourquoi le roi désigne un formateur de gouvernement, généralement le leader du parti arrivé en tête (qui n’est jamais majoritaire vu le mode de scrutin proportionnel). Celui-ci doit tenter de former une coalition qui tienne la route et, s’il n’y parvient pas, il passe la main au suivant, le plus souvent la seconde force politique représentée, jusqu’à ce qu’un gouvernement soit formé.

    En Belgique comme partout en Europe, on désigne un formateur de gouvernement, généralement le leader du parti arrivé en tête (qui n’est jamais majoritaire vu le mode de scrutin proportionnel). Celui-ci doit tenter de former une coalition qui tienne la route et, s’il n’y parvient pas, il passe la main au suivant

    C’est ainsi que les choses se passent dans la plupart des pays d’Europe (Grèce, Allemagne, Espagne…). La vie politique belge a toutefois une originalité : un système de cordon sanitaire engage les partis à ne jamais composer de gouvernement avec l’extrême-droite. Montée au début des années 90, cette pratique repose sur un constat simple : les partis d’extrême-droite ont des idées communes avec l’envahisseur nazi, ce qui justifie leur mise au ban. Cette mise au ban se fait aussi sur le plan médiatique : on invite pas ou peu les politiciens d’extrême-droite et on les traite différemment. Par conséquent, l’extrême-droite progresse en Belgique mais plus lentement, en particulier en Wallonie, que dans le reste de l’Europe.

    3 arguments erronés pour justifier la mise à l’écart de Lucie Castets

    Revenons en France : le cordon sanitaire à l’extrême-droite n’existe pas, bien au contraire. Le président de la République a décidé la tenue d’élections législatives au moment où l’extrême-droite était au plus haut. La plupart des médias ont aussitôt décrit sa victoire comme inéluctable, à grand renfort de sondages qui se sont tous avérés complètement mensongers. Au terme d’une campagne électorale où a eu lieu une alliance inédite de la gauche d’une part et une mobilisation citoyenne d’une grande ampleur d’autre part, les élections ont placé l’Assemblée nationale dans une situation comparable à la plupart des parlements d’Europe : aucun groupe ou alliance n’a de majorité absolue mais un groupe est bel et bien en tête, le Nouveau Front Populaire donc. Tout le monde s’était trompé, à commencer par le Président qui voulait le RN au pouvoir mais également tous les instituts de sondages et tous les éditorialistes.

    La Constitution ne précise pas que le Président doit nommer un premier ministre issu du groupe arrivé en tête, il fait ce qu’il veut ”. Oui mais jusqu’à présent, c’est toujours ce qu’il s’est passé, c’est ce qu’il se passe dans tous les régimes dits démocratiques ailleurs dans le monde, et c’est la chose la plus légitime à faire d’un point de vue démocratique...

    #CordonBourgeois

    • “Pour Emmanuel Macron et les siens, il est simplement inenvisageable de nommer un gouvernement qui remettrait en cause la « mère des réformes », celle des retraites” nous dit Le Monde. Le vrai barrage est là :

      2/La situation est la suivante : le Président ne respecte pas les élections qu’il a lui-même déclenchées, car il espérait un résultat différent. La majeure partie des forces politiques et tous les grands médias couvrent cette manœuvre digne de Vladimir Poutine.

      3/Les choses sont désormais très claires : le système politique français et sa classe dominante ont conçu un système démocratique d’apparence où il est uniquement possible de choisir entre les options qui ont sa préférence.

      4/Actuellement : la droite antisociale et colonialiste ou bien l’extrême-droite antisociale et raciste. Toute autre option qui remettrait en cause les conditions de la prospérité des possédants – régime fiscal préférentiel et détournement d’argent public – doit être rayée du menu.

      5/C’est le #cordon-bourgeois : un système politique et médiatique tacite, instinctivement partagé par les membres et sous-membres de la classe dominante, qui vise à empêcher l’accession au pouvoir de toute option contraire à leurs intérêts, même lorsque cette option est modérée.

      6/Face au cordon bourgeois, pas de victoire électorale possible. Le cordon bourgeois – qui est également construit au niveau des institutions européennes – a déjà agi contre nos votes en 2005 en contournant le "Non" français, hollandais et irlandais au TCE.

      7/Face au cordon bourgeois, il ne sert à rien d’être “crédible”, poli, lisse : Lucie Castets l’était et cela n’a tout de même pas fonctionné.
      Face au cordon bourgeois, il faut cesser d’être naïf et de croire qu’on vit dans un système démocratique.

      8/Le cordon bourgeois ne craint que la force qu’on lui opposera. Et, hélas, gagner une élection ne donne pas suffisamment de force, surtout quand celui qui est le “garant des institutions” est Macron et ceux qui commentent le jeu sont nos grands médias de milliardaires

      9/Où trouver la force à opposer au cordon bourgeois ? En consacrant toute leur énergie aux échéances électorales plutôt qu’à l’organisation concrète de la société (par des réseaux d’entraide, des loisirs, des mécanismes qui donnent de la force aux classes dominées).

      10/les partis de gauche sont dans l’impossibilité de lancement un mouvement social capable d’agir sur d’autres leviers – la production économique, les réseaux de transport etc. Dans le partage des tâches entre syndicats et partis de gauche, c’est aux premiers de faire ce travail.

      11/Malheureusement, le cordon bourgeois, en France, a aussi durablement neutralisé la puissance des syndicats. En amont, en criminalisant l’action syndicale et en rendant le syndicalisme épuisant et inoffensif dans les entreprises.

      12/En aval, en intégrant une partie des leaders syndicaux dans son univers (les dirigeants de la CFDT sont ainsi systématiquement récompensés par des postes dans la bonne société une fois leur mandat terminé tandis que Bernard Thibaut, ex-CGT, est venu blanchir les JO).

      13/Mieux vaut tard que jamais, Sophie Binet (CGT) a annoncé une mobilisation nationale pour septembre-octobre. C’est un début, des dates dans nos agendas, mais on sait que ça ne suffira pas.

      14/Alors que faire ? Pour exercer de la force, il faut, nous l’avons dit ici à de nombreuses reprises, constituer des structures qui peuvent, localement et nationalement, organiser la population pour arracher des victoires.

      15/Nous avons déjà évoqué des réseaux locaux de résistance à l’extrême-droite, très ouverts, très accessibles, très souples dans leur fonctionnement et qui ne s’interdisent aucun mode d’action (entraide, actions directes, discussions et actions sur le lieu de travail etc.).

      16/Si on ne peut plus compter sur les élections pour obtenir du changement, alors il va falloir changer de tactique si nous voulons un jour obtenir autre chose que du mépris, de la déception et de la violence sociale.

      https://threadreaderapp.com/thread/1828037858457772430.html

    • « Nous ne faisons pas de politique. » J’ai vraiment beaucoup de mal avec cette posture des syndicats en France dans la mesure où ils en font (s’occupent des questions sociales). Ils ne présentent juste pas de candidats aux élections non syndicales.


      #manifDu07/09 #PasDePolitique #syndicats #coupDeForce
      #FinDeLaDémocratie #Dictature #ExtrêmeDroite #BandeDeRigolos

    • « On ne comprend pas : l’abrogation de Parcoursup, mesure éducative phare du NFP, a été plébiscitée dans les urnes.

      Il ne faut pas demander son abrogation puisque les gens ont voté pour.

      Il faut réclamer Lucie Castets à Matignon pour appliquer la suppression de Parcoursup.

      Point ! »

      « Nous demandons l’abrogation de Parcoursup » Gwenaël Le Paih du Snes-Fsu Rennes #rentreescolaire

      Les électeurs de Gauche ne peuvent pas continuer à revendiquer ce qu’ils ont obtenu le 7 juillet par les urnes.
      Macron doit nommer Lucie Castets.
      Il n’y a pas d’alternative à la démocratie et l’expression du suffrage universel.
      Non au suffrage censitaire des macronistes.

      https://x.com/JFaerber/status/1829123760919650696

    • Y a quand même un truc qu’il ne faudrait pas oublier, c’est que le fascisme n’a jamais pris le pouvoir par effraction. Il a juste attendu que le concierge lui remette « gentiment » les clés.

      Revenons en France : le cordon sanitaire à l’extrême-droite n’existe pas, bien au contraire. Le président de la République a décidé la tenue d’élections législatives au moment où l’extrême-droite était au plus haut. La plupart des médias ont aussitôt décrit sa victoire comme inéluctable, à grand renfort de sondages qui se sont tous révélés complètement mensongers.

  • #Université_Grenoble_Alpes : “Cher président, l’heure est à la reconnaissance d’un plan d’urgence”
    https://academia.hypotheses.org/51534

    Le 30 août 2023, le président de l’Université Grenoble Alpes s’est adressé à ses “chères et chers collègues” pour leur souhaiter “une bonne rentrée et une bonne année universitaire”, mais également pour “marque[r] la concrétisation de nombreux succès obtenus par … Continuer la lecture →

    ##ResistESR #Billets #Enseignement #Pratiques_de_l'emploi #Santé_au_travail #austérité #santé_au_travail

  • Interdiction de l’#abaya :

    Des #équipes_Valeurs_de_la_République et des #équipes_mobiles_académiques_de_sécurité (#Emas) seront déployées dans les collèges. "Malheureusement, cela ne réglera pas les petites transgressions quotidiennes comme les longs gilets, les écharpes, les bandeaux" dit une proviseure". J’ai l’impression d’être catapultée en #Iran...

    Dès ce lundi, les équipes « Valeurs de la république » seront déployées dans les collèges et lycées qui pourraient en avoir besoin. Ces équipes sont constituées de personnels de l’éducation nationale chargés tout au long de l’année d’accompagner et soutenir les chefs d’établissement confrontés à des difficultés pour faire appliquer les principes de la laïcité.

    L’information n’est pas officielle, mais les équipes mobiles académiques de sécurité (Emas) seront aussi postées près des établissements sensibles. Celles-ci comprennent des personnels de l’Éducation nationale, du ministère de l’Intérieur et de psychologues qui interviennent dans les établissements en prévention ou en règlement de situation de crise. « En cas de problème, on peut aussi prévenir le cabinet du recteur, nous explique Julie, la proviseure, qui doute encore de l’entière efficacité de l’interdiction. Malheureusement, cela ne réglera pas les petites transgressions quotidiennes comme les longs gilets, les écharpes, les bandeaux… et le jeu permanent avec les codes. »

    –----------

    Source :

    Interdiction de l’#abaya à l’école : comment devront réagir les établissements « en cas de problème »

    Alors que la #rentrée_scolaire, ce lundi 4 septembre, est marquée par la mise en place de l’interdiction l’abaya, les chefs d’établissements oscillent entre le soulagement de pouvoir enfin s’appuyer sur une #règle_claire et l’#inquiétude de voir apparaître des tensions.

    Comme l’ensemble de ses collègues, Julie (le prénom a été changé), proviseure dans un lycée technologique de Paris, a glissé deux nouveaux documents dans son cartable avant de faire sa rentrée scolaire, ce lundi 4 septembre. « Notre hiérarchie nous a transmis une #note_de_service, où il est stipulé qu’une élève ne peut pas aller en cours avec une abaya. Et nous avons également une lettre type signée de la main du ministre de l’Éducation nationale à envoyer aux familles », explique cette cheffe d’établissement.

    Pour l’ensemble des personnels de direction, cette rentrée est placée sous le signe de l’#interdiction_de_l’abaya, même si seuls un peu plus de 150 établissements sont concernés, parmi les 6 980 collèges et 3 710 lycées que comptent le pays. À Paris et ailleurs, les recteurs ont réuni les principaux et les proviseurs pour les informer des mesures à prendre si un élève se présente avec un #qamis (longue tunique portée par les hommes dans les pays musulmans) ou une élève avec une abaya (longue robe ample religieuse pour certains, culturelle pour d’autres).

    En ces premiers jours de classe, seront privilégiés le dialogue « dans un temps resserré » et les explications sur le respect des règles de #laïcité à l’école. « Après les annonces du ministre, nous nous sommes mis en relation avec les quelques établissements scolaires potentiellement concernés, très peu en réalité, pour leur apporter le soutien et l’accompagnement nécessaires au bon déroulement de cette rentrée », nous explique-t-on à l’académie d’Amiens.

    « Ça risque d’être compliqué »

    Dès ce lundi, les équipes « #Valeurs_de_la république » seront déployées dans les collèges et lycées qui pourraient en avoir besoin. Ces équipes sont constituées de personnels de l’#éducation_nationale chargés tout au long de l’année d’accompagner et soutenir les chefs d’établissement confrontés à des difficultés pour faire appliquer les principes de la laïcité.

