• Un projet de base navale russe sur la côte soudanaise inquiète les États-Unis

    La Russie considère depuis longtemps le Soudan comme une porte d’entrée pour extraire l’or de l’Afrique et accéder à une voie navigable stratégique

    https://www.middleeasteye.net/fr/actu-et-enquetes/soudan-russie-base-navale-mer-rouge-golfe-aden-wagner-or

    Les États-Unis ont réitéré leurs inquiétudes concernant un accord qui permettrait à la Russie de construire une base navale sur la côte soudanaise de la mer Rouge, donnant potentiellement au Kremlin l’accès une voie navigable stratégique à un moment de tensions accrues avec l’Occident à propos de la guerre en Ukraine.

    Mardi, John Godfrey, l’ambassadeur des États-Unis au Soudan, a soulevé la question dans une interview au journal soudanais Al-Tayar, déclarant : « Si le gouvernement du Soudan décide de procéder à l’établissement de cette installation, ou de la renégocier, cela sera préjudiciable aux intérêts du Soudan. »

    Le Soudan a signé l’accord permettant à Moscou de construire une base capable d’accueillir des navires à propulsion nucléaire, sous l’administration du président Omar el-Béchir, qui a été démis de ses fonctions en 2019.

    Selon cet accord, la Russie doit louer le site pour 25 ans et pourrait prolonger l’accord de dix ans supplémentaires. Elle aurait accès aux eaux chaudes de la mer Rouge et au goulot d’étranglement du commerce international qu’est le détroit de Bab el-Mandeb (qui relie la mer Rouge au golfe d’Aden).

    Les puissances mondiales convoitent depuis longtemps des bases sur la mer Rouge pour se projeter et protéger leurs intérêts commerciaux. Djibouti, au sud du Soudan, abrite des bases militaires chinoise, française, italienne et japonaise. En 2016, la Chine a ouvert son premier avant-poste militaire à l’étranger à Djibouti.

    La région est aussi un terrain de jeu pour les États du Golfe. L’Arabie saoudite et l’Égypte ont déjà accès à la mer Rouge depuis leurs côtes. La Turquie, le Qatar et les Émirats arabes unis se disputent également l’influence dans la région.

    La Turquie exploite une base d’entraînement pour les troupes somaliennes à Mogadiscio. En 2017, elle a signé un accord avec le Soudan pour la restauration de l’île de Suakin, une ancienne possession ottomane sur la côte de la mer Rouge.

    Les Émirats arabes unis ont établi une base dans le port érythréen d’Assab en 2015. Ils ont utilisé l’installation comme point de lancement pour des attaques navales et aériennes contre les forces houthies alignées sur l’Iran au Yémen.

    Pour ne pas être en reste, Téhéran a également réussi à se faire une place sur la mer Rouge, alarmant les États-Unis sur les menaces maritimes potentiellement posées par des drones chargés de bombes.

    etc...

    #Soudan#Russie#Wagner#USA#Turquie#Corne_de_l'Afrique#Mer_Rouge#EAU#Erythrée#Djibouti#Bab_El_Mandeb

  • Soudan : Vers la grève générale

    Dans tout le Soudan, les militants se mobilisent pour soutenir l’appel des comités de résistance (organes basés dans les quartiers locaux qui coordonnent et mobilisent les manifestations et construisent le mouvement révolutionnaire populaire) à une grève générale le 24 août. Cette grève vise à faire tomber le régime militaire au pouvoir, dirigé par des généraux qui ont chassé les politiciens civils en octobre 2021, mettant ainsi fin à une période de coopération entre l’armée soudanaise et les représentants des partis d’opposition qui sont entrés au gouvernement à la suite du soulèvement populaire contre le dictateur Omar El Bashir en 2019.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/08/26/soudan-vers-la-greve-generale

    #international #soudan

  • Éthiopie : les rebelles tigréens et le gouvernement central s’accusent mutuellement de rompre la trêve

    https://www.rfi.fr/fr/afrique/20220824-%C3%A9thiopie-les-rebelles-tigr%C3%A9ens-et-le-gouvernement-central-s-a

    Les autorités du TPLF ont accusé l’armée fédérale éthiopienne d’avoir lancé une offensive contre les « positions sur le front sud » des rebelles tigréens, rompant ainsi près de cinq mois de trêve. Peu de temps après, le gouvernement éthiopien a à son tour accusé les forces rebelles du Tigré d’être à l’origine de la reprise des combats.

    #Ethiopie#Tigré#Soudan#Fanos#TPLF#corne_de_l'Afrique

  • Soudan, les chartes de la scène politique

    Près de huit mois après le coup d’État militaire au Soudan, les manifestations pacifiques continuent d’avoir lieu selon les programmes hebdomadaires publiés par les Comités de Résistance. De nouvelles formes et de nouveaux outils de résistance ont émergé, alors même que plus de 90 manifestants ont été tués par les forces de l’État et que des dizaines d’autres sont tombés sous les attaques de milices à travers le pays. Le nombre de grèves et de barricades a augmenté dans tout le pays depuis janvier 2022. Cela a impliqué de nombreux syndicats, et a eu pour effet de bloquer des axes routiers majeurs.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/08/10/soudan-les-chartes-de-la-scene-politique

    #international #soudan

  • #Bois contre #mercenaires russes : comment la #Centrafrique a bradé une #forêt au groupe #Wagner

    Depuis 2021, #Bois_Rouge, une entreprise liée au groupe militaire privé Wagner, bras armé officieux du Kremlin, exploite une forêt à l’ouest de la Centrafrique. Elle bénéficie d’un étonnant traitement de faveur de la part des autorités, et œuvre parfois au mépris de la loi.

    À Bangui, « influence étrangère » a longtemps rimé avec France. La capitale de la Centrafrique, pays indépendant depuis 1960, a gardé des traces tenaces de l’ancien colonisateur français : avenue de France, rues du Poitou et du Languedoc, lycée français Charles-de-Gaulle, stations-service Total, bières Castel et coopérants français en pagaille.

    Depuis quelques années, le vent a tourné. Il vient désormais de l’Est. Dans les rues de Bangui, de larges panneaux vantent la coopération russo-centrafricaine. Un #centre_culturel russe a ouvert, dans lequel sont dispensés gratuitement des cours de langue. La boisson à la mode est une #vodka du nom de #Wa_na_wa, supposée donner à ses consommateurs « les secrets du pouvoir russe » et une « santé sibérienne ». Moscou fait don de blindés, de trampolines et de cahiers pour enfants, sponsorise des radios et des concours de beauté.

    Surtout, les hommages aux #mercenaires de Wagner sont partout. Les premiers employés de cette société militaire privée sans existence légale, considérée comme le bras armé officieux du Kremlin, sont officiellement arrivés dans la capitale centrafricaine début 2018, un peu plus d’un an après le retrait de l’opération française #Sangaris. Il s’agissait alors de former et d’accompagner sur le terrain les militaires centrafricains, aux prises avec des groupes armés irréguliers.

    Quatre ans plus tard, les « #conseillers_russes », comme on les surnomme pudiquement, ont des statues et des films à leur gloire. Des ministres portent des tee-shirts à leur effigie et des membres d’associations financées par Moscou chantent leurs louanges lors de manifestations.

    La présence de Wagner sur le continent africain (au Mali, en Libye, au Soudan ou au Mozambique) est désormais largement documentée, de même que les exactions dont certains de ces mercenaires se sont rendus coupables. Des rapports d’ONG, d’agences et de groupes d’experts onusiens ainsi que des enquêtes journalistiques en font état. Ces violations des droits humains ont conduit l’Union européenne à mettre en place, en décembre 2021, des #sanctions visant Wagner et ses dirigeants (voir la liste ici).

    Mais d’autres aspects de cette présence restent méconnus, en particulier les #accords industriels et financiers signés entre les sociétés de la galaxie Wagner et les États où le groupe intervient.

    Une enquête de trois mois, menée par Mediapart, le réseau de médias European Investigative Collaborations (EIC) et l’ONG OpenFacto (à travers son projet « All Eyes on Wagner »), révèle comment une société liée à Wagner, Bois Rouge, a obtenu en 2021 une juteuse #exploitation_forestière en République centrafricaine, dans des conditions très avantageuses, qu’aucune autre société forestière n’avait obtenues.

    Notre enquête montre que la société Bois Rouge, officiellement centrafricaine, est dans les faits étroitement liée aux intérêts russes dans le pays, plus précisément au réseau d’affaires d’#Evgueni_Prigozhin, financier du groupe Wagner. Les autorités, dépendantes de Wagner pour assurer leur sécurité, ont bradé une partie de leurs #ressources_naturelles en autorisant Bois Rouge à exploiter la forêt de manière intensive, quasiment sans payer d’impôts, et parfois au mépris de la loi. Malgré ce traitement de faveur, Bois Rouge n’a pas respecté tous ses engagements vis-à-vis de l’État centrafricain.

