• Comment changer le cours de l’#histoire | Eurozine
    https://www.eurozine.com/comment-changer-le-cours-de-lhistoire

    Depuis des siècles, le récit expliquant les origines de l’#inégalité sociale est simple. Pendant la plus grande partie de leur histoire, les hommes vécurent dans des petits groupes égalitaires de #chasseurs-cueilleurs. Puis vint l’#agriculture, accompagnée de la #propriété privée, puis la naissance des #villes signifiant l’émergence de la #civilisation à proprement parler. Si la civilisation eut bien des aspects déplorables (les guerres, les impôts, la bureaucratie, la patriarchie, l’esclavage, etc.), elle rendit également possibles la littérature écrite, la science, la philosophie et la plupart des autres grands accomplissements humains.

    Tout le monde, ou presque, connaît les grandes lignes de cette histoire. Depuis l’époque de Jean-Jacques #Rousseau, au moins, elle a informé notre conception de la forme générale et de la direction de l’histoire humaine. Cela est d’autant plus important que ce #récit définit dans le même temps ce que nous percevons comme nos possibilités #politiques. La plupart d’entre nous considère la civilisation, et donc l’inégalité, comme une triste nécessité. Certains rêvent du retour à un #passé #utopique, de la découverte d’un équivalent industriel au “#communisme primitif” ou même, dans les cas les plus extrêmes, de la destruction complète de la civilisation et du retour à une vie de cueillette. Personne, cependant, ne remet en cause la structure élémentaire de cette histoire.

    Et pourtant, ce récit est fondamentalement problématique.

    Car il n’est pas vrai.

    • Pfiou je viens enfin de finir cet article de vulgarisation de l’actualité des connaissances archéo-anthropologiques (oui ça fait deux semaines que je le lis en plusieurs fois…). Il est vraiment super important, je trouve !

      Le premier pavé dans la mare sur notre liste concerne les origines et l’étendue de l’agriculture. La vision selon laquelle celle-ci a constitué une transition majeure dans les sociétés humaines ne repose plus sur aucun fondement solide. Dans les parties du monde où plantes et animaux furent d’abord domestiqués, il n’y eut en fait aucun “revirement” discernable du Cueilleur du Paléolithique à l’Agriculteur du Néolithique. La “transition” entre une vie reposant essentiellement sur des ressources sauvages à une autre fondée sur la production alimentaire s’étendit spécifiquement sur quelque chose comme trois mille ans. Alors que l’agriculture mit au jour la possibilité de concentrations de la richesse plus inégales, dans la plupart des cas, ceci ne commença que des millénaires après ses débuts. Entre les deux périodes, des individus dans des zones aussi retirées que l’Amazonie et le Croissant fertile du Moyen-Orient s’essayaient à l’agriculture pour voir ce qui leur convenait, une “agriculture ludique” si l’on veut, alternant annuellement entre les modes de production, autant qu’ils allaient et venaient en matière de structures sociales.

      […]

      Selon toute évidence, cela n’a plus aucun sens d’utiliser des expressions comme “la révolution agricole” lorsque l’on traite de processus aussi démesurément longs et complexes. Comme il n’y eut pas d’État semblable à l’Éden, à partir duquel les agriculteurs purent démarrer leur marche vers l’inégalité, il y a encore moins de sens à parler de l’agriculture comme ce qui donna naissance aux rangs et à la propriéte privée. S’il y a une chose à dire, c’est que c’est parmi ces populations – les peuples du “Mésolithique” – qui refusèrent l’agriculture pendant les siècles de réchauffement de l’Holocène précoce, que l’on trouve une stratification s’enracinant progressivement

      […]

      Dans au moins certains cas, comme au Moyen-Orient, les premiers agriculteurs semblent avoir consciemment développé des formes alternatives de communauté, pour accompagner leur mode de vie de plus plus intensif en travail. Ces sociétés néolithiques semblent remarquablement plus égalitaires lorsqu’on les compare à celles de leurs voisins chasseurs-cueilleurs, avec une hausse spectaculaire de l’importance économique et sociale des femmes, clairement reflétée dans leur vie rituelle et leurs arts

      […]

      Ces découvertes récentes montrent combien nos connaissances de la distribution et de l’origine des premières villes sont faibles, et combien aussi ces villes sont beaucoup plus vieilles que les systèmes de gouvernement autoritaire et d’administration par l’écrit que nous supposions jusqu’alors nécessaires à leur fondation. Et dans les centres mieux établis de l’urbanisation – la Mésopotamie, la vallée de l’Indus, le bassin de Mexico – il y a de plus en plus de preuves que les premières villes étaient organisées selon des règles consciemment égalitaires, les conseils municipaux conservant une autonomie significative par rapport au gouvernement central. Dans les deux premiers cas, les villes avec des infrastructures civiques sophistiquées fleurissaient pendant plus d’un demi-millénaire, sans aucune trace de sépultures et monuments royaux, sans grandes armées ou autres moyens de coercition à grande échelle, ni indice d’un contrôle bureaucratique direct sur la vie de la plupart des citoyens.