    L’information n’est pas officielle, mais les équipes mobiles académiques de sécurité (Emas) seront aussi postées près des établissements sensibles. Celles-ci comprennent des personnels de l’Éducation nationale, du ministère de l’Intérieur et de psychologues qui interviennent dans les établissements en prévention ou en règlement de situation de crise. « En cas de problème, on peut aussi prévenir le cabinet du recteur, nous explique Julie, la proviseure, qui doute encore de l’entière efficacité de l’interdiction. Malheureusement, cela ne réglera pas les petites transgressions quotidiennes comme les longs gilets, les écharpes, les bandeaux… et le jeu permanent avec les codes. »

    Ces premiers jours vont en tout cas faire office de test pour les personnels de direction et le ministère, qui n’a pas hésité à ouvrir huit établissements aux médias. « Il y aura des tentatives de détournement de la règle. On voit bien que, sur TikTok, certains encouragent les jeunes filles à aller acheter des vêtements amples, et ensuite à nous présenter la facture pour prouver que ce n’est pas une abaya », prévient Carole Zerbib, proviseure du lycée Vauquelin, dans le XIIIe arrondissement de Paris et membre du syndicat des chefs d’établissement SNPDEN.

    « Certains élèves cherchent des #variantes, donc ça risque d’être compliqué, poursuit-elle. Mais à côté de ça, on sent une démarche volontariste du ministère, on se sent moins seuls. » En cas de refus persistant de l’élève de se conformer aux principes de la laïcité, les personnels de direction ont pour consigne d’engager une #procédure_disciplinaire à son encontre.

    https://www.leparisien.fr/societe/interdiction-de-labaya-a-lecole-comment-devront-reagir-les-etablissements

    #école #France

  • ★ RENTRÉE 2023 : en abaya ou en uniforme, les tartuffes sont de retour ! - Actualité de l’Anarchosyndicalisme

    A tous les tartuffes qui – dans un sens ou dans l’autre – prennent en otage les élèves qui vont effectuer leur rentrée scolaire,

    Nous rappelons que quel que soit le vêtement dans lequel les élèves se présentent devant les grilles de l’école de la République, celle-ci n’a jamais été un instrument d’émancipation. Elle ne vise pas à faire des individus libres mais à produire des citoyens obéissants et dociles. Elle a toujours formaté les corps et les esprits – par la contrainte si nécessaire – au profit de la classe dirigeante. Le rôle traditionnel joué par l’Ecole est aujourd’hui contesté par LES religions. C’est bien le monopole de la violence institutionnelle qui est aujourd’hui remis en question, mais pas pour s’en affranchir : pour se l’approprier ! (...)

    #rentrée2023 #écoles #uniforme #abaya #religions #Etat #soumission #domination
    #émancipation #pédagogie #anarchosyndicalisme #anarchisme...

    ⏩ Lire l’article complet...

    ▶️ http://cnt-ait.info/2023/09/03/rentree-2023

    375142012_720128776820506_3833918168816647067_n.jpg (244×207)

  • L’école, Gabriel Attal et la laïcité « geignarde » | Le Club
    https://blogs.mediapart.fr/jean-bauberot/blog/280823/l-ecole-gabriel-attal-et-la-laicite-geignarde

    Je propose que l’on étudie dans les différentes classes, dès la journée de rentrée, les deux premiers articles de la loi de 1905 et les propos d’Aristide Briand, rapporteur de la Commission parlementaire, présentant cette loi : il s’agit, indiquait-il, de proclamer « solennellement que, non seulement la République ne saurait opprimer les consciences ou gêner dans ses formes multiples l’expression extérieure des sentiments religieux, mais encore qu’elle entend respecter et faire respecter la liberté de conscience et la liberté des cultes. »

    Quand au vêtement, Briand s’est montré, à ce sujet, on ne peut plus clair : il a refusé l’interdiction du port de la soutane pour deux raisons : d’abord, fondamentalement, parce que la loi de 1905 est une « loi de liberté » et qu’en conséquence, elle ne doit pas « interdire à un citoyen de s’habiller de telle ou telle manière » ; ensuite, parce que le résultat serait « plus que problématique » : la soutane interdite, on pourrait compter sur « l’ingéniosité combinée des prêtres et des tailleurs » pour créer un « vêtement nouveau ». La loi de 1905 = la liberté de conscience + le refus de jouer au chat et à la souris. Intelligence des principes et intelligence de la stratégie.

    • Pour rappel, l’épisode « piscine » de mes petits à #Montpellier, conséquence totalement crétine de ce jeu du « chat et de la souris » :
      https://seenthis.net/messages/987740

      Les ceusses qui, sur les réseaux, croient qu’on va juger la longueur des jupes en fonction de la religion supposée de l’élève se gourent. C’est effectivement ce qui se faisait déjà, mais maintenant que c’est une règle « officielle » du ministère, rapidement l’aspect raciste sera indéfendable (c’est-à-dire attaqué devant des tribunaux), donc on tentera des définitions « techniques » du vêtement incriminé, et de toute façon on connaît déjà la solution des nostalgiques de l’école idéale du cinéma en noir et blanc : c’est l’uniforme pour tout le monde. Les dog whistle racistes inapplicables ou illégaux, la Macronie a l’habitude, il suffit de revenir quelques temps plus tard sur le thème « on peut jamais rien faire » et donc proposer une mesure plus réactionnaire (quoi que sur ce coup-là, le conseil d’État n’a pas trop de mal à valider les mesures racistes parce que c’est pour ton bien, donc cette histoire d’abaya, si des juges locaux l’invalident, en montant suffisamment haut ça sera validé in fine).

      Encore un ou deux ministres de l’éducation et on y sera, à l’uniforme (avantage de l’idée : en plus ça fout le bordel dans la gauche, bien plus divisée que la droite à ce propos). La Ministre de la jeunesse et du SNU sera simplement rebaptisée « Ministre de la jeunesse en uniforme, bien dégagé derrière les oreilles ».

    • Ce que dit le texte, c’est qu’il n’existe pas d’ultra-laïcité. La laïcité, c’est la liberté de conscience pour les citoyens et l’état neutre vis à vis de la liberté de conscience. Le dévoiement actuel est de considérer que l’élève qui va à l’école fait partie intégrante de l’état, et qu’il doit donc être lui aussi « neutre » (mais pas à la façon de l’état évidemment, qui file quelques milliards à l’enseignement catholique). Ça n’a jamais été l’objet de cette loi, la neutralité des élèves relativement à la liberté de conscience. La loi de 2004 aurait dû être censurée par le CC, pour conflit frontal avec la loi de 1905, mais la loi de 1905 est une loi, et pas un article de la constitution, et donc, pas de possibilité pour le CC de s’engager dans cette voie j’imagine, d’autant qu’il se peut qu’il n’y avait pas non plus de volonté de, évidemment, le CC ne statuant pas forcément en droit, puisque rien ne l’y oblige.

    • L’abaya, l’arbre qui cache la forêt ?
      https://www.cafepedagogique.net/2023/06/15/labaya-larbre-qui-cache-la-foret

      Jean-Fabien Spitz est spécialiste de philosophie politique. Dans cet entretien qu’il accorde au Café pédagogique, il revient sur les récentes polémiques autour du port de l’abaya par certaines élèves et sur le principe des « signes religieux par destination »

      Aujourd’hui, il y a tout un débat sur les tenues vestimentaires par destination. Selon vous, c’est contraire même à l’essence de la loi sur la laïcité. Pourquoi ?

      L’idée même d’un vêtement « religieux » est une absurdité. Dans une république laïque, aucun vêtement n’est musulman, ni juif, ni chrétien. Lors du débat consacré à la loi de 1905, certains députés, qui avaient évoqué la possibilité d’interdire le port de la soutane dans l’espace public se sont attirés cette réponse d’Aristide Briand : « Ce costume n’existe plus pour nous avec son caractère officiel… La soutane devient un vêtement comme un autre, accessible à tous les citoyens, prêtres ou non ». Mais l’idée d’un vêtement religieux « par destination » est deux fois plus absurde. Cela voudrait dire qu’un vêtement changerait de sens en fonction de l’intention de celui qui le porte, ce qui justifierait son interdiction lorsqu’il est avéré que celui ou celle qui le porte a l’intention de lui conférer une signification religieuse. Mais comment s’assurer de la réalité de l’intention si le porteur du vêtement prétend le porter pour des raisons non religieuses, ou si, tout simplement, il refuse, comme il en a le droit, d’être interrogé et jugé sur ses intentions ? Car dans un État qui prétend être respectueux des droits des individus, on ne juge pas les intentions mais les actes. L’idée d’un vêtement religieux par destination conduirait à juger différemment un seul et même acte – le port d’une robe longue – en fonction de l’intention de celle qui l’accomplit. C’est la définition même de l’arbitraire, car un État de droit applique une règle uniforme à des actes extérieurement identiques. C’est aussi la porte ouverte à une dérive sans fin car tout signe, tout vêtement peut devenir « religieux par destination ». Il suffit pour cela que les autorités – le proviseur du lycée, le principal, le législateur – décident qu’ils revêtent une intention dont les autorités elles-mêmes sont les juges en dernière instance. Quel est le recours des citoyens face à un tel abus ?

    • Quand je parle d’ultra laïcité, c’est bien sûr pour pointer le dévoiement et l’instrumentalisation politique de la loi de 1905. Je pourrais aussi parler d’ultra républicanisme ou de national-républicanisme pour désigner en fait ce qu’il convient d’appeler une attitude autoritaire dictée par la complaisance envers les thèses fascisantes de l’extrême-droite pétainiste et de l’intégrisme catholique.
      Dans cette logique, Blanquer n’avait pas hésité à recommander une « tenue républicaine » pour les élèves (surtout au féminin) qui fréquentent l’école publique.

      Et donc #dog_whistle (ou #appel_du_pied) puisque la seule issue de la Macronie est de rassembler lors du deuxième tour de l’élection présidentielle les électeur·rices de la droite la plus molle ou la plus dure.

    • N’ayant aucun rapport avec le culte musulman, avec le Coran, c’est un vêtement venant des pays de culture arabe.

      Les journalistes, même quand ils tentent de piquer un peu les politiques en leur demandant « comment vous ferez la distinction entre une ado qui portent une robe longue, et une ado qui porte une abaya pour la religion ? » ne vont jamais jusqu’au bout alors que c’est clairement l’éléphant au milieu de la salle de classe : c’est pas une loi contre les musulmans, mais bien là encore plus explicitement une loi anti arabe.

      Les chef⋅fes d’établissement vont avoir pour seul protocole : si t’as une tête d’arabe (ou parfois noire), c’est une abaya, si t’es blanche, c’est une robe longue. Point.

      En 2023, on en est encore là, avec la guerre d’Algérie et les décolonisations toujours pas digérées, à faire des lois explicitement racistes et anti-arabes (et qui utilisent les femmes comme instrument pour ça, le dévoilement etc, toujours la même histoire).

    • Et voilà, on est donc déjà arrivés, avec Sabrina Agresti-Roubache (sous-ministre de la ville), à l’idée-qu’elle-est-bonne de coller un uniforme aux gamins :
      https://twitter.com/SabrinaRoubache/status/1696437030488572062

      Pour réduire les inégalités et enlever une charge mentale à tous les parents, je suis favorable à l’expérimentation d’une « tenue scolaire » dans les quartiers prioritaires de la politique de la ville.

      Perso je pense qu’il faudrait réintroduire les coups de règle sur les doigts et différentes formes de punitions corporelles, et autoriser les profs à fumer dans la cours pendant les récrés.

    • Je suis sûr qu’il y aura moyen de porter l’uniforme d’une manière ostentatoire et insupportable.

  • Pourquoi la rentrée est-elle en septembre ?
    https://www.radiofrance.fr/franceculture/podcasts/sans-oser-le-demander/pourquoi-la-rentree-est-elle-en-septembre-2873038

    Pas besoin d’avoir des enfants pour le savoir : septembre sonne toujours comme le mois du retour.
    Retour au travail, retour chez soi, bref fin des vacances.

    Mais pourquoi doit-on rentrer maintenant, en septembre ? Qu’est-ce qui m’y oblige ? Vous me direz, c’est comme ça, c’est le calendrier. Mais justement qui a décidé que la rentrée, c’était en septembre et pas en novembre ? Que le début de l’année, c’était le 1er janvier ? Et les vacances en juillet ?

    #Rentrée #Calendrier #Temps #Philosophie #Histoire #Podcast

  • [relai du fil twitter de PYM / @_P_Y_M]
    #ZeroCovid Allemagne remet le couvert et demande que les « responsables » cessent de se défausser par les appels individuels à la vaccin° :
    ✅ tests PCR gratuits
    ✅ filtrage, #ventilation des écoles (cc @nousaerons)(pétition ci-dessous)
    ✅ masque obligatoire
    https://weact.campact.de/petitions/luftfilter-in-alle-klassezimmer

    Et bien sûr les conditions d’un #ZeroCovid :
    ✅ levée des brevets sur les #vaccins,
    ✅ solidarité médicale internationaliste
    ✅ bouclier social (allocations chômage, moratoire sur les loyers)
    ✅ fin des expulsions de migrant·es
    ✅ investissement à l’hôpital, hausse des salaires

    L’analyse détaillée du moment où nous nous trouvons est ici :
    https://zero-covid.org/positionspapier-welle4
    Le taux d’incidence en Allemagne est bien inférieur à ce qu’il est en France, mais l’évolution n’est pas si différente, et une stratégie #ZeroCovid repose d’abord sur le facteur R #4emeVague

    #ZeroCovid dit clairement ce qu’on lit finalement peu en France : la politique d’incitation individuelle à la #vaccination consiste à accepter la contamination de la quasi-totalité des non-vaccinés en faisant comme si toutes et tous avaient choisi de ne pas se faire piquer.