    Interrogée, la gérante de Bois Rouge assure que la société « respect[e] pleinement les exigences et les règles en vigueur ». Également contactée, la présidence centrafricaine n’a pas souhaité nous répondre, estimant qu’elle n’avait « pas à justifier et à prouver quoi que ce soit ».

    Alors que plusieurs pays européens importent du bois centrafricain, notre enquête pose aussi la question de sa #traçabilité. Si les sanctions européennes visant le groupe Wagner et son financier Evgueni #Prigozhin devraient théoriquement rendre impossible l’importation de « #bois_Wagner » sur le sol européen, la faiblesse des contrôles existants ne permet pas de garantir que cette interdiction soit correctement appliquée.

    « Bois Rouge », société centrafricaine en apparence, russe dans les faits

    La République centrafricaine (RCA) est un pays riche de ses forêts. En 2021, le bois était le principal bien d’exportation du pays, loin devant les diamants. Il est exploité par seulement une douzaine d’entreprises.

    Le 9 février 2021, un nouvel acteur fait son entrée dans ce milieu très fermé. Une société jusqu’alors inconnue, Bois Rouge, remporte un appel d’offres lancé cinq mois plus tôt par le gouvernement centrafricain. Elle obtient, dans la région de la #Lobaye, au sud-ouest du pays, le droit d’exploiter une forêt de 186 000 hectares, riche de gorilles, léopards et éléphants.

    La parcelle appartenait jusqu’alors aux #Industries_forestières_de_Batalimo (#IFB), la plus ancienne des sociétés forestières de Centrafrique, à capitaux français. Le 18 juillet 2019, le permis est retiré à IFB et repris par l’État, dans des conditions contestées : selon nos informations, IFB a introduit un recours devant le Conseil d’État centrafricain. La société n’a pas souhaité commenter tant que la procédure judiciaire est en cours.

    Début 2021, la forêt passe donc sous le contrôle de Bois Rouge. L’entreprise se décrivait sur son site internet, mystérieusement fermé cette année, comme « l’une des plus grandes entreprises africaines de bois », se présentant ainsi comme une société 100 % centrafricaine. Elle est, de fait, immatriculée au registre du commerce depuis mars 2019 et dirigée par une ressortissante du pays, #Anastasie_Naneth_Yakoïma.

    Mais il s’agit en réalité d’un paravent des intérêts russes en Centrafrique. « Tout le monde sait qu’il s’agit d’une société fabriquée de toutes pièces par les Russes », confie un acteur du secteur. Plusieurs éléments matériels viennent l’étayer.

    En octobre 2019, sept mois après sa création à Bangui, Bois Rouge est présente à un forum d’industriels du bois à Shanghai. La société figure sous le même nom et à la même adresse que ceux renseignés au registre du commerce centrafricain… mais elle est classée parmi les participants russes. Bois Rouge n’est pas représentée par sa directrice, Anastasie Naneth Yakoïma, mais par un responsable des ventes dénommé #Artem_Tolmachev. Et l’une des deux adresses e-mail de contact de l’entreprise est hébergée par un service de messagerie russe, mail.ru.

    Les liens de Bois Rouge avec la Russie sont confirmés par ses activités sur le terrain. Des photos datées de novembre 2021 prises dans la concession, que l’EIC et OpenFacto ont obtenues, montrent plusieurs hommes blancs aux côtés d’employés centrafricains, ainsi que des camions et des boîtes de médicaments de marque russe et une porte sur laquelle « centre médical » est écrit en russe.

    Interrogée sur ses liens avec la Russie (ainsi que sur l’ensemble des informations contenues dans cet article), la gérante de Bois Rouge, Anastasie Naneth Yakoïma, fait simplement savoir que sa société « exerce son activité tout en respectant pleinement les exigences des normes et les règles en vigueur ». Elle ne souhaite pas répondre à nos questions, estimant que cela reviendrait à diffuser des « données confidentielles » sur l’entreprise.

    Sur la trace de Wagner : camouflages « #MultiCam » et sociétés de la galaxie Prigozhin

    D’autres éléments plus précis confirment que Bois Rouge n’est pas simplement liée à des entrepreneurs russes, mais bien à un réseau spécifique : celui d’Evgueni Prigozhin – homme d’affaires proche de Vladimir Poutine – et du groupe Wagner, dont il est soupçonné d’être le financier et le dirigeant.

    Le groupe Wagner n’a pas d’existence légale ; aucune entreprise ne porte officiellement ce nom. Il désigne le groupe de #mercenaires et, par extension, la galaxie de sociétés contrôlées par Evgueni Prigozhin qui opèrent dans les zones où ces mercenaires sont déployés – qu’elles soient actives dans l’extraction de ressources naturelles ou la #propagande en ligne. Evgueni Prigozhin est déjà présent en RCA via plusieurs entreprises, dont #Lobaye_Invest et #M-Finans, sous sanctions américaines depuis septembre 2020.

    Le premier élément reliant Bois Rouge à Wagner est chronologique : l’attribution de la concession dans la préfecture de la Lobaye coïncide avec l’arrivée des #mercenaires_russes dans la région. Selon nos informations, le gouvernement centrafricain a attribué l’ancienne parcelle d’IFB à Bois Rouge le 9 février 2021, soit seulement quinze jours après la reprise de #Boda, la principale ville de la région, par l’armée centrafricaine et les hommes de Wagner. Boda était auparavant contrôlée par une coalition de groupes armés, la #CPC.

    Les liens entre Bois Rouge et la galaxie Wagner/Prigozhin sont également d’ordre financier. Les données issues des bordereaux de chargements (« bill of lading ») de marchandises destinées à Bois Rouge, que l’EIC et OpenFacto ont consultées, démontrent que la société achète du matériel à #Broker_Expert_LLC, une société basée à Saint-Pétersbourg.

    Or, #Broker_Expert fournit d’autres entités du réseau Wagner/Prigozhin, parmi lesquelles l’entreprise minière #Meroe_Gold, active au #Soudan, décrite par le Trésor américain comme une filiale du groupe d’Evgueni Prigozhin.

    L’ONG Dossier Center (de l’opposant russe Mikhaïl Khodorkovski), dont trois journalistes ont été assassinés en Centrafrique en juillet 2018 alors qu’ils enquêtaient sur les activités de Wagner dans le pays, liste également Broker Expert en tant qu’« entreprise affiliée à Prigozhin ». Ce lien est confirmé par des éléments matériels, tels qu’un numéro de téléphone utilisé à la fois par Broker Expert et par des sociétés de la famille Prigozhin : #Concord LLC, dont Evgeny Prigozhin est le bénéficiaire économique ; ou encore #Soinvest LLC, dirigée par son épouse #Liubov_Prigozhina.

    Nous avons identifié vingt-huit transactions entre Bois Rouge et Broker Expert rien qu’en novembre et décembre 2021. En deux mois, l’exploitant forestier a importé via Broker Expert un tracteur, des matériaux de construction (tôles d’acier, argile expansée, bétonnière, ciment, briques), des vis, du fil barbelé, un ventilateur, des plaques d’amiante ou encore un aspirateur industriel.

    Outre ces liens d’affaires, des indices laissés sur le terrain suggèrent aussi un lien avec Wagner. Sur deux photos prises sur la concession de Bois Rouge, on distingue des individus portant des pantalons de camouflage militaire. Ce modèle de camouflage, dit MultiCam, est utilisé par Wagner en RCA.

    Ressources naturelles contre prestations de sécurité

    Parmi les sources connues de financement de Wagner figure l’exploitation de ressources naturelles, dont des champs de #pétrole et de gaz repris à l’État islamique en #Syrie (dont Wagner toucherait 25 % des revenus en vertu d’un contrat signé avec le gouvernement syrien) et des #mines_d’or exploitées par une société liée à Evgueni Prigozhin au #Soudan. L’attribution de permis d’exploitation à des sociétés liées au groupe serait une manière pour des gouvernements africains surendettés de payer les services des mercenaires.

    La Centrafrique ne semble pas échapper à ce mode de fonctionnement. Un document rédigé par le gouvernement centrafricain, révélé dans un récent documentaire de France 5, fait le lien entre « l’investissement russe dans le domaine de la sécurité nationale » et l’exploitation d’une mine d’#or en RCA par une société officiellement malgache mais en réalité sous contrôle russe, #Midas_Resources.

    « L’État centrafricain a le droit de prendre connaissance de l’état des lieux de l’investissement russe dans le domaine de la #sécurité nationale pour pouvoir être en mesure de gérer les compensations », indique le document.

    Le droit d’exploiter la forêt centrafricaine fait-il partie des « #compensations » accordées à Wagner en échange des services de ses combattants, qui assurent la garde rapprochée du président Touadéra et combattent aux côtés des forces armées centrafricaines ?