      […]

      Les cités égalitaires, même les régions confédérées, sont des lieux communs historiques. Ce que ne sont pas les familles et ménages égalitaires. Une fois que le verdict historique sera tombé, nous verrons que la perte la plus douloureuse des libertés humaines commença à petite échelle – au niveau des relations de genre, des groupes d’âge et de la servitude domestique – c’est-à-dire le type de relations où la plus grande intimité s’accompagne simultanément des plus profondes formes de violence structurelle. Si nous voulons vraiment comprendre comment il est devenu un jour acceptable pour les uns de transformer la richesse en pouvoir, et pour les autres de se faire dire que leurs besoins et que leurs vies ne comptaient pas, c’est bien là qu’il faudrait regarder. C’est là aussi, prédisons-nous, que le travail, le plus âpre qui soit, de création d’une société libre, devra se dérouler.

      BAM !!!

      #anthropologie #archéologie #vulgarisation #Histoire #préhistoire #structure_sociale #État #inégalité #David_Graeber #David_Wengrow #Rousseau #chasseurs-cueilleurs #agriculture
      critique de #Jared_Diammond et #Francis_Fukuyama entre autre
      @nicolasm :)



  • Avec #Rousseau sur la « Thrill Walk »

    Dans les #Alpes, tout nouveau projet de pont suspendu ou de plateforme panoramique se voit aussitôt reprocher d’utiliser la montagne à des fins événementielles ou de la brader à l’industrie du divertissement. Pourtant, les investissements techniques sont indissociables du tourisme et même les pionniers de la découverte des Alpes étaient en quête de sensations fortes.

    Il ne doit pas obligatoirement s’agir d’une piste de ski desservant directement une chapelle, d’un zoo pour pingouins sur un sommet à 2500 mètres ou du plus grand escalier au monde : même des projets passés quasi inaperçus suscitent l’indignation. L’été dernier, l’organisation #Rigi_Plus, qui réunit 24 entreprises touristiques, a présenté son projet phare : deux cents pages où il est question de l’« espace de vie » du #Rigi et de son « positionnement durable ». L’idée est de proposer aux touristes des activités plus attrayantes sur ce traditionnel sommet panoramique et d’offrir aux prestataires de meilleures perspectives économiques. Par exemple un nouveau site web, un système de réservation pour toutes les destinations de la région, une identité visuelle uniforme.

    Mais ce n’est pas tout. « Aujourd’hui, monter au sommet, profiter de la vue plongeante et du panorama ne suffit plus », explique Stefan Otz, directeur des Rigi Bahnen, la plus grande entreprise du Rigi. On est venu le chercher à Interlaken où il était directeur du tourisme. Il est à présent chargé de donner un nouvel élan au Rigi. Il parle d’« installations de #divertissement », d’un hôtel de cabanes dans les arbres, d’une tour panoramique en forme de pomme de pin et d’un chalet avec une fromagerie ouverte au public et une distillerie d’eau-de-vie.

    Il précise qu’il n’est pas question d’ouvrir des lieux préservés au #tourisme_de_masse et que les projets devront s’intégrer à l’environnement. Il n’a cependant pas réussi à éviter l’orage qui s’est déclenché peu après, d’abord dans les courriers des lecteurs, puis au sein d’un public plus large : des défenseurs des Alpes, politiciens, architectes, entrepreneurs, scientifiques et personnalités comme l’humoriste Emil Steinberger se sont opposés dans une pétition en ligne à une transformation néfaste du Rigi, qui en ferait un « Disneyland accueillant plus d’un million de touristes par an ». Aujourd’hui, 750 000 passagers empruntent chaque année les #Rigi_Bahnen. Les pétitionnaires ne voulaient pas d’attractions artificielles signant la vente du Rigi à prix cassé.