    #ZeroCovid Tout miser sur la vaccination individuelle et abandonner les non-vaccinés, c’est condamner les #immunodéprimés et les groupes sociaux laissés à l’écart du dispositif très bureaucratique de la #vaccination : Pauvres, étranger·es, dyslexiques, personnes isolées.

    Une politique solidaire de #vaccination générale ne dispensera pas de mesures complémentaires #ZeroCovid pour écraser le taux de reproduction et d’incidence : ✅#ventilation & purification de l’air
    #testpcr gratuits généralisés
    ✅télétravail là où c’est possible et nécessaire

    La #rentree sera un moment crucial.
    Les #ecoles et #universités doivent avoir été équipées de #filtres, avoir des stocks de #Tests et des dispositifs de #ventilation ou bien on va à la catastrophe

    Le doc de travail #ZeroCovid signale à juste titre que les #vaccinés AUSSI doivent être solidaires, ce qui veut notamment dire : PORTER OBLIGATOIREMENT UN #MASQUE pour ne pas contaminer les personnes tenues à l’écart de la #vaccination
    https://zero-covid.org/positionspapier-welle4

    L’éventualité du télétravail, y compris en dernier recours à l’école, impose des investissements publics et un soutien spécifique pour les enfants et les familles (notamment pauvres) que ces dispositifs pénalisent le plus

    Le virus ne s’arrête pas aux frontières : cette feuille de route n’a aucun intérêt sans levée des brevets vaccinaux et solidarité internationale.
    Enfin #ZeroCovid n’est pas possible si l’on nie la dimension sociale et économique de la crise.
    ➡️moratoire des loyers, bouclier social, développement des services sanitaires et sociaux, fin de la répression des groupes marginalisés abandonnés à la pandémie (migrant·es, SDF).

    • • • source https://twitter.com/_P_Y_M/status/1426508872223760385 & autre relais https://threadreaderapp.com/thread/1426508872223760385.html

  • L’#excellence en temps de pandémie : chronique du #naufrage des Universités

    Entre mesures incohérentes des responsables politiques, #inaction des instances universitaires et #chaos_organisationnel dans les services, accompagner correctement les étudiants en pleine crise sanitaire sur fond de généralisation de l’#enseignement_à_distance devient une mission impossible... Petit aperçu du quotidien dans la « #Big_French_University ».

    Maîtresse de conférences depuis cinq ans dans une « grande » Université parisienne et responsable d’une L1 depuis septembre, je prends le temps aujourd’hui de décrire un peu ce à quoi ressemble la vie d’une universitaire d’un établissement qui se dit d’excellence en temps de #crise_sanitaire.

    Depuis peu, mon université a été fusionnée dans un énorme établissement, gros comme trois universités, qui désormais s’enorgueillit d’émarger au top 100 du #classement_de_Shanghai.

    Mais depuis septembre, étudiants, personnels administratifs et enseignants-chercheurs vivent un véritable #cauchemar au sein de cet établissement "d’excellence". Je ne pourrai pas retranscrire ici l’expérience des étudiants ni celle des personnels administratifs. Car je ne l’ai pas vécue de l’intérieur. Mais comme enseignante-chercheure et responsable pédagogique d’une promo de 250 étudiants de L1, j’ai un petit aperçu aussi de ce qu’elles et ils ont vécu. Si j’écris sur mon expérience personnelle en utilisant « je », ce n’est pas pour me singulariser, mais c’est pour rendre concret le quotidien actuel au sein des universités de toute une partie de celles et ceux qui y travaillent et y étudient. Ce texte se nourrit des échanges avec des collègues de mon université, enseignants-chercheurs et administratifs, et d’autres universités en France, il a été relu et amendé par plusieurs d’entre elles et eux – que je remercie.

    Depuis juillet, nous préparons une #rentrée dans des conditions d’#incertitude inégalée : crise sanitaire et #fusion. Quand je dis "nous", je parle du niveau le plus local : entre enseignants chercheurs, avec l’administration la plus proche de nous, les collègues de la logistique, de la scolarité, des ressources humaines. Car nous avons peu de nouvelles de notre Université…

    Sur la crise sanitaire

    Notre Université a acheté des licences #Zoom. Voilà à peu près tout ce qui a été fait pour anticiper la crise sanitaire qui s’annonçait pourtant. A part cela, rien n’a été fait. Rien.

    En septembre, aucune consigne claire à l’échelle de l’Université n’a été donnée : sur un site d’enseignement, il fallait respecter des #demies_jauges ; sur un autre campus du même établissement, pas de contrainte de demies jauges. Mais quelles jauges faut-il mettre en œuvre : diviser les effectifs par deux ? Mettre en place une distance d’un mètre ? Un mètre sur les côtés seulement ou devant/derrière aussi ? Les équipes logistiques s’arrachent les cheveux.

    L’université n’a rien fait pour rendre possible les #demi-groupes.

    Aucun système de semaine A/semaine B n’a été proposé et, chez nous, tout a été bricolé localement, par les enseignants-chercheurs, en faisant des simulations sur excel ("on découpe par ordre alphabétique ou par date de naissance ?"). Aucun #équipement des salles pour la captation vidéo et audio n’a été financé et mis en place, pour permettre des #cours_en_hybride : les expériences - que j’ai tentées personnellement - du "#bimodal" (faire cours à des étudiants présents et des étudiants absents en même temps) ont été faites sur l’équipement personnel de chacun.e, grâce à la caméra de mon ordinateur portable et mes propres oreillettes bluetooth. Et je ne parle pas des capteurs de CO2 ou des systèmes de #ventilation préconisés depuis des mois par des universitaires.

    Depuis, nous naviguons à vue.

    Au 1er semestre, nous avons changé trois fois de système d’organisation : jauges pleines pendant une semaine sur un site, puis demi jauge sur tous les sites, puis distanciel complet. Ce sont à chaque fois des programmes de cours qu’il faut refaire. Car sans équipement, quand on a des demi groupes, on doit dédoubler les séances, diviser le programme par deux, et faire deux fois le même cours pour chaque demi groupe. Tout en préparant des contenus et exercices pour les étudiants contraints de rester chez eux. Avec des groupes complets sur Zoom, l’#organisation change à nouveau.

    Alors même que le gouvernement annonçait la tenue des examens en présentiel en janvier, notre UFR a décidé de faire les examens à distance, pour des raisons compréhensibles d’anticipation sanitaire.

    Le gouvernement faisait de la communication, et localement on était obligé de réfléchir à ce qui était épidémiologiquement le plus réaliste. La période des #examens a été catastrophique pour les étudiants qui ont dû les passer en présentiel : des étudiants ont été entassés dans des amphis, terrorisés de ramener le virus à leurs parents déjà fragiles ; d’autres, atteints du Covid, se sont rendus en salle d’examen car ils n’étaient pas assurés sinon de pouvoir valider leur semestre. Les #examens_à_distance ne sont qu’un pis-aller, mais dans notre Licence, on a réussi à faire composer nos étudiants à distance, en bricolant encore des solutions pour éviter les serveurs surchargés de l’Université, sans grande catastrophe et sans abandon massif, on en était assez fiers.

    Le 2e semestre commence, et les #annonces_contradictoires et impossibles du gouvernement continuent.

    Le 14 janvier le gouvernement annonce que les cours reprendront en présentiel demie jauge le 25 janvier pour les étudiants de L1. Avec quels moyens ??? Les mêmes qu’en septembre, c’est-à-dire rien. Alors qu’en décembre, le président de la république avait annoncé une possible réouverture des universités 15 jours après le 20 janvier, c’est-à-dire le 10 février (au milieu d’une semaine, on voit déjà le réalisme d’une telle annonce...).

    A cette annonce, mes étudiants étrangers repartis dans leur famille en Égypte, en Turquie, ou ailleurs en France, s’affolent : ils avaient prévu de revenir pour le 8 février, conformément aux annonces du président. Mais là, ils doivent se rapatrier, et retrouver un #logement, en quelques jours ? Quant aux #équipes_pédagogiques, elles doivent encore bricoler : comment combiner #présentiel des demi groupes en TD avec le #distanciel des CM quand les étudiants sur site ne sont pas autorisés à occuper une salle de cours pour suivre un cours à distance s’il n’y a pas de prof avec eux ? Comment faire pour les créneaux qui terminent à 18h alors que les circulaires qui sortent quelques jours plus tard indiquent que les campus devront fermer à 18h, voire fermer pour permettre aux étudiants d’être chez eux à 18h ?

    Dans notre cursus de L1, 10 créneaux soit l’équivalent de 250 étudiants sont concernés par des créneaux terminant à 18h30. Dans mon université, les étudiants habitent souvent à plus d’une heure, parfois deux heures, du campus. Il faut donc qu’on passe tous les cours commençant après 16h en distanciel ? Mais si les étudiants sont dans les transports pour rentrer chez eux, comment font-ils pour suivre ces cours en distanciel ? Sur leur smartphone grâce au réseau téléphone disponible dans le métro et le RER ?

    Nous voulons revoir les étudiants. Mais les obstacles s’accumulent.

    On organise tout pour reprendre en présentiel, au moins deux semaines, et petit à petit, l’absence de cadrage, l’accumulation des #contraintes nous décourage. A quatre jours de la rentrée, sans information de nos instances ne serait-ce que sur l’heure de fermeture du campus, on se résout à faire une rentrée en distanciel. Les étudiants et nous sommes habitués à Zoom, le lien a été maintenu, peu d’abandons ont été constatés aux examens de fin de semestre.

    C’est une solution peu satisfaisante mais peut-être que c’est la seule valable... Et voilà que jeudi 21 janvier nous apprenons que les Présidences d’Université vont émettre des circulaires rendant ce retour au présentiel obligatoire. Alors même que partout dans les médias on parle de reconfinement strict et de fermeture des écoles ? Rendre le présentiel obligatoire sans moyen, sans organisation, de ces demis groupes. Je reçois aujourd’hui les jauges des salles, sans que personne ne puisse me dire s’il faudra faire des demi salles ou des salles avec distanciation de 1 mètre, ce qui ne fait pas les mêmes effectifs. Il faut prévenir d’une reprise en présentiel les 250 étudiants de notre L1 et les 37 collègues qui y enseignent deux jours avant ?

    Breaking news : à l’heure où j’écris Emmanuel Macron a annoncé une nouvelle idée brillante.

    Les étudiants devront venir un jour par semaine à la fac. Dans des jauges de 20% des capacités ? Sur la base du volontariat ? Est-ce qu’il a déjà regardé un planning de L1 ? 250 étudiants en L1 avec plusieurs Unités d’enseignement, divisés en CM et TD, c’est des dizaines et des dizaines de créneaux, de salles, d’enseignant.es. Une L1 c’est un lycée à elle toute seule dans beaucoup de filières. Un lycée sans les moyens humains pour les gérer.

    Derrière ces annonces en l’air qui donnent l’impression de prendre en compte la souffrance étudiante, ce sont des dizaines de contraintes impossibles à gérer. Les étudiants veulent de la considération, de l’argent pour payer leur loyer alors qu’ils ont perdu leurs jobs étudiants, des moyens matériels pour travailler alors que des dizaines d’entre eux suivent les cours en visio sur leur téléphone et ont dû composer aux examens sur leur smartphone !

    Les étudiants ne sont pas plus stupides ou irresponsables que le reste de la population : il y a une crise sanitaire, ils en ont conscience, certains sont à risque (oui, il y a des étudiants immuno-déprimés qui ne peuvent pas prendre le #risque de venir en cours en temps d’épidémie aiguë), ils vivent souvent avec des personnes à risque. Ils pourraient prendre leur parti du distanciel pour peu que des moyens leur soient donnés. Mais il est plus facile d’annoncer la #réouverture des universités par groupe de 7,5 étudiants, pendant 1h15, sur une jambe, avec un chapeau pointu, que de débloquer de réels moyens pour faire face à la #précarité structurelle des étudiants.

    Et dans ce contexte, que fait notre Présidence d’Université ? Quelles ont été les mesures prises pour la réouvrir correctement ? Je l’ai déjà dit, rien n’a changé depuis septembre, rien de plus n’a été mis en place.

    Sur la fusion et le fonctionnement, de l’intérieur, d’une Université d’excellence

    Mais sur cette crise sanitaire se greffe une autre crise, interne à mon Université, mais symptomatique de l’état des Universités en général.

    Donc oui, j’appartiens désormais à une Université entrée dans le top 100 des Universités du classement de Shanghai.