    Nos recherches démontrent en tout cas que les conditions d’exploitation octroyées à Bois Rouge relèvent davantage du cadeau que de la relation commerciale classique.

    Une forêt bradée

    Nous nous sommes procuré les documents officiels encadrant les activités de la société forestière liée à Wagner, qui étaient jusqu’ici restés secrets. Nous avons comparé les deux principaux documents – la convention provisoire d’exploitation signée entre l’État centrafricain et Bois Rouge le 28 avril 2021 et la convention définitive d’exploitation du 3 décembre 2021 – avec six autres contrats comparables signés par l’État centrafricain avec d’autres entreprises entre 2014 et 2020. Notre analyse montre que Bois Rouge a obtenu le droit d’exploiter la forêt de manière intensive, ainsi que des avantages jamais octroyés à d’autres entreprises.

    Trois exemples illustrent ce traitement de faveur.

    Bois Rouge a obtenu l’autorisation d’exploiter la totalité de la surface de la forêt dont elle a obtenu la concession, avant même d’avoir signé la « convention définitive d’exploitation » censée encadrer ses activités. Or, avant d’avoir signé cette convention définitive, les autres entreprises forestières n’ont le droit d’exploiter qu’une partie de leur concession – généralement un huitième de sa surface.

    Second avantage : alors que les contrats forestiers fixent des « assiettes de coupe » (des zones prévues pour être exploitées), qui changent chaque année afin de laisser la forêt se régénérer, la convention d’exploitation de Bois Rouge prévoit des « assiettes annuelles de coupe » valables non pas un an mais trois ans, et renouvelables sur simple demande.

    Le contrat signé avec Bois Rouge supprime enfin une disposition importante, présente dans tous les autres contrats que nous avons pu consulter : l’interdiction de procéder à des abattages par temps de pluie ou venteux, ce qui est normalement interdit pour des raisons de sécurité.

    En plus de ces conditions d’exploitation inédites, nous avons obtenu un document prouvant que le gouvernement centrafricain a octroyé d’importants avantages fiscaux et douaniers à Bois Rouge.

    Une lettre signée du ministre des finances et du budget de RCA, #Henri-Marie_Dondra, datée du 23 avril 2021, indique que Bois Rouge bénéficie pendant cinq ans de droits de douane réduits à 5 % sur ses importations, d’une exonération de l’#impôt sur les sociétés (puis réduit à 25 % pendant une année supplémentaire), d’une contribution au développement social réduite de 25 % et d’une exemption du paiement de la patente. L’entreprise bénéficie également d’une TVA sur les importations « neutralisée » par une procédure dite de « paiement différé » ainsi que d’une exonération de #taxe_foncière pendant huit ans sur tous les immeubles bâtis neufs.

    Exploitation lancée de manière illégale

    Malgré ce traitement de faveur, nous avons pu établir que Bois Rouge n’avait pas respecté tous ses engagements.

    La société a lancé son exploitation en juillet 2021 sans réaliser de #plan_d’aménagement ni d’#étude_d’impact_environnementale, qui sont pourtant deux obligations légales. L’absence de plan d’aménagement est explicitement mentionnée dans la convention définitive d’exploitation du 3 décembre 2021, ce qui n’a pas empêché le gouvernement centrafricain de la signer.

    « L’instauration de plans d’aménagement qui garantissent la préservation de la ressource forestière demeure notre priorité, et nous allons intensifier les contrôles », assurait pourtant en 2016 la ministre centrafricaine des forêts.

    L’absence d’étude d’impact environnementale réalisée par Bois Rouge nous a été confirmée par le ministère de l’environnement centrafricain.

    Ce n’est pas tout. Bois Rouge aurait dû payer, en échange de la concession, trois années de loyer. Cette obligation figure noir sur blanc dans le décret signé par le premier ministre centrafricain le 9 février 2021. La société a quinze jours pour le faire, et « tout manquement ou retard entraînera l’annulation d’office du permis », précise le document.

    Bois Rouge n’a pas payé. Mais l’État ne lui a pas retiré son permis.

    Une lettre du ministère des finances prouve qu’à la date du 23 avril 2021, soit deux mois après l’expiration du délai légal pour payer le loyer, le ministère des finances centrafricain n’avait toujours pas reçu l’argent. Le courrier indique que Bois Rouge a demandé un délai de paiement jusqu’au 1er avril 2022, soit onze mois après la date prévue. Ce report a été accordé par le ministère des finances – interrogé sur les motifs de cette décision, ce dernier ne nous a pas répondu.

    D’autres documents internes au ministère des eaux et forêts prouvent que Bois Rouge n’a pas payé toutes les taxes liées à l’abattage de bois auxquelles elle était assujettie, au moins jusqu’en février 2022.

    À ces manquements légaux et financiers s’ajoutent des #conditions_de_travail problématiques sur la zone d’exploitation. Nous avons pu recueillir le témoignage détaillé d’une personne connaissant bien la concession, mais qui requiert l’anonymat étant donné les risques importants pour sa sécurité. Cette source rapporte que Bois Rouge emploie un personnel très insuffisant (une équipe d’abattage y est constituée de deux personnes, contre cinq ou six habituellement), qu’elle fait travailler dans des conditions dangereuses.

    Selon ce témoin, les #abatteurs de Bois Rouge couperaient « 15 à 20 arbres par jour » alors que la norme dans d’autres concessions serait plutôt de sept par jour. Les dirigeants de l’entreprise leur imposeraient de travailler « jusqu’à 15 heures ou 16 heures » alors que, dans la région, l’usage veut que le travail s’arrête vers 11 heures en raison du vent qui se lève, rendant alors l’abattage particulièrement dangereux. Il assure enfin que le cahier de chantier, qui recense notamment les volumes de bois coupés, n’était pas rempli, alors qu’il s’agit d’une obligation légale. Interrogés sur ce point (ainsi que sur toutes les questions soulevées dans cet article), les représentants de la société Bois Rouge ne nous ont pas répondu.

    Malgré cela, Bois Rouge n’aurait pas encore exploité d’importants volumes de bois. Deux sources proches du dossier indiquent que l’entreprise a jusqu’à présent coupé un nombre d’arbres relativement modeste – qui représenterait quelques centaines de mètres cubes – qu’elle a ensuite exportés via le Cameroun. « Ils semblent être dans une phase de test », indique l’une de ces sources.

    Bientôt des meubles en « bois Wagner » en Europe ?

    Il est impossible, pour l’heure, de savoir vers quels pays ce bois a été exporté. Bois Rouge n’a pas souhaité nous répondre ; également questionnée, la #SGS, société chargée de contrôler les exportations de bois centrafricain, n’a pas donné suite.

    Plusieurs pays d’Europe importent du bois centrafricain, parmi lesquels l’Espagne (jusqu’en 2019 au moins), la France, l’Italie, le Portugal, l’Allemagne et la Belgique. Au total, selon les chiffres officiels produits par l’UE, les importations de bois (et ses dérivés, charbon et liège) de la RCA vers l’UE ont augmenté de 62 % en 2021 pour atteindre 11 millions d’euros.

    Du « #bois_Wagner » est-il importé en Europe, ou pourrait-il l’être prochainement ? Cela est théoriquement interdit, pour deux raisons : les règlements européens contre l’exploitation illégale des forêts, et les sanctions émises par l’UE visant Wagner. À cela pourraient s’ajouter les sanctions prises contre des entreprises et citoyens russes à la suite de l’invasion russe de l’Ukraine, qui pourraient également toucher indirectement Bois Rouge : l’exploitant forestier se fournit auprès de l’entreprise de sidérurgie russe #Severstal, dont le principal actionnaire, l’homme d’affaires russe #Alexeï_Mordachov, a été placé sous sanctions européennes en mars 2022.

    Mais pour l’heure, rien ne garantit que les contrôles existants soient suffisants pour empêcher Wagner d’écouler son bois centrafricain en Europe.

    En 2005 et 2020, l’UE s’est dotée de deux règlements visant à mettre fin à l’exploitation illégale des forêts : le règlement de l’Union sur le bois, et le règlement dit #FLEGT (« #Forest_Law_Enforcement_Governance_and_Trade »). Ils prévoient un système de « #diligence_raisonnée », qui doit être mis en place par les importateurs et est supposé garantir que les bois issus d’une récolte illégale ne sont pas mis sur le marché de l’Union européenne.

    Mais la Commission européenne a jugé, dans un rapport de décembre 2021, que ces deux outils n’avaient pas totalement atteint leurs objectifs. Une partie des entreprises important du bois dans l’UE ont une « connaissance et une compréhension limitées des obligations à respecter » et rencontrent des difficultés à vérifier les informations provenant de leurs chaînes d’approvisionnement. Certains importateurs profitent de la souplesse de certains pays de l’UE, où les contrôles sont moins nombreux, pour faire entrer du bois à l’origine douteuse, relève la Commission.