    « Un afflux massif de touristes »

    S’agit-il vraiment de brader le Rigi ? Peut-on brader une montagne utilisée à des fins touristiques depuis si longtemps déjà ? Cela fait deux cents ans que le Rigi est devenu une destination prisée. Dès 1816, on y a un construit un point de vue abrité, puis un belvédère en 1820 et enfin le premier train à crémaillère d’Europe en 1871. La « reine des montagnes », comme on l’appelle, a été prise d’assaut par les touristes dès le XIXe siècle, époque pourtant supposée paisible. L’« Écho du Rigi » relate un afflux véritablement massif de touristes lors de la première saison du train de montagne et raconte que des visiteurs auraient même passé la nuit dans les couloirs de l’hôtel qui comptait alors un peu plus de mille lits. Trois ans plus tard, plus de 100 000 visiteurs empruntaient le train pour gravir la montagne.

    #Mark_Twain a décrit ce qu’il se passe au sommet : non seulement le légendaire lever de soleil, mais aussi le non moins légendaire attroupement de touristes venus profiter de ce spectacle. Lorsqu’en 1879, il fait l’ascension du Rigi à pied au départ de Weggis, l’écrivain américain entend pour la première fois le célèbre jodel des Alpes dans son environnement traditionnel : la nature sauvage de la montagne. Mais son plaisir est gâché, car il croise alors toutes les dix minutes un jodleur qui lui tend son chapeau pour quelques pièces en échange de sa prestation. Après le quatrième, cinquième, sixième jodleur, il achète le silence des suivants en leur donnant un franc. Il trouve que dans ces conditions, on arrive vite à saturation.
    Sensations fortes en montagne

    Il est légitime de se demander jusqu’où l’on vend la montagne et à partir de quand on la brade. Pour les détracteurs du projet phare du Rigi, il faut s’arrêter lorsque les attractions deviennent artificielles et transforment la montagne en « Disneyland ». Ce terme sert d’épouvantail pour dénoncer les créations factices et interchangeables de l’industrie du divertissement dans les Alpes. Et cela ne concerne pas que le Rigi. On a aussi dénoncé les dégâts de la #disneylandisation lors de la construction du plus haut #pont_suspendu d’Europe sur le #Titlis et du premier pont suspendu entre deux sommets aux #Diablerets. Il en a été de même lorsque la #Schilthornbahn a inauguré la « #Thrill_Walk » au-dessous de la station intermédiaire : une passerelle métallique à flanc de paroi composée d’une partie grillagée et d’un pont en verre sous lequel s’ouvre un vide de deux cents mètres. La publicité vante des sensations fortes et authentiques. Si les destinations touristiques gagnent en notoriété et se distinguent de leurs concurrents avec de telles inventions, les organisations de protection déplorent la transformation des Alpes en parc d’attractions. Fondée par des alpinistes engagés, l’association Mountain Wilderness demande plus de calme et de tranquillité dans les montagnes, plus d’espace pour des expériences naturelles et l’arrêt du développement des capacités touristiques.

    Mais on peut se demander ce qu’est une expérience naturelle en montagne. D’autant plus que les promoteurs de nouveaux ponts suspendus, plateformes panoramiques, passerelles, parcs d’accrobranche, descentes à VTT, tyroliennes ou luges d’été parlent exactement de la même chose et veulent aussi de l’« authentique » (Stefan Otz, Rigibahnen) et de l’« exceptionnel » (Christoph Egger, Schilthornbahn).

    #Haller et #Rousseau, les premiers incitateurs

    Dans la lutte pour l’« #authenticité » en #montagne, on oublie bien vite que dès les débuts innocents du tourisme, des infrastructures, des installations de divertissement payantes, des supports artificiels pour vivre des expériences ont donné lieu aux aventures apparemment les plus naturelles, qui étaient alors aussi controversées qu’aujourd’hui.

    C’était l’époque des chaussures cloutées, des malles-poste et des randonnées sous ombrelle. Et de la Suisse connue pour la beauté de ses montagnes préservées de la civilisation et peuplées de bergers et paysans vertueux. C’est en tout cas ainsi qu’#Albrecht_von_Haller (dans son poème « Les Alpes » en 1729) et que #Jean-Jacques_Rousseau (dans son roman « Julie ou La Nouvelle Héloise » en 1761) les ont décrites. Ces deux penseurs et poètes sont à l’origine de l’enthousiasme international pour la Suisse et ses montagnes : les visiteurs furent attirés par la promesse d’un état originel de la nature et des hommes. Ils étaient en quête d’authenticité.