    Parlez-en aux étudiants qui y ont fait leur rentrée en septembre ou y ont passé leurs examens en janvier. Sur twitter, mon Université est devenu une vraie célébrité : en septembre-octobre, des tweets émanant d’étudiants et d’enseignants indiquaient l’ampleur des #dysfonctionnements. Le système informatique était totalement dysfonctionnel : dans le service informatique central, 45 emplois étaient vacants.

    Tant la fusion s’était faite dans des conditions désastreuses de gestion du personnel, tant le travail est ingrat, mal payé et mal reconnu.

    Cela a généré des semaines de problèmes d’inscriptions administratives, d’étudiants en attente de réponse des services centraux de scolarité pendant des jours et des jours, sans boîte mail universitaire et sans plateforme numérique de dépôt des cours (le fameux Moodle) pendant des semaines - les outils clés de l’enseignement à distance ou hybride.

    Pendant trois mois, en L1, nous avons fonctionné avec une liste de diffusion que j’ai dû créer moi-même avec les mails personnels des étudiants.

    Pendant des semaines, un seul informaticien a dû régler tous les dysfonctionnement de boîte mail des dizaines d’étudiants qui persistaient en novembre, décembre, janvier…

    En janvier, les médias ont relayé le désastre des examens de 2e année de médecine encore dans notre Université - avec un hashtag qui est entré dans le top 5 les plus relayés sur twitter France dans la 2e semaine de janvier, face à la catastrophe d’examens organisés en présentiel, sur des tablettes non chargées, mal configurées, des examens finalement reportés à la dernière minute. Les articles de presse ont mis en lumière plus largement la catastrophe de la fusion des études de médecine des Universités concernées : les étudiants de 2e année de cette fac de médecine fusionnée ont dû avaler le double du programme (fusion = addition) le tout en distanciel !

    Les problèmes de personnel ne concernent pas que le service informatique central.

    Ils existent aussi au niveau plus local : dans mon UFR, le poste de responsable "Apogée" est resté vacant 6 mois. Le responsable #Apogée c’est le nerf de la guerre d’une UFR : c’est lui qui permet les inscriptions en ligne de centaines d’étudiants dans des groupes de TD, qui fait les emplois du temps, qui compile les notes pour faire des jurys et donc les fameux bulletins de notes qui inquiètent tant les Ministères de l’Enseignement supérieur – et ce pour des dizaines de formations (plusieurs Licences, plusieurs Masters).

    Pendant six mois, personnels et enseignants chercheurs, nous avons essayé de pallier son absence en faisant les emplois du temps, les changements de groupe des étudiants, l’enregistrement des étudiants en situation de handicap non gérés par l’université centrale (encore une défaillance honteuse), l’organisation des jurys, etc. Mais personne n’a touché à la configuration des inscriptions, des maquettes, des notes, car il faut connaître le logiciel. Les inscriptions dans les groupes de TD du 2e semestre doivent se faire avant la rentrée du semestre 2 logiquement, idéalement dès le mois de décembre, ou début janvier.

    Mais le nouveau responsable n’arrive qu’en décembre et n’est que très peu accompagné par les services centraux de l’Université pour se familiariser aux réglages locaux du logiciel, par manque de personnel... Les inscriptions sont prévues le 18 janvier, une semaine avant la rentrée…

    Résultat : la catastrophe annoncée depuis des mois arrive, et s’ajoute à la #mauvaise_gestion de la crise sanitaire.

    Depuis lundi, les inscriptions dans les groupes de TD ne fonctionnent pas. Une fois, deux fois, trois fois les blocages se multiplient, les étudiants s’arrachent les cheveux face à un logiciel et un serveur saturés, ils inondent le secrétariat de mails inquiets, nous personnels administratifs et enseignants-chercheurs passons des heures à résoudre les problèmes. Le nouveau responsable reprend problème par problème, trouve des solutions, jusqu’à 1h du matin, tous les jours, depuis des jours, week-end compris.

    Maintenant nous voilà jeudi 21 janvier après-midi, à 3 jours de la rentrée. Sans liste d’étudiants par cours et par TD, sans informations claires sur les jauges et les horaires du campus, avec des annonces de dernière minute plus absurdes et irréalistes les unes que les autres, et on nous demande de ne pas craquer ? On nous dit que la présidence de l’Université, le ministère va nous obliger à reprendre en présentiel ? Nous renvoyant l’image de tire-au-flanc convertis au confort du distanciel ?

    L’an passé, un mouvement de grève sans précédent dans l’enseignement supérieur et la recherche a été arrêté net par le confinement de mars 2020.

    Ce mouvement de grève dénonçait l’ampleur de la précarité à l’université.

    La #précarité_étudiante, qui existait avant la crise sanitaire, nous nous rappelons de l’immolation de Anas, cet étudiant lyonnais, à l’automne 2019. La précarité des personnels de l’université : les #postes administratifs sont de plus en plus occupés par des #vacataires, formés à la va-vite, mal payés et mal considérés, qui vont voir ailleurs dès qu’ils en ont l’occasion tant les #conditions_de_travail sont mauvaises à l’université. La précarité des enseignants chercheurs : dans notre L1, dans l’équipe de 37 enseignants, 10 sont des titulaires de l’Université. 27 sont précaires, vacataires, avec des heures de cours payées des mois en retard, à un taux horaire en dessous du SMIC, qui attendent pendant des années avant de décrocher un poste de titulaire, pour les plus « chanceux » d’entre eux, tant les postes de titulaires se font rares alors que les besoins sont criants…

    Deux tiers des créneaux de cours de notre L1 sont assurés par des vacataires. Le mouvement de #grève a été arrêté par le #confinement mais la colère est restée intacte. En pleine crise sanitaire, le gouvernement a entériné une nouvelle #réforme de l’université, celle-là même contre laquelle la mobilisation dans les universités s’était construite, la fameuse #LPPR devenue #LPR, une loi qui augmente encore cette précarité, qui néglige encore les moyens nécessaires à un accueil décent des étudiants dans les universités. Le gouvernement a fait passer une loi sévèrement critiquée par une grande partie du monde universitaire au début du 2e confinement en novembre, et a fait passer ses décrets d’application le 24 décembre, la veille de Noël.

    Le gouvernement piétine le monde de l’enseignement supérieur et de la recherche et nous montre maintenant du doigt parce qu’on accueillerait pas correctement les étudiants ? Parce qu’on serait réticents à les revoir en présentiel ?

    Parce que finalement, pour nous enseignants à l’université, c’est bien confortable de faire cours au chaud depuis chez soi, dans sa résidence secondaire de Normandie ?

    J’enseigne depuis mon appartement depuis novembre.

    Mon ordinateur portable est posé sur la table à manger de mon salon, car le wifi passe mal dans ma chambre dans laquelle j’ai un bureau. J’ai acheté une imprimante à mes frais car de temps en temps, il est encore utile d’imprimer des documents, mais j’ai abandonné de corriger les devoirs de mes étudiants sur papier, je les corrige sur écran. Heureusement que je ne vis pas avec mon compagnon, lui aussi enseignant-chercheur, car matériellement, nous ne pourrions pas faire cours en même temps dans la même pièce : pas assez de connexion et difficile de faire cours à tue-tête côte à côte.

    A chaque repas, mon bureau devient ma table à manger, puis redevient mon bureau.

    En « cours », j’ai des écrans noirs face à moi, mais quand je demande gentiment à mes étudiants d’activer leur vidéo, ils font un effort, même s’ils ne sont pas toujours à l’aise de montrer le lit superposé qui leur sert de décor dans leur chambre partagée avec une sœur aide-soignante à l’hôpital qui a besoin de dormir dans l’obscurité quand elle rentre d’une garde de nuit, de voir leur mère, leur frère passer dans le champ de leur caméra derrière eux. Certains restent en écran noir, et c’est plus dur pour moi de leur faire la petite morale habituelle que j’administre, quand je fais cours dans une salle, aux étudiants endormis au fond de la classe. Je ne sais pas si mon cours les gonfle, s’ils sont déprimés ou si leur connexion ne permet pas d’activer la vidéo...

    Donc non, ce n’est pas confortable l’enseignement à distance. Ce n’est pas la belle vie. Ce n’est pas de gaieté de cœur que nous envisageons de ne pas revoir d’étudiants en vrai avant septembre prochain.

    Je suis enseignante-chercheure. Je dois donner des cours en L1, L3, Master.

    Depuis des jours, plutôt que de préparer des scénarios de rentrée intenables ou de résoudre les problèmes des inscriptions, j’aimerais pouvoir me consacrer à l’élaboration de ces cours, réfléchir aux moyens d’intéresser des étudiants bloqués derrière leurs ordinateurs en trouvant des supports adaptés, en préparant des petits QCM interactifs destinés à capter leur attention, en posant des questions qui visent à les faire réfléchir. Je dois leur parler d’immigration, de réfugiés, de la manière dont les États catégorisent les populations, des histoires de vie qui se cachent derrière les chiffres des migrants à la frontière.

    C’est cela mon métier.

    Je suis enseignante-chercheur mais à l’heure qu’il est, si je pouvais au moins être correctement enseignante, j’en serais déjà fortement soulagée.

    Il faut donc que nos responsables politiques et nos Présidences d’université se comportent de manière responsable. En arrêtant de faire de la com’ larmoyante sur l’avenir de notre jeunesse. Et en mettant vraiment les moyens pour diminuer la souffrance de toutes et tous.

    Il s’agit de notre jeunesse, de sa formation, de son avenir professionnel et citoyen.

    La mise en péril de cette jeunesse ne date pas de la crise sanitaire, ne nous faisons pas d’illusion là-dessus.

    La #crise_des_universités est plus ancienne, leur #sous-financement devenu structurel au moins depuis les années 2000. Alors arrêtez de vous cacher derrière l’imprévu de la crise sanitaire, arrêtez de vous faire passer pour des humanistes qui vous souciez de votre jeunesse alors que depuis mars dernier, rares ou marginaux ont été les discours et mesures prises pour maintenir l’enseignement en présentiel à l’Université.

    Cela fait cinq ans que j’enseigne à l’Université et déjà, je suis épuisée. De la même manière que nos soignant.es se retrouvent désemparé.es dans les hôpitaux face à l’impossibilité d’assurer correctement leur mission de service public de santé en raison des coupes budgétaires et des impératifs gestionnaires absurdes, je suis désespérée de voir à quel point, en raison des mêmes problèmes budgétaires et gestionnaires, nous finissons, dans les Universités, par assurer si mal notre #service_public d’#éducation...

    https://blogs.mediapart.fr/une-universitaire-parmi-dautres/blog/220121/l-excellence-en-temps-de-pandemie-chronique-du-naufrage-des-universi

    #université #facs #France #covid-19 #pandémie #coronavirus #épuisement

    signalé aussi dans ce fil de discussion initié par @marielle :
    https://seenthis.net/messages/896650

  • Il n’y aura pas de rentrée en Septembre 2021 à l’université.

    Le 21 Janvier 2021, Olivier Véran, le ministre de la santé, a déclaré :

    « Même avec la meilleure organisation et tous les approvisionnements, nous ne pourrions avoir vacciné tous les publics fragiles d’ici l’été. Raison pour laquelle nous demandons la poursuite des mesures sanitaires jusqu’à l’automne. »

    Traduction à l’échelle des universités et de leurs étudiant.e.s, de nos étudiant.e.s : cela veut tout simplement dire que cette année universitaire est définitivement flinguée. Et que pour la suivante, même la rentrée de Septembre 2021 se fera, au mieux, en mode dégradé.

    Tout le monde commence non seulement à en prendre conscience mais également à l’accepter. Comme nous prenons conscience et acceptons l’idée qu’un prochain confinement « strict » va être mise en place (mi-février ? début Mars ?).

    Alors qu’Emmanuel Macron vient d’éructer à Saclay une nouvelle série de mesures aussi notoirement insuffisantes qu’impraticables en termes de calendrier pour colmater la crise désormais médiatiquement ouverte de la détresse étudiante, alors que Vidal Frédérique continue de s’enfoncer dans sa doudoune et de hoqueter laborieusement les pathétiques et pénibles sécrétions langagières qui lui tiennent lieu de projet politique, alors qu’Anne-Sophie Barthez à la direction du bateau ivre de l’enseignement supérieur et de la recherche valide docilement les injonctions les plus paradoxales sans s’interroger une seule seconde sur la simple faisabilité des directives, décrets et autres circulaires qui suintent de son bureau comme du pus de la gueule d’un lépreux, pendant ce temps ... Pendant ce temps sur le terrain et de la base au sommet, c’est à dire des équipes techniques, administratives, enseignantes jusqu’aux présidences d’université, tout le monde, absolument tout le monde est catastrophé devant ce naufrage total. Certain.e.s font le choix de gueuler ou de désobéir, d’autres n’ont d’autre choix que de se résigner.