    De fait, pour l’année, 2020, un seul État membre a déclaré avoir effectué un contrôle portant sur du bois importé de RCA afin de vérifier sa conformité avec le règlement européen sur le bois.

    Les ONG sont encore plus critiques. « Les règles de confidentialité en vigueur dans l’Union européenne font qu’il est difficile de suivre le bois depuis la source jusqu’à l’entreprise qui l’importe directement », explique Marigold Norman, experte en bois travaillant avec l’ONG Forest Trends. Par ailleurs, « jusqu’à présent, les sanctions infligées aux entreprises qui enfreignent les règles ont été limitées. Dans certains cas, les amendes sont une part assumée du coût de l’approvisionnement en bois tropicaux de grande valeur ».

    Malgré des importations de bois centrafricain en forte augmentation ces dernières années (jusqu’à atteindre près de 6 millions d’euros en 2021 selon les données des douanes françaises), la France ne semble pas non plus mettre en œuvre de contrôles suffisants. En 2019, l’ONG Earthsight a établi qu’une entreprise française, F. Jammes, continuait d’importer du bois produit par la société centrafricaine SEFCA, pourtant accusée en 2015 par l’ONG Global Witness d’avoir versé de l’argent à la Seleka, un groupe armé centrafricain responsable de nombreuses exactions, afin de sécuriser sa production.

    Interrogée par le biais de son porte-parole sur les conditions d’exploitation octroyées à Bois Rouge, la présidence centrafricaine nous a adressé une brève réponse, assurant que « le gouvernement centrafricain, en toute souveraineté, reçoit des projets d’exploitation et accorde des licences d’exploitation aux sociétés d’investissement qui s’installent dans [son] pays ». La présidence n’a pas souhaité répondre davantage à nos questions précises, estimant que le sujet « ne correspond[ait] pas aux préoccupations de [son] pays et de [sa] population » et qu’elle n’avait « pas à justifier et à prouver quoi que ce soit ».

    https://www.mediapart.fr/journal/international/260722/bois-contre-mercenaires-russes-comment-la-centrafrique-brade-une-foret-au-

    #Russie #république_centrafricaine #extractivisme #Russafrique #soft_power #déforestation

  • Grano : una guerra globale

    Secondo molti osservatori internazionali, la guerra in corso in Ucraina si esprimerebbe non solo mediante l’uso dell’artiglieria pesante e di milizie ufficiali o clandestine, responsabili di migliaia di morti, stupri e deportazioni. Esisterebbero, infatti, anche altri campi sui quali il conflitto, da tempo, si sarebbe spostato e che ne presuppongono un allargamento a livello globale. Uno di questi ha mandato in fibrillazione gli equilibri mondiali, con effetti diretti sulle economie di numerosi paesi e sulla vita, a volte sulla sopravvivenza, di milioni di persone. Si tratta della cosiddetta “battaglia globale del grano”, i cui effetti sono evidenti, anche in Occidente, con riferimento all’aumento dei prezzi di beni essenziali come il pane, la pasta o la farina, a cui si aggiungono quelli dei carburanti, oli vari, energia elettrica e legno.
    La questione del grano negli Stati Uniti: il pericolo di generare un tifone sociale

    Negli Stati Uniti, ad esempio, il prezzo del grano tenero, dal 24 febbraio del 2022, ossia dall’inizio dell’invasione russa dell’Ucraina, al Chicago Mercantile Exchange, uno dei maggiori mercati di riferimento per i contratti cerealicoli mondiali, è passato da 275 euro a tonnellata ai circa 400 euro dell’aprile scorso. Un aumento esponenziale che ha mandato in tensione non solo il sistema produttivo e distributivo globale, ma anche molti governi, legittimamente preoccupati per le conseguenze che tali aumenti potrebbero comportare sulle loro finanze e sulla popolazione. In epoca di globalizzazione, infatti, l’aumento del prezzo del grano tenero negli Stati Uniti potrebbe generare un “tifone sociale”, ad esempio, in Medio Oriente, in Africa, in Asia e anche in Europa. I relativi indici di volatilità, infatti, sono ai massimi storici, rendendo difficili previsioni di sviluppo che si fondano, invece, sulla prevedibilità dei mercati e non sulla loro instabilità. Queste fibrillazioni, peraltro, seguono, in modo pedissequo, le notizie che derivano dal fronte ucraino. Ciò significa che i mercati guardano non solo agli andamenti macroeconomici o agli indici di produzione e stoccaggio, ma anche a quelli derivanti direttamente dal fronte bellico e dalle conseguenze che esso determinerebbe sugli equilibri geopolitici globali.
    I processi inflattivi e la produzione di grano

    Anche secondo la Fao, per via dell’inflazione che ha colpito la produzione di cereali e oli vegetali, l’indice alimentare dei prezzi avrebbe raggiunto il livello più alto dal 1990, ossia dall’anno della sua creazione.

    Le origini della corsa a questo pericoloso rialzo sono molteplici e non tutte direttamente riconducibili, a ben guardare, alla sola crisi di produzione e distribuzione derivante dalla guerra in Ucraina. I mercati non sono strutture lineari, dal pensiero algoritmico neutrale. Al contrario, essi rispondono ad una serie molto ampia di variabili, anche incidentali, alcune delle quali derivano direttamente dalle ambizioni e dalle strategie di profitto di diversi speculatori finanziari. I dati possono chiarire i termini di questa riflessione.

    Il Pianeta, nel corso degli ultimi anni, ha prodotto tra 780 e 800 milioni di tonnellate di grano. Una cifra nettamente superiore rispetto ai 600 milioni di tonnellate prodotte nel 2000. Ciò si deve, in primis, alla crescita demografica mondiale e poi all’entrata di alcuni paesi asiatici e africani nel gotha del capitalismo globale e, conseguentemente, nel sistema produttivistico e consumistico generale. Se questo per un verso ha sollevato gran parte della popolazione di quei paesi dalla fame e dalla miseria, ha nel contempo determinato un impegno produttivo, in alcuni casi monocolturale, che ha avuto conseguenze dirette sul piano ambientale, sociale e politico.
    Il grano e l’Africa

    L’area dell’Africa centrale, ad esempio, ha visto aumentare la produzione agricola in alcuni casi anche del 70%. Eppure, nel contempo, si è registrato un aumento di circa il 30% di malnutrizione nella sua popolazione. Ciò è dovuto ad un’azione produttiva privata, incentivata da fondi finanziari internazionali e governativi, che ha aumentato la produzione senza redistribuzione. Questa produzione d’eccedenza è andata a vantaggio dei fondi speculativi, dell’agrobusiness o è risultata utile per la produzione occidentale, ma non ha sfamato la popolazione locale, in particolare di quella tradizionalmente esposta alla malnutrizione e alla fame. Un esempio emblematico riguarda l’Etiopia e i suoi 5 milioni circa di cittadini malnutriti. Questo paese dipende ormai interamente dagli aiuti alimentari e umanitari. Allo stesso tempo, migliaia di tonnellate di grano e di riso etiope sono esportate ogni anno in Arabia Saudita per via del land grabbing e degli accordi economici e finanziari sottoscritti. In Sudan si registra il medesimo fenomeno. Il locale governo ha infatti ceduto 1,5 milioni di ettari di terra di prima qualità agli Stati del Golfo, all’Egitto e alla Corea del Sud per 99 anni, mentre risulta contemporaneamente il paese al mondo che riceve la maggiore quantità di aiuti alimentari, con 6 milioni di suoi cittadini che dipendono dalla distribuzione di cibo. Basterebbe controllare i piani di volo degli aeroporti di questi paesi per rendersi conto di quanti aerei cargo decollano giornalmente carichi di verdura fresca e rose, con destinazione finale gli alberghi degli Emirati Arabi e i mercati di fiori olandesi. Come ha affermato l’ex direttore dell’ILC (International Land Coalition), Madiodio Niasse: «La mancanza di trasparenza rappresenta un notevole ostacolo all’attuazione di un sistema di controllo e implementazione delle decisioni riguardo alla terra e agli investimenti ad essa inerenti».