    Néanmoins, un curiste du nord de l’Allemagne dénonça déjà peu après la recherche du profit dans l’économie du tourisme et une réalité inondée par des objets de souvenir en toc. Il n’y avait pas encore de cartes postales à l’époque de Biedermeier, mais ce curiste raconte avoir reçu plus de trente représentations (dessins, gravures, aquarelles) d’une « seule région de l’Oberland bernois ». Il imagine qu’il doit en exister encore plus d’autres sites célèbres et admirés, et qu’il sera donc sans doute bientôt nécessaire que la nature créer de nouvelles montagnes ou en détruise d’anciennes pour renouveler les sources d’inspiration des peintres paysagers et des graveurs sur cuivre. Selon lui, on ne cherche plus à faire découvrir le pays, mais uniquement des sensations artificielles sur le pays !

    C’était en 1812. Cet Allemand n’était certes que le héros et narrateur à la première personne du roman « Die Molkenkur » d’#Ulrich_Hegner, homme politique et écrivain de Winterthour, dont la satire de la « nature et des créations artistiques helvétiques » s’inscrit dans un contexte réel : le malaise généralisé provoqué par l’aspect artificiel des expériences touristiques.

    Par ailleurs, tout le monde n’a pas le talent de Rousseau ou de Haller pour éprouver des émotions romantiques. Ils y parviennent d’ailleurs aussi grâce aux organismes touristiques qui ont commencé très tôt à installer des dispositifs techniques en montagne : sentiers, bancs, terrasses, balustrades, tables d’orientation, qualifiés par l’historien Daniel Speich d’« aides à l’observation ». Ce sont des installations qui orientent le regard du visiteur sur le paysage et ses attractions de façon à ce qu’il voie ce qu’il s’attend à voir. Ainsi, même une simple observation des montagnes devient une expérience calculée et standardisée, et par conséquent « artificielle », mais néanmoins aucunement altérée.
    Les montagnes en peinture

    « On pourrait dire que tout est nature dans les Alpes. Mais la possibilité de voir cette nature est toujours liée à une infrastructure », déclare Bernhard Tschofen, spécialiste en sciences culturelles. Il a participé à l’exposition « La beauté des montagnes » à travers laquelle le Musée alpin de Berne présente actuellement l’image typique des Alpes suisses vue par les peintres. C’est un idéal, un cliché populaire qui magnifie les Alpes en tant qu’espace préservé de la civilisation moderne. Selon Bernhard Tschofen, l’essor des constructions de trains à crémaillère a été systématiquement suivi d’un boom des peintures de montagne. Les artistes ont précisément banni de leurs représentations tout équipement technique grâce auquel ils pouvaient embrasser du regard les montagnes.

    À l’instar de Ferdinand Hodler. Ce peintre, dont on célèbre cette année le centenaire de sa mort, a passé régulièrement ses vacances dans l’Oberland bernois dès 1879. C’est là qu’il a peint un grand nombre de ses paysages alpins ; en utilisant souvent les mêmes routes et les mêmes points de vue que les touristes. Il a par exemple exploré la région d’Interlaken avec les nouveaux moyens de transport de l’époque. Le train à crémaillère de Schynige Platte l’a conduit aux points de vue sur les lacs de Thoune et de Brienz. Inauguré en 1891, le chemin de fer à crémaillère de Lauterbrunnen à Mürren a offert non seulement une nouvelle attraction aux touristes, mais aussi le motif de carte postale « La Jungfrau » au peintre. Il s’y est rendu pour la première fois en 1895, puis de nouveau durant les étés de 1911 et 1914. Il a peint au total treize variantes du massif de la Jungfrau, présentant évidemment des nuances de couleurs, de contrastes, de textures, d’atmosphère. Mais ces treize variantes ont toutes un point commun : Ferdinand Hodler se trouvait là où étaient les touristes et a peint les différents points de vue depuis différentes gares. Il a pris le train pour observer la Jungfrau comme il le souhaitait.

    C’est le paradoxe qui définit tant les peintures de montagne que le tourisme depuis ses débuts : promettre des expériences uniques tout en les transformant inévitablement en des installations de divertissement reposant sur des moyens techniques. Il est donc difficile d’établir une distinction entre les expériences « naturelles » et « artificielles », même si celle-ci est au cœur des débats actuels animés sur les nouvelles attractions en montagne.

    De nos jours, le divertissement et les frissons n’ont pas bonne presse. C’est pourtant précisément ce que les Alpes offrent depuis les prémices de l’engouement pour la montagne : des sensations fortes. Peu après 1700, le journaliste Joseph Addison a entrepris un voyage en Europe. Lorsqu’il a séjourné au lac Léman face aux gigantesques montagnes, un univers de roche et de glace, il a été saisi par la sensation qui a joué ensuite un rôle décisif dans la commercialisation du tourisme : le grand frisson, une sorte d’effroi agréable face à la force de la nature.