    Je veux ici rappeler, pour documenter l’imbécilité crasse et le mépris qui sont les seuls guides des décisions politiques concernant tout de même plus de 2 millions de jeunes gens et de jeunes filles à l’université, je veux ici rappeler tout ce que l’on nous a demandé ou interdit de faire, ainsi que les délais de mise en oeuvre qui accompagnaient ces interdictions ou ces vagues permissions. Pour mémoire et pour une meilleure compréhension de la manière dont on flingue consciencieusement une génération tout entière.

    Fin Octobre 2020. Le 2ème confinement est annoncé. Emmanuel Macron sacrifie et humilie en direct à la télévision une génération entière : les universités reprendront au mieux début février. Les étudiant.e.s sont les derniers de cette putain de cordée. Après tout le monde y compris les messes et les restaurants (à l’époque ...) Les universités reprendront début février. Comme nous le verrons juste après, Jupiter ne cède jamais. C’est son orgueil, c’est sa folie.

    Mi-décembre 2020, à force de lutte et de début de médiatisation nous obtenons de pouvoir de nouveau accueillir nos étudiants en présentiel à la rentrée, le 4 Janvier. Nous attendons alors désespérément un cadre, une circulaire, un décret. Il tombera deux jours ... après le départ en vacances de Noël. Nous sommes alors supposés organiser pendant les vacances la rentrée du 4 Janvier, avec l’accueil uniquement en première année, uniquement par groupes de 10, sur convocation, et uniquement les plus fragiles. Et démerdez-vous. Inapplicable, totalement hors-sol et hors délais.

    Jeudi 21 Janvier 2021. Lors d’une rencontre avec des étudiant.e.s à Saclay, Emmanuel Macron au prix d’un syllogisme rhétorique qui est aussi un crachat au visage de toutes les universités, annonce devant sa ministre Vidal totalement médusée dans la doudoune de son indifférence, que tous les étudiants de tous les cycles et cursus devront pouvoir reprendre un jour par semaine, y compris en cours magistraux sans dépasser 20% de la capacité d’accueil globale. La circulaire est publiée le 22 Janvier (vendredi soir) pour une application dès le 25 Janvier (le lundi matin ... hahaha ... avertir les étudiant.e.s ... hahaha ... mettre en place les emplois du temps ... hahaha ... organiser les services techniques pour le ménage ... hahaha ...) mais on pourra attendre jusqu’au 8 février au plus tard. Le 8 février au plus tard. Cela ne vous rappelle rien ? Et oui. La déclaration de fin Octobre 2020. Les universités reprendront après tout le monde. C’est le coup de pied de l’âne. La manière qu’à trouvé Emmanuel Macron de nous rappeler qui avait la plus grosse. Détermination s’entend. « Voyez ! » nous dit-il, « Voyez malgré toutes vos bravades, voyez malgré la doudoune de Vidal qui est à l’image de sa détermination, rose et molle, voyez malgré toutes les errances de mon gouvernement, voyez nation de procureurs, voyez je reste le maître, je ne me dédis pas, quoi qu’il vous en coûte ».

    Ce qu’il nous en a coûté est clair. Deux années sacrifiées. 3 tentatives de suicide la même semaine. Des milliers de cas de souffrance psy et de potentiels effondrements et passages à l’acte qui ne surviendront, comme la littérature scientifique l’atteste dans pareils cas, que des années plus tard. Et un message. Implacable. Vous ne comptez pas. Vous n’êtes rien. Vous ne méritez pas d’être sauvés, même comme les derniers de cordée. Vous n’êtes pas la priorité. Et vous ne pouvez vous en prendre qu’à vous-mêmes : vous prenez les bonbons qui traînent sur les tables, vous refusez d’écouter les consignes et d’aller manger là où on vous dit de le faire. C’est votre faute. Tout est de votre faute. Vous n’êtes pas étudiants comme en classe prépa, et l’on vous traitera comme des travailleurs car vous n’êtes même pas bons à étudier.

    Entre chacun des trois temps et des différentes annonces ou reculades, toutes les universités (la mienne en tout cas) ont fait ... ce qu’elles ont pu. La pression mise sur l’ensemble des étages décisionnels des composantes est ahurissante. Tout le monde est en flip total et se paluche sur des injonctions à remplir des tableaux Excel changeants au gré des errances du ministère en ayant l’impression de s’assurer à défaut de se rassurer. Les équipes sont à bout. Les responsables d’emploi du temps et directeurs des études en PLS depuis bien plus de 4 semaines. Les secrétariats généraux et directions de composantes et d’UFR sont à la jonction de tirs croisés entre les messages d’étudiant.e.s désespéré.e.s, les consignes débiles, idiotes ou totalement approximatives du ministère, l’extrême lassitude qui s’empare même des plus combattifs, et l’envie des équipes de revenir à ce que tout le monde sait être la seule solution raisonnable mais que personne n’ose appliquer ou mettre en oeuvre jusqu’au bout :

    envoyer chier l’ensemble de la chaîne décisionnelle,
    gérer au plus près du terrain en gardant le registre des étudiant.e.s présent.e.s sur site pour pouvoir tracer et isoler si nécessaire (faire l’appel quoi)
    ne pas saturer les espaces de cours (salles de TP, TD et amphis) en se limitant à des accueils en demi-jauge
    et improviser sur le reste (mode hybride quand on est équipé, planning une semaine sur deux pour les campus et/ou les formations avec des étudiants éloignés, sans logement, etc.)

    L’amour dure trois ans. Le Covid à l’université aussi.

    Je ne sais pas si à l’instar du roman éponyme, « L’amour dure trois ans », mais je sais que la crise du Covid à l’université durera au moins trois années universitaires. On parle souvent du « cycle licence », L1, L2 et L3 comme étant déterminant non seulement pour les études et la formation intellectuelle mais aussi pour l’épanouissement social et l’ancrage dans sa vie d’adulte dans l’ensemble de ses aspects. Et on a parfaitement raison. Les étudiant.e.s arrivé.e.s à l’université en L1 lors du premier confinement sont aujourd’hui en L2 pour ce second confinement et vont très certainement en vivre un troisième dans quelques semaines. Leur entrée en L3 se fera également en mode « dégradé » au moins jusqu’en décembre 2021 si l’on en croit les déclarations d’Olivier Véran et les analyses sur la disponibilité des vaccins pour l’ensemble de la population. Et c’est une hypothèse optimiste puisqu’elle ne prend pas en compte la possibilité de mutations résistantes aux vaccins actuels et imposant de nouveaux délais de recherche et développement, de production et d’acheminement logistique.

    Il faut le redire et le répéter non pour jouer les pleureuses ou les défaitistes mais pour rappeler l’urgence de proposer à la jeunesse des solutions simplement décentes leur permettant d’aller en cours entre deux visites chez le psy et trois paniers repas dans les soupes populaires que sont en train de devenir nos campus.

    Cette crise a commencé, en France en tout cas, en Janvier 2020. En Mars 2020 nous avons dit adieu et pas au revoir à tou.te.s nos étudiant.e.s pour les années en cours, de la première année de licence à la dernière année de Master. Nous avons repris (pour très peu d’entre nous) en Septembre 2020 et pour quelques semaines à peine. Beaucoup n’ont repris que début Octobre et donc pour moins de 4 semaines. Et Fin Octobre 2020 nous avons de nouveau été contraints de nous séparer de nos étudiant.e.s et de les renvoyer à la seule expérience de leur détresse ou de leur chance d’être bien né. Nous sommes aujourd’hui fin Janvier 2021. Un an déjà, s’étalant sur 2 années universitaires fracassées, démantelées, atomisées, pulvérisées. Nous, les enseignants, les équipes techniques et administratives, nous y survivrons. Personne n’est par contre capable d’affirmer la même chose pour les étudiant.e.s qui sont notre seule raison de nous mobiliser.

    Déjà deux ans et deux années universitaires bien plus que simplement « dégradées ». Et désormais une troisième qui se profile à l’horizon. Trois ans. Un cycle complet de licence. Ou le temps d’une thèse. Trois ans qui lorsque du haut de mes 49 ans je me retourne, trois ans qui me semblent une vie. Qui sont une vie. Le gouvernement d’Emmanuel Macron n’est pas responsable de la maladie du Covid et de la situation de pandémie. Mais il est aujourd’hui clairement coupable de la gangrène qui touche en retour l’université et ses étudiant.e.s et que rien ne justifie.

    J’ai déjà, avec d’autres, documenté et décrit le mépris, l’incurie, et au final le seul projet de ce gouvernement et de la ministre qui en incarne physiquement toute la morne morgue et la mortifère détermination : accompagner l’effondrement de l’université publique dans un ricanement managérial de demi-mesures ajoutant de la précarité sur de l’incertitude en s’imaginant agir.
    Ils n’ont rien fait pour sauver le droit d’étudier à l’université.

    Je veux avec cet article rappeler qu’absolument rien de ce qui pouvait permettre à l’université de fonctionner n’a été mis en oeuvre. Rappeler qu’à part les repas de resto U à un euros pour les boursiers, absolument rien de ce qui pouvait permettre de raccrocher plus de 2 millions de jeunes au vague espoir d’un horizon ou ne serait-ce que d’un traitement équitable n’a été mis en place. Les mesures conjoncturelles se limitent à faire l’aumône d’un repas et d’une visite chez le psy, les mesures structurelles sont simplement absentes. Je vous donne cinq exemples.

    Premier exemple. Depuis le début de la crise, depuis le premier confinement de Mars 2020, il y a déjà presque un an, on ne compte plus les tribunes, les analyses, les articles scientifiques expliquant et démontrant la nécessité d’équiper les universités de systèmes de filtration et d’analyse d’air HEPA. D’avoir à tout le moins une réflexion sur la question de la ventilation et de l’aération. Ce ne sont pas des mots, ce sont des faits. On nous envoie balader à chaque fois. J’avais posé la question directement à mon université. Réponse : « une commission se penche sur la question ». Et quelques mois plus tard : « c’est bon, tout va bien, on ne change rien ». Ahurissant. Mais c’est partout la même chose. De toute façon cela coûterait beaucoup trop d’argent et les universités autonomes sont exsangues. Le « dialogue de gestion » a depuis déjà bien longtemps viré au monologue.

    Deuxième exemple. Depuis le début nous expliquons qu’il faut ouvrir une réflexion sur les calendriers universitaires pour permettre, a minima, de les adapter aux contraintes de saisonnalité qui permettent de fonctionner avec des étudiant.e.s sur les campus, « toutes portes ouvertes ». Depuis le début nous avons parfaitement compris que cette crise sanitaire durerait bien au-delà de l’année horrible que l’on nous promettait. Absolument rien n’a été fait ni même envisagé.

    Troisième exemple. Aujourd’hui nous savons que même la rentrée de septembre 2021 est compromise. Et que met-on en place qui permette d’y surseoir dans des conditions dignes pour les étudiant.e.s ? Rien. Pas une thune, aucun plan d’équipement massif, aucun signe des opérateurs de téléphonie ou de l’état pour assurer à chaque étudiant au moins un distanciel possible, simplement des bouts de chandelle, de vagues « pass numériques » qui n’arrivent pratiquement jamais. Aucun geste en faveur d’un revenu minimum ou RSA qui permettrait au moins à la jeunesse de cesser de crever de faim devant leurs écrans même plus connectés. Bruno Lemaire l’a affirmé : « À 18 ans, ce que l’on veut c’est un travail et la rémunération de ce travail. On construit sa vie par l’emploi, c’est ce qui vous fait grandir, pas une allocation ». Sinistre et pathétique connard dans l’ombre exacte de son maître qui sait ce que vivre chichement veut dire puisque souvenez-vous, lorsqu’il était étudiant, lui aussi a connu les fin de mois difficiles, pauvret, il n’avait à sa disposition pour survivre que 1000 euros par mois lorsqu’il donnait des cours particuliers tout en étudiant en classe préparatoire. Emmanuel Macron si le Covid avait frappé à l’époque où il était étudiant, n’aurait pas été confiné. Il faut imaginer Sisyphe privilégié.

    Quatrième exemple. Depuis le début nous demandons qu’un refonte de l’ensemble des conditions (et des calendriers) d’examen soit mise en oeuvre, pour éviter les situations dramatiques ubuesques et bien plus qu’anxiogènes où l’on convoque en présentiel des cohortes entières pour les renvoyer suivre des cours en distanciel le jour suivant, et où l’on oblige des étudiant.e.s à choisir entre se présenter malade (positif) ou cas contact à des examens au risque de contaminer des promos entières, ou renoncer à l’obtention de leur année. Ce ne sont pas des mots, ce sont des faits. Il aura fallu attendre la circulaire parue hier après le discours de Macron à Saclay pour que les universités aient désormais l’obligation et non la simple recommandation d’organiser des sessions non de rattrapage mais de compensation pour les étudiant.e.s positifs au cas contact. Mais cela ne sera pas rétroactif et ne concernera que les prochaines sessions du 2nd semestre. La session du premier semestre aura donc été celle d’une mise en danger délibérée de la population étudiante par le ministère (certaines universités, comme celles de Nantes, ont eu l’intelligence et l’humanité de proposer cette session de compensation mais d’autres, hélas, non).