    L’Angola ha varato un piano di investimenti così ambizioso da attrarre sei miliardi di dollari esteri nel solo 2013. Prima dello scoppio del conflitto civile, durato trent’anni, questo paese riusciva a nutrire tutti i suoi abitanti ed esportava caffè, banane e zucchero. Oggi, è costretto a comprare all’estero metà del cibo destinato al consumo interno, mentre solo il 10% della sua superficie arabile è utilizzata. Ciò nonostante, ha ritenuto legittimo incentivare l’accaparramento dei propri terreni agricoli da parte di multinazionali dell’agrobusiness e fondi finanziari di investimento. Ragioni analoghe guidano Khartoum a negoziare migliaia di ettari con i paesi del Golfo. Tra il 2004 e il 2009, in soli cinque paesi, Mali, Etiopia, Sudan, Ghana e Madagascar circa due milioni e mezzo di ettari coltivabili sono finiti nel portafoglio finanziario di multinazionali e dei fondi sovrani.
    Non solo Ucraina

    Quanto descritto serve per superare un’ottica monofocale che tende a concentrarsi, per ciò che riguarda il tema della terra e del grano, esclusivamente sull’Ucraina. Nello scacchiere globale della produzione e dell’approvvigionamento rientrano, infatti, numerosi paesi, molti dei quali per anni predati o raggirati mediante accordi capestro e obblighi internazionali che hanno fatto del loro territorio un grande campo coltivato per i bisogni e i consumi occidentali.
    Il ruolo della Russia

    Anche la Russia, in quest’ambito, svolge un ruolo fondamentale. Mosca, infatti, ha deciso di conservare per sé e in parte per i suoi alleati, a fini strategici, la propria produzione cerealicola, contribuendo a generare gravi fibrillazioni sui mercati finanziari di tutto il mondo. Nel 2021, ad esempio, il paese governato da Putin era il primo esportatore di grano a livello mondiale (18%), piazzandosi sopra anche agli Stati Uniti. Questa enorme quantità di grano esportato non risulta vincolata come quello occidentale, ma riconducibile al consumo interno e al bilanciamento dei relativi prezzi per il consumatore russo che in questo modo paga meno il pane o la carne rispetto ad un occidentale. Non è però tutto “rose e fiori”. Sulla Russia incidono due fattori fondamentali. In primis, le sanzioni occidentali che limitano i suoi rapporti commerciali e impediscono a numerose merci e attrezzature di entrare, almeno in modo legale, per chiudere la filiera produttiva e commerciale in modo controllato. Secondo, l’esclusione della Russia dai mercati finanziari comporta gravi conseguenze per il paese con riferimento alla situazione dei pagamenti con una tensione crescente per il sistema finanziario, bancario e del credito. Non a caso recentemente essa è stata dichiarata in default sui circa 100 milioni di dollari di obbligazioni che non è riuscita a pagare. In realtà, il default non avrà un peso straordinario almeno per due ragioni. In primo luogo perché il paese è da molto tempo economicamente, finanziariamente e politicamente emarginato. Secondo poi, il fallimento sarebbe dovuto non alla mancanza di denaro da parte della Russia, ma alla chiusura dei canali di trasferimento da parte dei creditori. A completare il quadro, c’è una strategica limitazione delle esportazioni di grano da parte ancora della Russia nei riguardi dei paesi satelliti, come ad esempio l’Armenia o la Bielorussia. Ciò indica la volontà, da parte di Putin, di rafforzare le scorte per via di un conflitto che si considera di lungo periodo.
    Il grano “bloccato”

    A caratterizzare questa “battaglie globale del grano” ci sono anche altri fattori. Da febbraio 2020, ad esempio, circa 6 milioni di tonnellate di grano ucraino sono bloccati nel porto di Mikolaiv, Odessa e Mariupol. È una quantità di grano enorme che rischia di deperire nonostante lo stato di crisi alimentare in cui versano decine di paesi, soprattutto africani. Sotto questo profilo, i paesi occidentali e vicini all’Ucraina dovrebbero trovare corridoi speciali, militarmente difesi, per consentire l’esportazione del cereale e successivamente la sua trasformazione a tutela della vita di milioni di persone. D’altra parte, sui prezzi intervengo fattori non direttamente riconducibili all’andamento della guerra ma a quelli del mercato. Ad esempio, l’aumento del costo delle derrate cerealicole si deve anche all’aumento esponenziale (20-30%) dei premi assicurativi sulle navi incaricate di trasportarlo, attualmente ferme nei porti ucraini. Su questo aspetto i governi nazionali potrebbero intervenire direttamente, calmierando i premi assicurativi, anche obtorto collo, contribuendo a calmierai i prezzi delle preziose derrate alimentati. Si consideri che molti industriali italiani del grano variamente lavorato stanno cambiando la loro bilancia di riferimento e relativi prezzi, passando ad esempio dal quintale al chilo e aumentando anche del 30-40% il costo per allevatori e trasformatori vari (fornai e catene dell’alimentare italiano).
    Le ricadute di una guerra di lungo periodo

    Una guerra di lungo periodo, come molti analisti internazionali ritengono quella in corso, obbligherà i paesi contendenti e i relativi alleati, a una profonda revisione della produzione di grano. L’Ucraina, ad esempio, avendo a disposizione circa 41,5 milioni di ettari di superficie agricola utile, attualmente in parte occupati dai carri armati russi e da un cannoneggiamento da artiglieria pesante e attività di sabotaggio, vende in genere il 74% della sua produzione cerealicola a livello globale. Non si tratta di una scelta politica occasionale ma strategica e di lungo periodo. L’Ucraina, infatti, ha visto aumentare, nel corso degli ultimi vent’anni, la sua produzione di grano e l’ esportazione. Si consideri che nel 2000, il grano ucraino destinato all’esportazione era il 60% di quello prodotto. La strategia ovviamente non è solo commerciale ma anche politica. Chi dispone del “potere del grano”, infatti, ha una leva fondamentale sulla popolazione dei paesi che importano questo prodotto, sul relativo sistema di trasformazione e commerciale e sull’intera filiera di prodotti derivati, come l’allevamento. Ed è proprio su questa filiera che ora fa leva la Russia, tentando di generare fibrillazioni sui mercati, azioni speculative e tensioni sociali per tentare di allentare il sostegno occidentale o internazionale dato all’Ucraina e la morsa, nel contempo, delle sanzioni.

    Esiste qualche alternativa alla morsa russa su campi agricoli ucraini? Il terreno ucraino seminato a grano e risparmiato dalla devastazione militare russa, soprattutto lungo la linea Sud-Ovest del paese, può forse rappresentare una speranza se messo a coltura e presidiato anche militarmente. Tutto questo però deve fare i conti con altri due problemi: la carenza di carburante e la carenza di manodopera necessaria per concludere la coltivazione, mietitura e commercializzazione del grano. Su questo punto molti paesi, Italia compresa, si sono detti pronti ad intervenire fornendo a Zelensky mezzi, camion, aerei cargo e navi ove vi fosse la possibilità di usare alcuni porti. Nel frattempo, il grano sta crescendo e la paura di vederlo marcire nei magazzini o di non poterlo raccogliere nei campi resta alta. Ovviamente queste sono considerazioni fatte anche dai mercati che restano in fibrillazione. Circa il 70% dei carburanti usati in agricoltura in Ucraina, ad esempio, sono importanti da Russia e Bielorussia. Ciò significa che esiste una dipendenza energetica del paese di Zelensky dalla Russia, che deve essere superata quanto prima mediante l’intervento diretto dei paesi alleati a vantaggio dell’Ucraina. Altrimenti il rischio è di avere parte dei campi di grano ucraini pieni del prezioso cereale, ma i trattori e le mietitrici ferme perché prive di carburante, passando così dal danno globale alla beffa e alla catastrofe mondiale.

    Una catastrofe in realtà già prevista.
    Un uragano di fame

    Le Nazioni Unite, attraverso il suo Segretario generale, Antonio Guterres, già il 14 marzo scorso avevano messo in guardia il mondo contro la minaccia di un “uragano di fame” che avrebbe potuto generare conflitti e rivolte in aree già particolarmente delicate. Tra queste ultime, in particolare, il Sudan, l’Eritrea, lo Yemen, e anche il Medio Oriente.

    Gutierres ha parlato addirittura di circa 1,7 miliardi di persone che possono precipitare dalla sopravvivenza alla fame. Si tratta di circa un quinto della popolazione mondiale, con riferimento in particolare a quarantacinque paesi africani, diciotto dei quali dipendono per oltre il 50% dal grano ucraino e russo. Oltre a questi paesi, ve ne sono altri, la cui tenuta è in tensione da molti anni, che dipendono addirittura per il 100% dai due paesi in guerra. Si tratta, ad esempio, dell’Eritrea, della Mauritania, della Somalia, del Benin e della Tanzania.