    Enfin Jean-Jacques Rousseau, connu pour avoir prôné le retour à la nature et qui est devenu une référence pour les expériences naturelles et spirituelles en montagne, raconte en 1781 dans ses « Confessions » une randonnée remarquable dans les Alpes savoyardes : « Au-dessous du grand chemin taillé dans le roc, à l’endroit appelé Chailles, court et bouillonne dans des gouffres affreux une petite rivière qui paraît avoir mis à les creuser des milliers de siècles. » Le chemin lui-même est moderne et a été bordé « d’un parapet, pour prévenir les malheurs ». Le philosophe est alors épris exactement du même désir que le public d’aujourd’hui sur la paroi à pic du Schilthorn : frissonner en plongeant son regard dans le précipice. Il écrit : « Cela faisait que je pouvais contempler au fond, et gagner des vertiges tout à mon aise. » Le chemin de Rousseau est une « Thrill Walk ». Et le parapet est la prothèse qui rend possible son aventure sensationnelle, confortablement et sans le moindre risque : « Et j’aime beaucoup ce tournoiement, pourvu que je sois en sûreté. »


    https://www.revue.ch/fr/editions/2018/04/detail/news/detail/News/avec-rousseau-sur-la-thrill-walk
    #montagne #Suisse #tourisme #représentations #géographie_culturelle #histoire


  • Émile et Sophie : malaise dans la philosophie | Malaises dans la lecture
    http://malaises.hypotheses.org/174

    On m’avait confié pour un remplacement à l’année deux classes de STG (Sciences et technologies de la gestion).

    Celles et ceux qui ont enseigné en lycée technique savent à quel point la pratique de la philosophie peut y être complexe. Ces #classes, souvent assez nombreuses en effectif, sont composées #d’élèves qui ont régulièrement un rapport douloureux à la lecture et à l’écriture, et dont les préoccupations quotidiennes sont très éloignées de ce que nous sommes supposés leur faire faire.

    Le livre V et notamment les passages sur l’éducation de Sophie sont en première lecture d’un #sexisme répugnant.

    #Rousseau

    C’était d’autant plus difficile pour moi d’aborder cet aspect de l’œuvre que 1) je me définis volontiers comme #féministe non-essentialiste et 2) j’avais affaire à des classes majoritairement féminines (la proportion hommes/femmes en STG est souvent déséquilibrée, et c’était le cas dans ce lycée). Je me voyais mal lire sans le questionner un texte identifiant et limitant la femme à son rôle de care devant des femmes !



  • Alors qu’on annonce #Edouard_Philippe premier ministrable de #Emmanuel_Macron, rappelons qu’il est le personnage principal de EDOUARD, MON POTE DE DROITE, #documentaire (2016, 82 minutes) de #Laurent_Cibien destiné à suivre sa carrière politique pendant des années, avec un regard amical et critique, celui d’un « pote de gauche »...,
    http://www.lardux.net/article675

    Pendant l’hiver 2014, Edouard Philippe est en campagne pour conserver son siège de maire du Havre. A 43 ans, Edouard est déjà un professionnel aguerri de la politique : il a appris auprès d’Alain Juppé, dont il est resté un des fidèles, à la création de l’UMP. Durant 3 mois, de l’annonce de sa candidature aux résultats, je l’observe, non seulement dans son action publique, mais aussi dans les coulisses : lorsqu’il constitue sa liste, parle stratégie à ses colistiers. Dans l’intimité de son grand bureau de maire, nos conversations portent sur son désir de pouvoir, sur l’essence même de ce qui constitue, à ses yeux, le pouvoir. Edouard a beau être de droite, c’est un vieux pote de lycée, et mon regard sur lui mélange l’affection du copain et de distance du cinéaste profondément ancré à gauche. Ce film est le premier d’une série au long cours sur la fabrique du pouvoir...

    https://vimeo.com/ondemand/edouardmonpotededroite


  • https://www.cairn.info/resume.php?ID_ARTICLE=HERM_064_0184

    Du consensus de cœur au consensus des arguments : la conception de la démocratie chez Rousseau et Habermas

    Résumé de l’article :

    Rousseau et Habermas viennent confirmer l’appréhension de la démocratie, ce régime politique révolutionnaire, en la considérant comme la forme rationnelle de gestion consensuelle des affaires publiques de la société des êtres humains. En révélant leurs conceptions de la démocratie, ces penseurs vont prôner un consensus particulier. Pour Rousseau, la démocratie est favorable au consensus de cœur en permettant aux citoyens d’être des citoyens magistrats dans le processus de démocratisation de la société. Quant à Habermas, il va prôner un consensus des arguments en démocratie. Sans doute, la participation, sur la base de la logique informelle ou théorie de l’argumentation, permet-elle à la délibération de donner à la démocratie radicale toute sa crédibilité.