    Cinquième exemple. Et puis il y a ce que nous n’obtiendrons jamais de tou.te.s ces baltringues mais que nous ne cesserons jamais de demander à chaque fois avec plus de force : des postes pérennes de titulaires. Par exemple pour que la médecine universitaire ne soit plus digne d’un pays du tiers-monde. Un psy pour 30 000 étudiants. Plus de 6 mois d’attente pour un rendez-vous quand tu as des idées suicidaires. La réponse de ce gouvernement ? On double le nombre de psy (ça fera 2 pour 30 000 ...) mais juste pour cette année et après retour à la misère ordinaire. Allez et puis un chèque psy pour faire le bon compte hein. Qui arrivera et sera disponible ... bon bah bientôt. Enfin peut-être. Tout en sachant la difficulté de la démarche pour se rendre chez un psy à cet âge et l’intérêt, précisément, de disposer de psychologues résidents sur les campus. Bref. Merci de ne pas prévoir de passage à l’acte avant de recevoir votre chèque, début février si tout va bien.

    Lorsque l’on est capable d’annoncer cela en pleine crise, avec déjà un an de recul, la semaine où trois étudiant.e.s ont commis des tentatives de suicide, ce n’est pas que l’on fait face à une nation de procureurs, c’est que l’on est au point exact où s’arrête l’humanité en politique et où commence la barbarie à visage managérial.

    L’université des EHPAD : Étudiant.e.s Harassé.e.s et Prêt.e.s À Décrocher.

    Il n’y aura pas de rentrée normale en Septembre 2021 à l’université. C’est Olivier Véran qui vient de l’annoncer. Nous sommes en train de parler de plus de 2 millions de jeunes gens et de jeunes filles qui depuis déjà deux années universitaires sont, avec les EHPAD et le 4ème âge, la seule classe d’âge autant privée d’autant de sociabilités élémentaires et pendant une aussi longue durée. Mais les EHPAD et le 4ème âge au moins, ont la promesse d’une vaccination prochaine et surtout ils ont les souvenirs d’une vie. Elles et eux n’ont rien d’autre que l’espoir de maigres sociabilités retrouvées. Donnons-leur quelque chose. Moi je donne des cours. Nous ne sommes pas des sauvages. Laissez-nous faire. Laissez-nous faire. Vite.

    Je suis entré par nécessité ce samedi dans une étrange université. Le parking du campus déjà grouillait de monde. Quelqu’un à l’entrée de l’amphithéâtre faisait attendre celles et ceux qui arrivaient, probablement pour respecter une sorte de jauge. On pouvait prendre un peu de gel si on voulait. Mais une fois à l’intérieur de l’amphi j’avoue avoir été saisi. La jauge s’il y en avait une devait donc être largement supérieure en nombre à celles des directives, décrets et circulaires applicables à l’université. Il y avait dans cet amphi un nombre tout à fait ahurissant de gens qui se croisaient, qui touchaient à tout un tas de choses disposées entre chaque travée puis les remettaient plus ou moins en place ; si tous portaient le masque beaucoup d’entre eux n’avaient visiblement pas compris l’intérêt de le porter sur le nez et non en-dessous du nez. Ces étranges étudiants avaient à peu près tous les âges, les plus jeunes auraient du se trouver à la maternelle et beaucoup devaient être retraités. Ce n’est qu’au moment de payer que je compris que je n’étais pas à l’université mais dans un grand magasin de sport en période de soldes, dans lequel m’avait conduit une soudaine déchirure de pantalon de jogging de l’un de mes enfants, à remplacer d’urgence avant le cours d’EPS de Lundi matin 8h en plein air ... vivifiant.

    Début Janvier je pensais et écrivais qu’il nous restait une fenêtre de quelques semaines, un mois au mieux, pour retrouver nos étudiant.e.s et pour qu’ils et elles retrouvent un horizon de socialisation. Il semble que je me trompais. Nous n’avons plus que quelques jours. Après il sera trop tard. Leur année terminée pour beaucoup d’entre eux. S’il faut monter des soupes populaires nous les monterons. S’il faut désobéir pour faire cours nous désobéirons. Nous nous ensauvagerons. Nous le ferons. Pour qu’il y ait un après, à l’université.

    https://www.affordance.info/mon_weblog/2021/01/pas-de-rentree-universite.html

    #septembre_2021 #rentrée_2021 #France #université #universités #covid-19 #coronavirus #chronologie

  • Dans un lycée du Mans après une heure de cours entièrement consacrée à discuter sereinement avec les élèves de la situation actuelle, la prof s’arrête et annonce qu’elle se met en grève.
    Pour protester contre « l’occultation de l’hommage à Samuel Paty » et « contre les conditions sanitaires déplorables ».
    Je ne connais pas l’ampleur du mouvement.

  • À ce point c’est pas possible, ces menteurs incompétents parviennent même à désavouer leurs propres mesures. Grâce à Frédérique Vidal, qui glisse comme ça qu’on se contamine certainement moins dans un amphithéâtre que dans un bar, avec un petit sourire entendu rigoureusement dégueulasse, on pourra désormais soutenir que la focalisation sur les bars sert, en fait, à justifier leur incurie dans l’enseignement… Mais c’est dieu pas possible des pingouins pareils (ou : #on_est_foutus).
    https://twitter.com/LCP/status/1310637192386142209

    https://video.twimg.com/amplify_video/1310636913481723904/vid/1280x720/IQfjIuL48XAvRWe9.mp4?tag=13

    Clusters dans des universités : « Ce ne sont pas des clusters par promotion mais des clusters par groupe d’amis (...) Rien ne nous dit que les contaminations se fassent au sein des établissements de l’enseignement supérieur », affirme @VidalFrederique. #Covid19 #AuditionPublique

  • Bons baisers de rentrée

    Academia a décidé de recenser des témoignages écrits et photographiques de la rentrée universitaire 2020, dont nous avons reçu de premiers échos épouvantables, dont la presse s’est fait l’écho.

    –—

    - 2020, la rentrée de la honte, série sur Université ouverte : https://universiteouverte.org/tag/recit-de-rentree
    - Rentrée universitaire. La grande débrouille, par Khedidja Zerouali, Mediapart, 15/9/2020 : https://www.mediapart.fr/journal/france/160920/rentree-universitaire-la-grande-debrouille
    - Université de Paris. Étudiants et personnels face au chaos de la fusion, par Philomène Rozen, Révolution permanente, 17/9/2020 : https://www.revolutionpermanente.fr/Universite-de-Paris-Etudiants-et-personnels-face-au-chaos-de-la

    –---

    Selon une stratégie du choc (Noemi Klein, 2008) inacceptable1, Frédérique Vidal profite d’une rentrée hors norme pour achever de faire passer sa loi rétrograde dite « de programmation de la recherche 2021-2030 ». Enseignant·es et étudiant·es subissent des conditions d’accueil épouvantables, en licence, en Master, tandis que l’administration réclame sans vergogne les droits de Contribution de la vie étudiante et de campus (CVEC) —doctorant·es doivent s’acquitter d’une cotisation de la vie étudiante et de campus — dont déjà ielles n’avaient pas profiter l’année dernière.

    Voici une galerie de portraits de l’engagement pédagogique des maîtres·ses et des élèves, qui illustrent le mépris dans lequel leur Ministère de tutelle les tient.

    Academia invite tous et toutes celleux qui le souhaitent de lui communiquer leurs clichés ou leur témoignage.

    https://academia.hypotheses.org/25768

    #rentrée_2020 #distanciation_sociale (euhhh) #université #France #photographie #photos #images #gestes_barrières (euhhh)

  • Sous les masqué·es, la rage !

    Je rentre de la journée d’intégration des L1 du département de SHS de l’Université Gustave Eiffel (Marne-la-Vallée). J’aime bien cette journée. Retour devant les étudiants et étudiantes, le café avant avec les collègues, la bouffe après. Mais cette année, c’est dur… Pourtant, on a bien fait les choses. Pas d’accueil en amphi (pas de distanciation possible), mais en petits groupes avec un·e enseignant·e. On dépasse juste de quelques étudiant·es la « jauge covid » qui a été établie pour chacune de nos salles afin de garantir le fameux mètre de distanciation. On ouvre tout, portes, fenêtres. Enfin, quand il y a des fenêtres qui s’ouvrent… Je ne vois pas leurs sourires s’il y en a, iels ne voient pas ceux que je leur fais. On n’a pas pris de café avant, la salle des profs est trop petite. Et puis ça fait 15 jours qu’on se voit, parfois en réunion, parfois en zoom, parce qu’on essaie d’assurer cette p***** de rentrée.

    On ne va pas trop se plaindre. On a plus de moyens que dans d’autres établissements. En SHS, un gros volet d’heures en plus, 2300 heures, et deux ATER. Une aubaine ! On a certes moyennement apprécié la lettre de rentrée de la présidence qui nous menaçait de sanction pour « faute professionnelle » en cas de non-port du masque (qui n’est fourni qu’aux titulaires, et puis ce sont ces fameux masques en tissu avec lesquels on ne peut pas faire cours sans s’étouffer…) tout en expliquant qu’il faut assurer la distanciation « dans la mesure du possible » (ben voyons). Mais bon… On s’est pris à rêver de tutorat individualisé des étudiant·es par les enseignant·es pour l’encadrement pédagogique, de dédoublement des TD et CM pour que les conditions sanitaires soient les meilleures… oui mais… oui mais encore faut-il des salles. Qu’on n’a pas. Et des personnels. Qu’on n’a pas non plus. D’autant que, c’est merveilleux les heures sup, mais seul·es les titulaires peuvent se les faire payer. Or pour certaines disciplines (la géographie notamment), il y a plus de précaires que de titulaires. On ne va pas leur demander de faire des heures qu’iels ne pourront pas toucher. Mais les titulaires ne peuvent pas non plus tout prendre… certain·es en sont déjà à 18 h par semaine. Des vacataires me direz vous ? Encore faut-il en trouver. Et franchement, vu comment les collègues du secondaire souffrent cette année, je comprends qu’iels n’aient pas envie de se rajouter un TD – ce d’autant qu’en lycée avec la réforme Blanquer, les emplois du temps ne permettent souvent plus de dégager des demi-journées pour faire des vacations. Et puis on se bat pour des recrutements pérennes, pas pour précariser plus encore le personnel enseignant.

    Donc on réduit avec regret la voilure en nombre de TD (en L1 on en aura 12 lorsque d’habitude on en a 10, mais plus, les locaux ne le permettent pas). Et on garde le tutorat.

    Ah oui mais le problème, c’est qu’on sort des « jauges covid » car les TD sont trop pleins. Flute. Comment faire ? Idée, la moitié de l’effectif en présence, l’autre à distance, une semaine sur deux. Pour le groupe qui est à distance, on donne des travaux, on fait un rendez-vous zoom, on assure la « continuité pédagogique ». Double travail donc, mais à nouveau, on ne se plaint pas car la fac paye les heures de suivi du distanciel. Problème, ça ne règle pas notre problème d’heures sup et de personnel ça. Idée, on pourrait essayer de faire un zoom du TD en présence pour les abstentiels ? (Joie des néologismes. Se souvenir du temps béni où ces mots nous étaient inconnus). Heu, non en fait, la connexion est mauvaise dans plus de la moitié des salles. On est tiraillé·es entre le désir d’assurer les meilleures conditions pédagogiques et sanitaires aux étudiant·es, et le souci de ne pas se surcharger de travail, pire, de ne pas imposer de travail non rémunéré aux enseignant·es. Pendant ce temps, les secrétariats souffrent sur les emplois du temps, les changements de tactiques. Certain·es profs voudraient passer tout à distance, d’autres tenter le dépassement de jauge (allez, avec un masque ça va le faire !). On s’engueule (alors qu’on s’entend bien chez nous). Bon au moins, on en discute, on débat, on cherche. Je sais bien que ce n’est pas le cas partout.

    Au terme de dizaines et dizaines de mails, réunions, zoom, on s’est mis d’accord sur le dédoublement des CM en L1, et la division des effectifs de TD en présence/à distance. Pour trouver des amphis pour dédoubler les CM de fondamentales, on a du supprimer trois enseignements de découverte et récupérer leur créneau. Dommage pour les cours d’ethnographie, de géographie ou d’histoire extra-européenne. On a fait du démerdentiel, mais au mieux. Et pour se préparer au distanciel, une collègue nous fait une merveilleuse formation sur l’enseignement à distance et les stratégies pour éviter qu’il ne renforce les inégalités de genre et de classe.

    Ce matin j’explique donc tout ça aux jeunes gens devant moi. Certain·es semblent rassuré·es. Moi je vois les collègues, les secrétaires déjà épuisé·es alors qu’on n’a pas repris les cours. Ah, on vient d’apprendre qu’il n’y a plus de repro… rentrée sans fascicule donc. Joie.