    In definitiva, gli effetti di una nuova ondata di fame, che andrebbe a sommarsi alle crisi sociali, politiche, ambientali e terroristiche già in corso da molti anni, potrebbero causare il definitivo crollo di molti paesi con effetti umanitari e politici a catena devastanti.
    Il caso dell’Egitto

    Un paese particolarmente sensibile alla crisi in corso è l’Egitto, che è anche il più grande acquirente di grano al mondo con 12 milioni di tonnellate, di cui 6 acquistate direttamente dal governo di Al Si-si per soddisfare il programma di distribuzione del pane. Si tratta di un programma sociale di contenimento delle potenziali agitazioni, tensioni sociali e politiche, scontri, rivolte e migrazioni per fame che potrebbero indurre il Paese in uno stato di crisi permanente. Sarebbe, a ben osservare, un film già visto. Già con le note “Primavere arabe”, infatti, generate dal crollo della capacità di reperimento del grano nei mercati globali a causa dei mutamenti climatici che investirono direttamente le grandi economie del mondo e in particolare la Cina, Argentina, Russia e Australia, scoppiarono rivolte proprio in Egitto (e in Siria), represse nel sangue. L’Egitto, inoltre, dipende per il 61% dalla Russia e per il 23% dall’Ucraina per ciò che riguarda l’importazione del grano. Dunque, questi due soli paesi fanno insieme l’84% del grano importato dal paese dei faraoni. Nel contempo, l’Egitto fonda la sua bilancia dei pagamenti su un prezzo del prezioso cereale concordato a circa 255 dollari a tonnellata. L’aumento del prezzo sui mercati globali ha già obbligato l’Egitto ad annullare due contratti sottoscritti con la Russia, contribuendo a far salire la tensione della sua popolazione, considerando che i due terzi circa dei 103 milioni di egiziani si nutre in via quasi esclusiva di pane (chiamato aish, ossia “vita”). Secondo le dichiarazioni del governo egiziano, le riserve di grano saranno sufficienti per soddisfare i relativi bisogni per tutta l’estate in corso. Resta però una domanda: che cosa accadrà, considerando che la guerra in Ucraina è destinata ad essere ancora lunga, quando le scorte saranno terminate?

    Anche il Libano e vari altri paesi si trovano nella medesima situazione. Il paese dei cedri dipende per il 51% dal grano dalla Russia e dall’Ucraina. La Turchia di Erdogan, invece, dipende per il 100% dal grano dai due paesi coinvolti nel conflitto. Ovviamente tensioni sociali in Turchia potrebbero non solo essere pericolose per il regime di Erdogan, ma per la sua intera area di influenza, ormai allargatasi alla Libia, Siria, al Medio Oriente, ad alcuni paesi africani e soprattutto all’Europa che ha fatto di essa la porta di accesso “sbarrata” dei profughi in fuga dai loro paesi di origine.
    Anche l’Europa coinvolta nella guerra del grano

    Sono numerosi, dunque, i paesi che stanno cercando nuovi produttori di cereali cui fare riferimento. Tra le aree alle quali molti stanno guardando c’è proprio l’Unione europea che, non a caso, il 21 marzo scorso, ha deciso di derogare temporaneamente a una delle disposizioni della Pac (Politica Agricola Comune) che prevedeva di mettere a riposo il 4% dei terreni agricoli. Ovviamente, questa decisione è in funzione produttivistica e inseribile in uno scacchiere geopolitico mondiale di straordinaria delicatezza. Il problema di questa azione di messa a coltura di terreni che dovevano restare a riposo, mette in luce una delle contraddizioni più gravi della stessa Pac. Per anni, infatti, sono stati messi a riposo, o fatti risultare tali, terreni non coltivabili. In questo modo venivano messi a coltura terreni produttivi e fatti risultare a riposo quelli non produttivi. Ora, la deroga a questa azione non può produrre grandi vantaggi, in ragione del fatto che i terreni coltivabili in deroga restano non coltivabili di fatto e dunque poco o per nulla incideranno sull’aumento di produzione del grano. Se il conflitto ucraino dovesse continuare e l’Europa mancare l’obiettivo di aumentare la propria produzione di grano per calmierare i prezzi interni e nel contempo soddisfare parte della domanda a livello mondiale, si potrebbe decidere di diminuire le proprie esportazioni per aumentare le scorte. Le conseguenze sarebbero, in questo caso, dirette su molti paesi che storicamente acquistano grano europeo. Tra questi, in particolare, il Marocco e l’Algeria. Quest’ultimo paese, ad esempio, consuma ogni anno circa 11 milioni di tonnellate di grano, di cui il 60% importato direttamente dalla Francia. A causa delle tensioni politiche che nel corso degli ultimi tre anni si sono sviluppate tra Algeria e Francia, il paese Nord-africano ha cercato altre fonti di approvvigionamento, individuandole nell’Ucraina e nella Russia. Una scelta poco oculata, peraltro effettuata abbassando gli standard di qualità del grano, inferiori rispetto a quello francese.
    L’India può fare la differenza?

    Un nuovo attore mondiale sta però facendo il suo ingresso in modo prepotente. Si tratta dell’India, un paese che da solo produce il 14% circa del grano mondiale, ossia circa 90 milioni di tonnellate di grano. Questi numeri consentono al subcontinente indiano di piazzarsi al secondo posto come produttore mondiale dopo la Cina, che ne produce invece 130 milioni. L’India del Presidente Modhi ha usato gran parte della sua produzione per il mercato interno, anch’esso particolarmente sensibile alle oscillazione dei prezzi del bene essenziale. Nel contempo, grazie a una produzione che, secondo Nuova Delhi e la Fao, è superiore alle attese, sta pensando di vendere grano a prezzi vantaggiosi sul mercato globale. Sotto questo profilo già alcuni paesi hanno mostrato interesse. Tra questi, ad esempio, Iran, Indonesia, Tunisia e Nigeria. Anche l’Egitto ha iniziato ad acquistare grano dall’India, nonostante non sia di eccellente qualità per via dell’uso intensivo di pesticidi. Il protagonismo dell’India in questa direzione, ha fatto alzare la tensione con gli Stati Uniti. I membri del Congresso statunitense, infatti, hanno più volte sollevato interrogativi e critiche rispetto alle pratiche di sostegno economico, lesive, a loro dire, della libera concorrenza internazionale, che Nuova Delhi riconosce da anni ai suoi agricoltori, tanto da aver chiesto l’avvio di una procedura di infrazione presso l’Organizzazione mondiale per il Commercio (Omc). Insomma, le tensioni determinate dal conflitto in corso si intersecano e toccano aspetti e interessi plurimi, e tutti di straordinaria rilevanza per la tenuta degli equilibri politici e sociali globali.

    https://www.leurispes.it/grano-una-guerra-globale

    #blé #prix #Ukraine #Russie #guerre_en_Ukraine #guerre_globale_du_blé #produits_essentiels #ressources_pédagogiques #Etats-Unis #USA #Inde #instabilité #marché #inflation #céréales #indice_alimentaire #spéculation #globalisation #mondialisation #production #Afrique #production_agricole #malnutrition #excédent #industrie_agro-alimentaire #agrobusiness #faim #famine #Ethiopie #Arabie_Saoudite #land_grabbing #accaparemment_des_terres #Soudan #Egypte #Corée_du_Sud #exportation #aide_alimentaire #Angola #alimentation #multinationales #pays_du_Golfe #Mali #Madagascar #Ghana #fonds_souverains #sanctions #marchés_financiers #ports #Odessa #Mikolaiv #Mariupol #assurance #élevage #sanctions #dépendance_énergétique #énergie #ouragan_de_faim #dépendance #Turquie #Liban #pac #politique_agricole_commune #EU #UE #Europe #France #Maroc #Algérie

  • Interview avec Amira Osman, militante féministe soudanaise (+ autres textes)

    Amira Osman Hamid est une militante féministe, membre du Parti communiste soudanais et lauréate du prix « Frontline Defender » en 022. Elle est présidente de l’initiative « Non à l’oppression contre les femmes », un mouvement indépendant qui s’est créé contre la Loi sur l’ordre public établie par le précédent régime islamiste pour opprimer et limiter le rôle des femmes dans tous les aspects de la vie : sociale, économique politique. La loi sur l’ordre public est une loi qui a été appliquée au Soudan depuis 1996 et qui criminalise les comportements personnels en contrôlant notamment la façon dont les femmes agissent et s’habillent en public.
    Elle était candidate du Parti communiste soudanais aux élections locales en 2010. En 2010, elle a participé à des conférences de l’Union africaine en Gambie où elle a présenté un rapport contre la loi sur l’ordre public. Elle a également rédigé un rapport sur la question des femmes dans le programme du Parti communiste soudanais en 2015.
    Elle est membre du comité de résistance de son quartier.
    Par ailleurs, elle est athlète professionnelle, membre de l’Union soudanaise de tir, et médaillée d’or en tir au championnat national depuis plusieurs années.
    Amira Othman a été arrêtée et condamnée pour infraction à la loi sur l’ordre public à plusieurs reprises. Elle a été arrêtée pour la première fois en 2002, puis lors de manifestations organisées par le mouvement¿ : « NON à l’oppression des femmes ». En juin 2012 elle a été détenue pendant 52 jours par les forces de sécurité, et torturée. Elle a comparu devant la justice pour infraction à la loi sur l’ordre public en 2013, suite à une plainte portée contre elle par le procureur général. Elle a à nouveau été détenue pendant une période de près de deux mois en 2013. Heureusement, à la suite de la révolution soudanaise de 2018, la loi sur l’ordre public a été abrogée.
    Au début de l’année 2022, à cause de ses activités politiques, une trentaine d’hommes armés masqués, en civil et armés de kalachnikovs, ont fait irruption chez elle, terrorisant sa famille et l’emmenant vers une destination inconnue pendant plus de deux semaines.