    #démocratie #Rousseau #Habermass #philosophie #consensus #accord


  • Schlomo Sand : « Je ne suis pas #Charlie » - [UJFP]
    http://www.ujfp.org/spip.php?article3768

    En 1886, fut publiée à Paris La France juive d’Edouard Drumont, et en 2014, le jour des attentats commis par les trois idiots criminels, est parue, sous le titre : Soumission, « La France musulmane » de Michel Houellebecq. La France juive fut un véritable « bestseller » de la fin du 19ème siècle ; avant même sa parution en librairie, Soumission était déjà un bestseller ! Ces deux livres, chacun en son temps, ont bénéficié d’une large et chaleureuse réception journalistique. Quelle différence y a t’il entre eux ? Houellebecq sait qu’au début du 21ème siècle, il est interdit d’agiter une menace juive, mais qu’il est bien admis de vendre des livres faisant état de la menace musulmane. Alain Soral, moins futé, n’a pas encore compris cela, et de ce fait, il s’est marginalisé dans les médias… et c’est tant mieux ! Houellebecq, en revanche, a été invité, avec tous les honneurs, au journal de 20 heures sur la chaine de télévision du service public, à la veille de la sortie de son livre qui participe à la diffusion de la haine et de la peur, tout autant que les écrits pervers de Soral.

    Un vent mauvais, un vent fétide de racisme dangereux, flotte sur l’Europe : il existe une différence fondamentale entre le fait de s’en prendre à une religion ou à une croyance #dominante dans une société, et celui d’attenter ou d’inciter contre la religion d’une minorité #dominée. Si, du sein de la civilisation judéo-musulmane : en Arabie saoudite, dans les Emirats du Golfe s’élevaient aujourd’hui des protestations et des mises en gardes contre la religion dominante qui opprime des travailleurs par milliers, et des millions de femmes, nous aurions le devoir de soutenir les protestataires persécutés. Or, comme l’on sait, les dirigeants occidentaux, loin d’encourager les « #voltairiens et les #rousseauistes » au Moyen-Orient, apportent tout leur soutien aux régimes religieux les plus répressifs.

    En revanche, en France ou au Danemark, en Allemagne ou en Espagne où vivent des millions de travailleurs #musulmans, le plus souvent affectés aux tâches les plus pénibles, au bas de l’#échelle_sociale, il faut faire preuve de la plus grande prudence avant de critiquer l’islam, et surtout ne pas le ridiculiser grossièrement. Aujourd’hui, et tout particulièrement après ce terrible massacre, ma sympathie va aux musulmans qui vivent dans les ghettos adjacents aux métropoles, qui risquent fort de devenir les secondes victimes des meurtres perpétrés à Charlie Hebdo et dans le supermarché Hyper casher. Je continue de prendre pour modèle de référence le « Charlie » originel : le grand Charlie Chaplin qui ne s’est jamais moqué des #pauvres et des non instruits.

    De plus, et sachant que tout texte s’inscrit dans un contexte, comment ne pas s’interroger sur le fait que, depuis plus d’un an, tant de soldats français sont présents en Afrique pour « combattre contre les djihadistes », alors même qu’aucun débat public sérieux n’a eu lieu en France sur l’utilité où les dommages de ces interventions militaires ? Le gendarme colonialiste d’hier, qui porte une responsabilité incontestable dans l’héritage chaotique des frontières et des régimes, est aujourd’hui « rappelé » pour réinstaurer le « droit » à l’aide de sa force de gendarmerie néocoloniale. Avec le gendarme américain, responsable de l’énorme destruction en Irak, sans en avoir jamais émis le moindre regret, il participe aux bombardements des bases de « daesch ». Allié aux dirigeants saoudiens « éclairés », et à d’autres chauds partisans de la « liberté d’expression » au Moyen-Orient, il préserve les frontières du partage illogique qu’il a imposées, il y a un siècle, selon ses intérêts impérialistes. Il est appelé pour bombarder ceux qui menacent les précieux puits de pétrole dont il consomme le produit, sans comprendre que, ce faisant, il invite le risque de la terreur au sein de la métropole.