    C’est d’autant plus la déprime qu’on sait bien qu’alors qu’on sera tou·tes à la fac pour inscrire pédagogiquement les étudiant·es, la LPPR passera devant l’Assemblée nationale. Alors qu’on s’était bien mobilisé·es avant le confinement. Petite fac de banlieue, en sous effectif, avec les cours de L1 assurés parfois à plus de 60% par les précaires de l’enseignement supérieur et de la recherche, alors qu’on croule sous les tâches administratives, qu’on perd un temps fou, déjà, à chercher des financements pour nos recherches, on est toutes et tous parfaitement conscient·es de ce que nous avons à perdre avec cette loi. On se l’est dit, on a fait des motions, on a cessé les cours pour faire des ateliers alternatifs, on était dans la rue en janvier, février, mars. Mais là, la rage au ventre, on va assurer la rentrée.

    Pour mieux faire, il aurait fallu investir. Ce qu’ils ont fait à Science po Paris. J’y suis vacataire. Depuis… 25 ans. La très grande majorité des enseignant·es qui interviennent en première année (en histoire du moins) le sont aussi. Quand nous peinons à Marne-la-Vallée à trouver des vacataires, pas de problèmes à l’IEP. Mieux payé, plus prestigieux. La veille de la journée d’intégration j’avais une formation « prendre en main les salles hybrides ». Kesako ? Et bien l’IEP a équipé toutes ses salles de grands tableaux numériques tactiles, de caméras, de capteurs de son, d’ordinateurs tout neufs, de rétroprojecteurs. Tous les TD (on dit « conférences » à sciences po) qui déjà ont l’effectif délicieux de 20-21 élèves sont dédoublés. Chaque semaine, 10 étudiant·es face à soi, 10 en zoom. Un zoom qui s’affiche sur le grand écran de la classe, pendant qu’iels voient le ou la prof et les autres étudiant·es sur leur portable. On peut partager à tou·tes le PowerPoint, le tableau blanc numérique sur lequel chacun·e peut intervenir. Le son est excellent, la connexion tient le choc. Il a même été décidé de lever la règle d’assiduité : difficile de pénaliser les étudiant·es pour trois absences dans ce contexte. Certain·es collègues craignent que les étudiant·s n’en profitent pour sécher ! Je reste convaincue quant à moi qu’il faut leur faire confiance et cesser de les traiter comme des collégien·nes à fliquer. En attendant, on nous forme sur les outils numériques, formation tableau blanc interactif, formation zoom (utile), formation moodle. Alors certes, pas d’heures salariées en plus pour ces « conférences » où il va falloir un sacré niveau de concentration pour gérer dix étudiant·es face à soi et dix derrière leur écran. Et d’aucun·es s’inquiètent que cela servent progressivement à augmenter le nombre d’étudiant·es en TD. En attendant, le virus circulera peut-être moins, et tout le monde réfléchit à la pédagogie. Vous me direz, c’est Science po, ils ont du fric. Mais dans plusieurs universités italiennes, c’est aussi ce choix d’équipement qui a été fait. Pour ça, il aurait fallu en France un véritable plan d’équipement des universités… Je ne vous apprend pas que ce n’est pas à l’ordre du jour. Si déjà on avait pu réparer les fenêtres pour être en mesure de les ouvrir…

    Je vous décris ici deux situations finalement privilégiées, clairement à l’IEP mais aussi à Gustave Eiffel. Je sais que ce n’est pas du tout la même affaire dans d’autres facs. Je suis triste, en colère pour tou·tes les travailleur·ses et étudiant·es qui galèrent ailleurs. Le 21 septembre nous serons devant l’Assemblée, pour défendre nos facs et nos labos. En attendant, je masque mes sourires mais les yeux pleurent.


    https://universiteouverte.org/2020/09/15/sous-les-masque%c2%b7es-la-rage
    #rentrée_2020 #université #facs #France #Mathilde_Larrère #témoignage #coronavirus #covid-19

  • affordance.info : Universités : l’autonomie et l’épidémie.
    https://www.affordance.info/mon_weblog/2020/09/universites-autonomie-epidemie.html

    Universités : l’autonomie et l’épidémie.

    Alors que le gros de troupes étudiants arrive la semaine prochaine dans les universités françaises (près de 3 millions ...) beaucoup de sites universitaires et de formations en accueillent déjà depuis 2 ou 3 semaines. C’est notamment le cas des IUT qui ont fait leur rentrée en même temps que le primaire et le secondaire, et ont même, dès la dernière semaine d’Août accueilli des étudiants dans le cadre de leur soutenances de fin d’étude.

    Je travaille de mon côté à l’IUT de La Roche sur Yon, site délocalisé de l’université de Nantes. Et je suis en effet en présence d’étudiants depuis le 24 août.

    La doctrine universitaire de gestion de gestion sanitaire est un habit d’Harlequin, bariolé de bonnes intentions et rapiécé de précautions élémentaires mais à peu près totalement hors-sol pour une gestion concrète de l’épidémie à court terme et tout à fait délétère dans une perspective de moyen ou de long terme.

    On aimerait bien lire d’autres analyses concernant les autres établissements de l’éducnat : lycées, collèges, et surtout écoles primaires où les enfants ne portent pas de masques.

    #universités #enseignements #impéritie #incurie

  • Seine-Saint-Denis : Quatre mille écoliers absents, classes fermées… Des parents d’élèves dénoncent une « rentrée chaotique » (20 minutes)
    https://www.20minutes.fr/paris/2855947-20200907-seine-saint-denis-quatre-mille-ecoliers-absents-classes-f

    Près de 4.000 élèves – dont 500 pour la ville de Saint-Denis – sur plus de 200.000 enfants, n’ont pas retrouvé le chemin de l’école en Seine-Saint-Denis.
    Vingt et une classes ont été fermées par les autorités académiques du département.
    « Nous sommes consternés. C’est une rentrée chaotique », déplore Alixe Rivière, coprésidente de la fédération de parents d’élèves FCPE 93 sollicité par 20 Minutes.

    Source FCPE : https://www.fcpe-ucl-montreuil.fr/4021-disparitions-suspectes-dans-les-ecoles-de-seine-saint-denis

    Si l’information est vérifiée, on ne peut qu’être frappé par le manque de suivi de cette disparition à la rentrée de 2% des élèves.
    – Où sont-ils ? Des décrocheurs du confinement ayant basculés dans la déscolarisation après 2 mois de vacances ? Des enfants de familles refusant les conditions de scolarisation prévues par le(s) protocole(s) ? parce que trop contraignant ? parce que pas assez rassurant ? Des élèves passés dans le privé ? avec quelles motivations ?
    – Observe-t-on un phénomène similaire ailleurs ? avec une corrélation avec un profil sociologique de famille ?

    #éducation #élèves #rentrée_scolaire

    • Nan mais sérieusement :

      En réalité, seuls 170 écoliers n’ont pas repris les cours dans le département, assure désormais le rectorat. « Il y a toujours un écart entre le chiffre prévisionnel et les effectifs réels le jour de la rentrée », rappelle l’académie, qui a désormais consolidé ses chiffres mais avait bien confirmé celui de 4.000 début septembre. Et de préciser : « Il y a eu une erreur dans le recueil des données prévisionnelles qui sont élaborées par l’Education nationale en collaboration avec les villes. Le confinement a sans doute complexifié le recueil de ces données ».

      #il_y_a_toujours_un_écart #complexifié_le_recueil_des_données

      Maintenant il serait intéressant de savoir à quel point cet « écart » a servi à justifier les discours officiels sur les élèves « décrocheurs » à cause du confinement, et sur le besoin de rouvrir les classes « quoi qu’il en coûte » (ces « 4000 » écoliers absents déplaçant la justification de l’ouverture des classes vers sur la santé mentales et la scolarisation des enfants, plutôt que de se focaliser sur besoin économique de faire garder les enfants pour que les parents puissent aller travailler).

    • Le chiffre ministériel des élèves décrocheurs a été de 4%. Il ne sort de nulle part et je n’ai vu aucun journaliste le remettre en cause.
      Illustration avec ma classe en éducation prioritaire, pendant le confinement :
      – j’ai perdu tout contact avec la famille/l’élève : 10%
      – j’ai maintenu un contact avec la famille sans pouvoir mettre en place des temps de travail : 30%
      – j’ai maintenu un contact avec la famille et les temps de travail mis en place n’étaient ni significatifs ni utiles : 30%
      – j’ai pu travailler régulièrement avec les élèves et/ou leur famille les ont suivi sérieusement sur la base de documents distribués et outils mis en place ou de leur propre initiative : 30%.
      Comme même ces derniers élèves ont fini par régresser vers le milieu du confinement, je considère d’un point de vue pédagogique (en terme de résultats) que 100% des élèves de ma classe étaient décrocheurs.
      Si on essaye d’être plus nuancé et de compter en terme de moyens et non de résultats, d’accompagnement et non d’apprentissage, disons alors que 70% de mes élèves étaient décrocheurs.
      Lorsque la hiérarchie m’a appelé pour connaître le nombre de décrocheurs, le critère était « avez-vous eu un contact même ponctuel avec la famille ? », le chiffre remonté pour ma classe était donc 10%.

      J’en déduis que le nombre d’élève décrocheurs a été très très sous-évalué parce qu’il fallait annoncer que tout allait bien dans la logique du « on est prêt ».
      D’un point de vue scolaire le distanciel a été massivement un échec (pour de multiples raisons qui demanderaient à être pensées et analysées), donc oui du strict point de vue de la scolarité et des inégalités le retour en présentiel était nécessaire.
      Mais la logique du ministère est autre : on rouvre pour renvoyer les familles au travail sans se donner les moyens d’un présentiel par temps de COVID (pas plus qu’on s’est donné les moyens d’un distanciel d’ailleurs).
      Le Ministère n’a pas besoin d’écarts pour justifier ceci ou cela, il s’adapte au discours gouvernemental quitte avec être en contradiction avec les chiffres (truqués ou pas) et quitte à être en contradiction avec lui-même.
      Exemple : qu’est devenue l’expérimentation des 2S2C qui a mobilisé les équipes après le confinement ? Quid de la promesse du dédoublement des classes si la circulation du virus redevenait importante ? (poke @caro)

    • Nous, on est l’ultraminorité des planqués  : on a vu la nature du non-protocole sanitaire de rentrée et on a juste dit «  non, on n’y va pas  ». On pensait que la situation sanitaire allait se dégrader à partir de la rentrée (on n’a pas été déçu) et que les décideurs finiraient par arrêter leur conneries et revenir à des mesures compatibles avec la santé de la population en général et des otages de l’EN en particulier  : là, je dois avouer que j’ai pêché par optimisme débridé et foi en la rationalité humaine.
      La politique de santé publique actuelle est criminelle et c’est encore plus vrai pour ce qui se passe dans les établissements scolaires.

      Il semblerait que le sport qui est en train de devenir à la mode à l’hosto, c’est intuber des profs.

      Je suis juste furieuse.

  • « Bientôt nous ne pourrons plus du tout » : une universitaire répond à #Frédérique_Vidal

    Je suis maîtresse de conférences dans une “petite” université hors des grandes métropoles. Comme la plupart de mes collègues, la plus grande partie de mes heures de travail consiste non pas à enseigner ou à chercher, mais à effectuer des tâches administratives. La mienne est d’être responsable d’une licence dont les enseignant·es sont, en grande majorité, des vacataires ou des contractuel·les.

    En cette semaine de rentrée universitaire à l’ère de la Covid-19, j’ai bossé 75 heures, de 5h à 23h certains jours, pour préparer une rentrée impossible. Aucun moyen humain supplémentaire ne nous a été alloué alors que nous devons, déjà en temps normal, nous surpasser pour tenir le coup. Mais pas de panique : des caméras sont en train d’être installées dans les amphithéâtres : les enseignant·es pourront doubler la capacité de leur cours en enseignant à la fois “en distanciel” et “en présentiel”, en répondant aux questions dans la salle et sur leur ordinateur par chat. Voici la fameuse révolution louée par Frédérique Vidal, car il faut dépasser “les cours magistraux traditionnels, où le professeur lit son cours face à un amphi d’étudiants qui ne posent pas de questions”. Non pas en nous permettant de privilégier les TD en petits groupes plutôt que les CM bondés, non pas recrutant des collègues qui permettront de nous donner plus de temps de suivi individuel des étudiant·es, non pas en nous rendant les heures d’enseignement volées à nos licences au fil des coupes de budget. Non : en mettant les étudiant·es chez eux face à un écran pour suivre les cours. Révolutionnaire comme pratique pédagogique ! Au passage, Frédérique Vidal nous insulte tou·tes et montre sa dangereuse méconnaissance de la réalité : cela fait bien longtemps qu’on a remisé l’image d’Épinal d’un·e mandarin·e monologuant face des étudiant·es qui prennent des notes sans lever la tête. Si la ministre veut voir de vraies “innovations”, qu’elle assiste donc à nos cours et découvre nos pratiques pédagogiques.