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/07/02/interview-avec-amira-osman-militante-feministe

    #international #soudan

  • « Le pouvoir au peuple » : la construction démocratique dans la révolution soudanaise

    Durant tous ces derniers mois, un débat important a traversé le mouvement révolutionnaire soudanais. Comment ne pas reproduire les erreurs de la révolution de 2018, où la mobilisation populaire a finalement été récupérée par les partis politiques qui, en s’alliant avec les militaires, ont avorté la dynamique révolutionnaire ?

    Depuis le coup d’Etat du 25 octobre 2021, la révolution a pris un tournant plus radical : cette fois, les partis politiques et les syndicats, discrédités, ne sont plus les acteurs principaux de la révolution. Ce sont les comités de résistance, assemblées d’habitant-e-s de quartiers qui se coordonnent au niveau des arrondissements, puis des villes, pour organiser la mobilisation. Cette forme inédite d’auto-organisation populaire organise ainsi le processus révolutionnaire par la base, de manière horizontale et sous forme de démocratie directe

    https://entreleslignesentrelesmots.wordpress.com/2022/04/25/le-pouvoir-au-peuple-la-construction-democrati

    #international #soudan

  • 5 questions à Roland Riachi. Comprendre la #dépendance_alimentaire du #monde_arabe

    Économiste et géographe, Roland Riachi s’est spécialisé dans l’économie politique, et plus particulièrement dans le domaine de l’écologie politique. Dans cet entretien, il décrypte pour nous la crise alimentaire qui touche le monde arabe en la posant comme une crise éminemment politique. Il nous invite à regarder au-delà de l’aspect agricole pour cerner les choix politiques et économiques qui sont à son origine.

    https://www.carep-paris.org/5-questions-a/5-questions-a-roland-riachi
    #agriculture #alimentation #colonialisme #céréales #autosuffisance_alimentaire #nationalisation #néolibéralisme #Egypte #Soudan #Liban #Syrie #exportation #Maghreb #crise #post-colonialisme #souveraineté_nationale #panarabisme #militarisme #paysannerie #subventions #cash_crop #devises #capitalisme #blé #valeur_ajoutée #avocats #mangues #mondialisation #globalisation #néolibéralisme_autoritaire #révolution_verte #ouverture_du_marché #programmes_d'ajustement_structurels #intensification #machinisation #exode_rural #monopole #intrants #industrie_agro-alimentaire #biotechnologie #phosphates #extractivisme #agriculture_intensive #paysans #propriété_foncière #foncier #terres #morcellement_foncier #pauvreté #marginalisation #monoculture #goût #goûts #blé_tendre #pain #couscous #aide_humanitaire #blé_dur #durum #libre-échange #nourriture #diète_néolibérale #diète_méditerranéenne #bléification #importation #santé_publique #diabète #obésité #surpoids #accaparement_des_terres #eau #MENA #FMI #banque_mondiale #projets_hydrauliques #crise_alimentaire #foreign_direct_investment #emploi #Russie #Ukraine #sécurité_alimentaire #souveraineté_alimentaire

    #ressources_pédagogiques

    ping @odilon

  • #Soudan : le rap et la #révolution - interview avec #Black_Scorpion

    Au cours de la révolution, le rap s’est imposé comme un genre musical majeur au Soudan. Interview avec le jeune artiste révolutionnaire #Mustafa_Abdel_Salam, également connu sous le nom de Black Scorpion, pour parler de la situation et du rôle du rap dans le Soudan d’aujourd’hui.


    https://www.sudfa-media.com/article/rap-revolution-interview-black-scorpion
    https://www.youtube.com/watch?v=HEvUXQ2Inx0

    –-> dans cette vidéo, on y voit une #carte :

    Qu’est-ce qu’elle montre ? Aucune idée...
    #musique #rap #musique_et_politique
    ping @sinehebdo

  • #sudfa media

    Ahlan et bienvenue ! Nous sommes un petit groupe d’amis et militants français et soudanais. Notre objectif : visibiliser l’#actualité et l’histoire soudanaises – politique, sociale ou culturelle – ainsi que la communauté soudanaise en France. Pour cela, nous nous proposons de traduire des articles écrits par des personnes soudanaises au Soudan ou en Europe, de co-écrire, entre personnes soudanaises et françaises, des articles sur divers sujets, et de publier des entretiens avec différents acteurs et actrices de la communauté soudanaise en Europe.

    Le premier numéro du média sudfa est sorti en décembre 2021 :

    À l’heure où le peuple soudanais a de nouveau pris les rues pour réclamer la chute des militaires (le général Burhan qui a pris le pouvoir par un coup d’Etat en octobre), notre petite équipe franco-soudanaise s’est activée pour vous proposer un tout premier numéro papier de nos articles. Au Soudan et ailleurs : liberté, paix et justice, le pouvoir aux civils ! #madania


    Pour le télécharger : https://blogs.mediapart.fr/sudfa/blog/221221/premier-numero-papier-de-sudfa-media
    https://www.sudfa-media.com
    #Soudan #news #blog

    –-

    déjà signalé par @entreleslignesentrelesmots à la sortie du premier numéro papier :
    https://seenthis.net/messages/942556

  • Le peuple du Soudan s’organise en défense de son droit à l’existence (+ le rap et la révolution)

    Les expériences des Comités de Résistance et du mouvement révolutionnaire

    La couverture médiatique de la révolution soudanaise dans les chaînes d’information régionales et les grands titres regorge ces jours-ci de formulations telles que « absence de perspectives », « solutions vaines » et « crise politique », qui reflètent la vision des événements du point de vue des régimes et des élites au pouvoir. La classe dirigeante soudanaise est représentée par la direction de l’armée d’une part et les partis bourgeois – au mieux réformateurs – et complices de la répression ainsi que leurs alliés internes et externes. Tous sont dans l’incertitude et confrontés à une situation inédite qui ne leur permet pas d’utiliser leurs méthodes et et manœuvres habituels.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/04/14/le-peuple-du-soudan-sorganise-en-defense-de-son-droit-a

    #international #soudan

  • South Sudan: ‘hellish existence’ for women and girls, new UN report reveals | | UN News
    https://news.un.org/en/story/2022/03/1114312

    Widespread sexual violence against women and girls in conflict is being fueled by systemic impunity, the United Nations Commission on Human Rights in South Sudan said on Monday.

    The Commission’s new report, based on interviews conducted with victims and witnesses over several years, describes a “hellish existence for women and girls”, with widespread rape being perpetrated by all armed groups across the country.

    According to the UN Commission, sexual violence has been instrumentalized as a reward and entitlement for youth and men participating in conflict.

    The goal is to inflict maximum disruption of the fabric of communities, including through their constant displacement, the report continues.

    Rape is often used as “part of military tactics for which government and military leaders are responsible, either due to their failure to prevent these acts, or for their failure to punish those involved”, the Commission advanced.

    #Guerre #Culture_du_viol #Soudan

  • Le Comité des enseignants soudanais entame une grève nationale

    Au Soudan, il y a une révolution en cours, un réseau massif de comités de résistance démocratiquement élus et maintenant, cette semaine, une grève nationale des enseignants.

    La situation économique est désastreuse. Elle s’aggrave de jour en jour. Aucun enseignant soudanais ne peut vivre avec son salaire actuel. Les familles survivent grâce aux envois de fonds de l’étranger.

    Le Comité des enseignants soudanais (STC), conformément aux règles établies, a expliqué ses revendications au ministre fédéral des Finances. Le délai de réponse du ministère s’est terminé le 8 mars. Le STC s’est réuni ce jour-là pour discuter de la réponse du ministère et pour planifier la grève.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/03/11/le-comite-des-enseignants-soudanais-entame-une-greve-na

    #international #soudan

  • Soudan. Une génération déterminée à poursuivre sa lutte
    Khartoum – Le soulèvement populaire du Soudan a commencé il y a plus de trois ans. En avril 2019, le règne de 30 ans du président Omar el-Béchir, qui dirigeait une dictature islamo-militaire, a pris fin après des mois de manifestations. Un gouvernement de transition dirigé par le Premier ministre Abdallah Hamdok a été mis en place pour mener des réformes et ouvrir la voie aux élections.

    + Appel à la solidarité du Central Committee of Sudan’s Doctors (CCSD), le 24 janvier 2022

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/02/13/soudan-une-generation-determinee-a-poursuivre-sa-lutte

    #international #soudan

  • Premier numéro papier de Sudfa Media !