  • Jean-Jacques Rousseau traduit en arabe

    Près de trois siècles après une première traduction en Égypte de l’œuvre de Jean-Jacques Rousseau, un petit cercle d’intellectuels marocains a traduit une sélection de ses écrits politiques. À l’origine de leur initiative, la conviction que la notion d’universalité a sa place dans la pensée arabe.

    http://orientxxi.info/lu-vu-entendu/jean-jacques-rousseau-traduit-en,0451

    Pour [Abdesselam] Cheddadi [l’historien qui a piloté la traduction de l’ouvrage], l’universalité des écrits du philosophe suisse ne fait pas l’ombre d’un doute : « La pensée de Rousseau est indéniablement universelle. Les Arabes savent bien ce qu’est l’universalité d’une pensée, eux qui ont offert au monde des théories mathématiques. » Cette traduction vient aussi comme pour combler un vide, ou plutôt, corriger un tir. « Du Contrat social a été traduit en arabe en Égypte en 1837. En Chine, les premières traductions de Rousseau n’ont été réalisées qu’en 1898. Le monde arabe, en pleine Nahda, avait pris les devants. Puis, assez vite, l’effort de traduction a continué dans beaucoup de langues, alors qu’il a cessé en arabe », explique-t-il.

    Selon [Abdellah] Belghiti [directeur de la revue Al-azmina al-hadîtha ( Les Temps Modernes )], qui qualifie la publication d’« action politique », il semble évident que son intérêt est décuplé « au vu des bouleversements que vivent les mondes arabe et méditerranéen ». Moulay Ismaïl Alaoui abonde dans son sens : « À l’heure où des luttes intenses se dessinent, la pensée de Rousseau apparaît comme un outil nécessaire au monde arabe. »

    #Rousseau #philosophie #langue_arabe #traduction #Maroc


  • Le Monde diplomatique, octobre 2012 (#2012/10)
    –------- en accès libre --------
    http://www.monde-diplomatique.fr/2012/10

    La compétitivité, un mythe ; #idéologie #néolibéralisme
    migrants africains en route pour Johannesburg ; #migrations
    dossier : fièvre électorale aux #Etats-Unis ; #élections
    l’#arabe, une « #langue de France » sacrifiée ;
    pour une #Europe de gauche ;
    #Philippines, terres à vendre ;
    la tuerie de Marikana ; #Afrique_du_Sud
    repli de la #francophonie ;
    #Colombie, la paix possible ;
    les #Tsiganes ne sont pas des nomades ;
    jeunes révoltés du Rif ; #Maroc
    milices en #Libye ;
    les révolutions de #Rousseau ;
    Julian Assange, asile et extradition ; #whistleblower
    supplément : la #gratuité, un projet de société


  • "Longue rencontre entre #Nicolas#Klotz, #Elisabeth_Perceval et #Jean-Luc_Nancy à Strasbourg, en 2009, dans la maison du philosophe, autour de son livre « Vérité de la démocratie ».
    Première partie
    http://vimeo.com/26750517

    Extrait de l’article suivant qui revient sur le livre de Jean Luc Nancy
    http://www.humanite.fr/node/49755

    Positivement, il s’agissait donc d’outrepasser cette « culture de calcul général - nommée "capital" », pour ouvrir (ou rouvrir) la possibilité de ce « partage de l’incalculable » sans lequel aucune démocratie n’a la moindre chance de tenir la promesse qu’elle recèle. Pour avoir fait peu de cas du « sans-valeur », de ce qui est « hors de toute valeur mesurable », les démocraties occidentales avaient abandonné au capitalisme la gestion du bien commun, s’exposant à une contestation sans mesure. Telle fut peut-être, selon Jean-Luc Nancy, l’inspiration critique la plus profonde du mouvement de 68, qui ne pouvait donc qu’en appeler à l’excès sous toutes ses formes. Cet excès, en définitive, n’est autre que celui qui fait la « vérité de la démocratie », à condition de ne pas faire de la démocratie le nom d’un régime politique parmi d’autres, mais justement l’emblème de ce franchissement des limites de toutes les formes politiques données. À ce titre, Vérité de la démocratie est à lire dans le prolongement de tous les livres où Jean-Luc Nancy a retracé les contours du problème politique, de la Communauté désoeuvrée à la Communauté affrontée en passant par Être singulier pluriel, pour ne citer que quelques titres majeurs.