    Donc cette semaine, en 6 jours, j’ai bossé 75 heures. Il m’a fallu créer des groupes de TD adaptés aux nouvelles capacités de chaque salle et donc refaire les emplois du temps, recruter les 3 enseignant·es qui manquaient pour l’année, arriver à faire payer les vacataires non payé·es l’an dernier, rendre un dossier d’auto-évaluation de la licence pour l’HCERES, former les enseignant·es au numérique, assurer l’organisation et la tenue de 6 réunions de rentrée, faire soutenir 16 étudiant·es de M2 et, accessoirement, donner 8 heures de cours. Je ne parle pas de la recherche, qui redevient un horizon inatteignable : j’y ai consacré les congés d’été, seule période un peu calme où l’on peut se concentrer.

    Si les universités sont “prêtes” pour la rentrée universitaire comme le clame Frédérique Vidal, c’est à quel prix ? Beaucoup de fatigue bien sûr, énormément de culpabilité aussi de ne pas avoir été là pour la rentrée de mes enfants, que je n’ai retrouvé que vendredi soir. Ce sera comme ça tout le mois de septembre, sans doute un peu plus.

    Je ne me plains pas vraiment, parce qu’il y a pire comme boulot, parce que le mien m’apporte encore des satisfactions, parce que participer chaque jour pour à la production et à la diffusion de savoirs c’est bien loin d’être un bullshit job ou un travail aliénant. Parce que je gagne plus de 2000 euros et que, si ce n’est bien sûr pas du tout à la hauteur des salaires des enseignant·es-chercheur·es dans les autres pays européens, je ne galère pas à nourrir mes enfants en fin de mois. Ces 70 heures de travail, je les ai parfois faites le sourire aux lèvres, lorsque j’ai découvert les étudiant·es de première année de licence, lorsque j’ai retrouvé les enseignant·es que j’adore, lorsque j’ai fait soutenir des étudiant·es qui avaient mis tout leur cœur dans leur premier travail de recherche. On le sait, l’amour de notre métier et les bénéfices secondaires qu’il nous procure est aussi ce qui nous perd : nous sommes prêt·es à tout pour que l’université fonctionne.

    Mais quelle colère ! Quelle colère quand je découvre en fin de semaine l’interview de notre ministre Frédérique Vidal qui annonce qu’elle va « créer 30000 places supplémentaires dans les Universités », sans un seul recrutement !
    On fait comment ? Quelle est le secret de ces “places magiques” ? Vraiment, à la fin de cette semaine, la seule chose que je sais c’est que JE NE PEUX PAS FAIRE PLUS. Ce n’est plus possible. Il n’y a plus d’heure de sommeil ou de temps de famille à rogner.

    Attention : je suis bien évidement foncièrement favorable à l’ouverture de places supplémentaires. Je suis pour que tou·tes les bachelièr·es aient accès aux études supérieures, sans la sélection sociale et raciste mise en place par Parcoursup et l’augmentation des frais d’inscription pour les étudiant·es extra-européen·nes. Pour accueillir tous ces étudiant·es, il manque au minimum 60 000 postes d’enseignant·es-chercheur·es et probablement autant pour les personnels administratifs et techniques. Ces personnes sont à nos portes, en attente d’être recruté·es pour assurer ces 35 heures supplémentaires faites en une semaine. Ils et elles sont déjà à la fac, font quelques heures payées au lance-pierre, survivent avec un peu de chômage ou le RSA. Mais Macron nous l’a dit : recruter des enseignant·es “c’est le genre de créations d’emplois qui vont aggraver le déficit et qui ne servent pas à redresser le pays”. Voici donc 100 milliards d’euros pour les grandes entreprises et même pas quelques miettes pour le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche, qui forme la jeunesse et produit des savoirs essentiels à notre avenir et à notre vie démocratique.

    Nous sommes épuisé·es par tant de mépris. Nous sommes épuisé·es que le gouvernement choisisse cette période où nous sommes à bout de souffle pour faire passer en force – “en procédure accélérée” – une LPPR qui détruit nos statuts et contre laquelle nous avons été en grève partout en France l’an dernier. Nous sommes à bout car tout s’effondre : un bout de bâtiment à l’université de Caen, les conditions de vie des étudiant·es, le volume d’heures dans les formations, la possibilité de produire de la recherche essentielle aux enjeux contemporains, le moral et les corps des collègues. Nos universités accueillent 300000 étudiant·es de plus qu’il y a 10 ans, et nous devons le faire avec moins de travailleur·ses titulaires, dans des bâtiments toujours plus vétustes.
    Tout ne tient plus qu’à un fil, l’université est au bord de l’effondrement.

    Cette rentrée sera plus douloureuse et plus inégalitaire que jamais. Aux exclu·es de Parcoursup vont bientôt s’ajouter celles et ceux qui verront leur université fermer, faute de véritables moyens humains et matériels pour assurer notre sécurité sanitaire à tou·tes et des conditions d’étude acceptables. C’est le service public de l’université et de la recherche que Frédérique Vidal et Emmanuel Macron assassinent.

    Si nos revendication ne sont pas entendues, nous serons des centaines à claquer la porte.
    Nous ne pouvons pas plus.
    Bientôt, nous ne pourrons plus du tout.

    https://universiteouverte.org/2020/09/05/bientot-nous-ne-pourrons-plus-du-tout-une-universitaire-repond-a-

    #ESR #enseignement_supérieur #facs #université #France #alarme #effondrement #tâches_administratives #précarisation #rentrée_2020 #rentrée_impossible #dédoublement_des_classes #moyens #manque_de_moyens #distanciel #enseignement_à_distance #coronavirus #covid-19 #présentiel #enseignement_mixte #pédagogie #travail #conditions_de_travail #colère #mépris #épuisement #témoignage

    ping @isskein

  • Une rentrée à hauts risques : communiqué du #SNESUP-FSU de l’université de Strasbourg, 2 septembre 2020

    L’expérience douloureuse du confinement a montré qu’il n’y a pas de sécurité sanitaire sans anticipation, sans cohérence des politiques publiques et des décisions, sans concertation avec les acteurs de terrain et sans moyens spécifiques. Or, incapable de tirer tous les enseignements de la catastrophe humaine, sociale et économique provoquée par la crise sanitaire et aggravée par l’incurie du gouvernement, ce dernier n’a toujours pas transmis aux établissements d’enseignement supérieur un #protocole_sanitaire clair avant la rentrée, alors que celle-ci a lieu dans quelques jours et qu’elle se prépare depuis plusieurs semaines. Le retard pris par notre ministère est inacceptable. Tout aussi grave est le fait que le #gouvernement ne donne aucun moyen humain et financier supplémentaire aux universités et aux organismes de recherche pour assurer la santé et la #sécurité des personnels et des étudiants et n’a pas même compensé les millions dépensés par les établissements pendant la crise.

    Dans un contexte de diffusion accrue du virus et alors que nous accueillerons des milliers de nouveaux étudiants avec un #taux_d’encadrement en baisse constante, le SNESUP-FSU estime que les mesures et dispositions prises pour cette rentrée à l’Université de Strasbourg ne permettent pas à cette heure de garantir pleinement la #sécurité des personnels et des étudiants, ni des conditions de reprise et d’exercice du travail satisfaisantes. La « Note technique » qui sera soumise au CHSCT le 3 septembre est lacunaire et ne répond pas au niveau de prévention optimal que le SNESUP-FSU et les syndicats de la FSU exigent. Nous demandons la construction d’un #plan_sanitaire qui tienne compte des avis des personnels. Il n’est plus acceptable que la présidence attende des #directives_ministérielles souvent contradictoires et qui arrivent trop tardivement par rapport à l’évolution locale de l’épidémie. L’université a les moyens financiers et les capacités techniques de mettre en place un plan sanitaire qui repose sur l’anticipation et l’évaluation précise des risques. Ainsi, face à l’absence de vision programmatique de la présidence, nous ferons au CHSCT les propositions suivantes :

    1. Qu’une jauge soit définie pour tous les amphithéâtres et toutes les salles de l’université en fonction de leurs capacités d’aération et de ventilation : une salle ou un amphi sans possibilité d’aération ou avec une ventilation insuffisante ne devrait pas être utilisé ;

    2. Que des campagnes de tests soient proposées très régulièrement sur tous les campus pour les personnels comme pour les étudiants ;

    3. Que tous les personnels à risque et personnels vulnérables et tous ceux dont un membre de la famille est une personne à risque ou une personne vulnérable puissent disposer de masques FFP2, mis à disposition par l’université ;

    4. Que des solutions de gel hydroalcoolique, des sprays de nettoyage et des lingettes (ou serviettes papier) soient présents dans chaque salle et pris en charge par l’université : le nettoyage des tables pourrait être assuré par les étudiants à la fin de chaque cours, ce qui favoriserait leur sens civique et limiterait considérablement les risques de contamination ;

    5. Que des systèmes portables d’amplification de la voix soient mis à disposition des enseignants qui le souhaitent ;

    6. Que des règles d’utilisation et de nettoyage des micros et équipements informatiques soient mises en place ;

    7. Que la durée des cours soit aménagée pour autoriser aux enseignants une pause d’au moins 10 minutes par heure de cours, l’enseignement avec masque étant particulièrement éprouvant ;

    8. Que les conditions d’autorisation du télétravail pour les Biatss et de cours à distance pour les enseignants soient assouplies et que les demandes soient étudiées avec bienveillance.

    L’urgence sanitaire a mis cruellement en évidence un déficit récurrent des moyens humains et financiers accordés aux universités. Ce n’est malheureusement pas la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche (LPPR) qui permettra de répondre aux besoins criants de la Recherche et de l’Université. Profitant d’un contexte de mobilisation difficile en raison de la crise, la ministre Frédérique Vidal entend faire adopter au plus vite un texte législatif qui constitue une nouvelle attaque contre le service public de l’enseignement supérieur et de la recherche et contre les conditions d’emploi de ses agents. Cette loi prévoit en effet pour les enseignants-chercheurs la création de nouveaux contrats de travail dérogeant aux dispositions statutaires, sous forme de « tenure tracks », l’accentuation de la précarité pour les personnels Biatss avec les CDI de chantier, la généralisation de la recherche sur projets fléchés au détriment de financements récurrents, pourtant seuls capables de garantir l’autonomie de la recherche.

    Le SNESUP-FSU ne veut pas plus de cette réforme que celle des retraites que Macron et son gouvernement ne renoncent pas à imposer malgré un rejet par une majorité de personnels de l’ESR et de citoyens. La grave crise sociale, économique et écologique que nous traversons appelle d’autres politiques et de nouvelles priorités, au sommet desquelles se trouvent la santé et la solidarité. Ce sont ces valeurs que le SNESUP entend défendre plus que jamais, avec tous les personnels qui partagent nos convictions.

    https://www.snesup.fr/article/une-rentree-hauts-risques-communique-du-snesup-fsu-de-luniversite-de-strasbou

    #ESR #rentrée_2020 #crise_sanitaire #université #facs #anticipation #communiqué_de_presse #MESRI #silence_radio #moyens #France

    Ici pour Strasbourg, mais évidemment... c’est valable bien au-delà, hélas...

  • L’équipe de Basta fait sa rentrée aujourd’hui ! Va-t-on assister à ...
    https://diasp.eu/p/11575238

    L’équipe de Basta fait sa rentrée aujourd’hui !

    Va-t-on assister à la fin de l’école, avec le développement des enseignements à distance différenciés selon les élèves ? Plusieurs enseignants, chercheurs et syndicalistes redoutent un abandon des enfants les moins favorisés. #education #enseignement #distance #inégalités #rentréescolaire #rentrée2020

    https://www.bastamag.net/ecole-a-distance-rentree-scolaire-visioconference-cours-en-ligne-confineme

  • Ébauche de plan anti-démotivation de rentrée – Green is my happy colour
    https://greenismyhappycolour.wordpress.com/2020/08/20/ebauche-de-plan-anti-demotivation-de-rentree

    Comme le jour J arrive, j’essaye de retrouver un peu de poil de la bête 🙂 et cet article va me permettre à la fois de m’obliger à réfléchir et chercher des solutions (par moi-même, à défaut que ça tombe d’en-haut). J’espère que cela pourra vous aider aussi à appréhender cette reprise angoissante 😦 surtout si comme moi le contexte a tendance à vous bloquer. L’échange est notre meilleur moteur 🙂 !!

    #prof_doc #rentrée2020

  • US students’ visa: We are at the government’s mercy

    The US government has said that international students could face have their visa revoked if their courses switch to virtual learning. With potential costs increasing and uncertainty around travel bans during the pandemic, four students from around the world told us about their fears of not being able to continue studies in America.

    https://www.instagram.com/tv/CCeIhBwp1wS/?igshid=10f6myfgu1tu3
    #visas #USA #Etats-Unis #étudiants #visas_étudiants #étudiants_internationaux #distanciel #rentrée_2020