    Sudfa est un petit blog participatif franco-soudanais, créé par un groupe d’amis et militants français et soudanais. Nous nous donnons pour objectif de partager ou traduire des articles écrits par des personnes soudanaises, ou co-écrits par personnes soudanaises et françaises, sur l’actualité et l’histoire politiques, sociales et culturelles du Soudan et la communauté soudanaise en France. Si vous souhaitez nous contacter, vous pouvez nous écrire à sudfamedia@gmail.com, ou via notre page facebook. Pour plus d’infos, voir notre premier billet « qui sommes-nous ». Vous pouvez aussi retrouver tous nos contenus, articles, chroniques et reportages, sur notre nouveau site : https://www.sudfa-media.com. A bientôt.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2022/01/05/premier-numero-papier-de-sudfa-media

    #international #soudan

  • Les femmes ont toujours été à l’avant-garde de la résistance soudanaise (plus autre texte)

    Un coup d’État militaire perpétré le mois dernier menace de faire reculer les acquis de la révolution de 2019 qui a renversé le régime brutal de M. al-Bashir.

    Les protestations contre l’autoritarisme et les régimes militaires ne sont pas nouvelles au Soudan. Même la révolution qui a renversé le régime d’Omar el-Béchir en 2019 a nécessité des décennies de travail.

    Aujourd’hui, un peu plus de deux ans plus tard, un coup d’État militaire perpétré le 25 octobre menace de faire reculer les acquis de la révolution de 2019. Que pouvons-nous apprendre de l’histoire des luttes contre le précédent régime au Soudan ? Et comment les groupes qui ont rendu la révolution possible il y a deux ans, notamment les groupes de femmes, réagissent-ils au coup d’État ?

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/12/19/les-femmes-ont-toujours-ete-a-lavant-garde-de-la-resist

    #international #soudan

  • L’Actu des Oublié.e.s :: : Saison II
    Episode 5 : Soudan, Résister au Coup d’état
    Le 25 octobre, les militaires soudanais prennent le pouvoir, mettant fin à deux ans d’une transition républicaine pour confier le pouvoir aux civils née après la révolution de 2019. Une instabilité notamment provoquée par la crise sociale qui a suivi les réformes d’austérité imposée par le FMI.
    Mais le peuple soudanais, avec la jeunesse et les femmes en première ligne, s’est très vite ré-organisé à travers les comités locaux pour descendre dans les rues. Depuis trois semaines, une résistance héroïque faite de grèves, d’assemblées populaires et de barricades.

    https://audioblog.arteradio.com/blog/157476/podcast/174176/saison-ii-episode-5-soudan-resister-au-coup-d-etat

    Musiques :
    Chants révolutionnaires soudanais issus de la révolution de 2019,
    Negarit
    2-4-9 Gang réunissant les rappeuses Mc Nonita, Bagira, Queen Kafra et Lily Ozey.
    Illustration : Aladdin Mustafa provenant de Pexels

  • Appel de l’Alliance des travailleurs soudanais contre le coup d’État (plus autres textes)

    Des millions de personnes restent dans les rues de Khartoum, la capitale du Soudan, et d’autres villes, pour s’opposer au coup d’État mené par le chef de l’armée, le général Abdel Fattah Al-Burhan. Au 26 octobre, 12 personnes avaient été tuées et plus de 100 blessées, la troupe ayant tiré sur les manifestants. L’Association des professionnels soudanai (SPA), qui a joué un rôle de premier plan dans le soulèvement de 2019 contre la dictature d’al-Bashir, a déclaré : « Ce coup d’État est dans la continuation [des agissements] des forces de sécurité du Parti du Congrès national et de ses milices, qui ont commencé le 11 avril 2019 dans le but de bloquer le chemin de la révolution de décembre et de la faire avorter. Nous lançons un nouvel appel aux comités de résistance de tous les districts et à toutes les forces politiques, professionnelles et de défense des droits révolutionnaires de toutes les villes et des villages du Soudan pour qu’ils se rassemblent et occupent les rues et les barricadent, et qu’ils poursuivent toutes les formes de désobéissance civile et de grève jusqu’à ce que nous vainquions le coup d’État en atteignant ce que notre peuple mérite sous les drapeaux de la liberté, de la justice et de la paix. »

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/11/12/appel-de-lalliance-des-travailleurs-soudanais-contre-le

    #international #soudan

  • Sudan says willing to host Afghan refugees

    Sudan on Thursday said willing to host Afghan refugees evacuated recently after the withdrawal of the U.S. troops from the Muslim country located in South Central Asia.

    The U.S. army evacuated more than 100,000 Afghans from Kabul since August But they have not been taken directly to the U.S. as many friendly countries showed a willingness to give them temporary asylum to allow Washington to prepare their resettlement.

    Until now, Uganda is the only African country that has received Afghan refugees in transit to the United States. Rwanda also agreed to house Afghan refugees, according to the State Department.

    On Thursday the Sudanese Security and Defence Council discussed the matter in a meeting chaired by Abdel Fattah al-Burhan, Head of the Sovereign Council.

    Defence Minister Lt-Gen Yassin Ibrahim Yassin stated that the meeting discussed hosting a limited group of Afghans in the country for a known period.

    “Based on Humanitarian grounds, the Council agreed in principle (to temporarily host Afghan refugees), while subjecting the matter to further arrangements and procedures (...),” Yassin further said.

    In a briefing call to the US House of Representatives on 20 August, Secretary of State Antony Blinken told lawmakers that some countries including Sudan offered to house Afghan evacuees.

    The evacuated Afghan may face extended-stay in third countries. Besides the logistical preparations before resettling the Afghan refugees, U.S. security services prefer to conduct security screening for the evacuated people.

    U.S. Army has already placed in custody an Afghan who failed the screening in a military base in Germany. French authorities took a similar decision for an evacuee that was linked to the Taliban.

    https://sudantribune.com/spip.php?article70021

    Après le #Kosovo, l’#Albanie, la #Macédoine_du_Nord, l’#Ouganda, c’est au tour du #Soudan d’accueillir des #réfugiés_afghans évacués de l’#Afghanistan, et qui attendront (à l’infini ?) une #réinstallation...
    C’est l’heure de commencer une métaliste, la voilà :
    https://seenthis.net/messages/928551

  • #Frontières de sable, frontières de papier. Histoire de territoires et de frontières, du jihad de Sokoto à la #colonisation_française du Niger, xixe-xxe siècles

    Les frontières africaines sont souvent décrites comme des cicatrices de la #violence des #impérialismes étrangers en Afrique. Ce #lieu_commun fait encore aujourd’hui partie des catégories qui fondent nos regards sur le continent. Mais ce discours, en cherchant à dénoncer l’#arbitraire_colonial, réduit les configurations territoriales africaines à de simples conséquences de la #domination_européenne et fait des populations africaines les spectateurs passifs de leur propre histoire. Aux antipodes de ce cliché, cet ouvrage propose une histoire longue de la constitution des frontières d’un État — le Niger — englobant dans un même regard un siècle d’histoire régionale et soixante ans de domination coloniale. Cette approche permet de mettre au jour la place des enjeux locaux et régionaux dans cette histoire de frontières et de territoires, et de révéler qu’au sein de ceux-ci la colonisation n’est qu’un moment parmi d’autres.

    Cet ouvrage raconte une histoire paradoxale, celle d’une poignée de militaires coloniaux qui, au début du xxe siècle, instituent dans les plus grandes difficultés un gouvernement précaire qui s’appuie très largement sur les organisations politiques et territoriales locales, contribuant ainsi à les vider de leur sens et à amoindrir leur importance. Cette #appropriation_coloniale des frontières a été si forte qu’elle a fini par faire oublier aux colonisateurs, tout comme aux sociétés concernées elles-mêmes, que leur origine était le plus souvent locale et avait été négociée avec les populations et les autorités politiques. Ces frontières furent marquées par les dynamiques historiques internes du #Soudan_central au xixe siècle, et notamment les répercussions du #jihad d’#Ousman_dan_Fodio. Pourtant, l’histoire de leur #tracé a contribué à construire le grand #récit d’Européens maîtres du jeu imposant sans considération le #partage_du_monde.

    https://books.openedition.org/psorbonne/36501?lang=fr

    #livre #Camille_Lefebvre #Afrique #Niger #colonisation #colonialisme #histoire #frontières_africaines #négociation #historicisation

    ping @karine4 @reka

    –-

    ajouté à la métaliste sur l’#artificialité des #frontières_africaines :
    https://seenthis.net/messages/868132

  • Soudan. Ces femmes qui ont fait la révolution s’obstinent à réclamer leurs droits

    Le 8 avril 2021, des centaines de femmes ont défilé dans les rues de Khartoum. Elles réclamaient l’abolition des lois discriminantes et la mise en place de mesures de protection contre les violences qu’elles subissent au quotidien. Mais une large frange de la société soudanaise ne semble pas prête à les suivre.

    https://entreleslignesentrelesmots.blog/2021/05/25/soudan-ces-femmes-qui-ont-fait-la-revolution-sobstinent

    #féminisme #soudan