    Deuxième partie
    http://vimeo.com/30547200

    #68 #Politique #Régime #Démocratie #Etat #Communisme #Socialisme #Philosophie #Rousseau #Marx #Livre #Vidéo


  • Boycotté par #Google_Suggest : quelle faute a donc commis « Rousseau » ? | Rue89
    http://www.rue89.com/2013/02/25/quelle-faute-commis-rousseau-pour-etre-boycotte-par-google-suggest-240010 via @xporte

    « Rousseau » peut être une simple anomalie montrant que Google pourrait faire preuve d’imperfection – ce ne sont que des humains après tout. Mais, comme l’explique Guillaume Sire :

    « Il n’y a pas technique et bug d’un côté, et gestion humaine de l’autre ; en réalité, tout est lié. Il y a donc forcément une raison expliquant cette anomalie. Il faut savoir que, s’ils le voulaient, les ingénieurs pourraient remédier à cela en dix minutes. »

    Bon, je vais pas me plaindre que google suggest ne fonctionne pas assez bien, mais c’est vrai que c’est bizarre.
    #Rousseau #algorithme


  • Rousseau - L’intégrale
    http://www.rousseauonline.ch/home.php via @piotrr70

    rousseauonline.ch donne accès à l’ensemble des œuvres de Jean-Jacques #Rousseau (1712-1778) dans leur première édition de référence, en 17 volumes in-4°, et près de 10’000 pages, souhaitée par l’auteur et publiée à Genève entre 1780 et 1789. Les textes sont accessibles à la lecture en ligne et disponibles gratuitement au téléchargement au format PDF et au format Epub (smartphones, tablettes, liseuses, etc.). Les textes et les illustrations sont placés sous licence Creative Commons.


    Le texte comprend la numérotation originale des pages. Chaque numéro de page est relié par hyperlien à une image haute définition de la page originale. Le lecteur peut ainsi librement naviguer entre le texte numérique et les images des pages en papier du XVIIIe siècle.

    #ebook #littérature #philosophie


  • C’est le tricentenaire de la naissance de Jean-Jacques Rousseau le 28 juin (1712-2012). L’homme n’est pas un loup pour l’homme, non !
    Oh Les Timbres a inscrit des liens pour cette commémoration exceptionnelle dans sa colonne de droite.


    #Rousseau #Chambéry #Genève #Suisse #Philosophie #Lumières
    http://jd-mestimbres.blogspot.fr


  • Les rêveries de l’électeur solitaire | Jean-Paul Jouary
    http://owni.fr/2012/04/20/les-reveries-de-l%e2%80%99electeur-solitaire

    #Socrate convoqué au moment du #vote. Et les rêveries chères à #Rousseau élevées au rang de sagesse électorale. Veille de scrutin présidentiel oblige, la #philosophie de la semaine cherche le sens de l’humanité dans l’isoloir. Avec pour petite ambition de savoir se déterminer dans le silence de ses propres passions. Le plus important des programmes.

    #Chronique #Politique #Pouvoirs #citoyenneté #démocratie #Elections_présidentielles #Jean-Paul_Jouary


  • Les urnes seront-elles funéraires ? | Jean-Paul Jouary
    http://owni.fr/2012/03/15/les-urnes-seront-elles-funeraires

    Agitation de campagne, les référendum proposés par le président-candidat constituent un élément d’une « stratégie du choc ». Au-delà de la communication, c’est aussi l’idée même de la #démocratie qui est foulée aux pieds.

    #Chronique #Politique #Pouvoirs #grèce #Jean-Paul_Jouary #naomi_klein #philosophie #Rousseau


  • « Une poignée de gens regorgent de superfluités, tandis que la multitude affamée manque du nécessaire. » Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes/Seconde partie - Wikisource
    http://fr.wikisource.org/wiki/Discours_sur_l%E2%80%99origine_et_les_fondements_de_l%E2%80%99in%C3%A9galit%C3%A9_parmi_les_hommes/Seconde_partie

    J’ai tâché d’exposer l’origine et le progrès de l’inégalité, l’établissement et l’abus des sociétés politiques, autant que ces choses peuvent se déduire de la nature de l’homme par les seules lumières de la raison, et indépendamment des dogmes sacrés qui donnent à l’autorité souveraine la sanction du droit divin. Il suit de cet exposé que l’inégalité, étant presque nulle dans l’état de nature, tire sa force et son accroissement du développement de nos facultés et des progrès de l’esprit humain et devient enfin stable et légitime par l’établissement de la propriété et des lois. Il suit encore que l’inégalité morale, autorisée par le seul droit positif, est contraire au droit naturel, toutes les fois qu’elle ne concourt pas en même proportion avec l’inégalité physique ; distinction qui détermine suffisamment ce qu’on doit penser à cet égard de la sorte d’inégalité qui règne parmi tous les peuples policés ; puisqu’il est manifestement contre la Loi de Nature, de quelque manière qu’on la définisse, qu’un enfant commande à un vieillard, qu’un imbécile conduise un homme sage, et qu’une poignée de gens regorge de superfluités, tandis que la multitude affamée manque du nécessaire.

    #rousseau #multitude #inégalités #révolution